
"Les immeubles effondrés, calcinés, éventrés." J’avais toujours eu un faible pour cette vision de la vieille rengaine punk. Le problème, c’est que ça ressemblait désormais plutôt fidèlement à la réalité qui m’entourait. Pas eu le temps de me rendre compte de ce qui était en train de se passer (une attaque ? une centrale ?), j’ai dû m’évanouir, j’ai dû dormir. Longtemps. Je errais parmi les ruines. Un petit chiot, tout famélique, me fit comprendre que je ne pouvais ni ne devais pas être le seul survivant de ce cataclysme. Il m’allait maintenant falloir entamer une longue marche à la recherche d’un peu de compagnie pour partager ma peur, à la recherche de ce genre humain que j’avais toujours cru haïr.
Une mort stupide: mort de peur dans un grand huit. Crise cardiaque. Plus rien à faire. Ses oncles l’ont beaucoup pleuré, surtout le troisième, celui qui présentait les stigmates. Mais il réservait une dernière surprise à ses proches; la blague qui tue ! Selon les souhaits couchés sur son testament, ce n’est pas dans un cercueil qu’on a enfermé son corps, mais dans un ascenseur, un gag de très mauvais goût qui voulait préfigurer son ascension.
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