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Faire communauté : la diaspora latino-américaine à Paris

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Société
Culture
samedi 14 mars 2026
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Pour ce dernier épisode de notre série sur les mobilités latino-américaines, ce sont les diasporas latino-américaines en France qui sont mises à l'honneur. 

La présence des Latinxs dans notre pays est historique. Dès le XIXème siècle, la France est perçue comme un idéal dans son système de valeurs et ses institutions. Au moment des indépendances latino-américaines, la Révolution française inspire grandement les nouvelles républiques. La capitale française devient le Paris de la bohème, de l'Université, des arts et de la politique. Une génération d'artistes en fait une étape initiatique ou un refuge face à l'étouffement généré par les régimes de leurs pays. 

Cependant, un tournant s'opère dans les années 1970. Après le coup d'État de la junte militaire dirigée par Augusto Pinochet au Chili, environ 7 000 Chilien·nes fuyant la dictature obtiennent en France le statut de réfugié·e. Depuis le milieu des années 1980, la France voit arriver de nouvelles·aux immigré·es en provenance d'Amérique latine. L’image de l'intellectuel·le et l'exilé·e politique chilien·ne ou argentin·e laisse la place à celle des personnes colombiennes, équatoriennes, ou péruviennes en quête de meilleures conditions de vie. Aujourd'hui, la population latino-américaine en France est estimée à 250 000 personnes selon l'Institut français d'études démographiques. 

L’épisode s’ouvre, comme à son habitude, avec un tour de l'actualité du dernier mois :

En Argentine, c’est la guerre contre les droits des travailleurs, la Chambre des députés a voté la réforme du travail de Javier Milei. Journées de travail qui peuvent atteindre 12 heures sans rémunération des heures supplémentaires, réduction drastique des indemnités de licenciement, et limitation du droit de grève. De grandes manifestations se sont organisées dans tout le pays pour s’y opposer.

En Équateur, c'est le gouvernement de Daniel Noboa qui fait passer le bulldozer. Le 26 février, l'Assemblée nationale a voté une loi qui supprime les exigences clés en matière de licences environnementales pour les projets miniers.

Le 6 mars, la Cour interaméricaine des droits de l'homme a condamné le Pérou à verser 340 000 dollars à la famille de Celia Ramos, décédée à la suite d'une stérilisation forcée en 1997. Entre 1996 et 2000, jusqu'à 314 000 femmes et 24 000 hommes ont été stérilisé·es de force sous le gouvernement d'Alberto Fujimori, principalement des populations indigènes et pauvres des Andes. 

En Colombie, le Pacto Histórico continue son chemin de transformation sociale malgré l'opposition. Il se positionne comme première force politique du pays suite aux dernières législatives.

Au Brésil, double victoire : les populations indigènes ont remporté une bataille majeure contre la multinationale Cargill qui voulait exploiter leurs terres. Et huit ans après l’assassinat de Marielle Franco, femme politique noire et LGBT, et de son chauffeur, en 2018, les commanditaires, un député et un conseiller au tribunal des comptes de Rio, ont finalement été condamnés à l’unanimité par les juges du Tribunal suprême fédéral. 

L’épisode se poursuit avec une fiction sonore réalisée par Mickaël Adarve et Paloma Petrich. Quatre Colombien·nes du village de Santuario, situé dans le département de Risaralda au centre du pays, s'installent à Paris, dans l'appartement d'un proche, à la recherche d'un travail et d'un autre futur…

La chronique de Manon Méziat approfondit l’histoire coloniale entre Haïti et la France. À travers la rencontre d’un poète haïtien installé à Paris, elle évoque notamment l’exil de nombreux·ses Haïtien·nes en France. 

S’ensuit un reportage autour de deux collectifs féministes latino-américains, Alerta Feminista et Juntanza Feminista et leurs préparatifs pour la Journée internationale des droits des femmes. Sylvie Argibay, Manon Méziat et Astrée Toupiol se sont rendues à la manifestation du 8 mars pour capturer les ambiances et les revendications de cette journée.

L’épisode se termine avec une interview menée par Sylvie Argibay sur le collectif queer d’Abya Yala, Las Semillas

Comme d'habitude, des intermèdes musicaux rythment l'épisode. Vous écouterez Ayiti Chéri de Jean D’Amérique poète et dramaturge haïtien ; Perreo en Paris de l’artiste équatorienne La Coya, dont les sons mêlent rythmes traditionnels, électro et urbain, en français comme en espagnol ; et Asimétricas de Yemaya la Banda, un orchestre de salsa 100% féminin et engagé. 

Cet épisode a été réalisé par Sylvie Argibay.


Equipe de production : 

Présentation : Astrée Toupiol

Chroniques : Mickaël Adarve, Paloma Petrich et Manon Méziat

Reportage : Sylvie Argibay, Manon Méziat et Astrée Toupiol

Interview : Sylvie Argibay

Réalisation : Sylvie Argibay

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