Ulver • A Cappella
Dernier épisode de notre série sur les mobilités latino-américaines, nous terminons ce cycle avec les diasporas latino-américaines en France.
La présence des Latinos en France est historique. Dès le XIXème siècle, la France est perçue comme un idéal dans son système de valeurs et ses institutions. La Révolution française inspire grandement les nouvelles Républiques au moment des indépendances latino-américaines. Paris devient alors le « Paris de la bohème, de l'université, des arts et de la politique ». Une génération d'artistes en fait une étape initiatique ou un refuge face à l'étouffement généré par les régimes de leurs pays.
Mais le véritable tournant, ce sont les années 1970. Suite au coup d'État de la junte militaire dirigée par Augusto Pinochet au Chili, environ 7 000 Chilien·ne·s fuyant la dictature obtiendront en France le statut de réfugié.
La France voit arriver depuis le milieu des années 1980 de nouvelles·aux immigré·e·s : l’image de l'intellectuel et l'exilé politique chilien ou argentin laissent la place au migrant colombien, équatorien, ou péruvien. Aujourd'hui, la population latino-américaine en France est estimée à 250 000 personnes selon l'Institut français d'études démographiques.
L’épisode s’ouvre, comme à son habitude, avec un tour de l'actualité du dernier mois.
- En Argentine, c’est la guerre contre les droits des travailleurs, la Chambre des députés a voté la réforme du travail de Javier Milei. Journées de travail qui peuvent atteindre 12 heures sans rémunération des heures supplémentaires, réduction drastique des indemnités de licenciement, et limitation du droit de grève. De grandes manifestations se sont organisées dans tout le pays pour s’y opposer.
- En Équateur, c'est le gouvernement de Daniel Noboa qui fait passer le bulldozer. Le 26 février, l'Assemblée nationale a voté une loi qui supprime les exigences clés en matière de licences environnementales pour les projets miniers.
- Au Pérou, le 6 mars, la Cour interaméricaine des droits de l'homme a condamné le Pérou à verser 340 000 dollars à la famille de Celia Ramos, décédée à la suite d'une stérilisation forcée en 1997. Entre 1996 et 2000, jusqu'à 314 000 femmes et 24 000 hommes ont été stérilisé·e·s de force sous le gouvernement d'Alberto Fujimori, principalement des populations indigènes et pauvres des Andes.
- En Colombie, le Pacto Histórico continue son chemin de transformation sociale malgré l'opposition. Il se positionne comme première force politique du pays suite aux dernières législatives.
- Au Brésil, double victoire récente : les populations indigènes ont remporté une bataille majeure contre la multinationale Cargill qui voulait exploiter leurs terres. Et c’est aussi la victoire contre les commanditaires du meurtre de Marielle Franco. Cela survient sept ans après l’assassinat de cette militante femme politique noire et LGBT et de son chauffeur en 2018. Les commanditaires, un député et un conseiller au tribunal des comptes de Rio, ont finalement été condamnés à l’unanimité par les juges du Tribunal suprême fédéral.
L’épisode se poursuit avec une fiction sonore réalisée par Mickaël Adarve et Paloma Petrich. Quatre personnages, venant de Colombie, du village de Santuario, situé dans le département de Risaralda au centre du pays, sont arrivés à Paris, dans l'appartement d'un proche, à la recherche d'un travail et d'un autre futur…
La chronique de Manon Méziat explore l’histoire coloniale entre Haïti et la France. À travers la rencontre d’un poète haïtien installé à Paris, elle évoque notamment l’exil de nombreux·ses Haïtien·ne·s en France.
S’ensuite ensuite un reportage autour de deux collectifs féministes latino-américains, Alerta Feminista et Juntanza Feminista et leur organisation du 8 mars, Journée internationale des droits des femmes. Sylvie Argibay, Manon Méziat et Astrée Toupiol se sont rendues à la manifestation du 8 mars pour capturer les ambiances et les revendications de cette journée.
L’épisode se termine avec une interview menée par Sylvie Argibay sur le collectif queer d’Abya Yala Las Semillas.
Comme d'habitude, nous rythmons l’épisode de pauses musicales savoureuses et engagées : Ayiti Chéri de Jean D’Amérique poète et dramaturge haïtien ; Perreo en Paris de l’artiste équatorienne La Coya, ses sons mêlent rythmes traditionnels, électro et urbain, en français comme en espagnol ; et Asimétricas de Yemaya la Banda, un orchestre de salsa 100% féminin et engagé.
Cet épisode a été réalisé par Sylvie Argibay.
Equipe de production :
- Présentation : Astrée Toupiol
- Chroniques : Mickaël Adarve, Paloma Petrich et Manon Méziat
- Reportage : Sylvie Argibay, Manon Méziat et Astrée Toupiol
- Interview : Sylvie Argibay
- Réalisation : Sylvie Argibay
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