Le JT décalé, même sur l'horaire ! • Le 20h07
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Chères chouquettes du monde entier, peut-on se rencontrer sans paroles ?
C’est l’expérience que tente le narrateur du premier roman de Ruslan Hordiienko, au fil de rendez-vous glanés sur Tinder.
“Viens, on va dans un café, on s'installe à une table et on ne prononce aucun mot. On se dévisage, on s’exprime avec nos gestes, nos regards, nos sourires… Et ce n’est qu’au bout d’un certain temps, si on le veut, bien sûr, que l’on s’adresse la première parole. Ou que l’on se quitte, sans connaître la voix de l’autre.”
C’est par ce message affiché sur son profil que le narrateur convie ses partenaires d’un jour à se rencontrer pour la première fois. Au fil d’une dizaine de rendez-vous, nous voici embarqués avec lui dans les méandres des relations sentimentales contemporaines. Un narrateur pour qui l'enchaînement de rencontres, au-delà d’une fuite en avant, revêt rapidement la forme d’une introspection sur le désir et d’une quête impossible : celle d’un silence retrouvé.
Puisqu’alors je vivais dans un déni que seuls les mots ont su briser, je cherche à mieux saisir ce qui se dit sans eux, la manière dont je perçois le silence et dont je l’interprète.
Enfin silence, c’est donc sous ce titre en forme d’aveu comme de prière, que Ruslan Hordiienko dévoile son premier roman et avec lui une réflexion sur le langage autant qu’un miroir cru tendu à nos émois contemporains.
Alors comment et pourquoi refaire du silence un horizon désirable ? éléments de réponse en compagnie d’un jeune écrivain intranquille, ne prenez que vos oreilles, c'est le temps des chouquettes.
Photo : © Matthias Distefano
Musique Générique : Golden Brown - Dave Brubeck Quartet - Live 1964