Mobilités latino-américaines et Impérialisme gring...
Mobilités latino-américaines et Impérialisme gringo

Partager

Type
Magazine
Société
Culture
dimanche 25 janvier 2026
Télécharger

Mobilités latino-américaines et impérialisme gringo

Ce mois-ci, nous ouvrons un cycle de trois épisodes sur les migrations et les diasporas latino-américaines. La rédaction de Semillas Latinas a fait le choix de commencer par un sujet brûlant au regard de l’actualité : les mobilités latino-américaines face à l’impérialisme gringo

Notre duo d’animatrices Paloma Petrich et Manon Méziat ouvre la cadence avec un tour d’horizon de l’actualité. Difficile de faire l’impasse sur l’intervention de Donald Trump au Venezuela. La lutte contre le narcotrafic est l’argument mobilisé par l’administration trumpienne pour justifier son interventionnisme. Dans les faits, les appétits pétroliers du président états-unien sont évidents ; la mainmise sur l’or noir prévaut à la stabilisation démocratique. Au Chili, l’extrême droite est de retour au pouvoir - 35 ans après la fin de la dictature de Pinochet - avec l’élection de José Antonio Kast le 14 décembre 2025. Sécurité, fin de l’immigration et sécurisation des frontières sont au menu de son programme politique. L’accord de libre-échange entre le Mercosur et l’Union Européenne devrait être signé aujourd’hui au Paraguay. Ce texte, aux conséquences environnementales et sanitaires néfastes, vise à établir la plus vaste zone de libre-échange au monde, en liant le marché commun européen à celui existant entre les pays sud-américains (Brésil, Argentine, Paraguay et Uruguay). En Puelmapu, la Patagonie argentine, connue pour ses lacs glaciaires et ses forêts primaires, est en train de brûler. Plus de 15 000 hectares ont été détruits par les flammes en 11 jours. Enfin, l’Amérique latine se lance dans l’intelligence artificielle. Développée par le Brésil et le Chili, Latam-GPT se veut être une IA plus au fait des réalités sociales.

S’ensuite ensuite un édito pour entrer dans le vif du sujet. Aux Etats-Unis, les “Hispaniques et Latino-Américain·e·s” représentent la première minorité ethnique, devant les Afro-Américain·e·s. 40 millions d’entre elleux sont Mexicain·e·s, soit la plus grande partie, du fait de leur histoire frontalière. Mais avant d’avoir le visa et un travail en poche, il faut pourtant affronter une extrême violence qui est présente à toutes les étapes du parcours migratoire : à la frontière Etats-Unis/Mexique, entre 1998 et 2018, plus de 7.000 personnes migrantes y sont mortes. Ces routes mortelles ne sont pas un accident. Elles sont le produit d’une histoire d’ingérence politique et économique longue, de la part des Etats-Unis, qui a durablement fragilisé l’Amérique latine. Des décennies d’ingérences ont créé les conditions mêmes de ces départs massifs que les États-Unis cherchent aujourd’hui à empêcher. 

L’épisode se poursuit avec une interview menée par Astrée Toupiol et Sylvie Argibay avec Cléa Fortuné, politiste et américaniste, maîtresse de conférences à l’Université Savoie Mont Blanc, et spécialiste de la frontière Etats-Unis/Mexique. Au micro de Semillas Latinas, elle nous parle de l’ICE, la police états-unienne de l’immigration, accusée de nombreuses dérives et replacée au premier plan par l’administration Trump, depuis son retour à la Maison Blanche en janvier 2025. A cela s’ajoute la pression exercée par Donald Trump sur ses homologues latino-américains pour contrer l’immigration irrégulière. 

Cette traversée radiophonique se poursuit au Mexique avec Sylvie Argibay qui nous parle de Las Patronas (Les Patronnes), un groupe de femmes de l’Etat de Veracruz, qui vient en aide aux personnes migrantes se dirigeant vers les Etats-Unis.

Manon Méziat et Mickaël Adarve nous emmènent dans un voyage à la frontière Etats-Unis/Mexique, avec les Chicanos et Chicanas, une chronique historique au croisement de la fiction et de la réalité. Cette région entre deux pôles est le théâtre de nombreux échanges culturels.

Pour clôturer cet épisode, comme à son habitude, Astrée Toupiol nous propose une chronique urbanistique et nous parle de l’urbanisme latino-américain. Ce terme fait référence à l’ensemble des pratiques “spatiales” par lesquelles les communautés latino-américaines installées aux Etats-Unis ont créé et transformé le paysage urbain.

Tout au long de l’épisode, vous écouterez une musique engagée. Tout d'abord avec le son “Tierra Zanta” qui mélange le style urbain du rappeur argentin Trueno avec la voix emblématique du chanteur traditionnel Víctor Heredia. La collaboration entre ces deux artistes de générations et de genres différents donne naissance à un morceau puissant qui parle de l'histoire des luttes latino-americaines contre les dictatures militaires et les injustices sociales. Puis “Frijolero”, une chanson sortie en 2003 par le groupe mexicain Molotov. Les paroles racontent une conversation entre deux personnages qui s'échangent des insultes à caractère raciste à la frontière entre le Mexique et les États-Unis, une belle mise en musique de ce qui se passe autour de la frontière mexicaine… Enfin, vous écouterez Ángel Canales, un chanteur portoricain qui a su imposer, dès les années 1970, un nouveau style aux accents jazzy dans l’univers de la salsa, nourri par ses déambulations dans les quartiers de New York. Il a fondé un orchestre rassemblant divers musiciens, dont est né le morceau suivant “Le sentiment d’un Latino à New York”. 

Cet épisode a été réalisé par le maestro Mickaël Adarve !

Semillas Latinas
Abonnez-vous au podcast