L’Amérique latine, carrefour migratoire d’hier et...
L’Amérique latine, carrefour migratoire d’hier et d’aujourd’hui

Partager

Type
Magazine
Société
Culture
samedi 14 février 2026
Télécharger

La rédaction de Semillas Latinas poursuit son cycle sur les migrations et les diasporas latino-américaines et se penche, ce mois-ci, sur les migrations Sud - Sud : les mobilités internes au continent latino-américain, mais aussi les migrations africaines en Amérique latine. Notre duo d’animatrices Sylvie Argibay et Anael Michel vous accompagne tout au long de cette traversée radiophonique. 

Notre duo d’animatrices Sylvie Argibay et Anael Michel vous propose un tour d’horizon de l’actualité : une montée en puissance de la droite qui ne fait que se renforcer avec les élections présidentielles au Costa Rica ; Cuba en pleine crise énergétique en raison des restrictions états-uniennes ; au Venezuela, malgré le maintien du régime chaviste, la libération de centaines de prisonniers politiques et l'ouverture au privé du secteur pétrolier, sous la pression de Washington… Dont l'impérialisme réaffirmé est en train de rebattre les cartes migratoires, géopolitiques et énergétiques en Amérique latine, et contre lequel la superstar mondiale Bad Bunny s’est insurgée lors de son show au Super Bowl ! Du soft power latino qui fait du bien !

Entrons maintenant dans le vif du sujet.

Depuis la colonisation, les mobilités humaines – choisies ou contraintes – ont profondément transformé les sociétés et les territoires latino-américains. Les grandes villes se sont construites au rythme de vagues migratoires successives venues d’Europe, du Moyen-Orient, d’Asie et d’autres pays latino-américains. Dès le début du XXe siècle, l’essor des productions agricoles d’exportation et les traités commerciaux ont intensifié les migrations intracontinentales, souvent motivées par les inégalités, la pauvreté et la violence. De nos jours, outre le couloir migratoire vers les États-Unis, de nouveaux flux relient les régions andines aux pays du Cône Sud, tandis que des personnes africaines et asiatiques traversent également le continent, passant notamment par la dangereuse jungle du Darién. Parallèlement, loin de l’esprit de la Déclaration de Carthagène (1984) sur la protection internationale des réfugié·es, plusieurs États restreignent aujourd’hui l’accès à leurs frontières, allongeant et précarisant les parcours migratoires.

La population vénézuélienne est au cœur de ces violences migratoires : son exode reconfigure ces flux et met en lumière l’évolution des politiques d’accueil des pays d’Amérique latine depuis une décennie. Pour en parler, Manon Méziat reçoit au micro de Semillas Latinas Lucie Laplace, doctorante en science politique à l’Université Lyon 2 et experte des migrations forcées en Amérique latine.

Cet épisode se poursuit avec Sylvie Argibay, qui analyse la question des déplacements forcés internes. Elle nous emmène en Colombie, où ce sont près de 8 millions de personnes qui ont été déplacées du fait du conflit armé qui se poursuit depuis les années 1960 entre l'État colombien et différents groupes armés, puis en Haïti, où les populations fuient leurs quartiers et territoires face à la violence des gangs

La chronique cinéma de Pauline Rossano nous plonge dans une série de films qui abordent de façon plurielle mais toujours incarnée le sujet des mobilités continentales, nous rappelant que derrière les routes, les flux migratoires et les chiffres, se trouvent des visages, des noms et des subjectivités.

Ces dynamiques migratoires sont également transcontinentales, comme le montre Anael Michel dans sa chronique sur la présence africaine en Amérique latine. Depuis la traite atlantique au XVIe siècle, jusqu'à l'intensification et la diversification des parcours migratoires de ressortissants africains au cours des trente dernières années, l'accent est mis sur l'impact des populations africaines et afro-descendantes dans la construction du tissu social, culturel, urbain et économique des États latino-américains, ainsi que sur la vulnérabilité et le racisme auquel ces personnes continuent d'être confrontées. 

Pour clôturer cet épisode, Astrée Toupiol nous embarque dans une immersion sonore entre les fleuves nigérians et les côtes nordestines du Brésil, à la rencontre de la Yemanjá, déesse des mobilités forcées qui a voyagé avec les populations esclavagées. Les humains migrent, leurs cultures et traditions aussi, et des transformations s'opèrent. De part et d'autre de l'Atlantique, la reine du monde aquatique continue d'inspirer prières, poèmes et chants. 

Comme d'habitude, l’épisode est ponctué de pauses musicales savoureuses et engagées, avec Movimiento du musicien et compositeur uruguayen Jorge Drexler, chez qui la relativité et l’insignifiance des nationalités et des frontières comptent parmi les thèmes de prédilection, et Somos Sur de l’artiste chilienne Ana Tijoux et de la rappeuse palestinienne Shadia Mansour, un hymne à la solidarité et à la résistance des peuples du Sud. Leur morceau dénonce l’intervention étrangère états-unienne en Amérique latine et au Moyen-Orient. 

Et pour finir, cet épisode a été réalisé par le maestro Mickaël Adarve !

Bonne écoute sur les ondes latines ! 

Semillas Latinas
Abonnez-vous au podcast