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<rss xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom" xmlns:podcast="https://podcastindex.org/namespace/1.0" version="2.0"><channel><title>À vos arts, prêts... Partez !</title><itunes:subtitle>100 podcasts autour du sport dans la culture</itunes:subtitle><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez</link><atom:link rel="self" type="application/rss+xml" href="https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/feed"/><description><![CDATA[À l’occasion des Jeux de Paris 2024, et dans le cadre de l’Olympiade culturelle, les élèves de l’École du Louvre vous proposent un podcast quotidien durant 100 jours pour découvrir des sites, des œuvres, des artistes qui mêlent art, sport et olympisme.
Un projet original, un exercice pédagogique inédit, une performance pour 100 jeunes historiens et historiennes de l’art en herbe, étudiants et étudiantes de l’École du Louvre, devenus apprentis-reporters pour partager chaque jour, en 3 minutes chrono, leurs découvertes et leur passion !
À écouter tous les jours à 18h55 à partir du 18 avril 2024 et en rediffusion le lendemain à 11h55, sur Radio Campus Paris et sur les plateformes de streaming.
Avec le soutien du Ministère de la Culture et du Comité national olympique et sportif français. Toutes les informations sur ecoledulouvre.fr.
]]></description><itunes:summary>À l’occasion des Jeux de Paris 2024, et dans le cadre de l’Olympiade culturelle, les élèves de l’École du Louvre vous proposent un podcast quotidien durant 100 jours pour découvrir des sites, des œuvres, des artistes qui mêlent art, sport et olympisme.
Un projet original, un exercice pédagogique inédit, une performance pour 100 jeunes historiens et historiennes de l’art en herbe, étudiants et étudiantes de l’École du Louvre, devenus apprentis-reporters pour partager chaque jour, en 3 minutes chrono, leurs découvertes et leur passion !
À écouter tous les jours à 18h55 à partir du 18 avril 2024 et en rediffusion le lendemain à 11h55, sur Radio Campus Paris et sur les plateformes de streaming.
Avec le soutien du Ministère de la Culture et du Comité national olympique et sportif français. Toutes les informations sur ecoledulouvre.fr.
</itunes:summary><image><title>À vos arts, prêts... Partez !</title><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez</link><url>https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg</url></image><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/><itunes:author>À vos arts, prêts... Partez !</itunes:author><itunes:owner><itunes:name>À vos arts, prêts... Partez !</itunes:name><itunes:email>technique@radiocampusparis.org</itunes:email></itunes:owner><itunes:category text="Music Commentary"/><itunes:explicit>false</itunes:explicit><language>fr-FR</language><copyright>2026 - www.radiocampusparis.org</copyright><item><title>Lenaïg Laot – Au But, Alfred Boucher</title><description><![CDATA[
    Je m’appelle Lenaïg et aujourd’hui, je vais vous parler de sculpture, de mouvement, et d’athlétisme.
    
L’objet que je vais vous décrire est une sculpture représentant un groupe d’athlètes.   
Imaginez les derniers mètres d’une course, où trois athlètes se battent pour décrocher la victoire. Chacun des muscles de leurs corps tendus par l’effort est saillant. L’équilibre fragile de leurs postures repose sur leurs jambes d’appui. Leurs bustes sont projetés vers l’avant. Leurs visages trahissent leur épuisement.   
Le premier coureur a le regard fixe. Il est concentré, déterminé. La ligne d’arrivée est proche, il le sait. Les paumes de ses mains sont grandes ouvertes, tendues vers la victoire. À sa droite se trouve le deuxième coureur. Sa bouche est ouverte, il crie. Ses sourcils sont froncés et les traits de son visage sont tirés par la colère. Il a les poings serrés. Tout son corps exprime la rage. Son bras gauche repousse le troisième coureur derrière lui. La stupeur et la crainte se lisent sur le visage de ce dernier. Le regard tourné vers son adversaire, il tente de conserver son sang-froid.   
Pour saisir les différents mouvements de la course et les décomposer, l’artiste s’est inspiré de la technique de la chronophotographie. Les trois coureurs répètent le même mouvement, mais à quelques secondes d’intervalle. Pourtant, un élément de la sculpture trouble notre esprit : les positions en extension des trois coureurs ne sont pas tenables dans la réalité. La sculpture suggère la course plus qu’elle ne la représente. Cette liberté prise par l’artiste contribue à magnifier l’effort physique.   
Ce que j’aime dans cette sculpture, c’est qu’elle incarne le moment de la course où l’émotion est la plus intense : lorsque les coureurs franchissent la ligne d’arrivée et qu’ils arrivent au but. Ce court instant est le plus beau, mais c’est aussi le plus dur. Car les sportifs doivent se dépasser pour aller au bout d’eux-mêmes. Ils cherchent à repousser les limites de leurs corps pour aller toujours plus loin dans l’effort.  
Intitulé Au But, cette sculpture d’Alfred Boucher a été réalisée en 1886, l’année de naissance de l’athlétisme en France, à l’occasion du premier championnat à la Croix-Catelan au Bois de Boulogne. Connu depuis l’Antiquité, l’athlétisme figure au programme des premiers Jeux Olympiques modernes de 1896. C’est d’ailleurs cette existence longue de plusieurs siècles qui lui confère le statut de « sport roi » des Jeux Olympiques.   
Au But, Alfred Boucher, 1886, Paris, Réduction en bronze de l’œuvre monumentale, 46 cm de hauteur pour 69 cm de long, Nogent-sur-Seine, Musée Camille Claudel.   

Texte et voix : Lenaïg Laot 
Enregistrement : Philipp Fischer 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Je m’appelle Lenaïg et aujourd’hui, je vais vous parler de sculpture, de mouvement, et d’athlétisme.
    
L’objet que je vais vous décrire est une sculpture représentant un groupe d’athlètes.   
Imaginez les derniers mètres d’une course, où trois athlètes se battent pour décrocher la victoire. Chacun des muscles de leurs corps tendus par l’effort est saillant. L’équilibre fragile de leurs postures repose sur leurs jambes d’appui. Leurs bustes sont projetés vers l’avant. Leurs visages trahissent leur épuisement.   
Le premier coureur a le regard fixe. Il est concentré, déterminé. La ligne d’arrivée est proche, il le sait. Les paumes de ses mains sont grandes ouvertes, tendues vers la victoire. À sa droite se trouve le deuxième coureur. Sa bouche est ouverte, il crie. Ses sourcils sont froncés et les traits de son visage sont tirés par la colère. Il a les poings serrés. Tout son corps exprime la rage. Son bras gauche repousse le troisième coureur derrière lui. La stupeur et la crainte se lisent sur le visage de ce dernier. Le regard tourné vers son adversaire, il tente de conserver son sang-froid.   
Pour saisir les différents mouvements de la course et les décomposer, l’artiste s’est inspiré de la technique de la chronophotographie. Les trois coureurs répètent le même mouvement, mais à quelques secondes d’intervalle. Pourtant, un élément de la sculpture trouble notre esprit : les positions en extension des trois coureurs ne sont pas tenables dans la réalité. La sculpture suggère la course plus qu’elle ne la représente. Cette liberté prise par l’artiste contribue à magnifier l’effort physique.   
Ce que j’aime dans cette sculpture, c’est qu’elle incarne le moment de la course où l’émotion est la plus intense : lorsque les coureurs franchissent la ligne d’arrivée et qu’ils arrivent au but. Ce court instant est le plus beau, mais c’est aussi le plus dur. Car les sportifs doivent se dépasser pour aller au bout d’eux-mêmes. Ils cherchent à repousser les limites de leurs corps pour aller toujours plus loin dans l’effort.  
Intitulé Au But, cette sculpture d’Alfred Boucher a été réalisée en 1886, l’année de naissance de l’athlétisme en France, à l’occasion du premier championnat à la Croix-Catelan au Bois de Boulogne. Connu depuis l’Antiquité, l’athlétisme figure au programme des premiers Jeux Olympiques modernes de 1896. C’est d’ailleurs cette existence longue de plusieurs siècles qui lui confère le statut de « sport roi » des Jeux Olympiques.   
Au But, Alfred Boucher, 1886, Paris, Réduction en bronze de l’œuvre monumentale, 46 cm de hauteur pour 69 cm de long, Nogent-sur-Seine, Musée Camille Claudel.   

Texte et voix : Lenaïg Laot 
Enregistrement : Philipp Fischer 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 26 Jul 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lenaig-laot-au-but-alfred-bouche-2024-07-26-y1SjmAok.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lenaig-laot-au-but-alfred-bouche-2024-07-26-y1SjmAok.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/Q60G-lenaig-laot-au-but-alfred-boucher</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Sophia Drobysheva - Le Chalet du Cycle au bois de Boulogne, Jean Béraud</title><description><![CDATA[
    Bonjour, je m&#039;appelle Sophia, et aujourd&#039;hui je voudrais vous parler d&#039;une toile de Jean Béraud, du cyclisme et de la Belle époque.
    
Imaginez-vous, une journée d&#039;été au bois de Boulogne, en 1900. Il fait beau, les membres de la société mondaine se trouvent dans un café, près du chalet du cycle : un des hauts lieux de rencontre de la haute société à l´époque. Le peintre a laissé une chaise vide au premier plan, comme pour nous inviter à rejoindre cette société oisive. Pourtant, ce tableau, peint avec sa palette vive et fraîche, n&#039;est pas une simple scène de fête en plein air, le sujet typique de l&#039;époque. Il s&#039;agit ici d’évoquer le cyclisme.   
Derrière les tables s&#039;ouvre un chemin sablé, sur lequel s&#039;avance une cycliste. Derrière elle, une autre s’apprête à monter en selle. En face, un couple vient de terminer sa course et rapporte les bicyclettes au point de location du chalet.  
Le vélocipède a conquis les cœurs des Français en 1818, suite à son exposition publique au Jardin du Luxembourg, un an après son invention en Allemagne. Au milieu du siècle, il se transforme en bicyclette, plus confortable, avec ses deux roues de même taille. Le cyclisme devient alors un loisir à la mode, qui se démocratise progressivement vers la fin du siècle. Ainsi, en 1900, à la date de la réalisation de la toile, le cyclisme est déjà ancré dans le paysage sportif français, il ne faudra attendre que trois ans pour voir apparaître le premier Tour de France.  
Chroniqueur de la vie parisienne, le peintre Jean Béraud accorde un grand soin à la représentation des détails comme ceux des vêtements. Au premier plan, deux élégantes femmes, portant des culottes de cycliste, attirent votre attention. La culotte du cyclisme, spécialement inventée pour la pratique de ce sport, n&#039;a intégré la garde-robe féminine que dans les années 1890 et a longtemps fait l&#039;objet de débat, étant jugée comme une tenue indécente. C&#039;est donc grâce au cyclisme, que le pantalon est entré dans le vestiaire féminin, permettant aux femmes d&#039;acquérir la liberté du mouvement.  
Ainsi, Béraud livre ici un témoignage d&#039;une possible émancipation des femmes par le cyclisme.  
J&#039;ai choisi cette œuvre étant sensible à l&#039;esthétique de la Belle Époque, et parce que Jean Béraud est né dans ma ville natale, à Saint-Pétersbourg.  
Le Chalet du Cycle au bois de Boulogne, 

Jean Béraud, 1900, huile sur bois, 186 cm de hauteur sur 153 cm de largeur, Paris, musée Carnavalet.  

Texte et voix : Sophia Drobysheva 
Enregistrement : Hugo Passard 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Bonjour, je m'appelle Sophia, et aujourd'hui je voudrais vous parler d'une toile de Jean Béraud, du cyclisme et de la Belle époque.
    
Imaginez-vous, une journée d'été au bois de Boulogne, en 1900. Il fait beau, les membres de la société mondaine se trouvent dans un café, près du chalet du cycle : un des hauts lieux de rencontre de la haute société à l´époque. Le peintre a laissé une chaise vide au premier plan, comme pour nous inviter à rejoindre cette société oisive. Pourtant, ce tableau, peint avec sa palette vive et fraîche, n'est pas une simple scène de fête en plein air, le sujet typique de l'époque. Il s'agit ici d’évoquer le cyclisme.   
Derrière les tables s'ouvre un chemin sablé, sur lequel s'avance une cycliste. Derrière elle, une autre s’apprête à monter en selle. En face, un couple vient de terminer sa course et rapporte les bicyclettes au point de location du chalet.  
Le vélocipède a conquis les cœurs des Français en 1818, suite à son exposition publique au Jardin du Luxembourg, un an après son invention en Allemagne. Au milieu du siècle, il se transforme en bicyclette, plus confortable, avec ses deux roues de même taille. Le cyclisme devient alors un loisir à la mode, qui se démocratise progressivement vers la fin du siècle. Ainsi, en 1900, à la date de la réalisation de la toile, le cyclisme est déjà ancré dans le paysage sportif français, il ne faudra attendre que trois ans pour voir apparaître le premier Tour de France.  
Chroniqueur de la vie parisienne, le peintre Jean Béraud accorde un grand soin à la représentation des détails comme ceux des vêtements. Au premier plan, deux élégantes femmes, portant des culottes de cycliste, attirent votre attention. La culotte du cyclisme, spécialement inventée pour la pratique de ce sport, n'a intégré la garde-robe féminine que dans les années 1890 et a longtemps fait l'objet de débat, étant jugée comme une tenue indécente. C'est donc grâce au cyclisme, que le pantalon est entré dans le vestiaire féminin, permettant aux femmes d'acquérir la liberté du mouvement.  
Ainsi, Béraud livre ici un témoignage d'une possible émancipation des femmes par le cyclisme.  
J'ai choisi cette œuvre étant sensible à l'esthétique de la Belle Époque, et parce que Jean Béraud est né dans ma ville natale, à Saint-Pétersbourg.  
Le Chalet du Cycle au bois de Boulogne, 

Jean Béraud, 1900, huile sur bois, 186 cm de hauteur sur 153 cm de largeur, Paris, musée Carnavalet.  

Texte et voix : Sophia Drobysheva 
Enregistrement : Hugo Passard 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Thu, 25 Jul 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/sophia-drobysheva-le-chalet-du-cy-2024-07-25-IdDzhCS0.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/sophia-drobysheva-le-chalet-du-cy-2024-07-25-IdDzhCS0.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/PzZA-sophia-drobysheva-le-chalet-du-cycle-au-bois-de-boulogne-jean-beraud</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Elinor Bailly – Discobole en bronze, Alfred Janniot</title><description><![CDATA[
    Je m&#039;appelle Elinor, et aujourd&#039;hui nous allons entrer au stade Chaban-Delmas à Bordeaux pour parler de corps musclés, d’antique et d&#039;Art déco.
    
L&#039;œuvre que nous allons découvrir est une sculpture en bronze de 2m60 de haut. Elle représente un athlète masculin debout nu. Le sportif tient un disque, attribut du discobole, terme employé dès l&#039;Antiquité pour désigner le lanceur de disque.  Elle a été réalisée en 1941, en pleine Seconde Guerre mondiale, par le sculpteur Alfred Janniot. Ce dernier s&#039;inscrit dans le style Art déco, des années 1920 à 1940. Bien que cette sculpture trône dans le stade Chaban-Delmas de Bordeaux au côté d&#039;une statue féminine de Marcel Damboise, elle était originellement destinée à une piscine de la ville.  
Alors pourquoi cette sculpture évoque l&#039;Antiquité ? Tout d’abord, parce que le lancer de disque est une épreuve mère des Jeux Olympiques au VIIIe siècle avant notre ère et a été réintroduite dans la version moderne dès 1896.  
Ensuite, Alfred Janniot récupère plusieurs caractéristiques aux sculptures antiques : il représente de larges épaules, des bras musculeux, des emprunts faits à l&#039;une des plus célèbres représentations antiques d&#039;athlètes : le Discobole de Myron.  
Il va aussi emprunter un positionnement du corps issu de la Grèce Antique : le contrapposto. C&#039;est une inclinaison inverse des hanches par rapport aux épaules, ce qui va créer des lignes qui se répondent les unes aux autres. Mais attention, essayez chez vous, vous verrez que ce n&#039;est pas du tout une pause naturelle !  
Pourquoi Alfred Janniot aime-t-il autant l’antique ? Car c&#039;est un sculpteur du style Art déco et ce courant artistique se définit notamment par un retour à une sensibilité classique : il fait référence au culte du corps antique et aussi à l’usage du bronze, une matière considérée comme l&#039;une des plus nobles pendant l&#039;Antiquité.  
Cette musculature développée est aussi en vogue dans les années 1940. Les costumes de l&#039;époque sont rembourrés au niveau des épaules et même les stars de ces années-là sont des sportifs comme le nageur olympique Johnny Weissmuller qui joue Tarzan au cinéma.  
Cette œuvre me touche beaucoup parce qu&#039;elle allie parfaitement le sport et l&#039;art dans un lieu comme un stade, tout en mettant en valeur la pratique sportive et le bien-être physique. Elle me donne à la fois envie d&#039;aller courir un marathon et de visiter un musée !  
Discobole en bronze, 1941, Alfred Janniot, bronze, 2m60 de haut, stade Chaban-Delmas, collection du Musée des Beaux-arts de Bordeaux.  

Texte et voix : Elinor Bailly 
Enregistrement : Suzanne Saint-Cast 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Je m'appelle Elinor, et aujourd'hui nous allons entrer au stade Chaban-Delmas à Bordeaux pour parler de corps musclés, d’antique et d'Art déco.
    
L'œuvre que nous allons découvrir est une sculpture en bronze de 2m60 de haut. Elle représente un athlète masculin debout nu. Le sportif tient un disque, attribut du discobole, terme employé dès l'Antiquité pour désigner le lanceur de disque.  Elle a été réalisée en 1941, en pleine Seconde Guerre mondiale, par le sculpteur Alfred Janniot. Ce dernier s'inscrit dans le style Art déco, des années 1920 à 1940. Bien que cette sculpture trône dans le stade Chaban-Delmas de Bordeaux au côté d'une statue féminine de Marcel Damboise, elle était originellement destinée à une piscine de la ville.  
Alors pourquoi cette sculpture évoque l'Antiquité ? Tout d’abord, parce que le lancer de disque est une épreuve mère des Jeux Olympiques au VIIIe siècle avant notre ère et a été réintroduite dans la version moderne dès 1896.  
Ensuite, Alfred Janniot récupère plusieurs caractéristiques aux sculptures antiques : il représente de larges épaules, des bras musculeux, des emprunts faits à l'une des plus célèbres représentations antiques d'athlètes : le Discobole de Myron.  
Il va aussi emprunter un positionnement du corps issu de la Grèce Antique : le contrapposto. C'est une inclinaison inverse des hanches par rapport aux épaules, ce qui va créer des lignes qui se répondent les unes aux autres. Mais attention, essayez chez vous, vous verrez que ce n'est pas du tout une pause naturelle !  
Pourquoi Alfred Janniot aime-t-il autant l’antique ? Car c'est un sculpteur du style Art déco et ce courant artistique se définit notamment par un retour à une sensibilité classique : il fait référence au culte du corps antique et aussi à l’usage du bronze, une matière considérée comme l'une des plus nobles pendant l'Antiquité.  
Cette musculature développée est aussi en vogue dans les années 1940. Les costumes de l'époque sont rembourrés au niveau des épaules et même les stars de ces années-là sont des sportifs comme le nageur olympique Johnny Weissmuller qui joue Tarzan au cinéma.  
Cette œuvre me touche beaucoup parce qu'elle allie parfaitement le sport et l'art dans un lieu comme un stade, tout en mettant en valeur la pratique sportive et le bien-être physique. Elle me donne à la fois envie d'aller courir un marathon et de visiter un musée !  
Discobole en bronze, 1941, Alfred Janniot, bronze, 2m60 de haut, stade Chaban-Delmas, collection du Musée des Beaux-arts de Bordeaux.  

Texte et voix : Elinor Bailly 
Enregistrement : Suzanne Saint-Cast 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Wed, 24 Jul 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/elinor-bailly-discobole-en-bronze-2024-07-24-xM8u62WP.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/elinor-bailly-discobole-en-bronze-2024-07-24-xM8u62WP.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/OPyR-elinor-bailly-discobole-en-bronze-alfred-janniot</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Lou Escariot - Lutteur au repos déposant son ceste, François Rude</title><description><![CDATA[
    Je m’appelle Lou, et aujourd’hui je vais vous parler de sculpture, de lutte et d’Antiquité.
    
L&#039;œuvre que nous regardons se nomme Lutteur au repos déposant son ceste. C’est une statuette en marbre, sculptée par François Rude entre 1832 et 1837. Un jeune athlète nu est assis, le buste penché vers l’avant, un bras appuyé sur sa jambe, il dépose lascivement son gant de lutte sur le sol. Ce gantelet, appelé “ceste” était constitué de bande de cuir et de plaque de fer, porté par les lutteurs pendant l’Antiquité. On aperçoit dans ses cheveux un bandeau qui retient les fines mèches qui tombent sur son front et protège ses oreilles. Le lutteur lève légèrement la tête, il vous regarde.   
François Rude réalise en 1806 le modèle en plâtre du lutteur lors de ses études à Dijon. Il travaille alors sur des modèles antiques qui sont, au XIXe siècle, considérés comme un idéal artistique. Ce n’est que trente ans plus tard, que le sculpteur en réalisera un marbre, à la demande du futur Président Adolphe Thiers qui l’a aperçu dans son atelier.  
Il sculpte le jeune athlète avec un réalisme marquant. Les muscles de ses bras ou de son dos sont doux et fins, mais semblent encore contractés après un long combat.   
Mais de quel combat s’agit-il ? et contre qui ? Rien dans cette œuvre ne semble nous indiquer ce qui est arrivé à notre lutteur. Son visage est impassible. C’est tout ce qui fait la singularité de cette œuvre ! Ici, François Rude fait le choix de représenter un athlète au repos, plutôt qu’en plein cœur d’un combat de lutte. Étrange, n’est-ce pas ? En réalité, ce genre de représentation est assez courant au XIXe siècle. Imitant les artistes de l’Antiquité grecque et romaine, les artistes font le choix d’un sujet qui devient secondaire et n’est plus qu’un prétexte, un exercice à la création d’un corps parfait.  
L&#039;esthétique de cette œuvre est représentative de la jeunesse de l’artiste, dont le style évoluera plus tard vers des œuvres plus expressives dans la mouvance Romantique qui prône la représentation des sentiments à travers des œuvres mouvementées et pleines de contrastes.   
J’aime cette œuvre d’abord pour sa finesse. Elle est très belle ! Mais ce qui me plait, c’est qu’elle m’intrigue. En particulier son regard dont on ne sait s’il laisse transparaître de la fatigue ou de la détermination.  
Lutteur au repos déposant son ceste, François Rude, 1832-1837, H: 0,418m ; L: 0,468m ; P: 0,245 m, marbre, Musée du Louvre  

Texte et voix : Lou Escariot 
Enregistrement : Colin Gruel 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Je m’appelle Lou, et aujourd’hui je vais vous parler de sculpture, de lutte et d’Antiquité.
    
L'œuvre que nous regardons se nomme Lutteur au repos déposant son ceste. C’est une statuette en marbre, sculptée par François Rude entre 1832 et 1837. Un jeune athlète nu est assis, le buste penché vers l’avant, un bras appuyé sur sa jambe, il dépose lascivement son gant de lutte sur le sol. Ce gantelet, appelé “ceste” était constitué de bande de cuir et de plaque de fer, porté par les lutteurs pendant l’Antiquité. On aperçoit dans ses cheveux un bandeau qui retient les fines mèches qui tombent sur son front et protège ses oreilles. Le lutteur lève légèrement la tête, il vous regarde.   
François Rude réalise en 1806 le modèle en plâtre du lutteur lors de ses études à Dijon. Il travaille alors sur des modèles antiques qui sont, au XIXe siècle, considérés comme un idéal artistique. Ce n’est que trente ans plus tard, que le sculpteur en réalisera un marbre, à la demande du futur Président Adolphe Thiers qui l’a aperçu dans son atelier.  
Il sculpte le jeune athlète avec un réalisme marquant. Les muscles de ses bras ou de son dos sont doux et fins, mais semblent encore contractés après un long combat.   
Mais de quel combat s’agit-il ? et contre qui ? Rien dans cette œuvre ne semble nous indiquer ce qui est arrivé à notre lutteur. Son visage est impassible. C’est tout ce qui fait la singularité de cette œuvre ! Ici, François Rude fait le choix de représenter un athlète au repos, plutôt qu’en plein cœur d’un combat de lutte. Étrange, n’est-ce pas ? En réalité, ce genre de représentation est assez courant au XIXe siècle. Imitant les artistes de l’Antiquité grecque et romaine, les artistes font le choix d’un sujet qui devient secondaire et n’est plus qu’un prétexte, un exercice à la création d’un corps parfait.  
L'esthétique de cette œuvre est représentative de la jeunesse de l’artiste, dont le style évoluera plus tard vers des œuvres plus expressives dans la mouvance Romantique qui prône la représentation des sentiments à travers des œuvres mouvementées et pleines de contrastes.   
J’aime cette œuvre d’abord pour sa finesse. Elle est très belle ! Mais ce qui me plait, c’est qu’elle m’intrigue. En particulier son regard dont on ne sait s’il laisse transparaître de la fatigue ou de la détermination.  
Lutteur au repos déposant son ceste, François Rude, 1832-1837, H: 0,418m ; L: 0,468m ; P: 0,245 m, marbre, Musée du Louvre  

Texte et voix : Lou Escariot 
Enregistrement : Colin Gruel 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 23 Jul 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lou-escariot-lutteur-au-repos-dep-2024-07-23-kju4ajTj.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lou-escariot-lutteur-au-repos-dep-2024-07-23-kju4ajTj.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/NY92-lou-escariot-lutteur-au-repos-deposant-son-ceste-francois-rude</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Naïs Ollivier - Piscine Molitor, Lucien Pollet</title><description><![CDATA[
    Salut, je m’appelle Naïs, et aujourd’hui on va parler Art déco, natation, et années folles.
    
Je vous emmène donc à la Piscine Molitor, un fameux complexe daté de 1929 qui jouxte encore aujourd’hui le Bois de Boulogne à Boulogne-Billancourt.   
Mais pourquoi parler de complexe nautique ? Parce que la piscine est en réalité dotée de deux bassins, un d’hiver et un d’été. Le premier, le bassin d’hiver est couvert et entouré de galeries de cabines. Le deuxième, le bassin d’été est un bassin de plein air. Il fait aujourd’hui partie de l’hôtel Molitor.  
En 1929, on est encore dans cette césure d’après-guerre, ce tournant appelé « Années folles », qui se caractérise notamment par le développement des loisirs. Une société qui s’intéresse à la santé mentale et physique des individus. Et c’est donc un moment où on dépasse l’idée des simples « bains », qui favorisaient l’hygiène pour s’orienter vers l’éducation et la compétition sportive.   
Ce lieu s’inscrit dans le vaste programme de nouvelles piscines commandées en France, en raison du retard constaté lors des JO d’été de 1924. L’architecte Léon Pollet, ici mandaté, a réalisé 4 autres piscines similaires dans les mêmes années qui révèlent des dispositifs semblables. S’y retrouvent des coursives et l’usage de mosaïques décoratives.   
La piscine Molitor témoigne du style « Paquebot » qu’on identifie par ses emblématiques fenêtres hublot qui donnent sur la rue. Le bâtiment frappe aussi par ses formes épurées, et le jaune égyptisant qui domine la façade. Une architecture qui s’inspire à la fois de l’antique et de l’industrie des transports de 1929-1930. Au portail sud d’entrée, des vitraux de Louis Barillet représentaient des baigneuses.   
Ce lieu je l’affectionne tout particulièrement, puisqu’il a gardé son style d’origine, l’endroit a tout connu : des squats, des défilés de mode, des représentations théâtrales, de la révolution du « bikini » au « topless », à l&#039;entraînement des champions français de patinage.    
Piscine Molitor, Léon Pollet, 1929, Paris, XVIe arrondissement.   

Texte et voix : Naïs Ollivier 
Enregistrement : Margot Page 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Salut, je m’appelle Naïs, et aujourd’hui on va parler Art déco, natation, et années folles.
    
Je vous emmène donc à la Piscine Molitor, un fameux complexe daté de 1929 qui jouxte encore aujourd’hui le Bois de Boulogne à Boulogne-Billancourt.   
Mais pourquoi parler de complexe nautique ? Parce que la piscine est en réalité dotée de deux bassins, un d’hiver et un d’été. Le premier, le bassin d’hiver est couvert et entouré de galeries de cabines. Le deuxième, le bassin d’été est un bassin de plein air. Il fait aujourd’hui partie de l’hôtel Molitor.  
En 1929, on est encore dans cette césure d’après-guerre, ce tournant appelé « Années folles », qui se caractérise notamment par le développement des loisirs. Une société qui s’intéresse à la santé mentale et physique des individus. Et c’est donc un moment où on dépasse l’idée des simples « bains », qui favorisaient l’hygiène pour s’orienter vers l’éducation et la compétition sportive.   
Ce lieu s’inscrit dans le vaste programme de nouvelles piscines commandées en France, en raison du retard constaté lors des JO d’été de 1924. L’architecte Léon Pollet, ici mandaté, a réalisé 4 autres piscines similaires dans les mêmes années qui révèlent des dispositifs semblables. S’y retrouvent des coursives et l’usage de mosaïques décoratives.   
La piscine Molitor témoigne du style « Paquebot » qu’on identifie par ses emblématiques fenêtres hublot qui donnent sur la rue. Le bâtiment frappe aussi par ses formes épurées, et le jaune égyptisant qui domine la façade. Une architecture qui s’inspire à la fois de l’antique et de l’industrie des transports de 1929-1930. Au portail sud d’entrée, des vitraux de Louis Barillet représentaient des baigneuses.   
Ce lieu je l’affectionne tout particulièrement, puisqu’il a gardé son style d’origine, l’endroit a tout connu : des squats, des défilés de mode, des représentations théâtrales, de la révolution du « bikini » au « topless », à l'entraînement des champions français de patinage.    
Piscine Molitor, Léon Pollet, 1929, Paris, XVIe arrondissement.   

Texte et voix : Naïs Ollivier 
Enregistrement : Margot Page 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Mon, 22 Jul 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/nais-ollivier-piscine-molitor-lu-2024-07-22-xXkqnJdK.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/nais-ollivier-piscine-molitor-lu-2024-07-22-xXkqnJdK.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/MJQm-nais-ollivier-piscine-molitor-lucien-pollet</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Salomé Faury-Beurrier - Coupe Omnisports, Roger Vieillard</title><description><![CDATA[
    Bonjour, je m’appelle Salomé et aujourd’hui je vais vous parler de porcelaine, de couleur et de Tour de France.
    
Imaginez tout d’abord une coupe en porcelaine d’environ 30 cm de haut que vous pouvez saisir par un pied conique où repose une large vasque ouverte.  
Puis, visualisez une surface entièrement recouverte d’un émail bleu profond sur lequel court, en frises concentriques, un décor en or 24 carats. Localisées sur le pied, le bord extérieur et l’intérieur de la vasque, ces frises figurent de manière très stylisée de nombreuses disciplines sportives telles que l’équitation, la natation, le tennis ou encore le cyclisme. Vous comprenez pourquoi notre œuvre a été appelée « Coupe Omnisports ».  
Mais méfiez-vous, car ce nom est trompeur sur l’épreuve qu’elle récompense. Peut-être l’avez-vous deviné grâce à l’un de mes trois mots-clés. Il s’agit effectivement du Tour de France. Et c’est depuis 1975 que notre Coupe Omnisports est offerte aux vainqueurs du Tour de France par le Président de la République Valéry Giscard d’Estaing. Il perpétue une plus longue tradition, remontant à Napoléon III, de prix en porcelaines, offerts au nom de la République française, et qui sont réalisés par la manufacture de porcelaine de Sèvres, fondée au XVIIIe siècle sous le règne de Louis XV.  
Cette coupe est le résultat d’une collaboration entre la manufacture de Sèvres et l’artiste Français Roger Vieillard en 1971.   
Roger Vieillard est l’un des artistes graveurs les plus connus du XXe siècle. Grand sportif, passionné de tennis, qu’il pratiqua au plus haut niveau, il s’était spécialisé dans le travail du burin. C’est d’ailleurs par cette technique exigeante que le décor de notre coupe a été préalablement réalisé, puis, apposé par un travail de transfert sur sa surface. Mais plus encore que cette technique, c’est son style qui transparaît à travers les frises de sportifs : il s’agit d’un style très linéaire, épuré, et segmenté si bien que c’est notre œil qui recompose, par l’ensemble des traits, la forme.   
Mais n’oublions pas qu’il s’agit d’une collaboration ! Ainsi, l’artiste a intégré à son travail deux grandes caractéristiques de la manufacture de Sèvres qui sont : son émail bleu profond, réalisé à partir de cobalt, appelé bleu de Sèvres et son décor en or pur 24 carats, puisque la manufacture, grâce à un privilège royal, était la seule autorisée à l’employer.  
Personnellement j’apprécie beaucoup cette œuvre pour sa couleur très profonde, qui anime la surface par des jeux lumineux et donne une impression de mouvement.   
Coupe Omnisports, Roger Vieillard, 1971, porcelaine, or, Manufacture de Sèvres.   

Texte et voix : Salomé Faury-Beurrier 
Enregistrement : Suzanne Saint-Cast 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Bonjour, je m’appelle Salomé et aujourd’hui je vais vous parler de porcelaine, de couleur et de Tour de France.
    
Imaginez tout d’abord une coupe en porcelaine d’environ 30 cm de haut que vous pouvez saisir par un pied conique où repose une large vasque ouverte.  
Puis, visualisez une surface entièrement recouverte d’un émail bleu profond sur lequel court, en frises concentriques, un décor en or 24 carats. Localisées sur le pied, le bord extérieur et l’intérieur de la vasque, ces frises figurent de manière très stylisée de nombreuses disciplines sportives telles que l’équitation, la natation, le tennis ou encore le cyclisme. Vous comprenez pourquoi notre œuvre a été appelée « Coupe Omnisports ».  
Mais méfiez-vous, car ce nom est trompeur sur l’épreuve qu’elle récompense. Peut-être l’avez-vous deviné grâce à l’un de mes trois mots-clés. Il s’agit effectivement du Tour de France. Et c’est depuis 1975 que notre Coupe Omnisports est offerte aux vainqueurs du Tour de France par le Président de la République Valéry Giscard d’Estaing. Il perpétue une plus longue tradition, remontant à Napoléon III, de prix en porcelaines, offerts au nom de la République française, et qui sont réalisés par la manufacture de porcelaine de Sèvres, fondée au XVIIIe siècle sous le règne de Louis XV.  
Cette coupe est le résultat d’une collaboration entre la manufacture de Sèvres et l’artiste Français Roger Vieillard en 1971.   
Roger Vieillard est l’un des artistes graveurs les plus connus du XXe siècle. Grand sportif, passionné de tennis, qu’il pratiqua au plus haut niveau, il s’était spécialisé dans le travail du burin. C’est d’ailleurs par cette technique exigeante que le décor de notre coupe a été préalablement réalisé, puis, apposé par un travail de transfert sur sa surface. Mais plus encore que cette technique, c’est son style qui transparaît à travers les frises de sportifs : il s’agit d’un style très linéaire, épuré, et segmenté si bien que c’est notre œil qui recompose, par l’ensemble des traits, la forme.   
Mais n’oublions pas qu’il s’agit d’une collaboration ! Ainsi, l’artiste a intégré à son travail deux grandes caractéristiques de la manufacture de Sèvres qui sont : son émail bleu profond, réalisé à partir de cobalt, appelé bleu de Sèvres et son décor en or pur 24 carats, puisque la manufacture, grâce à un privilège royal, était la seule autorisée à l’employer.  
Personnellement j’apprécie beaucoup cette œuvre pour sa couleur très profonde, qui anime la surface par des jeux lumineux et donne une impression de mouvement.   
Coupe Omnisports, Roger Vieillard, 1971, porcelaine, or, Manufacture de Sèvres.   

Texte et voix : Salomé Faury-Beurrier 
Enregistrement : Suzanne Saint-Cast 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Sun, 21 Jul 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/salome-faury-beurrier-coupe-omnis-2024-07-21-44teHiWM.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/salome-faury-beurrier-coupe-omnis-2024-07-21-44teHiWM.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/Lv8D-salome-faury-beurrier-coupe-omnisports-roger-vieillard</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Jeanne Berlande – Le jeu de paume, Ateliers de faïence de Nevers</title><description><![CDATA[
    Bonjour, je m’appelle Jeanne et aujourd’hui je vais vous parler de faïence, de vaisselle commémorative et du jeu de paume. 
    
Vers 1757, les ateliers de faïence de Nevers créent une assiette dont le décor bleu et jaune sur fond blanc, représente une partie de jeu de paume. Au premier plan, deux hommes équipés de raquettes se font face, de part et d’autre d’un filet. À l’arrière-plan, quelques curieux observent le match depuis la galerie qui borde le terrain. Les regards de tous les personnages convergent vers la balle, point de tension de la composition, alors qu’un joueur s’apprête à la renvoyer d’un revers.  
Si sa balle « tombe à pic », il aura réussi à « épater la galerie », tandis que son adversaire « restera sur le carreau » ! Ces trois expressions dérivent de cette pratique sportive née en France au Moyen Âge. Aujourd’hui, le jeu de paume a un peu disparu de nos mémoires. Pourtant, son impact culturel est loin d’être négligeable : c’est l’ancêtre de tous les sports de raquette modernes, et notamment du tennis. Le jeu de paume a même été une discipline olympique aux Jeux de Londres en 1908.  
Mais pourquoi cette image sur notre assiette ? Cet objet appartient à un ensemble d’une dizaine de pièces similaires, certaines portant l’inscription « Caré 1757 » et d’autres l’inscription « Mason 1757 ». Ces indications ont permis d’identifier les commanditaires : Jean-Claude Carré et Antoine-Henry Masson, deux célèbres joueurs de paume, qui s’étaient associés un an plus tôt. Ces assiettes viennent ainsi commémorer cette alliance et s’inscrivent dans une pratique bourgeoise courante à l’époque, consistant à offrir de la vaisselle personnalisée à l’occasion d’un événement marquant.  
J’admire la virtuosité des artisans qui ont peint ce décor : entre le dynamisme du jeu et le public qui retient son souffle, on est vraiment face à un instant suspendu et déterminant du match. Si ça ne tenait qu’à moi, je me dépêcherais de finir mon assiette pour mieux la contempler !  
Assiette Le jeu de paume, faïence stannifère, vers 1757, ateliers de faïence de Nevers, diamètre : 24,6 cm, Sèvres, Musée national de la céramique, dépôt du musée Carnavalet-Histoire de Paris.  

Texte et voix : Jeanne Berlande 
Enregistrement : Margot Page 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Bonjour, je m’appelle Jeanne et aujourd’hui je vais vous parler de faïence, de vaisselle commémorative et du jeu de paume. 
    
Vers 1757, les ateliers de faïence de Nevers créent une assiette dont le décor bleu et jaune sur fond blanc, représente une partie de jeu de paume. Au premier plan, deux hommes équipés de raquettes se font face, de part et d’autre d’un filet. À l’arrière-plan, quelques curieux observent le match depuis la galerie qui borde le terrain. Les regards de tous les personnages convergent vers la balle, point de tension de la composition, alors qu’un joueur s’apprête à la renvoyer d’un revers.  
Si sa balle « tombe à pic », il aura réussi à « épater la galerie », tandis que son adversaire « restera sur le carreau » ! Ces trois expressions dérivent de cette pratique sportive née en France au Moyen Âge. Aujourd’hui, le jeu de paume a un peu disparu de nos mémoires. Pourtant, son impact culturel est loin d’être négligeable : c’est l’ancêtre de tous les sports de raquette modernes, et notamment du tennis. Le jeu de paume a même été une discipline olympique aux Jeux de Londres en 1908.  
Mais pourquoi cette image sur notre assiette ? Cet objet appartient à un ensemble d’une dizaine de pièces similaires, certaines portant l’inscription « Caré 1757 » et d’autres l’inscription « Mason 1757 ». Ces indications ont permis d’identifier les commanditaires : Jean-Claude Carré et Antoine-Henry Masson, deux célèbres joueurs de paume, qui s’étaient associés un an plus tôt. Ces assiettes viennent ainsi commémorer cette alliance et s’inscrivent dans une pratique bourgeoise courante à l’époque, consistant à offrir de la vaisselle personnalisée à l’occasion d’un événement marquant.  
J’admire la virtuosité des artisans qui ont peint ce décor : entre le dynamisme du jeu et le public qui retient son souffle, on est vraiment face à un instant suspendu et déterminant du match. Si ça ne tenait qu’à moi, je me dépêcherais de finir mon assiette pour mieux la contempler !  
Assiette Le jeu de paume, faïence stannifère, vers 1757, ateliers de faïence de Nevers, diamètre : 24,6 cm, Sèvres, Musée national de la céramique, dépôt du musée Carnavalet-Histoire de Paris.  

Texte et voix : Jeanne Berlande 
Enregistrement : Margot Page 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Sat, 20 Jul 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/jeanne-berlande-le-jeu-de-paume-2024-07-20-FfnB5WQu.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/jeanne-berlande-le-jeu-de-paume-2024-07-20-FfnB5WQu.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/KLZG-jeanne-berlande-le-jeu-de-paume-ateliers-de-faience-de-nevers</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Ynès Ferreira - Surfing-board, planche de surf</title><description><![CDATA[
    Bonjour, je m’appelle Ynès et aujourd’hui je vais vous parler de surf, de culture et de rituel.
    
Imaginez une planche de surf en bois, de forme oblongue mesurant 1,27 m de longueur et décorée d’une petite tête d’animal à la pointe. Son origine est étonnante, elle provient de Papouasie-Nouvelle-Guinée, un pays d’Océanie situé au nord de l’Australie, pays moins connu pour ses vagues que pour ses nombreux crocodiles.   
Si cet objet est bel et bien une planche de surf, il était, vu sa taille, sûrement utilisé par des enfants mais les plus âgés pratiquaient aussi cette activité. Elle s’utilisait exactement comme les planches que l’on connait aujourd’hui : on se met à plat ventre, on rame et on se lève. Mais ici, elle est en bois et bien moins stable. La méthode de fabrication de cette planche se rapproche peut-être de celle utilisée à Hawaï. Tout d’abord, on choisit un arbre solide avec un grain fin que l’on peut facilement polir. On taille l’arbre dans la forme souhaitée et ensuite on passe au polissage à l’aide de roches ou de coraux abrasifs.   
À Hawaï, la taille des planches diffère selon leur rang social : les plus modestes ont le droit à une petite planche mesurant entre 50 centimètres et 1,80 mètre de hauteur et les élites possèdent des planches qui peuvent faire jusqu’à 5 mètres de hauteur.   
Mais l’ancêtre du surf daterait de 3 000 avant notre ère, pendant la période pré-Inca, sous la culture Mochica. Les pêcheurs prenaient les vagues debout sur des bateaux en roseaux.   
Si le surf est généralement pratiqué sur le continent Océanien, c’est à Hawaï que la pratique se développe davantage, la discipline y est très ritualisée. Des prêtres sorciers, aussi appelé « kahuna », servent de surf report avant l’heure en annonçant les conditions : ils les provoquent parfois grâce à des offrandes et incantations, ils supervisent les rituels durant la fabrication des planches et donnent le courage nécessaire aux Hommes pour affronter les vagues. 
Au cours du XXe siècle, c’est la naissance de la culture surf à Hawaï et de tout ce qu’elle nous évoque : les Beach Boys, Santa Cruz et les colliers de fleurs. L’origine du surf est ancienne et pourtant, ce sport n’a trouvé sa place aux Jeux Olympiques que depuis ceux de 2020 à Tokyo. Pour ceux qui auront lieu à Paris l’été prochain, c’est le spot mythique à Teahupo’o à Tahiti qui accueillera la discipline du 27 au 29 juillet 2024. 
Ce qui me fascine avec l’évocation de cet objet c’est que d’un continent à l’autre la pratique du surf perd sa valeur rituelle et religieuse pour prendre une dimension sportive et de divertissement.   
Planche de surf, milieu du XXe siècle, Océanie, bois sculpté et gravé, 1,27 m de hauteur x 27 cm de largeur, Paris, Musée du Quai Branly Jacques Chirac. 

Texte et voix : Ynès Ferreira 
Enregistrement : Colin Gruel 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Bonjour, je m’appelle Ynès et aujourd’hui je vais vous parler de surf, de culture et de rituel.
    
Imaginez une planche de surf en bois, de forme oblongue mesurant 1,27 m de longueur et décorée d’une petite tête d’animal à la pointe. Son origine est étonnante, elle provient de Papouasie-Nouvelle-Guinée, un pays d’Océanie situé au nord de l’Australie, pays moins connu pour ses vagues que pour ses nombreux crocodiles.   
Si cet objet est bel et bien une planche de surf, il était, vu sa taille, sûrement utilisé par des enfants mais les plus âgés pratiquaient aussi cette activité. Elle s’utilisait exactement comme les planches que l’on connait aujourd’hui : on se met à plat ventre, on rame et on se lève. Mais ici, elle est en bois et bien moins stable. La méthode de fabrication de cette planche se rapproche peut-être de celle utilisée à Hawaï. Tout d’abord, on choisit un arbre solide avec un grain fin que l’on peut facilement polir. On taille l’arbre dans la forme souhaitée et ensuite on passe au polissage à l’aide de roches ou de coraux abrasifs.   
À Hawaï, la taille des planches diffère selon leur rang social : les plus modestes ont le droit à une petite planche mesurant entre 50 centimètres et 1,80 mètre de hauteur et les élites possèdent des planches qui peuvent faire jusqu’à 5 mètres de hauteur.   
Mais l’ancêtre du surf daterait de 3 000 avant notre ère, pendant la période pré-Inca, sous la culture Mochica. Les pêcheurs prenaient les vagues debout sur des bateaux en roseaux.   
Si le surf est généralement pratiqué sur le continent Océanien, c’est à Hawaï que la pratique se développe davantage, la discipline y est très ritualisée. Des prêtres sorciers, aussi appelé « kahuna », servent de surf report avant l’heure en annonçant les conditions : ils les provoquent parfois grâce à des offrandes et incantations, ils supervisent les rituels durant la fabrication des planches et donnent le courage nécessaire aux Hommes pour affronter les vagues. 
Au cours du XXe siècle, c’est la naissance de la culture surf à Hawaï et de tout ce qu’elle nous évoque : les Beach Boys, Santa Cruz et les colliers de fleurs. L’origine du surf est ancienne et pourtant, ce sport n’a trouvé sa place aux Jeux Olympiques que depuis ceux de 2020 à Tokyo. Pour ceux qui auront lieu à Paris l’été prochain, c’est le spot mythique à Teahupo’o à Tahiti qui accueillera la discipline du 27 au 29 juillet 2024. 
Ce qui me fascine avec l’évocation de cet objet c’est que d’un continent à l’autre la pratique du surf perd sa valeur rituelle et religieuse pour prendre une dimension sportive et de divertissement.   
Planche de surf, milieu du XXe siècle, Océanie, bois sculpté et gravé, 1,27 m de hauteur x 27 cm de largeur, Paris, Musée du Quai Branly Jacques Chirac. 

Texte et voix : Ynès Ferreira 
Enregistrement : Colin Gruel 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 19 Jul 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/ynes-ferreira-surfing-board-plan-2024-07-19-u2PQcefE.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/ynes-ferreira-surfing-board-plan-2024-07-19-u2PQcefE.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/JNqK-ynes-ferreira-surfing-board-planche-de-surf</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Matthieu Favre - Le Tennis à Dinard, Frederick Arthur Bridgman</title><description><![CDATA[
    Bonjour, je m’appelle Matthieu et aujourd’hui je vais vous parler de tennis, d’émancipation féminine et de mode.
    
Le Tennis à Dinard, peint en 1891, est une peinture à l’huile sur toile de Frederick Bridgman. Au premier plan, on aperçoit deux femmes assises richement vêtues à la mode de la fin du XIXe siècle. La plus proche de nous porte une robe en satin de soie violette, brillante, un chapeau et une ombrelle.  
Au deuxième plan, on entend deux hommes en costume blanc parler à une femme portant une jupe blanche plus courte que celles qu’on connaît de l‘époque. Continuons vers l’arrière-plan de la scène, avec le public, également vêtu de blanc, et assistons au match qui se prépare. Nous sommes en train de profiter d’une après-midi mondaine ensoleillée durant laquelle on se plaît à jouer au lawn tennis.   
Le lawn tennis ou tennis sur gazon, évolution du jeu de paume apparu au XIIIe siècle, est au XIXe siècle, une activité élitiste et mondaine de villégiature comme on le devine grâce aux robes précieuses des femmes du premier plan. L’absence de règle régissant le vestiaire permet à hommes et femmes, ce sport n’étant pas l’apanage des hommes, de jouer dans leurs habits de garden party.   
On le voit sur la toile, l’élégance prime. Ainsi, si les hommes profitent de leur costume, les femmes jouent corsetées et en talon. Elles doivent changer de corset entre les jeux, le leur étant trempé de sang.   
En abandonnant le corset à la fin des années 1910 et en raccourcissant les manches et les jupes jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, les femmes entament une certaine libération de ce vestiaire contraignant.   
À l’Après-Guerre, Ted Tinling, styliste et joueur de tennis, réalise des tenues à jupes à volant et tutus de froufrou. Ces tenues scandaleuses nous signalent l’arrivée de la mode dans le monde du tennis. Nous pensons aujourd’hui aux sœurs Williams qui, en plus de remporter à elles deux 62 titres du grand chelem, transforment les courts de tennis en podium de défilé. Serena remporte en fin d’année 2023, le prix d’icône de la mode du Council of Fashion Designers of America. Le tennis a été pour les femmes une manière d’abolir les règles vestimentaires enserrant leur corps pour en faire un lieu de représentation de mode rare dans le monde du sport.   
Cette œuvre me plait : elle évoque la condition vestimentaire et sociale des femmes à l’époque tout en déployant, comme ce satin violet, l’élégance de l’aristocratie du XIXe siècle.   
Bridgman, Américain séjournant en France, peint d’ailleurs la même année le Lawn Tennis Club, autre œuvre prétextant la représentation du sport pour s’attarder sur le cadre mondain de ses origines.  
Le Tennis à Dinard, 

Frederick Arthur Bridgman, 1891, huile sur toile, 27cm x 41cm, Musée d’arts de Nantes.   

Texte et voix : Matthieu Favre 
Enregistrement : Colin Gruel 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Bonjour, je m’appelle Matthieu et aujourd’hui je vais vous parler de tennis, d’émancipation féminine et de mode.
    
Le Tennis à Dinard, peint en 1891, est une peinture à l’huile sur toile de Frederick Bridgman. Au premier plan, on aperçoit deux femmes assises richement vêtues à la mode de la fin du XIXe siècle. La plus proche de nous porte une robe en satin de soie violette, brillante, un chapeau et une ombrelle.  
Au deuxième plan, on entend deux hommes en costume blanc parler à une femme portant une jupe blanche plus courte que celles qu’on connaît de l‘époque. Continuons vers l’arrière-plan de la scène, avec le public, également vêtu de blanc, et assistons au match qui se prépare. Nous sommes en train de profiter d’une après-midi mondaine ensoleillée durant laquelle on se plaît à jouer au lawn tennis.   
Le lawn tennis ou tennis sur gazon, évolution du jeu de paume apparu au XIIIe siècle, est au XIXe siècle, une activité élitiste et mondaine de villégiature comme on le devine grâce aux robes précieuses des femmes du premier plan. L’absence de règle régissant le vestiaire permet à hommes et femmes, ce sport n’étant pas l’apanage des hommes, de jouer dans leurs habits de garden party.   
On le voit sur la toile, l’élégance prime. Ainsi, si les hommes profitent de leur costume, les femmes jouent corsetées et en talon. Elles doivent changer de corset entre les jeux, le leur étant trempé de sang.   
En abandonnant le corset à la fin des années 1910 et en raccourcissant les manches et les jupes jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, les femmes entament une certaine libération de ce vestiaire contraignant.   
À l’Après-Guerre, Ted Tinling, styliste et joueur de tennis, réalise des tenues à jupes à volant et tutus de froufrou. Ces tenues scandaleuses nous signalent l’arrivée de la mode dans le monde du tennis. Nous pensons aujourd’hui aux sœurs Williams qui, en plus de remporter à elles deux 62 titres du grand chelem, transforment les courts de tennis en podium de défilé. Serena remporte en fin d’année 2023, le prix d’icône de la mode du Council of Fashion Designers of America. Le tennis a été pour les femmes une manière d’abolir les règles vestimentaires enserrant leur corps pour en faire un lieu de représentation de mode rare dans le monde du sport.   
Cette œuvre me plait : elle évoque la condition vestimentaire et sociale des femmes à l’époque tout en déployant, comme ce satin violet, l’élégance de l’aristocratie du XIXe siècle.   
Bridgman, Américain séjournant en France, peint d’ailleurs la même année le Lawn Tennis Club, autre œuvre prétextant la représentation du sport pour s’attarder sur le cadre mondain de ses origines.  
Le Tennis à Dinard, 

Frederick Arthur Bridgman, 1891, huile sur toile, 27cm x 41cm, Musée d’arts de Nantes.   

Texte et voix : Matthieu Favre 
Enregistrement : Colin Gruel 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Thu, 18 Jul 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/matthieu-favre-le-tennis-a-dinard-2024-07-18-eUOIjSGJ.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/matthieu-favre-le-tennis-a-dinard-2024-07-18-eUOIjSGJ.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/GM5K-matthieu-favre-le-tennis-a-dinard-frederick-arthur-bridgman</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Jade Laouna – Partie de rugby, André Lhote</title><description><![CDATA[
    Je suis Jade, et aujourd’hui je vais vous parler de rugby, de mouvement et de géométrie.
    
Dans la première moitié du XXe siècle, l’artiste André Lhote peint une huile sur toile intitulée Partie de rugby. Sur un fond de grands nuages simplifiés et accidentés, six rugbymen en formes géométriques créent une pyramide de leurs corps enchevêtrés. Au sommet de ce triangle se trouve l’objet de leur convoitise : le ballon ovale. En marge, à droite, un septième joueur nous tourne le dos, prêt à poursuivre l’action. Il est, à notre image, spectateur de cette lutte aérienne. Les maillots, tantôt quadrillés d’un camaïeu de vert, tantôt rayés de rouge et de blanc, nous indiquent les deux équipes qui jouent à ce que l’on appelait encore à l’époque le football-rugby.   
Pourquoi un tel sujet ? Si la tradition veut que l’anglais William Webb Ellis ait créé le rugby en 1823, ce sport n’atteint la France que dans les années 1870. D’abord dominé par l’élite parisienne, le rugby gagne Bordeaux qui devient, en 1899, le premier club de province sacré champion de France. André Lhote, originaire du sud-ouest, se fait donc le témoin de la popularité du rugby mais avec une approche cubiste.   
Vous êtes devant l’œuvre et vous vous étonnez sûrement : il n&#039;y a ni perspective, ni modelé, ni contours définis. L’artiste s’intéresse plutôt aux aplats de couleurs et à la simplification des corps. C’est le vocabulaire cubiste. Par-là, le peintre insiste davantage sur le mouvement. Mais comment ? L’équilibre de la pyramide est menacé par la contradiction des gestes de chaque joueur. Le ballon, à moitié sorti du cadre, est attrapé in extremis. Quant à la couleur, elle est là pour créer du rythme : l’alternance des complémentaires rouges et vertes des maillots crée à la fois une luminosité et une cadence dans l’action. L’efficacité de l’œuvre est donc paradoxale : c’est dans la confusion des formes et des couleurs qu’André Lhote nous éclaire sur notre perception du jeu sportif.   
Présenter cette œuvre est l’occasion pour moi de vous montrer, j’espère, combien les formes plastiques sont capables de représenter l’instantanéité. C’est pour moi, un des enjeux majeurs de l’art.   
Partie de rugby, André Lhote, huile sur toile, 1m x 0.8m, début du XXe siècle, Saint Quentin, Musée Antoine Lécuyer.  

Texte et voix : Jade Laouna 
Enregistrement : Kélian Jeannez 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Je suis Jade, et aujourd’hui je vais vous parler de rugby, de mouvement et de géométrie.
    
Dans la première moitié du XXe siècle, l’artiste André Lhote peint une huile sur toile intitulée Partie de rugby. Sur un fond de grands nuages simplifiés et accidentés, six rugbymen en formes géométriques créent une pyramide de leurs corps enchevêtrés. Au sommet de ce triangle se trouve l’objet de leur convoitise : le ballon ovale. En marge, à droite, un septième joueur nous tourne le dos, prêt à poursuivre l’action. Il est, à notre image, spectateur de cette lutte aérienne. Les maillots, tantôt quadrillés d’un camaïeu de vert, tantôt rayés de rouge et de blanc, nous indiquent les deux équipes qui jouent à ce que l’on appelait encore à l’époque le football-rugby.   
Pourquoi un tel sujet ? Si la tradition veut que l’anglais William Webb Ellis ait créé le rugby en 1823, ce sport n’atteint la France que dans les années 1870. D’abord dominé par l’élite parisienne, le rugby gagne Bordeaux qui devient, en 1899, le premier club de province sacré champion de France. André Lhote, originaire du sud-ouest, se fait donc le témoin de la popularité du rugby mais avec une approche cubiste.   
Vous êtes devant l’œuvre et vous vous étonnez sûrement : il n'y a ni perspective, ni modelé, ni contours définis. L’artiste s’intéresse plutôt aux aplats de couleurs et à la simplification des corps. C’est le vocabulaire cubiste. Par-là, le peintre insiste davantage sur le mouvement. Mais comment ? L’équilibre de la pyramide est menacé par la contradiction des gestes de chaque joueur. Le ballon, à moitié sorti du cadre, est attrapé in extremis. Quant à la couleur, elle est là pour créer du rythme : l’alternance des complémentaires rouges et vertes des maillots crée à la fois une luminosité et une cadence dans l’action. L’efficacité de l’œuvre est donc paradoxale : c’est dans la confusion des formes et des couleurs qu’André Lhote nous éclaire sur notre perception du jeu sportif.   
Présenter cette œuvre est l’occasion pour moi de vous montrer, j’espère, combien les formes plastiques sont capables de représenter l’instantanéité. C’est pour moi, un des enjeux majeurs de l’art.   
Partie de rugby, André Lhote, huile sur toile, 1m x 0.8m, début du XXe siècle, Saint Quentin, Musée Antoine Lécuyer.  

Texte et voix : Jade Laouna 
Enregistrement : Kélian Jeannez 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Wed, 17 Jul 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/jade-laouna-partie-de-rugby-andr-2024-07-17-gJUJygMF.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/jade-laouna-partie-de-rugby-andr-2024-07-17-gJUJygMF.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/E09W-jade-laouna-partie-de-rugby-andre-lhote</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Yasmine Aïfi - Action Escalade non-anesthésiée, Gina Pane</title><description><![CDATA[
    Je m’appelle Yasmine et je vais vous parler d’escalade, de douleur et du corps.
    
Paris, avril 1971. Nous sommes dans l’atelier de Gina Pane. Soyez discrets, la performance commence. Je vous laisse imaginer l’artiste vêtue d’une chemise à carreaux et d’un pantalon noir, gravir, mains et pieds nus, une échelle de trois mètres de haut, sur laquelle elle a positionné des pics métalliques qui la blessent au fil d’une ascension éprouvante.   
Ce volet éphémère de l’œuvre est étoffé d’une partie photographique qui conserve et prolonge le souvenir de la performance. La photographe Françoise Masson est la seule à avoir le droit d’utiliser son appareil. Gina Pane élabore un montage, imbriquant gros plans sur ses éraflures et plans d’ensemble.  
J’aime l’aspect intemporel de cette œuvre qui intègre trois formes d’art bien que seules deux subsistent au musée : une échelle en métal symétrique au montage photo noir et blanc. Les deux, liés par la performance.   
Dans une lettre-manifeste, Gina Pane écrit sur la douleur qu’elle s’inflige.   
Elle la déploie d’abord contre ce qu’elle considère comme une anesthésie des consciences. Quand elle met au point cette performance, la guerre du Vietnam s’éternise. Elle est partout. Photos de presse et télévisions participent à anesthésier les sensibilités. L’artiste grimpe en écho à une autre escalade, celle de la violence au Vietnam. Par les gros plans photographiques sur son corps en mouvement, elle nous rappelle que nous sommes vivants.   
Cette expression de la douleur sur son propre corps devient un moyen de gagner l’empathie du corps social. Dans les clichés, elle ne montre jamais son visage de face. On s’identifie ainsi à l’artiste. Dans le sport, cette empathie est encore plus démocratisée. On grimpe aux côtés de notre athlète favori. On croit ressentir sa douleur.   
L’artiste partage la douleur de son corps tout en testant ses limites. Un concept du dépassement de soi partagé avec le sport de haut niveau. Ce n’est pas un hasard si, dans le dictionnaire le Robert, le mot « performance » désigne tant « une œuvre artistique conçue comme un événement » que le « résultat obtenu dans une compétition ». Le grimpeur olympique est lui aussi un performer.   
Gina Pane met l’accent sur le corps et sa réappropriation. Un corps qui sera vedette des Jeux Olympiques et Paralympiques 2024 à Paris.   
Action Escalade non-anesthésiée, Gina Pane, 1971, photographies noir et blanc sur panneau en bois, acier doux, Musée national d’art moderne de Paris, Centre Pompidou.   

Texte et voix : Yasmine Aîfi 
Enregistrement : Colin Gruel 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Je m’appelle Yasmine et je vais vous parler d’escalade, de douleur et du corps.
    
Paris, avril 1971. Nous sommes dans l’atelier de Gina Pane. Soyez discrets, la performance commence. Je vous laisse imaginer l’artiste vêtue d’une chemise à carreaux et d’un pantalon noir, gravir, mains et pieds nus, une échelle de trois mètres de haut, sur laquelle elle a positionné des pics métalliques qui la blessent au fil d’une ascension éprouvante.   
Ce volet éphémère de l’œuvre est étoffé d’une partie photographique qui conserve et prolonge le souvenir de la performance. La photographe Françoise Masson est la seule à avoir le droit d’utiliser son appareil. Gina Pane élabore un montage, imbriquant gros plans sur ses éraflures et plans d’ensemble.  
J’aime l’aspect intemporel de cette œuvre qui intègre trois formes d’art bien que seules deux subsistent au musée : une échelle en métal symétrique au montage photo noir et blanc. Les deux, liés par la performance.   
Dans une lettre-manifeste, Gina Pane écrit sur la douleur qu’elle s’inflige.   
Elle la déploie d’abord contre ce qu’elle considère comme une anesthésie des consciences. Quand elle met au point cette performance, la guerre du Vietnam s’éternise. Elle est partout. Photos de presse et télévisions participent à anesthésier les sensibilités. L’artiste grimpe en écho à une autre escalade, celle de la violence au Vietnam. Par les gros plans photographiques sur son corps en mouvement, elle nous rappelle que nous sommes vivants.   
Cette expression de la douleur sur son propre corps devient un moyen de gagner l’empathie du corps social. Dans les clichés, elle ne montre jamais son visage de face. On s’identifie ainsi à l’artiste. Dans le sport, cette empathie est encore plus démocratisée. On grimpe aux côtés de notre athlète favori. On croit ressentir sa douleur.   
L’artiste partage la douleur de son corps tout en testant ses limites. Un concept du dépassement de soi partagé avec le sport de haut niveau. Ce n’est pas un hasard si, dans le dictionnaire le Robert, le mot « performance » désigne tant « une œuvre artistique conçue comme un événement » que le « résultat obtenu dans une compétition ». Le grimpeur olympique est lui aussi un performer.   
Gina Pane met l’accent sur le corps et sa réappropriation. Un corps qui sera vedette des Jeux Olympiques et Paralympiques 2024 à Paris.   
Action Escalade non-anesthésiée, Gina Pane, 1971, photographies noir et blanc sur panneau en bois, acier doux, Musée national d’art moderne de Paris, Centre Pompidou.   

Texte et voix : Yasmine Aîfi 
Enregistrement : Colin Gruel 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 16 Jul 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/yasmine-aifi-action-escalade-non-2024-07-16-IhR26be1.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/yasmine-aifi-action-escalade-non-2024-07-16-IhR26be1.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/DQ96-yasmine-aifi-action-escalade-non-anesthesiee-gina-pane</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Jaedyn Bord - Cratère en cloche</title><description><![CDATA[
    Bonjour, je suis Jaedyn et je viens vous parler de sport, de céramique grecque et d’aristocratie.
    
Imaginez-vous en 430 avant J.-C. en Grèce, vous êtes un citoyen athénien et vous vous rendez à un banquet. À cette époque, seuls les hommes y ont accès. Vous y retrouvez toute la haute société qui festoie et discute, dans le banquet grec, dans le symposium, le vin est la boisson principale. Mais il nécessite d’être coupé d’eau et d’épices tant il est fort. Selon combien est dilué le vin, il en résultera la qualité des conversations.   
Alors, pour couper ce vin, un cratère en terre cuite est sorti de presque trente centimètres de haut, c’est-à-dire un vase en forme de cloche renversé. Il présente un fond noir d’où se détachent des figures de la couleur de l’argile rouge : c’est une céramique dite à figure rouge.   
Sur une des deux faces de ce cratère nous observons deux jeunes hommes en nudité typique des sportifs qui pratiquent la lutte. À leur gauche, un homme âgé les entraîne, il illustre la transmission de l’expérience.   
C&#039;est une céramique typique de l’art grec classique athénien. Notamment par la représentation de figures rouges sur fond noir, technique inventée à Athènes par Andokides en 530 avant J.-C. Cela a pour effet de rendre les figures représentées plus vivantes et permet les traits à l’intérieur des formes. Comme pour nos lutteurs avec une musculature détaillée pour montrer l’effort.   
Ce qui me plait le plus à travers cet objet, c’est sa fonction, quand on voit ce cratère on peut vraiment voyager dans le temps. Il met en valeur l’excellence sportive à la grecque avec des héros pour modèle comme Achille par exemple. L’excellence du corps va aussi de pair avec l’intellect et la perfection est l’objectif idéal à atteindre. Le sport en Grèce antique fait partie de la vie militaire et citoyenne, il est purement social, ce qui confirme le caractère aristocratique de cet objet. Puisque les athlètes sont souvent des aristocrates de sang ou plus tard d’argent. La lutte en particulier est un des sports les plus anciens, présente dès les premiers Jeux Olympiques antiques. Cette tradition est encore perpétuée dans les Jeux Olympiques modernes depuis les premiers à Athènes en 1896. Pratique historiquement masculine, il faut attendre 2004 pour voir la lutte féminine aux JO.   
Cratère en cloche, 430-420 avant J.-C, céramique à figure rouge, production athénienne, provenance inconnue, hauteur 26cm, collection Dutuit, Paris, Petit Palais.  

Texte et voix : Jaedyn Bord 
Enregistrement : Philipp Fischer 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Bonjour, je suis Jaedyn et je viens vous parler de sport, de céramique grecque et d’aristocratie.
    
Imaginez-vous en 430 avant J.-C. en Grèce, vous êtes un citoyen athénien et vous vous rendez à un banquet. À cette époque, seuls les hommes y ont accès. Vous y retrouvez toute la haute société qui festoie et discute, dans le banquet grec, dans le symposium, le vin est la boisson principale. Mais il nécessite d’être coupé d’eau et d’épices tant il est fort. Selon combien est dilué le vin, il en résultera la qualité des conversations.   
Alors, pour couper ce vin, un cratère en terre cuite est sorti de presque trente centimètres de haut, c’est-à-dire un vase en forme de cloche renversé. Il présente un fond noir d’où se détachent des figures de la couleur de l’argile rouge : c’est une céramique dite à figure rouge.   
Sur une des deux faces de ce cratère nous observons deux jeunes hommes en nudité typique des sportifs qui pratiquent la lutte. À leur gauche, un homme âgé les entraîne, il illustre la transmission de l’expérience.   
C'est une céramique typique de l’art grec classique athénien. Notamment par la représentation de figures rouges sur fond noir, technique inventée à Athènes par Andokides en 530 avant J.-C. Cela a pour effet de rendre les figures représentées plus vivantes et permet les traits à l’intérieur des formes. Comme pour nos lutteurs avec une musculature détaillée pour montrer l’effort.   
Ce qui me plait le plus à travers cet objet, c’est sa fonction, quand on voit ce cratère on peut vraiment voyager dans le temps. Il met en valeur l’excellence sportive à la grecque avec des héros pour modèle comme Achille par exemple. L’excellence du corps va aussi de pair avec l’intellect et la perfection est l’objectif idéal à atteindre. Le sport en Grèce antique fait partie de la vie militaire et citoyenne, il est purement social, ce qui confirme le caractère aristocratique de cet objet. Puisque les athlètes sont souvent des aristocrates de sang ou plus tard d’argent. La lutte en particulier est un des sports les plus anciens, présente dès les premiers Jeux Olympiques antiques. Cette tradition est encore perpétuée dans les Jeux Olympiques modernes depuis les premiers à Athènes en 1896. Pratique historiquement masculine, il faut attendre 2004 pour voir la lutte féminine aux JO.   
Cratère en cloche, 430-420 avant J.-C, céramique à figure rouge, production athénienne, provenance inconnue, hauteur 26cm, collection Dutuit, Paris, Petit Palais.  

Texte et voix : Jaedyn Bord 
Enregistrement : Philipp Fischer 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Mon, 15 Jul 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/jaedyn-bord-cratere-en-cloche-2024-07-15-QzPNaTGS.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/jaedyn-bord-cratere-en-cloche-2024-07-15-QzPNaTGS.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/BPLQ-jaedyn-bord-cratere-en-cloche</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Samuel Hulin - Joueurs de football, Raymond Duchamp-Villon</title><description><![CDATA[
    Bonjour, je m’appelle Samuel et je vais vous parler de rugby, de dynamisme, et d’émotion.
    
Notre œuvre est une sculpture, Joueurs de football, réalisée par Raymond Duchamp-Villon en 1906.  
Un ballon ovale attire immédiatement votre regard, qui court ensuite sur le corps d’un homme nu se tordant pour l’attraper, en une spirale dont le centre est le ballon. Sur la base de l’œuvre, vous distinguez deux autres hommes nus, presque écrasés, cherchant à retenir leur adversaire en l’agrippant. Ils reposent tous trois sur une base dont le côté brut contraste avec le poli des corps nus, dont on distingue les moindres détails.  
Cette sculpture est un arrêt sur image, comme sur un ralenti passé 1000 fois après une action d’exception, comme le point culminant d’un travail d’équipe.   
En la regardant, vous ressentez peut-être l’attention du joueur tenant la balle et son regard intense, peut-être aussi son futur bonheur et la volonté farouche des autres joueurs d’empêcher son geste.   
Malgré le titre de l’œuvre, Joueurs de football, il s’agit de joueurs de rugby, car ces deux sports partageaient le même nom au début du XXe siècle, alors qu’ils venaient d’être créés. Ce sport a connu deux vies olympiques.  
Le rugby à XV est quatre fois un sport olympique entre 1900 et 1924 dans des tournois uniquement masculins qui se résument souvent à un ou deux matchs. Le rugby disparaît ensuite des JO mais réapparaît à Rio, en 2016, avec le rugby à VII. Pour chaque genre, 12 équipes s’affrontent, et, en 2021, les Fidji conservent leurs titres chez les hommes, tandis que la Nouvelle-Zélande bat la France en finale chez les femmes. 
S’il vous arrive d’être fasciné par la vitesse du jeu, c’est que le sport est propice à la recherche du mouvement et du dynamisme. Duchamp-Villon les recherchera toute sa carrière, ce qui le pousse à sculpter ce groupe, encore très naturaliste, car il s’agit d’une œuvre de jeunesse. Il présente le plâtre de cette œuvre au premier salon auquel il participe à Paris en 1905.   
Par l’anatomie naturaliste des corps et la recherche de représentation du mouvement, elle s’inspire des sculptures de Rodin, déjà très connu. Le dynamisme de cette composition annonce pourtant déjà la sculpture cubiste dont Raymond Duchamp-Villon sera, par ses sculptures et ses relations, un des précurseurs.  
J’aime cette œuvre pour l’impression de mouvement qu’elle dégage, et parce qu’elle me procure par ce mouvement une émotion similaire à celle d’un essai de l’équipe de France. Je vous encourage d’ailleurs, à regarder au moins un match cet été en gardant cette sculpture en tête.  
Joueurs de football, Raymond Duchamp-Villon, fonte en 1906 à Paris par Andro sur un plâtre perdu de 1905, 68 x 68 x 55 cm, Rouen, musée des Beaux-Arts.   

Texte et voix : Samuel Hulin 
Enregistrement : Margot Page 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Bonjour, je m’appelle Samuel et je vais vous parler de rugby, de dynamisme, et d’émotion.
    
Notre œuvre est une sculpture, Joueurs de football, réalisée par Raymond Duchamp-Villon en 1906.  
Un ballon ovale attire immédiatement votre regard, qui court ensuite sur le corps d’un homme nu se tordant pour l’attraper, en une spirale dont le centre est le ballon. Sur la base de l’œuvre, vous distinguez deux autres hommes nus, presque écrasés, cherchant à retenir leur adversaire en l’agrippant. Ils reposent tous trois sur une base dont le côté brut contraste avec le poli des corps nus, dont on distingue les moindres détails.  
Cette sculpture est un arrêt sur image, comme sur un ralenti passé 1000 fois après une action d’exception, comme le point culminant d’un travail d’équipe.   
En la regardant, vous ressentez peut-être l’attention du joueur tenant la balle et son regard intense, peut-être aussi son futur bonheur et la volonté farouche des autres joueurs d’empêcher son geste.   
Malgré le titre de l’œuvre, Joueurs de football, il s’agit de joueurs de rugby, car ces deux sports partageaient le même nom au début du XXe siècle, alors qu’ils venaient d’être créés. Ce sport a connu deux vies olympiques.  
Le rugby à XV est quatre fois un sport olympique entre 1900 et 1924 dans des tournois uniquement masculins qui se résument souvent à un ou deux matchs. Le rugby disparaît ensuite des JO mais réapparaît à Rio, en 2016, avec le rugby à VII. Pour chaque genre, 12 équipes s’affrontent, et, en 2021, les Fidji conservent leurs titres chez les hommes, tandis que la Nouvelle-Zélande bat la France en finale chez les femmes. 
S’il vous arrive d’être fasciné par la vitesse du jeu, c’est que le sport est propice à la recherche du mouvement et du dynamisme. Duchamp-Villon les recherchera toute sa carrière, ce qui le pousse à sculpter ce groupe, encore très naturaliste, car il s’agit d’une œuvre de jeunesse. Il présente le plâtre de cette œuvre au premier salon auquel il participe à Paris en 1905.   
Par l’anatomie naturaliste des corps et la recherche de représentation du mouvement, elle s’inspire des sculptures de Rodin, déjà très connu. Le dynamisme de cette composition annonce pourtant déjà la sculpture cubiste dont Raymond Duchamp-Villon sera, par ses sculptures et ses relations, un des précurseurs.  
J’aime cette œuvre pour l’impression de mouvement qu’elle dégage, et parce qu’elle me procure par ce mouvement une émotion similaire à celle d’un essai de l’équipe de France. Je vous encourage d’ailleurs, à regarder au moins un match cet été en gardant cette sculpture en tête.  
Joueurs de football, Raymond Duchamp-Villon, fonte en 1906 à Paris par Andro sur un plâtre perdu de 1905, 68 x 68 x 55 cm, Rouen, musée des Beaux-Arts.   

Texte et voix : Samuel Hulin 
Enregistrement : Margot Page 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Sun, 14 Jul 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/samuel-hulin-joueurs-de-football-2024-07-14-N5rPop7F.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/samuel-hulin-joueurs-de-football-2024-07-14-N5rPop7F.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/AMP9-samuel-hulin-joueurs-de-football-raymond-duchamp-villon</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Jade Loiselle - Les Coureurs, Robert Delaunay</title><description><![CDATA[
    Je m’appelle Jade et je vais vous parler de couleurs, de mouvement et de course à pied.
    
Les Coureurs de Robert Delaunay est un tableau peint au cours de l’été 1924, durant les VIIIe Jeux olympiques d’été. On y voit un peloton de cinq coureurs à pied aux maillots colorés. Ils se trouvent dans le virage d’une piste d’athlétisme, devant les tribunes d’un stade vide.  
La couleur ! Voici la première chose qui frappe en regardant la scène. Composée de touches d’orange, de jaune, de rouge, ou encore de vert, on est ébloui par tant de couleurs. Pour créer cet effet, Delaunay s&#039;est inspiré de la loi du contraste simultanée des couleurs du chimiste Michel Eugène Chevreul. En opposant les couleurs complémentaires entre elles, comme l’orange de la piste de course avec le bleu du maillot d’un coureur, il rend alors la toile vibrante et dynamique.   
Qui dit course, dit vitesse ! Le nez, la bouche et les sourcils sont les seuls éléments du visage visibles chez ces athlètes. De même, aucune présence de leurs pieds, comme si la vitesse de la course nous les rendait invisibles. Les maillots colorés des athlètes sont l’unique moyen de les différencier.  
La course à pied est l’une des épreuves les plus anciennes des jeux olympiques. Appelée le stadion, elle consistait à courir sur une longueur de stade, 193 mètres, plus précisément pour celui d’Olympie. Il s’agissait de la distance que le héros Hercule pouvait, selon la légende, courir sans reprendre son souffle. Pourtant, Delaunay utilise ici l’iconographie de ce sport pour témoigner de l’évolution de la société et de sa modernité. Modernité, par exemple, à l’œuvre dans le stade de Colombes où une piste de 500 mètres est la grande nouveauté.    
Première d’une série de huit toiles réalisées entre 1924 et 1926, cette œuvre témoigne aussi de l’évolution du style de Delaunay qui oscille entre figuration et abstraction. Dans les dernières versions, les sportifs ne se résument plus qu’à des formes colorées. Enfin, le tableau ne nous présente que des coureurs, mais qu&#039;en est-il des athlètes féminines ? Uniquement accessibles aux hommes lors des premiers jeux modernes en 1896, les épreuves d’athlétisme sont ouvertes aux femmes à partir des jeux de 1928 à Amsterdam.   
J’ai choisi ce tableau car j’apprécie cet artiste qui fut l’une de mes premières découvertes en arrivant à Paris. Sa toile L&#039;équipe de Cardiff au Musée d’Art Moderne de Paris représentant des rugbymen m’avait notamment fortement marqué, par sa taille et sa modernité.  
Les Coureurs, Robert Delaunay, 1924, huile sur toile, 1,14 x 1,46 m, Troyes, musée d’Art Moderne.  

Texte et voix : Jade Loiselle 
Enregistrement : Margot Page 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Je m’appelle Jade et je vais vous parler de couleurs, de mouvement et de course à pied.
    
Les Coureurs de Robert Delaunay est un tableau peint au cours de l’été 1924, durant les VIIIe Jeux olympiques d’été. On y voit un peloton de cinq coureurs à pied aux maillots colorés. Ils se trouvent dans le virage d’une piste d’athlétisme, devant les tribunes d’un stade vide.  
La couleur ! Voici la première chose qui frappe en regardant la scène. Composée de touches d’orange, de jaune, de rouge, ou encore de vert, on est ébloui par tant de couleurs. Pour créer cet effet, Delaunay s'est inspiré de la loi du contraste simultanée des couleurs du chimiste Michel Eugène Chevreul. En opposant les couleurs complémentaires entre elles, comme l’orange de la piste de course avec le bleu du maillot d’un coureur, il rend alors la toile vibrante et dynamique.   
Qui dit course, dit vitesse ! Le nez, la bouche et les sourcils sont les seuls éléments du visage visibles chez ces athlètes. De même, aucune présence de leurs pieds, comme si la vitesse de la course nous les rendait invisibles. Les maillots colorés des athlètes sont l’unique moyen de les différencier.  
La course à pied est l’une des épreuves les plus anciennes des jeux olympiques. Appelée le stadion, elle consistait à courir sur une longueur de stade, 193 mètres, plus précisément pour celui d’Olympie. Il s’agissait de la distance que le héros Hercule pouvait, selon la légende, courir sans reprendre son souffle. Pourtant, Delaunay utilise ici l’iconographie de ce sport pour témoigner de l’évolution de la société et de sa modernité. Modernité, par exemple, à l’œuvre dans le stade de Colombes où une piste de 500 mètres est la grande nouveauté.    
Première d’une série de huit toiles réalisées entre 1924 et 1926, cette œuvre témoigne aussi de l’évolution du style de Delaunay qui oscille entre figuration et abstraction. Dans les dernières versions, les sportifs ne se résument plus qu’à des formes colorées. Enfin, le tableau ne nous présente que des coureurs, mais qu'en est-il des athlètes féminines ? Uniquement accessibles aux hommes lors des premiers jeux modernes en 1896, les épreuves d’athlétisme sont ouvertes aux femmes à partir des jeux de 1928 à Amsterdam.   
J’ai choisi ce tableau car j’apprécie cet artiste qui fut l’une de mes premières découvertes en arrivant à Paris. Sa toile L'équipe de Cardiff au Musée d’Art Moderne de Paris représentant des rugbymen m’avait notamment fortement marqué, par sa taille et sa modernité.  
Les Coureurs, Robert Delaunay, 1924, huile sur toile, 1,14 x 1,46 m, Troyes, musée d’Art Moderne.  

Texte et voix : Jade Loiselle 
Enregistrement : Margot Page 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Sat, 13 Jul 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/jade-loiselle-les-coureurs-rober-2024-07-13-GEm5DaGs.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/jade-loiselle-les-coureurs-rober-2024-07-13-GEm5DaGs.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/z7Kq-jade-loiselle-les-coureurs-robert-delaunay</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Agathe Bonin - Zidane, un portrait du XXIe siècle, Douglas Gordon &amp; Philippe Parreno</title><description><![CDATA[
    Bonjour, je m’appelle Agathe et je vais vous parler portrait, vidéo et football.
    
Zidane, un portrait du XXIe siècle est une installation vidéo des artistes contemporains Douglas Gordon et Philippe Parreno, filmée pendant un match en 2005 opposant le Real Madrid et le club Villarreal. Vous naviguez dans le noir entre dix-sept écrans retransmettant simultanément dix-sept versions du footballeur Zinedine Zidane pendant le match, le bruit diminue, la vidéo ralentit et vous n’entendez alors plus que sa respiration, le bruit sourd de ses crampons sur le gazon.   
Un match de foot on connait mais qu’est ce qui en fait une œuvre d’art ?  C’est qu’ici les caméras sont braquées sur Zidane, selon les écrans et les bandes son, il est comme seul sur le terrain, puis parmi les autres joueurs ou encore sur fond du stade. On le voit courir, réfléchir, communiquer avec ses coéquipiers, c’est un portrait diffracté, comme la matérialisation de tant de facettes qui composent l’identité jamais fixe ni fixée, toujours mouvante comme ces mouvements sur le terrain. C’est le portrait d’un homme iconisé dont le son tente de restituer l’intériorité, la concentration, tout comme son être est relié à un stade bruyant composé lui-même d’une myriade de personnes venues assister au match.  
Qui est vraiment Zidane ? Ce joueur concentré, adulé, seul et en équipe, icône de plusieurs générations qui incarne la réussite sociale. Le portrait a longtemps été le privilège des élites royales et bourgeoises qui montrent leur statut, leur puissance. À la veille de sa fin de carrière de joueur, chacun a son image de Zizou.   
L’œuvre faite par ces nombreux écrans nous montre leur diversité. Plus qu’un portrait de l’icône ou de l’homme derrière, c’est aussi celui d’un siècle avec ses loisirs, son mode de consommation du sport qui starifie les joueurs en les affichant partout. Ce portrait en mouvement pose des questions sur le genre même du portrait. Qu’est-ce qui en fait sa réussite ? Ce que l’on pense devoir capter, ce qui doit être restitué de quelqu’un ?  L’œuvre sous-tend ces questions tout en mettant à nu ses procédés, les caméras filment parfois d’autres caméras ou le caméraman derrière. Elle capte les outils avec lesquels elle a été élaborée et avec lesquels elle rivalise.   
J’ai été happée par le dispositif, à déambuler entre dix-sept écrans et points de vue, du feutré d’un pas à la liesse de la foule, pour découvrir Zidane autrement.   
Zidane, un portrait du XXIe siècle, Douglas Gordon &amp;amp; Philippe Parreno, 2006.  

Texte et voix : Agathe Bonin 
Enregistrement : Colin Gruel 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Bonjour, je m’appelle Agathe et je vais vous parler portrait, vidéo et football.
    
Zidane, un portrait du XXIe siècle est une installation vidéo des artistes contemporains Douglas Gordon et Philippe Parreno, filmée pendant un match en 2005 opposant le Real Madrid et le club Villarreal. Vous naviguez dans le noir entre dix-sept écrans retransmettant simultanément dix-sept versions du footballeur Zinedine Zidane pendant le match, le bruit diminue, la vidéo ralentit et vous n’entendez alors plus que sa respiration, le bruit sourd de ses crampons sur le gazon.   
Un match de foot on connait mais qu’est ce qui en fait une œuvre d’art ?  C’est qu’ici les caméras sont braquées sur Zidane, selon les écrans et les bandes son, il est comme seul sur le terrain, puis parmi les autres joueurs ou encore sur fond du stade. On le voit courir, réfléchir, communiquer avec ses coéquipiers, c’est un portrait diffracté, comme la matérialisation de tant de facettes qui composent l’identité jamais fixe ni fixée, toujours mouvante comme ces mouvements sur le terrain. C’est le portrait d’un homme iconisé dont le son tente de restituer l’intériorité, la concentration, tout comme son être est relié à un stade bruyant composé lui-même d’une myriade de personnes venues assister au match.  
Qui est vraiment Zidane ? Ce joueur concentré, adulé, seul et en équipe, icône de plusieurs générations qui incarne la réussite sociale. Le portrait a longtemps été le privilège des élites royales et bourgeoises qui montrent leur statut, leur puissance. À la veille de sa fin de carrière de joueur, chacun a son image de Zizou.   
L’œuvre faite par ces nombreux écrans nous montre leur diversité. Plus qu’un portrait de l’icône ou de l’homme derrière, c’est aussi celui d’un siècle avec ses loisirs, son mode de consommation du sport qui starifie les joueurs en les affichant partout. Ce portrait en mouvement pose des questions sur le genre même du portrait. Qu’est-ce qui en fait sa réussite ? Ce que l’on pense devoir capter, ce qui doit être restitué de quelqu’un ?  L’œuvre sous-tend ces questions tout en mettant à nu ses procédés, les caméras filment parfois d’autres caméras ou le caméraman derrière. Elle capte les outils avec lesquels elle a été élaborée et avec lesquels elle rivalise.   
J’ai été happée par le dispositif, à déambuler entre dix-sept écrans et points de vue, du feutré d’un pas à la liesse de la foule, pour découvrir Zidane autrement.   
Zidane, un portrait du XXIe siècle, Douglas Gordon &amp;amp; Philippe Parreno, 2006.  

Texte et voix : Agathe Bonin 
Enregistrement : Colin Gruel 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 12 Jul 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/agathe-bonin-zidane-un-portrait-2024-07-12-nzfRjk8E.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/agathe-bonin-zidane-un-portrait-2024-07-12-nzfRjk8E.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/y9r6-agathe-bonin-zidane-un-portrait-du-xxie-siecle-douglas-gordon-philippe-parreno</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Philippe Aregba - Nausicaa, jeu de balle, Maurice Denis</title><description><![CDATA[
    Bonjour, je m’appelle Philippe et aujourd’hui je vais vous parler de tennis, de peinture et de mythologie.
    
Nausicaa, jeu de balle est une peinture de Maurice Denis réalisée en 1913.  
Imaginez-vous au bord d’un étang bleu, dans une campagne au sol ocre, aux arbres jaunes, aux montagnes violettes. Du ciel jusqu’au sol, le premier plan est occupé par deux jeunes femmes debout, chacune raquette à la main.  
L’une est vue de dos en longue robe blanche échancrée, et l’autre porte une longue robe rouge, tournée de profil. Elles scrutent dans le ciel vert pâle la retombée d’une balle, encore trop haute pour qu’on la voit entrer dans le cadre. Si la première, en blanc, a déjà abandonné l’idée de pouvoir l’attraper, son amie en robe pourpre, plus confiante et souriante dresse fièrement sa raquette pour récupérer le tir.   
Le titre Nausicaa, jeu de balle est curieux ; bien que nos protagonistes soient habillées à la mode du début du XXe siècle. Il suggère que nous ayons ici affaire à une œuvre d’inspiration mythologique. En effet, dans l’Odyssée, Ulysse se trouve naufragé sur les rivages légendaires de Phéacie où il est recueilli par la princesse locale Nausicaa qui tombe sur lui par hasard alors qu’elle jouait à la balle avec ses amies.  
Vous vous en doutez, le tennis n’existait pas à l’époque d’Ulysse. L’artiste, né en 1870, est en réalité plutôt influencé par son époque qui voit la réglementation du tennis moderne en 1870 et la création du tournoi de Roland-Garros en 1891.   
L&#039;iconographie est caractéristique du goût de Maurice Denis pour les sujets sacrés ou issus de l’imaginaire. Durant sa formation artistique à l’Académie Julian, ce dernier s’était associé à d’autres jeunes peintres, réunis sous l’influence de Paul Gauguin et s’auto-proclamant “Nabis”, littéralement des prophètes, en hébreu.    
Entre 1888 et les années trente, ce groupe d’avant-garde prône un retour à un art dit “primitif”, privilégiant un style épuré dans lequel les couleurs seraient au service de la vérité des formes et de l’émotion. Cette attention particulière des Nabis au traitement des couleurs est sensible dans Nausicaa, on la retrouve dans la gamme chromatique chaude avec l’emploi de jaunes vibrant et irréels pour représenter la végétation.   
Ce qui me touche dans ce tableau, c’est l’élégance qui se dégage de ces jeunes femmes saisies dans l’instant du jeu, habillées paradoxalement de longues et belles robes très peu pratiques pour faire du sport.   
Nausicaa, jeu de balle, 1913, peinture à l’huile, 160,5 par 106 cm, conservée à Nice au Musée National du Sport.  

Texte et voix : Philippe Aregba 
Enregistrement : Sibylle Buloup 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Bonjour, je m’appelle Philippe et aujourd’hui je vais vous parler de tennis, de peinture et de mythologie.
    
Nausicaa, jeu de balle est une peinture de Maurice Denis réalisée en 1913.  
Imaginez-vous au bord d’un étang bleu, dans une campagne au sol ocre, aux arbres jaunes, aux montagnes violettes. Du ciel jusqu’au sol, le premier plan est occupé par deux jeunes femmes debout, chacune raquette à la main.  
L’une est vue de dos en longue robe blanche échancrée, et l’autre porte une longue robe rouge, tournée de profil. Elles scrutent dans le ciel vert pâle la retombée d’une balle, encore trop haute pour qu’on la voit entrer dans le cadre. Si la première, en blanc, a déjà abandonné l’idée de pouvoir l’attraper, son amie en robe pourpre, plus confiante et souriante dresse fièrement sa raquette pour récupérer le tir.   
Le titre Nausicaa, jeu de balle est curieux ; bien que nos protagonistes soient habillées à la mode du début du XXe siècle. Il suggère que nous ayons ici affaire à une œuvre d’inspiration mythologique. En effet, dans l’Odyssée, Ulysse se trouve naufragé sur les rivages légendaires de Phéacie où il est recueilli par la princesse locale Nausicaa qui tombe sur lui par hasard alors qu’elle jouait à la balle avec ses amies.  
Vous vous en doutez, le tennis n’existait pas à l’époque d’Ulysse. L’artiste, né en 1870, est en réalité plutôt influencé par son époque qui voit la réglementation du tennis moderne en 1870 et la création du tournoi de Roland-Garros en 1891.   
L'iconographie est caractéristique du goût de Maurice Denis pour les sujets sacrés ou issus de l’imaginaire. Durant sa formation artistique à l’Académie Julian, ce dernier s’était associé à d’autres jeunes peintres, réunis sous l’influence de Paul Gauguin et s’auto-proclamant “Nabis”, littéralement des prophètes, en hébreu.    
Entre 1888 et les années trente, ce groupe d’avant-garde prône un retour à un art dit “primitif”, privilégiant un style épuré dans lequel les couleurs seraient au service de la vérité des formes et de l’émotion. Cette attention particulière des Nabis au traitement des couleurs est sensible dans Nausicaa, on la retrouve dans la gamme chromatique chaude avec l’emploi de jaunes vibrant et irréels pour représenter la végétation.   
Ce qui me touche dans ce tableau, c’est l’élégance qui se dégage de ces jeunes femmes saisies dans l’instant du jeu, habillées paradoxalement de longues et belles robes très peu pratiques pour faire du sport.   
Nausicaa, jeu de balle, 1913, peinture à l’huile, 160,5 par 106 cm, conservée à Nice au Musée National du Sport.  

Texte et voix : Philippe Aregba 
Enregistrement : Sibylle Buloup 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Thu, 11 Jul 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/philippe-aregba-nausicaa-jeu-de-2024-07-11-4h0pFEF9.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/philippe-aregba-nausicaa-jeu-de-2024-07-11-4h0pFEF9.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/x2vl-philippe-aregba-nausicaa-jeu-de-balle-maurice-denis</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Marion Desramaut - Compression, César</title><description><![CDATA[
    Bonjour ! Je m’appelle Marion et je vais vous parler de bicyclettes, de presse industrielle et de liberté.
    
Je vous présente aujourd’hui une œuvre réalisée en 1995 par l’artiste César, de son vrai nom César Baldaccini et intitulée Compression. Il est fort possible que vous ayez déjà une petite idée de la forme de cette œuvre. Si je vous dis cinéma et cérémonie des Césars, est-ce que vous l’avez ? Les fameux Césars, trophées décernés chaque année par l’Académie des Arts et Techniques du Cinéma aux meilleurs films et artistes, sont des compressions du sculpteur qui leur a donné son nom.   
La compression dont je vais vous parler est en revanche d’un tout autre format. Bien plus monumentale que les élégants prix que nous venons d’évoquer. Figurez-vous un volume parallélépipédique, bloc régulier et dense, d’un mètre soixante-dix de haut, puis un enchevêtrement de guidons rouges, bleus ou rouillés, de fins pneus de vélos de ville ou de pneus plus larges, de pédaliers, de plateaux, de chaînes. Le tout écrasé, tordu, imbriqué à tel point qu’il devient difficile de reconnaître les bicyclettes qui ont servi de matériaux de base à l’artiste.    
Le titre de l’œuvre fait ici directement écho à sa nature, pour réaliser ses compressions César utilise une presse industrielle qui lui permet de compresser ensemble des matériaux industriels : des épaves automobiles ou encore des bicyclettes, les agençant ainsi de manière aléatoire.   
Lors de la présentation de ses premières compressions, le fait qu’il ne sculpte pas lui-même le métal fait réagir : provocation, coup d’éclat, coup de pub, ou gigantesque bluff, c’est selon. Il justifie son geste en disant « J&#039;ai beau être fainéant, je n&#039;ai fait que laisser faire à la machine ce que mes mains ne pouvaient pas faire ».  
Pour comprendre cette démarche artistique, il nous faut d’abord revenir en 1960. Cette année-là, des artistes parmi lesquels Yves Klein, Arman, Jean Tinguely signent le manifeste d’un nouveau courant artistique : le Nouveau Réalisme. Prenant un rapport direct au réel et à la beauté du quotidien, ils incluent dans leur art des objets ordinaires, la ville, la rue, même les déchets deviennent un réservoir d’inspiration et de création. César s’inscrit donc dans ce courant en utilisant des objets de la vie de tous les jours ou trouvés dans les rues.   
Alors justement ici, pourquoi des vélos ? César souhaite modifier notre regard sur les objets manufacturés et interroge la société de consommation de son époque. Dans cette œuvre, il transforme en matière première et de fait anobli, un objet lourd de symboles : le vélo. Le vélo, c’est le moyen de transport qui reçoit les faveurs du public depuis le XIXe siècle. Il joue un rôle majeur dans l’émergence de la presse sportive avec la création en 1903 du Tour de France par Henri Desgranges, directeur du journal l’Auto. Le vélo incarne aussi la liberté individuelle en permettant à tout un chacun de voyager alors que l&#039;automobile restait un moyen de transport onéreux.  
C’est également un nouveau rapport au sport, plus ludique, personnel, loin des institutions officielles. Fédérateur, le cyclisme se classe en 2005 au rang des trois premières pratiques sportives des Français, toute catégorie sociale confondue.   
Je trouve intéressant de présenter cette œuvre d’art contemporain car bien qu’au attrait simple, elle incarne un moment de la pensée artistique particulièrement riche.   
Compression, 

César, 1995, sculpture de bicyclettes compressées, 174 x 88 x 70 cm, Musée d&#039;Art Contemporain du Val-de-Marne à Vitry sur Seine.   

Texte et voix : Marion Desramaut 
Enregistrement : Margot Page 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Bonjour ! Je m’appelle Marion et je vais vous parler de bicyclettes, de presse industrielle et de liberté.
    
Je vous présente aujourd’hui une œuvre réalisée en 1995 par l’artiste César, de son vrai nom César Baldaccini et intitulée Compression. Il est fort possible que vous ayez déjà une petite idée de la forme de cette œuvre. Si je vous dis cinéma et cérémonie des Césars, est-ce que vous l’avez ? Les fameux Césars, trophées décernés chaque année par l’Académie des Arts et Techniques du Cinéma aux meilleurs films et artistes, sont des compressions du sculpteur qui leur a donné son nom.   
La compression dont je vais vous parler est en revanche d’un tout autre format. Bien plus monumentale que les élégants prix que nous venons d’évoquer. Figurez-vous un volume parallélépipédique, bloc régulier et dense, d’un mètre soixante-dix de haut, puis un enchevêtrement de guidons rouges, bleus ou rouillés, de fins pneus de vélos de ville ou de pneus plus larges, de pédaliers, de plateaux, de chaînes. Le tout écrasé, tordu, imbriqué à tel point qu’il devient difficile de reconnaître les bicyclettes qui ont servi de matériaux de base à l’artiste.    
Le titre de l’œuvre fait ici directement écho à sa nature, pour réaliser ses compressions César utilise une presse industrielle qui lui permet de compresser ensemble des matériaux industriels : des épaves automobiles ou encore des bicyclettes, les agençant ainsi de manière aléatoire.   
Lors de la présentation de ses premières compressions, le fait qu’il ne sculpte pas lui-même le métal fait réagir : provocation, coup d’éclat, coup de pub, ou gigantesque bluff, c’est selon. Il justifie son geste en disant « J'ai beau être fainéant, je n'ai fait que laisser faire à la machine ce que mes mains ne pouvaient pas faire ».  
Pour comprendre cette démarche artistique, il nous faut d’abord revenir en 1960. Cette année-là, des artistes parmi lesquels Yves Klein, Arman, Jean Tinguely signent le manifeste d’un nouveau courant artistique : le Nouveau Réalisme. Prenant un rapport direct au réel et à la beauté du quotidien, ils incluent dans leur art des objets ordinaires, la ville, la rue, même les déchets deviennent un réservoir d’inspiration et de création. César s’inscrit donc dans ce courant en utilisant des objets de la vie de tous les jours ou trouvés dans les rues.   
Alors justement ici, pourquoi des vélos ? César souhaite modifier notre regard sur les objets manufacturés et interroge la société de consommation de son époque. Dans cette œuvre, il transforme en matière première et de fait anobli, un objet lourd de symboles : le vélo. Le vélo, c’est le moyen de transport qui reçoit les faveurs du public depuis le XIXe siècle. Il joue un rôle majeur dans l’émergence de la presse sportive avec la création en 1903 du Tour de France par Henri Desgranges, directeur du journal l’Auto. Le vélo incarne aussi la liberté individuelle en permettant à tout un chacun de voyager alors que l'automobile restait un moyen de transport onéreux.  
C’est également un nouveau rapport au sport, plus ludique, personnel, loin des institutions officielles. Fédérateur, le cyclisme se classe en 2005 au rang des trois premières pratiques sportives des Français, toute catégorie sociale confondue.   
Je trouve intéressant de présenter cette œuvre d’art contemporain car bien qu’au attrait simple, elle incarne un moment de la pensée artistique particulièrement riche.   
Compression, 

César, 1995, sculpture de bicyclettes compressées, 174 x 88 x 70 cm, Musée d'Art Contemporain du Val-de-Marne à Vitry sur Seine.   

Texte et voix : Marion Desramaut 
Enregistrement : Margot Page 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Wed, 10 Jul 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/marion-desramaut-compression-ces-2024-07-10-gR6v8XRV.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/marion-desramaut-compression-ces-2024-07-10-gR6v8XRV.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/wKmr-marion-desramaut-compression-cesar</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Clémentine Rejeaunier - La Piscine, Musée d'Art et d'Industrie de Roubaix, Albert Baert</title><description><![CDATA[
    Bonjour à tous ! Je m&#039;appelle Clémentine, et je vais vous parler piscine, musée et Art déco.
    
Pas le temps d&#039;aller au musée ? Vous avez piscine ? Ah mais aucun souci. Vous savez quoi ? Je vous emmène dans les deux en même temps !  
Direction Roubaix et son musée, La Piscine. Pour l&#039;extérieur, un long mur de briques rouges : aucun doute possible, on est bien dans le Nord. À l&#039;intérieur, je vous propose directement de nous immerger dans la nef principale. Elle est toute en longueur, sur trois niveaux, sous une vaste voûte. Aux extrémités, deux beaux vitraux en demi-cercle, qui représentent un soleil levant et couchant, tout en rayons rouges, oranges et jaunes. S&#039;il n&#039;y a plus de quoi piquer une tête, on a quand même gardé un miroir d’eau au centre, dans lequel se reflètent les statues exposées autour.  
La Piscine est construite entre 1927 et 1932 par l&#039;architecte Albert Baert, originaire de Lille : le spécialiste des piscines dans le Nord. Ce bâtiment va aider à améliorer la situation sanitaire et puis fournir une piscine olympique pour permettre de faire du sport ; c&#039;était l’une des rares en France à ce moment. Il ne faudrait pas oublier les compétitions de water-polo ainsi que la natation classique et les ballets nautiques.  
La Piscine s&#039;inscrit aussi dans le concept de l&#039;hygiénisme, un courant de pensée qui consiste à vouloir améliorer les conditions de vie des hommes pour améliorer leur santé. On a donc un lieu pour faire du sport, avec des bains, accessible à tous, notamment aux classes ouvrières et vraiment très beau ! Tout le bâtiment est réalisé dans le style Art déco. C&#039;est un courant artistique de l&#039;entre-deux-guerres, que personnellement j&#039;adore, tout en formes géométriques, très épuré. Les vitraux dont je vous ai parlé sont parfaitement représentatifs, avec des rayons exécutés en lignes droites régulières, finies par des pointes, déployées dans un demi-cercle parfait.  
La Piscine ferme en 1985 mais elle n&#039;est pas détruite. Mais qu&#039;en faire ? En 1994, on décide d&#039;y créer un musée d&#039;Art et d&#039;Industrie, qui ouvre en 2001 et l’idée est vraiment géniale. Ce type de musée qui allie Beaux-Arts et Industrie permet d&#039;aller voir ce qui touche au plus près de l’histoire d’une ville et de sa population. Et c’est d’autant plus intéressant lorsqu’on est comme ici dans un bâtiment emblématique de la ville.   
J&#039;espère vous avoir convaincu de venir visiter ce musée et ce très beau bâtiment au surnom assez avantageux, rien de moins que de « la plus belle piscine de France ».  
La Piscine, Musée d&#039;Art et d&#039;Industrie André Diligent de Roubaix, construite par Albert Baert, 1927-1932, musée ouvert en 2001.  

Texte et voix : Clémentine Rejeaunier 
Enregistrement : Margot Page 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Bonjour à tous ! Je m'appelle Clémentine, et je vais vous parler piscine, musée et Art déco.
    
Pas le temps d'aller au musée ? Vous avez piscine ? Ah mais aucun souci. Vous savez quoi ? Je vous emmène dans les deux en même temps !  
Direction Roubaix et son musée, La Piscine. Pour l'extérieur, un long mur de briques rouges : aucun doute possible, on est bien dans le Nord. À l'intérieur, je vous propose directement de nous immerger dans la nef principale. Elle est toute en longueur, sur trois niveaux, sous une vaste voûte. Aux extrémités, deux beaux vitraux en demi-cercle, qui représentent un soleil levant et couchant, tout en rayons rouges, oranges et jaunes. S'il n'y a plus de quoi piquer une tête, on a quand même gardé un miroir d’eau au centre, dans lequel se reflètent les statues exposées autour.  
La Piscine est construite entre 1927 et 1932 par l'architecte Albert Baert, originaire de Lille : le spécialiste des piscines dans le Nord. Ce bâtiment va aider à améliorer la situation sanitaire et puis fournir une piscine olympique pour permettre de faire du sport ; c'était l’une des rares en France à ce moment. Il ne faudrait pas oublier les compétitions de water-polo ainsi que la natation classique et les ballets nautiques.  
La Piscine s'inscrit aussi dans le concept de l'hygiénisme, un courant de pensée qui consiste à vouloir améliorer les conditions de vie des hommes pour améliorer leur santé. On a donc un lieu pour faire du sport, avec des bains, accessible à tous, notamment aux classes ouvrières et vraiment très beau ! Tout le bâtiment est réalisé dans le style Art déco. C'est un courant artistique de l'entre-deux-guerres, que personnellement j'adore, tout en formes géométriques, très épuré. Les vitraux dont je vous ai parlé sont parfaitement représentatifs, avec des rayons exécutés en lignes droites régulières, finies par des pointes, déployées dans un demi-cercle parfait.  
La Piscine ferme en 1985 mais elle n'est pas détruite. Mais qu'en faire ? En 1994, on décide d'y créer un musée d'Art et d'Industrie, qui ouvre en 2001 et l’idée est vraiment géniale. Ce type de musée qui allie Beaux-Arts et Industrie permet d'aller voir ce qui touche au plus près de l’histoire d’une ville et de sa population. Et c’est d’autant plus intéressant lorsqu’on est comme ici dans un bâtiment emblématique de la ville.   
J'espère vous avoir convaincu de venir visiter ce musée et ce très beau bâtiment au surnom assez avantageux, rien de moins que de « la plus belle piscine de France ».  
La Piscine, Musée d'Art et d'Industrie André Diligent de Roubaix, construite par Albert Baert, 1927-1932, musée ouvert en 2001.  

Texte et voix : Clémentine Rejeaunier 
Enregistrement : Margot Page 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 09 Jul 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/clementine-rejeaunier-la-piscine-2024-07-09-TmvSnuLP.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/clementine-rejeaunier-la-piscine-2024-07-09-TmvSnuLP.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/v8o8-clementine-rejeaunier-la-piscine-musee-dart-et-dindustrie-de-roubaix-albert-baert</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Solène Roy - Homme nu sautant à la perche, Eadweard Muybridge</title><description><![CDATA[
    Salut, je m’appelle Solène, et aujourd’hui je vais vous parler instantané, saut à la perche et image mentale.
    
Les photographies en question ont été prises dans une université américaine par Eadweard Muybridge à la fin du XIXe siècle. Sur un papier épais sont imprimées deux séries de 11 clichés en noir et blanc. Elles montrent chacune un homme, nu, sautant à la perche de points de vue différents. Il prend de l’élan, se tend, passe, et se réceptionne.  
Ce genre de photos peut paraître banal. Vous savez, les différentes phases de la Lune, qu’on a tous dû apprendre en cours ? Là, c’est le même principe, mais en plus rapide. Et à la fin du XIXe siècle, c’est une révolution. Les photographes étaient alors incapables de produire des photos nettes de sujets en mouvement, autrement dit des instantanés. Ce problème est résolu en 1871, avec l’élaboration d’une substance photographique réagissant plus vite à la lumière.  
Contrairement à la technique de la chronophotographie inventée plus tard par Étienne-Jules Marey, 22 appareils photo ont été utilisés au lieu d’un seul. Chacun d’eux est relié par courant électrique à un fil. La prise de vue est déclenchée lorsque le perchiste le brise pendant son saut.  
La première fois, je n’ai pas tout de suite compris que la série montrait du saut à la perche car le sportif est nu et la perche ne se plie pas. La nudité rappelle l’origine antique de la discipline, présente dès les premiers JO modernes. Mais pourquoi la tige paraît-elle aussi rigide ? La perche est en bois, pas en fibre de carbone ! Pour vous donner une idée, de 3,30 mètres en 1930, le record passe à 6,22 mètres en 2023 grâce à Armand Duplantis. Les progrès techniques font donc sauter toujours plus haut, comme les avancées en photographie permettent de prendre des sujets toujours plus variés.  
Finalement, je trouve cette œuvre particulièrement intéressante. Elle inaugure quand même les premières photos de mouvements instantanés. À l’époque, l’image mentale que les gens ont de leurs mouvements s’en trouve bouleversée : la marche, l’eau en mouvement, la course du cheval. Je trouve fascinant que l’effet de surprise fonctionne même encore aujourd’hui.  
Homme nu sautant à la perche, Eadweard Muybridge, 1887, héliogravure, Paris, musée d’Orsay.  

Texte et voix : Solène Roy 
Enregistrement : Colin Gruel 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Salut, je m’appelle Solène, et aujourd’hui je vais vous parler instantané, saut à la perche et image mentale.
    
Les photographies en question ont été prises dans une université américaine par Eadweard Muybridge à la fin du XIXe siècle. Sur un papier épais sont imprimées deux séries de 11 clichés en noir et blanc. Elles montrent chacune un homme, nu, sautant à la perche de points de vue différents. Il prend de l’élan, se tend, passe, et se réceptionne.  
Ce genre de photos peut paraître banal. Vous savez, les différentes phases de la Lune, qu’on a tous dû apprendre en cours ? Là, c’est le même principe, mais en plus rapide. Et à la fin du XIXe siècle, c’est une révolution. Les photographes étaient alors incapables de produire des photos nettes de sujets en mouvement, autrement dit des instantanés. Ce problème est résolu en 1871, avec l’élaboration d’une substance photographique réagissant plus vite à la lumière.  
Contrairement à la technique de la chronophotographie inventée plus tard par Étienne-Jules Marey, 22 appareils photo ont été utilisés au lieu d’un seul. Chacun d’eux est relié par courant électrique à un fil. La prise de vue est déclenchée lorsque le perchiste le brise pendant son saut.  
La première fois, je n’ai pas tout de suite compris que la série montrait du saut à la perche car le sportif est nu et la perche ne se plie pas. La nudité rappelle l’origine antique de la discipline, présente dès les premiers JO modernes. Mais pourquoi la tige paraît-elle aussi rigide ? La perche est en bois, pas en fibre de carbone ! Pour vous donner une idée, de 3,30 mètres en 1930, le record passe à 6,22 mètres en 2023 grâce à Armand Duplantis. Les progrès techniques font donc sauter toujours plus haut, comme les avancées en photographie permettent de prendre des sujets toujours plus variés.  
Finalement, je trouve cette œuvre particulièrement intéressante. Elle inaugure quand même les premières photos de mouvements instantanés. À l’époque, l’image mentale que les gens ont de leurs mouvements s’en trouve bouleversée : la marche, l’eau en mouvement, la course du cheval. Je trouve fascinant que l’effet de surprise fonctionne même encore aujourd’hui.  
Homme nu sautant à la perche, Eadweard Muybridge, 1887, héliogravure, Paris, musée d’Orsay.  

Texte et voix : Solène Roy 
Enregistrement : Colin Gruel 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Mon, 08 Jul 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/solene-roy-homme-nu-sautant-a-la-2024-07-08-oc3zkWzn.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/solene-roy-homme-nu-sautant-a-la-2024-07-08-oc3zkWzn.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/rmR2-solene-roy-homme-nu-sautant-a-la-perche-eadweard-muybridge</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Margot Faucon - Passage de haie, Demetre Chiparus</title><description><![CDATA[
    Je m’appelle Margot et je vais vous parler de jambes, d&#039;obstacles et d’athlétisme.
    
L&#039;œuvre que je vais vous présenter est une petite sculpture en alliage métallique, intitulée Passage de haie, réalisée dans les années 1920 par le sculpteur franco-roumain Demetre Chiparus. Nous sommes alors dans l’entre-deux-guerres, et notre artiste bat tous les records de popularité avec ses sculptures de bronze et d’ivoire, représentant des danseuses aux tenues orientalisantes.  
Pourtant notre œuvre se place à contre-courant de cette production en saisissant le thème du sport. Le sujet : un athlète, simplement vêtu d’un short et chaussé de crampons, s’élançant avec détermination par-dessus une barrière. Une jambe tendue par-devant l’obstacle, l’autre encore en flexion, la sculpture immortalise l’instant du saut de haies. 
Après la Grande Guerre, le goût du sport se renforce, et avec lui se diffuse la pratique de l’athlétisme, la plus ancienne des disciplines olympiques. Néanmoins, l’épreuve du saut de haies n’a rien d’antique. Elle est inventée en Angleterre par des étudiants d’Oxford au XIXe siècle, peut-être inspirée des courses d’obstacles hippiques. La pratique traverse la Manche, et la France standardise définitivement le parcours à 110 m de long pour des haies de 1,06 m de haut. L’épreuve est disputée dès les premiers JO modernes de 1896.  
La forme de l’obstacle est ici étonnante. Sorte de barrière massive, aux piliers en forme de “T” inversés, la haie n’a rien de léger et ne peut être percutée par le coureur. C’est l&#039;ancêtre des haies modernes, aux piliers en forme de “L”, facilement renversables en toute sécurité.  
Notre athlète déploie son corps dans l’espace : sa tête et sa jambe droite sont projetées vers l’avant, sa jambe gauche est repliée en arrière, et ses bras sont à l’horizontale. Cela vous semble familier ? Les sportifs d’aujourd’hui utilisent toujours cette technique ! Elle est inventée en 1898 par l’Américain Alvin Kraenzlein. Alors que les coureurs sautaient “empaquetés”, c’est-à-dire les deux jambes repliées sous le corps, Alvin franchit la haie une jambe tendue pour se réceptionner : utile pour reprendre sa foulée. Il établit même un nouveau record du monde resté inégalé jusqu’au JO de Paris en 1924.  
Je suis fascinée par ce choix de l&#039;instant fatidique du saut de haies. Non pas le moment de l’impulsion, ni celui de l’amortissement du corps, mais bien l’instant, ô combien insaisissable, du vol de l’athlète. Le regard vers la victoire, son corps tendu propulsant ses espoirs, voilà qu’il anticipe déjà le prochain obstacle.  
Passage de haie, Demetre Chiparus, vers 1920, régule, 42 x 45,5 cm, Roubaix, La Piscine, Musée d’Art et d’Industrie André Diligent.   

Texte et voix : Margot Faucon 
Enregistrement : Margot Page 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Je m’appelle Margot et je vais vous parler de jambes, d'obstacles et d’athlétisme.
    
L'œuvre que je vais vous présenter est une petite sculpture en alliage métallique, intitulée Passage de haie, réalisée dans les années 1920 par le sculpteur franco-roumain Demetre Chiparus. Nous sommes alors dans l’entre-deux-guerres, et notre artiste bat tous les records de popularité avec ses sculptures de bronze et d’ivoire, représentant des danseuses aux tenues orientalisantes.  
Pourtant notre œuvre se place à contre-courant de cette production en saisissant le thème du sport. Le sujet : un athlète, simplement vêtu d’un short et chaussé de crampons, s’élançant avec détermination par-dessus une barrière. Une jambe tendue par-devant l’obstacle, l’autre encore en flexion, la sculpture immortalise l’instant du saut de haies. 
Après la Grande Guerre, le goût du sport se renforce, et avec lui se diffuse la pratique de l’athlétisme, la plus ancienne des disciplines olympiques. Néanmoins, l’épreuve du saut de haies n’a rien d’antique. Elle est inventée en Angleterre par des étudiants d’Oxford au XIXe siècle, peut-être inspirée des courses d’obstacles hippiques. La pratique traverse la Manche, et la France standardise définitivement le parcours à 110 m de long pour des haies de 1,06 m de haut. L’épreuve est disputée dès les premiers JO modernes de 1896.  
La forme de l’obstacle est ici étonnante. Sorte de barrière massive, aux piliers en forme de “T” inversés, la haie n’a rien de léger et ne peut être percutée par le coureur. C’est l'ancêtre des haies modernes, aux piliers en forme de “L”, facilement renversables en toute sécurité.  
Notre athlète déploie son corps dans l’espace : sa tête et sa jambe droite sont projetées vers l’avant, sa jambe gauche est repliée en arrière, et ses bras sont à l’horizontale. Cela vous semble familier ? Les sportifs d’aujourd’hui utilisent toujours cette technique ! Elle est inventée en 1898 par l’Américain Alvin Kraenzlein. Alors que les coureurs sautaient “empaquetés”, c’est-à-dire les deux jambes repliées sous le corps, Alvin franchit la haie une jambe tendue pour se réceptionner : utile pour reprendre sa foulée. Il établit même un nouveau record du monde resté inégalé jusqu’au JO de Paris en 1924.  
Je suis fascinée par ce choix de l'instant fatidique du saut de haies. Non pas le moment de l’impulsion, ni celui de l’amortissement du corps, mais bien l’instant, ô combien insaisissable, du vol de l’athlète. Le regard vers la victoire, son corps tendu propulsant ses espoirs, voilà qu’il anticipe déjà le prochain obstacle.  
Passage de haie, Demetre Chiparus, vers 1920, régule, 42 x 45,5 cm, Roubaix, La Piscine, Musée d’Art et d’Industrie André Diligent.   

Texte et voix : Margot Faucon 
Enregistrement : Margot Page 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Sun, 07 Jul 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/margot-faucon-passage-de-haie-de-2024-07-07-Tl2Mi9ev.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/margot-faucon-passage-de-haie-de-2024-07-07-Tl2Mi9ev.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/qlY7-margot-faucon-passage-de-haie-demetre-chiparus</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Marie-Charlotte Mille - Tennis, Le Filet, Henry Valensi</title><description><![CDATA[
    Je m’appelle Marie-Charlotte et aujourd’hui je vais vous parler de coup droit, de revers, et surtout de couleurs.
    
L’œuvre que je vous présente se nomme Tennis, Le Filet. Il s’agit d’une aquarelle peinte par Henry Valensi en 1930. L’unique personnage est un joueur de tennis. Vêtue de blanc et placée au centre de la toile, sa silhouette se détache nettement du fond uni de couleur vert émeraude.  Peut-être que vous vous demandez où se trouve son adversaire ? Il n’y en a pas. Le joueur est seul face au filet, à la fois devant et derrière. Telle une créature fantastique, il a plusieurs bras, et autant de raquettes qui percutent avec force toute une multitude de balles. Autour, c’est le vide. Il n’y a pas de sol, le personnage et le filet semblent flotter dans les airs.  
Dans son aquarelle, l’artiste utilise la couleur pour représenter le mouvement. Les bras sont matérialisés par des lignes et des hachures de couleurs chaudes. Frappant frénétiquement les balles, les raquettes semblent déchirer le fond uniforme, laissant dans leur sillage des trainés rouges et oranges.   
Comme le joueur de tennis qui joue d’appuis et d’enjambées pour saisir les volées, qui casse le rythme de ses courses et feinte ses coups pour déstabiliser l’adversaire, le peintre joue avec les formes et surtout les couleurs.   
Henry Valensi est un artiste d’avant-garde. Son art repose sur la révélation du potentiel émotif de la couleur. Deux ans après avoir réalisé cette peinture, il fonde le mouvement musicaliste. Ce mouvement original à la particularité de réaliser des œuvres artistiques selon des lois jusqu’ici musicales, où la toile se lit, comme elle s’écoute. Dès lors, il ne s’agit pas d’adopter une approche purement figurative, mais bien de mobiliser formes et couleurs au service d’une impression dynamique, capable de restituer l’énergie de la scène. Entendez-vous le rebond des balles sur le court ?  
Ce qui me touche particulièrement dans cette œuvre, c’est l’intensité qui s’en dégage. Par les oppositions de couleurs et le rythme des formes, on ressent le mouvement du joueur, on ressent sa force, et la précision de ses coups.   
Et si, finalement, le secret de cette aquarelle résidait non pas dans la forme mais dans le son ?    
Tennis, Le Filet, Henry Valensi, Aquarelle sur papier, 53,5 x 36,5 cm, Paris, Centre Pompidou.  

Texte et voix : Marie-Charlotte Mille 
Enregistrement : Sibylle Buloup 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Je m’appelle Marie-Charlotte et aujourd’hui je vais vous parler de coup droit, de revers, et surtout de couleurs.
    
L’œuvre que je vous présente se nomme Tennis, Le Filet. Il s’agit d’une aquarelle peinte par Henry Valensi en 1930. L’unique personnage est un joueur de tennis. Vêtue de blanc et placée au centre de la toile, sa silhouette se détache nettement du fond uni de couleur vert émeraude.  Peut-être que vous vous demandez où se trouve son adversaire ? Il n’y en a pas. Le joueur est seul face au filet, à la fois devant et derrière. Telle une créature fantastique, il a plusieurs bras, et autant de raquettes qui percutent avec force toute une multitude de balles. Autour, c’est le vide. Il n’y a pas de sol, le personnage et le filet semblent flotter dans les airs.  
Dans son aquarelle, l’artiste utilise la couleur pour représenter le mouvement. Les bras sont matérialisés par des lignes et des hachures de couleurs chaudes. Frappant frénétiquement les balles, les raquettes semblent déchirer le fond uniforme, laissant dans leur sillage des trainés rouges et oranges.   
Comme le joueur de tennis qui joue d’appuis et d’enjambées pour saisir les volées, qui casse le rythme de ses courses et feinte ses coups pour déstabiliser l’adversaire, le peintre joue avec les formes et surtout les couleurs.   
Henry Valensi est un artiste d’avant-garde. Son art repose sur la révélation du potentiel émotif de la couleur. Deux ans après avoir réalisé cette peinture, il fonde le mouvement musicaliste. Ce mouvement original à la particularité de réaliser des œuvres artistiques selon des lois jusqu’ici musicales, où la toile se lit, comme elle s’écoute. Dès lors, il ne s’agit pas d’adopter une approche purement figurative, mais bien de mobiliser formes et couleurs au service d’une impression dynamique, capable de restituer l’énergie de la scène. Entendez-vous le rebond des balles sur le court ?  
Ce qui me touche particulièrement dans cette œuvre, c’est l’intensité qui s’en dégage. Par les oppositions de couleurs et le rythme des formes, on ressent le mouvement du joueur, on ressent sa force, et la précision de ses coups.   
Et si, finalement, le secret de cette aquarelle résidait non pas dans la forme mais dans le son ?    
Tennis, Le Filet, Henry Valensi, Aquarelle sur papier, 53,5 x 36,5 cm, Paris, Centre Pompidou.  

Texte et voix : Marie-Charlotte Mille 
Enregistrement : Sibylle Buloup 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Sat, 06 Jul 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/marie-charlotte-mille-tennis-le-2024-07-06-ZeqWu3Im.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/marie-charlotte-mille-tennis-le-2024-07-06-ZeqWu3Im.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/pkQQ-marie-charlotte-mille-tennis-le-filet-henry-valensi</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Mathilde Bertholon - L'Haltérophile, Paul Richer</title><description><![CDATA[
    Bonjour je m’appelle Mathilde et aujourd’hui je vais vous parler de plâtre, de science et de virilité.
    
L’objet en question est une sculpture d’une cinquantaine de centimètres réalisée par Paul Richer en 1898. Celle-ci représente un homme musclé, debout sur un socle. Chauve, moustachu, nu, il porte seulement une fine ceinture en tissu. Cet athlète se tient légèrement cambré tout en bombant le torse. Il tend son bras droit dans lequel il tient un poids, et pose sa main gauche sur sa taille. Il regarde son propre effort et semble satisfait.   
Cette œuvre est celle de Paul Richer, sculpteur, illustrateur, neurologue et médecin ayant vécu entre le XIXe et le XXe siècle. Professeur d’anatomie à l’École des Beaux-Arts de Paris, il étudie les proportions du corps humain pour construire un canon physique parfait par des calculs scientifiques. Il utilise pour cela des inventions technologiques récentes comme la chronophotographie.   
Sa volonté de définir ce qu’il appelle « le type le plus parfait de la nature humaine » n’est pas nouvelle : on la retrouve en Grèce antique, et durant la Renaissance. La notion de progrès est très importante au XIXe siècle : donc pour Richer, l’union de l’art et de la science permet le progrès artistique. Mais Richer écrit que « tout dans la réalité n’est pas bon à prendre » ; il met donc de côté, pour reprendre les termes employés au XIXe siècle, les infirmes, les malades, les « races inférieures », dans un contexte d’émergence de l’anthropologie raciale.   
Finalement, qui sont ses modèles ? Les paysans et les sportifs blancs dans la force de l’âge, qui incarnent selon l’artiste, la puissance, la force et la beauté. Il véhicule une vision de l’athlète maître de lui-même qui doit certainement vous rappeler l’adage « un esprit sain dans un corps sain ». Ce discours est repris dans la politique de l’époque et par Pierre de Coubertin, créateur des JO modernes, qui souhaitait construire une élite virile et morale par le culte du sport. Cet idéal sportif masculin a malheureusement longtemps persisté dans les JO, jusqu’à la création des Jeux féminins en 1922 et des Jeux paralympiques en 1960.   
Malgré les motivations pleinement artistiques de Richer, je n’adhère pas du tout aux idées véhiculées par cette œuvre. Mais je la trouve très intéressante pour comprendre l’évolution de la place du sport dans nos sociétés, le rôle qu’il joue sur notre vision du corps et le discours politique qu’il peut parfois porter.  
L’Haltérophile, Paul Richer, 1898-1899, plâtre patiné, École des Beaux-Arts, Paris.   

Texte et voix : Mathilde Bertholon 
Enregistrement : Colin Gruel 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Bonjour je m’appelle Mathilde et aujourd’hui je vais vous parler de plâtre, de science et de virilité.
    
L’objet en question est une sculpture d’une cinquantaine de centimètres réalisée par Paul Richer en 1898. Celle-ci représente un homme musclé, debout sur un socle. Chauve, moustachu, nu, il porte seulement une fine ceinture en tissu. Cet athlète se tient légèrement cambré tout en bombant le torse. Il tend son bras droit dans lequel il tient un poids, et pose sa main gauche sur sa taille. Il regarde son propre effort et semble satisfait.   
Cette œuvre est celle de Paul Richer, sculpteur, illustrateur, neurologue et médecin ayant vécu entre le XIXe et le XXe siècle. Professeur d’anatomie à l’École des Beaux-Arts de Paris, il étudie les proportions du corps humain pour construire un canon physique parfait par des calculs scientifiques. Il utilise pour cela des inventions technologiques récentes comme la chronophotographie.   
Sa volonté de définir ce qu’il appelle « le type le plus parfait de la nature humaine » n’est pas nouvelle : on la retrouve en Grèce antique, et durant la Renaissance. La notion de progrès est très importante au XIXe siècle : donc pour Richer, l’union de l’art et de la science permet le progrès artistique. Mais Richer écrit que « tout dans la réalité n’est pas bon à prendre » ; il met donc de côté, pour reprendre les termes employés au XIXe siècle, les infirmes, les malades, les « races inférieures », dans un contexte d’émergence de l’anthropologie raciale.   
Finalement, qui sont ses modèles ? Les paysans et les sportifs blancs dans la force de l’âge, qui incarnent selon l’artiste, la puissance, la force et la beauté. Il véhicule une vision de l’athlète maître de lui-même qui doit certainement vous rappeler l’adage « un esprit sain dans un corps sain ». Ce discours est repris dans la politique de l’époque et par Pierre de Coubertin, créateur des JO modernes, qui souhaitait construire une élite virile et morale par le culte du sport. Cet idéal sportif masculin a malheureusement longtemps persisté dans les JO, jusqu’à la création des Jeux féminins en 1922 et des Jeux paralympiques en 1960.   
Malgré les motivations pleinement artistiques de Richer, je n’adhère pas du tout aux idées véhiculées par cette œuvre. Mais je la trouve très intéressante pour comprendre l’évolution de la place du sport dans nos sociétés, le rôle qu’il joue sur notre vision du corps et le discours politique qu’il peut parfois porter.  
L’Haltérophile, Paul Richer, 1898-1899, plâtre patiné, École des Beaux-Arts, Paris.   

Texte et voix : Mathilde Bertholon 
Enregistrement : Colin Gruel 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 05 Jul 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/mathilde-bertholon-lhalterophile-2024-07-05-xPhazPRD.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/mathilde-bertholon-lhalterophile-2024-07-05-xPhazPRD.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/ojQY-mathilde-bertholon-lhalterophile-paul-richer</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Lia Touzé - Les quatre cyclistes, Fernand Léger</title><description><![CDATA[
    Je m’appelle Lia et je vais vous parler de bicyclettes, de couleurs et de vacances.
    
Dans son huile sur toile, peinte entre 1943 et 1948, intitulée Les quatre cyclistes, Fernand Léger dépeint un environnement vivement coloré au centre duquel quatre femmes accompagnées de deux bicyclettes s’offrent à notre regard. Dans une pose frontale, elles nous observent, figées comme si elles attendaient d’être prises en photo. Mais ce qui vous frappe au premier coup d’œil ce sont ces grandes tâches de couleurs bleues, jaunes, rouges et vertes qui se faufilent entre le premier et l’arrière-plan et ne respectent pas les contours du dessin.   
Fernand Léger peint ici une scène heureuse, à l’image du contexte historique à la fin des années trente marqué par l’utilisation de la bicyclette par les Français. Cet intérêt pour le vélo est à mettre en lien avec les congés payés qui permettent aux travailleurs de partir en vacances, lesquels s’empressent de grimper à vélo pour gagner leurs destinations. Mais aussi, cela a à voir avec la popularité des compétitions sportives comme le tour de France, le Paris-Roubaix, ou bien le fameux Paris-Brest, qui se voit célébré avec la création d’une pâtisserie à son nom !  
Alors que le cyclisme est une discipline connue du monde sportif, ici elle est déclinée dans son pendant récréatif. Le motif de la bicyclette est donc convoqué comme véritable emblème du loisir populaire et du plaisir avant tout !  
Le traitement des couleurs lui est inspiré de ce que le peintre a connu lors de son exil aux États-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale. Là-bas, il est fasciné par les vêtements aux couleurs criardes des Américaines, comme des projecteurs de Broadway ou bien encore des panneaux publicitaires qui s’amuse à changer les couleurs de la ville à toute allure. C’est de là que lui vient l’idée de ce procédé plastique de la dissociation du dessin et des couleurs. Cette technique dite de la “couleur en dehors” est ici expérimentée par Fernand Léger pour la première fois  
C’est une œuvre qui selon moi prête à sourire. Je la regarde un peu comme une vieille carte postale qui me parlerait d’un temps que je n’ai pas connu. Et je me plais à imaginer derrière ce rideau de couleur tous une série de paysages de vacances.  
Les quatre cyclistes, Fernand Léger, 1943 et 1948, huile sur toile, 129 x 161,5 cm, Biot, Musée national Fernand Léger.  

Texte et voix : Lia Touzé 
Enregistrement : Margot Page 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Je m’appelle Lia et je vais vous parler de bicyclettes, de couleurs et de vacances.
    
Dans son huile sur toile, peinte entre 1943 et 1948, intitulée Les quatre cyclistes, Fernand Léger dépeint un environnement vivement coloré au centre duquel quatre femmes accompagnées de deux bicyclettes s’offrent à notre regard. Dans une pose frontale, elles nous observent, figées comme si elles attendaient d’être prises en photo. Mais ce qui vous frappe au premier coup d’œil ce sont ces grandes tâches de couleurs bleues, jaunes, rouges et vertes qui se faufilent entre le premier et l’arrière-plan et ne respectent pas les contours du dessin.   
Fernand Léger peint ici une scène heureuse, à l’image du contexte historique à la fin des années trente marqué par l’utilisation de la bicyclette par les Français. Cet intérêt pour le vélo est à mettre en lien avec les congés payés qui permettent aux travailleurs de partir en vacances, lesquels s’empressent de grimper à vélo pour gagner leurs destinations. Mais aussi, cela a à voir avec la popularité des compétitions sportives comme le tour de France, le Paris-Roubaix, ou bien le fameux Paris-Brest, qui se voit célébré avec la création d’une pâtisserie à son nom !  
Alors que le cyclisme est une discipline connue du monde sportif, ici elle est déclinée dans son pendant récréatif. Le motif de la bicyclette est donc convoqué comme véritable emblème du loisir populaire et du plaisir avant tout !  
Le traitement des couleurs lui est inspiré de ce que le peintre a connu lors de son exil aux États-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale. Là-bas, il est fasciné par les vêtements aux couleurs criardes des Américaines, comme des projecteurs de Broadway ou bien encore des panneaux publicitaires qui s’amuse à changer les couleurs de la ville à toute allure. C’est de là que lui vient l’idée de ce procédé plastique de la dissociation du dessin et des couleurs. Cette technique dite de la “couleur en dehors” est ici expérimentée par Fernand Léger pour la première fois  
C’est une œuvre qui selon moi prête à sourire. Je la regarde un peu comme une vieille carte postale qui me parlerait d’un temps que je n’ai pas connu. Et je me plais à imaginer derrière ce rideau de couleur tous une série de paysages de vacances.  
Les quatre cyclistes, Fernand Léger, 1943 et 1948, huile sur toile, 129 x 161,5 cm, Biot, Musée national Fernand Léger.  

Texte et voix : Lia Touzé 
Enregistrement : Margot Page 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Thu, 04 Jul 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lia-touze-les-quatre-cyclistes-f-2024-07-04-ztSq41UV.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lia-touze-les-quatre-cyclistes-f-2024-07-04-ztSq41UV.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/ngr5-lia-touze-les-quatre-cyclistes-fernand-leger</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Camille Perroneau - Couronne de laurier d'André Favre</title><description><![CDATA[
    Je m’appelle Camille et je vais vous parler de Couronne, de Laurier et de mizuhiki.
    
L’objet que je vous propose de découvrir est une couronne qui a été remise à André Favre, athlète médaillé d’or en paraski à l’occasion des Jeux Paralympiques de Nagano au Japon en 1998. Cette couronne est formée de branches de lauriers qui sont faites de papiers japonais, enroulés et qui brillent grâce à sa couleur dorée. Cette technique de travail du papier s’appelle le mizuhiki. Le mizuhiki provient d’une tradition de la ville d’Iida au Japon près de Nagano. Cela consiste à modeler le papier pour en faire des cordes très fines et les nouer ensemble, elles sont ensuite rigidifiées et colorées. Les Japonais ont fait du nœud tout un art.   
Lorsque je vous parle de couronne de Laurier, la première image que vous avez sûrement en tête est celle d’empereur romain triomphant. Cette tradition d’honorer les vainqueurs avec une couronne végétale, nous vient de la Grèce antique. Il s’agissait alors de branches d’olivier, signe de paix. La couronne venait honorer les vainqueurs des Olympiades. On retrouve plus tard la couronne végétale chez les Romains, qui eux, utilisaient le laurier, élément lié au dieu de la guerre Jupiter. Vous pouvez la voir aujourd’hui dans de nombreuses représentations comme celle de Jules César dans les bandes dessinées d’Astérix.   
Aujourd’hui, aux Jeux Olympiques, la couronne a laissé sa place aux médailles, sauf à Nagano où les vainqueurs des différentes épreuves recevaient cette couronne de laurier faite à partir du nœud mizuhiki. Au Japon, il est utilisé pour décorer un cadeau, il s’agit donc d’une marque de sympathie que l’on retrouve lors d’occasions spéciales. Pour l&#039;événement exceptionnel que représente les Jeux Paralympiques à Nagano, la technique du mizuhiki est employée non pas pour créer un ornement mais pour créer un objet à la croisée des traditions gréco-romaines et japonaises.  
Cette couronne est intéressante par le lien qu’elle établit entre les Jeux Paralympiques et la tradition romaine. Si la couronne de Laurier nous vient d’une longue tradition, les Jeux Paralympiques ont pour leur part vu le jour bien plus tard. Les Jeux Paralympiques ont commencé par une première édition non-officielle à Stoke Mandeville en Angleterre au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. La Couronne de Laurier vient donc honorer la performance physique des athlètes.   
Ce qui me plaît particulièrement dans cette œuvre, c’est la représentation de la force qui malgré l’utilisation d’un matériel aussi fragile, permet de faire un lien avec une tradition aussi lointaine et le présent.   
Couronne de laurier d’André Favre, papier japonais enroulé et doré, Jeux Paralympiques d’hiver, Nagano, 1998. Nice, Musée national du Sport.   

Texte et voix : Camille Perronneau 
Enregistrement : Suzanne Saint-Cast 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Je m’appelle Camille et je vais vous parler de Couronne, de Laurier et de mizuhiki.
    
L’objet que je vous propose de découvrir est une couronne qui a été remise à André Favre, athlète médaillé d’or en paraski à l’occasion des Jeux Paralympiques de Nagano au Japon en 1998. Cette couronne est formée de branches de lauriers qui sont faites de papiers japonais, enroulés et qui brillent grâce à sa couleur dorée. Cette technique de travail du papier s’appelle le mizuhiki. Le mizuhiki provient d’une tradition de la ville d’Iida au Japon près de Nagano. Cela consiste à modeler le papier pour en faire des cordes très fines et les nouer ensemble, elles sont ensuite rigidifiées et colorées. Les Japonais ont fait du nœud tout un art.   
Lorsque je vous parle de couronne de Laurier, la première image que vous avez sûrement en tête est celle d’empereur romain triomphant. Cette tradition d’honorer les vainqueurs avec une couronne végétale, nous vient de la Grèce antique. Il s’agissait alors de branches d’olivier, signe de paix. La couronne venait honorer les vainqueurs des Olympiades. On retrouve plus tard la couronne végétale chez les Romains, qui eux, utilisaient le laurier, élément lié au dieu de la guerre Jupiter. Vous pouvez la voir aujourd’hui dans de nombreuses représentations comme celle de Jules César dans les bandes dessinées d’Astérix.   
Aujourd’hui, aux Jeux Olympiques, la couronne a laissé sa place aux médailles, sauf à Nagano où les vainqueurs des différentes épreuves recevaient cette couronne de laurier faite à partir du nœud mizuhiki. Au Japon, il est utilisé pour décorer un cadeau, il s’agit donc d’une marque de sympathie que l’on retrouve lors d’occasions spéciales. Pour l'événement exceptionnel que représente les Jeux Paralympiques à Nagano, la technique du mizuhiki est employée non pas pour créer un ornement mais pour créer un objet à la croisée des traditions gréco-romaines et japonaises.  
Cette couronne est intéressante par le lien qu’elle établit entre les Jeux Paralympiques et la tradition romaine. Si la couronne de Laurier nous vient d’une longue tradition, les Jeux Paralympiques ont pour leur part vu le jour bien plus tard. Les Jeux Paralympiques ont commencé par une première édition non-officielle à Stoke Mandeville en Angleterre au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. La Couronne de Laurier vient donc honorer la performance physique des athlètes.   
Ce qui me plaît particulièrement dans cette œuvre, c’est la représentation de la force qui malgré l’utilisation d’un matériel aussi fragile, permet de faire un lien avec une tradition aussi lointaine et le présent.   
Couronne de laurier d’André Favre, papier japonais enroulé et doré, Jeux Paralympiques d’hiver, Nagano, 1998. Nice, Musée national du Sport.   

Texte et voix : Camille Perronneau 
Enregistrement : Suzanne Saint-Cast 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Wed, 03 Jul 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/camille-perroneau-couronne-de-lau-2024-07-03-tCYVQLIe.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/camille-perroneau-couronne-de-lau-2024-07-03-tCYVQLIe.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/mYQR-camille-perroneau-couronne-de-laurier-dandre-favre</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Jannie Moreau - Lutteurs, Jules Dalou</title><description><![CDATA[
    Je m’appelle Jannie, laissez-moi vous parler d’un corps-à-corps, de lutte antique et de modernité.
    
Nous allons parler d’une petite sculpture en terre cuite réalisée par Jules Dalou, vers la fin du XIXe siècle. Demeurée à l’état d’esquisse, elle représente deux hommes à bras-le-corps, emmêlés dans un affrontement intense. Sa qualité d’ébauche nous permet d’apprécier le travail de la matière argileuse par l’artiste qui vient rythmer et animer la lutte.  
Cet enlacement se comprend par la position des corps et des bras qui révèlent des prises caractéristiques de la lutte gréco-romaine : la cravate qui immobilise l’adversaire en lui maintenant le cou, et le tour de bras autour des hanches de l’opposant. À ce sujet, saviez-vous que la lutte est un des sports de compétition les plus vieux du monde ? Elle était la dernière épreuve du pentathlon dans les Jeux Olympiques de l’Antiquité. Déjà populaire au XIXe siècle, la lutte dite gréco-romaine s’est professionnalisée en France avant de se diffuser en Europe et de faire partie des nouveaux Jeux Olympiques dès 1896.  
Dans cette œuvre, Dalou s’est emparé de la matière sculpturale et y a laissé l’empreinte de sa main à la manière de ces lutteurs en prise avec la chair de leur adversaire et qui finissent par se confondre. Ainsi, elle évoque la puissance des gestes qui animent les lutteurs. Elle réconcilie un passé antique avec la modernité du sculpteur. Les figures, par la couleur de la terre cuite et les détails des musculatures dorsales, évoquent une nudité des corps qui fait référence aux épreuves antiques. En parallèle, l’anonymat des lutteurs et l’absence de détails nous permettent de nous concentrer sur la disposition des corps pris dans un effet d’instantanéité.   
Dalou s’attache à donner l’impression d’un mouvement vif qui ne peut être retenu par l’œil et qui fait écho au monde de la vitesse et de l’éphémère qui se développe à la fin du XIXe siècle. Cette sculpture révèle ainsi la modernité du sculpteur. Les saillies et les creux dans l’argile causés par le travail manuel de Dalou peuvent se comprendre comme une approche des peaux meurtries des lutteurs. Cette œuvre pourrait-elle alors incarner une lutte moderne ? En effet, au lendemain de la défaite de 1870 face à la Prusse, la France retrouve son ardeur à travers la lutte. Dalou en défendrait alors les valeurs républicaines dans la représentation de ce duel à bras-le-corps.  
Cette œuvre trouve, pour moi, sa force dans son inachèvement qui résonne avec son temps, et notamment avec Auguste Rodin. Les corps se confondent, s’absorbent, fusionnent dans cette étreinte. C’est le sentiment de la lutte que Dalou cherche à représenter.   
Lutteurs, Jules Dalou, XIXe – XXe siècle,  terre cuite, 19 cm de hauteur, 11 cm de largeur, acquise en 1905, Paris, Petit Palais, Musée des Beaux-arts de la Ville.   

Texte et voix : Jannie Moreau 
Enregistrement : Colin Gruel 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Je m’appelle Jannie, laissez-moi vous parler d’un corps-à-corps, de lutte antique et de modernité.
    
Nous allons parler d’une petite sculpture en terre cuite réalisée par Jules Dalou, vers la fin du XIXe siècle. Demeurée à l’état d’esquisse, elle représente deux hommes à bras-le-corps, emmêlés dans un affrontement intense. Sa qualité d’ébauche nous permet d’apprécier le travail de la matière argileuse par l’artiste qui vient rythmer et animer la lutte.  
Cet enlacement se comprend par la position des corps et des bras qui révèlent des prises caractéristiques de la lutte gréco-romaine : la cravate qui immobilise l’adversaire en lui maintenant le cou, et le tour de bras autour des hanches de l’opposant. À ce sujet, saviez-vous que la lutte est un des sports de compétition les plus vieux du monde ? Elle était la dernière épreuve du pentathlon dans les Jeux Olympiques de l’Antiquité. Déjà populaire au XIXe siècle, la lutte dite gréco-romaine s’est professionnalisée en France avant de se diffuser en Europe et de faire partie des nouveaux Jeux Olympiques dès 1896.  
Dans cette œuvre, Dalou s’est emparé de la matière sculpturale et y a laissé l’empreinte de sa main à la manière de ces lutteurs en prise avec la chair de leur adversaire et qui finissent par se confondre. Ainsi, elle évoque la puissance des gestes qui animent les lutteurs. Elle réconcilie un passé antique avec la modernité du sculpteur. Les figures, par la couleur de la terre cuite et les détails des musculatures dorsales, évoquent une nudité des corps qui fait référence aux épreuves antiques. En parallèle, l’anonymat des lutteurs et l’absence de détails nous permettent de nous concentrer sur la disposition des corps pris dans un effet d’instantanéité.   
Dalou s’attache à donner l’impression d’un mouvement vif qui ne peut être retenu par l’œil et qui fait écho au monde de la vitesse et de l’éphémère qui se développe à la fin du XIXe siècle. Cette sculpture révèle ainsi la modernité du sculpteur. Les saillies et les creux dans l’argile causés par le travail manuel de Dalou peuvent se comprendre comme une approche des peaux meurtries des lutteurs. Cette œuvre pourrait-elle alors incarner une lutte moderne ? En effet, au lendemain de la défaite de 1870 face à la Prusse, la France retrouve son ardeur à travers la lutte. Dalou en défendrait alors les valeurs républicaines dans la représentation de ce duel à bras-le-corps.  
Cette œuvre trouve, pour moi, sa force dans son inachèvement qui résonne avec son temps, et notamment avec Auguste Rodin. Les corps se confondent, s’absorbent, fusionnent dans cette étreinte. C’est le sentiment de la lutte que Dalou cherche à représenter.   
Lutteurs, Jules Dalou, XIXe – XXe siècle,  terre cuite, 19 cm de hauteur, 11 cm de largeur, acquise en 1905, Paris, Petit Palais, Musée des Beaux-arts de la Ville.   

Texte et voix : Jannie Moreau 
Enregistrement : Colin Gruel 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 02 Jul 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/jannie-moreau-lutteurs-jules-dal-2024-07-02-1uqL4dWn.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/jannie-moreau-lutteurs-jules-dal-2024-07-02-1uqL4dWn.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/l2Oj-jannie-moreau-lutteurs-jules-dalou</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Tom Lecocq - Le Cercle de l'île de Puteaux, Henri Gervex</title><description><![CDATA[
    Bonjour, je m’appelle Tom et je vais vous parler de bourgeoisie, de tennis et de naturalisme.
    
Vers 1907, le peintre français Henri Gervex réalise Le Cercle de l’île de Puteaux. Sur sa toile, l’artiste a disposé des femmes et des hommes attablés à une terrasse au cœur d’un parc boisé. L’ambiance mondaine qui règne y est parfaitement retranscrite. Les dames, vêtues de robes et d’élégantes coiffes aux couleurs pastelles, discutent avec des hommes, eux aussi, habillés de manière élégante.  
Tous semblent passer un bon moment. Si on tend bien l’oreille, on peut entendre le bruit des couverts, des commérages, des rires entre les convives.  
Quel est le lien avec le sport ? Il faut jeter un œil à l’arrière-plan du tableau. Entre les arbres, se cache un court de tennis. Les membres de l’aristocratie et de la haute bourgeoisie parisienne viennent se réunir sur l’île de Puteaux pour pratiquer cette activité sportive.  
Pourquoi à Puteaux ? C’est là que le vicomte Léon de Janzé fonde en 1886, la « Société sportive de l’île de Puteaux ». L’un des tout premiers « clubs » de tennis en France. Pour cette société mondaine, c’est l’occasion de faire des rencontres mais surtout de s’amuser.  
Revenons-en au tennis. Ce sport est directement intégré lors des premiers Jeux Olympiques modernes à Athènes en 1896. Quatre ans après, à l’occasion des JO de Paris, c’est le court de tennis de Puteaux qui accueille les épreuves. On y voit concourir les premières femmes. Et, c’est sur ce terrain que la britannique Charlotte Cooper marque l’histoire. Elle sort victorieuse, devenant ainsi la première femme à remporter une médaille d’or olympique individuelle.  
En 1907, quand Henri Gervex peint sa toile, l’île de Puteaux a déjà connu la gloire. C’est un lieu à la mode où toute la haute société se rend. Cette classe sociale, Henri Gervex la peint pendant toute sa carrière. Son œuvre est difficilement classable dans un seul et unique mouvement artistique. Ici, sa peinture se rapproche du naturalisme. Ce mouvement souhaite peindre la réalité sociale dans tous ses aspects. Henri Gervex représente ici un sujet mondain joyeux et insouciant.  
Plus d’un siècle est passé et le tennis s’est démocratisé. Le court de tennis de l’île de Puteaux voit toujours les balles rebondir, les matchs s’affronter et les victoires avoir lieu. Comme les spectateurs des tableaux, asseyez-vous et profitez du match !   
Je trouve cette œuvre particulièrement émouvante, le témoignage de cette vie insouciante du Paris de la belle époque m’a captivé, je n’ai qu’une seule envie : enfiler mes baskets et affronter les tennismen du tableau.   
Le Cercle de l’île de Puteaux, Henri Gervex, vers 1907, peinture à l’huile, 88 x 127 cm, Paris, Musée Carnavalet.   

Texte et voix : Tom Lecocq 
Enregistrement : Colin Gruel 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Bonjour, je m’appelle Tom et je vais vous parler de bourgeoisie, de tennis et de naturalisme.
    
Vers 1907, le peintre français Henri Gervex réalise Le Cercle de l’île de Puteaux. Sur sa toile, l’artiste a disposé des femmes et des hommes attablés à une terrasse au cœur d’un parc boisé. L’ambiance mondaine qui règne y est parfaitement retranscrite. Les dames, vêtues de robes et d’élégantes coiffes aux couleurs pastelles, discutent avec des hommes, eux aussi, habillés de manière élégante.  
Tous semblent passer un bon moment. Si on tend bien l’oreille, on peut entendre le bruit des couverts, des commérages, des rires entre les convives.  
Quel est le lien avec le sport ? Il faut jeter un œil à l’arrière-plan du tableau. Entre les arbres, se cache un court de tennis. Les membres de l’aristocratie et de la haute bourgeoisie parisienne viennent se réunir sur l’île de Puteaux pour pratiquer cette activité sportive.  
Pourquoi à Puteaux ? C’est là que le vicomte Léon de Janzé fonde en 1886, la « Société sportive de l’île de Puteaux ». L’un des tout premiers « clubs » de tennis en France. Pour cette société mondaine, c’est l’occasion de faire des rencontres mais surtout de s’amuser.  
Revenons-en au tennis. Ce sport est directement intégré lors des premiers Jeux Olympiques modernes à Athènes en 1896. Quatre ans après, à l’occasion des JO de Paris, c’est le court de tennis de Puteaux qui accueille les épreuves. On y voit concourir les premières femmes. Et, c’est sur ce terrain que la britannique Charlotte Cooper marque l’histoire. Elle sort victorieuse, devenant ainsi la première femme à remporter une médaille d’or olympique individuelle.  
En 1907, quand Henri Gervex peint sa toile, l’île de Puteaux a déjà connu la gloire. C’est un lieu à la mode où toute la haute société se rend. Cette classe sociale, Henri Gervex la peint pendant toute sa carrière. Son œuvre est difficilement classable dans un seul et unique mouvement artistique. Ici, sa peinture se rapproche du naturalisme. Ce mouvement souhaite peindre la réalité sociale dans tous ses aspects. Henri Gervex représente ici un sujet mondain joyeux et insouciant.  
Plus d’un siècle est passé et le tennis s’est démocratisé. Le court de tennis de l’île de Puteaux voit toujours les balles rebondir, les matchs s’affronter et les victoires avoir lieu. Comme les spectateurs des tableaux, asseyez-vous et profitez du match !   
Je trouve cette œuvre particulièrement émouvante, le témoignage de cette vie insouciante du Paris de la belle époque m’a captivé, je n’ai qu’une seule envie : enfiler mes baskets et affronter les tennismen du tableau.   
Le Cercle de l’île de Puteaux, Henri Gervex, vers 1907, peinture à l’huile, 88 x 127 cm, Paris, Musée Carnavalet.   

Texte et voix : Tom Lecocq 
Enregistrement : Colin Gruel 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Mon, 01 Jul 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/tom-lecocq-le-cercle-de-lile-de-2024-07-01-EUFp5yBy.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/tom-lecocq-le-cercle-de-lile-de-2024-07-01-EUFp5yBy.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/kr5J-tom-lecocq-le-cercle-de-lile-de-puteaux-henri-gervex</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Nolwenn Polge Poulichet - L'Éclusée, Ferdinand Gueldry</title><description><![CDATA[
    Bonjour, je m’appelle Nolwenn et aujourd’hui je vais vous parler d’aviron, de peinture et des loisirs du XIXe siècle.
    
En 1888, Ferdinand Gueldry peint l&#039;Éclusée. Une très grande toile, dans laquelle il représente la société bourgeoise du XIXe siècle en train de pratiquer l’aviron. 
Nous nous trouvons ici dans l’écluse de Neuilly sur Marne. De nombreux bateaux attendent l’ouverture des portes afin de pouvoir continuer leur promenade sur la Marne. Vous sentez la fraîcheur de l’eau ? L’artiste nous place en tant que spectateur comme si nous étions également à bord d’une embarcation. Le peintre représente l’aviron avec beaucoup de réalisme car il pratique lui-même ce sport. Il participe à des compétitions avec la Société Nautique de la Marne, à Joinville-le-Pont et est également juge-arbitre international. Vous pouvez facilement reconnaître les différents bateaux de sports et de loisirs parmi lesquels une barque, un kayak, un huit de pointe ainsi qu’un bateau à vapeur destiné aux voyageurs.  
L’aviron en tant que discipline sportive apparaît vers la fin du XVIIe et le début du XVIIIe siècle. Les athlètes sont sur l’eau dans une embarcation, positionnés dos à la direction dans laquelle ils se déplacent, à la force de rames. C’est le cas dans le tableau, ce qui permet de voir les visages des personnages.  
Né dans une famille aisée, Ferdinand Gueldry entre à l’école des beaux-arts où il devient l’élève du peintre Jean-Léon Gérôme. Vous voyez ce jeu de couleurs vives et ce camaïeu de vert ? L’artiste peint avec virtuosité la surface de l’eau. Grâce à un détail saisissant et une touche légère, on peut sentir la vibration des reflets et de la lumière.   
L’artiste se plaît à représenter les bords de rivières et les canotiers qui naviguent pour faire le « Tour de Marne ». Il peint ici l’instantané d’une époque et ses loisirs. Au milieu du XIXe siècle, les canalisations et l’aménagement des rivières parisiennes permettent à l’aviron de devenir un nouveau loisir populaire. Ferdinand Gueldry observe les canotiers jusqu’à représenter en détails leurs costumes et maillots rayés. Son œuvre entière sur le thème des bords de Marne rend compte de la manière dont se pratique l’aviron, autant la préparation du bateau que la navigation.  
J’apprécie particulièrement cette œuvre car j’ai moi-même pratiqué de l’aviron en club, sur la Marne au même endroit que le peintre. A toute allure j’aime le sentiment de voler à la surface de l’eau, et de part cette proximité sportive, je me plais alors à imaginer que Ferdinand Gueldry a ressenti ces mêmes sensations.   
L&#039;Éclusée, Ferdinand Gueldry, 1888, huile sur toile, 1,66 × 2,11 m, Reims, Musée des beaux-arts de Reims.  

Texte et voix : Nolwenn Polge Poulichet 
Enregistrement : Colin Gruel 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Bonjour, je m’appelle Nolwenn et aujourd’hui je vais vous parler d’aviron, de peinture et des loisirs du XIXe siècle.
    
En 1888, Ferdinand Gueldry peint l'Éclusée. Une très grande toile, dans laquelle il représente la société bourgeoise du XIXe siècle en train de pratiquer l’aviron. 
Nous nous trouvons ici dans l’écluse de Neuilly sur Marne. De nombreux bateaux attendent l’ouverture des portes afin de pouvoir continuer leur promenade sur la Marne. Vous sentez la fraîcheur de l’eau ? L’artiste nous place en tant que spectateur comme si nous étions également à bord d’une embarcation. Le peintre représente l’aviron avec beaucoup de réalisme car il pratique lui-même ce sport. Il participe à des compétitions avec la Société Nautique de la Marne, à Joinville-le-Pont et est également juge-arbitre international. Vous pouvez facilement reconnaître les différents bateaux de sports et de loisirs parmi lesquels une barque, un kayak, un huit de pointe ainsi qu’un bateau à vapeur destiné aux voyageurs.  
L’aviron en tant que discipline sportive apparaît vers la fin du XVIIe et le début du XVIIIe siècle. Les athlètes sont sur l’eau dans une embarcation, positionnés dos à la direction dans laquelle ils se déplacent, à la force de rames. C’est le cas dans le tableau, ce qui permet de voir les visages des personnages.  
Né dans une famille aisée, Ferdinand Gueldry entre à l’école des beaux-arts où il devient l’élève du peintre Jean-Léon Gérôme. Vous voyez ce jeu de couleurs vives et ce camaïeu de vert ? L’artiste peint avec virtuosité la surface de l’eau. Grâce à un détail saisissant et une touche légère, on peut sentir la vibration des reflets et de la lumière.   
L’artiste se plaît à représenter les bords de rivières et les canotiers qui naviguent pour faire le « Tour de Marne ». Il peint ici l’instantané d’une époque et ses loisirs. Au milieu du XIXe siècle, les canalisations et l’aménagement des rivières parisiennes permettent à l’aviron de devenir un nouveau loisir populaire. Ferdinand Gueldry observe les canotiers jusqu’à représenter en détails leurs costumes et maillots rayés. Son œuvre entière sur le thème des bords de Marne rend compte de la manière dont se pratique l’aviron, autant la préparation du bateau que la navigation.  
J’apprécie particulièrement cette œuvre car j’ai moi-même pratiqué de l’aviron en club, sur la Marne au même endroit que le peintre. A toute allure j’aime le sentiment de voler à la surface de l’eau, et de part cette proximité sportive, je me plais alors à imaginer que Ferdinand Gueldry a ressenti ces mêmes sensations.   
L'Éclusée, Ferdinand Gueldry, 1888, huile sur toile, 1,66 × 2,11 m, Reims, Musée des beaux-arts de Reims.  

Texte et voix : Nolwenn Polge Poulichet 
Enregistrement : Colin Gruel 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Sun, 30 Jun 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/nolwenn-polge-poulichet-leclusee-2024-06-30-B2tvLYdI.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/nolwenn-polge-poulichet-leclusee-2024-06-30-B2tvLYdI.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/j02y-nolwenn-polge-poulichet-leclusee-ferdinand-gueldry</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Victoria Chiado-Orblin - Le cycliste, Aristide Maillol</title><description><![CDATA[
    Je suis Victoria et je vais vous parler de nudité, de Gaston Colin, et de modernité.
    
Je suis face à une sculpture plus petite que nature. D’un peu moins d’un mètre de haut, elle représente un jeune homme dont le corps est d’un grand naturalisme, plutôt fin et osseux. Dans un léger déhanché, le jeune homme regarde le sol, la tête penchée vers la droite, son bras droit se déploie le long de son corps, dans un geste souple. Son autre bras est replié vers son épaule, comme si l’adolescent de bronze voudrait se dégourdir, à force de rester debout.  
Avec cette sculpture, l’artiste, Aristide Maillol, joue avec nous. Cette sculpture représentant un jeune homme nu serait en réalité un cycliste. N’a-t-on jamais vu un cycliste nu ?  Ce titre surprenant vient du contexte de création de l’œuvre. C’est le comte Kessler, ami et mécène de Maillol, qui lui a proposé comme modèle Gaston Colin pour réaliser une sculpture sur le sujet de Narcisse, ce personnage d’Ovide amoureux de son propre reflet.   
Le contexte mythologique permet ainsi de justifier la nudité de la sculpture. Gaston Colin était cycliste de métier, et son anatomie athlétique devint un défi technique pour Maillol. Au fur et à mesure du travail, le sujet de Narcisse a été légèrement oublié au profit de la représentation musculeuse du corps de Gaston Colin.   
Ce que j’aime dans cette sculpture, c’est qu’ici, le modèle, un sportif contemporain, a pris le dessus sur le mythe, sans pour autant que toute référence à l’antiquité ait disparue. En effet, Maillol fait appel à notre culture visuelle, à nos souvenirs de représentation d’athlètes, traditionnellement représentés nus dans l’Antiquité. Lorsque l&#039;on pense à ces sculptures antiques, généralement on pense aux figures de lanceurs de disques ou aux pugilistes. Ici, à l’aube du XXe siècle, Maillol fait de ce jeune cycliste un athlète moderne. Ainsi Maillol déclare : « Je n’ai pas voulu représenter une idée générale, c’est un portrait : c’est le portrait du jeune Colin. Les anciens ont bien fait des portraits d’athlètes. Donc c’est un portrait d’athlète. »  
Le cycliste, Aristide Maillol, entre 1911 et 1914, bronze, 98,5 cm de hauteur, Paris, Musée d’Orsay.   

Texte et voix : Victoria Chiado-Orblin 
Enregistrement : Sibylle Buloup 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Je suis Victoria et je vais vous parler de nudité, de Gaston Colin, et de modernité.
    
Je suis face à une sculpture plus petite que nature. D’un peu moins d’un mètre de haut, elle représente un jeune homme dont le corps est d’un grand naturalisme, plutôt fin et osseux. Dans un léger déhanché, le jeune homme regarde le sol, la tête penchée vers la droite, son bras droit se déploie le long de son corps, dans un geste souple. Son autre bras est replié vers son épaule, comme si l’adolescent de bronze voudrait se dégourdir, à force de rester debout.  
Avec cette sculpture, l’artiste, Aristide Maillol, joue avec nous. Cette sculpture représentant un jeune homme nu serait en réalité un cycliste. N’a-t-on jamais vu un cycliste nu ?  Ce titre surprenant vient du contexte de création de l’œuvre. C’est le comte Kessler, ami et mécène de Maillol, qui lui a proposé comme modèle Gaston Colin pour réaliser une sculpture sur le sujet de Narcisse, ce personnage d’Ovide amoureux de son propre reflet.   
Le contexte mythologique permet ainsi de justifier la nudité de la sculpture. Gaston Colin était cycliste de métier, et son anatomie athlétique devint un défi technique pour Maillol. Au fur et à mesure du travail, le sujet de Narcisse a été légèrement oublié au profit de la représentation musculeuse du corps de Gaston Colin.   
Ce que j’aime dans cette sculpture, c’est qu’ici, le modèle, un sportif contemporain, a pris le dessus sur le mythe, sans pour autant que toute référence à l’antiquité ait disparue. En effet, Maillol fait appel à notre culture visuelle, à nos souvenirs de représentation d’athlètes, traditionnellement représentés nus dans l’Antiquité. Lorsque l'on pense à ces sculptures antiques, généralement on pense aux figures de lanceurs de disques ou aux pugilistes. Ici, à l’aube du XXe siècle, Maillol fait de ce jeune cycliste un athlète moderne. Ainsi Maillol déclare : « Je n’ai pas voulu représenter une idée générale, c’est un portrait : c’est le portrait du jeune Colin. Les anciens ont bien fait des portraits d’athlètes. Donc c’est un portrait d’athlète. »  
Le cycliste, Aristide Maillol, entre 1911 et 1914, bronze, 98,5 cm de hauteur, Paris, Musée d’Orsay.   

Texte et voix : Victoria Chiado-Orblin 
Enregistrement : Sibylle Buloup 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Sat, 29 Jun 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/victoria-chiado-orblin-le-cyclist-2024-06-29-XmqoJqP2.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/victoria-chiado-orblin-le-cyclist-2024-06-29-XmqoJqP2.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/gn5r-victoria-chiado-orblin-le-cycliste-aristide-maillol</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Jade Bordages - Fernand Forgues, capitaine de l'Aviron Bayonnais, Eugène Pascau</title><description><![CDATA[
    Je m’appelle Jade et je vais vous parler de portrait, de masculinité et de rugby.
    
Imaginez le portrait d’un homme. Il se tient devant vous, vêtu d&#039;une tenue de sport bleu et blanche, une stature imposante et carrée, la moustache soigneusement taillée et des sourcils épais d&#039;un noir profond. Perdu dans ses pensées, il fixe le spectateur. Dans sa main gauche, un ballon de cuir. Nous sommes en 1912 à Bayonne dans le Pays basque. 
Mais qui est cet homme qui nous fixe du regard ? Le titre du tableau, capitaine de l&#039;Aviron Bayonnais, peut sembler déroutant, alors même qu’il tient contre lui ce qui est sans aucun doute un ballon de rugby. Le jeune homme est Fernand Forgues, joueur de rugby et garagiste âgé de 28 ans. Il fait partie du club de l’Aviron Bayonnais créé en 1904 par des rameurs de la Société Nautique de Bayonne. D’abord consacré à l’aviron, le club intègre en 1906 un nouveau sport appelé “football-rugby”, marquant ainsi le début du rugby à Bayonne. En 1913, devant un public de 20 000 personnes, Fernand Forgues mène son équipe à la victoire lors de la finale du Championnat de France.  
Mais pour comprendre les origines de ce jeu aujourd’hui si populaire, il nous faut remonter le temps, près d’un siècle plus tôt, en Angleterre. C’est dans ce pays, où Shakespeare vit le jour, que le sport s’est développé. La légende raconte qu’en 1823 un certain William Webb Ellis, joueur de football rejetant avec mépris les règles du jeu, se mit à courir sur le terrain le ballon dans les bras. Le rugby était né ! Pratiqué d’abord par l’élite anglaise, il finit par se démocratiser et en 1895 la première ligue de rugby autonome est créée par la classe ouvrière. Le développement de ce sport apporte avec lui de nouvelles valeurs comme l&#039;honnêteté, l’effort et l’esprit d’équipe.  
Mais revenons-en à notre tableau. Le corps du jeune homme, avec son physique robuste, son torse velu et ses mains aux veines saillantes, incarne la virilité moderne de l’homme depuis la fin du XVIIIe siècle. C’est aussi le corps d’un homme doté d’aptitudes nécessaires à la pratique du rugby, telles que la force, la dextérité, la vitesse et l’endurance.   
Impossible de ne pas s’arrêter devant ce tableau. Le réalisme incroyable dont fait preuve le peintre attire irrémédiablement notre regard vers cet homme. Avec ce portrait, Eugène Pascau ne dépeint pas seulement un sportif, il ébauche une histoire du sport.  
Fernand Forgues, capitaine de l&#039;Aviron Bayonnais, Eugène Pascau, 1912, huile sur toile, Musée Basque et de l’Histoire de Bayonne.   

Texte et voix : Jade Bordages 
Enregistrement : Hugo Passard 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Je m’appelle Jade et je vais vous parler de portrait, de masculinité et de rugby.
    
Imaginez le portrait d’un homme. Il se tient devant vous, vêtu d'une tenue de sport bleu et blanche, une stature imposante et carrée, la moustache soigneusement taillée et des sourcils épais d'un noir profond. Perdu dans ses pensées, il fixe le spectateur. Dans sa main gauche, un ballon de cuir. Nous sommes en 1912 à Bayonne dans le Pays basque. 
Mais qui est cet homme qui nous fixe du regard ? Le titre du tableau, capitaine de l'Aviron Bayonnais, peut sembler déroutant, alors même qu’il tient contre lui ce qui est sans aucun doute un ballon de rugby. Le jeune homme est Fernand Forgues, joueur de rugby et garagiste âgé de 28 ans. Il fait partie du club de l’Aviron Bayonnais créé en 1904 par des rameurs de la Société Nautique de Bayonne. D’abord consacré à l’aviron, le club intègre en 1906 un nouveau sport appelé “football-rugby”, marquant ainsi le début du rugby à Bayonne. En 1913, devant un public de 20 000 personnes, Fernand Forgues mène son équipe à la victoire lors de la finale du Championnat de France.  
Mais pour comprendre les origines de ce jeu aujourd’hui si populaire, il nous faut remonter le temps, près d’un siècle plus tôt, en Angleterre. C’est dans ce pays, où Shakespeare vit le jour, que le sport s’est développé. La légende raconte qu’en 1823 un certain William Webb Ellis, joueur de football rejetant avec mépris les règles du jeu, se mit à courir sur le terrain le ballon dans les bras. Le rugby était né ! Pratiqué d’abord par l’élite anglaise, il finit par se démocratiser et en 1895 la première ligue de rugby autonome est créée par la classe ouvrière. Le développement de ce sport apporte avec lui de nouvelles valeurs comme l'honnêteté, l’effort et l’esprit d’équipe.  
Mais revenons-en à notre tableau. Le corps du jeune homme, avec son physique robuste, son torse velu et ses mains aux veines saillantes, incarne la virilité moderne de l’homme depuis la fin du XVIIIe siècle. C’est aussi le corps d’un homme doté d’aptitudes nécessaires à la pratique du rugby, telles que la force, la dextérité, la vitesse et l’endurance.   
Impossible de ne pas s’arrêter devant ce tableau. Le réalisme incroyable dont fait preuve le peintre attire irrémédiablement notre regard vers cet homme. Avec ce portrait, Eugène Pascau ne dépeint pas seulement un sportif, il ébauche une histoire du sport.  
Fernand Forgues, capitaine de l'Aviron Bayonnais, Eugène Pascau, 1912, huile sur toile, Musée Basque et de l’Histoire de Bayonne.   

Texte et voix : Jade Bordages 
Enregistrement : Hugo Passard 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 28 Jun 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/jade-bordages-fernand-forgues-ca-2024-06-28-6Mcr4bOt.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/jade-bordages-fernand-forgues-ca-2024-06-28-6Mcr4bOt.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/00g5-jade-bordages-fernand-forgues-capitaine-de-laviron-bayonnais-eugene-pascau</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Justine Monsimer - Vitraux de la Piscine Molitor, Louis Barillet, Damon et Turlan</title><description><![CDATA[
    Bonjour, je m’appelle Justine et je vais vous parler de vacances, de bien-être et de bronzette.
    
L’œuvre que nous allons découvrir est un ensemble de vitraux réalisés par Louis Barillet en 1929 pour la Piscine Molitor.   
Embarquez avec moi sur “le paquebot blanc”. Surnommée ainsi dans les années 1930, juste après son achèvement en 1929, la piscine Molitor est un complexe nautique qui se situe dans le 16e arrondissement de Paris. Avant de pénétrer dans l’établissement, levez les yeux pour admirer la grande verrière qui couronne son entrée. Elle présente une succession de femmes qui nagent, jouent, se baignent et bronzent au soleil.   
Avançons ensuite dans le bâtiment pour admirer les vitraux qui ornent l&#039;entrée du bassin d&#039;été. Nous apercevons alors un skieur descendre une piste à toute vitesse. Des patineurs artistiques, vêtus de bleu, dansent devant un majestueux paysage enneigé. Des femmes en bikini profitent également du beau temps pour sortir à la mer, bronzer et faire de la planche à voile.   
Mais que nous montre véritablement ces vitraux ? Ces vitraux évoquent les sports nautiques, les sports de glace et les événements mondains des années folles.   
Les verriers français de la période Art déco en vogue dans les années 1920 et 1940 produisent une variété de formes et de décors. En gravant, émaillant ou sablant le verre pour qu’il devienne transparent, Louis Barillet participe au renouveau du vitrail moderne en France. La verrerie d’art fût ainsi employée comme un moyen d’expression dans le mobilier et l’architecture. Ces matériaux luxueux étaient destinés à la bourgeoisie consommatrice de l’Entre-deux-Guerres.   
Après la Première Guerre mondiale, les Parisiens éprouvent le besoin d’oublier le passé. Mais aussi et surtout de se décontracter en se livrant aux joies de la baignade et du sport. Ce phénomène s’inscrit dans l’héritage du XIXe siècle avec l’hygiénisme qui prône l’importance de l’hygiène et du sport dans une société rendue malade à cause des guerres et des épidémies.  
L’eau était donc perçue comme un moyen de purification. Sur ces vitraux de la Piscine Molitor, les femmes sont majoritairement représentées car la figure féminine est l’un des sujets préférés du style Art déco. Elle porte désormais des vêtements qui épousent son corps, un maillot de bain lui offrant ainsi une liberté de mouvement. En 1946, la danseuse Micheline Bernardini dévoila au monde le premier bikini à la Piscine Molitor. Il souligne le nouvel idéal d’un corps mince, sportif et bronzé, synonyme à l’époque d’une bonne santé physique. Cette mode témoigne des nouvelles libertés acquises par la femme au sein d’une société patriarcale.   
J’ai eu un véritable coup de cœur pour ces vitraux et les sports représentés comme le ski et la natation que j’adore pratiquer pendant mes vacances.   
Vitraux de la Piscine Molitor, Louis Barillet, Damon et Turlan, 1929, produit dans les ateliers Barillet, Piscine Molitor, Paris.  

Texte et voix : Justine Monsimer 
Enregistrement : Hugo Passard 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Bonjour, je m’appelle Justine et je vais vous parler de vacances, de bien-être et de bronzette.
    
L’œuvre que nous allons découvrir est un ensemble de vitraux réalisés par Louis Barillet en 1929 pour la Piscine Molitor.   
Embarquez avec moi sur “le paquebot blanc”. Surnommée ainsi dans les années 1930, juste après son achèvement en 1929, la piscine Molitor est un complexe nautique qui se situe dans le 16e arrondissement de Paris. Avant de pénétrer dans l’établissement, levez les yeux pour admirer la grande verrière qui couronne son entrée. Elle présente une succession de femmes qui nagent, jouent, se baignent et bronzent au soleil.   
Avançons ensuite dans le bâtiment pour admirer les vitraux qui ornent l'entrée du bassin d'été. Nous apercevons alors un skieur descendre une piste à toute vitesse. Des patineurs artistiques, vêtus de bleu, dansent devant un majestueux paysage enneigé. Des femmes en bikini profitent également du beau temps pour sortir à la mer, bronzer et faire de la planche à voile.   
Mais que nous montre véritablement ces vitraux ? Ces vitraux évoquent les sports nautiques, les sports de glace et les événements mondains des années folles.   
Les verriers français de la période Art déco en vogue dans les années 1920 et 1940 produisent une variété de formes et de décors. En gravant, émaillant ou sablant le verre pour qu’il devienne transparent, Louis Barillet participe au renouveau du vitrail moderne en France. La verrerie d’art fût ainsi employée comme un moyen d’expression dans le mobilier et l’architecture. Ces matériaux luxueux étaient destinés à la bourgeoisie consommatrice de l’Entre-deux-Guerres.   
Après la Première Guerre mondiale, les Parisiens éprouvent le besoin d’oublier le passé. Mais aussi et surtout de se décontracter en se livrant aux joies de la baignade et du sport. Ce phénomène s’inscrit dans l’héritage du XIXe siècle avec l’hygiénisme qui prône l’importance de l’hygiène et du sport dans une société rendue malade à cause des guerres et des épidémies.  
L’eau était donc perçue comme un moyen de purification. Sur ces vitraux de la Piscine Molitor, les femmes sont majoritairement représentées car la figure féminine est l’un des sujets préférés du style Art déco. Elle porte désormais des vêtements qui épousent son corps, un maillot de bain lui offrant ainsi une liberté de mouvement. En 1946, la danseuse Micheline Bernardini dévoila au monde le premier bikini à la Piscine Molitor. Il souligne le nouvel idéal d’un corps mince, sportif et bronzé, synonyme à l’époque d’une bonne santé physique. Cette mode témoigne des nouvelles libertés acquises par la femme au sein d’une société patriarcale.   
J’ai eu un véritable coup de cœur pour ces vitraux et les sports représentés comme le ski et la natation que j’adore pratiquer pendant mes vacances.   
Vitraux de la Piscine Molitor, Louis Barillet, Damon et Turlan, 1929, produit dans les ateliers Barillet, Piscine Molitor, Paris.  

Texte et voix : Justine Monsimer 
Enregistrement : Hugo Passard 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Thu, 27 Jun 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/justine-monsimer-vitraux-de-la-pi-2024-06-27-1CUxxLri.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/justine-monsimer-vitraux-de-la-pi-2024-06-27-1CUxxLri.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/9D8J-justine-monsimer-vitraux-de-la-piscine-molitor-louis-barillet-damon-et-turlan</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Loïc Renavot - Le coureur, Germaine Richier</title><description><![CDATA[
    Salut, moi c’est Loïc, je vais vous parler de sculpture, de mouvement et d’émotions.
    
L’œuvre dont nous allons parler est une sculpture en bronze qui s’appelle Le coureur et qui a été réalisée en 1955 par Germaine Richier. Fermez les yeux et pensez à une statue en bronze très grande mais d’une maigreur surprenante. Ce coureur est en équilibre sur une jambe, pris dans l’élan d’une course, le regard déterminé.  
Cette œuvre est étonnante. Pour une sculpture de stade à Saint-Ouen, elle est assez loin du canon idéal du coureur de fond que l’on peut imaginer fort et musclé. Cette œuvre est représentative de l’artiste qui est derrière. Surnommée “l’Ouragane” et connue pour son caractère imprévisible, Germaine Richier est marquée par la violence de la Seconde Guerre mondiale. C’est à partir de ce moment-là que l’on voit sa manière évoluer : la noirceur de l’époque s’imprime sur les corps irréguliers, désaxés et écorchés. La matière n’est pas lisse. L’artiste étire, malaxe pour finalement déchirer la matière avec ses outils : elle veut la soumettre à un véritable supplice. Cet aspect ferait presque penser aux figures figées de Pompéi.   
C’est justement ça qui est si spéciale dans notre œuvre : le corps du sportif n’est pas idéal. Il est banal, maigrichon. La statue semble en déséquilibre, la jambe en arrière et les bras en avant, prête à tomber. Le corps est étrange et hésitant. C’est un mouvement un peu paradoxal : donner l’impression que la statue est immobile mais qu’elle s’apprête à remuer, évoquer le mouvement sans le représenter.  Notre coureur donne l’impression de vouloir s’arracher de la terre. La figure du sportif semble presque un moyen pour l’artiste de représenter une sorte d’échappatoire de la réalité trop dure de l’époque qui s’achève, comme si la statue s’enfuyait.  
Je trouve qu’il y a quelque chose de fragile, de vacillant dans cette œuvre qui est assez touchant. L’artiste dit vouloir des sculptures pleines de vie, et justement, les formes creusées et déchiquetées ne sont pas ici pour nous inspirer la mort ou la peur, mais bien pour nous montrer la vie. La matière est torturée et porteuse d’émotions. C’est une figure qui est au fond très humaine, Germaine Richier le dit elle-même « seul l’humain compte ».  
Le coureur, Germaine Richier, 1955, bronze, 192 cm de haut, Pantin, Centre National d’Arts Plastiques.   

Texte et voix : Loïc Renavot 
Enregistrement : Margot Page 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Salut, moi c’est Loïc, je vais vous parler de sculpture, de mouvement et d’émotions.
    
L’œuvre dont nous allons parler est une sculpture en bronze qui s’appelle Le coureur et qui a été réalisée en 1955 par Germaine Richier. Fermez les yeux et pensez à une statue en bronze très grande mais d’une maigreur surprenante. Ce coureur est en équilibre sur une jambe, pris dans l’élan d’une course, le regard déterminé.  
Cette œuvre est étonnante. Pour une sculpture de stade à Saint-Ouen, elle est assez loin du canon idéal du coureur de fond que l’on peut imaginer fort et musclé. Cette œuvre est représentative de l’artiste qui est derrière. Surnommée “l’Ouragane” et connue pour son caractère imprévisible, Germaine Richier est marquée par la violence de la Seconde Guerre mondiale. C’est à partir de ce moment-là que l’on voit sa manière évoluer : la noirceur de l’époque s’imprime sur les corps irréguliers, désaxés et écorchés. La matière n’est pas lisse. L’artiste étire, malaxe pour finalement déchirer la matière avec ses outils : elle veut la soumettre à un véritable supplice. Cet aspect ferait presque penser aux figures figées de Pompéi.   
C’est justement ça qui est si spéciale dans notre œuvre : le corps du sportif n’est pas idéal. Il est banal, maigrichon. La statue semble en déséquilibre, la jambe en arrière et les bras en avant, prête à tomber. Le corps est étrange et hésitant. C’est un mouvement un peu paradoxal : donner l’impression que la statue est immobile mais qu’elle s’apprête à remuer, évoquer le mouvement sans le représenter.  Notre coureur donne l’impression de vouloir s’arracher de la terre. La figure du sportif semble presque un moyen pour l’artiste de représenter une sorte d’échappatoire de la réalité trop dure de l’époque qui s’achève, comme si la statue s’enfuyait.  
Je trouve qu’il y a quelque chose de fragile, de vacillant dans cette œuvre qui est assez touchant. L’artiste dit vouloir des sculptures pleines de vie, et justement, les formes creusées et déchiquetées ne sont pas ici pour nous inspirer la mort ou la peur, mais bien pour nous montrer la vie. La matière est torturée et porteuse d’émotions. C’est une figure qui est au fond très humaine, Germaine Richier le dit elle-même « seul l’humain compte ».  
Le coureur, Germaine Richier, 1955, bronze, 192 cm de haut, Pantin, Centre National d’Arts Plastiques.   

Texte et voix : Loïc Renavot 
Enregistrement : Margot Page 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Wed, 26 Jun 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/loic-renavot-le-coureur-germaine-2024-06-26-qMyQEQTE.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/loic-renavot-le-coureur-germaine-2024-06-26-qMyQEQTE.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/8Mqj-loic-renavot-le-coureur-germaine-richier</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Feifei Li - Tir, Niki de Saint Phalle</title><description><![CDATA[
    Bonjour à tous, je suis Feifei, je vais vous parler de tir, d’art et de féminisme.
    
Devant vous, se trouve un tableau-performance de Niki de Saint Phalle, réalisé en 1961. Il s’agit d’un panneau de bois rectangulaire à fond blanc, recouvert de traces de couleurs coulant vers le bas. Des trous de différentes tailles couvrent la totalité de sa surface.  
Que sont ces trous ? Des impacts de balles. L’artiste a d’abord fixé des sachets de couleurs liquides et d’objets divers dans du plâtre, puis elle a tiré dessus. Sous l’impact des balles, les couleurs ont dégouliné en formant des traînées colorées.   
Artiste féministe française, Niki cherche à assassiner la peinture. Elle déclare : “J’aimais voir le tableau saigner et mourir”. En réalité, c’est l’idée que l’artiste tire contre l’ordre établi et le patriarcat. Ce qui me fascine vraiment dans cette œuvre, c’est sa démarche avant-gardiste : l’art est créé par le geste destructeur !   
En détournant l’usage habituel de la carabine, elle bouleverse avec humour les codes de la création artistique.    
Savez-vous que plusieurs types de tir existent dans les Jeux Olympiques, dont le tir à la carabine ? Et c’est justement la carabine à 22 long rifle qui est utilisée pour cette œuvre. Intégré dans les disciplines olympiques depuis 1896, le tir à la carabine n’est ouvert aux femmes qu’en 1968, une date bien postérieure de l’œuvre concernée, en 1961 ! Comme dans beaucoup de ses œuvres, Niki casse les codes.  
Depuis les premiers Jeux olympiques féminins à Paris en 1922, organisés à l’initiative de la féministe française Alice Milliat, il a fallu plus de quarante ans pour que la parité entre sportifs et sportives olympiques soit atteinte. Et voici une bonne nouvelle : un parfait équilibre est annoncé pour les Jeux de Paris 2024 !  
Tir, Niki de Saint Phalle, plâtre, peinture, métal et objets divers, 1961, Musée national d’Art moderne Centre Pompidou (dimension 175 x 80 cm).   

Texte et voix : Feifei Li 
Enregistrement : Colin Gruel 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Bonjour à tous, je suis Feifei, je vais vous parler de tir, d’art et de féminisme.
    
Devant vous, se trouve un tableau-performance de Niki de Saint Phalle, réalisé en 1961. Il s’agit d’un panneau de bois rectangulaire à fond blanc, recouvert de traces de couleurs coulant vers le bas. Des trous de différentes tailles couvrent la totalité de sa surface.  
Que sont ces trous ? Des impacts de balles. L’artiste a d’abord fixé des sachets de couleurs liquides et d’objets divers dans du plâtre, puis elle a tiré dessus. Sous l’impact des balles, les couleurs ont dégouliné en formant des traînées colorées.   
Artiste féministe française, Niki cherche à assassiner la peinture. Elle déclare : “J’aimais voir le tableau saigner et mourir”. En réalité, c’est l’idée que l’artiste tire contre l’ordre établi et le patriarcat. Ce qui me fascine vraiment dans cette œuvre, c’est sa démarche avant-gardiste : l’art est créé par le geste destructeur !   
En détournant l’usage habituel de la carabine, elle bouleverse avec humour les codes de la création artistique.    
Savez-vous que plusieurs types de tir existent dans les Jeux Olympiques, dont le tir à la carabine ? Et c’est justement la carabine à 22 long rifle qui est utilisée pour cette œuvre. Intégré dans les disciplines olympiques depuis 1896, le tir à la carabine n’est ouvert aux femmes qu’en 1968, une date bien postérieure de l’œuvre concernée, en 1961 ! Comme dans beaucoup de ses œuvres, Niki casse les codes.  
Depuis les premiers Jeux olympiques féminins à Paris en 1922, organisés à l’initiative de la féministe française Alice Milliat, il a fallu plus de quarante ans pour que la parité entre sportifs et sportives olympiques soit atteinte. Et voici une bonne nouvelle : un parfait équilibre est annoncé pour les Jeux de Paris 2024 !  
Tir, Niki de Saint Phalle, plâtre, peinture, métal et objets divers, 1961, Musée national d’Art moderne Centre Pompidou (dimension 175 x 80 cm).   

Texte et voix : Feifei Li 
Enregistrement : Colin Gruel 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 25 Jun 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/feifei-li-tir-niki-de-saint-phal-2024-06-25-LjzqzbjJ.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/feifei-li-tir-niki-de-saint-phal-2024-06-25-LjzqzbjJ.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/7p6Q-feifei-li-tir-niki-de-saint-phalle</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Anne-Rose Sellier - Les Lutteurs, Ossip Zadkine</title><description><![CDATA[
    Bonjour, je m’appelle Anne-Rose et je vais vous parler de lutte, d’exil et de métaphore.
    
L&#039;œuvre que je vais vous décrire est une estampe nommée Les Lutteurs, réalisée par Ossip Zadkine en 1967. Plongez dans un monde sans couleur, plaqué sans profondeur sur un bout de papier, un homme essaie de s’extirper d&#039;un piège. Le dos penché en arrière prêt à vaciller dans un précipice, il résiste à son adversaire qui lui fait face. Les deux corps en noir et blanc forment une diagonale. Ils dessinent un mouvement, tout en se fixant dans l’instant fatidique qui déterminera l’issue du combat. Ils s’opposent, se mêlent, s’entrecroisent : ils luttent.  
La carrière du sculpteur d’origine russe, Ossip Zadkine commence en France et plus précisément à Paris où il affirme devenir “véritablement artiste”. Mais en 1941, au cœur de la Seconde Guerre mondiale, l’artiste juif est contraint de s’exiler. Cet événement bouleverse autant l’homme que sa création puisqu’il soutient ne plus être en mesure de sculpter. C’est ainsi, en 1943, que ces lutteurs sont pour la première fois esquissés dans son atelier états-unien de Greenwich Village.   
C’est de ce dessin qu’il va tirer le motif pour son estampe vingt ans plus tard. Le fait de creuser pour créer le motif, qui sera par la suite imprimé avec la technique de l’estampe, rapproche l’artiste de son médium de prédilection, la sculpture. Zadkine exprime la violence de la lutte par des traits hachurés, il dépeint ses propres angoisses, ses tiraillements. Décontextualisés et dénudés, ces lutteurs sont des métaphores de nos conflits intérieurs. La lutte violente et féroce du contexte guerrier se métamorphose en une force maîtrisée et contrôlée à travers la pratique sportive de la lutte.  
Ce sport ancestral faisait déjà partie des Jeux Olympiques antiques où il était concouru nu comme sur cette estampe. La discipline intègre les jeux modernes dès 1896 et se décline en deux versions. D’une part, la lutte gréco-romaine n’utilise que la partie supérieure du corps, et de l’autre la lutte libre permet d’user de tout son corps pour parvenir à coller les omoplates de l’adversaire au sol.   
Ce qui me touche particulièrement dans cette œuvre, c’est la puissance cathartique qu’elle confère à la fois au sport et à l’art. L’acte créateur de Zadkine est un exutoire autant que l&#039;activité physique peut être libératrice. 
Les Lutteurs, Ossip Zadkine, 1967, estampe, Paris, Musée Zadkine.  

Texte et voix : Anne-Rose Sellier 
Enregistrement : Colin Gruel 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Bonjour, je m’appelle Anne-Rose et je vais vous parler de lutte, d’exil et de métaphore.
    
L'œuvre que je vais vous décrire est une estampe nommée Les Lutteurs, réalisée par Ossip Zadkine en 1967. Plongez dans un monde sans couleur, plaqué sans profondeur sur un bout de papier, un homme essaie de s’extirper d'un piège. Le dos penché en arrière prêt à vaciller dans un précipice, il résiste à son adversaire qui lui fait face. Les deux corps en noir et blanc forment une diagonale. Ils dessinent un mouvement, tout en se fixant dans l’instant fatidique qui déterminera l’issue du combat. Ils s’opposent, se mêlent, s’entrecroisent : ils luttent.  
La carrière du sculpteur d’origine russe, Ossip Zadkine commence en France et plus précisément à Paris où il affirme devenir “véritablement artiste”. Mais en 1941, au cœur de la Seconde Guerre mondiale, l’artiste juif est contraint de s’exiler. Cet événement bouleverse autant l’homme que sa création puisqu’il soutient ne plus être en mesure de sculpter. C’est ainsi, en 1943, que ces lutteurs sont pour la première fois esquissés dans son atelier états-unien de Greenwich Village.   
C’est de ce dessin qu’il va tirer le motif pour son estampe vingt ans plus tard. Le fait de creuser pour créer le motif, qui sera par la suite imprimé avec la technique de l’estampe, rapproche l’artiste de son médium de prédilection, la sculpture. Zadkine exprime la violence de la lutte par des traits hachurés, il dépeint ses propres angoisses, ses tiraillements. Décontextualisés et dénudés, ces lutteurs sont des métaphores de nos conflits intérieurs. La lutte violente et féroce du contexte guerrier se métamorphose en une force maîtrisée et contrôlée à travers la pratique sportive de la lutte.  
Ce sport ancestral faisait déjà partie des Jeux Olympiques antiques où il était concouru nu comme sur cette estampe. La discipline intègre les jeux modernes dès 1896 et se décline en deux versions. D’une part, la lutte gréco-romaine n’utilise que la partie supérieure du corps, et de l’autre la lutte libre permet d’user de tout son corps pour parvenir à coller les omoplates de l’adversaire au sol.   
Ce qui me touche particulièrement dans cette œuvre, c’est la puissance cathartique qu’elle confère à la fois au sport et à l’art. L’acte créateur de Zadkine est un exutoire autant que l'activité physique peut être libératrice. 
Les Lutteurs, Ossip Zadkine, 1967, estampe, Paris, Musée Zadkine.  

Texte et voix : Anne-Rose Sellier 
Enregistrement : Colin Gruel 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Mon, 24 Jun 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/anne-rose-sellier-les-lutteurs-o-2024-06-24-Fpppy9o7.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/anne-rose-sellier-les-lutteurs-o-2024-06-24-Fpppy9o7.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/6B6O-anne-rose-sellier-les-lutteurs-ossip-zadkine</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Clara Delettre - Les Sports, Jean Dunand</title><description><![CDATA[
    Bonjour ! Je suis Clara et aujourd’hui je vais vous parler de paquebot, d’art décoratif et d’athlétisme.
    
Imaginez-vous voyageant à New York en 1935 à bord du célèbre et très luxueux paquebot le Normandie qui entreprend son voyage inaugural. Vous entrez dans le fumoir de la première classe et un grand bas-relief décore le mur.  Celui-ci, divisé en deux par une ligne d’horizon au tiers supérieur, représente des sportifs à la musculature développée s’adonnant à diverses disciplines de l’athlétisme liées au lancer telles que le javelot, le poids ou encore le disque.   
Cinq athlètes forment une diagonale. Le geste du lancer se déploie dans l’espace à travers leurs corps successifs. On les distingue grâce à la couleur de leurs shorts : bleu pastel, puis gris ou encore blanc et l’objet qu’ils s’apprêtent à lancer ; trois javelots, puis un disque et enfin un poids.  
L’ensemble de la composition se décline dans une omniprésence d’or et de bronze donnant un aspect surréaliste et précieux à l’ensemble. L’effet d’un relief très prononcé est dû à l’application des feuilles d’or et de laque qui donnent de la profondeur et de la transparence à un travail pourtant entièrement plat. L’artiste fut d’ailleurs obligé de déplacer une règle sur toutes les surfaces afin de prouver aux architectes que le décor ne présentait aucune saillie.  
Il s’agit du panneau Les Sports, appartenant à la série Les joies et les jeux de l’homme, une des œuvres majeures de l’artiste Jean Dunand. Ce décorateur, sculpteur, ébéniste, laqueur et peintre est considéré comme une figure majeure du courant des arts décoratifs. Un courant artistique du début du XXe siècle concernant tous les arts et artisanats qui cherchent à retrouver la rigueur classique perdue par le style organique et ondulant des arts nouveaux.   
Très célébré pour son travail autour de la laque, Jean Dunand est connu pour sa réalisation d’une partie des décors de paquebot luxueux dont le Normandie considéré comme « la référence absolue de l’art décoratif des grands paquebots ».  
Les Sports évoque un jeu de l’homme qui en devient une joie lors des grands événements tels que les Jeux Olympiques. L’épreuve du lancer est d’ailleurs un rendez-vous majeur ! C’est ainsi en 708 av J.-C. que les jets du disque et du javelot, inventés par Héraklès ainsi que les sauts en longueur sont inscrits officiellement aux Jeux Olympiques.   
Cette œuvre d’art me touche par son esthétique et sa technique qui en font un chef-d&#039;œuvre mais surtout par son histoire et ses voyages à bord du paquebot Le Normandie.   
Les Sports, Jean Dunand, 1935, 5,53 m de hauteur sur 5,40 m de longueur, Bas-relief constitué de 45 panneaux de stuc laqués or, cornières en métal, Musée d’Art moderne de la ville de Paris. 

Texte et voix : Clara Delettre 
Enregistrement : Margot Page 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Bonjour ! Je suis Clara et aujourd’hui je vais vous parler de paquebot, d’art décoratif et d’athlétisme.
    
Imaginez-vous voyageant à New York en 1935 à bord du célèbre et très luxueux paquebot le Normandie qui entreprend son voyage inaugural. Vous entrez dans le fumoir de la première classe et un grand bas-relief décore le mur.  Celui-ci, divisé en deux par une ligne d’horizon au tiers supérieur, représente des sportifs à la musculature développée s’adonnant à diverses disciplines de l’athlétisme liées au lancer telles que le javelot, le poids ou encore le disque.   
Cinq athlètes forment une diagonale. Le geste du lancer se déploie dans l’espace à travers leurs corps successifs. On les distingue grâce à la couleur de leurs shorts : bleu pastel, puis gris ou encore blanc et l’objet qu’ils s’apprêtent à lancer ; trois javelots, puis un disque et enfin un poids.  
L’ensemble de la composition se décline dans une omniprésence d’or et de bronze donnant un aspect surréaliste et précieux à l’ensemble. L’effet d’un relief très prononcé est dû à l’application des feuilles d’or et de laque qui donnent de la profondeur et de la transparence à un travail pourtant entièrement plat. L’artiste fut d’ailleurs obligé de déplacer une règle sur toutes les surfaces afin de prouver aux architectes que le décor ne présentait aucune saillie.  
Il s’agit du panneau Les Sports, appartenant à la série Les joies et les jeux de l’homme, une des œuvres majeures de l’artiste Jean Dunand. Ce décorateur, sculpteur, ébéniste, laqueur et peintre est considéré comme une figure majeure du courant des arts décoratifs. Un courant artistique du début du XXe siècle concernant tous les arts et artisanats qui cherchent à retrouver la rigueur classique perdue par le style organique et ondulant des arts nouveaux.   
Très célébré pour son travail autour de la laque, Jean Dunand est connu pour sa réalisation d’une partie des décors de paquebot luxueux dont le Normandie considéré comme « la référence absolue de l’art décoratif des grands paquebots ».  
Les Sports évoque un jeu de l’homme qui en devient une joie lors des grands événements tels que les Jeux Olympiques. L’épreuve du lancer est d’ailleurs un rendez-vous majeur ! C’est ainsi en 708 av J.-C. que les jets du disque et du javelot, inventés par Héraklès ainsi que les sauts en longueur sont inscrits officiellement aux Jeux Olympiques.   
Cette œuvre d’art me touche par son esthétique et sa technique qui en font un chef-d'œuvre mais surtout par son histoire et ses voyages à bord du paquebot Le Normandie.   
Les Sports, Jean Dunand, 1935, 5,53 m de hauteur sur 5,40 m de longueur, Bas-relief constitué de 45 panneaux de stuc laqués or, cornières en métal, Musée d’Art moderne de la ville de Paris. 

Texte et voix : Clara Delettre 
Enregistrement : Margot Page 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Sun, 23 Jun 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/clara-delettre-les-sports-jean-d-2024-06-23-AdEzrtDD.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/clara-delettre-les-sports-jean-d-2024-06-23-AdEzrtDD.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/5R8Y-clara-delettre-les-sports-jean-dunand</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Céleste Gely - Pugiliste</title><description><![CDATA[
    Je m’appelle Céleste et je vais aujourd&#039;hui vous parler de sculpture antique, de boxe et d’idéalisation athlétique.
    
L’œuvre d’art que je vais vous décrire est un marbre sculpté du IIe siècle, représentant un jeune pugiliste, c’est-à-dire un boxeur. Tout d’abord, imaginez-vous à Rome au XVIIIe siècle, du temps de la grande famille aristocratique des Borghèse, lorsque est découvert, enfoui dans le sol, un somptueux buste grandeur nature représentant peut-être un discobole, un athlète lanceur de disque.   
Vous vous émerveillez devant sa posture conquérante, les courbes musclées de son corps nu et la finesse des traits de son visage. Un discobole ? Non, cette statue sera un pugiliste ! En effet, en 1781, une quarantaine d’années après sa découverte, le sculpteur italien Vincenzo Pacetti restaure l’athlète pour en faire un boxeur. Pour quelle raison ? Lors de la fouille, des mains de pugiliste entourées de lanières de cuir ont également été retrouvées, elles ont donc finalement été rendues à leur propriétaire.  
Chez les Grecs et les Romains, le combat d’homme à homme, sans armes, était très prisé. Le pugilat est connu pour être le sport le plus rude et le plus violent, c’est l’ancêtre de la boxe. Il exigeait un haut niveau de maîtrise et de stratégie alliée à une bonne dose de courage et d’endurance. Le pugilat fait partie de l’une des trois épreuves de combat des Jeux Olympiques antiques grecs. Notre boxe moderne, quant à elle, est inscrite au programme des Jeux Olympiques contemporains sous sa forme anglaise depuis l’édition de 1904. Jugée trop dangereuse, son entrée aux JO a longtemps été retardée et n’a été ouverte aux femmes que depuis 2012.  
Mais, le saviez-vous ? Dans la mythologie grecque, Apollon, que nous connaissons tous comme étant le dieu de la musique, est également celui des pugilistes après avoir vaincu à mains nues Arès lui-même, le dieu de la guerre.  
Ce que j’aime dans cette œuvre, c’est sa pureté, l’athlète est vainqueur, mais son expression reste humble face à la souffrance de son adversaire, impassible, tout en exprimant avec son corps la gloire de ce beau sport qu’est la boxe.  
Pugiliste, auteur inconnu, restauré par Vincenzo Pacetti, IIe siècle, marbre, découvert à Rome en 1739, 1m86 par 63 cm, Paris, Musée du Louvre, actuellement en dépôt au Musée National du Sport à Nice.  

Texte et voix : Céleste Gely 
Enregistrement : Kélian Jeannez 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Je m’appelle Céleste et je vais aujourd'hui vous parler de sculpture antique, de boxe et d’idéalisation athlétique.
    
L’œuvre d’art que je vais vous décrire est un marbre sculpté du IIe siècle, représentant un jeune pugiliste, c’est-à-dire un boxeur. Tout d’abord, imaginez-vous à Rome au XVIIIe siècle, du temps de la grande famille aristocratique des Borghèse, lorsque est découvert, enfoui dans le sol, un somptueux buste grandeur nature représentant peut-être un discobole, un athlète lanceur de disque.   
Vous vous émerveillez devant sa posture conquérante, les courbes musclées de son corps nu et la finesse des traits de son visage. Un discobole ? Non, cette statue sera un pugiliste ! En effet, en 1781, une quarantaine d’années après sa découverte, le sculpteur italien Vincenzo Pacetti restaure l’athlète pour en faire un boxeur. Pour quelle raison ? Lors de la fouille, des mains de pugiliste entourées de lanières de cuir ont également été retrouvées, elles ont donc finalement été rendues à leur propriétaire.  
Chez les Grecs et les Romains, le combat d’homme à homme, sans armes, était très prisé. Le pugilat est connu pour être le sport le plus rude et le plus violent, c’est l’ancêtre de la boxe. Il exigeait un haut niveau de maîtrise et de stratégie alliée à une bonne dose de courage et d’endurance. Le pugilat fait partie de l’une des trois épreuves de combat des Jeux Olympiques antiques grecs. Notre boxe moderne, quant à elle, est inscrite au programme des Jeux Olympiques contemporains sous sa forme anglaise depuis l’édition de 1904. Jugée trop dangereuse, son entrée aux JO a longtemps été retardée et n’a été ouverte aux femmes que depuis 2012.  
Mais, le saviez-vous ? Dans la mythologie grecque, Apollon, que nous connaissons tous comme étant le dieu de la musique, est également celui des pugilistes après avoir vaincu à mains nues Arès lui-même, le dieu de la guerre.  
Ce que j’aime dans cette œuvre, c’est sa pureté, l’athlète est vainqueur, mais son expression reste humble face à la souffrance de son adversaire, impassible, tout en exprimant avec son corps la gloire de ce beau sport qu’est la boxe.  
Pugiliste, auteur inconnu, restauré par Vincenzo Pacetti, IIe siècle, marbre, découvert à Rome en 1739, 1m86 par 63 cm, Paris, Musée du Louvre, actuellement en dépôt au Musée National du Sport à Nice.  

Texte et voix : Céleste Gely 
Enregistrement : Kélian Jeannez 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Sat, 22 Jun 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/celeste-gely-pugiliste-2024-06-22-ylA6UgCm.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/celeste-gely-pugiliste-2024-06-22-ylA6UgCm.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/4z87-celeste-gely-pugiliste</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Julie Chamussy - Les Avirons, Vassily Kandinsky</title><description><![CDATA[
    Je m’appelle Julie et je vais vous parler de couleur, de ligne, et d’énigme.
    
Nous sommes en présence d’Étude pour Improvisation 26, Les Avirons, une œuvre de petit format réalisée entre 1911 et 1912 par Vassily Kandinsky. Mais qu’est-ce que vous voyez, au juste ?   
On repère tout de suite six longs traits noirs tracés à l’encre de Chine. Ils partent du côté inférieur droit de l’œuvre pour rejoindre son centre. A cet endroit, « des lignes brisées en arc » achèvent leur trajectoire. Le tracé défini de ces éléments et le noir profond de l’encre de chine s’opposent au fond de l’œuvre. L’arrière-plan se compose de formes sans contours, aux couleurs diaphanes, réalisées à l’aquarelle. On distingue des teintes froides, comme le bleu ou le vert, mais aussi des teintes chaudes, avec le rouge et le jaune.   
Mais qu’est-ce que cela représente ? Kandinsky a laissé un indice dans le titre l’œuvre : avirons. C’est un sport qui consiste en la propulsion d’un bateau par la force des rames, qu’on appelle des avirons. Les rameurs sont assis en tournant le « dos à la direction du mouvement ».   
Les lignes brisées, au centre, représentent les bateaux. On voit même les traces de leur passage qui sont incarnées par les diagonales noires. Le titre est un des rares indices que Kandinsky laissait parfois pour interpréter ses œuvres.   
Finalement, même si on arrive à le distinguer, représenter ce sport n’est pas ce sur quoi se concentre Kandinsky. Ce sont plutôt les formes, les couleurs et leur rythme qui l’intéressent. Cette œuvre, bien que figurative, tend vers l’abstraction. D’ailleurs, son petit format et son titre principal rappellent qu’il s’agit d’une étude pour Improvisation 26, une peinture de grand format, et dont l’abstraction est encore plus marquée.  
Cette œuvre peut sembler énigmatique et complexe. Pourtant, Kandinsky cherchait à créer un art qui s’adresse directement à notre âme par le biais des formes et des couleurs.  
C&#039;est pour cela qu’elle m’a interpellée car elle nous rappelle qu’à force de mobiliser notre esprit, nous ne savons pas contempler en ouvrant nos yeux et notre âme. Elle nous invite donc à prendre le temps d’observer et de se laisser transporter.   
Les Avirons (Étude pour Improvisation 26), Vassily Kandinsky, 1911-1912, Aquarelle et encre de Chine sur papier, 25 x 32 cm, Paris, Centre Pompidou.  

Texte et voix : Julie Chamussy 
Enregistrement : Hugo Passard 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Je m’appelle Julie et je vais vous parler de couleur, de ligne, et d’énigme.
    
Nous sommes en présence d’Étude pour Improvisation 26, Les Avirons, une œuvre de petit format réalisée entre 1911 et 1912 par Vassily Kandinsky. Mais qu’est-ce que vous voyez, au juste ?   
On repère tout de suite six longs traits noirs tracés à l’encre de Chine. Ils partent du côté inférieur droit de l’œuvre pour rejoindre son centre. A cet endroit, « des lignes brisées en arc » achèvent leur trajectoire. Le tracé défini de ces éléments et le noir profond de l’encre de chine s’opposent au fond de l’œuvre. L’arrière-plan se compose de formes sans contours, aux couleurs diaphanes, réalisées à l’aquarelle. On distingue des teintes froides, comme le bleu ou le vert, mais aussi des teintes chaudes, avec le rouge et le jaune.   
Mais qu’est-ce que cela représente ? Kandinsky a laissé un indice dans le titre l’œuvre : avirons. C’est un sport qui consiste en la propulsion d’un bateau par la force des rames, qu’on appelle des avirons. Les rameurs sont assis en tournant le « dos à la direction du mouvement ».   
Les lignes brisées, au centre, représentent les bateaux. On voit même les traces de leur passage qui sont incarnées par les diagonales noires. Le titre est un des rares indices que Kandinsky laissait parfois pour interpréter ses œuvres.   
Finalement, même si on arrive à le distinguer, représenter ce sport n’est pas ce sur quoi se concentre Kandinsky. Ce sont plutôt les formes, les couleurs et leur rythme qui l’intéressent. Cette œuvre, bien que figurative, tend vers l’abstraction. D’ailleurs, son petit format et son titre principal rappellent qu’il s’agit d’une étude pour Improvisation 26, une peinture de grand format, et dont l’abstraction est encore plus marquée.  
Cette œuvre peut sembler énigmatique et complexe. Pourtant, Kandinsky cherchait à créer un art qui s’adresse directement à notre âme par le biais des formes et des couleurs.  
C'est pour cela qu’elle m’a interpellée car elle nous rappelle qu’à force de mobiliser notre esprit, nous ne savons pas contempler en ouvrant nos yeux et notre âme. Elle nous invite donc à prendre le temps d’observer et de se laisser transporter.   
Les Avirons (Étude pour Improvisation 26), Vassily Kandinsky, 1911-1912, Aquarelle et encre de Chine sur papier, 25 x 32 cm, Paris, Centre Pompidou.  

Texte et voix : Julie Chamussy 
Enregistrement : Hugo Passard 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 21 Jun 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/julie-chamussy-les-avirons-vassi-2024-06-21-YWHMvEo3.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/julie-chamussy-les-avirons-vassi-2024-06-21-YWHMvEo3.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/3ylA-julie-chamussy-les-avirons-vassily-kandinsky</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Valentine Karrer - La piscine, Fernand Léger</title><description><![CDATA[
    Bonjour je m’appelle Valentine et je vais vous parler de modernité, de loisirs et de sport.
    
Nous nous trouvons devant une lithographie tardive, c’est-à-dire une image imprimée sur papier à partir d’une matrice en pierre, réalisée par l’artiste Fernand Léger, en 1959. « A qui la tête, à qui les jambes, les bras, on ne savait plus, on ne distinguait plus ». Mais que veut nous dire l’artiste par cette phrase intrigante ? Approchons-nous et écoutons. Nous pouvons entendre le bruit de l’eau. Il ne s’agit pas du bruit calme d’un ruisseau ou d’un étang, ni celui puissant et bruyant d’un océan déchainé. Écoutons cette eau chahutée, éclaboussée, et les cris de joie qui l’accompagnent.   
Regardons la scène : des corps dont on ne voit parfois émerger que le bras, le torse, la tête, le dos, plongés dans une eau qui occupe tout l’espace. Tout à gauche, un ballon à rayure flotte. Dans un dessin franc et précis, dont le trait noir est contrasté par quelques aplats de couleur bleu et orange, Fernand Léger offre une scène de loisir et de sport à La piscine, titre de l’œuvre.   
La composition est éclatée, les corps larges sont représentés de façon simplifiée à l’aide de formes tubulaires propres au style de l’artiste. Les corps s’élancent, plongent, se redressent, saluent parfois, dans un enchevêtrement qui rappelle l’effusion du bassin et de la nage. Ce dynamisme est rendu possible par la dissociation entre forme et couleur selon une technique propre à l’artiste « la couleur en dehors ».  	 
Né en 1881, Fernand Léger s’attache à représenter la vie moderne, dans son urbanité, et ses activités nouvelles. Avec l’avènement du Front Populaire en 1936, les Français se voient accorder deux semaines de congés payés leur permettant de s’adonner à un phénomène inédit : les loisirs, qui sont largement représentés par les avant-gardes.   
Revenons à l’œuvre et observons ce personnage, en haut et au centre, qui semble nager le crawl. S’il pratique ici cette nage de façon récréative, il s’agit aussi d’un type de nage pratiqué aux épreuves de natation des Jeux Olympiques. La natation, présente depuis les premiers Jeux Olympiques modernes d’Athènes en 1896 et ouverte aux femmes à partir de 1912 a bien évoluée. Cet été, à Paris, les nageurs s’affronteront sur 16 épreuves de distance différentes, combinant plusieurs styles de nage.   
Cette lithographie est une planche de l’album La Ville, débutée en 1954, interrompue par son décès en 1955 et finalement éditée en 1959. Elle présente l’effervescence de la nage et de l’atmosphère du lieu. Étant bonne nageuse, cette œuvre me rappelle la liberté ressentie une fois dans l’eau et la possibilité de se mouvoir dans un espace qui semble dépasser les trois dimensions habituelles.   
La piscine, planche 25, album La Ville, Fernand Léger, 1959, lithographie, 66 x 51cm, Musée national Fernand Léger, Biot.  

Texte et voix : Valentine Karrer 
Enregistrement : Colin Gruel 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Bonjour je m’appelle Valentine et je vais vous parler de modernité, de loisirs et de sport.
    
Nous nous trouvons devant une lithographie tardive, c’est-à-dire une image imprimée sur papier à partir d’une matrice en pierre, réalisée par l’artiste Fernand Léger, en 1959. « A qui la tête, à qui les jambes, les bras, on ne savait plus, on ne distinguait plus ». Mais que veut nous dire l’artiste par cette phrase intrigante ? Approchons-nous et écoutons. Nous pouvons entendre le bruit de l’eau. Il ne s’agit pas du bruit calme d’un ruisseau ou d’un étang, ni celui puissant et bruyant d’un océan déchainé. Écoutons cette eau chahutée, éclaboussée, et les cris de joie qui l’accompagnent.   
Regardons la scène : des corps dont on ne voit parfois émerger que le bras, le torse, la tête, le dos, plongés dans une eau qui occupe tout l’espace. Tout à gauche, un ballon à rayure flotte. Dans un dessin franc et précis, dont le trait noir est contrasté par quelques aplats de couleur bleu et orange, Fernand Léger offre une scène de loisir et de sport à La piscine, titre de l’œuvre.   
La composition est éclatée, les corps larges sont représentés de façon simplifiée à l’aide de formes tubulaires propres au style de l’artiste. Les corps s’élancent, plongent, se redressent, saluent parfois, dans un enchevêtrement qui rappelle l’effusion du bassin et de la nage. Ce dynamisme est rendu possible par la dissociation entre forme et couleur selon une technique propre à l’artiste « la couleur en dehors ».  	 
Né en 1881, Fernand Léger s’attache à représenter la vie moderne, dans son urbanité, et ses activités nouvelles. Avec l’avènement du Front Populaire en 1936, les Français se voient accorder deux semaines de congés payés leur permettant de s’adonner à un phénomène inédit : les loisirs, qui sont largement représentés par les avant-gardes.   
Revenons à l’œuvre et observons ce personnage, en haut et au centre, qui semble nager le crawl. S’il pratique ici cette nage de façon récréative, il s’agit aussi d’un type de nage pratiqué aux épreuves de natation des Jeux Olympiques. La natation, présente depuis les premiers Jeux Olympiques modernes d’Athènes en 1896 et ouverte aux femmes à partir de 1912 a bien évoluée. Cet été, à Paris, les nageurs s’affronteront sur 16 épreuves de distance différentes, combinant plusieurs styles de nage.   
Cette lithographie est une planche de l’album La Ville, débutée en 1954, interrompue par son décès en 1955 et finalement éditée en 1959. Elle présente l’effervescence de la nage et de l’atmosphère du lieu. Étant bonne nageuse, cette œuvre me rappelle la liberté ressentie une fois dans l’eau et la possibilité de se mouvoir dans un espace qui semble dépasser les trois dimensions habituelles.   
La piscine, planche 25, album La Ville, Fernand Léger, 1959, lithographie, 66 x 51cm, Musée national Fernand Léger, Biot.  

Texte et voix : Valentine Karrer 
Enregistrement : Colin Gruel 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Thu, 20 Jun 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/valentine-karrer-la-piscine-fern-2024-06-20-V6B8HkXh.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/valentine-karrer-la-piscine-fern-2024-06-20-V6B8HkXh.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/27RM-valentine-karrer-la-piscine-fernand-leger</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Énora Vauterin - Les Jeux Pythiens, Antoine Bouzonnet-Stella</title><description><![CDATA[
    Bonjour, je m’appelle Énora, et je vais vous parler de Python, de musique et de sport.
    
L’œuvre que je vais vous présenter est un dessin du XVIIe siècle intitulé Les Jeux Pythiens et qui donne à voir des athlètes dans un style inspiré de l’Antiquité.  Au premier plan, des personnages se préparent aux épreuves sportives, deux hommes s’exercent à la lutte devant un aurige, c&#039;est-à-dire un conducteur de char. A leur côté, un lanceur de disque ou discobole est appuyé sur un nuage, sur lequel se trouvent des personnages mythiques autour d’un trépied. Ils tiennent des lyres et des couronnes de lauriers.  
Il s’agit ici, non pas d’une représentation des Jeux Olympiques mais des Jeux Pythiques qui se déroulaient à Delphes et qui étaient les plus importants après ceux d’Olympie. Les Jeux Pythiques auraient été instaurés pour célébrer la victoire d’Apollon contre le monstre Python. Apollon étant dieu du chant et de la musique, il s’agissait à l’origine de concours musicaux. Ce n’est que progressivement que sont rajoutées des épreuves sportives telles que différentes courses de chars, la course à pied armé, la lutte. La plupart des épreuves des jeux pythiques se déroulaient sur le stade de Delphes, qui pouvait accueillir jusqu’à 6500 spectateurs. Les ruines de ce stade de 177 m de long sont visibles aujourd’hui encore.   
Ce dessin ne se contente pas d’illustrer des jeux antiques, il lie également le monde des hommes et des dieux. Cette jonction se fait par le discobole, qui pourrait faire allusion à Hyacinthe, qui fut aimé et tué par Apollon alors qu’ils s’exerçaient ensemble au lancer de disque.   
Mais pourquoi représenter au XVIIe siècle les Jeux Pythiens ? Pour comprendre cela, revenons ensemble à cette époque. Cette œuvre d’Antoine Bouzonnet-Stella est un dessin préparatoire pour la peinture qu’il veut présenter comme morceau de réception pour intégrer l’académie royale en 1666. Il paraît alors logique de réaliser une œuvre qui met à l’honneur Apollon et ses jeux car le roi Louis XIV avait choisi le Dieu Soleil comme emblème de son règne.   
Si j’aime cette œuvre c’est parce qu&#039;à première vue, il s’agit d’une des rares représentations des jeux Delphiques que j’affectionne particulièrement car ils lient musique et sport et qu’un second regard permet de découvrir des allusions mythologiques plus subtiles.   
Les Jeux Pythiens, d’Antoine Bouzonnet dit Bouzonnet-Stella, XVIIe siècle, dessin au stylet, pierre noir, lavis gris et rehauts de gouache sur papier brun, 50 cm, Bayonne, Musée Bonnat-Helleu.  

Texte et voix : Énora Vauterin 
Enregistrement : Hugo Passard 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Bonjour, je m’appelle Énora, et je vais vous parler de Python, de musique et de sport.
    
L’œuvre que je vais vous présenter est un dessin du XVIIe siècle intitulé Les Jeux Pythiens et qui donne à voir des athlètes dans un style inspiré de l’Antiquité.  Au premier plan, des personnages se préparent aux épreuves sportives, deux hommes s’exercent à la lutte devant un aurige, c'est-à-dire un conducteur de char. A leur côté, un lanceur de disque ou discobole est appuyé sur un nuage, sur lequel se trouvent des personnages mythiques autour d’un trépied. Ils tiennent des lyres et des couronnes de lauriers.  
Il s’agit ici, non pas d’une représentation des Jeux Olympiques mais des Jeux Pythiques qui se déroulaient à Delphes et qui étaient les plus importants après ceux d’Olympie. Les Jeux Pythiques auraient été instaurés pour célébrer la victoire d’Apollon contre le monstre Python. Apollon étant dieu du chant et de la musique, il s’agissait à l’origine de concours musicaux. Ce n’est que progressivement que sont rajoutées des épreuves sportives telles que différentes courses de chars, la course à pied armé, la lutte. La plupart des épreuves des jeux pythiques se déroulaient sur le stade de Delphes, qui pouvait accueillir jusqu’à 6500 spectateurs. Les ruines de ce stade de 177 m de long sont visibles aujourd’hui encore.   
Ce dessin ne se contente pas d’illustrer des jeux antiques, il lie également le monde des hommes et des dieux. Cette jonction se fait par le discobole, qui pourrait faire allusion à Hyacinthe, qui fut aimé et tué par Apollon alors qu’ils s’exerçaient ensemble au lancer de disque.   
Mais pourquoi représenter au XVIIe siècle les Jeux Pythiens ? Pour comprendre cela, revenons ensemble à cette époque. Cette œuvre d’Antoine Bouzonnet-Stella est un dessin préparatoire pour la peinture qu’il veut présenter comme morceau de réception pour intégrer l’académie royale en 1666. Il paraît alors logique de réaliser une œuvre qui met à l’honneur Apollon et ses jeux car le roi Louis XIV avait choisi le Dieu Soleil comme emblème de son règne.   
Si j’aime cette œuvre c’est parce qu'à première vue, il s’agit d’une des rares représentations des jeux Delphiques que j’affectionne particulièrement car ils lient musique et sport et qu’un second regard permet de découvrir des allusions mythologiques plus subtiles.   
Les Jeux Pythiens, d’Antoine Bouzonnet dit Bouzonnet-Stella, XVIIe siècle, dessin au stylet, pierre noir, lavis gris et rehauts de gouache sur papier brun, 50 cm, Bayonne, Musée Bonnat-Helleu.  

Texte et voix : Énora Vauterin 
Enregistrement : Hugo Passard 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Wed, 19 Jun 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/enora-vauterin-les-jeux-pythiens-2024-06-19-jONLZKFZ.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/enora-vauterin-les-jeux-pythiens-2024-06-19-jONLZKFZ.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/1GjZ-enora-vauterin-les-jeux-pythiens-antoine-bouzonnet-stella</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Léa Detant - Volleyball, Niki de Saint Phalle</title><description><![CDATA[
    Bonjour, je m’appelle Léa et je vais vous parler de mouvement, de nanas, et de joie.
    
Imaginez-vous une femme à la peau rouge, entièrement stylisée au point de réduire son visage à un ovale, vêtue d’un bustier aux multiples couleurs et dessins qui soulignent ses formes généreuses. Cette grande femme se contorsionne et s’élance pour recevoir ou lancer une balle de volleyball blanche sur un fond bleu électrique.  
Ce qui est étrange dans cette œuvre, c’est qu’elle se fonde sur un paradoxe : l’artiste, Niki de Saint Phalle, cherche à saisir un mouvement ascendant, tout en le représentant de manière figée, ce qui peut rappeler le geste d’un smash. Il s’agit de capter la beauté du geste et l’énergie déployée, par les couleurs, mais aussi par cette contorsion du corps qui est un défi aux lois de l’anatomie.  
D’autant plus paradoxal que la figure est représentée seule, alors même que le volley-ball est un sport collectif. Mais ce n’est pas la première fois que l’artiste représente un sport : elle s’est déjà consacrée à la danse et au football dans les années 1990. Cela dit bien son goût pour le dynamisme, dans un contexte qui prône l’optimisme face au dépassement de soi qui s’incarne dans le sport.   
Mais cette femme est aussi caractéristique d’un motif qui a fait la signature de l’artiste : les nanas. Elles sont conçues comme des créatures joyeuses et fantasques, des guerrières qui dominent le monde, toujours très opulentes et légères à la fois. Suspendue au sol, décomplexée, notre nana peut incarner la célébration du volley-ball, né aux États-Unis en 1895. L’artiste franco-américaine transmet au travers de ses nanas un véritable message féministe, prônant la capacité des femmes, leur beauté, leur force, qu’elle élève au rang artistique.   
Et c’est pour ça que notre œuvre déborde de joie de vivre, notamment grâce aux couleurs vives et ludiques sur son bustier orné de décors circulaires et sur sa poitrine; l&#039;artiste y représente d’un côté une fleur et de l’autre un cœur. Cela peut être lié au courant du nouveau réalisme auquel l’artiste a appartenu, prônant une « appropriation positive du réel ».   
Ce que j’aime dans cette œuvre, c’est l’impression de légèreté qui se dégage, par sa position qui en fait une figure aérienne, mais aussi grâce au caractère léger d’une énergie agréable et enjouée.  
Volleyball, Niki de Saint Phalle, 1993, Estampe, 80 x 60 cm, Nice, Musée d’Art moderne et d’Art contemporain.   

Texte et voix : Léa Detant 
Enregistrement : Suzanne Saint-Cast 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Bonjour, je m’appelle Léa et je vais vous parler de mouvement, de nanas, et de joie.
    
Imaginez-vous une femme à la peau rouge, entièrement stylisée au point de réduire son visage à un ovale, vêtue d’un bustier aux multiples couleurs et dessins qui soulignent ses formes généreuses. Cette grande femme se contorsionne et s’élance pour recevoir ou lancer une balle de volleyball blanche sur un fond bleu électrique.  
Ce qui est étrange dans cette œuvre, c’est qu’elle se fonde sur un paradoxe : l’artiste, Niki de Saint Phalle, cherche à saisir un mouvement ascendant, tout en le représentant de manière figée, ce qui peut rappeler le geste d’un smash. Il s’agit de capter la beauté du geste et l’énergie déployée, par les couleurs, mais aussi par cette contorsion du corps qui est un défi aux lois de l’anatomie.  
D’autant plus paradoxal que la figure est représentée seule, alors même que le volley-ball est un sport collectif. Mais ce n’est pas la première fois que l’artiste représente un sport : elle s’est déjà consacrée à la danse et au football dans les années 1990. Cela dit bien son goût pour le dynamisme, dans un contexte qui prône l’optimisme face au dépassement de soi qui s’incarne dans le sport.   
Mais cette femme est aussi caractéristique d’un motif qui a fait la signature de l’artiste : les nanas. Elles sont conçues comme des créatures joyeuses et fantasques, des guerrières qui dominent le monde, toujours très opulentes et légères à la fois. Suspendue au sol, décomplexée, notre nana peut incarner la célébration du volley-ball, né aux États-Unis en 1895. L’artiste franco-américaine transmet au travers de ses nanas un véritable message féministe, prônant la capacité des femmes, leur beauté, leur force, qu’elle élève au rang artistique.   
Et c’est pour ça que notre œuvre déborde de joie de vivre, notamment grâce aux couleurs vives et ludiques sur son bustier orné de décors circulaires et sur sa poitrine; l'artiste y représente d’un côté une fleur et de l’autre un cœur. Cela peut être lié au courant du nouveau réalisme auquel l’artiste a appartenu, prônant une « appropriation positive du réel ».   
Ce que j’aime dans cette œuvre, c’est l’impression de légèreté qui se dégage, par sa position qui en fait une figure aérienne, mais aussi grâce au caractère léger d’une énergie agréable et enjouée.  
Volleyball, Niki de Saint Phalle, 1993, Estampe, 80 x 60 cm, Nice, Musée d’Art moderne et d’Art contemporain.   

Texte et voix : Léa Detant 
Enregistrement : Suzanne Saint-Cast 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 18 Jun 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lea-detant-volleyball-niki-de-sa-2024-06-18-nbrOOV2R.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lea-detant-volleyball-niki-de-sa-2024-06-18-nbrOOV2R.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/Zz4Q-lea-detant-volleyball-niki-de-saint-phalle</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Théa Viret - Surf, Fabien Mérelle</title><description><![CDATA[
    Bonjour à tous. Je m’appelle Théa et aujourd’hui je vais vous parler de dessin, de surf, et de planche à repasser.
    
Fermez les yeux et tentez de visualiser. J’ai devant moi un dessin en noir et blanc réalisé par Fabien Mérelle en 2007, intitulé Surf. On y voit un jeune homme qui tente de se mettre debout sur une planche. Sa posture évoque celle des surfeurs, les pieds l&#039;un derrière l&#039;autre, les genoux pliés, l&#039;air concentré, les bras cherchant à trouver un équilibre qui semble instable. 
Le hic, c’est que sa planche à lui n&#039;est pas une planche de surf, mais une planche à repasser. Autour de lui, pas de vague, que du vide. Comme tenue, pas de combinaison, mais un marcel blanc et un pantalon de pyjama. C&#039;est ainsi qu&#039;est toujours vêtu le personnage que Fabien Mérelle met en scène dans ses dessins, une sorte de double de lui-même. On le retrouve également dans les sculptures hyperréalistes de cet artiste contemporain pluridisciplinaire, dont le dessin reste néanmoins un des médias principaux.  
Son style est réaliste et minutieux. Son fin trait d&#039;encre est mis en valeur par l&#039;absence de fond : ce vide apporte une grande respiration à l&#039;œuvre, et participe à créer une atmosphère empreinte d&#039;une certaine poésie. Un équilibre délicat se crée alors avec l&#039;ironie du sujet, basée sur le jeu de mot de la planche. Le surf est pratiqué dans le monde entier par plus de trente-cinq millions d’adeptes, dont de nombreux jeunes. Il fut popularisé auprès du grand public dès les années 1950. Si des compétitions internationales existent depuis 1976, le surf n’est entré au programme des Jeux Olympiques que récemment, à l’occasion des Jeux de Tokyo 2020. En 2024, les épreuves se dérouleront non pas à Paris mais à Tahiti.  
Alors, à l’occasion des JO, ce sport spectaculaire qui rime avec liberté risque de nous faire rêver, comme ce personnage sur sa planche à repasser, qui semble surpris au milieu d’un jeu un peu absurde. Il me paraît alors assez touchant.   
Personnellement, je le projette dans le contexte du confinement, où la perspective de jouer dans les vagues, en plein air, devait en séduire plus d’un ; vous voyez certainement de quoi je veux parler. Peut-être alors que vous aussi, vous vous laisserez tenter, sur la mer, ou sur une planche à repasser, qui sait ?  
Surf, Fabien Mérelle, 2007, dessin à l’encre sur papier, 28,2 sur 21 cm, Paris, Centre national d’art et de culture Georges-Pompidou.   

Texte et voix : Théa Viret 
Enregistrement : Kélian Jeannez 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Bonjour à tous. Je m’appelle Théa et aujourd’hui je vais vous parler de dessin, de surf, et de planche à repasser.
    
Fermez les yeux et tentez de visualiser. J’ai devant moi un dessin en noir et blanc réalisé par Fabien Mérelle en 2007, intitulé Surf. On y voit un jeune homme qui tente de se mettre debout sur une planche. Sa posture évoque celle des surfeurs, les pieds l'un derrière l'autre, les genoux pliés, l'air concentré, les bras cherchant à trouver un équilibre qui semble instable. 
Le hic, c’est que sa planche à lui n'est pas une planche de surf, mais une planche à repasser. Autour de lui, pas de vague, que du vide. Comme tenue, pas de combinaison, mais un marcel blanc et un pantalon de pyjama. C'est ainsi qu'est toujours vêtu le personnage que Fabien Mérelle met en scène dans ses dessins, une sorte de double de lui-même. On le retrouve également dans les sculptures hyperréalistes de cet artiste contemporain pluridisciplinaire, dont le dessin reste néanmoins un des médias principaux.  
Son style est réaliste et minutieux. Son fin trait d'encre est mis en valeur par l'absence de fond : ce vide apporte une grande respiration à l'œuvre, et participe à créer une atmosphère empreinte d'une certaine poésie. Un équilibre délicat se crée alors avec l'ironie du sujet, basée sur le jeu de mot de la planche. Le surf est pratiqué dans le monde entier par plus de trente-cinq millions d’adeptes, dont de nombreux jeunes. Il fut popularisé auprès du grand public dès les années 1950. Si des compétitions internationales existent depuis 1976, le surf n’est entré au programme des Jeux Olympiques que récemment, à l’occasion des Jeux de Tokyo 2020. En 2024, les épreuves se dérouleront non pas à Paris mais à Tahiti.  
Alors, à l’occasion des JO, ce sport spectaculaire qui rime avec liberté risque de nous faire rêver, comme ce personnage sur sa planche à repasser, qui semble surpris au milieu d’un jeu un peu absurde. Il me paraît alors assez touchant.   
Personnellement, je le projette dans le contexte du confinement, où la perspective de jouer dans les vagues, en plein air, devait en séduire plus d’un ; vous voyez certainement de quoi je veux parler. Peut-être alors que vous aussi, vous vous laisserez tenter, sur la mer, ou sur une planche à repasser, qui sait ?  
Surf, Fabien Mérelle, 2007, dessin à l’encre sur papier, 28,2 sur 21 cm, Paris, Centre national d’art et de culture Georges-Pompidou.   

Texte et voix : Théa Viret 
Enregistrement : Kélian Jeannez 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Mon, 17 Jun 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/thea-viret-surf-fabien-merelle-2024-06-17-YWZrHlwS.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/thea-viret-surf-fabien-merelle-2024-06-17-YWZrHlwS.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/Yy6A-thea-viret-surf-fabien-merelle</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Jeanne Michel - Le serment des tournoyeurs, Barthélémy d'Eyck</title><description><![CDATA[
    Je m’appelle Jeanne et je vais vous parler d’enluminure, de tournois et de chevaliers.
    
Je vais vous décrire une enluminure médiévale, intitulée Le serment des tournoyeurs, peinte par Barthélémy d’Eyck entre 1462 et 1465.  
L’enluminure nous présente le face à face de deux groupes de tournoyeurs. Vous voyez, cette multitude d’hommes en armure brandissant leurs armes sur leurs destriers. Les étendards, les housses d’apparats des chevaux et les tenues permettent d’identifier le camp d’appartenance des chevaliers. Les porteurs de motifs de mouchetures d’hermines noires appartiennent au camp de Bretagne. Les chevaliers arborant des fleurs de lys sur fond bleu et des rayures rouges et blanches sont les Bourbons. Les combattants prennent place dans une lice, le champ clos où se déroulent les joutes. Derrière ces groupes, deux tribunes se dressent : la tribune des juges et la tribune des femmes.  
Notre enluminure du Serment des Tournoyeurs est tirée du Livre des Tournois décoré par le peintre Barthélémy d’Eyck pour le roi René d’Anjou, qui a vécu au XVe siècle et qui fut un important organisateur de tournois.   
Le tournoi au Moyen Âge prend ses racines dans le duel judiciaire mais reste une pratique codifiée et protégée. Il s’agit non pas d’une occasion pour déployer une violence martiale mais d’une mise en scène. Le cérémonial prime sur le combat.   
Le tournoi permet aux combattants de montrer leur prestige et leur grandeur. La pratique des armes est nobiliaire, c’est-à-dire que c’est un principe propre à la noblesse. Cela se ressent dans la composition de notre enluminure : les nobles sont dans les tribunes, le peuple en contrebas.  
Ce qui est tout à fait intéressant, certains codes des tournois trouvent des échos dans nos pratiques sportives actuelles. Les armoiries – c’est-à-dire les blasons – arborés par les chevaliers fonctionnent comme les maillots de nos sportifs : ils permettent de singulariser une équipe par des symboles et des couleurs. D’ailleurs, le saviez-vous ? Le terme « manche » pour désigner une partie nous vient tout droit du Moyen Âge : les femmes présentes offraient un morceau de la manche de leur robe aux chevaliers pour les remercier de leur bravoure !   
Ce qui me plaît particulièrement dans cette œuvre, c’est l’importance accordée aux signes visuels. Il y a un foisonnement de détails, nous retranscrivant à nous, spectateur, l’ambiance qui devait régner au cours de ces tournois.   
Le serment des tournoyeurs, Livre des tournois, Barthélémy d’Eyck, vers 1462-1465, encre et lavis sur papier, 38,5 x 60 cm, Paris, Bibliothèque nationale de France.  

Texte et voix : Jeanne Michel 
Enregistrement : Suzanne Saint-Cast 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Je m’appelle Jeanne et je vais vous parler d’enluminure, de tournois et de chevaliers.
    
Je vais vous décrire une enluminure médiévale, intitulée Le serment des tournoyeurs, peinte par Barthélémy d’Eyck entre 1462 et 1465.  
L’enluminure nous présente le face à face de deux groupes de tournoyeurs. Vous voyez, cette multitude d’hommes en armure brandissant leurs armes sur leurs destriers. Les étendards, les housses d’apparats des chevaux et les tenues permettent d’identifier le camp d’appartenance des chevaliers. Les porteurs de motifs de mouchetures d’hermines noires appartiennent au camp de Bretagne. Les chevaliers arborant des fleurs de lys sur fond bleu et des rayures rouges et blanches sont les Bourbons. Les combattants prennent place dans une lice, le champ clos où se déroulent les joutes. Derrière ces groupes, deux tribunes se dressent : la tribune des juges et la tribune des femmes.  
Notre enluminure du Serment des Tournoyeurs est tirée du Livre des Tournois décoré par le peintre Barthélémy d’Eyck pour le roi René d’Anjou, qui a vécu au XVe siècle et qui fut un important organisateur de tournois.   
Le tournoi au Moyen Âge prend ses racines dans le duel judiciaire mais reste une pratique codifiée et protégée. Il s’agit non pas d’une occasion pour déployer une violence martiale mais d’une mise en scène. Le cérémonial prime sur le combat.   
Le tournoi permet aux combattants de montrer leur prestige et leur grandeur. La pratique des armes est nobiliaire, c’est-à-dire que c’est un principe propre à la noblesse. Cela se ressent dans la composition de notre enluminure : les nobles sont dans les tribunes, le peuple en contrebas.  
Ce qui est tout à fait intéressant, certains codes des tournois trouvent des échos dans nos pratiques sportives actuelles. Les armoiries – c’est-à-dire les blasons – arborés par les chevaliers fonctionnent comme les maillots de nos sportifs : ils permettent de singulariser une équipe par des symboles et des couleurs. D’ailleurs, le saviez-vous ? Le terme « manche » pour désigner une partie nous vient tout droit du Moyen Âge : les femmes présentes offraient un morceau de la manche de leur robe aux chevaliers pour les remercier de leur bravoure !   
Ce qui me plaît particulièrement dans cette œuvre, c’est l’importance accordée aux signes visuels. Il y a un foisonnement de détails, nous retranscrivant à nous, spectateur, l’ambiance qui devait régner au cours de ces tournois.   
Le serment des tournoyeurs, Livre des tournois, Barthélémy d’Eyck, vers 1462-1465, encre et lavis sur papier, 38,5 x 60 cm, Paris, Bibliothèque nationale de France.  

Texte et voix : Jeanne Michel 
Enregistrement : Suzanne Saint-Cast 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Sun, 16 Jun 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/jeanne-michel-le-serment-des-tour-2024-06-16-Xk0A746H.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/jeanne-michel-le-serment-des-tour-2024-06-16-Xk0A746H.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/V7mz-jeanne-michel-le-serment-des-tournoyeurs-barthelemy-deyck</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Marie-Éléonore Roux - Course de chevaux, dit Le Derby de 1821 à Epsom, Théodore Géricault</title><description><![CDATA[
    Bonjour, je m’appelle Marie-Éléonore et aujourd’hui je viens vous parler de chevaux, de lumière et de vitesse.
    
Nous sommes en 1821, Théodore Géricault peint un tableau intitulé Le Derby d’Epsom. 
Pensez à un dimanche après-midi, sur un champ de course avec un ciel orageux à l’horizon. Vous entendez ce bruit retentissant ? Ce sont les galops des chevaux qui arrivent au loin. Nous assistons à une course hippique, quatre jockeys se battent pour obtenir la première place. Deux d’entre eux frappent avec une cravache le cheval. Aucune patte des chevaux ne touche le sol, tous élancés dans cette course effrénée. Ils paraissent en lévitation. Leurs couleurs marrons et noires contrastent sur un fond de ciel aux nuages menaçants et un gazon verdoyant. Les chevaux sont très détaillés alors qu’autour d’eux, tout apparaît flou donnant cette impression de vitesse.  
C’est à l’occasion de son long séjour en Angleterre, en 1821, que Géricault peint cette toile pour le marchand de chevaux Adam Elmore. Géricault nous présente ici une des courses les plus prestigieuses et anciennes du monde : le Derby d’Epsom. Le peintre ne s’attache pas à décrire précisément la course de cette année-là mais plutôt une course imaginaire qui nous permet de ressentir la sensation de la course. Les silhouettes étirées et élancées des chevaux confèrent à la scène une impression à la fois de vitesse et d’immobilité, comme un ralenti cinématographique. Avec un jeu sur le clair-obscur et des ombres portées, le regard du spectateur est conduit vers le centre de la toile où les chevaux courent. S’exprime alors une tension dramatique qui restitue toute la dynamique de l’action.  
Est-ce que vous savez comment s’appelle cette représentation du cheval semblant voler ? Il s’agit du galop volant, une position qui est en réalité impossible physiquement pour le cheval. C’est ce que Eadweard Muybridge démontre en 1877 grâce à la chronophotographie, ce procédé permet de décomposer le mouvement grâce à une série de photographies prises en rafale.   
Si la course de chevaux n’est pas aux programmes des Jeux Olympiques, on retrouve d’autres épreuves hippiques comme l’épreuve de saut qui n&#039;apparaît que durant l’édition de 1900.  Les femmes n’ont eu la possibilité d’y participer progressivement qu’à partir de 1952. L’équitation est aujourd&#039;hui la seule discipline totalement mixte au sein des épreuves olympiques !   
A travers ce tableau, j’ai l’impression de voir les chevaux dans un vol surnaturel, baigné d’une atmosphère étouffante. Je suis impressionnée par la capacité de Géricault à nous tenir en haleine en représentant un moment suspendu. Je n’ai qu’une envie, connaître l’issue de la course !  
Course de Chevaux, dit traditionnellement Le Derby de 1821 à Epsom, Théodore Géricault, huile sur toile, 1821, 92cm sur 123 cm, Paris, Musée du Louvre.  

Texte et voix : Marie-Éléonore Roux 
Enregistrement : Colin Gruel 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Bonjour, je m’appelle Marie-Éléonore et aujourd’hui je viens vous parler de chevaux, de lumière et de vitesse.
    
Nous sommes en 1821, Théodore Géricault peint un tableau intitulé Le Derby d’Epsom. 
Pensez à un dimanche après-midi, sur un champ de course avec un ciel orageux à l’horizon. Vous entendez ce bruit retentissant ? Ce sont les galops des chevaux qui arrivent au loin. Nous assistons à une course hippique, quatre jockeys se battent pour obtenir la première place. Deux d’entre eux frappent avec une cravache le cheval. Aucune patte des chevaux ne touche le sol, tous élancés dans cette course effrénée. Ils paraissent en lévitation. Leurs couleurs marrons et noires contrastent sur un fond de ciel aux nuages menaçants et un gazon verdoyant. Les chevaux sont très détaillés alors qu’autour d’eux, tout apparaît flou donnant cette impression de vitesse.  
C’est à l’occasion de son long séjour en Angleterre, en 1821, que Géricault peint cette toile pour le marchand de chevaux Adam Elmore. Géricault nous présente ici une des courses les plus prestigieuses et anciennes du monde : le Derby d’Epsom. Le peintre ne s’attache pas à décrire précisément la course de cette année-là mais plutôt une course imaginaire qui nous permet de ressentir la sensation de la course. Les silhouettes étirées et élancées des chevaux confèrent à la scène une impression à la fois de vitesse et d’immobilité, comme un ralenti cinématographique. Avec un jeu sur le clair-obscur et des ombres portées, le regard du spectateur est conduit vers le centre de la toile où les chevaux courent. S’exprime alors une tension dramatique qui restitue toute la dynamique de l’action.  
Est-ce que vous savez comment s’appelle cette représentation du cheval semblant voler ? Il s’agit du galop volant, une position qui est en réalité impossible physiquement pour le cheval. C’est ce que Eadweard Muybridge démontre en 1877 grâce à la chronophotographie, ce procédé permet de décomposer le mouvement grâce à une série de photographies prises en rafale.   
Si la course de chevaux n’est pas aux programmes des Jeux Olympiques, on retrouve d’autres épreuves hippiques comme l’épreuve de saut qui n'apparaît que durant l’édition de 1900.  Les femmes n’ont eu la possibilité d’y participer progressivement qu’à partir de 1952. L’équitation est aujourd'hui la seule discipline totalement mixte au sein des épreuves olympiques !   
A travers ce tableau, j’ai l’impression de voir les chevaux dans un vol surnaturel, baigné d’une atmosphère étouffante. Je suis impressionnée par la capacité de Géricault à nous tenir en haleine en représentant un moment suspendu. Je n’ai qu’une envie, connaître l’issue de la course !  
Course de Chevaux, dit traditionnellement Le Derby de 1821 à Epsom, Théodore Géricault, huile sur toile, 1821, 92cm sur 123 cm, Paris, Musée du Louvre.  

Texte et voix : Marie-Éléonore Roux 
Enregistrement : Colin Gruel 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Sat, 15 Jun 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/marie-eleonore-roux-course-de-che-2024-06-15-EeUfFgQs.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/marie-eleonore-roux-course-de-che-2024-06-15-EeUfFgQs.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/RPgV-marie-eleonore-roux-course-de-chevaux-dit-le-derby-de-1821-a-epsom-theodore-gericault</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Annaëlle Rolland - Footballeur, Pablo Picasso</title><description><![CDATA[
    Bonjour, je m’appelle Annaëlle, aujourd’hui je vais vous parler d’une œuvre méconnue de sculpture, de football et de Picasso.
    
Cette sculpture, haute comme deux ballons de foot, est faite de tôle découpée et pliée. Les lignes de pliage de la tôle soulignent habilement le mouvement sinueux du corps du joueur : la ligne des bras et la ligne du dos que prolonge la jambe d’appui. La tôle est recouverte de peinture blanche et figure au crayon gras bleu, noir et marron, à la manière d’un dessin d’enfant, le maillot et les crampons. Les détails anatomiques du visage et des mains sont dessinés au crayon gras, la figure semble figée dans un moment décisif du match. Notre joueur s’élance, il court, les bras tendus, la jambe prête à frapper la balle mais où est la balle ?   
A l’origine du football, il n’y avait pas vraiment de ballon, enfin pas un ballon comme vous devez l’imaginer. Dès l’Antiquité, plusieurs jeux de balles utilisaient des vessies de porc gonflées ou encore des balles de foin en guise de ballon. Voilà de quoi s’amuser ! Chacun jouait selon ses propres règles, en équipe, parfois jusqu’au sang. Il faudra attendre 1863, en Angleterre, la création de la Football Association qui codifie les règles de ce sport. Quant au ballon, il se standardise, on obtient alors, à quelques variations près, le sport que l’on connait aujourd’hui : des matchs sur gazon en deux Mi-temps de 45 min, à onze contre onze.     
Picasso est surtout connu pour ses tableaux, mais ses sculptures sont tout aussi révolutionnaires et novatrices.  Dans les années 1950 et 1960, il utilise la technique de la tôle pliée pour transposer ses recherches picturales dans l’espace. À l’aide de formes simples, schématiques, planes et pourtant courbes, il propose une vision simplifiée de la réalité. Vous cherchez notre footballeur ? Le voilà, figé au cœur de l’action : une silhouette, quelques détails signifiants comme le maillot de foot, de simples traits pour les yeux, le nez et la bouche et la figure prend vie. Par sa naïveté, elle nous ramène à l’enfance et à nos premiers souvenirs de dessin.   
À la vue de cette œuvre, je trouve que l’on ressent l’énergie et l’intensité des matchs qui exaltent les foules. Elle ravive notre âme d’enfant mais aussi celle du supporter. Je ne sais pas vous, mais moi, ce footballeur-là, j’ai drôlement envie de le voir gagner.  
Footballeur, Pablo Picasso, printemps 1961, produit à Cannes, tôle découpée, pliée, peinte et crayon gras, 61,5 cm de haut, 47 cm de large, Musée Picasso de Paris.   

Texte et voix : Annaëlle Rolland 
Enregistrement : Margot Page 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Bonjour, je m’appelle Annaëlle, aujourd’hui je vais vous parler d’une œuvre méconnue de sculpture, de football et de Picasso.
    
Cette sculpture, haute comme deux ballons de foot, est faite de tôle découpée et pliée. Les lignes de pliage de la tôle soulignent habilement le mouvement sinueux du corps du joueur : la ligne des bras et la ligne du dos que prolonge la jambe d’appui. La tôle est recouverte de peinture blanche et figure au crayon gras bleu, noir et marron, à la manière d’un dessin d’enfant, le maillot et les crampons. Les détails anatomiques du visage et des mains sont dessinés au crayon gras, la figure semble figée dans un moment décisif du match. Notre joueur s’élance, il court, les bras tendus, la jambe prête à frapper la balle mais où est la balle ?   
A l’origine du football, il n’y avait pas vraiment de ballon, enfin pas un ballon comme vous devez l’imaginer. Dès l’Antiquité, plusieurs jeux de balles utilisaient des vessies de porc gonflées ou encore des balles de foin en guise de ballon. Voilà de quoi s’amuser ! Chacun jouait selon ses propres règles, en équipe, parfois jusqu’au sang. Il faudra attendre 1863, en Angleterre, la création de la Football Association qui codifie les règles de ce sport. Quant au ballon, il se standardise, on obtient alors, à quelques variations près, le sport que l’on connait aujourd’hui : des matchs sur gazon en deux Mi-temps de 45 min, à onze contre onze.     
Picasso est surtout connu pour ses tableaux, mais ses sculptures sont tout aussi révolutionnaires et novatrices.  Dans les années 1950 et 1960, il utilise la technique de la tôle pliée pour transposer ses recherches picturales dans l’espace. À l’aide de formes simples, schématiques, planes et pourtant courbes, il propose une vision simplifiée de la réalité. Vous cherchez notre footballeur ? Le voilà, figé au cœur de l’action : une silhouette, quelques détails signifiants comme le maillot de foot, de simples traits pour les yeux, le nez et la bouche et la figure prend vie. Par sa naïveté, elle nous ramène à l’enfance et à nos premiers souvenirs de dessin.   
À la vue de cette œuvre, je trouve que l’on ressent l’énergie et l’intensité des matchs qui exaltent les foules. Elle ravive notre âme d’enfant mais aussi celle du supporter. Je ne sais pas vous, mais moi, ce footballeur-là, j’ai drôlement envie de le voir gagner.  
Footballeur, Pablo Picasso, printemps 1961, produit à Cannes, tôle découpée, pliée, peinte et crayon gras, 61,5 cm de haut, 47 cm de large, Musée Picasso de Paris.   

Texte et voix : Annaëlle Rolland 
Enregistrement : Margot Page 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 14 Jun 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/annaelle-rolland-footballeur-pab-2024-06-14-jqwAxBAe.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/annaelle-rolland-footballeur-pab-2024-06-14-jqwAxBAe.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/Q61G-annaelle-rolland-footballeur-pablo-picasso</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Gauthier Schmitt - La Lutte, Émile Friant</title><description><![CDATA[
    Bonjour, je m’appelle Gauthier et je vais vous parler de lutte, de peinture et de naturalisme.
    
Nous allons aujourd’hui nous intéresser à une peinture datant de 1889 qui s’intitule La Lutte. C’est une huile sur toile qui a été peinte par Émile Friant, un peintre lorrain qui a été formé à l’École des Beaux-Arts de Paris.   
Pour bien visualiser la scène, un petit voyage s’impose. Nous voilà à la campagne, dans un pré. Le ciel est plutôt nuageux et on peut voir au loin un grand chêne à côté d’une maison. Face à vous, sur les bords d&#039;un cours d&#039;eau, deux jeunes garçons, en caleçon de natation, se prennent corps à corps et cherchent à se renverser. On ressent une certaine violence qui se manifeste dans la torsion de leurs bustes noués au-dessus de leurs jambes frêles. Leurs corps ploient et résistent, tandis qu’un peu plus loin derrière, sur la rive opposée, leurs camarades les observent.  
Émile Friant choisit ici de représenter une scène de la vie quotidienne, une banale dispute et non pas un moment extraordinaire. Par le choix de ce sujet et car le paysage occupe plus de la moitié de la toile, on peut rapprocher Émile Friant du naturalisme, courant artistique de la fin du XIXe siècle qui veut représenter la nature telle qu&#039;elle est, sans aucune exagération ni scénographie.  
Ce courant a notamment été influencé par la photographie, grande nouveauté de l’époque. Émile Friant s’en servait pour peintre, lui permettant d’être au plus proche de la réalité. Il a su rendre avec une grande délicatesse les différentes teintes de la peau et il a accordé une grande importance aux détails. Il va même jusqu’à représenter la saleté des shorts des enfants. Cette attention portée au réel le rapproche, alors aussi du réalisme, un autre courant artistique du milieu du XIXe siècle.  
Face à cette très grande peinture de plus de 1,80 m de haut, nous sommes réellement plongés au cœur de la scène. Que l’on soit en pleine nature, ou bien face à une compétition des Jeux Olympiques, on ressent toute la tension qui se joue dans ce moment décisif où d’une seconde à l’autre l’issue du duel peut changer.   
En observant cette toile, j’ai l’impression que le temps s’arrête et que, Émile Friant a réussi, par sa touche, à créer une véritable image poétique de ce qui pourrait sembler au premier abord n’être qu’une simple dispute entre deux amis.  
La Lutte, 

Émile Friant, 1889, Huile sur toile, 180 × 114 cm, Montpellier, Musée Fabre.  

Texte et voix : Gauthier Schmitt 
Enregistrement : Margot Page 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Bonjour, je m’appelle Gauthier et je vais vous parler de lutte, de peinture et de naturalisme.
    
Nous allons aujourd’hui nous intéresser à une peinture datant de 1889 qui s’intitule La Lutte. C’est une huile sur toile qui a été peinte par Émile Friant, un peintre lorrain qui a été formé à l’École des Beaux-Arts de Paris.   
Pour bien visualiser la scène, un petit voyage s’impose. Nous voilà à la campagne, dans un pré. Le ciel est plutôt nuageux et on peut voir au loin un grand chêne à côté d’une maison. Face à vous, sur les bords d'un cours d'eau, deux jeunes garçons, en caleçon de natation, se prennent corps à corps et cherchent à se renverser. On ressent une certaine violence qui se manifeste dans la torsion de leurs bustes noués au-dessus de leurs jambes frêles. Leurs corps ploient et résistent, tandis qu’un peu plus loin derrière, sur la rive opposée, leurs camarades les observent.  
Émile Friant choisit ici de représenter une scène de la vie quotidienne, une banale dispute et non pas un moment extraordinaire. Par le choix de ce sujet et car le paysage occupe plus de la moitié de la toile, on peut rapprocher Émile Friant du naturalisme, courant artistique de la fin du XIXe siècle qui veut représenter la nature telle qu'elle est, sans aucune exagération ni scénographie.  
Ce courant a notamment été influencé par la photographie, grande nouveauté de l’époque. Émile Friant s’en servait pour peintre, lui permettant d’être au plus proche de la réalité. Il a su rendre avec une grande délicatesse les différentes teintes de la peau et il a accordé une grande importance aux détails. Il va même jusqu’à représenter la saleté des shorts des enfants. Cette attention portée au réel le rapproche, alors aussi du réalisme, un autre courant artistique du milieu du XIXe siècle.  
Face à cette très grande peinture de plus de 1,80 m de haut, nous sommes réellement plongés au cœur de la scène. Que l’on soit en pleine nature, ou bien face à une compétition des Jeux Olympiques, on ressent toute la tension qui se joue dans ce moment décisif où d’une seconde à l’autre l’issue du duel peut changer.   
En observant cette toile, j’ai l’impression que le temps s’arrête et que, Émile Friant a réussi, par sa touche, à créer une véritable image poétique de ce qui pourrait sembler au premier abord n’être qu’une simple dispute entre deux amis.  
La Lutte, 

Émile Friant, 1889, Huile sur toile, 180 × 114 cm, Montpellier, Musée Fabre.  

Texte et voix : Gauthier Schmitt 
Enregistrement : Margot Page 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Thu, 13 Jun 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/gauthier-schmitt-la-lutte-emile-2024-06-13-ngcPLk5u.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/gauthier-schmitt-la-lutte-emile-2024-06-13-ngcPLk5u.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/Pz1A-gauthier-schmitt-la-lutte-emile-friant</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Mona Jubert - Parc des Princes, Roger Taillibert</title><description><![CDATA[
    Bonjour, je m’appelle Mona et je vais vous parler de béton, de brutalisme et de stade.
    
Nous allons visiter ensemble un lieu mythique, le Parc des Princes construit en 1972 par les architectes Roger Taillibert et Berdje Agopyan. Son allure massive détonne dans le paysage urbain de l’ouest de Paris à la porte de Saint-Cloud. Ce qui nous interpelle c’est cette forme ovoïde avec une ouverture dans le toit hérissée de cinquante portiques de béton. Tel un oursin qui protège les spectateurs répartis dans quatre tribunes.   
Le premier Parc des Princes fut construit en 1897. A l’origine il s’agissait d’un stade vélodrome où l’on pratiquait du cyclisme, du rugby et du football. Mais le visage du Parc des Princes tel que nous le connaissons actuellement remonte aux années soixante avec de grands travaux de réhabilitations menés entre 1967 à 1972.   
L’un de ses auteurs, Roger Taillibert, est un architecte reconnu dans le domaine des équipements sportifs. Il réalise par la suite le stade olympique de Montréal, ce qui lui permet de renforcer sa notoriété naissante.   
Véritable prouesse architecturale, le parc des princes est issu d’un courant artistique des années 50 – 70. Le Brutalisme, ce mouvement prend racine dans les créations de l’architecte le Corbusier. Il se caractérise par l’économie des matériaux, par un usage brut du béton, une façade sans ornement, géométrique et un faible coût pour une réalisation rapide  
Son design unique offre aux spectateurs un véritable confort. La visibilité est permise par une bonne inclinaison des gradins et aucun siège n’est à plus de 45 mètres de la pelouse. De plus, son système d’éclairage incorporé au toit est l’un des premiers exemples en Europe. Enfin l’acoustique est assurée par le rétrécissement du toit formant comme une caisse de résonance.   
Menacé plusieurs fois de destruction, le parc est pourtant un haut lieu du sport français et un équipement associé dans les mémoires à de grandes manifestations festives. Il a été le théâtre de finales de football épiques comme celle de la Coupe de France en 1982 opposant le Paris-Saint-Germain à l’AS Saint-Etienne ou de concerts mythiques comme en 1990 avec les Rolling Stones.  
Ce qui m’intéresse c’est d’attirer l’attention non pas seulement sur l&#039;événement tel qu’un match de foot mais aussi sur un ensemble, l’écrin dans lequel il prend vie.  En écrivant ce podcast je me suis rendu compte de la prouesse architecturale du Parc des Princes, mais surtout des liens qui unissent le sport et l’art.   
Parc des Princes, 1972, Roger Taillibert et Berdje Agopyan, Béton / Structure métallique, Paris.   

Texte et voix : Mona Jubert 
Enregistrement : Colin Gruel 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Bonjour, je m’appelle Mona et je vais vous parler de béton, de brutalisme et de stade.
    
Nous allons visiter ensemble un lieu mythique, le Parc des Princes construit en 1972 par les architectes Roger Taillibert et Berdje Agopyan. Son allure massive détonne dans le paysage urbain de l’ouest de Paris à la porte de Saint-Cloud. Ce qui nous interpelle c’est cette forme ovoïde avec une ouverture dans le toit hérissée de cinquante portiques de béton. Tel un oursin qui protège les spectateurs répartis dans quatre tribunes.   
Le premier Parc des Princes fut construit en 1897. A l’origine il s’agissait d’un stade vélodrome où l’on pratiquait du cyclisme, du rugby et du football. Mais le visage du Parc des Princes tel que nous le connaissons actuellement remonte aux années soixante avec de grands travaux de réhabilitations menés entre 1967 à 1972.   
L’un de ses auteurs, Roger Taillibert, est un architecte reconnu dans le domaine des équipements sportifs. Il réalise par la suite le stade olympique de Montréal, ce qui lui permet de renforcer sa notoriété naissante.   
Véritable prouesse architecturale, le parc des princes est issu d’un courant artistique des années 50 – 70. Le Brutalisme, ce mouvement prend racine dans les créations de l’architecte le Corbusier. Il se caractérise par l’économie des matériaux, par un usage brut du béton, une façade sans ornement, géométrique et un faible coût pour une réalisation rapide  
Son design unique offre aux spectateurs un véritable confort. La visibilité est permise par une bonne inclinaison des gradins et aucun siège n’est à plus de 45 mètres de la pelouse. De plus, son système d’éclairage incorporé au toit est l’un des premiers exemples en Europe. Enfin l’acoustique est assurée par le rétrécissement du toit formant comme une caisse de résonance.   
Menacé plusieurs fois de destruction, le parc est pourtant un haut lieu du sport français et un équipement associé dans les mémoires à de grandes manifestations festives. Il a été le théâtre de finales de football épiques comme celle de la Coupe de France en 1982 opposant le Paris-Saint-Germain à l’AS Saint-Etienne ou de concerts mythiques comme en 1990 avec les Rolling Stones.  
Ce qui m’intéresse c’est d’attirer l’attention non pas seulement sur l'événement tel qu’un match de foot mais aussi sur un ensemble, l’écrin dans lequel il prend vie.  En écrivant ce podcast je me suis rendu compte de la prouesse architecturale du Parc des Princes, mais surtout des liens qui unissent le sport et l’art.   
Parc des Princes, 1972, Roger Taillibert et Berdje Agopyan, Béton / Structure métallique, Paris.   

Texte et voix : Mona Jubert 
Enregistrement : Colin Gruel 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Wed, 12 Jun 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/mona-jubert-parc-des-princes-rog-2024-06-12-sR66ljPr.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/mona-jubert-parc-des-princes-rog-2024-06-12-sR66ljPr.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/OP7R-mona-jubert-parc-des-princes-roger-taillibert</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Isaline Bernard - Athlète tenant un disque, dit le Discophore</title><description><![CDATA[
    Bonjour, je m’appelle Isaline et aujourd’hui, je vais vous parler d’archéologie, de marbre et de lancer de disque.
    
L’œuvre en question est une statue en marbre. Imaginez un homme un peu plus petit que nature, nu et très musclé, debout sur un socle. Il est en appui sur sa jambe gauche. Son bras droit est replié, alors que son bras gauche est tendu et tient un disque. Il a la tête un peu penchée en avant et les yeux vers le sol comme s’il était en introspection.   
Ce discophore, un lanceur de disque, est une copie romaine réalisée d’après un modèle de Naucydès, un sculpteur grec du IVe siècle avant notre ère. C’est une œuvre importante pour ses qualités plastiques comme la musculature qui se veut réaliste. Comme on peut le voir, elle nous renseigne aussi sur la nudité sportive à certaines époques de certains grecs.  
Le lancer de disque est le sport de détente par excellence selon Homère, le poète. Mais alors, comment lancer le disque ? C’est très simple. On pratique à partir d&#039;une aire étroite délimitée à l’avant et sur les côtés, mais pas à l’arrière. L&#039;athlète effectue un mouvement de balancement du disque qui se trouvait donc dans un mouvement de plan oblique et qui entrainait une torsion du corps. Puis on a l’extension explosive des jambes et du tronc qui permettait de réaliser le lancer. Le record grec serait d’environ 95 pieds, soit 31,16m, et aurait été réalisé par Phayllos. Bien plus tard, cette discipline est entrée aux Jeux Olympiques, en 1886 pour les hommes et en 1928 pour les femmes. C’est une femme qui détient le record ! L’Allemande Gabriele Reinsch a effectué un lancer de 76,80 m, contre seulement 74,08 m pour les hommes, par l’Allemand Jürgen Schult.  
Personnellement, j’apprécie le fait qu&#039;on sente la puissance de l’athlète grâce au rendu naturaliste. J’ai l’impression de voir toute la concentration du sportif qui se prépare à l’épreuve. En la regardant, je ressens vraiment la difficulté que représente ce sport, c’est très impressionnant, et c’est toujours d’actualité !   
Athlète tenant un disque dit Le Discophore, vers 130-150 av. J.-C., d’après Naucydès, copie romaine d’un original grec en bronze, marbre, H. : 167 cm, collection Borghèse, Louvre-Lens.  

Texte et voix : Isaline Bernard 
Enregistrement : Colin Gruel 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Bonjour, je m’appelle Isaline et aujourd’hui, je vais vous parler d’archéologie, de marbre et de lancer de disque.
    
L’œuvre en question est une statue en marbre. Imaginez un homme un peu plus petit que nature, nu et très musclé, debout sur un socle. Il est en appui sur sa jambe gauche. Son bras droit est replié, alors que son bras gauche est tendu et tient un disque. Il a la tête un peu penchée en avant et les yeux vers le sol comme s’il était en introspection.   
Ce discophore, un lanceur de disque, est une copie romaine réalisée d’après un modèle de Naucydès, un sculpteur grec du IVe siècle avant notre ère. C’est une œuvre importante pour ses qualités plastiques comme la musculature qui se veut réaliste. Comme on peut le voir, elle nous renseigne aussi sur la nudité sportive à certaines époques de certains grecs.  
Le lancer de disque est le sport de détente par excellence selon Homère, le poète. Mais alors, comment lancer le disque ? C’est très simple. On pratique à partir d'une aire étroite délimitée à l’avant et sur les côtés, mais pas à l’arrière. L'athlète effectue un mouvement de balancement du disque qui se trouvait donc dans un mouvement de plan oblique et qui entrainait une torsion du corps. Puis on a l’extension explosive des jambes et du tronc qui permettait de réaliser le lancer. Le record grec serait d’environ 95 pieds, soit 31,16m, et aurait été réalisé par Phayllos. Bien plus tard, cette discipline est entrée aux Jeux Olympiques, en 1886 pour les hommes et en 1928 pour les femmes. C’est une femme qui détient le record ! L’Allemande Gabriele Reinsch a effectué un lancer de 76,80 m, contre seulement 74,08 m pour les hommes, par l’Allemand Jürgen Schult.  
Personnellement, j’apprécie le fait qu'on sente la puissance de l’athlète grâce au rendu naturaliste. J’ai l’impression de voir toute la concentration du sportif qui se prépare à l’épreuve. En la regardant, je ressens vraiment la difficulté que représente ce sport, c’est très impressionnant, et c’est toujours d’actualité !   
Athlète tenant un disque dit Le Discophore, vers 130-150 av. J.-C., d’après Naucydès, copie romaine d’un original grec en bronze, marbre, H. : 167 cm, collection Borghèse, Louvre-Lens.  

Texte et voix : Isaline Bernard 
Enregistrement : Colin Gruel 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 11 Jun 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/isaline-bernard-athlete-tenant-un-2024-06-11-L4yOAWrR.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/isaline-bernard-athlete-tenant-un-2024-06-11-L4yOAWrR.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/NYx2-isaline-bernard-athlete-tenant-un-disque-dit-le-discophore</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Danièle Ruskin - Le nageur, Gustave Caillebotte</title><description><![CDATA[
    Bonjour ! Je m’appelle Danièle, et je vais vous parler de plongeon, de pastel et de sport.
    
Il s’agit d’une œuvre qui s’appelle Le Nageur ou encore Le Baigneur, et elle a été réalisée par Gustave Caillebotte en 1877. Caillebotte est un peintre du XIXe siècle, contemporain de Claude Monet et Auguste Renoir. 
Au premier plan se trouve un jeune garçon et au second plan une rivière qui occupe les trois quarts de l’œuvre. Ce pastel représente le jeune garçon vu de dos, portant un costume de bain à rayures bleues et blanches, qui se tient immobile, debout sur un plongeoir fixé à la rive. On le voit courbé en avant avec les mains jointes, s’exerçant à plonger dans cette rivière de l&#039;Yerres près de la propriété familiale du peintre, un jour d’été. Avez-vous déjà plongé dans l&#039;Yerres ?  
À droite un personnage en peignoir blanc observe. L’eau est limpide, palpable. Le ciel s’y reflète. Le plan d’eau et le feuillage se fondent dans un camaïeu de bleus et de verts. Cette œuvre de taille moyenne est un pastel sur papier qui se trouve au Musée d’Orsay de Paris. Il est rare pour Caillebotte d’utiliser le pastel qu’il réserve pour la représentation de scènes se déroulant dans le cadre familier de sa propriété. Ici, Caillebotte décrit son dernier été heureux et la fin d’une jeunesse insouciante.  
L’artiste appartient à une génération qui commence à s’intéresser aux bénéfices et plaisirs du sport et du plein air. Caillebotte met en scène un geste suspendu, l’instant qui précède l’action de plonger. Il ne recherche ni la beauté du mouvement ou de l’anatomie ni l’expression d’un visage. Il invente « une poésie nouvelle dans la peinture » (selon Serge Lemoine). On est donc très loin du cadre et de l’atmosphère d’une compétition olympique au cours de laquelle le jury évalue les sauts en fonction de la beauté des mouvements, leur complexité, et la qualité de l’entrée dans l’eau. Aux jeux, on distingue deux épreuves de plongeon : l’un d&#039;un tremplin à trois mètres qui permet de rebondir, et l’autre, de la plateforme de haut-vol, fixe et rigide à dix mètres de haut. Cette discipline a été intégrée aux JO pour les hommes en 1904 à Saint Louis aux États-Unis, puis pour les femmes en 1912. Les épreuves synchronisées ont été ajoutées en 2000.  
Avant qu’il devienne un sport, on connaissait le plongeon depuis très longtemps, puisqu’on a retrouvé à Paestum en Italie, des fresques d’homme plongeant dans la mer, qui datent du Ve siècle avant notre ère.  
Le Nageur ou Baigneur, Gustave Caillebotte, 1877, pastel sur papier, H. 69 cm ; L. 88 cm, Paris, Musée d’Orsay.  

Texte et voix : Danièle Ruskin 
Enregistrement : Hugo Passard 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Bonjour ! Je m’appelle Danièle, et je vais vous parler de plongeon, de pastel et de sport.
    
Il s’agit d’une œuvre qui s’appelle Le Nageur ou encore Le Baigneur, et elle a été réalisée par Gustave Caillebotte en 1877. Caillebotte est un peintre du XIXe siècle, contemporain de Claude Monet et Auguste Renoir. 
Au premier plan se trouve un jeune garçon et au second plan une rivière qui occupe les trois quarts de l’œuvre. Ce pastel représente le jeune garçon vu de dos, portant un costume de bain à rayures bleues et blanches, qui se tient immobile, debout sur un plongeoir fixé à la rive. On le voit courbé en avant avec les mains jointes, s’exerçant à plonger dans cette rivière de l'Yerres près de la propriété familiale du peintre, un jour d’été. Avez-vous déjà plongé dans l'Yerres ?  
À droite un personnage en peignoir blanc observe. L’eau est limpide, palpable. Le ciel s’y reflète. Le plan d’eau et le feuillage se fondent dans un camaïeu de bleus et de verts. Cette œuvre de taille moyenne est un pastel sur papier qui se trouve au Musée d’Orsay de Paris. Il est rare pour Caillebotte d’utiliser le pastel qu’il réserve pour la représentation de scènes se déroulant dans le cadre familier de sa propriété. Ici, Caillebotte décrit son dernier été heureux et la fin d’une jeunesse insouciante.  
L’artiste appartient à une génération qui commence à s’intéresser aux bénéfices et plaisirs du sport et du plein air. Caillebotte met en scène un geste suspendu, l’instant qui précède l’action de plonger. Il ne recherche ni la beauté du mouvement ou de l’anatomie ni l’expression d’un visage. Il invente « une poésie nouvelle dans la peinture » (selon Serge Lemoine). On est donc très loin du cadre et de l’atmosphère d’une compétition olympique au cours de laquelle le jury évalue les sauts en fonction de la beauté des mouvements, leur complexité, et la qualité de l’entrée dans l’eau. Aux jeux, on distingue deux épreuves de plongeon : l’un d'un tremplin à trois mètres qui permet de rebondir, et l’autre, de la plateforme de haut-vol, fixe et rigide à dix mètres de haut. Cette discipline a été intégrée aux JO pour les hommes en 1904 à Saint Louis aux États-Unis, puis pour les femmes en 1912. Les épreuves synchronisées ont été ajoutées en 2000.  
Avant qu’il devienne un sport, on connaissait le plongeon depuis très longtemps, puisqu’on a retrouvé à Paestum en Italie, des fresques d’homme plongeant dans la mer, qui datent du Ve siècle avant notre ère.  
Le Nageur ou Baigneur, Gustave Caillebotte, 1877, pastel sur papier, H. 69 cm ; L. 88 cm, Paris, Musée d’Orsay.  

Texte et voix : Danièle Ruskin 
Enregistrement : Hugo Passard 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Mon, 10 Jun 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/daniele-ruskin-le-nageur-gustave-2024-06-10-0G1Z9nwm.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/daniele-ruskin-le-nageur-gustave-2024-06-10-0G1Z9nwm.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/MJjm-daniele-ruskin-le-nageur-gustave-caillebotte</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Maïa Fiori - Le Tennis, Raoul Dufy</title><description><![CDATA[
    Je m’appelle Maïa et je vais vous parler de graphisme, de tennis et de tenue de sport.
    
L’œuvre dont je vais vous parler est un dessin du peintre et dessinateur Raoul Dufy, réalisé en 1918 et intitulé Le Tennis. Le dessin est en noir et blanc et n’occupe que les trois quarts de la feuille en bas à droite. Au centre du dessin se détache un terrain de tennis avec quatre personnages en train de jouer de part et d’autre du filet, des raquettes en main. La scène représentée en contre plongée est encadrée de larges feuilles stylisées et graphiques noires. La partie semble avoir commencé : la balle est lancée.   
Une large bâtisse représentée à l’arrière-plan et l’élégance des tenues nous permettent de deviner le statut social des joueurs. En effet, le tennis est au départ un sport réservé à la bourgeoisie qui tarde à être pris au sérieux dans le monde du sport. Il entre en 1896 aux Jeux Olympiques modernes mais quitte le programme en 1924 parce que la professionnalisation de ce sport n’est pas encore évidente. Il ne revient qu’en 1988 à Séoul.  
Les deux femmes représentées dans cette œuvre portent un long t-shirt à manches courtes rayé en col V sur une jupe trapèze qui arrive aux genoux parce que dans les années folles, on abandonne les jupes et robes longues qu’on mettait sur les terrains de tennis dans les années 1880 jusqu’en 1910. Le développement de la mode en France à cette époque contribue au développement de tenues plus adaptées à la pratique sportive.   
Raoul Dufy domine la scène artistique au début du XXe siècle, au même plan que Matisse. Le jeu de contraste entre le noir et blanc et les formes graphiques sont caractéristiques de l’artiste qui se lance dans la création de motifs textiles dans les années 1910. Le dessin dont je vous parle est lui-même décliné en motifs textiles. Les formes géométriques et graphiques témoignent de l’influence de Paul Cézanne et du cubisme dans la production de Dufy. L’ensemble prime ici sur l’individualité du motif.  
C’est l’aspect graphique de l’œuvre qui me plait beaucoup. Les larges feuilles stylisées débordantes sur le terrain de tennis donnent la sensation de regarder à travers une haie comme si nous étions cachés derrière.  
Le Tennis, Raoul Dufy, vers 1918, dessin, gouache, crayon graphite sur papier vélin, 55 x 48 cm, conservé au musée d’Art Moderne de Paris.  

Texte et voix : Maïa Fiori 
Enregistrement : Kélian Jeannez 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Je m’appelle Maïa et je vais vous parler de graphisme, de tennis et de tenue de sport.
    
L’œuvre dont je vais vous parler est un dessin du peintre et dessinateur Raoul Dufy, réalisé en 1918 et intitulé Le Tennis. Le dessin est en noir et blanc et n’occupe que les trois quarts de la feuille en bas à droite. Au centre du dessin se détache un terrain de tennis avec quatre personnages en train de jouer de part et d’autre du filet, des raquettes en main. La scène représentée en contre plongée est encadrée de larges feuilles stylisées et graphiques noires. La partie semble avoir commencé : la balle est lancée.   
Une large bâtisse représentée à l’arrière-plan et l’élégance des tenues nous permettent de deviner le statut social des joueurs. En effet, le tennis est au départ un sport réservé à la bourgeoisie qui tarde à être pris au sérieux dans le monde du sport. Il entre en 1896 aux Jeux Olympiques modernes mais quitte le programme en 1924 parce que la professionnalisation de ce sport n’est pas encore évidente. Il ne revient qu’en 1988 à Séoul.  
Les deux femmes représentées dans cette œuvre portent un long t-shirt à manches courtes rayé en col V sur une jupe trapèze qui arrive aux genoux parce que dans les années folles, on abandonne les jupes et robes longues qu’on mettait sur les terrains de tennis dans les années 1880 jusqu’en 1910. Le développement de la mode en France à cette époque contribue au développement de tenues plus adaptées à la pratique sportive.   
Raoul Dufy domine la scène artistique au début du XXe siècle, au même plan que Matisse. Le jeu de contraste entre le noir et blanc et les formes graphiques sont caractéristiques de l’artiste qui se lance dans la création de motifs textiles dans les années 1910. Le dessin dont je vous parle est lui-même décliné en motifs textiles. Les formes géométriques et graphiques témoignent de l’influence de Paul Cézanne et du cubisme dans la production de Dufy. L’ensemble prime ici sur l’individualité du motif.  
C’est l’aspect graphique de l’œuvre qui me plait beaucoup. Les larges feuilles stylisées débordantes sur le terrain de tennis donnent la sensation de regarder à travers une haie comme si nous étions cachés derrière.  
Le Tennis, Raoul Dufy, vers 1918, dessin, gouache, crayon graphite sur papier vélin, 55 x 48 cm, conservé au musée d’Art Moderne de Paris.  

Texte et voix : Maïa Fiori 
Enregistrement : Kélian Jeannez 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Sun, 09 Jun 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/maia-fiori-le-tennis-raoul-dufy-2024-06-09-l6gV7kSI.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/maia-fiori-le-tennis-raoul-dufy-2024-06-09-l6gV7kSI.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/LvgD-maia-fiori-le-tennis-raoul-dufy</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Valentine Brégeon - Femme à la raquette, Marcelle Cahn</title><description><![CDATA[
    Je m’appelle Valentine et je vais vous parler de raquette, de géométrie et de tennis.
    
L’œuvre que je vais vous décrire est intitulée Femme à la raquette. Elle a été peinte par Marcelle Cahn en 1927.  
Regardez. Une femme représentée en buste vous observe à travers la raquette de tennis qu’elle tient devant son œil droit. Le portrait est constitué de formes géométrisées. Admirez son large cou et sa petite tête ovale avec son nez droit. Sa peau jaune claire contraste avec la raquette marron et bleue. La peintre utilise des couleurs neutres ; beige, marron et gris, qu’elle pose en aplats lisses. Pas un seul coup de pinceau n’est visible.  
Au milieu des années 1920, l’artiste Marcelle Cahn, d’origine strasbourgeoise, vit à Paris. Elle y rencontre le peintre Fernand Léger. Elle se rapproche aussi du purisme, un courant artistique créé par Charles-Édouard Jeanneret, que vous connaissez peut-être sous le nom de Le Corbusier, et Amédée Ozenfant. Mais qu’est-ce que le purisme ? Il consiste à peindre en partant d’une grille. Le peintre et critique d’art Michel Seuphor dit d’ailleurs de Marcelle Cahn qu’elle « regardait la vie à travers une raquette de tennis : cordes tendues horizontales et verticales cerclées d’une courbe ». Les sujets puristes sont souvent des natures mortes d’objets du quotidien, comme les raquettes de tennis peintes par Marcelle Cahn.  
Elle aime représenter les symboles de la modernité : avion, dirigeable, raquette de tennis. Dans les années 1920, le tennis est à la mode. Des joueurs et joueuses français comme René Lacoste et Suzanne Lenglen remportent de nombreuses compétitions. Le tennis disparaît pourtant des Jeux Olympiques à cette époque, avant de faire son retour définitif en 1988 à Séoul.  
Ce qui me touche dans cette œuvre c’est la façon dont le sujet de l’œuvre, la raquette de tennis, devient l’objet à travers lequel l’artiste regarde le monde. C’est comme si Marcelle Cahn avait peint à travers la grille de sa raquette. La peintre devient ici sportive de haut niveau.  
Femme à la raquette, Marcelle Cahn, 1927, huile sur toile, 73 x 53 cm, Mâcon, musée des Ursulines.  

Texte et voix : Valentine Brégeon 
Enregistrement : Margot Page 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Je m’appelle Valentine et je vais vous parler de raquette, de géométrie et de tennis.
    
L’œuvre que je vais vous décrire est intitulée Femme à la raquette. Elle a été peinte par Marcelle Cahn en 1927.  
Regardez. Une femme représentée en buste vous observe à travers la raquette de tennis qu’elle tient devant son œil droit. Le portrait est constitué de formes géométrisées. Admirez son large cou et sa petite tête ovale avec son nez droit. Sa peau jaune claire contraste avec la raquette marron et bleue. La peintre utilise des couleurs neutres ; beige, marron et gris, qu’elle pose en aplats lisses. Pas un seul coup de pinceau n’est visible.  
Au milieu des années 1920, l’artiste Marcelle Cahn, d’origine strasbourgeoise, vit à Paris. Elle y rencontre le peintre Fernand Léger. Elle se rapproche aussi du purisme, un courant artistique créé par Charles-Édouard Jeanneret, que vous connaissez peut-être sous le nom de Le Corbusier, et Amédée Ozenfant. Mais qu’est-ce que le purisme ? Il consiste à peindre en partant d’une grille. Le peintre et critique d’art Michel Seuphor dit d’ailleurs de Marcelle Cahn qu’elle « regardait la vie à travers une raquette de tennis : cordes tendues horizontales et verticales cerclées d’une courbe ». Les sujets puristes sont souvent des natures mortes d’objets du quotidien, comme les raquettes de tennis peintes par Marcelle Cahn.  
Elle aime représenter les symboles de la modernité : avion, dirigeable, raquette de tennis. Dans les années 1920, le tennis est à la mode. Des joueurs et joueuses français comme René Lacoste et Suzanne Lenglen remportent de nombreuses compétitions. Le tennis disparaît pourtant des Jeux Olympiques à cette époque, avant de faire son retour définitif en 1988 à Séoul.  
Ce qui me touche dans cette œuvre c’est la façon dont le sujet de l’œuvre, la raquette de tennis, devient l’objet à travers lequel l’artiste regarde le monde. C’est comme si Marcelle Cahn avait peint à travers la grille de sa raquette. La peintre devient ici sportive de haut niveau.  
Femme à la raquette, Marcelle Cahn, 1927, huile sur toile, 73 x 53 cm, Mâcon, musée des Ursulines.  

Texte et voix : Valentine Brégeon 
Enregistrement : Margot Page 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Sat, 08 Jun 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/valentine-bregeon-femme-a-la-raqu-2024-06-08-uOtWEXPZ.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/valentine-bregeon-femme-a-la-raqu-2024-06-08-uOtWEXPZ.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/KLOG-valentine-bregeon-femme-a-la-raquette-marcelle-cahn</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Marianne Feix - Groupe de trois coureurs, Paul Richer</title><description><![CDATA[
    Je m’appelle Marianne, et je vais vous parler de course à pied, de médecine et de mouvement.
    
Devant moi, un groupe de trois coureurs sculptés est engagé dans une course effrénée et essoufflante dont l’enjeu se lit sur leur visage déterminé. Cette course est celle de trois hommes figés dans le plâtre par Paul Richer à la fin du XIXe siècle. Ils sont à bout de souffle mais heureusement la victoire se profile, prête à être saisie de leurs bras tendus et de leurs corps projetés vers l’avant. Leurs corps d’athlète sont dévoilés par leur nudité et sublimés par le mouvement de la course qu’ils décomposent à eux trois. Chacun incarne un stade différent, je reconnais l’impulsion, la phase de suspension et l’appui.   
Cette description scientifique des corps et cette analyse du mouvement nous la devons au médecin qu’est d’abord Paul Richer, l’art qu’il crée est au service de ses recherches sur l’anatomie. Matière qu’il enseigne d’ailleurs à l’École des Beaux-Arts de Paris. Dans les années 1890, il entreprend un travail sur les exercices physiques dont le groupe de trois coureurs est une traduction plastique. Il cherche à établir un type, une norme morphologique. Pour cela, il compare le corps humain des athlètes qu’il jugeait comme idéal aux corps altérés par la maladie et la vieillesse. 
Cette sévère opposition est à remettre dans le contexte de son époque, surtout qu’aujourd’hui il s’agit plutôt de dépasser cette quête d’un canon idéal.   
Pour étudier l’activité du corps humain en mouvement, Richer s’aide d’une innovation récente : la chronophotographie, un procédé qui décompose les différentes phases du mouvement par des prises photographiques instantanées à intervalle régulier.   
Mais alors, si la photographie se fait déjà l’image de cette mécanique, d’où vient sa volonté de traduire le résultat dans le plâtre ? J’aime penser qu’elle témoigne de l’activité artistique de Richer, il n’y a qu’à voir la maîtrise dont il fait preuve dans l’état de suspension du coureur central. Simplement maintenu par le drapé qui le lie à son concurrent. En mêlant art et science, le groupe offre un bel exemple des relations que les deux disciplines entretiennent. La science sert la justesse de la représentation tandis que l’art la sublime.   
Cette démonstration du mouvement éveille mon âme de coureuse et me renvoie aux recherches que je mène sur la biomécanique en vue d’améliorer mes performances. C’est la science qui consiste à comprendre les causes et les effets d’un mouvement afin de l’adapter et d’en améliorer les résultats. Étude indispensable pour nos athlètes olympiques.   
Groupe de trois coureurs, Paul Richer, fin du XIXe siècle, Plâtre, 51 x 75 x 29 cm, Paris, École Nationale Supérieure des Beaux-Arts.   

Texte et voix : Marianne Feix 
Enregistrement : Margot Page 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Je m’appelle Marianne, et je vais vous parler de course à pied, de médecine et de mouvement.
    
Devant moi, un groupe de trois coureurs sculptés est engagé dans une course effrénée et essoufflante dont l’enjeu se lit sur leur visage déterminé. Cette course est celle de trois hommes figés dans le plâtre par Paul Richer à la fin du XIXe siècle. Ils sont à bout de souffle mais heureusement la victoire se profile, prête à être saisie de leurs bras tendus et de leurs corps projetés vers l’avant. Leurs corps d’athlète sont dévoilés par leur nudité et sublimés par le mouvement de la course qu’ils décomposent à eux trois. Chacun incarne un stade différent, je reconnais l’impulsion, la phase de suspension et l’appui.   
Cette description scientifique des corps et cette analyse du mouvement nous la devons au médecin qu’est d’abord Paul Richer, l’art qu’il crée est au service de ses recherches sur l’anatomie. Matière qu’il enseigne d’ailleurs à l’École des Beaux-Arts de Paris. Dans les années 1890, il entreprend un travail sur les exercices physiques dont le groupe de trois coureurs est une traduction plastique. Il cherche à établir un type, une norme morphologique. Pour cela, il compare le corps humain des athlètes qu’il jugeait comme idéal aux corps altérés par la maladie et la vieillesse. 
Cette sévère opposition est à remettre dans le contexte de son époque, surtout qu’aujourd’hui il s’agit plutôt de dépasser cette quête d’un canon idéal.   
Pour étudier l’activité du corps humain en mouvement, Richer s’aide d’une innovation récente : la chronophotographie, un procédé qui décompose les différentes phases du mouvement par des prises photographiques instantanées à intervalle régulier.   
Mais alors, si la photographie se fait déjà l’image de cette mécanique, d’où vient sa volonté de traduire le résultat dans le plâtre ? J’aime penser qu’elle témoigne de l’activité artistique de Richer, il n’y a qu’à voir la maîtrise dont il fait preuve dans l’état de suspension du coureur central. Simplement maintenu par le drapé qui le lie à son concurrent. En mêlant art et science, le groupe offre un bel exemple des relations que les deux disciplines entretiennent. La science sert la justesse de la représentation tandis que l’art la sublime.   
Cette démonstration du mouvement éveille mon âme de coureuse et me renvoie aux recherches que je mène sur la biomécanique en vue d’améliorer mes performances. C’est la science qui consiste à comprendre les causes et les effets d’un mouvement afin de l’adapter et d’en améliorer les résultats. Étude indispensable pour nos athlètes olympiques.   
Groupe de trois coureurs, Paul Richer, fin du XIXe siècle, Plâtre, 51 x 75 x 29 cm, Paris, École Nationale Supérieure des Beaux-Arts.   

Texte et voix : Marianne Feix 
Enregistrement : Margot Page 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 07 Jun 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/marianne-feix-groupe-de-trois-cou-2024-06-07-MtQbmB69.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/marianne-feix-groupe-de-trois-cou-2024-06-07-MtQbmB69.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/JNZK-marianne-feix-groupe-de-trois-coureurs-paul-richer</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Aubin Maudeux - Le Lanceur de poids, Alexander Calder</title><description><![CDATA[
    Bonjour, moi c’est Aubin. Aujourd’hui, je vais vous parler de sculpture, de lancer de poids et de fil de fer.
    
Notre œuvre s’intitule Le Lanceur de poids, c’est une sculpture d’Alexander Calder datée de 1929. Pour la reproduire, choisissez lors d’une compétition d’athlétisme un lanceur de poids au moment où il s’élance. Saisissez-vous d’un fil de fer, pliez-le, tordez-le, vous obtenez la silhouette de l’athlète : son bras droit est tendu et sa jambe droite lui sert d’appui. Et voilà, vous venez de réaliser Le lanceur de poids d’Alexander Calder.   
La réalisation de cette œuvre débute assez traditionnellement. Alexander Calder se rend au stade Charléty, au sud de Paris, et réalise quelques croquis grâce à un modèle, le jeune lanceur de poids, Paul Poitevin. Et pourtant, cette œuvre constitue une petite révolution à elle seule dans le monde de la sculpture. L’artiste utilise un matériau qui n’a rien à voir avec le marbre, que l’on retrouve souvent en sculpture.  
Alexander Calder a suivi une formation d’ingénieur et lorsqu’en 1923 il se tourne vers la sculpture, il choisit un matériau industriel en lien avec sa profession : le fil de fer, ce qui est inattendu. Notre œuvre illustre parfaitement ce qu’il recherche à faire. Comme Calder s’intéresse au mouvement, le fil de fer lui permet de sculpter de simples silhouettes. Avec ce matériau, il dessine d’un trait la structure et le modelé des corps. L’artiste obtient des œuvres dont la légèreté permet leur suspension, et une fois suspendues, l’air les met en mouvement, ce qui anime le métal. Ses œuvres sont ainsi de vraies sculptures en mouvement.  
Ce qui est amusant, c’est qu’il représente avec légèreté un sport qui consiste à lancer un poids qui pèse entre 4 et 7 kg, environ 4 kg pour les femmes et 7 kg pour les hommes. Cette épreuve, au programme des JO depuis 1896 est ainsi détournée. On est très loin de la sculpture antique et de ses athlètes musclés !   
Finalement, cette simplicité, c’est ce qui me plait le plus dans son travail. Les critiques de son époque réduisent ses sculptures à des « jouets » et je trouve que c’est particulièrement juste. C’est ce qui fait toute la force de son travail, ce traitement léger du sujet comme de la matière.   
Le Lanceur de poids, Alexander Calder, 1929, fil de fer, 82 cm de hauteur sur 73 cm de largeur sur 13,3 cm de profondeur, Centre Pompidou, Musée National d’Art Moderne, Paris. 

Texte et voix : Aubin Maudeux 
Enregistrement : Hugo Passard 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Bonjour, moi c’est Aubin. Aujourd’hui, je vais vous parler de sculpture, de lancer de poids et de fil de fer.
    
Notre œuvre s’intitule Le Lanceur de poids, c’est une sculpture d’Alexander Calder datée de 1929. Pour la reproduire, choisissez lors d’une compétition d’athlétisme un lanceur de poids au moment où il s’élance. Saisissez-vous d’un fil de fer, pliez-le, tordez-le, vous obtenez la silhouette de l’athlète : son bras droit est tendu et sa jambe droite lui sert d’appui. Et voilà, vous venez de réaliser Le lanceur de poids d’Alexander Calder.   
La réalisation de cette œuvre débute assez traditionnellement. Alexander Calder se rend au stade Charléty, au sud de Paris, et réalise quelques croquis grâce à un modèle, le jeune lanceur de poids, Paul Poitevin. Et pourtant, cette œuvre constitue une petite révolution à elle seule dans le monde de la sculpture. L’artiste utilise un matériau qui n’a rien à voir avec le marbre, que l’on retrouve souvent en sculpture.  
Alexander Calder a suivi une formation d’ingénieur et lorsqu’en 1923 il se tourne vers la sculpture, il choisit un matériau industriel en lien avec sa profession : le fil de fer, ce qui est inattendu. Notre œuvre illustre parfaitement ce qu’il recherche à faire. Comme Calder s’intéresse au mouvement, le fil de fer lui permet de sculpter de simples silhouettes. Avec ce matériau, il dessine d’un trait la structure et le modelé des corps. L’artiste obtient des œuvres dont la légèreté permet leur suspension, et une fois suspendues, l’air les met en mouvement, ce qui anime le métal. Ses œuvres sont ainsi de vraies sculptures en mouvement.  
Ce qui est amusant, c’est qu’il représente avec légèreté un sport qui consiste à lancer un poids qui pèse entre 4 et 7 kg, environ 4 kg pour les femmes et 7 kg pour les hommes. Cette épreuve, au programme des JO depuis 1896 est ainsi détournée. On est très loin de la sculpture antique et de ses athlètes musclés !   
Finalement, cette simplicité, c’est ce qui me plait le plus dans son travail. Les critiques de son époque réduisent ses sculptures à des « jouets » et je trouve que c’est particulièrement juste. C’est ce qui fait toute la force de son travail, ce traitement léger du sujet comme de la matière.   
Le Lanceur de poids, Alexander Calder, 1929, fil de fer, 82 cm de hauteur sur 73 cm de largeur sur 13,3 cm de profondeur, Centre Pompidou, Musée National d’Art Moderne, Paris. 

Texte et voix : Aubin Maudeux 
Enregistrement : Hugo Passard 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Thu, 06 Jun 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/aubin-maudeux-le-lanceur-de-poids-2024-06-06-BdkAN11p.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/aubin-maudeux-le-lanceur-de-poids-2024-06-06-BdkAN11p.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/GMZK-aubin-maudeux-le-lanceur-de-poids-alexander-calder</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Charlotte Cauchy Clerc - Georgette Gagneux, Chana Orloff</title><description><![CDATA[
    Bonjour, je m’appelle Charlotte et aujourd’hui nous allons parler d’émancipation féminine, de modernité et de vivacité.
    
L’œuvre que j&#039;ai le plaisir de vous présenter est une stèle rectangulaire blanche réalisée en 1931 par Chana Orloff. C&#039;est la copie en plâtre de la pierre tombale de l’athlète Georgette Gagneux. De format vertical, elle mesure environ 1,20 m de hauteur. Dans un relief de plus en plus profond de la gauche vers la droite, Georgette Gagneux apparaît de profil en pleine course : les bras vers le ciel, les jambes pliées, la tête relevée, la bouche grande ouverte. Le style synthétique, peu modelé, nous mène à regarder l’essentiel : l’action.  
Juive d’origine ukrainienne, Chana Orloff marque son temps. Elle se fait connaître en seulement deux ans dans le Montparnasse des années vingt, lieu d’émulation artistique. Elle fait partie de ce que l’on appelle l’École de Paris : les artistes ayant contribué à faire de Paris une capitale artistique inégalée entre 1900 et 1960. Ses œuvres rencontrent un franc succès lors des salons annuels et à l&#039;occasion d&#039;expositions personnelles notamment à l&#039;international.  
Cette œuvre entre dans ses sujets de prédilection : les femmes modernes. Georgette Gagneux, indépendante professionnellement, est une athlète brillante qui s&#039;illustre en sprint, saut en hauteur et lancer de poids. Elle est six fois championne de France et atteint la quatrième position du 4x100m aux JO de 1928. Elle succombe de la tuberculose à seulement 23 ans. Sur sa stèle funéraire, Chana Orloff la dévoile en action : elle court, la bouche ouverte comme pour crier ou respirer. Elle semble contrainte par le cadre, vouloir en sortir. Pleine de vie, l&#039;œuvre nous donne l&#039;impression qu’elle ne s&#039;arrêtera jamais.  
Chana Orloff aime représenter les femmes de son temps. Indépendante, elle s’impose dans le domaine de la sculpture alors considéré très masculin car dépendant de la force physique. Elle encourage la lecture de ses œuvres par le genre. Ses portraits féminins restituent un caractère vivant aux modèles. Ici, elle choisit de représenter une femme dynamique, exerçant une activité physique. Elle bouscule les codes de la représentation des femmes. C&#039;est une artiste éminemment moderne par son style influencé par l’Art déco, ses choix artistiques, sa façon de représenter les modèles féminins.  
J&#039;aime cette œuvre mais surtout ce qui l&#039;entoure, les vies de l&#039;artiste et de l&#039;athlète sont passionnantes. Chana Orloff semble touchée par le destin tragique de Georgette Gagneux, je suis très sensible à sa façon de lui donner un dernier souffle, un dernier élan avec des traits d’une grande vivacité.  
Georgette Gagneux, Chana Orloff, 1931, plâtre, environ 120 x 60 cm, Paris : Atelier-musée Chana Orloff. 

Texte et voix : Charlotte Cauchy Clerc 
Enregistrement : Kélian Jeannez 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Bonjour, je m’appelle Charlotte et aujourd’hui nous allons parler d’émancipation féminine, de modernité et de vivacité.
    
L’œuvre que j'ai le plaisir de vous présenter est une stèle rectangulaire blanche réalisée en 1931 par Chana Orloff. C'est la copie en plâtre de la pierre tombale de l’athlète Georgette Gagneux. De format vertical, elle mesure environ 1,20 m de hauteur. Dans un relief de plus en plus profond de la gauche vers la droite, Georgette Gagneux apparaît de profil en pleine course : les bras vers le ciel, les jambes pliées, la tête relevée, la bouche grande ouverte. Le style synthétique, peu modelé, nous mène à regarder l’essentiel : l’action.  
Juive d’origine ukrainienne, Chana Orloff marque son temps. Elle se fait connaître en seulement deux ans dans le Montparnasse des années vingt, lieu d’émulation artistique. Elle fait partie de ce que l’on appelle l’École de Paris : les artistes ayant contribué à faire de Paris une capitale artistique inégalée entre 1900 et 1960. Ses œuvres rencontrent un franc succès lors des salons annuels et à l'occasion d'expositions personnelles notamment à l'international.  
Cette œuvre entre dans ses sujets de prédilection : les femmes modernes. Georgette Gagneux, indépendante professionnellement, est une athlète brillante qui s'illustre en sprint, saut en hauteur et lancer de poids. Elle est six fois championne de France et atteint la quatrième position du 4x100m aux JO de 1928. Elle succombe de la tuberculose à seulement 23 ans. Sur sa stèle funéraire, Chana Orloff la dévoile en action : elle court, la bouche ouverte comme pour crier ou respirer. Elle semble contrainte par le cadre, vouloir en sortir. Pleine de vie, l'œuvre nous donne l'impression qu’elle ne s'arrêtera jamais.  
Chana Orloff aime représenter les femmes de son temps. Indépendante, elle s’impose dans le domaine de la sculpture alors considéré très masculin car dépendant de la force physique. Elle encourage la lecture de ses œuvres par le genre. Ses portraits féminins restituent un caractère vivant aux modèles. Ici, elle choisit de représenter une femme dynamique, exerçant une activité physique. Elle bouscule les codes de la représentation des femmes. C'est une artiste éminemment moderne par son style influencé par l’Art déco, ses choix artistiques, sa façon de représenter les modèles féminins.  
J'aime cette œuvre mais surtout ce qui l'entoure, les vies de l'artiste et de l'athlète sont passionnantes. Chana Orloff semble touchée par le destin tragique de Georgette Gagneux, je suis très sensible à sa façon de lui donner un dernier souffle, un dernier élan avec des traits d’une grande vivacité.  
Georgette Gagneux, Chana Orloff, 1931, plâtre, environ 120 x 60 cm, Paris : Atelier-musée Chana Orloff. 

Texte et voix : Charlotte Cauchy Clerc 
Enregistrement : Kélian Jeannez 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Wed, 05 Jun 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/charlotte-cauchy-clerc-georgette-2024-06-05-LYM2NILt.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/charlotte-cauchy-clerc-georgette-2024-06-05-LYM2NILt.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/E0lW-charlotte-cauchy-clerc-georgette-gagneux-chana-orloff</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Apolline Logre - Bol d'or, Raoul Larche</title><description><![CDATA[
    Bonjour à toutes et à tous, je m’appelle Apolline et je vais vous parler de trophée, de bronze et de cyclisme.
    
Aujourd’hui, nous allons parler d’une œuvre réalisée en 1894, un trophée créé par le sculpteur François Raoul Larche et surnommé le Bol d’Or. 
Imaginez, devant vous, une coupe où deux figures sculptées en bronze doré, un homme et une femme se détachent de la coupe en haut-relief. L’homme est une allégorie du sportif idéal, il s’élance, un pied posé sur la roue ailée se dirigeant vers la femme, symbole de la Victoire.  Elle semble lui tendre la main, sur le haut de la coupe, une frise représentant des cyclistes en pleine course révèle la destination du trophée. La panse de la coupe est ornée de motifs végétaux.   
Mais que récompense ce trophée ? Comme son nom l’indique, il récompense le vainqueur de la compétition du Bol d’Or ! C’est une course d’endurance de cyclisme créée en 1894 par Paul Decam, directeur du journal Paris-Pédale. Sa première édition a lieu le 23 juin de la même année au vélodrome Buffalo, à l’ouest de Paris. Le premier vainqueur, le Français Constant Huret, gagne la course en parcourant 756 kilomètres en 24h. Il reçoit le trophée qui donne son nom à la course et est alors décrit dans la presse comme « une magnifique œuvre d’art exécutée spécialement pour le Paris-Pédale par le sculpteur Larche, sortant des ateliers de Siot-Decauville, et d’une valeur de 5000 francs ».  
En 1922, le nom de cette course mythique migre vers le monde du sport mécanique, le Bol d’Or devient en effet une course motocycliste mais elle reprend les mêmes règles, une course d’endurance courue sur 24h. Le sculpteur François-Raoul Larche est actif de la fin du XIXe siècle au début du XXe siècle.   
Après des débuts plutôt classiques, il est surtout connu pour ses œuvres Art nouveau aux lignes fluides et sensuelles. Ce style est sensible ici dans les figures sculptées et avec le vocabulaire végétal utilisé pour le décor du vase. L’histoire de ce trophée n’est pas non plus anodine. En effet, on a longtemps perdu la trace de cet objet, sa soudaine réapparition en vente publique après cent ans de disparition a donc été un évènement. Acquis par le musée national du sport en 2022, il est aujourd’hui une des pièces les plus exceptionnelles du musée.   
Ce que j’aime avec cette œuvre c’est que son sens ne se révèle pas immédiatement, on ne penserait pas qu’elle est un symbole aussi fort dans l’histoire du sport. De plus, comme elle est produite au début du mouvement de l’Art nouveau, un mouvement auquel je suis sensible, elle m’émerveille avec son savoir-faire complexe et sa virtuosité technique.  
Trophée du Bol d’Or, Raoul Larche, 1894, Bronze à double patine brune et or, H. : 0,38 m ; p. : 15 kg, achat par préemption de l’État au titre du Fonds du Patrimoine.  

Texte et voix : Apolline Logre 
Enregistrement : Colin Gruel 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Bonjour à toutes et à tous, je m’appelle Apolline et je vais vous parler de trophée, de bronze et de cyclisme.
    
Aujourd’hui, nous allons parler d’une œuvre réalisée en 1894, un trophée créé par le sculpteur François Raoul Larche et surnommé le Bol d’Or. 
Imaginez, devant vous, une coupe où deux figures sculptées en bronze doré, un homme et une femme se détachent de la coupe en haut-relief. L’homme est une allégorie du sportif idéal, il s’élance, un pied posé sur la roue ailée se dirigeant vers la femme, symbole de la Victoire.  Elle semble lui tendre la main, sur le haut de la coupe, une frise représentant des cyclistes en pleine course révèle la destination du trophée. La panse de la coupe est ornée de motifs végétaux.   
Mais que récompense ce trophée ? Comme son nom l’indique, il récompense le vainqueur de la compétition du Bol d’Or ! C’est une course d’endurance de cyclisme créée en 1894 par Paul Decam, directeur du journal Paris-Pédale. Sa première édition a lieu le 23 juin de la même année au vélodrome Buffalo, à l’ouest de Paris. Le premier vainqueur, le Français Constant Huret, gagne la course en parcourant 756 kilomètres en 24h. Il reçoit le trophée qui donne son nom à la course et est alors décrit dans la presse comme « une magnifique œuvre d’art exécutée spécialement pour le Paris-Pédale par le sculpteur Larche, sortant des ateliers de Siot-Decauville, et d’une valeur de 5000 francs ».  
En 1922, le nom de cette course mythique migre vers le monde du sport mécanique, le Bol d’Or devient en effet une course motocycliste mais elle reprend les mêmes règles, une course d’endurance courue sur 24h. Le sculpteur François-Raoul Larche est actif de la fin du XIXe siècle au début du XXe siècle.   
Après des débuts plutôt classiques, il est surtout connu pour ses œuvres Art nouveau aux lignes fluides et sensuelles. Ce style est sensible ici dans les figures sculptées et avec le vocabulaire végétal utilisé pour le décor du vase. L’histoire de ce trophée n’est pas non plus anodine. En effet, on a longtemps perdu la trace de cet objet, sa soudaine réapparition en vente publique après cent ans de disparition a donc été un évènement. Acquis par le musée national du sport en 2022, il est aujourd’hui une des pièces les plus exceptionnelles du musée.   
Ce que j’aime avec cette œuvre c’est que son sens ne se révèle pas immédiatement, on ne penserait pas qu’elle est un symbole aussi fort dans l’histoire du sport. De plus, comme elle est produite au début du mouvement de l’Art nouveau, un mouvement auquel je suis sensible, elle m’émerveille avec son savoir-faire complexe et sa virtuosité technique.  
Trophée du Bol d’Or, Raoul Larche, 1894, Bronze à double patine brune et or, H. : 0,38 m ; p. : 15 kg, achat par préemption de l’État au titre du Fonds du Patrimoine.  

Texte et voix : Apolline Logre 
Enregistrement : Colin Gruel 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 04 Jun 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/apolline-logre-bol-dor-raoul-la-2024-06-04-vlQgkg0N.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/apolline-logre-bol-dor-raoul-la-2024-06-04-vlQgkg0N.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/DQR6-apolline-logre-bol-dor-raoul-larche</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Anne-Hermine Cuignet - Grand bi, modèle « Le Français n° 1 », Peugeot</title><description><![CDATA[
    Bonjour, je m’appelle Anne-Hermine, et aujourd’hui, je vais vous parler de vélo, de vitesse et d’équilibre.
    
Le musée de l’aventure Peugeot-Sochaux conserve un Grand bi, Modèle « Le Français n°1 », commercialisé pour la première fois en 1888. Le Grand bi c’est un vélo pas comme les autres, il n’a pas de chaine, pas de vitesses, et sa roue avant est beaucoup plus grande que la roue arrière, 1m45 pour le modèle dont on parle. Les pédales sont attachées à la roue avant directement et la selle est en bois. On se demande comment font les cyclistes pour se percher dessus et rester en équilibre. Son histoire est caractérisée par l’innovation technique et la recherche de vitesse.  
La première course où un Grand bi concoure est en 1868. Imaginez-vous la scène, nous sommes à Enghien, en Belgique, au milieu du mois d’août, il fait beau et chaud, la foule se presse pour voir la course de vélocipèdes. À chaque course les fabricants de vélos testent leurs innovations, cela fait une bonne publicité. Soudain, les coureurs s’avancent avec leurs vélos, et l’un d’entre eux détone : son bicycle a une roue avant plus grande que la roue arrière, cela ne s’était jamais vu avant. C’est une innovation technique majeure, car la roue avant parcourt ainsi plus de terrain et le vélo avance plus vite.   
Le Grand bicycle n’est pas une invention française, il vient d’Angleterre. La taille de la roue avant variait entre 1m20 et jusqu’à 2m20. Il pouvait aller jusqu’à 30 km/h. Le Grand bi est inventé pour la vitesse et nous montre combien l’histoire du vélo est intimement liée à celle du sport. Il est le roi des pistes entre 1870 et 1890.  
Vous vous imaginez peut-être que les bourgeois de l’époque faisaient leur balade en Grand bi, mais c’était trop dangereux. C’était un vélo de sportifs. Et les femmes dans tout ça ? Une loi leur interdisait de porter des vêtements d’hommes, et leurs jupes ne leur permettaient pas de se percher sur le Grand bi. Elles utilisaient le tricycle, un vélo à trois roues, plus stable. Avec la bicyclette de sécurité, les femmes ont commencé à porter une sorte de pantalon bouffant court, le bloomer, qui est le premier pantalon féminin de l’histoire de la mode.   
Le Grand bi est dans mon imaginaire le vélo que j’associe à la fin du XIXe siècle, à la Belle-Epoque. J’imagine des hommes en veste et chapeau melon, moustachus, perchés dessus comme des équilibristes.   
Grand bi, modèle « Le Français n°1 », Anonyme, 1888, Musée de l’aventure Peugeot Sochaux.  

Texte et voix : Anne-Hermine Cuignet 
Enregistrement : Hugo Passard 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Bonjour, je m’appelle Anne-Hermine, et aujourd’hui, je vais vous parler de vélo, de vitesse et d’équilibre.
    
Le musée de l’aventure Peugeot-Sochaux conserve un Grand bi, Modèle « Le Français n°1 », commercialisé pour la première fois en 1888. Le Grand bi c’est un vélo pas comme les autres, il n’a pas de chaine, pas de vitesses, et sa roue avant est beaucoup plus grande que la roue arrière, 1m45 pour le modèle dont on parle. Les pédales sont attachées à la roue avant directement et la selle est en bois. On se demande comment font les cyclistes pour se percher dessus et rester en équilibre. Son histoire est caractérisée par l’innovation technique et la recherche de vitesse.  
La première course où un Grand bi concoure est en 1868. Imaginez-vous la scène, nous sommes à Enghien, en Belgique, au milieu du mois d’août, il fait beau et chaud, la foule se presse pour voir la course de vélocipèdes. À chaque course les fabricants de vélos testent leurs innovations, cela fait une bonne publicité. Soudain, les coureurs s’avancent avec leurs vélos, et l’un d’entre eux détone : son bicycle a une roue avant plus grande que la roue arrière, cela ne s’était jamais vu avant. C’est une innovation technique majeure, car la roue avant parcourt ainsi plus de terrain et le vélo avance plus vite.   
Le Grand bicycle n’est pas une invention française, il vient d’Angleterre. La taille de la roue avant variait entre 1m20 et jusqu’à 2m20. Il pouvait aller jusqu’à 30 km/h. Le Grand bi est inventé pour la vitesse et nous montre combien l’histoire du vélo est intimement liée à celle du sport. Il est le roi des pistes entre 1870 et 1890.  
Vous vous imaginez peut-être que les bourgeois de l’époque faisaient leur balade en Grand bi, mais c’était trop dangereux. C’était un vélo de sportifs. Et les femmes dans tout ça ? Une loi leur interdisait de porter des vêtements d’hommes, et leurs jupes ne leur permettaient pas de se percher sur le Grand bi. Elles utilisaient le tricycle, un vélo à trois roues, plus stable. Avec la bicyclette de sécurité, les femmes ont commencé à porter une sorte de pantalon bouffant court, le bloomer, qui est le premier pantalon féminin de l’histoire de la mode.   
Le Grand bi est dans mon imaginaire le vélo que j’associe à la fin du XIXe siècle, à la Belle-Epoque. J’imagine des hommes en veste et chapeau melon, moustachus, perchés dessus comme des équilibristes.   
Grand bi, modèle « Le Français n°1 », Anonyme, 1888, Musée de l’aventure Peugeot Sochaux.  

Texte et voix : Anne-Hermine Cuignet 
Enregistrement : Hugo Passard 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Mon, 03 Jun 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/anne-hermine-cuignet-grand-bi-mo-2024-06-03-PgKzPKyZ.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/anne-hermine-cuignet-grand-bi-mo-2024-06-03-PgKzPKyZ.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/BPgQ-anne-hermine-cuignet-grand-bi-modele-le-francais-n-1-peugeot</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Céline Frachebourg - L'Athlète américain, Auguste Rodin</title><description><![CDATA[
    Je m’appelle Céline, je suis là aujourd’hui pour vous parler de sculpture, de muscle et d’Amérique.
    
Laissez-moi un instant vous raconter l’histoire d’une statue en bronze, réalisée par l’artiste Auguste Rodin, en 1901. Cette statue représente un homme, nu, la musculature très développée. Il est assis sur une pierre, le regard perdu. Vous voyez le Penseur de Rodin ? Relevez-lui légèrement la tête et laissez son bras quitter son menton pour se poser sur sa cuisse et vous trouverez : l’Athlète américain. 
Cet athlète, c’est le gymnaste Samuel Stockton White. En 1901, alors que Auguste Rodin est un artiste reconnu, et très respecté à l’international, White frappe à la porte de son atelier. L’homme est né en Pennsylvanie et se forme à Princeton et à Cambridge.   
En arrivant chez Rodin, il avait gagné, deux ans auparavant, le prix de « l’homme le plus fort et ayant le corps le mieux développé du Royaume-Uni ». Ce modèle vivant plaît beaucoup à Rodin quand il le voit. L’athlète à la musculature rigoureuse se met alors à poser pour le sculpteur. Celui-ci le laisse libre de marcher dans son atelier. Rodin l’observe et il l’invite à prendre la position de son choix. White s’installe immédiatement comme le Penseur. Rodin lui interdit tout de suite. Alors le gymnaste se met dans une position plus détendue, les mains sur les cuisses, le dos courbés, la tête légèrement dans le vide. La manière de travailler de Rodin donne finalement toute la singularité à cette œuvre. A partir de boules d’argile, l’artiste façonne de ses mains la statue, petit à petit, créant les volumes des muscles et du corps de l’athlète.   
Ce corps devait plaire à Rodin. Il faut savoir qu’il était passionné par l’art de l’antiquité. L’artiste collectionnait de nombreuses statues grecques et romaines. Il devait voir dans le corps puissant de Samuel White l’image vivante de l’athlète antique. Les premiers champions d’athlétisme remontent à 776 avant notre ère lors des premiers Jeux Olympiques à Athènes. À l’époque comme aujourd’hui, les épreuves impliquent la course, le saut, le lancer ou encore la marche, voilà de quoi former un corps aux muscles saillants !  
Personnellement en regardant cette œuvre, j’y vois certes un homme au corps puissant mais c’est plutôt une impression de mélancolie ou de tristesse qui s’en dégage. Mais voilà le génie de Rodin ; à travers un modèle antique et massif, c’est finalement quelque chose d’intérieur, de subtil, de méditatif qui transcende l’œuvre.   
L’Athlète américain, Auguste Rodin, 1901, bronze, fonte au sable, H. : 40 cm ; L. : 26 cm ; P. : 23 cm, Paris, Musée Rodin.  

Texte et voix : Céline Frachebourg 
Enregistrement : Colin Gruel 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Je m’appelle Céline, je suis là aujourd’hui pour vous parler de sculpture, de muscle et d’Amérique.
    
Laissez-moi un instant vous raconter l’histoire d’une statue en bronze, réalisée par l’artiste Auguste Rodin, en 1901. Cette statue représente un homme, nu, la musculature très développée. Il est assis sur une pierre, le regard perdu. Vous voyez le Penseur de Rodin ? Relevez-lui légèrement la tête et laissez son bras quitter son menton pour se poser sur sa cuisse et vous trouverez : l’Athlète américain. 
Cet athlète, c’est le gymnaste Samuel Stockton White. En 1901, alors que Auguste Rodin est un artiste reconnu, et très respecté à l’international, White frappe à la porte de son atelier. L’homme est né en Pennsylvanie et se forme à Princeton et à Cambridge.   
En arrivant chez Rodin, il avait gagné, deux ans auparavant, le prix de « l’homme le plus fort et ayant le corps le mieux développé du Royaume-Uni ». Ce modèle vivant plaît beaucoup à Rodin quand il le voit. L’athlète à la musculature rigoureuse se met alors à poser pour le sculpteur. Celui-ci le laisse libre de marcher dans son atelier. Rodin l’observe et il l’invite à prendre la position de son choix. White s’installe immédiatement comme le Penseur. Rodin lui interdit tout de suite. Alors le gymnaste se met dans une position plus détendue, les mains sur les cuisses, le dos courbés, la tête légèrement dans le vide. La manière de travailler de Rodin donne finalement toute la singularité à cette œuvre. A partir de boules d’argile, l’artiste façonne de ses mains la statue, petit à petit, créant les volumes des muscles et du corps de l’athlète.   
Ce corps devait plaire à Rodin. Il faut savoir qu’il était passionné par l’art de l’antiquité. L’artiste collectionnait de nombreuses statues grecques et romaines. Il devait voir dans le corps puissant de Samuel White l’image vivante de l’athlète antique. Les premiers champions d’athlétisme remontent à 776 avant notre ère lors des premiers Jeux Olympiques à Athènes. À l’époque comme aujourd’hui, les épreuves impliquent la course, le saut, le lancer ou encore la marche, voilà de quoi former un corps aux muscles saillants !  
Personnellement en regardant cette œuvre, j’y vois certes un homme au corps puissant mais c’est plutôt une impression de mélancolie ou de tristesse qui s’en dégage. Mais voilà le génie de Rodin ; à travers un modèle antique et massif, c’est finalement quelque chose d’intérieur, de subtil, de méditatif qui transcende l’œuvre.   
L’Athlète américain, Auguste Rodin, 1901, bronze, fonte au sable, H. : 40 cm ; L. : 26 cm ; P. : 23 cm, Paris, Musée Rodin.  

Texte et voix : Céline Frachebourg 
Enregistrement : Colin Gruel 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Sun, 02 Jun 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/celine-frachebourg-lathlete-amer-2024-06-02-1ej8wICs.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/celine-frachebourg-lathlete-amer-2024-06-02-1ej8wICs.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/AMn9-celine-frachebourg-lathlete-americain-auguste-rodin</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Lijuat Barbe-Rousseau-Descloux - Périssoires, Gustave Caillebotte</title><description><![CDATA[
    Bonjour, je m’appelle Lijuat, et je vais vous parler de canotage, de rameurs et d’impressionnisme.
    
Il était une fois un tableau intitulé Périssoires peint en 1878 par Gustave Caillebotte. Ce tableau nous raconte l’histoire de deux rameurs, de dos, qui pagaient tranquillement sur une rivière, sans doute en été. Le feuillage dense des arbres inclinés dissimule le ciel tandis que l’eau reflète la lumière. Intégrez ce tableau de format portrait à bord d’une autre périssoire, ressentez la brise qui frôle vos joues et appréciez le doux clapotis de la rivière.   
Le terme “périssoire” vous est peut-être inconnu. Forgé à partir du verbe “périr”, ce mot désigne un canot singulier, long, étroit, qui peut facilement chavirer. Voyez maintenant ces canotiers vêtus d’un costume de marins et accompagnés de pagaies que Gustave Caillebotte représente abondamment vers 1870. Imaginez alors un curieux équilibre entre l’exaltation de l’effort physique des rameurs et la finesse des périssoires semblant glisser sur l’eau avec grâce et précision.   
Grâce au traitement impressionniste de la scène, Caillebotte traduit son instantanéité : il parvient à vous plonger en immersion dans le tableau et explore la réflexion de la lumière sur l’eau. Au premier plan, les reflets se traduisent par des coups de pinceaux blancs et gris sur l’eau d’un camaïeu vert.  
Je peux aussi vous parler du japonisme : c’est l’influence de la civilisation et de l’art japonais sur les artistes occidentaux, entre 1860 et 1890, grâce à des accords commerciaux qui voient l&#039;Europe inondée d&#039;estampes japonaises. Notre tableau fait partie d’un ensemble de trois panneaux verticaux, rappelant les ukiyo-e, estampes japonaises à trois feuilles. Nous retrouvons aussi l’influence du japonisme dans le traitement des arbres inclinés au-dessus des canotiers, apportant une certaine planéité à l&#039;œuvre tandis que le cadrage audacieux coupe le canot au premier plan et le fait ainsi sortir de la composition.   
Le format vertical accompagne effectivement le mouvement des périssoires, imitant la rapidité et la précision de ce sport en vogue depuis 1870 ! Mariant dandysme et effort physique, le canotage est une respiration hebdomadaire pour le citadin aisé qui veut compenser ce que la ville peut avoir de débilitant. Avec sa double pagaie, cette pratique sportive qui n’existe plus n’est pas sans rappeler le canoë-kayak, loisir très répandu que l’on retrouve aux épreuves sportives de sprint et de slalom aux Jeux Olympiques !  
Le plus précieux à mon sens est l’impression d’entrer dans la scène et de l’expérimenter via les sens, de sentir le vent caresser les feuillages et d’entendre le clapotis de la rivière.  
Périssoires, Gustave Caillebotte, 1878, Huile sur toile, 115,5 x 108,5 cm, musée des Beaux-Arts de Rennes. 

Texte et voix : Lijuat Barbe-Rousseau-Descloux 
Enregistrement : Kélian Jeannez 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Bonjour, je m’appelle Lijuat, et je vais vous parler de canotage, de rameurs et d’impressionnisme.
    
Il était une fois un tableau intitulé Périssoires peint en 1878 par Gustave Caillebotte. Ce tableau nous raconte l’histoire de deux rameurs, de dos, qui pagaient tranquillement sur une rivière, sans doute en été. Le feuillage dense des arbres inclinés dissimule le ciel tandis que l’eau reflète la lumière. Intégrez ce tableau de format portrait à bord d’une autre périssoire, ressentez la brise qui frôle vos joues et appréciez le doux clapotis de la rivière.   
Le terme “périssoire” vous est peut-être inconnu. Forgé à partir du verbe “périr”, ce mot désigne un canot singulier, long, étroit, qui peut facilement chavirer. Voyez maintenant ces canotiers vêtus d’un costume de marins et accompagnés de pagaies que Gustave Caillebotte représente abondamment vers 1870. Imaginez alors un curieux équilibre entre l’exaltation de l’effort physique des rameurs et la finesse des périssoires semblant glisser sur l’eau avec grâce et précision.   
Grâce au traitement impressionniste de la scène, Caillebotte traduit son instantanéité : il parvient à vous plonger en immersion dans le tableau et explore la réflexion de la lumière sur l’eau. Au premier plan, les reflets se traduisent par des coups de pinceaux blancs et gris sur l’eau d’un camaïeu vert.  
Je peux aussi vous parler du japonisme : c’est l’influence de la civilisation et de l’art japonais sur les artistes occidentaux, entre 1860 et 1890, grâce à des accords commerciaux qui voient l'Europe inondée d'estampes japonaises. Notre tableau fait partie d’un ensemble de trois panneaux verticaux, rappelant les ukiyo-e, estampes japonaises à trois feuilles. Nous retrouvons aussi l’influence du japonisme dans le traitement des arbres inclinés au-dessus des canotiers, apportant une certaine planéité à l'œuvre tandis que le cadrage audacieux coupe le canot au premier plan et le fait ainsi sortir de la composition.   
Le format vertical accompagne effectivement le mouvement des périssoires, imitant la rapidité et la précision de ce sport en vogue depuis 1870 ! Mariant dandysme et effort physique, le canotage est une respiration hebdomadaire pour le citadin aisé qui veut compenser ce que la ville peut avoir de débilitant. Avec sa double pagaie, cette pratique sportive qui n’existe plus n’est pas sans rappeler le canoë-kayak, loisir très répandu que l’on retrouve aux épreuves sportives de sprint et de slalom aux Jeux Olympiques !  
Le plus précieux à mon sens est l’impression d’entrer dans la scène et de l’expérimenter via les sens, de sentir le vent caresser les feuillages et d’entendre le clapotis de la rivière.  
Périssoires, Gustave Caillebotte, 1878, Huile sur toile, 115,5 x 108,5 cm, musée des Beaux-Arts de Rennes. 

Texte et voix : Lijuat Barbe-Rousseau-Descloux 
Enregistrement : Kélian Jeannez 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Sat, 01 Jun 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lijuat-barbe-rousseau-descloux-pe-2024-06-01-Gmi50Fon.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lijuat-barbe-rousseau-descloux-pe-2024-06-01-Gmi50Fon.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/z7mq-lijuat-barbe-rousseau-descloux-perissoires-gustave-caillebotte</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Karima Arhab - Le Tennis, Charles Lapicque</title><description><![CDATA[
    Je m’appelle Karima et je vais vous parler de geste tennistique, d’espace et de couleur.
    
Vous êtes dans les gradins d’un court de tennis et vous assistez à un match : c’est le point de vue adopté par le peintre et graveur Charles Lapicque dans sa toile intitulée Le Tennis, peinte en 1965. Vous voyez deux grandes figures : celle de gauche sert en pleine extension et l’autre vient d’effectuer un revers. Deux figures plus petites en bas de la composition donnent l’impression de s’échauffer. Chaque joueur a une balle devant lui. L’un joue en coup droit et l’autre en revers. Au milieu se trouve un joueur au filet. Les spectateurs sont autour du terrain dans les gradins.   
Charles Lapicque joue au tennis régulièrement et a eu la volonté de créer une série sur le thème du tennis. Dans cette toile, il cherche à représenter les différents coups de ce sport.  
Ainsi vous pouvez imaginer les personnages réaliser les plus beaux gestes du tennis qui sont accentués par le dédoublement des figures.   
L’espace est compartimenté, ce qui donne une impression de foisonnement et chaque personnage occupe une place particulière dans la composition. Tous les protagonistes sont là : joueurs, spectateurs et arbitres. Plongez dans l’ambiance de cette partie de tennis et entendez l’arbitre dire “faute”.   
La couleur est au service du mouvement. La palette utilisée par l’artiste est variée. Couleurs chaudes et couleurs froides s’opposent. Ainsi les couleurs accentuent cette gestuelle. La combinaison des couleurs et leur utilisation donne le sentiment d’une composition musicale comme un chef d’orchestre qui donne le ton avec ses mouvements amples. La couleur orange peut nous faire penser à la terre battue.   
Le tennis étant un de mes sports préférés, cette toile me touche particulièrement. J’adore les couleurs utilisées et ce dynamisme qui se dégage. Je m’y croirai presque. L’écrin choisi pour l’épreuve de tennis est Roland-Garros. Qui succèdera à Belinda Bencic et Alexander Zverev ? Réponse le jour des finales aux Jeux Olympiques !   
Le Tennis, Charles Lapicque, 1965, huile sur toile, 90 x 117 cm, Troyes, Musée d’Art moderne.   

Texte et voix : Karima Arhab 
Enregistrement : Hugo Passard 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Je m’appelle Karima et je vais vous parler de geste tennistique, d’espace et de couleur.
    
Vous êtes dans les gradins d’un court de tennis et vous assistez à un match : c’est le point de vue adopté par le peintre et graveur Charles Lapicque dans sa toile intitulée Le Tennis, peinte en 1965. Vous voyez deux grandes figures : celle de gauche sert en pleine extension et l’autre vient d’effectuer un revers. Deux figures plus petites en bas de la composition donnent l’impression de s’échauffer. Chaque joueur a une balle devant lui. L’un joue en coup droit et l’autre en revers. Au milieu se trouve un joueur au filet. Les spectateurs sont autour du terrain dans les gradins.   
Charles Lapicque joue au tennis régulièrement et a eu la volonté de créer une série sur le thème du tennis. Dans cette toile, il cherche à représenter les différents coups de ce sport.  
Ainsi vous pouvez imaginer les personnages réaliser les plus beaux gestes du tennis qui sont accentués par le dédoublement des figures.   
L’espace est compartimenté, ce qui donne une impression de foisonnement et chaque personnage occupe une place particulière dans la composition. Tous les protagonistes sont là : joueurs, spectateurs et arbitres. Plongez dans l’ambiance de cette partie de tennis et entendez l’arbitre dire “faute”.   
La couleur est au service du mouvement. La palette utilisée par l’artiste est variée. Couleurs chaudes et couleurs froides s’opposent. Ainsi les couleurs accentuent cette gestuelle. La combinaison des couleurs et leur utilisation donne le sentiment d’une composition musicale comme un chef d’orchestre qui donne le ton avec ses mouvements amples. La couleur orange peut nous faire penser à la terre battue.   
Le tennis étant un de mes sports préférés, cette toile me touche particulièrement. J’adore les couleurs utilisées et ce dynamisme qui se dégage. Je m’y croirai presque. L’écrin choisi pour l’épreuve de tennis est Roland-Garros. Qui succèdera à Belinda Bencic et Alexander Zverev ? Réponse le jour des finales aux Jeux Olympiques !   
Le Tennis, Charles Lapicque, 1965, huile sur toile, 90 x 117 cm, Troyes, Musée d’Art moderne.   

Texte et voix : Karima Arhab 
Enregistrement : Hugo Passard 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 31 May 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/karima-arhab-le-tennis-charles-l-2024-05-31-uDa8waz9.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/karima-arhab-le-tennis-charles-l-2024-05-31-uDa8waz9.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/y986-karima-arhab-le-tennis-charles-lapicque</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Alexia Barras - Planche de l'Escrime, Encyclopédie, Denis Diderot &amp; Jean Le Rond d'Alembert</title><description><![CDATA[
    Bonjour, je m’appelle Alexia et aujourd’hui je vais vous parler d’Encyclopédie, d’élégance, et d’escrime.
    
L’œuvre que j’ai choisi pour vous parler de ces termes est une page de cinq estampes, donc cinq images obtenues à partir d’une gravure qui représentent un homme en culotte courte qui porte un gilet, un manteau et qui tient d’une main son chapeau – un tricorne, et de l’autre son épée – une rapière. 
Ces cinq images sont les cinq étapes successives d’un salut d’escrime. Elles sont accompagnées d’un texte extrêmement précis qui vous explique comment passer votre pied droit derrière votre pied gauche, à quel moment retirer votre chapeau et quelle distance maintenir avec votre adversaire.   
Cette page d’estampe est tirée du dictionnaire raisonné des sciences des arts et des métiers de Denis Diderot et Jean Le Rond d’Alembert, produit à la fin du XVIIIe siècle, c’est le symbole des Lumières - une compilation absolument titanesque des savoirs de l’époque mis à la portée de tous. Alors, à la portée de tous, c’est rapidement dit, puisque la première édition coûtait 980 livres, l’équivalent aujourd’hui d’à peu près 11 000 euros. Le savoir coûtait cher, et surtout l’imprimerie, puisqu’au XVIIIe siècle on utilisait encore la presse typographique mise au point par Johannes Gutenberg.  
Chaque lettre est un module, une sorte de petit tampon que l’on place les uns à côté des autres pour former les mots et ainsi constituer sa page. On les encrait puis on pressait une feuille dessus, c’est un processus qui demande énormément de temps et de force physique.   
Mais revenons au sujet de ces estampes : l’escrime ou l&#039;art de toucher son adversaire avec une lame. C’est au XVIe siècle qu’avec les progrès de l’artillerie, l’art de la guerre change, et que l’escrime, telle qu’on la connaît, commence à se développer dans le milieu de la cour. L’escrime fait partie des disciplines Olympiques depuis les premiers Jeux modernes en 1896. Mais saviez-vous que ce n’est qu’en 1914 que la fédération internationale réussit à mettre en place des règles qui soient acceptées par tous les participants ? D’ailleurs, les Français ont boycotté les épreuves d’escrime au JO de 1912 parce qu’ils n’étaient pas d’accord avec le règlement mis en place.  
Si j’ai choisi de vous présenter cette œuvre, c’est parce que les estampes montrent tout de suite que l’escrime est une discipline historique. Elle est régie par des codes hérités d’un idéal de vertus et de valeurs qu’on associe au chevalier et qui peuvent nous sembler un peu obsolètes aujourd’hui. Surtout que les femmes ont toujours eu une place dans l’escrime et ce depuis l’Antiquité avec les gladiatrices ou encore au XVIIe siècle avec des figures comme Mademoiselle de Maupin qui était actrice et duelliste.   
Planche de l&#039;Escrime, L&#039;Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers sous la direction de Diderot et d&#039;Alembert, tome 4, 1762, Médiathèque du patrimoine et de la photographie à Charenton-le-Pont  

Texte et voix : Alexia Barras 
Enregistrement : Philipp Fischer 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Bonjour, je m’appelle Alexia et aujourd’hui je vais vous parler d’Encyclopédie, d’élégance, et d’escrime.
    
L’œuvre que j’ai choisi pour vous parler de ces termes est une page de cinq estampes, donc cinq images obtenues à partir d’une gravure qui représentent un homme en culotte courte qui porte un gilet, un manteau et qui tient d’une main son chapeau – un tricorne, et de l’autre son épée – une rapière. 
Ces cinq images sont les cinq étapes successives d’un salut d’escrime. Elles sont accompagnées d’un texte extrêmement précis qui vous explique comment passer votre pied droit derrière votre pied gauche, à quel moment retirer votre chapeau et quelle distance maintenir avec votre adversaire.   
Cette page d’estampe est tirée du dictionnaire raisonné des sciences des arts et des métiers de Denis Diderot et Jean Le Rond d’Alembert, produit à la fin du XVIIIe siècle, c’est le symbole des Lumières - une compilation absolument titanesque des savoirs de l’époque mis à la portée de tous. Alors, à la portée de tous, c’est rapidement dit, puisque la première édition coûtait 980 livres, l’équivalent aujourd’hui d’à peu près 11 000 euros. Le savoir coûtait cher, et surtout l’imprimerie, puisqu’au XVIIIe siècle on utilisait encore la presse typographique mise au point par Johannes Gutenberg.  
Chaque lettre est un module, une sorte de petit tampon que l’on place les uns à côté des autres pour former les mots et ainsi constituer sa page. On les encrait puis on pressait une feuille dessus, c’est un processus qui demande énormément de temps et de force physique.   
Mais revenons au sujet de ces estampes : l’escrime ou l'art de toucher son adversaire avec une lame. C’est au XVIe siècle qu’avec les progrès de l’artillerie, l’art de la guerre change, et que l’escrime, telle qu’on la connaît, commence à se développer dans le milieu de la cour. L’escrime fait partie des disciplines Olympiques depuis les premiers Jeux modernes en 1896. Mais saviez-vous que ce n’est qu’en 1914 que la fédération internationale réussit à mettre en place des règles qui soient acceptées par tous les participants ? D’ailleurs, les Français ont boycotté les épreuves d’escrime au JO de 1912 parce qu’ils n’étaient pas d’accord avec le règlement mis en place.  
Si j’ai choisi de vous présenter cette œuvre, c’est parce que les estampes montrent tout de suite que l’escrime est une discipline historique. Elle est régie par des codes hérités d’un idéal de vertus et de valeurs qu’on associe au chevalier et qui peuvent nous sembler un peu obsolètes aujourd’hui. Surtout que les femmes ont toujours eu une place dans l’escrime et ce depuis l’Antiquité avec les gladiatrices ou encore au XVIIe siècle avec des figures comme Mademoiselle de Maupin qui était actrice et duelliste.   
Planche de l'Escrime, L'Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers sous la direction de Diderot et d'Alembert, tome 4, 1762, Médiathèque du patrimoine et de la photographie à Charenton-le-Pont  

Texte et voix : Alexia Barras 
Enregistrement : Philipp Fischer 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Thu, 30 May 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/alexia-barras-planche-de-lescrim-2024-05-30-TYbSEFRh.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/alexia-barras-planche-de-lescrim-2024-05-30-TYbSEFRh.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/rm02-alexia-barras-planche-de-lescrime-encyclopedie-denis-diderot-jean-le-rond-dalembert</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Emilie Jacquot - Lutteurs de Sumô, Katsukawa Shun'ei</title><description><![CDATA[
    Je m’appelle Emilie, et je vais vous parler de Sumô, de rituels et de produits dérivés.
    
Au Japon, au XVIIIe siècle, dans un sanctuaire shinto, deux lutteurs de Sumô s’apprêtent à combattre. Vêtus de leur cache-sexe traditionnel, ils se dirigent vers le dohyo, zone de combat circulaire délimitée par des cylindres en paille de riz.   
A vos marques, prêts… Ah non, attendez ! Vous grillez des étapes.   
Ce sport puise son origine dans un rituel shinto. On se bat pour attirer les faveurs des dieux sur les récoltes. Pour cela, les lutteurs jettent des poignées de sel dans la salle afin de la purifier puis tapent des pieds pour éloigner les mauvais esprits. Maintenant, le combat peut commencer.   
Le but ? Projeter l’adversaire hors de l’arène ou le faire tomber sur le dos en moins de deux minutes. Les lutteurs s’enlacent, s’entrechoquent. La tension monte, le public retient sa respiration.   
C’est ce moment que choisit de capturer l’artiste, un graveur. Il isole les lutteurs sur un fond neutre, concentrant notre attention sur le rapport de force entre leurs deux corps. Deux masses que la page de format nishike-e soit environ une feuille A4 peine à contenir. Les traits d’encre sont vifs, sinueux, montrant une musculature décuplée par l’effort.   
Depuis quand existe-t-il des combats de Sumô ? Sous leur forme rituelle, ils trouvent leurs origines avant le VIIIe siècle. Mais c’est environ mille ans plus tard, au XVIIIe siècle qu’ils prennent la forme que nous connaissons aujourd’hui. Les lutteurs deviennent des sportifs professionnels, sponsorisés par des daymos, des chefs locaux. Ils combattent lors de tournois selon leur classement : dans la matinée pour les moins forts et en fin de journée pour les prétendants au titre de meilleur lutteur.  Le spectacle est extrêmement populaire. Le public, exclusivement masculin, se déplace en masse pour soutenir son lutteur préféré et déguster du saké.  
Ce que je trouve passionnant avec cette gravure, c’est la raison même de son existence ! Au XVIIIe siècle, l’engouement pour les combats de Sumô est tel que les graveurs spécialisés dans les affiches de théâtre se mettent à produire des portraits de lutteurs célèbres. Ces productions bon marché, nommées sumotori, se vendent en souvenir d’affrontements mémorables ou pour soutenir un athlète particulièrement apprécié. Ce sont un peu les ancêtres des cartes panini !  
Lutteurs de Sumô : le lutteur Jinmaku Shimanosuku et le lutteur Kashiwado Kan&#039;dayû, Katsukawa Shun&#039;ei, Japon, XVIIIe siècle, estampe ukiyo-e au formatnishike-e (soit 38 x 24 cm), conservée au Musée Guimet à Paris.  

Texte et voix : Emilie Jacquot 
Enregistrement : Margot Page 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Je m’appelle Emilie, et je vais vous parler de Sumô, de rituels et de produits dérivés.
    
Au Japon, au XVIIIe siècle, dans un sanctuaire shinto, deux lutteurs de Sumô s’apprêtent à combattre. Vêtus de leur cache-sexe traditionnel, ils se dirigent vers le dohyo, zone de combat circulaire délimitée par des cylindres en paille de riz.   
A vos marques, prêts… Ah non, attendez ! Vous grillez des étapes.   
Ce sport puise son origine dans un rituel shinto. On se bat pour attirer les faveurs des dieux sur les récoltes. Pour cela, les lutteurs jettent des poignées de sel dans la salle afin de la purifier puis tapent des pieds pour éloigner les mauvais esprits. Maintenant, le combat peut commencer.   
Le but ? Projeter l’adversaire hors de l’arène ou le faire tomber sur le dos en moins de deux minutes. Les lutteurs s’enlacent, s’entrechoquent. La tension monte, le public retient sa respiration.   
C’est ce moment que choisit de capturer l’artiste, un graveur. Il isole les lutteurs sur un fond neutre, concentrant notre attention sur le rapport de force entre leurs deux corps. Deux masses que la page de format nishike-e soit environ une feuille A4 peine à contenir. Les traits d’encre sont vifs, sinueux, montrant une musculature décuplée par l’effort.   
Depuis quand existe-t-il des combats de Sumô ? Sous leur forme rituelle, ils trouvent leurs origines avant le VIIIe siècle. Mais c’est environ mille ans plus tard, au XVIIIe siècle qu’ils prennent la forme que nous connaissons aujourd’hui. Les lutteurs deviennent des sportifs professionnels, sponsorisés par des daymos, des chefs locaux. Ils combattent lors de tournois selon leur classement : dans la matinée pour les moins forts et en fin de journée pour les prétendants au titre de meilleur lutteur.  Le spectacle est extrêmement populaire. Le public, exclusivement masculin, se déplace en masse pour soutenir son lutteur préféré et déguster du saké.  
Ce que je trouve passionnant avec cette gravure, c’est la raison même de son existence ! Au XVIIIe siècle, l’engouement pour les combats de Sumô est tel que les graveurs spécialisés dans les affiches de théâtre se mettent à produire des portraits de lutteurs célèbres. Ces productions bon marché, nommées sumotori, se vendent en souvenir d’affrontements mémorables ou pour soutenir un athlète particulièrement apprécié. Ce sont un peu les ancêtres des cartes panini !  
Lutteurs de Sumô : le lutteur Jinmaku Shimanosuku et le lutteur Kashiwado Kan'dayû, Katsukawa Shun'ei, Japon, XVIIIe siècle, estampe ukiyo-e au formatnishike-e (soit 38 x 24 cm), conservée au Musée Guimet à Paris.  

Texte et voix : Emilie Jacquot 
Enregistrement : Margot Page 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Wed, 29 May 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/emilie-jacquot-lutteurs-de-sumo-2024-05-29-4prZF7Wu.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/emilie-jacquot-lutteurs-de-sumo-2024-05-29-4prZF7Wu.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/qlj7-emilie-jacquot-lutteurs-de-sumo-katsukawa-shunei</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Lison Blazy - Le tir à l'arc, tapisserie d'après le carton de David Teniers</title><description><![CDATA[
    Je m’appelle Lison, et je vais vous parler de tapisserie, de loisir aristocratique et de tir à l’arc.
    
C’est une tapisserie de trois mètres sur cinq, faite d’après une œuvre du peintre flamand David Teniers. Cette tapisserie créée au début du XVIIIe siècle représente un groupe de cinq hommes s&#039;entraînant au tir à l’arc dans la clairière d’une forêt. Au premier plan, les arbres et la végétation encadrent la scène, quatre oiseaux aux plumages colorés, rouges et bleus, semblent s’être posés pour observer les tireurs. L’un des cinq hommes, bande son arc pour tirer sous le regard attentif de ses camarades. Toute à gauche de la composition, on aperçoit la cible en forme de croix, placée contre un rocher. Deux flèches seulement sont parvenues à l’atteindre. À l’arrière-plan, un sentier les ramène vers un château, et plus loin encore se devine les maisonnettes d’un village.   
Avant de faire une tapisserie, on fait une ébauche en peinture qu’on appelle carton de tapisserie. C’est une peinture de la même échelle que sera la tapisserie et qui sert de modèle aux lissiers. Ces cartons de tapisserie sont souvent commandés à de grands artistes comme David Teniers le Jeune, un peintre du XVIIe siècle. Il était à l’époque particulièrement connu pour ses œuvres illustrant la vie contemporaine et notamment celle sur le tir à l’arc.   
Si à l’origine, le tir est nécessaire à la chasse et à la guerre, dès le Moyen Âge il devient un véritable divertissement pratiqué par la noblesse. C’est ce que représente ici Teniers, un loisir qui réunit ces cinq hommes. La noblesse fait rarement la guerre, alors symboliquement elle continue de chasser des animaux.   
Je trouve cette tapisserie saisissante, ses dimensions et sa perspective nous aident à rentrer dans l’œuvre comme si on assistait à la scène. Elle retrace aussi un moment de détente durant lequel se regroupe des associés, des amis pour s’amuser et s’entraîner.   
Le tir à l&#039;arc, tissage de laine et de soie, début du XVIIIe siècle, Flandres, d’après le carton de David Teniers, peint au XVIIe siècle, plus de 2m90 de hauteur pour 5m de large, conservé au Musée des Beaux-Arts d’Angers.   

Texte et voix : Lison Blazy 
Enregistrement : Sibylle Buloup 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Je m’appelle Lison, et je vais vous parler de tapisserie, de loisir aristocratique et de tir à l’arc.
    
C’est une tapisserie de trois mètres sur cinq, faite d’après une œuvre du peintre flamand David Teniers. Cette tapisserie créée au début du XVIIIe siècle représente un groupe de cinq hommes s'entraînant au tir à l’arc dans la clairière d’une forêt. Au premier plan, les arbres et la végétation encadrent la scène, quatre oiseaux aux plumages colorés, rouges et bleus, semblent s’être posés pour observer les tireurs. L’un des cinq hommes, bande son arc pour tirer sous le regard attentif de ses camarades. Toute à gauche de la composition, on aperçoit la cible en forme de croix, placée contre un rocher. Deux flèches seulement sont parvenues à l’atteindre. À l’arrière-plan, un sentier les ramène vers un château, et plus loin encore se devine les maisonnettes d’un village.   
Avant de faire une tapisserie, on fait une ébauche en peinture qu’on appelle carton de tapisserie. C’est une peinture de la même échelle que sera la tapisserie et qui sert de modèle aux lissiers. Ces cartons de tapisserie sont souvent commandés à de grands artistes comme David Teniers le Jeune, un peintre du XVIIe siècle. Il était à l’époque particulièrement connu pour ses œuvres illustrant la vie contemporaine et notamment celle sur le tir à l’arc.   
Si à l’origine, le tir est nécessaire à la chasse et à la guerre, dès le Moyen Âge il devient un véritable divertissement pratiqué par la noblesse. C’est ce que représente ici Teniers, un loisir qui réunit ces cinq hommes. La noblesse fait rarement la guerre, alors symboliquement elle continue de chasser des animaux.   
Je trouve cette tapisserie saisissante, ses dimensions et sa perspective nous aident à rentrer dans l’œuvre comme si on assistait à la scène. Elle retrace aussi un moment de détente durant lequel se regroupe des associés, des amis pour s’amuser et s’entraîner.   
Le tir à l'arc, tissage de laine et de soie, début du XVIIIe siècle, Flandres, d’après le carton de David Teniers, peint au XVIIe siècle, plus de 2m90 de hauteur pour 5m de large, conservé au Musée des Beaux-Arts d’Angers.   

Texte et voix : Lison Blazy 
Enregistrement : Sibylle Buloup 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 28 May 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lison-blazy-le-tir-a-larc-tapis-2024-05-28-ivN5C5aR.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lison-blazy-le-tir-a-larc-tapis-2024-05-28-ivN5C5aR.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/pkgQ-lison-blazy-le-tir-a-larc-tapisserie-dapres-le-carton-de-david-teniers</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Justine Tazé - Corset de sport</title><description><![CDATA[
    Bonjour, je m’appelle Justine et je vais vous parler de taille fine, de baleine et d’élégance.
    
L’objet que je vais vous décrire est un corset de sport qui date de la fin du XIXème siècle, plus précisément de 1875. Il est mannequiné, c’est-à-dire qu’il est fièrement présenté sur un buste, ou c’est plutôt le corset qui maintient à la taille ce mannequin de toile. Ce corset, aux larges bretelles, est lui-même en toile de coton bleue glacée lui conférant un aspect brillant. Pour plus de détails, un busc frontal, c’est-à-dire une lame de métal, de bois ou d’ivoire laisse apparaître 6 fanons de baleines effectuant le tour de taille. Dans le dos, un laçage permet sa fermeture.  
Si je vous plonge dans le monde de la couture avec ce vocabulaire, c’est avant tout pour vous permettre de bien visualiser et comprendre le fonctionnement complexe de ce corset. C’est une réelle mécanique du dessous ! Il structure le corps et le façonne.  
Mais comment ? Grâce à ce que j’ai nommé tout à l’heure baleine et busc, ce sont les artifices qui confèrent à cette silhouette une taille si fine ! Mais alors, pourquoi dit-on des baleines ? Ce terme provient originellement de véritables fanons, c’est-à-dire ce qui se trouve dans la mâchoire des baleines. Ces sortes de grandes tiges rigides étaient prélevées et assuraient cette rigidité au corset. C’est pour cela que nous appelons aujourd’hui les baleines des soutien-gorge comme telles.   
Et le sport dans tout cela ? Pourquoi autant se contraindre alors que la pratique du sport nécessite une liberté de mouvement ?   
Au XIXe siècle et durant la IIIe République en France, on resserre, on étrangle, on déforme le corps naturel. Cette silhouette, donc artificielle, est le témoin de l’élégance féminine. C’est le garant de la bonne conduite, de la bonne éducation. Toutefois, diverses opinions émergent à son égard. C’est en effet la période où l’activité physique de plein air est de plus en plus recommandée. Mais ce diktat de la taille fine reste assurément implanté car l’élégance prime sur la performance physique. Les femmes pratiquent le sport certes, mais toujours avec ces artifices.   
Ce qui me plaît particulièrement dans ce corset est assurément qu’il incarne une vision de l’élégance et de la bonne éducation jusque dans le sport. Cette pièce permet de comprendre l’évolution du vêtement sportif, de la contrainte du corps à la commodité des tenues actuelles qui encouragent la performance. Et vous, seriez-vous capable de pratiquer un sport en corset ?  
Corset de sport, Anonyme, vers 1875, coton, toile, laine et métal, Palais Galliera, musée de la Mode de la Ville de Paris.   

Texte et voix : Justine Tazé 
Enregistrement : Colin Gruel 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Bonjour, je m’appelle Justine et je vais vous parler de taille fine, de baleine et d’élégance.
    
L’objet que je vais vous décrire est un corset de sport qui date de la fin du XIXème siècle, plus précisément de 1875. Il est mannequiné, c’est-à-dire qu’il est fièrement présenté sur un buste, ou c’est plutôt le corset qui maintient à la taille ce mannequin de toile. Ce corset, aux larges bretelles, est lui-même en toile de coton bleue glacée lui conférant un aspect brillant. Pour plus de détails, un busc frontal, c’est-à-dire une lame de métal, de bois ou d’ivoire laisse apparaître 6 fanons de baleines effectuant le tour de taille. Dans le dos, un laçage permet sa fermeture.  
Si je vous plonge dans le monde de la couture avec ce vocabulaire, c’est avant tout pour vous permettre de bien visualiser et comprendre le fonctionnement complexe de ce corset. C’est une réelle mécanique du dessous ! Il structure le corps et le façonne.  
Mais comment ? Grâce à ce que j’ai nommé tout à l’heure baleine et busc, ce sont les artifices qui confèrent à cette silhouette une taille si fine ! Mais alors, pourquoi dit-on des baleines ? Ce terme provient originellement de véritables fanons, c’est-à-dire ce qui se trouve dans la mâchoire des baleines. Ces sortes de grandes tiges rigides étaient prélevées et assuraient cette rigidité au corset. C’est pour cela que nous appelons aujourd’hui les baleines des soutien-gorge comme telles.   
Et le sport dans tout cela ? Pourquoi autant se contraindre alors que la pratique du sport nécessite une liberté de mouvement ?   
Au XIXe siècle et durant la IIIe République en France, on resserre, on étrangle, on déforme le corps naturel. Cette silhouette, donc artificielle, est le témoin de l’élégance féminine. C’est le garant de la bonne conduite, de la bonne éducation. Toutefois, diverses opinions émergent à son égard. C’est en effet la période où l’activité physique de plein air est de plus en plus recommandée. Mais ce diktat de la taille fine reste assurément implanté car l’élégance prime sur la performance physique. Les femmes pratiquent le sport certes, mais toujours avec ces artifices.   
Ce qui me plaît particulièrement dans ce corset est assurément qu’il incarne une vision de l’élégance et de la bonne éducation jusque dans le sport. Cette pièce permet de comprendre l’évolution du vêtement sportif, de la contrainte du corps à la commodité des tenues actuelles qui encouragent la performance. Et vous, seriez-vous capable de pratiquer un sport en corset ?  
Corset de sport, Anonyme, vers 1875, coton, toile, laine et métal, Palais Galliera, musée de la Mode de la Ville de Paris.   

Texte et voix : Justine Tazé 
Enregistrement : Colin Gruel 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Mon, 27 May 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/justine-taze-corset-de-sport-2024-05-27-9MXoIoWS.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/justine-taze-corset-de-sport-2024-05-27-9MXoIoWS.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/ngZ5-justine-taze-corset-de-sport</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Keridwen Lambert - Roland-Garros, Louis-Faure Dujarric</title><description><![CDATA[
    Bonjour, je m’appelle Keridwen. Je vais vous parler de tennis, d’architecture et de terre battue.
    
Suivez-moi et installons-nous dans nos sièges, dans les gradins du court Philippe Chatrier du stade Roland-Garros à Paris. Le match va bientôt commencer. Qui va remporter la victoire ? Est-ce que vous entendez la balle rebondir, les cris d’effort poussés par les champions et le bruit que font leurs baskets quand elles dérapent sur la terre battue ? Mais peut-être que certains d’entre vous souhaiteraient en savoir plus sur la naissance de Roland-Garros et sur la construction de son court mythique.   
L’histoire commence en 1927, avec ceux qui sont surnommés les Mousquetaires : Henri Cochet, Jean Borotra, Jacques Brugnon et René Lacoste. Ils ont gagné la finale de la Coupe Davis face aux Américains. C’est au tour de Paris d’organiser la prochaine Coupe Davis mais, il faut construire un stade qui puisse rivaliser avec le Germantown Cricket Club de Philadelphie et en seulement neuf mois. Emile Lesieur, président du Stade Français et Pierre Gillou, capitaine de l’équipe de France de la Coupe Davis se mettent à la recherche d’un terrain. Le 8 décembre 1927, ils signent la concession du stade Jean-Bouin qui se trouve Porte d’Arcueil dans le 16e arrondissement de Paris.   
Comment nommer le nouveau stade ? Lesieur soumet le nom de son ami défunt Roland-Garros qui n’était pas du tout tennisman mais un pionnier de l’avion, héros de la Grande Guerre, mort au combat. Le stade est inauguré le 18 mai 1928.  
Revenons à notre court Philippe-Chatrier. C’est Louis-Faure Dujarric qui est chargé de sa construction. Il est surnommé « Le Central » car il est alors le plus grand court en terre battue du stade pouvant accueillir 10 000 spectateurs. Dans les années 2000, notre court connaît de nombreux changements, d’abord le nom que nous utilisons actuellement, Philippe-Chatrier, qui est celui d’un ancien joueur de tennis français et ancien président de la Fédération internationale de tennis. Pour que le court retrouve sa splendeur d’origine, il est rénové à près de 80% en 2018. Et la grande nouveauté de 2020, c’est le toit rétractable dont la forme rappelle symboliquement le biplan de l’aviateur Roland-Garros.   
Aujourd’hui, le stade Roland-Garros comprend 18 courts au total. Le plus grand reste le court Philippe Chatrier qui a une capacité de 14 962 places, suivi du court Suzanne-Lenglen qui peut accueillir 10 056 personnes.    
Chaque année, comme beaucoup d’entre vous, je regarde les matchs depuis mon canapé mais j’espère un jour pouvoir m’asseoir dans ce stade mythique. Qui seront les grands vainqueurs des JO de tennis ? Rendez-vous à partir du 27 juillet 2024 pour le découvrir !  
Court Philippe Chatrier, Stade Roland-Garros, Louis-Faure Dujarric, Paris, 1928.   

Texte et voix : Keridwen Lambert 
Enregistrement : Sibylle Buloup 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Bonjour, je m’appelle Keridwen. Je vais vous parler de tennis, d’architecture et de terre battue.
    
Suivez-moi et installons-nous dans nos sièges, dans les gradins du court Philippe Chatrier du stade Roland-Garros à Paris. Le match va bientôt commencer. Qui va remporter la victoire ? Est-ce que vous entendez la balle rebondir, les cris d’effort poussés par les champions et le bruit que font leurs baskets quand elles dérapent sur la terre battue ? Mais peut-être que certains d’entre vous souhaiteraient en savoir plus sur la naissance de Roland-Garros et sur la construction de son court mythique.   
L’histoire commence en 1927, avec ceux qui sont surnommés les Mousquetaires : Henri Cochet, Jean Borotra, Jacques Brugnon et René Lacoste. Ils ont gagné la finale de la Coupe Davis face aux Américains. C’est au tour de Paris d’organiser la prochaine Coupe Davis mais, il faut construire un stade qui puisse rivaliser avec le Germantown Cricket Club de Philadelphie et en seulement neuf mois. Emile Lesieur, président du Stade Français et Pierre Gillou, capitaine de l’équipe de France de la Coupe Davis se mettent à la recherche d’un terrain. Le 8 décembre 1927, ils signent la concession du stade Jean-Bouin qui se trouve Porte d’Arcueil dans le 16e arrondissement de Paris.   
Comment nommer le nouveau stade ? Lesieur soumet le nom de son ami défunt Roland-Garros qui n’était pas du tout tennisman mais un pionnier de l’avion, héros de la Grande Guerre, mort au combat. Le stade est inauguré le 18 mai 1928.  
Revenons à notre court Philippe-Chatrier. C’est Louis-Faure Dujarric qui est chargé de sa construction. Il est surnommé « Le Central » car il est alors le plus grand court en terre battue du stade pouvant accueillir 10 000 spectateurs. Dans les années 2000, notre court connaît de nombreux changements, d’abord le nom que nous utilisons actuellement, Philippe-Chatrier, qui est celui d’un ancien joueur de tennis français et ancien président de la Fédération internationale de tennis. Pour que le court retrouve sa splendeur d’origine, il est rénové à près de 80% en 2018. Et la grande nouveauté de 2020, c’est le toit rétractable dont la forme rappelle symboliquement le biplan de l’aviateur Roland-Garros.   
Aujourd’hui, le stade Roland-Garros comprend 18 courts au total. Le plus grand reste le court Philippe Chatrier qui a une capacité de 14 962 places, suivi du court Suzanne-Lenglen qui peut accueillir 10 056 personnes.    
Chaque année, comme beaucoup d’entre vous, je regarde les matchs depuis mon canapé mais j’espère un jour pouvoir m’asseoir dans ce stade mythique. Qui seront les grands vainqueurs des JO de tennis ? Rendez-vous à partir du 27 juillet 2024 pour le découvrir !  
Court Philippe Chatrier, Stade Roland-Garros, Louis-Faure Dujarric, Paris, 1928.   

Texte et voix : Keridwen Lambert 
Enregistrement : Sibylle Buloup 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Sun, 26 May 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/keridwen-lambert-roland-garros-l-2024-05-26-yNkPDbDU.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/keridwen-lambert-roland-garros-l-2024-05-26-yNkPDbDU.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/mYwR-keridwen-lambert-roland-garros-louis-faure-dujarric</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Carla Reboud - Les footballeurs, Nicolas de Stael</title><description><![CDATA[
    Je m’appelle Carla et je vais vous parler de football, de couleur et de mouvement.
    
Imaginez quatre toiles de format réduit intitulées Les footballeurs peints par de Staël en 1952. Des blocs épais de peinture rouge, bleu et blanche s’agencent sur un fond noir. Nous ne pouvons voir ni profondeur ni détails dans ces œuvres, seulement des aplats de couleurs vives qui traduisent une agitation, un mouvement. Petit à petit, on reconnaît des silhouettes qui s’agitent devant un ciel nocturne, un cercle blanc, qu’on peut d’abord confondre avec la lune, se transforme en ballon. Ce sont des footballeurs en plein match nocturne et les couleurs sont celles des maillots de l’équipe de France.   
Ces toiles représentent donc un match de football qui a bel et bien eu lieu, le match amical du 26 mars 1952 qui opposait la France à la Suède. Pour la première fois en France, un match se joue de nuit, éclairé par les projecteurs. L’équipe des bleus est alors en pleine reconstruction après la guerre. Plusieurs joueurs très talentueux rejoignent l’équipe comme Just Fontaine, Raymond Kopa ou Roger Piantoni, ils sont connus sous le nom de “génération dorée”.   
Le peintre Nicolas de Staël qui est venu assister au match avec sa femme, est peu sensible à toute cette agitation sportive, il n’est pas un grand fan de foot et il est là par hasard. Mais à sa grande surprise, à la fin du match, il sort du stade complètement bouleversé.   
Vous vous demandez pourquoi ? De Staël admire l’énergie des joueurs et le mouvement de leur corps. L’éclairage artificiel contribue sûrement à accentuer les couleurs. De retour chez lui, il passe la nuit dans son atelier à peindre et ne s’arrête pas pendant un mois.   
Il n’a peint que l’essentiel, pour laisser place à l’action du match. Les corps musclés sont réduits à des formes géométriques de couleurs franches. En effet, de Staël est connu pour être un grand coloriste. Ces coups de pinceaux sont vigoureux et la matière picturale est épaisse. Par son style, il arrive à nous faire ressentir toute l’émotion du match.   
Face à ces œuvres, je me sens emportée par l’euphorie du match et par cette tension qui monte : qui va gagner ?   
Les Footballeurs, Nicolas de Staël, 1952, huiles sur toile, formats multiples ; 14 x 22 cm : 19 x 27 cm : 22 x 27 cm : 16 x 22 cm, Dijon, Musée des Beaux-Arts.   

Texte et voix : Carle Reboud 
Enregistrement : Sibylle Buloup 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Je m’appelle Carla et je vais vous parler de football, de couleur et de mouvement.
    
Imaginez quatre toiles de format réduit intitulées Les footballeurs peints par de Staël en 1952. Des blocs épais de peinture rouge, bleu et blanche s’agencent sur un fond noir. Nous ne pouvons voir ni profondeur ni détails dans ces œuvres, seulement des aplats de couleurs vives qui traduisent une agitation, un mouvement. Petit à petit, on reconnaît des silhouettes qui s’agitent devant un ciel nocturne, un cercle blanc, qu’on peut d’abord confondre avec la lune, se transforme en ballon. Ce sont des footballeurs en plein match nocturne et les couleurs sont celles des maillots de l’équipe de France.   
Ces toiles représentent donc un match de football qui a bel et bien eu lieu, le match amical du 26 mars 1952 qui opposait la France à la Suède. Pour la première fois en France, un match se joue de nuit, éclairé par les projecteurs. L’équipe des bleus est alors en pleine reconstruction après la guerre. Plusieurs joueurs très talentueux rejoignent l’équipe comme Just Fontaine, Raymond Kopa ou Roger Piantoni, ils sont connus sous le nom de “génération dorée”.   
Le peintre Nicolas de Staël qui est venu assister au match avec sa femme, est peu sensible à toute cette agitation sportive, il n’est pas un grand fan de foot et il est là par hasard. Mais à sa grande surprise, à la fin du match, il sort du stade complètement bouleversé.   
Vous vous demandez pourquoi ? De Staël admire l’énergie des joueurs et le mouvement de leur corps. L’éclairage artificiel contribue sûrement à accentuer les couleurs. De retour chez lui, il passe la nuit dans son atelier à peindre et ne s’arrête pas pendant un mois.   
Il n’a peint que l’essentiel, pour laisser place à l’action du match. Les corps musclés sont réduits à des formes géométriques de couleurs franches. En effet, de Staël est connu pour être un grand coloriste. Ces coups de pinceaux sont vigoureux et la matière picturale est épaisse. Par son style, il arrive à nous faire ressentir toute l’émotion du match.   
Face à ces œuvres, je me sens emportée par l’euphorie du match et par cette tension qui monte : qui va gagner ?   
Les Footballeurs, Nicolas de Staël, 1952, huiles sur toile, formats multiples ; 14 x 22 cm : 19 x 27 cm : 22 x 27 cm : 16 x 22 cm, Dijon, Musée des Beaux-Arts.   

Texte et voix : Carle Reboud 
Enregistrement : Sibylle Buloup 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Sat, 25 May 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/carla-reboud-les-footballeurs-ni-2024-05-25-ry2SPN0F.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/carla-reboud-les-footballeurs-ni-2024-05-25-ry2SPN0F.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/l2Yj-carla-reboud-les-footballeurs-nicolas-de-stael</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Lyse Debard - Amphore, peintre de Cléophradès</title><description><![CDATA[
    Bonjour, je m’appelle Lyse. Si je vous dis céramique, athlétisme, noir...
    
Il s’agit d’une amphore d’une cinquantaine de centimètres de hauteur dont il manque le col et le pied, qui a été produite à Athènes vers 500 avant notre ère. Elle est ornée de chaque côté d’un tableau où les figures vernies d’un noir brillant se détachent sur le fond orangé de l’argile. La première face donne à voir Athéna en arme faisant une grande enjambée vers la gauche. On appelle ce type d’Athéna « Promachos », ce qui signifie « celle qui combat en avant », une Athéna guerrière en somme.  
Chez les Grecs, Athéna est en effet la déesse de la sagesse et de la guerre stratégique. Elle est encadrée par deux colonnettes surmontées d’un coq. Celle de gauche présente une inscription en grec ancien qui signifie « le prix des jeux d’Athènes », ce qui nous indique que ce vase est la récompense d’une compétition mais laquelle ? Trois athlètes en course ornent la seconde face. Ils se dirigent tous vers la droite, le sens de la victoire. Pourtant, un seul sera vainqueur.   
Le véritable vainqueur qui est représenté en tête tout à droite, se retourne vers ses concurrents afin de s’assurer qu’ils ne le rattrapent pas. Après l’avoir emportée, il a vu sa tête ceinte d’une couronne végétale et a reçu cette amphore remplie d’huile d’olive. Ce vase nous place un peu comme les spectateurs d’une course se déroulant dans un stade de 180 à 200 m, espérant que l’athlète de notre cité arrive en tête.  
La course de vitesse est la plus ancienne épreuve des Jeux Olympiques, qui comme leur nom l’indique, avaient lieu à Olympie, en l’honneur de Zeus. Cette épreuve d’athlétisme était soit une discipline indépendante, soit elle faisait partie du pentathlon comme c’est encore le cas aujourd’hui.  
Mais ici il s’agit d’une amphore panathénaïque, c’est-à-dire en lien avec les Panathénées, fêtes en l’honneur d’Athéna durant lesquelles étaient organisés des jeux qui se tenaient chaque année à Athènes. Pour chaque épreuve, une amphore panathénaïque était remise au vainqueur : elles figurent toujours d’un côté la discipline dans laquelle l’athlète s’est illustré et de l’autre Athéna Promachos. Car en Grèce ancienne, les jeux sportifs avaient une dimension sacrée : ils se déroulaient dans les sanctuaires et faisaient souvent l’objet d’une trêve dite sacrée. C&#039;était notamment le cas des JO au cours desquels les hostilités entre cités étaient suspendues pour deux mois.   
Vous pouvez remarquer que les personnages sont en noir ici et non en rouge, alors que la technique de la céramique à figures rouges avait déjà été inventée à l’époque où cette amphore a été produite : c’est pour maintenir la tradition des premières amphores panathénaïques antérieures à l’invention des figures rouges !  
Si j’ai une affection particulière pour les céramiques grecques antiques, c’est parce qu’elles nous racontent les mythes si chers aux Grecs anciens en les liant parfois, comme ici, à des activités plus concrètes de leur vie, par un matériau simple mais nécessitant une grande habileté technique.  
Amphore, attribuée au peintre de Cléophradès, produite à Athènes vers 500 avant. J.-C., conservée au Musée du Louvre.   

Texte et voix : Lyse Debard 
Enregistrement : Colin Gruel 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Bonjour, je m’appelle Lyse. Si je vous dis céramique, athlétisme, noir...
    
Il s’agit d’une amphore d’une cinquantaine de centimètres de hauteur dont il manque le col et le pied, qui a été produite à Athènes vers 500 avant notre ère. Elle est ornée de chaque côté d’un tableau où les figures vernies d’un noir brillant se détachent sur le fond orangé de l’argile. La première face donne à voir Athéna en arme faisant une grande enjambée vers la gauche. On appelle ce type d’Athéna « Promachos », ce qui signifie « celle qui combat en avant », une Athéna guerrière en somme.  
Chez les Grecs, Athéna est en effet la déesse de la sagesse et de la guerre stratégique. Elle est encadrée par deux colonnettes surmontées d’un coq. Celle de gauche présente une inscription en grec ancien qui signifie « le prix des jeux d’Athènes », ce qui nous indique que ce vase est la récompense d’une compétition mais laquelle ? Trois athlètes en course ornent la seconde face. Ils se dirigent tous vers la droite, le sens de la victoire. Pourtant, un seul sera vainqueur.   
Le véritable vainqueur qui est représenté en tête tout à droite, se retourne vers ses concurrents afin de s’assurer qu’ils ne le rattrapent pas. Après l’avoir emportée, il a vu sa tête ceinte d’une couronne végétale et a reçu cette amphore remplie d’huile d’olive. Ce vase nous place un peu comme les spectateurs d’une course se déroulant dans un stade de 180 à 200 m, espérant que l’athlète de notre cité arrive en tête.  
La course de vitesse est la plus ancienne épreuve des Jeux Olympiques, qui comme leur nom l’indique, avaient lieu à Olympie, en l’honneur de Zeus. Cette épreuve d’athlétisme était soit une discipline indépendante, soit elle faisait partie du pentathlon comme c’est encore le cas aujourd’hui.  
Mais ici il s’agit d’une amphore panathénaïque, c’est-à-dire en lien avec les Panathénées, fêtes en l’honneur d’Athéna durant lesquelles étaient organisés des jeux qui se tenaient chaque année à Athènes. Pour chaque épreuve, une amphore panathénaïque était remise au vainqueur : elles figurent toujours d’un côté la discipline dans laquelle l’athlète s’est illustré et de l’autre Athéna Promachos. Car en Grèce ancienne, les jeux sportifs avaient une dimension sacrée : ils se déroulaient dans les sanctuaires et faisaient souvent l’objet d’une trêve dite sacrée. C'était notamment le cas des JO au cours desquels les hostilités entre cités étaient suspendues pour deux mois.   
Vous pouvez remarquer que les personnages sont en noir ici et non en rouge, alors que la technique de la céramique à figures rouges avait déjà été inventée à l’époque où cette amphore a été produite : c’est pour maintenir la tradition des premières amphores panathénaïques antérieures à l’invention des figures rouges !  
Si j’ai une affection particulière pour les céramiques grecques antiques, c’est parce qu’elles nous racontent les mythes si chers aux Grecs anciens en les liant parfois, comme ici, à des activités plus concrètes de leur vie, par un matériau simple mais nécessitant une grande habileté technique.  
Amphore, attribuée au peintre de Cléophradès, produite à Athènes vers 500 avant. J.-C., conservée au Musée du Louvre.   

Texte et voix : Lyse Debard 
Enregistrement : Colin Gruel 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 24 May 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lyse-debard-amphore-peintre-de-c-2024-05-24-mea2H1b9.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lyse-debard-amphore-peintre-de-c-2024-05-24-mea2H1b9.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/krRJ-lyse-debard-amphore-peintre-de-cleophrades</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Oksanna Beslay-Nardi - Planche de surf, David Charbonnel &amp; Frédérique Seyral</title><description><![CDATA[
    Bonjour, je m’appelle Oksanna, et je vais vous parler de surf, de culture et de nature.
    
L’œuvre que je vais vous décrire est une planche de surf, créée par David Charbonnel et Frédérique Seyral en 2018. Il s&#039;agit d&#039;une vraie planche entièrement jaune, recouverte de feuilles d&#039;or. Elle est peinte à l&#039;encre de Chine sur toute sa longueur, avec des dessins qui forment des volutes, et qui représentent faune, flore et architecture typiques du Bassin aquitain.  
Fermez les yeux et imaginez un bateau voguant sur un fond d’or côtoyant oiseaux, pins parasol et cabanes en bois sur pilotis, appelées cabanes tchanquées.   
Une planche de surf peut-elle être considérée comme une œuvre d’art ? Absolument ! Issue de la collaboration d’un shaper, c&#039;est-à-dire un artisan qui fabrique des planches de surf, et d&#039;une artiste plasticienne, cette planche n&#039;est pas exactement comme les autres : elle n&#039;a pas l&#039;aspect utilitaire propre aux planches des sportifs. En outre, celle-ci a été créée dans un but artistique, pour le musée d&#039;Aquitaine de Bordeaux, la planche n’a jamais servi et ne servira pas à la glisse.  
Mais alors, pourquoi réaliser une planche de surf qui ne répond pas à sa fonction première ? Ce sont les origines et le développement du surf, qui vont nous aider à le comprendre ! Le surf, c&#039;est un sport très ancien, dont les origines remontent à environ 3 000 ans. S&#039;il est oublié au XIXe siècle, il reprend l’importance qu’on lui connaît au début du XXe siècle à Hawaï, puis aux États-Unis. Le surf devient alors une véritable contre-culture qui prône la liberté, le non-conformisme. C&#039;est aujourd’hui un phénomène mondial, très populaire sur les plages de la Métropole et d&#039;Outre-mer depuis les années soixante, et notamment sur la côte basque.   
Il finit même par entrer dans l&#039;histoire en 2020, en accédant enfin aux JO ! Mais ce n&#039;est pas qu&#039;une simple pratique sportive : c&#039;est une vraie culture, une pratique intégrée à la vie locale, à son environnement, à son identité, comme c&#039;est le cas sur tout le bassin du Sud-Ouest sur la côte Atlantique. Tous ces éléments sont condensés dans cette œuvre, avec ses dessins d&#039;oiseaux, de pins ou de cabanes tchanquées – c&#039;est comme un dialogue entre la nature et la culture du surf. La planche, initialement objet de sport, devient ici une véritable œuvre d’art renversant à la fois les codes du sport mais aussi ceux de l’art et de la peinture. On peut donc dire que cette planche est vraiment plus qu’un simple objet destiné au surf : c’est un témoignage d’un mode de vie qui allie performance et esthétique  
Ce que j&#039;aime dans cette œuvre, c&#039;est qu&#039;elle me rappelle tous mes souvenirs d&#039;enfance : la chaleur sur ma peau à la plage, les rayons éblouissants du soleil, l&#039;odeur des pins, le clapotis des vagues sans même avoir à monter dessus, cette planche me renvoie à tout cet imaginaire qui me fait voyager et me sentir libre.  
Planche de surf, David Charbonnel et Frédérique Seyral, résine teintée, encre de Chine, feuille d’or, 2018, objet art musée d’Aquitaine, Bordeaux.   

Texte et voix : Oksanna Beslay-Nardi 
Enregistrement : Margot Page 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Bonjour, je m’appelle Oksanna, et je vais vous parler de surf, de culture et de nature.
    
L’œuvre que je vais vous décrire est une planche de surf, créée par David Charbonnel et Frédérique Seyral en 2018. Il s'agit d'une vraie planche entièrement jaune, recouverte de feuilles d'or. Elle est peinte à l'encre de Chine sur toute sa longueur, avec des dessins qui forment des volutes, et qui représentent faune, flore et architecture typiques du Bassin aquitain.  
Fermez les yeux et imaginez un bateau voguant sur un fond d’or côtoyant oiseaux, pins parasol et cabanes en bois sur pilotis, appelées cabanes tchanquées.   
Une planche de surf peut-elle être considérée comme une œuvre d’art ? Absolument ! Issue de la collaboration d’un shaper, c'est-à-dire un artisan qui fabrique des planches de surf, et d'une artiste plasticienne, cette planche n'est pas exactement comme les autres : elle n'a pas l'aspect utilitaire propre aux planches des sportifs. En outre, celle-ci a été créée dans un but artistique, pour le musée d'Aquitaine de Bordeaux, la planche n’a jamais servi et ne servira pas à la glisse.  
Mais alors, pourquoi réaliser une planche de surf qui ne répond pas à sa fonction première ? Ce sont les origines et le développement du surf, qui vont nous aider à le comprendre ! Le surf, c'est un sport très ancien, dont les origines remontent à environ 3 000 ans. S'il est oublié au XIXe siècle, il reprend l’importance qu’on lui connaît au début du XXe siècle à Hawaï, puis aux États-Unis. Le surf devient alors une véritable contre-culture qui prône la liberté, le non-conformisme. C'est aujourd’hui un phénomène mondial, très populaire sur les plages de la Métropole et d'Outre-mer depuis les années soixante, et notamment sur la côte basque.   
Il finit même par entrer dans l'histoire en 2020, en accédant enfin aux JO ! Mais ce n'est pas qu'une simple pratique sportive : c'est une vraie culture, une pratique intégrée à la vie locale, à son environnement, à son identité, comme c'est le cas sur tout le bassin du Sud-Ouest sur la côte Atlantique. Tous ces éléments sont condensés dans cette œuvre, avec ses dessins d'oiseaux, de pins ou de cabanes tchanquées – c'est comme un dialogue entre la nature et la culture du surf. La planche, initialement objet de sport, devient ici une véritable œuvre d’art renversant à la fois les codes du sport mais aussi ceux de l’art et de la peinture. On peut donc dire que cette planche est vraiment plus qu’un simple objet destiné au surf : c’est un témoignage d’un mode de vie qui allie performance et esthétique  
Ce que j'aime dans cette œuvre, c'est qu'elle me rappelle tous mes souvenirs d'enfance : la chaleur sur ma peau à la plage, les rayons éblouissants du soleil, l'odeur des pins, le clapotis des vagues sans même avoir à monter dessus, cette planche me renvoie à tout cet imaginaire qui me fait voyager et me sentir libre.  
Planche de surf, David Charbonnel et Frédérique Seyral, résine teintée, encre de Chine, feuille d’or, 2018, objet art musée d’Aquitaine, Bordeaux.   

Texte et voix : Oksanna Beslay-Nardi 
Enregistrement : Margot Page 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Thu, 23 May 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/oksanna-beslay-nardi-planche-de-s-2024-05-23-tEA0URa6.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/oksanna-beslay-nardi-planche-de-s-2024-05-23-tEA0URa6.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/j0Ry-oksanna-beslay-nardi-planche-de-surf-david-charbonnel-frederique-seyral</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Maureen Grioche - Stade Jean Bouin, Rudy Ricciotti</title><description><![CDATA[
    Bonjour, je m’appelle Maureen et je vais vous parler de stade, de ville et de béton.  
    
Le monument que je vais vous présenter est le stade Jean Bouin, réalisé en 2013 par Rudy Ricciotti. Ce bâtiment du XVIe arrondissement de Paris est recouvert d’un voile de béton qualifié de « peau de félin ». Imaginez le pelage d’un guépard ! Ici, il se déploie sous la forme d’une résille avec les tâches du félin qui deviennent des trous de verre qui laissent passer la lumière mais pas le bruit. La forme de la couverture est ondulante, comme un mouvement de foule dans une ola, signe d’enthousiasme de la part des supporters. Ce lieu est synonyme de cris, de passion. La couverture permet à la clameur de raisonner parmi les supporters tout en restant confiné à l’intérieur pour la tranquillité des riverains.   
Le stade Jean Bouin a pour objectif d’être à la hauteur du championnat du Top 14, le championnat national français de rugby à XV. Il a été construit dans le but de permettre aux spectateurs d’être le plus proche du terrain mais également de devenir un lieu de vie avec de nombreux espaces de commerce à proximité. Le complexe a été conçu comme « un stade les pieds dans la ville », il possède deux parvis, ce qui en fait un lieu de vie, de partage, de passion à travers les supporters et les riverains.   
Revenons à la couverture en « peau de félin », nous retrouvons la même technique de résille au Mucem, un musée à Marseille, réalisé également en 2013. Ces deux réalisations, dû à Rudy Ricciotti, sont possibles grâce à l’emploi du béton fibré ultra-performant. Il est capable de résister à une compression six à huit fois supérieure à celle d’un béton classique, il peut s’adapter à toutes les formes. Il a une empreinte écologique plus faible selon l’architecte. Pour mettre en place cette technique, les ingénieurs ont réfléchi à un moyen de développer des formes géométriques qui permettent au bâtiment de résister à tous les temps, en maintenant une légèreté visuelle, novatrice et aérienne. Pour le stade, ils ont créé un système à trois appuis permettant de suivre les mouvements de courbure de la toiture. Cette marqueterie de béton accompagnée de verre révèle un jeu d’ombres et de lumières ouvert vers la ville. La résille contraste avec le massif Parc des Princes accolé. Ce stade de football, achevé en 1972, utilise aussi les qualités du béton armé avec des contreforts puissants et peu d’ouvertures à l’inverse du lieu qui nous intéresse aujourd’hui. Ils sont tous les deux séparés seulement par une rue et offrent un bel aperçu de l’histoire de l’architecture sportive en France.   
Ce qui me touche particulièrement dans ce bâtiment, c’est l’effet de légèreté de la résille de béton mais surtout c’est la symbolique du lieu ! Je vous ai parlé d’un stade, pour moi c’est l’endroit par excellence pour vivre le sport. Pendant les Jeux Olympiques de Paris 2024, ce sera dans ces enceintes que les supporters pourront partager leur passion, soutenir les athlètes, vivre les jeux !   
Stade Jean Bouin, Rudy Ricciotti, 2013, Béton fibré ultra-performant, Paris, XVIe arrondissement.   

Texte et voix : Maureen Grioche 
Enregistrement : Margot Page 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Bonjour, je m’appelle Maureen et je vais vous parler de stade, de ville et de béton.  
    
Le monument que je vais vous présenter est le stade Jean Bouin, réalisé en 2013 par Rudy Ricciotti. Ce bâtiment du XVIe arrondissement de Paris est recouvert d’un voile de béton qualifié de « peau de félin ». Imaginez le pelage d’un guépard ! Ici, il se déploie sous la forme d’une résille avec les tâches du félin qui deviennent des trous de verre qui laissent passer la lumière mais pas le bruit. La forme de la couverture est ondulante, comme un mouvement de foule dans une ola, signe d’enthousiasme de la part des supporters. Ce lieu est synonyme de cris, de passion. La couverture permet à la clameur de raisonner parmi les supporters tout en restant confiné à l’intérieur pour la tranquillité des riverains.   
Le stade Jean Bouin a pour objectif d’être à la hauteur du championnat du Top 14, le championnat national français de rugby à XV. Il a été construit dans le but de permettre aux spectateurs d’être le plus proche du terrain mais également de devenir un lieu de vie avec de nombreux espaces de commerce à proximité. Le complexe a été conçu comme « un stade les pieds dans la ville », il possède deux parvis, ce qui en fait un lieu de vie, de partage, de passion à travers les supporters et les riverains.   
Revenons à la couverture en « peau de félin », nous retrouvons la même technique de résille au Mucem, un musée à Marseille, réalisé également en 2013. Ces deux réalisations, dû à Rudy Ricciotti, sont possibles grâce à l’emploi du béton fibré ultra-performant. Il est capable de résister à une compression six à huit fois supérieure à celle d’un béton classique, il peut s’adapter à toutes les formes. Il a une empreinte écologique plus faible selon l’architecte. Pour mettre en place cette technique, les ingénieurs ont réfléchi à un moyen de développer des formes géométriques qui permettent au bâtiment de résister à tous les temps, en maintenant une légèreté visuelle, novatrice et aérienne. Pour le stade, ils ont créé un système à trois appuis permettant de suivre les mouvements de courbure de la toiture. Cette marqueterie de béton accompagnée de verre révèle un jeu d’ombres et de lumières ouvert vers la ville. La résille contraste avec le massif Parc des Princes accolé. Ce stade de football, achevé en 1972, utilise aussi les qualités du béton armé avec des contreforts puissants et peu d’ouvertures à l’inverse du lieu qui nous intéresse aujourd’hui. Ils sont tous les deux séparés seulement par une rue et offrent un bel aperçu de l’histoire de l’architecture sportive en France.   
Ce qui me touche particulièrement dans ce bâtiment, c’est l’effet de légèreté de la résille de béton mais surtout c’est la symbolique du lieu ! Je vous ai parlé d’un stade, pour moi c’est l’endroit par excellence pour vivre le sport. Pendant les Jeux Olympiques de Paris 2024, ce sera dans ces enceintes que les supporters pourront partager leur passion, soutenir les athlètes, vivre les jeux !   
Stade Jean Bouin, Rudy Ricciotti, 2013, Béton fibré ultra-performant, Paris, XVIe arrondissement.   

Texte et voix : Maureen Grioche 
Enregistrement : Margot Page 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Wed, 22 May 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/maureen-grioche-stade-jean-bouin-2024-05-22-o3e7bmlK.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/maureen-grioche-stade-jean-bouin-2024-05-22-o3e7bmlK.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/gnJr-maureen-grioche-stade-jean-bouin-rudy-ricciotti</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Anne-Laure Raffin - Les tireurs d'arc, copie d'après Michel-Ange</title><description><![CDATA[
    Bonjour à tous, je m’appelle Anne-Laure, et je vais vous parler de tir à l’arc, de dessin et de mouvement.
    
Copie d’après le sculpteur, peintre et architecte italien de la Renaissance Michel-Ange, Les tireurs d’arc est une esquisse à la plume, à l’encre brune sur papier crème, qui représente trois figures masculines en pleine action. Leurs corps musculeux sont étirés dans des positions dynamiques, qui laissent deviner qu’ils sont en train de tirer à l’arc.  
Je dis « laisse deviner » car aucun arc n’est dessiné, ce qui est un peu mystérieux ; cela peut être parce que le but du dessin était de représenter les mouvements du corps pendant les différentes étapes de l’action, ou bien, l’œuvre étant une esquisse, elle n’a pas été achevée.  
Les deux hommes du centre du dessin, tous deux de profil, prennent appui sur leur jambe tendue dans un geste similaire d’élan, les bras étirés par leur arc fictif. Celui en bas à droite, représenté de face jusqu’aux genoux dans un mouvement de torsion, semble relâcher les deux doigts qui maintenaient la corde.  
Le tir à l’arc est une pratique qui précède de beaucoup la Renaissance, période dans laquelle s’inscrit l’auteur. En effet, les premières preuves de l’utilisation d’arc remontent à la Préhistoire, environ 20 000 ans avant notre ère. Cependant le tir à l’arc n’a été reconnu comme une discipline olympique à part entière qu’au XXe siècle. A l’instar de ce que représente ce dessin, les premières épreuves de tir à l’arc étaient principalement réservées aux hommes.  
Par ce dessin, l’artiste représente l’effort comme découpé en plusieurs instants, à la manière d’un dessin animé. L’emploi de proportions idéalisées est caractéristique de l’art de la Renaissance. Cela n’est pas sans nous rappeler un célèbre dessin du XVe siècle réalisé par Léonard de Vinci, l’Homme de Vitruve, qui incarne l&#039;harmonie parfaite entre l&#039;individu et l&#039;univers.  
Ce qui me marque dans cette œuvre est la souplesse du trait avec laquelle sont représentés les gestes, donnant à voir un instant d’effort dynamique figé sur le papier, comme une très courte séquence de film qui passe en boucle. On pourrait presque voir les personnages s’animer.  
Les tireurs d’arc, copie d’après Michel-Ange, dessin à la plume, XIVe-XVe siècle, 16,5 cm sur 23,1, Montpellier, Musée Fabre  

Texte et voix : Anne-Laure Raffin 
Enregistrement : Margot Page 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Bonjour à tous, je m’appelle Anne-Laure, et je vais vous parler de tir à l’arc, de dessin et de mouvement.
    
Copie d’après le sculpteur, peintre et architecte italien de la Renaissance Michel-Ange, Les tireurs d’arc est une esquisse à la plume, à l’encre brune sur papier crème, qui représente trois figures masculines en pleine action. Leurs corps musculeux sont étirés dans des positions dynamiques, qui laissent deviner qu’ils sont en train de tirer à l’arc.  
Je dis « laisse deviner » car aucun arc n’est dessiné, ce qui est un peu mystérieux ; cela peut être parce que le but du dessin était de représenter les mouvements du corps pendant les différentes étapes de l’action, ou bien, l’œuvre étant une esquisse, elle n’a pas été achevée.  
Les deux hommes du centre du dessin, tous deux de profil, prennent appui sur leur jambe tendue dans un geste similaire d’élan, les bras étirés par leur arc fictif. Celui en bas à droite, représenté de face jusqu’aux genoux dans un mouvement de torsion, semble relâcher les deux doigts qui maintenaient la corde.  
Le tir à l’arc est une pratique qui précède de beaucoup la Renaissance, période dans laquelle s’inscrit l’auteur. En effet, les premières preuves de l’utilisation d’arc remontent à la Préhistoire, environ 20 000 ans avant notre ère. Cependant le tir à l’arc n’a été reconnu comme une discipline olympique à part entière qu’au XXe siècle. A l’instar de ce que représente ce dessin, les premières épreuves de tir à l’arc étaient principalement réservées aux hommes.  
Par ce dessin, l’artiste représente l’effort comme découpé en plusieurs instants, à la manière d’un dessin animé. L’emploi de proportions idéalisées est caractéristique de l’art de la Renaissance. Cela n’est pas sans nous rappeler un célèbre dessin du XVe siècle réalisé par Léonard de Vinci, l’Homme de Vitruve, qui incarne l'harmonie parfaite entre l'individu et l'univers.  
Ce qui me marque dans cette œuvre est la souplesse du trait avec laquelle sont représentés les gestes, donnant à voir un instant d’effort dynamique figé sur le papier, comme une très courte séquence de film qui passe en boucle. On pourrait presque voir les personnages s’animer.  
Les tireurs d’arc, copie d’après Michel-Ange, dessin à la plume, XIVe-XVe siècle, 16,5 cm sur 23,1, Montpellier, Musée Fabre  

Texte et voix : Anne-Laure Raffin 
Enregistrement : Margot Page 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 21 May 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/anne-laure-raffin-les-tireurs-da-2024-05-21-XckJYhpa.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/anne-laure-raffin-les-tireurs-da-2024-05-21-XckJYhpa.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/wKpX-anne-laure-raffin-les-tireurs-darc-copie-dapres-michel-ange</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Alix Mielle - Le Lawn Tennis, Roger-Joseph Jourdain</title><description><![CDATA[
    Bonjour, je m’appelle Alix. Aujourd&#039;hui, je vais vous parler de tennis, d’aristocratie anglaise et de mode.
    
Dans les années 1880, dans son œuvre Le Lawn Tennis, Roger-Joseph Jourdain représente une femme assise sur un tabouret en bois, avec une raquette sur ses genoux, se reposant après une partie de lawn tennis. Elle porte une robe blanche à col en dentelle, un tablier à pois rouge avec une poche avant pour y ranger les balles, un chapeau rond et des chaussures à lacets.   
Au-dessus de cette femme se trouve une banderole dans laquelle vous pouvez lire “lawn tennis”, vous retrouvez tous les éléments liés à la pratique de ce sport, balles, raquettes, filet, dans le cadre décoratif qui entoure la composition. Le lawn tennis veut dire “tennis sur gazon”, dérivé du jeu de paume pour en faire un sport en extérieur. Ancêtre du tennis moderne, ce sport élitiste se développe dans la sphère bourgeoise anglaise.   
Pas de représentation des mouvements du corps ni de la course effrénée de la balle jaune au-dessus du filet. L’attention porte sur la tenue vestimentaire de la femme. Pourquoi porter une robe longue quand on peut porter une jupe-short et un débardeur ? En réalité, les joueurs amateurs portent leurs vêtements de ville. Grand rendez-vous mondain, l’élégance sur les courts reste la priorité, le coton blanc est à l’honneur. Les femmes viennent habillées comme si elles allaient à une garden party.   
Les tenues des femmes sont particulièrement contraignantes et limitent leurs mouvements, notamment par le port du corset, pièce indispensable dans une garde-robe féminine. Pour le sport, les femmes portent un corset-ruban, composé de baleines métalliques verticales, recouvertes de tissu et reliées entre elles par des rubans de coton. Jusqu’en 1910, les corsets sont obligatoires et lors des tournois, les baleines en métal du corset cisaillent le buste des joueuses jusqu&#039;au sang. Par comparaison, la tenue masculine est plus confortable, mais peu adaptée : les hommes se contentent d&#039;enlever leur veston et de retrousser leurs manches.  
Cette œuvre est pour moi un témoignage précieux de l&#039;évolution des choix vestimentaires dans le monde du tennis. Aujourd&#039;hui, alors que sa professionnalisation est admise, le choix des tenues de certaines joueuses reste fortement critiqué. Je pense à celle de Serena Williams à Roland-Garros en 2018 : une combinaison conçue pour stimuler la circulation sanguine après sa grossesse, décriée pour son absence de jupe et sa couleur noire. Finalement, le tennis est autant une histoire de balle et de filet que de mode.   
Le Lawn Tennis, Roger-Joseph Jourdain, années 1880, huile sur toile, Paris, Musée des Arts Décoratifs.   

Texte et voix : Alix Mielle 
Enregistrement : Margot Page 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Bonjour, je m’appelle Alix. Aujourd'hui, je vais vous parler de tennis, d’aristocratie anglaise et de mode.
    
Dans les années 1880, dans son œuvre Le Lawn Tennis, Roger-Joseph Jourdain représente une femme assise sur un tabouret en bois, avec une raquette sur ses genoux, se reposant après une partie de lawn tennis. Elle porte une robe blanche à col en dentelle, un tablier à pois rouge avec une poche avant pour y ranger les balles, un chapeau rond et des chaussures à lacets.   
Au-dessus de cette femme se trouve une banderole dans laquelle vous pouvez lire “lawn tennis”, vous retrouvez tous les éléments liés à la pratique de ce sport, balles, raquettes, filet, dans le cadre décoratif qui entoure la composition. Le lawn tennis veut dire “tennis sur gazon”, dérivé du jeu de paume pour en faire un sport en extérieur. Ancêtre du tennis moderne, ce sport élitiste se développe dans la sphère bourgeoise anglaise.   
Pas de représentation des mouvements du corps ni de la course effrénée de la balle jaune au-dessus du filet. L’attention porte sur la tenue vestimentaire de la femme. Pourquoi porter une robe longue quand on peut porter une jupe-short et un débardeur ? En réalité, les joueurs amateurs portent leurs vêtements de ville. Grand rendez-vous mondain, l’élégance sur les courts reste la priorité, le coton blanc est à l’honneur. Les femmes viennent habillées comme si elles allaient à une garden party.   
Les tenues des femmes sont particulièrement contraignantes et limitent leurs mouvements, notamment par le port du corset, pièce indispensable dans une garde-robe féminine. Pour le sport, les femmes portent un corset-ruban, composé de baleines métalliques verticales, recouvertes de tissu et reliées entre elles par des rubans de coton. Jusqu’en 1910, les corsets sont obligatoires et lors des tournois, les baleines en métal du corset cisaillent le buste des joueuses jusqu'au sang. Par comparaison, la tenue masculine est plus confortable, mais peu adaptée : les hommes se contentent d'enlever leur veston et de retrousser leurs manches.  
Cette œuvre est pour moi un témoignage précieux de l'évolution des choix vestimentaires dans le monde du tennis. Aujourd'hui, alors que sa professionnalisation est admise, le choix des tenues de certaines joueuses reste fortement critiqué. Je pense à celle de Serena Williams à Roland-Garros en 2018 : une combinaison conçue pour stimuler la circulation sanguine après sa grossesse, décriée pour son absence de jupe et sa couleur noire. Finalement, le tennis est autant une histoire de balle et de filet que de mode.   
Le Lawn Tennis, Roger-Joseph Jourdain, années 1880, huile sur toile, Paris, Musée des Arts Décoratifs.   

Texte et voix : Alix Mielle 
Enregistrement : Margot Page 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Mon, 20 May 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/alix-mielle-le-lawn-tennis-roger-2024-05-20-TR2GAaLj.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/alix-mielle-le-lawn-tennis-roger-2024-05-20-TR2GAaLj.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/v82n-alix-mielle-le-lawn-tennis-roger-joseph-jourdain</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Rachel Morin - Le judo, Maurice Guillaume</title><description><![CDATA[
    Je m’appelle Rachel et je vais vous parler aujourd’hui de judo, de légèreté et d’équilibre.
    
La sculpture qui se trouve devant vous, se nomme Le judo, et a été réalisée par l’artiste français Maurice Guillaume en 2001. En bronze, de couleur rouille, elle représente le combat de deux judokas. Sur un pied, l’un soulève l’autre dans un mouvement presque chorégraphique voulant le mettre au sol, c’est l’instant avant la chute qui est capturée.  
Leurs membres rugueux facilement lisibles semblent être des branches, et leur corps comme déconstruits et noués, finissent par se confondre, créant ainsi presque un tronc d’arbre. Particulièrement géométrique, la forme globale de l’œuvre ressemble alors à celle d’une équerre. C’est l’instabilité dans un équilibre parfait qui est ici représentée.  
Malgré la voltige précédant la chute d’un des deux sportifs, pouvant faire ressentir une sensation de brutalité dans l’acte effectué, la légèreté demeure, comme si la pensée psychique du judoka était retranscrite.   
« Voie de la souplesse » est ce que signifie le mot judo en japonais. Créé en 1882 par Jigorō Kanō et s’inspirant du ju-jitsu à vocation guerrière, le judo est un art martial à pédagogie physique, mentale et morale, et au raisonnement particulièrement poétique.  
La légende veut qu’en hiver, le maître remarqua que les branches des cerisiers se cassaient sous le poids de la neige alors que les roseaux se pliaient simplement pour s’en débarrasser. L’art du judo consiste donc à amener avec souplesse son adversaire au sol comme le fait le roseau avec la neige.  
Particulièrement influencé par l’art abstrait et le sport, Maurice Guillaume, ancien étudiant à l’école des beaux-arts à Paris transforme ces deux judokas en végétaux, nous rappelant alors l’origine lyrique de cette discipline qui a fait sa première apparition aux Jeux Olympiques à Tokyo en 1964. Aujourd’hui, la France est le deuxième pays médaillé dans ce sport après le Japon.   
Avec ses quatre dimensions, la sculpture occupe l’espace et donne, selon l’artiste, le sentiment d’éternité. Dans son immobilité, elle doit donner l’illusion du mouvement. Comme emprisonnée dans la lave, l’instant est ici suspendu et une sensation de flottement envahit l’espace. La chute du judoka survenant bientôt, nous, spectateurs, ressentons toutes les émotions comme si nous assistions au combat. Pensez-vous qu’il va réussir à s’en sortir ? Et qui donc va gagner ?   
J’aime cette œuvre car elle invite le spectateur dans son univers mouvementé. Je l’aperçois comme une danse contemporaine où la grâce des figures se mêle à la puissance et à la force qui émanent de l’œuvre. Elle est une valse de personnages associant une approche plastique occidentale à un art martial asiatique.   
Le judo, Maurice Guillaume, 2001, bronze, 44 cm de hauteur, Nice, Musée national du Sport.   

Texte et voix : Rachel Morin 
Enregistrement : Colin Gruel 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Je m’appelle Rachel et je vais vous parler aujourd’hui de judo, de légèreté et d’équilibre.
    
La sculpture qui se trouve devant vous, se nomme Le judo, et a été réalisée par l’artiste français Maurice Guillaume en 2001. En bronze, de couleur rouille, elle représente le combat de deux judokas. Sur un pied, l’un soulève l’autre dans un mouvement presque chorégraphique voulant le mettre au sol, c’est l’instant avant la chute qui est capturée.  
Leurs membres rugueux facilement lisibles semblent être des branches, et leur corps comme déconstruits et noués, finissent par se confondre, créant ainsi presque un tronc d’arbre. Particulièrement géométrique, la forme globale de l’œuvre ressemble alors à celle d’une équerre. C’est l’instabilité dans un équilibre parfait qui est ici représentée.  
Malgré la voltige précédant la chute d’un des deux sportifs, pouvant faire ressentir une sensation de brutalité dans l’acte effectué, la légèreté demeure, comme si la pensée psychique du judoka était retranscrite.   
« Voie de la souplesse » est ce que signifie le mot judo en japonais. Créé en 1882 par Jigorō Kanō et s’inspirant du ju-jitsu à vocation guerrière, le judo est un art martial à pédagogie physique, mentale et morale, et au raisonnement particulièrement poétique.  
La légende veut qu’en hiver, le maître remarqua que les branches des cerisiers se cassaient sous le poids de la neige alors que les roseaux se pliaient simplement pour s’en débarrasser. L’art du judo consiste donc à amener avec souplesse son adversaire au sol comme le fait le roseau avec la neige.  
Particulièrement influencé par l’art abstrait et le sport, Maurice Guillaume, ancien étudiant à l’école des beaux-arts à Paris transforme ces deux judokas en végétaux, nous rappelant alors l’origine lyrique de cette discipline qui a fait sa première apparition aux Jeux Olympiques à Tokyo en 1964. Aujourd’hui, la France est le deuxième pays médaillé dans ce sport après le Japon.   
Avec ses quatre dimensions, la sculpture occupe l’espace et donne, selon l’artiste, le sentiment d’éternité. Dans son immobilité, elle doit donner l’illusion du mouvement. Comme emprisonnée dans la lave, l’instant est ici suspendu et une sensation de flottement envahit l’espace. La chute du judoka survenant bientôt, nous, spectateurs, ressentons toutes les émotions comme si nous assistions au combat. Pensez-vous qu’il va réussir à s’en sortir ? Et qui donc va gagner ?   
J’aime cette œuvre car elle invite le spectateur dans son univers mouvementé. Je l’aperçois comme une danse contemporaine où la grâce des figures se mêle à la puissance et à la force qui émanent de l’œuvre. Elle est une valse de personnages associant une approche plastique occidentale à un art martial asiatique.   
Le judo, Maurice Guillaume, 2001, bronze, 44 cm de hauteur, Nice, Musée national du Sport.   

Texte et voix : Rachel Morin 
Enregistrement : Colin Gruel 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Sun, 19 May 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/rachel-morin-le-judo-maurice-gui-2024-05-19-hCArah3t.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/rachel-morin-le-judo-maurice-gui-2024-05-19-hCArah3t.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/rmkL-rachel-morin-le-judo-maurice-guillaume</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Raphaëlle Billerot-Mauduit - Athlète forain, Camille Bombois</title><description><![CDATA[
    Bonjour, je m’appelle Raphaëlle. Peut-être que comme moi, vous n’avez pas de gros bras, mais je suis certaine que vous apprécierez l’œuvre dont je vais vous parler aujourd’hui mêlant cirque, haltérophilie et peinture naïve.
    
Il s’agit d’une huile sur toile du peintre français Camille Bombois, datée vers 1930. Elle représente une scène de spectacle forain en extérieur, où une foule est amassée. Celle-ci regarde un athlète à la musculature exacerbée, en train de soulever de sa main droite seulement un haltère composé de deux sphères noires colossales. Elles sont si énormes qu’elles semblent plus grosses que le buste de l’athlète lui-même.  
Comment cet homme arrive-t-il à soulever une telle masse d’une seule main ? Ici, l’athlète est en pleine exhibition de force et cherche à distraire la foule. Ce qui surprend tout de suite, c’est l’absence totale d’effort et de souffrance chez notre athlète. On dirait même qu’il s’amuse de nous, en prenant un petit air désinvolte. Aucune contraction musculaire, une posture improbable, une taille de l’haltère démesurée : absolument rien de réaliste ici.   
Pourtant, une scène de ce genre, Camille Bombois en a souvent vu. Avant d’être peintre, notre artiste a longtemps travaillé comme forain dans un cirque et s’inspire de sa propre vie pour peindre ses œuvres, avec un goût tout particulier pour la monumentalité des personnages et les couleurs vives. Avec les peintres naïfs, pas besoin de représenter une réalité parfaite ni de respecter la perspective, les couleurs d’origine et les proportions !   
Mais ne vous y trompez pas ! L’haltérophilie est un sport bien difficile et très technique aussi pratiqué loin du monde du cirque. Présent dès l’Antiquité, il intègre les Jeux Olympiques modernes dès leur première organisation en 1896 à Athènes. C’est certainement une des épreuves les plus impressionnantes.   
Amusez-vous à comparer ce tableau avec une photographie d’un ou d’une haltérophile en pleine compétition et vous serez saisi par la force et l&#039;entraînement nécessaires pour arriver à un tel exploit, contrairement à ce que notre œuvre voudrait nous faire croire.   
A titre personnel, je préfère tout de même la version naïve qui me semble beaucoup moins fatigante et plus amusante à regarder.   
Athlète forain, Camille Bombois, huile sur toile, 1m30 x 89 cm, vers 1930, Senlis, Musée d’art et d’archéologie.   

Texte et voix : Raphaëlle Billerot-Mauduit 
Enregistrement : Margot Page 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Bonjour, je m’appelle Raphaëlle. Peut-être que comme moi, vous n’avez pas de gros bras, mais je suis certaine que vous apprécierez l’œuvre dont je vais vous parler aujourd’hui mêlant cirque, haltérophilie et peinture naïve.
    
Il s’agit d’une huile sur toile du peintre français Camille Bombois, datée vers 1930. Elle représente une scène de spectacle forain en extérieur, où une foule est amassée. Celle-ci regarde un athlète à la musculature exacerbée, en train de soulever de sa main droite seulement un haltère composé de deux sphères noires colossales. Elles sont si énormes qu’elles semblent plus grosses que le buste de l’athlète lui-même.  
Comment cet homme arrive-t-il à soulever une telle masse d’une seule main ? Ici, l’athlète est en pleine exhibition de force et cherche à distraire la foule. Ce qui surprend tout de suite, c’est l’absence totale d’effort et de souffrance chez notre athlète. On dirait même qu’il s’amuse de nous, en prenant un petit air désinvolte. Aucune contraction musculaire, une posture improbable, une taille de l’haltère démesurée : absolument rien de réaliste ici.   
Pourtant, une scène de ce genre, Camille Bombois en a souvent vu. Avant d’être peintre, notre artiste a longtemps travaillé comme forain dans un cirque et s’inspire de sa propre vie pour peindre ses œuvres, avec un goût tout particulier pour la monumentalité des personnages et les couleurs vives. Avec les peintres naïfs, pas besoin de représenter une réalité parfaite ni de respecter la perspective, les couleurs d’origine et les proportions !   
Mais ne vous y trompez pas ! L’haltérophilie est un sport bien difficile et très technique aussi pratiqué loin du monde du cirque. Présent dès l’Antiquité, il intègre les Jeux Olympiques modernes dès leur première organisation en 1896 à Athènes. C’est certainement une des épreuves les plus impressionnantes.   
Amusez-vous à comparer ce tableau avec une photographie d’un ou d’une haltérophile en pleine compétition et vous serez saisi par la force et l'entraînement nécessaires pour arriver à un tel exploit, contrairement à ce que notre œuvre voudrait nous faire croire.   
A titre personnel, je préfère tout de même la version naïve qui me semble beaucoup moins fatigante et plus amusante à regarder.   
Athlète forain, Camille Bombois, huile sur toile, 1m30 x 89 cm, vers 1930, Senlis, Musée d’art et d’archéologie.   

Texte et voix : Raphaëlle Billerot-Mauduit 
Enregistrement : Margot Page 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Sat, 18 May 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/raphaelle-billerot-mauduit-athlet-2024-05-18-Zpezn7ka.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/raphaelle-billerot-mauduit-athlet-2024-05-18-Zpezn7ka.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/qlxy-raphaelle-billerot-mauduit-athlete-forain-camille-bombois</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Cyndy Marie-Joseph - Piscine municipale Alfred Nakache, Jean Montariol &amp; Charles Baruteaud</title><description><![CDATA[
    Bonjour à tous, je m&#039;appelle Cyndy, et je vais vous parler de piscine, d’Art déco et d’architecture.
    
La piscine Nakache doit sa création à l’architecte Jean Montariol et à l’ingénieur Charles Baruteaud. Cette piscine, véritable chef-d’œuvre architectural, inscrite au titre des Monuments historiques, a une histoire fascinante.   
Elle se niche sur l’île du Ramier en bord de Garonne à Toulouse. Érigée dans les années 1930, elle incarne le style Art déco qui connaît son apogée dans les années vingt. L&#039;Art déco, c&#039;est, après l’exubérance ornementale de l’Art nouveau, le retour à une esthétique plus classique, élégante, sobre. L&#039;association de la simplicité géométrique des lignes et des surfaces à la richesse des couleurs et des matériaux, en fait un style à la fois moderne et populaire.  
Imaginez, deux piscines extérieures, l’une dédiée aux compétitions et l’autre aux loisirs s’étirant sur 150 m de long, agrémentées d’une île et de cascades pour un air de vacances. Il y a également une piscine intérieure avec des gradins pour 800 spectateurs. Cette piscine est un témoignage des politiques socialistes du début du XXe siècle, portées par des idées progressistes et la vision d’un avenir meilleur pour tous. Le Parc municipal des Sports toulousain, où se trouve la piscine, a, en effet, été conçu comme un lieu de loisirs et d’agrément de cinquante hectares, à proximité des quartiers populaires, c’est un véritable palais d’éducation physique, d’hygiène et de sport accessible à tous.   
Jean Montariol, l&#039;architecte, a introduit à Toulouse une modernité architecturale lumineuse et fonctionnelle, tout en préservant les traditions de la région. Par exemple, les colonnes de marbre rouge, autrefois visibles à l&#039;intérieur, incarnent le style Art déco mais également l’architecture antique de l’ancienne cité romaine. Cette piscine par son nom, rend hommage à Alfred Nakache, champion toulousain de natation mondialement reconnu qui a survécu à la déportation à Auschwitz. Ayant eu la chance de la visiter, ce qui m’a le plus marqué, c’est l’atmosphère et la possibilité d’imaginer la restauration de ce décor exceptionnel, alors n’hésitez pas à la découvrir par vous-même.   
Piscine Municipale Alfred Nakache, Jean Montariol (architecte) &amp;amp; Charles Baruteaud (ingénieur), Toulouse, 1931.   

Texte et voix : Cyndy Marie-Joseph 
Enregistrement : Sibylle Buloup 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Bonjour à tous, je m'appelle Cyndy, et je vais vous parler de piscine, d’Art déco et d’architecture.
    
La piscine Nakache doit sa création à l’architecte Jean Montariol et à l’ingénieur Charles Baruteaud. Cette piscine, véritable chef-d’œuvre architectural, inscrite au titre des Monuments historiques, a une histoire fascinante.   
Elle se niche sur l’île du Ramier en bord de Garonne à Toulouse. Érigée dans les années 1930, elle incarne le style Art déco qui connaît son apogée dans les années vingt. L'Art déco, c'est, après l’exubérance ornementale de l’Art nouveau, le retour à une esthétique plus classique, élégante, sobre. L'association de la simplicité géométrique des lignes et des surfaces à la richesse des couleurs et des matériaux, en fait un style à la fois moderne et populaire.  
Imaginez, deux piscines extérieures, l’une dédiée aux compétitions et l’autre aux loisirs s’étirant sur 150 m de long, agrémentées d’une île et de cascades pour un air de vacances. Il y a également une piscine intérieure avec des gradins pour 800 spectateurs. Cette piscine est un témoignage des politiques socialistes du début du XXe siècle, portées par des idées progressistes et la vision d’un avenir meilleur pour tous. Le Parc municipal des Sports toulousain, où se trouve la piscine, a, en effet, été conçu comme un lieu de loisirs et d’agrément de cinquante hectares, à proximité des quartiers populaires, c’est un véritable palais d’éducation physique, d’hygiène et de sport accessible à tous.   
Jean Montariol, l'architecte, a introduit à Toulouse une modernité architecturale lumineuse et fonctionnelle, tout en préservant les traditions de la région. Par exemple, les colonnes de marbre rouge, autrefois visibles à l'intérieur, incarnent le style Art déco mais également l’architecture antique de l’ancienne cité romaine. Cette piscine par son nom, rend hommage à Alfred Nakache, champion toulousain de natation mondialement reconnu qui a survécu à la déportation à Auschwitz. Ayant eu la chance de la visiter, ce qui m’a le plus marqué, c’est l’atmosphère et la possibilité d’imaginer la restauration de ce décor exceptionnel, alors n’hésitez pas à la découvrir par vous-même.   
Piscine Municipale Alfred Nakache, Jean Montariol (architecte) &amp;amp; Charles Baruteaud (ingénieur), Toulouse, 1931.   

Texte et voix : Cyndy Marie-Joseph 
Enregistrement : Sibylle Buloup 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 17 May 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/cyndy-marie-joseph-piscine-munici-2024-05-17-lcBercDK.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/cyndy-marie-joseph-piscine-munici-2024-05-17-lcBercDK.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/pkYy-cyndy-marie-joseph-piscine-municipale-alfred-nakache-jean-montariol-charles-baruteaud</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Suzanne Gilles - Pugiliste, Paul Landowski</title><description><![CDATA[
    Je m’appelle Suzanne, aujourd’hui je vais vous parler de boxeur, d’idéal et de plâtre.  
    
L’œuvre que je vais vous présenter est une statue illustrant un athlète. C’est une œuvre monumentale, plus grande que nature, de deux mètres quarante de haut, qui représente un pugiliste, un boxeur. Il est debout, nu. Je vous laisse imaginer ses deux jambes bien ancrées dans le sol, son buste particulièrement travaillé, avec ses pectoraux et sa poitrine dont le volume se dessine grâce à l’éclairage. Ses bras, aux muscles saillants, sont le long du corps et accompagnent le mouvement de sa tête, qui est légèrement penchée vers la gauche.  
Le modèle de cette œuvre est d’ailleurs bien connu ! Il s’agit du boxeur français Georges Carpentier, un ami de l’artiste.  
Mais pourquoi cette œuvre associe-t-elle sport et art ? Car celle-ci fut présentée au concours de sculpture des Jeux Olympiques en 1924 et lui a valu la première place au concours d&#039;art lors du tournoi olympique d&#039;athlétisme d&#039;Amsterdam en août 1928. Les Jeux Olympiques ont accueilli des épreuves artistiques jusqu’en 1948.  
D’ailleurs, le Pugiliste devait faire partie d&#039;un ensemble de quatre sculptures sur la boxe : un Boxeur tombé, un Boxeur mettant ses bandelettes et un Combat. Les deux dernières œuvres ne furent pas réalisées.  
Une autre version du Pugiliste fut aussi faite, en bronze de dimension réduite, et il est intéressant de voir les similarités et différences entre les deux œuvres. L’œuvre en plâtre fut présentée au Salon de 1920, mais la statue choqua à cause de sa nudité que l’artiste promis de couvrir, pour le format réduit. Promesse qui ne sera finalement pas tenue.   
Personnellement, j’ai été marquée par l’effet sculptural et froid du plâtre qui rend avec justesse une anatomie idéale du corps humain et qui rappelle les sculptures antiques. En parlant du modèle, Landowski dit d’ailleurs : « Carpentier a posé ce matin. C’est vraiment une magnifique machine humaine. J’ai encore des erreurs d’aplomb. La beauté des antiques réside dans les aplombs juste ».  
Pugiliste, Paul Landowski, 1920, plâtre, deux mètres quarante, Musée Paul Landowski à Boulogne Billancourt  

Texte et voix : Suzanne Gilles 
Enregistrement : Suzanne Saint-Cast 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Je m’appelle Suzanne, aujourd’hui je vais vous parler de boxeur, d’idéal et de plâtre.  
    
L’œuvre que je vais vous présenter est une statue illustrant un athlète. C’est une œuvre monumentale, plus grande que nature, de deux mètres quarante de haut, qui représente un pugiliste, un boxeur. Il est debout, nu. Je vous laisse imaginer ses deux jambes bien ancrées dans le sol, son buste particulièrement travaillé, avec ses pectoraux et sa poitrine dont le volume se dessine grâce à l’éclairage. Ses bras, aux muscles saillants, sont le long du corps et accompagnent le mouvement de sa tête, qui est légèrement penchée vers la gauche.  
Le modèle de cette œuvre est d’ailleurs bien connu ! Il s’agit du boxeur français Georges Carpentier, un ami de l’artiste.  
Mais pourquoi cette œuvre associe-t-elle sport et art ? Car celle-ci fut présentée au concours de sculpture des Jeux Olympiques en 1924 et lui a valu la première place au concours d'art lors du tournoi olympique d'athlétisme d'Amsterdam en août 1928. Les Jeux Olympiques ont accueilli des épreuves artistiques jusqu’en 1948.  
D’ailleurs, le Pugiliste devait faire partie d'un ensemble de quatre sculptures sur la boxe : un Boxeur tombé, un Boxeur mettant ses bandelettes et un Combat. Les deux dernières œuvres ne furent pas réalisées.  
Une autre version du Pugiliste fut aussi faite, en bronze de dimension réduite, et il est intéressant de voir les similarités et différences entre les deux œuvres. L’œuvre en plâtre fut présentée au Salon de 1920, mais la statue choqua à cause de sa nudité que l’artiste promis de couvrir, pour le format réduit. Promesse qui ne sera finalement pas tenue.   
Personnellement, j’ai été marquée par l’effet sculptural et froid du plâtre qui rend avec justesse une anatomie idéale du corps humain et qui rappelle les sculptures antiques. En parlant du modèle, Landowski dit d’ailleurs : « Carpentier a posé ce matin. C’est vraiment une magnifique machine humaine. J’ai encore des erreurs d’aplomb. La beauté des antiques réside dans les aplombs juste ».  
Pugiliste, Paul Landowski, 1920, plâtre, deux mètres quarante, Musée Paul Landowski à Boulogne Billancourt  

Texte et voix : Suzanne Gilles 
Enregistrement : Suzanne Saint-Cast 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Thu, 16 May 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/suzanne-gilles-pugiliste-paul-la-2024-05-16-PgPi8u69.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/suzanne-gilles-pugiliste-paul-la-2024-05-16-PgPi8u69.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/oj2L-suzanne-gilles-pugiliste-paul-landowski</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Naïma Lozano - Le Lancement du disque, Étienne-Jules Marey</title><description><![CDATA[
    Bonjour, je m’appelle Naïma, et je vais vous parler de photos, de mouvement et de lancer de disque.
    
Je me trouve ici devant une planche d’Étienne-Jules Marey, comprenant deux séries en noir et blanc de seize petites photographies, disposées dans la hauteur, en frise. On y voit un lanceur de disque quasi nu, en pleine action dont le mouvement est décomposé sur ces trente-deux clichés. Il tourne sur lui-même en tenant fermement le disque dans sa main droite. En équilibre sur une jambe, le bras droit tendu, il lâche le disque qui disparaît du cadrage de la dernière photo de la série.   
Bien avant l’invention des GIF, ces images numériques animées, qu’on retrouve sur les réseaux sociaux, Étienne-Jules Marey invente un procédé à partir d’un fusil photographique qui lui permet de décomposer le mouvement en plusieurs photographies.   
Il s’agit d’un appareil muni d’une crosse, semblable à celle d’un fusil traditionnel, qui lui permet de prendre plusieurs photographies. C’est l’invention de la chronophotographie. Ce qui en fait aussi l’un des pionniers du cinéma. Les frères Lumière doivent partager le mérite !  
Mais si Marey est aujourd’hui surtout connu pour ses photographies, c’est avant tout un médecin et chercheur, passionné par l’étude du mouvement animal et humain. Il incorpore la photographie à son travail scientifique afin d’enregistrer ce que l’œil ne voit pas. À la même époque aux États-Unis, Eadweard Muybridge décompose lui aussi le mouvement de chevaux au galop grâce à des procédés similaires.   
Les compétitions sportives de l’Exposition Universelle de 1900 lui offrent un vaste champ d’expérimentation. Il y observe des athlètes en situation dynamique pour étudier les caractéristiques physiologiques de leur performance. En 1900, l’année où Marey réalise cette épreuve, le contexte des Jeux Olympiques est un peu différent. Les concours sportifs de l&#039;Exposition Universelle qui a lieu cette année-là à Paris, font office de Jeux Olympiques.   
Bien qu’elles participent avant tout d’une ambition scientifique, ces séquences photographiques sont pour moi porteuse d’une force poétique, qui me touche particulièrement. En arrêtant le temps et le mouvement, Marey nous donne à voir l’invisible. Malgré elles, ces images célèbrent la beauté éphémère du geste humain dans une esthétique qui transcende leur intention scientifique initiale.   
Le Lancement du disque, Étienne-Jules Marey, 1900, quatre chronophotographies sur pellicules souples, 35 par 5,6 centimètres par bande, Paris, École Nationale Supérieure des Beaux-Arts.  

Texte et voix : Naïma Lozano 
Enregistrement : Colin Gruel 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Bonjour, je m’appelle Naïma, et je vais vous parler de photos, de mouvement et de lancer de disque.
    
Je me trouve ici devant une planche d’Étienne-Jules Marey, comprenant deux séries en noir et blanc de seize petites photographies, disposées dans la hauteur, en frise. On y voit un lanceur de disque quasi nu, en pleine action dont le mouvement est décomposé sur ces trente-deux clichés. Il tourne sur lui-même en tenant fermement le disque dans sa main droite. En équilibre sur une jambe, le bras droit tendu, il lâche le disque qui disparaît du cadrage de la dernière photo de la série.   
Bien avant l’invention des GIF, ces images numériques animées, qu’on retrouve sur les réseaux sociaux, Étienne-Jules Marey invente un procédé à partir d’un fusil photographique qui lui permet de décomposer le mouvement en plusieurs photographies.   
Il s’agit d’un appareil muni d’une crosse, semblable à celle d’un fusil traditionnel, qui lui permet de prendre plusieurs photographies. C’est l’invention de la chronophotographie. Ce qui en fait aussi l’un des pionniers du cinéma. Les frères Lumière doivent partager le mérite !  
Mais si Marey est aujourd’hui surtout connu pour ses photographies, c’est avant tout un médecin et chercheur, passionné par l’étude du mouvement animal et humain. Il incorpore la photographie à son travail scientifique afin d’enregistrer ce que l’œil ne voit pas. À la même époque aux États-Unis, Eadweard Muybridge décompose lui aussi le mouvement de chevaux au galop grâce à des procédés similaires.   
Les compétitions sportives de l’Exposition Universelle de 1900 lui offrent un vaste champ d’expérimentation. Il y observe des athlètes en situation dynamique pour étudier les caractéristiques physiologiques de leur performance. En 1900, l’année où Marey réalise cette épreuve, le contexte des Jeux Olympiques est un peu différent. Les concours sportifs de l'Exposition Universelle qui a lieu cette année-là à Paris, font office de Jeux Olympiques.   
Bien qu’elles participent avant tout d’une ambition scientifique, ces séquences photographiques sont pour moi porteuse d’une force poétique, qui me touche particulièrement. En arrêtant le temps et le mouvement, Marey nous donne à voir l’invisible. Malgré elles, ces images célèbrent la beauté éphémère du geste humain dans une esthétique qui transcende leur intention scientifique initiale.   
Le Lancement du disque, Étienne-Jules Marey, 1900, quatre chronophotographies sur pellicules souples, 35 par 5,6 centimètres par bande, Paris, École Nationale Supérieure des Beaux-Arts.  

Texte et voix : Naïma Lozano 
Enregistrement : Colin Gruel 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Wed, 15 May 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/naima-lozano-le-lancement-du-disq-2024-05-15-FN8mWCAO.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/naima-lozano-le-lancement-du-disq-2024-05-15-FN8mWCAO.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/ng5p-naima-lozano-le-lancement-du-disque-etienne-jules-marey</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Aure Lapierre-Renard - Éventail publicitaire Au Bon Marché</title><description><![CDATA[
    Bonjour, je m’appelle Aure et aujourd’hui, je vais vous parler d’éventail, de sport et de robe.
    
L’objet que je vais vous présenter est un éventail publicitaire produit par le Bon Marché en 1910. Vous tenez donc un éventail à la main. Quand vous l’ouvrez, ses neuf palmettes se déploient et montrent un décor imprimé bicolore blanc et rouge. Ce sont des femmes qui font du cricket, du golf, de l’équitation ou encore du patin à glace.   
L’éventail est un accessoire de mode qui arrive en Europe au XVe siècle par le commerce avec l’Orient. C’est au XVIIIe siècle qu’il est le plus utilisé et le plus élégant, il peut être en ivoire, en écaille couvert de plumes, de dentelles ou de papier peint à la main. Au XIXe siècle, les décors peints à la main sont remplacés par des décors imprimés plus rapides à fabriquer et moins coûteux. On produit alors beaucoup d’éventails commémoratifs et publicitaires comme ici.   
En bas de chaque palmette, on retrouve la même inscription qui dit : “Au Bon Marché, A. Boucicaut Paris”. Le Bon Marché, c’est un grand magasin fondé en 1838. Il est rapidement racheté par Aristide et Marguerite Boucicaut, qui en font un grand magasin moderne. Émile Zola s’en inspire pour inventer le grand magasin, le Bonheur des Dames, dans son roman de 1883.   
Les femmes sur l’éventail montrent la clientèle aisée du Bon Marché. En effet, les sports qu’elles pratiquent sont en 1910 réservés à une élite. On peut prendre l’exemple de la voiture, au centre de votre éventail, une palmette montre une femme conduisant une automobile. Au début du XXe siècle, la voiture est un produit de luxe et avant 1914, les femmes qui conduisent représentent moins d’1% des titulaires du permis de conduire en France. Elles sont donc vraiment marginales et celles qui conduisent sont des grandes bourgeoises et des aristocrates comme Camille du Gast ou la duchesse d’Uzès.   
Comme le sport se développe, il faut de nouveaux vêtements plus adaptés, regardez les femmes sur l’éventail, elles portent toutes des jupes qui arrivent à mi-mollet, c’est très court pour l’époque. On mettait d’habitude des robes qui arrivaient jusqu’au sol. Ces jupes plus courtes sont donc beaucoup plus confortables pour courir après une balle de tennis ou faire de grandes enjambées en patin à glace.   
J’adore cet éventail, le dessin est très délicat et vraiment très joli. Comme chaque dessin est dans un cadre, on dirait un peu des cases dans une BD. On peut imaginer une histoire derrière chaque image, par exemple : où va la femme qui conduit ou comment s’appelle le chien de celle qui est à la chasse ?  
Éventail plié, Au Bon Marché, vers 1910, Impression en couleurs, papier cartonné, carton, fer. Palais Galliera, musée de la Mode de la Ville de Paris.   

Texte et voix : Aure Lapierre-Renard 
Enregistrement : Sibylle Buloup 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Bonjour, je m’appelle Aure et aujourd’hui, je vais vous parler d’éventail, de sport et de robe.
    
L’objet que je vais vous présenter est un éventail publicitaire produit par le Bon Marché en 1910. Vous tenez donc un éventail à la main. Quand vous l’ouvrez, ses neuf palmettes se déploient et montrent un décor imprimé bicolore blanc et rouge. Ce sont des femmes qui font du cricket, du golf, de l’équitation ou encore du patin à glace.   
L’éventail est un accessoire de mode qui arrive en Europe au XVe siècle par le commerce avec l’Orient. C’est au XVIIIe siècle qu’il est le plus utilisé et le plus élégant, il peut être en ivoire, en écaille couvert de plumes, de dentelles ou de papier peint à la main. Au XIXe siècle, les décors peints à la main sont remplacés par des décors imprimés plus rapides à fabriquer et moins coûteux. On produit alors beaucoup d’éventails commémoratifs et publicitaires comme ici.   
En bas de chaque palmette, on retrouve la même inscription qui dit : “Au Bon Marché, A. Boucicaut Paris”. Le Bon Marché, c’est un grand magasin fondé en 1838. Il est rapidement racheté par Aristide et Marguerite Boucicaut, qui en font un grand magasin moderne. Émile Zola s’en inspire pour inventer le grand magasin, le Bonheur des Dames, dans son roman de 1883.   
Les femmes sur l’éventail montrent la clientèle aisée du Bon Marché. En effet, les sports qu’elles pratiquent sont en 1910 réservés à une élite. On peut prendre l’exemple de la voiture, au centre de votre éventail, une palmette montre une femme conduisant une automobile. Au début du XXe siècle, la voiture est un produit de luxe et avant 1914, les femmes qui conduisent représentent moins d’1% des titulaires du permis de conduire en France. Elles sont donc vraiment marginales et celles qui conduisent sont des grandes bourgeoises et des aristocrates comme Camille du Gast ou la duchesse d’Uzès.   
Comme le sport se développe, il faut de nouveaux vêtements plus adaptés, regardez les femmes sur l’éventail, elles portent toutes des jupes qui arrivent à mi-mollet, c’est très court pour l’époque. On mettait d’habitude des robes qui arrivaient jusqu’au sol. Ces jupes plus courtes sont donc beaucoup plus confortables pour courir après une balle de tennis ou faire de grandes enjambées en patin à glace.   
J’adore cet éventail, le dessin est très délicat et vraiment très joli. Comme chaque dessin est dans un cadre, on dirait un peu des cases dans une BD. On peut imaginer une histoire derrière chaque image, par exemple : où va la femme qui conduit ou comment s’appelle le chien de celle qui est à la chasse ?  
Éventail plié, Au Bon Marché, vers 1910, Impression en couleurs, papier cartonné, carton, fer. Palais Galliera, musée de la Mode de la Ville de Paris.   

Texte et voix : Aure Lapierre-Renard 
Enregistrement : Sibylle Buloup 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 14 May 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/aure-lapierre-renard-eventail-pub-2024-05-14-tTLe5LDM.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/aure-lapierre-renard-eventail-pub-2024-05-14-tTLe5LDM.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/l2Y1-aure-lapierre-renard-eventail-publicitaire-au-bon-marche</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Marie Brochec - Escrimeuse avec masque, Germaine Richier</title><description><![CDATA[
    Bonjour, je m’appelle Marie, et aujourd’hui je vais vous parler d’une sculpture de Germaine Richier, L’Escrimeuse de 1943. Ensemble on va évoquer le mouvement, l’affrontement dans l’escrime et le contexte de la Seconde Guerre mondiale.
    
Sur un socle rectangulaire, une jeune femme de profil est en position de garde. On voit là une véritable combattante moderne habillée d’une tunique et de chaussons d’escrime ainsi que d’un casque à résille métallique. Elle est ancrée dans le sol, ses jambes sont fléchies. Son corps s’équilibre à l’aide de son bras gauche levé à l’arrière et son bras droit pointe le fleuret. Le fleuret, c’est une arme blanche utilisée dans la pratique de l’escrime qui est ici comme cassée, seul le manche est représenté.   
La sculptrice a grandi près de Montpellier, une ville renommée pour sa pratique de l’escrime, notamment au XIXe siècle avec le célèbre maître d’arme Jean-Louis Michel. C’est un art très ancien qui est associé à l’Ancien Régime et qui est devenu une pratique sportive jusqu’à sa consécration lors des premiers Jeux Olympiques modernes de 1896 à Athènes. Germaine Richier a d’ailleurs fait venir un maître d’arme de l’Université de Zurich dans son atelier suisse pour lui servir de modèle. Mais en pratique, elle aurait pu prendre pour modèle une escrimeuse car les femmes pratiquent l’escrime aux Jeux Olympiques depuis 1924.   
Germaine Richier suspend le corps et l’action dans le temps et l’espace. Comme si cette amazone anonyme allait se mettre à bouger d’un instant à l’autre. Comme si elle allait bondir sur son adversaire. Mais cet adversaire qui est-il ou qui est-elle ? Ce n’est pas anodin de représenter une femme comme cela. En 1943, Germaine Richier est en pays neutre dans une Europe en guerre, elle est en Suisse.   
L’escrimeuse représentée en position de garde, entre attaque et défense, affronte sans peur les temps violents de son époque. Peut-être s’agit-il d’un combat que souhaiterait mener l’artiste réfugiée en Suisse. On pourrait donc y voir un autoportrait de l’artiste combattant la matière et la guerre, une évocation de sa situation d’exile, mais aussi une allégorie politique, une posture qui signale son désaccord.  
Cette sculpture me fascine pour son aspect immobile et nerveux à la fois. Je trouve l’étude du mouvement fascinante. Elle me donne envie d’affronter le monde.   
Escrimeuse avec masque, Germaine Richier, 1943, bronze patiné foncé, H. 105 cm, l. 70 cm, Montpellier, Musée Fabre.  

Texte et voix : Marie Brochec 
Enregistrement : Margot Page 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Bonjour, je m’appelle Marie, et aujourd’hui je vais vous parler d’une sculpture de Germaine Richier, L’Escrimeuse de 1943. Ensemble on va évoquer le mouvement, l’affrontement dans l’escrime et le contexte de la Seconde Guerre mondiale.
    
Sur un socle rectangulaire, une jeune femme de profil est en position de garde. On voit là une véritable combattante moderne habillée d’une tunique et de chaussons d’escrime ainsi que d’un casque à résille métallique. Elle est ancrée dans le sol, ses jambes sont fléchies. Son corps s’équilibre à l’aide de son bras gauche levé à l’arrière et son bras droit pointe le fleuret. Le fleuret, c’est une arme blanche utilisée dans la pratique de l’escrime qui est ici comme cassée, seul le manche est représenté.   
La sculptrice a grandi près de Montpellier, une ville renommée pour sa pratique de l’escrime, notamment au XIXe siècle avec le célèbre maître d’arme Jean-Louis Michel. C’est un art très ancien qui est associé à l’Ancien Régime et qui est devenu une pratique sportive jusqu’à sa consécration lors des premiers Jeux Olympiques modernes de 1896 à Athènes. Germaine Richier a d’ailleurs fait venir un maître d’arme de l’Université de Zurich dans son atelier suisse pour lui servir de modèle. Mais en pratique, elle aurait pu prendre pour modèle une escrimeuse car les femmes pratiquent l’escrime aux Jeux Olympiques depuis 1924.   
Germaine Richier suspend le corps et l’action dans le temps et l’espace. Comme si cette amazone anonyme allait se mettre à bouger d’un instant à l’autre. Comme si elle allait bondir sur son adversaire. Mais cet adversaire qui est-il ou qui est-elle ? Ce n’est pas anodin de représenter une femme comme cela. En 1943, Germaine Richier est en pays neutre dans une Europe en guerre, elle est en Suisse.   
L’escrimeuse représentée en position de garde, entre attaque et défense, affronte sans peur les temps violents de son époque. Peut-être s’agit-il d’un combat que souhaiterait mener l’artiste réfugiée en Suisse. On pourrait donc y voir un autoportrait de l’artiste combattant la matière et la guerre, une évocation de sa situation d’exile, mais aussi une allégorie politique, une posture qui signale son désaccord.  
Cette sculpture me fascine pour son aspect immobile et nerveux à la fois. Je trouve l’étude du mouvement fascinante. Elle me donne envie d’affronter le monde.   
Escrimeuse avec masque, Germaine Richier, 1943, bronze patiné foncé, H. 105 cm, l. 70 cm, Montpellier, Musée Fabre.  

Texte et voix : Marie Brochec 
Enregistrement : Margot Page 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Mon, 13 May 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/marie-brochec-escrimeuse-avec-mas-2024-05-13-jDaUWi2o.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/marie-brochec-escrimeuse-avec-mas-2024-05-13-jDaUWi2o.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/krRv-marie-brochec-escrimeuse-avec-masque-germaine-richier</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Justine Camand - Les Lutteurs, Natalia Gontcharova</title><description><![CDATA[
    Je m’appelle Justine, et aujourd’hui nous allons remonter le temps jusqu’au tournant du XXe siècle, pour assister à un combat de lutte alliant couleurs et mouvement et violence.
    
L’œuvre que je vous présente est une peinture à l’huile réalisée par Natalia Gontcharova aux alentours de 1910. Elle représente deux corps, l’un de face l’autre de dos, engagés dans une prise de lutte, se débattant sur une arène de foire au sol rouge foncé. Le cadrage serré nous révèle le choc de deux corps massifs, à la peau de couleurs jaune pour l’un et vert pour l’autre, défini par de larges contours noirs. Les deux lutteurs portent un bas et une paire de bottes noires et celui à la peau jaune, à gauche du tableau, porte un maillot rouge. Ce dernier nous regarde quand seulement le corps de son adversaire est discernable.   
Ce qui m’intéresse dans cette peinture, c’est la manière dont les corps sont traités. Ici, les lutteurs ne sont pas représentés de manière naturaliste, c’est-à-dire fidèles à la réalité, mais de manière synthétique, l’accent est mis sur l’importance de la couleur comme vecteur des émotions des lutteurs plutôt que la réalité du combat. C’est une façon pour l’artiste de faire ressentir aux spectateurs la réelle violence qui en émane. Dans cette toile, le sport est traité par la peintre comme la métaphore du combat de l’artiste contre l’académisme, l’art n’est plus un art de salon mais un art d’exercice et au-delà un véritable combat. Un combat contre le passé auquel nous sommes ici conviés. Natalia Gontcharova, artiste néo-primitiviste : mouvement qui se développe en Russie autour de 1910, s’inspire des estampes populaires russes et prône un traitement plus synthétique des formes, qui trouve échos dans la brutalité d’une lutte.   
Nous avons donc ici affaire à une métaphore de la lutte de l’artiste à la fois en tant que femme et artiste d’avant-garde vers une nouvelle vision des corps qui s’inspire dans son cas de la lutte. Une lutte sur tous les terrains.   
Par ailleurs, la posture des lutteurs de Gontcharova est fidèle de celle des premiers lutteurs en Grèce Antique, front contre front ils s’agrippaient au niveau du torse et effectuaient une prise au-dessus de la taille, leur corps prenant ainsi la forme d’un “V” inversé. Les combats étaient supervisés par un arbitre pointant les fautes et la lutte était la dernière discipline du combat des jeux panhelléniques. Elle est intégrée pour la première fois aux Jeux olympiques en 1896 et devient très rapidement appréciée. Des centaines de styles de lutte se démarquent désormais dans le monde entier, faisant d’elle une des plus grandes disciplines des Jeux olympiques.  
Ce que j’aime dans cette œuvre, c’est la force avec laquelle les corps s’entrechoquent. L’artiste met l’accent sur les couleurs qui viennent souligner les courbes et il devient facile d’imaginer la puissance des athlètes au combat.   
Les Lutteurs, Natalia Gontcharova, peinture à l’huile sur 118,5 par 103,5 cm, vers 1909-1910, MNAM-CCI.  

Texte et voix : Justine Camand 
Enregistrement : Hugo Passard 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Je m’appelle Justine, et aujourd’hui nous allons remonter le temps jusqu’au tournant du XXe siècle, pour assister à un combat de lutte alliant couleurs et mouvement et violence.
    
L’œuvre que je vous présente est une peinture à l’huile réalisée par Natalia Gontcharova aux alentours de 1910. Elle représente deux corps, l’un de face l’autre de dos, engagés dans une prise de lutte, se débattant sur une arène de foire au sol rouge foncé. Le cadrage serré nous révèle le choc de deux corps massifs, à la peau de couleurs jaune pour l’un et vert pour l’autre, défini par de larges contours noirs. Les deux lutteurs portent un bas et une paire de bottes noires et celui à la peau jaune, à gauche du tableau, porte un maillot rouge. Ce dernier nous regarde quand seulement le corps de son adversaire est discernable.   
Ce qui m’intéresse dans cette peinture, c’est la manière dont les corps sont traités. Ici, les lutteurs ne sont pas représentés de manière naturaliste, c’est-à-dire fidèles à la réalité, mais de manière synthétique, l’accent est mis sur l’importance de la couleur comme vecteur des émotions des lutteurs plutôt que la réalité du combat. C’est une façon pour l’artiste de faire ressentir aux spectateurs la réelle violence qui en émane. Dans cette toile, le sport est traité par la peintre comme la métaphore du combat de l’artiste contre l’académisme, l’art n’est plus un art de salon mais un art d’exercice et au-delà un véritable combat. Un combat contre le passé auquel nous sommes ici conviés. Natalia Gontcharova, artiste néo-primitiviste : mouvement qui se développe en Russie autour de 1910, s’inspire des estampes populaires russes et prône un traitement plus synthétique des formes, qui trouve échos dans la brutalité d’une lutte.   
Nous avons donc ici affaire à une métaphore de la lutte de l’artiste à la fois en tant que femme et artiste d’avant-garde vers une nouvelle vision des corps qui s’inspire dans son cas de la lutte. Une lutte sur tous les terrains.   
Par ailleurs, la posture des lutteurs de Gontcharova est fidèle de celle des premiers lutteurs en Grèce Antique, front contre front ils s’agrippaient au niveau du torse et effectuaient une prise au-dessus de la taille, leur corps prenant ainsi la forme d’un “V” inversé. Les combats étaient supervisés par un arbitre pointant les fautes et la lutte était la dernière discipline du combat des jeux panhelléniques. Elle est intégrée pour la première fois aux Jeux olympiques en 1896 et devient très rapidement appréciée. Des centaines de styles de lutte se démarquent désormais dans le monde entier, faisant d’elle une des plus grandes disciplines des Jeux olympiques.  
Ce que j’aime dans cette œuvre, c’est la force avec laquelle les corps s’entrechoquent. L’artiste met l’accent sur les couleurs qui viennent souligner les courbes et il devient facile d’imaginer la puissance des athlètes au combat.   
Les Lutteurs, Natalia Gontcharova, peinture à l’huile sur 118,5 par 103,5 cm, vers 1909-1910, MNAM-CCI.  

Texte et voix : Justine Camand 
Enregistrement : Hugo Passard 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Sun, 12 May 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/justine-camand-les-lutteurs-nata-2024-05-12-Y8ufRq81.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/justine-camand-les-lutteurs-nata-2024-05-12-Y8ufRq81.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/j0R4-justine-camand-les-lutteurs-natalia-gontcharova</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Pascaline Chevalier - Le Golf, Jacques Gruber</title><description><![CDATA[
    Bonjour, je m’appelle Pascaline, et aujourd’hui je vais vous parler de golf, de vitrail et d’Art déco.  
    
Le Golf de Jacques Gruber est un dessin de format circulaire en noir et blanc réalisé en 1925 au fusain sur papier calque. Il représente une joueuse de golf qui, son club en l’air derrière les épaules, s’apprête à taper dans la balle. Les formes sont géométriques et le dessin réduit à l’essentiel.   
Il s’agit du dessin préparatoire à l’un des six vitraux commandés au maître verrier Jacques Gruber sur le thème du sport. Cet artiste appartient à l’école de Nancy et s’il se fait d’abord connaître comme représentant de l‘Art nouveau avec un style tout en courbes et contre-courbes, il se rapproche de l’Art déco avec une composition beaucoup plus géométrique. À votre avis, à quels bâtiments sont destinées ces pièces de vitrail ? Elles ont été réalisées pour le casino d’Ilbarritz situé sur la côte basque et illustraient les loisirs de plein air que les riches vacanciers pouvaient y pratiquer.  
La tenue de cette joueuse de golf est emblématique des années 1920 où la mode sportive féminine se modernise. Les corsets sont abandonnés, les longueurs raccourcissent car hygiène et confort prévalent désormais sur l’élégance. Regardez sa robe, le bas plissé rappelle les jupes de golfeuses inventées par le couturier Jean Patou. Et sous son chapeau cloche, les traits finement dessinés de son visage de profil – réhaussés à la gouache blanche – illustrent sa concentration, peu avant le geste décisif.  
Essayez d’imaginer l’œuvre finale, elle comporte peu de couleurs comme souvent dans les vitraux de style Art déco : le jaune pour les détails de l’habillement, le gris pour le matériel de golf et le noir pour les contours. Lorsque les rayons du soleil passent au travers, ils mettent tout particulièrement en valeur ces éléments, délimités par le plomb qui permet de souder les morceaux de verre à vitre entre eux.   
Pour moi, la force de cette œuvre réside dans le mouvement qui s’en dégage alors même qu’elle est figée. Aussi bien matériellement dans le verre, que physiquement à peine le geste débuté. Et si les vitraux ont disparu avec le casino à sa fermeture après la crise économique de 1929, il semblerait qu’il ne manque qu’un rayon de soleil pour l’animer à nouveau et, qu’à la faveur d’une éclaircie, notre golfeuse vise, tape et marque !  
Le Golf, Jacques Gruber, 1925, Dessin fusain ; gouache blanche ; rehaut sur papier calque, Musée départemental de l’Oise, Beauvais 

Texte et voix : Pascaline Chevalier 
Enregistrement : Margot Page 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Bonjour, je m’appelle Pascaline, et aujourd’hui je vais vous parler de golf, de vitrail et d’Art déco.  
    
Le Golf de Jacques Gruber est un dessin de format circulaire en noir et blanc réalisé en 1925 au fusain sur papier calque. Il représente une joueuse de golf qui, son club en l’air derrière les épaules, s’apprête à taper dans la balle. Les formes sont géométriques et le dessin réduit à l’essentiel.   
Il s’agit du dessin préparatoire à l’un des six vitraux commandés au maître verrier Jacques Gruber sur le thème du sport. Cet artiste appartient à l’école de Nancy et s’il se fait d’abord connaître comme représentant de l‘Art nouveau avec un style tout en courbes et contre-courbes, il se rapproche de l’Art déco avec une composition beaucoup plus géométrique. À votre avis, à quels bâtiments sont destinées ces pièces de vitrail ? Elles ont été réalisées pour le casino d’Ilbarritz situé sur la côte basque et illustraient les loisirs de plein air que les riches vacanciers pouvaient y pratiquer.  
La tenue de cette joueuse de golf est emblématique des années 1920 où la mode sportive féminine se modernise. Les corsets sont abandonnés, les longueurs raccourcissent car hygiène et confort prévalent désormais sur l’élégance. Regardez sa robe, le bas plissé rappelle les jupes de golfeuses inventées par le couturier Jean Patou. Et sous son chapeau cloche, les traits finement dessinés de son visage de profil – réhaussés à la gouache blanche – illustrent sa concentration, peu avant le geste décisif.  
Essayez d’imaginer l’œuvre finale, elle comporte peu de couleurs comme souvent dans les vitraux de style Art déco : le jaune pour les détails de l’habillement, le gris pour le matériel de golf et le noir pour les contours. Lorsque les rayons du soleil passent au travers, ils mettent tout particulièrement en valeur ces éléments, délimités par le plomb qui permet de souder les morceaux de verre à vitre entre eux.   
Pour moi, la force de cette œuvre réside dans le mouvement qui s’en dégage alors même qu’elle est figée. Aussi bien matériellement dans le verre, que physiquement à peine le geste débuté. Et si les vitraux ont disparu avec le casino à sa fermeture après la crise économique de 1929, il semblerait qu’il ne manque qu’un rayon de soleil pour l’animer à nouveau et, qu’à la faveur d’une éclaircie, notre golfeuse vise, tape et marque !  
Le Golf, Jacques Gruber, 1925, Dessin fusain ; gouache blanche ; rehaut sur papier calque, Musée départemental de l’Oise, Beauvais 

Texte et voix : Pascaline Chevalier 
Enregistrement : Margot Page 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Sat, 11 May 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/pascaline-chevalier-le-golf-jacq-2024-05-11-FvoABi8f.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/pascaline-chevalier-le-golf-jacq-2024-05-11-FvoABi8f.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/gnJj-pascaline-chevalier-le-golf-jacques-gruber</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Jianhui Yang - Gobelet aux joueurs de polo</title><description><![CDATA[
    Je m’appelle Jianhui et je vais vous parler de gobelet, de polo et d’échanges. 
    
Représentez-vous un gobelet fabriqué en Syrie vers 1250, il est encore complet, de la taille d&#039;une main, avec une ouverture deux fois plus large que sa base. Ce gobelet est l’un des témoignages de l’une des techniques la plus spectaculaire, développée dans le monde islamique ; le verre soufflé à décor émaillé et doré. Le verre translucide du gobelet est obtenu à partir de silice et d&#039;un fondant. Une fois que la forme du gobelet est créée, le décor en or et les émaux sont délicatement appliqués.  
Regardez au centre, trois cavaliers à cheval sont représentés. Les montures portent harnais, selles et étriers, elles sont blanches, rouges et noires. Les personnages sont coiffés de lourds turbans de couleurs différentes, vêtus d’une robe serrée à la taille et ornée sur la manche d’un tiraz.   
Les plis du vêtement semblent capturer le mouvement de la scène. À première vue, vous pourriez penser que c&#039;est une scène de chasse.  Mais regardez de plus près, il n’y a ni carquois ni flèches. Les cavaliers galopent sur un fond de rinceaux, dont les courbes et les contre-courbes enchaînées créent une impression de mouvement, qui souligne leur course, presque comme dans une bande dessinée.  
Ces cavaliers sont en réalité en train de jouer au polo ! Le décor de ce gobelet précieux est traité comme une page de miniature colorée, une forme d&#039;illustration ou de peinture détaillée avec beaucoup de précision et de finesse.   
À partir de la fin du XIIe siècle, on constate un fort développement des compositions figurées dans la production d’objet de luxe en céramique, en métal et en verre émaillé. Ces objets évoquent les plaisirs liés aux cercles du pouvoir, en particulier des activités équestres comme les joutes, la chasse et le jeu de polo que l’on retrouve ici. Grâce aux deux bandeaux d’écritures en arabe qui encadrent le registre central, nous savons que ce gobelet était une dédicace à un sultan, une manière de montrer respect et loyauté envers le chef de l&#039;État.  
Ce qui me touche particulièrement dans cet objet, c’est que son histoire ne s’arrête pas au XIIIe siècle en Syrie. Il a été découvert à Orvieto, en Italie.  Ce gobelet en verre, petit et fragile, a survécu pendant 800 ans, préservé par différentes personnes, pour diverses raisons ou utilisations. C’est un véritable trésor qui nous raconte une histoire allant bien au-delà de sa naissance, depuis l&#039;invention du jeu de polo en Asie et sa diffusion grâce à la Route de la Soie, jusqu&#039;au voyage de ce gobelet vers l&#039;Europe.  
Gobelet aux joueurs de polo, vers 1250, Syrie, en verre soufflé, décor émaillé et doré, découvert à Orvieto en Italie, sous l&#039;autel de l&#039;église, aujourd&#039;hui disparue, de Santa Margherita, Hauteur : 15,5 cm, Paris, Musée du Louvre.   

Texte et voix : Jianhui Yang 
Enregistrement : Hugo Passard 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Je m’appelle Jianhui et je vais vous parler de gobelet, de polo et d’échanges. 
    
Représentez-vous un gobelet fabriqué en Syrie vers 1250, il est encore complet, de la taille d'une main, avec une ouverture deux fois plus large que sa base. Ce gobelet est l’un des témoignages de l’une des techniques la plus spectaculaire, développée dans le monde islamique ; le verre soufflé à décor émaillé et doré. Le verre translucide du gobelet est obtenu à partir de silice et d'un fondant. Une fois que la forme du gobelet est créée, le décor en or et les émaux sont délicatement appliqués.  
Regardez au centre, trois cavaliers à cheval sont représentés. Les montures portent harnais, selles et étriers, elles sont blanches, rouges et noires. Les personnages sont coiffés de lourds turbans de couleurs différentes, vêtus d’une robe serrée à la taille et ornée sur la manche d’un tiraz.   
Les plis du vêtement semblent capturer le mouvement de la scène. À première vue, vous pourriez penser que c'est une scène de chasse.  Mais regardez de plus près, il n’y a ni carquois ni flèches. Les cavaliers galopent sur un fond de rinceaux, dont les courbes et les contre-courbes enchaînées créent une impression de mouvement, qui souligne leur course, presque comme dans une bande dessinée.  
Ces cavaliers sont en réalité en train de jouer au polo ! Le décor de ce gobelet précieux est traité comme une page de miniature colorée, une forme d'illustration ou de peinture détaillée avec beaucoup de précision et de finesse.   
À partir de la fin du XIIe siècle, on constate un fort développement des compositions figurées dans la production d’objet de luxe en céramique, en métal et en verre émaillé. Ces objets évoquent les plaisirs liés aux cercles du pouvoir, en particulier des activités équestres comme les joutes, la chasse et le jeu de polo que l’on retrouve ici. Grâce aux deux bandeaux d’écritures en arabe qui encadrent le registre central, nous savons que ce gobelet était une dédicace à un sultan, une manière de montrer respect et loyauté envers le chef de l'État.  
Ce qui me touche particulièrement dans cet objet, c’est que son histoire ne s’arrête pas au XIIIe siècle en Syrie. Il a été découvert à Orvieto, en Italie.  Ce gobelet en verre, petit et fragile, a survécu pendant 800 ans, préservé par différentes personnes, pour diverses raisons ou utilisations. C’est un véritable trésor qui nous raconte une histoire allant bien au-delà de sa naissance, depuis l'invention du jeu de polo en Asie et sa diffusion grâce à la Route de la Soie, jusqu'au voyage de ce gobelet vers l'Europe.  
Gobelet aux joueurs de polo, vers 1250, Syrie, en verre soufflé, décor émaillé et doré, découvert à Orvieto en Italie, sous l'autel de l'église, aujourd'hui disparue, de Santa Margherita, Hauteur : 15,5 cm, Paris, Musée du Louvre.   

Texte et voix : Jianhui Yang 
Enregistrement : Hugo Passard 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 10 May 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/jianhui-yang-gobelet-aux-joueurs-2024-05-10-0Gj1NXUm.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/jianhui-yang-gobelet-aux-joueurs-2024-05-10-0Gj1NXUm.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/00RN-jianhui-yang-gobelet-aux-joueurs-de-polo</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Chloé-Alizée Clément - Skateboard, Pro model « Tony Hawk »</title><description><![CDATA[
    Hey ! Je m’appelle Chloé-Alizée. Aujourd’hui, je vous parle de skate ! Trois mots à retenir : Board, Freestyle et Fun. Accrochez-vous, ça va glisser !
    
Facile d’imaginer un skateboard, vous me direz, mais connaissez-vous les mots qu’utilisent les skateurs pour le décrire ? C’est un board ou deck, une planche en bois courbée à laquelle sont attachées des roues, maintenues par des trucks en acier. Tout un set-up bricolé maison, modifiable quand on veut. Son décor est aussi important. Le skate qui m’intéresse porte fièrement un dragon rouge et une tête d’oiseau, l’emblème de son créateur Tony Hawk alias Birdman, l’homme oiseau.  
Tony Hawk est une légende du skate depuis son enfance. Il a réalisé le premier 900, figure ou trick consistant à réaliser deux tours et demi lors d’un saut depuis une grande rampe. Rien que d’y penser, ça me donne des frissons ! Ça tombe bien, c’est l’objectif de tout rider ou rideuse qui pratique un sport extrême.   
Le skate a été inventé par des surfers californiens vers 1950 pour tester d’autres sensations de glisse dans la rue et ses spots. Petit à petit, il s’est diffusé partout dans le monde avec son vocabulaire, son esthétique pop et colorée et son mode de vie. À nous les sensations, la liberté et le fun !  
Attention, réaliser des figures implique un entraînement physique quotidien. Tout skateur doit persévérer même s’il tombe, et repousser ses limites ! Avec ces valeurs, le skate a sa place aux Jeux Olympiques. En 2024 à Paris, une arène sera aménagée place de la Concorde pour accueillir deux épreuves : le Park, pour les Tony Hawk amateurs de courbes, et le freestyle, dans un espace reproduisant une rue. Les skaters improviseront leurs figures réalisées pendant leur run, prestation de 45 secondes, et seront évalués sur leur vitesse et leur technique.   
Je trouve l’univers qui gravite autour du skate super fun. Chacun bricole ses planches, parfois de vraies œuvres d’art, ou son parcours comme il ou elle le veut. Impossible de ne pas m’arrêter lorsque je vois un rider tester un spot sympa dans la rue ou même un joueur en ligne incarner Tony Hawk dans l’un de ses jeux vidéo ! D’ailleurs, à quand, le skate aux JO du e-sport ?  
Skateboard, pro-model « Tony Hawk », 1983, bois, film déco, papier de verre, Marseille, MUCEM.   

Texte et voix : Chloé-Alizée Clément 
Enregistrement : Suzanne Saint-Cast 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Hey ! Je m’appelle Chloé-Alizée. Aujourd’hui, je vous parle de skate ! Trois mots à retenir : Board, Freestyle et Fun. Accrochez-vous, ça va glisser !
    
Facile d’imaginer un skateboard, vous me direz, mais connaissez-vous les mots qu’utilisent les skateurs pour le décrire ? C’est un board ou deck, une planche en bois courbée à laquelle sont attachées des roues, maintenues par des trucks en acier. Tout un set-up bricolé maison, modifiable quand on veut. Son décor est aussi important. Le skate qui m’intéresse porte fièrement un dragon rouge et une tête d’oiseau, l’emblème de son créateur Tony Hawk alias Birdman, l’homme oiseau.  
Tony Hawk est une légende du skate depuis son enfance. Il a réalisé le premier 900, figure ou trick consistant à réaliser deux tours et demi lors d’un saut depuis une grande rampe. Rien que d’y penser, ça me donne des frissons ! Ça tombe bien, c’est l’objectif de tout rider ou rideuse qui pratique un sport extrême.   
Le skate a été inventé par des surfers californiens vers 1950 pour tester d’autres sensations de glisse dans la rue et ses spots. Petit à petit, il s’est diffusé partout dans le monde avec son vocabulaire, son esthétique pop et colorée et son mode de vie. À nous les sensations, la liberté et le fun !  
Attention, réaliser des figures implique un entraînement physique quotidien. Tout skateur doit persévérer même s’il tombe, et repousser ses limites ! Avec ces valeurs, le skate a sa place aux Jeux Olympiques. En 2024 à Paris, une arène sera aménagée place de la Concorde pour accueillir deux épreuves : le Park, pour les Tony Hawk amateurs de courbes, et le freestyle, dans un espace reproduisant une rue. Les skaters improviseront leurs figures réalisées pendant leur run, prestation de 45 secondes, et seront évalués sur leur vitesse et leur technique.   
Je trouve l’univers qui gravite autour du skate super fun. Chacun bricole ses planches, parfois de vraies œuvres d’art, ou son parcours comme il ou elle le veut. Impossible de ne pas m’arrêter lorsque je vois un rider tester un spot sympa dans la rue ou même un joueur en ligne incarner Tony Hawk dans l’un de ses jeux vidéo ! D’ailleurs, à quand, le skate aux JO du e-sport ?  
Skateboard, pro-model « Tony Hawk », 1983, bois, film déco, papier de verre, Marseille, MUCEM.   

Texte et voix : Chloé-Alizée Clément 
Enregistrement : Suzanne Saint-Cast 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Thu, 09 May 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/chloe-alizee-clement-skateboard-2024-05-09-0zYasT0K.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/chloe-alizee-clement-skateboard-2024-05-09-0zYasT0K.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/9Drz-chloe-alizee-clement-skateboard-pro-model-tony-hawk</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Claire Farah - Victoire de Samothrace</title><description><![CDATA[
    Bonjour à tous ! Je m’appelle Claire, aujourd’hui je vais vous parler de sculpture, de chef-d&#039;œuvre et de victoire.
    
Notre création artistique est une sculpture grecque renommée qui fût découverte sur l’île de Samothrace et qui date du début du IIe siècle avant notre ère. Elle est encore mystérieuse à bien des égards.   
Tout d’abord, imaginez une figure féminine sans tête : atypique me direz-vous, mais cela lui donne un caractère universel plutôt plaisant. Elle est très sensuelle, puissante et aérienne. Les ailes déployées, elle s’apprête à atterrir sur la proue d’un navire. Le drapé de son vêtement bouillonne et suit les courbes de son corps. Et si je vous dis Victoire, vous avez une idée ?  
La réalisation du monument décrit est une prouesse technique, l’œuvre semble légère mais pèse en réalité plusieurs tonnes de marbre de Paros pour la figure féminine, et de marbre gris de Lartos pour la proue et le socle. Elle n’était pas toute blanche à l’origine, on a repéré des traces de peinture bleue sur son vêtement et sur une aile. En poésie, on l’appelle « la Bienheureuse » ou « la Glorieuse ». Fille d’un Titan et d’une Océanide, on la nomme aussi Nikè.  
À quoi reconnaît-on notre messagère ?  À ses attributs que sont la couronne de laurier, une torche, un trophée ou la palme de la victoire. C’est par eux qu’elle vient annoncer le succès aux vainqueurs de guerre, des arts ou des sports de compétition. C’est dire aussi si elle a sa place dans les Jeux Olympiques !   
Dans l’Antiquité, cette victoire allégorique apparaît sur des scènes de bas-reliefs, des sarcophages, des pièces de monnaie ou des vases en céramique. Elle assiste aux préparatifs, préside, arbitre ou s’envole pour venir se placer derrière l’élu des dieux. À la fin de l’épreuve, c’est elle qui remet au vainqueur les insignes et les prix.  
Aujourd’hui encore, Nikè influence le sport car elle est vive et dynamique. Un détail de l’aile gauche de notre œuvre d’art a notamment inspiré la marque Nike qui a repris les lettres de son nom. Son logo exprime l’énergie et le dépassement de soi. Elle apparaît aussi sur le premier trophée de la coupe du monde de football en 1930 : il s’agit de la Coupe Jules Rimet.  
Je ne sais pas pour vous, mais moi, je suis conquise par son aspect surnaturel, sa beauté exceptionnelle et sa grande force symbolique. Elle trône en réduction sur mon bureau : c’est un porte-bonheur. Qu’elle vous aide aussi à réussir tous vos projets !  
Victoire de Samothrace, vers 190 avant J.-C., marbre, sculpture monumentale, Paris, Musée du Louvre.   

Texte et voix : Claire Farah 
Enregistrement : Suzanne Saint-Cast 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Bonjour à tous ! Je m’appelle Claire, aujourd’hui je vais vous parler de sculpture, de chef-d'œuvre et de victoire.
    
Notre création artistique est une sculpture grecque renommée qui fût découverte sur l’île de Samothrace et qui date du début du IIe siècle avant notre ère. Elle est encore mystérieuse à bien des égards.   
Tout d’abord, imaginez une figure féminine sans tête : atypique me direz-vous, mais cela lui donne un caractère universel plutôt plaisant. Elle est très sensuelle, puissante et aérienne. Les ailes déployées, elle s’apprête à atterrir sur la proue d’un navire. Le drapé de son vêtement bouillonne et suit les courbes de son corps. Et si je vous dis Victoire, vous avez une idée ?  
La réalisation du monument décrit est une prouesse technique, l’œuvre semble légère mais pèse en réalité plusieurs tonnes de marbre de Paros pour la figure féminine, et de marbre gris de Lartos pour la proue et le socle. Elle n’était pas toute blanche à l’origine, on a repéré des traces de peinture bleue sur son vêtement et sur une aile. En poésie, on l’appelle « la Bienheureuse » ou « la Glorieuse ». Fille d’un Titan et d’une Océanide, on la nomme aussi Nikè.  
À quoi reconnaît-on notre messagère ?  À ses attributs que sont la couronne de laurier, une torche, un trophée ou la palme de la victoire. C’est par eux qu’elle vient annoncer le succès aux vainqueurs de guerre, des arts ou des sports de compétition. C’est dire aussi si elle a sa place dans les Jeux Olympiques !   
Dans l’Antiquité, cette victoire allégorique apparaît sur des scènes de bas-reliefs, des sarcophages, des pièces de monnaie ou des vases en céramique. Elle assiste aux préparatifs, préside, arbitre ou s’envole pour venir se placer derrière l’élu des dieux. À la fin de l’épreuve, c’est elle qui remet au vainqueur les insignes et les prix.  
Aujourd’hui encore, Nikè influence le sport car elle est vive et dynamique. Un détail de l’aile gauche de notre œuvre d’art a notamment inspiré la marque Nike qui a repris les lettres de son nom. Son logo exprime l’énergie et le dépassement de soi. Elle apparaît aussi sur le premier trophée de la coupe du monde de football en 1930 : il s’agit de la Coupe Jules Rimet.  
Je ne sais pas pour vous, mais moi, je suis conquise par son aspect surnaturel, sa beauté exceptionnelle et sa grande force symbolique. Elle trône en réduction sur mon bureau : c’est un porte-bonheur. Qu’elle vous aide aussi à réussir tous vos projets !  
Victoire de Samothrace, vers 190 avant J.-C., marbre, sculpture monumentale, Paris, Musée du Louvre.   

Texte et voix : Claire Farah 
Enregistrement : Suzanne Saint-Cast 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Wed, 08 May 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/claire-farah-victoire-de-samothra-2024-05-08-7umemQP2.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/claire-farah-victoire-de-samothra-2024-05-08-7umemQP2.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/8M2r-claire-farah-victoire-de-samothrace</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Camille Delmont - Les Régates à Molesey, Alfred Sisley</title><description><![CDATA[
    Bonjour, je m’appelle Camille et aujourd’hui je vais vous parler de lumière, de régate et d’impression.
    
Imaginez-vous au mois de juillet, assister à une course d’aviron, la fameuse Molesey Regatta sur les bords de la Tamise au côté de l’aristocratie anglaise. Sentez ce vent qui fait onduler les drapeaux britanniques au premier plan puis admirez au second plan tous les avirons parallèles où les rameurs essayent de s’arracher la première place. C’est ce moment de tension et d’excitation qu’a voulu retranscrire Alfred Sisley dans Les Régates à Molesey, peinte en juillet 1874 en Angleterre.   
Alfred Sisley, né à Paris de parents britanniques, est un peintre rattaché à l’impressionnisme, un mouvement pictural né à la fin du XIXe siècle qui célèbre la modernité, le plein-air, et s’attache par une touche rapide et claire à retranscrire les effets de la lumière. Tout le tableau est une impression de mouvement, que ce soit l’eau qui capte les moindres rayons de lumière, les drapeaux qui se laissent aller à la danse du vent et les rameurs qui brassent l’eau. Sisley essaye de recréer cette effervescence qui se cristallise alors autour du sport.   
Alors pourquoi la régate est un sujet contemporain de Sisley ? Une régate est une course de vitesse entre plusieurs bateaux sur un parcours fermé. Ici, c’est précisément une course d&#039;aviron qui se déroule sous nos yeux. L’aviron est connu depuis l’Antiquité. Dans l’Énéide, Virgile mentionne la première course à l’aviron organisée par Énée pour les funérailles de son père. Pour ce qui est de l’Angleterre, c’est au début du XVIIIe siècle que la pratique de l’aviron devient sportive. La première grande compétition d&#039;aviron est la célèbre course entre les universités d’Oxford et de Cambridge en 1829. L’aviron est au programme des Jeux Olympiques depuis la première édition à Athènes en 1896, il faudra attendre les Jeux de Montréal en 1976 pour que les femmes aient l’autorisation d’y participer. C’est lors de la première exposition collective des impressionnistes en avril 1874 que le motif des régates se retrouve dans de nombreux tableaux impressionnistes comme ceux d’Auguste Renoir, ou de Auguste Caillebotte.   
Plongez à mes côtés dans l’univers de Sisley, univers où tout n’est que, pour moi, une métaphore de l’eau : la partie supérieure est embrumée comme si le brouillard anglais se joignait à la partie. Tout est un camaïeu de bleu sur lequel Sisley ajoute du rouge et du jaune. Reflet de la vie qui se déroule alors hors de l’eau.   
Les Régates à Molesey, Alfred Sisley, 1874, huile sur toile, H. 66 ; L. 91,5 cm, Paris, Musée d’Orsay.  

Texte et voix : Camille Delmont 
Enregistrement : Hugo Passard 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Bonjour, je m’appelle Camille et aujourd’hui je vais vous parler de lumière, de régate et d’impression.
    
Imaginez-vous au mois de juillet, assister à une course d’aviron, la fameuse Molesey Regatta sur les bords de la Tamise au côté de l’aristocratie anglaise. Sentez ce vent qui fait onduler les drapeaux britanniques au premier plan puis admirez au second plan tous les avirons parallèles où les rameurs essayent de s’arracher la première place. C’est ce moment de tension et d’excitation qu’a voulu retranscrire Alfred Sisley dans Les Régates à Molesey, peinte en juillet 1874 en Angleterre.   
Alfred Sisley, né à Paris de parents britanniques, est un peintre rattaché à l’impressionnisme, un mouvement pictural né à la fin du XIXe siècle qui célèbre la modernité, le plein-air, et s’attache par une touche rapide et claire à retranscrire les effets de la lumière. Tout le tableau est une impression de mouvement, que ce soit l’eau qui capte les moindres rayons de lumière, les drapeaux qui se laissent aller à la danse du vent et les rameurs qui brassent l’eau. Sisley essaye de recréer cette effervescence qui se cristallise alors autour du sport.   
Alors pourquoi la régate est un sujet contemporain de Sisley ? Une régate est une course de vitesse entre plusieurs bateaux sur un parcours fermé. Ici, c’est précisément une course d'aviron qui se déroule sous nos yeux. L’aviron est connu depuis l’Antiquité. Dans l’Énéide, Virgile mentionne la première course à l’aviron organisée par Énée pour les funérailles de son père. Pour ce qui est de l’Angleterre, c’est au début du XVIIIe siècle que la pratique de l’aviron devient sportive. La première grande compétition d'aviron est la célèbre course entre les universités d’Oxford et de Cambridge en 1829. L’aviron est au programme des Jeux Olympiques depuis la première édition à Athènes en 1896, il faudra attendre les Jeux de Montréal en 1976 pour que les femmes aient l’autorisation d’y participer. C’est lors de la première exposition collective des impressionnistes en avril 1874 que le motif des régates se retrouve dans de nombreux tableaux impressionnistes comme ceux d’Auguste Renoir, ou de Auguste Caillebotte.   
Plongez à mes côtés dans l’univers de Sisley, univers où tout n’est que, pour moi, une métaphore de l’eau : la partie supérieure est embrumée comme si le brouillard anglais se joignait à la partie. Tout est un camaïeu de bleu sur lequel Sisley ajoute du rouge et du jaune. Reflet de la vie qui se déroule alors hors de l’eau.   
Les Régates à Molesey, Alfred Sisley, 1874, huile sur toile, H. 66 ; L. 91,5 cm, Paris, Musée d’Orsay.  

Texte et voix : Camille Delmont 
Enregistrement : Hugo Passard 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 07 May 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/camille-delmont-les-regates-a-mol-2024-05-07-7PdsIznM.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/camille-delmont-les-regates-a-mol-2024-05-07-7PdsIznM.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/7p3B-camille-delmont-les-regates-a-molesey-alfred-sisley</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Astrid Kowalski - Stade de Gerland de Lyon, Tony Garnier</title><description><![CDATA[
    Je m’appelle Astrid et aujourd’hui, j’ai choisi de vous parler d’un bâtiment qui va sans doute vous évoquer les mots « béton », « football » et « urbanisme lyonnais ».
    
Il s’agit d’un stade entièrement réalisé en béton, de très grande dimension dont la forme est presque elliptique. L’architecture est extrêmement simple, sans fioritures, excepté quelques éléments ajourés. Le stade est pourvu de quatre porches d’entrée sur deux côtés, au niveau desquels on distingue des arcades ainsi qu’une grande arche très simple. Il est ceint d’une galerie comportant de petites arches en plein-cintre devant laquelle se trouvent les gradins à ciel ouvert. Devant ceux-ci se situent une piste cyclable, une piste pédestre et un terrain de football au centre. La monumentalité de l’ensemble mais surtout sa sobriété devait frapper l’œil du spectateur à l’époque de sa construction.  
Comme vous vous en serez probablement douté, il s’agit du stade de Gerland, à Lyon, stade officiel de la ville avant la construction du Parc Olympique lyonnais.  
Sa construction débute en 1913 mais son inauguration n’a lieu qu’en 1926. À l’origine, le stade s’inscrit dans un ensemble sportif d’envergure, une « cité des sports » : on peut notamment venir y pratiquer l’athlétisme ou bien encore nager. C’est Tony Garnier, architecte lyonnais de renom, auteur de la Halle qui porte encore son nom, qui est mandaté pour sa construction.   
Vous reconnaitrez sans doute les influences antiques du stade, interprétées par Garnier, qui rejette l’ornement au profit d’une utilisation épurée du béton. Par ses murs assez bas, l’ensemble sportif fait penser au célèbre stade d’Olympie où les athlètes s’affrontaient dans différentes épreuves de course à pied. La monumentalité et l’aspect classicisant du complexe semblent presque annoncer l’Olympiastadion de Berlin édifié dans les années 1930 dans lequel la référence à l’architecture antique est encore plus explicite, la filiation avec l’Empire romain étant revendiquée par le régime nazi.  
D’origine lyonnaise, j’ai déjà eu l’occasion de fréquenter ce stade bien connu des supporters Lyonnais.   
Stade de Gerland, Tony Garnier, béton, 1913-1926, Lyon, quartier de Gerland.   

Texte et voix : Astrid Kowalski 
Enregistrement : Sibylle Buloup 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Je m’appelle Astrid et aujourd’hui, j’ai choisi de vous parler d’un bâtiment qui va sans doute vous évoquer les mots « béton », « football » et « urbanisme lyonnais ».
    
Il s’agit d’un stade entièrement réalisé en béton, de très grande dimension dont la forme est presque elliptique. L’architecture est extrêmement simple, sans fioritures, excepté quelques éléments ajourés. Le stade est pourvu de quatre porches d’entrée sur deux côtés, au niveau desquels on distingue des arcades ainsi qu’une grande arche très simple. Il est ceint d’une galerie comportant de petites arches en plein-cintre devant laquelle se trouvent les gradins à ciel ouvert. Devant ceux-ci se situent une piste cyclable, une piste pédestre et un terrain de football au centre. La monumentalité de l’ensemble mais surtout sa sobriété devait frapper l’œil du spectateur à l’époque de sa construction.  
Comme vous vous en serez probablement douté, il s’agit du stade de Gerland, à Lyon, stade officiel de la ville avant la construction du Parc Olympique lyonnais.  
Sa construction débute en 1913 mais son inauguration n’a lieu qu’en 1926. À l’origine, le stade s’inscrit dans un ensemble sportif d’envergure, une « cité des sports » : on peut notamment venir y pratiquer l’athlétisme ou bien encore nager. C’est Tony Garnier, architecte lyonnais de renom, auteur de la Halle qui porte encore son nom, qui est mandaté pour sa construction.   
Vous reconnaitrez sans doute les influences antiques du stade, interprétées par Garnier, qui rejette l’ornement au profit d’une utilisation épurée du béton. Par ses murs assez bas, l’ensemble sportif fait penser au célèbre stade d’Olympie où les athlètes s’affrontaient dans différentes épreuves de course à pied. La monumentalité et l’aspect classicisant du complexe semblent presque annoncer l’Olympiastadion de Berlin édifié dans les années 1930 dans lequel la référence à l’architecture antique est encore plus explicite, la filiation avec l’Empire romain étant revendiquée par le régime nazi.  
D’origine lyonnaise, j’ai déjà eu l’occasion de fréquenter ce stade bien connu des supporters Lyonnais.   
Stade de Gerland, Tony Garnier, béton, 1913-1926, Lyon, quartier de Gerland.   

Texte et voix : Astrid Kowalski 
Enregistrement : Sibylle Buloup 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Mon, 06 May 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/astrid-kowalski-stade-de-gerland-2024-05-06-qlkphLS6.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/astrid-kowalski-stade-de-gerland-2024-05-06-qlkphLS6.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/6B8N-astrid-kowalski-stade-de-gerland-de-lyon-tony-garnier</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Clara Sadik - Le Milon de Crotone, Pierre Puget</title><description><![CDATA[
    Je m’appelle Clara et je vais vous parler de puissance, de douleur et de virtuosité.  
    
Le Milon de Crotone est une sculpture de deux mètres de haut en marbre blanc de Carrare. Pierre Puget la sculpte de 1672 à 1682. On y voit un homme adulte debout, nu, la main gauche coincée dans un tronc d’arbre. Son visage est déformé par la douleur car un lion lui mord la fesse et plante ses griffes acérées dans la chair de sa jambe droite.   
Le Milon est un tour de force technique puisqu’il est sculpté dans un seul bloc de marbre. Le détail des muscles et de la chair de l’homme est si précis que lors de sa réception, la reine Marie-Thérèse s’exclame : « Le pauvre homme ! ». Il a les muscles tendus par la douleur de la morsure du lion et les griffes dans sa cuisse marquent la violence de l’agression. Le Milon de Crotone est l’image savante du corps torturé du grand athlète, vaincu par la vieillesse.  
Son histoire se déroule dans la ville de Crotone en Grande Grèce, c’est un héros lutteur reconnu pour sa force. Vieillissant, il veut prouver ses capacités sportives malgré sa force diminuante. Il décide de séparer un tronc à la force de ses mains mais finit par y laisser sa vie. En effet, à la nuit tombée, des bêtes sauvages viennent dévorer l’homme rempli d’orgueil qui s’est coincé dans un tronc. Puget représente à ses pieds, la coupe et les rubans du vainqueur aux Jeux Olympiques. La coupe gît au sol rappelant que la gloire est éphémère.   
Néanmoins, Le Milon de Crotone compte parmi les athlètes célèbres de l’Antiquité, reconnu pour sa force herculéenne. Modèle olympique par excellence, il figure même sur l’un des quatre timbres de la planche philatélique éditée à l’occasion des Jeux Olympiques de Paris de 1924. C’est un symbole de la culture athlétique. De ses nombreuses victoires vient un proverbe : “plus sain que Crotone”.   
J’affectionne cette sculpture car Puget réussit à faire transparaître la tendreté de la chair humaine dans une matière minérale dure. La sculpture prend vie par son mouvement, par sa virtuosité technique dans le rendu du pelage de l’animal, de la chair du sportif marquée par l’effort et le passage du temps.  
Le Milon de Crotone, Pierre Puget, 1672-1682, marbre de Carrare, 2m de haut, Musée du Louvre.  

Texte et voix : Clara Sadik 
Enregistrement : Kélian Jeannez 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Je m’appelle Clara et je vais vous parler de puissance, de douleur et de virtuosité.  
    
Le Milon de Crotone est une sculpture de deux mètres de haut en marbre blanc de Carrare. Pierre Puget la sculpte de 1672 à 1682. On y voit un homme adulte debout, nu, la main gauche coincée dans un tronc d’arbre. Son visage est déformé par la douleur car un lion lui mord la fesse et plante ses griffes acérées dans la chair de sa jambe droite.   
Le Milon est un tour de force technique puisqu’il est sculpté dans un seul bloc de marbre. Le détail des muscles et de la chair de l’homme est si précis que lors de sa réception, la reine Marie-Thérèse s’exclame : « Le pauvre homme ! ». Il a les muscles tendus par la douleur de la morsure du lion et les griffes dans sa cuisse marquent la violence de l’agression. Le Milon de Crotone est l’image savante du corps torturé du grand athlète, vaincu par la vieillesse.  
Son histoire se déroule dans la ville de Crotone en Grande Grèce, c’est un héros lutteur reconnu pour sa force. Vieillissant, il veut prouver ses capacités sportives malgré sa force diminuante. Il décide de séparer un tronc à la force de ses mains mais finit par y laisser sa vie. En effet, à la nuit tombée, des bêtes sauvages viennent dévorer l’homme rempli d’orgueil qui s’est coincé dans un tronc. Puget représente à ses pieds, la coupe et les rubans du vainqueur aux Jeux Olympiques. La coupe gît au sol rappelant que la gloire est éphémère.   
Néanmoins, Le Milon de Crotone compte parmi les athlètes célèbres de l’Antiquité, reconnu pour sa force herculéenne. Modèle olympique par excellence, il figure même sur l’un des quatre timbres de la planche philatélique éditée à l’occasion des Jeux Olympiques de Paris de 1924. C’est un symbole de la culture athlétique. De ses nombreuses victoires vient un proverbe : “plus sain que Crotone”.   
J’affectionne cette sculpture car Puget réussit à faire transparaître la tendreté de la chair humaine dans une matière minérale dure. La sculpture prend vie par son mouvement, par sa virtuosité technique dans le rendu du pelage de l’animal, de la chair du sportif marquée par l’effort et le passage du temps.  
Le Milon de Crotone, Pierre Puget, 1672-1682, marbre de Carrare, 2m de haut, Musée du Louvre.  

Texte et voix : Clara Sadik 
Enregistrement : Kélian Jeannez 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Sun, 05 May 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/clara-sadik-le-milon-de-crotone-2024-05-05-KNziREx8.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/clara-sadik-le-milon-de-crotone-2024-05-05-KNziREx8.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/5RyX-clara-sadik-le-milon-de-crotone-pierre-puget</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Ambre Delmas - Sceau-cylindre</title><description><![CDATA[
    Je m’appelle Ambre et aujourd’hui je vais vous parler de comptabilité, de lutte et d’épopée.
    
Notre objet est ce que l’on appelle un sceau-cylindre, il date d’entre -1800 et -1600 avant notre ère et a été retrouvé en actuelle Syrie.   
C’est un petit morceau de pierre en forme de cylindre de quelques centimètres, à la surface duquel deux scènes ont été gravées : d’une part deux personnages debout en position d&#039;orants face à la représentation d’une divinité syrienne ; par ailleurs un groupe de cinq personnages disposés en registre au-dessus d’une scène de combat entre deux lutteurs. Notre œuvre est de très petite taille : elle ne mesure que 2,5 cm de haut, puisqu’un sceau-cylindre peut et même doit pouvoir être emmené partout. Les propriétaires les portaient même autour du cou comme une amulette.  
Pourquoi donc l’emmener partout ? Tout simplement parce qu’un sceau-cylindre c’est, pour son propriétaire, un moyen pratique et rapide pour authentifier ses biens et en tenir la comptabilité. Pour cela, rien de plus simple ! Il suffit d’appliquer une pression dans de la matière molle, comme de l’argile, en faisant rouler le rouleau pour y imprimer un décor gravé. L’empreinte laissée crée une signature que l’on peut apposer sur une tablette de comptabilité. Posséder un sceau-cylindre est souvent perçu comme une marque d’autorité.   
Pourquoi choisir de représenter un combat de lutteurs pour marquer sa signature ? L’interprétation des scènes de combat sur ce type d’objet reste souvent floue. On peut supposer que c’est par goût ou par désir de personnalisation que cette scène a été choisie. Après tout, en Mésopotamie, la lutte est une pratique assez populaire.   
On en trouve des descriptions dans l’épopée de Gilgamesh, c’est un des premiers récits héroïques de l’histoire où un combat entre Gilgamesh le roi d’Uruk et son double Enkidu est raconté. Il semble aussi que la lutte soit associée à des rituels religieux et politiques comme pour sélectionner un futur prêtre ou un chef. Des événements athlétiques furent même organisés autour de la figure de Gilgamesh pendant neuf jours dans la ville d’Assur où des hommes s’affrontèrent à la lutte et à l’athlétisme.  
Pour ma part, je suis très sensible au charme qui se dégage de l’objet, notamment par sa petite taille et son décor personnalisé. J’aime aussi naïvement me dire qu’une personne, il y a 2000 ans, a peut-être choisi ce sceau-cylindre pour ces détails.   
Sceau-cylindre, bronze moyen, entre 1800 et 1600 avant notre ère, découvert en Syrie du Nord, hématite, 2,5 cm de hauteur, Paris, Musée du Louvre.   

Texte et voix : Ambre Delmas 
Enregistrement : Sibylle Buloup 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Je m’appelle Ambre et aujourd’hui je vais vous parler de comptabilité, de lutte et d’épopée.
    
Notre objet est ce que l’on appelle un sceau-cylindre, il date d’entre -1800 et -1600 avant notre ère et a été retrouvé en actuelle Syrie.   
C’est un petit morceau de pierre en forme de cylindre de quelques centimètres, à la surface duquel deux scènes ont été gravées : d’une part deux personnages debout en position d'orants face à la représentation d’une divinité syrienne ; par ailleurs un groupe de cinq personnages disposés en registre au-dessus d’une scène de combat entre deux lutteurs. Notre œuvre est de très petite taille : elle ne mesure que 2,5 cm de haut, puisqu’un sceau-cylindre peut et même doit pouvoir être emmené partout. Les propriétaires les portaient même autour du cou comme une amulette.  
Pourquoi donc l’emmener partout ? Tout simplement parce qu’un sceau-cylindre c’est, pour son propriétaire, un moyen pratique et rapide pour authentifier ses biens et en tenir la comptabilité. Pour cela, rien de plus simple ! Il suffit d’appliquer une pression dans de la matière molle, comme de l’argile, en faisant rouler le rouleau pour y imprimer un décor gravé. L’empreinte laissée crée une signature que l’on peut apposer sur une tablette de comptabilité. Posséder un sceau-cylindre est souvent perçu comme une marque d’autorité.   
Pourquoi choisir de représenter un combat de lutteurs pour marquer sa signature ? L’interprétation des scènes de combat sur ce type d’objet reste souvent floue. On peut supposer que c’est par goût ou par désir de personnalisation que cette scène a été choisie. Après tout, en Mésopotamie, la lutte est une pratique assez populaire.   
On en trouve des descriptions dans l’épopée de Gilgamesh, c’est un des premiers récits héroïques de l’histoire où un combat entre Gilgamesh le roi d’Uruk et son double Enkidu est raconté. Il semble aussi que la lutte soit associée à des rituels religieux et politiques comme pour sélectionner un futur prêtre ou un chef. Des événements athlétiques furent même organisés autour de la figure de Gilgamesh pendant neuf jours dans la ville d’Assur où des hommes s’affrontèrent à la lutte et à l’athlétisme.  
Pour ma part, je suis très sensible au charme qui se dégage de l’objet, notamment par sa petite taille et son décor personnalisé. J’aime aussi naïvement me dire qu’une personne, il y a 2000 ans, a peut-être choisi ce sceau-cylindre pour ces détails.   
Sceau-cylindre, bronze moyen, entre 1800 et 1600 avant notre ère, découvert en Syrie du Nord, hématite, 2,5 cm de hauteur, Paris, Musée du Louvre.   

Texte et voix : Ambre Delmas 
Enregistrement : Sibylle Buloup 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Sat, 04 May 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/ambre-delmas-sceau-cylindre-2024-05-04-s8zhngja.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/ambre-delmas-sceau-cylindre-2024-05-04-s8zhngja.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/4zxJ-ambre-delmas-sceau-cylindre</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Esteban de Sousa - Vase « Double scull », Robert Lallemant</title><description><![CDATA[
    Bonjour, je m’appelle Esteban et aujourd’hui je vais vous parler de vase, d’aviron et d’art-déco. 
    
Nous sommes face à un vase blanc en faïence peint par Robert Lallemant en 1924, il est de forme ronde avec un pied et un col rectangulaire. Au centre, on peut voir un carré où se déploie une scène de sport peinte qui représente deux hommes devant un pont en train de faire du double scull, c’est un type de bateau utilisé pour la pratique de l’aviron qui comprend deux rameurs tenant chacun une rame tribord et une rame bâbord.   
Dans les années 20, nous sommes en plein dans les “années folles” caractérisées par une intense activité sociale et artistique. Durant cette période, le sport est mis à l’honneur, et la fréquentation des événements sportifs par le public se développe sensiblement. 
La date de création de ce vase, en 1924, correspond à une année très particulière, puisque c’est à cette période que se sont déroulés les Jeux Olympiques au Stade de Colombes en région parisienne. Quarante-cinq pays et plus de 6000 athlètes y ont participé, ce qui constitue un record pour l’époque. Cette année-là se déroule, en parallèle des épreuves sportives, les Jeux Olympiques artistiques qui ont pour but de récompenser les œuvres d’art. Cet événement a donné naissance à de nombreuses œuvres sur le thème du sport.   
Robert Lallemant a ainsi produit une vingtaine de céramiques sur des pratiques sportives aussi diverses que le polo, le golf ou le javelot.   
Quant à l’aviron, il fait partie des Jeux Olympiques modernes depuis 1896, les compétitions amateurs ont débuté à la fin du XVIIIe siècle en Angleterre. Sur le vase, on peut voir un pont au second plan juste derrière le double scull. Ce dernier pourrait représenter le pont d’Argenteuil puisque l’épreuve d’aviron qui fut effectuée au Jeux Olympiques de 1924 s’est déroulée sur la Seine entre ce pont et l’Ile Saint-Denis. Les céramiques de Robert Lallemant aux formes stylisées et aux couleurs chatoyantes, ici du bleu et du rouge, démontrent la joie de vivre et l’insouciance de l’entre-deux guerres. Elles reflètent également l’influence du style Art déco, un mouvement artistique qui s’est développé à partir des années 1910. Vous savez, c’est ce genre d’objets que l’on pourrait presque trouver dans les romans d’Agatha Christie.   
En 1929, Robert Lallemant participe à la création d’une association : l’Union des artistes modernes qui vise à produire des objets fonctionnels adaptés à la vie active. Il cherche à développer des formes particulières qu’il est possible de répéter en petites séries.   
Ce qui m’intéresse tout particulièrement dans cette œuvre, c’est son côté Art déco : la modernité et la simplicité de ses formes.  
Vase « Double scull », Robert Lallemant, faïence, 1924, 33,4 cm de haut, 28 cm de large, Musée municipal d’Art et d’Histoire de Colombes.   

Texte et voix : Esteban de Sousa 
Enregistrement : Suzanne Saint-Cast 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Bonjour, je m’appelle Esteban et aujourd’hui je vais vous parler de vase, d’aviron et d’art-déco. 
    
Nous sommes face à un vase blanc en faïence peint par Robert Lallemant en 1924, il est de forme ronde avec un pied et un col rectangulaire. Au centre, on peut voir un carré où se déploie une scène de sport peinte qui représente deux hommes devant un pont en train de faire du double scull, c’est un type de bateau utilisé pour la pratique de l’aviron qui comprend deux rameurs tenant chacun une rame tribord et une rame bâbord.   
Dans les années 20, nous sommes en plein dans les “années folles” caractérisées par une intense activité sociale et artistique. Durant cette période, le sport est mis à l’honneur, et la fréquentation des événements sportifs par le public se développe sensiblement. 
La date de création de ce vase, en 1924, correspond à une année très particulière, puisque c’est à cette période que se sont déroulés les Jeux Olympiques au Stade de Colombes en région parisienne. Quarante-cinq pays et plus de 6000 athlètes y ont participé, ce qui constitue un record pour l’époque. Cette année-là se déroule, en parallèle des épreuves sportives, les Jeux Olympiques artistiques qui ont pour but de récompenser les œuvres d’art. Cet événement a donné naissance à de nombreuses œuvres sur le thème du sport.   
Robert Lallemant a ainsi produit une vingtaine de céramiques sur des pratiques sportives aussi diverses que le polo, le golf ou le javelot.   
Quant à l’aviron, il fait partie des Jeux Olympiques modernes depuis 1896, les compétitions amateurs ont débuté à la fin du XVIIIe siècle en Angleterre. Sur le vase, on peut voir un pont au second plan juste derrière le double scull. Ce dernier pourrait représenter le pont d’Argenteuil puisque l’épreuve d’aviron qui fut effectuée au Jeux Olympiques de 1924 s’est déroulée sur la Seine entre ce pont et l’Ile Saint-Denis. Les céramiques de Robert Lallemant aux formes stylisées et aux couleurs chatoyantes, ici du bleu et du rouge, démontrent la joie de vivre et l’insouciance de l’entre-deux guerres. Elles reflètent également l’influence du style Art déco, un mouvement artistique qui s’est développé à partir des années 1910. Vous savez, c’est ce genre d’objets que l’on pourrait presque trouver dans les romans d’Agatha Christie.   
En 1929, Robert Lallemant participe à la création d’une association : l’Union des artistes modernes qui vise à produire des objets fonctionnels adaptés à la vie active. Il cherche à développer des formes particulières qu’il est possible de répéter en petites séries.   
Ce qui m’intéresse tout particulièrement dans cette œuvre, c’est son côté Art déco : la modernité et la simplicité de ses formes.  
Vase « Double scull », Robert Lallemant, faïence, 1924, 33,4 cm de haut, 28 cm de large, Musée municipal d’Art et d’Histoire de Colombes.   

Texte et voix : Esteban de Sousa 
Enregistrement : Suzanne Saint-Cast 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 03 May 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/esteban-de-sousa-vase-double-sc-2024-05-03-6jHn2O2j.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/esteban-de-sousa-vase-double-sc-2024-05-03-6jHn2O2j.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/3y1p-esteban-de-sousa-vase-double-scull-robert-lallemant</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Jeanne Mallinjoud - Football, Robert Delaunay</title><description><![CDATA[
    Bonjour, je m’appelle Jeanne, et je vais vous parler de contraste, de rugby et de danse. 
    
L’œuvre que je vais vous décrire s’appelle Football. C’est une aquarelle réalisée en 1917 par Robert Delaunay. Sur un fond marqué de couleurs vives tournoyantes, un homme tend les bras au-dessus de sa tête, comme pour attraper une balle en vol. À sa gauche, une seconde personne semble courir du fond d’un terrain. Autour de ces deux hommes, des formes circulaires multicolores flottent dans l’espace et animent le fond.  
Ce qui me marque dans cette œuvre, c’est la profusion de couleurs. Les jaunes à côté des noirs contrastent avec les oranges et les verts. Le dossard rouge vibre à côté du bleu, du vert et du violet. Robert Delaunay aime jouer avec ces contrastes dans ses œuvres. Il s’appuie sur la théorie du contraste simultané des couleurs de Chevreul. Un nom un peu complexe pour dire que lorsqu’on juxtapose des couleurs les unes à côté des autres, elles paraissent plus puissantes. Delaunay cherche à leur donner du dynamisme. Avec ces grands cercles concentriques, les couleurs se mettent en mouvement et tourbillonnent.  
Cette aquarelle s’appelle Football. Pourtant, les deux personnes ne sont pas des footballeurs. Cela peut paraître un peu ironique mais en 1917, c’est le rugby que l’on nomme football, ou « football-rugby ». Le rugby arrive en France à la fin du XIXe siècle. Il devient une discipline olympique à cette époque, en 1900 dans sa variante à XV, et bien plus tard, en 2016, dans sa variante à sept. Au début du XXe siècle, il est un des sports les plus populaires de l’hexagone. Les loisirs sportifs font partie intégrante de la société moderne. Ils sont une source de sujets nouveaux pour les artistes qui veulent dépeindre les transformations de leur époque.  
Cette aquarelle n’est pas une œuvre définitive. Elle fait partie d’une série de croquis et d’esquisses pour un projet de ballet. Robert Delaunay travaille sur les décors. Il choisit de représenter des rugbymans car les mouvements des sportifs font penser à ceux des danseurs et leurs dossards chamarrés, aux costumes des ballets. Figés dans les airs, nos deux athlètes en tenues bleu et rouge exécutent une drôle de chorégraphie pleine de vie sur un fond abstrait coloré.  
Cette œuvre me parle par son dynamisme et la joie qui se dégage des couleurs chatoyantes. Elle me donne envie de sortir jouer au rugby sous un soleil d’été.  
Football, Robert Delaunay, 1917, aquarelle, Troyes, Musée d’Art moderne.   

Texte et voix : Jeanne Mallinjoud 
Enregistrement : Suzanne Saint-Cast 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Bonjour, je m’appelle Jeanne, et je vais vous parler de contraste, de rugby et de danse. 
    
L’œuvre que je vais vous décrire s’appelle Football. C’est une aquarelle réalisée en 1917 par Robert Delaunay. Sur un fond marqué de couleurs vives tournoyantes, un homme tend les bras au-dessus de sa tête, comme pour attraper une balle en vol. À sa gauche, une seconde personne semble courir du fond d’un terrain. Autour de ces deux hommes, des formes circulaires multicolores flottent dans l’espace et animent le fond.  
Ce qui me marque dans cette œuvre, c’est la profusion de couleurs. Les jaunes à côté des noirs contrastent avec les oranges et les verts. Le dossard rouge vibre à côté du bleu, du vert et du violet. Robert Delaunay aime jouer avec ces contrastes dans ses œuvres. Il s’appuie sur la théorie du contraste simultané des couleurs de Chevreul. Un nom un peu complexe pour dire que lorsqu’on juxtapose des couleurs les unes à côté des autres, elles paraissent plus puissantes. Delaunay cherche à leur donner du dynamisme. Avec ces grands cercles concentriques, les couleurs se mettent en mouvement et tourbillonnent.  
Cette aquarelle s’appelle Football. Pourtant, les deux personnes ne sont pas des footballeurs. Cela peut paraître un peu ironique mais en 1917, c’est le rugby que l’on nomme football, ou « football-rugby ». Le rugby arrive en France à la fin du XIXe siècle. Il devient une discipline olympique à cette époque, en 1900 dans sa variante à XV, et bien plus tard, en 2016, dans sa variante à sept. Au début du XXe siècle, il est un des sports les plus populaires de l’hexagone. Les loisirs sportifs font partie intégrante de la société moderne. Ils sont une source de sujets nouveaux pour les artistes qui veulent dépeindre les transformations de leur époque.  
Cette aquarelle n’est pas une œuvre définitive. Elle fait partie d’une série de croquis et d’esquisses pour un projet de ballet. Robert Delaunay travaille sur les décors. Il choisit de représenter des rugbymans car les mouvements des sportifs font penser à ceux des danseurs et leurs dossards chamarrés, aux costumes des ballets. Figés dans les airs, nos deux athlètes en tenues bleu et rouge exécutent une drôle de chorégraphie pleine de vie sur un fond abstrait coloré.  
Cette œuvre me parle par son dynamisme et la joie qui se dégage des couleurs chatoyantes. Elle me donne envie de sortir jouer au rugby sous un soleil d’été.  
Football, Robert Delaunay, 1917, aquarelle, Troyes, Musée d’Art moderne.   

Texte et voix : Jeanne Mallinjoud 
Enregistrement : Suzanne Saint-Cast 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Thu, 02 May 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/jeanne-mallinjoud-football-rober-2024-05-02-detktNlY.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/jeanne-mallinjoud-football-rober-2024-05-02-detktNlY.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/JNDy-jeanne-mallinjoud-football-robert-delaunay</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Zola Duguet - L'athlète, Félix Joffre</title><description><![CDATA[
    Bonjour, je m’appelle Zola et je vais vous parler de proportions, de fictions nationales et d’intemporalité.  
    
L’Athlète est une sculpture en plâtre patiné de plus de deux mètres de haut réalisée en 1938 par Félix Joffre. Vous contemplez cet homme d’une vingtaine d’années, presque entièrement nu, qui vous surplombe par sa grande taille. Pudiquement vêtu d’une culotte moulante, sa musculature impressionnante capte votre attention. Mains sur les hanches, fermement campé sur ses deux pieds, torse bombé et le menton légèrement relevé, il pose, immobile. Son regard plein d’assurance fixe l’horizon. Cela vous intrigue. Peut-être est-il en train d’attendre que son score soit affiché sur panneau ? Quel sport pratique-t-il ? Vos yeux suivent la ligne vallonnée formée par ses cuisses puissantes : l’athlétisme peut-être ?   
Pour créer ce corps fort et vigoureux, l’artiste a pris pour modèle un pompier parisien et pour le visage, celui d’une sculpture antique romaine. Grand Prix de Rome en 1929, Félix Joffre est allé étudier les statues antiques en Italie dont il cherche à imiter le “beau” idéal : un corps parfait symbole d’un esprit vertueux. En vous rapprochant, vous remarquez que de savants calculs de proportions ont été opérés : largeur des épaules égal écart entre les pieds, angle formé par les bras égal cent degrés, un buste plus deux jambes égal un i-grec inversé.   
Exécutée en 1938, cette sculpture exhibe un corps qui, grâce à une pratique physique intense, parvient à un équilibre idéal très à la mode à cette époque. Les fictions nationales de l’entre-deux-guerres se l’approprient. En effet, le sport est instrumentalisé par les régimes fascistes qui en font un moyen d’embrigadement. Les jeunesses hitlériennes et mussoliniennes sont élevées selon l’idée que l’« homme nouveau » serait selon le journaliste Carlo Scorza un « être physiquement transformé » c’est-à-dire résistant, rapide et fort comme un homme-machine.   
Cette statue déconcerte par son caractère intemporel. Épurée à l’extrême car dépouillée de vêtements et de parures, il vous est impossible de la rattacher à une époque précise. Le tout vous semble pourtant étrangement familier. Les traits physiques sont suffisamment imprécis pour vous évoquer le corps d’un homme de votre temps.   
Ce qui me touche avec cette œuvre, c’est son caractère résolument moderne. Je vois chez les bodybuilders d’aujourd’hui un retour de l’homme mécanique des années 1930 comme une réminiscence de l’exaltation de la force physique. Cette sculpture a presque cent ans et elle nous parle de notre présent : fascinant non ?   
L’Athlète, Félix Joffre, 1938, plâtre patiné, 2m de haut, 98cm de large et 58cm de profondeur, La Piscine, Roubaix.   

Texte et voix : Zola Duguet 
Enregistrement : Philipp Fischer 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Bonjour, je m’appelle Zola et je vais vous parler de proportions, de fictions nationales et d’intemporalité.  
    
L’Athlète est une sculpture en plâtre patiné de plus de deux mètres de haut réalisée en 1938 par Félix Joffre. Vous contemplez cet homme d’une vingtaine d’années, presque entièrement nu, qui vous surplombe par sa grande taille. Pudiquement vêtu d’une culotte moulante, sa musculature impressionnante capte votre attention. Mains sur les hanches, fermement campé sur ses deux pieds, torse bombé et le menton légèrement relevé, il pose, immobile. Son regard plein d’assurance fixe l’horizon. Cela vous intrigue. Peut-être est-il en train d’attendre que son score soit affiché sur panneau ? Quel sport pratique-t-il ? Vos yeux suivent la ligne vallonnée formée par ses cuisses puissantes : l’athlétisme peut-être ?   
Pour créer ce corps fort et vigoureux, l’artiste a pris pour modèle un pompier parisien et pour le visage, celui d’une sculpture antique romaine. Grand Prix de Rome en 1929, Félix Joffre est allé étudier les statues antiques en Italie dont il cherche à imiter le “beau” idéal : un corps parfait symbole d’un esprit vertueux. En vous rapprochant, vous remarquez que de savants calculs de proportions ont été opérés : largeur des épaules égal écart entre les pieds, angle formé par les bras égal cent degrés, un buste plus deux jambes égal un i-grec inversé.   
Exécutée en 1938, cette sculpture exhibe un corps qui, grâce à une pratique physique intense, parvient à un équilibre idéal très à la mode à cette époque. Les fictions nationales de l’entre-deux-guerres se l’approprient. En effet, le sport est instrumentalisé par les régimes fascistes qui en font un moyen d’embrigadement. Les jeunesses hitlériennes et mussoliniennes sont élevées selon l’idée que l’« homme nouveau » serait selon le journaliste Carlo Scorza un « être physiquement transformé » c’est-à-dire résistant, rapide et fort comme un homme-machine.   
Cette statue déconcerte par son caractère intemporel. Épurée à l’extrême car dépouillée de vêtements et de parures, il vous est impossible de la rattacher à une époque précise. Le tout vous semble pourtant étrangement familier. Les traits physiques sont suffisamment imprécis pour vous évoquer le corps d’un homme de votre temps.   
Ce qui me touche avec cette œuvre, c’est son caractère résolument moderne. Je vois chez les bodybuilders d’aujourd’hui un retour de l’homme mécanique des années 1930 comme une réminiscence de l’exaltation de la force physique. Cette sculpture a presque cent ans et elle nous parle de notre présent : fascinant non ?   
L’Athlète, Félix Joffre, 1938, plâtre patiné, 2m de haut, 98cm de large et 58cm de profondeur, La Piscine, Roubaix.   

Texte et voix : Zola Duguet 
Enregistrement : Philipp Fischer 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Wed, 01 May 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/zola-duguet-lathlete-felix-jof-2024-05-01-ffPGwfVx.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/zola-duguet-lathlete-felix-jof-2024-05-01-ffPGwfVx.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/GMn5-zola-duguet-lathlete-felix-joffre</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Emma Rimbeuf - Joueuse de polo</title><description><![CDATA[
    L’œuvre dont je vais vous parler est une joueuse de polo, datant de 750 et réalisée en terre cuite rouge, produite en Chine. 
    
Elle représente une femme à califourchon sur son cheval, en train de jouer au polo. La crosse n’est plus présente dans sa main droite, mais sa posture montre qu’elle est en pleine action. Son cheval est au galop, les pattes élancées vers l’avant, et comme vous pouvez l’imaginer il semble presque voler puisque ses sabots ne touchent pas le sol. Sa polychromie est exceptionnelle, puisqu’elle porte une veste jaune, un pantalon rouge, des bottes noires et coiffée d’un petit chignon.  
Cette statuette mesurant environ vingt-huit centimètres, est en réalité un mingqi, un « objet miroir ». Ils représentent généralement des personnages ou animaux, et ils sont placés dans des tombes pour accompagner le défunt. Ces objets sont typiques de la dynastie Tang, une dynastie de la Chine ancienne, au pouvoir entre 618 et 907.  
Le polo, bien avant d’être une discipline sportive des Jeux Olympiques entre 1900 et 1936, est un sport originaire de Perse, et il serait arrivé en Chine à travers les routes de la Soie. C’est une pratique très populaire sous la dynastie des Tang. D’ailleurs, de nombreuses œuvres d’art chinoises représentent des femmes, d’un statut social élevé jouant au polo à dos d’âne.   
Si vous regardez la vitrine où est exposée cette joueuse de polo, vous pourrez voir qu’elle s’inscrit dans un ensemble, composée de 6 statuettes représentant des joueuses de polo. Elles sont individualisées car elles portent toutes des coiffures différentes et des couleurs de vêtements différents. Cette petite statuette représenterait donc une dame de cour. Elle semble concentrée à suivre la balle, et le cheval, en pleine fougue, montre l’endurance et la rapidité mais aussi la tension de la partie.   
Ce que j’aime dans cette œuvre, c’est comment elle nous montre la tension de la partie de polo, à travers le bras élancé de cette joueuse. Lorsqu’on la regarde, on a l’impression de vivre le match qui se crée en face de nous. Les attitudes montrent à la fois, un moment d’agitation et d’attention et on le voit très bien à travers la finesse des traits de son visage, particulièrement concentré.   
Joueuse de polo, Chine du Nord, dynastie Tang, vers 750, terre cuite rouge engobée et peinte, 28 cm de haut pour 37 cm de longueur, Paris, Musée Guimet.  

Texte et voix : Emma Rimbeuf 
Enregistrement : Sibylle Buloup 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    L’œuvre dont je vais vous parler est une joueuse de polo, datant de 750 et réalisée en terre cuite rouge, produite en Chine. 
    
Elle représente une femme à califourchon sur son cheval, en train de jouer au polo. La crosse n’est plus présente dans sa main droite, mais sa posture montre qu’elle est en pleine action. Son cheval est au galop, les pattes élancées vers l’avant, et comme vous pouvez l’imaginer il semble presque voler puisque ses sabots ne touchent pas le sol. Sa polychromie est exceptionnelle, puisqu’elle porte une veste jaune, un pantalon rouge, des bottes noires et coiffée d’un petit chignon.  
Cette statuette mesurant environ vingt-huit centimètres, est en réalité un mingqi, un « objet miroir ». Ils représentent généralement des personnages ou animaux, et ils sont placés dans des tombes pour accompagner le défunt. Ces objets sont typiques de la dynastie Tang, une dynastie de la Chine ancienne, au pouvoir entre 618 et 907.  
Le polo, bien avant d’être une discipline sportive des Jeux Olympiques entre 1900 et 1936, est un sport originaire de Perse, et il serait arrivé en Chine à travers les routes de la Soie. C’est une pratique très populaire sous la dynastie des Tang. D’ailleurs, de nombreuses œuvres d’art chinoises représentent des femmes, d’un statut social élevé jouant au polo à dos d’âne.   
Si vous regardez la vitrine où est exposée cette joueuse de polo, vous pourrez voir qu’elle s’inscrit dans un ensemble, composée de 6 statuettes représentant des joueuses de polo. Elles sont individualisées car elles portent toutes des coiffures différentes et des couleurs de vêtements différents. Cette petite statuette représenterait donc une dame de cour. Elle semble concentrée à suivre la balle, et le cheval, en pleine fougue, montre l’endurance et la rapidité mais aussi la tension de la partie.   
Ce que j’aime dans cette œuvre, c’est comment elle nous montre la tension de la partie de polo, à travers le bras élancé de cette joueuse. Lorsqu’on la regarde, on a l’impression de vivre le match qui se crée en face de nous. Les attitudes montrent à la fois, un moment d’agitation et d’attention et on le voit très bien à travers la finesse des traits de son visage, particulièrement concentré.   
Joueuse de polo, Chine du Nord, dynastie Tang, vers 750, terre cuite rouge engobée et peinte, 28 cm de haut pour 37 cm de longueur, Paris, Musée Guimet.  

Texte et voix : Emma Rimbeuf 
Enregistrement : Sibylle Buloup 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 30 Apr 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/emma-rimbeuf-joueuse-de-polo-2024-04-30-TkExKKSI.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/emma-rimbeuf-joueuse-de-polo-2024-04-30-TkExKKSI.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/E0Ol-emma-rimbeuf-joueuse-de-polo</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Zélie Bouschbacher - La Lutte bretonne, Paul Sérusier</title><description><![CDATA[
    Je m’appelle Zélie, et je vais vous parler de peinture, de tradition bretonne et d’un sport typique : le Gouren. 
    
Lors d’un bel après-midi, deux enfants s’affrontent, les pieds-nus sur l’herbe. Ils portent les vêtements traditionnels : le bragoù, un pantalon bleu foncé permettant de grands mouvements et la roched, une chemise blanche à toile épaisse. A l’arrière-plan, en retrait, un gendarme les surveille et une assemblée de femmes portant la coiffe bretonne imposante assiste à la lutte. Tous les regards sont tournés vers les deux jeunes hommes.  
Ce spectacle dynamique et équilibré montre une lutte bretonne ou un Gouren. Ce sport est caractéristique du folklore breton. Paul Sérusier, dit « le nabi aux sabots de bois », nous témoigne par cette toile de son attachement à la Bretagne.  
Vous avez dit nabi ? Les Nabis, « les prophètes » en hébreu, sont un groupe de jeunes artistes réunis autour de la question du spirituel, du décoratif et des couleurs franches appliquées en aplat. Ils se sont rencontrés très jeunes lorsqu’ils se formaient dans l’académie Julian à Paris mais ils portent un amour particulier pour la Bretagne.   
Les Bretons pratiquent le Gouren depuis le Moyen Âge. Le but est de marquer un lamm, c’est-à-dire projeter son adversaire sur le dos. Les lutteurs accrochent leurs mains à l’autre et avec leurs pieds ils effectuent des prises impressionnantes comme dans cette œuvre le klikedoù, un enroulé de jambe autour de celle de l’adversaire afin de l’immobiliser. Toute violence est proscrite ce qui justifie la représentation d’un gendarme dans la composition. Le Gouren implique des projections impressionnantes mais néanmoins maîtrisées. Il vaudrait mieux ne pas trop s’approcher !  
Dans cette peinture, au-delà des lutteurs, la couleur est l’élément principal. En 1888, à Pont-Aven, Paul Sérusier rencontre Gauguin. Il lui transmet une nouvelle manière de représenter le réel : par le cloisonnement de la couleur par des contours noirs et l’emploi de couleurs franches : ici le vert vif de l’herbe et le turquoise des vêtements des femmes.    
Cette œuvre me touche car elle témoigne d’une culture forte qui perdure. Le Gouren est une activité marquée d&#039;identité culturelle codifiée comme un sport moderne. Si vous avez la chance d’assister à un Gouren, écoutez attentivement le serment en Breton qui énonce les valeurs fortes de ce sport !  
La Lutte bretonne, Paul Sérusier, 1890–1891, Huile sur toile, H. 91,5 ; L. 72,0 cm, Paris, Musée d’Orsay  

Texte et voix : Zélie Bouschbacher 
Enregistrement : Philipp Fischer  
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Je m’appelle Zélie, et je vais vous parler de peinture, de tradition bretonne et d’un sport typique : le Gouren. 
    
Lors d’un bel après-midi, deux enfants s’affrontent, les pieds-nus sur l’herbe. Ils portent les vêtements traditionnels : le bragoù, un pantalon bleu foncé permettant de grands mouvements et la roched, une chemise blanche à toile épaisse. A l’arrière-plan, en retrait, un gendarme les surveille et une assemblée de femmes portant la coiffe bretonne imposante assiste à la lutte. Tous les regards sont tournés vers les deux jeunes hommes.  
Ce spectacle dynamique et équilibré montre une lutte bretonne ou un Gouren. Ce sport est caractéristique du folklore breton. Paul Sérusier, dit « le nabi aux sabots de bois », nous témoigne par cette toile de son attachement à la Bretagne.  
Vous avez dit nabi ? Les Nabis, « les prophètes » en hébreu, sont un groupe de jeunes artistes réunis autour de la question du spirituel, du décoratif et des couleurs franches appliquées en aplat. Ils se sont rencontrés très jeunes lorsqu’ils se formaient dans l’académie Julian à Paris mais ils portent un amour particulier pour la Bretagne.   
Les Bretons pratiquent le Gouren depuis le Moyen Âge. Le but est de marquer un lamm, c’est-à-dire projeter son adversaire sur le dos. Les lutteurs accrochent leurs mains à l’autre et avec leurs pieds ils effectuent des prises impressionnantes comme dans cette œuvre le klikedoù, un enroulé de jambe autour de celle de l’adversaire afin de l’immobiliser. Toute violence est proscrite ce qui justifie la représentation d’un gendarme dans la composition. Le Gouren implique des projections impressionnantes mais néanmoins maîtrisées. Il vaudrait mieux ne pas trop s’approcher !  
Dans cette peinture, au-delà des lutteurs, la couleur est l’élément principal. En 1888, à Pont-Aven, Paul Sérusier rencontre Gauguin. Il lui transmet une nouvelle manière de représenter le réel : par le cloisonnement de la couleur par des contours noirs et l’emploi de couleurs franches : ici le vert vif de l’herbe et le turquoise des vêtements des femmes.    
Cette œuvre me touche car elle témoigne d’une culture forte qui perdure. Le Gouren est une activité marquée d'identité culturelle codifiée comme un sport moderne. Si vous avez la chance d’assister à un Gouren, écoutez attentivement le serment en Breton qui énonce les valeurs fortes de ce sport !  
La Lutte bretonne, Paul Sérusier, 1890–1891, Huile sur toile, H. 91,5 ; L. 72,0 cm, Paris, Musée d’Orsay  

Texte et voix : Zélie Bouschbacher 
Enregistrement : Philipp Fischer  
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Mon, 29 Apr 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/zelie-bouschbacher-la-lutte-bret-2024-04-29-DY2j8PyE.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/zelie-bouschbacher-la-lutte-bret-2024-04-29-DY2j8PyE.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/DQNk-zelie-bouschbacher-la-lutte-bretonne-paul-serusier</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Adrien Barbault - Héraklès Archer, Monument au sport et à Mayssonié, Antoine Bourdelle</title><description><![CDATA[
    L’œuvre qui nous intéresse aujourd’hui est une sculpture en bronze, accompagnée d’un porche de béton, réalisée en 1925 par l’artiste Antoine Bourdelle. 
    
Sous l’architecture, faite de huit colonnes, se tient à un jeune homme nu, un genou à terre, la jambe opposée tendue devant lui, appuyé contre un rocher. Il brandit un grand arc et se prépare à tirer. Le regard dans le lointain, il fixe sa cible, impassible, déterminé.    
Notre voyage dans le temps débute en 1910. Cette année-là, à Paris, Bourdelle présente au Salon des artistes, sa sculpture Héraklès archer. Il l’a réalisé avec pour modèle le commandant militaire Doyen Parigot qui a accepté de poser pour lui. Doyen Parigot devient alors Héraklès, ou Hercule en latin. Demi-dieu gréco-romain réputé pour sa force et ses douze travaux, il est ici représenté en train de chasser les oiseaux carnassiers du lac Stymphale. C’est la sixième des douze épreuves qu’il doit réaliser pour retrouver son honneur.   
Pour cette sculpture, Bourdelle arrête le temps. Admirez ! Le héros est saisi, le corps en tension. Et la composition, faite de plein et de vide, exprime un équilibre fragile. Sentez comme Héraklès canalise sa fougue ! Ses muscles bouillonnent et la matière semble prendre vie, sous les reflets de la lumière.  Sa nudité héroïque et ses muscles contractés sont inspirés des sculptures classiques de l’antiquité grecque, que Bourdelle réinterprète.   
Loin de la Grèce antique, notre voyage dans le temps continue, à Toulouse, en 1922, La fédération française de rugby décide de dresser un monument à Alfred Mayssonnié, capitaine de l&#039;équipe de rugby locale mort au combat en 1916. C’est un nouveau tirage de la sculpture de Bourdelle qui est choisi.  
Vous ne trouvez pas cela étrange ? Un archer pour célébrer un rugbyman ? En réalité, il faut y voir un héros courageux dans un temple à la mémoire de tous les sportifs morts durant la guerre. Rappelez-vous, comme un hasard de l&#039;histoire, le modèle qui l&#039;avait inspiré était lui-même militaire.   
Ce monument me fascine, il fait se rencontrer le tir à l’arc, le rugby, l’art et tous les sports. Ce n’est peut-être pas pour rien qu’une légende attribue à Héraklès la naissance des premiers Jeux Olympiques, qu’il aurait organisé en l&#039;honneur de son père, Zeus.   
Faites attention, l&#039;archer s’apprête à tirer ! Il pourrait bien, vous aussi, vous toucher en plein cœur.   
Monument au sport et à Mayssonié, Héraklès Archer, Antoine Bourdelle, 1909-1925, bronze et béton, œuvre monumentale, Toulouse.  

Texte et voix : Adrien Barbault 
Enregistrement : Margot Page 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    L’œuvre qui nous intéresse aujourd’hui est une sculpture en bronze, accompagnée d’un porche de béton, réalisée en 1925 par l’artiste Antoine Bourdelle. 
    
Sous l’architecture, faite de huit colonnes, se tient à un jeune homme nu, un genou à terre, la jambe opposée tendue devant lui, appuyé contre un rocher. Il brandit un grand arc et se prépare à tirer. Le regard dans le lointain, il fixe sa cible, impassible, déterminé.    
Notre voyage dans le temps débute en 1910. Cette année-là, à Paris, Bourdelle présente au Salon des artistes, sa sculpture Héraklès archer. Il l’a réalisé avec pour modèle le commandant militaire Doyen Parigot qui a accepté de poser pour lui. Doyen Parigot devient alors Héraklès, ou Hercule en latin. Demi-dieu gréco-romain réputé pour sa force et ses douze travaux, il est ici représenté en train de chasser les oiseaux carnassiers du lac Stymphale. C’est la sixième des douze épreuves qu’il doit réaliser pour retrouver son honneur.   
Pour cette sculpture, Bourdelle arrête le temps. Admirez ! Le héros est saisi, le corps en tension. Et la composition, faite de plein et de vide, exprime un équilibre fragile. Sentez comme Héraklès canalise sa fougue ! Ses muscles bouillonnent et la matière semble prendre vie, sous les reflets de la lumière.  Sa nudité héroïque et ses muscles contractés sont inspirés des sculptures classiques de l’antiquité grecque, que Bourdelle réinterprète.   
Loin de la Grèce antique, notre voyage dans le temps continue, à Toulouse, en 1922, La fédération française de rugby décide de dresser un monument à Alfred Mayssonnié, capitaine de l'équipe de rugby locale mort au combat en 1916. C’est un nouveau tirage de la sculpture de Bourdelle qui est choisi.  
Vous ne trouvez pas cela étrange ? Un archer pour célébrer un rugbyman ? En réalité, il faut y voir un héros courageux dans un temple à la mémoire de tous les sportifs morts durant la guerre. Rappelez-vous, comme un hasard de l'histoire, le modèle qui l'avait inspiré était lui-même militaire.   
Ce monument me fascine, il fait se rencontrer le tir à l’arc, le rugby, l’art et tous les sports. Ce n’est peut-être pas pour rien qu’une légende attribue à Héraklès la naissance des premiers Jeux Olympiques, qu’il aurait organisé en l'honneur de son père, Zeus.   
Faites attention, l'archer s’apprête à tirer ! Il pourrait bien, vous aussi, vous toucher en plein cœur.   
Monument au sport et à Mayssonié, Héraklès Archer, Antoine Bourdelle, 1909-1925, bronze et béton, œuvre monumentale, Toulouse.  

Texte et voix : Adrien Barbault 
Enregistrement : Margot Page 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Sun, 28 Apr 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/adrien-barbault-herakles-archer-2024-04-28-FrhAa7Kj.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/adrien-barbault-herakles-archer-2024-04-28-FrhAa7Kj.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/BPoo-adrien-barbault-herakles-archer-monument-au-sport-et-a-mayssonie-antoine-bourdelle</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Joséphine Calas - L'équipe de Cardiff, Robert Delaunay</title><description><![CDATA[
    Bonjour tout le monde, je m’appelle Joséphine. Ce podcast traite de la modernité, des couleurs et surtout de rugby.  
    
Cette œuvre de plus de deux mètres sur trois présente l’opposition de deux équipes de rugby à XV. Elle est divisée en trois sections. Au premier plan, les joueurs sont focalisés sur le voltigeur attrapant le ballon ovale. À leur droite, la Tour Eiffel n’est que suggérée et accolée à une grande roue rouge. La partie supérieure gauche évoque l’aéronautique avec un aéroplane et une publicité du constructeur aéronautique Astra : ce sont des sujets de la nouvelle modernité du début du XXe siècle.   
Il n’est pas anodin que le titre du tableau soit L’équipe de Cardiff, alors qu’elle joue à Paris devant la Tour Eiffel. Les rencontres sportives internationales se multiplient, notamment avec la réintroduction des Jeux Olympiques modernes, moins de 20 ans avant la réalisation de cette toile. Ces rencontres sportives internationales peuvent nous sembler aujourd’hui banales, mais sont en réalité permises par la nouvelle rapidité des transports : bateaux, trains et voitures connaissent de grandes innovations permettant des déplacements plus rapides et plus lointains.  
Par ailleurs, la culture dite de « masse » se développe grâce à la création des syndicats qui ont permis de nombreux acquis sociaux, et notamment des journées de travail plus courtes pour les employés. Cela permet d’avoir plus de temps libre, c’est aussi par cela que les pratiques sportives prennent un grand essor, notamment le rugby. Lors des Jeux Olympiques de 1900, c’était du rugby à XV masculin qui était joué et ce, jusqu’aux JO de 1924. Il est finalement réintroduit sous forme de rugby à sept, avec des équipes féminines et masculines en 2016.  
J’aime particulièrement ce tableau pour ses couleurs très vives, et ses formes schématiques et géométriques. Delaunay est particulièrement marqué par la couleur qu’apportent les affiches publicitaires dans les rues parisiennes.  Ici, on observe déjà le tournant abstrait qu’il est amené à développer au contact de sa femme Sonia Delaunay et des artistes de l’avant- garde parisienne.  
L’équipe de Cardiff, Robert Delaunay, 1912–1913, Peinture à l’huile sur toile, 326 x 208 cm, Musée d’Art moderne de la Ville de Paris 

Texte et voix : Joséphine Calas 
Enregistrement : Philipp Fischer 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Bonjour tout le monde, je m’appelle Joséphine. Ce podcast traite de la modernité, des couleurs et surtout de rugby.  
    
Cette œuvre de plus de deux mètres sur trois présente l’opposition de deux équipes de rugby à XV. Elle est divisée en trois sections. Au premier plan, les joueurs sont focalisés sur le voltigeur attrapant le ballon ovale. À leur droite, la Tour Eiffel n’est que suggérée et accolée à une grande roue rouge. La partie supérieure gauche évoque l’aéronautique avec un aéroplane et une publicité du constructeur aéronautique Astra : ce sont des sujets de la nouvelle modernité du début du XXe siècle.   
Il n’est pas anodin que le titre du tableau soit L’équipe de Cardiff, alors qu’elle joue à Paris devant la Tour Eiffel. Les rencontres sportives internationales se multiplient, notamment avec la réintroduction des Jeux Olympiques modernes, moins de 20 ans avant la réalisation de cette toile. Ces rencontres sportives internationales peuvent nous sembler aujourd’hui banales, mais sont en réalité permises par la nouvelle rapidité des transports : bateaux, trains et voitures connaissent de grandes innovations permettant des déplacements plus rapides et plus lointains.  
Par ailleurs, la culture dite de « masse » se développe grâce à la création des syndicats qui ont permis de nombreux acquis sociaux, et notamment des journées de travail plus courtes pour les employés. Cela permet d’avoir plus de temps libre, c’est aussi par cela que les pratiques sportives prennent un grand essor, notamment le rugby. Lors des Jeux Olympiques de 1900, c’était du rugby à XV masculin qui était joué et ce, jusqu’aux JO de 1924. Il est finalement réintroduit sous forme de rugby à sept, avec des équipes féminines et masculines en 2016.  
J’aime particulièrement ce tableau pour ses couleurs très vives, et ses formes schématiques et géométriques. Delaunay est particulièrement marqué par la couleur qu’apportent les affiches publicitaires dans les rues parisiennes.  Ici, on observe déjà le tournant abstrait qu’il est amené à développer au contact de sa femme Sonia Delaunay et des artistes de l’avant- garde parisienne.  
L’équipe de Cardiff, Robert Delaunay, 1912–1913, Peinture à l’huile sur toile, 326 x 208 cm, Musée d’Art moderne de la Ville de Paris 

Texte et voix : Joséphine Calas 
Enregistrement : Philipp Fischer 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Sat, 27 Apr 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/josephine-calas-lequipe-de-car-2024-04-27-kPMDf2tM.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/josephine-calas-lequipe-de-car-2024-04-27-kPMDf2tM.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/A6jj-josephine-calas-lequipe-de-cardiff-robert-delaunay</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Camille Stab - Le soldat de Marathon, Luc Olivier Merson</title><description><![CDATA[
    Bonjour à tous, je m’appelle Camille et je vais vous parler de peinture, de marathon et de dépassement de soi.  
    
L’œuvre d’aujourd’hui est une peinture qui s’intitule Le soldat de Marathon peint par Luc Olivier Merson en 1869. Au centre, dans une composition pyramidale, un soldat nu s’effondre au sol. Bien qu’à bout de force, il annonce la victoire aux trois représentants politiques d’Athènes. Cette révélation provoque chez eux de très fortes émotions, l’un le visage marqué par la stupeur, un autre lève les bras au ciel soulagé. La foule autour s’agite, la tension est à son comble, le contraste entre les ombres peintes, d’un noir profond, et les blancs et bleus lumineux des drapés la rend palpable. Cette victoire est-elle une bonne ou mauvaise nouvelle ? Difficile à dire.   
La scène représentée se passe en 490 avant notre ère, les Athéniens viennent de remporter une victoire décisive contre les Perses, la Bataille de Marathon. Le stratège Miltiade envoie le soldat Philippidès annoncer la victoire aux Athéniens. Afin d’arriver rapidement, il court tout le long des 40 km qui séparent la plaine de Marathon d’Athènes. C’est ce même soldat exténué par l’effort qui est représenté au centre de notre tableau. La réception mitigée de l’annonce de la victoire est dû au fait que l’armée athénienne était désavantagée et qu’elle n’aurait pas dû écraser aussi facilement l’armée Perse.   
Les athéniens craignent donc une ruse et pensent que le gros des forces de l’armée Perse va bientôt débarquer à Athènes. C’est pour cela qu’en réalité, ce n’est pas seulement Philippidès qui a couru cette distance mais l’ensemble de l’armée athénienne afin de protéger Athènes de cet éventuel débarquement.   
Notre artiste est un peintre académique qui se forme à l’Ecole des Beaux-Arts à Paris en cours des années 1860. Ce tableau reprend l’ensemble des codes de la peinture académique c’est-à-dire le sujet historique : thématique privilégiée par les artistes de ce mouvement artistique, les corps nus et musclés, la tension palpable et l’aspect lisse de la peinture.   
Le Marathon des Jeux Olympiques de Paris 2024 va rentrer dans l’histoire. Pour la première fois, une épreuve grand public sera organisée avec un Marathon pour tous. 20 024 participants courront sur le même parcours que les athlètes olympiques.   
Ce qui me touche dans cette œuvre, c’est la représentation du dépassement de soi, à travers le sacrifice de Philippidès, Luc Olivier Merson montre la capacité de l’Homme à dépasser ses propres limites, que ça soit au niveau sportif, artistique ou intellectuel.   
Le soldat de Marathon, Luc Olivier Merson, 1869, 1.14 m x 1.47 m, École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris.  

Texte et voix : Camille Stab 
Enregistrement : Margot Page 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Bonjour à tous, je m’appelle Camille et je vais vous parler de peinture, de marathon et de dépassement de soi.  
    
L’œuvre d’aujourd’hui est une peinture qui s’intitule Le soldat de Marathon peint par Luc Olivier Merson en 1869. Au centre, dans une composition pyramidale, un soldat nu s’effondre au sol. Bien qu’à bout de force, il annonce la victoire aux trois représentants politiques d’Athènes. Cette révélation provoque chez eux de très fortes émotions, l’un le visage marqué par la stupeur, un autre lève les bras au ciel soulagé. La foule autour s’agite, la tension est à son comble, le contraste entre les ombres peintes, d’un noir profond, et les blancs et bleus lumineux des drapés la rend palpable. Cette victoire est-elle une bonne ou mauvaise nouvelle ? Difficile à dire.   
La scène représentée se passe en 490 avant notre ère, les Athéniens viennent de remporter une victoire décisive contre les Perses, la Bataille de Marathon. Le stratège Miltiade envoie le soldat Philippidès annoncer la victoire aux Athéniens. Afin d’arriver rapidement, il court tout le long des 40 km qui séparent la plaine de Marathon d’Athènes. C’est ce même soldat exténué par l’effort qui est représenté au centre de notre tableau. La réception mitigée de l’annonce de la victoire est dû au fait que l’armée athénienne était désavantagée et qu’elle n’aurait pas dû écraser aussi facilement l’armée Perse.   
Les athéniens craignent donc une ruse et pensent que le gros des forces de l’armée Perse va bientôt débarquer à Athènes. C’est pour cela qu’en réalité, ce n’est pas seulement Philippidès qui a couru cette distance mais l’ensemble de l’armée athénienne afin de protéger Athènes de cet éventuel débarquement.   
Notre artiste est un peintre académique qui se forme à l’Ecole des Beaux-Arts à Paris en cours des années 1860. Ce tableau reprend l’ensemble des codes de la peinture académique c’est-à-dire le sujet historique : thématique privilégiée par les artistes de ce mouvement artistique, les corps nus et musclés, la tension palpable et l’aspect lisse de la peinture.   
Le Marathon des Jeux Olympiques de Paris 2024 va rentrer dans l’histoire. Pour la première fois, une épreuve grand public sera organisée avec un Marathon pour tous. 20 024 participants courront sur le même parcours que les athlètes olympiques.   
Ce qui me touche dans cette œuvre, c’est la représentation du dépassement de soi, à travers le sacrifice de Philippidès, Luc Olivier Merson montre la capacité de l’Homme à dépasser ses propres limites, que ça soit au niveau sportif, artistique ou intellectuel.   
Le soldat de Marathon, Luc Olivier Merson, 1869, 1.14 m x 1.47 m, École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris.  

Texte et voix : Camille Stab 
Enregistrement : Margot Page 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 26 Apr 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/camille-stab-le-soldat-de-maratho-2024-04-26-D50iy0Qw.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/camille-stab-le-soldat-de-maratho-2024-04-26-D50iy0Qw.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/z6V2-camille-stab-le-soldat-de-marathon-luc-olivier-merson</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Guillemette Audibert - Régates à Argenteuil, Claude Monet</title><description><![CDATA[
    Bonjour, je m’appelle Guillemette et aujourd’hui je vais vous parler de Claude Monet, de régates et d’impressionnisme. 
    
En 1872, Claude Monet peint un tableau appelé Régates à Argenteuil. Cette œuvre représente une grande étendue d’eau sur laquelle se reflètent, dans des tons clairs et lumineux, le ciel, le paysage et les voiles de plusieurs voiliers. Vous pouvez apercevoir quelques habitations ocres orangées à gauche de la composition. Elles se détachent sur le vert de la rive. Il fait beau, le ciel est bleu, la scène est baignée d’une lumière chaude, tout paraît très calme.  
Nous nous trouvons à Argenteuil, en Ile de France. Cette commune est alors très fréquentée par les Parisiens, qui aiment s’y promener le dimanche et canoter sur les bords de Seine. Argenteuil est en effet un lieu idéal pour la voile, un sport dont la pratique se développe au XIXe siècle. Dès 1896, la course à la voile figure d’ailleurs au programme des Jeux Olympiques modernes, même si le mauvais temps contraint les organisateurs à l’annulation des épreuves.   
Mais où se trouvent les bouées définissant le parcours ? Ne cherchez pas, Monet devait plus s’intéresser à représenter les mouvements de l’eau et du vent dans les voiles de bateaux. Le peintre séjourne longuement à Argenteuil de 1870 à 1878. Il s’y installe pour peindre et développer sa vision très personnelle de la peinture : sur le motif, en plein air. Une pratique que facilitent grandement l’invention des tubes de peinture et du chevalet portatif.   
Mais revenons-en à notre tableau. Outre la popularité des régates à son époque, si Monet choisit ce sujet c’est également pour réussir comme il le dit, à capter les changements de l’eau et de l’air au gré de la lumière. Il veut, comme il le dit, faire de l’insaisissable et saisir la lumière qui se sauve en emportant la couleur.  
Penchez-vous vers la toile, vous pouvez observer la touche fugace de l’artiste. Le reflet des voiles sur l’eau calme est une simple succession de traits horizontaux. Ces mêmes traits se retrouvent dans le ciel. Le mot d’impressionnisme fait son apparition deux ans après ce tableau. Il en présente beaucoup de caractéristiques comme cette touche fractionnée.  
Cette œuvre m’a beaucoup touchée. Ces embarcations m’ont fait voyager l’espace d’un instant dans cette campagne joyeuse d’un temps passé. Je suis devenue spectatrice de cette course de voiliers, peut être que vous le deviendrez aussi !  
Régates à Argenteuil, Claude Monet, 1872, 48 x 75 cm, Paris, Musée d’Orsay.   

Texte et voix : Guillemette Audibert 
Enregistrement : Margot Page 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Bonjour, je m’appelle Guillemette et aujourd’hui je vais vous parler de Claude Monet, de régates et d’impressionnisme. 
    
En 1872, Claude Monet peint un tableau appelé Régates à Argenteuil. Cette œuvre représente une grande étendue d’eau sur laquelle se reflètent, dans des tons clairs et lumineux, le ciel, le paysage et les voiles de plusieurs voiliers. Vous pouvez apercevoir quelques habitations ocres orangées à gauche de la composition. Elles se détachent sur le vert de la rive. Il fait beau, le ciel est bleu, la scène est baignée d’une lumière chaude, tout paraît très calme.  
Nous nous trouvons à Argenteuil, en Ile de France. Cette commune est alors très fréquentée par les Parisiens, qui aiment s’y promener le dimanche et canoter sur les bords de Seine. Argenteuil est en effet un lieu idéal pour la voile, un sport dont la pratique se développe au XIXe siècle. Dès 1896, la course à la voile figure d’ailleurs au programme des Jeux Olympiques modernes, même si le mauvais temps contraint les organisateurs à l’annulation des épreuves.   
Mais où se trouvent les bouées définissant le parcours ? Ne cherchez pas, Monet devait plus s’intéresser à représenter les mouvements de l’eau et du vent dans les voiles de bateaux. Le peintre séjourne longuement à Argenteuil de 1870 à 1878. Il s’y installe pour peindre et développer sa vision très personnelle de la peinture : sur le motif, en plein air. Une pratique que facilitent grandement l’invention des tubes de peinture et du chevalet portatif.   
Mais revenons-en à notre tableau. Outre la popularité des régates à son époque, si Monet choisit ce sujet c’est également pour réussir comme il le dit, à capter les changements de l’eau et de l’air au gré de la lumière. Il veut, comme il le dit, faire de l’insaisissable et saisir la lumière qui se sauve en emportant la couleur.  
Penchez-vous vers la toile, vous pouvez observer la touche fugace de l’artiste. Le reflet des voiles sur l’eau calme est une simple succession de traits horizontaux. Ces mêmes traits se retrouvent dans le ciel. Le mot d’impressionnisme fait son apparition deux ans après ce tableau. Il en présente beaucoup de caractéristiques comme cette touche fractionnée.  
Cette œuvre m’a beaucoup touchée. Ces embarcations m’ont fait voyager l’espace d’un instant dans cette campagne joyeuse d’un temps passé. Je suis devenue spectatrice de cette course de voiliers, peut être que vous le deviendrez aussi !  
Régates à Argenteuil, Claude Monet, 1872, 48 x 75 cm, Paris, Musée d’Orsay.   

Texte et voix : Guillemette Audibert 
Enregistrement : Margot Page 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Thu, 25 Apr 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/guillemette-audibert-regates-a-a-2024-04-25-GHRZveJu.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/guillemette-audibert-regates-a-a-2024-04-25-GHRZveJu.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/ywQR-guillemette-audibert-regates-a-argenteuil-claude-monet</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Chiara Perez - Vase de 1924, Émile-Louis Bracquemond et Manufacture de Sèvres</title><description><![CDATA[
    Bonjour, je suis Chiara et je vais vous parler de trophée, de porcelaine et de centenaire. 
    
Imaginez un vase, bleu foncé avec des motifs de laurier dorés, sur sa partie haute quatre médaillons avec un décor blanc sur un fond gris. Ils représentent chacun un sport et, comme il existe quatre modèles de ce vase, seize sports différents ont été représentés, du tennis à l’aviron, en passant par le football et le javelot. Enfin, le col du vase a un décor d’aéroplanes blancs sur un fond gris.  
Nous sommes à Paris, en 1924, pendant les Jeux Olympiques. Une épreuve vient de se terminer, on dresse le podium et le vainqueur reçoit, en plus de sa médaille, non pas un bouquet de fleurs ou une peluche géante, mais ce vase que je viens de vous décrire. Étonnant, non ?  
Remontons un peu le temps. Sous l’Antiquité, en Grèce, moment et pays où sont nés les Jeux Olympiques, on remet déjà des vases aux vainqueurs des compétitions sportives : certains sont d’ailleurs conservés au musée du Louvre aujourd’hui. Mais quand en 1896 le Français Pierre de Coubertin crée les JO modernes, il s’oppose à ce qu’on donne des trophées aux gagnants, qui reçoivent alors seulement des médailles et des diplômes. Coubertin, c’est l’auteur du célèbre adage « l’important, c’est de participer » : il devait penser que les vainqueurs auraient trop d’ego si on leur donnait un trophée !  
Mais en 1924, à Paris, on aimerait bien valoriser les productions françaises ! Alors on va à l’encontre du règlement des Jeux Olympiques, et on commande à la Manufacture de Sèvres des vases pour les offrir aux vainqueurs comme trophées. Les productions de Sèvres, manufacture de porcelaine créée par le roi Louis XV au XVIIIe siècle et qui incarne l’excellence de l’artisanat à la française, seront ainsi visibles du monde entier !  
À Sèvres, tous se mobilisent pour cette commande exceptionnelle : Octave Guillonnet dessine le modèle, c’est-à-dire la forme et le décor, Émile-Louis Bracquemond s’occupe des aspects techniques de la pâte et des colorants, et les ateliers de production fabriquent pas moins de 309 exemplaires de ce vase. Son décor glorifie le sport, mais aussi l’esprit de fraternité olympique, puisque les aéroplanes dont je vous parlais symbolisent l’union entre les nations.   
Ce que je trouve extraordinaire dans cette aventure, c’est le lien qui a été tissé entre une production de luxe, perçue comme élitiste, associée à l’Histoire de la France, et un événement populaire, moderne, et cosmopolite comme les Jeux Olympiques. J’aimerais bien savoir ce qu’ont fait les vainqueurs de leur vase une fois rentrés chez eux ! L’ont-ils gardé ? Exposé dans leur salon ? Ou revendu ? En tout cas, beaucoup d’exemplaires sont aujourd’hui conservés dans des musées français et étrangers !  
Vase des vainqueurs des Jeux Olympiques, Émile-Louis Bracquemond, Octave Guillonnet, Manufacture de Sèvres, 1924, porcelaine, Ht. 34 cm, Paris, Petit Palais.  

Texte et voix : Chiara Perez 
Enregistrement : Suzanne Saint-Cast 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Bonjour, je suis Chiara et je vais vous parler de trophée, de porcelaine et de centenaire. 
    
Imaginez un vase, bleu foncé avec des motifs de laurier dorés, sur sa partie haute quatre médaillons avec un décor blanc sur un fond gris. Ils représentent chacun un sport et, comme il existe quatre modèles de ce vase, seize sports différents ont été représentés, du tennis à l’aviron, en passant par le football et le javelot. Enfin, le col du vase a un décor d’aéroplanes blancs sur un fond gris.  
Nous sommes à Paris, en 1924, pendant les Jeux Olympiques. Une épreuve vient de se terminer, on dresse le podium et le vainqueur reçoit, en plus de sa médaille, non pas un bouquet de fleurs ou une peluche géante, mais ce vase que je viens de vous décrire. Étonnant, non ?  
Remontons un peu le temps. Sous l’Antiquité, en Grèce, moment et pays où sont nés les Jeux Olympiques, on remet déjà des vases aux vainqueurs des compétitions sportives : certains sont d’ailleurs conservés au musée du Louvre aujourd’hui. Mais quand en 1896 le Français Pierre de Coubertin crée les JO modernes, il s’oppose à ce qu’on donne des trophées aux gagnants, qui reçoivent alors seulement des médailles et des diplômes. Coubertin, c’est l’auteur du célèbre adage « l’important, c’est de participer » : il devait penser que les vainqueurs auraient trop d’ego si on leur donnait un trophée !  
Mais en 1924, à Paris, on aimerait bien valoriser les productions françaises ! Alors on va à l’encontre du règlement des Jeux Olympiques, et on commande à la Manufacture de Sèvres des vases pour les offrir aux vainqueurs comme trophées. Les productions de Sèvres, manufacture de porcelaine créée par le roi Louis XV au XVIIIe siècle et qui incarne l’excellence de l’artisanat à la française, seront ainsi visibles du monde entier !  
À Sèvres, tous se mobilisent pour cette commande exceptionnelle : Octave Guillonnet dessine le modèle, c’est-à-dire la forme et le décor, Émile-Louis Bracquemond s’occupe des aspects techniques de la pâte et des colorants, et les ateliers de production fabriquent pas moins de 309 exemplaires de ce vase. Son décor glorifie le sport, mais aussi l’esprit de fraternité olympique, puisque les aéroplanes dont je vous parlais symbolisent l’union entre les nations.   
Ce que je trouve extraordinaire dans cette aventure, c’est le lien qui a été tissé entre une production de luxe, perçue comme élitiste, associée à l’Histoire de la France, et un événement populaire, moderne, et cosmopolite comme les Jeux Olympiques. J’aimerais bien savoir ce qu’ont fait les vainqueurs de leur vase une fois rentrés chez eux ! L’ont-ils gardé ? Exposé dans leur salon ? Ou revendu ? En tout cas, beaucoup d’exemplaires sont aujourd’hui conservés dans des musées français et étrangers !  
Vase des vainqueurs des Jeux Olympiques, Émile-Louis Bracquemond, Octave Guillonnet, Manufacture de Sèvres, 1924, porcelaine, Ht. 34 cm, Paris, Petit Palais.  

Texte et voix : Chiara Perez 
Enregistrement : Suzanne Saint-Cast 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Wed, 24 Apr 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/chiara-perez-vase-de-1924-emile-2024-04-24-A5Qakd4q.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/chiara-perez-vase-de-1924-emile-2024-04-24-A5Qakd4q.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/x6OP-chiara-perez-vase-de-1924-emile-louis-bracquemond-et-manufacture-de-sevres</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Nina Mardigras - Salle de basket du YMCA, rue de Trévise, Paris</title><description><![CDATA[
    Bonjour, je m’appelle Nina et aujourd’hui je vais vous parler de basketball, du YMCA et d’un lieu chargé d’histoire. 
    
L’œuvre dont je vais vous parler aujourd’hui est un lieu. Il s’agit de la plus vieille salle de basket au monde, qui se trouve au 14 rue de Trévise à Paris. Cette salle est construite par l’architecte Emile Besnard en 1893.  
Entrer au 14 rue de Trévise c’est faire un saut dans le temps. Fermez les yeux un instant et laissez-vous transporter. Le terrain se trouve dans une pièce de forme ovale, aux murs très hauts. Le sol est recouvert d’un parquet en arêtes de poissons. Les deux paniers culminent à 3,05m de hauteur, ce qui est toujours la hauteur règlementaire aujourd’hui. Une galerie permet aux spectateurs d’assister à la partie qui est en cours. Enfin, deux pylônes se dressent au centre du terrain, comme des témoins, certes peu pratiques, de l’âge de l’illustre salle.  
Le basket est inventé dans les locaux de la Young Men’s Christian Association, le YMCA. Cette association est à l’origine de l’export du basketball dans ses branches françaises, nommées Union Chrétienne de Jeunes Gens. Le sport est un moyen d’occuper la jeunesse, aussi il est urgent pour l’UCJG de Paris d’avoir un lieu où pratiquer. La salle sera inaugurée en 1893. Le premier match se joue à Paris, entre de jeunes membres de l’UCJG. Ainsi, la capitale française entre dans l’histoire du basketball. Il ne faut tout de même pas négliger l’importance du mécénat américain qui permet à la salle de voir le jour, comme un témoin de l’héritage sportif commun à ces deux nations.   
Ce qui me touche particulièrement avec ce lieu, c’est la charge historique qu’il porte. Comment ne pas imaginer tous les dunks, tous les magnifiques paniers à trois points, tous les sauts qui se sont succédés sur les lames du parquet depuis plus de 120 ans ? Mais ce que je trouve le plus touchant, c’est que la salle est toujours utilisée par la jeunesse et garde sa fonction d’origine en accueillant de nombreux cours de sports ou manifestations sportives. De jeunes artistes s’emparent du lieu et le font même figurer dans des clips comme Eddy de Pretto en 2018. Né pour servir la jeunesse, ce lieu continue aujourd’hui de remplir sa fonction. Après avoir été rénové depuis 2021, le lieu devrait rouvrir ses portes cette année. Vous pouvez le visiter lors des Journées Européennes du Patrimoine.  
Salle de basket du YMCA, par l’architecte Emile Besnard, 1893, Paris, 14 rue de Trévise.   

Texte et voix : Nina Mardigras 
Enregistrement : Kélian Jeannez 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Bonjour, je m’appelle Nina et aujourd’hui je vais vous parler de basketball, du YMCA et d’un lieu chargé d’histoire. 
    
L’œuvre dont je vais vous parler aujourd’hui est un lieu. Il s’agit de la plus vieille salle de basket au monde, qui se trouve au 14 rue de Trévise à Paris. Cette salle est construite par l’architecte Emile Besnard en 1893.  
Entrer au 14 rue de Trévise c’est faire un saut dans le temps. Fermez les yeux un instant et laissez-vous transporter. Le terrain se trouve dans une pièce de forme ovale, aux murs très hauts. Le sol est recouvert d’un parquet en arêtes de poissons. Les deux paniers culminent à 3,05m de hauteur, ce qui est toujours la hauteur règlementaire aujourd’hui. Une galerie permet aux spectateurs d’assister à la partie qui est en cours. Enfin, deux pylônes se dressent au centre du terrain, comme des témoins, certes peu pratiques, de l’âge de l’illustre salle.  
Le basket est inventé dans les locaux de la Young Men’s Christian Association, le YMCA. Cette association est à l’origine de l’export du basketball dans ses branches françaises, nommées Union Chrétienne de Jeunes Gens. Le sport est un moyen d’occuper la jeunesse, aussi il est urgent pour l’UCJG de Paris d’avoir un lieu où pratiquer. La salle sera inaugurée en 1893. Le premier match se joue à Paris, entre de jeunes membres de l’UCJG. Ainsi, la capitale française entre dans l’histoire du basketball. Il ne faut tout de même pas négliger l’importance du mécénat américain qui permet à la salle de voir le jour, comme un témoin de l’héritage sportif commun à ces deux nations.   
Ce qui me touche particulièrement avec ce lieu, c’est la charge historique qu’il porte. Comment ne pas imaginer tous les dunks, tous les magnifiques paniers à trois points, tous les sauts qui se sont succédés sur les lames du parquet depuis plus de 120 ans ? Mais ce que je trouve le plus touchant, c’est que la salle est toujours utilisée par la jeunesse et garde sa fonction d’origine en accueillant de nombreux cours de sports ou manifestations sportives. De jeunes artistes s’emparent du lieu et le font même figurer dans des clips comme Eddy de Pretto en 2018. Né pour servir la jeunesse, ce lieu continue aujourd’hui de remplir sa fonction. Après avoir été rénové depuis 2021, le lieu devrait rouvrir ses portes cette année. Vous pouvez le visiter lors des Journées Européennes du Patrimoine.  
Salle de basket du YMCA, par l’architecte Emile Besnard, 1893, Paris, 14 rue de Trévise.   

Texte et voix : Nina Mardigras 
Enregistrement : Kélian Jeannez 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 23 Apr 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/nina-mardigras-salle-de-basket-du-2024-04-23-jTqWzRcD.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/nina-mardigras-salle-de-basket-du-2024-04-23-jTqWzRcD.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/w0MX-nina-mardigras-salle-de-basket-du-ymca-rue-de-trevise-paris</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Mathilde Garet - Cheval d'arçon, Sophie Dubosc</title><description><![CDATA[
    Bonjour, je m&#039;appelle Mathilde et je vais vous parler de gymnastique, de cheval et d&#039;humour.  
    
En 2007, l’artiste Sophie Dubosc a créé une œuvre intitulée Cheval d’arçon. Imaginez d’abord un cheval avec ses sabots et sa crinière. Maintenant pensez à un cheval d’arçon, vous voyez ce support de gymnastique horizontal en bois sur lequel sont fixées deux poignets ? Essayez de mélanger les deux comme l’a fait Sophie Dubosc. Pour réaliser son œuvre, elle a recouvert son vieux cheval d’arçon de longs fils de chanvre et y a ajouté quatre sabots en caoutchouc, créant ainsi l’illusion d’un animal. De cette façon, elle déconcerte le spectateur en le mettant face à un cheval sans queue ni tête.   
C’est ce qui plaît à l’artiste, dans ses œuvres, elle crée de nouveaux sens avec une économie de moyen, en jouant avec les matières et les mots.   
Mais d&#039;ailleurs, pourquoi le cheval d&#039;arçon a-t-il ce nom ? Les arçons désignent les deux parties rigides qui forment le corps des selles d’équitation. Ainsi, les deux poignets du cheval d’arçon imitent les deux extrémités rehaussées de la selle. Au IVe siècle, l’écrivain Végèce décrit l&#039;entraînement des cavaliers romains sur des chevaux en bois. Armés, ils doivent être capables de sauter sur le faux cheval aussi bien de la droite que de la gauche. En 1694, le dictionnaire de l&#039;Académie Française indique que les chevaux de bois sont des figures “ sur lesquelles on apprend à voltiger”.  
Le cheval d&#039;arçons figure dans les épreuves de gymnastique artistique masculine dès les premiers Jeux olympiques modernes de 1896. J&#039;ai dit gymnastique « artistique » ? Oui, car les exercices n&#039;ont plus rien à voir avec les entraînements militaires ! Il ne s&#039;agit plus de se hisser sur le cheval, mais de s&#039;y tenir en équilibre tout en faisant tournoyer ses jambes autour de son corps. Mais attention ! Impossible de faire des acrobaties sur le cheval d’arçon de Sophie Dubosc, imaginez un peu, les gymnastes s&#039;emmêleraient dans les fils de chanvre !  
Ce que j&#039;aime dans cette œuvre, c&#039;est son humour désarçonnant ! J&#039;ai d&#039;abord été déconcertée par cet animal qui n&#039;en est pas vraiment un et quand j&#039;ai compris la référence à la gymnastique et j&#039;ai presque eu envie de l&#039;adopter !  
Cheval d&#039;arçon, Sophie Dubosc, 2007, cheval d&#039;arçon, chanvre, caoutchouc, 134 x 210 x 98 cm, Les Abattoirs, Musée - Frac Occitanie Toulouse.  

Texte et voix : Mathilde Garet 
Enregistrement : Margot Page 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Bonjour, je m'appelle Mathilde et je vais vous parler de gymnastique, de cheval et d'humour.  
    
En 2007, l’artiste Sophie Dubosc a créé une œuvre intitulée Cheval d’arçon. Imaginez d’abord un cheval avec ses sabots et sa crinière. Maintenant pensez à un cheval d’arçon, vous voyez ce support de gymnastique horizontal en bois sur lequel sont fixées deux poignets ? Essayez de mélanger les deux comme l’a fait Sophie Dubosc. Pour réaliser son œuvre, elle a recouvert son vieux cheval d’arçon de longs fils de chanvre et y a ajouté quatre sabots en caoutchouc, créant ainsi l’illusion d’un animal. De cette façon, elle déconcerte le spectateur en le mettant face à un cheval sans queue ni tête.   
C’est ce qui plaît à l’artiste, dans ses œuvres, elle crée de nouveaux sens avec une économie de moyen, en jouant avec les matières et les mots.   
Mais d'ailleurs, pourquoi le cheval d'arçon a-t-il ce nom ? Les arçons désignent les deux parties rigides qui forment le corps des selles d’équitation. Ainsi, les deux poignets du cheval d’arçon imitent les deux extrémités rehaussées de la selle. Au IVe siècle, l’écrivain Végèce décrit l'entraînement des cavaliers romains sur des chevaux en bois. Armés, ils doivent être capables de sauter sur le faux cheval aussi bien de la droite que de la gauche. En 1694, le dictionnaire de l'Académie Française indique que les chevaux de bois sont des figures “ sur lesquelles on apprend à voltiger”.  
Le cheval d'arçons figure dans les épreuves de gymnastique artistique masculine dès les premiers Jeux olympiques modernes de 1896. J'ai dit gymnastique « artistique » ? Oui, car les exercices n'ont plus rien à voir avec les entraînements militaires ! Il ne s'agit plus de se hisser sur le cheval, mais de s'y tenir en équilibre tout en faisant tournoyer ses jambes autour de son corps. Mais attention ! Impossible de faire des acrobaties sur le cheval d’arçon de Sophie Dubosc, imaginez un peu, les gymnastes s'emmêleraient dans les fils de chanvre !  
Ce que j'aime dans cette œuvre, c'est son humour désarçonnant ! J'ai d'abord été déconcertée par cet animal qui n'en est pas vraiment un et quand j'ai compris la référence à la gymnastique et j'ai presque eu envie de l'adopter !  
Cheval d'arçon, Sophie Dubosc, 2007, cheval d'arçon, chanvre, caoutchouc, 134 x 210 x 98 cm, Les Abattoirs, Musée - Frac Occitanie Toulouse.  

Texte et voix : Mathilde Garet 
Enregistrement : Margot Page 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Mon, 22 Apr 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/mathilde-garet-cheval-darcon-s-2024-04-22-b7vU94wJ.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/mathilde-garet-cheval-darcon-s-2024-04-22-b7vU94wJ.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/vQKn-mathilde-garet-cheval-darcon-sophie-dubosc</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Antoine Coustic - Ceinture de jeu de balle</title><description><![CDATA[
    Bonjour, je m’appelle Antoine et aujourd’hui je vous emmène au Mexique pour parler de jeu de balle, de grenouille et de diplomatie. 
    
L’œuvre que je vais vous présenter est une sculpture exécutée entre 600 et 900 de notre ère. Sa forme en “U” est particulièrement intrigante. Cette forme est celle d’une ceinture utilisée lors de la pratique du jeu de balle, un sport précolombien. Normalement en cuir et en fibres végétales, elle est ici représentée en pierre. Des visages humains sont visibles sur les côtés, mais c’est une tête animale aux yeux globuleux qui domine la composition. Cette étrange figure serait celle d’un batracien, peut-être une grenouille.  
Le jeu de balle est caractéristique des cultures de l’aire mésoaméricaine qui s’étend du centre du Mexique au Nicaragua. Lors des parties, deux équipes s’affrontent en public. Les joueurs doivent s’échanger une balle en caoutchouc en la frappant avec les hanches. Et c’est là qu’intervient notre ceinture : la balle pouvait peser jusqu’à 4 kg, il fallait donc se protéger des chocs !   
Le jeu de balle avait une fonction sociale très importante qui n’est pas sans rappeler l’émulation des Jeux olympiques. De véritables championnats étaient organisés et le public pouvait parier sur les équipes ! Ce sport joue aussi un rôle diplomatique : des personnes ou des cités en conflit pouvaient s’affronter sur les terrains pour régler leurs différends. Le jeu de balle avait enfin une grande importance religieuse. Les parties s’accompagnaient de rituels, notamment liés à la fertilité. C’est cette thématique qu’évoque la grenouille, un animal lié au monde souterrain et à l’eau.  
Ce qui me passionne particulièrement avec cette œuvre, c’est sa provenance. Ces ceintures en pierre sont caractéristiques de la côte du Golfe du Mexique, elles étaient placées dans des tombes pour accompagner les défunts prestigieux. Elles ont notamment été retrouvées sur le magnifique site archéologique d’El Tajin : c’est le site de Mésoamérique avec le plus de terrains de jeu de balle. On en dénombre 17 ! Cette pratique occupait donc une place très importante dans la vie de cette cité. Si importante que les équipements utilisés pour ce sport étaient transformés en sculptures !  
Ceinture de jeu de balle, entre 600 et 900 de notre ère, roche porphyroïde, 42 cm, Musée du Quai Branly-Jacques Chirac, Paris.  

Texte et voix : Antoine Coustic 
Enregistrement : Margot Page 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Bonjour, je m’appelle Antoine et aujourd’hui je vous emmène au Mexique pour parler de jeu de balle, de grenouille et de diplomatie. 
    
L’œuvre que je vais vous présenter est une sculpture exécutée entre 600 et 900 de notre ère. Sa forme en “U” est particulièrement intrigante. Cette forme est celle d’une ceinture utilisée lors de la pratique du jeu de balle, un sport précolombien. Normalement en cuir et en fibres végétales, elle est ici représentée en pierre. Des visages humains sont visibles sur les côtés, mais c’est une tête animale aux yeux globuleux qui domine la composition. Cette étrange figure serait celle d’un batracien, peut-être une grenouille.  
Le jeu de balle est caractéristique des cultures de l’aire mésoaméricaine qui s’étend du centre du Mexique au Nicaragua. Lors des parties, deux équipes s’affrontent en public. Les joueurs doivent s’échanger une balle en caoutchouc en la frappant avec les hanches. Et c’est là qu’intervient notre ceinture : la balle pouvait peser jusqu’à 4 kg, il fallait donc se protéger des chocs !   
Le jeu de balle avait une fonction sociale très importante qui n’est pas sans rappeler l’émulation des Jeux olympiques. De véritables championnats étaient organisés et le public pouvait parier sur les équipes ! Ce sport joue aussi un rôle diplomatique : des personnes ou des cités en conflit pouvaient s’affronter sur les terrains pour régler leurs différends. Le jeu de balle avait enfin une grande importance religieuse. Les parties s’accompagnaient de rituels, notamment liés à la fertilité. C’est cette thématique qu’évoque la grenouille, un animal lié au monde souterrain et à l’eau.  
Ce qui me passionne particulièrement avec cette œuvre, c’est sa provenance. Ces ceintures en pierre sont caractéristiques de la côte du Golfe du Mexique, elles étaient placées dans des tombes pour accompagner les défunts prestigieux. Elles ont notamment été retrouvées sur le magnifique site archéologique d’El Tajin : c’est le site de Mésoamérique avec le plus de terrains de jeu de balle. On en dénombre 17 ! Cette pratique occupait donc une place très importante dans la vie de cette cité. Si importante que les équipements utilisés pour ce sport étaient transformés en sculptures !  
Ceinture de jeu de balle, entre 600 et 900 de notre ère, roche porphyroïde, 42 cm, Musée du Quai Branly-Jacques Chirac, Paris.  

Texte et voix : Antoine Coustic 
Enregistrement : Margot Page 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Sun, 21 Apr 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/antoine-coustic-ceinture-de-jeu-d-2024-04-21-aBwMnMWK.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/antoine-coustic-ceinture-de-jeu-d-2024-04-21-aBwMnMWK.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/r2yL-antoine-coustic-ceinture-de-jeu-de-balle</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Line Puech - Rugby, Marie-Louise Simard</title><description><![CDATA[
    Je m’appelle Line, et aujourd’hui je vais vous parler de rugby, d’Art déco et de corps idéalisés.  
    
Aux alentours de 1936, la française Marie-Louise Simard réalise Rugby, une sculpture en bronze où des hommes nus aux corps puissants s’empressent vers un ballon ovale encore dans les airs, point de tension extrême où aboutit la composition pyramidale. Certains joueurs sont captés en plein saut, tandis que d’autres essaient de se frayer un chemin en agrippant et en poussant brutalement les autres.   
Ce sport, c’est le rugby. Ses règles sont codifiées par les étudiants de l’école de la ville de Rugby et de l’université de Cambridge en Grande-Bretagne entre 1845 et 1848. Il en existe de nombreuses variantes mais c’est le rugby à sept qui est pratiqué aux Jeux Olympiques depuis les Jeux de Rio en 2016. L’essentiel ne change pas : plaquages codifiés, passes jouées vers l’arrière ou encore mêlées font partie des principales règles de cette discipline.  
Mais pourquoi Marie-Louise Simard en a-t-elle fait le sujet de sa sculpture ?  C’est une artiste dont la trace est très difficile à retrouver dans les archives, cependant il est clair que ses réalisations s’inscrivent dans le goût Art déco.  Au début des années vingt, on voit naître un style décoratif très vaste, dont les inspirations puisent dans les périodes les plus anciennes comme l’Antiquité, le futur le plus abstrait, en passant par un goût nostalgique de l’artiste pour les Années folles.  
Dans ce bronze, ces corps athlétiques renvoient à un idéal antique gréco-romain et sont associés à des visages extrêmement simplifiés, puisque seule la composition pyramidale formée par ces joueurs est nécessaire pour retranscrire la fougue de la scène. Cette sculpture correspond au culte du corps athlétique idéalisé du début du siècle, alors que les activités sportives en plein-air notamment populaires sont une source infinie de sujets pour les artistes européens de l’entre-deux-guerres. Elle était certainement destinée à orner un dessus de cheminée ou un salon de membres de la bourgeoisie en pleine expansion à cette époque.  
Je trouve cette œuvre extrêmement captivante. De loin, elle s’apparente à un amas de muscles exacerbés, mais très gracieux, où des corps courbés et élancés se dressent vers le ciel dans une tension presque dramatique. Le rugby, brutal et intense, est ici sublimé, et ses rugbymen sont acteurs d’une composition dynamique.   
Rugby, Marie-Louise Simard, 1936, sculpture en bronze, 77 x 85 x 33 cm. Musée d’Art Moderne de la ville de Paris.  

Texte et voix : Line Puech 
Enregistrement : Hugo Passard 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Je m’appelle Line, et aujourd’hui je vais vous parler de rugby, d’Art déco et de corps idéalisés.  
    
Aux alentours de 1936, la française Marie-Louise Simard réalise Rugby, une sculpture en bronze où des hommes nus aux corps puissants s’empressent vers un ballon ovale encore dans les airs, point de tension extrême où aboutit la composition pyramidale. Certains joueurs sont captés en plein saut, tandis que d’autres essaient de se frayer un chemin en agrippant et en poussant brutalement les autres.   
Ce sport, c’est le rugby. Ses règles sont codifiées par les étudiants de l’école de la ville de Rugby et de l’université de Cambridge en Grande-Bretagne entre 1845 et 1848. Il en existe de nombreuses variantes mais c’est le rugby à sept qui est pratiqué aux Jeux Olympiques depuis les Jeux de Rio en 2016. L’essentiel ne change pas : plaquages codifiés, passes jouées vers l’arrière ou encore mêlées font partie des principales règles de cette discipline.  
Mais pourquoi Marie-Louise Simard en a-t-elle fait le sujet de sa sculpture ?  C’est une artiste dont la trace est très difficile à retrouver dans les archives, cependant il est clair que ses réalisations s’inscrivent dans le goût Art déco.  Au début des années vingt, on voit naître un style décoratif très vaste, dont les inspirations puisent dans les périodes les plus anciennes comme l’Antiquité, le futur le plus abstrait, en passant par un goût nostalgique de l’artiste pour les Années folles.  
Dans ce bronze, ces corps athlétiques renvoient à un idéal antique gréco-romain et sont associés à des visages extrêmement simplifiés, puisque seule la composition pyramidale formée par ces joueurs est nécessaire pour retranscrire la fougue de la scène. Cette sculpture correspond au culte du corps athlétique idéalisé du début du siècle, alors que les activités sportives en plein-air notamment populaires sont une source infinie de sujets pour les artistes européens de l’entre-deux-guerres. Elle était certainement destinée à orner un dessus de cheminée ou un salon de membres de la bourgeoisie en pleine expansion à cette époque.  
Je trouve cette œuvre extrêmement captivante. De loin, elle s’apparente à un amas de muscles exacerbés, mais très gracieux, où des corps courbés et élancés se dressent vers le ciel dans une tension presque dramatique. Le rugby, brutal et intense, est ici sublimé, et ses rugbymen sont acteurs d’une composition dynamique.   
Rugby, Marie-Louise Simard, 1936, sculpture en bronze, 77 x 85 x 33 cm. Musée d’Art Moderne de la ville de Paris.  

Texte et voix : Line Puech 
Enregistrement : Hugo Passard 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Sat, 20 Apr 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/line-puech-rugby-marie-louise-s-2024-04-20-8gBLGNbD.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/line-puech-rugby-marie-louise-s-2024-04-20-8gBLGNbD.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/qQwy-line-puech-rugby-marie-louise-simard</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Suzie Zanetta - Le Boxeur, Pierre Bonnard</title><description><![CDATA[
    Bonjour, je m’appelle Suzie et aujourd’hui, je vais vous parler de boxe, d’autoportrait et d’introspection. 
    
Lorsque Pierre Bonnard peint Le Boxeur en 1931, cela fait vingt-sept ans que la boxe anglaise est admise aux Jeux Olympiques. La violence de ce sport impressionne et inspire au peintre une métaphore.  
Torse nu, les poings en avant, fermés et serrés, le visage baissé, Bonnard s’apprête à vaincre un adversaire invisible. C’est par le contraste du rouge sombre sur un fond jaune, presque délavé, que la grimace de son expression faciale se détache aisément. Par le titre, nous nous attendions à voir un homme sportif et vigoureux. Tandis qu’ici, nous regardons un corps vieilli et décharné, que la couleur ne manque pas de ternir. Ce boxeur est donc faiblement prêt à combattre, et sa position paraît ironique.  
En effet, en anglais, le mot « box » signifie « coup ». Et dans ce tableau, le temps porte un sévère coup au corps de l’artiste. Tel Rembrandt ou Van Gogh avant lui, Pierre Bonnard rythme sa vie d&#039;autoportraits, se peignant à tous les âges, comme ici à soixante-quatre ans, face au miroir. 
Mais quelle surprise ! Habituellement, ses tableaux sont lumineux et vibrants, utilisant un jaune synonyme de bonheur, celui du soleil et de la joie qu’il trouvait en Méditerranée. Ici, on ne retrouve rien de léger. Le jaune utilisé est plutôt troublant. Sur son visage nous lisons la lutte, la souffrance d’une vie, et son obscurité traduit l’inquiétude de la vieillesse. Ses yeux sont embués, il semble renfermé sur lui-même, comme s’il refusait le dialogue. Et l’apparente agressivité de cette posture de boxeur cache plutôt un sentiment de tristesse.  
Comme sur le ring, le peintre confronte l’observateur, et se confronte lui-même. A moitié dans l’ombre, son corps semble nous dire : « la chair est triste et j’ai déjà vécu tous les désirs ». Derrière lui, une tâche évoque la feuille d’un calendrier fixé au mur, rappelant ce combat avec le temps qui passe.  
Peut-être enfin, que ce tableau est une réponse à la critique artistique qu&#039;il subissait à l’époque. Loin de la modernité des années 1930, ses œuvres, héritières du mouvement Nabi dont l’artiste a fait partie dès la fin du XIXe siècle, sont vivement critiquées. Si bien qu&#039;il pourrait être en train de se demander s’il est encore utile de continuer à se battre. 
J’aime ce tableau. Il suscite des émotions vives et dans son tourment, nous entraîne et nous guide pour analyser tout au fond de nous-mêmes, ce combat contre le Temps.  
Le Boxeur de Pierre Bonnard, 1931, huile sur toile, 54 X 74,3 cm, Paris. Musée d’Orsay.  

Texte et voix : Suzie Zanetta 
Enregistrement : Colin Gruel 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
]]></description><itunes:summary>
    Bonjour, je m’appelle Suzie et aujourd’hui, je vais vous parler de boxe, d’autoportrait et d’introspection. 
    
Lorsque Pierre Bonnard peint Le Boxeur en 1931, cela fait vingt-sept ans que la boxe anglaise est admise aux Jeux Olympiques. La violence de ce sport impressionne et inspire au peintre une métaphore.  
Torse nu, les poings en avant, fermés et serrés, le visage baissé, Bonnard s’apprête à vaincre un adversaire invisible. C’est par le contraste du rouge sombre sur un fond jaune, presque délavé, que la grimace de son expression faciale se détache aisément. Par le titre, nous nous attendions à voir un homme sportif et vigoureux. Tandis qu’ici, nous regardons un corps vieilli et décharné, que la couleur ne manque pas de ternir. Ce boxeur est donc faiblement prêt à combattre, et sa position paraît ironique.  
En effet, en anglais, le mot « box » signifie « coup ». Et dans ce tableau, le temps porte un sévère coup au corps de l’artiste. Tel Rembrandt ou Van Gogh avant lui, Pierre Bonnard rythme sa vie d'autoportraits, se peignant à tous les âges, comme ici à soixante-quatre ans, face au miroir. 
Mais quelle surprise ! Habituellement, ses tableaux sont lumineux et vibrants, utilisant un jaune synonyme de bonheur, celui du soleil et de la joie qu’il trouvait en Méditerranée. Ici, on ne retrouve rien de léger. Le jaune utilisé est plutôt troublant. Sur son visage nous lisons la lutte, la souffrance d’une vie, et son obscurité traduit l’inquiétude de la vieillesse. Ses yeux sont embués, il semble renfermé sur lui-même, comme s’il refusait le dialogue. Et l’apparente agressivité de cette posture de boxeur cache plutôt un sentiment de tristesse.  
Comme sur le ring, le peintre confronte l’observateur, et se confronte lui-même. A moitié dans l’ombre, son corps semble nous dire : « la chair est triste et j’ai déjà vécu tous les désirs ». Derrière lui, une tâche évoque la feuille d’un calendrier fixé au mur, rappelant ce combat avec le temps qui passe.  
Peut-être enfin, que ce tableau est une réponse à la critique artistique qu'il subissait à l’époque. Loin de la modernité des années 1930, ses œuvres, héritières du mouvement Nabi dont l’artiste a fait partie dès la fin du XIXe siècle, sont vivement critiquées. Si bien qu'il pourrait être en train de se demander s’il est encore utile de continuer à se battre. 
J’aime ce tableau. Il suscite des émotions vives et dans son tourment, nous entraîne et nous guide pour analyser tout au fond de nous-mêmes, ce combat contre le Temps.  
Le Boxeur de Pierre Bonnard, 1931, huile sur toile, 54 X 74,3 cm, Paris. Musée d’Orsay.  

Texte et voix : Suzie Zanetta 
Enregistrement : Colin Gruel 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 19 Apr 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/suzie-zanetta-le-boxeur-pierre-b-2024-04-19-4KeDP1yT.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/suzie-zanetta-le-boxeur-pierre-b-2024-04-19-4KeDP1yT.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/pZry-suzie-zanetta-le-boxeur-pierre-bonnard</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><item><title>Capucine Casati - Amphore Panathénaïque, série de Nicomachos</title><description><![CDATA[
    Bonjour à tous, je m’appelle Capucine. Aujourd’hui je vais vous parler de Grèce, de victoire et de récompense. 
    
Intéressons-nous ensemble à une amphore panathénaïque. Elle date de 324-323 avant J.-C. et a été produite à Athènes. C’est un vase en terre cuite avec un pied qui permet de le faire tenir debout. L’amphore avait deux anses à l’origine. Ça permettait de la porter surtout quand elle était pleine et lourde. Sur sa panse, vous pouvez voir un décor peint de figures noires sur fond rouge. Ce sont deux hommes nus qui se battent. Des lutteurs à la musculature exagérément développée. Sur la gauche de la scène, un homme les regarde attentivement. Il est barbu, porte une toge et un bâton. En retournant l’amphore, on trouve, sur l’autre face, la déesse Athéna qui trône entre deux colonnes en position combattante. Et on la reconnaît grâce à son casque et son bouclier.  
Mais alors pourquoi représenter des lutteurs sur une amphore ? C’est vrai que c’est surprenant car une amphore grecque est un objet du quotidien qui sert à stocker du vin ou de l’huile. Elles sont souvent décorées car elles sont commercialisées dans toute la Méditerranée. On peut y trouver des scènes mythologiques, par exemple. Mais celle-ci est particulière car elle représente une amphore panathénaïque ! Les Panathénées sont des Jeux qui se déroulent dans la ville d’Athènes dès le VIe siècle avant J.-C. Elles ont lieu tous les quatre ans en l’honneur de la déesse Athéna. On les organise sur le même système d’épreuves sportives que les Jeux d’Olympie.  
Notre amphore est en fait une production spéciale pour l’occasion ! Une production très exclusive car elle s’adresse aux vainqueurs des épreuves uniquement. La tradition voulait qu’une face soit décorée d’Athéna Promachos. C’est une forme combattante d’Athéna qui la déesse de la stratégie, de la sagesse et surtout la protectrice d’Athènes. Sur l’autre face, on représente la discipline dans laquelle l’athlète s’est illustré, ici, la lutte. Le personnage barbu qui observe est l’arbitre.   
Posséder une amphore panathénaïque est donc un élément très prestigieux. C’est pourquoi, sa production est standardisée. Et c’est ainsi, que je suis capable de vous donner la date de cette amphore aussi précisément. Car elle porte une petite inscription qui indique le magistrat en place lors de ces Panathénées.  
Je trouve que cette œuvre nous rappelle les origines les plus lointaines de nos compétitions sportives. Elle nous montre aussi que les vainqueurs n’ont pas toujours été récompensés par des médailles.  
Amphore panathénaïque, 324-323 avant J.-C., série de Nicomachos, argile peinte et incisée, 70 x 33 cm, 6 kg, Musée du Louvre.   

Texte et voix : Capucine Casati 
Enregistrement : Colin Gruel 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat  
]]></description><itunes:summary>
    Bonjour à tous, je m’appelle Capucine. Aujourd’hui je vais vous parler de Grèce, de victoire et de récompense. 
    
Intéressons-nous ensemble à une amphore panathénaïque. Elle date de 324-323 avant J.-C. et a été produite à Athènes. C’est un vase en terre cuite avec un pied qui permet de le faire tenir debout. L’amphore avait deux anses à l’origine. Ça permettait de la porter surtout quand elle était pleine et lourde. Sur sa panse, vous pouvez voir un décor peint de figures noires sur fond rouge. Ce sont deux hommes nus qui se battent. Des lutteurs à la musculature exagérément développée. Sur la gauche de la scène, un homme les regarde attentivement. Il est barbu, porte une toge et un bâton. En retournant l’amphore, on trouve, sur l’autre face, la déesse Athéna qui trône entre deux colonnes en position combattante. Et on la reconnaît grâce à son casque et son bouclier.  
Mais alors pourquoi représenter des lutteurs sur une amphore ? C’est vrai que c’est surprenant car une amphore grecque est un objet du quotidien qui sert à stocker du vin ou de l’huile. Elles sont souvent décorées car elles sont commercialisées dans toute la Méditerranée. On peut y trouver des scènes mythologiques, par exemple. Mais celle-ci est particulière car elle représente une amphore panathénaïque ! Les Panathénées sont des Jeux qui se déroulent dans la ville d’Athènes dès le VIe siècle avant J.-C. Elles ont lieu tous les quatre ans en l’honneur de la déesse Athéna. On les organise sur le même système d’épreuves sportives que les Jeux d’Olympie.  
Notre amphore est en fait une production spéciale pour l’occasion ! Une production très exclusive car elle s’adresse aux vainqueurs des épreuves uniquement. La tradition voulait qu’une face soit décorée d’Athéna Promachos. C’est une forme combattante d’Athéna qui la déesse de la stratégie, de la sagesse et surtout la protectrice d’Athènes. Sur l’autre face, on représente la discipline dans laquelle l’athlète s’est illustré, ici, la lutte. Le personnage barbu qui observe est l’arbitre.   
Posséder une amphore panathénaïque est donc un élément très prestigieux. C’est pourquoi, sa production est standardisée. Et c’est ainsi, que je suis capable de vous donner la date de cette amphore aussi précisément. Car elle porte une petite inscription qui indique le magistrat en place lors de ces Panathénées.  
Je trouve que cette œuvre nous rappelle les origines les plus lointaines de nos compétitions sportives. Elle nous montre aussi que les vainqueurs n’ont pas toujours été récompensés par des médailles.  
Amphore panathénaïque, 324-323 avant J.-C., série de Nicomachos, argile peinte et incisée, 70 x 33 cm, 6 kg, Musée du Louvre.   

Texte et voix : Capucine Casati 
Enregistrement : Colin Gruel 
Montage : Jean Foucaud-Jarno 
Musique &amp;amp; web : Philipp Fischer 
Coordination : Julia Martin &amp;amp; Grégoire Verprat  
</itunes:summary><pubDate>Thu, 18 Apr 2024 19:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/capucine-amphore-panathenaique-2024-04-18-BfI8GAbk.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/capucine-amphore-panathenaique-2024-04-18-BfI8GAbk.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/m2E-a-vos-arts-prets-partez/oZpL-capucine-casati-amphore-panathenaique-serie-de-nicomachos</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-eCfD7IpfbF.jpg"/></item><pubDate>Fri, 26 Jul 2024 19:00:00 +0200</pubDate></channel></rss>
