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<rss xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom" xmlns:podcast="https://podcastindex.org/namespace/1.0" version="2.0"><channel><title>Mots de passe</title><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/krY-mots-de-passe</link><atom:link rel="self" type="application/rss+xml" href="https://www.radiocampusparis.org/emission/krY-mots-de-passe/feed"/><description><![CDATA[Mots de passe, l&#039;émission qui passe les mots en revue.
Des tribunes aux hémicycles, des plateaux de télévision jusque dans la rue, les mots passent, repassent et font passer des messages passablement flous.
De quoi ces mots sont-ils le nom ? Quelles sont les vieilles recettes de la novlangue ? Quels éléments de réflexion peut-on tirer des éléments de langage ?
Un jeudi sur deux à 20h sur Radio Campus Paris, Mots de passe passe les mots à la question.
Passez le mot sur Twitter . Disponible aussi sur Spotify.
Demandez le programme !
Les extrêmes. Avec Pierre Serna et Constantin Brissaud.
Les valeurs de la République. Avec Marcel Gauchet, Rémi Brague et Janie Pélabay.
L&#039;Etat de droit. Avec Blandine Kriegel, Ghislain Benhessa et Elsa Margueritat.
Les mots de l&#039;économie. Avec Thomas Porcher.
Les experts. Avec François Cusset et Renaud Lambert.
Le barbare. Avec Barbara Cassin.
L&#039;urgence écologique et climatique. Avec Christophe Bouton.
Les philosophes. Avec Henri de Monvallier.
Le souverainisme. Avec Jacques Sapir et Georges Kuzmanovic.
L&#039;égalité. Avec Nathalie Heinich.
Les &amp;quot;boniments&amp;quot; du capitalisme. Avec François Bégaudeau.
La &amp;quot;race&amp;quot;. Avec Houria Bouteldja.
...
La citation.
Jean Baudrillard, Mots de passe : « Car les mots sont porteurs, générateurs d&#039;idées, plus encore, peut-être que l&#039;inverse. Opérateurs de charme, opérateurs magiques, non seulement ils transmettent ces idées et ces choses, mais eux-mêmes se métaphorisent, se métabolisent les uns dans les autres, selon une sorte d&#039;évolution en spirale. C&#039;est ains qu&#039;ils sont passeurs d&#039;idées. [...] Le langage pense, nous pense et pense pour nous. [...] On croit avancer à coups d&#039;idée – et c&#039;est sans doute le fantasme de tout théoricien, de tout philosophe – mais ce sont aussi les mots eux-mêmes qui génèrent ou régénèrent les idées, qui font offices d&#039; « embrayeurs ». En ces moments-là, les idées s&#039;entrecroisent, se mêlent au niveau du mot, qui sert alors d&#039;opérateurs – mais d&#039;opérateurs non technique – dans un catalogue où le langage lui-même est jeu. Ce qui en fait un enjeu au moins aussi important que les idées. »
Pour contacter l&#039;émission, proposer un sujet, suggérer des ouvrages : motsdepasse@radiocampusparis.org
]]></description><itunes:summary>Mots de passe, l'émission qui passe les mots en revue.
Des tribunes aux hémicycles, des plateaux de télévision jusque dans la rue, les mots passent, repassent et font passer des messages passablement flous.
De quoi ces mots sont-ils le nom ? Quelles sont les vieilles recettes de la novlangue ? Quels éléments de réflexion peut-on tirer des éléments de langage ?
Un jeudi sur deux à 20h sur Radio Campus Paris, Mots de passe passe les mots à la question.
Passez le mot sur Twitter . Disponible aussi sur Spotify.
Demandez le programme !
Les extrêmes. Avec Pierre Serna et Constantin Brissaud.
Les valeurs de la République. Avec Marcel Gauchet, Rémi Brague et Janie Pélabay.
L'Etat de droit. Avec Blandine Kriegel, Ghislain Benhessa et Elsa Margueritat.
Les mots de l'économie. Avec Thomas Porcher.
Les experts. Avec François Cusset et Renaud Lambert.
Le barbare. Avec Barbara Cassin.
L'urgence écologique et climatique. Avec Christophe Bouton.
Les philosophes. Avec Henri de Monvallier.
Le souverainisme. Avec Jacques Sapir et Georges Kuzmanovic.
L'égalité. Avec Nathalie Heinich.
Les &amp;quot;boniments&amp;quot; du capitalisme. Avec François Bégaudeau.
La &amp;quot;race&amp;quot;. Avec Houria Bouteldja.
...
La citation.
Jean Baudrillard, Mots de passe : « Car les mots sont porteurs, générateurs d'idées, plus encore, peut-être que l'inverse. Opérateurs de charme, opérateurs magiques, non seulement ils transmettent ces idées et ces choses, mais eux-mêmes se métaphorisent, se métabolisent les uns dans les autres, selon une sorte d'évolution en spirale. C'est ains qu'ils sont passeurs d'idées. [...] Le langage pense, nous pense et pense pour nous. [...] On croit avancer à coups d'idée – et c'est sans doute le fantasme de tout théoricien, de tout philosophe – mais ce sont aussi les mots eux-mêmes qui génèrent ou régénèrent les idées, qui font offices d' « embrayeurs ». En ces moments-là, les idées s'entrecroisent, se mêlent au niveau du mot, qui sert alors d'opérateurs – mais d'opérateurs non technique – dans un catalogue où le langage lui-même est jeu. Ce qui en fait un enjeu au moins aussi important que les idées. »
Pour contacter l'émission, proposer un sujet, suggérer des ouvrages : motsdepasse@radiocampusparis.org
</itunes:summary><image><title>Mots de passe</title><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/krY-mots-de-passe</link><url>https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/cover-mots-de-passe-8a008e64.jpg</url></image><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/cover-mots-de-passe-8a008e64.jpg"/><itunes:author>Radio Campus Paris</itunes:author><itunes:owner><itunes:name>Radio Campus Paris</itunes:name><itunes:email>contact@radiocampusparis.org</itunes:email></itunes:owner><itunes:category text="Music Commentary"/><itunes:explicit>false</itunes:explicit><language>fr-FR</language><copyright>2026 - www.radiocampusparis.org</copyright><item><title>Mots de passe : les "boniments" du capitalisme avec François Bégaudeau</title><description><![CDATA[Mots de passe : les &quot;boniments&quot; du capitalisme avec François Bégaudeau. 
Libéralisme, transclasse, inclusion, résilience, transition, mais aussi gobelet, machine à café, algorithme, ou encore &quot;J&#039;assume&quot;, &quot;Sans totem ni tabou&quot;, &quot;prendre son risque&quot;. Qu&#039;ont en commun ces mots qui passent et repassent nos esprits sans qu’on y prête attention ? Pour François Bégaudeau, ils relèvent tous de la langue marchande. Ils nous séduisent. Nous distraient. Nous confondent. Pour finalement nous vendre quelque chose comme un &quot;plan social&quot; vend des licenciements, ou le &quot;libéralisme&quot; bien d&#039;autres choses que la liberté. Ces mots qui font passer le toc pour de l’or et permettent à certains camelots médiatiques de passer leur médiocre marchandise, François Bégaudeau les appelle Boniments (éditions Amsterdam, 2023). Et nous en parle dans Mots de passe. 
L&#039;invité.  
François Bégaudeau est romancier, dramaturge, critique, essayiste, réalisateur et même chanteur. En un mot comme en cent : écrivain. 
Ses livres sont publiés notamment aux éditions Verticales, Divergences, Les Solitaires intempestifs. 
Citations. 
&quot;Dans libéralisme on entend rien, et donc on n&#039;en rien. On tape  dessus et ça sonne creux. presse le tube et rien ne sort. Telle la licorne la liberté n&#039;existe que dans l&#039;esprit en sommeil ; au réveil elle se dissipe. [...] Qui prône la liberté prône toujours autre chose. Qui l&#039;érige en valeur valorise autre chose.&quot; (Boniments, p. 9.) 
&quot;Micro en main, le philosophe balaye la scène pour que la conférence soit vivante. S&#039;il ennuie, il perdra de la valeur. Cheveux dénoués, il va donc faire éprouver à son auditoire que la philosophie n&#039;est pas ennuyeuse. Qu&#039;elle nous parle de nous, et répond à nos problèmes de tous les jours. Les livres de philosophie sont des livres de recettes, disponibles à la Fnac au rayon cuisine. 
Le philosophe scénique ne vend pas qu&#039;une prestation, il nous vend du bonheur. [...] C&#039;est à l&#039;individu intime que le philosophe s&#039;adresse. pas à l&#039;individu social. La société est matérialiste, or le philosophe nous  invite à un commerce spirituel. Il parle à notre âme, ce noyau inaccessibles aux variables de classe.&quot; (Boniments, p. 95-96.) 
Références.  
&quot;La Bête&quot;, Zabriskie Point, Radicalement compatibles, 1998. Pour écouter le F. Bégaudeau chanteur, c&#039;est ici.  
]]></description><itunes:summary>Mots de passe : les "boniments" du capitalisme avec François Bégaudeau. 
Libéralisme, transclasse, inclusion, résilience, transition, mais aussi gobelet, machine à café, algorithme, ou encore "J'assume", "Sans totem ni tabou", "prendre son risque". Qu'ont en commun ces mots qui passent et repassent nos esprits sans qu’on y prête attention ? Pour François Bégaudeau, ils relèvent tous de la langue marchande. Ils nous séduisent. Nous distraient. Nous confondent. Pour finalement nous vendre quelque chose comme un "plan social" vend des licenciements, ou le "libéralisme" bien d'autres choses que la liberté. Ces mots qui font passer le toc pour de l’or et permettent à certains camelots médiatiques de passer leur médiocre marchandise, François Bégaudeau les appelle Boniments (éditions Amsterdam, 2023). Et nous en parle dans Mots de passe. 
L'invité.  
François Bégaudeau est romancier, dramaturge, critique, essayiste, réalisateur et même chanteur. En un mot comme en cent : écrivain. 
Ses livres sont publiés notamment aux éditions Verticales, Divergences, Les Solitaires intempestifs. 
Citations. 
"Dans libéralisme on entend rien, et donc on n'en rien. On tape  dessus et ça sonne creux. presse le tube et rien ne sort. Telle la licorne la liberté n'existe que dans l'esprit en sommeil ; au réveil elle se dissipe. [...] Qui prône la liberté prône toujours autre chose. Qui l'érige en valeur valorise autre chose." (Boniments, p. 9.) 
"Micro en main, le philosophe balaye la scène pour que la conférence soit vivante. S'il ennuie, il perdra de la valeur. Cheveux dénoués, il va donc faire éprouver à son auditoire que la philosophie n'est pas ennuyeuse. Qu'elle nous parle de nous, et répond à nos problèmes de tous les jours. Les livres de philosophie sont des livres de recettes, disponibles à la Fnac au rayon cuisine. 
Le philosophe scénique ne vend pas qu'une prestation, il nous vend du bonheur. [...] C'est à l'individu intime que le philosophe s'adresse. pas à l'individu social. La société est matérialiste, or le philosophe nous  invite à un commerce spirituel. Il parle à notre âme, ce noyau inaccessibles aux variables de classe." (Boniments, p. 95-96.) 
Références.  
"La Bête", Zabriskie Point, Radicalement compatibles, 1998. Pour écouter le F. Bégaudeau chanteur, c'est ici.  
</itunes:summary><pubDate>Thu, 27 Apr 2023 15:07:16 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-mots-de-passe-les-bo-6ad8b501.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-mots-de-passe-les-bo-6ad8b501.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/krY-mots-de-passe/x6zE-mots-de-passe-les-boniments-du-capitalisme-avec-francois-begaudeau</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/cover-mots-de-passe-8a008e64.jpg"/></item><item><title>Mots de passe : l'égalité // Nathalie Heinich</title><description><![CDATA[Mots de passe : l&#039;égalité // Nathalie Heinich. 
Après nous être penchés sur les « Valeurs de la République » avec Marcel Gauchet, Rémi Brague et Janie Pélabay, abordons cette fois l&#039;une d&#039;entre elles, celle qu&#039;on trouve au cœur même du triptyque républicain : l&#039;égalité. Mais est-ce une valeur, une norme, une règle ? L’égalité au nom de quoi et pour quoi faire ? L’égalité entre qui et qui ? Car l’égalité, c’est avant tout une relation. Mais une relation qui suscite bien des conflits. L’égalité, c’est ce qui passe entre deux choses, deux individus. C’est aussi, parfois, ce qui ne passe pas. Egalité des droits, égalité des salaires, égalité des sexes, égalité des chances... On ne compte plus les expressions par lesquelles passe et repasse le mot d’égalité. Un mot de passe ?  
On aborde ce beau et dangereux terme d&#039;égalité avec Nathalie Heinich, sociologue, qui publie La Valeur des personnes. Preuves et épreuves de la grandeur, aux éditions Gallimard, 2023. 
Citations :  
« Les êtres humains ne ni essentiellement compétitifs ni essentiellement coopératifs : ils sont comparatifs. Les résultats de leurs actions ne prennent sens que s’ils sont comparés aux résultats des autres ou à une échelle normative de valeurs. La valeur se crée à travers les écarts [...] », Gloria Origgi, citée par N. Heinich, La Valeur des personnes. 
« Les institutions démocratiques développent à un très haut degré le sentiment de l’envie dans le cœur humain. Ce n’est pas tant parc qu’elles offrent à chacun des moyens de s’égaler aux autres, mais parce que ces moyens défaillent sans cesse à ceux qui les emploient. Les institutions démocratiques réveillent et flattent la passion de l’égalité sans jamais pouvoir la satisfaire entièrement. 
Cette égalité complète s’échappe tous les jours des mains du peuple au moment où il croit la saisir, et fuit, comme dit Pascal, d’une fuite éternelle ; le peuple s’échauffe à la recherche de ce bien d’autant plus précieux qu’il est assez près pour être connu, assez loin pour n’être point goûté. La chance de réussir l’émeut, l’incertitude du succès l’irrite ; il s’agit, il se lasse, il s’aigrit. Tout ce qui le dépasse par quelque endroit lui paraît alors un obstacle à ses désirs, et il n’y pas de supériorité si légitime dont la vue ne fatigue ses yeux » (Tocqueville, De la démocratie en Amérique) 
]]></description><itunes:summary>Mots de passe : l'égalité // Nathalie Heinich. 
Après nous être penchés sur les « Valeurs de la République » avec Marcel Gauchet, Rémi Brague et Janie Pélabay, abordons cette fois l'une d'entre elles, celle qu'on trouve au cœur même du triptyque républicain : l'égalité. Mais est-ce une valeur, une norme, une règle ? L’égalité au nom de quoi et pour quoi faire ? L’égalité entre qui et qui ? Car l’égalité, c’est avant tout une relation. Mais une relation qui suscite bien des conflits. L’égalité, c’est ce qui passe entre deux choses, deux individus. C’est aussi, parfois, ce qui ne passe pas. Egalité des droits, égalité des salaires, égalité des sexes, égalité des chances... On ne compte plus les expressions par lesquelles passe et repasse le mot d’égalité. Un mot de passe ?  
On aborde ce beau et dangereux terme d'égalité avec Nathalie Heinich, sociologue, qui publie La Valeur des personnes. Preuves et épreuves de la grandeur, aux éditions Gallimard, 2023. 
Citations :  
« Les êtres humains ne ni essentiellement compétitifs ni essentiellement coopératifs : ils sont comparatifs. Les résultats de leurs actions ne prennent sens que s’ils sont comparés aux résultats des autres ou à une échelle normative de valeurs. La valeur se crée à travers les écarts [...] », Gloria Origgi, citée par N. Heinich, La Valeur des personnes. 
« Les institutions démocratiques développent à un très haut degré le sentiment de l’envie dans le cœur humain. Ce n’est pas tant parc qu’elles offrent à chacun des moyens de s’égaler aux autres, mais parce que ces moyens défaillent sans cesse à ceux qui les emploient. Les institutions démocratiques réveillent et flattent la passion de l’égalité sans jamais pouvoir la satisfaire entièrement. 
Cette égalité complète s’échappe tous les jours des mains du peuple au moment où il croit la saisir, et fuit, comme dit Pascal, d’une fuite éternelle ; le peuple s’échauffe à la recherche de ce bien d’autant plus précieux qu’il est assez près pour être connu, assez loin pour n’être point goûté. La chance de réussir l’émeut, l’incertitude du succès l’irrite ; il s’agit, il se lasse, il s’aigrit. Tout ce qui le dépasse par quelque endroit lui paraît alors un obstacle à ses désirs, et il n’y pas de supériorité si légitime dont la vue ne fatigue ses yeux » (Tocqueville, De la démocratie en Amérique) 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 14 Apr 2023 06:51:21 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-mots-de-passe-legali-b74e6c84.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-mots-de-passe-legali-b74e6c84.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/krY-mots-de-passe/qQpk-mots-de-passe-legalite-nathalie-heinich</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-KCwVAzpsdf.jpg"/></item><item><title>Mots de passe : souverainisme // Jacques Sapir et Georges Kuzmanovic</title><description><![CDATA[Mots de passe : souverainisme // Jacques Sapir et Georges Kuzmanovic. 
Le souverainisme. Pourquoi tant de haine ? Avec Jacques Sapir et Georges Kuzmanovic. 
&quot;Après 5 constitutions républicaines, après des restaurations monarchiques, des dérives impériales, après Vichy, nous savons que la République est fragile, sujette à l’instabilité, promise aux dérapages. Le mal vient justement la doctrine de la souveraineté.&quot; écrit Blandine Kriegel (La République incertaine, Paris, La Quai Voltaire, 1992), qu&#039;on recevait  au micro de Mots de passe pour parler de l&#039;Etat de droit. 
Mais faut-il jeter le bébé de la souveraineté avec le bain de son passif ? On en parle avec deux souverainistes convaincus. 
Invités: 
Jacques Sapir, économiste, directeur d’études à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, auteur notamment du Grand Retour de la planification, Godefroy, 2022. 
Georges Kuzmanovic, ancien conseiller de Jean-Luc Mélenchon. Président du mouvement République Souveraine. 
Références citées: 
Jean Bodin, Les Six Livres de la République, 1575. 
Coralie Delaume, Nécessaire Souveraineté, préfacé par Natacha Polony, Michalon, 2021. 
Jean-Jacques Rousseau, Contrat social. 
Philippe Séguin, Discours devant l&#039;Assemblée nationale contre la ratification du traité de Maastricht, 5 mai 1992. 
La citation :  
&quot;Monsieur le président, madame, messieurs les ministres, mes chers collègues, que l&#039;on ne s&#039;y trompe pas la logique du processus de l&#039;engrenage économique et politique mis au point à Maastricht est celle d&#039;un fédéralisme au rabais fondamentalement antidémocratique, faussement libéral et résolument technocratique, L&#039;Europe qu&#039;on nous propose n&#039;est ni libre, ni juste, ni efficace. Elle enterre la conception de la souveraineté nationale et les grands principes issus de la Révolution : 1992 est littéralement l&#039;anti 1789. Beau cadeau d&#039;anniversaire que lui font, pour ses 200 ans, les pharisiens de cette Répu­blique qu&#039;ils encensent dans leurs dis­cours et risquent de ruiner par leurs actes! 
Je sais bien que l&#039;on veut à tout prix minimiser les enjeux et nous faire croire que nous ne cédons rien d&#039;essentiel en ce qui concerne notre indépendance! Il est de bon ton, aujour­d&#039;hui, de disserter à l&#039;infini sur la signification m!me du concept de souveraineté, de le décomposer en menus mor­ceaux, d&#039;affirmer qu&#039;il admet de multiples exceptions, que la souveraineté monétaire, ce n&#039;est pas du tout la même chose que l&#039;identité collective, laquelle ne courrait aucun risque. Ou encore que l&#039;impôt, la défense, les affaires étrangères, au fond, ne jouent qu&#039;un rôle relatif dans l&#039;exercice de la souve­raineté. 
Toutes ces arguties n&#039;ont en réalité qu&#039;un but : vider de sa signification ce mot gênant pour qu&#039;il n&#039;en soit plus question dans le débat. 
La méthode est habile. En présentant chaque abandon par­cellaire comme n&#039;étant pas en soi décisif, on peut se per­mettre d&#039;abandonner un à un les attributs de la souveraineté sans jamais convenir qu&#039;on vise à la détruire dans son ensemble. 
Le procédé n&#039;est pas nouveau. Il y a 2500 ans déjà, de demi-longueur en demi-longueur, Achille se rapprochait en courant de la tortue de Zénon sans jamais la rattraper.., Seu­lement, ce n&#039;est là que paradoxe. Dans la réalité, Achille gagne bel et bien la course ; de même, à force de renonce­ments, aussi ténu que soit chacun d&#039;eux, on va bel et bien finir par vider la souveraineté de son contenu. Car il s&#039;agit là d&#039;une notion globale, indivisible comme un nombre premier. On est souverain ou on ne l&#039;est pas ! Mais on ne l&#039;est jamais à demi. Par essence, la souveraineté est un absolu qui exclut toute idée de subordination et de compromission. Un peuple souverain n&#039;a de comptes à rendre à personne et n&#039;a, vis-à-vis des autres, que les devoirs et les obligations qu&#039;il choisit librement de s&#039;Imposer à lui-même. 
Souvenez-vous du cri de Chateaubriand à la tribune de la Chambre, en 1816 : «  Si l&#039;Europe civilisée voulait m&#039;imposer la charte, j&#039;irais vivre à Constantinople. » 
La souveraineté, cela ne se divise pas ni ne se partage et, bien sûr, cela ne se limite pas.&quot; 
François Hollande, Bouleversements, 2016 : « Le souverainisme ne sévit jamais dans un seul pays. Longtemps cantonné à la marge des grandes démocraties ou limité à des Etats autoritaires, il a essaimé partout, alors que la mondialisation dominait ou, peut-être, précisément à cause de cette suprématie. Posée en règle intangible, l’ouverture indifférenciée des frontières a nourri la tentation identitaire. Le Brexit en a été l’illustration la plus éloquente. » (p. 84) 
]]></description><itunes:summary>Mots de passe : souverainisme // Jacques Sapir et Georges Kuzmanovic. 
Le souverainisme. Pourquoi tant de haine ? Avec Jacques Sapir et Georges Kuzmanovic. 
"Après 5 constitutions républicaines, après des restaurations monarchiques, des dérives impériales, après Vichy, nous savons que la République est fragile, sujette à l’instabilité, promise aux dérapages. Le mal vient justement la doctrine de la souveraineté." écrit Blandine Kriegel (La République incertaine, Paris, La Quai Voltaire, 1992), qu'on recevait  au micro de Mots de passe pour parler de l'Etat de droit. 
Mais faut-il jeter le bébé de la souveraineté avec le bain de son passif ? On en parle avec deux souverainistes convaincus. 
Invités: 
Jacques Sapir, économiste, directeur d’études à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, auteur notamment du Grand Retour de la planification, Godefroy, 2022. 
Georges Kuzmanovic, ancien conseiller de Jean-Luc Mélenchon. Président du mouvement République Souveraine. 
Références citées: 
Jean Bodin, Les Six Livres de la République, 1575. 
Coralie Delaume, Nécessaire Souveraineté, préfacé par Natacha Polony, Michalon, 2021. 
Jean-Jacques Rousseau, Contrat social. 
Philippe Séguin, Discours devant l'Assemblée nationale contre la ratification du traité de Maastricht, 5 mai 1992. 
La citation :  
"Monsieur le président, madame, messieurs les ministres, mes chers collègues, que l'on ne s'y trompe pas la logique du processus de l'engrenage économique et politique mis au point à Maastricht est celle d'un fédéralisme au rabais fondamentalement antidémocratique, faussement libéral et résolument technocratique, L'Europe qu'on nous propose n'est ni libre, ni juste, ni efficace. Elle enterre la conception de la souveraineté nationale et les grands principes issus de la Révolution : 1992 est littéralement l'anti 1789. Beau cadeau d'anniversaire que lui font, pour ses 200 ans, les pharisiens de cette Répu­blique qu'ils encensent dans leurs dis­cours et risquent de ruiner par leurs actes! 
Je sais bien que l'on veut à tout prix minimiser les enjeux et nous faire croire que nous ne cédons rien d'essentiel en ce qui concerne notre indépendance! Il est de bon ton, aujour­d'hui, de disserter à l'infini sur la signification m!me du concept de souveraineté, de le décomposer en menus mor­ceaux, d'affirmer qu'il admet de multiples exceptions, que la souveraineté monétaire, ce n'est pas du tout la même chose que l'identité collective, laquelle ne courrait aucun risque. Ou encore que l'impôt, la défense, les affaires étrangères, au fond, ne jouent qu'un rôle relatif dans l'exercice de la souve­raineté. 
Toutes ces arguties n'ont en réalité qu'un but : vider de sa signification ce mot gênant pour qu'il n'en soit plus question dans le débat. 
La méthode est habile. En présentant chaque abandon par­cellaire comme n'étant pas en soi décisif, on peut se per­mettre d'abandonner un à un les attributs de la souveraineté sans jamais convenir qu'on vise à la détruire dans son ensemble. 
Le procédé n'est pas nouveau. Il y a 2500 ans déjà, de demi-longueur en demi-longueur, Achille se rapprochait en courant de la tortue de Zénon sans jamais la rattraper.., Seu­lement, ce n'est là que paradoxe. Dans la réalité, Achille gagne bel et bien la course ; de même, à force de renonce­ments, aussi ténu que soit chacun d'eux, on va bel et bien finir par vider la souveraineté de son contenu. Car il s'agit là d'une notion globale, indivisible comme un nombre premier. On est souverain ou on ne l'est pas ! Mais on ne l'est jamais à demi. Par essence, la souveraineté est un absolu qui exclut toute idée de subordination et de compromission. Un peuple souverain n'a de comptes à rendre à personne et n'a, vis-à-vis des autres, que les devoirs et les obligations qu'il choisit librement de s'Imposer à lui-même. 
Souvenez-vous du cri de Chateaubriand à la tribune de la Chambre, en 1816 : «  Si l'Europe civilisée voulait m'imposer la charte, j'irais vivre à Constantinople. » 
La souveraineté, cela ne se divise pas ni ne se partage et, bien sûr, cela ne se limite pas." 
François Hollande, Bouleversements, 2016 : « Le souverainisme ne sévit jamais dans un seul pays. Longtemps cantonné à la marge des grandes démocraties ou limité à des Etats autoritaires, il a essaimé partout, alors que la mondialisation dominait ou, peut-être, précisément à cause de cette suprématie. Posée en règle intangible, l’ouverture indifférenciée des frontières a nourri la tentation identitaire. Le Brexit en a été l’illustration la plus éloquente. » (p. 84) 
</itunes:summary><pubDate>Thu, 16 Mar 2023 14:04:59 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-mots-de-passe-souver-3c1437e6.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-mots-de-passe-souver-3c1437e6.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/krY-mots-de-passe/gpMZ-mots-de-passe-souverainisme-jacques-sapir-et-georges-kuzmanovic</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-iqieYyfaan.jpg"/></item><item><title>Mots de passe : les philosophes</title><description><![CDATA[
    
        
        
    

Les philosophes ont des citations plein la bouche et des théories plein la tête. Depuis quelque temps, ils se sont échappés des bibliothèques et des universités pour envahir les matinales de nos radios et se répandre sur les plateaux de télévision. L&#039;actualité, ils ne la traitent pas, ils la pensent. Mais que font-ils là au juste, à jouer des coudes entre les journalistes et les politiques, entre les éditorialistes et les humoristes ? Après les &quot;experts&quot;, qui prétendent parler au nom de la vérité, chiffrée et factuelle, voici les philosophes, qui incarnent supposément la voix de la sagesse. Aux chiffres, ils préfèrent les mots. Les faits, ils les passent au filtre des concepts. En France, on aime tellement les philosophes qu&#039;un aspirant président de la République peut juger bon, à l&#039;occasion, de faire valoir sa formation de philosophe... Mais qui donc au juste est le philosophe ? Qui peut se coiffer du noble mot d&#039;amoureux de la sagesse ? Et puis, pourquoi une telle demande de philosophes ? A quoi sert le &quot;philosophe de service&quot;, selon l&#039;expression de l&#039;un d&#039;entre eux ? 
Pourquoi les philosophes passent-ils à la télé ? Et pourquoi passent-ils si bien ? Que laisse-t-il sur son passage ? Que se passe-t-il quand il passe ? Bref, que fait donc passer le philosophes avec ses mots ? Que fait passer le mot &quot;philosophe&quot; ? &quot;Philosophe&quot;, un mot de passe ? C&#039;est le sujet de ce nouvel épisode. 
Invité. Henri de Monvallier, auteur des Imposteurs de la philo, co-écrit avec Nicolas Rousseau, préfacé par Michel Onfray, Le Passeur, 2019 ; L&#039;Avenir d&#039;une désillusion. Faut-il encore enseigner la philosophie au lycée ?, Le Passeur, 2022. 
Références citées.  
Raphaël Enthoven, Le Philosophe de service, et autres textes, Gallimard, 2011. 
Geoffroy de Lagasnerie, Juger. L’État pénal face à la sociologie, 2016, Fayard. 
Vincent-Arnaud Chappe, Jérôme Lamy et Arnaud Saint-Martin, « Le tribunal des flagrants délires “sociologique” », Carnet Zilsel, 30 janvier 2015. 
CHAPPE Vincent-Arnaud, LAMY Jérôme, SAINT-MARTIN Arnaud, « Le tribunal des flagrants délires « sociologiques » », Zilsel, 2017/1 (N° 1), p. 391-417. 
]]></description><itunes:summary>
    
        
        
    

Les philosophes ont des citations plein la bouche et des théories plein la tête. Depuis quelque temps, ils se sont échappés des bibliothèques et des universités pour envahir les matinales de nos radios et se répandre sur les plateaux de télévision. L'actualité, ils ne la traitent pas, ils la pensent. Mais que font-ils là au juste, à jouer des coudes entre les journalistes et les politiques, entre les éditorialistes et les humoristes ? Après les "experts", qui prétendent parler au nom de la vérité, chiffrée et factuelle, voici les philosophes, qui incarnent supposément la voix de la sagesse. Aux chiffres, ils préfèrent les mots. Les faits, ils les passent au filtre des concepts. En France, on aime tellement les philosophes qu'un aspirant président de la République peut juger bon, à l'occasion, de faire valoir sa formation de philosophe... Mais qui donc au juste est le philosophe ? Qui peut se coiffer du noble mot d'amoureux de la sagesse ? Et puis, pourquoi une telle demande de philosophes ? A quoi sert le "philosophe de service", selon l'expression de l'un d'entre eux ? 
Pourquoi les philosophes passent-ils à la télé ? Et pourquoi passent-ils si bien ? Que laisse-t-il sur son passage ? Que se passe-t-il quand il passe ? Bref, que fait donc passer le philosophes avec ses mots ? Que fait passer le mot "philosophe" ? "Philosophe", un mot de passe ? C'est le sujet de ce nouvel épisode. 
Invité. Henri de Monvallier, auteur des Imposteurs de la philo, co-écrit avec Nicolas Rousseau, préfacé par Michel Onfray, Le Passeur, 2019 ; L'Avenir d'une désillusion. Faut-il encore enseigner la philosophie au lycée ?, Le Passeur, 2022. 
Références citées.  
Raphaël Enthoven, Le Philosophe de service, et autres textes, Gallimard, 2011. 
Geoffroy de Lagasnerie, Juger. L’État pénal face à la sociologie, 2016, Fayard. 
Vincent-Arnaud Chappe, Jérôme Lamy et Arnaud Saint-Martin, « Le tribunal des flagrants délires “sociologique” », Carnet Zilsel, 30 janvier 2015. 
CHAPPE Vincent-Arnaud, LAMY Jérôme, SAINT-MARTIN Arnaud, « Le tribunal des flagrants délires « sociologiques » », Zilsel, 2017/1 (N° 1), p. 391-417. 
</itunes:summary><pubDate>Thu, 16 Feb 2023 00:00:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-mots-de-passe-les-ph-e182ee63.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-mots-de-passe-les-ph-e182ee63.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/krY-mots-de-passe/XQnl-mots-de-passe-les-philosophes</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-Ku2oGIZbeg.jpg"/></item><item><title>Mots de passe : l'urgence écologique et climatique</title><description><![CDATA[
    
        
        
    

Mots de passe : l&#039;urgence écologique et climatique. 
L&#039;urgence écologique et climatique est là, tous les discours le disent. Mais que dit le discours de l&#039;urgence ? Car ce discours dure, depuis longtemps. Ça urge, mais ça n&#039;en finit pas d&#039;urger. On connaissait le passé qui ne passe pas. Avec l&#039;urgence indéfiniment répétée, voici l&#039;avenir qui n&#039;advient pas.  
L&#039;urgence, un mot plus ambigu qu&#039;il n&#039;y paraît. Car le mot fait passer deux discours, tantôt complémentaires, tantôt concurrents : il sera bientôt trop  tard. Mais aussi : il est encore temps.  
En même temps qu&#039;elle nous alerte, l&#039;urgence nous rassure. 
La fin est proche. Mais elle se dérobe comme l&#039;horizon à mesure qu&#039;on avance dans sa direction. Et nous filons droit dessus sans jamais l&#039;atteindre, comme la flèche de Zénon, immobile à grands pas. 
L&#039;urgence : un mot qui passe sans cesse pour une menace qui ne cesse pas de ne pas passer.  
L&#039;urgence, un mot de passe ?  
Discours politiques, discours militants, discours philosophiques, tout y passe.  
On vous parle de la Grande Accélération et de l&#039;Anthropocène, d&#039;heuristique de la peur, avec Greta Thunberg et Hans Jonas, de collapsologie, de géo-ingénierie, de compte à rebours avec Jean Baudrillard, de régime d&#039;historicité avec François Hartog. Et bien d&#039;autres choses.  
Invité : Christophe Bouton, philosophe. Le temps de l’urgence, Bord de l&#039;eau ;  L’Accélération de l’histoire, Seuil. 
Les citations à méditer :  
&quot;Avons-nous encore le sens de l&#039;échéance ? Ou ne sommes-nous pas plutôt dans un compte à rebours, c&#039;est-à-dire non pas la fin, mais l&#039;exténuation de quelque chose, l&#039;épuisement d&#039;un processus qui ne s&#039;achève pas pour autant, qui devient interminable » ? L&#039;alternative, paradoxale, est alors vertigineuse : « ou nous n&#039;atteindrons jamais la fin, ou nous sommes déjà au-delà.&quot; Jean Baudrillard, Mots de passe, éd. Pauvert, 2000, p. 71. 
« De toute manière, tu es perdu. – Je dois donc cesser ? – Non, si tu cesses, tu es perdu. » Maurice Blanchot, De Kafka à Kafka, Gallimard, Folio, 1981. 
Références :  
Hans Jonas, Le Principe responsabilité, 1979. 
]]></description><itunes:summary>
    
        
        
    

Mots de passe : l'urgence écologique et climatique. 
L'urgence écologique et climatique est là, tous les discours le disent. Mais que dit le discours de l'urgence ? Car ce discours dure, depuis longtemps. Ça urge, mais ça n'en finit pas d'urger. On connaissait le passé qui ne passe pas. Avec l'urgence indéfiniment répétée, voici l'avenir qui n'advient pas.  
L'urgence, un mot plus ambigu qu'il n'y paraît. Car le mot fait passer deux discours, tantôt complémentaires, tantôt concurrents : il sera bientôt trop  tard. Mais aussi : il est encore temps.  
En même temps qu'elle nous alerte, l'urgence nous rassure. 
La fin est proche. Mais elle se dérobe comme l'horizon à mesure qu'on avance dans sa direction. Et nous filons droit dessus sans jamais l'atteindre, comme la flèche de Zénon, immobile à grands pas. 
L'urgence : un mot qui passe sans cesse pour une menace qui ne cesse pas de ne pas passer.  
L'urgence, un mot de passe ?  
Discours politiques, discours militants, discours philosophiques, tout y passe.  
On vous parle de la Grande Accélération et de l'Anthropocène, d'heuristique de la peur, avec Greta Thunberg et Hans Jonas, de collapsologie, de géo-ingénierie, de compte à rebours avec Jean Baudrillard, de régime d'historicité avec François Hartog. Et bien d'autres choses.  
Invité : Christophe Bouton, philosophe. Le temps de l’urgence, Bord de l'eau ;  L’Accélération de l’histoire, Seuil. 
Les citations à méditer :  
"Avons-nous encore le sens de l'échéance ? Ou ne sommes-nous pas plutôt dans un compte à rebours, c'est-à-dire non pas la fin, mais l'exténuation de quelque chose, l'épuisement d'un processus qui ne s'achève pas pour autant, qui devient interminable » ? L'alternative, paradoxale, est alors vertigineuse : « ou nous n'atteindrons jamais la fin, ou nous sommes déjà au-delà." Jean Baudrillard, Mots de passe, éd. Pauvert, 2000, p. 71. 
« De toute manière, tu es perdu. – Je dois donc cesser ? – Non, si tu cesses, tu es perdu. » Maurice Blanchot, De Kafka à Kafka, Gallimard, Folio, 1981. 
Références :  
Hans Jonas, Le Principe responsabilité, 1979. 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 03 Feb 2023 00:00:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-mots-de-passe-lurgen-c6f23b56.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-mots-de-passe-lurgen-c6f23b56.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/krY-mots-de-passe/Og5g-mots-de-passe-lurgence-ecologique-et-climatique</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/cover-mots-de-passe-8a008e64.jpg"/></item><item><title>Mots de passe : Les experts</title><description><![CDATA[Un événement inattendu, un fait-divers, une polémique, on les sollicite aussitôt. Ils n&#039;ont pas d&#039;opinions, pas d&#039;intentions et ne sont d&#039;aucun camp. Ils ne donnent jamais leur avis, il font mieux : ils disent la vérité. On les présente comme &quot;les experts&quot;. Ils interviennent sur les plateaux de télévision pour éclairer les citoyens, se réunissent en comités scientifiques pour orienter les politiques. Mais qui sont-ils au juste ? Que sont les experts ? D&#039;où parlent-ils ? Les &quot;experts&quot;, un mot de passe ? On en discute avec François Cusset et Renaud Lambert. 
Invités.  
François Cusset, historien, auteur de La Décennie : le grand cauchemar des années 1980, La Découverte, Paris, 2006, Une histoire (critique) des années 90, La Découverte, Paris, 2014, Le génie du confinement, Les Liens qui libèrent, Paris, 2021, Finale Fantaisie, P.O.L., 2022. 
Renaud Lambert, journaliste au Monde diplomatique, co-auteur (avec Serge Halimi et Frédéric Lordon) des Economistes à gages, Les Liens qui Libèrent, 2012. 
]]></description><itunes:summary>Un événement inattendu, un fait-divers, une polémique, on les sollicite aussitôt. Ils n'ont pas d'opinions, pas d'intentions et ne sont d'aucun camp. Ils ne donnent jamais leur avis, il font mieux : ils disent la vérité. On les présente comme "les experts". Ils interviennent sur les plateaux de télévision pour éclairer les citoyens, se réunissent en comités scientifiques pour orienter les politiques. Mais qui sont-ils au juste ? Que sont les experts ? D'où parlent-ils ? Les "experts", un mot de passe ? On en discute avec François Cusset et Renaud Lambert. 
Invités.  
François Cusset, historien, auteur de La Décennie : le grand cauchemar des années 1980, La Découverte, Paris, 2006, Une histoire (critique) des années 90, La Découverte, Paris, 2014, Le génie du confinement, Les Liens qui libèrent, Paris, 2021, Finale Fantaisie, P.O.L., 2022. 
Renaud Lambert, journaliste au Monde diplomatique, co-auteur (avec Serge Halimi et Frédéric Lordon) des Economistes à gages, Les Liens qui Libèrent, 2012. 
</itunes:summary><pubDate>Thu, 22 Dec 2022 00:00:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-mots-de-passe-les-ex-1b64e2d3.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-mots-de-passe-les-ex-1b64e2d3.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/krY-mots-de-passe/79nA-mots-de-passe-les-experts</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/cover-mots-de-passe-8a008e64.jpg"/></item><item><title>Mots de passe : Barbare</title><description><![CDATA[
    
        
        
    

Barbare ? Vous avez dit barbare ? Comme c&#039;est barbare ! Barbare, le mot est fort. Barbare, c&#039;est le mot qui n&#039;était pas un nom. Le barbare, c&#039;est même celui qui n&#039;a pas de langage. C&#039;est celui qui n&#039;articule pas, qu&#039;on ne comprend pas,qui ne fait que des borborygmes. Le barbare, ce sauvage, ce vandale, ce gothique, est un terme bien baroque.  
Comment peut-on être barbare ? De quelle civilisation le barbare est-il le NON ? On connaît la fameuse sentence de l&#039;anthropologue Claude Lévi-Strauss : le barbare, c&#039;est d&#039;abord celui qui croit à la barbarie. Comme disent les enfants, donc : c&#039;est celui qui le dit qui l&#039;est.  
Invitée : Barbara Cassin, directrice  de recherche au CNRS, philologue, philosophe, membre de l&#039;Académie française. L&#039;Effet sophistique, Gallimard, 1995 ; Le Bonheur, sa dent douce à la mort, Fayard, 2020 ; Eloge de la traduction. Compliquer l&#039;universel, Fayard, 2022. 
Références citées :  
Nicole Loraux, La Grèce hors d&#039;elle et autres textes. Ecrits 1973-2003. Texte établi par Michèle Cohen-Halimi, Préface de Jean-Michel Rey, Klincksieck, coll. &quot;Critique de la politique&quot;, 2021. 
Parménide (VIe-Ve siècle avant J.-C.), Poème de l&#039;être. 
Gorgias (vers 480 av. J.-C./vers 375 av. J.-C.), Traité du non-être.  
Platon, Ménéxène. 
Claude Lévi-Strauss, Race et histoire, Conférence donnée à l&#039;Unesco, en 1952. Extrait. 
« L‘attitude la plus ancienne, et qui repose sans doute sur des fondements psychologiques solides puisqu’elle tend à réapparaître chez chacun de nous quand nous sommes placés dans une situation inattendue, consiste à répudier purement et simplement les formes culturelles : morales, religieuses, sociales, esthétiques, qui sont les plus éloignées de celles auxquelles nous nous identifions. « Habitudes de sauvages », « cela n’est pas de chez nous », « on ne devrait pas permettre cela », etc., autant de réactions grossières qui traduisent ce même frisson, cette même répulsion, en présence de manières de vivre, de croire ou de penser qui nous sont étrangères. 
Ainsi l’Antiquité confondait-elle tout ce qui ne participait pas de la culture grecque (puis gréco-romaine) sous le même nom de « barbare » ; la civilisation occidentale a ensuite utilisé le terme de « sauvage » dans le même sens. Or derrière ces épithètes se dissimule un même jugement : il est probable que le mot « barbare » se réfère étymologiquement à la confusion et à l’inarticulation du chant des oiseaux, opposées à la valeur signifiante du langage humain ; et « sauvage », qui veut dire « de la forêt », évoque aussi un genre de vie animal, par opposition à la culture humaine. Dans les deux cas. on refuse d’admettre le fait même de la diversité culturelle ; on préfère rejeter hors de la culture, dans la nature, tout ce qui ne se conforme pas à la norme sous laquelle on vit. 
Ce point de vue naïf […] recèle un paradoxe assez significatif. Cette attitude de pensée, au nom de laquelle on rejette les « sauvages » (ou tous ceux qu’on choisit de considérer comme tels) hors de l’humanité, est justement l’attitude la plus marquante et la plus distinctive de ces sauvages mêmes. On sait, en effet, que la notion d’humanité, englobant, sans distinction de race ou de civilisation, toutes les formes de l’espèce humaine, est d’apparition fort tardive et d’expansion limitée. Là même où elle semble avoir atteint son plus haut développement, il n’est nullement certain - l’histoire récente le prouve - qu’elle soit établie à l’abri des équivoques ou des régressions. Mais, pour de vastes fractions de l’espèce humaine et pendant des dizaines de millénaires, cette notion paraît être totalement absente. 
L’humanité cesse aux frontières de la tribu, du groupe linguistique, parfois même du village ; à tel point qu’un grand nombre de populations dites primitives se désignent d’un nom qui signifie les « hommes » (ou parfois - dirons-nous avec plus de discrétion – les « bons », « les excellents », les « complets »), impliquant ainsi que les autres tribus, groupes ou villages ne participent pas des vertus - ou même de la nature - humaines, mais sont tout au plus composés de « mauvais », de « méchants », de « singes » de « terre » ou d’ « œufs de pou ». On va souvent jusqu’à priver l’étranger de ce dernier degré de réalité en en faisant un « fantôme » ou une « apparition ». Ainsi se réalisent de curieuses situations où deux interlocuteurs se donnent cruellement la réplique.  
Dans les Grandes Antilles, quelques années après la découverte de l’Amérique, pendant que les Espagnols envoyaient des commissions d’enquête pour rechercher si les indigènes possédaient ou non une âme, ces derniers s’employaient à immerger des Blancs prisonniers afin de vérifier par une surveillance prolongée si leur cadavre était, ou non, sujet à la putréfaction. Cette anecdote à la fois baroque et tragique illustre bien le paradoxe du relativisme culturel (que nous retrouverons ailleurs sous d’autres formes) : c’est dans la mesure même où l’on prétend établir une discrimination entre les cultures et les coutumes que l’on s’identifie le plus complètement avec celles qu’on essaye de nier. En refusant l’humanité à ceux qui apparaissent comme les plus « sauvages » ou « barbares » de ses représentants, on ne fait que leur emprunter une de leurs attitudes typiques. Le barbare, c’est d‘abord l’homme qui croit à la barbarie. » 
J.R.R. Tolkien, Annexe F du Seigneur des Anneaux :  
« Il est dit qu’ils n’avaient pas de langue qui leur soit propre, mais qu’ils prenaient ce qu’ils pouvaient des autres langues et le pervertissait à leur contentement ; pourtant ils ne créèrent que des jargons brutaux, à peine suffisants même pour leurs propres besoins, sauf quand il s’agissait de malédictions et d’insultes. Ces créatures [...] développèrent rapidement autant de dialectes barbares qu’il existait de groupes ou d’établissements de leur race, ce qui fit que le parler orquien leur était de peu d’aide pour converser de tribu à tribu. » 
]]></description><itunes:summary>
    
        
        
    

Barbare ? Vous avez dit barbare ? Comme c'est barbare ! Barbare, le mot est fort. Barbare, c'est le mot qui n'était pas un nom. Le barbare, c'est même celui qui n'a pas de langage. C'est celui qui n'articule pas, qu'on ne comprend pas,qui ne fait que des borborygmes. Le barbare, ce sauvage, ce vandale, ce gothique, est un terme bien baroque.  
Comment peut-on être barbare ? De quelle civilisation le barbare est-il le NON ? On connaît la fameuse sentence de l'anthropologue Claude Lévi-Strauss : le barbare, c'est d'abord celui qui croit à la barbarie. Comme disent les enfants, donc : c'est celui qui le dit qui l'est.  
Invitée : Barbara Cassin, directrice  de recherche au CNRS, philologue, philosophe, membre de l'Académie française. L'Effet sophistique, Gallimard, 1995 ; Le Bonheur, sa dent douce à la mort, Fayard, 2020 ; Eloge de la traduction. Compliquer l'universel, Fayard, 2022. 
Références citées :  
Nicole Loraux, La Grèce hors d'elle et autres textes. Ecrits 1973-2003. Texte établi par Michèle Cohen-Halimi, Préface de Jean-Michel Rey, Klincksieck, coll. "Critique de la politique", 2021. 
Parménide (VIe-Ve siècle avant J.-C.), Poème de l'être. 
Gorgias (vers 480 av. J.-C./vers 375 av. J.-C.), Traité du non-être.  
Platon, Ménéxène. 
Claude Lévi-Strauss, Race et histoire, Conférence donnée à l'Unesco, en 1952. Extrait. 
« L‘attitude la plus ancienne, et qui repose sans doute sur des fondements psychologiques solides puisqu’elle tend à réapparaître chez chacun de nous quand nous sommes placés dans une situation inattendue, consiste à répudier purement et simplement les formes culturelles : morales, religieuses, sociales, esthétiques, qui sont les plus éloignées de celles auxquelles nous nous identifions. « Habitudes de sauvages », « cela n’est pas de chez nous », « on ne devrait pas permettre cela », etc., autant de réactions grossières qui traduisent ce même frisson, cette même répulsion, en présence de manières de vivre, de croire ou de penser qui nous sont étrangères. 
Ainsi l’Antiquité confondait-elle tout ce qui ne participait pas de la culture grecque (puis gréco-romaine) sous le même nom de « barbare » ; la civilisation occidentale a ensuite utilisé le terme de « sauvage » dans le même sens. Or derrière ces épithètes se dissimule un même jugement : il est probable que le mot « barbare » se réfère étymologiquement à la confusion et à l’inarticulation du chant des oiseaux, opposées à la valeur signifiante du langage humain ; et « sauvage », qui veut dire « de la forêt », évoque aussi un genre de vie animal, par opposition à la culture humaine. Dans les deux cas. on refuse d’admettre le fait même de la diversité culturelle ; on préfère rejeter hors de la culture, dans la nature, tout ce qui ne se conforme pas à la norme sous laquelle on vit. 
Ce point de vue naïf […] recèle un paradoxe assez significatif. Cette attitude de pensée, au nom de laquelle on rejette les « sauvages » (ou tous ceux qu’on choisit de considérer comme tels) hors de l’humanité, est justement l’attitude la plus marquante et la plus distinctive de ces sauvages mêmes. On sait, en effet, que la notion d’humanité, englobant, sans distinction de race ou de civilisation, toutes les formes de l’espèce humaine, est d’apparition fort tardive et d’expansion limitée. Là même où elle semble avoir atteint son plus haut développement, il n’est nullement certain - l’histoire récente le prouve - qu’elle soit établie à l’abri des équivoques ou des régressions. Mais, pour de vastes fractions de l’espèce humaine et pendant des dizaines de millénaires, cette notion paraît être totalement absente. 
L’humanité cesse aux frontières de la tribu, du groupe linguistique, parfois même du village ; à tel point qu’un grand nombre de populations dites primitives se désignent d’un nom qui signifie les « hommes » (ou parfois - dirons-nous avec plus de discrétion – les « bons », « les excellents », les « complets »), impliquant ainsi que les autres tribus, groupes ou villages ne participent pas des vertus - ou même de la nature - humaines, mais sont tout au plus composés de « mauvais », de « méchants », de « singes » de « terre » ou d’ « œufs de pou ». On va souvent jusqu’à priver l’étranger de ce dernier degré de réalité en en faisant un « fantôme » ou une « apparition ». Ainsi se réalisent de curieuses situations où deux interlocuteurs se donnent cruellement la réplique.  
Dans les Grandes Antilles, quelques années après la découverte de l’Amérique, pendant que les Espagnols envoyaient des commissions d’enquête pour rechercher si les indigènes possédaient ou non une âme, ces derniers s’employaient à immerger des Blancs prisonniers afin de vérifier par une surveillance prolongée si leur cadavre était, ou non, sujet à la putréfaction. Cette anecdote à la fois baroque et tragique illustre bien le paradoxe du relativisme culturel (que nous retrouverons ailleurs sous d’autres formes) : c’est dans la mesure même où l’on prétend établir une discrimination entre les cultures et les coutumes que l’on s’identifie le plus complètement avec celles qu’on essaye de nier. En refusant l’humanité à ceux qui apparaissent comme les plus « sauvages » ou « barbares » de ses représentants, on ne fait que leur emprunter une de leurs attitudes typiques. Le barbare, c’est d‘abord l’homme qui croit à la barbarie. » 
J.R.R. Tolkien, Annexe F du Seigneur des Anneaux :  
« Il est dit qu’ils n’avaient pas de langue qui leur soit propre, mais qu’ils prenaient ce qu’ils pouvaient des autres langues et le pervertissait à leur contentement ; pourtant ils ne créèrent que des jargons brutaux, à peine suffisants même pour leurs propres besoins, sauf quand il s’agissait de malédictions et d’insultes. Ces créatures [...] développèrent rapidement autant de dialectes barbares qu’il existait de groupes ou d’établissements de leur race, ce qui fit que le parler orquien leur était de peu d’aide pour converser de tribu à tribu. » 
</itunes:summary><pubDate>Thu, 08 Dec 2022 00:00:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-mots-de-passe-barbar-a6ae8e1d.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-mots-de-passe-barbar-a6ae8e1d.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/krY-mots-de-passe/Og8N-mots-de-passe-barbare</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-9DifoRDS3N.jpg"/></item><item><title>Mots de passe : Les mots de l'éco</title><description><![CDATA[
    
        
        
    

L’économie, ce n’est pas que des chiffres, ce sont aussi des mots. Des mots qui passent et repassent dans les discours politiques, les débats télévisés et les journaux. Marché, finance, dépense publique, inflation, attractivité, productivité... Mais que désignent ces termes, ces expressions qui bien souvent nous dépassent ? La plupart d’entre seraient bien en peine de les expliquer. Pourtant, c’est par ces mots que passent les décisions économiques. C’est avec ces mots que l’on fait passer des réformes. Pour ce quatrième épisode, Mots de passe fait valoir un droit d&#039;inventaire sur ces mots avec lesquels l’économie transforme le monde, et le transforme d’abord en monde de l’économie.  
Invité. Thomas Porcher, membre du collectif des Les Économistes atterrés, auteur de Mon dictionnaire d&#039;économie, Fayard, 2022.  
Références. 
Stéphane Brizé, Un autre monde. 
Ruben Östlund, Sans filtre. 
Stéphane Brizé, Vincent Lindon. Les plans de bataille, livre de Quentin Victory Leydier, préfacé par Thomas Porcher, Lett Motif, 2022. 
Fabrice Luchini, Des écrivains parlent d&#039;argent, diffusé sur TMC. 
]]></description><itunes:summary>
    
        
        
    

L’économie, ce n’est pas que des chiffres, ce sont aussi des mots. Des mots qui passent et repassent dans les discours politiques, les débats télévisés et les journaux. Marché, finance, dépense publique, inflation, attractivité, productivité... Mais que désignent ces termes, ces expressions qui bien souvent nous dépassent ? La plupart d’entre seraient bien en peine de les expliquer. Pourtant, c’est par ces mots que passent les décisions économiques. C’est avec ces mots que l’on fait passer des réformes. Pour ce quatrième épisode, Mots de passe fait valoir un droit d'inventaire sur ces mots avec lesquels l’économie transforme le monde, et le transforme d’abord en monde de l’économie.  
Invité. Thomas Porcher, membre du collectif des Les Économistes atterrés, auteur de Mon dictionnaire d'économie, Fayard, 2022.  
Références. 
Stéphane Brizé, Un autre monde. 
Ruben Östlund, Sans filtre. 
Stéphane Brizé, Vincent Lindon. Les plans de bataille, livre de Quentin Victory Leydier, préfacé par Thomas Porcher, Lett Motif, 2022. 
Fabrice Luchini, Des écrivains parlent d'argent, diffusé sur TMC. 
</itunes:summary><pubDate>Thu, 10 Nov 2022 00:00:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-mots-de-passe-les-mo-7b385798.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-mots-de-passe-les-mo-7b385798.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/krY-mots-de-passe/088v-mots-de-passe-les-mots-de-leco</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/cover-mots-de-passe-8a008e64.jpg"/></item><item><title>Mots de passe : Etat de droit // 27 octobre 2022</title><description><![CDATA[
    
        
        
    

« L&#039;Etat, c&#039;est moi » aurait dit le Roi Soleil. Mais tandis que le Soleil se couche, le siècle des Lumières commence. Avec Montesquieu, il se dit que l&#039;Etat doit moins reposer sur une seule tête couronnée que dans l&#039;esprit des lois. Révolution, restaurations, républiques et empires se succèdent et jettent progressivement les bases de l&#039;Etat de droit. 
Mais en quoi, en fait, l&#039;Etat était-il de travers avant que d&#039;être « de droit » ? Y a-t-il jamais eu un Etat sans droit, et inversement ? Au-delà du légendaire mot d&#039;esprit royal, le premier n&#039;est-il pas d&#039;abord l&#039;incarnation du second ? Et le second ne suppose-t-il pas le premier ?Bref, l&#039;Etat de droit ne serait-il pas un pléonasme ? 
Ce serait oublier un peu vite que le droit a des raisons que la raison d&#039;Etat ne connaît pas, et l&#039;Etat a des droits que le droit ignore. Dans ce couple si fusionnel qu&#039;il en paraît incestueux, chacun peine à accepter les revendications de l&#039;autre - dont il s&#039;estime être le géniteur. Le droit est-il en état de dire à l&#039;Etat son droit si le droit descend tout droit de l&#039;Etat lui-même ? Quant à l&#039;Etat, peut-il mettre hors d&#039;état le droit si le droit est précisément ce qui le met en état de tenir de droit ? Mais, dans ce cas, l&#039;Etat de droit est-il encore un pléonasme... ou un oxymore ?  
Invités. 
Blandine Kriegel, philosophe, ancienne présidente du Haut Conseil à l&#039;Intégration, ancienne conseillère de Jacques Chirac. Auteure de État de droit ou Empire ?, Paris, Bayard, 2002. Dernier livre paru: La République imaginaire, Paris, éditions du Cerf, 2022. 
Ghislain Benhessa, avocat, auteur de L&#039;Etat de droit à l&#039;épreuve du terrorisme. De l&#039;Amérique post-11 septembre à la France en état d&#039;urgence, L&#039;Archipel, 2017 ; et du Totem de l’Etat de droit. Concept flou et conséquences claires, L’Artilleur, 2021.  
Elsa Margueritat, journaliste. 
Pour aller plus loin... 
Pascal, Pensées (fragment 298 de l&#039;édition Brunschvicg) : « Justice force » 
« Il est juste que ce qui est juste soit suivi. Il est nécessaire que ce qui est le plus fort soit suivi. 
La justice sans la force est impuissante. La force sans la justice est tyrannique. 
La justice sans force est contredite parce qu’il y a toujours des méchants. La force sans la justice est accusée. Il faut donc mettre ensemble la justice et la force, et pour cela faire que ce qui est juste soit fort ou que ce qui est fort soit juste. 
La justice est sujette à dispute. La force est très reconnaissable et sans dispute. Ainsi on n’a pu donner la force à la justice, parce que la force a contredit la justice, et a dit qu’elle était injuste, et a dit que c’était elle qui était juste. 
Et ainsi ne pouvant faire que ce qui est juste fût fort, on a fait que ce qui est fort fût juste. » 
Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique, Tocqueville, 1848, extrait de l&#039;« Avertissement ».  
« Ce n’est pas la force seule qui asseoit un gouvernement nouveau ; ce sont de bonnes lois. Après le combattant, le législateur. L’un a détruit, l’autre fonde. À chacun son œuvre. Il ne s’agit plus, il est vrai, de savoir si nous aurons en France la royauté ou la république ; mais il nous reste à apprendre si nous aurons une république agitée ou une république tranquille, une république régulière ou une république irrégulière, une république pacifique ou une république guerroyante, une république libérale ou une république oppressive, une république qui menace les droits sacrés de la propriété et de la famille ou une république qui les reconnaisse et les consacre. » 
]]></description><itunes:summary>
    
        
        
    

« L'Etat, c'est moi » aurait dit le Roi Soleil. Mais tandis que le Soleil se couche, le siècle des Lumières commence. Avec Montesquieu, il se dit que l'Etat doit moins reposer sur une seule tête couronnée que dans l'esprit des lois. Révolution, restaurations, républiques et empires se succèdent et jettent progressivement les bases de l'Etat de droit. 
Mais en quoi, en fait, l'Etat était-il de travers avant que d'être « de droit » ? Y a-t-il jamais eu un Etat sans droit, et inversement ? Au-delà du légendaire mot d'esprit royal, le premier n'est-il pas d'abord l'incarnation du second ? Et le second ne suppose-t-il pas le premier ?Bref, l'Etat de droit ne serait-il pas un pléonasme ? 
Ce serait oublier un peu vite que le droit a des raisons que la raison d'Etat ne connaît pas, et l'Etat a des droits que le droit ignore. Dans ce couple si fusionnel qu'il en paraît incestueux, chacun peine à accepter les revendications de l'autre - dont il s'estime être le géniteur. Le droit est-il en état de dire à l'Etat son droit si le droit descend tout droit de l'Etat lui-même ? Quant à l'Etat, peut-il mettre hors d'état le droit si le droit est précisément ce qui le met en état de tenir de droit ? Mais, dans ce cas, l'Etat de droit est-il encore un pléonasme... ou un oxymore ?  
Invités. 
Blandine Kriegel, philosophe, ancienne présidente du Haut Conseil à l'Intégration, ancienne conseillère de Jacques Chirac. Auteure de État de droit ou Empire ?, Paris, Bayard, 2002. Dernier livre paru: La République imaginaire, Paris, éditions du Cerf, 2022. 
Ghislain Benhessa, avocat, auteur de L'Etat de droit à l'épreuve du terrorisme. De l'Amérique post-11 septembre à la France en état d'urgence, L'Archipel, 2017 ; et du Totem de l’Etat de droit. Concept flou et conséquences claires, L’Artilleur, 2021.  
Elsa Margueritat, journaliste. 
Pour aller plus loin... 
Pascal, Pensées (fragment 298 de l'édition Brunschvicg) : « Justice force » 
« Il est juste que ce qui est juste soit suivi. Il est nécessaire que ce qui est le plus fort soit suivi. 
La justice sans la force est impuissante. La force sans la justice est tyrannique. 
La justice sans force est contredite parce qu’il y a toujours des méchants. La force sans la justice est accusée. Il faut donc mettre ensemble la justice et la force, et pour cela faire que ce qui est juste soit fort ou que ce qui est fort soit juste. 
La justice est sujette à dispute. La force est très reconnaissable et sans dispute. Ainsi on n’a pu donner la force à la justice, parce que la force a contredit la justice, et a dit qu’elle était injuste, et a dit que c’était elle qui était juste. 
Et ainsi ne pouvant faire que ce qui est juste fût fort, on a fait que ce qui est fort fût juste. » 
Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique, Tocqueville, 1848, extrait de l'« Avertissement ».  
« Ce n’est pas la force seule qui asseoit un gouvernement nouveau ; ce sont de bonnes lois. Après le combattant, le législateur. L’un a détruit, l’autre fonde. À chacun son œuvre. Il ne s’agit plus, il est vrai, de savoir si nous aurons en France la royauté ou la république ; mais il nous reste à apprendre si nous aurons une république agitée ou une république tranquille, une république régulière ou une république irrégulière, une république pacifique ou une république guerroyante, une république libérale ou une république oppressive, une république qui menace les droits sacrés de la propriété et de la famille ou une république qui les reconnaisse et les consacre. » 
</itunes:summary><pubDate>Thu, 13 Oct 2022 14:15:25 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-mots-de-passe-etat-d-064b51c0.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-mots-de-passe-etat-d-064b51c0.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/krY-mots-de-passe/k2ZE-mots-de-passe-etat-de-droit-27-octobre-2022</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-4najHqeKzN.jpg"/></item><item><title>Mots de passe : Valeurs de la République</title><description><![CDATA[
    
        
        
    

Avez-vous déjà entendu parler des &quot;valeurs de la République&quot; ? On vous en a parlé, sans doute, mais vous les a-t-on montrées, décrites, définies ? Le plus souvent, elles sont présentées d&#039;un bloc : les &quot;valeurs-de-la-République&quot;. La formule semble alors jouer le rôle d&#039;une abréviation qui ménage toutes les équivoques, et ainsi tous les esprits. 
Dans ces valeurs, toujours au pluriel, chacun verra ainsi ce qui correspond le mieux à ses propres attentes. Il s&#039;agit de ne pas trop en faire entendre pour laisser entendre. Le raccourci court-circuite la réflexion et nous condamne à errer entre des bornes imprécises. A moins que les &quot;valeurs de la République&quot; ne désignent rien d&#039;autre qu&#039;elles-mêmes. Elles sont, et c&#039;est tout !  
Mais dès lors on est en droit de se demander si celles-ci sont bien des valeurs... ou des faire-valoir. Car si elles ne posent peut-être rien, elles en imposent. 
Elles passent avant tout le reste et font passer des discours qu&#039;on se passe de comprendre ! Bref, les &quot;valeurs de la République&quot; sont assurément un mot de passe. 
Invités.  
Janie Pélabay, chargée de recherche au CEVIPOF. Quelques références : « Les valeurs de la République : un credo de combat ? », Anne Muxel éd., Croire et faire croire. Usages politiques de la croyance. Presses de Sciences Po, 2017 (en ligne) ; « La République des « valeurs » : entre public et privé, quel lien citoyen ? », Pascal Perrineau éd., La démocratie de l’entre-soi. Presses de Sciences Po, 2017 (en ligne). 
Marcel Gauchet, historien des idées. Derniers livres parus La Droite et la gauche. Histoire et destin, Gallimard ;  Macron : les leçons d’un échec. Comprendre le malheur français, Stock.  
Rémi Brague, professeur émérite de philosophie aux universités de Paris et de Munich. Président de l’Académie des sciences morales et politiques. Derniers livres parus : Des vérités devenues folles, Salvator, 2019 ; Après l&#039;humanisme. L&#039;image chrétienne de l&#039;homme, Salvator, 2022. 
]]></description><itunes:summary>
    
        
        
    

Avez-vous déjà entendu parler des "valeurs de la République" ? On vous en a parlé, sans doute, mais vous les a-t-on montrées, décrites, définies ? Le plus souvent, elles sont présentées d'un bloc : les "valeurs-de-la-République". La formule semble alors jouer le rôle d'une abréviation qui ménage toutes les équivoques, et ainsi tous les esprits. 
Dans ces valeurs, toujours au pluriel, chacun verra ainsi ce qui correspond le mieux à ses propres attentes. Il s'agit de ne pas trop en faire entendre pour laisser entendre. Le raccourci court-circuite la réflexion et nous condamne à errer entre des bornes imprécises. A moins que les "valeurs de la République" ne désignent rien d'autre qu'elles-mêmes. Elles sont, et c'est tout !  
Mais dès lors on est en droit de se demander si celles-ci sont bien des valeurs... ou des faire-valoir. Car si elles ne posent peut-être rien, elles en imposent. 
Elles passent avant tout le reste et font passer des discours qu'on se passe de comprendre ! Bref, les "valeurs de la République" sont assurément un mot de passe. 
Invités.  
Janie Pélabay, chargée de recherche au CEVIPOF. Quelques références : « Les valeurs de la République : un credo de combat ? », Anne Muxel éd., Croire et faire croire. Usages politiques de la croyance. Presses de Sciences Po, 2017 (en ligne) ; « La République des « valeurs » : entre public et privé, quel lien citoyen ? », Pascal Perrineau éd., La démocratie de l’entre-soi. Presses de Sciences Po, 2017 (en ligne). 
Marcel Gauchet, historien des idées. Derniers livres parus La Droite et la gauche. Histoire et destin, Gallimard ;  Macron : les leçons d’un échec. Comprendre le malheur français, Stock.  
Rémi Brague, professeur émérite de philosophie aux universités de Paris et de Munich. Président de l’Académie des sciences morales et politiques. Derniers livres parus : Des vérités devenues folles, Salvator, 2019 ; Après l'humanisme. L'image chrétienne de l'homme, Salvator, 2022. 
</itunes:summary><pubDate>Thu, 13 Oct 2022 00:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-mots-de-passe-valeur-dbdd8845.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-mots-de-passe-valeur-dbdd8845.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/krY-mots-de-passe/gp53-mots-de-passe-valeurs-de-la-republique</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-8H4fjL0TNg.jpg"/></item><item><title>Mots de passe : Les extrêmes</title><description><![CDATA[
    
        
        
    

Jeudi 29 septembre à 20h, Mots de passe fait sa rentrée sur le 93.9 avec un premier épisode consacré aux fameux extrêmes... 
Chacun le sait, en politique il y a l&#039;extrême gauche et l&#039;extrême droite. Il y a la gauche de la gauche et la droite de la droite. Et à droite de la gauche comme à gauche de la droite, parfaitement au milieu, il y a le centre. C&#039;est simple, c&#039;est géométrique. Tout se complique cependant quand ces deux extrêmes se retrouvent mis dos à dos. Mais quand les deux extrémités se touchent, la bande du spectre politique aux bords bien nets a tôt fait de s&#039;entortiller en un incompréhensible ruban de Möbius.  
Notre géométrie en prend un coup et l&#039;on se demande où l&#039;extrême peut bien être dès lors. Quelles extrémités, au juste, redoute-t-on des extrêmes ? Au passage, le mot s&#039;emploie désormais seul. L&#039;extrême, cet adjectif, s&#039;est fait un nom. Le chiffon rouge n&#039;a plus de couleur. D&#039;autant qu&#039;un troisième larron est apparu : l&#039;extrême... centre. 
L&#039;extrême renferme-t-il encore alors quoi que ce soit ou ce mot se limite-t-il à faire passer quelque chose ? 
Bref, que nous cache ce mot de passe ?  
Invités : 
Pierre Serna, historien, auteur notamment de La République des girouettes et de L&#039;Extrêmes centre ou le poison français, 1789-2019 aux éditions Champ Vallon. 
Constantin Brissaud, docteur en science politique, chercheur à Paris-Dauphine, auteur notamment de « La Genèse d’une idée reçue: &#039;les extrêmes se rejoignent&#039; » (Monde diplomatique, avril 2019) 
Quelques autres Mots de passe passés au fil de la discussion : Terreur, terroriste, populisme, modération, tempérance, raison, bureaucratie, radical(isme)...  
Références citées. 
Zeev Sternhell, La Droite révolutionnaire 1885-1914 : les origines françaises du fascisme, Paris, Seuil, 1978. 
Louis-Sébastien Mercier, Néologie ou Vocabulaire de mots nouveaux, à renouveler, ou pris dans des acceptions nouvelles, Paris, Mardalan, 1801. 
Emmanuel Macron, Révolution, Paris, XO Editions, 2016. 
Jacques Julliard, François Furet, Pierre Rosanvallon, La République du centre. La fin de l&#039;exception française, Paris, Calmann-Levy, 1988. 
Robespierre, Discours du 5 nivose an II (25 décembre 1793). Lu par Daniel Mesguish. 
Emmanuel-Joseph Sieyès, « Contre la Ré-totale », manuscrit de 1792, Archives nationales, reproduit par P. Pasquino, Sieyès et l’invention de la Constitution en France, Paris, Odile Jacob, 1998, p. 175-176.  
Karl Marx, F. Engels, L&#039;Idéologie allemande, 1932. 
]]></description><itunes:summary>
    
        
        
    

Jeudi 29 septembre à 20h, Mots de passe fait sa rentrée sur le 93.9 avec un premier épisode consacré aux fameux extrêmes... 
Chacun le sait, en politique il y a l'extrême gauche et l'extrême droite. Il y a la gauche de la gauche et la droite de la droite. Et à droite de la gauche comme à gauche de la droite, parfaitement au milieu, il y a le centre. C'est simple, c'est géométrique. Tout se complique cependant quand ces deux extrêmes se retrouvent mis dos à dos. Mais quand les deux extrémités se touchent, la bande du spectre politique aux bords bien nets a tôt fait de s'entortiller en un incompréhensible ruban de Möbius.  
Notre géométrie en prend un coup et l'on se demande où l'extrême peut bien être dès lors. Quelles extrémités, au juste, redoute-t-on des extrêmes ? Au passage, le mot s'emploie désormais seul. L'extrême, cet adjectif, s'est fait un nom. Le chiffon rouge n'a plus de couleur. D'autant qu'un troisième larron est apparu : l'extrême... centre. 
L'extrême renferme-t-il encore alors quoi que ce soit ou ce mot se limite-t-il à faire passer quelque chose ? 
Bref, que nous cache ce mot de passe ?  
Invités : 
Pierre Serna, historien, auteur notamment de La République des girouettes et de L'Extrêmes centre ou le poison français, 1789-2019 aux éditions Champ Vallon. 
Constantin Brissaud, docteur en science politique, chercheur à Paris-Dauphine, auteur notamment de « La Genèse d’une idée reçue: 'les extrêmes se rejoignent' » (Monde diplomatique, avril 2019) 
Quelques autres Mots de passe passés au fil de la discussion : Terreur, terroriste, populisme, modération, tempérance, raison, bureaucratie, radical(isme)...  
Références citées. 
Zeev Sternhell, La Droite révolutionnaire 1885-1914 : les origines françaises du fascisme, Paris, Seuil, 1978. 
Louis-Sébastien Mercier, Néologie ou Vocabulaire de mots nouveaux, à renouveler, ou pris dans des acceptions nouvelles, Paris, Mardalan, 1801. 
Emmanuel Macron, Révolution, Paris, XO Editions, 2016. 
Jacques Julliard, François Furet, Pierre Rosanvallon, La République du centre. La fin de l'exception française, Paris, Calmann-Levy, 1988. 
Robespierre, Discours du 5 nivose an II (25 décembre 1793). Lu par Daniel Mesguish. 
Emmanuel-Joseph Sieyès, « Contre la Ré-totale », manuscrit de 1792, Archives nationales, reproduit par P. Pasquino, Sieyès et l’invention de la Constitution en France, Paris, Odile Jacob, 1998, p. 175-176.  
Karl Marx, F. Engels, L'Idéologie allemande, 1932. 
</itunes:summary><pubDate>Thu, 29 Sep 2022 00:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-mots-de-passe-les-ex-6617e48b.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-mots-de-passe-les-ex-6617e48b.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/krY-mots-de-passe/qQj0-mots-de-passe-les-extremes</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-SOHTxCw2WS.jpg"/></item><pubDate>Thu, 27 Apr 2023 15:07:16 +0200</pubDate></channel></rss>
