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<rss xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom" xmlns:podcast="https://podcastindex.org/namespace/1.0" version="2.0"><channel><title>Le Lobby</title><itunes:subtitle>Écoutez, c'est la voix des concerné•es !</itunes:subtitle><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby</link><atom:link rel="self" type="application/rss+xml" href="https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/feed"/><description><![CDATA[Écoutez, c&#039;est la voix des concerné•es ! Le Lobby LGBTI+ est enfin sur écoute, un mardi par mois à 20h sur Radio Campus Paris, et en podcast tous les vendredi.
]]></description><itunes:summary>Écoutez, c'est la voix des concerné•es ! Le Lobby LGBTI+ est enfin sur écoute, un mardi par mois à 20h sur Radio Campus Paris, et en podcast tous les vendredi.
</itunes:summary><image><title>Le Lobby</title><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby</link><url>https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-dpreStjpAv.jpg</url></image><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-dpreStjpAv.jpg"/><itunes:author>Le Lobby</itunes:author><itunes:owner><itunes:name>Le Lobby</itunes:name><itunes:email>lelobby@radiocampusparis.org</itunes:email></itunes:owner><itunes:category text="Music Commentary"/><itunes:explicit>false</itunes:explicit><language>fr-FR</language><copyright>2026 - www.radiocampusparis.org</copyright><item><title>Célébrer les identités fem !</title><description><![CDATA[
    Le collectif Femstival revient pour une nouvelle édition de sa soirée bimbo intello MINIJUPE MAXICERVEAU
    
Coup de projecteur sur le collectif Femstival, qui organise divers événements à Paris et ailleurs. Vous vous êtes peut-être déjà rendu.es à la Bikini Bottom, la soirée à la gloire des bottoms, ou encore à la Fifty fifty, la soirée 100% non-binaire... Ce samedi 7 mars, rendez-vous à la Flèche d’or pour la soirée Mini-jupe Maxicerveau, à mi-chemin entre la conférence Ted Talk intellol et le DJ set enflammé. Rita et Lisa, membres du collectif Femstival, sont avec nous pour nous en dire plus. 
&amp;gt; Prenez vos places : https://shotgun.live/fr/events/minijupe-maxicerveau3 
En deuxième partie d’émission, il sera question d’un ciné-club pas comme les autres. Depuis deux ans, Elsa et Ilana partagent sur leur compte Instagram Tu Gaytes Quoi?leurs coups de cœur et leurs déceptions cinématographiques, en offrant un regard queer, féministe et surtout aiguisé sur les séries et les films du moment. Ce jeudi 5 mars, elles nous invitent au cinéma Le Méliès à Montreuil pour une projection du film Taekwondo, de Marco Berger, une “pépite d’homoérotisme”. 
&amp;gt; Prenez vos places : https://meliesmontreuil.fr/FR/fiche-film-cinema/M3054/taekwondo.html 
]]></description><itunes:summary>
    Le collectif Femstival revient pour une nouvelle édition de sa soirée bimbo intello MINIJUPE MAXICERVEAU
    
Coup de projecteur sur le collectif Femstival, qui organise divers événements à Paris et ailleurs. Vous vous êtes peut-être déjà rendu.es à la Bikini Bottom, la soirée à la gloire des bottoms, ou encore à la Fifty fifty, la soirée 100% non-binaire... Ce samedi 7 mars, rendez-vous à la Flèche d’or pour la soirée Mini-jupe Maxicerveau, à mi-chemin entre la conférence Ted Talk intellol et le DJ set enflammé. Rita et Lisa, membres du collectif Femstival, sont avec nous pour nous en dire plus. 
&amp;gt; Prenez vos places : https://shotgun.live/fr/events/minijupe-maxicerveau3 
En deuxième partie d’émission, il sera question d’un ciné-club pas comme les autres. Depuis deux ans, Elsa et Ilana partagent sur leur compte Instagram Tu Gaytes Quoi?leurs coups de cœur et leurs déceptions cinématographiques, en offrant un regard queer, féministe et surtout aiguisé sur les séries et les films du moment. Ce jeudi 5 mars, elles nous invitent au cinéma Le Méliès à Montreuil pour une projection du film Taekwondo, de Marco Berger, une “pépite d’homoérotisme”. 
&amp;gt; Prenez vos places : https://meliesmontreuil.fr/FR/fiche-film-cinema/M3054/taekwondo.html 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 03 Mar 2026 18:38:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/celebrer-les-identites-fem-2026-03-03-ACz33bLQ.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/celebrer-les-identites-fem-2026-03-03-ACz33bLQ.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/KQ6G-celebrer-les-identites-fem</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-dpreStjpAv.jpg"/></item><item><title>Mirage gay à la Star Academy ?</title><description><![CDATA[Chris da Cunha est en studio avec nous ce mois-ci pour un débrief queer de la dernière saison de la Star Academy !!!!! 
]]></description><itunes:summary>Chris da Cunha est en studio avec nous ce mois-ci pour un débrief queer de la dernière saison de la Star Academy !!!!! 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 03 Feb 2026 21:08:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/mirage-gay-a-la-star-academy-2026-02-03-PGYJNocM.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/mirage-gay-a-la-star-academy-2026-02-03-PGYJNocM.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/vZQn-mirage-gay-a-la-star-academy</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-dpreStjpAv.jpg"/></item><item><title>Loa Mercury : une icône pop en motocross</title><description><![CDATA[
    Loa Mercury est notre invitée ce mois-ci à l&#039;occasion de son concert à guichet fermé à la Maroquinerie, le 15 décembre.
    
Loa Mercury c’est une voix envoûtante, qui prend le temps, qui impose son propre rythme, c’est un souffle puissant 
C’est aussi des images, des limousines, des flammes, des talons aiguilles, une tenue iconique de motarde et du cristal. 
C’est des yeux clairs qui hypnotisent et qui ne sont pas sans rappeler ceux de Marie Laforêt 
Dans son sourire, ça étincelle, c’est doux comme du velours, ça coule. 
En deuxième partie d&#039;émission, nous recevons Côme et Matt du Caelif, le collectif des associations étudiantes d&#039;Île-de-France, qui lance une enquête sur les LGBTIphobies dans l&#039;enseignement supérieur. L&#039;enquête est ouverte jusqu&#039;en mars. Pour participer, c&#039;est par ici : https://framaforms.org/enquete-discriminations-lgbtphobes-dans-lenseignement-superieur-1758993932 
]]></description><itunes:summary>
    Loa Mercury est notre invitée ce mois-ci à l'occasion de son concert à guichet fermé à la Maroquinerie, le 15 décembre.
    
Loa Mercury c’est une voix envoûtante, qui prend le temps, qui impose son propre rythme, c’est un souffle puissant 
C’est aussi des images, des limousines, des flammes, des talons aiguilles, une tenue iconique de motarde et du cristal. 
C’est des yeux clairs qui hypnotisent et qui ne sont pas sans rappeler ceux de Marie Laforêt 
Dans son sourire, ça étincelle, c’est doux comme du velours, ça coule. 
En deuxième partie d'émission, nous recevons Côme et Matt du Caelif, le collectif des associations étudiantes d'Île-de-France, qui lance une enquête sur les LGBTIphobies dans l'enseignement supérieur. L'enquête est ouverte jusqu'en mars. Pour participer, c'est par ici : https://framaforms.org/enquete-discriminations-lgbtphobes-dans-lenseignement-superieur-1758993932 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 09 Dec 2025 21:12:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/loa-mercury-une-icone-pop-en-moto-2025-12-09-NLIiMqIX.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/loa-mercury-une-icone-pop-en-moto-2025-12-09-NLIiMqIX.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/8E85-loa-mercury-une-icone-pop-en-motocross</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-dpreStjpAv.jpg"/></item><item><title>« Battant.e.s » : une soirée pour continuer à faire vivre la lutte contre le VIH</title><description><![CDATA[
    Cette semaine, nous recevons Christophe Martet, président de l&#039;association Vers Paris et la Seine-Saint-Denis sans sida, et la drag queen Lolita Banana.
    
Ce 20 novembre, l&#039;association Vers Paris et la Seine-Saint-Denis sans sida organisent une grande journée de réengagement citoyen contre le VIH. Au programme : des rencontres avec les acteurs associatifs, médicaux et institutionnels qui luttent contre l&#039;épidémie, et un show réunissant des artistes queers tels que Lou Trotignon, Noam Sinseau, ou encore notre invitée Lolita Banana, qui a choisi de visibiliser sa séropositivité dans l&#039;émission Drag Race France dont elle fut candidate.  
Nous recevons aussi Christophe Martet, figure emblématique de la lutte contre le VIH, ancien président d&#039;Act-Up Paris mais aussi journaliste à Têtu, puis fondateur de Yagg et de Komitid.  
Ca se passe au théâtre de la Concorde, c&#039;est gratuit sur réservation, et la billetterie est ici : https://theatredelaconcorde.paris/evenements/battant-es/ 
En deuxième partie d&#039;émission, nous recevons Juliette Cordemans, bénévole à l&#039;association des journalistes LGBT. L&#039;AJL organise un prom ce samedi 15 novembre à Césure. Au programme : une table ronde sur les paniques morales autour des enfants, un drag show, des DJ sets. 
La billetterie — à prix libre — est ici : https://www.helloasso.com/associations/ajl/evenements/out-la-prom-show-et-dj-set 
]]></description><itunes:summary>
    Cette semaine, nous recevons Christophe Martet, président de l'association Vers Paris et la Seine-Saint-Denis sans sida, et la drag queen Lolita Banana.
    
Ce 20 novembre, l'association Vers Paris et la Seine-Saint-Denis sans sida organisent une grande journée de réengagement citoyen contre le VIH. Au programme : des rencontres avec les acteurs associatifs, médicaux et institutionnels qui luttent contre l'épidémie, et un show réunissant des artistes queers tels que Lou Trotignon, Noam Sinseau, ou encore notre invitée Lolita Banana, qui a choisi de visibiliser sa séropositivité dans l'émission Drag Race France dont elle fut candidate.  
Nous recevons aussi Christophe Martet, figure emblématique de la lutte contre le VIH, ancien président d'Act-Up Paris mais aussi journaliste à Têtu, puis fondateur de Yagg et de Komitid.  
Ca se passe au théâtre de la Concorde, c'est gratuit sur réservation, et la billetterie est ici : https://theatredelaconcorde.paris/evenements/battant-es/ 
En deuxième partie d'émission, nous recevons Juliette Cordemans, bénévole à l'association des journalistes LGBT. L'AJL organise un prom ce samedi 15 novembre à Césure. Au programme : une table ronde sur les paniques morales autour des enfants, un drag show, des DJ sets. 
La billetterie — à prix libre — est ici : https://www.helloasso.com/associations/ajl/evenements/out-la-prom-show-et-dj-set 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 11 Nov 2025 21:36:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/battantes-une-soiree-pour-c-2025-11-11-WywICVka.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/battantes-une-soiree-pour-c-2025-11-11-WywICVka.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/rmKw-battantes-une-soiree-pour-continuer-a-faire-vivre-la-lutte-contre-le-vih</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-dpreStjpAv.jpg"/></item><item><title>L'HEBDO — "Mâle de mer" : quand Grindr nous hante</title><description><![CDATA[Dans Mâle de mer, son dernier court-métrage, le réalisateur queer Maël Caradec met en scène une romance gay à Brest. Il est notre invité cette semaine, aux côtés de l&#039;acteur Adam Abdo. 
Mâle de mer sera diffusé au festival Chéries-Chéris, le festival du film LGBT+ de Paris, les 19 et 22 novembre. 
]]></description><itunes:summary>Dans Mâle de mer, son dernier court-métrage, le réalisateur queer Maël Caradec met en scène une romance gay à Brest. Il est notre invité cette semaine, aux côtés de l'acteur Adam Abdo. 
Mâle de mer sera diffusé au festival Chéries-Chéris, le festival du film LGBT+ de Paris, les 19 et 22 novembre. 
</itunes:summary><pubDate>Wed, 05 Nov 2025 08:32:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-male-de-mer-quand-gri-2025-11-05-sJtqiodI.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-male-de-mer-quand-gri-2025-11-05-sJtqiodI.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/JNLD-lhebdo-male-de-mer-quand-grindr-nous-hante</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-u5e9OQrijz.jpg"/></item><item><title>Juliet Drouar : politiser la thérapie, thérapiser la politique</title><description><![CDATA[Le soin communautaire, fil rouge de notre émission en compagnie du thérapeute et auteur queer Juliet Drouar, à l&#039;occasion de la parution de son dernier essai : Trauma — En finir avec nos violences. 
Dans son dernier essai paru chez Stock, Juliet Drouar explore la relation entre nos traumatismes individuels et les mécanismes de domination qui sous-tendent nos sociétés. Le résultat : un livre foisonnant, mais facile à lire, qui nous pousse à nous interroger sur ses propres blessures et sur ses propres violences ; et nous met sur la voie d’une guérison collective… 
En deuxième partie d&#039;émission, parole à Hélène, coiffeuse chez le salon Rapunzel, qui propose désormais chaque premier lundi du mois des coupes gratuites pour les personnes en transition. 
]]></description><itunes:summary>Le soin communautaire, fil rouge de notre émission en compagnie du thérapeute et auteur queer Juliet Drouar, à l'occasion de la parution de son dernier essai : Trauma — En finir avec nos violences. 
Dans son dernier essai paru chez Stock, Juliet Drouar explore la relation entre nos traumatismes individuels et les mécanismes de domination qui sous-tendent nos sociétés. Le résultat : un livre foisonnant, mais facile à lire, qui nous pousse à nous interroger sur ses propres blessures et sur ses propres violences ; et nous met sur la voie d’une guérison collective… 
En deuxième partie d'émission, parole à Hélène, coiffeuse chez le salon Rapunzel, qui propose désormais chaque premier lundi du mois des coupes gratuites pour les personnes en transition. 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 24 Oct 2025 14:51:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/juliet-drouar-politiser-la-therap-2025-10-24-VT82L3h0.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/juliet-drouar-politiser-la-therap-2025-10-24-VT82L3h0.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/E0Jk-juliet-drouar-politiser-la-therapie-therapiser-la-politique</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-dpreStjpAv.jpg"/></item><item><title>L'HEBDO — Pour une bisexualité radicale !</title><description><![CDATA[Le 23 septembre dernier, c&#039;était la journée de la visibilité bisexuelle. L&#039;occasion de se pencher sur l&#039;histoire du militantisme bisexuel en France. C’est justement ce que propose la militante Stéphanie Ouillon dans son dernier livre : “Quelle bisexualité radicale ? : Sur les traces de la bisexualité politique en France”, paru le 3 octobre dernier aux éditions Tahin Party. Elle est également artiste et créatrice du média la newsletter bie. 
Nous avons rencontré quelques problèmes techniques lors de l&#039;enregistrement de cet épisode, le voici donc retranscrit ci-dessous ! 

Tu définis la bisexualité comme “l&#039;attraction sexuelle et ou romantique pour plus d&#039;un sexe ou genre”. Tu l’utilises aussi comme terme parapluie pour englober d&#039;autres termes comme la pansexualité, l&#039;homosexualité par exemple. Qu&#039;est ce qui a motivé ce choix?  
Stéphanie Ouillon : Dans la communauté, il y a pas mal de débats sur comment on se définit en tant qu&#039;individus. Moi, j&#039;ai un parti pris assumé, qui n&#039;appartient qu&#039;à moi, c&#039;est d&#039;utiliser le terme bisexuel parce que historiquement c’est l’un des premiers qui a été utilisé, qui a été visible aussi l&#039;identité politique. Et puis c&#039;est un terme aussi qui a beaucoup évolué depuis son apparition dans notre langage. Je trouve que c&#039;est très intéressant de pouvoir continuer à voir son sens se muter et intégrer plein de réalités et de pratiques et de comportements érotiques et sexuels — romantiques aussi, sans forcément avoir une définition hyper précise, ce qui est un enjeu aujourd&#039;hui dans certaines disciplines, notamment scientifiques.  
Il y a aussi des débats au sein de la communauté LGBT+ : est-ce qu’il faut dire bi ou pan ? Est ce que le terme “bi” renforce la binarité de genre ? Moi je décide de m&#039;abstraire de ça, je préfère m&#039;intéresser à la portée des comportements bisexuel, pansexuel, plurisexuels de manière générale, et à leur portée politique. 
Dans le livre, tu retraces une partie de l&#039;histoire du militantisme bisexuel en France, ou plutôt comment la bisexualité s&#039;est intégré au militantisme radical. On remonte aux années 70 et aux débuts de la politisation du mouvement homosexuel, jusqu&#039;aux années environ 2010 avec le mouvement TPG. Quelles sont tes sources ? 
J’ai d’abord plongé dans les archives du FHAR, le Front Homosexuel d&#039;Action Révolutionnaire, qui est un des premiers, si ce n&#039;est le premier groupe mouvement politique autour de l&#039;homosexualité en France. La première archive où j&#039;ai entendu parler de bisexualité, c&#039;était dans le documentaire de Carole Rossopoulos sur le FHAR. On entend une personne qui prend la parole dans un amphi et dit que politiquement, il vaut mieux se revendiquer l’homosexualité que la bisexuqlité. Et après, j&#039;ai creusé.  
Je suis allée voir un livre qui s&#039;appelle Rapport contre la normalité, qui est un recueil qui a été publié en 1971 et qui regroupe des articles et des textes qui ont été écrits et édités par le FHAR, dans un journal de gauche qui s&#039;appelait Tout. On y trouvais pour la première fois quatre pages dédiées à l&#039;homosexualité. Ce sont les premières archives où vraiment j&#039;ai trouvé les mots bisexualité et bisexuel cités en tant que pratique, et c’étaient plutôt des textes à charge.  
Donc moi j&#039;ai voulu essayer de comprendre pourquoi, dans un corpus de textes où par ailleurs les bisexuels n&#039;ont pas l&#039;air de prendre la parole elleux-même, pourquoi les militants militantes du HAR étaient aussi remontés contre la bisexualité et contre les bisexuels. Et pour ça, j&#039;ai été voir les archives de la principale revue qui publiait des textes dits homophiles à l&#039;époque qui s&#039;appelle “Arcadie” créée en 1954. Et j&#039;ai décidé d&#039;aller explorer. J&#039;ai décidé de commencer en 1967, un petit peu avant mai 68, quand il y a les premiers slogans et les premières revendications homosexuelles révolutionnaires pour comprendre ce qu&#039;on disait à l&#039;époque : qu&#039;est ce qui peut être pouvait circuler entre personnes homosexuelles, entre militants et militantes sur la bisexualité. 
Et alors quels étaient les discours sur la bisexualité dans ces milieux ? 
Dans la revue Arcadie, il y a un auteur qui s&#039;appelle Daniel Guérin, qui est surtout connu pour son travail sur l&#039;anarchisme et qui, lui, se revendique ouvertement bi. En tout cas à l&#039;époque, il prend plusieurs fois la parole, il écrit plusieurs articles dans dans la revue Arcadie, où il défend très ouvertement la bisexualité.  
On peut aussi lire un entretien qui est mené par la célèbre militante écoféministe Françoise d&#039;Eaubonne, qui a été à la rencontre d&#039;un couple d&#039;hommes qui vit ensemble depuis des années et qui refuse de se dire homosexuel. Et même si elle est suspicieuse quant à la bisexualité, ce qui est super c’est qu&#039;elle retranscrit l&#039;entretien, elle donne la parole à deux personnes qui se disent bies, des hommes qui racontent comment ils sont aussi sortis avec des femmes, tout allait bien, et puis ils se sont rencontrés et puis au bout d&#039;un moment, ils se sont rendu compte qu&#039;ils étaient amoureux…  
Dans les fameuses pages du journal Tout dont je parlais, il y  aun lexique, ave cla définition du mot “bisexuel”, une définition satisfaisante, je cite : “qui aime à la fois avec leur propre sexe et avec l&#039;autre. Ne peuvent jamais l&#039;être totalement dans la société actuelle : normale, naturelle, famille, merde.” Donc je pense que la personne qui a écrit était bisexuelle. Et puis un peu plus tard, on va croiser des bisexuels dans les fanzines TPG des années 1970, mais ce sera surtout dans le courrier des lecteurices. 
Donc les bis ne sont jamais en pleine lumière, ne font jamais l’objet d’une pleine pageou d’une une… 
Dans la revue Arcadie, entre 1967 et 1974, sur 1100 articles, il n&#039;y en a qu&#039;un seul où le mot bisexualité apparaît dans le titre.  
Il y a une deuxième occurrence, toujours pendant la période du FHAR :  c&#039;est un article qui parle de la bisexualité arabe. C’est une des rares fois où des homosexuels mobilisent la notion de “bisexualité”, ce qui n’est pas anodin.  
En 1981, dans la Revue d’En-Face, on a un dossier qui parle, je cite “de diverses attitudes féministes face à la question masculine”, où un article défend la bisexualité comme politique viable, dans un contexte de forte opposition entre les lesbiennes radicales et les féministes du MLF. 
Les hommes bis et les femmes bies sont-iels logé.e.s à la même enseigne ? 
En 1967, Dominique d’Alleyrac publie le livre Dossier homosexualité, assez bien reçu par la critique des Arcadiens : il passe en revue les discours médicaux et scientifiques de l&#039;époque sur l&#039;homosexualité et également sur la bisexualité, qu&#039;il nomme plutôt “hermaphrodisme psychosexuel” (un héritage de l’histoire sémantique de la bisexualité). D’Alleyrac mène aussi certains entretiens avec, avec sur le terrain, avec des personnes bi. Il y a un entretien avec un couple, un homme et une femme, qui sont aussi bi tous les deux et qui ont des relations à en dehors de leur couple. 
L’idée c’est que chez les hommes, la part “déviante” de leur sexualité va prendre le dessus tôt ou tard. Donc ça veut dire que les hommes bisexuels vont finir en homosexuels. 
Pour les femmes, c’est différent. Une femme bie, c’est mieux que l’homosexualité exclusive :  ça veut dire qu&#039;elle n&#039;est pas 100 % frigide, et ça la rend toujours disponible pour la maternité et pour les hommes au sein du mariage. Donc les hommes bis seraient des gays refoulés, et les femmes bies seraient récupérables par le patriarcat. 
On retrouve ces mêmes arguments du côté du FHAR quelques années plus tard. Dans son Manifeste gay, le militant homosexuel Carl Wittman dit en somme : la bisexualité, pourquoi pas, mais aujourd’hui, on a besoin de revendiquer l’homosexualité. Parce qu&#039;il faut aussi dire et bien garder en tête qu&#039;à l&#039;époque, c&#039;était ce qui était réprimé, voire pénalisé. Donc ça fait sens, mais ça a dit aussi qu&#039;il faut reléguer la part hétérosexuelle, entre gros guillemets, de la sexualité bie, car ce serait la seule façon de déconstruire les normes et pouvoir avoir des relations égalitaires. Si on reste à avoir des relations dites hétéro, on ne peut pas déconstruire ses propres normes. Et l&#039;argument qui est proposé par les homosexuels, c&#039;est qu’on ne peut lutter contre le patriarcat qu&#039;en en sortant, qu&#039;en ayant des relations d&#039;abord entre hommes et entre femmes. Et quand on aura appris à interagir différemment et qu&#039;on aura démantelé le patriarcat, alors on pourra avoir une bisexualité “dérivée de l&#039;homosexualité”, comme le dit Guy Hocquenghem.  
Comme si la bisexualité était utopique ? 
Exactement. Le sociologue australien Steven Angelides parle lui-même de “bisexualité utopique”, il étudie à quel point la bisexualité a été remise à plus tard, invisiblisée, et conçue comme “utopique” tout au long de l’histoire des mouvements homosexuels. 
Dans le livre, tu parles de “bisexualité radicale”, ce qui permet de poser non pas la question de avec qui on relationne, mais de comment on relationne. Dans le sens où on peut vivre des relations hétérosexuelles de manière non-hétéronormée, et qu’à l&#039;inverse, on peut vivre des relations homosexuelles hétéronormées. Le message de la bisexualité radicale, c&#039;est de nous mettre en garde contre l&#039;hétéronormativité qui peut frapper tout le monde finalement ? 
Oui! Dans mon livre, je cite Pierre Niedergang, auteur de Vers la normativité queer. Il attire l&#039;attention justement sur la tendance dans les milieux queer à déprécier tout ce qui va ressembler à une “soumission à la norme”, qui va être entendue comme hétérosexuelle, reproductive et néolibérale. Et lui, il dit : attention, il peut y avoir des manières queers d&#039;habiter les normes, on le voit avec les parentalités queers, par exemple. Et moi je pense qu’on peut investir la sexualité hétéro de manière queer.  
Ensuite, il  y a effectivement la question de comment on relationne. Moi j’aime beaucoup ce que dit Doucha Belgrave, je cite : « Bisexuelle on me rappelle : ambiguïté pour le moins, compromission de toute façon. Moi je dis : côtoyer des êtres humains dont les comportements ne sont plus toujours conditionnés par leurs sexes. Regarder. Choisir. Parmi des individus/ues : trouver mon compte sans m’en raconter. J’ai refusé les prescriptions selon lesquelles je ne devais aimer que des hommes. Je refuse de nouvelles normes ». 
On parle beaucoup du choix lesbien, et moi j’ai envie de parler du choix bisexuel. Je ne vais pas choisir de relationner en fonction de son genre, mais parce qu’il y a des choses qui chez cette personne m’attirent, etc. Bien sûr, il ne s’agit pas de nier la force des normes sociales, de la culture, de tout ce qu&#039;on nous a appris… Être féministe et bisexuel, c’est le travail de toute une vie. Mais on peut rencontrer des personnes, tout au long de notre vie, qui indépendamment de leur genre sont dans cette démarche-là, de créer des relations saines et sans domination. Et pour moi ça s&#039;inscrit dans le cadre plus large d&#039;un horizon libertaire.  
Tu parles aussi de la dificulté à nommer certains comportements comme bisexuels. 
Il y a une interview du comédien Artus qui date de décembre 2024 dans le magazine Têtu. Il raconte : “Tom Hardy lui, il vient, je lui roule une énorme pelle. Il a cette masculinité, ce côté un peu bestial que je trouve attirant.” Et en fait, à aucun moment on va qualifier l&#039;artiste de bisexuel. Le journaliste préfère parler d’hétéro-curiosité. 
Ca renvoie encore une fois la bisexualité à une phase, à quelque chose de temporaire. 
Changer notre rapport au genre dans les relations, c&#039;est quelque chose qui peut être très radical. Notamment pour des gens dont le rapport au genre peut fluctuer, ou les personnes non-binaires. Qu’est-ce que la visibilisation des questions trans change à la perception de la bisexualité ? 
La militante bie et genderqueer israélienne Shiri Eisner en parle dans un livre qui n’est toujours pas traduit en français. Il y a des points de contact entre les vécus bis et les vécus trans, sans nier la transphobie chez les personnes bies et la biphobie chez les personnes trans. 
Présentation : Mal et Adrien 
Montage : Adrien 
Musique de fin : POW3RBTTM, Power Beau Tom 
]]></description><itunes:summary>Le 23 septembre dernier, c'était la journée de la visibilité bisexuelle. L'occasion de se pencher sur l'histoire du militantisme bisexuel en France. C’est justement ce que propose la militante Stéphanie Ouillon dans son dernier livre : “Quelle bisexualité radicale ? : Sur les traces de la bisexualité politique en France”, paru le 3 octobre dernier aux éditions Tahin Party. Elle est également artiste et créatrice du média la newsletter bie. 
Nous avons rencontré quelques problèmes techniques lors de l'enregistrement de cet épisode, le voici donc retranscrit ci-dessous ! 

Tu définis la bisexualité comme “l'attraction sexuelle et ou romantique pour plus d'un sexe ou genre”. Tu l’utilises aussi comme terme parapluie pour englober d'autres termes comme la pansexualité, l'homosexualité par exemple. Qu'est ce qui a motivé ce choix?  
Stéphanie Ouillon : Dans la communauté, il y a pas mal de débats sur comment on se définit en tant qu'individus. Moi, j'ai un parti pris assumé, qui n'appartient qu'à moi, c'est d'utiliser le terme bisexuel parce que historiquement c’est l’un des premiers qui a été utilisé, qui a été visible aussi l'identité politique. Et puis c'est un terme aussi qui a beaucoup évolué depuis son apparition dans notre langage. Je trouve que c'est très intéressant de pouvoir continuer à voir son sens se muter et intégrer plein de réalités et de pratiques et de comportements érotiques et sexuels — romantiques aussi, sans forcément avoir une définition hyper précise, ce qui est un enjeu aujourd'hui dans certaines disciplines, notamment scientifiques.  
Il y a aussi des débats au sein de la communauté LGBT+ : est-ce qu’il faut dire bi ou pan ? Est ce que le terme “bi” renforce la binarité de genre ? Moi je décide de m'abstraire de ça, je préfère m'intéresser à la portée des comportements bisexuel, pansexuel, plurisexuels de manière générale, et à leur portée politique. 
Dans le livre, tu retraces une partie de l'histoire du militantisme bisexuel en France, ou plutôt comment la bisexualité s'est intégré au militantisme radical. On remonte aux années 70 et aux débuts de la politisation du mouvement homosexuel, jusqu'aux années environ 2010 avec le mouvement TPG. Quelles sont tes sources ? 
J’ai d’abord plongé dans les archives du FHAR, le Front Homosexuel d'Action Révolutionnaire, qui est un des premiers, si ce n'est le premier groupe mouvement politique autour de l'homosexualité en France. La première archive où j'ai entendu parler de bisexualité, c'était dans le documentaire de Carole Rossopoulos sur le FHAR. On entend une personne qui prend la parole dans un amphi et dit que politiquement, il vaut mieux se revendiquer l’homosexualité que la bisexuqlité. Et après, j'ai creusé.  
Je suis allée voir un livre qui s'appelle Rapport contre la normalité, qui est un recueil qui a été publié en 1971 et qui regroupe des articles et des textes qui ont été écrits et édités par le FHAR, dans un journal de gauche qui s'appelait Tout. On y trouvais pour la première fois quatre pages dédiées à l'homosexualité. Ce sont les premières archives où vraiment j'ai trouvé les mots bisexualité et bisexuel cités en tant que pratique, et c’étaient plutôt des textes à charge.  
Donc moi j'ai voulu essayer de comprendre pourquoi, dans un corpus de textes où par ailleurs les bisexuels n'ont pas l'air de prendre la parole elleux-même, pourquoi les militants militantes du HAR étaient aussi remontés contre la bisexualité et contre les bisexuels. Et pour ça, j'ai été voir les archives de la principale revue qui publiait des textes dits homophiles à l'époque qui s'appelle “Arcadie” créée en 1954. Et j'ai décidé d'aller explorer. J'ai décidé de commencer en 1967, un petit peu avant mai 68, quand il y a les premiers slogans et les premières revendications homosexuelles révolutionnaires pour comprendre ce qu'on disait à l'époque : qu'est ce qui peut être pouvait circuler entre personnes homosexuelles, entre militants et militantes sur la bisexualité. 
Et alors quels étaient les discours sur la bisexualité dans ces milieux ? 
Dans la revue Arcadie, il y a un auteur qui s'appelle Daniel Guérin, qui est surtout connu pour son travail sur l'anarchisme et qui, lui, se revendique ouvertement bi. En tout cas à l'époque, il prend plusieurs fois la parole, il écrit plusieurs articles dans dans la revue Arcadie, où il défend très ouvertement la bisexualité.  
On peut aussi lire un entretien qui est mené par la célèbre militante écoféministe Françoise d'Eaubonne, qui a été à la rencontre d'un couple d'hommes qui vit ensemble depuis des années et qui refuse de se dire homosexuel. Et même si elle est suspicieuse quant à la bisexualité, ce qui est super c’est qu'elle retranscrit l'entretien, elle donne la parole à deux personnes qui se disent bies, des hommes qui racontent comment ils sont aussi sortis avec des femmes, tout allait bien, et puis ils se sont rencontrés et puis au bout d'un moment, ils se sont rendu compte qu'ils étaient amoureux…  
Dans les fameuses pages du journal Tout dont je parlais, il y  aun lexique, ave cla définition du mot “bisexuel”, une définition satisfaisante, je cite : “qui aime à la fois avec leur propre sexe et avec l'autre. Ne peuvent jamais l'être totalement dans la société actuelle : normale, naturelle, famille, merde.” Donc je pense que la personne qui a écrit était bisexuelle. Et puis un peu plus tard, on va croiser des bisexuels dans les fanzines TPG des années 1970, mais ce sera surtout dans le courrier des lecteurices. 
Donc les bis ne sont jamais en pleine lumière, ne font jamais l’objet d’une pleine pageou d’une une… 
Dans la revue Arcadie, entre 1967 et 1974, sur 1100 articles, il n'y en a qu'un seul où le mot bisexualité apparaît dans le titre.  
Il y a une deuxième occurrence, toujours pendant la période du FHAR :  c'est un article qui parle de la bisexualité arabe. C’est une des rares fois où des homosexuels mobilisent la notion de “bisexualité”, ce qui n’est pas anodin.  
En 1981, dans la Revue d’En-Face, on a un dossier qui parle, je cite “de diverses attitudes féministes face à la question masculine”, où un article défend la bisexualité comme politique viable, dans un contexte de forte opposition entre les lesbiennes radicales et les féministes du MLF. 
Les hommes bis et les femmes bies sont-iels logé.e.s à la même enseigne ? 
En 1967, Dominique d’Alleyrac publie le livre Dossier homosexualité, assez bien reçu par la critique des Arcadiens : il passe en revue les discours médicaux et scientifiques de l'époque sur l'homosexualité et également sur la bisexualité, qu'il nomme plutôt “hermaphrodisme psychosexuel” (un héritage de l’histoire sémantique de la bisexualité). D’Alleyrac mène aussi certains entretiens avec, avec sur le terrain, avec des personnes bi. Il y a un entretien avec un couple, un homme et une femme, qui sont aussi bi tous les deux et qui ont des relations à en dehors de leur couple. 
L’idée c’est que chez les hommes, la part “déviante” de leur sexualité va prendre le dessus tôt ou tard. Donc ça veut dire que les hommes bisexuels vont finir en homosexuels. 
Pour les femmes, c’est différent. Une femme bie, c’est mieux que l’homosexualité exclusive :  ça veut dire qu'elle n'est pas 100 % frigide, et ça la rend toujours disponible pour la maternité et pour les hommes au sein du mariage. Donc les hommes bis seraient des gays refoulés, et les femmes bies seraient récupérables par le patriarcat. 
On retrouve ces mêmes arguments du côté du FHAR quelques années plus tard. Dans son Manifeste gay, le militant homosexuel Carl Wittman dit en somme : la bisexualité, pourquoi pas, mais aujourd’hui, on a besoin de revendiquer l’homosexualité. Parce qu'il faut aussi dire et bien garder en tête qu'à l'époque, c'était ce qui était réprimé, voire pénalisé. Donc ça fait sens, mais ça a dit aussi qu'il faut reléguer la part hétérosexuelle, entre gros guillemets, de la sexualité bie, car ce serait la seule façon de déconstruire les normes et pouvoir avoir des relations égalitaires. Si on reste à avoir des relations dites hétéro, on ne peut pas déconstruire ses propres normes. Et l'argument qui est proposé par les homosexuels, c'est qu’on ne peut lutter contre le patriarcat qu'en en sortant, qu'en ayant des relations d'abord entre hommes et entre femmes. Et quand on aura appris à interagir différemment et qu'on aura démantelé le patriarcat, alors on pourra avoir une bisexualité “dérivée de l'homosexualité”, comme le dit Guy Hocquenghem.  
Comme si la bisexualité était utopique ? 
Exactement. Le sociologue australien Steven Angelides parle lui-même de “bisexualité utopique”, il étudie à quel point la bisexualité a été remise à plus tard, invisiblisée, et conçue comme “utopique” tout au long de l’histoire des mouvements homosexuels. 
Dans le livre, tu parles de “bisexualité radicale”, ce qui permet de poser non pas la question de avec qui on relationne, mais de comment on relationne. Dans le sens où on peut vivre des relations hétérosexuelles de manière non-hétéronormée, et qu’à l'inverse, on peut vivre des relations homosexuelles hétéronormées. Le message de la bisexualité radicale, c'est de nous mettre en garde contre l'hétéronormativité qui peut frapper tout le monde finalement ? 
Oui! Dans mon livre, je cite Pierre Niedergang, auteur de Vers la normativité queer. Il attire l'attention justement sur la tendance dans les milieux queer à déprécier tout ce qui va ressembler à une “soumission à la norme”, qui va être entendue comme hétérosexuelle, reproductive et néolibérale. Et lui, il dit : attention, il peut y avoir des manières queers d'habiter les normes, on le voit avec les parentalités queers, par exemple. Et moi je pense qu’on peut investir la sexualité hétéro de manière queer.  
Ensuite, il  y a effectivement la question de comment on relationne. Moi j’aime beaucoup ce que dit Doucha Belgrave, je cite : « Bisexuelle on me rappelle : ambiguïté pour le moins, compromission de toute façon. Moi je dis : côtoyer des êtres humains dont les comportements ne sont plus toujours conditionnés par leurs sexes. Regarder. Choisir. Parmi des individus/ues : trouver mon compte sans m’en raconter. J’ai refusé les prescriptions selon lesquelles je ne devais aimer que des hommes. Je refuse de nouvelles normes ». 
On parle beaucoup du choix lesbien, et moi j’ai envie de parler du choix bisexuel. Je ne vais pas choisir de relationner en fonction de son genre, mais parce qu’il y a des choses qui chez cette personne m’attirent, etc. Bien sûr, il ne s’agit pas de nier la force des normes sociales, de la culture, de tout ce qu'on nous a appris… Être féministe et bisexuel, c’est le travail de toute une vie. Mais on peut rencontrer des personnes, tout au long de notre vie, qui indépendamment de leur genre sont dans cette démarche-là, de créer des relations saines et sans domination. Et pour moi ça s'inscrit dans le cadre plus large d'un horizon libertaire.  
Tu parles aussi de la dificulté à nommer certains comportements comme bisexuels. 
Il y a une interview du comédien Artus qui date de décembre 2024 dans le magazine Têtu. Il raconte : “Tom Hardy lui, il vient, je lui roule une énorme pelle. Il a cette masculinité, ce côté un peu bestial que je trouve attirant.” Et en fait, à aucun moment on va qualifier l'artiste de bisexuel. Le journaliste préfère parler d’hétéro-curiosité. 
Ca renvoie encore une fois la bisexualité à une phase, à quelque chose de temporaire. 
Changer notre rapport au genre dans les relations, c'est quelque chose qui peut être très radical. Notamment pour des gens dont le rapport au genre peut fluctuer, ou les personnes non-binaires. Qu’est-ce que la visibilisation des questions trans change à la perception de la bisexualité ? 
La militante bie et genderqueer israélienne Shiri Eisner en parle dans un livre qui n’est toujours pas traduit en français. Il y a des points de contact entre les vécus bis et les vécus trans, sans nier la transphobie chez les personnes bies et la biphobie chez les personnes trans. 
Présentation : Mal et Adrien 
Montage : Adrien 
Musique de fin : POW3RBTTM, Power Beau Tom 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 10 Oct 2025 05:30:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-pour-une-bisexualite-radi-2025-10-10-27EMpGph.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-pour-une-bisexualite-radi-2025-10-10-27EMpGph.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/rmjE-lhebdo-pour-une-bisexualite-radicale</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-dpreStjpAv.jpg"/></item><item><title>La soul rock indie et sexy de Tout le monde s’appelle clara</title><description><![CDATA[Pour fêter la 7e saison du Lobby, on reçoit un groupe qu’il va falloir suivre de très près. Les 5 musiciennes de Tout le monde s’appelle clara ont fêté leur premier anniversaire à Rock en Seine cet été. Elles présentent leur single “Murmures’ en avant première au Lobby et nous racontent le bonheur de faire de la musique entre meufs. 

    
    


En cette rentrée tristement marquée par le suicide de la directrice d’école lesbienne Caroline Grandjean, dans le Cantal, on reçoit Timothée Magellan, co-fondateur de l’association Queer Education – une association pour une école plus inclusive et protectrice de ses élèves et personnels queer. Il a publié une tribune dans le journal Libération suite au suicide de sa consoeur. 

    Programmation musicale
    
— Murmures, Tout le monde s’appelle clara 
— Fashion Designa, Theodora 
— Juste amis, Théa 

    L&#039;équipe de l&#039;émission
    
Aux micros : Mal et Alexis 
Présentation : Antonella Francini et Maële Diallo 
Réalisation : Suzanne Saint-Cast 
]]></description><itunes:summary>Pour fêter la 7e saison du Lobby, on reçoit un groupe qu’il va falloir suivre de très près. Les 5 musiciennes de Tout le monde s’appelle clara ont fêté leur premier anniversaire à Rock en Seine cet été. Elles présentent leur single “Murmures’ en avant première au Lobby et nous racontent le bonheur de faire de la musique entre meufs. 

    
    


En cette rentrée tristement marquée par le suicide de la directrice d’école lesbienne Caroline Grandjean, dans le Cantal, on reçoit Timothée Magellan, co-fondateur de l’association Queer Education – une association pour une école plus inclusive et protectrice de ses élèves et personnels queer. Il a publié une tribune dans le journal Libération suite au suicide de sa consoeur. 

    Programmation musicale
    
— Murmures, Tout le monde s’appelle clara 
— Fashion Designa, Theodora 
— Juste amis, Théa 

    L'équipe de l'émission
    
Aux micros : Mal et Alexis 
Présentation : Antonella Francini et Maële Diallo 
Réalisation : Suzanne Saint-Cast 
</itunes:summary><pubDate>Wed, 17 Sep 2025 15:05:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/la-soul-rock-indie-et-sexy-de-tout-2025-09-17-JOL3a1Qd.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/la-soul-rock-indie-et-sexy-de-tout-2025-09-17-JOL3a1Qd.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/YyOK-la-soul-rock-indie-et-sexy-de-tout-le-monde-sappelle-clara</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-HEFQLJqWSs.jpg"/></item><item><title>Vinii Revlon et Amandine Gay nous ouvrent les portes de la scène ballroom parisienne</title><description><![CDATA[
    Pour finir la saison, Le Lobby vous emmène au ball !
    
Amandine Gay et Vinii Revlon sont nos invité.e.s à l&#039;occasion de la sortie de Ballroom, série documentaire consacrée à la ballroom scene et à la House of Revlon, à voir à partir du 30 juillet sur France TV Slash ! 
]]></description><itunes:summary>
    Pour finir la saison, Le Lobby vous emmène au ball !
    
Amandine Gay et Vinii Revlon sont nos invité.e.s à l'occasion de la sortie de Ballroom, série documentaire consacrée à la ballroom scene et à la House of Revlon, à voir à partir du 30 juillet sur France TV Slash ! 
</itunes:summary><pubDate>Mon, 21 Jul 2025 11:07:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/vinii-revlon-et-amandine-gay-nous-o-2025-07-21-9S16Y0VB.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/vinii-revlon-et-amandine-gay-nous-o-2025-07-21-9S16Y0VB.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/gnm3-vinii-revlon-et-amandine-gay-nous-ouvrent-les-portes-de-la-scene-ballroom-parisienne</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-dpreStjpAv.jpg"/></item><item><title>Javel Habibi célèbre la 40e édition de son cabaret à la Flèche d'or</title><description><![CDATA[
    Cette semaine, on reçoit la drag queen Javel Habibi, host des soirées Habibi à la Flèche d&#039;or, à quelques jours de la 40e édition !
    
Chaque mois depuis plusieurs années, Javel Habibi convie plusieurs artistes à performer sur la scène de la flèche d&#039;or dans une soirée au croisement du drag et du cinéma. Car out of drag, Javel est Florent Gouëlou, réalisateur de notamment de Trois nuits par semaine, avec Cookie Kunty (à voir jusqu&#039;au 18 juillet sur France.TV), mais aussi de Habibi, chanson pour mes ami.e.s, un documentaire qui raconte la préparation d&#039;une soirée cabaret. 
Rendez-vous les 18 et 19 juillet à la Flèche d&#039;or pour la 40e édition des soirées Habibi. Prenez vos places : https://shotgun.live/fr/events/soirees-habibi-40e 
Dès le 16 juillet, on va à la Flèche d&#039;or pour une projection exceptionnelle à prix libre de Habibi, chanson pour mes ami.e.s, le film consacré aux soirées Habibi réalisé par Florent Gouëlou lui-même. 
À voir sur le site d&#039;ARTE, le court-métrage Nous les prochains : https://www.arte.tv/fr/videos/117668-000-A/nous-les-prochains/ 
Et puis sur France TV, jusqu&#039;au 18 juillet, le film Trois nuits par semaine : https://www.france.tv/films/films-drame/7259690-trois-nuits-par-semaine.html 

    L&#039;agenda
    
— On écoute L’heure des Prololottes : incroyable podcast de Laurène Marx et Rose Lamy qui dissèquent des oeuvres problématiques  
— On va au festival Paris l&#039;été, pour la soirée Slutty fauns, la carte blanche de Sara Forever au Jardin des Tuileries 
]]></description><itunes:summary>
    Cette semaine, on reçoit la drag queen Javel Habibi, host des soirées Habibi à la Flèche d'or, à quelques jours de la 40e édition !
    
Chaque mois depuis plusieurs années, Javel Habibi convie plusieurs artistes à performer sur la scène de la flèche d'or dans une soirée au croisement du drag et du cinéma. Car out of drag, Javel est Florent Gouëlou, réalisateur de notamment de Trois nuits par semaine, avec Cookie Kunty (à voir jusqu'au 18 juillet sur France.TV), mais aussi de Habibi, chanson pour mes ami.e.s, un documentaire qui raconte la préparation d'une soirée cabaret. 
Rendez-vous les 18 et 19 juillet à la Flèche d'or pour la 40e édition des soirées Habibi. Prenez vos places : https://shotgun.live/fr/events/soirees-habibi-40e 
Dès le 16 juillet, on va à la Flèche d'or pour une projection exceptionnelle à prix libre de Habibi, chanson pour mes ami.e.s, le film consacré aux soirées Habibi réalisé par Florent Gouëlou lui-même. 
À voir sur le site d'ARTE, le court-métrage Nous les prochains : https://www.arte.tv/fr/videos/117668-000-A/nous-les-prochains/ 
Et puis sur France TV, jusqu'au 18 juillet, le film Trois nuits par semaine : https://www.france.tv/films/films-drame/7259690-trois-nuits-par-semaine.html 

    L'agenda
    
— On écoute L’heure des Prololottes : incroyable podcast de Laurène Marx et Rose Lamy qui dissèquent des oeuvres problématiques  
— On va au festival Paris l'été, pour la soirée Slutty fauns, la carte blanche de Sara Forever au Jardin des Tuileries 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 15 Jul 2025 18:28:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/javel-habibi-celebre-la-40e-edition-2025-07-15-cG92L5iy.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/javel-habibi-celebre-la-40e-edition-2025-07-15-cG92L5iy.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/Zz7R-javel-habibi-celebre-la-40e-edition-de-son-cabaret-a-la-fleche-dor</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-FxNrf25AL5.jpg"/></item><item><title>"Ces gens-là", les tendres récits queers d'Olga·Auguste Volfson</title><description><![CDATA[
    Cette semaine, iel fait son grand retour : l&#039;auteurice des piquants éditos testos Olga·Auguste Volfson est de passage dans notre studio pour la parution de son premier recueil de nouvelles.
    
Dans Ces gens-là, on croise une dizaine de personnages queers dont l&#039;identité n&#039;est pas le sujet, et c&#039;est rafraichissant. Pour son premier livre, publié dans la jeune maison d&#039;éditions Fièr·e·s, Olga·Auguste nous raconte avec tendresse des histoires d&#039;amour, de rupture, de retrouvailles et de joies, le queer dans son quotidien le plus banal. Iel notre invité·e ce soir. 

    L&#039;agenda du Lobby
    
Tous les lundis : Viewing parties de King of drag, la nouvelle téléréalité drag king produite par Revry, au Cavern Space Monkey. Entrée libre 
15/07 : Vernissage de l&#039;exposition Kwir nou éxist de Raya Martigny et Édouard Richard au Jardin des Tuileries. Entrée libre, à voir jusqu&#039;au 25 juillet : https://www.louvre.fr/expositions-et-evenements/evenements-activites/kwir-nou-exist 
16/07 : Bingo drag d&#039;Esther à la ReCYclerie. Gratuit, sur réservation : https://shotgun.live/fr/events/le-bingo-d-esther-2 
24/07 : Chicago au cinéma en plein air de la Villette à 21h 

    Programmation musicale
    
&amp;gt; Buzz, Maddy Street 
&amp;gt; Otras Mujeres (live @Le Lobby), Yadam 
&amp;gt; Summer Body, La Giu 
&amp;gt; Bicycle Race, Queen 

    L&#039;équipe de l&#039;émission
    
Aux micros : Zoé, Mal, Alexis 
Présentation : Colin Gruel 
Réalisation : Suzanne Saint-Cast 
]]></description><itunes:summary>
    Cette semaine, iel fait son grand retour : l'auteurice des piquants éditos testos Olga·Auguste Volfson est de passage dans notre studio pour la parution de son premier recueil de nouvelles.
    
Dans Ces gens-là, on croise une dizaine de personnages queers dont l'identité n'est pas le sujet, et c'est rafraichissant. Pour son premier livre, publié dans la jeune maison d'éditions Fièr·e·s, Olga·Auguste nous raconte avec tendresse des histoires d'amour, de rupture, de retrouvailles et de joies, le queer dans son quotidien le plus banal. Iel notre invité·e ce soir. 

    L'agenda du Lobby
    
Tous les lundis : Viewing parties de King of drag, la nouvelle téléréalité drag king produite par Revry, au Cavern Space Monkey. Entrée libre 
15/07 : Vernissage de l'exposition Kwir nou éxist de Raya Martigny et Édouard Richard au Jardin des Tuileries. Entrée libre, à voir jusqu'au 25 juillet : https://www.louvre.fr/expositions-et-evenements/evenements-activites/kwir-nou-exist 
16/07 : Bingo drag d'Esther à la ReCYclerie. Gratuit, sur réservation : https://shotgun.live/fr/events/le-bingo-d-esther-2 
24/07 : Chicago au cinéma en plein air de la Villette à 21h 

    Programmation musicale
    
&amp;gt; Buzz, Maddy Street 
&amp;gt; Otras Mujeres (live @Le Lobby), Yadam 
&amp;gt; Summer Body, La Giu 
&amp;gt; Bicycle Race, Queen 

    L'équipe de l'émission
    
Aux micros : Zoé, Mal, Alexis 
Présentation : Colin Gruel 
Réalisation : Suzanne Saint-Cast 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 08 Jul 2025 21:08:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/ces-gens-la-les-tendres-recits-q-2025-07-08-ZTiiZgHN.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/ces-gens-la-les-tendres-recits-q-2025-07-08-ZTiiZgHN.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/RP3K-ces-gens-la-les-tendres-recits-queers-dolgaauguste-volfson</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-WafUAuheR8.jpg"/></item><item><title>"Vilaine garçon", le tube de l'été de CHÉRI</title><description><![CDATA[
    C&#039;est l&#039;été ! Il fait très chaud mais ce n&#039;est certainement pas notre invitée qui va faire baisser le mercure...
    
CHÉRI est de retour ! Deux ans après l&#039;explosif EP Chéripop, et quelques mois après son coming-out trans, elle vient de sortir une première chanson, le tubesque Vilaine garçon, qui annonce un nouveau projet musical, toujours plus queer, toujours plus cunt. 
Elle est notre invitée. 

    
    


Présentation : Colin 
Aux micros : Aglaé, Zoé et Alexis 
Réalisation : Suzanne Saint-Cast 
]]></description><itunes:summary>
    C'est l'été ! Il fait très chaud mais ce n'est certainement pas notre invitée qui va faire baisser le mercure...
    
CHÉRI est de retour ! Deux ans après l'explosif EP Chéripop, et quelques mois après son coming-out trans, elle vient de sortir une première chanson, le tubesque Vilaine garçon, qui annonce un nouveau projet musical, toujours plus queer, toujours plus cunt. 
Elle est notre invitée. 

    
    


Présentation : Colin 
Aux micros : Aglaé, Zoé et Alexis 
Réalisation : Suzanne Saint-Cast 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 01 Jul 2025 21:03:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/vilaine-garcon-le-tube-de-lete-2025-07-01-wvtRKut7.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/vilaine-garcon-le-tube-de-lete-2025-07-01-wvtRKut7.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/x2Kq-vilaine-garcon-le-tube-de-lete-de-cheri</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-n1w39bJll9.jpg"/></item><item><title>La Guinguette du Lobby @La Flèche d'or !</title><description><![CDATA[
    Pour fêter la fin de sa sixième saison et le début du mois des fiertés, l&#039;équipe du Lobby s&#039;est installée à la Flèche d&#039;or le temps d&#039;une soirée consacrée à la transmission de l&#039;histoire de nos luttes et de nos récits.
    

Depuis 6 ans, l’équipe du Lobby, le rendez-vous LGBT+ de Radio Campus 
Paris, reçoit à son micro des militant.e.s, des chercheureuses et des 
artistes qui font les luttes queers d’aujourd’hui. Toutes les semaines, 
on raconte la queerness au présent.  


Pour clôturer cette sixième saison, on vous invite à voyager dans le 
temps.

 
Être queer c&#039;est se poser la question de ce qu&#039;on hérite, de ce qu&#039;on 
invente et de ce qu&#039;on transmet. Des récits, des combats, des désirs, 
des danses. C&#039;est savoir que certain.es
 nous ont précédé.es, ont pavé la voie, mais que d&#039;autres suivront. 

 
Pour cette unique soirée consacrée à la transmission, Le Lobby sort du 
studio pour installer sa guinguette à La Flèche d&#039;Or, le samedi 7 juin.

 

    
        
        
    


    Nos invité.e.s :
    
Jeanne du Roure, doctorante à l’EHESS, en troisième année de thèse. Son travail porte sur l’évolution des relations affectives des personnes homosexuelles de plus de 60 ans… 
Antoine Idier, historien, son dernier essai, Réprimer et réparer (ed. Textuel), retrace une histoire de la répression de l’homosexualité en France. Il est également le co-auteur, avec Pochep, de la bande-dessinée Résistances queers 
Mar, chargé du pilotage du projet d&#039;archives de l&#039;association Acceptess-T, et Ingrid Grimaldi, bénéficiaire de l&#039;association. 

    Côté live
    
Adiel Golliot, artiste slam, vainqueur.e du championnat de France en 2021 et demi-finaliste mondial en 2022 ! Iel anime aussi des ateliers d’écriture, notamment en milieu carcéral. Ses textes mais aussi son film explorent son rapport au genre et à son identité. 
Pierre et la Rose, chanteur, auteur et compositeur, on le croise régulièrement sur les scènes de cabarets queers de Paris avec sa voix d&#039;ange et ses textes ciselés. 
Hot Bodies, le projet électro-folk de Gérald Kurdian, une artiste qui sait tout faire, de la pop, de l’électro, et donc maintenant de la folk. De transmission il est encore question ici puisque Hot Bodies puise son inspiration dans les protest songs américaines, et dans ses émois adolescents… Son EP, “Digital Fairy/Folk songs”, est attendu pour le mois de septembre 
Présentation : Colin Gruel, Lucie Robert-Bouvet et Zoé Monrozier 
Soirée réalisée avec le soutien de la Dilcrah. 
]]></description><itunes:summary>
    Pour fêter la fin de sa sixième saison et le début du mois des fiertés, l'équipe du Lobby s'est installée à la Flèche d'or le temps d'une soirée consacrée à la transmission de l'histoire de nos luttes et de nos récits.
    

Depuis 6 ans, l’équipe du Lobby, le rendez-vous LGBT+ de Radio Campus 
Paris, reçoit à son micro des militant.e.s, des chercheureuses et des 
artistes qui font les luttes queers d’aujourd’hui. Toutes les semaines, 
on raconte la queerness au présent.  


Pour clôturer cette sixième saison, on vous invite à voyager dans le 
temps.

 
Être queer c'est se poser la question de ce qu'on hérite, de ce qu'on 
invente et de ce qu'on transmet. Des récits, des combats, des désirs, 
des danses. C'est savoir que certain.es
 nous ont précédé.es, ont pavé la voie, mais que d'autres suivront. 

 
Pour cette unique soirée consacrée à la transmission, Le Lobby sort du 
studio pour installer sa guinguette à La Flèche d'Or, le samedi 7 juin.

 

    
        
        
    


    Nos invité.e.s :
    
Jeanne du Roure, doctorante à l’EHESS, en troisième année de thèse. Son travail porte sur l’évolution des relations affectives des personnes homosexuelles de plus de 60 ans… 
Antoine Idier, historien, son dernier essai, Réprimer et réparer (ed. Textuel), retrace une histoire de la répression de l’homosexualité en France. Il est également le co-auteur, avec Pochep, de la bande-dessinée Résistances queers 
Mar, chargé du pilotage du projet d'archives de l'association Acceptess-T, et Ingrid Grimaldi, bénéficiaire de l'association. 

    Côté live
    
Adiel Golliot, artiste slam, vainqueur.e du championnat de France en 2021 et demi-finaliste mondial en 2022 ! Iel anime aussi des ateliers d’écriture, notamment en milieu carcéral. Ses textes mais aussi son film explorent son rapport au genre et à son identité. 
Pierre et la Rose, chanteur, auteur et compositeur, on le croise régulièrement sur les scènes de cabarets queers de Paris avec sa voix d'ange et ses textes ciselés. 
Hot Bodies, le projet électro-folk de Gérald Kurdian, une artiste qui sait tout faire, de la pop, de l’électro, et donc maintenant de la folk. De transmission il est encore question ici puisque Hot Bodies puise son inspiration dans les protest songs américaines, et dans ses émois adolescents… Son EP, “Digital Fairy/Folk songs”, est attendu pour le mois de septembre 
Présentation : Colin Gruel, Lucie Robert-Bouvet et Zoé Monrozier 
Soirée réalisée avec le soutien de la Dilcrah. 
</itunes:summary><pubDate>Sat, 07 Jun 2025 00:30:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/la-guinguette-du-lobby-at-la-fleche-d-2025-06-07-q5Og6o9B.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/la-guinguette-du-lobby-at-la-fleche-d-2025-06-07-q5Og6o9B.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/r9Zk-la-guinguette-du-lobby-at-la-fleche-dor</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-dpreStjpAv.jpg"/></item><item><title>Le Bal des Pxtes + La Flèche d'or célèbre le mois des fiertés</title><description><![CDATA[
    La fête est à l&#039;honneur dans Le Lobby ce soir à quelques jours du début du mois des fiertés !
    
Ce mois-ci, nous recevons Djombo Goddess, Olivia Verner et Kata Loba, de l&#039;équipe du Bal des putes, une soirée queer, érotique, et transgressive. À découvrir le 31 mai dès 19h aux Trois Baudets, et le 27 juin à la Marbrerie à Montreuil ! 
Prenez vos places : https://lestroisbaudets.com/billetterie 
En seconde partie, nous accueillons Rachida Djellab, responsable programmation à la Flèche d&#039;or, dans le 20e. Avec elle, on découvre le programme du mois de juin de ce lieu culturel emblématique, en difficulté financière. 
Pour soutenir la Flèche d&#039;or : https://flechedor.org/ 
Et rendez-vous ce samedi pour le Queeraoké de soutien : https://shotgun.live/fr/events/queeraoke 

    La Guinguette du Lobby
    
Depuis 6 ans, l’équipe du Lobby, le rendez-vous LGBT+ de Radio Campus Paris, reçoit à son micro des militant.e.s, des chercheureuses et des artistes qui font les luttes queers d’aujourd’hui. Toutes les semaines, on raconte la queerness au présent.  
Le 7 juin, à partir de 21h, Le Lobby installe sa guinguette à la Flèche d’Or, le temps d’une soirée exceptionnelle consacrée à la transmission. Parce qu’être queer, c’est aussi savoir que des générations nous ont précédé.es, et que d’autres suivront. 
Comment l&#039;histoire queer se transmet-elle ? Que faire des héritages queers reçus ? Que transmettrons-nous à notre tour ? 
Au programme : 
21h-22h30 : Émission de radio en direct  
Avec l&#039;autrice Hélène Giannecchini (Un désir démesuré d’amitié, éditions Seuil, 2024), Mar et Ingrid de l&#039;association Acceptess-T, et l&#039;historien Antoine Idier (Réprimer et réparer, éditions Textuel, 2025) ; et les performances live d’Adiel (slam), Pierre et la rose (chanson), et Hot Bodies (pop) 
22h45-23h15 : Showcase de Thx4Crying (hyperpop) 
“Je chante et je pleure” : c’est ainsi que se présente sommairement Florian Vanayagas Bertonnier, alias Thx4Crying. Dans un premier album très personnel, l’artiste se dévoile dans toute sa sensibilité, et rend hommage aux jeunes queers et à “la vie bizarre” qui les attend. 
23h30-2h : DJ set des élèves de la Trans Academy du collectif WITH US 
Depuis bientôt 3 ans, le collectif WITH US, initié par la produtrice Julie Desire, célèbre les identités fluides et transgressives, et forme et accompagne des jeunes DJ trans et non-binaires, encore bien trop rares. 
Prenez vos places : https://shotgun.live/fr/events/guinguette-du-lobby 
]]></description><itunes:summary>
    La fête est à l'honneur dans Le Lobby ce soir à quelques jours du début du mois des fiertés !
    
Ce mois-ci, nous recevons Djombo Goddess, Olivia Verner et Kata Loba, de l'équipe du Bal des putes, une soirée queer, érotique, et transgressive. À découvrir le 31 mai dès 19h aux Trois Baudets, et le 27 juin à la Marbrerie à Montreuil ! 
Prenez vos places : https://lestroisbaudets.com/billetterie 
En seconde partie, nous accueillons Rachida Djellab, responsable programmation à la Flèche d'or, dans le 20e. Avec elle, on découvre le programme du mois de juin de ce lieu culturel emblématique, en difficulté financière. 
Pour soutenir la Flèche d'or : https://flechedor.org/ 
Et rendez-vous ce samedi pour le Queeraoké de soutien : https://shotgun.live/fr/events/queeraoke 

    La Guinguette du Lobby
    
Depuis 6 ans, l’équipe du Lobby, le rendez-vous LGBT+ de Radio Campus Paris, reçoit à son micro des militant.e.s, des chercheureuses et des artistes qui font les luttes queers d’aujourd’hui. Toutes les semaines, on raconte la queerness au présent.  
Le 7 juin, à partir de 21h, Le Lobby installe sa guinguette à la Flèche d’Or, le temps d’une soirée exceptionnelle consacrée à la transmission. Parce qu’être queer, c’est aussi savoir que des générations nous ont précédé.es, et que d’autres suivront. 
Comment l'histoire queer se transmet-elle ? Que faire des héritages queers reçus ? Que transmettrons-nous à notre tour ? 
Au programme : 
21h-22h30 : Émission de radio en direct  
Avec l'autrice Hélène Giannecchini (Un désir démesuré d’amitié, éditions Seuil, 2024), Mar et Ingrid de l'association Acceptess-T, et l'historien Antoine Idier (Réprimer et réparer, éditions Textuel, 2025) ; et les performances live d’Adiel (slam), Pierre et la rose (chanson), et Hot Bodies (pop) 
22h45-23h15 : Showcase de Thx4Crying (hyperpop) 
“Je chante et je pleure” : c’est ainsi que se présente sommairement Florian Vanayagas Bertonnier, alias Thx4Crying. Dans un premier album très personnel, l’artiste se dévoile dans toute sa sensibilité, et rend hommage aux jeunes queers et à “la vie bizarre” qui les attend. 
23h30-2h : DJ set des élèves de la Trans Academy du collectif WITH US 
Depuis bientôt 3 ans, le collectif WITH US, initié par la produtrice Julie Desire, célèbre les identités fluides et transgressives, et forme et accompagne des jeunes DJ trans et non-binaires, encore bien trop rares. 
Prenez vos places : https://shotgun.live/fr/events/guinguette-du-lobby 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 27 May 2025 15:20:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/le-bal-des-pxtes-la-fleche-dor-c-2025-05-27-4Db46yGv.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/le-bal-des-pxtes-la-fleche-dor-c-2025-05-27-4Db46yGv.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/ql30-le-bal-des-pxtes-la-fleche-dor-celebre-le-mois-des-fiertes</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-PG6J1FRGpx.jpg"/></item><item><title>L'HEBDO — Homophobie d'État : quand archives sortent les victimes de l'oubli</title><description><![CDATA[
    Dans son dernier essai, l&#039;historien Antoine Idier propose une vaste enquête dans les archives pour remonter la piste de l&#039;homophobie d&#039;État
    
Ce mardi 6 mai, le Sénat a adopté avec modifications
en deuxième lecture la proposition de loi
portant réparation des personnes condamnées pour homosexualité entre 1945 et
1982. Selon le site internet du Sénat, cette deuxième lecture a fixé les
bornes de cette période de 1945 à 1982, alors que l’Assemblée nationale avait
adopté un texte dont la date de début était 1942.  
De plus, la deuxième lecture a
“supprimé le mécanisme de réparation financière adopté par l’Assemblée
nationale”. Par rapport à la première proposition, c’est un recul, sur un
projet de loi qui n’est déjà pas jugé suffisant pour réparer les préjudices
causés par la justice et la police française pendant des décennies.  
En effet,
cette répression concerne entre 10.000 et 50.000 personnes, quasi exsclusivment
des hommes qui ont été condamnés pour leur homosexualité, et pour 90% d’entre
eux, ils ont subi une peine de prison ferme.  
Antoine Idier était venu parler de cette proposition de loi au micro du Lobby en décembre
2023. Il vient de publier Réprimer et réparer. Une histoire effacée de
l&#039;homosexualité,
aux éditions Textuel, en avril 2025. Il est chercheur au centre de recherches
sociologiques sur le droit et les institutions pénales, maitre de conférence à
sciences po saint germain en laye et spécialiste de l’histoire des
homosexualités et des cultures minoritaires et dans cet ouvrage, il fait  l’histoire des dispositifs pénaux ayant
réprimé l’homosexualité, et  critique les
politiques contemporaines de réparation de cette repression. Par l’étude des
sources judiciaires et policières, il propose une vue plus large sur la
question, et c’est ce dont nous allons discuter aujourd’hui.  
Présentation : Aglaé 
Réalisation : Colin 
]]></description><itunes:summary>
    Dans son dernier essai, l'historien Antoine Idier propose une vaste enquête dans les archives pour remonter la piste de l'homophobie d'État
    
Ce mardi 6 mai, le Sénat a adopté avec modifications
en deuxième lecture la proposition de loi
portant réparation des personnes condamnées pour homosexualité entre 1945 et
1982. Selon le site internet du Sénat, cette deuxième lecture a fixé les
bornes de cette période de 1945 à 1982, alors que l’Assemblée nationale avait
adopté un texte dont la date de début était 1942.  
De plus, la deuxième lecture a
“supprimé le mécanisme de réparation financière adopté par l’Assemblée
nationale”. Par rapport à la première proposition, c’est un recul, sur un
projet de loi qui n’est déjà pas jugé suffisant pour réparer les préjudices
causés par la justice et la police française pendant des décennies.  
En effet,
cette répression concerne entre 10.000 et 50.000 personnes, quasi exsclusivment
des hommes qui ont été condamnés pour leur homosexualité, et pour 90% d’entre
eux, ils ont subi une peine de prison ferme.  
Antoine Idier était venu parler de cette proposition de loi au micro du Lobby en décembre
2023. Il vient de publier Réprimer et réparer. Une histoire effacée de
l'homosexualité,
aux éditions Textuel, en avril 2025. Il est chercheur au centre de recherches
sociologiques sur le droit et les institutions pénales, maitre de conférence à
sciences po saint germain en laye et spécialiste de l’histoire des
homosexualités et des cultures minoritaires et dans cet ouvrage, il fait  l’histoire des dispositifs pénaux ayant
réprimé l’homosexualité, et  critique les
politiques contemporaines de réparation de cette repression. Par l’étude des
sources judiciaires et policières, il propose une vue plus large sur la
question, et c’est ce dont nous allons discuter aujourd’hui.  
Présentation : Aglaé 
Réalisation : Colin 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 16 May 2025 01:30:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-homophobie-detat-quand-2025-05-16-hLGlbTYD.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-homophobie-detat-quand-2025-05-16-hLGlbTYD.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/x2g3-lhebdo-homophobie-detat-quand-archives-sortent-les-victimes-de-loubli</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-zWIQLVy8gI.jpg"/></item><item><title>L'HEBDO — Transphobie : le Royaume-Uni en pleine panique morale</title><description><![CDATA[
    Cette semaine, cap sur le Royaume-Uni, où le camp transphobe vient de gagner une nouvelle bataille.
    
Le 16 avril dernier, la plus haute instance juridique du Royaume-Uni, la Cour Suprême, a décidé unanimement que la définition légale d’une femme repose sur le sexe biologique et non sur le genre. Alors évidemment, cette définition exclut les femmes trans*.  
Plusieurs associations LGBTQI+ ont alerté sur les conséquences que cela pourrait avoir sur les droits des personnes trans*, notamment les organisations Equality Network et Scottish Trans qui craignent que ce jugement « limite la portée de la reconnaissance de genre » et que le genre des personnes trans ne soit « plus reconnu dans de nombreuses situations » 
Pour parler des conséquences de cette définition, nous recevons Margot Mahoudeau, autrice du livre La Panique Woke, militante féministe et queer, mais aussi co-présidente de l’association Espace Santé Trans : une association fondée en 2015 située en île de France qui rassemble des militanz et professionnel.le.s de santé, engagé.es dans la protection des droits et la promotion de la santé des personnes trans.  
L&#039;association Espace santé trans organise un goûter ce vendredi 9 mai à La Bulle — Maison des Solidarités LGBT+. Toutes les infos ici : https://www.instagram.com/espacesantetrans/ 
L&#039;événement est destiné aux personnes trans et aux personnes en questionnement. 


    Pour aller plus loin...
    
&quot;Huge blow for trans rights as Supreme Court says: you are not women&quot;, The Independent.  
“Au Royaume-Uni, la définition légale d’une femme repose sur le sexe biologique et non sur le genre, tranche la Cour suprême”, Le Monde.  
“Royaume-Uni : Nouvelles directives (et inquiétudes) sur la transidentité après la décision de la Cour suprême”, 20 minutes.  
&#039;Trans People Woke Up To A Bleak New World Today. How Did We Get Here?&#039;, Huffpost (jane fae)  

Présentation : Sam 
Réalisation : Colin 
Musique de fin : Auf Wiedersehen, Cécilia Da Colonia 
]]></description><itunes:summary>
    Cette semaine, cap sur le Royaume-Uni, où le camp transphobe vient de gagner une nouvelle bataille.
    
Le 16 avril dernier, la plus haute instance juridique du Royaume-Uni, la Cour Suprême, a décidé unanimement que la définition légale d’une femme repose sur le sexe biologique et non sur le genre. Alors évidemment, cette définition exclut les femmes trans*.  
Plusieurs associations LGBTQI+ ont alerté sur les conséquences que cela pourrait avoir sur les droits des personnes trans*, notamment les organisations Equality Network et Scottish Trans qui craignent que ce jugement « limite la portée de la reconnaissance de genre » et que le genre des personnes trans ne soit « plus reconnu dans de nombreuses situations » 
Pour parler des conséquences de cette définition, nous recevons Margot Mahoudeau, autrice du livre La Panique Woke, militante féministe et queer, mais aussi co-présidente de l’association Espace Santé Trans : une association fondée en 2015 située en île de France qui rassemble des militanz et professionnel.le.s de santé, engagé.es dans la protection des droits et la promotion de la santé des personnes trans.  
L'association Espace santé trans organise un goûter ce vendredi 9 mai à La Bulle — Maison des Solidarités LGBT+. Toutes les infos ici : https://www.instagram.com/espacesantetrans/ 
L'événement est destiné aux personnes trans et aux personnes en questionnement. 


    Pour aller plus loin...
    
"Huge blow for trans rights as Supreme Court says: you are not women", The Independent.  
“Au Royaume-Uni, la définition légale d’une femme repose sur le sexe biologique et non sur le genre, tranche la Cour suprême”, Le Monde.  
“Royaume-Uni : Nouvelles directives (et inquiétudes) sur la transidentité après la décision de la Cour suprême”, 20 minutes.  
'Trans People Woke Up To A Bleak New World Today. How Did We Get Here?', Huffpost (jane fae)  

Présentation : Sam 
Réalisation : Colin 
Musique de fin : Auf Wiedersehen, Cécilia Da Colonia 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 09 May 2025 02:30:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-transphobie-le-royaume-2025-05-09-UU9KYYLB.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-transphobie-le-royaume-2025-05-09-UU9KYYLB.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/V7GX-lhebdo-transphobie-le-royaume-uni-en-pleine-panique-morale</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-xGbhOVdsmV.jpg"/></item><item><title>"Mabel" : Camion Bip Bip au plus haut de sa forme</title><description><![CDATA[
    Le quatuor punk lesbien est de retour avec &quot;Mabel&quot;, un troisième EP aux paroles plus acérées que jamais, sur une musique enflammée.
    
Camion Bip Bip est de retour, et en grande forme. Lauréat.es du Prix Têtu Jeune Talent en décembre, et à quelques semaines d&#039;une Maroquinerie déjà à guichet fermé, iels sortent leur troisième opus, Mabel, 5 titres dans lesquels le groupe va encore plus loin dans ses propositions artistiques, et emmène ses fans dans des territoires nouveaux. 

    
    


En seconde partie d&#039;émission, à quelques jours du 1er mai, nous recevons Tim du collectif Queer parlons travail, pour tracer un trait d&#039;union entre luttes queers et lutte des classes. 
&amp;gt; Queer Parlons Travail organise des permanences une fois par mois à la Flèche d&#039;or ! 
Et puis côté chroniques, Cha nous parle aussi du 1er mai, et de tous ses engagements militants qui pèsent sur sa vie sexuelle :( 
]]></description><itunes:summary>
    Le quatuor punk lesbien est de retour avec "Mabel", un troisième EP aux paroles plus acérées que jamais, sur une musique enflammée.
    
Camion Bip Bip est de retour, et en grande forme. Lauréat.es du Prix Têtu Jeune Talent en décembre, et à quelques semaines d'une Maroquinerie déjà à guichet fermé, iels sortent leur troisième opus, Mabel, 5 titres dans lesquels le groupe va encore plus loin dans ses propositions artistiques, et emmène ses fans dans des territoires nouveaux. 

    
    


En seconde partie d'émission, à quelques jours du 1er mai, nous recevons Tim du collectif Queer parlons travail, pour tracer un trait d'union entre luttes queers et lutte des classes. 
&amp;gt; Queer Parlons Travail organise des permanences une fois par mois à la Flèche d'or ! 
Et puis côté chroniques, Cha nous parle aussi du 1er mai, et de tous ses engagements militants qui pèsent sur sa vie sexuelle :( 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 29 Apr 2025 21:08:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/mabel-le-troisieme-ep-incisif-d-2025-04-29-NKzh8SWG.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/mabel-le-troisieme-ep-incisif-d-2025-04-29-NKzh8SWG.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/GMmJ-mabel-camion-bip-bip-au-plus-haut-de-sa-forme</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-vp4259rJFp.jpg"/></item><item><title>L'HEBDO — Éloi, l'icône gou1ne qu'on a bien méritée</title><description><![CDATA[
    En pleine tournée et à peine remise de son Olympia, la chanteuse lesbienne Éloi fait un crochet par le studio du Lobby pour présenter son dernier album, « BLAST. ».
    
Vous avez entendu parler de la théorie selon laquelle les personnes queer marchent à une allure plus rapide que la moyenne ? Est-ce que c’est parce que de manière générale on sait où on va ? Est-ce que c’est pour fuir les hétéros puants et les risques d&#039;agression ? Est-ce que c’est parce qu’on est des stars qui avons tant à accomplir ? 
Je ne sais pas, mais ce dont je suis sure, c&#039;est que ça a à voir avec les tubes queers qu&#039;on met a fond dans nos casques. 
Notre invitée du jour fabrique des sons qui font partie de mon panthéon des tubes qui font sprinter. 
Et quand je l&#039;écoute en marchant dans la rue, entre les paroles qui évoquent la nostalgie adolescente ou la rupture amoureuse et les BPM qui s&#039;affolent, j&#039;ai souvent l&#039;impression d&#039;être le personnage principal d&#039;un film qui termine une flamboyante course poursuite. 
Éloi est notre invitée cette semaine &amp;lt;3. 


Éloi sera en concert dans de nombreux festivals cet été, notamment Solidays à la fin du mois de juin, et le Cabaret Vert à la mi-août. 
Présentation : Lucie Robert-Bouvet 
Réalisation : Colin Gruel 
]]></description><itunes:summary>
    En pleine tournée et à peine remise de son Olympia, la chanteuse lesbienne Éloi fait un crochet par le studio du Lobby pour présenter son dernier album, « BLAST. ».
    
Vous avez entendu parler de la théorie selon laquelle les personnes queer marchent à une allure plus rapide que la moyenne ? Est-ce que c’est parce que de manière générale on sait où on va ? Est-ce que c’est pour fuir les hétéros puants et les risques d'agression ? Est-ce que c’est parce qu’on est des stars qui avons tant à accomplir ? 
Je ne sais pas, mais ce dont je suis sure, c'est que ça a à voir avec les tubes queers qu'on met a fond dans nos casques. 
Notre invitée du jour fabrique des sons qui font partie de mon panthéon des tubes qui font sprinter. 
Et quand je l'écoute en marchant dans la rue, entre les paroles qui évoquent la nostalgie adolescente ou la rupture amoureuse et les BPM qui s'affolent, j'ai souvent l'impression d'être le personnage principal d'un film qui termine une flamboyante course poursuite. 
Éloi est notre invitée cette semaine &amp;lt;3. 


Éloi sera en concert dans de nombreux festivals cet été, notamment Solidays à la fin du mois de juin, et le Cabaret Vert à la mi-août. 
Présentation : Lucie Robert-Bouvet 
Réalisation : Colin Gruel 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 25 Apr 2025 00:40:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-eloi-licone-hyperpop-qu-2025-04-25-N5vSWFbg.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-eloi-licone-hyperpop-qu-2025-04-25-N5vSWFbg.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/00ZL-lhebdo-eloi-licone-gou1ne-quon-a-bien-meritee</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-3DpL5eLGNU.jpg"/></item><item><title>L'HEBDO — LGBTIphobies, racisme... : quand la médecine maltraite</title><description><![CDATA[
    Dans &quot;La santé soigne-t-elle vraiment tout le monde ?&quot;, le jeune médecin Miguel Shema interroge les rapports de pouvoir dans le monde de la santé, des écoles de médecine aux cabinets.
    
L’autre jour, j’attendais mon amie devant sa fac de médecine. J’étais planté devant un bâtiment, que je qualifierais de &quot;visuellement imposant par son style brutaliste&quot;, répondant au nom de &quot;bâtiment Paul Broca&quot;.  
C’est alors qu’on m’a expliqué qu’il était le fondateur de l’anthropologie, et qui m’a-t-on dit a fait de merveilleuses découvertes sur le cerveau, mais aussi avait eu la fâcheuse tendance à mesurer les proportions de crânes afin de déterminer les groupes d’humains qui étaient inférieurs aux autres, soutenant des thèses eugénistes et racistes. Et présenté comme ça, je me suis dit qu’avec le recul qu’on avait sur le sujet, on aurait eu envie d’éviter de mettre au grand jour ce monsieur, surtout dans un campus universitaire de médecine. Mais qui suis-je après tout, si ce n’est qu’un odieux cancelleur.  
On me répondra même peut-être que le recul, on l’a, et que la médecine n’est plus du tout utilisée pour justifier des thèses racistes. Ni sexistes d’ailleurs, et encore moins homophobes, que c’est une institution universelle qui soigne tout le monde de la même façon.  
Si vous êtes convaincu de cela, et bien je suis désolé, mais je vous prie de rester avec nous.  Car non, la médecine n’échappe pas aux rapports de dominations. 
Pour en parler nous recevons Miguel Shema, militant et étudiant en médecine.  


    L&#039;équipe de l&#039;émission
    
Présentation : Mal Landru 
Réalisation : Colin Gruel 
]]></description><itunes:summary>
    Dans "La santé soigne-t-elle vraiment tout le monde ?", le jeune médecin Miguel Shema interroge les rapports de pouvoir dans le monde de la santé, des écoles de médecine aux cabinets.
    
L’autre jour, j’attendais mon amie devant sa fac de médecine. J’étais planté devant un bâtiment, que je qualifierais de "visuellement imposant par son style brutaliste", répondant au nom de "bâtiment Paul Broca".  
C’est alors qu’on m’a expliqué qu’il était le fondateur de l’anthropologie, et qui m’a-t-on dit a fait de merveilleuses découvertes sur le cerveau, mais aussi avait eu la fâcheuse tendance à mesurer les proportions de crânes afin de déterminer les groupes d’humains qui étaient inférieurs aux autres, soutenant des thèses eugénistes et racistes. Et présenté comme ça, je me suis dit qu’avec le recul qu’on avait sur le sujet, on aurait eu envie d’éviter de mettre au grand jour ce monsieur, surtout dans un campus universitaire de médecine. Mais qui suis-je après tout, si ce n’est qu’un odieux cancelleur.  
On me répondra même peut-être que le recul, on l’a, et que la médecine n’est plus du tout utilisée pour justifier des thèses racistes. Ni sexistes d’ailleurs, et encore moins homophobes, que c’est une institution universelle qui soigne tout le monde de la même façon.  
Si vous êtes convaincu de cela, et bien je suis désolé, mais je vous prie de rester avec nous.  Car non, la médecine n’échappe pas aux rapports de dominations. 
Pour en parler nous recevons Miguel Shema, militant et étudiant en médecine.  


    L'équipe de l'émission
    
Présentation : Mal Landru 
Réalisation : Colin Gruel 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 18 Apr 2025 00:40:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-soins-de-sante-quand-la-2025-04-09-7hE6WJSU.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-soins-de-sante-quand-la-2025-04-09-7hE6WJSU.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/ql47-lhebdo-lgbtiphobies-racisme-quand-la-medecine-maltraite</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-1ghB4C71mV.jpg"/></item><item><title>L'HEBDO — « Pour Sasha » : Témoigner pour lutter contre la transphobie</title><description><![CDATA[
    Cette semaine, nous recevons Pauline Chiron, qui publie &quot;Pour Sasha&quot; (Libertalia), une magnifique livre-hommage à sa soeur, victime de transphobie.
    
Comment sort-on de la sidération ? Par quoi on commence quand on veut parler de la disparition de nos adelphes ?  
La militante trans Lexie Agresti apporte une réponse dans la préface du livre que nous allons présenter aujourd’hui : “Nos vies entrent encore doucement dans le faisceau conscient des expériences humaines et la fraîcheur de notre présence pour une majorité nécessite que le témoignage existe, continue d’exister et convoque l&#039;immense diversité de ce que “trans” fait vivre, du beau au plus tragique.” 
C’est à travers le témoignage que notre invitée Pauline Chiron honore la mémoire de sa sœur Sasha, qui s’est suicidée en 2021. Son ouvrage Pour Sasha, paru en février de cette année aux Editions Libertalia, se présente comme une archive absolument nécéssaire, celle de la vie d’une jeune femme trans, passionnée de mode, aux multiples références musicales, cinématographiques, d’une grande élégance et d’une fidélité amicale sans faille. 
Plonger dans ce témoignage c’est peut être un peu se lier d’amitié avec Sasha, s’enthousiasmer avec elle et partager sa douleur et celle de ses proches mais c’est avant tout de rappeler que oui la transphobie tue, et qu’on arrêtera jamais d’en parler.  

    Références citées dans l&#039;émission
    
— Le podcast Des modes et des moods : https://open.spotify.com/episode/7pt7LIOrNDOfszASOAUxn5 
— L&#039;artiste Holokid 


    L&#039;équipe de l&#039;émission
    
Présentation : Diego De Cao 
Réalisation : Colin Gruel 
]]></description><itunes:summary>
    Cette semaine, nous recevons Pauline Chiron, qui publie "Pour Sasha" (Libertalia), une magnifique livre-hommage à sa soeur, victime de transphobie.
    
Comment sort-on de la sidération ? Par quoi on commence quand on veut parler de la disparition de nos adelphes ?  
La militante trans Lexie Agresti apporte une réponse dans la préface du livre que nous allons présenter aujourd’hui : “Nos vies entrent encore doucement dans le faisceau conscient des expériences humaines et la fraîcheur de notre présence pour une majorité nécessite que le témoignage existe, continue d’exister et convoque l'immense diversité de ce que “trans” fait vivre, du beau au plus tragique.” 
C’est à travers le témoignage que notre invitée Pauline Chiron honore la mémoire de sa sœur Sasha, qui s’est suicidée en 2021. Son ouvrage Pour Sasha, paru en février de cette année aux Editions Libertalia, se présente comme une archive absolument nécéssaire, celle de la vie d’une jeune femme trans, passionnée de mode, aux multiples références musicales, cinématographiques, d’une grande élégance et d’une fidélité amicale sans faille. 
Plonger dans ce témoignage c’est peut être un peu se lier d’amitié avec Sasha, s’enthousiasmer avec elle et partager sa douleur et celle de ses proches mais c’est avant tout de rappeler que oui la transphobie tue, et qu’on arrêtera jamais d’en parler.  

    Références citées dans l'émission
    
— Le podcast Des modes et des moods : https://open.spotify.com/episode/7pt7LIOrNDOfszASOAUxn5 
— L'artiste Holokid 


    L'équipe de l'émission
    
Présentation : Diego De Cao 
Réalisation : Colin Gruel 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 11 Apr 2025 04:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-pour-sasha-temoigne-2025-04-11-EU1QvoRy.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-pour-sasha-temoigne-2025-04-11-EU1QvoRy.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/mY4R-lhebdo-pour-sasha-temoigner-pour-lutter-contre-la-transphobie</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-6Pi8EUlUwj.jpg"/></item><item><title>Les États-Unis mettent en péril la lutte contre le sida</title><description><![CDATA[
    Alors que l&#039;administration Trump annonce une baisse de 83% de l&#039;aide humanitaire internationale, réduisant à peau de chagrin le financement du PEPFAR, faut-il s&#039;attendre à un rebond épidémique du VIH ?
    
Depuis 2003, le PEPFAR (President&#039;s Emergency Plan for AIDS Relief - ou le plan d’urgence contre le sida) a permis de sauver des milliers de vies à travers le monde. Mais le retour de Trump à la Maison Blanche laisse craindre le pire. La nouvelle administration a décidé de se réduire largement l&#039;USAID, l&#039;agence d&#039;aide humanitaire internationale, accusée d&#039;&quot;insubordination&quot;. Ces coupes budgétaires menacent directement le PEPFAR, et tombent comme un couperet pour les ONG qui luttent contre le VIH. 
Pour en parler, nous recevons : 
- Dominique Costagliola, épidémiologiste, directrice de recherche émérite à l&#039;INSERM, et membre de l&#039;Académie des Sciences. Elle travaille sur le VIH depuis 1986, et elle a signé récemment une tribune dans Le Monde appelant à défendre les libertés académiques et la recherche scientifique face à la censure à l&#039;oeuvre aux États-Unis ; 
- Christophe Martet, président de l&#039;association Paris et Seine-Saint-Denis sans sida, personne vivant avec le VIH depuis 1985. 

    &quot;Métamarphose&quot; : un ballet queer sur les années sida
    
En seconde partie d&#039;émission, nous recevons le danseur et chorégraphe Amar, pour parler de son spectacle &quot;Métamarphose&quot;, un dyptique qui nous replonge dans les années 1979-1985, à voir au Théâtre 12 les 28 et 29 avril. 
Réservez vite vos places ici : https://www.theatreonline.com/Spectacle/Metamarphose/90841 

    L&#039;équipe de l&#039;émission
    
Présentation : Colin 
Réalisation : Suzanne 
Interviews : Zoé, Cha et Sam 
Chroniques : Ayelen, Cléo et Mal 
Programmation musicale : &quot;Un bon fils&quot;, Bon Fils (2025) ; &quot;La question&quot;, Bilal Hassani (2025) 
]]></description><itunes:summary>
    Alors que l'administration Trump annonce une baisse de 83% de l'aide humanitaire internationale, réduisant à peau de chagrin le financement du PEPFAR, faut-il s'attendre à un rebond épidémique du VIH ?
    
Depuis 2003, le PEPFAR (President's Emergency Plan for AIDS Relief - ou le plan d’urgence contre le sida) a permis de sauver des milliers de vies à travers le monde. Mais le retour de Trump à la Maison Blanche laisse craindre le pire. La nouvelle administration a décidé de se réduire largement l'USAID, l'agence d'aide humanitaire internationale, accusée d'"insubordination". Ces coupes budgétaires menacent directement le PEPFAR, et tombent comme un couperet pour les ONG qui luttent contre le VIH. 
Pour en parler, nous recevons : 
- Dominique Costagliola, épidémiologiste, directrice de recherche émérite à l'INSERM, et membre de l'Académie des Sciences. Elle travaille sur le VIH depuis 1986, et elle a signé récemment une tribune dans Le Monde appelant à défendre les libertés académiques et la recherche scientifique face à la censure à l'oeuvre aux États-Unis ; 
- Christophe Martet, président de l'association Paris et Seine-Saint-Denis sans sida, personne vivant avec le VIH depuis 1985. 

    "Métamarphose" : un ballet queer sur les années sida
    
En seconde partie d'émission, nous recevons le danseur et chorégraphe Amar, pour parler de son spectacle "Métamarphose", un dyptique qui nous replonge dans les années 1979-1985, à voir au Théâtre 12 les 28 et 29 avril. 
Réservez vite vos places ici : https://www.theatreonline.com/Spectacle/Metamarphose/90841 

    L'équipe de l'émission
    
Présentation : Colin 
Réalisation : Suzanne 
Interviews : Zoé, Cha et Sam 
Chroniques : Ayelen, Cléo et Mal 
Programmation musicale : "Un bon fils", Bon Fils (2025) ; "La question", Bilal Hassani (2025) 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 01 Apr 2025 20:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/les-etats-unis-mettent-en-peril-la-2025-04-01-cGhJ325h.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/les-etats-unis-mettent-en-peril-la-2025-04-01-cGhJ325h.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/BPJQ-les-etats-unis-mettent-en-peril-la-lutte-contre-le-sida</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-dpreStjpAv.jpg"/></item><item><title>Grève féministe avec les FemRevs + bars queer franciliens</title><description><![CDATA[À l&#039;occasion de la grève du 8 mars, nous recevons les FemsRevs (ou Féministes Révolutionnaires), association féministe parisienne, très active dans le champ associatif féministe, marxiste et queer ces dernières années. Préparer la grève, c&#039;est tout un programme : organisation collective, imagination et motivation, on en parle en première partie d&#039;émission.  
En deuxième partie d&#039;émission, nous recevons Hélène du bar le bonjour madame, Hélène (une autre) du bar montreuillois le Mont Vénus, qui a ouvert ses portes en 2024, et Astrid de l&#039;association du Passage, qui cherche à ouvrir un lieu queer dans l&#039;Est parisien. Comment ouvrir un bar queer ? Quelles en sont les difficultés et les joies? On en parle pendant trente minutes avec nos trois invitées. 
Rendez-vous le 7 mars à 18h30 à Gare de l&#039;Est pour la marche de nuit féministe, et à 19h30 au WAB (We Are Brewers) pour un quizz culture avec le Passage. 
ERRATUM: Nous avons évoqué l&#039;interdiction de la marche féministe de nuit du 7 mars pendant l&#039;émission, elle est à ce jour uniquement menacée d&#039;interdiction par la Préfecture. L&#039;AG féministe Paris-Banlieues se prépare à faire appel dans le cas où la manifestation serait interdite. 
Rendez vous le samedi 8 mars à 14H place de la République, pour la manifestation annuelle de la journée internationale des droits des femmes. 
Autre rendez-vous printanier : un village antifa organisé notamment par les FemsRevs, restez à l&#039;affût de leurs actualités sur leur site et leurs réseaux sociaux. 
Les comptes Instagram des bars: 
Le Mont Vénus /  
Le bonjour madame / 
Le Passage /  
Les musiques de l&#039;émission: 
&quot;Patate&quot; de Meryl, sorti le 28/02/2025. 
&quot;LR RN&quot; de Lalla Rami, sorti le 28/02/2025. 
L&#039;équipe du Lobby: Suzanne à la réalisation, Sam et Emma aux interviews, Mal et Cha aux chroniques, et Zoé à la présentation.  
]]></description><itunes:summary>À l'occasion de la grève du 8 mars, nous recevons les FemsRevs (ou Féministes Révolutionnaires), association féministe parisienne, très active dans le champ associatif féministe, marxiste et queer ces dernières années. Préparer la grève, c'est tout un programme : organisation collective, imagination et motivation, on en parle en première partie d'émission.  
En deuxième partie d'émission, nous recevons Hélène du bar le bonjour madame, Hélène (une autre) du bar montreuillois le Mont Vénus, qui a ouvert ses portes en 2024, et Astrid de l'association du Passage, qui cherche à ouvrir un lieu queer dans l'Est parisien. Comment ouvrir un bar queer ? Quelles en sont les difficultés et les joies? On en parle pendant trente minutes avec nos trois invitées. 
Rendez-vous le 7 mars à 18h30 à Gare de l'Est pour la marche de nuit féministe, et à 19h30 au WAB (We Are Brewers) pour un quizz culture avec le Passage. 
ERRATUM: Nous avons évoqué l'interdiction de la marche féministe de nuit du 7 mars pendant l'émission, elle est à ce jour uniquement menacée d'interdiction par la Préfecture. L'AG féministe Paris-Banlieues se prépare à faire appel dans le cas où la manifestation serait interdite. 
Rendez vous le samedi 8 mars à 14H place de la République, pour la manifestation annuelle de la journée internationale des droits des femmes. 
Autre rendez-vous printanier : un village antifa organisé notamment par les FemsRevs, restez à l'affût de leurs actualités sur leur site et leurs réseaux sociaux. 
Les comptes Instagram des bars: 
Le Mont Vénus /  
Le bonjour madame / 
Le Passage /  
Les musiques de l'émission: 
"Patate" de Meryl, sorti le 28/02/2025. 
"LR RN" de Lalla Rami, sorti le 28/02/2025. 
L'équipe du Lobby: Suzanne à la réalisation, Sam et Emma aux interviews, Mal et Cha aux chroniques, et Zoé à la présentation.  
</itunes:summary><pubDate>Mon, 03 Mar 2025 16:10:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/greve-feministe-victoires-et-prol-2025-03-03-Yd5mzUeq.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/greve-feministe-victoires-et-prol-2025-03-03-Yd5mzUeq.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/rmWL-greve-feministe-avec-les-femrevs-bars-queer-franciliens</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-dpreStjpAv.jpg"/></item><item><title>L'HEBDO — « Biarritz en été » : la carte postale de Patxi Arsa</title><description><![CDATA[
    LES COUPS DE CŒUR DU LOBBY #1. Cette semaine, on vous fait découvrir le jeune chanteur Patxi Arsa, qui a publié à l&#039;automne son premier EP, &quot;Biarritz en été&quot;.
    
Biarritz en été, c&#039;est le premier EP de Patxi Arsa, qui a donc grandi sur la côte basque. Mais sur les six chansons qui composent cet opus, il n’est pas question de vacances joyeuses sur les plages d’une station balnéaire.  
Dans ce décor de carte postale, Patxi Arsa raconte la découverte de son homosexualité, la honte de soi, l’homophobie omniprésente à l’école et dans les repas de famille. La sensation d’être différent au moment où tout le monde autour profite de l’été, du soleil et des vêtements légers pour draguer et faire l’amour pour la première fois. 
Six chansons, donc, sur BIARRITZ EN ÉTÉ, entre rap et musique pop, entre détresse et papillons dans le ventre, six chansons qui racontent une certaine trajectoire queer et qui touche pourtant à quelque chose de presque universel. 

    
    


Présentation et réalisation : Colin Gruel 
]]></description><itunes:summary>
    LES COUPS DE CŒUR DU LOBBY #1. Cette semaine, on vous fait découvrir le jeune chanteur Patxi Arsa, qui a publié à l'automne son premier EP, "Biarritz en été".
    
Biarritz en été, c'est le premier EP de Patxi Arsa, qui a donc grandi sur la côte basque. Mais sur les six chansons qui composent cet opus, il n’est pas question de vacances joyeuses sur les plages d’une station balnéaire.  
Dans ce décor de carte postale, Patxi Arsa raconte la découverte de son homosexualité, la honte de soi, l’homophobie omniprésente à l’école et dans les repas de famille. La sensation d’être différent au moment où tout le monde autour profite de l’été, du soleil et des vêtements légers pour draguer et faire l’amour pour la première fois. 
Six chansons, donc, sur BIARRITZ EN ÉTÉ, entre rap et musique pop, entre détresse et papillons dans le ventre, six chansons qui racontent une certaine trajectoire queer et qui touche pourtant à quelque chose de presque universel. 

    
    


Présentation et réalisation : Colin Gruel 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 28 Feb 2025 02:00:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-biarritz-en-ete-la-2025-02-28-rYHpyDNw.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-biarritz-en-ete-la-2025-02-28-rYHpyDNw.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/Pzq6-lhebdo-biarritz-en-ete-la-carte-postale-de-patxi-arsa</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-QyKcSJ8l8N.jpg"/></item><item><title>L'HEBDO — Traduire en queers : rencontre avec Stéphanie Lux</title><description><![CDATA[
    Que devons-nous aux traductrices queers ? On en parle avec l&#039;autrice et traductrice littéraire Stéphanie Lux.
    
Ce vendredi dans le Lobby, nous recevons la traductrice d’allemand et d’anglais Stéphanie Lux, pour nous parler de son récent livre publié aux éditions de la Contre Allée intitulé Des Montagnes de questions (2024) et de ses projets en cours. 
Ces dernières années dans le paysage féministo-queer ont fleuri plusieurs collectifs, maisons d’éditions, ou personnalités qui se sont attelées à la traduction, pour  permettre au lectorat francophone d’avoir accès à des textes qui n’avaient pas encore été traduits, et qui étaient pourtant cultes dans d’autres pays, notamment aux Etats Unis. On peut penser par exemple à Stone Butch Blues de Leslie Feinberg, qui a été le fruit d’une traduction collective et de plusieurs années de travail. 
Que veut dire concrètement être traductrice aujourd’hui?  Qu’est-ce que cela change d’être ouvertement lesbienne dans le monde éditorial ? Comment réussir à faire traduire des textes engagés qui nous tiennent à cœur sans compromettre sa carrière ?  
Stéphanie Lux nous parle de son parcours, de ses engagements, et de ses prochains projets. 

    Références citées dans l&#039;émission
    
Stéphanie Lux, Des Montagnes de questions, éditions de La Contre Allée, 2024. https://lacontreallee.com/catalogue/des-montagnes-de-questions/ 
Traductions évoquées dans l’émission de Stéphanie Lux: 
Tamsyn Muir, Nona la Neuvième, Actes Sud, 2024. 
Romy Hausmann, Chère enfant, Actes Noirs, 2021. 
Stephanie Haerdle, Fontaines, histoire de l’éjaculation féminine de la Chine ancienne à nos jours, Lux Canada, 2021. 
Noémie Grunenwald, Traduire en Féministe/s, éditions de La Contre Allée, 2019. https://lacontreallee.com/auteurs/noemie-grunenwald/ 
Leslie Feinberg, traduction collective, Stone Butch Blues, éditions Hystériques &amp;amp; AssociéEs, 2021. https://hysteriquesetassociees.org/sbb/  
Sarah Schulman, La Gentrification des esprits, B42, 2018. 
Sarah Schulman, Les Liens qui empêchent, B42, 2024. https://editions-b42.com/categorie-produit/auteurs/schulman/ 

    L&#039;équipe de l&#039;émission
    
Présentation : Zoé Monrozier 
Réalisation : Colin Gruel 
Musique de fin : i luv you de Louise Bsx 
]]></description><itunes:summary>
    Que devons-nous aux traductrices queers ? On en parle avec l'autrice et traductrice littéraire Stéphanie Lux.
    
Ce vendredi dans le Lobby, nous recevons la traductrice d’allemand et d’anglais Stéphanie Lux, pour nous parler de son récent livre publié aux éditions de la Contre Allée intitulé Des Montagnes de questions (2024) et de ses projets en cours. 
Ces dernières années dans le paysage féministo-queer ont fleuri plusieurs collectifs, maisons d’éditions, ou personnalités qui se sont attelées à la traduction, pour  permettre au lectorat francophone d’avoir accès à des textes qui n’avaient pas encore été traduits, et qui étaient pourtant cultes dans d’autres pays, notamment aux Etats Unis. On peut penser par exemple à Stone Butch Blues de Leslie Feinberg, qui a été le fruit d’une traduction collective et de plusieurs années de travail. 
Que veut dire concrètement être traductrice aujourd’hui?  Qu’est-ce que cela change d’être ouvertement lesbienne dans le monde éditorial ? Comment réussir à faire traduire des textes engagés qui nous tiennent à cœur sans compromettre sa carrière ?  
Stéphanie Lux nous parle de son parcours, de ses engagements, et de ses prochains projets. 

    Références citées dans l'émission
    
Stéphanie Lux, Des Montagnes de questions, éditions de La Contre Allée, 2024. https://lacontreallee.com/catalogue/des-montagnes-de-questions/ 
Traductions évoquées dans l’émission de Stéphanie Lux: 
Tamsyn Muir, Nona la Neuvième, Actes Sud, 2024. 
Romy Hausmann, Chère enfant, Actes Noirs, 2021. 
Stephanie Haerdle, Fontaines, histoire de l’éjaculation féminine de la Chine ancienne à nos jours, Lux Canada, 2021. 
Noémie Grunenwald, Traduire en Féministe/s, éditions de La Contre Allée, 2019. https://lacontreallee.com/auteurs/noemie-grunenwald/ 
Leslie Feinberg, traduction collective, Stone Butch Blues, éditions Hystériques &amp;amp; AssociéEs, 2021. https://hysteriquesetassociees.org/sbb/  
Sarah Schulman, La Gentrification des esprits, B42, 2018. 
Sarah Schulman, Les Liens qui empêchent, B42, 2024. https://editions-b42.com/categorie-produit/auteurs/schulman/ 

    L'équipe de l'émission
    
Présentation : Zoé Monrozier 
Réalisation : Colin Gruel 
Musique de fin : i luv you de Louise Bsx 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 21 Feb 2025 02:40:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-traduire-en-queers-renc-2025-02-21-0Mqw8AZr.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-traduire-en-queers-renc-2025-02-21-0Mqw8AZr.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/rmlL-lhebdo-traduire-en-queers-rencontre-avec-stephanie-lux</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-DGBCJ0V0Ea.jpg"/></item><item><title>L'HEBDO — "Plan cho no blabla" : Et si on parlait de Grindr ?</title><description><![CDATA[
    Dans une passionnante enquête qui vient de sortir, le journaliste Thibault Lambert se demande comment Grindr, l&#039;incontournable application de rencontres, a changé les gays.
    
Je ne sais pas dire quand j’ai entendu le mot “Grindr” pour la première fois. 
Est-ce que c’était par une amie hétéro qui s’était créé un faux profil pour faire de la pub à son événement drag ?  
Est-ce que c’était par ce couple fou amoureux et installé qui me raconte au détour d’une phrase que c’est par une tap sur l’appli que tout a commencé ?   
Est-ce que c’était via mon abonnement aux comptes instagram qui recensent les agressions racistes et transphobes qui y ont lieu ?  
Je ne sais plus dire, mais ce que je sais, c’est que Grindr est un point commun qui relie toutes les personnes gays, pédées et affiliées : on y croise son psy, ses amis, son prof, son voisin de palier, et sa dragqueen préférée. 
Je sais aussi que malgré sa mauvaise réputation d’appli violente qui traite le sexe et les personnes comme des produits de consommation, on peut y faire de belles rencontres et qu’après un hookup, parfois, la conversation se poursuit tard dans la nuit, qu’on rentre chez soi avec le sentiment d’avoir fait une belle rencontre, qui va compter.  
Une chose est sûre : on est en 2025, je vis à Paris depuis 10 ans, je suis ce qu’on appelle une “gouine à pédés” et Grindr fait partie intégrante de mon monde, et incarne une partie de la culture gay, qu’on le veuille ou non.  
Parce que cette application, c’est avant tout un outil, donc ni bon ni mauvais en soi. Et je suis persuadée que les façons de relationner de s’aimer et de faire du sexe, notamment via cette application, racontent beaucoup de la relation des pédés à eux mêmes.    
Thibault Lambert a 29 ans, il est journaliste. Grindr l&#039;accompagne depuis les débuts de sa vie sexuelle, à 17 ans. Dans Ce que Grindr a fait de nous (JC Lattès), il mêle son parcours intime à d&#039;autres voix pour comprendre ce que l&#039;application a vraiment changé aux rencontres gays. Il est notre invité cette semaine. 

    
        
        
    


    L&#039;équipe de l&#039;émission
    
Présentation : Lucie 
Réalisation : Colin Gruel 
Musique de fin : &quot;Boyz&quot;, de Charli XCX, remixé par Baby B 
]]></description><itunes:summary>
    Dans une passionnante enquête qui vient de sortir, le journaliste Thibault Lambert se demande comment Grindr, l'incontournable application de rencontres, a changé les gays.
    
Je ne sais pas dire quand j’ai entendu le mot “Grindr” pour la première fois. 
Est-ce que c’était par une amie hétéro qui s’était créé un faux profil pour faire de la pub à son événement drag ?  
Est-ce que c’était par ce couple fou amoureux et installé qui me raconte au détour d’une phrase que c’est par une tap sur l’appli que tout a commencé ?   
Est-ce que c’était via mon abonnement aux comptes instagram qui recensent les agressions racistes et transphobes qui y ont lieu ?  
Je ne sais plus dire, mais ce que je sais, c’est que Grindr est un point commun qui relie toutes les personnes gays, pédées et affiliées : on y croise son psy, ses amis, son prof, son voisin de palier, et sa dragqueen préférée. 
Je sais aussi que malgré sa mauvaise réputation d’appli violente qui traite le sexe et les personnes comme des produits de consommation, on peut y faire de belles rencontres et qu’après un hookup, parfois, la conversation se poursuit tard dans la nuit, qu’on rentre chez soi avec le sentiment d’avoir fait une belle rencontre, qui va compter.  
Une chose est sûre : on est en 2025, je vis à Paris depuis 10 ans, je suis ce qu’on appelle une “gouine à pédés” et Grindr fait partie intégrante de mon monde, et incarne une partie de la culture gay, qu’on le veuille ou non.  
Parce que cette application, c’est avant tout un outil, donc ni bon ni mauvais en soi. Et je suis persuadée que les façons de relationner de s’aimer et de faire du sexe, notamment via cette application, racontent beaucoup de la relation des pédés à eux mêmes.    
Thibault Lambert a 29 ans, il est journaliste. Grindr l'accompagne depuis les débuts de sa vie sexuelle, à 17 ans. Dans Ce que Grindr a fait de nous (JC Lattès), il mêle son parcours intime à d'autres voix pour comprendre ce que l'application a vraiment changé aux rencontres gays. Il est notre invité cette semaine. 

    
        
        
    


    L'équipe de l'émission
    
Présentation : Lucie 
Réalisation : Colin Gruel 
Musique de fin : "Boyz", de Charli XCX, remixé par Baby B 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 07 Feb 2025 02:00:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-sexualite-gay-grindr-a-2025-02-07-tDvyOBde.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-sexualite-gay-grindr-a-2025-02-07-tDvyOBde.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/ojlk-lhebdo-plan-cho-no-blabla-et-si-on-parlait-de-grindr</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-oGlzX8cpye.jpg"/></item><item><title>Juliet Drouar : un regard queer à hauteur d'enfant</title><description><![CDATA[
    Dans son premier roman &quot;Cui-cui&quot; (Seuil), l&#039;auteur trans Juliet Drouar se glisse dans la peau d&#039;un adolescent queer victime d&#039;inceste.
    

    
        
            « J&#039;entends mon père monter. Boule dans l&#039;estomac. Envie de me chier dessus. Les bruits feutrés de ses pas dans l&#039;escalier. Au bout du couloir la porte de sa chambre s&#039;ouvre. Se ferme. Plus rien. Peur. Excitation dans le bas-ventre. Non, non, non. Nausée. Coincée au fond de la bouche. Les dents du font qui baignent, comme il dit. Je pense plus qu&#039;à ça. Je onte le son dans mes écouteurs. Encore plus fort. [...] Envie d&#039;y aller. Non. Si, je me vois me lever., aller dans sa chambre. Excitation, beurk. Non. Je me lève. J&#039;ouvre la porte ? J&#039;ai ouvert ma porte. Non. Trop tard, il a entendu, j&#039;ai ouvert la porte. Somnabulisme. Cut. »
        
        
            Juliet Drouar, Cui-Cui
        
    

Dans un premier roman à couper le souffle, Juliet Drouar raconte l&#039;inceste et les traces qu&#039;il laisse sur le corps de son personnage, et propose un récit en forme de manifeste pour les droits des enfants. Ces enfants qui prennent de plus en plus de place dans les réflexions queers aujourd&#039;hui. Quels sont les liens entre les luttes queers et les luttes contre l&#039;&quot;adultisme&quot;, la domination des enfants par les adultes ? 

    Maddy Street, étoile montante de la scène queer
    
En deuxième partie d&#039;émission, nous recevons Maddy Street, à l&#039;occasion de son passage à la Boule Noire le 12 février ! Iel vient nous parler de son dernier EP, Heart choices, où iel affirme son style, tout en refusant de se conformer à un seul genre musical. 
Rendez-vous aussi le 15 février au Trabendo pour le concert de la Queerale 
]]></description><itunes:summary>
    Dans son premier roman "Cui-cui" (Seuil), l'auteur trans Juliet Drouar se glisse dans la peau d'un adolescent queer victime d'inceste.
    

    
        
            « J'entends mon père monter. Boule dans l'estomac. Envie de me chier dessus. Les bruits feutrés de ses pas dans l'escalier. Au bout du couloir la porte de sa chambre s'ouvre. Se ferme. Plus rien. Peur. Excitation dans le bas-ventre. Non, non, non. Nausée. Coincée au fond de la bouche. Les dents du font qui baignent, comme il dit. Je pense plus qu'à ça. Je onte le son dans mes écouteurs. Encore plus fort. [...] Envie d'y aller. Non. Si, je me vois me lever., aller dans sa chambre. Excitation, beurk. Non. Je me lève. J'ouvre la porte ? J'ai ouvert ma porte. Non. Trop tard, il a entendu, j'ai ouvert la porte. Somnabulisme. Cut. »
        
        
            Juliet Drouar, Cui-Cui
        
    

Dans un premier roman à couper le souffle, Juliet Drouar raconte l'inceste et les traces qu'il laisse sur le corps de son personnage, et propose un récit en forme de manifeste pour les droits des enfants. Ces enfants qui prennent de plus en plus de place dans les réflexions queers aujourd'hui. Quels sont les liens entre les luttes queers et les luttes contre l'"adultisme", la domination des enfants par les adultes ? 

    Maddy Street, étoile montante de la scène queer
    
En deuxième partie d'émission, nous recevons Maddy Street, à l'occasion de son passage à la Boule Noire le 12 février ! Iel vient nous parler de son dernier EP, Heart choices, où iel affirme son style, tout en refusant de se conformer à un seul genre musical. 
Rendez-vous aussi le 15 février au Trabendo pour le concert de la Queerale 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 04 Feb 2025 22:10:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/juliet-drouar-un-regard-queer-a-h-2025-02-04-fzxWRbEY.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/juliet-drouar-un-regard-queer-a-h-2025-02-04-fzxWRbEY.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/1GNG-juliet-drouar-un-regard-queer-a-hauteur-denfant</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-dpreStjpAv.jpg"/></item><item><title>L'HEBDO — "Nucléaires" : l'exposition explosive sur les parentalités queers</title><description><![CDATA[
    Hier s&#039;est ouverte au DOC (19e arrondissement) l&#039;exposition &quot;Nucléaires&quot;, qui raconte en photo l&#039;histoire des parentalités queers.
    
Lorsqu’on est queer, on s’est souvent vu refuser le droit de faire famille comme les autres. Que ce soit par des coming-out qui ont déchiré notre propre tissu familial, des lois limitant ou même interdisant l’accès à la procréation hors du sacro-saint couple hétéro-cisgenre, ou encore des siècles d’invisibilisation de nos identités, si bien que faire famille “queer” ne viendrait même pas à l’idée de certain.e.s, tant ces notions semblent lointaines, voire impossible à s’approprier.  
Et pourtant, si penser une famille queer semble vertigineux, c’est aussi car on fait face au champ de possibles, hors de la famille nucléaire maman papa les enfants et le labrador. Ces modèles familiaux queers ont été invisibilisés, sont restés trop longtemps dans l’impensable, si j’étais un peu taquin je dirais même trans-parent. 

    Nous en parlons avec les deux commissaires de l&#039;exposition
    
Lisa Durand, mère et lesbienne, est à l’initiative du compte Instagram Matergouinité. Il rassemble des réflexions sur les parentalités queer et travaille à leur visibilité. Graphiste et développeuse, elle a organisé un événement consacré au design graphique et à l’édition indépendante à la Gaité Lyrique (Papier Brûlant, 2017), et fait partie de l’association et de l’équipe de foot les Dégommeuses. 
Lucile Dumont est éditrice et chercheuse en sciences sociales. Elle a pris part à plusieurs aventures éditoriales, contribue à la presse indépendante et s’investit dans l’organisation d’événements culturels et militants, autour de la littérature ou du sport (Traduire les pensées féministes et lesbiennes, SLAP Festival, 2023; Le sport, aux antipodes du queer?, Centre Pompidou, 2024). Dernièrement, elle a rédigé la postface du recueil de poésie de Dorothy Allison Les femmes qui me détestent (Hystériques &amp;amp; AssociéEs, 2024). Elle est également membre des Dégommeuses. 

    L&#039;équipe de l&#039;émission
    
Présentation : Mal Landru 
Réalisation : Colin Gruel 
]]></description><itunes:summary>
    Hier s'est ouverte au DOC (19e arrondissement) l'exposition "Nucléaires", qui raconte en photo l'histoire des parentalités queers.
    
Lorsqu’on est queer, on s’est souvent vu refuser le droit de faire famille comme les autres. Que ce soit par des coming-out qui ont déchiré notre propre tissu familial, des lois limitant ou même interdisant l’accès à la procréation hors du sacro-saint couple hétéro-cisgenre, ou encore des siècles d’invisibilisation de nos identités, si bien que faire famille “queer” ne viendrait même pas à l’idée de certain.e.s, tant ces notions semblent lointaines, voire impossible à s’approprier.  
Et pourtant, si penser une famille queer semble vertigineux, c’est aussi car on fait face au champ de possibles, hors de la famille nucléaire maman papa les enfants et le labrador. Ces modèles familiaux queers ont été invisibilisés, sont restés trop longtemps dans l’impensable, si j’étais un peu taquin je dirais même trans-parent. 

    Nous en parlons avec les deux commissaires de l'exposition
    
Lisa Durand, mère et lesbienne, est à l’initiative du compte Instagram Matergouinité. Il rassemble des réflexions sur les parentalités queer et travaille à leur visibilité. Graphiste et développeuse, elle a organisé un événement consacré au design graphique et à l’édition indépendante à la Gaité Lyrique (Papier Brûlant, 2017), et fait partie de l’association et de l’équipe de foot les Dégommeuses. 
Lucile Dumont est éditrice et chercheuse en sciences sociales. Elle a pris part à plusieurs aventures éditoriales, contribue à la presse indépendante et s’investit dans l’organisation d’événements culturels et militants, autour de la littérature ou du sport (Traduire les pensées féministes et lesbiennes, SLAP Festival, 2023; Le sport, aux antipodes du queer?, Centre Pompidou, 2024). Dernièrement, elle a rédigé la postface du recueil de poésie de Dorothy Allison Les femmes qui me détestent (Hystériques &amp;amp; AssociéEs, 2024). Elle est également membre des Dégommeuses. 

    L'équipe de l'émission
    
Présentation : Mal Landru 
Réalisation : Colin Gruel 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 31 Jan 2025 02:20:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-nucleaires-lexpositi-2025-01-31-2FjicOZC.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-nucleaires-lexpositi-2025-01-31-2FjicOZC.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/Zzn8-lhebdo-nucleaires-lexposition-explosive-sur-les-parentalites-queers</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-OZE6x8ZQfn.jpg"/></item><item><title>SPECIAL NOËL — Un Noël queer est-il possible ? Avec Mamari</title><description><![CDATA[
    Cette semaine, épisode spécial en compagnie de l&#039;humoriste Mamari, qui joue son spectacle &quot;Trop drôle pour mourir&quot; le 24 décembre au Théâtre République.
    
]]></description><itunes:summary>
    Cette semaine, épisode spécial en compagnie de l'humoriste Mamari, qui joue son spectacle "Trop drôle pour mourir" le 24 décembre au Théâtre République.
    
</itunes:summary><pubDate>Fri, 13 Dec 2024 01:30:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-un-noel-queer-est-possibl-2024-12-13-QulOHWib.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-un-noel-queer-est-possibl-2024-12-13-QulOHWib.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/ngVD-special-noel-un-noel-queer-est-il-possible-avec-mamari</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-tik6783M8m.jpg"/></item><item><title>Léa Michaëlis célèbre les amours lesbiennes en photo</title><description><![CDATA[
    Dans son dernier ouvrage &quot;Sapphic Lovers&quot;, la photographe Léa Michaëlis tire le portrait d&#039;une quarantaine de couples lesbiens.
    
Photographier des couples lesbiens dans leur intimité. C’est le projet d’un recueil de photographie qui paraît ces jours-ci, Sapphic Lovers et autres histoires d’amours lesbiennes. 
Léa Michaëlis a parcouru la France pour rencontrer une quarantaine de couples, dont elle a voulu immortaliser les histoires, et ce faisant, créer de l’archive queer. Ou, comme elle le dit elle même, “documenter les amours saphiques pour garder trace de nos existences”. 
En seconde partie d&#039;émission, place à l&#039;agenda, et coup de projecteur sur un atelier d&#039;initiation au shibari qui aura lieu à la Mutinerie ce samedi 14 décembre ! On sera avec Ana et Aël, qui organisent cet atelier. 
Tout le programme de la Mutinerie est à retrouver ici : https://www.lamutinerie.eu/programme 


    L&#039;équipe de l&#039;émission
    
Présentation : Colin Gruel 
Réalisation : Suzanne Saint-Cast 
Chroniques : Cha, Mal et Juliette 
Interview : Zoé et Antonella 
Programmation musicale : &quot;Gos musclées&quot;, de Rebeka Warrior ; &quot;Partout&quot;, de Laura Cahen 
]]></description><itunes:summary>
    Dans son dernier ouvrage "Sapphic Lovers", la photographe Léa Michaëlis tire le portrait d'une quarantaine de couples lesbiens.
    
Photographier des couples lesbiens dans leur intimité. C’est le projet d’un recueil de photographie qui paraît ces jours-ci, Sapphic Lovers et autres histoires d’amours lesbiennes. 
Léa Michaëlis a parcouru la France pour rencontrer une quarantaine de couples, dont elle a voulu immortaliser les histoires, et ce faisant, créer de l’archive queer. Ou, comme elle le dit elle même, “documenter les amours saphiques pour garder trace de nos existences”. 
En seconde partie d'émission, place à l'agenda, et coup de projecteur sur un atelier d'initiation au shibari qui aura lieu à la Mutinerie ce samedi 14 décembre ! On sera avec Ana et Aël, qui organisent cet atelier. 
Tout le programme de la Mutinerie est à retrouver ici : https://www.lamutinerie.eu/programme 


    L'équipe de l'émission
    
Présentation : Colin Gruel 
Réalisation : Suzanne Saint-Cast 
Chroniques : Cha, Mal et Juliette 
Interview : Zoé et Antonella 
Programmation musicale : "Gos musclées", de Rebeka Warrior ; "Partout", de Laura Cahen 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 10 Dec 2024 19:00:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lea-michaelis-celebre-les-amours-le-2024-12-10-2ngQOMmp.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lea-michaelis-celebre-les-amours-le-2024-12-10-2ngQOMmp.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/3y0n-lea-michaelis-celebre-les-amours-lesbiennes-en-photo</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-LXRkuJZGof.jpg"/></item><item><title>L'HEBDO — Chemsex : stopper l'épidémie</title><description><![CDATA[
    Quelques jours après la journée internationale de lutte contre le VIH/Sida, on s&#039;intéresse au chemsex, une pratique répandue dans la communauté gay, et même désormais au-delà.
    
Chem sex c’est contraction de chemistry sous entendu drogues et de sexe. C’est donc du sexe sous l’emprise de drogues.   
J’ai passé en revue dans mon esprit les films où je me disais, peut-être qu’il y a une représentation de chem sex. dans 120 battements par minute, dans la série it’s a sin, dans les films de xavier dolan ?  
Je me suis rendue compte de deux choses. Que c’est pas si évident d’en trouver en tout cas où on parle explicitement de cette pratique. Et aussi que dans mon imaginaire, comme dans celui de beaucoup de gens, c’est lié à la communauté queer et surtout au milieu des hommes gays.  
Ces derniers temps, selon le médecin Thibaut Jedrzejewski, le chemsex est &quot;en train de devenir une épidémie&quot;. 
Pour en parler, nous recevons Sébastien Quenu, président de l&#039;association Chems Pause. 
L&#039;association organise des groupes de paroles : 
- entre consommateurs.rices tous les vendredis de 19h à 21h30 à la Bulle (22 rue Malher, dans le 4e arrondissement de Paris). 
- et un premier groupe de parole mixte avec pair-aidant·es le dimanche 15 décembre de 18h30 à 21h au même endroit 


    L&#039;équipe de l&#039;émission
    
Présentation : Antonella Francini 
Réalisation : Colin Gruel 
Musique de fin : Bikeuse amoureuse, extrait de la bande-originale des &quot;Reines du drame&quot; 
]]></description><itunes:summary>
    Quelques jours après la journée internationale de lutte contre le VIH/Sida, on s'intéresse au chemsex, une pratique répandue dans la communauté gay, et même désormais au-delà.
    
Chem sex c’est contraction de chemistry sous entendu drogues et de sexe. C’est donc du sexe sous l’emprise de drogues.   
J’ai passé en revue dans mon esprit les films où je me disais, peut-être qu’il y a une représentation de chem sex. dans 120 battements par minute, dans la série it’s a sin, dans les films de xavier dolan ?  
Je me suis rendue compte de deux choses. Que c’est pas si évident d’en trouver en tout cas où on parle explicitement de cette pratique. Et aussi que dans mon imaginaire, comme dans celui de beaucoup de gens, c’est lié à la communauté queer et surtout au milieu des hommes gays.  
Ces derniers temps, selon le médecin Thibaut Jedrzejewski, le chemsex est "en train de devenir une épidémie". 
Pour en parler, nous recevons Sébastien Quenu, président de l'association Chems Pause. 
L'association organise des groupes de paroles : 
- entre consommateurs.rices tous les vendredis de 19h à 21h30 à la Bulle (22 rue Malher, dans le 4e arrondissement de Paris). 
- et un premier groupe de parole mixte avec pair-aidant·es le dimanche 15 décembre de 18h30 à 21h au même endroit 


    L'équipe de l'émission
    
Présentation : Antonella Francini 
Réalisation : Colin Gruel 
Musique de fin : Bikeuse amoureuse, extrait de la bande-originale des "Reines du drame" 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 06 Dec 2024 01:00:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-chemsex-lautre-epidemi-2024-12-03-E2sbpR0e.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-chemsex-lautre-epidemi-2024-12-03-E2sbpR0e.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/wK8m-lhebdo-chemsex-stopper-lepidemie</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-Tx9QEGpVNH.jpg"/></item><item><title>L'HEBDO — Dans les coulisses des « Reines du drame », avec Alexis Langlois</title><description><![CDATA[
    Cette semaine sort « Les Reines du drame », le mélodrame musical queer d&#039;Alexis Langlois. Une histoire d&#039;amour impossible, entre esthétique y2k et camp.
    
Présenté à la Semaine de la critique à Cannes, Les Reines du drame raconte l’histoire d’amour passionnée de Mimi et Billie, deux stars que tout oppose. La première est une diva pop formatée par un télécrochet, la seconde, une icône punk féministe.  
Dans ce film haut en couleurs et très référencé qui nous ramène aux années 2000, (pour le meilleur et pour le pire), nous sommes guidés par une youtubeuse ultrabotoxée, Steevie Shady, la “plus grosse bitch des internets”, interprétée bien sûr par Bilal Hassani.  
Si à tout cela on ajoute des musiques originales signées Rebeka Warrior et Yelle, forcément ça donne une fable musicale résolument camp et irrémédiablement queer. Comme un petit cadeau pour notre communauté, un bonbon aussi sucré qu’un tube pop des années 2000. 
Alexis Langlois, réalisateurice des Reines du drame, est notre invité·e cette semaine. 

    
        
        
    


L&#039;équipe de l&#039;émission 
Présentation : Juliette Mouëllic 
Réalisation : Colin Gruel 
]]></description><itunes:summary>
    Cette semaine sort « Les Reines du drame », le mélodrame musical queer d'Alexis Langlois. Une histoire d'amour impossible, entre esthétique y2k et camp.
    
Présenté à la Semaine de la critique à Cannes, Les Reines du drame raconte l’histoire d’amour passionnée de Mimi et Billie, deux stars que tout oppose. La première est une diva pop formatée par un télécrochet, la seconde, une icône punk féministe.  
Dans ce film haut en couleurs et très référencé qui nous ramène aux années 2000, (pour le meilleur et pour le pire), nous sommes guidés par une youtubeuse ultrabotoxée, Steevie Shady, la “plus grosse bitch des internets”, interprétée bien sûr par Bilal Hassani.  
Si à tout cela on ajoute des musiques originales signées Rebeka Warrior et Yelle, forcément ça donne une fable musicale résolument camp et irrémédiablement queer. Comme un petit cadeau pour notre communauté, un bonbon aussi sucré qu’un tube pop des années 2000. 
Alexis Langlois, réalisateurice des Reines du drame, est notre invité·e cette semaine. 

    
        
        
    


L'équipe de l'émission 
Présentation : Juliette Mouëllic 
Réalisation : Colin Gruel 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 29 Nov 2024 01:10:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-dans-les-coulisses-des-2024-11-29-j5YIjNK7.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-dans-les-coulisses-des-2024-11-29-j5YIjNK7.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/DQrY-lhebdo-dans-les-coulisses-des-reines-du-drame-avec-alexis-langlois</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-DuwuTQOH8L.jpg"/></item><item><title>L'HEBDO — Autodéfense : Quand les tap€ttes tapent fort</title><description><![CDATA[
    Cette semaine, alors que de graves agressions homophobes ont été mises en lumière, on se demande comment se défendre. Notre invité.e organise des ateliers d&#039;autodéfense à destination des hommes gays, cis ou trans.
    
Il y a une dizaine d&#039;années, tard dans la nuit, je rentrais chez moi après une soirée passée chez des copines. J&#039;étais un peu ivre, je traversais la ville tranquille, et au détour d&#039;une rue, un groupe d&#039;une dizaine de mecs au loin, a commencé à m&#039;insulter en se rapprochant de moi. J&#039;ai eu très peur parce que j&#039;avais entendu dire que, contrairement à ce qu&#039;on a l&#039;habitude de dire, la meilleure défense, c&#039;est pas l&#039;attaque, la meilleure défense, c&#039;est la fuite. Et le 3x500, dans le froid à trois heures du mat, je le sentais pas. 
À mesure que leurs cris devenaient de plus en plus menaçants, je ne sais pas ce qui s&#039;est passé en moi, mais j&#039;ai aboyé. J&#039;ai aboyé très fort dans leur direction pendant quelques minutes. Et ils étaient tellement surpris qu&#039;ils ont arrêté tout de suite. 
Cette histoire, elle me fait rire parce que c&#039;est la grosse chiennasse qu&#039;ils invoquaient à mon passage, qui a pris possession de mon corps ce soir-là et qui m&#039;a défendue contre eux.  
Bon, en attendant, malheureusement des histoires d&#039;agressions physiques qui se terminent mal, c&#039;est partout, tout le temps. Le compte Instagram &quot;le coin des LGBT&quot; recensait d&#039;ailleurs récemment les trois meurtres et tentatives de meurtre contre des hommes gays qui ont eu lieu en France en l&#039;espace d&#039;une semaine au début du mois de novembre.  
Je suis une gouine entourée de pédés, et les côtoyer, c’est aussi côtoyer des récits beaucoup trop nombreux de sales regards, d’insultes, de crachats et de coups. À chaque fois, ça me retourne le bide, à chaque fois, j’enrage. 
Notre invité.e, Dal Chibane, est formé.e à divers arts martiaux. Iel travaille depuis une dizaine d&#039;années à la transmission et l&#039;apprentissage de l&#039;autodéfense féministe à travers des ateliers. 

Venez assister au cours d&#039;autodéfense de Dal ce dimanche 24 novembre, Chez Olympe &amp;gt; https://www.helloasso.com/associations/friction-magazine/evenements/atelier-d-autodefense 
Un atelier organisé par Friction Magazine ! 


    L&#039;équipe de l&#039;émission
    
Présentation : Lucie Robert-Bouvet 
Réalisation : Colin Gruel 
]]></description><itunes:summary>
    Cette semaine, alors que de graves agressions homophobes ont été mises en lumière, on se demande comment se défendre. Notre invité.e organise des ateliers d'autodéfense à destination des hommes gays, cis ou trans.
    
Il y a une dizaine d'années, tard dans la nuit, je rentrais chez moi après une soirée passée chez des copines. J'étais un peu ivre, je traversais la ville tranquille, et au détour d'une rue, un groupe d'une dizaine de mecs au loin, a commencé à m'insulter en se rapprochant de moi. J'ai eu très peur parce que j'avais entendu dire que, contrairement à ce qu'on a l'habitude de dire, la meilleure défense, c'est pas l'attaque, la meilleure défense, c'est la fuite. Et le 3x500, dans le froid à trois heures du mat, je le sentais pas. 
À mesure que leurs cris devenaient de plus en plus menaçants, je ne sais pas ce qui s'est passé en moi, mais j'ai aboyé. J'ai aboyé très fort dans leur direction pendant quelques minutes. Et ils étaient tellement surpris qu'ils ont arrêté tout de suite. 
Cette histoire, elle me fait rire parce que c'est la grosse chiennasse qu'ils invoquaient à mon passage, qui a pris possession de mon corps ce soir-là et qui m'a défendue contre eux.  
Bon, en attendant, malheureusement des histoires d'agressions physiques qui se terminent mal, c'est partout, tout le temps. Le compte Instagram "le coin des LGBT" recensait d'ailleurs récemment les trois meurtres et tentatives de meurtre contre des hommes gays qui ont eu lieu en France en l'espace d'une semaine au début du mois de novembre.  
Je suis une gouine entourée de pédés, et les côtoyer, c’est aussi côtoyer des récits beaucoup trop nombreux de sales regards, d’insultes, de crachats et de coups. À chaque fois, ça me retourne le bide, à chaque fois, j’enrage. 
Notre invité.e, Dal Chibane, est formé.e à divers arts martiaux. Iel travaille depuis une dizaine d'années à la transmission et l'apprentissage de l'autodéfense féministe à travers des ateliers. 

Venez assister au cours d'autodéfense de Dal ce dimanche 24 novembre, Chez Olympe &amp;gt; https://www.helloasso.com/associations/friction-magazine/evenements/atelier-d-autodefense 
Un atelier organisé par Friction Magazine ! 


    L'équipe de l'émission
    
Présentation : Lucie Robert-Bouvet 
Réalisation : Colin Gruel 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 22 Nov 2024 02:20:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-autodefense-quand-les-p-2024-11-22-7sZghnSg.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-autodefense-quand-les-p-2024-11-22-7sZghnSg.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/krgx-lhebdo-autodefense-quand-les-tapeurttes-tapent-fort</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-zWVG7YIugT.jpg"/></item><item><title>L'HEBDO — Séries, cinéma : les LGBT+ crêvent-iels enfin l'écran ?</title><description><![CDATA[
    Cette semaine, nous avons rendez-vous avec Maxime Donzel, qui publie &quot;Pride &amp;amp; Pop corn&quot; aux éditions FIRST.
    
J’ai toujours aimé le cinéma et attendu des films qu’ils me changent en profondeur. Adolescente, j’ai cherché partout des personnages dans lesquels me retrouver, des romances où m’imaginer, j’ai cherché des modèles en dehors de l’hétérosexualité.  
J’ai eu le sentiment de grandir sans représentation, alors quelle était ma joie dès que je trouvais un personnage lesbien, quelle fut mon euphorie en découvrant The L Word, ou le drôlissime But I’m a Cheerleader. J’avais le sentiment de ne plus être seule et d’accéder à une nouvelle communauté imaginaire.  
Et en rencontrant des personnes queers, j’ai eu le sentiment qu’à travers cette culture partagée émergeait un Nous. Les personnages et films queers sont essentiels pour grandir et s’inventer autrement dans une société hétéronormée. 
Et pour en parler, j’ai la joie de recevoir Maxime Donzel pour son livre Pride et pop-corn, sorti le 10 octobre 2024 aux éditions FIRST 

    
        
        
    



    L&#039;équipe de l&#039;émission
    
Présentation : Lisa Woisselin 
Réalisation : Colin Gruel 
Musique de fin : Goodluck Babe!, Chappell Roan 
]]></description><itunes:summary>
    Cette semaine, nous avons rendez-vous avec Maxime Donzel, qui publie "Pride &amp;amp; Pop corn" aux éditions FIRST.
    
J’ai toujours aimé le cinéma et attendu des films qu’ils me changent en profondeur. Adolescente, j’ai cherché partout des personnages dans lesquels me retrouver, des romances où m’imaginer, j’ai cherché des modèles en dehors de l’hétérosexualité.  
J’ai eu le sentiment de grandir sans représentation, alors quelle était ma joie dès que je trouvais un personnage lesbien, quelle fut mon euphorie en découvrant The L Word, ou le drôlissime But I’m a Cheerleader. J’avais le sentiment de ne plus être seule et d’accéder à une nouvelle communauté imaginaire.  
Et en rencontrant des personnes queers, j’ai eu le sentiment qu’à travers cette culture partagée émergeait un Nous. Les personnages et films queers sont essentiels pour grandir et s’inventer autrement dans une société hétéronormée. 
Et pour en parler, j’ai la joie de recevoir Maxime Donzel pour son livre Pride et pop-corn, sorti le 10 octobre 2024 aux éditions FIRST 

    
        
        
    



    L'équipe de l'émission
    
Présentation : Lisa Woisselin 
Réalisation : Colin Gruel 
Musique de fin : Goodluck Babe!, Chappell Roan 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 15 Nov 2024 02:10:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-pop-culture-ou-sont-les-2024-11-15-9u3iI7wA.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-pop-culture-ou-sont-les-2024-11-15-9u3iI7wA.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/PzGz-lhebdo-series-cinema-les-lgbt-crevent-iels-enfin-lecran</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-0shnhiFsjv.jpg"/></item><item><title>"Gou!nes" : une célébration de la diversité des identités lesbiennes</title><description><![CDATA[
    Après &quot;Péd3s&quot; publié en 2023, la collection Féministe des éditions Points récidive avec un nouvel ouvrage collectif consacré aux lesbiennes.
    
Elles sont huit à signer un texte dans &quot;Gou!nes&quot;, le nouvel ouvrage collectif des éditions Points. Elles sont autrices, journalistes, traductrices, artistes et racontent leur lesbianisme : comment elles l&#039;ont découvert, comment elles se le sont approprié. Huit itinéraires gouins uniques qui conjugent l&#039;homosexualité féminine au pluriel.  
On rit avec Marie Kirschen qui se demande pourquoi les lesbiennes sont toujours copines avec leur ex. On interroge nos privilèges avec Amandine Agic qui regrette que la lutte des classes ait été évacuée des luttes queers. On panse aussi les plaies laissées par l&#039;hétérosexualité obligatoire et l&#039;homophobie (intériorisée). 
Maëlle Le Corre, qui a coordonné l&#039;ouvrage, et Amandine Agic, qui y signe un texte, sont nos invitées ce soir. 

    
        
        
    

En seconde partie d&#039;émission, nous accueillons Grégory Tilhac, directeur artistique du festival Chéries-Chéris, qui fête ses 30 ans cette année. 70 films queers internationaux sont projetés dans les cinémas mk2 du 15 au 24 novembre.  
Dans l&#039;actualité, on file à New York, une semaine après la victoire de Donald Trump. Le journaliste trans Hanneli Victoire, qui s&#039;est expatrié là-bas, nous raconte comment la communauté LGBT+ a réagi à la large défaite de Kamala Harris, qui annonce 4 années difficiles. 
Côté chronique, Antonella se livre comme toujours sur sa trépidante vie amoureuse, et Cha s&#039;émeut du résultat des élections états-uniennes. 


    L&#039;équipe de l&#039;émission
    
Présentation : Colin 
Interviews : Mal et Éléa 
Chroniques : Antonella et Cha 
Réalisation : Suzanne 
]]></description><itunes:summary>
    Après "Péd3s" publié en 2023, la collection Féministe des éditions Points récidive avec un nouvel ouvrage collectif consacré aux lesbiennes.
    
Elles sont huit à signer un texte dans "Gou!nes", le nouvel ouvrage collectif des éditions Points. Elles sont autrices, journalistes, traductrices, artistes et racontent leur lesbianisme : comment elles l'ont découvert, comment elles se le sont approprié. Huit itinéraires gouins uniques qui conjugent l'homosexualité féminine au pluriel.  
On rit avec Marie Kirschen qui se demande pourquoi les lesbiennes sont toujours copines avec leur ex. On interroge nos privilèges avec Amandine Agic qui regrette que la lutte des classes ait été évacuée des luttes queers. On panse aussi les plaies laissées par l'hétérosexualité obligatoire et l'homophobie (intériorisée). 
Maëlle Le Corre, qui a coordonné l'ouvrage, et Amandine Agic, qui y signe un texte, sont nos invitées ce soir. 

    
        
        
    

En seconde partie d'émission, nous accueillons Grégory Tilhac, directeur artistique du festival Chéries-Chéris, qui fête ses 30 ans cette année. 70 films queers internationaux sont projetés dans les cinémas mk2 du 15 au 24 novembre.  
Dans l'actualité, on file à New York, une semaine après la victoire de Donald Trump. Le journaliste trans Hanneli Victoire, qui s'est expatrié là-bas, nous raconte comment la communauté LGBT+ a réagi à la large défaite de Kamala Harris, qui annonce 4 années difficiles. 
Côté chronique, Antonella se livre comme toujours sur sa trépidante vie amoureuse, et Cha s'émeut du résultat des élections états-uniennes. 


    L'équipe de l'émission
    
Présentation : Colin 
Interviews : Mal et Éléa 
Chroniques : Antonella et Cha 
Réalisation : Suzanne 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 12 Nov 2024 20:00:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/gounes-une-celebration-de-la-d-2024-11-12-t4NvUbQT.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/gounes-une-celebration-de-la-d-2024-11-12-t4NvUbQT.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/LvGg-gounes-une-celebration-de-la-diversite-des-identites-lesbiennes</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-ELRsg70iM0.jpg"/></item><item><title>L'HEBDO — Peut-on encore imaginer une école féministe ?</title><description><![CDATA[
    À l&#039;occasion de la semaine du harcèlement scolaire, nous recevons Emi Heddache, ancienne CPE qui a quitté l&#039;Éducation Nationale. Dans une brillante conférence gesticulée, elle raconte son parcours du combattant pour changer l&#039;école de l&#039;intérieur. Spoiler : elle a jeté l&#039;éponge.
    
Entrée à l&#039;Éducation Nationale en 2008 comme surveillante, Emi Heddache devient quelques temps plus tard CPE. Entre temps, elle est aussi devenue parente, et par la même occasion, elle a chopé le virus du féminisme. Quelques années plus tard, elle fera son coming-out lesbien. 
Mais en attendant, depuis son bureau, elle voit tout : les collégiennes à qui on reproche de ne pas avoir une tenue correcte, les jeunes queers en devenir qui, comme elle avant elleux, sont harcelé.e.s à la récréation, les stéréotypes de genre qui se renforcent pendant et entre les cours, les violences psychologiques, physiques, sexuelles aussi parfois que les élèves s&#039;infligent. Et elle ne fait pas qu&#039;assister passivement à tout ça : elle décide d&#039;agir. 
Mais elle se rend vite compte que l&#039;école est une vieille machine conservatrice, très difficile à changer de l&#039;intérieur. Il y a deux ans, Émi a donc quitté l&#039;Éducation Nationale, essorée aussi par la baisse continue des moyens. 
Tout cela, elle le raconte dans une conférence gesticulée, Rébellion d&#039;une CPE,  découvrir ce samedi à 17h30 à la Station - Gare des Mines : https://www.helloasso.com/associations/queer-education/evenements/conference-gesticulee-rebellion-d-une-cpe-par-emi-heddache 


    Références citées dans l&#039;émission
    
— Gabrielle Richard, Hétéro, l&#039;école ?, Éditions du remue-ménage. Réécoutez Gabrielle Richard dans notre précédente émission consacrée au harcèlement scolaire : https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/79j8-lhebdo-harcelement-scolaire-comment-rendre-lecole-plus-sure-pour-les-lgbt 
— Édith Maruéjouls, Faire je(u) égal, Éditions double-ponctuation 
— Sylvie Ayral, La fabrique des garçons, Presses universitaires de France 
Musique de fin : Trop bonne, trop conne, par Louise Bsx, extrait de son EP qui sort ce vendredi. 
]]></description><itunes:summary>
    À l'occasion de la semaine du harcèlement scolaire, nous recevons Emi Heddache, ancienne CPE qui a quitté l'Éducation Nationale. Dans une brillante conférence gesticulée, elle raconte son parcours du combattant pour changer l'école de l'intérieur. Spoiler : elle a jeté l'éponge.
    
Entrée à l'Éducation Nationale en 2008 comme surveillante, Emi Heddache devient quelques temps plus tard CPE. Entre temps, elle est aussi devenue parente, et par la même occasion, elle a chopé le virus du féminisme. Quelques années plus tard, elle fera son coming-out lesbien. 
Mais en attendant, depuis son bureau, elle voit tout : les collégiennes à qui on reproche de ne pas avoir une tenue correcte, les jeunes queers en devenir qui, comme elle avant elleux, sont harcelé.e.s à la récréation, les stéréotypes de genre qui se renforcent pendant et entre les cours, les violences psychologiques, physiques, sexuelles aussi parfois que les élèves s'infligent. Et elle ne fait pas qu'assister passivement à tout ça : elle décide d'agir. 
Mais elle se rend vite compte que l'école est une vieille machine conservatrice, très difficile à changer de l'intérieur. Il y a deux ans, Émi a donc quitté l'Éducation Nationale, essorée aussi par la baisse continue des moyens. 
Tout cela, elle le raconte dans une conférence gesticulée, Rébellion d'une CPE,  découvrir ce samedi à 17h30 à la Station - Gare des Mines : https://www.helloasso.com/associations/queer-education/evenements/conference-gesticulee-rebellion-d-une-cpe-par-emi-heddache 


    Références citées dans l'émission
    
— Gabrielle Richard, Hétéro, l'école ?, Éditions du remue-ménage. Réécoutez Gabrielle Richard dans notre précédente émission consacrée au harcèlement scolaire : https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/79j8-lhebdo-harcelement-scolaire-comment-rendre-lecole-plus-sure-pour-les-lgbt 
— Édith Maruéjouls, Faire je(u) égal, Éditions double-ponctuation 
— Sylvie Ayral, La fabrique des garçons, Presses universitaires de France 
Musique de fin : Trop bonne, trop conne, par Louise Bsx, extrait de son EP qui sort ce vendredi. 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 08 Nov 2024 04:30:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-peut-on-encore-imaginer-u-2024-11-08-Yve6iKfO.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-peut-on-encore-imaginer-u-2024-11-08-Yve6iKfO.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/krjx-lhebdo-peut-on-encore-imaginer-une-ecole-feministe</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-MVOuth6nFx.jpg"/></item><item><title>L'HEBDO — Élections américaines : la communauté queer retient son souffle</title><description><![CDATA[
    Cette semaine, avec l&#039;historien Anthony Castet, on s&#039;intéresse aux enjeux queers des élections américaines, qui auront lieu le mardi 5 novembre.
    
Le 5 novembre prochain, vous n’êtes pas sans savoir que les Etats-Unis auront un ou une nouvelle présidente. deux choix : Donald Trump à nouveau ou Kamala Harris. 
Selon Corentin Sellin, professeur, spécialiste des Etats-Unis, ce sera l’élection la plus serrée depuis 25 ans.  
En effet, Kamala Harris partirait approximativement avec un socle de 226 grands électeurs, ce qui signifie qu’elle doit en gagner 44 pour franchir la barre des 270 grands électeurs et être élue.  
Pour Donald Trump qui part lui avec un socle de 219 grands électeurs, il lui en faudrait 51 pour atteindre les 270. 
Dans un contexte où les lois transphobes se sont multipliés dans de nombreux États, et que Donald Trump renforce sa rhétorique LGBTphobe, on se demande quelles peuvent être les conséquences de l&#039;élection du candidat Républicain le 5 novembre prochain. 
Pour en parler, nous recevons Anthony Castet, maître de conférence à l’Université de Tours, docteur en études Nord-Américaines, spécialiste des questions historiques, politiques et juridiques liées aux identités LGBTQ+, et auteur La fabrique de l’égalité LGBTQ+ aux Etats-Unis (Presses Universitaires François Rabelais) 
Disclaimer : cet épisode a pu être enregistré grâce aux autorisations requises pour la participation de notre invité. 

Présente-nous les positions des deux candidats quant aux questions LGBT+ et aux droits LGBT qui leur sont accordés. 
Anthony Castet: On a deux candidats qui sont radicalement opposés sur le traitement d&#039;un groupe minoritaire. On a un parti républicain bien sûr, qui, fidèle à ses valeurs conservatrices, fidèle aux valeurs de la famille et plutôt reste plutôt hostile au progrès des droits des personnes LGBTQ+ aux États-Unis. Donc on va on en parlera probablement en détail, mais Trump, au cours de son mandat en tant que président des États-Unis, s&#039;est évertué finalement à mettre en place une politique extrêmement régressive pour attaquer les droits fondamentaux des personnes LGBTQ+ et plus particulièrement des personnes trans. On va on va probablement développer, mais pour mais.  
A titre d&#039;exemple, à peine Trump avait il prêté serment en 2017 que la page de la Maison Blanche consacrée aux personnes LGBT a été supprimée. Et puis, bien sûr, la décision la plus controversée de son premier mandat reste le rétablissement de l&#039;interdiction faite aux Américains transgenres de servir dans l&#039;armée américaine, alors que Barack Obama l&#039;avait suspendue en 2016. Et pour Camel Harris, alors? Pour Camel Harris, effectivement. Alors là, ce qui est intéressant, c&#039;est que oui, on a on a clairement une candidate qui est alliée du mouvement. Elle a reçu un soutien franc et massif du mouvement LGBTQ+. Hormis le Cabinet, cette association organisation gay conservatrice fidèle au parti républicain.  
Les électeurs LGBTQ+ ne sont pas à considérer comme appartenant à un bloc monolithique. Donc moi, ce que j&#039;ai envie de dire, c&#039;est que ce mouvement dans ce mouvement, diversité et dissension coexiste, même si clairement, une victoire de Donald Trump ne sera pas synonyme de progrès pour les droits de ces personnes et donc pour le mouvement LGBTQ+, évidemment. Faire élire Kamala Harris est une question de vie ou de mort, surtout pour les personnes trans.  
En quelle mesure Kamala Harris est-elle véritablement engagée sur les questions LGBT+ ? 
Anthony Castet: Harris est incontestablement une alliée du mouvement LGBTQ+. Elle se montre notamment au cours des Prides un peu partout dans le pays. Elle affiche clairement son soutien politique à ce mouvement. Et je dirais qu&#039;en tant que telle, c&#039;est une femme politique de conviction qui s&#039;est forgée une carrière avec, chevillée au corps la défense du droit comme ligne de mire. Mais je dirais qu&#039;elle est aussi capable de se remettre en question lorsqu&#039;elle a tort. Et elle a fait qu&#039;elle a fait des erreurs, notamment sur les questions d&#039;orientation sexuelle et d’identité de genre.  
Alors il faut savoir que, comme ministre de la Justice de Californie, on lui a reproché et on lui reproche encore sa fermeté sur la question de l&#039;incarcération des personnes de couleur et notamment des personnes trans noires. On lui a aussi, on a aussi critiqué ses prises de position contradictoires sur la peine de mort, ce qui a suscité quelques remous, pour ne pas dire l&#039;indignation, au sein du mouvement trans plus particulièrement. Mais je crois que, comme Harris a su entendre les critiques et elle a vraiment mené un travail de réflexion sur les préoccupations des populations les plus marginalisées du mouvement et a su se faire pardonner avec des gestes certes emblématiques, comme en s&#039;excusant publiquement, en faisant acte de contrition ou en indiquant aussi les pronoms par lesquels elle souhaitait être désignée lors d&#039;un discours à Los Angeles en 2019.  
Je dirais en tout cas que son action politique en faveur des personnes LGBTQ+ ne remonte pas à l&#039;élection de Joe Biden.  

    
        
            L&#039;élection de Joe Biden a provoqué une réaction de rejet dans les états trumpistes. Les législateurs fidèles à Trump ont utilisé la loi comme arme de destruction massive pour invisibiliser les personnes trans.
        
        
            Anthony Castet
        
    

Pendant le mandat de Joe Biden, on a vu se multiplier les propositions de loi transphobe dans de nombreux États américains. Est ce qu&#039;une potentielle élection de Kaminari pourrait changer la donne ? 
Pour être tout à fait honnête, absolument pas. Ce qu&#039;il faut savoir, c&#039;est qu&#039;aux États-Unis, on est sur un système fédéral. Donc il y a l&#039;État fédéral et vous avez les États fédérés. Et en fait, les États sont parfaitement libres d&#039;adopter les politiques qu&#039;ils entendent mener. S’ils décident de s’en prendre aux personnes trans, ils peuvent le faire facilement. Parce que les Républicains acquis à Donald Trump ont des majorités très claires dans plusieurs États, pour mener une guerre culturelle sans merci, sans états d&#039;âme contre les personnes LGBTQ+.  
Ceci étant, ce qu&#039;il faut savoir, c&#039;est qu&#039;en fait ces lois transphobes sont apparues juste après l&#039;élection de Joe Biden. L&#039;élection de Joe Biden a provoqué une réaction de rejet dans les états trumpistes. Ce que l&#039;on observe en fait, c&#039;est que les législateurs fidèles à Trump ont utilisé la loi comme arme de destruction massive pour invisibiliser les personnes trans en les entravant, par exemple dans les domaines de l&#039;accès à la santé et des soins qui, je le rappelle, visent à soutenir l&#039;autonomie de ces personnes dans leur parcours de transition ou d&#039;affirmation de genre dans l&#039;accès à l&#039;éducation. Et donc, au total, j&#039;ai regardé les derniers chiffres qui sont assez spectaculaires. Près de 1600 projets de loi ont été déposés dans différentes législatures d&#039;État depuis quatre ans. Entre 2022 et 2023, le nombre de projets de loi pénalisant les personnes trans a doublé. 
On a beaucoup entendu parler de la loi “Don’t say gay”. Ce texte était destiné à censurer les cours des enseignants et donc remettre en cause leur liberté académique pour tout ce qui concerne les questions autour de la race, l&#039;orientation sexuelle, l&#039;identité de genre et plus largement l&#039;histoire des personnes LGBT+. Ron DeSantis, l&#039;actuel gouverneur de Floride et qui a des prétentions présidentielles, livre une guerre culturelle sans états d&#039;âme contre les personnes LGBTQ+ et plus particulièrement les personnes trans ainsi que la culture drag.  
Donc je dresse un tableau un peu cataclysmique, mais je tiens à nuancer, parce qu’il ne faut pas douter un seul instant que ces nombreuses lois d’État ont pour la plupart été rejetées. Pour deux raisons : d&#039;abord parce que ces lois sont une atteinte manifeste à la liberté d&#039;expression qui est garantie par le Premier amendement ; et ensuite, parce que ces lois constituent également une privation de liberté pour les personnes LGBT+, notamment les personnes trans, ce qui pourrait remettre en cause leur constitutionnalité en vertu de l’égale protection des lois du 14ᵉ amendement, puisque ces lois stigmatisent une classe d&#039;individus.  
Est ce que tu peux expliquer et expliquer ce que c&#039;est que l’Equality Act, pour l’instant bloqué au Sénat par les Républicains ? Et est ce que c&#039;est vraiment quelque chose qui pourrait changer la donne pour les personnes LGBT ?  
Cette loi est fondamentale parce qu&#039;elle va protéger de la discrimination les personnes LGBTQ+. Mais moi je dis toujours qu&#039;une loi n&#039;est jamais invincible. C&#039;est-à-dire qu&#039;en fait on peut tout à fait ester en justice en contestant la loi face à la Cour Suprême. J&#039;ai des tas d&#039;exemples à citer où la Cour suprême a fini par juger que telle loi était inconstitutionnelle.  
Donc en fait, en termes d&#039;armes pour légiférer en faveur des droits LGBT, on a surtout le 14ᵉ amendement… 
Exactement. Essentiellement pour les deux raisons dont j&#039;ai évoqués précédemment. C’est cet amendement qui permet de défendre des libertés qui sont jugées fondamentales, comme le mariage et puis, bien sûr, l&#039;égale protection des lois : on s&#039;assure en fait que la loi s&#039;applique de manière uniforme à l&#039;ensemble des citoyennes et des citoyens.  
Prenons deux exemples. En 1996, la Cour Suprême adopte l’arrêt Romer v. Evans. En jeu : un amendement qui interdisait clairement la protection des personnes homosexuelles dans l&#039;État du Colorado. Et donc le juge Kennedy a estimé que cet amendement était contraire à la clause de l’égale protection des lois du 14ᵉ amendement.  
Autre exemple en 2003, avec l&#039;abrogation des lois anti sodomie. Ce qu&#039;il faut savoir, c&#039;est qu&#039;au départ ces lois s&#039;appliquaient de manière uniforme, peu importe votre orientation sexuelle. Et au début des années 70, l&#039;État du Texas a décidé de changer la loi pour ne viser que les personnes homosexuelles. Là encore, des juges de la Cour Suprême ont estimé qu’il y avait eu une atteinte claire et nette à l&#039;égale protection des lois du 14ᵉ amendement. Et donc les lois anti sodomie ont été jugées anticonstitutionnelles.  

    
        
            Les Américain·es LGBTQ+ ont subi de plein fouet une citoyenneté de seconde zone.
        
        
            Anthony Castet
        
    

La Cour Suprême a donc un rôle très important aux États-Unis, elle a permis des avancées, mais il y a aussi un risque de retour en arrière. On sait que Joe Biden avait en quelque sorte sanctuarisé le mariage pour tous grâce à une loi votée par le Congrès en 2022. Mais est ce que les autres droits peuvent être en sursis quelque part ? 
Oui, bien sûr. Ce qu&#039;il faut savoir, c&#039;est qu&#039;il y a des phases de flux et de reflux aux États-Unis et que donc les droits ne sont jamais véritablement acquis. N&#039;importe qui peut les remettre en cause à partir du moment où vous faites appel aux opérateurs juridiques.  
Les droits acquis grâce à la Cour Suprême, ils étaient déjà dans la Constitution, ils sont dans les textes fondateurs. Mais ce qu&#039;il manquait, c&#039;était des activistes, des militants, des penseurs qui ont finalement réussi à articuler ces textes fondateurs avec les nombreux récits authentiques des personnes LGBTQ+ et ce qu&#039;ils vivaient. Bien sûr, la citoyenneté étasunienne des minorités sexuelles et de genre s&#039;est construite sur la base d&#039;une injonction à une sexualité procréatrice, s&#039;est construite sur la base d&#039;une criminalisation de la sodomie et d&#039;une opposition féroce à la reconnaissance de droits et de toute forme d&#039;égalité. C’est ce qu’on peut appeler la politique du dégoût. C&#039;est une politique déshumanisante qui s&#039;est progressivement instaurée au XXᵉ siècle jusqu&#039;au plus haut sommet de l&#039;Etat fédéral.  
Les Américain·es LGBTQ+ ont subi de plein fouet une citoyenneté de seconde zone. De quelle manière ? En les contraignant à l&#039;effacement, au refoulement, à la placardisé tion, à la compartimentation de leur vie, à l&#039;homophobie intériorisée et aussi au phénomène de la outing, ce qui n&#039;est pas sans effet sur la santé mentale de ces personnes. 
Maintenant, il est vrai que malgré cette longue histoire marquée par l&#039;oppression, les questions LGBTQ+ sont passées lentement mais sûrement de l&#039;ombre à la lumière, ouvrant la voie à des victoires décisives en termes de visibilité sociale, d&#039;avancées juridiques, mais aussi de représentation politique.  
L’élection du 5 novembre peut-elle changer la donne ? 
L&#039;élection ne ne va rien changer de manière significative par rapport à la Cour suprême, hormis le pouvoir de nomination du Président. Et donc si Trump est réélu, je pense que la plus grande crainte pour le mouvement LGBTQI+, c&#039;est que Donald Trump soit en mesure de nommer de nouveaux juges extrêmement conservateurs. Après la révocation du droit à l’avortement (l’arrêt Roe v. Wade, en 2022), le juge Clarence Thomas n&#039;a pas caché son souhait de démanteler certains des droits fondamentaux des Américaines et des Américains LGBTQ+, des droits acquis au niveau fédéral. Et parmi eux, le droit à la vie privée, avec donc le possible retour de loi contre la sodomie et puis bien sûr le mariage pour les couples de même sexe. 
Si Trump est élu, c’est un scénario possible ? 
Bien entendu. Avant la révocation de l’arrêt Roe v. Wade, on disait très souvent que les juges ne retoquaient pas la jurisprudence. Mais aujourd&#039;hui, avec ce qui s&#039;est passé en 2022 et la révocation du droit fédéral à l&#039;avortement, oui, tout est possible. Parce qu&#039;en fait, de ce droit fédéral à l&#039;avortement découle un certain nombre d&#039;autres libertés, notamment le droit à la vie privée. Et donc, dans l&#039;affaire Lawrence vs Texas de 2003, qui a abrogé les lois anti sodomie, ce que le juge Kennedy a tenu absolument à sanctuariser, c&#039;est le droit à la vie privée. À partir du moment où on a désormais des juges extrémistes qui affichent leur intention politique en disant qu&#039;ils étaient prêts à se saisir des droits fondamentaux des Américains et des Américains LGBTQ+ parce qu&#039;il estime que l&#039;orientation sexuelle et l&#039;identité de genre ne sont pas des caractéristiques immuables et que la reconstitution que la Constitution des États-Unis ne leur reconnaît pas des droits au sens strict du terme, alors on a de quoi s’inquiéter. 

    
        
            il y a une brèche ouverte dans le mur de séparation entre les Églises et l&#039;Etat, et la liberté religieuse est érigée en dogme absolu pour justifier une différence de traitement à l&#039;égard d&#039;un groupe minoritaire, à savoir la communauté LGBTQ+.
        
        
            Anthony Castet
        
    

Dans ton livre, tu parles d&#039;une guerre culturelle menée contre les LGBT+ notamment par l&#039;Église. On sait que les Etats-Unis mettent beaucoup en avant la liberté religieuse et que, et notamment on a vu récemment que la Cour suprême a joué contre les droits LGBT au nom de cette liberté religieuse. Récemment, une créatrice de sites web a pu refuser ses prestations à un couple homosexuel au nom de sa foi chrétienne. Donc on voit que là, la liberté d&#039;expression l&#039;emporte complètement sur la non-discrimination. Est ce que tu peux nous parler rapidement de cette question de la liberté religieuse qui dessert en fait les LGBT ? 
Ce qu&#039;il faut savoir, c&#039;est que pour des raisons historiques, la religion occupe une place centrale dans la construction de la nation américaine. Elle participe intégralement à la structuration de la vie publique. Les responsables politiques sont invités à parler publiquement de leur foi pour mettre en avant leurs qualités vertueuses. Mais même si effectivement la liberté religieuse est protégée par le premier amendement, il ne faut pas oublier que la Constitution fédérale est avant tout un document séculier et humaniste. C&#039;est-à-dire que c&#039;est un document qui ne prend le parti d&#039;aucune religion. Au départ, cet amendement était destiné à protéger les Églises d&#039;une éventuelle dérive autoritaire du pouvoir politique et d&#039;éviter toute persécution religieuse, faisant du pays un véritable refuge pour ces peuples opprimés en raison de leur croyance religieuse. Ça, je dirais, c&#039;est c&#039;est la base, c&#039;est le contrat.  
Maintenant, ce qu&#039;on observe et ce que tu mentionnes à juste titre, c&#039;est qu&#039;il y a une brèche ouverte dans le mur de séparation entre les Églises et l&#039;Etat, et la liberté religieuse est instrumentalisée. Elle est érigée en dogme absolu pour justifier une différence de traitement à l&#039;égard d&#039;un groupe minoritaire, à savoir la communauté LGBTQ+. Et d&#039;ailleurs, c&#039;est là une des caractéristiques de cette guerre culturelle qui est menée contre le mouvement LGBTQ+. Et donc, si effectivement, les croyances religieuses ne peuvent être ni reconnues ni considérées comme supérieures aux lois du pays, les risques éventuels des empiètements religieux sont rigoureusement écartés, mais ils sont réels.  
J&#039;ai un exemple en tête : en 2015, au moment où justement la Cour suprême valide le mariage pour les couples de même sexe, Kim Davies, greffière du Kentucky, élue au suffrage universel, qui a souvent basculé entre le camp démocrate et le camp républicain, a été inculpée et même brièvement incarcérée pour outrage. Elle n&#039;était pas parvenue à faire valoir son droit à une objection de conscience en refusant de permettre à des couples de même sexe de se marier.  
Lorsqu&#039;on a des responsables politiques qui s&#039;emparent de la morale pour légiférer au nom de leurs convictions morales, alors je mets des guillemets conviction morale profonde et sincère sans avoir à revendiquer leurs motivations religieuses. Pour moi, cette stratégie politique vise à cimenter un ordre itératif qui nous amènerait à une théocratie. Il suffit que l&#039;orientation politique choisie soit étiquetée comme étant morale, bonne pour le pays, pour s&#039;insinuer dans la loi. Et pour moi, c&#039;est un processus, là, qui est pernicieux, parce que le processus démarre par une revendication à la liberté religieuse, et elle se conclut par l&#039;adoption de lois extrémistes contre l&#039;avortement, contre les personnes trans, sans que la religion n&#039;ait besoin d&#039;être mentionnée dans le texte législatif. 
Est ce que tu pourrais un peu nous nous parler du tissu associatif LGBT aux États-Unis? Quelle force de frappe les associations en cas de victoire de Donald Trump, par exemple ? 
Alors oui, les associations, les organisations font beaucoup de bruit. Elles sont essentielles en démocratie pour marquer leur opposition en cas d&#039;attaque ou de politiques régressives. Mais ce que l&#039;on observe, c&#039;est que la structuration du mouvement LGBTQ+ aux États-Unis s&#039;est construite autour d&#039;une multitude d&#039;organisations militantes très actives, très variées, avec de grandes divergences dans leurs stratégies politiques. Cela dit, je dirais qu&#039;il y a une certaine émulation entre ces organisations qui, je trouve, est particulièrement utile en démocratie pour justement faire avancer le débat d&#039;idées. Malgréune forme de concurrence entre elles, elles ont le mérite d&#039;exister et de faire avancer, d&#039;éclairer les consciences et de faire avancer ces questions. Quelques chiffres pour s&#039;en convaincre : 68 % des électeurs, toutes orientations sexuelles confondues, se déclarent sensibles à la question du traitement des personnes LGBTQ+. C&#039;est quand même un chiffre relativement important. Et parmi ces électeurs, on a 30 % qui déclarent voter pour un candidat qui soutiendra leurs convictions dans ce combat pour l&#039;égalité des personnes LGBTQ+.  
Maintenant, ce qu&#039;il faut savoir, c&#039;est qu&#039;aux États-Unis, pour garantir la pérennité de ces associations et de ces organisations, l&#039;argent est un gage de solidité et de fiabilité. C&#039;est un moteur essentiel qui permettra à ces organisations d&#039;exister, bien entendu au sein de l&#039;espace public, afin d&#039;asseoir leur crédibilité, d&#039;occuper l&#039;espace médiatique et culturel tout en œuvrant à la réalisation de leurs objectifs et en formant, il faut le dire, une nouvelle génération de militants et de cadres, afin que ces personnes puissent se lancer en politique, voire même occuper des postes clés à la Maison-Blanche. Donc, ce que je dirai, c&#039;est que la conquête des cœurs et des esprits perdure et exige patience et détermination malgré de possibles revirements.  

Présentation : Zoé Monrozier 
Réalisation : Colin Gruel 
Programmation musicale : Ding Dong, de Sylvia Kreusch 
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    Cette semaine, avec l'historien Anthony Castet, on s'intéresse aux enjeux queers des élections américaines, qui auront lieu le mardi 5 novembre.
    
Le 5 novembre prochain, vous n’êtes pas sans savoir que les Etats-Unis auront un ou une nouvelle présidente. deux choix : Donald Trump à nouveau ou Kamala Harris. 
Selon Corentin Sellin, professeur, spécialiste des Etats-Unis, ce sera l’élection la plus serrée depuis 25 ans.  
En effet, Kamala Harris partirait approximativement avec un socle de 226 grands électeurs, ce qui signifie qu’elle doit en gagner 44 pour franchir la barre des 270 grands électeurs et être élue.  
Pour Donald Trump qui part lui avec un socle de 219 grands électeurs, il lui en faudrait 51 pour atteindre les 270. 
Dans un contexte où les lois transphobes se sont multipliés dans de nombreux États, et que Donald Trump renforce sa rhétorique LGBTphobe, on se demande quelles peuvent être les conséquences de l'élection du candidat Républicain le 5 novembre prochain. 
Pour en parler, nous recevons Anthony Castet, maître de conférence à l’Université de Tours, docteur en études Nord-Américaines, spécialiste des questions historiques, politiques et juridiques liées aux identités LGBTQ+, et auteur La fabrique de l’égalité LGBTQ+ aux Etats-Unis (Presses Universitaires François Rabelais) 
Disclaimer : cet épisode a pu être enregistré grâce aux autorisations requises pour la participation de notre invité. 

Présente-nous les positions des deux candidats quant aux questions LGBT+ et aux droits LGBT qui leur sont accordés. 
Anthony Castet: On a deux candidats qui sont radicalement opposés sur le traitement d'un groupe minoritaire. On a un parti républicain bien sûr, qui, fidèle à ses valeurs conservatrices, fidèle aux valeurs de la famille et plutôt reste plutôt hostile au progrès des droits des personnes LGBTQ+ aux États-Unis. Donc on va on en parlera probablement en détail, mais Trump, au cours de son mandat en tant que président des États-Unis, s'est évertué finalement à mettre en place une politique extrêmement régressive pour attaquer les droits fondamentaux des personnes LGBTQ+ et plus particulièrement des personnes trans. On va on va probablement développer, mais pour mais.  
A titre d'exemple, à peine Trump avait il prêté serment en 2017 que la page de la Maison Blanche consacrée aux personnes LGBT a été supprimée. Et puis, bien sûr, la décision la plus controversée de son premier mandat reste le rétablissement de l'interdiction faite aux Américains transgenres de servir dans l'armée américaine, alors que Barack Obama l'avait suspendue en 2016. Et pour Camel Harris, alors? Pour Camel Harris, effectivement. Alors là, ce qui est intéressant, c'est que oui, on a on a clairement une candidate qui est alliée du mouvement. Elle a reçu un soutien franc et massif du mouvement LGBTQ+. Hormis le Cabinet, cette association organisation gay conservatrice fidèle au parti républicain.  
Les électeurs LGBTQ+ ne sont pas à considérer comme appartenant à un bloc monolithique. Donc moi, ce que j'ai envie de dire, c'est que ce mouvement dans ce mouvement, diversité et dissension coexiste, même si clairement, une victoire de Donald Trump ne sera pas synonyme de progrès pour les droits de ces personnes et donc pour le mouvement LGBTQ+, évidemment. Faire élire Kamala Harris est une question de vie ou de mort, surtout pour les personnes trans.  
En quelle mesure Kamala Harris est-elle véritablement engagée sur les questions LGBT+ ? 
Anthony Castet: Harris est incontestablement une alliée du mouvement LGBTQ+. Elle se montre notamment au cours des Prides un peu partout dans le pays. Elle affiche clairement son soutien politique à ce mouvement. Et je dirais qu'en tant que telle, c'est une femme politique de conviction qui s'est forgée une carrière avec, chevillée au corps la défense du droit comme ligne de mire. Mais je dirais qu'elle est aussi capable de se remettre en question lorsqu'elle a tort. Et elle a fait qu'elle a fait des erreurs, notamment sur les questions d'orientation sexuelle et d’identité de genre.  
Alors il faut savoir que, comme ministre de la Justice de Californie, on lui a reproché et on lui reproche encore sa fermeté sur la question de l'incarcération des personnes de couleur et notamment des personnes trans noires. On lui a aussi, on a aussi critiqué ses prises de position contradictoires sur la peine de mort, ce qui a suscité quelques remous, pour ne pas dire l'indignation, au sein du mouvement trans plus particulièrement. Mais je crois que, comme Harris a su entendre les critiques et elle a vraiment mené un travail de réflexion sur les préoccupations des populations les plus marginalisées du mouvement et a su se faire pardonner avec des gestes certes emblématiques, comme en s'excusant publiquement, en faisant acte de contrition ou en indiquant aussi les pronoms par lesquels elle souhaitait être désignée lors d'un discours à Los Angeles en 2019.  
Je dirais en tout cas que son action politique en faveur des personnes LGBTQ+ ne remonte pas à l'élection de Joe Biden.  

    
        
            L'élection de Joe Biden a provoqué une réaction de rejet dans les états trumpistes. Les législateurs fidèles à Trump ont utilisé la loi comme arme de destruction massive pour invisibiliser les personnes trans.
        
        
            Anthony Castet
        
    

Pendant le mandat de Joe Biden, on a vu se multiplier les propositions de loi transphobe dans de nombreux États américains. Est ce qu'une potentielle élection de Kaminari pourrait changer la donne ? 
Pour être tout à fait honnête, absolument pas. Ce qu'il faut savoir, c'est qu'aux États-Unis, on est sur un système fédéral. Donc il y a l'État fédéral et vous avez les États fédérés. Et en fait, les États sont parfaitement libres d'adopter les politiques qu'ils entendent mener. S’ils décident de s’en prendre aux personnes trans, ils peuvent le faire facilement. Parce que les Républicains acquis à Donald Trump ont des majorités très claires dans plusieurs États, pour mener une guerre culturelle sans merci, sans états d'âme contre les personnes LGBTQ+.  
Ceci étant, ce qu'il faut savoir, c'est qu'en fait ces lois transphobes sont apparues juste après l'élection de Joe Biden. L'élection de Joe Biden a provoqué une réaction de rejet dans les états trumpistes. Ce que l'on observe en fait, c'est que les législateurs fidèles à Trump ont utilisé la loi comme arme de destruction massive pour invisibiliser les personnes trans en les entravant, par exemple dans les domaines de l'accès à la santé et des soins qui, je le rappelle, visent à soutenir l'autonomie de ces personnes dans leur parcours de transition ou d'affirmation de genre dans l'accès à l'éducation. Et donc, au total, j'ai regardé les derniers chiffres qui sont assez spectaculaires. Près de 1600 projets de loi ont été déposés dans différentes législatures d'État depuis quatre ans. Entre 2022 et 2023, le nombre de projets de loi pénalisant les personnes trans a doublé. 
On a beaucoup entendu parler de la loi “Don’t say gay”. Ce texte était destiné à censurer les cours des enseignants et donc remettre en cause leur liberté académique pour tout ce qui concerne les questions autour de la race, l'orientation sexuelle, l'identité de genre et plus largement l'histoire des personnes LGBT+. Ron DeSantis, l'actuel gouverneur de Floride et qui a des prétentions présidentielles, livre une guerre culturelle sans états d'âme contre les personnes LGBTQ+ et plus particulièrement les personnes trans ainsi que la culture drag.  
Donc je dresse un tableau un peu cataclysmique, mais je tiens à nuancer, parce qu’il ne faut pas douter un seul instant que ces nombreuses lois d’État ont pour la plupart été rejetées. Pour deux raisons : d'abord parce que ces lois sont une atteinte manifeste à la liberté d'expression qui est garantie par le Premier amendement ; et ensuite, parce que ces lois constituent également une privation de liberté pour les personnes LGBT+, notamment les personnes trans, ce qui pourrait remettre en cause leur constitutionnalité en vertu de l’égale protection des lois du 14ᵉ amendement, puisque ces lois stigmatisent une classe d'individus.  
Est ce que tu peux expliquer et expliquer ce que c'est que l’Equality Act, pour l’instant bloqué au Sénat par les Républicains ? Et est ce que c'est vraiment quelque chose qui pourrait changer la donne pour les personnes LGBT ?  
Cette loi est fondamentale parce qu'elle va protéger de la discrimination les personnes LGBTQ+. Mais moi je dis toujours qu'une loi n'est jamais invincible. C'est-à-dire qu'en fait on peut tout à fait ester en justice en contestant la loi face à la Cour Suprême. J'ai des tas d'exemples à citer où la Cour suprême a fini par juger que telle loi était inconstitutionnelle.  
Donc en fait, en termes d'armes pour légiférer en faveur des droits LGBT, on a surtout le 14ᵉ amendement… 
Exactement. Essentiellement pour les deux raisons dont j'ai évoqués précédemment. C’est cet amendement qui permet de défendre des libertés qui sont jugées fondamentales, comme le mariage et puis, bien sûr, l'égale protection des lois : on s'assure en fait que la loi s'applique de manière uniforme à l'ensemble des citoyennes et des citoyens.  
Prenons deux exemples. En 1996, la Cour Suprême adopte l’arrêt Romer v. Evans. En jeu : un amendement qui interdisait clairement la protection des personnes homosexuelles dans l'État du Colorado. Et donc le juge Kennedy a estimé que cet amendement était contraire à la clause de l’égale protection des lois du 14ᵉ amendement.  
Autre exemple en 2003, avec l'abrogation des lois anti sodomie. Ce qu'il faut savoir, c'est qu'au départ ces lois s'appliquaient de manière uniforme, peu importe votre orientation sexuelle. Et au début des années 70, l'État du Texas a décidé de changer la loi pour ne viser que les personnes homosexuelles. Là encore, des juges de la Cour Suprême ont estimé qu’il y avait eu une atteinte claire et nette à l'égale protection des lois du 14ᵉ amendement. Et donc les lois anti sodomie ont été jugées anticonstitutionnelles.  

    
        
            Les Américain·es LGBTQ+ ont subi de plein fouet une citoyenneté de seconde zone.
        
        
            Anthony Castet
        
    

La Cour Suprême a donc un rôle très important aux États-Unis, elle a permis des avancées, mais il y a aussi un risque de retour en arrière. On sait que Joe Biden avait en quelque sorte sanctuarisé le mariage pour tous grâce à une loi votée par le Congrès en 2022. Mais est ce que les autres droits peuvent être en sursis quelque part ? 
Oui, bien sûr. Ce qu'il faut savoir, c'est qu'il y a des phases de flux et de reflux aux États-Unis et que donc les droits ne sont jamais véritablement acquis. N'importe qui peut les remettre en cause à partir du moment où vous faites appel aux opérateurs juridiques.  
Les droits acquis grâce à la Cour Suprême, ils étaient déjà dans la Constitution, ils sont dans les textes fondateurs. Mais ce qu'il manquait, c'était des activistes, des militants, des penseurs qui ont finalement réussi à articuler ces textes fondateurs avec les nombreux récits authentiques des personnes LGBTQ+ et ce qu'ils vivaient. Bien sûr, la citoyenneté étasunienne des minorités sexuelles et de genre s'est construite sur la base d'une injonction à une sexualité procréatrice, s'est construite sur la base d'une criminalisation de la sodomie et d'une opposition féroce à la reconnaissance de droits et de toute forme d'égalité. C’est ce qu’on peut appeler la politique du dégoût. C'est une politique déshumanisante qui s'est progressivement instaurée au XXᵉ siècle jusqu'au plus haut sommet de l'Etat fédéral.  
Les Américain·es LGBTQ+ ont subi de plein fouet une citoyenneté de seconde zone. De quelle manière ? En les contraignant à l'effacement, au refoulement, à la placardisé tion, à la compartimentation de leur vie, à l'homophobie intériorisée et aussi au phénomène de la outing, ce qui n'est pas sans effet sur la santé mentale de ces personnes. 
Maintenant, il est vrai que malgré cette longue histoire marquée par l'oppression, les questions LGBTQ+ sont passées lentement mais sûrement de l'ombre à la lumière, ouvrant la voie à des victoires décisives en termes de visibilité sociale, d'avancées juridiques, mais aussi de représentation politique.  
L’élection du 5 novembre peut-elle changer la donne ? 
L'élection ne ne va rien changer de manière significative par rapport à la Cour suprême, hormis le pouvoir de nomination du Président. Et donc si Trump est réélu, je pense que la plus grande crainte pour le mouvement LGBTQI+, c'est que Donald Trump soit en mesure de nommer de nouveaux juges extrêmement conservateurs. Après la révocation du droit à l’avortement (l’arrêt Roe v. Wade, en 2022), le juge Clarence Thomas n'a pas caché son souhait de démanteler certains des droits fondamentaux des Américaines et des Américains LGBTQ+, des droits acquis au niveau fédéral. Et parmi eux, le droit à la vie privée, avec donc le possible retour de loi contre la sodomie et puis bien sûr le mariage pour les couples de même sexe. 
Si Trump est élu, c’est un scénario possible ? 
Bien entendu. Avant la révocation de l’arrêt Roe v. Wade, on disait très souvent que les juges ne retoquaient pas la jurisprudence. Mais aujourd'hui, avec ce qui s'est passé en 2022 et la révocation du droit fédéral à l'avortement, oui, tout est possible. Parce qu'en fait, de ce droit fédéral à l'avortement découle un certain nombre d'autres libertés, notamment le droit à la vie privée. Et donc, dans l'affaire Lawrence vs Texas de 2003, qui a abrogé les lois anti sodomie, ce que le juge Kennedy a tenu absolument à sanctuariser, c'est le droit à la vie privée. À partir du moment où on a désormais des juges extrémistes qui affichent leur intention politique en disant qu'ils étaient prêts à se saisir des droits fondamentaux des Américains et des Américains LGBTQ+ parce qu'il estime que l'orientation sexuelle et l'identité de genre ne sont pas des caractéristiques immuables et que la reconstitution que la Constitution des États-Unis ne leur reconnaît pas des droits au sens strict du terme, alors on a de quoi s’inquiéter. 

    
        
            il y a une brèche ouverte dans le mur de séparation entre les Églises et l'Etat, et la liberté religieuse est érigée en dogme absolu pour justifier une différence de traitement à l'égard d'un groupe minoritaire, à savoir la communauté LGBTQ+.
        
        
            Anthony Castet
        
    

Dans ton livre, tu parles d'une guerre culturelle menée contre les LGBT+ notamment par l'Église. On sait que les Etats-Unis mettent beaucoup en avant la liberté religieuse et que, et notamment on a vu récemment que la Cour suprême a joué contre les droits LGBT au nom de cette liberté religieuse. Récemment, une créatrice de sites web a pu refuser ses prestations à un couple homosexuel au nom de sa foi chrétienne. Donc on voit que là, la liberté d'expression l'emporte complètement sur la non-discrimination. Est ce que tu peux nous parler rapidement de cette question de la liberté religieuse qui dessert en fait les LGBT ? 
Ce qu'il faut savoir, c'est que pour des raisons historiques, la religion occupe une place centrale dans la construction de la nation américaine. Elle participe intégralement à la structuration de la vie publique. Les responsables politiques sont invités à parler publiquement de leur foi pour mettre en avant leurs qualités vertueuses. Mais même si effectivement la liberté religieuse est protégée par le premier amendement, il ne faut pas oublier que la Constitution fédérale est avant tout un document séculier et humaniste. C'est-à-dire que c'est un document qui ne prend le parti d'aucune religion. Au départ, cet amendement était destiné à protéger les Églises d'une éventuelle dérive autoritaire du pouvoir politique et d'éviter toute persécution religieuse, faisant du pays un véritable refuge pour ces peuples opprimés en raison de leur croyance religieuse. Ça, je dirais, c'est c'est la base, c'est le contrat.  
Maintenant, ce qu'on observe et ce que tu mentionnes à juste titre, c'est qu'il y a une brèche ouverte dans le mur de séparation entre les Églises et l'Etat, et la liberté religieuse est instrumentalisée. Elle est érigée en dogme absolu pour justifier une différence de traitement à l'égard d'un groupe minoritaire, à savoir la communauté LGBTQ+. Et d'ailleurs, c'est là une des caractéristiques de cette guerre culturelle qui est menée contre le mouvement LGBTQ+. Et donc, si effectivement, les croyances religieuses ne peuvent être ni reconnues ni considérées comme supérieures aux lois du pays, les risques éventuels des empiètements religieux sont rigoureusement écartés, mais ils sont réels.  
J'ai un exemple en tête : en 2015, au moment où justement la Cour suprême valide le mariage pour les couples de même sexe, Kim Davies, greffière du Kentucky, élue au suffrage universel, qui a souvent basculé entre le camp démocrate et le camp républicain, a été inculpée et même brièvement incarcérée pour outrage. Elle n'était pas parvenue à faire valoir son droit à une objection de conscience en refusant de permettre à des couples de même sexe de se marier.  
Lorsqu'on a des responsables politiques qui s'emparent de la morale pour légiférer au nom de leurs convictions morales, alors je mets des guillemets conviction morale profonde et sincère sans avoir à revendiquer leurs motivations religieuses. Pour moi, cette stratégie politique vise à cimenter un ordre itératif qui nous amènerait à une théocratie. Il suffit que l'orientation politique choisie soit étiquetée comme étant morale, bonne pour le pays, pour s'insinuer dans la loi. Et pour moi, c'est un processus, là, qui est pernicieux, parce que le processus démarre par une revendication à la liberté religieuse, et elle se conclut par l'adoption de lois extrémistes contre l'avortement, contre les personnes trans, sans que la religion n'ait besoin d'être mentionnée dans le texte législatif. 
Est ce que tu pourrais un peu nous nous parler du tissu associatif LGBT aux États-Unis? Quelle force de frappe les associations en cas de victoire de Donald Trump, par exemple ? 
Alors oui, les associations, les organisations font beaucoup de bruit. Elles sont essentielles en démocratie pour marquer leur opposition en cas d'attaque ou de politiques régressives. Mais ce que l'on observe, c'est que la structuration du mouvement LGBTQ+ aux États-Unis s'est construite autour d'une multitude d'organisations militantes très actives, très variées, avec de grandes divergences dans leurs stratégies politiques. Cela dit, je dirais qu'il y a une certaine émulation entre ces organisations qui, je trouve, est particulièrement utile en démocratie pour justement faire avancer le débat d'idées. Malgréune forme de concurrence entre elles, elles ont le mérite d'exister et de faire avancer, d'éclairer les consciences et de faire avancer ces questions. Quelques chiffres pour s'en convaincre : 68 % des électeurs, toutes orientations sexuelles confondues, se déclarent sensibles à la question du traitement des personnes LGBTQ+. C'est quand même un chiffre relativement important. Et parmi ces électeurs, on a 30 % qui déclarent voter pour un candidat qui soutiendra leurs convictions dans ce combat pour l'égalité des personnes LGBTQ+.  
Maintenant, ce qu'il faut savoir, c'est qu'aux États-Unis, pour garantir la pérennité de ces associations et de ces organisations, l'argent est un gage de solidité et de fiabilité. C'est un moteur essentiel qui permettra à ces organisations d'exister, bien entendu au sein de l'espace public, afin d'asseoir leur crédibilité, d'occuper l'espace médiatique et culturel tout en œuvrant à la réalisation de leurs objectifs et en formant, il faut le dire, une nouvelle génération de militants et de cadres, afin que ces personnes puissent se lancer en politique, voire même occuper des postes clés à la Maison-Blanche. Donc, ce que je dirai, c'est que la conquête des cœurs et des esprits perdure et exige patience et détermination malgré de possibles revirements.  

Présentation : Zoé Monrozier 
Réalisation : Colin Gruel 
Programmation musicale : Ding Dong, de Sylvia Kreusch 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 01 Nov 2024 01:10:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-elections-americaines-l-2024-11-01-3NkC9Aoj.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-elections-americaines-l-2024-11-01-3NkC9Aoj.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/4zK6-lhebdo-elections-americaines-la-communaute-queer-retient-son-souffle</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-3u18xRgYxz.jpg"/></item><item><title>L'HEBDO — Cineffable, un festival pour célébrer le cinéma lesbien et féministe</title><description><![CDATA[
    Jeudi prochain, c&#039;est le coup d&#039;envoi de la 36e édition du festival international du film lesbien et féministe de Paris, j&#039;ai nommé le festival Cineffable.
    
On fait le point sur la programmation et l&#039;histoire du festival avec deux bénévoles qui travaillent justement à la sélection des films qui sont projetés à Cineffable : Patty et Sarah-Anaïs. 
&amp;gt; Retrouvez toute la programmation du festival sur le site de Cineffable : https://www.cineffable.fr/fr/f_prog.htm 
]]></description><itunes:summary>
    Jeudi prochain, c'est le coup d'envoi de la 36e édition du festival international du film lesbien et féministe de Paris, j'ai nommé le festival Cineffable.
    
On fait le point sur la programmation et l'histoire du festival avec deux bénévoles qui travaillent justement à la sélection des films qui sont projetés à Cineffable : Patty et Sarah-Anaïs. 
&amp;gt; Retrouvez toute la programmation du festival sur le site de Cineffable : https://www.cineffable.fr/fr/f_prog.htm 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 25 Oct 2024 01:20:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-cineffable-un-festival-p-2024-10-25-VPIKSg6M.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-cineffable-un-festival-p-2024-10-25-VPIKSg6M.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/Q6gY-lhebdo-cineffable-un-festival-pour-celebrer-le-cinema-lesbien-et-feministe</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-7pqxqkSHOM.jpg"/></item><item><title>L'HEBDO — Comment les discours transphobes se sont-ils imposés en France ?</title><description><![CDATA[
    La militante trans Maud Royer est notre invitée cette semaine à l&#039;occasion de la sortie de son essai &quot;Le lobby transphobe&quot; (éditions Textuel)
    
Ils sont peu nombreux mais font beaucoup de bruits. Ils sont militantes féministes, psychanalystes ou parents d&#039;ados trans, membres d&#039;associations ou auteurs de livres, et murmurent à l&#039;oreille des politiques. Eux, ce sont les transphobes. Et selon notre invitée Maud Royer, on pourrait désormais carrément parler d&#039;un lobby. 
Que s&#039;est-il passé pour qu&#039;un discours transphobe, importé des États-Unis ou de Grande-Bretagne, réussisse à s&#039;imposer en France ? Comment la panique morale a-t-elle réussi à prendre ? Comment s&#039;organise l&#039;offensive médiatique ? ` 
C&#039;est à ces questions et à beaucoup d&#039;autres que Maud Royer, présidente de l&#039;association Toutes Des Femmes, répond dans son nouvel essai, Le Lobby transphobe, qui vient de paraître aux éditions Textuel. Elle est notre invitée cette semaine. 

La transcription de l&#039;épisode n&#039;est pas encore disponible, désolé ! 


    L&#039;équipe de l&#039;émission
    
Présentation : Diego de Cao 
Réalisation : Colin Gruel 
Musique de fin : No genius de Raissa et Redcar 
Générique : Jacob de Lucie Antunes 
]]></description><itunes:summary>
    La militante trans Maud Royer est notre invitée cette semaine à l'occasion de la sortie de son essai "Le lobby transphobe" (éditions Textuel)
    
Ils sont peu nombreux mais font beaucoup de bruits. Ils sont militantes féministes, psychanalystes ou parents d'ados trans, membres d'associations ou auteurs de livres, et murmurent à l'oreille des politiques. Eux, ce sont les transphobes. Et selon notre invitée Maud Royer, on pourrait désormais carrément parler d'un lobby. 
Que s'est-il passé pour qu'un discours transphobe, importé des États-Unis ou de Grande-Bretagne, réussisse à s'imposer en France ? Comment la panique morale a-t-elle réussi à prendre ? Comment s'organise l'offensive médiatique ? ` 
C'est à ces questions et à beaucoup d'autres que Maud Royer, présidente de l'association Toutes Des Femmes, répond dans son nouvel essai, Le Lobby transphobe, qui vient de paraître aux éditions Textuel. Elle est notre invitée cette semaine. 

La transcription de l'épisode n'est pas encore disponible, désolé ! 


    L'équipe de l'émission
    
Présentation : Diego de Cao 
Réalisation : Colin Gruel 
Musique de fin : No genius de Raissa et Redcar 
Générique : Jacob de Lucie Antunes 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 18 Oct 2024 01:10:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-comment-les-discours-tran-2024-10-18-jlMtRU7t.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-comment-les-discours-tran-2024-10-18-jlMtRU7t.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/Pzgn-lhebdo-comment-les-discours-transphobes-se-sont-ils-imposes-en-france</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-8W1c24AsIT.jpg"/></item><item><title>Karim Kattan : gaies amours à l'ombre des checkpoints israéliens</title><description><![CDATA[
    Nous recevons l&#039;auteur palestinien Karim Kattan pour son dernier livre &quot;L&#039;Éden à l&#039;aube&quot; (éditions Elyzad), qui paraît un an après le début du génocide à Gaza
    
Dans une Palestine fantastique, peuplée de joyeuses légendes malgré le poids de la colonisation, Isaac et Gabriel s&#039;aiment. Karim Kattan raconte leur histoire d&#039;amour dans un livre, L&#039;Éden à l&#039;aube, sorti à la fin de l&#039;été. Un an après le 7 octobre, son roman nous fait voyager à Jérusalem, une ville terrassée par le khamsin, un vent violent qui ensevelit tout sous le sable. Et il nous montre une Palestine réenchantée, même si la guerre rôde partout autour des deux amants. 
Venez rencontrer Karim Kattan en librairie ! 
17 octobre : Librairie La P’Tite Denise, Saint-Denis 
18 octobre : Librairie Les Mots à la Bouche, Paris 
14 novembre : Librairie Les Traversées, Paris 
16 novembre : Institut du Monde Arabe, Paris 
📖 Cette semaine sort l&#039;ouvrage collectif Que ma mort apporte l&#039;espoir, que vous pouvez pré-commander ici : https://www.editionslibertalia.com/catalogue/orient-xxi/que-ma-mort-apporte-l-espoir-poemes-de-gaza 
👉 À lire : la tribune de Karim Kattan dans le journal Le Monde publiée le 8 octobre dernier : https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/10/08/karim-kattan-ecrivain-palestinien-pourquoi-gaza-a-t-elle-disparu-derriere-des-sophismes-des-approximations-des-murmures-desoles_6346692_3232.html 

    L&#039;agenda : OUT ! La teuf
    
En deuxième partie d&#039;émission, place à un événement queer en Île-de-France. Ce soir, pleins feux sur OUT ! La teuf, une soirée proposée par l&#039;AJL, l&#039;associations des journalistes LGBTI+. 
Rendez-vous ce samedi à Césure pour des tables rondes, un show résolument queer animé par notre ami Miroslav Toi les mains, et des DJ sets. 
Pour prendre ses places (à prix doux) c&#039;est par ici &amp;gt; https://www.helloasso.com/associations/ajl 

    Programmation musicale
    
— Réparer le monde, Léonie Pernet (2024) 
— Big dreams, Maddy Street (2024) 

    L&#039;équipe de l&#039;émission
    
Présentation : Colin Gruel 
Interviews : Lucie 
Chroniques : Lisa et Nelly 
Réalisation : Suzanne Saint-Cast 
]]></description><itunes:summary>
    Nous recevons l'auteur palestinien Karim Kattan pour son dernier livre "L'Éden à l'aube" (éditions Elyzad), qui paraît un an après le début du génocide à Gaza
    
Dans une Palestine fantastique, peuplée de joyeuses légendes malgré le poids de la colonisation, Isaac et Gabriel s'aiment. Karim Kattan raconte leur histoire d'amour dans un livre, L'Éden à l'aube, sorti à la fin de l'été. Un an après le 7 octobre, son roman nous fait voyager à Jérusalem, une ville terrassée par le khamsin, un vent violent qui ensevelit tout sous le sable. Et il nous montre une Palestine réenchantée, même si la guerre rôde partout autour des deux amants. 
Venez rencontrer Karim Kattan en librairie ! 
17 octobre : Librairie La P’Tite Denise, Saint-Denis 
18 octobre : Librairie Les Mots à la Bouche, Paris 
14 novembre : Librairie Les Traversées, Paris 
16 novembre : Institut du Monde Arabe, Paris 
📖 Cette semaine sort l'ouvrage collectif Que ma mort apporte l'espoir, que vous pouvez pré-commander ici : https://www.editionslibertalia.com/catalogue/orient-xxi/que-ma-mort-apporte-l-espoir-poemes-de-gaza 
👉 À lire : la tribune de Karim Kattan dans le journal Le Monde publiée le 8 octobre dernier : https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/10/08/karim-kattan-ecrivain-palestinien-pourquoi-gaza-a-t-elle-disparu-derriere-des-sophismes-des-approximations-des-murmures-desoles_6346692_3232.html 

    L'agenda : OUT ! La teuf
    
En deuxième partie d'émission, place à un événement queer en Île-de-France. Ce soir, pleins feux sur OUT ! La teuf, une soirée proposée par l'AJL, l'associations des journalistes LGBTI+. 
Rendez-vous ce samedi à Césure pour des tables rondes, un show résolument queer animé par notre ami Miroslav Toi les mains, et des DJ sets. 
Pour prendre ses places (à prix doux) c'est par ici &amp;gt; https://www.helloasso.com/associations/ajl 

    Programmation musicale
    
— Réparer le monde, Léonie Pernet (2024) 
— Big dreams, Maddy Street (2024) 

    L'équipe de l'émission
    
Présentation : Colin Gruel 
Interviews : Lucie 
Chroniques : Lisa et Nelly 
Réalisation : Suzanne Saint-Cast 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 15 Oct 2024 21:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/karim-kattan-gaies-amours-a-lomb-2024-10-15-UIa1MDuS.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/karim-kattan-gaies-amours-a-lomb-2024-10-15-UIa1MDuS.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/Q6jY-karim-kattan-gaies-amours-a-lombre-des-checkpoints-israeliens</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-exMCEQGqr6.jpg"/></item><item><title>L'HEBDO — Nommer la lesbophobie pour mieux la combattre</title><description><![CDATA[
    Sarah Jean-Jacques et Sophie Pointurier viennent de publier &quot;Le déni lesbien&quot; (Ed. Harper Collins), un livre rempli de témoignages de femmes lesbiennes.
    
Il y a quatre ans sortait le livre Le Génie Lesbien d’Alice Coffin. Un titre provocateur pour les uns et… très sérieux pour les autres. Ce qui est clair, c’est que le titre comporte le mot “lesbien”, et ça… c’est pas si courant et ça a été une belle occasion de mesurer ce que ce mot provoque lorsqu’il est prononcé, assumé, brandi.  
Comme un écho, les deux chercheuses Sarah Jean-Jacques et Sophie Pointurier, fondatrices de l&#039;Observatoire de la Lesbophobie, viennent de publier Le déni lesbien. Elles ont rencontré une vingtaine de femmes lesbiennes, de la journaliste Marie Labory à l&#039;autrice Fatima Daas en passant par l&#039;humoriste Tahnee et la sénatrice écologiste Mélanie Vogel, qui racontent leurs expériences de lesbophobie. 

    
        
        
    


La transcription n&#039;est pas encore disponible. 


    L&#039;équipe de l&#039;émission
    
Présentation : Zoé Monrozier 
Réalisation : Colin Gruel 
Programmation musicale : Sweet bitch, extrait du nouvel EP de Maddy Street, qui sort aujourd&#039;hui ! 
]]></description><itunes:summary>
    Sarah Jean-Jacques et Sophie Pointurier viennent de publier "Le déni lesbien" (Ed. Harper Collins), un livre rempli de témoignages de femmes lesbiennes.
    
Il y a quatre ans sortait le livre Le Génie Lesbien d’Alice Coffin. Un titre provocateur pour les uns et… très sérieux pour les autres. Ce qui est clair, c’est que le titre comporte le mot “lesbien”, et ça… c’est pas si courant et ça a été une belle occasion de mesurer ce que ce mot provoque lorsqu’il est prononcé, assumé, brandi.  
Comme un écho, les deux chercheuses Sarah Jean-Jacques et Sophie Pointurier, fondatrices de l'Observatoire de la Lesbophobie, viennent de publier Le déni lesbien. Elles ont rencontré une vingtaine de femmes lesbiennes, de la journaliste Marie Labory à l'autrice Fatima Daas en passant par l'humoriste Tahnee et la sénatrice écologiste Mélanie Vogel, qui racontent leurs expériences de lesbophobie. 

    
        
        
    


La transcription n'est pas encore disponible. 


    L'équipe de l'émission
    
Présentation : Zoé Monrozier 
Réalisation : Colin Gruel 
Programmation musicale : Sweet bitch, extrait du nouvel EP de Maddy Street, qui sort aujourd'hui ! 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 11 Oct 2024 01:50:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-nommer-la-lesbophobie-2024-10-11-hQ9sa9XR.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-nommer-la-lesbophobie-2024-10-11-hQ9sa9XR.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/6B2n-lhebdo-nommer-la-lesbophobie-pour-mieux-la-combattre</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-xgJycKsuoB.jpg"/></item><item><title>L'HEBDO — Mélanie Vogel, une lesbienne au Sénat</title><description><![CDATA[
    Cette semaine, on a la chance de recevoir la sénatrice écologiste lesbienne Mélanie Vogel, pour avoir son regard sur la situation politique, deux mois après la victoire de la gauche aux Législatives anticipées.
    
Dans un Sénat largement acquis à la droite, depuis de nombreuses années, Mélanie Vogel détonne. 
Élue en septembre 2021, la sénatrice des Français-es établis hors de France se positionne comme féministe et antiraciste, alors même que le gouvernement fraîchement nommé s’oppose à l’égalité des droits des personnes LGBTQIA+; avec pas moins de huit ministres héritiers de la Manif pour tous. 
Comment la parole des minorités peut-elle encore se faire entendre dans le monde politique ? Pourquoi la présence de personnalités queer au sein d’institutions politiques comme le Sénat peuvent-elles changer la donne ? Comment arrive-t-on à se faire entendre en tant que femme lesbienne sur une scène politique très conservatrice ? 
On va lui poser la question. 

La transcription de cet épisode n&#039;est pas encore disponible. 


    L&#039;équipe de l&#039;émission
    
Présentation : Juliette Mouëllic 
Réalisation : Colin Gruel 
Programmation musicale : Bizarre, le dernier titre de l&#039;artiste hyperpop Thx4Crying 
Suivez-nous sur Instagram ! 
]]></description><itunes:summary>
    Cette semaine, on a la chance de recevoir la sénatrice écologiste lesbienne Mélanie Vogel, pour avoir son regard sur la situation politique, deux mois après la victoire de la gauche aux Législatives anticipées.
    
Dans un Sénat largement acquis à la droite, depuis de nombreuses années, Mélanie Vogel détonne. 
Élue en septembre 2021, la sénatrice des Français-es établis hors de France se positionne comme féministe et antiraciste, alors même que le gouvernement fraîchement nommé s’oppose à l’égalité des droits des personnes LGBTQIA+; avec pas moins de huit ministres héritiers de la Manif pour tous. 
Comment la parole des minorités peut-elle encore se faire entendre dans le monde politique ? Pourquoi la présence de personnalités queer au sein d’institutions politiques comme le Sénat peuvent-elles changer la donne ? Comment arrive-t-on à se faire entendre en tant que femme lesbienne sur une scène politique très conservatrice ? 
On va lui poser la question. 

La transcription de cet épisode n'est pas encore disponible. 


    L'équipe de l'émission
    
Présentation : Juliette Mouëllic 
Réalisation : Colin Gruel 
Programmation musicale : Bizarre, le dernier titre de l'artiste hyperpop Thx4Crying 
Suivez-nous sur Instagram ! 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 04 Oct 2024 04:10:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-melanie-vogel-une-lesbie-2024-10-04-AmTSOndG.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-melanie-vogel-une-lesbie-2024-10-04-AmTSOndG.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/00Ov-lhebdo-melanie-vogel-une-lesbienne-au-senat</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-A9dQm0VO9M.jpg"/></item><item><title>L'HEBDO — La Flèche d'or rouvre ses portes !</title><description><![CDATA[
    Lieu queer et politique incontournable du 20e arrondissement, La Flèche d&#039;or rouvre ses portes après 4 mois de fermeture forcée pour travaux.
    
Les amoureux.ses de la nuit parisienne connaissent bien La flèche d’or. Pour celleux qui ne la connaissent pas, on vous raconte. Dans le 20e arrondissement de Paris, rue de Bagnolet, au pied de l’église de Saint-Blaise, entre les jolies maisons basses et les graffitis, il y a une ancienne petite gare. La gare de Charonne. Elle flotte sur les rails de la petite ceinture de Paris. Toit de briques rouges, un magnifique mur vitré. Et il s’en passe des choses dedans. C’est un lieu de fête, DJ sets, concerts, drag, stand up, mais c’est aussi un lieu éminemment politique avec un versant associatif, maraudes, aides alimentaires ou encore cantine solidaire.  
Mais ce lieu magnifique a vécu une année 2024 mouvementée. Fermé pendant 4 mois à cause d’une remise aux normes, il a rouvert en juin, non sans difficultés financières. Mais ouf ! Ce week-end, les 27, 28 et 29 septembre, la Flèche d’or fête les 4 ans du lieu tel qu’on le connaît aujourd’hui, avec un programme alléchant. 
Pour en parler, nous recevons Adé Mpundu, responsable des activités socioculturelles et solidaires de la Flèche d’or.  

    
        
        
    


La transcription de cet épisode n&#039;est pas encore disponible. 

Rendez-vous sur le site internet de la Flèche d&#039;or et sur ses réseaux sociaux pour retrouver le programme détaillé : https://flechedor.org/ 


    L&#039;équipe de l&#039;émission
    
Présentation : Antonella Francini 
Réalisation : Colin Gruel 
Musique de fin : Méchant.e.s, de Grace et Volupté Van Van, un groupe de rap queer toulousain à découvrir sur leur Bandcamp : https://gracevoluptevanvan.bandcamp.com/ 
Générique : Jacob, de Lucie Antunes 
]]></description><itunes:summary>
    Lieu queer et politique incontournable du 20e arrondissement, La Flèche d'or rouvre ses portes après 4 mois de fermeture forcée pour travaux.
    
Les amoureux.ses de la nuit parisienne connaissent bien La flèche d’or. Pour celleux qui ne la connaissent pas, on vous raconte. Dans le 20e arrondissement de Paris, rue de Bagnolet, au pied de l’église de Saint-Blaise, entre les jolies maisons basses et les graffitis, il y a une ancienne petite gare. La gare de Charonne. Elle flotte sur les rails de la petite ceinture de Paris. Toit de briques rouges, un magnifique mur vitré. Et il s’en passe des choses dedans. C’est un lieu de fête, DJ sets, concerts, drag, stand up, mais c’est aussi un lieu éminemment politique avec un versant associatif, maraudes, aides alimentaires ou encore cantine solidaire.  
Mais ce lieu magnifique a vécu une année 2024 mouvementée. Fermé pendant 4 mois à cause d’une remise aux normes, il a rouvert en juin, non sans difficultés financières. Mais ouf ! Ce week-end, les 27, 28 et 29 septembre, la Flèche d’or fête les 4 ans du lieu tel qu’on le connaît aujourd’hui, avec un programme alléchant. 
Pour en parler, nous recevons Adé Mpundu, responsable des activités socioculturelles et solidaires de la Flèche d’or.  

    
        
        
    


La transcription de cet épisode n'est pas encore disponible. 

Rendez-vous sur le site internet de la Flèche d'or et sur ses réseaux sociaux pour retrouver le programme détaillé : https://flechedor.org/ 


    L'équipe de l'émission
    
Présentation : Antonella Francini 
Réalisation : Colin Gruel 
Musique de fin : Méchant.e.s, de Grace et Volupté Van Van, un groupe de rap queer toulousain à découvrir sur leur Bandcamp : https://gracevoluptevanvan.bandcamp.com/ 
Générique : Jacob, de Lucie Antunes 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 27 Sep 2024 04:50:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-la-fleche-dor-rouvre-ses-2024-09-27-g9h7n97T.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-la-fleche-dor-rouvre-ses-2024-09-27-g9h7n97T.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/pk72-lhebdo-la-fleche-dor-rouvre-ses-portes</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-shiSxtxnUo.jpg"/></item><item><title>L'HEBDO — Roméo et Julio : drame shakespearien au pays des drag kings</title><description><![CDATA[Cet été, on vous propose une réécoute de nos meilleurs épisodes de la saison ! 
Cette semaine avec le drag king Arthur Rainbow 
]]></description><itunes:summary>Cet été, on vous propose une réécoute de nos meilleurs épisodes de la saison ! 
Cette semaine avec le drag king Arthur Rainbow 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 20 Sep 2024 07:30:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-romeo-et-julio-drame-sh-2024-09-20-cGS4AEDq.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-romeo-et-julio-drame-sh-2024-09-20-cGS4AEDq.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/j0nP-lhebdo-romeo-et-julio-drame-shakespearien-au-pays-des-drag-kings</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-dpreStjpAv.jpg"/></item><item><title>Le Cabaret des dessous lesbiens + Visibilité bi</title><description><![CDATA[
    Au programme cette semaine : un cabaret lesbien, et une journée de visibilité bi !
    
En 2019, Léa Lootgieter et Pauline Paris publient Les dessous lesbiens de la chanson (éditions iXe), un passionnant ouvrage qui retrace une histoire de la chanson lesbienne des 20e et 21e siècles. 5 ans et une réédition plus tard, le livre se décline en cabaret.  
Après une première édition auréolée de succès en juin, le spectacle sera de retour ce dimanche 22 septembre Chez Olympe à Pantin, pour une édition spéciale drag king, puis le 2 octobre aux Trois Baudets. Sur scène : Adrienne Pauly, Mélodie Lauret ou encore le drag king Power Beautom. 
Et en seconde partie, on parle de bisexualité et de biphobie. Lundi prochain, ce sera la journée internationale de visibilité bi, et la veille, pour l&#039;occasion, l&#039;association Bi Cause et le collectif Bi Pan Paris organisent une marche et une soirée festive au Pas Si Loin à Pantin. On en parle avec Vi-Vi et Lucille qui viennent représenter ces deux assos ! 
]]></description><itunes:summary>
    Au programme cette semaine : un cabaret lesbien, et une journée de visibilité bi !
    
En 2019, Léa Lootgieter et Pauline Paris publient Les dessous lesbiens de la chanson (éditions iXe), un passionnant ouvrage qui retrace une histoire de la chanson lesbienne des 20e et 21e siècles. 5 ans et une réédition plus tard, le livre se décline en cabaret.  
Après une première édition auréolée de succès en juin, le spectacle sera de retour ce dimanche 22 septembre Chez Olympe à Pantin, pour une édition spéciale drag king, puis le 2 octobre aux Trois Baudets. Sur scène : Adrienne Pauly, Mélodie Lauret ou encore le drag king Power Beautom. 
Et en seconde partie, on parle de bisexualité et de biphobie. Lundi prochain, ce sera la journée internationale de visibilité bi, et la veille, pour l'occasion, l'association Bi Cause et le collectif Bi Pan Paris organisent une marche et une soirée festive au Pas Si Loin à Pantin. On en parle avec Vi-Vi et Lucille qui viennent représenter ces deux assos ! 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 17 Sep 2024 20:10:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/le-cabaret-des-dessous-lesbiens-v-2024-09-17-6KSTkFPy.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/le-cabaret-des-dessous-lesbiens-v-2024-09-17-6KSTkFPy.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/j0LR-le-cabaret-des-dessous-lesbiens-visibilite-bi</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-GFOa9HOMh6.jpg"/></item><item><title>L'HEBDO — Au Japon, la lente avancée des droits pour les LGBTI+ (REDIFFUSION)</title><description><![CDATA[Cet été, on vous propose une réécoute de nos meilleurs épisodes de la saison ! 
Cette semaine avec Aline Henninger, historienne 
]]></description><itunes:summary>Cet été, on vous propose une réécoute de nos meilleurs épisodes de la saison ! 
Cette semaine avec Aline Henninger, historienne 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 13 Sep 2024 04:50:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-au-japon-la-lente-avance-2024-09-13-adw1mUio.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-au-japon-la-lente-avance-2024-09-13-adw1mUio.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/gnkG-lhebdo-au-japon-la-lente-avancee-des-droits-pour-les-lgbti-rediffusion</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-dpreStjpAv.jpg"/></item><item><title>Le salon de beauté de Quentin Zuttion + Queer sur l'herbe</title><description><![CDATA[
    L&#039;équipe du Lobby est de retour en direct cette semaine avec deux invité.e.s : l&#039;auteur de BD Quentin Zuttion et la performeuse Jeanne.
    

    
        
        
    

Quentin Zuttion est de retour ! Dans Salon de beauté (Éditions Dupuis), adapté du roman de Mario Bellatin, il raconte l&#039;histoire de Jeshua, flamboyant coiffeur confronté brutalement à une épidémie dévastratrice. Son salon devient alors un refuge pour les malades dont il s&#039;occupe.  
Quentin Zuttion vous donne rendez-vous le 25 septembre à 19h à la Librairie ICI à Paris pour une rencontre. 
En seconde partie, nous recevons Jeanne, l&#039;organisatrice des après-midi Queer sur l&#039;herbe. Depuis trois ans, ces shows queers se jouent gratuitement aux Buttes Chaumont et s&#039;y retrouvent des drag queens, des chanteureuses, des circassien.nes et des personnes du milieu associatif et militant.  
Prochain rendez-vous le 14 septembre pour une édition anniversaire de Queer sur l&#039;herbe ! 


    Programmation musicale
    
— Parapatxi, Patxi Arsa 
— I will die 4 u, Lauren Auder 


    L&#039;équipe de l&#039;émission
    
Présentation : Colin Gruel 
Interview : Antonella 
Chronique : Cha 
Réalisation : Suzanne Saint-Cast 
]]></description><itunes:summary>
    L'équipe du Lobby est de retour en direct cette semaine avec deux invité.e.s : l'auteur de BD Quentin Zuttion et la performeuse Jeanne.
    

    
        
        
    

Quentin Zuttion est de retour ! Dans Salon de beauté (Éditions Dupuis), adapté du roman de Mario Bellatin, il raconte l'histoire de Jeshua, flamboyant coiffeur confronté brutalement à une épidémie dévastratrice. Son salon devient alors un refuge pour les malades dont il s'occupe.  
Quentin Zuttion vous donne rendez-vous le 25 septembre à 19h à la Librairie ICI à Paris pour une rencontre. 
En seconde partie, nous recevons Jeanne, l'organisatrice des après-midi Queer sur l'herbe. Depuis trois ans, ces shows queers se jouent gratuitement aux Buttes Chaumont et s'y retrouvent des drag queens, des chanteureuses, des circassien.nes et des personnes du milieu associatif et militant.  
Prochain rendez-vous le 14 septembre pour une édition anniversaire de Queer sur l'herbe ! 


    Programmation musicale
    
— Parapatxi, Patxi Arsa 
— I will die 4 u, Lauren Auder 


    L'équipe de l'émission
    
Présentation : Colin Gruel 
Interview : Antonella 
Chronique : Cha 
Réalisation : Suzanne Saint-Cast 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 10 Sep 2024 20:30:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/le-salon-de-beaute-de-quentin-zutti-2024-09-10-A9bGMEAo.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/le-salon-de-beaute-de-quentin-zutti-2024-09-10-A9bGMEAo.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/6Bzn-le-salon-de-beaute-de-quentin-zuttion-queer-sur-lherbe</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-IQVxIgRJ17.jpg"/></item><item><title>L'HEBDO — Harcèlement scolaire : comment rendre l'école plus sûre pour les LGBT ? (REDIFFUSION)</title><description><![CDATA[Cet été, on vous propose une réécoute de nos meilleurs épisodes de la saison ! 
Cette semaine avec la sociologue Gabrielle Richard, et avec Cha Tisserand-Burnel, membre du collectif Queer Education 
]]></description><itunes:summary>Cet été, on vous propose une réécoute de nos meilleurs épisodes de la saison ! 
Cette semaine avec la sociologue Gabrielle Richard, et avec Cha Tisserand-Burnel, membre du collectif Queer Education 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 06 Sep 2024 07:20:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-harcelement-scolaire-co-2024-09-06-whcLxEqv.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-harcelement-scolaire-co-2024-09-06-whcLxEqv.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/009y-lhebdo-harcelement-scolaire-comment-rendre-lecole-plus-sure-pour-les-lgbt-rediffusion</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-dpreStjpAv.jpg"/></item><item><title>L'HEBDO — Morgan Noam Lucas : ASMR anti-transphobie (REDIFFUSION)</title><description><![CDATA[Cet été, on vous propose une réécoute de nos meilleurs épisodes de la saison ! 
Cette semaine avec le thérapeute et militant trans Morgan Noam Lucas. 
]]></description><itunes:summary>Cet été, on vous propose une réécoute de nos meilleurs épisodes de la saison ! 
Cette semaine avec le thérapeute et militant trans Morgan Noam Lucas. 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 30 Aug 2024 04:50:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-morgan-noam-lucas-asmr-2024-08-30-fn1c9e5p.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-morgan-noam-lucas-asmr-2024-08-30-fn1c9e5p.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/9D2B-lhebdo-morgan-noam-lucas-asmr-anti-transphobie-rediffusion</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-dpreStjpAv.jpg"/></item><item><title>L'HEBDO — "A nos désirs" : les joies lesbiennes d'Élodie Font (REDIFFUSION)</title><description><![CDATA[Cet été, on vous propose une réécoute de nos meilleurs épisodes de la saison ! 
Cette semaine avec la journaliste et autrice lesbienne Élodie Font. 
]]></description><itunes:summary>Cet été, on vous propose une réécoute de nos meilleurs épisodes de la saison ! 
Cette semaine avec la journaliste et autrice lesbienne Élodie Font. 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 23 Aug 2024 05:30:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-a-nos-desirs-les-joie-2024-08-23-ZZaNJqz5.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-a-nos-desirs-les-joie-2024-08-23-ZZaNJqz5.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/7pAy-lhebdo-a-nos-desirs-les-joies-lesbiennes-delodie-font-rediffusion</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-dpreStjpAv.jpg"/></item><item><title>L'HEBDO — "Clémence en colère" : Mirion Malle célèbre la puissance du groupe (REDIFFUSION)</title><description><![CDATA[Cet été, on vous propose une réécoute de nos meilleurs épisodes de la saison ! 
Cette semaine avec l&#039;autrice de BD lesbienne Mirion Malle. 
]]></description><itunes:summary>Cet été, on vous propose une réécoute de nos meilleurs épisodes de la saison ! 
Cette semaine avec l'autrice de BD lesbienne Mirion Malle. 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 16 Aug 2024 03:20:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-clemence-en-colere-mi-2024-08-16-1G1j4euL.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-clemence-en-colere-mi-2024-08-16-1G1j4euL.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/8M9g-lhebdo-clemence-en-colere-mirion-malle-celebre-la-puissance-du-groupe-rediffusion</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-dpreStjpAv.jpg"/></item><item><title>L'HEBDO — Comment rendre la littérature jeunesse moins hétéro et blanche ? (REDIFFUSION)</title><description><![CDATA[Cet été, on vous propose une réécoute de nos meilleurs épisodes de la saison ! 
Cette semaine, avec Sarah Ghelam, directrice de la collection &quot;J&#039;aimerais t&#039;y voir&quot; au sein de la maison d&#039;édition jeunesse On ne compte pas pour du beurre 
]]></description><itunes:summary>Cet été, on vous propose une réécoute de nos meilleurs épisodes de la saison ! 
Cette semaine, avec Sarah Ghelam, directrice de la collection "J'aimerais t'y voir" au sein de la maison d'édition jeunesse On ne compte pas pour du beurre 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 09 Aug 2024 04:50:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-comment-rendre-la-littera-2024-08-09-AdpKGPHg.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-comment-rendre-la-littera-2024-08-09-AdpKGPHg.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/2791-lhebdo-comment-rendre-la-litterature-jeunesse-moins-hetero-et-blanche-rediffusion</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-dpreStjpAv.jpg"/></item><item><title>L'HEBDO — Écriture inclusive : tout le monde déteste la police de caratère ! (REDIFFUSION)</title><description><![CDATA[Cet été, on vous propose une réécoute de nos meilleurs épisodes de la saison ! 
Cette semaine avec Camille Circlude, typographe, membre de la collective franco-belge Bye Bye Binary 
]]></description><itunes:summary>Cet été, on vous propose une réécoute de nos meilleurs épisodes de la saison ! 
Cette semaine avec Camille Circlude, typographe, membre de la collective franco-belge Bye Bye Binary 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 02 Aug 2024 06:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-ecriture-inclusive-tout-2024-08-02-eyJR79xO.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-ecriture-inclusive-tout-2024-08-02-eyJR79xO.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/1G9V-lhebdo-ecriture-inclusive-tout-le-monde-deteste-la-police-de-caratere-rediffusion</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-dpreStjpAv.jpg"/></item><item><title>L'HEBDO — Faut-il en finir avec Grindr ? (REDIFFUSION)</title><description><![CDATA[Cet été, on vous propose une réécoute de nos meilleurs épisodes de la saison ! 
Cette semaine avec Paul Alia, sociologue, et Maxime Lavalle, auteur pour Friction magazine 
]]></description><itunes:summary>Cet été, on vous propose une réécoute de nos meilleurs épisodes de la saison ! 
Cette semaine avec Paul Alia, sociologue, et Maxime Lavalle, auteur pour Friction magazine 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 26 Jul 2024 08:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-faut-il-en-finir-avec-gri-2024-06-12-yiqd3tYr.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-faut-il-en-finir-avec-gri-2024-06-12-yiqd3tYr.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/5RWK-lhebdo-faut-il-en-finir-avec-grindr-rediffusion</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-dpreStjpAv.jpg"/></item><item><title>Mélodie Lauret + la santé mentale des personnes queers</title><description><![CDATA[
    L&#039;auteur-compositeur-interprète Mélodie Lauret est de retour avec un nouveau single, Respire, qui aborde notamment ses troubles de la santé mentale. En seconde partie, le médecin-psychiatre Jean-Victor Blanc nous parle de la santé mentale des LGBT.
    
Après deux ans de silence musical pendant lequel on l&#039;a croisé au théâtre dans &quot;Plutôt vomir que faillir&quot; de Rebecca Chaillon, Mélodie Lauret est de retour avec &quot;Respire&quot;, un ballade triste en piano-voix qui annonce un album à venir. Il nous raconte son processus de création, son rapport à son gendre, de plus en plus fluide, et à ses troubles de la santé mentale. 

    
    


Après un mois des fiertés volé par l&#039;actualité politique, les queers sont épuisés. Et si on prenait soin de nous ? Le médecin-psychiatre Jean-Victor Blanc, auteur de plusieurs ouvrages et créateur du festival Pop&amp;amp;psy, vient nous parler de la santé mentale des personnes queers. À l&#039;hôpital Saint-Antoine, il propose une consultation spécialisée sur le chemsex. 
Rendez-vous en octobre à Ground Control pour la troisième édition du festival Pop &amp;amp; Psy ! 

    L&#039;équipe de l&#039;émission
    
Présentation : Victor 
Préparation : Colin 
Interviews : Lucie et Lisa 
Chroniques : Lucie, Linh, Ayelen et Cha 
Réalisation : Margot Page 
]]></description><itunes:summary>
    L'auteur-compositeur-interprète Mélodie Lauret est de retour avec un nouveau single, Respire, qui aborde notamment ses troubles de la santé mentale. En seconde partie, le médecin-psychiatre Jean-Victor Blanc nous parle de la santé mentale des LGBT.
    
Après deux ans de silence musical pendant lequel on l'a croisé au théâtre dans "Plutôt vomir que faillir" de Rebecca Chaillon, Mélodie Lauret est de retour avec "Respire", un ballade triste en piano-voix qui annonce un album à venir. Il nous raconte son processus de création, son rapport à son gendre, de plus en plus fluide, et à ses troubles de la santé mentale. 

    
    


Après un mois des fiertés volé par l'actualité politique, les queers sont épuisés. Et si on prenait soin de nous ? Le médecin-psychiatre Jean-Victor Blanc, auteur de plusieurs ouvrages et créateur du festival Pop&amp;amp;psy, vient nous parler de la santé mentale des personnes queers. À l'hôpital Saint-Antoine, il propose une consultation spécialisée sur le chemsex. 
Rendez-vous en octobre à Ground Control pour la troisième édition du festival Pop &amp;amp; Psy ! 

    L'équipe de l'émission
    
Présentation : Victor 
Préparation : Colin 
Interviews : Lucie et Lisa 
Chroniques : Lucie, Linh, Ayelen et Cha 
Réalisation : Margot Page 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 23 Jul 2024 20:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/melodie-lauret-la-sante-mentale-d-2024-07-23-5xGTRza7.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/melodie-lauret-la-sante-mentale-d-2024-07-23-5xGTRza7.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/y9J7-melodie-lauret-la-sante-mentale-des-personnes-queers</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-rgLro3sxke.jpg"/></item><item><title>L'HEBDO — Grossophobie : Dix questions pour Daria Marx (REDIFFUSION)</title><description><![CDATA[Cet été, on vous propose une réécoute de nos meilleurs épisodes de la saison ! 
Cette semaine avec lea militant.e féministe et anti-grossophobie Daria Marx. 
]]></description><itunes:summary>Cet été, on vous propose une réécoute de nos meilleurs épisodes de la saison ! 
Cette semaine avec lea militant.e féministe et anti-grossophobie Daria Marx. 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 19 Jul 2024 02:50:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-grossophobie-dix-questi-2024-07-19-qghLJ7N8.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-grossophobie-dix-questi-2024-07-19-qghLJ7N8.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/6B0V-lhebdo-grossophobie-dix-questions-pour-daria-marx-rediffusion</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-dpreStjpAv.jpg"/></item><item><title>Spéciale geek ! Phedra Derycke + l'association NextGaymer</title><description><![CDATA[
    Alors que la Japan Expo vient de refermer ses portes, on joue les prolongations : parole aux queers geeks ce soir dans Le Lobby !
    
Nous sommes en compagnie ce soir de Phedra Derycke, auteurice d&#039;un livre qui vient de paraître aux éditions de l&#039;Opportun sur les représentations LGBT+ dans les mangas. Amateurices de yaoi ou de yuri ou néophytes, cette émission est pour vous ! 
En seconde partie, nous seront rejoint.e.s par Damnes, le secrétaire de l&#039;association Next Gaymer. Les LGBT+ sont très représenté.e.s chez les joueurs (17% selon une récente étude de l&#039;association américaine GLAAD), mais l&#039;industrie tarde un peu à offrir de réelles représentations sur les consoles. On lui demandera ce qu&#039;il en pense. 

    
        
        
    


    Références citées dans l&#039;émission
    
&amp;gt; À lire : Mangas : les représentations LGBT+, L&#039;opportun, Phedra Derycke 
&amp;gt; Le site de l&#039;association Next Gaymer : nextgaymer.com 
&amp;gt; À écouter : notre entretien avec Aline Henninger, maîtresse de conférences en langue et civilisation japonaises à l’université d’Orléans : https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/NYD8-lhebdo-au-japon-la-lente-avancee-des-droits-pour-les-lgbti 

    Programmation musicale
    
— Rugir, Arigato Massai (2021) 
— Alibi, Sevdaliza ft. Pabllo Vittar &amp;amp; Yseult (2024) 

    L&#039;équipe de l&#039;émission
    
Présentation : Colin Gruel 
Réalisation : Margot Page   
Interviews : Akina, Diego et Marame 
Chroniques : Mal et Antonella 
]]></description><itunes:summary>
    Alors que la Japan Expo vient de refermer ses portes, on joue les prolongations : parole aux queers geeks ce soir dans Le Lobby !
    
Nous sommes en compagnie ce soir de Phedra Derycke, auteurice d'un livre qui vient de paraître aux éditions de l'Opportun sur les représentations LGBT+ dans les mangas. Amateurices de yaoi ou de yuri ou néophytes, cette émission est pour vous ! 
En seconde partie, nous seront rejoint.e.s par Damnes, le secrétaire de l'association Next Gaymer. Les LGBT+ sont très représenté.e.s chez les joueurs (17% selon une récente étude de l'association américaine GLAAD), mais l'industrie tarde un peu à offrir de réelles représentations sur les consoles. On lui demandera ce qu'il en pense. 

    
        
        
    


    Références citées dans l'émission
    
&amp;gt; À lire : Mangas : les représentations LGBT+, L'opportun, Phedra Derycke 
&amp;gt; Le site de l'association Next Gaymer : nextgaymer.com 
&amp;gt; À écouter : notre entretien avec Aline Henninger, maîtresse de conférences en langue et civilisation japonaises à l’université d’Orléans : https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/NYD8-lhebdo-au-japon-la-lente-avancee-des-droits-pour-les-lgbti 

    Programmation musicale
    
— Rugir, Arigato Massai (2021) 
— Alibi, Sevdaliza ft. Pabllo Vittar &amp;amp; Yseult (2024) 

    L'équipe de l'émission
    
Présentation : Colin Gruel 
Réalisation : Margot Page   
Interviews : Akina, Diego et Marame 
Chroniques : Mal et Antonella 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 16 Jul 2024 20:40:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/speciale-geek-phedra-derycke-l-2024-07-16-xp4wqEFw.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/speciale-geek-phedra-derycke-l-2024-07-16-xp4wqEFw.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/mYMO-speciale-geek-phedra-derycke-lassociation-nextgaymer</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-7bAs2SuL4h.jpg"/></item><item><title>L'HEBDO — Christophe Martet : une vie de luttes (REDIFFUSION)</title><description><![CDATA[Cet été, on vous propose une réécoute de nos meilleurs épisodes de la saison ! 
Cette semaine avec Christophe Martet, ex-journaliste (Têtu, Komitid), ex-président d&#039;Act-Up Paris, militant au sein de l&#039;ARDHIS et de Vers Paris sans sida 
]]></description><itunes:summary>Cet été, on vous propose une réécoute de nos meilleurs épisodes de la saison ! 
Cette semaine avec Christophe Martet, ex-journaliste (Têtu, Komitid), ex-président d'Act-Up Paris, militant au sein de l'ARDHIS et de Vers Paris sans sida 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 12 Jul 2024 05:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-christophe-martet-une-v-2024-07-12-tlqwORA4.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-christophe-martet-une-v-2024-07-12-tlqwORA4.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/4z9V-lhebdo-christophe-martet-une-vie-de-luttes-rediffusion</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-dpreStjpAv.jpg"/></item><item><title>Noam Sinseau + l'association Diivines</title><description><![CDATA[
    Place aux queers afro-caribéen.nes cette semaine, en compagnie de l&#039;humoriste Noam Sinseau, et de Pierrette Pyram, présidente de l&#039;association Diivines
    
Étoile montante queer de la scène stand up, Noam Sinseau sera de retour à la Nouvelle Seine tous les mardis à la rentrée dans son spectacle Makoumè Superstar, mis en scène par Amiel Maucade. Passé par le Comedy Love aux côtés de Tahnee et Mahau Drama, ce Martiniquais de 26 ans était même sur le podium de la marche des fiertés en juin dernier.  
En seconde partie d&#039;émission, nous sommes rejoint.e.s par Pierrette Pyram, présidente de l&#039;association Diivines, qui se bat pour la visibilisation des LGBTQIA+ afro-caribéen.ne.s. Alors que tout le monde écoute le dernier album de Meryl en boucle, où sont les queers afro-descendant.e.s aujourd&#039;hui ? 

    L&#039;équipe de l&#039;émission
    
Présentation : Victor 
Préparation : Colin 
Interview : Ayelen 
Chroniques : Abi, Cha, Maïelle et Linh 
Réalisation : Suzanne Saint-Cast 
]]></description><itunes:summary>
    Place aux queers afro-caribéen.nes cette semaine, en compagnie de l'humoriste Noam Sinseau, et de Pierrette Pyram, présidente de l'association Diivines
    
Étoile montante queer de la scène stand up, Noam Sinseau sera de retour à la Nouvelle Seine tous les mardis à la rentrée dans son spectacle Makoumè Superstar, mis en scène par Amiel Maucade. Passé par le Comedy Love aux côtés de Tahnee et Mahau Drama, ce Martiniquais de 26 ans était même sur le podium de la marche des fiertés en juin dernier.  
En seconde partie d'émission, nous sommes rejoint.e.s par Pierrette Pyram, présidente de l'association Diivines, qui se bat pour la visibilisation des LGBTQIA+ afro-caribéen.ne.s. Alors que tout le monde écoute le dernier album de Meryl en boucle, où sont les queers afro-descendant.e.s aujourd'hui ? 

    L'équipe de l'émission
    
Présentation : Victor 
Préparation : Colin 
Interview : Ayelen 
Chroniques : Abi, Cha, Maïelle et Linh 
Réalisation : Suzanne Saint-Cast 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 09 Jul 2024 20:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/noam-sinseau-lassociation-diivin-2024-07-09-vqgguF9H.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/noam-sinseau-lassociation-diivin-2024-07-09-vqgguF9H.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/3yYx-noam-sinseau-lassociation-diivines</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-anwJRoX1Wv.jpg"/></item><item><title>L'HEBDO — Visibilité lesbienne : place aux handies ! (REDIFFUSION)</title><description><![CDATA[Cet été, on vous propose une réécoute de nos meilleurs épisodes de la saison ! 
Cette semaine avec Lydie Raër, militante antivalidiste au sein du collectif Les Dévalideuses. 
]]></description><itunes:summary>Cet été, on vous propose une réécoute de nos meilleurs épisodes de la saison ! 
Cette semaine avec Lydie Raër, militante antivalidiste au sein du collectif Les Dévalideuses. 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 05 Jul 2024 04:40:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-visibilite-lesbienne-pl-2024-07-05-RBAMt9wJ.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-visibilite-lesbienne-pl-2024-07-05-RBAMt9wJ.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/3y9O-lhebdo-visibilite-lesbienne-place-aux-handies-rediffusion</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-dpreStjpAv.jpg"/></item><item><title>Ruby on the nail + Sophie Lagache</title><description><![CDATA[
    C&#039;est l&#039;été ! Mais Le Lobby ne prend pas de vacances. Et dans ce contexte politique mortifère, nous avons décidé de s&#039;autoriser à rire avec la drag queen Ruby on the nail.
    

    
        
        
    

La drag queen Ruby on the nail, comedy queen de la saison 3 de Drag Race France, diffusée en ce moment sur France 2, est avec nous pour cette première émission de l&#039;été.  
➡️ Retrouvez-la tous les dimanches soir à Grand Control (Paris 12e) pour les viewing parties qu&#039;elle propose avec Lula Strega ! 
➡️ Elle est aussi à l&#039;affiche de Fantasma Circus Erotica tout cet été : https://www.billetreduc.com/339904/evt.htm 
En deuxième partie, nous sommes rejoint.e.s par Sophie Lagache, fondatrice de l&#039;association Violences en milieu queer, qui se bat pour visibiliser les situations de violences dans les couples LGBT+. 
➡️ Suivez l&#039;association sur son compte Instagram : https://www.instagram.com/violences_en_milieu_queer/ 
Et dans nos chroniques, on parle de crushs et de crashs lesbiens, de bi, et de Bashar Murad, artiste queer palestinien. 

    Programmation musicale
    
— Shrek is a lesbian, Maddy Street &amp;amp; Juda la Vidange 
— ITSAHELL, Bashar Murad 

    L&#039;équipe de l&#039;émission
    
Présentation : Colin Gruel 
Préparation : Victor Samoth-Panetti et Suzanne Saint-Cast 
Interviews : Cha et Maïelle 
Chroniques : Pascadog, Antonella, Marame et Abi 
Réalisation : Margot Page 
]]></description><itunes:summary>
    C'est l'été ! Mais Le Lobby ne prend pas de vacances. Et dans ce contexte politique mortifère, nous avons décidé de s'autoriser à rire avec la drag queen Ruby on the nail.
    

    
        
        
    

La drag queen Ruby on the nail, comedy queen de la saison 3 de Drag Race France, diffusée en ce moment sur France 2, est avec nous pour cette première émission de l'été.  
➡️ Retrouvez-la tous les dimanches soir à Grand Control (Paris 12e) pour les viewing parties qu'elle propose avec Lula Strega ! 
➡️ Elle est aussi à l'affiche de Fantasma Circus Erotica tout cet été : https://www.billetreduc.com/339904/evt.htm 
En deuxième partie, nous sommes rejoint.e.s par Sophie Lagache, fondatrice de l'association Violences en milieu queer, qui se bat pour visibiliser les situations de violences dans les couples LGBT+. 
➡️ Suivez l'association sur son compte Instagram : https://www.instagram.com/violences_en_milieu_queer/ 
Et dans nos chroniques, on parle de crushs et de crashs lesbiens, de bi, et de Bashar Murad, artiste queer palestinien. 

    Programmation musicale
    
— Shrek is a lesbian, Maddy Street &amp;amp; Juda la Vidange 
— ITSAHELL, Bashar Murad 

    L'équipe de l'émission
    
Présentation : Colin Gruel 
Préparation : Victor Samoth-Panetti et Suzanne Saint-Cast 
Interviews : Cha et Maïelle 
Chroniques : Pascadog, Antonella, Marame et Abi 
Réalisation : Margot Page 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 02 Jul 2024 20:08:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/ruby-on-the-nail-sophie-lagache-2024-07-02-TtgEqNHB.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/ruby-on-the-nail-sophie-lagache-2024-07-02-TtgEqNHB.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/GMw8-ruby-on-the-nail-sophie-lagache</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-mnnh22ke8c.jpg"/></item><item><title>L'HEBDO — GPA : le combat continue</title><description><![CDATA[
    Cette semaine, on s&#039;intéresse à une pratique souvent évacuée par les pouvoirs publics et pourtant pas si impopulaire : la GPA.
    
75% des Français.es y sont favorables, et pourtant la GPA est loin d&#039;être à l&#039;ordre du jour dans l&#039;agenda gouvernemental. Alors chaque année, couples gays et hétérosexuels sont de plus en plus nombreux à se rendre à l&#039;étranger pour faire appel à une mère porteuse. Mais depuis la dernière révision de la Loi Bioéthique en 2021, les démarches pour transcrire l&#039;État civil des enfants en France sont beaucoup plus compliquées. 
On en parle avec : 
— Michael Siegel, père d&#039;une fille de 2 ans née par GPA au Canada et membre de l&#039;APGL, association des parents gays et lesbiens 
— Clélia Richard, avocate experte de la GPA, membre de l&#039;APGL. 

L&#039;équipe de l&#039;émission 
Présentation : Juliette Mouëllic 
Réalisation : Colin Gruel 
]]></description><itunes:summary>
    Cette semaine, on s'intéresse à une pratique souvent évacuée par les pouvoirs publics et pourtant pas si impopulaire : la GPA.
    
75% des Français.es y sont favorables, et pourtant la GPA est loin d'être à l'ordre du jour dans l'agenda gouvernemental. Alors chaque année, couples gays et hétérosexuels sont de plus en plus nombreux à se rendre à l'étranger pour faire appel à une mère porteuse. Mais depuis la dernière révision de la Loi Bioéthique en 2021, les démarches pour transcrire l'État civil des enfants en France sont beaucoup plus compliquées. 
On en parle avec : 
— Michael Siegel, père d'une fille de 2 ans née par GPA au Canada et membre de l'APGL, association des parents gays et lesbiens 
— Clélia Richard, avocate experte de la GPA, membre de l'APGL. 

L'équipe de l'émission 
Présentation : Juliette Mouëllic 
Réalisation : Colin Gruel 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 28 Jun 2024 03:40:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-gpa-le-combat-continue-2024-06-27-CnigQlVH.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-gpa-le-combat-continue-2024-06-27-CnigQlVH.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/l2vr-lhebdo-gpa-le-combat-continue</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-naE7TE8DEh.jpg"/></item><item><title>L'HEBDO — Journée mondiale des réfugiés : « Quand j'entends "RN", j'ai peur »</title><description><![CDATA[
    Le 20 juin, c&#039;était la journée mondiale des réfugié.e.s. À cette occasion, on parle des parcours semés d&#039;embûches de exilé.e.s LGBT+.
    
Vous n’êtes pas sans savoir que depuis les élections européennes, la France est sous tension. Disons qu’elle l’était déjà avant, que la montée de l’extrême droite inquiétait, mais l’énorme taux de vote en faveur du RN suivie de l&#039;inattendue dissolution de l’Assemblée Nationale par le président de la république a réellement fait l’effet d’une bombe dans le paysage politique et social, elle a fait naître la crainte fondée que l’extrême droite pourrait siéger à l’assemblée non dans 3 ans, soit aux prochaines élections présidentielles, mais là, maintenant, en juillet 2024.  
Nous avons très peu de temps pour nous organiser, gauche antifasciste, écolos et consorts, afin de ne pas laisser les fachos nous submerger davantage.  
Si le RN remporte une majorité de sièges à l’assemblée, les premières victimes seront - oh surprise ! - les personnes les plus précaires, déjà marginalisées, en premier lieu, les exilé.e.s. Puisque nous sommes au Lobby, en ce lendemain de journée mondiale des réfugié.e.s, nous nous intéressons cette semaine aux exilé.e.s queers. 
Pour en parler, nous recevons : 
• Christophe Caulier, co-président de l&#039;Ardhis 
• Booba Camara, membre du conseil d&#039;administration de l&#039;Ardhis 

Le site internet de l&#039;Ardhis : https://ardhis.org/ 

Le Lobby : Comment vous avez vécu ces derniers jours ? 
Christophe Caulier : C&#039;était des journées assez pénibles pour ne rien vous cacher. On a essayé de communiquer de façon pas trop anxiogène auprès des demandeurs d&#039;asile que nous accompagnons et en même temps en essayant au maximum de ne rien dissimuler quant aux enjeux en cours. Ça s&#039;agite beaucoup dans le microcosme LGBT+ et également dans le microcosme de l&#039;accompagnement des demandeurs d&#039;asile et des réfugiés. On essaie de se réunir, on essaie d&#039;échanger, on essaye de discuter. On n&#039;est pas tous complètement sûrs que ça change quoi que ce soit. Les électeurs ont l&#039;air assez déterminés dans leur vote. Ça a l&#039;air d&#039;être malheureusement assez stabilisé. On est quelques uns et quelques unes à essayer d&#039;anticiper l&#039;avenir, à essayer de voir un petit peu quelles pourraient être les premières mesures du RN si jamais le RN obtient une majorité à l&#039;Assemblée nationale.  
Booba Kamara : Oui, comme l&#039;a dit Christophe, ces dernières semaines ont été très plus agitées. Avec l’ARDHIS, nous avons des actions d&#039;envergure. Nous nous sommes retrouvés sur différents sites pour pouvoir exprimer pas forcément notre ras le bol, mais exprimer nos inquiétudes face à la montée en puissance du RN. Et c&#039;est une situation qui n&#039;est pas faite pour nous arranger. Parce que nous, dans un premier temps, en tant que demandeurs d&#039;asile ou réfugiés, vu les différentes persécutions et les violences que nous avons subi dans nos différents pays d&#039;origine, cette position du RN à l&#039;Assemblée nationale sera très inquiétante et pour les futurs réfugiés, ça sera catastrophique. 
Le Lobby : On a régulièrement reçu des invités pour nous parler de la situation des LGBT dans le monde. Je pense à Igor Chervinsky, un militant ukrainien réfugié en France, ou encore Sébastien Tüller qui nous avait parlé de la situation en Ouganda il y a quelques mois. D&#039;ailleurs, vous pouvez écouter ou lire nos entretiens sur le site de Radio Campus. On sait que les droits des personnes LGBT sont complètement inégaux dans le monde et la France jouit plutôt d&#039;une image positive quant à l&#039;immigration, c&#039;est un pays vu comme assez accueillant, notamment envers les LGBT. Peut être que vous pouvez un peu nuancer cette image,Christophe et Booba. 
Christophe Caulier : Je vais partir d&#039;un exemple que je cite assez souvent. Quand en 2013, il y a eu les débats autour du mariage pour tous en France, ils ont été relayés dans un certain nombre de pays francophones parmi nos ex-colonies. Il y a un proverbe ivoirien qui dit “quand il pleut à Paris, Abidjan est mouillé.” Et c&#039;est vrai qu&#039;en 2013, un certain nombre de personnes qui n&#039;avez peut être pas accès aux informations auparavant ont ainsi découvert qu&#039;en France, et puis plus généralement en Europe, il y avait un certain nombre de lois protectrices à l&#039;endroit des personnes LGBT. Et ça a contribué comme ça à asseoir auprès des personnes LGBT dans leur pays d&#039;origine respectifs, une certaine image positive de la France et en parallèle à dégrader l&#039;image de la France auprès des personnalités politiques les plus réactionnaires des dits pays. Pour l&#039;heure, je ne sais pas exactement dans quelle mesure les dernières évolutions -il y a les législatives-, mais bien avant, malgré tout, il y a eu la nouvelle loi asile immigration qui a quand même été assez sévère sur l&#039;accueil, en tout cas des demandeurs d&#039;asile et des personnes réfugiées, LGBT ou non, en France. Il y a eu ensuite assez rapidement les nouvelles directives européennes en matière d&#039;asile, qui sont une catastrophe puisqu&#039;en fait on voit se dessiner une tendance très, très inquiétante, c&#039;est à dire faire une espèce de pré tri aux frontières européennes, mais à l&#039;extérieur des frontières européennes. Déterminer si les personnes ont vocation ou non à entrer sur le territoire européen pour y déposer une demande d&#039;asile. Donc tout ça s&#039;inscrit dans une continuité navrante. Je ne suis pas en mesure de vous dire très exactement comment toutes ces informations se sont déjà un petit peu propagées, en tout cas dans les milieux LGBT militants des pays de la francophonie. 
Le Lobby : Et vous Booba, comment vous avez connu l’ARDHIS et ça fait combien de temps que vous êtes en France? 
Booba Camara: Merci pour la question, ça me fera un an que je suis en France. Lorsque je suis arrivé, je me suis donné un temps de repos parce que émotionnellement j&#039;étais vraiment touché et aussi je n&#039;avais pas de repères, j&#039;étais vraiment perdu et même pour se déplacer, je ne savais même pas que le Navigo existait. Moi j’avais cette volonté de vivre mon homosexualité parce que disons, cela fait bientôt 40 ans que je suis dans mon pays, en Côte d&#039;Ivoire et on vit dans des situations qu&#039;on n&#039;arrive pas à exprimer. Notre homosexualité est camouflée, même sur les réseaux sociaux, toujours obligé de t&#039;afficher avec des personnes. Lorsque il y a des débats LGBT, tu es obligé de te ranger aux côtés des homophobes.  
Donc arrivé en France, je me suis donné un temps pour pouvoir essayer un tant soit peu. Dans mes nombreuses recherches -je suis un friand de l&#039;internet- je voulais appartenir à une communauté qui pourra m&#039;écouter, m&#039;épauler, me faire des amis. Qui pourra un tant soit peu m&#039;orienter. Et dans mes recherches, j&#039;ai vu plusieurs associations. Je suis parti dans différentes associations, je me suis baladé et j&#039;ai rien vu. Il y a beaucoup d&#039;associations donc je cherche encore et je vois ARDHIS. D&#039;abord, j&#039;ai défilé et ce qui m&#039;a impressionné, c&#039;est la beauté, la qualité du logo qui a été fait. Parce que ça représente les couleurs LGBTI. Mais ensuite je vois que dans le logo, tous les continents du monde sont représentés dans le logo et super, c&#039;est un bon graphiste. J&#039;étais d&#039;abord attiré par le logo et j&#039;ai commencé à défiler sur la page. Je vois les actions, je cherche l&#039;adresse. On me fait savoir que c&#039;est samedi, il y a une permanence et samedi j&#039;arrive, je vois du monde, je vois des personnes et sans le savoir, je tombe sur la coprésidente Aude. Il y avait du monde avant moi, on me disait que ça allait être fermé et moi j&#039;ai juste sauté sur l’occasion parce que j&#039;ai vu l&#039;ambiance. C&#039;était chaleureux. Je ne savais pas qu&#039;elle était présidente. J&#039;ai expliqué ma préoccupation et elle a pris à bras le corps et depuis lors, j&#039;ai plus cherché à partir vers d&#039;autres associations et j&#039;ai fait ça de ma famille. Voilà, donc c&#039;est comme ça. 
Le Lobby : Pour revenir à ma question concernant l&#039;immigration, dans les faits, ça reste assez compliqué pour les personnes qui veulent venir en France pour des raisons liées à leur genre ou à leur sexualité, à l’ARDHIS vous êtes les premiers à le voir et à aider ces personnes dans leur parcours d&#039;immigration, d&#039;intégration en France. Comment vous accompagnez ces personnes en exil?  
Christophe Caulier : Historiquement, on a beaucoup fait d&#039;accompagnement très individualisé. C&#039;est à dire que quand une personne se présentait, si elle était au début de sa procédure, on l&#039;aidait à écrire son récit, c&#039;est à dire qu&#039;on l&#039;aidait à exprimer des choses dont elle n&#039;avait parfois jamais parlé. C&#039;est un exercice qui est particulièrement difficile pour les personnes de devoir mettre des mots sur des expériences, sur des choses qui sont très intériorisées et, encore une fois, des événements, des souvenirs qu&#039;elles n&#039;ont pas nécessairement interrogées, qu&#039;elles n&#039;ont pas nécessairement mis en perspective et surtout pas dans la perspective d&#039;une demande d&#039;asile. On a essayé aussi d&#039;aider les personnes au moment où elles passaient à l OFPRA. C&#039;est un exercice, le passage à l&#039;OFPRA, c&#039;est à dire qu&#039;il y a des attentes des institutions en matière de, encore une fois, d&#039;expression de soi, d&#039;être capable de répondre aux attentes. Alors, ce ne sont pas des attentes nécessairement stéréotypées de la part de l&#039;OFPRA, mais en tout cas, c&#039;est une espèce de calibrage. Il faut être capable de pouvoir parler, par exemple, de la façon dont on s&#039;est rendu compte qu&#039;on était gay, lesbienne ou trans. C&#039;est à dire qu&#039;il va falloir se remémorer un petit peu toutes les différentes étapes de la construction de sa personnalité en la matière. Et ça, c&#039;est pas un travail non plus qui est forcément très très évident pour les personnes qu&#039;on rencontre. 
Le Lobby : Est ce que vous diriez qu&#039;il faut un peu prouver la discrimination dont on est victime?  
Christophe Caulier : Il n&#039;y a pas une dimension de preuve au fond, parce que on part du principe que être LGBT, on ne peut pas le prouver. En fait, ce qu&#039;il faut, c&#039;est obtenir la conviction de l&#039;officier de protection en face, en étant suffisamment précis dans ses réponses, en donnant suffisamment d&#039;informations qui n&#039;appartiennent qu&#039;à soi même. C&#039;est à dire qu&#039;il faut éviter de tomber dans les généralités et il faut pouvoir comme ça se raconter de telle sorte que l&#039;officier de protection va en face se dire bon, ça ressemble à quelque chose de vécu, ça ressemble à quelque chose d&#039;intime et de particulier. Et donc je vais avoir plutôt tendance à croire la personne dans ce qu&#039;elle, dans ce qu&#039;elle me raconte. Avec le temps et face à la demande en face très très importante des demandeurs d&#039;asile dans un contexte il y a quelques années de Covid qui a vraiment laminé en fait l&#039;investissement bénévole (et on peut le comprendre vu le contexte). En fait, il a fallu aussi un petit peu se réinventer et on a commencé à privilégier beaucoup les moments collectifs, c&#039;est à dire des préparations collectives aux attentes de l&#039;OFPRA ou de la CNDA. Essayer de faire parler les gens un petit peu entre eux, pas sur des choses intimes, mais en tout cas les amener comme ça un petit peu à la verbalisation.  
Donc ça, c&#039;est pour le versant vraiment accompagnement à la demande d&#039;asile.  
En parallèle, on a pu bénéficier du recrutement d&#039;une psychologue quelques heures par semaine. Elle met en place des ateliers de médiation thérapeuthiques qui sont des espaces qui sont généralement très très appréciés des demandeuses et des demandeurs d&#039;asile. Parce que justement, ce sont à la fois des espaces où on peut faire un travail sur soi et en même temps des espaces de convivialité. On a également pu recruter un travailleur social qui a pu également pallier aux difficultés de l&#039;OFII ou de tout un tas d&#039;instances qui ne sont pas toujours très efficaces pour le dire gentiment. 
Le Lobby : C&#039;est assez difficile d&#039;avoir des statistiques sur les demandes regroupées sous l&#039;acronyme OSIG (es personnes qui s&#039;exilent en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre.) J&#039;ai lu que vous aviez accompagné à peu près plus de 800 personnes en 2018. Mais donc c&#039;est ce que vous venez de dire par rapport au Covid ça a évolué. Est ce que vous avez des chiffres pour l&#039;année 2023?  
Christophe Caulier : Alors en fait, on est en phase de transition statistique, si je puis dire. Ce qui fait que les chiffres qu&#039;on peut trouver dans notre rapport d&#039;activité antérieures de 2022-2023, sont plutôt des chiffres d&#039;accompagnement individualisés. On développe beaucoup les espaces collectifs, les ateliers collectifs. Ce qui ne veut pas dire qu&#039;on abandonne totalement le suivi individualisé, mais en tout cas, ça prend plutôt d&#039;autres formes. Et donc statistiquement, c&#039;est assez compliqué parce qu&#039;on est sur un phénomène de bascule. Et en fait, les outils statistiques ne sont pas tout à fait encore opérationnels. Je n&#039;ai pas les chiffres en tête, mais en matière d&#039;ateliers collectifs, en 2023, on a accompagné, je pense, plusieurs milliers de personnes quoi. C&#039;est compliqué aussi parce que les personnes reviennent, etc. 
Le Lobby : Et vous Booba, vous avez participé à des ateliers collectifs où c&#039;était plutôt individuel ?  
Booba Kamara : J’ai participé à plusieurs ateliers collectifs. Au moment où je suis arrivé ils étaient déjà mis en place. À côté, je suis suivi personnellement par un bénévole de l&#039;ARDHIS, Mr Laurent, et je dirais que je ne vais pas toujours à tous les ateliers collectifs de l’ARDHIS, notamment l&#039;Atelier d&#039;écriture de Français de Monsieur Christophe Caulier. Il y a aussi les ateliers de la CNDA, les ateliers de la psychologue, madame Yu, les ateliers cuisine, de danse, d&#039;arts plastiques. Il y a assez d&#039;activités pour permettre aux demandeurs et aux réfugiés de ne pas s&#039;ennuyer, d&#039;être en famille, de se créer des liens, de se faire des carnets d&#039;adresses et d&#039;être encore plus proche des différents bénévoles qui sont très, très aimables.  
Le Lobby : Quelles sont les spécificités des demandeurs et demandeuses d&#039;asile LGBT? Parce l’ARDHIS accompagne uniquement des personnes LGBT, qu&#039;est ce que ça change? Est ce que c&#039;est ce récit de soi qu&#039;il faut produire et qui met du temps à raconter, à écrire, à rassembler? Qu&#039;est ce que ça change par rapport à d&#039;autres personnes exilées qui pourraient immigrer pour d&#039;autres raisons?  
Christophe Caulier : Je ne veux pas donner l&#039;impression que c&#039;est beaucoup plus facile pour les autres catégories de personnes exilées. Mais il est vrai que, au fond, quand vous êtes une personne LGBT et que vous avez grandi dans un pays où vous n&#039;avez pas de modèle d&#039;identification, en tous cas pas de modèle positif d&#039;identification, parce que des modèles négatifs, vous en trouvez, les plus vieux du quartier, parlent du “pédé qu&#039;on a chopé” dans le quartier d&#039;à côté, etc. Des modèles d&#039;identification négatifs existent et c&#039;est un petit peu comme ça que vous accédez à qui vous êtes. Tout ça crée beaucoup de troubles. Tout ça crée de grandes difficultés de représentation.  
Et je peux vous prendre un exemple un petit peu concret. En wolof, il y a un mot qui est “gόorjigéen”, qui signifie homme, femme qui recoupe plusieurs niveaux de sens. C&#039;est un mot qui peut être relatif à l&#039;expression de genre. Un homme qui a peut être des choix vestimentaires un peu efféminés, va être potentiellement considéré comme un homme-femme. Mais ça recoupe également potentiellement des questions d&#039;identité de genre, puisque ça peut être effectivement des personnes qui sont en questionnement ou qui ont déjà une amorce de réflexion par rapport à leur identité de genre.  
Et puis ça peut aussi qualifier les hommes homosexuels, mais toujours avec l&#039;idée du féminin, de l&#039;omniprésence du féminin chez un homme, là où on devrait pas en trouver en fait. Ça sonne d&#039;ailleurs comme une menace. Les petits garçons, s&#039;ils ont des comportements jugés pas assez masculins par leur famille, vont s&#039;entendre dire si tu continues comme ça, tu vas finir gόorjigéen. Pourquoi je prends cet exemple? Je prends cet exemple parce qu&#039;en fait, si vous prenez un garçon à qui on n&#039;a jamais laissé entendre qu&#039;il risquait de devenir gόorjigéen, un garçon qui ne s&#039;est jamais fait insulter, dans une zone peut être un petit peu rurale du Sénégal, il va avoir encore plus de difficultés à comprendre qui il est. Je ne dis pas que c&#039;est formidable d&#039;être identifié à un gόorjigéen et que ça facilite la vie, mais malgré tout, vous avez comme ça une identité, même si c&#039;est une identité qui passe un petit peu par l&#039;injure. Malgré tout, c&#039;est une identité.  
Moi, je suis face parfois à des jeunes gens sénégalais qui m&#039;expliquent qu&#039;en fait, ils ont compris vers l&#039;âge de 18 ou 19 ans, même parfois plus tard en fait, qu&#039;ils étaient homosexuels parce qu&#039;ils n&#039;avaient dans leur entourage aucun mot à leur disposition pour véritablement comprendre qui ils étaient, dès lors qu&#039;ils ne subissaient pas l&#039;insulte qui malgré tout, les aidaient à se constituer. Il y a des spécificités aussi du fait que quand vous demander l&#039;asile et que vous êtes originaire d&#039;un pays en guerre, par exemple, si vous avez des papiers d&#039;identité qui peuvent montrer que vous êtes ressortissant d&#039;une zone en guerre, voilà, ça peut constituer d&#039;une certaine façon une preuve. Comme je vous le disais tout à l&#039;heure, il n&#039;y a pas de preuve formelle, il n&#039;y a rien qui peut tout à fait convaincre de façon définitive de votre orientation sexuelle, voire de votre identité de genre. C&#039;est sûr que parfois, par exemple, quelqu&#039;un qui a été militant dans son pays d&#039;origine va avoir plus de facilités peut être à démontrer en fait, que il n&#039;était pas militant LGBT dans la perspective, dix ans plus tard, de venir en France faire une demande d&#039;asile, quoi. Ça, effectivement, ça peut jouer.  
Mais il va falloir malgré tout que la personne soit en mesure de mettre des mots, quoi qu&#039;il arrive, sur la façon dont elle s&#039;est construite en tant que personne LGBT, ça ne suffira jamais. Vous pouvez apporter tous les documents que vous voulez si vous n&#039;êtes pas en mesure à l&#039; OFPRA ou à la CNDA de faire la démonstration de par vos souvenirs, de par vos expériences vécues, de votre identité de genre ou de votre orientation sexuelle, c&#039;est plié. J&#039;ajouterai pour finir que c&#039;est pas tellement sur le plan de la demande d&#039;asile, ça va être plus sur les conditions de vie en France. Encore une fois, je ne veux pas donner l&#039;impression que la vie est rose pour les autres catégories de migrants. Mais il est vrai que parfois un migrant va pouvoir bénéficier du soutien de sa communauté d&#039;origine. Et pour les personnes LGBT, c&#039;est beaucoup plus compliqué, soit parce qu&#039;elles vont devoir se planquer. Et donc c&#039;est toujours le risque du dévoilement. Soit parce qu&#039;elles vont être de toute façon repérées comme une personne LGBT. Et donc chassée. Socialement, j&#039;aurais tendance à penser que ce sont des personnes qui sont beaucoup plus vulnérables que d&#039;autres.  
Le Lobby : Et vous, par exemple, Booba, vous étiez déjà intégré dans certaines communautés LGBT en Côte d&#039;Ivoire ou est ce que vous avez vraiment attendu d&#039;être en France pour vous rapprocher de la communauté? 
Booba Kamara : Moi personnellement, vu que je viens d&#039;une famille musulmane, là bas comme l&#039;a dit Christophe tout à l&#039;heure, il n&#039;y a pas de mot pour qualifier l’homosexualité, même dans les prêches. On te parle plutôt de la fornication, du vol, de l&#039;alcool et on te dira par exemple “des infidèles peuvent être brûlés”. On te donne un avertissement, même si tu es marié, une femme mariée ou un homme marié, si cette personne est infidèle, tu sera lapidée, à plus forte raison quelqu&#039;un qui est LGBT, qui est homosexuel. Donc déjà là, tu connais ton sort depuis le bas âge tu sais, parce que tu entends fréquemment, souvent,par des mots pas trop clairs ce qui pourra t&#039;arriver. Personnellement je n&#039;ai pas pu, vu ma grande famille qui est assez connue et vu aussi mes activités aussi. Si tu te fais identifier comme une personne LGBT, ton boulot sera un enfer. C&#039;est difficile. Et je ne suis pas le seul. Bon nombre de jeunes LGBT en Côte d&#039;Ivoire sont obligés de vivre sous un voile. De faire semblant. Les hommes, ils font comme s&#039;ils sont virils. Ils sont obligés de mettre des filles pour des hommes, des garçons, de mettre des filles dans leur vie et vice versa. Des filles aussi qui sont avec des mecs.  
Mais dans le fond, c&#039;est pas leur identité, c&#039;est pas leur personne, c&#039;est comme de la tricherie, c&#039;est des personnes qui sont camouflées au vu de la société. En dehors de la famille, tu peux être d&#039;une famille chrétienne ou musulmane, mais en dehors de la famille, la société, même tu peux être lynché, comme par exemple ça se passe plusieurs fois à Yopougon, à Cocody, dans des endroits qu’on appelle des “couloirs”, ce sont des passages ouverts entre des bâtiments, des gens qui se font lynchés, battre, parce qu’on t’attend au tournant. Tu vis une vie de trouille à répétition si tu te dévoiles. Donc personnellement je n’ai pas appartenu à une communauté LGBT. Tout est caché.  
Ce que je sais c&#039;est que ce sont des réseaux, c&#039;est des codes, c&#039;est des grandes précautions. Tu peux t&#039;investir par exemple dans une petite soirée LGBT, tu peux donner des centaines de milles, mais lorsque tu vois qu&#039;il y a le danger, tu laisses pour pouvoir préserver ta vie. Donc impossible. Pour ceux qui s&#039;affichent, je pense que c&#039;est pas des LGBT en tant que tels, c&#039;est des personnes peut être qui font du business, qui veulent entrer dans des sectes ou je ne sais pas, mais c&#039;est difficile. Comme le disait tout à l&#039;heure Christophe, il y a des personnes qu&#039;on appelle des personnes efféminées. Dans notre langue, c&#039;est des garçons à femmes. C&#039;est à dire que lorsque tu es efféminé, automatiquement tu es catalogué comme LGBT. Pourtant c&#039;est pas forcément le cas. Il y a des endroits du pays, de la ville où tu ne peux pas entrer. Parfois tu dois changer ta démarche, ton style vestimentaire, pour avoir accès à certains endroits.  
Donc c&#039;est vraiment très pénible pour des personnes qui veulent le faire. Moi je me rappelle y&#039;a il y avait un jeune en Angleterre qui voulait installer un festival LGBT, ils m&#039;avaient sollicité vu que j&#039;étais dans l&#039;événementiel, mais j&#039;ai carrément repoussé du revers de la main pour ne pas m&#039;exposer.  
Le Lobby : Merci pour ce partage. Je voulais un peu revenir sur la loi immigration que vous avez évoqué tout à l&#039;heure. Est ce que vous ça a changé quelque chose concrètement à l’ARDHIS ? 
Christophe Caulier : Je peux vous donner un exemple concret:jusqu&#039;à présent, la CNDA était à Montreuil, donc la cour d&#039;appel de décision. L&#039;OFPRA est à Montreuil. Donc on pouvait s&#039;attendre, par exemple, à ce que tous les avocats qui intervenaient à la CNDA étaient un petit peu au fait, avaient fini par se former, s&#039;auto former à la question LGBT. Là, le projet, c&#039;est quand même la création d&#039;instances d&#039;appel dans différents tribunaux dans les régions. La CNDA elle est ce qu’elle est, mais il y a au moins comme ça une espèce d&#039;uniformisation des décisions. C&#039;est pas qu&#039;elle est sous surveillance plus facilement par les associations, mais il y a quand même un petit peu de ça. Malgré tout, on échange entre associations sur la situation, sur ce qui va, ce qui ne va pas, etc. C&#039;est relativement facile parce que tout s&#039;y passe. Là, avec la régionalisation des cours d&#039;appel de la demande d&#039;asile, en fait, on est à peu près sûr que dans certaines régions, il va se passer à peu près n&#039;importe quoi sans qu&#039;il y ait de possibilité de contrôle, c&#039;est à dire qu&#039;il y a des régions quand même où il n&#039;y a pas d&#039;associations LGBT très calées sur les questions de la demande d&#039;asile. Alors, je ne veux pas accabler les avocats, mais on va potentiellement se retrouver peut être avec des avocats qui ne sont pas du tout familiers des spécificités de la demande d&#039;asile LGBT. Donc voilà, ça fait partie de nos grandes craintes. Il y a un autre projet qui est alors, lui, à titre vraiment expérimental, c&#039;est la création de France Asile, c&#039;est à dire une modification totale des premiers rendez vous à la préfecture quand on va demander l&#039;asile. C&#039;est à dire que ce que prévoit la loi, c&#039;est que quand les demandeurs d&#039;asile iront en préfecture pour leur premier rendez vous, d&#039;emblée ils rencontreront un personnel de l&#039;OFPRA qui leur posera un certain nombre de questions, de sorte à faire une espèce de proto récit de vie. Or, on sait, nous, à l&#039;expérience, que plus les demandeurs d&#039;asile LGBT sont sollicités tôt dans leur parcours, plus il y a des freins à l&#039;expression. Donc il va s&#039;agir de personnes qui, presque parfois sitôt arrivées sur le territoire, vont devoir comme ça devant tout le monde, peut être avec un interprète de leur communauté d&#039;origine, devoir dire qu&#039;ils sont LGBT. On est à peu près certains qu&#039;il y a tout un tas de personnes comme ça qui n&#039;oseront pas le dire. L&#039;Etat nous promet toujours monts et merveilles en matière de garantie, de sécurité, de protection mais on sait pertinemment qu&#039;il y a tout un tas de personnes qui vont passer sous les radars parce qu&#039;elles n&#039;oseront pas s&#039;exprimer d&#039;emblée. La grande crainte de l&#039;Etat français, si on en juge par sa législation depuis quelques années en matière de droit d&#039;asile, c&#039;est que les gens prennent racine au fond. C&#039;est à dire qu&#039;il faut toujours raccourcir davantage la durée des procédures. Ce qui peut être intéressant parce que quand ça marche, en fait, les demandeurs d&#039;asile peuvent faire leur vie ultérieurement en tant que réfugié. Mais en même temps, comme je vous le disais sur le cas des personnes LGBTI, il faut pouvoir faire ce cheminement intellectuel, psychologique, émotionnel qui va vous amener à raconter votre vie en fait, et avec des délais très courts. On sait pertinemment que ce n&#039;est pas possible. Mais il y a comme ça cette obsession absolument totale à ce que tout aille vite pour que si ça aboutit à une décision négative, on puisse expulser rapidement les personnes avant qu&#039;il y ait un réseau associatif autour d&#039;elle, avant qu&#039;elle se soit fait des amis, etc.  
Le Lobby : Cette loi immigration s&#039;inscrit totalement dans un projet anti-immigration de droite et d&#039;extrême droite. Là, par rapport aux législatives, on a vu que les partis ont sorti leurs leur programme. Du côté du Rassemblement national, ils portent des mesures complètement racistes et anti-immigration. Ils parlent de supposées “pompes aspirantes de l&#039;immigration”, ils veulent la suppression de l&#039;aide médicale d&#039;État. Et on a aussi beaucoup parlé de la notion de “préférence nationale”. Est ce que vous pouvez nous dire un peu ce qu&#039;elle recouvre et comment vous voyez tout cela?  
Christophe Caulier : Alors, la suppression de l’AME, c&#039;est un vieux fantasme qui court à droite et à l&#039;extrême droite depuis très très longtemps, qui va à l&#039;encontre de toutes les préconisations médicales d&#039;ailleurs, puisqu&#039;on sait pertinemment que si on peut s&#039;épargner des foyers infectieux, autant le faire et que là, elle est supposée pouvoir permettre cela. Donc ça, c&#039;est une idée stupide. La suppression de l’AME de façon quasi miraculeuse, mais avec la promesse que de toute façon le gouvernement proposerait une loi à part sur une réforme de l&#039;AME. Là, on peut être sûr qu&#039;effectivement ça fera partie des projets de loi. Si le RN passe, qui sera assez facilement mis sur le tapis, on peut s&#039;y attendre sur les questions de préférence nationale. Moi, j&#039;identifie là peut être surtout un risque en matière d&#039;hébergement. Il y a sans doute un certain nombre de garde fous pour l&#039;instant, qui pourront permettre de peut être protéger les demandeurs d&#039;asile sur leur espace d&#039;hébergement. Parce que je pense que la nature des structures qui offrent ces hébergements fait que. Mais on peut être à peu près sûr que de toute façon des bâtons seront mis dans leurs roues, ça c&#039;est sûr et certain. Mais par contre, sur la situation des réfugiés, oui, moi je pense qu&#039;on peut s&#039;attendre au pire, et notamment à l&#039;exclusion des réfugiés de tout un tas d&#039; accès au logement. Oui, bien sûr.  
Le Lobby : Et vous Booba, vous m&#039;avez dit que vous n&#039;avez pas encore le droit de vote en France puisque vous êtes en demande d&#039;asile. Quel est votre point de vue sur ce que proposent les divers partis qui se présentent aux Législatives ? 
Booba Kamara : Nous en tant que refugiés demandeurs d&#039;asile, au nom de tous les immigrés qui sont au sein de notre association. Nous, on demande tout simplement une situation stable pour pouvoir vivre notre homosexualité, pour pouvoir être dans des endroits où nous sommes protégés. Voilà pourquoi bon nombre de refugiés LGBT ont choisi la France, d&#039;autres qui ont eu des parcours migratoires très difficiles, qui sont passés par l&#039;océan Atlantique, ont traversé le désert. Et lorsqu&#039;ils trouvent un point de chute où ils pensent poser la tête pour se reposer, et lorsqu&#039;ils constatent que les choses en cours sont mises en place, pas par les individus, mais par l&#039;Etat lui-même pour pouvoir empirer la situation. C’est déjà catastrophique psychologiquement. C&#039;est une grosse inquiétude pour moi. Personnellement, lorsque j&#039;entends RN, j&#039;ai déjà peur. Pourtant c&#039;est juste une composition de deux lettres. Mais quand j&#039;entends RN tout ce que le RN est en train de prévoir pour pouvoir serrer l&#039;étau sur la condition de vie des immigrés et encore plus les LGBT, je pense qu’il faut que ce quelque chose soit fait pour quand même porter assistance à ces personnes LGBT qui sont généralement marginalisées dans leurs pays d&#039;origine. Lorsqu&#039;elles se retrouvent en France,  elles pensent réellement avoir une seconde vie. C&#039;est comme une forme de renaissance. L’ARDHIS est en train de jouer sa part pendant qu’au sommet de l&#039;Etat, nous sommes en train de voir différents changements. J&#039;ai la gorge nouée lorsque j&#039;en parle parce que c&#039;est difficile. Je sais qu’il y a beaucoup des demandeurs et des réfugiés que je connais qui sont dans une situation encore précaire, qui sont dans des centres d&#039;accueil parce qu&#039;il faudra quand même revoir la politique d&#039;hébergement des personnes LGBT. Ces personnes sont dans des situations très difficiles qui ne laissent pas entrevoir parce que bon nombre sont ce qu&#039;ils arrivent pas à s&#039;exprimer. Et Dieu merci, il y a des bénévoles qui savent quand même détecter à travers quelques lignes les différents soucis. Et moi je pense que il faudrait que l&#039;Etat réfléchisse à cela pour vraiment essayer d&#039;être un peu plus docile sur celui des immigrés, surtout de notre communauté LGBTI. 
Christophe Caulier : Il y a quelque chose que j&#039;aimerais ajouter. Parmi les craintes également, je pense qu&#039;on peut évoquer celle d&#039;une espèce de décompensations de la société. C&#039;est à dire que là, l&#039;élection potentielle du RN, ça va être une espèce de blanc seing donné à tout un tas de comportements LGBTphobes, de très grandes violences. Et puis cumulées à la haine de l&#039;étranger. Enfin, on imagine bien que les personnes LGBT étrangères vont être vraiment à l&#039;intersection d&#039;une haine assez féroce. 


    L&#039;équipe de l&#039;émission
    
Présentation : Zoé Monrozier 
Réalisation : Colin Gruel 
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    Le 20 juin, c'était la journée mondiale des réfugié.e.s. À cette occasion, on parle des parcours semés d'embûches de exilé.e.s LGBT+.
    
Vous n’êtes pas sans savoir que depuis les élections européennes, la France est sous tension. Disons qu’elle l’était déjà avant, que la montée de l’extrême droite inquiétait, mais l’énorme taux de vote en faveur du RN suivie de l'inattendue dissolution de l’Assemblée Nationale par le président de la république a réellement fait l’effet d’une bombe dans le paysage politique et social, elle a fait naître la crainte fondée que l’extrême droite pourrait siéger à l’assemblée non dans 3 ans, soit aux prochaines élections présidentielles, mais là, maintenant, en juillet 2024.  
Nous avons très peu de temps pour nous organiser, gauche antifasciste, écolos et consorts, afin de ne pas laisser les fachos nous submerger davantage.  
Si le RN remporte une majorité de sièges à l’assemblée, les premières victimes seront - oh surprise ! - les personnes les plus précaires, déjà marginalisées, en premier lieu, les exilé.e.s. Puisque nous sommes au Lobby, en ce lendemain de journée mondiale des réfugié.e.s, nous nous intéressons cette semaine aux exilé.e.s queers. 
Pour en parler, nous recevons : 
• Christophe Caulier, co-président de l'Ardhis 
• Booba Camara, membre du conseil d'administration de l'Ardhis 

Le site internet de l'Ardhis : https://ardhis.org/ 

Le Lobby : Comment vous avez vécu ces derniers jours ? 
Christophe Caulier : C'était des journées assez pénibles pour ne rien vous cacher. On a essayé de communiquer de façon pas trop anxiogène auprès des demandeurs d'asile que nous accompagnons et en même temps en essayant au maximum de ne rien dissimuler quant aux enjeux en cours. Ça s'agite beaucoup dans le microcosme LGBT+ et également dans le microcosme de l'accompagnement des demandeurs d'asile et des réfugiés. On essaie de se réunir, on essaie d'échanger, on essaye de discuter. On n'est pas tous complètement sûrs que ça change quoi que ce soit. Les électeurs ont l'air assez déterminés dans leur vote. Ça a l'air d'être malheureusement assez stabilisé. On est quelques uns et quelques unes à essayer d'anticiper l'avenir, à essayer de voir un petit peu quelles pourraient être les premières mesures du RN si jamais le RN obtient une majorité à l'Assemblée nationale.  
Booba Kamara : Oui, comme l'a dit Christophe, ces dernières semaines ont été très plus agitées. Avec l’ARDHIS, nous avons des actions d'envergure. Nous nous sommes retrouvés sur différents sites pour pouvoir exprimer pas forcément notre ras le bol, mais exprimer nos inquiétudes face à la montée en puissance du RN. Et c'est une situation qui n'est pas faite pour nous arranger. Parce que nous, dans un premier temps, en tant que demandeurs d'asile ou réfugiés, vu les différentes persécutions et les violences que nous avons subi dans nos différents pays d'origine, cette position du RN à l'Assemblée nationale sera très inquiétante et pour les futurs réfugiés, ça sera catastrophique. 
Le Lobby : On a régulièrement reçu des invités pour nous parler de la situation des LGBT dans le monde. Je pense à Igor Chervinsky, un militant ukrainien réfugié en France, ou encore Sébastien Tüller qui nous avait parlé de la situation en Ouganda il y a quelques mois. D'ailleurs, vous pouvez écouter ou lire nos entretiens sur le site de Radio Campus. On sait que les droits des personnes LGBT sont complètement inégaux dans le monde et la France jouit plutôt d'une image positive quant à l'immigration, c'est un pays vu comme assez accueillant, notamment envers les LGBT. Peut être que vous pouvez un peu nuancer cette image,Christophe et Booba. 
Christophe Caulier : Je vais partir d'un exemple que je cite assez souvent. Quand en 2013, il y a eu les débats autour du mariage pour tous en France, ils ont été relayés dans un certain nombre de pays francophones parmi nos ex-colonies. Il y a un proverbe ivoirien qui dit “quand il pleut à Paris, Abidjan est mouillé.” Et c'est vrai qu'en 2013, un certain nombre de personnes qui n'avez peut être pas accès aux informations auparavant ont ainsi découvert qu'en France, et puis plus généralement en Europe, il y avait un certain nombre de lois protectrices à l'endroit des personnes LGBT. Et ça a contribué comme ça à asseoir auprès des personnes LGBT dans leur pays d'origine respectifs, une certaine image positive de la France et en parallèle à dégrader l'image de la France auprès des personnalités politiques les plus réactionnaires des dits pays. Pour l'heure, je ne sais pas exactement dans quelle mesure les dernières évolutions -il y a les législatives-, mais bien avant, malgré tout, il y a eu la nouvelle loi asile immigration qui a quand même été assez sévère sur l'accueil, en tout cas des demandeurs d'asile et des personnes réfugiées, LGBT ou non, en France. Il y a eu ensuite assez rapidement les nouvelles directives européennes en matière d'asile, qui sont une catastrophe puisqu'en fait on voit se dessiner une tendance très, très inquiétante, c'est à dire faire une espèce de pré tri aux frontières européennes, mais à l'extérieur des frontières européennes. Déterminer si les personnes ont vocation ou non à entrer sur le territoire européen pour y déposer une demande d'asile. Donc tout ça s'inscrit dans une continuité navrante. Je ne suis pas en mesure de vous dire très exactement comment toutes ces informations se sont déjà un petit peu propagées, en tout cas dans les milieux LGBT militants des pays de la francophonie. 
Le Lobby : Et vous Booba, comment vous avez connu l’ARDHIS et ça fait combien de temps que vous êtes en France? 
Booba Camara: Merci pour la question, ça me fera un an que je suis en France. Lorsque je suis arrivé, je me suis donné un temps de repos parce que émotionnellement j'étais vraiment touché et aussi je n'avais pas de repères, j'étais vraiment perdu et même pour se déplacer, je ne savais même pas que le Navigo existait. Moi j’avais cette volonté de vivre mon homosexualité parce que disons, cela fait bientôt 40 ans que je suis dans mon pays, en Côte d'Ivoire et on vit dans des situations qu'on n'arrive pas à exprimer. Notre homosexualité est camouflée, même sur les réseaux sociaux, toujours obligé de t'afficher avec des personnes. Lorsque il y a des débats LGBT, tu es obligé de te ranger aux côtés des homophobes.  
Donc arrivé en France, je me suis donné un temps pour pouvoir essayer un tant soit peu. Dans mes nombreuses recherches -je suis un friand de l'internet- je voulais appartenir à une communauté qui pourra m'écouter, m'épauler, me faire des amis. Qui pourra un tant soit peu m'orienter. Et dans mes recherches, j'ai vu plusieurs associations. Je suis parti dans différentes associations, je me suis baladé et j'ai rien vu. Il y a beaucoup d'associations donc je cherche encore et je vois ARDHIS. D'abord, j'ai défilé et ce qui m'a impressionné, c'est la beauté, la qualité du logo qui a été fait. Parce que ça représente les couleurs LGBTI. Mais ensuite je vois que dans le logo, tous les continents du monde sont représentés dans le logo et super, c'est un bon graphiste. J'étais d'abord attiré par le logo et j'ai commencé à défiler sur la page. Je vois les actions, je cherche l'adresse. On me fait savoir que c'est samedi, il y a une permanence et samedi j'arrive, je vois du monde, je vois des personnes et sans le savoir, je tombe sur la coprésidente Aude. Il y avait du monde avant moi, on me disait que ça allait être fermé et moi j'ai juste sauté sur l’occasion parce que j'ai vu l'ambiance. C'était chaleureux. Je ne savais pas qu'elle était présidente. J'ai expliqué ma préoccupation et elle a pris à bras le corps et depuis lors, j'ai plus cherché à partir vers d'autres associations et j'ai fait ça de ma famille. Voilà, donc c'est comme ça. 
Le Lobby : Pour revenir à ma question concernant l'immigration, dans les faits, ça reste assez compliqué pour les personnes qui veulent venir en France pour des raisons liées à leur genre ou à leur sexualité, à l’ARDHIS vous êtes les premiers à le voir et à aider ces personnes dans leur parcours d'immigration, d'intégration en France. Comment vous accompagnez ces personnes en exil?  
Christophe Caulier : Historiquement, on a beaucoup fait d'accompagnement très individualisé. C'est à dire que quand une personne se présentait, si elle était au début de sa procédure, on l'aidait à écrire son récit, c'est à dire qu'on l'aidait à exprimer des choses dont elle n'avait parfois jamais parlé. C'est un exercice qui est particulièrement difficile pour les personnes de devoir mettre des mots sur des expériences, sur des choses qui sont très intériorisées et, encore une fois, des événements, des souvenirs qu'elles n'ont pas nécessairement interrogées, qu'elles n'ont pas nécessairement mis en perspective et surtout pas dans la perspective d'une demande d'asile. On a essayé aussi d'aider les personnes au moment où elles passaient à l OFPRA. C'est un exercice, le passage à l'OFPRA, c'est à dire qu'il y a des attentes des institutions en matière de, encore une fois, d'expression de soi, d'être capable de répondre aux attentes. Alors, ce ne sont pas des attentes nécessairement stéréotypées de la part de l'OFPRA, mais en tout cas, c'est une espèce de calibrage. Il faut être capable de pouvoir parler, par exemple, de la façon dont on s'est rendu compte qu'on était gay, lesbienne ou trans. C'est à dire qu'il va falloir se remémorer un petit peu toutes les différentes étapes de la construction de sa personnalité en la matière. Et ça, c'est pas un travail non plus qui est forcément très très évident pour les personnes qu'on rencontre. 
Le Lobby : Est ce que vous diriez qu'il faut un peu prouver la discrimination dont on est victime?  
Christophe Caulier : Il n'y a pas une dimension de preuve au fond, parce que on part du principe que être LGBT, on ne peut pas le prouver. En fait, ce qu'il faut, c'est obtenir la conviction de l'officier de protection en face, en étant suffisamment précis dans ses réponses, en donnant suffisamment d'informations qui n'appartiennent qu'à soi même. C'est à dire qu'il faut éviter de tomber dans les généralités et il faut pouvoir comme ça se raconter de telle sorte que l'officier de protection va en face se dire bon, ça ressemble à quelque chose de vécu, ça ressemble à quelque chose d'intime et de particulier. Et donc je vais avoir plutôt tendance à croire la personne dans ce qu'elle, dans ce qu'elle me raconte. Avec le temps et face à la demande en face très très importante des demandeurs d'asile dans un contexte il y a quelques années de Covid qui a vraiment laminé en fait l'investissement bénévole (et on peut le comprendre vu le contexte). En fait, il a fallu aussi un petit peu se réinventer et on a commencé à privilégier beaucoup les moments collectifs, c'est à dire des préparations collectives aux attentes de l'OFPRA ou de la CNDA. Essayer de faire parler les gens un petit peu entre eux, pas sur des choses intimes, mais en tout cas les amener comme ça un petit peu à la verbalisation.  
Donc ça, c'est pour le versant vraiment accompagnement à la demande d'asile.  
En parallèle, on a pu bénéficier du recrutement d'une psychologue quelques heures par semaine. Elle met en place des ateliers de médiation thérapeuthiques qui sont des espaces qui sont généralement très très appréciés des demandeuses et des demandeurs d'asile. Parce que justement, ce sont à la fois des espaces où on peut faire un travail sur soi et en même temps des espaces de convivialité. On a également pu recruter un travailleur social qui a pu également pallier aux difficultés de l'OFII ou de tout un tas d'instances qui ne sont pas toujours très efficaces pour le dire gentiment. 
Le Lobby : C'est assez difficile d'avoir des statistiques sur les demandes regroupées sous l'acronyme OSIG (es personnes qui s'exilent en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre.) J'ai lu que vous aviez accompagné à peu près plus de 800 personnes en 2018. Mais donc c'est ce que vous venez de dire par rapport au Covid ça a évolué. Est ce que vous avez des chiffres pour l'année 2023?  
Christophe Caulier : Alors en fait, on est en phase de transition statistique, si je puis dire. Ce qui fait que les chiffres qu'on peut trouver dans notre rapport d'activité antérieures de 2022-2023, sont plutôt des chiffres d'accompagnement individualisés. On développe beaucoup les espaces collectifs, les ateliers collectifs. Ce qui ne veut pas dire qu'on abandonne totalement le suivi individualisé, mais en tout cas, ça prend plutôt d'autres formes. Et donc statistiquement, c'est assez compliqué parce qu'on est sur un phénomène de bascule. Et en fait, les outils statistiques ne sont pas tout à fait encore opérationnels. Je n'ai pas les chiffres en tête, mais en matière d'ateliers collectifs, en 2023, on a accompagné, je pense, plusieurs milliers de personnes quoi. C'est compliqué aussi parce que les personnes reviennent, etc. 
Le Lobby : Et vous Booba, vous avez participé à des ateliers collectifs où c'était plutôt individuel ?  
Booba Kamara : J’ai participé à plusieurs ateliers collectifs. Au moment où je suis arrivé ils étaient déjà mis en place. À côté, je suis suivi personnellement par un bénévole de l'ARDHIS, Mr Laurent, et je dirais que je ne vais pas toujours à tous les ateliers collectifs de l’ARDHIS, notamment l'Atelier d'écriture de Français de Monsieur Christophe Caulier. Il y a aussi les ateliers de la CNDA, les ateliers de la psychologue, madame Yu, les ateliers cuisine, de danse, d'arts plastiques. Il y a assez d'activités pour permettre aux demandeurs et aux réfugiés de ne pas s'ennuyer, d'être en famille, de se créer des liens, de se faire des carnets d'adresses et d'être encore plus proche des différents bénévoles qui sont très, très aimables.  
Le Lobby : Quelles sont les spécificités des demandeurs et demandeuses d'asile LGBT? Parce l’ARDHIS accompagne uniquement des personnes LGBT, qu'est ce que ça change? Est ce que c'est ce récit de soi qu'il faut produire et qui met du temps à raconter, à écrire, à rassembler? Qu'est ce que ça change par rapport à d'autres personnes exilées qui pourraient immigrer pour d'autres raisons?  
Christophe Caulier : Je ne veux pas donner l'impression que c'est beaucoup plus facile pour les autres catégories de personnes exilées. Mais il est vrai que, au fond, quand vous êtes une personne LGBT et que vous avez grandi dans un pays où vous n'avez pas de modèle d'identification, en tous cas pas de modèle positif d'identification, parce que des modèles négatifs, vous en trouvez, les plus vieux du quartier, parlent du “pédé qu'on a chopé” dans le quartier d'à côté, etc. Des modèles d'identification négatifs existent et c'est un petit peu comme ça que vous accédez à qui vous êtes. Tout ça crée beaucoup de troubles. Tout ça crée de grandes difficultés de représentation.  
Et je peux vous prendre un exemple un petit peu concret. En wolof, il y a un mot qui est “gόorjigéen”, qui signifie homme, femme qui recoupe plusieurs niveaux de sens. C'est un mot qui peut être relatif à l'expression de genre. Un homme qui a peut être des choix vestimentaires un peu efféminés, va être potentiellement considéré comme un homme-femme. Mais ça recoupe également potentiellement des questions d'identité de genre, puisque ça peut être effectivement des personnes qui sont en questionnement ou qui ont déjà une amorce de réflexion par rapport à leur identité de genre.  
Et puis ça peut aussi qualifier les hommes homosexuels, mais toujours avec l'idée du féminin, de l'omniprésence du féminin chez un homme, là où on devrait pas en trouver en fait. Ça sonne d'ailleurs comme une menace. Les petits garçons, s'ils ont des comportements jugés pas assez masculins par leur famille, vont s'entendre dire si tu continues comme ça, tu vas finir gόorjigéen. Pourquoi je prends cet exemple? Je prends cet exemple parce qu'en fait, si vous prenez un garçon à qui on n'a jamais laissé entendre qu'il risquait de devenir gόorjigéen, un garçon qui ne s'est jamais fait insulter, dans une zone peut être un petit peu rurale du Sénégal, il va avoir encore plus de difficultés à comprendre qui il est. Je ne dis pas que c'est formidable d'être identifié à un gόorjigéen et que ça facilite la vie, mais malgré tout, vous avez comme ça une identité, même si c'est une identité qui passe un petit peu par l'injure. Malgré tout, c'est une identité.  
Moi, je suis face parfois à des jeunes gens sénégalais qui m'expliquent qu'en fait, ils ont compris vers l'âge de 18 ou 19 ans, même parfois plus tard en fait, qu'ils étaient homosexuels parce qu'ils n'avaient dans leur entourage aucun mot à leur disposition pour véritablement comprendre qui ils étaient, dès lors qu'ils ne subissaient pas l'insulte qui malgré tout, les aidaient à se constituer. Il y a des spécificités aussi du fait que quand vous demander l'asile et que vous êtes originaire d'un pays en guerre, par exemple, si vous avez des papiers d'identité qui peuvent montrer que vous êtes ressortissant d'une zone en guerre, voilà, ça peut constituer d'une certaine façon une preuve. Comme je vous le disais tout à l'heure, il n'y a pas de preuve formelle, il n'y a rien qui peut tout à fait convaincre de façon définitive de votre orientation sexuelle, voire de votre identité de genre. C'est sûr que parfois, par exemple, quelqu'un qui a été militant dans son pays d'origine va avoir plus de facilités peut être à démontrer en fait, que il n'était pas militant LGBT dans la perspective, dix ans plus tard, de venir en France faire une demande d'asile, quoi. Ça, effectivement, ça peut jouer.  
Mais il va falloir malgré tout que la personne soit en mesure de mettre des mots, quoi qu'il arrive, sur la façon dont elle s'est construite en tant que personne LGBT, ça ne suffira jamais. Vous pouvez apporter tous les documents que vous voulez si vous n'êtes pas en mesure à l' OFPRA ou à la CNDA de faire la démonstration de par vos souvenirs, de par vos expériences vécues, de votre identité de genre ou de votre orientation sexuelle, c'est plié. J'ajouterai pour finir que c'est pas tellement sur le plan de la demande d'asile, ça va être plus sur les conditions de vie en France. Encore une fois, je ne veux pas donner l'impression que la vie est rose pour les autres catégories de migrants. Mais il est vrai que parfois un migrant va pouvoir bénéficier du soutien de sa communauté d'origine. Et pour les personnes LGBT, c'est beaucoup plus compliqué, soit parce qu'elles vont devoir se planquer. Et donc c'est toujours le risque du dévoilement. Soit parce qu'elles vont être de toute façon repérées comme une personne LGBT. Et donc chassée. Socialement, j'aurais tendance à penser que ce sont des personnes qui sont beaucoup plus vulnérables que d'autres.  
Le Lobby : Et vous, par exemple, Booba, vous étiez déjà intégré dans certaines communautés LGBT en Côte d'Ivoire ou est ce que vous avez vraiment attendu d'être en France pour vous rapprocher de la communauté? 
Booba Kamara : Moi personnellement, vu que je viens d'une famille musulmane, là bas comme l'a dit Christophe tout à l'heure, il n'y a pas de mot pour qualifier l’homosexualité, même dans les prêches. On te parle plutôt de la fornication, du vol, de l'alcool et on te dira par exemple “des infidèles peuvent être brûlés”. On te donne un avertissement, même si tu es marié, une femme mariée ou un homme marié, si cette personne est infidèle, tu sera lapidée, à plus forte raison quelqu'un qui est LGBT, qui est homosexuel. Donc déjà là, tu connais ton sort depuis le bas âge tu sais, parce que tu entends fréquemment, souvent,par des mots pas trop clairs ce qui pourra t'arriver. Personnellement je n'ai pas pu, vu ma grande famille qui est assez connue et vu aussi mes activités aussi. Si tu te fais identifier comme une personne LGBT, ton boulot sera un enfer. C'est difficile. Et je ne suis pas le seul. Bon nombre de jeunes LGBT en Côte d'Ivoire sont obligés de vivre sous un voile. De faire semblant. Les hommes, ils font comme s'ils sont virils. Ils sont obligés de mettre des filles pour des hommes, des garçons, de mettre des filles dans leur vie et vice versa. Des filles aussi qui sont avec des mecs.  
Mais dans le fond, c'est pas leur identité, c'est pas leur personne, c'est comme de la tricherie, c'est des personnes qui sont camouflées au vu de la société. En dehors de la famille, tu peux être d'une famille chrétienne ou musulmane, mais en dehors de la famille, la société, même tu peux être lynché, comme par exemple ça se passe plusieurs fois à Yopougon, à Cocody, dans des endroits qu’on appelle des “couloirs”, ce sont des passages ouverts entre des bâtiments, des gens qui se font lynchés, battre, parce qu’on t’attend au tournant. Tu vis une vie de trouille à répétition si tu te dévoiles. Donc personnellement je n’ai pas appartenu à une communauté LGBT. Tout est caché.  
Ce que je sais c'est que ce sont des réseaux, c'est des codes, c'est des grandes précautions. Tu peux t'investir par exemple dans une petite soirée LGBT, tu peux donner des centaines de milles, mais lorsque tu vois qu'il y a le danger, tu laisses pour pouvoir préserver ta vie. Donc impossible. Pour ceux qui s'affichent, je pense que c'est pas des LGBT en tant que tels, c'est des personnes peut être qui font du business, qui veulent entrer dans des sectes ou je ne sais pas, mais c'est difficile. Comme le disait tout à l'heure Christophe, il y a des personnes qu'on appelle des personnes efféminées. Dans notre langue, c'est des garçons à femmes. C'est à dire que lorsque tu es efféminé, automatiquement tu es catalogué comme LGBT. Pourtant c'est pas forcément le cas. Il y a des endroits du pays, de la ville où tu ne peux pas entrer. Parfois tu dois changer ta démarche, ton style vestimentaire, pour avoir accès à certains endroits.  
Donc c'est vraiment très pénible pour des personnes qui veulent le faire. Moi je me rappelle y'a il y avait un jeune en Angleterre qui voulait installer un festival LGBT, ils m'avaient sollicité vu que j'étais dans l'événementiel, mais j'ai carrément repoussé du revers de la main pour ne pas m'exposer.  
Le Lobby : Merci pour ce partage. Je voulais un peu revenir sur la loi immigration que vous avez évoqué tout à l'heure. Est ce que vous ça a changé quelque chose concrètement à l’ARDHIS ? 
Christophe Caulier : Je peux vous donner un exemple concret:jusqu'à présent, la CNDA était à Montreuil, donc la cour d'appel de décision. L'OFPRA est à Montreuil. Donc on pouvait s'attendre, par exemple, à ce que tous les avocats qui intervenaient à la CNDA étaient un petit peu au fait, avaient fini par se former, s'auto former à la question LGBT. Là, le projet, c'est quand même la création d'instances d'appel dans différents tribunaux dans les régions. La CNDA elle est ce qu’elle est, mais il y a au moins comme ça une espèce d'uniformisation des décisions. C'est pas qu'elle est sous surveillance plus facilement par les associations, mais il y a quand même un petit peu de ça. Malgré tout, on échange entre associations sur la situation, sur ce qui va, ce qui ne va pas, etc. C'est relativement facile parce que tout s'y passe. Là, avec la régionalisation des cours d'appel de la demande d'asile, en fait, on est à peu près sûr que dans certaines régions, il va se passer à peu près n'importe quoi sans qu'il y ait de possibilité de contrôle, c'est à dire qu'il y a des régions quand même où il n'y a pas d'associations LGBT très calées sur les questions de la demande d'asile. Alors, je ne veux pas accabler les avocats, mais on va potentiellement se retrouver peut être avec des avocats qui ne sont pas du tout familiers des spécificités de la demande d'asile LGBT. Donc voilà, ça fait partie de nos grandes craintes. Il y a un autre projet qui est alors, lui, à titre vraiment expérimental, c'est la création de France Asile, c'est à dire une modification totale des premiers rendez vous à la préfecture quand on va demander l'asile. C'est à dire que ce que prévoit la loi, c'est que quand les demandeurs d'asile iront en préfecture pour leur premier rendez vous, d'emblée ils rencontreront un personnel de l'OFPRA qui leur posera un certain nombre de questions, de sorte à faire une espèce de proto récit de vie. Or, on sait, nous, à l'expérience, que plus les demandeurs d'asile LGBT sont sollicités tôt dans leur parcours, plus il y a des freins à l'expression. Donc il va s'agir de personnes qui, presque parfois sitôt arrivées sur le territoire, vont devoir comme ça devant tout le monde, peut être avec un interprète de leur communauté d'origine, devoir dire qu'ils sont LGBT. On est à peu près certains qu'il y a tout un tas de personnes comme ça qui n'oseront pas le dire. L'Etat nous promet toujours monts et merveilles en matière de garantie, de sécurité, de protection mais on sait pertinemment qu'il y a tout un tas de personnes qui vont passer sous les radars parce qu'elles n'oseront pas s'exprimer d'emblée. La grande crainte de l'Etat français, si on en juge par sa législation depuis quelques années en matière de droit d'asile, c'est que les gens prennent racine au fond. C'est à dire qu'il faut toujours raccourcir davantage la durée des procédures. Ce qui peut être intéressant parce que quand ça marche, en fait, les demandeurs d'asile peuvent faire leur vie ultérieurement en tant que réfugié. Mais en même temps, comme je vous le disais sur le cas des personnes LGBTI, il faut pouvoir faire ce cheminement intellectuel, psychologique, émotionnel qui va vous amener à raconter votre vie en fait, et avec des délais très courts. On sait pertinemment que ce n'est pas possible. Mais il y a comme ça cette obsession absolument totale à ce que tout aille vite pour que si ça aboutit à une décision négative, on puisse expulser rapidement les personnes avant qu'il y ait un réseau associatif autour d'elle, avant qu'elle se soit fait des amis, etc.  
Le Lobby : Cette loi immigration s'inscrit totalement dans un projet anti-immigration de droite et d'extrême droite. Là, par rapport aux législatives, on a vu que les partis ont sorti leurs leur programme. Du côté du Rassemblement national, ils portent des mesures complètement racistes et anti-immigration. Ils parlent de supposées “pompes aspirantes de l'immigration”, ils veulent la suppression de l'aide médicale d'État. Et on a aussi beaucoup parlé de la notion de “préférence nationale”. Est ce que vous pouvez nous dire un peu ce qu'elle recouvre et comment vous voyez tout cela?  
Christophe Caulier : Alors, la suppression de l’AME, c'est un vieux fantasme qui court à droite et à l'extrême droite depuis très très longtemps, qui va à l'encontre de toutes les préconisations médicales d'ailleurs, puisqu'on sait pertinemment que si on peut s'épargner des foyers infectieux, autant le faire et que là, elle est supposée pouvoir permettre cela. Donc ça, c'est une idée stupide. La suppression de l’AME de façon quasi miraculeuse, mais avec la promesse que de toute façon le gouvernement proposerait une loi à part sur une réforme de l'AME. Là, on peut être sûr qu'effectivement ça fera partie des projets de loi. Si le RN passe, qui sera assez facilement mis sur le tapis, on peut s'y attendre sur les questions de préférence nationale. Moi, j'identifie là peut être surtout un risque en matière d'hébergement. Il y a sans doute un certain nombre de garde fous pour l'instant, qui pourront permettre de peut être protéger les demandeurs d'asile sur leur espace d'hébergement. Parce que je pense que la nature des structures qui offrent ces hébergements fait que. Mais on peut être à peu près sûr que de toute façon des bâtons seront mis dans leurs roues, ça c'est sûr et certain. Mais par contre, sur la situation des réfugiés, oui, moi je pense qu'on peut s'attendre au pire, et notamment à l'exclusion des réfugiés de tout un tas d' accès au logement. Oui, bien sûr.  
Le Lobby : Et vous Booba, vous m'avez dit que vous n'avez pas encore le droit de vote en France puisque vous êtes en demande d'asile. Quel est votre point de vue sur ce que proposent les divers partis qui se présentent aux Législatives ? 
Booba Kamara : Nous en tant que refugiés demandeurs d'asile, au nom de tous les immigrés qui sont au sein de notre association. Nous, on demande tout simplement une situation stable pour pouvoir vivre notre homosexualité, pour pouvoir être dans des endroits où nous sommes protégés. Voilà pourquoi bon nombre de refugiés LGBT ont choisi la France, d'autres qui ont eu des parcours migratoires très difficiles, qui sont passés par l'océan Atlantique, ont traversé le désert. Et lorsqu'ils trouvent un point de chute où ils pensent poser la tête pour se reposer, et lorsqu'ils constatent que les choses en cours sont mises en place, pas par les individus, mais par l'Etat lui-même pour pouvoir empirer la situation. C’est déjà catastrophique psychologiquement. C'est une grosse inquiétude pour moi. Personnellement, lorsque j'entends RN, j'ai déjà peur. Pourtant c'est juste une composition de deux lettres. Mais quand j'entends RN tout ce que le RN est en train de prévoir pour pouvoir serrer l'étau sur la condition de vie des immigrés et encore plus les LGBT, je pense qu’il faut que ce quelque chose soit fait pour quand même porter assistance à ces personnes LGBT qui sont généralement marginalisées dans leurs pays d'origine. Lorsqu'elles se retrouvent en France,  elles pensent réellement avoir une seconde vie. C'est comme une forme de renaissance. L’ARDHIS est en train de jouer sa part pendant qu’au sommet de l'Etat, nous sommes en train de voir différents changements. J'ai la gorge nouée lorsque j'en parle parce que c'est difficile. Je sais qu’il y a beaucoup des demandeurs et des réfugiés que je connais qui sont dans une situation encore précaire, qui sont dans des centres d'accueil parce qu'il faudra quand même revoir la politique d'hébergement des personnes LGBT. Ces personnes sont dans des situations très difficiles qui ne laissent pas entrevoir parce que bon nombre sont ce qu'ils arrivent pas à s'exprimer. Et Dieu merci, il y a des bénévoles qui savent quand même détecter à travers quelques lignes les différents soucis. Et moi je pense que il faudrait que l'Etat réfléchisse à cela pour vraiment essayer d'être un peu plus docile sur celui des immigrés, surtout de notre communauté LGBTI. 
Christophe Caulier : Il y a quelque chose que j'aimerais ajouter. Parmi les craintes également, je pense qu'on peut évoquer celle d'une espèce de décompensations de la société. C'est à dire que là, l'élection potentielle du RN, ça va être une espèce de blanc seing donné à tout un tas de comportements LGBTphobes, de très grandes violences. Et puis cumulées à la haine de l'étranger. Enfin, on imagine bien que les personnes LGBT étrangères vont être vraiment à l'intersection d'une haine assez féroce. 


    L'équipe de l'émission
    
Présentation : Zoé Monrozier 
Réalisation : Colin Gruel 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 21 Jun 2024 05:10:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-journee-mondiale-des-refu-2024-06-21-vlIsB2zD.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-journee-mondiale-des-refu-2024-06-21-vlIsB2zD.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/ZzwR-lhebdo-journee-mondiale-des-refugies-quand-jentends-rn-jai-peur</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-FFQJ3FcL6l.jpg"/></item><item><title>Législatives 2024 : menaces pour la communauté LGBT+ / JOP : places aux athlètes queers !</title><description><![CDATA[
    Alors que les Législatives anticipées auront lieu dans moins de deux semaines, on décrypte les enjeux queers de la campagne.
    
Avec Maud Royer, présidente de l&#039;association Toutes des femmes, militante trans et lesbienne. 

    En seconde partie, on parle des Jeux Olympiques et Paralympiques.
    
Il y avait 22 athlètes queers aux Jeux de Tokyo en 2021, un record. On espère qu&#039;iels seront encore plus nombreuxes cette année alors que les Jeux de Paris rappellent leur engagement pour rendre le sport et toute la société plus inclusive. 
Parmi les athlètes queers les plus en vue, la paracycliste Marie Patouillet, qui porte haut une parole contre la misogynie, les LGBTphobies, le racisme et le validisme.  
Avec Marie Patouillet, athlète paracycliste lesbienne ; et Alexandre Ansault, vice-président de la Fédération sportive LGBT+. 
]]></description><itunes:summary>
    Alors que les Législatives anticipées auront lieu dans moins de deux semaines, on décrypte les enjeux queers de la campagne.
    
Avec Maud Royer, présidente de l'association Toutes des femmes, militante trans et lesbienne. 

    En seconde partie, on parle des Jeux Olympiques et Paralympiques.
    
Il y avait 22 athlètes queers aux Jeux de Tokyo en 2021, un record. On espère qu'iels seront encore plus nombreuxes cette année alors que les Jeux de Paris rappellent leur engagement pour rendre le sport et toute la société plus inclusive. 
Parmi les athlètes queers les plus en vue, la paracycliste Marie Patouillet, qui porte haut une parole contre la misogynie, les LGBTphobies, le racisme et le validisme.  
Avec Marie Patouillet, athlète paracycliste lesbienne ; et Alexandre Ansault, vice-président de la Fédération sportive LGBT+. 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 18 Jun 2024 21:11:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/legislatives-2024-menaces-pour-la-2024-06-18-vsnFafk6.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/legislatives-2024-menaces-pour-la-2024-06-18-vsnFafk6.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/MJE5-legislatives-2024-menaces-pour-la-communaute-lgbt-jop-places-aux-athletes-queers</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-dpreStjpAv.jpg"/></item><item><title>L'HEBDO — La communauté queer pas toujours accueillante pour les personnes asiatiques</title><description><![CDATA[
    Cette semaine, nous recevons l&#039;artiste et auteur franco-cambodgien Jean-Baptiste Phou.
    
Selon l’INED et l’Insee, la population originaire d’Asie de l’Est et d&#039;Asie du Sud-Est serait d’un peu moins de 700 000 personnes en France, soit presque 1% de la population du pays. Dans une exposition qui s’est clôturée au mois de février retraçant l’histoire des migrations venues de 9 pays de cette zone au Palais de la Porte Dorée, un autre chiffre intéressant est avancé : 6% des personnes immigrées seraient originaires de Chine, du Vietnam, du Cambodge, du Japon, de Corée, du Laos, de Thaïlande ou des Philippines.  
Dans le cadre de cette exposition, une enquête d’opinion a été commandée qui a confirmé la grande méconnaissance de la population française sur cette immigration : que ce soit sur son nombre, sa chronologie, son origine. Mais surtout, cette enquête a conforté l’idée que les stéréotypes restent très présents dans l’imaginaire des Français. Si les personnes asiatiques ongtemps perçue comme une minorité discrète et peu stigmatisée, de nombreux événements de ces dernières années, comme la meurtre de Zhang Chaolin à Aubervilliers en 2016 ou les débuts du Covid, ont prouvé qu’il n’en est rien et que les clichés les concernant ont la vie dure. 
Loin de ne porter que sur des caractéristiques sociales, professionnelles ou scolaires, les préjugés sur les asiatiques sont également répandus en ce qui concerne la sexualité ou les représentations de genre. C’est ce dont nous allons parler avec Jean-Baptiste Phou, auteur de La Peau hors du Placard, Asiatique et gay, une vie de lutte. 

 Il y a en France une grande méconnaissance et une confusion des populations originaires d&#039;Asie en général et d&#039;Asie de l&#039;Est et du Sud-Est en particulier. Pour cette émission on dira “asiatique”, comme dans le titre de votre ouvrage, mais ce sera pour parler Asie du Sud-Est. Vous évoquez vos origines dans le livre. Est ce que vous pourriez commencer par les rappeler à nos auditeurs ?  
Jean-Baptiste Phou : Oui, je suis né en France. Mes parents viennent du Cambodge. Tous les deux sont nés au Cambodge mais sont d&#039;origine chinoise. Je suis donc ce qu&#039;on pourrait dire sino-khmer.  
Dans ce livre, vous écrivez donc en tant qu’asiatique, en tant que gay, mais aussi en tant qu&#039;artiste. Est ce que vous pourriez nous raconter les changements de carrière successifs qui vous ont amené là où vous en êtes aujourd&#039;hui? 
Au début, j&#039;ai eu un parcours qu&#039;on pourrait penser classique, dans le sens où j&#039;ai fait une école de commerce. J&#039;ai travaillé d&#039;abord en banque d&#039;investissement en Espagne, puis à Singapour. Après ça, j&#039;ai commencé une carrière artistique en tant que comédien. C&#039;était en 2008. J’ai passé environ une dizaine d&#039;années dans le milieu du théâtre en France. J&#039;avais aussi ma troupe de théâtre, donc j&#039;étais auteur et metteur en scène également de mes propres pièces. Et puis en 2017, je suis parti vivre au Cambodge. J&#039;ai pris un travail là-bas dans une ONG. J&#039;étais directeur créatif et j&#039;y suis resté trois ans. Et puis par la suite, j&#039;ai décidé de me remettre à la création. Donc là, depuis à peu près trois ans, j&#039;écris, je réalise. J&#039;ai fait un film qui s&#039;appelait “La langue de ma mère”, et puis ces 2 livres : “La Peau hors du placard” et “80 mots du Cambodge” qui sont sortis récemment.  
Dans celui-ci, “La Peau hors du placard”, vous démarrez par les années lycée et donc la découverte de votre homosexualité.  
Je démarre même encore un peu plus tôt que ça. Je parle de l&#039;enfance, de l&#039;environnement familial. La découverte de l&#039;homosexualité elle date même d&#039;avant le lycée. J&#039;ai du mal à le dater, mais c&#039;est autour de dix ans que j&#039;ai compris que je n&#039;étais pas tout à fait comme les autres, pas simplement dans l&#039;attirance sexuelle parce qu&#039;à cet âge là, c&#039;est pas vraiment de la sexualité, mais c&#039;est une attirance et des comportements. Je n’étais pas à l&#039;aise avec l&#039;assignation des normes. Qu&#039;est ce qui était censé être un garçon? Comment il devait se comporter, comment il devait agir, s&#039;habiller, etc. Et puis voilà, je pense que c&#039;est à peu près à cet âge là où je me suis rendu compte de ça. 
Plus tardivement vous entrez dans la sexualité d&#039;une manière qui est assez caractéristique des homosexuels, par des rencontres en ligne. Mais vous réalisez assez rapidement que le fait d&#039;être asiatique, c&#039;est un enjeu important dans cette sexualité homosexuelle. Comment est ce que cette malheureuse réalité, elle vous est apparue? 
Alors c&#039;est vrai que moi je suis rentré dans le milieu gay par ce qui était accessible à l&#039;époque. Je suis né au début des années 80. Le début de ma sexualité, c&#039;est dans les années 90, donc à cette époque là, on n&#039;avait pas encore les réseaux sociaux ou les applis, donc c&#039;était les réseaux téléphoniques, le minitel. C&#039;était tout de suite être plongé dans une hyper sexualité parce que dans les rencontres tout tournait autour du sexe. On n&#039;avait pas vraiment de sociabilité autrement que le sexe. Mais c&#039;est un tout petit peu plus tard en fait, que je me suis rendu compte qu&#039;il y avait ce rejet envers les asiatiques ou même ce stigmate. Je dirais à peu près à l&#039;arrivée d&#039;Internet où là, avec les sites comme Gay Romeo à l&#039;époque, on voyait affiché “pas d’asiat, pas de folles” sur les profils, c’était assez récurrent. Et puis les rencontres que je faisais, j&#039;entendais souvent “désolé, je suis pas branché asiatique”. Donc au début, quand tu l&#039;entends une fois, deux fois et tu te dis “bon bah je lui plais pas, c&#039;est moi”. Mais à force de l&#039;entendre plusieurs fois, de le voir affiché sur des profils alors même que j&#039;ai même pas contacté ces personnes là, c&#039;est juste, j&#039;ouvre une appl et je vois ça s&#039;afficher... Donc là en fait ça a commencé à m&#039;interroger. Pourquoi il y a ce rejet envers les hommes asiatiques ? et je m&#039;en suis rendu compte assez vite.  
Dans le livre, avant de nous expliquer un peu d&#039;où vient ce rejet à votre sens, vous nous parlez d&#039;une stratégie que vous avez mise en place. Est-ce que vous pourriez nous la décrire?  
Oui, j&#039;avais quinze seize ans à l&#039;époque et là je me rends compte qu&#039;il y a ce rejet systématique. Et ma stratégie, ça a été de ne pas sortir ou coucher avec des blancs. Parce qu&#039;à ce moment-là, c&#039;est une façon de me protéger. Je constatais que le rejet venait pour la plupart de personnes blanches, mais ça ne me concernait pas que moi : je voyais aussi par ailleurs sur ces mêmes sites internet, qu’il y avait des stéréotypes accolés aux autres groupes ethniques. Donc les asiatiques sont censés être comme ci, les noirs comme ça, les arabes comme ça. Et donc en fait, je sentais que seuls les blancs avaient le droit d&#039;être tout et n&#039;importe quoi. Et nous on était censés rentrer uniquement dans des cases. Et la case dans laquelle on m&#039;avait assigné ne m&#039;attirait pas du tout. Donc moi, par pas riposte ou presque, je me suis dit “je ne vais pas chercher à plaire à des gens qui a priori ne veulent pas de moi”. Et donc pendant quelques années, ça a duré, je pense, jusqu&#039;à mes 22, 23 ans. J&#039;ai décidé que j&#039;allais chercher en dehors de ce groupe majoritaire et de faire mes rencontres seulement avec des personnes qu&#039;aujourd&#039;hui on dirait racisées.  
Mais cette perception que les blancs en général peuvent avoir des hommes asiatiques dans la communauté gay, elle rejoint beaucoup de stéréotypes qu&#039;on peut avoir sur les hommes asiatiques de manière générale, même lorsqu&#039;ils ne sont pas gays ; de dévirilisation, notamment, dans le regard des autres. Ça s&#039;exprime de quelle manière selon vous? Et ça s&#039;explique comment?  
J&#039;imagine qu&#039;il y a une part d&#039;histoire dans ça. Il y a l&#039;imaginaire colonial dans lequel on est encore baigné à travers la culture populaire, que ce soit les représentations dans les médias, au cinéma, etc. Mais une des origines, pour moi, c&#039;est justement cette époque coloniale où il fallait réifier les personnes colonisées, les peuples autochtones indigènes et les disqualifier quelque part, leur enlever ces attributs d&#039;homme et notamment pour les Asiatiques. Et on le voit dans des écrits déjà du XIXᵉ siècle où on disait “voilà ces petites mains”, “on ne sait pas si c&#039;est des hommes ou des femmes”. Il y avait déjà cet imaginaire là qui était véhiculé. Donc il fallait les disqualifier auprès des populations autochtones. Parce que le colon blanc voulait aussi s&#039;approprier les femmes locales, donc les disqualifier auprès de leurs propres femmes et aussi auprès des femmes françaises, parce qu&#039;il ne fallait surtout pas qu&#039;elles se mélangent avec ces indigènes-là.  
Et puis ça a été repris peu à peu dans la culture populaire, et on le voit vraiment dans ce qu&#039;a fait Hollywood dans la représentation des hommes asiatiques. Elle est toujours caricaturale dans le sens où ils sont toujours dévirilisés, désexualisés. Ou bien si ils sont sexualisés, c&#039;est forcément avec une sexualité problématique. C&#039;est des pervers, ou il y a du bondage par exemple. Il n’y a pas d’entre deux sur la sexualité, soit on n&#039;en a pas, soit on n&#039;en a pas une normale. C&#039;est un peu ça qui est un peu resté dans l&#039;imaginaire. Et puis ce côté dévirilisé, c&#039;est, je pense, spécifique aux Asiatiques. Oarce que chez les Noirs, on va souvent leurs attribuer de caractéristiques d&#039;étalons au sexe démesuré. Pour les arabes, ce sera le mâle dominant, le conquérant qui va dominer au lit agressif. Et l&#039;homme asiatique, c&#039;est celui qui sera mal membré, frêle, imberbe, avec un corps lisse, androgyne. Donc on va lui enlever en fait quelque part sa virilité.  
Et pourtant, après avoir séjourné et vécu dans de nombreux pays asiatiques, vous écrivez “L&#039;expression de la virilité n&#039;y est pas si différente, y compris dans ce qu&#039;elle peut avoir de plus néfaste et toxique”. En quoi est ce le cas par exemple? 
Je vis en Asie et je le vois bien. Et là je parle vraiment du milieu gay où il y a cette cette pression normative très forte des corps musclés où on met sur un piédestal ce qui est censé être la virilité et ce qui est cette expression viriliste. Donc c&#039;est pour ça que je parle de toxicité, parce que on en est là aussi là-bas. Ce qui est un peu contradictoire, c&#039;est qu&#039;en Occident on s&#039;imagine que les Asiatiques sont tous des petites choses frêles et imberbes et passifs, etc. Alors qu&#039;en Asie, la majorité des gens ne se vivent pas du tout comme ça. Et il y a les mêmes constructions en fait, sur ces codes de virilité qui sont aussi développés là-bas.  
Et ce que ce que vous soulignez dans le livre, c&#039;est que le fait d&#039;être un homme asiatique quand on est gay ne laisse que rarement vos interlocuteurs, ou partenaires sexuels potentiels, indifférents. Ils sont soit dans une sorte de fétichisation, soit dans une forme de rejet.  
Ça, c&#039;est le regard extérieur. C&#039;est-à-dire lorsque je suis en France, cette question raciale, elle intervient pratiquement systématiquement dans des rapports de séduction, que je le veuille ou non. C&#039;est l&#039;autre qui va voir quelque chose en moi, il va me regarder, il va pas me voir, moi, il va voir un homme asiatique et puis il y aura ce qu’il va projeter sur cette appellation-là. Et c&#039;est ça qui s&#039;est joué la plupart du temps. Aujourd&#039;hui, j&#039;ai passé la quarantaine, je suis en couple, donc je suis moins concerné par tout ça parce que je suis moins dans ces rapports, je suis, on va dire, en dehors du marché. Mais en tous cas je l&#039;ai vécu très très très fortement pendant que j&#039;habitais encore ici, et c&#039;était pratiquement systématique.  
Et quand ça ne l&#039;est pas, en fait, ça devient, une espèce de charge. Maboula Soumahoro parle de charge raciale dans son livre Le Triangle et l&#039;Hexagone. Et c&#039;est un peu ça. C&#039;est à dire qu&#039;on est tout le temps en train de se poser la question “si je rencontre quelqu&#039;un, est ce qu&#039;il est en train de me fétichiser? Est ce que pas? Est ce que c&#039;est pour moi? Est ce que c&#039;est pour mes origines?” On se pose 10 000 questions qui normalement ne devraient pas avoir lieu, mais elles existent quand même parce qu&#039;il y a tous ces antécédents. Moi je ne suis pas en train de critiquer… On parlait tout à l’heure du fait qu&#039;à un moment j&#039;ai décidé de ne pas coucher avec des hommes blancs. Mais pour moi la question n&#039;est pas là. Je ne suis pas en train d&#039;accuser, de leur dire c&#039;est de leur faute et qu’il ne faut pas les fréquenter. C&#039;est pas du tout ça. Ce que je dis à l&#039;inverse, c&#039;est qu&#039;on aimerait pouvoir jouir tout simplement des mêmes possibilités. De cette légèreté, de cette insouciance, de rencontrer quelqu&#039;un sans se poser toutes ces questions-là, de pouvoir se définir comme on veut, de pouvoir être vu pour soi et non pas comme une ethnie. C&#039;est de ça qu’il est question. 
Et en même temps, ce que vous racontez qui est assez intéressant à mon sens, c&#039;est qu&#039;avec d&#039;autres gays d&#039;origine asiatique, vous ne rencontrez finalement pas moins de problèmes. Vous écrivez “Les autres Asiatiques se dérobaient obstinément, recourant à des formules à mes yeux déroutantes. On s&#039;offusquait de mes avances parce qu&#039;on n&#039;était pas une lesbienne, parce que le sexe entre asiatiques était perçu comme incestueux. Parce que la promesse du plaisir ne pouvait se trouver qu&#039;au bout d&#039;une queue caucasienne.” 
Tout à fait. Alors ça, c&#039;est ce que j&#039;ai vécu. Je le raconte de façon très, très condensée. 
C&#039;est ce que vous dites que vous viviez en France... 
Tout à fait. Ca, c&#039;est ce que j&#039;ai vécu quand j&#039;étais encore ici et que j&#039;avais 20 ans, 30 ans, et que j&#039;essayais de rencontrer d&#039;autres garçons asiatiques. Parce que moi, je n&#039;excluais pas, évidemment, les rapports avec d&#039;autres asiatiques. Mais comme je l&#039;écrivais, c&#039;était eux qui ne voulaient pas de moi. Et encore une fois, ce n&#039;était pas une ou deux personnes, il y avait une vraie récurrence de tous ces prétextes que j&#039;entendais “Ah non, on n&#039;est pas compatibles sexuellement”, “je ne suis pas lesbienne” ou “ça serait de l’inceste”, “Je ne couche pas avec ma sœur”. C&#039;est quelque chose qui est hyper fréquent en fait chez les gays, et pas que chez les gays d&#039;ailleurs. C&#039;est ça qui est intéressant. Chez les hétéros, on entend souvent ce genre de phrase, que ce soit chez les hommes ou chez les femmes. Souvent, les asiatiques ne veulent pas se fréquenter entre eux sur le plan amoureux ou sexuel, ou même amical, parce qu&#039;il y aurait un danger de communautarisme. Et ça, j&#039;essaie de l&#039;analyser dans mon livre. J&#039;essaie de le comprendre. Comment on en arrive là, en fait ? A ce rejet de soi des uns des autres, de cette impossibilité de se fréquenter ? Et pour moi, il y a vraiment quelque chose à voir avec le fait qu&#039;en France on nous fait croire qu&#039;il serait dangereux de fréquenter des personnes qui nous ressemblent.  
Alors que c&#039;est ce que font 80 % des gens... Et tous ces stéréotypes, ils ont aussi joué un rôle assez important dans les débuts de votre carrière de comédien. Vous écrivez au sujet d&#039;un rôle qu&#039;on vous a refusé après une audition que vous aviez pourtant l&#039;impression d&#039;avoir bien réussi. “Ce regard, ce dédain, je sais précisément ce qu&#039;il signifie. Asiatique, ça ne va pas le faire. C&#039;était ce même regard que m&#039;avait jeté le videur d&#039;une boîte homo avant de me lancer. ‘Toi? Non’. Je ne peux m&#039;empêcher de voir des similitudes entre ma vie dans le milieu gay et mon expérience de comédien.” 
Oui, parce que dans les deux cas, on est jugés sur l&#039;apparence. Il y a quelque chose qui se fait très vite, je pense, que ce soit dans la drague ou lorsqu&#039;on prétend à un rôle. Il y a une sélection presque automatique, c&#039;est oui/non. Donc on ne voit pas la personne, on voit son ethnie. Alors qu&#039;en France c&#039;est très drôle parce qu&#039;on dit souvent “on ne voit pas les couleurs, tout le monde est égal, les races n&#039;existent pas”. D&#039;accord, en théorie, pourquoi pas, mais dans les faits, les gens voient quelque chose et ce quelque chose là, ils y projettent quelque chose, que ce soit positif ou négatif. Et dans le cas des hommes asiatiques, le plus souvent c&#039;est négatif. Moi j&#039;ai constaté ça dans ces deux milieux, que ce soit en tant que comédien ou dans ma vie amoureuse, il y avait souvent ce rejet-là uniquement sur ce seul critère de “On ne cherche pas d&#039;asiatiques”. Que ce soit dans le domaine personnel “je ne suis pas attiré par ça” ou bien professionnel : dans ce film, dans cette série, dans cette pièce, on ne cherche pas d&#039;asiatiques. Comme si je ne pouvais exister qu&#039;à travers cette identité ethnique. 
Votre parcours professionnel mais aussi personnel, vous a mené en Asie, dans plusieurs villes, notamment à Singapour, à Phnom Penh et à Taipei. Dans chacune de ces villes, vous racontez que vous avez été perçue d&#039;une manière différente : différente de ce à quoi vous vous attendiez, mais différente aussi entre ces pays. Qu&#039;est ce qui vous a le plus surpris dans ces perception?  
Il s’agissait de contextes différents. A Singapour, je travaillais en banque d&#039;investissement. J&#039;étais en couple avec un homme blanc français que j&#039;avais rencontré en Espagne. Et donc là, la question raciale était hyper présente parce qu&#039;on était vu comme un couple mixte. Il y avait toute une sorte de projection sur qui faisait quoi dans la vie, qui avait le plus d&#039;argent, qui avait suivi qui, qui faisait quoi au lit. Donc on me plaçait systématiquement dans un rapport inférieur par rapport à mon compagnon. Donc ça c&#039;est ce que j&#039;avais ressenti quand j&#039;habitais à Singapour, que finalement, même en Asie, la question raciale ne s&#039;efface pas. Quand bien même on serait dans un environnement où a priori on fait partie de l&#039;ethnie majoritaire, il y a quand même d&#039;autres forces qui rentrent en jeu. Après là où ça s&#039;est vraiment apaisé pour moi, c&#039;est depuis que je vis au Cambodge. Je suis quand même sino-cambodgien, je ne suis pas de l&#039;ethnie majoritaire qui sont les Khmers, mais j&#039;ai l&#039;impression d&#039;être plus fondu dans la masse. On va dire ça comme ça. En tout cas, cette question là, elle n&#039;est pas omniprésente, même si parfois elle peut resurgir. Mais contrairement à la France, où dès que je rencontre quelqu&#039;un, c&#039;est la question qui se pose. Là-bas, ça ne se pose pas ou ça se posera éventuellement plus tard “tu es un cambodgien de France ?” ou “et tes parents ?” etc. Mais ce n&#039;est pas systématique. Là où ça a aussi changé pour moi, en dehors de l&#039;aspect relationnel, c&#039;est aussi et surtout d’être dans un environnement où finalement tout, tout, tout est représenté : en termes de métier, en termes de carrière, de possibilités. Ca m&#039;a aussi ouvert à quelque chose qui n&#039;était pas le cas en France, ici, il y a une pauvreté en termes de représentation des Asiatiques dans le paysage médiatique ou artistique en France. Donc c&#039;est assez difficile de se projeter si on veut être, journaliste, chanteur, homme politique ou je ne sais quoi. Il y a assez peu de modèles et donc il faut systématiquement transposer ou se dire “je vais être l&#039;exception” ou “ça n&#039;existe pas, ça va être compliqué, ça va être difficile”. Tandis que comme en Asie, tout le monde est tout, il y a comme un filtre qui s&#039;allège tout de suite et tout est possible. C&#039;est ça que je ressens aussi très différemment là bas, cette possibilité de pouvoir s&#039;incarner dans tout et n&#039;importe quoi et de pouvoir se voir partout.  
Malgré quelques montées d&#039;optimisme avant la fin du livre. Vous nous rappelez quand même des chiffres qui sont assez pessimistes et assez assez terribles. Vous citez une enquête menée en 2015 au Royaume-Uni pour Fact Site Magazine, dans laquelle une majorité écrasante des répondants appartenant à des minorités ethniques, racisées en l&#039;occurrence, déclarent avoir personnellement fait l&#039;expérience du racisme au sein de la sphère gay britannique. Et les chiffres sont de 80 % pour les hommes noirs, 79% pour les Asiatiques, 75 % pour les Sud asiatiques, 64 % pour les métisses, plus de 50 % pour les hommes arabes. Ils sont terribles ces chiffres. 
Oui, ils sont terribles. Là on parle du Royaume-Uni. Mais en France, je suis sûr que s&#039;il y avait des enquêtes similaires, il y aurait des chiffres similaires. Et d&#039;ailleurs il y a un compte Instagram qui s&#039;appelle “personnes racisées versus grindr” où on voit des captures d&#039;écran et c&#039;est encore récurrent. On voit bien qu&#039;il y a un rejet ou un fétichisme qui est encore à l&#039;œuvre dans ces rapports de séduction. Donc les choses, je dirais, elles n’ont pas forcément beaucoup changé parce qu’on reste prisonnierde ces représentations là qu&#039;on met souvent sous le couvert de “c&#039;est juste une préférence, c&#039;est pas du racisme”. On se cache encore derrière ça, mais en tout cas, là où je suis optimiste parce que quand même, il y a des choses qui donnent de l&#039;espoir, c&#039;est qu&#039;on en a conscience, qu&#039;on arrive à poser des mots qui, à ces compte là qui existent, qu&#039;il y a ce livre qui sort, il y a des enquêtes. On est en train de comprendre que finalement tout ça, ce n&#039;est pas juste une préférence, c&#039;est structurel, il y a quelque chose qui est à l&#039;œuvre, qui est issu des imaginaires, du colonialisme. Je dirais même d&#039;un certain soft power, parce que quand on déshumanise l&#039;autre, qu’on le diabolise, il y a un but derrière. C&#039;est aussi disqualifier des pays, notamment l&#039;Asie de l&#039;Est, qui commencent à être des puissances économiques. Ces gens-là on n&#039;a pas envie qu’ils prennent plus de place que ça, donc il faut les laisser dans une certaine altérité. Donc tout ça pour moi, ça contribue à ce regard déshumanisant de l&#039;autre. Mais aujourd&#039;hui, je dirais qu&#039;on en a un peu plus conscience et qu&#039;il y a des groupes qui commencent à se mettre en place, des réflexions et pour ça, j&#039;ai de l&#039;optimisme.  
Alors justement, à propos de cet optimisme fou, vous racontez à la fin du livre que vous avez assisté à une table ronde à la mairie du 4ème arrondissement qui s&#039;appelait Les personnes asiatiques LGBTQ, Quelle représentation? Alors, je vous cite : “J&#039;étais particulièrement intéressé par ce que diraient les panélistes, cinq jeunes issus de l&#039;Asie du Sud-Est ayant tous la vingtaine. Ils parlaient du manque de modèles pour les gays, lesbiennes et trans d&#039;origine asiatique, du poids et des conséquences de cette absence sur leur santé mentale et physique, des liens entretenus avec leur pays d&#039;origine. Ils dégageaient une telle force, une telle maturité, un tel tranchant. Une question me brûlait les lèvres que je posais en fin de débat. J&#039;évoquai le rejet récurrent lors de mon entrée dans la vie gay dans les années 90. ‘Vivaient-ils la même chose 20 ans plus tard? Si oui, comment affrontaient-ils cela?’ La réponse était unanime : la même intolérance, le même racisme au sein de la communauté queer persistaient. Leur solution était de ne fréquenter que des racisés ou des membres de leur propre communauté ethnique pour ne pas risquer d&#039;être objectifier ou fétichiser.”  
Donc c&#039;est assez terrible. Ces jeunes vingtenaires finalement arrivent au même constat que vous 20 ans plus tôt. En revanche, dans la foulée, vous nous parlez d&#039;une note d&#039;espoir qui est pour vous en grande partie aussi liée à une question de vocabulaire notamment. Que vous considérez comme étant des armes conceptuelles.  
Oui, je pense qu&#039;aujourd&#039;hui la jeunesse a plus d&#039;outils pour comprendre ce qui se passe, ce qui est à l&#039;œuvre. Donc on a des mots, on a des espaces aussi. À l&#039;époque, il y a 20 ans, il n&#039;y avait aucun espace, que ce soit physique ou virtuel, pour adresser ces questions-là. Il y avait des associations contre l&#039;homophobie, la lutte contre le sida. Mais l&#039;intersection de ces luttes-là n&#039;existait pas. Il n&#039;y avait aucune conscience du fait que vous puissiez avoir du racisme à l&#039;intérieur du milieu gay. Et là, aujourd&#039;hui, là où j&#039;ai de l&#039;espoir, c&#039;est qu&#039;on est en train de comprendre que finalement, les mécanismes, d&#039;oppression, les violences peuvent également exister au sein d&#039;une même communauté.  


    Pour aller plus loin...
    
— Dans le cadre du mois des fiertés, le Réseau de recherche Migrations de l’Asie de l’Est et du Sud-Est en France organise une rencontre le lundi 17 juin à la mairie du 10ème arrondissement, réunissant chercheurs et artistes pour échanger sur le décalage entre les aspirations et désillusions que rencontrent des Asiatiques queers en France, que ce soit dans leurs démarches migratoires, militantes, émancipatrices ou encore créatives. Entrée gratuite sur inscription : https://forms.gle/QJGXmAxsmFRCtPPH9 
— Le compte Instagram Personnes racisées vs. Grindr : https://www.instagram.com/pracisees_vs_grindr 
— Maboula Soumahoro, Le triangle et l&#039;hexagone, La Découverte : https://www.editionsladecouverte.fr/le_triangle_et_l_hexagone-9782348041952 


    L&#039;équipe de l&#039;émission
    
Présentation : Victor Samoth-Panetti 
Réalisation : Colin Gruel 
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    Cette semaine, nous recevons l'artiste et auteur franco-cambodgien Jean-Baptiste Phou.
    
Selon l’INED et l’Insee, la population originaire d’Asie de l’Est et d'Asie du Sud-Est serait d’un peu moins de 700 000 personnes en France, soit presque 1% de la population du pays. Dans une exposition qui s’est clôturée au mois de février retraçant l’histoire des migrations venues de 9 pays de cette zone au Palais de la Porte Dorée, un autre chiffre intéressant est avancé : 6% des personnes immigrées seraient originaires de Chine, du Vietnam, du Cambodge, du Japon, de Corée, du Laos, de Thaïlande ou des Philippines.  
Dans le cadre de cette exposition, une enquête d’opinion a été commandée qui a confirmé la grande méconnaissance de la population française sur cette immigration : que ce soit sur son nombre, sa chronologie, son origine. Mais surtout, cette enquête a conforté l’idée que les stéréotypes restent très présents dans l’imaginaire des Français. Si les personnes asiatiques ongtemps perçue comme une minorité discrète et peu stigmatisée, de nombreux événements de ces dernières années, comme la meurtre de Zhang Chaolin à Aubervilliers en 2016 ou les débuts du Covid, ont prouvé qu’il n’en est rien et que les clichés les concernant ont la vie dure. 
Loin de ne porter que sur des caractéristiques sociales, professionnelles ou scolaires, les préjugés sur les asiatiques sont également répandus en ce qui concerne la sexualité ou les représentations de genre. C’est ce dont nous allons parler avec Jean-Baptiste Phou, auteur de La Peau hors du Placard, Asiatique et gay, une vie de lutte. 

 Il y a en France une grande méconnaissance et une confusion des populations originaires d'Asie en général et d'Asie de l'Est et du Sud-Est en particulier. Pour cette émission on dira “asiatique”, comme dans le titre de votre ouvrage, mais ce sera pour parler Asie du Sud-Est. Vous évoquez vos origines dans le livre. Est ce que vous pourriez commencer par les rappeler à nos auditeurs ?  
Jean-Baptiste Phou : Oui, je suis né en France. Mes parents viennent du Cambodge. Tous les deux sont nés au Cambodge mais sont d'origine chinoise. Je suis donc ce qu'on pourrait dire sino-khmer.  
Dans ce livre, vous écrivez donc en tant qu’asiatique, en tant que gay, mais aussi en tant qu'artiste. Est ce que vous pourriez nous raconter les changements de carrière successifs qui vous ont amené là où vous en êtes aujourd'hui? 
Au début, j'ai eu un parcours qu'on pourrait penser classique, dans le sens où j'ai fait une école de commerce. J'ai travaillé d'abord en banque d'investissement en Espagne, puis à Singapour. Après ça, j'ai commencé une carrière artistique en tant que comédien. C'était en 2008. J’ai passé environ une dizaine d'années dans le milieu du théâtre en France. J'avais aussi ma troupe de théâtre, donc j'étais auteur et metteur en scène également de mes propres pièces. Et puis en 2017, je suis parti vivre au Cambodge. J'ai pris un travail là-bas dans une ONG. J'étais directeur créatif et j'y suis resté trois ans. Et puis par la suite, j'ai décidé de me remettre à la création. Donc là, depuis à peu près trois ans, j'écris, je réalise. J'ai fait un film qui s'appelait “La langue de ma mère”, et puis ces 2 livres : “La Peau hors du placard” et “80 mots du Cambodge” qui sont sortis récemment.  
Dans celui-ci, “La Peau hors du placard”, vous démarrez par les années lycée et donc la découverte de votre homosexualité.  
Je démarre même encore un peu plus tôt que ça. Je parle de l'enfance, de l'environnement familial. La découverte de l'homosexualité elle date même d'avant le lycée. J'ai du mal à le dater, mais c'est autour de dix ans que j'ai compris que je n'étais pas tout à fait comme les autres, pas simplement dans l'attirance sexuelle parce qu'à cet âge là, c'est pas vraiment de la sexualité, mais c'est une attirance et des comportements. Je n’étais pas à l'aise avec l'assignation des normes. Qu'est ce qui était censé être un garçon? Comment il devait se comporter, comment il devait agir, s'habiller, etc. Et puis voilà, je pense que c'est à peu près à cet âge là où je me suis rendu compte de ça. 
Plus tardivement vous entrez dans la sexualité d'une manière qui est assez caractéristique des homosexuels, par des rencontres en ligne. Mais vous réalisez assez rapidement que le fait d'être asiatique, c'est un enjeu important dans cette sexualité homosexuelle. Comment est ce que cette malheureuse réalité, elle vous est apparue? 
Alors c'est vrai que moi je suis rentré dans le milieu gay par ce qui était accessible à l'époque. Je suis né au début des années 80. Le début de ma sexualité, c'est dans les années 90, donc à cette époque là, on n'avait pas encore les réseaux sociaux ou les applis, donc c'était les réseaux téléphoniques, le minitel. C'était tout de suite être plongé dans une hyper sexualité parce que dans les rencontres tout tournait autour du sexe. On n'avait pas vraiment de sociabilité autrement que le sexe. Mais c'est un tout petit peu plus tard en fait, que je me suis rendu compte qu'il y avait ce rejet envers les asiatiques ou même ce stigmate. Je dirais à peu près à l'arrivée d'Internet où là, avec les sites comme Gay Romeo à l'époque, on voyait affiché “pas d’asiat, pas de folles” sur les profils, c’était assez récurrent. Et puis les rencontres que je faisais, j'entendais souvent “désolé, je suis pas branché asiatique”. Donc au début, quand tu l'entends une fois, deux fois et tu te dis “bon bah je lui plais pas, c'est moi”. Mais à force de l'entendre plusieurs fois, de le voir affiché sur des profils alors même que j'ai même pas contacté ces personnes là, c'est juste, j'ouvre une appl et je vois ça s'afficher... Donc là en fait ça a commencé à m'interroger. Pourquoi il y a ce rejet envers les hommes asiatiques ? et je m'en suis rendu compte assez vite.  
Dans le livre, avant de nous expliquer un peu d'où vient ce rejet à votre sens, vous nous parlez d'une stratégie que vous avez mise en place. Est-ce que vous pourriez nous la décrire?  
Oui, j'avais quinze seize ans à l'époque et là je me rends compte qu'il y a ce rejet systématique. Et ma stratégie, ça a été de ne pas sortir ou coucher avec des blancs. Parce qu'à ce moment-là, c'est une façon de me protéger. Je constatais que le rejet venait pour la plupart de personnes blanches, mais ça ne me concernait pas que moi : je voyais aussi par ailleurs sur ces mêmes sites internet, qu’il y avait des stéréotypes accolés aux autres groupes ethniques. Donc les asiatiques sont censés être comme ci, les noirs comme ça, les arabes comme ça. Et donc en fait, je sentais que seuls les blancs avaient le droit d'être tout et n'importe quoi. Et nous on était censés rentrer uniquement dans des cases. Et la case dans laquelle on m'avait assigné ne m'attirait pas du tout. Donc moi, par pas riposte ou presque, je me suis dit “je ne vais pas chercher à plaire à des gens qui a priori ne veulent pas de moi”. Et donc pendant quelques années, ça a duré, je pense, jusqu'à mes 22, 23 ans. J'ai décidé que j'allais chercher en dehors de ce groupe majoritaire et de faire mes rencontres seulement avec des personnes qu'aujourd'hui on dirait racisées.  
Mais cette perception que les blancs en général peuvent avoir des hommes asiatiques dans la communauté gay, elle rejoint beaucoup de stéréotypes qu'on peut avoir sur les hommes asiatiques de manière générale, même lorsqu'ils ne sont pas gays ; de dévirilisation, notamment, dans le regard des autres. Ça s'exprime de quelle manière selon vous? Et ça s'explique comment?  
J'imagine qu'il y a une part d'histoire dans ça. Il y a l'imaginaire colonial dans lequel on est encore baigné à travers la culture populaire, que ce soit les représentations dans les médias, au cinéma, etc. Mais une des origines, pour moi, c'est justement cette époque coloniale où il fallait réifier les personnes colonisées, les peuples autochtones indigènes et les disqualifier quelque part, leur enlever ces attributs d'homme et notamment pour les Asiatiques. Et on le voit dans des écrits déjà du XIXᵉ siècle où on disait “voilà ces petites mains”, “on ne sait pas si c'est des hommes ou des femmes”. Il y avait déjà cet imaginaire là qui était véhiculé. Donc il fallait les disqualifier auprès des populations autochtones. Parce que le colon blanc voulait aussi s'approprier les femmes locales, donc les disqualifier auprès de leurs propres femmes et aussi auprès des femmes françaises, parce qu'il ne fallait surtout pas qu'elles se mélangent avec ces indigènes-là.  
Et puis ça a été repris peu à peu dans la culture populaire, et on le voit vraiment dans ce qu'a fait Hollywood dans la représentation des hommes asiatiques. Elle est toujours caricaturale dans le sens où ils sont toujours dévirilisés, désexualisés. Ou bien si ils sont sexualisés, c'est forcément avec une sexualité problématique. C'est des pervers, ou il y a du bondage par exemple. Il n’y a pas d’entre deux sur la sexualité, soit on n'en a pas, soit on n'en a pas une normale. C'est un peu ça qui est un peu resté dans l'imaginaire. Et puis ce côté dévirilisé, c'est, je pense, spécifique aux Asiatiques. Oarce que chez les Noirs, on va souvent leurs attribuer de caractéristiques d'étalons au sexe démesuré. Pour les arabes, ce sera le mâle dominant, le conquérant qui va dominer au lit agressif. Et l'homme asiatique, c'est celui qui sera mal membré, frêle, imberbe, avec un corps lisse, androgyne. Donc on va lui enlever en fait quelque part sa virilité.  
Et pourtant, après avoir séjourné et vécu dans de nombreux pays asiatiques, vous écrivez “L'expression de la virilité n'y est pas si différente, y compris dans ce qu'elle peut avoir de plus néfaste et toxique”. En quoi est ce le cas par exemple? 
Je vis en Asie et je le vois bien. Et là je parle vraiment du milieu gay où il y a cette cette pression normative très forte des corps musclés où on met sur un piédestal ce qui est censé être la virilité et ce qui est cette expression viriliste. Donc c'est pour ça que je parle de toxicité, parce que on en est là aussi là-bas. Ce qui est un peu contradictoire, c'est qu'en Occident on s'imagine que les Asiatiques sont tous des petites choses frêles et imberbes et passifs, etc. Alors qu'en Asie, la majorité des gens ne se vivent pas du tout comme ça. Et il y a les mêmes constructions en fait, sur ces codes de virilité qui sont aussi développés là-bas.  
Et ce que ce que vous soulignez dans le livre, c'est que le fait d'être un homme asiatique quand on est gay ne laisse que rarement vos interlocuteurs, ou partenaires sexuels potentiels, indifférents. Ils sont soit dans une sorte de fétichisation, soit dans une forme de rejet.  
Ça, c'est le regard extérieur. C'est-à-dire lorsque je suis en France, cette question raciale, elle intervient pratiquement systématiquement dans des rapports de séduction, que je le veuille ou non. C'est l'autre qui va voir quelque chose en moi, il va me regarder, il va pas me voir, moi, il va voir un homme asiatique et puis il y aura ce qu’il va projeter sur cette appellation-là. Et c'est ça qui s'est joué la plupart du temps. Aujourd'hui, j'ai passé la quarantaine, je suis en couple, donc je suis moins concerné par tout ça parce que je suis moins dans ces rapports, je suis, on va dire, en dehors du marché. Mais en tous cas je l'ai vécu très très très fortement pendant que j'habitais encore ici, et c'était pratiquement systématique.  
Et quand ça ne l'est pas, en fait, ça devient, une espèce de charge. Maboula Soumahoro parle de charge raciale dans son livre Le Triangle et l'Hexagone. Et c'est un peu ça. C'est à dire qu'on est tout le temps en train de se poser la question “si je rencontre quelqu'un, est ce qu'il est en train de me fétichiser? Est ce que pas? Est ce que c'est pour moi? Est ce que c'est pour mes origines?” On se pose 10 000 questions qui normalement ne devraient pas avoir lieu, mais elles existent quand même parce qu'il y a tous ces antécédents. Moi je ne suis pas en train de critiquer… On parlait tout à l’heure du fait qu'à un moment j'ai décidé de ne pas coucher avec des hommes blancs. Mais pour moi la question n'est pas là. Je ne suis pas en train d'accuser, de leur dire c'est de leur faute et qu’il ne faut pas les fréquenter. C'est pas du tout ça. Ce que je dis à l'inverse, c'est qu'on aimerait pouvoir jouir tout simplement des mêmes possibilités. De cette légèreté, de cette insouciance, de rencontrer quelqu'un sans se poser toutes ces questions-là, de pouvoir se définir comme on veut, de pouvoir être vu pour soi et non pas comme une ethnie. C'est de ça qu’il est question. 
Et en même temps, ce que vous racontez qui est assez intéressant à mon sens, c'est qu'avec d'autres gays d'origine asiatique, vous ne rencontrez finalement pas moins de problèmes. Vous écrivez “Les autres Asiatiques se dérobaient obstinément, recourant à des formules à mes yeux déroutantes. On s'offusquait de mes avances parce qu'on n'était pas une lesbienne, parce que le sexe entre asiatiques était perçu comme incestueux. Parce que la promesse du plaisir ne pouvait se trouver qu'au bout d'une queue caucasienne.” 
Tout à fait. Alors ça, c'est ce que j'ai vécu. Je le raconte de façon très, très condensée. 
C'est ce que vous dites que vous viviez en France... 
Tout à fait. Ca, c'est ce que j'ai vécu quand j'étais encore ici et que j'avais 20 ans, 30 ans, et que j'essayais de rencontrer d'autres garçons asiatiques. Parce que moi, je n'excluais pas, évidemment, les rapports avec d'autres asiatiques. Mais comme je l'écrivais, c'était eux qui ne voulaient pas de moi. Et encore une fois, ce n'était pas une ou deux personnes, il y avait une vraie récurrence de tous ces prétextes que j'entendais “Ah non, on n'est pas compatibles sexuellement”, “je ne suis pas lesbienne” ou “ça serait de l’inceste”, “Je ne couche pas avec ma sœur”. C'est quelque chose qui est hyper fréquent en fait chez les gays, et pas que chez les gays d'ailleurs. C'est ça qui est intéressant. Chez les hétéros, on entend souvent ce genre de phrase, que ce soit chez les hommes ou chez les femmes. Souvent, les asiatiques ne veulent pas se fréquenter entre eux sur le plan amoureux ou sexuel, ou même amical, parce qu'il y aurait un danger de communautarisme. Et ça, j'essaie de l'analyser dans mon livre. J'essaie de le comprendre. Comment on en arrive là, en fait ? A ce rejet de soi des uns des autres, de cette impossibilité de se fréquenter ? Et pour moi, il y a vraiment quelque chose à voir avec le fait qu'en France on nous fait croire qu'il serait dangereux de fréquenter des personnes qui nous ressemblent.  
Alors que c'est ce que font 80 % des gens... Et tous ces stéréotypes, ils ont aussi joué un rôle assez important dans les débuts de votre carrière de comédien. Vous écrivez au sujet d'un rôle qu'on vous a refusé après une audition que vous aviez pourtant l'impression d'avoir bien réussi. “Ce regard, ce dédain, je sais précisément ce qu'il signifie. Asiatique, ça ne va pas le faire. C'était ce même regard que m'avait jeté le videur d'une boîte homo avant de me lancer. ‘Toi? Non’. Je ne peux m'empêcher de voir des similitudes entre ma vie dans le milieu gay et mon expérience de comédien.” 
Oui, parce que dans les deux cas, on est jugés sur l'apparence. Il y a quelque chose qui se fait très vite, je pense, que ce soit dans la drague ou lorsqu'on prétend à un rôle. Il y a une sélection presque automatique, c'est oui/non. Donc on ne voit pas la personne, on voit son ethnie. Alors qu'en France c'est très drôle parce qu'on dit souvent “on ne voit pas les couleurs, tout le monde est égal, les races n'existent pas”. D'accord, en théorie, pourquoi pas, mais dans les faits, les gens voient quelque chose et ce quelque chose là, ils y projettent quelque chose, que ce soit positif ou négatif. Et dans le cas des hommes asiatiques, le plus souvent c'est négatif. Moi j'ai constaté ça dans ces deux milieux, que ce soit en tant que comédien ou dans ma vie amoureuse, il y avait souvent ce rejet-là uniquement sur ce seul critère de “On ne cherche pas d'asiatiques”. Que ce soit dans le domaine personnel “je ne suis pas attiré par ça” ou bien professionnel : dans ce film, dans cette série, dans cette pièce, on ne cherche pas d'asiatiques. Comme si je ne pouvais exister qu'à travers cette identité ethnique. 
Votre parcours professionnel mais aussi personnel, vous a mené en Asie, dans plusieurs villes, notamment à Singapour, à Phnom Penh et à Taipei. Dans chacune de ces villes, vous racontez que vous avez été perçue d'une manière différente : différente de ce à quoi vous vous attendiez, mais différente aussi entre ces pays. Qu'est ce qui vous a le plus surpris dans ces perception?  
Il s’agissait de contextes différents. A Singapour, je travaillais en banque d'investissement. J'étais en couple avec un homme blanc français que j'avais rencontré en Espagne. Et donc là, la question raciale était hyper présente parce qu'on était vu comme un couple mixte. Il y avait toute une sorte de projection sur qui faisait quoi dans la vie, qui avait le plus d'argent, qui avait suivi qui, qui faisait quoi au lit. Donc on me plaçait systématiquement dans un rapport inférieur par rapport à mon compagnon. Donc ça c'est ce que j'avais ressenti quand j'habitais à Singapour, que finalement, même en Asie, la question raciale ne s'efface pas. Quand bien même on serait dans un environnement où a priori on fait partie de l'ethnie majoritaire, il y a quand même d'autres forces qui rentrent en jeu. Après là où ça s'est vraiment apaisé pour moi, c'est depuis que je vis au Cambodge. Je suis quand même sino-cambodgien, je ne suis pas de l'ethnie majoritaire qui sont les Khmers, mais j'ai l'impression d'être plus fondu dans la masse. On va dire ça comme ça. En tout cas, cette question là, elle n'est pas omniprésente, même si parfois elle peut resurgir. Mais contrairement à la France, où dès que je rencontre quelqu'un, c'est la question qui se pose. Là-bas, ça ne se pose pas ou ça se posera éventuellement plus tard “tu es un cambodgien de France ?” ou “et tes parents ?” etc. Mais ce n'est pas systématique. Là où ça a aussi changé pour moi, en dehors de l'aspect relationnel, c'est aussi et surtout d’être dans un environnement où finalement tout, tout, tout est représenté : en termes de métier, en termes de carrière, de possibilités. Ca m'a aussi ouvert à quelque chose qui n'était pas le cas en France, ici, il y a une pauvreté en termes de représentation des Asiatiques dans le paysage médiatique ou artistique en France. Donc c'est assez difficile de se projeter si on veut être, journaliste, chanteur, homme politique ou je ne sais quoi. Il y a assez peu de modèles et donc il faut systématiquement transposer ou se dire “je vais être l'exception” ou “ça n'existe pas, ça va être compliqué, ça va être difficile”. Tandis que comme en Asie, tout le monde est tout, il y a comme un filtre qui s'allège tout de suite et tout est possible. C'est ça que je ressens aussi très différemment là bas, cette possibilité de pouvoir s'incarner dans tout et n'importe quoi et de pouvoir se voir partout.  
Malgré quelques montées d'optimisme avant la fin du livre. Vous nous rappelez quand même des chiffres qui sont assez pessimistes et assez assez terribles. Vous citez une enquête menée en 2015 au Royaume-Uni pour Fact Site Magazine, dans laquelle une majorité écrasante des répondants appartenant à des minorités ethniques, racisées en l'occurrence, déclarent avoir personnellement fait l'expérience du racisme au sein de la sphère gay britannique. Et les chiffres sont de 80 % pour les hommes noirs, 79% pour les Asiatiques, 75 % pour les Sud asiatiques, 64 % pour les métisses, plus de 50 % pour les hommes arabes. Ils sont terribles ces chiffres. 
Oui, ils sont terribles. Là on parle du Royaume-Uni. Mais en France, je suis sûr que s'il y avait des enquêtes similaires, il y aurait des chiffres similaires. Et d'ailleurs il y a un compte Instagram qui s'appelle “personnes racisées versus grindr” où on voit des captures d'écran et c'est encore récurrent. On voit bien qu'il y a un rejet ou un fétichisme qui est encore à l'œuvre dans ces rapports de séduction. Donc les choses, je dirais, elles n’ont pas forcément beaucoup changé parce qu’on reste prisonnierde ces représentations là qu'on met souvent sous le couvert de “c'est juste une préférence, c'est pas du racisme”. On se cache encore derrière ça, mais en tout cas, là où je suis optimiste parce que quand même, il y a des choses qui donnent de l'espoir, c'est qu'on en a conscience, qu'on arrive à poser des mots qui, à ces compte là qui existent, qu'il y a ce livre qui sort, il y a des enquêtes. On est en train de comprendre que finalement tout ça, ce n'est pas juste une préférence, c'est structurel, il y a quelque chose qui est à l'œuvre, qui est issu des imaginaires, du colonialisme. Je dirais même d'un certain soft power, parce que quand on déshumanise l'autre, qu’on le diabolise, il y a un but derrière. C'est aussi disqualifier des pays, notamment l'Asie de l'Est, qui commencent à être des puissances économiques. Ces gens-là on n'a pas envie qu’ils prennent plus de place que ça, donc il faut les laisser dans une certaine altérité. Donc tout ça pour moi, ça contribue à ce regard déshumanisant de l'autre. Mais aujourd'hui, je dirais qu'on en a un peu plus conscience et qu'il y a des groupes qui commencent à se mettre en place, des réflexions et pour ça, j'ai de l'optimisme.  
Alors justement, à propos de cet optimisme fou, vous racontez à la fin du livre que vous avez assisté à une table ronde à la mairie du 4ème arrondissement qui s'appelait Les personnes asiatiques LGBTQ, Quelle représentation? Alors, je vous cite : “J'étais particulièrement intéressé par ce que diraient les panélistes, cinq jeunes issus de l'Asie du Sud-Est ayant tous la vingtaine. Ils parlaient du manque de modèles pour les gays, lesbiennes et trans d'origine asiatique, du poids et des conséquences de cette absence sur leur santé mentale et physique, des liens entretenus avec leur pays d'origine. Ils dégageaient une telle force, une telle maturité, un tel tranchant. Une question me brûlait les lèvres que je posais en fin de débat. J'évoquai le rejet récurrent lors de mon entrée dans la vie gay dans les années 90. ‘Vivaient-ils la même chose 20 ans plus tard? Si oui, comment affrontaient-ils cela?’ La réponse était unanime : la même intolérance, le même racisme au sein de la communauté queer persistaient. Leur solution était de ne fréquenter que des racisés ou des membres de leur propre communauté ethnique pour ne pas risquer d'être objectifier ou fétichiser.”  
Donc c'est assez terrible. Ces jeunes vingtenaires finalement arrivent au même constat que vous 20 ans plus tôt. En revanche, dans la foulée, vous nous parlez d'une note d'espoir qui est pour vous en grande partie aussi liée à une question de vocabulaire notamment. Que vous considérez comme étant des armes conceptuelles.  
Oui, je pense qu'aujourd'hui la jeunesse a plus d'outils pour comprendre ce qui se passe, ce qui est à l'œuvre. Donc on a des mots, on a des espaces aussi. À l'époque, il y a 20 ans, il n'y avait aucun espace, que ce soit physique ou virtuel, pour adresser ces questions-là. Il y avait des associations contre l'homophobie, la lutte contre le sida. Mais l'intersection de ces luttes-là n'existait pas. Il n'y avait aucune conscience du fait que vous puissiez avoir du racisme à l'intérieur du milieu gay. Et là, aujourd'hui, là où j'ai de l'espoir, c'est qu'on est en train de comprendre que finalement, les mécanismes, d'oppression, les violences peuvent également exister au sein d'une même communauté.  


    Pour aller plus loin...
    
— Dans le cadre du mois des fiertés, le Réseau de recherche Migrations de l’Asie de l’Est et du Sud-Est en France organise une rencontre le lundi 17 juin à la mairie du 10ème arrondissement, réunissant chercheurs et artistes pour échanger sur le décalage entre les aspirations et désillusions que rencontrent des Asiatiques queers en France, que ce soit dans leurs démarches migratoires, militantes, émancipatrices ou encore créatives. Entrée gratuite sur inscription : https://forms.gle/QJGXmAxsmFRCtPPH9 
— Le compte Instagram Personnes racisées vs. Grindr : https://www.instagram.com/pracisees_vs_grindr 
— Maboula Soumahoro, Le triangle et l'hexagone, La Découverte : https://www.editionsladecouverte.fr/le_triangle_et_l_hexagone-9782348041952 


    L'équipe de l'émission
    
Présentation : Victor Samoth-Panetti 
Réalisation : Colin Gruel 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 14 Jun 2024 04:50:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-la-communaute-gay-pas-tou-2024-06-14-87etT9g5.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-la-communaute-gay-pas-tou-2024-06-14-87etT9g5.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/E0xY-lhebdo-la-communaute-queer-pas-toujours-accueillante-pour-les-personnes-asiatiques</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-nD38VW5BCx.jpg"/></item><item><title>L'HEBDO — Morgan Noam Lucas : ASMR anti-transphobie</title><description><![CDATA[
    Le thérapeute et militant trans Morgan Noam est notre invité cette semaine à l&#039;occasion de la parution de &quot;Ceci n&#039;est pas un livre sur le genre&quot;, et pour revenir sur la mobilisation anti-transphobie en cours partout en France.
    
J’ai une confession à faire : j’avoue que parfois je cède un peu à la fatigue. Ça m&#039;arrive de me dire que ça ne sert à rien. Qu’on peut se battre, discuter, éduquer tout ce qu’on veut : le monde cisgenre ne veut ni entendre ni apprendre. Mais récemment, il y a un livre qui m’a fait beaucoup de bien. 
Vous connaissez peut-être déjà son auteur, ou entendu sa voix moelleuse dans des vidéos drôles et ludiques qui debunkent depuis trois ans tous les mensonges qu’on racontent sur la communauté transgenre via ses comptes Instagram et TikTok, ou lors d’une prise de parole lors de la mobilisation contre la transphobie du 5 mai dernier. Son contenu est personnellement devenu mon ASMR quand j’ai besoin d’être rassuré, de me rappeler que des personnes censées existent dans ce monde. 
Et si ce livre m’a fait un bien fou, c’est parce qu’il m’a permis de reprendre toutes les bases. Surtout sur des terrains où je me sens moins légitime, comme les sciences, la biologie, l’anatomie — j’ai fait L au lycée, quoi... Il m’a permis de faire un tri, de hiérarchiser les infos. Il m’a aussi enlevé un poids énorme parce que je sais que je pourrai non seulement le référencer dans des conversations mais aussi tout simplement en recommander la lecture plutôt que d’assumer le travail émotionnellement taxant d’expliquer aux gens pourquoi les personnes trans existent et ont le droit d’exister. 
Cette semaine, on a la chance de recevoir le thérapeute et militant Morgan Noam Lucas, organisateur de la Riposte transféministe ET auteur du livre-événement Ceci n’est pas un livre sur le genre, publié le 3 avril dernier aux éditions Hachette par le label féministe Les Insolentes. 

Le Lobby : Je me doute que tu dois être bien occupé en ce moment avec la promotion de ton livre, la coordination de la Riposte trans, ton métier de thérapeute et de consultant et la création de contenu à tes heures perdues. Comment vas-tu?  
Morgan Noam : Épuisé, épuisé. Mais ça va, on se reposera plus tard. Là, il y a des urgences à traiter. Donc je suis vraiment ravi de pouvoir à la fois parler de mon livre et à la fois parler de sujets qui me tiennent à cœur autour du genre et des transidentités.  
Le Lobby : Je voulais commencer par revenir sur la genèse du livre. Qu&#039;est ce qui a impulsé son écriture et quand est venu le titre du livre?  
Morgan Noam : Moi j&#039;avais pas du tout prévu d&#039;écrire un bouquin. Je cherchais pourtant, quand j&#039;ai commencé à m&#039;intéresser à toutes ces questions de genre, un livre en français qui regrouperait pas mal de thématiques pour vraiment comprendre tous les contours de ce sujet là. Et je trouvais 1000 et un essais féministes, queer qui parlent de thématiques particulières, mais je n&#039;ai pas trouvé de manuel, de livre-guide qui reprenait un petit peu les bases pour pouvoir nous accompagner sur notre cheminement. J&#039;en ai trouvé beaucoup en anglais, mais pas en français et je me suis dit que ce serait bien qu&#039;un jour quelqu&#039;un écrive un bouquin de ce genre, mais jamais en me disant que peut-être ce serait moi. Et début 2021, il y a eu mon éditrice, Sophie Nanteuil, avec qui j&#039;avais déjà bossé sur le livre Histoires de Coming Out, qu&#039;elle avait co-écrit avec Baptiste Beaulieu, où j&#039;écrivais des encadrés psy, qui a eu un rendez-vous avec les éditrices d&#039;Hachette, avec le label Les Insolentes, et à qui elle a pitché un livre de vulgarisation sur toutes les notions de genre. Et voilà elle a dit “J&#039;ai un auteur à vous présenter. C&#039;est lui qui doit écrire ce livre.” Et donc elle m&#039;appelle. Elle me dit “écoute, j&#039;ai eu un rendez-vous, j&#039;ai pitché ton livre”. Je lui dis “Quel livre ?” Et elle me dit “Bah le livre que tu vas écrire parce que y&#039;a que toi qui peut écrire ce bouquin là. J&#039;ai confiance en toi. On a rendez-vous à la fin de la semaine, tu me fais un plan détaillé et on y va et tout va bien se passer.” Et du coup, bah j&#039;étais un peu décontenancé. Je l&#039;ai suivi parce que je me suis dit “Est-ce que dans ta vie une opportunité comme celle-là va se représenter ?” Et même si je me suis dit oh, ça va être peut-être un peu de travail, bon bah je me suis lancée quand même et j&#039;ai bien fait. Et ça m&#039;a pris trois ans d&#039;écriture. 
Et par rapport au titre, “Ceci n&#039;est pas un livre sur le genre”, on a épuisé pas mal de titres mais aucun ne convenait vraiment. Et un jour, j&#039;ai eu une épiphanie et c&#039;est un peu grâce à Magritte, donc avec son œuvre Ce n&#039;est pas une pipe. Voilà, quand j&#039;ai essayé de comprendre finalement ce qu&#039;il y avait derrière ce tableau là, l&#039;idée du peintre, c&#039;était de se dire que ce n&#039;est pas une pipe, c&#039;est le regard qu&#039;on pose sur cet objet. Et s’il y a bien un sujet sur lequel on porte beaucoup de regards, mais surtout des regards assez ignorants finalement, c&#039;est le sujet du genre. Et du coup, mon ambition, c&#039;était vraiment de pouvoir apporter des informations vérifiées, que ce soit scientifiques, politiques, anthropologiques, sur le sujet. Et “Ceci n&#039;est pas un livre sur le genre”, parce que c&#039;est un livre sur tellement d&#039;autres choses. C&#039;est un livre qui parle du rapport à la langue, du rapport à la santé, à l&#039;urbanisme. Voilà, on passe par plein de choses différentes. Et puis je me suis dit, surtout, si jamais, on n&#039;est pas à l&#039;abri, un ou deux réacs passent devant et se disent ““C&#039;est pas un livre sur le genre,” peut-être que je vais l&#039;ouvrir” et apprendre deux trois petits trucs en attendant. 
Le Lobby : S’ils dépassent le côté un peu arc-en-ciel de la couverture ! (rires) 
Morgan Noam : Exactement, je n&#039;ai pas pu m&#039;empêcher de mettre un petit drapeau du Lobby quand même ! (rires). 
Le Lobby : La librairie Les mots à la bouche a décrit “Ceci n&#039;est pas mon genre” comme un livre-manuel-compagnon, ce que j&#039;ai trouvé vraiment très juste, et je me suis beaucoup reconnu dans ça. Parce que c&#039;est un livre qui fait pas moins de 339 pages. C’est 339 pages de pistes, de questions, mais aussi d&#039;exercices à réaliser par lea lecteurice. J&#039;imagine que ça a été un compagnon aussi pour toi pendant trois ans en fait, parce que tu as dû dormir avec ce livre en tête tous les soirs, mais c&#039;est aussi un compagnon pour nous quand on le lit, parce que ça prend quand même un certain temps. En fait, c&#039;est surtout que ça nous oblige, enfin, ça nous oblige. On n&#039;est pas obligé.es, mais ça nous invite à nous poser, et à nous poser des questions, à réaliser des exercices. Et moi, je voulais te demander comment tu as conçu ces exercices ?  
Morgan Noam : Alors en fait, l&#039;ambition de ce livre là, c&#039;est surtout de détricoter et de vous accompagner à désapprendre toutes les vérités absolues qu&#039;on vous a présentées sur ce sujet pour pouvoir co-construire ensemble quelque chose de plus juste. Et du coup, je me suis inspiré des formations que je donnais où la première partie de la formation, c&#039;est vraiment les faire travailler sur leur propre rapport au genre, le sujet, mais aussi au genre, le leur, leur identité, leur expression. Et je me suis dit que, au-delà d&#039;apporter des connaissances théoriques, ce bouquin là, j&#039;avais surtout envie qu&#039;il puisse être un outil d’empouvoirement. Parce que je comprends du coup un peu mieux ces sujets là. Mais surtout, je me comprends mieux, moi. Et à partir du moment où on a cette connaissance un petit peu plus fine de son identité, j&#039;ai l&#039;impression que ça nous permet d&#039;avoir un petit peu plus de pouvoir sur sa vie et sur son identité, d&#039;essayer de faire le distinguo entre ce qui m&#039;a été appris, ce qui m&#039;a été donné comme injonction par rapport à mon genre et mes véritables désirs, mes appétences, ce que je veux pour moi et ce que je ressens. Et du coup, l&#039;ambition de ces exercices était de pouvoir permettre ça. Et ce n&#039;est pas que des exercices sur le genre. Si vous vous le procurez, vous verrez, c&#039;est vraiment des exercices aussi sur comment être un bon allié, ou comment checker ses privilèges, ou se comparer à l&#039;homme standard. L&#039;idée, c&#039;était vraiment de pouvoir ouvrir le sujet et de faire en sorte d&#039;être un meilleur allié, d&#039;avoir de meilleures connaissances par rapport à tous les enjeux de justice sociale.  
Le Lobby : En plus de sa dimension très ludique, ce qui est immédiatement apparent quand on commence la lecture, c&#039;est la douceur de ton ton, la pédagogie, et tu le revendique d&#039;ailleurs, dès l&#039;entrée dans le livre, le résumé du livre qu&#039;on peut lire sur Internet, c&#039;est : “Des questions qui semblent compliquées, trouveront des réponses simples, basées sur des faits scientifiques, historiques et sociologiques. Ici, pas besoin d&#039;être déjà expert.e pour découvrir pas à pas comment l&#039;histoire de l&#039;humanité a été construite et conter jusqu&#039;à se confondre avec votre propre identité.” J&#039;ai eu la sensation en te lisant qu&#039;il y avait, entre autres, une réelle volonté de déculpabiliser. Quand est ce que cette idée est rentrée en compte pour toi et pourquoi? Et quel public envisageais-tu principalement pour ce livre?  
Morgan Noam : Alors j&#039;avais un peu envie d&#039;écrire un livre pour toutes les personnes qui vont pas forcément, nécessairement, directement, au rayon féminisme, genre LGBT, de leur librairie, et qui pourraient pour autant être intéressées par toutes ces thématiques, mais juste pas savoir par quel bout le prendre. Qui entendent des trucs aux infos, qui voient des trucs passés sur internet mais à qui il manque des clés pour vraiment pouvoir s&#039;approprier ce sujet là. Et donc, bien évidemment que ce livre, je l&#039;ai écrit pour mes adelphes, mais je l&#039;ai aussi écrit pour les personnes qui les accompagnent, ou tout simplement pour les personnes qui vivent à leur côté au sein de la société pour qu&#039;iels puissent être mieux compris. J&#039;ai essayé, en tout cas, que ce soit suffisamment accessible pour des personnes un peu novices sur ce sujet-là et en même temps que ce soit suffisamment fourni pour des personnes qui sont déjà un peu familiarisées avec ces thématiques. Et donc du coup, mon ambition a vraiment été de me dire, encore une fois c&#039;est cette expérience de formation, où la première chose que je dis quand je rencontre un nouveau groupe que je forme, c&#039;est “OK. Aujourd&#039;hui, on n&#039;est pas là pour faire la police du langage. Je ne suis pas là pour juger ce que vous allez m&#039;apporter, pour juger des questions que vous allez me poser. Parce que je pars du principe que l&#039;ambition, c&#039;est de créer un espace dans lequel vous allez pouvoir vous sentir suffisamment en sécurité pour pouvoir justement déposer toutes vos interrogations sur le sujet.”  
Le Lobby : Je sais que dans ta pratique de thérapeute, tu accompagnes notamment des parents dans leur accompagnement de leur propre enfant LGBT. Et donc justement, tu ouvres le livre “Ceci n&#039;est pas un livre sur le genre” par une proposition, celle de laisser les jugements de côté pour mieux recevoir le contenu du livre. Est-ce que tu as eu des retours de personnes qui ont réadapté leur perspective après la lecture de ton manuel?  
Morgan Noam : Alors oui, les retours des lecteurices sont hyper chouettes. Je suis ravi des messages que je reçois et surtout je suis ravi que les gens prennent de leur temps pour m&#039;écrire après leur lecture. Je trouve ça hyper précieux. Parce que ce livre-là, je l&#039;ai pensé, je l&#039;ai lu, relu, relu. Moi il me soule. Mais du coup,de pouvoir avoir le retour des personnes à qui il appartient, bah ça me fait vraiment plaisir. Et donc oui, j&#039;ai reçu vraiment pas mal de messages, notamment, et assez étonnamment, finalement, je m&#039;attendais pas à ce que ce soit une cible pour ce bouquin, pas mal d&#039;hommes cis qui m&#039;ont écrit. Des pères de famille, des hommes, voilà des hommes mariés qui m&#039;ont dit “J’étais un peu ignorant sur tous ces sujets là” ou “J&#039;avais pas forcément envie de m&#039;y intéresser parce que je partais du principe que ça me concernait pas. Et en lisant votre livre, je me suis rendu compte que ça nous concerne tous. Et voilà, je me suis parfois senti un petit peu honteux par rapport aux comportements que j&#039;ai pu avoir dans ma vie. Je me suis senti un peu bête d&#039;avoir pensé telle ou telle chose. Mais c&#039;est dit et accompagné avec tellement de douceur et pas de jugement que du coup ça m&#039;a permis d&#039;aller au bout de ma lecture et de vraiment transformer mon regard sur le sujet et de me dire qu&#039;il était peut être intéressant que je m&#039;y intéresse. Alors non pas parce que je connais une personne trans ou quoi que ce soit, mais juste moi par rapport à mon identité et ce que je veux en faire.”  
Et donc ça, je trouve ces témoignages très très chouettes. Et puis bien entendu, des parents. J&#039;ai eu des parents qui sont venus en dédicace avec leur enfant trans de quatre ans. Et de me dire “Bah voilà, ces parents, ils prennent le temps à la fois d&#039;acheter du contenu qui va leur permettre de se familiariser à toutes ces questions, prennent le temps d&#039;accompagner leur enfant et ensuite de venir me dire à quel point finalement, ce que j&#039;ai pu écrire, ça les a aidés, accompagnés à mieux comprendre leur enfant.” C&#039;est vraiment le plus beau cadeau que je peux avoir après l&#039;écriture.  
Le Lobby : Le ton de ton livre, tu l&#039;as dit très justement, il découle assez naturellement de ta pratique. Morgan, tu te décris comme psy engagée, tu es thérapeute et formateur sur tout ce qui touche aux questions de diversité de genre et de sexualité et notamment auprès des professionnels de l&#039;éducation, du travail social et de la santé. Comment est-ce que tu as commencé sur cette voie professionnelle? Est ce que ça répondait à un besoin, une demande, soit de ta part, soit des autres ?  
Morgan Noam : J&#039;ai eu une première vie professionnelle qui était de travailler dans la production musicale, donc rien à voir du tout. Mon dernier boulot, c&#039;était pour The Voice, donc vraiment, j&#039;ai fait un grand écart entre ma carrière actuelle et ma carrière d&#039;hier. Et du coup, en fait, à un moment donné, j&#039;ai eu du temps pour pouvoir me poser et réfléchir à ce que je voulais vraiment faire de ma vie, professionnellement en tout cas. Et j&#039;ai toujours été attiré par la psycho. Alors ma mère est psychologue, ça aide aussi, forcément. Moi je suis des thérapies depuis que je suis tout petit et c&#039;est vrai que, au sortir du bac, je me sentais peut être un peu fébrile pour pouvoir m&#039;attaquer à ce type d&#039;études là qui chamboulent très clairement. Et du coup, je me suis dit, “quitte à te réorienter, autant te réorienter vers tes premières amours, à savoir la psycho”. Et du coup, c&#039;est comme ça que j&#039;ai repris mes études. Mon ambition, ce n&#039;était pas forcément de devenir un accompagnant communautaire ou de me spécialiser dans l&#039;accompagnement des personnes LGBT, de politiser ma pratique plus que ça.  
Et c&#039;est finalement pendant mes études que je me suis rendu compte qu&#039;il était impératif en réalité de politiser ma pratique. Parce que, en lisant les textes fondateurs de la psychologie, en écoutant les penseurs, parce que c&#039;est quand même très masculin, très blanc, très cis, très hétéro, ça m’a pas plu, je me suis dit qu&#039;il y avait un souci, qu&#039;on ne laisse que ces gens là penser un champ d&#039;étude si important. Et du coup, forcément, on nous apprend qu&#039;à suivre et qu&#039;à accompagner ce même type de personne. Et d&#039;autant plus en voyant le nombre de gens autour de moi sur les réseaux qui demandaient des psys safe, des médecins safe, des gynécos safe. Et je me dis “c&#039;est pas possible que dans les années 2000 en tout cas, on puisse encore en être là, à craindre d&#039;aller consulter un professionnel de la santé et de se dire, potentiellement, je vais me faire violenter.” Combien de fois en première séance, j&#039;ai des patients, des patientes qui me disent “Oui, j&#039;ai consulté des psys, mais on m&#039;a dit que si j&#039;étais lesbienne, c&#039;était parce que mon père avait été trop absent.” Ou “que si j&#039;étais trans, c&#039;est parce que j&#039;avais été abusé.e dans mon enfance”, ou le nombre de personnes racisées qui m&#039;ont dit “je peux pas parler de racisme avec mon ancien psy qui ne voit pas, qui ne voyait pas en tout cas les violences systémiques auxquelles j&#039;étais exposée.”  
Et en fait, je pense que c&#039;est à la fois le bouche à oreille qui a fait que ma patientèle, très rapidement, a été une patientèle qui cherchait un accompagnement situé, politisé, qui prenait en compte les violences systémiques. Et puis par rapport à la formation, et bien en étant une personne trans, bisexuelle et racisée, j&#039;ai eu mon lot de violences médicales et je me suis dit en fait, “si je peux apporter ne serait ce qu&#039;une petite pierre à l&#039;édifice en formant des professionnels qui accompagnent, que ce soit de l&#039;éducation, du social ou du médical, qui accompagnent surtout des jeunes – puisque je pense que c&#039;est une population très vulnérable, qu&#039;il est nécessaire de protéger –, si je peux leur apporter des informations, puisque très clairement dans la formation universitaire, il n&#039;y en a pas, et si je peux leur apporter des informations et leur apprendre à accompagner ce public là, bah c&#039;est tout bénef.” 
Le Lobby : Est ce que c&#039;est la même réflexion et les raisons que tu as citées qui t&#039;ont fait arriver sur les réseaux sociaux?  
Morgan Noam : C&#039;est aussi notamment que – je crois que je suis arrivé sur les réseaux sociaux en 2020, 2021, je sais plus, mais en tous cas, c&#039;est un peu pareil qu&#039;avec le livre. C&#039;est-à-dire que je cherchais du contenu sur la santé mentale un peu politisé et j&#039;en voyais qu&#039;en anglais. Alors effectivement, il y avait des comptes de psy sur Instagram, mais c&#039;était “cinq signes qui montrent que vous êtes bipolaire” et bon voilà, je ne suis pas très fan de ce type de contenu et je ne voulais pas créer du contenu qui à la fois pose des diagnostics, parce qu’Instagram c&#039;est pas de la thérapie, et aussi est très académique, “je vais vous présentez le tableau clinique de telle ou telle pathologie”, ça ne m&#039;intéressait pas. Moi, mon ambition, c&#039;était vraiment de parler de santé mentale, des personnes minorisées. Et ça, personne le faisait. Et je trouve que c&#039;est – Je l&#039;ai fait à la fois parce que je trouve qu&#039;il y a énormément de choses à dire sur le sujet et en même temps parce que les personnes minorisées n&#039;ont pas forcément les moyens d&#039;aller voir un ou une thérapeute. Et même si Instagram c&#039;est pas de la thérapie, de pouvoir avoir des petits outils, des petites billes pour pouvoir accompagner son propre processus, je me suis dit que ça pouvait être assez chouette de pouvoir offrir aussi cette pédagogie gratuitement, d’offrir ça.  
Le Lobby : Je pense qu&#039;on peut vraiment dire que t&#039;es devenu une personne de référence, en tout cas sur les réseaux, en termes de questions sur les transidentités, sur la santé mentale, sur tout ce qui est actualité concernant les communautés queer. Mais du coup, ça, ça vient aussi avec, j&#039;imagine, un revers de la médaille qui est celle d&#039;être ultra visible en ligne. C&#039;est quoi pour toi les pour et les contre de cette visibilité ?  
Morgan Noam: Alors en commençant, c&#039;est un peu naïf, c&#039;est comme je n&#039;avais pas prévu d&#039;écrire un livre, en commençant sur les réseaux sociaux, je n&#039;avais pas prévu de gagner autant en visibilité, alors que c&#039;est le jeu. Tu crées du contenu, forcément, tu gagnes en visibilité. Et il y a plusieurs choses qui me dérangent avec la visibilité. Dans un premier temps, c&#039;est la starification qu&#039;on peut avoir sur les réseaux sociaux, d&#039;autant plus quand il s&#039;agit de sujets militants, quand il s&#039;agit de justice sociale où, on le sait, c&#039;est le collectif qui prime. Alors effectivement, on est deux trois têtes sur Instagram à être particulièrement visibles sur ces questions de transidentité. Et du coup, il y a un phénomène, malheureusement qu&#039;on ne peut pas enrayer, de starification, où on part du principe que le nombre de milliers de followers sur Instagram, ça veut dire quelque chose de qui on est, de notre légitimité, de notre valeur. Et ça, c&#039;est très compliqué. Comme quand je suis en dédicace par exemple, et que je vois effectivement la manière dont les gens s&#039;adressent à moi, comme si, de manière très caricaturale, [j’étais] Beyoncé des personnes trans. Et je fais caca comme tout le monde en fait. Et du coup, c&#039;est très bizarre d&#039;être mis à cette place là. Alors que bah voilà, je suis juste un mec qui se filme tout seul dans son bureau et qui fait des vidéos. Il y a rien d&#039;exceptionnel à ça. Et donc il y a cette starification qui parfois, peut venir effacer le collectif, peut venir effacer la pluralité des voix sur ces thématiques. Et forcément, je sais qu&#039;aujourd&#039;hui, si j&#039;ai cette place là, c&#039;est parce que déjà je suis un homme trans et pas une femme trans, j&#039;ai une bonne élocution, j&#039;ai un minimum d&#039;éducation et que du coup, les voix plus en colère, les voix qui s&#039;expriment peut être de manière moins fluide, elles vont être moins audibles. Et je trouve ça assez problématique finalement qu&#039;on ait besoin de traduire dans un langage entendable pour que l&#039;information, elle puisse passer. Alors bien évidemment, moi je joue ce jeu, je joue ce jeu parce que j&#039;ai envie d&#039;atteindre le plus de personnes possible avec ce que je dis, ce que je raconte. Mais il est vraiment important de se dire qu’être en colère, ne pas avoir forcément les bons mots, les bonnes tournures de phrases, ça ne délégitime pas la parole de quelqu&#039;un. Donc ça, c&#039;était important pour moi de le déposer. Et donc oui, c&#039;est hyper chouette parce que très clairement, les réseaux sociaux m&#039;ont permis de pouvoir écrire un livre, m&#039;ont permis de pouvoir avoir des contrats de formation, m&#039;ont permis de faire des superbes rencontres.  
Bien évidemment, le revers de la médaille, c&#039;est quand on est une personne trans visible sur les réseaux, et comme il y en a pas beaucoup, eh bien forcément, on se prend la violence que les médias, les politiques participent à créer avec tous leurs discours de désinformation et où on est un peu le réceptacle de la haine transphobe. Alors encore une fois, moi je suis une personne trans, oui, mais je suis un homme et du coup forcément sur les réseaux sociaux, je vais moins être embêté, je vais moins être embêté qu&#039;une femme trans, par exemple, qui s&#039;exprime. Je pense à mon amie Lexie qui, pour le coup, subit un cyber harcèlement des enfers et j&#039;admire vraiment sa force et son courage de continuer à offrir du contenu malgré tout ce qu&#039;elle reçoit. Moi globalement, c’est les mascus et c’est les TERFs, surtout les TERFs, qui viennent me faire chier. Mais c&#039;est ok, pour moi. Je pars du principe que ces personnes-là, avant tout, c&#039;est de l&#039;ignorance. Mais je pars aussi surtout du principe que ces personnes vont vraiment pas bien du tout. Et donc j&#039;essaye, dans la mesure du possible, de répondre toujours, alors bien évidement pas quand c&#039;est de la violence gratuite, directe, frontale, mais de répondre toujours – on sait jamais ça se trouve ton commentaire c&#039;est juste un commentaire parce que tu sais pas – j&#039;essaye toujours de répondre avec douceur, avec pédagogie, mais après faut pas non plus pousser mémé dans les orties comme on dit et à un moment donné, la violence, je bloque et ciao bye. 
Le Lobby : C&#039;est vrai que je l&#039;ai totalement remarqué ça. Tes réponses en commentaire sont toujours très pédagogues. C&#039;est toujours dans un souci d&#039;accompagner les gens dans leur réflexion. Mais à chaque fois que je vois tes réponses, je ne peux pas m&#039;empêcher de penser à toi, en pensant à ce que je disais en intro en fait, à cette fatigue finalement qu&#039;on a toustes de devoir expliquer les choses, de se répéter, d&#039;essayer de convaincre, d&#039;une manière ou d&#039;une autre de la validité d&#039;une existence. Et en plus de ça, il y a tout ton travail militant et sur les réseaux et en dehors des réseaux, ton métier de thérapeute, l&#039;écriture du livre, la promotion. Lexie nous parlait justement dans le Lobby en mars 2021 du burn out militant – on parle de Lexie Agresti d&#039;agressively_trans sur Instagram pour celleux qui ne connaissent pas – elle nous parlait de burn-out militant. Comment tu gères, toi, cette fatigue?  
Morgan Noam: En fait, là, ma position particulière, moi, c&#039;est que j&#039;éduque sur les réseaux, je reçois du coup forcément aussi beaucoup de témoignages de souffrance. Mais ça ne s&#039;arrête pas là. C&#039;est-à-dire que je suis psy aussi, donc de fait, c&#039;est une double dose. Je me trouve assez démuni parce que, très clairement, la plupart des problématiques que m&#039;exposent les personnes qui viennent me voir sont des problématiques qui, de fait, sont systémiques. Et c&#039;est pas en leur disant “bon bah voilà, allez faire deux trois minutes de yoga, allez vous promener, respirez un coup, positivez, ça va aller.” Non ! 
Je suis assez partisan du fait que tous ces, notamment dans ces dernières années, tous les syndromes dépressifs, l&#039;anxiété, le stress, etc, c&#039;est en grande partie parce qu&#039;on vit dans une société multi oppressive, patriarcale, capitaliste, impérialiste, et c&#039;est ces systèmes là qui créent des conditions de vie qui sont juste invivables. Et donc le stress, l&#039;anxiété, la dépression, c&#039;est juste des réponses naturelles à nos conditions de vie qui juste sont inhumaines. Et c&#039;est en ça que c&#039;est difficile pour moi parfois de trouver de l&#039;espoir pour pouvoir aussi être porteur d&#039;espoir à la fois pour ma patientèle et pour les personnes qui me suivent sur les réseaux sociaux. Et ce qui m&#039;aide beaucoup, c&#039;est vraiment la force du collectif. La force du collectif, c&#039;est vraiment la course de relais où, quand toi, juste tu peux plus, t’es épuisé, il faut que tu reprennes ta respiration, tu sais que tu peux passer le bâton à quelqu&#039;un d&#039;autre. Alors je suis un être humain et comme tout le monde, du coup, parfois je pète des plombs parce que trop de souffrance, trop de choses, trop de choses, trop de choses. Mais voilà, je suis bien entouré, bien accompagné, mais surtout, vraiment, moi, ce qui m&#039;aide à tenir, c&#039;est la force du collectif.  
Le Lobby : Ça me fait une transition parfaite pour parler de la Riposte ! Un peu après la parution de Ceci n&#039;est pas un livre sur le genre, on a pu assister au premier rassemblement de la Riposte transféministe le 5 mai dernier, à peu près un mois après la parution de ton livre. La Riposte trans, c&#039;est le nom de ce raz de marée militant, sans précédent, qui a déferlé dans les rues avec plus de 25 000 personnes réunies dans toute la France et en Belgique. Au moment où nous enregistrons cette émission, on est pratiquement au lendemain d&#039;un second week-end de mobilisation, les 25 et 26 mai dernier. Ce raz de marée, impossible de l&#039;ignorer, tant sa puissance et sa beauté nous ont coupé le souffle. Et ses organisateurices ont bien l&#039;intention de ne pas s&#039;arrêter là et de pérenniser le mouvement, si j&#039;ai bien compris. Morgan, tu es un des premiers signataires de l&#039;appel à manifester du 5 mai, pour le 5 mai, et tu as participé à l&#039;organisation de la Riposte avec notamment d&#039;autres personnalités qu&#039;on connaît assez bien comme Lexie Agresti, Sasha Yaropolskaya. Et plein d&#039;autres associations, personnalités. Bon, on sait, ce qui a motivé l&#039;organisation de la Riposte, c&#039;est la lutte contre la transphobie. C&#039;était quoi l&#039;urgence de l&#039;organisation de cette mobilisation à ce moment-là?  
Morgan Noam : Alors c&#039;est pas nouveau le climat transphobe qui règne en France. Néanmoins, c&#039;est vrai que depuis– en réalité, là, depuis quelques mois– il y a une accélération, en tout cas des offensives anti trans de toutes parts, que ce soit de la part des médias, de la part parfois des maisons d&#039;édition et aussi de la part des politiques. Et face à tout ça, face à l&#039;impossibilité de rester silencieux, l&#039;impossibilité de ne rien faire, on a décidé avec quelques personnes, on s&#039;est réuni – alors effectivement, il y avait Lexie, il y avait Sasha, il y avait donc du Pain et des Roses qui est le pôle féministe-LGBT de Révolution Permanente, et il y avait les Inverti.es aussi, qui faisaient partie de ce pôle d&#039;organisation –, on s&#039;est réuni.es et on s&#039;est dit on ne peut pas ne rien faire. Et à un moment donné, il va falloir faire comprendre à toutes ces personnes qui souhaitent notre disparition, qui souhaitent mettre à mal nos droits fondamentaux, il va falloir qu&#039;on réponde et qu&#039;on riposte. D&#039;où la riposte trans et féministe. Et du coup, on s&#039;est réuni et on s&#039;est dit “là, il faut faire quelque chose et il faut faire quelque chose rapidement, juste pour qu’iels ne pensent pas qu&#039;on va se laisser faire”. Parce qu&#039;on avait déjà, voilà, attendu suffisamment de mois, suffisamment de semaines en ne disant rien, et il fallait une action massive. Et très rapidement,  en une semaine à peine, on a organisé un rassemblement.  
Ce qui s&#039;est passé, c&#039;est que, bon, on a très, très peu dormi et très clairement. Parce que l&#039;ambition, c&#039;était de pouvoir faire en sorte que le rassemblement soit déclaré en préfecture et qu&#039;on risque pas – alors même quand on est déclaré en préfecture, on risque des trucs – mais au moins on était réglo. Donc de pouvoir trouver lieu, de pouvoir aussi organiser toutes les prises de parole, tout ce qui allait se passer. Et puis surtout, il y avait un très gros enjeu sur l&#039;appel à manifester. L&#039;appel à manifester qu&#039;on a publié, du coup, me semble-t-il, une semaine avant, et pour lequel il y a eu un gros travail en fait de pêche à la signature parce qu’on a réuni plus de 2000 signataires différents. Et alors effectivement, on a eu des grands noms, des figures militantes féministes, des figures militantes écolos. On a eu aussi des élus qui nous ont rejoints : de LFI, d&#039;Europe Ecologie les Verts, on avait forcément Révolution Permanente. En tout cas des partis de gauche, sans grande surprise. Mais on a eu aussi des personnalités comme Edouard Malagré, comme euh, voilà, plein de personnalités différentes. Et puis on a aussi eu – moi, je me souviendrai toujours, j&#039;ai reçu un message des indépendantistes bretons qui nous ont dit “bah en fait votre histoire et ce pour quoi vous vous battez, c&#039;est exactement la même chose que nous, c&#039;est à dire qu&#039;on se bat pour l&#039;autodétermination de notre région, de notre identité et vous faites la même chose.” Et donc qu&#039;il y ait à ce point là, cette convergence des luttes où on a la CGT, quand même le premier syndicat de France, qui a appelé ses syndiqués à manifester.  
En tout cas, dans l’histoire de luttes trans françaises, un rassemblement de cette envergure, ça ne s&#039;était jamais vu. Plus de 50 villes en France et en Belgique, en même temps, en simultané. Sur la place de la République, on était environ 8000. La place de la République, elle était noire de monde. Mais on a réussi aussi à faire ça parce qu&#039;on a très clairement accès, parce qu&#039;on a compris que c&#039;était aussi ça l&#039;enjeu maintenant. Qu&#039;il était intéressant et impératif de faire exploser les barrières de – On n&#039;est pas là que pour les luttes trans. En fait, on est là pour la convergence des luttes. On est là pour les travailleurs, on est là pour les peuples colonisés, on est là pour les personnes victimes de sexisme, de racisme, de validisme, etc. Et donc du coup, c&#039;est cet appel à une autodétermination et à une autonomisation de toutes les identités marginalisées qui a fait, je pense, que ça a été un véritable succès. 
Le Lobby : A mes yeux, c&#039;était encore mieux que le Marvel Cinematic Universe à mes yeux, c&#039;était impressionnant à voir et d&#039;en suivre l&#039;évolution. Et bah du coup, moi je voulais te demander comment s&#039;organisait la suite, notamment dans cette réflexion de convergence des luttes. En fait, en ce moment on a des manifestations pour tout – surtout pour la Palestine, la Nouvelle-Calédonie. Pour les personnes sans papiers aussi, qui sont déplacées dans les rues de Paris pour rendre la ville soi-disant plus présentable pour les JO. Comment vous envisagez la suite ? 
Morgan Noam: Alors l&#039;idée, en effet, c&#039;est de ne pas relâcher la pression. D&#039;autant plus que là, on est à quelques jours du vote du Sénat sur cette fameuse proposition de loi qui régule le parcours trans, médical des plus jeunes, des mineurs. Et donc le Sénat a voté en faveur et donc ça va possiblement, on est pas encore sur, mais possiblement passer à l&#039;Assemblée pour étude. Ce qu&#039;on s&#039;est aperçu dans un premier temps, c&#039;est que toute la gauche qui était présente puisque beaucoup avaient piscine apparemment, mais en tout cas toute la gauche qui était présente dans cet hémicycle a très clairement voté contre. Donc on sait en tout cas qu&#039;il y a un front commun qui est fait avec la gauche. Donc ça, c&#039;est rassurant. On sait aussi qu&#039;à l&#039;Assemblée Nationale, très clairement, les Républicains, donc, qui sont les instigateurs de cette proposition de loi, ne sont pas en majorité. Donc on espère bien évidemment que l&#039;Assemblée Nationale va même pas prendre le temps de l&#039;étudier.  
Mais on espère en tout cas que si elle l’étudie, que ça va passer à la trappe. Parce que cette proposition de loi, elle est absolument mortifère et profondément dangereuse pour les familles et pour les jeunes. Et on le sait bien évidemment, que l&#039;ambition, c&#039;est ensuite de s&#039;attaquer aux majeurs, aux personnes majeures trans. Et donc l&#039;ambition, c&#039;est pas de relâcher la pression. Là, on arrive de fait au mois des Fiertés et donc va y avoir plein de Prides. Et donc l&#039;ambition, c&#039;est aussi de vraiment repolitiser ces espaces là qui effectivement peuvent être festifs, doivent être festifs, mais doivent avant tout être politiques. Et ça fait maintenant de nombreuses années où c&#039;est une marche des fiertés qui est plus un temps de fêtes, de réunions ensemble, mais où il y a plus vraiment de message politique qui est porté dans les cortèges.  
Et donc du coup, là, l&#039;ambition, c&#039;est de vraiment donc repolitiser ces marches-là avec comme horizon l&#039;autodétermination, donc à la fois des peuples colonisés et à la fois des personnes trans, et juste se battre et aussi défiler pour le respect des droits fondamentaux de tous les êtres humains. Et donc là, l&#039;ambition c&#039;est vraiment de se focus et de profiter de cet élan de manifestation un petit peu partout en France pendant ce mois des fiertés pour donner un vrai coup de collier au mouvement Riposte anti-transphobie et ensuite bien évidement de voir ce qu&#039;il va advenir de ces de ces propositions de loi et de faire en fonction. L&#039;idée, c&#039;est aussi de pouvoir réagir au fur et à mesure de ce qui nous est présenté, mais bien évidemment de ne jamais lâcher le pied de l&#039;accélérateur et de toujours être là. Parce que l&#039;ambition, c&#039;est pas de se contenter de miettes et de se dire voilà, on est reconnus dans notre auto-détermination. Potentiellement, il y a cette loi qui va être votée, qui va faciliter le changement d&#039;état civil. Ça, c&#039;est un droit fondamental, c&#039;est des miettes. L&#039;idée, c&#039;est de viser plus haut parce que tout être humain mérite plus. Et donc c&#039;est de ne pas s&#039;arrêter à ça et de vraiment lutter pour le respect de tous. 


    Références citées dans l&#039;émission
    
— Sophie Nanteuil et Baptiste Beaulieu, Histoires de coming-out : https://www.librairie-des-femmes.fr/livre/9782226466358-histoires-de-coming-out-baptiste-beaulieu-sophie-nanteuil/ 
— Le compte Instagram de Lexie Agresti : instagram.com/agressively_trans 
— Le site de Morgan Noam Lucas : https://www.morganlucas-therapie.com/ 


    L&#039;équipe de l&#039;émission
    
Présentation : Emma Loiret 
Réalisation : Colin Gruel 
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    Le thérapeute et militant trans Morgan Noam est notre invité cette semaine à l'occasion de la parution de "Ceci n'est pas un livre sur le genre", et pour revenir sur la mobilisation anti-transphobie en cours partout en France.
    
J’ai une confession à faire : j’avoue que parfois je cède un peu à la fatigue. Ça m'arrive de me dire que ça ne sert à rien. Qu’on peut se battre, discuter, éduquer tout ce qu’on veut : le monde cisgenre ne veut ni entendre ni apprendre. Mais récemment, il y a un livre qui m’a fait beaucoup de bien. 
Vous connaissez peut-être déjà son auteur, ou entendu sa voix moelleuse dans des vidéos drôles et ludiques qui debunkent depuis trois ans tous les mensonges qu’on racontent sur la communauté transgenre via ses comptes Instagram et TikTok, ou lors d’une prise de parole lors de la mobilisation contre la transphobie du 5 mai dernier. Son contenu est personnellement devenu mon ASMR quand j’ai besoin d’être rassuré, de me rappeler que des personnes censées existent dans ce monde. 
Et si ce livre m’a fait un bien fou, c’est parce qu’il m’a permis de reprendre toutes les bases. Surtout sur des terrains où je me sens moins légitime, comme les sciences, la biologie, l’anatomie — j’ai fait L au lycée, quoi... Il m’a permis de faire un tri, de hiérarchiser les infos. Il m’a aussi enlevé un poids énorme parce que je sais que je pourrai non seulement le référencer dans des conversations mais aussi tout simplement en recommander la lecture plutôt que d’assumer le travail émotionnellement taxant d’expliquer aux gens pourquoi les personnes trans existent et ont le droit d’exister. 
Cette semaine, on a la chance de recevoir le thérapeute et militant Morgan Noam Lucas, organisateur de la Riposte transféministe ET auteur du livre-événement Ceci n’est pas un livre sur le genre, publié le 3 avril dernier aux éditions Hachette par le label féministe Les Insolentes. 

Le Lobby : Je me doute que tu dois être bien occupé en ce moment avec la promotion de ton livre, la coordination de la Riposte trans, ton métier de thérapeute et de consultant et la création de contenu à tes heures perdues. Comment vas-tu?  
Morgan Noam : Épuisé, épuisé. Mais ça va, on se reposera plus tard. Là, il y a des urgences à traiter. Donc je suis vraiment ravi de pouvoir à la fois parler de mon livre et à la fois parler de sujets qui me tiennent à cœur autour du genre et des transidentités.  
Le Lobby : Je voulais commencer par revenir sur la genèse du livre. Qu'est ce qui a impulsé son écriture et quand est venu le titre du livre?  
Morgan Noam : Moi j'avais pas du tout prévu d'écrire un bouquin. Je cherchais pourtant, quand j'ai commencé à m'intéresser à toutes ces questions de genre, un livre en français qui regrouperait pas mal de thématiques pour vraiment comprendre tous les contours de ce sujet là. Et je trouvais 1000 et un essais féministes, queer qui parlent de thématiques particulières, mais je n'ai pas trouvé de manuel, de livre-guide qui reprenait un petit peu les bases pour pouvoir nous accompagner sur notre cheminement. J'en ai trouvé beaucoup en anglais, mais pas en français et je me suis dit que ce serait bien qu'un jour quelqu'un écrive un bouquin de ce genre, mais jamais en me disant que peut-être ce serait moi. Et début 2021, il y a eu mon éditrice, Sophie Nanteuil, avec qui j'avais déjà bossé sur le livre Histoires de Coming Out, qu'elle avait co-écrit avec Baptiste Beaulieu, où j'écrivais des encadrés psy, qui a eu un rendez-vous avec les éditrices d'Hachette, avec le label Les Insolentes, et à qui elle a pitché un livre de vulgarisation sur toutes les notions de genre. Et voilà elle a dit “J'ai un auteur à vous présenter. C'est lui qui doit écrire ce livre.” Et donc elle m'appelle. Elle me dit “écoute, j'ai eu un rendez-vous, j'ai pitché ton livre”. Je lui dis “Quel livre ?” Et elle me dit “Bah le livre que tu vas écrire parce que y'a que toi qui peut écrire ce bouquin là. J'ai confiance en toi. On a rendez-vous à la fin de la semaine, tu me fais un plan détaillé et on y va et tout va bien se passer.” Et du coup, bah j'étais un peu décontenancé. Je l'ai suivi parce que je me suis dit “Est-ce que dans ta vie une opportunité comme celle-là va se représenter ?” Et même si je me suis dit oh, ça va être peut-être un peu de travail, bon bah je me suis lancée quand même et j'ai bien fait. Et ça m'a pris trois ans d'écriture. 
Et par rapport au titre, “Ceci n'est pas un livre sur le genre”, on a épuisé pas mal de titres mais aucun ne convenait vraiment. Et un jour, j'ai eu une épiphanie et c'est un peu grâce à Magritte, donc avec son œuvre Ce n'est pas une pipe. Voilà, quand j'ai essayé de comprendre finalement ce qu'il y avait derrière ce tableau là, l'idée du peintre, c'était de se dire que ce n'est pas une pipe, c'est le regard qu'on pose sur cet objet. Et s’il y a bien un sujet sur lequel on porte beaucoup de regards, mais surtout des regards assez ignorants finalement, c'est le sujet du genre. Et du coup, mon ambition, c'était vraiment de pouvoir apporter des informations vérifiées, que ce soit scientifiques, politiques, anthropologiques, sur le sujet. Et “Ceci n'est pas un livre sur le genre”, parce que c'est un livre sur tellement d'autres choses. C'est un livre qui parle du rapport à la langue, du rapport à la santé, à l'urbanisme. Voilà, on passe par plein de choses différentes. Et puis je me suis dit, surtout, si jamais, on n'est pas à l'abri, un ou deux réacs passent devant et se disent ““C'est pas un livre sur le genre,” peut-être que je vais l'ouvrir” et apprendre deux trois petits trucs en attendant. 
Le Lobby : S’ils dépassent le côté un peu arc-en-ciel de la couverture ! (rires) 
Morgan Noam : Exactement, je n'ai pas pu m'empêcher de mettre un petit drapeau du Lobby quand même ! (rires). 
Le Lobby : La librairie Les mots à la bouche a décrit “Ceci n'est pas mon genre” comme un livre-manuel-compagnon, ce que j'ai trouvé vraiment très juste, et je me suis beaucoup reconnu dans ça. Parce que c'est un livre qui fait pas moins de 339 pages. C’est 339 pages de pistes, de questions, mais aussi d'exercices à réaliser par lea lecteurice. J'imagine que ça a été un compagnon aussi pour toi pendant trois ans en fait, parce que tu as dû dormir avec ce livre en tête tous les soirs, mais c'est aussi un compagnon pour nous quand on le lit, parce que ça prend quand même un certain temps. En fait, c'est surtout que ça nous oblige, enfin, ça nous oblige. On n'est pas obligé.es, mais ça nous invite à nous poser, et à nous poser des questions, à réaliser des exercices. Et moi, je voulais te demander comment tu as conçu ces exercices ?  
Morgan Noam : Alors en fait, l'ambition de ce livre là, c'est surtout de détricoter et de vous accompagner à désapprendre toutes les vérités absolues qu'on vous a présentées sur ce sujet pour pouvoir co-construire ensemble quelque chose de plus juste. Et du coup, je me suis inspiré des formations que je donnais où la première partie de la formation, c'est vraiment les faire travailler sur leur propre rapport au genre, le sujet, mais aussi au genre, le leur, leur identité, leur expression. Et je me suis dit que, au-delà d'apporter des connaissances théoriques, ce bouquin là, j'avais surtout envie qu'il puisse être un outil d’empouvoirement. Parce que je comprends du coup un peu mieux ces sujets là. Mais surtout, je me comprends mieux, moi. Et à partir du moment où on a cette connaissance un petit peu plus fine de son identité, j'ai l'impression que ça nous permet d'avoir un petit peu plus de pouvoir sur sa vie et sur son identité, d'essayer de faire le distinguo entre ce qui m'a été appris, ce qui m'a été donné comme injonction par rapport à mon genre et mes véritables désirs, mes appétences, ce que je veux pour moi et ce que je ressens. Et du coup, l'ambition de ces exercices était de pouvoir permettre ça. Et ce n'est pas que des exercices sur le genre. Si vous vous le procurez, vous verrez, c'est vraiment des exercices aussi sur comment être un bon allié, ou comment checker ses privilèges, ou se comparer à l'homme standard. L'idée, c'était vraiment de pouvoir ouvrir le sujet et de faire en sorte d'être un meilleur allié, d'avoir de meilleures connaissances par rapport à tous les enjeux de justice sociale.  
Le Lobby : En plus de sa dimension très ludique, ce qui est immédiatement apparent quand on commence la lecture, c'est la douceur de ton ton, la pédagogie, et tu le revendique d'ailleurs, dès l'entrée dans le livre, le résumé du livre qu'on peut lire sur Internet, c'est : “Des questions qui semblent compliquées, trouveront des réponses simples, basées sur des faits scientifiques, historiques et sociologiques. Ici, pas besoin d'être déjà expert.e pour découvrir pas à pas comment l'histoire de l'humanité a été construite et conter jusqu'à se confondre avec votre propre identité.” J'ai eu la sensation en te lisant qu'il y avait, entre autres, une réelle volonté de déculpabiliser. Quand est ce que cette idée est rentrée en compte pour toi et pourquoi? Et quel public envisageais-tu principalement pour ce livre?  
Morgan Noam : Alors j'avais un peu envie d'écrire un livre pour toutes les personnes qui vont pas forcément, nécessairement, directement, au rayon féminisme, genre LGBT, de leur librairie, et qui pourraient pour autant être intéressées par toutes ces thématiques, mais juste pas savoir par quel bout le prendre. Qui entendent des trucs aux infos, qui voient des trucs passés sur internet mais à qui il manque des clés pour vraiment pouvoir s'approprier ce sujet là. Et donc, bien évidemment que ce livre, je l'ai écrit pour mes adelphes, mais je l'ai aussi écrit pour les personnes qui les accompagnent, ou tout simplement pour les personnes qui vivent à leur côté au sein de la société pour qu'iels puissent être mieux compris. J'ai essayé, en tout cas, que ce soit suffisamment accessible pour des personnes un peu novices sur ce sujet-là et en même temps que ce soit suffisamment fourni pour des personnes qui sont déjà un peu familiarisées avec ces thématiques. Et donc du coup, mon ambition a vraiment été de me dire, encore une fois c'est cette expérience de formation, où la première chose que je dis quand je rencontre un nouveau groupe que je forme, c'est “OK. Aujourd'hui, on n'est pas là pour faire la police du langage. Je ne suis pas là pour juger ce que vous allez m'apporter, pour juger des questions que vous allez me poser. Parce que je pars du principe que l'ambition, c'est de créer un espace dans lequel vous allez pouvoir vous sentir suffisamment en sécurité pour pouvoir justement déposer toutes vos interrogations sur le sujet.”  
Le Lobby : Je sais que dans ta pratique de thérapeute, tu accompagnes notamment des parents dans leur accompagnement de leur propre enfant LGBT. Et donc justement, tu ouvres le livre “Ceci n'est pas un livre sur le genre” par une proposition, celle de laisser les jugements de côté pour mieux recevoir le contenu du livre. Est-ce que tu as eu des retours de personnes qui ont réadapté leur perspective après la lecture de ton manuel?  
Morgan Noam : Alors oui, les retours des lecteurices sont hyper chouettes. Je suis ravi des messages que je reçois et surtout je suis ravi que les gens prennent de leur temps pour m'écrire après leur lecture. Je trouve ça hyper précieux. Parce que ce livre-là, je l'ai pensé, je l'ai lu, relu, relu. Moi il me soule. Mais du coup,de pouvoir avoir le retour des personnes à qui il appartient, bah ça me fait vraiment plaisir. Et donc oui, j'ai reçu vraiment pas mal de messages, notamment, et assez étonnamment, finalement, je m'attendais pas à ce que ce soit une cible pour ce bouquin, pas mal d'hommes cis qui m'ont écrit. Des pères de famille, des hommes, voilà des hommes mariés qui m'ont dit “J’étais un peu ignorant sur tous ces sujets là” ou “J'avais pas forcément envie de m'y intéresser parce que je partais du principe que ça me concernait pas. Et en lisant votre livre, je me suis rendu compte que ça nous concerne tous. Et voilà, je me suis parfois senti un petit peu honteux par rapport aux comportements que j'ai pu avoir dans ma vie. Je me suis senti un peu bête d'avoir pensé telle ou telle chose. Mais c'est dit et accompagné avec tellement de douceur et pas de jugement que du coup ça m'a permis d'aller au bout de ma lecture et de vraiment transformer mon regard sur le sujet et de me dire qu'il était peut être intéressant que je m'y intéresse. Alors non pas parce que je connais une personne trans ou quoi que ce soit, mais juste moi par rapport à mon identité et ce que je veux en faire.”  
Et donc ça, je trouve ces témoignages très très chouettes. Et puis bien entendu, des parents. J'ai eu des parents qui sont venus en dédicace avec leur enfant trans de quatre ans. Et de me dire “Bah voilà, ces parents, ils prennent le temps à la fois d'acheter du contenu qui va leur permettre de se familiariser à toutes ces questions, prennent le temps d'accompagner leur enfant et ensuite de venir me dire à quel point finalement, ce que j'ai pu écrire, ça les a aidés, accompagnés à mieux comprendre leur enfant.” C'est vraiment le plus beau cadeau que je peux avoir après l'écriture.  
Le Lobby : Le ton de ton livre, tu l'as dit très justement, il découle assez naturellement de ta pratique. Morgan, tu te décris comme psy engagée, tu es thérapeute et formateur sur tout ce qui touche aux questions de diversité de genre et de sexualité et notamment auprès des professionnels de l'éducation, du travail social et de la santé. Comment est-ce que tu as commencé sur cette voie professionnelle? Est ce que ça répondait à un besoin, une demande, soit de ta part, soit des autres ?  
Morgan Noam : J'ai eu une première vie professionnelle qui était de travailler dans la production musicale, donc rien à voir du tout. Mon dernier boulot, c'était pour The Voice, donc vraiment, j'ai fait un grand écart entre ma carrière actuelle et ma carrière d'hier. Et du coup, en fait, à un moment donné, j'ai eu du temps pour pouvoir me poser et réfléchir à ce que je voulais vraiment faire de ma vie, professionnellement en tout cas. Et j'ai toujours été attiré par la psycho. Alors ma mère est psychologue, ça aide aussi, forcément. Moi je suis des thérapies depuis que je suis tout petit et c'est vrai que, au sortir du bac, je me sentais peut être un peu fébrile pour pouvoir m'attaquer à ce type d'études là qui chamboulent très clairement. Et du coup, je me suis dit, “quitte à te réorienter, autant te réorienter vers tes premières amours, à savoir la psycho”. Et du coup, c'est comme ça que j'ai repris mes études. Mon ambition, ce n'était pas forcément de devenir un accompagnant communautaire ou de me spécialiser dans l'accompagnement des personnes LGBT, de politiser ma pratique plus que ça.  
Et c'est finalement pendant mes études que je me suis rendu compte qu'il était impératif en réalité de politiser ma pratique. Parce que, en lisant les textes fondateurs de la psychologie, en écoutant les penseurs, parce que c'est quand même très masculin, très blanc, très cis, très hétéro, ça m’a pas plu, je me suis dit qu'il y avait un souci, qu'on ne laisse que ces gens là penser un champ d'étude si important. Et du coup, forcément, on nous apprend qu'à suivre et qu'à accompagner ce même type de personne. Et d'autant plus en voyant le nombre de gens autour de moi sur les réseaux qui demandaient des psys safe, des médecins safe, des gynécos safe. Et je me dis “c'est pas possible que dans les années 2000 en tout cas, on puisse encore en être là, à craindre d'aller consulter un professionnel de la santé et de se dire, potentiellement, je vais me faire violenter.” Combien de fois en première séance, j'ai des patients, des patientes qui me disent “Oui, j'ai consulté des psys, mais on m'a dit que si j'étais lesbienne, c'était parce que mon père avait été trop absent.” Ou “que si j'étais trans, c'est parce que j'avais été abusé.e dans mon enfance”, ou le nombre de personnes racisées qui m'ont dit “je peux pas parler de racisme avec mon ancien psy qui ne voit pas, qui ne voyait pas en tout cas les violences systémiques auxquelles j'étais exposée.”  
Et en fait, je pense que c'est à la fois le bouche à oreille qui a fait que ma patientèle, très rapidement, a été une patientèle qui cherchait un accompagnement situé, politisé, qui prenait en compte les violences systémiques. Et puis par rapport à la formation, et bien en étant une personne trans, bisexuelle et racisée, j'ai eu mon lot de violences médicales et je me suis dit en fait, “si je peux apporter ne serait ce qu'une petite pierre à l'édifice en formant des professionnels qui accompagnent, que ce soit de l'éducation, du social ou du médical, qui accompagnent surtout des jeunes – puisque je pense que c'est une population très vulnérable, qu'il est nécessaire de protéger –, si je peux leur apporter des informations, puisque très clairement dans la formation universitaire, il n'y en a pas, et si je peux leur apporter des informations et leur apprendre à accompagner ce public là, bah c'est tout bénef.” 
Le Lobby : Est ce que c'est la même réflexion et les raisons que tu as citées qui t'ont fait arriver sur les réseaux sociaux?  
Morgan Noam : C'est aussi notamment que – je crois que je suis arrivé sur les réseaux sociaux en 2020, 2021, je sais plus, mais en tous cas, c'est un peu pareil qu'avec le livre. C'est-à-dire que je cherchais du contenu sur la santé mentale un peu politisé et j'en voyais qu'en anglais. Alors effectivement, il y avait des comptes de psy sur Instagram, mais c'était “cinq signes qui montrent que vous êtes bipolaire” et bon voilà, je ne suis pas très fan de ce type de contenu et je ne voulais pas créer du contenu qui à la fois pose des diagnostics, parce qu’Instagram c'est pas de la thérapie, et aussi est très académique, “je vais vous présentez le tableau clinique de telle ou telle pathologie”, ça ne m'intéressait pas. Moi, mon ambition, c'était vraiment de parler de santé mentale, des personnes minorisées. Et ça, personne le faisait. Et je trouve que c'est – Je l'ai fait à la fois parce que je trouve qu'il y a énormément de choses à dire sur le sujet et en même temps parce que les personnes minorisées n'ont pas forcément les moyens d'aller voir un ou une thérapeute. Et même si Instagram c'est pas de la thérapie, de pouvoir avoir des petits outils, des petites billes pour pouvoir accompagner son propre processus, je me suis dit que ça pouvait être assez chouette de pouvoir offrir aussi cette pédagogie gratuitement, d’offrir ça.  
Le Lobby : Je pense qu'on peut vraiment dire que t'es devenu une personne de référence, en tout cas sur les réseaux, en termes de questions sur les transidentités, sur la santé mentale, sur tout ce qui est actualité concernant les communautés queer. Mais du coup, ça, ça vient aussi avec, j'imagine, un revers de la médaille qui est celle d'être ultra visible en ligne. C'est quoi pour toi les pour et les contre de cette visibilité ?  
Morgan Noam: Alors en commençant, c'est un peu naïf, c'est comme je n'avais pas prévu d'écrire un livre, en commençant sur les réseaux sociaux, je n'avais pas prévu de gagner autant en visibilité, alors que c'est le jeu. Tu crées du contenu, forcément, tu gagnes en visibilité. Et il y a plusieurs choses qui me dérangent avec la visibilité. Dans un premier temps, c'est la starification qu'on peut avoir sur les réseaux sociaux, d'autant plus quand il s'agit de sujets militants, quand il s'agit de justice sociale où, on le sait, c'est le collectif qui prime. Alors effectivement, on est deux trois têtes sur Instagram à être particulièrement visibles sur ces questions de transidentité. Et du coup, il y a un phénomène, malheureusement qu'on ne peut pas enrayer, de starification, où on part du principe que le nombre de milliers de followers sur Instagram, ça veut dire quelque chose de qui on est, de notre légitimité, de notre valeur. Et ça, c'est très compliqué. Comme quand je suis en dédicace par exemple, et que je vois effectivement la manière dont les gens s'adressent à moi, comme si, de manière très caricaturale, [j’étais] Beyoncé des personnes trans. Et je fais caca comme tout le monde en fait. Et du coup, c'est très bizarre d'être mis à cette place là. Alors que bah voilà, je suis juste un mec qui se filme tout seul dans son bureau et qui fait des vidéos. Il y a rien d'exceptionnel à ça. Et donc il y a cette starification qui parfois, peut venir effacer le collectif, peut venir effacer la pluralité des voix sur ces thématiques. Et forcément, je sais qu'aujourd'hui, si j'ai cette place là, c'est parce que déjà je suis un homme trans et pas une femme trans, j'ai une bonne élocution, j'ai un minimum d'éducation et que du coup, les voix plus en colère, les voix qui s'expriment peut être de manière moins fluide, elles vont être moins audibles. Et je trouve ça assez problématique finalement qu'on ait besoin de traduire dans un langage entendable pour que l'information, elle puisse passer. Alors bien évidemment, moi je joue ce jeu, je joue ce jeu parce que j'ai envie d'atteindre le plus de personnes possible avec ce que je dis, ce que je raconte. Mais il est vraiment important de se dire qu’être en colère, ne pas avoir forcément les bons mots, les bonnes tournures de phrases, ça ne délégitime pas la parole de quelqu'un. Donc ça, c'était important pour moi de le déposer. Et donc oui, c'est hyper chouette parce que très clairement, les réseaux sociaux m'ont permis de pouvoir écrire un livre, m'ont permis de pouvoir avoir des contrats de formation, m'ont permis de faire des superbes rencontres.  
Bien évidemment, le revers de la médaille, c'est quand on est une personne trans visible sur les réseaux, et comme il y en a pas beaucoup, eh bien forcément, on se prend la violence que les médias, les politiques participent à créer avec tous leurs discours de désinformation et où on est un peu le réceptacle de la haine transphobe. Alors encore une fois, moi je suis une personne trans, oui, mais je suis un homme et du coup forcément sur les réseaux sociaux, je vais moins être embêté, je vais moins être embêté qu'une femme trans, par exemple, qui s'exprime. Je pense à mon amie Lexie qui, pour le coup, subit un cyber harcèlement des enfers et j'admire vraiment sa force et son courage de continuer à offrir du contenu malgré tout ce qu'elle reçoit. Moi globalement, c’est les mascus et c’est les TERFs, surtout les TERFs, qui viennent me faire chier. Mais c'est ok, pour moi. Je pars du principe que ces personnes-là, avant tout, c'est de l'ignorance. Mais je pars aussi surtout du principe que ces personnes vont vraiment pas bien du tout. Et donc j'essaye, dans la mesure du possible, de répondre toujours, alors bien évidement pas quand c'est de la violence gratuite, directe, frontale, mais de répondre toujours – on sait jamais ça se trouve ton commentaire c'est juste un commentaire parce que tu sais pas – j'essaye toujours de répondre avec douceur, avec pédagogie, mais après faut pas non plus pousser mémé dans les orties comme on dit et à un moment donné, la violence, je bloque et ciao bye. 
Le Lobby : C'est vrai que je l'ai totalement remarqué ça. Tes réponses en commentaire sont toujours très pédagogues. C'est toujours dans un souci d'accompagner les gens dans leur réflexion. Mais à chaque fois que je vois tes réponses, je ne peux pas m'empêcher de penser à toi, en pensant à ce que je disais en intro en fait, à cette fatigue finalement qu'on a toustes de devoir expliquer les choses, de se répéter, d'essayer de convaincre, d'une manière ou d'une autre de la validité d'une existence. Et en plus de ça, il y a tout ton travail militant et sur les réseaux et en dehors des réseaux, ton métier de thérapeute, l'écriture du livre, la promotion. Lexie nous parlait justement dans le Lobby en mars 2021 du burn out militant – on parle de Lexie Agresti d'agressively_trans sur Instagram pour celleux qui ne connaissent pas – elle nous parlait de burn-out militant. Comment tu gères, toi, cette fatigue?  
Morgan Noam: En fait, là, ma position particulière, moi, c'est que j'éduque sur les réseaux, je reçois du coup forcément aussi beaucoup de témoignages de souffrance. Mais ça ne s'arrête pas là. C'est-à-dire que je suis psy aussi, donc de fait, c'est une double dose. Je me trouve assez démuni parce que, très clairement, la plupart des problématiques que m'exposent les personnes qui viennent me voir sont des problématiques qui, de fait, sont systémiques. Et c'est pas en leur disant “bon bah voilà, allez faire deux trois minutes de yoga, allez vous promener, respirez un coup, positivez, ça va aller.” Non ! 
Je suis assez partisan du fait que tous ces, notamment dans ces dernières années, tous les syndromes dépressifs, l'anxiété, le stress, etc, c'est en grande partie parce qu'on vit dans une société multi oppressive, patriarcale, capitaliste, impérialiste, et c'est ces systèmes là qui créent des conditions de vie qui sont juste invivables. Et donc le stress, l'anxiété, la dépression, c'est juste des réponses naturelles à nos conditions de vie qui juste sont inhumaines. Et c'est en ça que c'est difficile pour moi parfois de trouver de l'espoir pour pouvoir aussi être porteur d'espoir à la fois pour ma patientèle et pour les personnes qui me suivent sur les réseaux sociaux. Et ce qui m'aide beaucoup, c'est vraiment la force du collectif. La force du collectif, c'est vraiment la course de relais où, quand toi, juste tu peux plus, t’es épuisé, il faut que tu reprennes ta respiration, tu sais que tu peux passer le bâton à quelqu'un d'autre. Alors je suis un être humain et comme tout le monde, du coup, parfois je pète des plombs parce que trop de souffrance, trop de choses, trop de choses, trop de choses. Mais voilà, je suis bien entouré, bien accompagné, mais surtout, vraiment, moi, ce qui m'aide à tenir, c'est la force du collectif.  
Le Lobby : Ça me fait une transition parfaite pour parler de la Riposte ! Un peu après la parution de Ceci n'est pas un livre sur le genre, on a pu assister au premier rassemblement de la Riposte transféministe le 5 mai dernier, à peu près un mois après la parution de ton livre. La Riposte trans, c'est le nom de ce raz de marée militant, sans précédent, qui a déferlé dans les rues avec plus de 25 000 personnes réunies dans toute la France et en Belgique. Au moment où nous enregistrons cette émission, on est pratiquement au lendemain d'un second week-end de mobilisation, les 25 et 26 mai dernier. Ce raz de marée, impossible de l'ignorer, tant sa puissance et sa beauté nous ont coupé le souffle. Et ses organisateurices ont bien l'intention de ne pas s'arrêter là et de pérenniser le mouvement, si j'ai bien compris. Morgan, tu es un des premiers signataires de l'appel à manifester du 5 mai, pour le 5 mai, et tu as participé à l'organisation de la Riposte avec notamment d'autres personnalités qu'on connaît assez bien comme Lexie Agresti, Sasha Yaropolskaya. Et plein d'autres associations, personnalités. Bon, on sait, ce qui a motivé l'organisation de la Riposte, c'est la lutte contre la transphobie. C'était quoi l'urgence de l'organisation de cette mobilisation à ce moment-là?  
Morgan Noam : Alors c'est pas nouveau le climat transphobe qui règne en France. Néanmoins, c'est vrai que depuis– en réalité, là, depuis quelques mois– il y a une accélération, en tout cas des offensives anti trans de toutes parts, que ce soit de la part des médias, de la part parfois des maisons d'édition et aussi de la part des politiques. Et face à tout ça, face à l'impossibilité de rester silencieux, l'impossibilité de ne rien faire, on a décidé avec quelques personnes, on s'est réuni – alors effectivement, il y avait Lexie, il y avait Sasha, il y avait donc du Pain et des Roses qui est le pôle féministe-LGBT de Révolution Permanente, et il y avait les Inverti.es aussi, qui faisaient partie de ce pôle d'organisation –, on s'est réuni.es et on s'est dit on ne peut pas ne rien faire. Et à un moment donné, il va falloir faire comprendre à toutes ces personnes qui souhaitent notre disparition, qui souhaitent mettre à mal nos droits fondamentaux, il va falloir qu'on réponde et qu'on riposte. D'où la riposte trans et féministe. Et du coup, on s'est réuni et on s'est dit “là, il faut faire quelque chose et il faut faire quelque chose rapidement, juste pour qu’iels ne pensent pas qu'on va se laisser faire”. Parce qu'on avait déjà, voilà, attendu suffisamment de mois, suffisamment de semaines en ne disant rien, et il fallait une action massive. Et très rapidement,  en une semaine à peine, on a organisé un rassemblement.  
Ce qui s'est passé, c'est que, bon, on a très, très peu dormi et très clairement. Parce que l'ambition, c'était de pouvoir faire en sorte que le rassemblement soit déclaré en préfecture et qu'on risque pas – alors même quand on est déclaré en préfecture, on risque des trucs – mais au moins on était réglo. Donc de pouvoir trouver lieu, de pouvoir aussi organiser toutes les prises de parole, tout ce qui allait se passer. Et puis surtout, il y avait un très gros enjeu sur l'appel à manifester. L'appel à manifester qu'on a publié, du coup, me semble-t-il, une semaine avant, et pour lequel il y a eu un gros travail en fait de pêche à la signature parce qu’on a réuni plus de 2000 signataires différents. Et alors effectivement, on a eu des grands noms, des figures militantes féministes, des figures militantes écolos. On a eu aussi des élus qui nous ont rejoints : de LFI, d'Europe Ecologie les Verts, on avait forcément Révolution Permanente. En tout cas des partis de gauche, sans grande surprise. Mais on a eu aussi des personnalités comme Edouard Malagré, comme euh, voilà, plein de personnalités différentes. Et puis on a aussi eu – moi, je me souviendrai toujours, j'ai reçu un message des indépendantistes bretons qui nous ont dit “bah en fait votre histoire et ce pour quoi vous vous battez, c'est exactement la même chose que nous, c'est à dire qu'on se bat pour l'autodétermination de notre région, de notre identité et vous faites la même chose.” Et donc qu'il y ait à ce point là, cette convergence des luttes où on a la CGT, quand même le premier syndicat de France, qui a appelé ses syndiqués à manifester.  
En tout cas, dans l’histoire de luttes trans françaises, un rassemblement de cette envergure, ça ne s'était jamais vu. Plus de 50 villes en France et en Belgique, en même temps, en simultané. Sur la place de la République, on était environ 8000. La place de la République, elle était noire de monde. Mais on a réussi aussi à faire ça parce qu'on a très clairement accès, parce qu'on a compris que c'était aussi ça l'enjeu maintenant. Qu'il était intéressant et impératif de faire exploser les barrières de – On n'est pas là que pour les luttes trans. En fait, on est là pour la convergence des luttes. On est là pour les travailleurs, on est là pour les peuples colonisés, on est là pour les personnes victimes de sexisme, de racisme, de validisme, etc. Et donc du coup, c'est cet appel à une autodétermination et à une autonomisation de toutes les identités marginalisées qui a fait, je pense, que ça a été un véritable succès. 
Le Lobby : A mes yeux, c'était encore mieux que le Marvel Cinematic Universe à mes yeux, c'était impressionnant à voir et d'en suivre l'évolution. Et bah du coup, moi je voulais te demander comment s'organisait la suite, notamment dans cette réflexion de convergence des luttes. En fait, en ce moment on a des manifestations pour tout – surtout pour la Palestine, la Nouvelle-Calédonie. Pour les personnes sans papiers aussi, qui sont déplacées dans les rues de Paris pour rendre la ville soi-disant plus présentable pour les JO. Comment vous envisagez la suite ? 
Morgan Noam: Alors l'idée, en effet, c'est de ne pas relâcher la pression. D'autant plus que là, on est à quelques jours du vote du Sénat sur cette fameuse proposition de loi qui régule le parcours trans, médical des plus jeunes, des mineurs. Et donc le Sénat a voté en faveur et donc ça va possiblement, on est pas encore sur, mais possiblement passer à l'Assemblée pour étude. Ce qu'on s'est aperçu dans un premier temps, c'est que toute la gauche qui était présente puisque beaucoup avaient piscine apparemment, mais en tout cas toute la gauche qui était présente dans cet hémicycle a très clairement voté contre. Donc on sait en tout cas qu'il y a un front commun qui est fait avec la gauche. Donc ça, c'est rassurant. On sait aussi qu'à l'Assemblée Nationale, très clairement, les Républicains, donc, qui sont les instigateurs de cette proposition de loi, ne sont pas en majorité. Donc on espère bien évidemment que l'Assemblée Nationale va même pas prendre le temps de l'étudier.  
Mais on espère en tout cas que si elle l’étudie, que ça va passer à la trappe. Parce que cette proposition de loi, elle est absolument mortifère et profondément dangereuse pour les familles et pour les jeunes. Et on le sait bien évidemment, que l'ambition, c'est ensuite de s'attaquer aux majeurs, aux personnes majeures trans. Et donc l'ambition, c'est pas de relâcher la pression. Là, on arrive de fait au mois des Fiertés et donc va y avoir plein de Prides. Et donc l'ambition, c'est aussi de vraiment repolitiser ces espaces là qui effectivement peuvent être festifs, doivent être festifs, mais doivent avant tout être politiques. Et ça fait maintenant de nombreuses années où c'est une marche des fiertés qui est plus un temps de fêtes, de réunions ensemble, mais où il y a plus vraiment de message politique qui est porté dans les cortèges.  
Et donc du coup, là, l'ambition, c'est de vraiment donc repolitiser ces marches-là avec comme horizon l'autodétermination, donc à la fois des peuples colonisés et à la fois des personnes trans, et juste se battre et aussi défiler pour le respect des droits fondamentaux de tous les êtres humains. Et donc là, l'ambition c'est vraiment de se focus et de profiter de cet élan de manifestation un petit peu partout en France pendant ce mois des fiertés pour donner un vrai coup de collier au mouvement Riposte anti-transphobie et ensuite bien évidement de voir ce qu'il va advenir de ces de ces propositions de loi et de faire en fonction. L'idée, c'est aussi de pouvoir réagir au fur et à mesure de ce qui nous est présenté, mais bien évidemment de ne jamais lâcher le pied de l'accélérateur et de toujours être là. Parce que l'ambition, c'est pas de se contenter de miettes et de se dire voilà, on est reconnus dans notre auto-détermination. Potentiellement, il y a cette loi qui va être votée, qui va faciliter le changement d'état civil. Ça, c'est un droit fondamental, c'est des miettes. L'idée, c'est de viser plus haut parce que tout être humain mérite plus. Et donc c'est de ne pas s'arrêter à ça et de vraiment lutter pour le respect de tous. 


    Références citées dans l'émission
    
— Sophie Nanteuil et Baptiste Beaulieu, Histoires de coming-out : https://www.librairie-des-femmes.fr/livre/9782226466358-histoires-de-coming-out-baptiste-beaulieu-sophie-nanteuil/ 
— Le compte Instagram de Lexie Agresti : instagram.com/agressively_trans 
— Le site de Morgan Noam Lucas : https://www.morganlucas-therapie.com/ 


    L'équipe de l'émission
    
Présentation : Emma Loiret 
Réalisation : Colin Gruel 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 07 Jun 2024 06:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-morgan-noam-2024-06-07-61N49Fxr.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-morgan-noam-2024-06-07-61N49Fxr.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/ojyB-lhebdo-morgan-noam-lucas-asmr-anti-transphobie</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-KSmgOmMYsR.jpg"/></item><item><title>L'HEBDO — "À nos désirs" : les joies lesbiennes d'Élodie Font</title><description><![CDATA[
    Dans &quot;À nos désirs&quot;, la journaliste lesbienne Élodie Font a recueilli des témoignages pour raconter la construction du désir chez les lesbiennes.
    
Avez vous vu le film Go Fish de Rose Troche ? Ce film expérimental nous fait suivre une bande d’amies et d’amantes lesbiennes. Allongées les unes à côté des autres ou dans l’intimité d’un salon, elles se racontent leurs histoires, leurs doutes, leur dernier date, qui a couché avec qui. Ces moments d&#039;échanges cristallisent des questions : Qui désire-t-on, comment désirer, faut-il désirer, comment se reconnait-on, avec qui voulons nous faire communauté, qu’est ce que ça veut dire d’être lesbienne ? 
La journaliste Élodie Font s’est également posé ces questions et les a posées à d&#039;autres dans son premier essai, A nos désirs, qui paraît cette semaine aux éditions La Déferlante. 
L’ouvrage est une plongée dans les intimités lesbiennes mais également dans leurs modes de vies. Entre témoignages et récit personnel l’essai aborde le besoin de s’identifier soi même et aux yeux des autres, de découvrir ses désirs en dehors de la norme et de célébrer dans une joyeuse créativité les amours saphiques aussi pluriels soient-ils. À nos désirs m’a fait le même effet que Go Fish, le sentiment à la fois doux et jubilatoire de se poser entre gouines et de parler encore et encore de ce qui nous lie. 
Élodie Font est également journaliste et créatrice du podcast Coming In pour Arte Radio, adapté ensuite en BD aux éditions Payot. 

Ton essai entremêle ton vécu et des témoignages de plein d&#039;autres personnes. Certains témoignages ont été recueillis lors d&#039;entretiens à l’oral. Ton histoire personnelle, tu l&#039;as adaptée en podcast en 2017. Qu&#039;est ce qui t&#039;a amené cette fois ci à choisir le format de l&#039;essai pour tisser ta réflexion?  
Élodie Font : J&#039;avais envie d&#039;entendre des récits qui ne soient pas uniquement le mien dans le podcast et la BD, où je racontais tout le long cheminement qui avait été le mien pour accepter mon homosexualité. Là en l&#039;occurrence, j&#039;avais pas envie particulièrement de raconter ma sexualité. J&#039;avais envie de faire entendre et de faire lire surtout des récits qui soient pluriels et que ensemble, à travers tous ces récits, on entende en nous quelque chose justement qui soit pas uniquement singulier, mais pluriel. Et ça, ça passait forcément par une parole qui ne soit pas uniquement la mienne.  
Par quoi es-tu passée pour recueillir ces témoignages ? 
Pendant trois ans, dès que je rencontrais une lesbienne, je lui disais “Tu sais, je travaille sur la sexualité des lesbiennes. Est ce que tu as envie de discuter avec moi?” Mais c&#039;est vrai que je suis passée par absolument tous les moyens parce que je voulais vraiment essayer de dessiner un corpus de personnes queer qui soit le plus large possible, notamment en terme d&#039;âge. Les personnes qui témoignent dans ce livre, elles ont entre quatorze et 87 ans. Donc pour celles qui sont les plus jeunes, évidemment, elles sont venues à moi beaucoup par les réseaux sociaux, celles de 87 ans. Je les ai trouvées par une association par exemple. Mais je dirais que l&#039;immense majorité, quand même, des personnes qui témoignent, je les ai trouvées et via les réseaux sociaux où j&#039;ai diffusé un questionnaire d&#039;une cinquantaine de questions très intimes. Et il y a 1200 personnes qui ont répondu à ce questionnaire en dix jours. Quand il y a autant de personnes qui sont prêtes à se livrer, autant en aussi peu de jours, c&#039;est qu&#039;il y a une vraie demande. Et j&#039;ai pioché ensuite dans ce questionnaire pour aller interviewer des gens. 
Est-ce que c&#039;est les entretiens qui ont façonné les grands thèmes de l&#039;essai ou est ce que c&#039;est plutôt tu avais un plan en tête avec des grandes questions ? 
Oui, je me suis complètement laissée guider par les témoignages que j&#039;ai pu recevoir et je ne savais pas où j&#039;allais. C&#039;est-à-dire que la thématique m&#039;intéressait à titre personnel déjà, et que j&#039;avais envie d&#039;entendre et de lire des témoignages de désir lesbien au long cours. Et il se trouve que ce livre-là, je ne le trouvais nulle part. Au début, je n’avais aucune idée de la direction dans laquelle j&#039;allais et c’est de témoignages en témoignages, en témoignages que j&#039;ai repéré de grandes thématiques. Et honnêtement, dans mon imaginaire, le livre, il ressemblait absolument pas du tout à ça il y a trois ans et j&#039;adore !  
Qu’est-ce qui a t’a surprise dans ton enquête ? 
Alors moi, je suis extrêmement naïve. Faut quand même être honnête. Donc je peux te donner un exemple. 
Jeune, je ne savais pas que il y avait eu dans les années 60 et 70 autant de discussions dans les groupes de parole de lesbiennes autour de la pénétration. Je ne savais pas qu’autant de personnes lesbiennes ne pratiquaient pas la pénétration parce qu&#039;elles avaient en horreur l&#039;idée que l&#039;on puisse imaginer qu&#039;elles singent des rapports hétérosexuels et que la pénétration dans l&#039;imaginaire d&#039;alors ne pouvait être que liée aux rapports hétérosexuels.  
Et j&#039;ai trouvé ça très intéressant parce qu’il y a vraiment une notion d&#039;âge, en tout cas une notion de génération dans la vision que peuvent avoir les lesbiennes de la pénétration. Si vous posez la question à une lesbienne de 40 ans, une lesbienne de 20 ans et une lesbienne de 70 ans, elles n&#039;auront pas du tout le même discours. Et ça, par exemple, très honnêtement, je ne m&#039;y attendais pas. Là, je vous donne un point extrêmement spécifique, mais d&#039;une manière générale, je dirais que ce que j&#039;ai trouvé assez fascinant, c&#039;est que je me suis reconnue dans beaucoup de témoignages. A un endroit ou à un autre. Quand bien même les parcours n&#039;étaient pas du tout le mien et que j&#039;ai eu la sensation que de parcours singuliers en parcours singuliers, il y avait vraiment une notion de sexualité collective. En démarrant ce travail-là en tout cas, je ne savais pas que je trouverais ça. 
Tu crées donc un essai qui effectivement cherche à transmettre tous ces récits que tu as récolté et tu cites la romancière Caroline Emcke : « Comment comprendre ce qu&#039;on ressentait alors même qu&#039;on ne savait pas que ça existait ? » J&#039;ai eu la sensation en te lisant qu&#039;il y avait vraiment une volonté de s&#039;adresser aux lesbiennes et de leur offrir leurs récits pour que chacun et chacune puisse mieux s&#039;y retrouver. Est ce que c&#039;était une volonté, dès le début du projet ? 
Oui, bien sûr. Je trouve qu&#039;on a si peu de supports qui nous racontent réellement que si je peux apporter ma toute petite pierre à l&#039;édifice, je le fais avec plaisir. 
Maintenant que le livre est terminé, je crois qu&#039;il s&#039;adresse en réalité à toutes les femmes d&#039;une manière générale, qui peuvent avoir envie de célébrer leur plaisir. En tout cas, tous les retours de femmes hétéros que j&#039;ai sur le livre disent ça : qu’elles se reconnaissent à plein d&#039;endroits, que ça ouvre en elles des portes qu&#039;elles ne pensaient pas ouvrir non plus. Et comme c&#039;est un livre qui raconte de l&#039;intérieur ce qui peut se passer dans certains esprits ou dans certaines chambres à coucher, je pense que ça peut intéresser beaucoup de gens. En tout cas, c&#039;est ce que j&#039;espère. Mais c&#039;est vrai que je l&#039;ai pensé comme un cadeau pour les lesbiennes et c&#039;est même l&#039;idée du titre “À nos désirs”. Moi je le pense avec un verre à la main, pas forcément un verre d&#039;alcool, mais un verre à la main, on trinque à nos désirs. Je l&#039;ai pensé comme un quelque chose que j&#039;avais envie de donner.  
« J&#039;ai longtemps eu des difficultés à m&#039;imaginer âgée et lesbienne. Je n&#039;y avais jamais réellement songé jusqu&#039;à l&#039;écriture de ce livre, jusqu&#039;à ce que j&#039;échange avec des femmes retraitées sur leur parcours, leurs envies, leurs désirs et que je prenne conscience que c&#039;était la première fois. À 38 ans, je n&#039;avais encore jamais discuté longuement avec une lesbienne de plus de 50 ans. J&#039;ai instantanément compris à quel point cette parole m&#039;avait viscéralement manqué. J&#039;ai été fascinée par leur émancipation, l&#039;affirmation de soi par delà les orages. La plupart d&#039;entre elles racontent une vie à envoyer promener les injonctions. Pour moi, être lesbienne, c&#039;était et c&#039;est une fugue, estime Régine, 68 ans, qui vit à La Réunion. Pouvoir être une femme et n&#039;avoir ni mari ni enfants, vivre seule et dire merde à la société. J&#039;ai été très heureuse dans la marge. Nous ne cherchons pas à être normal, mais à être nous. Ma sœur Catherine est donc différente. Ça nécessite un travail personnel de découvrir ce qu&#039;on désire vraiment. Leur histoire est aussi la mienne. Elle recolle en moi des morceaux que je ne savais même pas déchirer. » — Élodie Font, À nos désirs 
Est-ce que c&#039;était difficile de récolter cette parole ou est-ce qu’elles venaient à toi un peu plus facilement que tu ne l&#039;aurais pensé ?  
Je dirais ni l&#039;un ni l&#039;autre. Je crois que les femmes qui ont 70/80 ans aujourd&#039;hui, elles ont envie de transmettre et elles ont envie de témoigner. Mais on a moins accès à elles. Parce que c&#039;est une démarche un petit peu plus longue de les trouver. Le bouche à oreille a très bien fonctionné, c&#039;est-à-dire que j&#039;en ai interviewé une qui m&#039;a conseillé toutes ses copines, qui m&#039;a conseillé toutes ses copines et en fait, elles font comme nous on peut faire en présentant des copines lesbiennes à d&#039;autres copines lesbiennes. Et donc ça s&#039;est fait relativement facilement à partir du moment où j&#039;en avais rencontré quelques-unes.  
On lit vraiment avec beaucoup de plaisir tous ces témoignages et je me suis vraiment posé la question. Tu les a interrogés sur leur mode de vie, sur le fait d&#039;être lesbienne, d&#039;être lesbienne âgée. Mais qu&#039;est ce qu&#039;elles pensent des jeunes lesbiennes par exemple ? Est ce qu&#039;elles sont fières de nous ? Est ce que vous avez abordé ces questions-là ?  
Elles nous regardent avec un peu de sidération. Est-ce que c&#039;est parce que quand on a 70 ans, on regarde toujours avec un peu de sidération des gens qui ont 50 ans de moins que nous ? Je ne sais pas. Je vous dirai ça quand j&#039;aurai 70 ans ! 
Mais alors il y a beaucoup d&#039;incompréhension pour certaines. Pas pour toutes, mais pour certaines. Il y a une certaine incompréhension par rapport au fait de vouloir se marier et d&#039;avoir des enfants. Ce sont pour la plupart des femmes qui n&#039;ont pas eu d&#039;enfant, avec une compagne en tout cas, et qui ne comprennent pas dans quelle galère on se met.  
D&#039;autres aussi qui ne comprennent pas forcément aussi que les lesbiennes de 20 ans puissent être très féminines. J&#039;ai bien conscience qu’en vous disant ça je dis quelque chose d&#039;un peu cliché mais je crois que parfois il y avait aussi une nécessité, chez elle, d&#039;exister et de se reconnaître, de surmonter la difficulté à vivre dans le secret, parfois dans un contexte familial violent, dans des entreprises dans lesquelles elles travaillaient, etc. Elles se sont aussi construites dans quelque chose de très communautaire et pas forcément dans un mauvais sens, mais dans quelque chose où elles se reconnaissaient entre elles. Et c&#039;était important. Et donc, que l&#039;on puisse être lesbienne aujourd&#039;hui et ne pas forcément se reconnaître les unes les autres, ça leur échappe un peu. Après ça, ça peut paraître un peu anecdotique de le dire comme ça. Elles étaient aussi très heureuses, je crois, de pouvoir apparaître dans un livre où on leur donne la parole, et de faire partie de cette parole commune.  
Est-ce que dans la pluralité des personnes que tu as rencontrées un jour, tu rencontres aussi des personnes qui sont bi, des hommes, des femmes trans? Est-ce que tu as aussi pu rencontrer des personnes plutôt trans masculines qui s&#039;identifient aussi avec l&#039;identité sexuelle lesbienne ? 
J&#039;en ai rencontré. C&#039;est vrai que la plupart des gens qui témoignent dans ce livre, je dirais que c&#039;est à peu près les trois quarts sont des femmes cis et qui s&#039;identifient comme lesbiennes. Et je dirais que pour un quart, il y a des personnes qui s&#039;identifient autrement. Il y a pas mal de gens qui s&#039;identifient comme queer, dont des personnes qui sont transmasc. Et oui, j&#039;avais envie qu&#039;on puisse les entendre. En fait, ce qui m&#039;intéressait, moi, c&#039;était les relations lesbiennes racontées par celleux qui s&#039;identifient comme lesbiennes. Après tout, ça appartient à chacun·e.  
Tu consacres une partie d&#039;un chapitre sur les violences à l&#039;intérieur des couples lesbiens. On a peu d&#039;informations et comme il est raconté dans l&#039;essai, les femmes victimes de violence de la part d&#039;autres femmes peuvent ressentir comme une impression de trahir la communauté quand elles témoignent. J&#039;imagine que c&#039;était un sujet assez complexe à aborder… 
En fait, je ne pouvais pas ne pas en parler. Parce que quand on aborde la question du désir et de la sexualité chez les personnes lesbiennes, on se rend vite compte que la question des violences c’est une question essentielle dans l&#039;acceptation du corps, dans les limites que l&#039;on pose dans la manière dont on peut se sentir.  
Pour moi, c&#039;était essentiel que ce chapitre existe aussi, de par le fait que nous en parlons très peu et que je crois qu&#039;il faut absolument que cette parole soit entendue. La différence entre les violences qui peuvent exister dans les couples hétérosexuels, c’est que ce sont de ces violences-là dont on parle souvent médiatiquement.  
À l&#039;intérieur des couples de femmes, la violence est davantage d&#039;ordre psychologique, de l&#039;ordre de l&#039;emprise, et c&#039;est une violence terrifiante dans beaucoup de récits. Et je dois dire que j&#039;ai reçu plus de récits que ce que je pensais avant de démarrer ce livre. Donc pour moi, c&#039;était essentiel qu&#039;on puisse les entendre. 
On trouve aussi de très beaux témoignages dans ton essai sur la place du désir et de la sexualité chez les lesbiennes, par exemple celui-ci : « Le moment de ma vie où je me suis sentie le plus aimée, confie Laetitia, c&#039;est quand mon amoureuse m&#039;a dit que même si on ne devait plus jamais faire l&#039;amour, elle me choisirait dans cette vie et dans les suivantes. Elle a ajouté qu&#039;elle savait se servir de sa main, de ses doigts et que je n&#039;étais pas chargée de satisfaire son désir. Je ne crois pas qu&#039;on m&#039;ait jamais dit quelque chose d&#039;aussi romantique. » 
 Est ce que tu as le sentiment que les lesbiennes se détachent peu à peu de cette injonction à faire que la sexualité soit un ciment dans le couple ? 
En tout cas, ce que j&#039;ai remarqué, c&#039;est qu&#039;il y a une vraie possibilité de dire non, je n&#039;ai pas envie. Ce qui est déjà énorme dans la sexualité. Et donc non, je n&#039;ai pas d&#039;envie ce soir. Non, je n&#039;ai pas envie, non, demain non plus. Et donc de pouvoir dire non, tout simplement ça c&#039;est énorme. Dans la sexualité entre femmes, il y a vraiment cette idée de consentement qui semble partagée par beaucoup de femmes qui témoignent dans ce livre, comme d&#039;ailleurs elles disent oser dire oui et oser parler, se dire ce dont elles auraient envie, ce qu&#039;elles désirent. Et donc c&#039;est cette parole qui me semble être au centre des relations lesbiennes, évidemment pas toutes, mais d&#039;une partie des relations lesbiennes. Et la possibilité aussi d&#039;avoir un orgasme ou non. On dit beaucoup de la sexualité lesbienne que c&#039;est une sexualité plus orgasmique que la sexualité hétérosexuelle, en tout cas pour les femmes hétérosexuelles. Et dans les chiffres, c&#039;est le cas et je crois vraiment que c&#039;est le cas parce que justement, le fait d&#039;avoir un orgasme n&#039;est pas obligatoire. Donc évidemment qu&#039;on a plus d&#039;orgasme quand ce n&#039;est pas obligatoire et qu&#039;on a la possibilité de ne pas avoir un orgasme un soir. Si c&#039;est le cas, si le corps ne répond pas de cette manière-là ce soir-là. 
Est ce que dans les témoignages lesbiens, le fait de se découvrir lesbienne, de relationner avec avec des femmes, ça, ça a permis de libérer les personnes ? 
Totalement. Alors ça, c&#039;est un témoignage qui revient et revient encore. Cette sensation de libération, libération du corps, libération des formes, libération de la parole… C’est quelque chose que j&#039;ai ressenti. Libération de la possibilité d&#039;exulter. Il y a vraiment cette notion-là chez beaucoup de femmes. Je me souviens d&#039;une, par exemple, qui raconte qu&#039;elle a vécu pendant quinze ans avec un homme avec qui elle a deux enfants et puis qu&#039;elle a osé franchir le pas de d&#039;avoir des relations lesbiennes, elle en a plusieurs en même temps. Et elle dit par exemple qu&#039;elle a découvert qu&#039;elle faisait du bruit, vraiment beaucoup de bruit quand quand elle jouit et que jusqu&#039;ici elle n&#039;avait jamais autant exprimer, ne serait-ce que d&#039;un point de vue vocal, son son plaisir. Donc ça m&#039;a fascinée ! 
En introduction, tu écris : « En écrivant ce livre, je me suis demandé si être lesbienne, ce n&#039;était pas une façon d&#039;oser dire non. Non à toutes les injonctions faites à nos corps de femme, non à l&#039;obligation d&#039;avoir systématiquement un orgasme, non à la fréquence des rapports sexuels indiqués par la société, Des diktats basés sur la pratique de la sexologie. Une discipline née au XIXᵉ siècle, inventée par des hommes dont le principal crédo est de nous faire croire que l&#039;absence de libido est un problème, qu&#039;une sexualité parfaite serait forcément hétérosexuelle, pénétrée. » Pour finir cet entretien, j&#039;ai envie de prendre ta phrase en sens inverse et de te demander selon toi Elodie. Être lesbienne, c&#039;est dire oui à quoi ? 
C&#039;est dire oui à s&#039;écouter. C&#039;est dire oui à s&#039;accepter. C&#039;est dire oui tout court. Puisque, c&#039;est tout de même une sexualité dans laquelle on peut prendre beaucoup de plaisir. C&#039;est dire oui au temps aussi. Il y a eu une étude d&#039;une sexologue féministe qui s&#039;appelle Coraline Delebarre, qui a étudié les rapports sexuels entre femmes et qui raconte par exemple que qu&#039;un rapport sexuel entre femmes dure en moyenne une quarantaine de minutes, c&#039;est-à-dire donc deux fois plus qu&#039;un rapport sexuel hétéro. Et je crois qu’être lesbienne, c&#039;est donc dire oui à prendre le temps d&#039;être avec l&#039;autre et de s&#039;écouter assez pour pour pouvoir prendre du plaisir.  


    L&#039;équipe de l&#039;émission
    
Présentation : Diego de Cao 
Réalisation : Colin Gruel 
]]></description><itunes:summary>
    Dans "À nos désirs", la journaliste lesbienne Élodie Font a recueilli des témoignages pour raconter la construction du désir chez les lesbiennes.
    
Avez vous vu le film Go Fish de Rose Troche ? Ce film expérimental nous fait suivre une bande d’amies et d’amantes lesbiennes. Allongées les unes à côté des autres ou dans l’intimité d’un salon, elles se racontent leurs histoires, leurs doutes, leur dernier date, qui a couché avec qui. Ces moments d'échanges cristallisent des questions : Qui désire-t-on, comment désirer, faut-il désirer, comment se reconnait-on, avec qui voulons nous faire communauté, qu’est ce que ça veut dire d’être lesbienne ? 
La journaliste Élodie Font s’est également posé ces questions et les a posées à d'autres dans son premier essai, A nos désirs, qui paraît cette semaine aux éditions La Déferlante. 
L’ouvrage est une plongée dans les intimités lesbiennes mais également dans leurs modes de vies. Entre témoignages et récit personnel l’essai aborde le besoin de s’identifier soi même et aux yeux des autres, de découvrir ses désirs en dehors de la norme et de célébrer dans une joyeuse créativité les amours saphiques aussi pluriels soient-ils. À nos désirs m’a fait le même effet que Go Fish, le sentiment à la fois doux et jubilatoire de se poser entre gouines et de parler encore et encore de ce qui nous lie. 
Élodie Font est également journaliste et créatrice du podcast Coming In pour Arte Radio, adapté ensuite en BD aux éditions Payot. 

Ton essai entremêle ton vécu et des témoignages de plein d'autres personnes. Certains témoignages ont été recueillis lors d'entretiens à l’oral. Ton histoire personnelle, tu l'as adaptée en podcast en 2017. Qu'est ce qui t'a amené cette fois ci à choisir le format de l'essai pour tisser ta réflexion?  
Élodie Font : J'avais envie d'entendre des récits qui ne soient pas uniquement le mien dans le podcast et la BD, où je racontais tout le long cheminement qui avait été le mien pour accepter mon homosexualité. Là en l'occurrence, j'avais pas envie particulièrement de raconter ma sexualité. J'avais envie de faire entendre et de faire lire surtout des récits qui soient pluriels et que ensemble, à travers tous ces récits, on entende en nous quelque chose justement qui soit pas uniquement singulier, mais pluriel. Et ça, ça passait forcément par une parole qui ne soit pas uniquement la mienne.  
Par quoi es-tu passée pour recueillir ces témoignages ? 
Pendant trois ans, dès que je rencontrais une lesbienne, je lui disais “Tu sais, je travaille sur la sexualité des lesbiennes. Est ce que tu as envie de discuter avec moi?” Mais c'est vrai que je suis passée par absolument tous les moyens parce que je voulais vraiment essayer de dessiner un corpus de personnes queer qui soit le plus large possible, notamment en terme d'âge. Les personnes qui témoignent dans ce livre, elles ont entre quatorze et 87 ans. Donc pour celles qui sont les plus jeunes, évidemment, elles sont venues à moi beaucoup par les réseaux sociaux, celles de 87 ans. Je les ai trouvées par une association par exemple. Mais je dirais que l'immense majorité, quand même, des personnes qui témoignent, je les ai trouvées et via les réseaux sociaux où j'ai diffusé un questionnaire d'une cinquantaine de questions très intimes. Et il y a 1200 personnes qui ont répondu à ce questionnaire en dix jours. Quand il y a autant de personnes qui sont prêtes à se livrer, autant en aussi peu de jours, c'est qu'il y a une vraie demande. Et j'ai pioché ensuite dans ce questionnaire pour aller interviewer des gens. 
Est-ce que c'est les entretiens qui ont façonné les grands thèmes de l'essai ou est ce que c'est plutôt tu avais un plan en tête avec des grandes questions ? 
Oui, je me suis complètement laissée guider par les témoignages que j'ai pu recevoir et je ne savais pas où j'allais. C'est-à-dire que la thématique m'intéressait à titre personnel déjà, et que j'avais envie d'entendre et de lire des témoignages de désir lesbien au long cours. Et il se trouve que ce livre-là, je ne le trouvais nulle part. Au début, je n’avais aucune idée de la direction dans laquelle j'allais et c’est de témoignages en témoignages, en témoignages que j'ai repéré de grandes thématiques. Et honnêtement, dans mon imaginaire, le livre, il ressemblait absolument pas du tout à ça il y a trois ans et j'adore !  
Qu’est-ce qui a t’a surprise dans ton enquête ? 
Alors moi, je suis extrêmement naïve. Faut quand même être honnête. Donc je peux te donner un exemple. 
Jeune, je ne savais pas que il y avait eu dans les années 60 et 70 autant de discussions dans les groupes de parole de lesbiennes autour de la pénétration. Je ne savais pas qu’autant de personnes lesbiennes ne pratiquaient pas la pénétration parce qu'elles avaient en horreur l'idée que l'on puisse imaginer qu'elles singent des rapports hétérosexuels et que la pénétration dans l'imaginaire d'alors ne pouvait être que liée aux rapports hétérosexuels.  
Et j'ai trouvé ça très intéressant parce qu’il y a vraiment une notion d'âge, en tout cas une notion de génération dans la vision que peuvent avoir les lesbiennes de la pénétration. Si vous posez la question à une lesbienne de 40 ans, une lesbienne de 20 ans et une lesbienne de 70 ans, elles n'auront pas du tout le même discours. Et ça, par exemple, très honnêtement, je ne m'y attendais pas. Là, je vous donne un point extrêmement spécifique, mais d'une manière générale, je dirais que ce que j'ai trouvé assez fascinant, c'est que je me suis reconnue dans beaucoup de témoignages. A un endroit ou à un autre. Quand bien même les parcours n'étaient pas du tout le mien et que j'ai eu la sensation que de parcours singuliers en parcours singuliers, il y avait vraiment une notion de sexualité collective. En démarrant ce travail-là en tout cas, je ne savais pas que je trouverais ça. 
Tu crées donc un essai qui effectivement cherche à transmettre tous ces récits que tu as récolté et tu cites la romancière Caroline Emcke : « Comment comprendre ce qu'on ressentait alors même qu'on ne savait pas que ça existait ? » J'ai eu la sensation en te lisant qu'il y avait vraiment une volonté de s'adresser aux lesbiennes et de leur offrir leurs récits pour que chacun et chacune puisse mieux s'y retrouver. Est ce que c'était une volonté, dès le début du projet ? 
Oui, bien sûr. Je trouve qu'on a si peu de supports qui nous racontent réellement que si je peux apporter ma toute petite pierre à l'édifice, je le fais avec plaisir. 
Maintenant que le livre est terminé, je crois qu'il s'adresse en réalité à toutes les femmes d'une manière générale, qui peuvent avoir envie de célébrer leur plaisir. En tout cas, tous les retours de femmes hétéros que j'ai sur le livre disent ça : qu’elles se reconnaissent à plein d'endroits, que ça ouvre en elles des portes qu'elles ne pensaient pas ouvrir non plus. Et comme c'est un livre qui raconte de l'intérieur ce qui peut se passer dans certains esprits ou dans certaines chambres à coucher, je pense que ça peut intéresser beaucoup de gens. En tout cas, c'est ce que j'espère. Mais c'est vrai que je l'ai pensé comme un cadeau pour les lesbiennes et c'est même l'idée du titre “À nos désirs”. Moi je le pense avec un verre à la main, pas forcément un verre d'alcool, mais un verre à la main, on trinque à nos désirs. Je l'ai pensé comme un quelque chose que j'avais envie de donner.  
« J'ai longtemps eu des difficultés à m'imaginer âgée et lesbienne. Je n'y avais jamais réellement songé jusqu'à l'écriture de ce livre, jusqu'à ce que j'échange avec des femmes retraitées sur leur parcours, leurs envies, leurs désirs et que je prenne conscience que c'était la première fois. À 38 ans, je n'avais encore jamais discuté longuement avec une lesbienne de plus de 50 ans. J'ai instantanément compris à quel point cette parole m'avait viscéralement manqué. J'ai été fascinée par leur émancipation, l'affirmation de soi par delà les orages. La plupart d'entre elles racontent une vie à envoyer promener les injonctions. Pour moi, être lesbienne, c'était et c'est une fugue, estime Régine, 68 ans, qui vit à La Réunion. Pouvoir être une femme et n'avoir ni mari ni enfants, vivre seule et dire merde à la société. J'ai été très heureuse dans la marge. Nous ne cherchons pas à être normal, mais à être nous. Ma sœur Catherine est donc différente. Ça nécessite un travail personnel de découvrir ce qu'on désire vraiment. Leur histoire est aussi la mienne. Elle recolle en moi des morceaux que je ne savais même pas déchirer. » — Élodie Font, À nos désirs 
Est-ce que c'était difficile de récolter cette parole ou est-ce qu’elles venaient à toi un peu plus facilement que tu ne l'aurais pensé ?  
Je dirais ni l'un ni l'autre. Je crois que les femmes qui ont 70/80 ans aujourd'hui, elles ont envie de transmettre et elles ont envie de témoigner. Mais on a moins accès à elles. Parce que c'est une démarche un petit peu plus longue de les trouver. Le bouche à oreille a très bien fonctionné, c'est-à-dire que j'en ai interviewé une qui m'a conseillé toutes ses copines, qui m'a conseillé toutes ses copines et en fait, elles font comme nous on peut faire en présentant des copines lesbiennes à d'autres copines lesbiennes. Et donc ça s'est fait relativement facilement à partir du moment où j'en avais rencontré quelques-unes.  
On lit vraiment avec beaucoup de plaisir tous ces témoignages et je me suis vraiment posé la question. Tu les a interrogés sur leur mode de vie, sur le fait d'être lesbienne, d'être lesbienne âgée. Mais qu'est ce qu'elles pensent des jeunes lesbiennes par exemple ? Est ce qu'elles sont fières de nous ? Est ce que vous avez abordé ces questions-là ?  
Elles nous regardent avec un peu de sidération. Est-ce que c'est parce que quand on a 70 ans, on regarde toujours avec un peu de sidération des gens qui ont 50 ans de moins que nous ? Je ne sais pas. Je vous dirai ça quand j'aurai 70 ans ! 
Mais alors il y a beaucoup d'incompréhension pour certaines. Pas pour toutes, mais pour certaines. Il y a une certaine incompréhension par rapport au fait de vouloir se marier et d'avoir des enfants. Ce sont pour la plupart des femmes qui n'ont pas eu d'enfant, avec une compagne en tout cas, et qui ne comprennent pas dans quelle galère on se met.  
D'autres aussi qui ne comprennent pas forcément aussi que les lesbiennes de 20 ans puissent être très féminines. J'ai bien conscience qu’en vous disant ça je dis quelque chose d'un peu cliché mais je crois que parfois il y avait aussi une nécessité, chez elle, d'exister et de se reconnaître, de surmonter la difficulté à vivre dans le secret, parfois dans un contexte familial violent, dans des entreprises dans lesquelles elles travaillaient, etc. Elles se sont aussi construites dans quelque chose de très communautaire et pas forcément dans un mauvais sens, mais dans quelque chose où elles se reconnaissaient entre elles. Et c'était important. Et donc, que l'on puisse être lesbienne aujourd'hui et ne pas forcément se reconnaître les unes les autres, ça leur échappe un peu. Après ça, ça peut paraître un peu anecdotique de le dire comme ça. Elles étaient aussi très heureuses, je crois, de pouvoir apparaître dans un livre où on leur donne la parole, et de faire partie de cette parole commune.  
Est-ce que dans la pluralité des personnes que tu as rencontrées un jour, tu rencontres aussi des personnes qui sont bi, des hommes, des femmes trans? Est-ce que tu as aussi pu rencontrer des personnes plutôt trans masculines qui s'identifient aussi avec l'identité sexuelle lesbienne ? 
J'en ai rencontré. C'est vrai que la plupart des gens qui témoignent dans ce livre, je dirais que c'est à peu près les trois quarts sont des femmes cis et qui s'identifient comme lesbiennes. Et je dirais que pour un quart, il y a des personnes qui s'identifient autrement. Il y a pas mal de gens qui s'identifient comme queer, dont des personnes qui sont transmasc. Et oui, j'avais envie qu'on puisse les entendre. En fait, ce qui m'intéressait, moi, c'était les relations lesbiennes racontées par celleux qui s'identifient comme lesbiennes. Après tout, ça appartient à chacun·e.  
Tu consacres une partie d'un chapitre sur les violences à l'intérieur des couples lesbiens. On a peu d'informations et comme il est raconté dans l'essai, les femmes victimes de violence de la part d'autres femmes peuvent ressentir comme une impression de trahir la communauté quand elles témoignent. J'imagine que c'était un sujet assez complexe à aborder… 
En fait, je ne pouvais pas ne pas en parler. Parce que quand on aborde la question du désir et de la sexualité chez les personnes lesbiennes, on se rend vite compte que la question des violences c’est une question essentielle dans l'acceptation du corps, dans les limites que l'on pose dans la manière dont on peut se sentir.  
Pour moi, c'était essentiel que ce chapitre existe aussi, de par le fait que nous en parlons très peu et que je crois qu'il faut absolument que cette parole soit entendue. La différence entre les violences qui peuvent exister dans les couples hétérosexuels, c’est que ce sont de ces violences-là dont on parle souvent médiatiquement.  
À l'intérieur des couples de femmes, la violence est davantage d'ordre psychologique, de l'ordre de l'emprise, et c'est une violence terrifiante dans beaucoup de récits. Et je dois dire que j'ai reçu plus de récits que ce que je pensais avant de démarrer ce livre. Donc pour moi, c'était essentiel qu'on puisse les entendre. 
On trouve aussi de très beaux témoignages dans ton essai sur la place du désir et de la sexualité chez les lesbiennes, par exemple celui-ci : « Le moment de ma vie où je me suis sentie le plus aimée, confie Laetitia, c'est quand mon amoureuse m'a dit que même si on ne devait plus jamais faire l'amour, elle me choisirait dans cette vie et dans les suivantes. Elle a ajouté qu'elle savait se servir de sa main, de ses doigts et que je n'étais pas chargée de satisfaire son désir. Je ne crois pas qu'on m'ait jamais dit quelque chose d'aussi romantique. » 
 Est ce que tu as le sentiment que les lesbiennes se détachent peu à peu de cette injonction à faire que la sexualité soit un ciment dans le couple ? 
En tout cas, ce que j'ai remarqué, c'est qu'il y a une vraie possibilité de dire non, je n'ai pas envie. Ce qui est déjà énorme dans la sexualité. Et donc non, je n'ai pas d'envie ce soir. Non, je n'ai pas envie, non, demain non plus. Et donc de pouvoir dire non, tout simplement ça c'est énorme. Dans la sexualité entre femmes, il y a vraiment cette idée de consentement qui semble partagée par beaucoup de femmes qui témoignent dans ce livre, comme d'ailleurs elles disent oser dire oui et oser parler, se dire ce dont elles auraient envie, ce qu'elles désirent. Et donc c'est cette parole qui me semble être au centre des relations lesbiennes, évidemment pas toutes, mais d'une partie des relations lesbiennes. Et la possibilité aussi d'avoir un orgasme ou non. On dit beaucoup de la sexualité lesbienne que c'est une sexualité plus orgasmique que la sexualité hétérosexuelle, en tout cas pour les femmes hétérosexuelles. Et dans les chiffres, c'est le cas et je crois vraiment que c'est le cas parce que justement, le fait d'avoir un orgasme n'est pas obligatoire. Donc évidemment qu'on a plus d'orgasme quand ce n'est pas obligatoire et qu'on a la possibilité de ne pas avoir un orgasme un soir. Si c'est le cas, si le corps ne répond pas de cette manière-là ce soir-là. 
Est ce que dans les témoignages lesbiens, le fait de se découvrir lesbienne, de relationner avec avec des femmes, ça, ça a permis de libérer les personnes ? 
Totalement. Alors ça, c'est un témoignage qui revient et revient encore. Cette sensation de libération, libération du corps, libération des formes, libération de la parole… C’est quelque chose que j'ai ressenti. Libération de la possibilité d'exulter. Il y a vraiment cette notion-là chez beaucoup de femmes. Je me souviens d'une, par exemple, qui raconte qu'elle a vécu pendant quinze ans avec un homme avec qui elle a deux enfants et puis qu'elle a osé franchir le pas de d'avoir des relations lesbiennes, elle en a plusieurs en même temps. Et elle dit par exemple qu'elle a découvert qu'elle faisait du bruit, vraiment beaucoup de bruit quand quand elle jouit et que jusqu'ici elle n'avait jamais autant exprimer, ne serait-ce que d'un point de vue vocal, son son plaisir. Donc ça m'a fascinée ! 
En introduction, tu écris : « En écrivant ce livre, je me suis demandé si être lesbienne, ce n'était pas une façon d'oser dire non. Non à toutes les injonctions faites à nos corps de femme, non à l'obligation d'avoir systématiquement un orgasme, non à la fréquence des rapports sexuels indiqués par la société, Des diktats basés sur la pratique de la sexologie. Une discipline née au XIXᵉ siècle, inventée par des hommes dont le principal crédo est de nous faire croire que l'absence de libido est un problème, qu'une sexualité parfaite serait forcément hétérosexuelle, pénétrée. » Pour finir cet entretien, j'ai envie de prendre ta phrase en sens inverse et de te demander selon toi Elodie. Être lesbienne, c'est dire oui à quoi ? 
C'est dire oui à s'écouter. C'est dire oui à s'accepter. C'est dire oui tout court. Puisque, c'est tout de même une sexualité dans laquelle on peut prendre beaucoup de plaisir. C'est dire oui au temps aussi. Il y a eu une étude d'une sexologue féministe qui s'appelle Coraline Delebarre, qui a étudié les rapports sexuels entre femmes et qui raconte par exemple que qu'un rapport sexuel entre femmes dure en moyenne une quarantaine de minutes, c'est-à-dire donc deux fois plus qu'un rapport sexuel hétéro. Et je crois qu’être lesbienne, c'est donc dire oui à prendre le temps d'être avec l'autre et de s'écouter assez pour pour pouvoir prendre du plaisir.  


    L'équipe de l'émission
    
Présentation : Diego de Cao 
Réalisation : Colin Gruel 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 31 May 2024 03:30:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-a-nos-desirs-leuphor-2024-05-16-pZz4cxvp.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-a-nos-desirs-leuphor-2024-05-16-pZz4cxvp.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/DQqK-lhebdo-a-nos-desirs-les-joies-lesbiennes-delodie-font</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-Q7CG2r8PYl.jpg"/></item><item><title>L'HEBDO — Européennes 2024 : les LGBTphobies en hausse dans toute l'UE</title><description><![CDATA[
    Un rapport de l&#039;Agence des Droits Fondamentaux de l&#039;Union Européenne révèle une explosion de la violence anti-LGBT dans la quasi-intégralité des États membres de l&#039;UE.
    
Dans deux semaines, on vote aux élections européennes, et pour le moment on nous annonce que la liste Rassemblement National, portée par Jordan Bardella, sortirait largement en tête, devant le parti présidentiel. 
Et ce n’est pas la seule mauvaise nouvelle que j’ai à vous donner cette semaine.  
Savez-vous que les LGBTIphobies sont en hausse partout sur le Vieux Continent ? C’est en tout cas ce que révèle un rapport de l’Agence des Droits Fondamentaux de l’Union Européenne (FRA), qui a réalisé en 2023 une grande enquête auprès de plus de 100 000 personnes LGBTI+ dans toute l’Europe. 
Pour en parler et analyser ce rapport, nous recevons Nicole Romain, porte-parole de la FRA. 

La transcription de l&#039;épisode arrive bientôt ! 


    L&#039;équipe de l&#039;émission
    
Présentation et réalisation : Colin Gruel 
]]></description><itunes:summary>
    Un rapport de l'Agence des Droits Fondamentaux de l'Union Européenne révèle une explosion de la violence anti-LGBT dans la quasi-intégralité des États membres de l'UE.
    
Dans deux semaines, on vote aux élections européennes, et pour le moment on nous annonce que la liste Rassemblement National, portée par Jordan Bardella, sortirait largement en tête, devant le parti présidentiel. 
Et ce n’est pas la seule mauvaise nouvelle que j’ai à vous donner cette semaine.  
Savez-vous que les LGBTIphobies sont en hausse partout sur le Vieux Continent ? C’est en tout cas ce que révèle un rapport de l’Agence des Droits Fondamentaux de l’Union Européenne (FRA), qui a réalisé en 2023 une grande enquête auprès de plus de 100 000 personnes LGBTI+ dans toute l’Europe. 
Pour en parler et analyser ce rapport, nous recevons Nicole Romain, porte-parole de la FRA. 

La transcription de l'épisode arrive bientôt ! 


    L'équipe de l'émission
    
Présentation et réalisation : Colin Gruel 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 24 May 2024 04:20:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-europeennes-2024-les-lg-2024-05-24-zo936vGh.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-europeennes-2024-les-lg-2024-05-24-zo936vGh.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/wKK8-lhebdo-europeennes-2024-les-lgbtphobies-en-hausse-dans-toute-lue</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-0xwese1Res.jpg"/></item><item><title>Piche à la présidence !</title><description><![CDATA[
    Un an après l&#039;aventure Drag Race France, la drag queen Piche vient de sortir son premier EP, &quot;Festin&quot;. Elle est notre invitée.
    
Elle nous avait ébloui.e.s avec ses chorégraphies millimétrées, on découvre maintenant son flow inimitable. Dans Festin, Piche nous livre 7 chansons où elle révèle son incontestable talent pour le rap. Un mélange des genres destiné à ouvrir les portes du monde du rap à la communauté queer, qui depuis trop longtemps en est exclue. 

    
    




    L&#039;actualité queer du mois
    
Comme chaque année, l&#039;association SOS Homophobie a publié le 17 mai dernier son rapport sur les LGBTphobies. Le constat est sans appel : les agressions physiques ou verbales sont en augmentation. +13% sur l&#039;année 2023. On en parle avec Julia Torlet, présidente et porte-parole de l&#039;association. 
Le rapport est à consulter sur le site de SOS Homophobie : https://www.sos-homophobie.org/informer/rapport-annuel-lgbtiphobies 


    Les Disques du Lobby
    
L&#039;actualité musicale, c&#039;est l&#039;artiste Past Life Roméo, qui s&#039;apprête à sortir un premier EP.  
Elle vient nous présenter son projet de pop alternative, mélangeant ds influences électro, hyperpop et rock. On y retrouve la mélancolie et la sensualité de l&#039;écriture et de la voix de Camilla, mélangées aux productions éclectiques du musicien Carlos Loverboy (Myd, Spill Tap...) qui a co-réalisé ce premier EP, et aux drums garage du producteur Jim Casanova (.Anie Adaa...). 
En avant première, on écoute Saliva, extrait de son prochain EP ! 


    L&#039;équipe de l&#039;émission
    
Présentation : Colin Gruel et Diego de Cao 
Réalisation : Suzanne Saint-Cast 
Chroniques : Olga-Auguste Volfson, Ixpé et Margot Michel 
]]></description><itunes:summary>
    Un an après l'aventure Drag Race France, la drag queen Piche vient de sortir son premier EP, "Festin". Elle est notre invitée.
    
Elle nous avait ébloui.e.s avec ses chorégraphies millimétrées, on découvre maintenant son flow inimitable. Dans Festin, Piche nous livre 7 chansons où elle révèle son incontestable talent pour le rap. Un mélange des genres destiné à ouvrir les portes du monde du rap à la communauté queer, qui depuis trop longtemps en est exclue. 

    
    




    L'actualité queer du mois
    
Comme chaque année, l'association SOS Homophobie a publié le 17 mai dernier son rapport sur les LGBTphobies. Le constat est sans appel : les agressions physiques ou verbales sont en augmentation. +13% sur l'année 2023. On en parle avec Julia Torlet, présidente et porte-parole de l'association. 
Le rapport est à consulter sur le site de SOS Homophobie : https://www.sos-homophobie.org/informer/rapport-annuel-lgbtiphobies 


    Les Disques du Lobby
    
L'actualité musicale, c'est l'artiste Past Life Roméo, qui s'apprête à sortir un premier EP.  
Elle vient nous présenter son projet de pop alternative, mélangeant ds influences électro, hyperpop et rock. On y retrouve la mélancolie et la sensualité de l'écriture et de la voix de Camilla, mélangées aux productions éclectiques du musicien Carlos Loverboy (Myd, Spill Tap...) qui a co-réalisé ce premier EP, et aux drums garage du producteur Jim Casanova (.Anie Adaa...). 
En avant première, on écoute Saliva, extrait de son prochain EP ! 


    L'équipe de l'émission
    
Présentation : Colin Gruel et Diego de Cao 
Réalisation : Suzanne Saint-Cast 
Chroniques : Olga-Auguste Volfson, Ixpé et Margot Michel 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 21 May 2024 16:03:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/piche-a-la-presidence-2024-05-21-jLS9NCPk.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/piche-a-la-presidence-2024-05-21-jLS9NCPk.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/j00v-piche-a-la-presidence</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-PLLbkqhib2.jpg"/></item><item><title>L'HEBDO — "Clémence en colère" : Mirion Malle célèbre la puissance du groupe</title><description><![CDATA[
    En ce 17 mai, journée internationale de lutte pour nos droits, nous recevons l&#039;autrice de BD lesbienne Mirion Malle, qui vient de publier un nouvel opus.
    
(TW : Violences sexuelles) 
Mirion Malle s’est mise à la fiction en 2020 et les titres de ses romans graphiques m’ont toujours frappé par leur poésie. En 2020, C&#039;est comme ça que je disparais abordait la dépression et les violences sexuelles,  
Adieu triste amour, en 2022, racontait comment un comportement passé du copain de Cléo pouvait  remettre en question sa relation avec lui. 
La jeune bédéiste vient de publier un nouvel opus, Clémence en colère, aux éditions La ville brûle. Un nom plus rugueux que les précédents, qui tombe comme une sentence.  
Tout le long de la BD, des petits halos rouges de mécontentement ne quittent pas les joues du personnage principal. Et il y a de quoi ! Entre l’inefficacité de la justice pour traiter des VSS, les réseaux sociaux qui grondent autant qu’ils dépriment et ses traumatismes personnels, Clémence atteint un point de non retour. 
Elle rejoint alors un groupe de parole qui réunit des femmes ayant elles aussi subi des violences sexuelles. 15 semaines, 15 séances de travail durant lesquelles, ensemble elles vont se livrer, s&#039;aider.  
La BD se transforme presque en petit guide de survie. Mais pas que. Ce roman graphique milite aussi pour que les minorités, ici les lesbiennes, aient le droit à leur dose de fiction douce.  
La jeune femme se recompose grâce à ses amours, ses amies, ses livres.  
Bref, Clémence en colère n’a qu’un seul but : celui de réparer les vivantes. 

    
        
        
    

]]></description><itunes:summary>
    En ce 17 mai, journée internationale de lutte pour nos droits, nous recevons l'autrice de BD lesbienne Mirion Malle, qui vient de publier un nouvel opus.
    
(TW : Violences sexuelles) 
Mirion Malle s’est mise à la fiction en 2020 et les titres de ses romans graphiques m’ont toujours frappé par leur poésie. En 2020, C'est comme ça que je disparais abordait la dépression et les violences sexuelles,  
Adieu triste amour, en 2022, racontait comment un comportement passé du copain de Cléo pouvait  remettre en question sa relation avec lui. 
La jeune bédéiste vient de publier un nouvel opus, Clémence en colère, aux éditions La ville brûle. Un nom plus rugueux que les précédents, qui tombe comme une sentence.  
Tout le long de la BD, des petits halos rouges de mécontentement ne quittent pas les joues du personnage principal. Et il y a de quoi ! Entre l’inefficacité de la justice pour traiter des VSS, les réseaux sociaux qui grondent autant qu’ils dépriment et ses traumatismes personnels, Clémence atteint un point de non retour. 
Elle rejoint alors un groupe de parole qui réunit des femmes ayant elles aussi subi des violences sexuelles. 15 semaines, 15 séances de travail durant lesquelles, ensemble elles vont se livrer, s'aider.  
La BD se transforme presque en petit guide de survie. Mais pas que. Ce roman graphique milite aussi pour que les minorités, ici les lesbiennes, aient le droit à leur dose de fiction douce.  
La jeune femme se recompose grâce à ses amours, ses amies, ses livres.  
Bref, Clémence en colère n’a qu’un seul but : celui de réparer les vivantes. 

    
        
        
    

</itunes:summary><pubDate>Fri, 17 May 2024 02:50:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-clemence-en-colere-mi-2024-05-16-57bAfi7S.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-clemence-en-colere-mi-2024-05-16-57bAfi7S.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/AM6l-lhebdo-clemence-en-colere-mirion-malle-celebre-la-puissance-du-groupe</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-mhSKvxht6l.jpg"/></item><item><title>L'HEBDO — À Paris, les "bears" célèbrent leur fierté</title><description><![CDATA[
    L&#039;association Les Ours de Paris organise cette semaine une série d&#039;événements pour célébrer la Fierté Ours.
    
Vous l&#039;ignoriez peut-être, mais les garçons gays ont tendance à se donner des petits noms d&#039;animaux pour faire référence à leur corpulence, leur pilosité, ou autres attributs. Parmi eux, les ours (&quot;bears&quot;, écrit-on sur les applications de rencontre), qui sont donc les hommes plutôt gros et poilus. Et cette semaine, les ours célèbrent leurs fiertés avec une série d&#039;événements, qui culminera ce samedi à Petit Bain avec l&#039;élection de Mister Ours 2024. 
Pour en parler, nous recevons Dominique Chaudey, président de l&#039;association Les Ours de Paris. 


    Références citées dans l&#039;émission
    
— Billetterie pour la soirée Mister Bear : https://petitbain.org/evenement/fierte-ours/ 
— Les Ours de Paris sur Instagram : https://www.instagram.com/lesoursdeparis/ 
Programmation musicale : 
— Movin&#039; on now, Kiddy Smile 
— Not this time, The 2 Bears 


    L&#039;équipe de l&#039;émission
    
Présentation : Ixpé 
Réalisation : Colin Gruel 
]]></description><itunes:summary>
    L'association Les Ours de Paris organise cette semaine une série d'événements pour célébrer la Fierté Ours.
    
Vous l'ignoriez peut-être, mais les garçons gays ont tendance à se donner des petits noms d'animaux pour faire référence à leur corpulence, leur pilosité, ou autres attributs. Parmi eux, les ours ("bears", écrit-on sur les applications de rencontre), qui sont donc les hommes plutôt gros et poilus. Et cette semaine, les ours célèbrent leurs fiertés avec une série d'événements, qui culminera ce samedi à Petit Bain avec l'élection de Mister Ours 2024. 
Pour en parler, nous recevons Dominique Chaudey, président de l'association Les Ours de Paris. 


    Références citées dans l'émission
    
— Billetterie pour la soirée Mister Bear : https://petitbain.org/evenement/fierte-ours/ 
— Les Ours de Paris sur Instagram : https://www.instagram.com/lesoursdeparis/ 
Programmation musicale : 
— Movin' on now, Kiddy Smile 
— Not this time, The 2 Bears 


    L'équipe de l'émission
    
Présentation : Ixpé 
Réalisation : Colin Gruel 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 10 May 2024 04:50:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-a-paris-les-bears-cele-2024-05-10-dzE43Tvg.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-a-paris-les-bears-cele-2024-05-10-dzE43Tvg.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/v8l5-lhebdo-a-paris-les-bears-celebrent-leur-fierte</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-E3AbdtmyYr.jpg"/></item><item><title>L'HEBDO — En Ouganda, l'inquiétante "loi anti-homosexualité" met les LGBT+ en danger</title><description><![CDATA[
    La Cour Constitutionnelle vient d&#039;entériner l&#039;adoption d&#039;une loi &quot;anti-homosexualité&quot;, la plus répressive au monde.
    
Début avril, la Cour constitutionnelle ougandaise a validé une loi particulièrement brutale à l’encontre de la communauté LGBTQIA+, baptisée “loi anti-homosexualité”.  
Le texte prévoit des sanctions extrêmes envers les personnes ayant des relations homosexuelles, et/ou faisant la “promotion de l’homosexualité”. Un délit “d’homosexualité aggravée” est puni de mort, même si cette peine n’est plus vraiment appliquée dans le pays depuis quelques années. 
Sur place, les associations de défense des droits humains sont très inquiètes. Elles craignaient également que la loi se répande sur le continent. Certains pays africains disposent en effet déjà de lois très répressives à l’encontre de la communauté LGBTQIA+.   
Pour en parler, nous recevons Sébastien Tüller. Il est responsable LGBTQIA+ chez Amnesty International France, qui vient de publier son rapport annuel. 

Le Lobby : Que prévoit concrètement cette loi ? 
Sébastien Tüller : Cette loi anti-homosexualitéest l’une des lois les plus répressives au monde à l&#039;encontre des personnes LGBTI+. Et c&#039;est d&#039;ailleurs comme ça que Amnesty International la dénonce, dans son nouveau rapport annuel sur la situation des droits humains qui a été publié il y a quelques jours. L’Ouganda illustre tristement cette régression des droits humains des personnes LGBTI dans le monde.  
Cette loi vient durcir la loi déjà existante. Il y a vraiment une guerre juridique homophobe aujourd&#039;hui en Ouganda et dans les pays limitrophes qui viennent durcir les mécanismes juridiques contre les personnes LGBTI+. Et donc on est venu vraiment accentuer la pénalisation contre les sexualités dites contre nature, contre l&#039;homosexualité. On est venu également pénaliser la promotion des droits humains ou des droits des personnes LGBTI. Donc toutes les personnes qui voudraient tenir des discours, militants ou non, de manière positive à l&#039;égard des orientations sexuelles ou des identités de genre non conventionnelles, pourraient être condamnées jusqu&#039;à 20 ans de prison.  
Et enfin, le plus dramatique, c&#039;est cette disposition vague, de circonstance aggravante qui peut conduire à des condamnations à mort à la peine de mort. Et donc l&#039;Ouganda vient tristement rejoindre la liste des pays qui condamne à mort les personnes LGBTI. C&#039;est le nombre de pays qui condamne à mort augmente à cause de cette loi et de l&#039;Ouganda. Et donc cette disposition vague, elle concerne les relations sexuelles avec les migrants, les personnes qui ont un handicap ou qui sont atteints du VIH, ou s&#039;il y a une trop grande différence d&#039;âge. En cas de récidive, on peut tomber sous le coup de cet article qui parle d’”homosexualité aggravée” et donc condamné à mort aujourd&#039;hui en Ouganda.  
La loi est-elle concrètement appliquée ? 
Oui. En août 2023, il y a eu une première personne, un jeune de 20 ans, qui a été accusé d&#039;homosexualité avec circonstance aggravante pour avoir une relation sexuelle avec une personne de 41 ans, si je me souviens bien, parce que le procureur a considéré que la personne de 40 ans était atteinte d&#039;une forme de handicap. Et donc ce jeune de 20 ans qui était le premier accusé d&#039;homosexualité aggravée, qui encourt véritablement une condamnation à mort. Une dizaine d’autres personnes ont subi le même sort. 
La loi a aussi des effets concrets sur la santé des personnes LGBT et des personnes séropositives... 
La loi entraîne évidemment une hausse de la stigmatisation, de la marginalisation, qui était déjà un point particulièrement fort en Ouganda et dans d&#039;autres pays en Afrique, parce que depuis une dizaine d&#039;années, les discours politiques instrumentalisent l&#039;homophobie, déshumanise, diabolise les personnes LGBT à des fins électorales pour détourner l&#039;attention du public sur d&#039;autres questions urgentes et prioritaires en termes de droits humains ou de droits fondamentaux. Et donc, en fait, la stigmatisation des personnes LGBT ne date pas de cette loi. Malheureusement, elle date depuis bien longtemps malheureusement. 
Quelles ont été les réactions internationales depuis la confirmation de la loi cette année ? 
L’Ouganda est l’un des pays où la condamnation internationale a été la plus forte, par rapport à d&#039;autres pays. Tous les mécanismes ont été utilisés, parfois de manière disproportionnée, avec un risque de porter atteinte aux personnes LGBT+ dans le pays. Les États-Unis, la Banque mondiale, l&#039;Union européenne, voilà tout le monde a fait des déclarations publiques, ils ont utilisé plus ou moins l&#039;arsenal diplomatique pour essayer de faire pression sur le président pour qu&#039;il utilise son droit de veto et qu’il ne promulgue pas cette loi, ce qui a échoué. 
Ça fait dix ans qu&#039;il y a plusieurs propositions de loi en ce sens en Ouganda. En 2014, il y avait une proposition de loi qui s&#039;appelait Kill the Gays, donc littéralement “tuer les homosexuels” mais tous les pays occidentaux ont fait pression d&#039;une manière plus ou moins habile et pas toujours très habile d&#039;ailleurs. Et en fait, ce qu&#039;on observe, c&#039;est que, en menaçant l&#039;Ouganda de couper les aides internationales ou les aides au développement, on a gagné du temps. Et donc cette loi n&#039;a pas été adoptée dans un premier temps. Mais pendant dix ans, on a renforcé cette idée reçue que l&#039;Occident impose l&#039;homosexualité en Afrique et en Ouganda. Et donc on a renforcé l’homophobie. On a renforcé cette idée reçue que l&#039;homosexualité serait quelque chose qui proviendrait de l&#039;Occident. Et on voit bien qu&#039;à la fin, ça ne fonctionne pas puisque cette loi est finalement adoptée avec le soutien de la population ougandaise.  
Et donc on voit bien qu&#039;il faut réfléchir aussi à la manière dont on verbalise notre opposition quand il y a ce type de proposition de loi qui est votée, et pas juste faire des communications spontanées one shot, mais avoir un vrai travail à long terme de soutien à la société civile, de renforcement des capacités, d&#039;être des militants et des militantes et d&#039;intégrer la question des droits des personnes LGBTI dans la diplomatie de manière globale et pas juste une fois l&#039;année pour faire un communiqué de presse le 17 mai. 
Pourquoi est-ce que la population ougandaise adhère à ce point à ces discours LGBTphobes ? 
Plus on a une d&#039;homophobie d&#039;État et plus on a des lois qui pénalisent l&#039;homosexualité et la transidentité, plus ça légitime dans la société un sentiment d&#039;homophobie et de transphobie. Et plus on porte atteinte aux discours, au militantisme ou à la société civile. Et là, on en vient à pénaliser la soit-disante “propagande”, la promotion des personnes LGBTI plus. Eh bien le résultat, c&#039;est que la seule manière d&#039;entendre parler d&#039;homosexualité et de transidentité, ce sont les discours de haine. Et donc en fait, quand on grandit dans une société qui est structurellement discriminatoire, on peut que devenir homophobe et transphobe.  
D&#039;où vient cette propagande anti-LGBT en Ouganda ? 
Je pense qu&#039;il faut vraiment déconstruire cette idée reçue que l&#039;Occident viendrait imposer l&#039;homosexualité en Afrique. C&#039;est bien l&#039;homophobie et notamment pendant l&#039;ère coloniale, qui a été imposée. En Afrique, 31 pays condamnent les personnes LGBT dans la loi à des peines de prison. Toutes ces lois sont majoritairement issues de l&#039;ère coloniale.  
Je ne dis pas qu&#039;il n&#039;y avait pas d&#039;homophobie ni pas de transphobie dans les sociétés africaines avant la colonisation, mais en tout cas, il n&#039;y avait pas de lois qui venaient persécuter les personnes LGBT+.  
Ces lois, elles ont été importées. Les puissances coloniales ont voulu persécuter les sexualités qui n’avaient pas pour but la procréation. Et comme toutes ces sociétés africaines étaient perçues comme des havres de sexualité contre-nature, on est venu imposer des lois qui aujourd&#039;hui perdurent.  
Et le plus triste, c&#039;est que les pays occidentaux ont dépénalisé depuis l&#039;homosexualité mais après l&#039;indépendance de certains pays colonisés. Et en Afrique, ces lois perdurent et elles sont encore utilisées d&#039;une manière dramatique.  
C&#039;est pour ça que les activistes dans ces pays-là dont un gros travail de mémoire pour rappeler que la sexualité entre personnes de même sexe, et les identités trans ont existé en Afrique et partout dans le monde depuis toujours. La recherche a permis de reconstituer la vérité de ce qui c&#039;est que dans plus de 40 groupes ethniques dans toute l&#039;Afrique subsaharienne, on a retrouvé des mariages entre personnes de même sexe entre femmes qu&#039;au Zimbabwe. Une peinture rupestre vieille de plus de 2000 ans montre des relations sexuelles entre hommes. Il y a plein de langues qui ont des mots pour parler de la fluidité du genre, largement tolérée avant la colonisation. D’ailleurs, l&#039;Ouganda est connu historiquement comme étant un royaume où il y a une forte histoire de l&#039;homosexualité. Et toute cette histoire de nos identités des personnes LGBTI est niée par les conservateurs au pouvoir aujourd&#039;hui.  
Quelle est l&#039;influence de l&#039;Église catholique aujourd&#039;hui en Ouganda ?  
Les puissances coloniales ont encouragé à considérer le mépris et la peur à l&#039;encontre des personnes LGBT comme des signes de modernité. Uune sexualité dite moderne serait forcément hétérosexuelle. On voit bien que tout ce qui découle de la vision morale ou religieuse ou conservatrice des religions a un impact évidemment sur la vie des personnes LGBT+. Oon utilise souvent ces arguments fallacieux pour excuser ou pour expliquer le harcèlement, les discriminations et les persécutions. Par exemple, le Pape dit clairement que la pénalisation des personnes LGBT est injuste. Quand le pape dit ça, ça devrait être entendu. Et on voit bien qu&#039;aujourd&#039;hui ça l&#039;est pas et qu&#039;il y a plein de mouvements évangéliques qui sont aussi financés par plein de mouvements conservateurs américains qui, au moment où les mouvements LGBTI plus progressistes ont gagné du terrain en Occident, se sont rabattus sur l’Afrique pour financer des prêches homophobes et que quelques années plus tard, ça a produit ses fruits et que cette homophobie et cette transphobie sont profondément ancrées aujourd&#039;hui dans de nombreuses sociétés africaines. 
Il existe un réel risque que cette loi, qui est aujourd&#039;hui la plus sévère en termes de punition en Afrique, soit récupérée par d&#039;autres pays africains… 
Oui, et c&#039;est pour ça que je trouve que l&#039;exemple de l&#039;Ouganda est extrêmement intéressant aussi. Il y a vraiment une guerre juridique homophobe, une instrumentalisation des mécanismes juridiques et cette volonté de renforcer les lois existantes, que ce soit au Sénégal, au Botswana, avec cette idée qu&#039;il fallait durcir les lois qui pénalisent l&#039;homosexualité. Et il fallait adopter des lois encore plus répressives. Et l&#039;exemple le plus dramatique, c&#039;est sûrement le Ghana qui a adopté des nouvelles dispositions qui viennent encore pénaliser les personnes LGBT. On peut aussi parler du Kenya, où des parlementaires proposent de là aussi durcir la persécution contre les personnes LGBT jusqu&#039;à la condamnation à mort. Et donc on voit bien qu&#039;on assiste à une régression brutale des questions LGBTQI+.  
Tâchons d’être optimistes : je pense que c&#039;est aussi parce qu&#039;on est en train de gagner. C&#039;est justement parce que nos mobilisations sont de plus en plus fortes, que nos opposants se mobilisent de plus en plus et que là, on est dans un point de bascule où justement ce n&#039;est pas le moment de lâcher. Au contraire, il va falloir continuer à se mobiliser le plus possible parce que, en attendant, il y a vraiment une question du droit à la vie de droit de ne pas être arrêté arbitrairement.  
Et c&#039;est ça tout le travail d&#039;Amnesty International aujourd&#039;hui, c&#039;est d&#039;avoir des chercheur·euse·s dans ces terrains, dans ces pays, pour voir comment ces lois aujourd&#039;hui sont utilisées. On documente les arrestations, l&#039;utilisation de ces lois dans les tribunaux, les conditions de détention des personnes LGBT pour les mettre face à leurs responsabilités et qu&#039;on puisse se débarrasser de ces lois complètement archaïques.  
La résistance s&#039;organise sur les réseaux sociaux notamment, particulièrement par des personnes qui soit sont restées dans leur pays, soit sont parties. Je pense à un·e militant·e ougandais·e, Papa De, photographe non-binaire, parent·e, et qui a notamment organisé une marche à Berlin la semaine dernière, il me semble. Comment s&#039;organise la résistance? 
Aujourd&#039;hui, on voit bien qu’être une personne ouvertement LGBT+ est impossible en Ouganda parce qu&#039;on prend des risques pour sa sécurité et pour sa vie. On a parlé des thérapies de conversion tout à l&#039;heure, mais il y a aussi d&#039;autres formes de persécutions, de tortures ou de traitements inhumains et dégradants comme le test anal, etc. C&#039;est très difficile d&#039;être militant·e fait.  
Le risque principal, c&#039;est qu&#039;on peut être contraint·e de fuir en Occident. Et donc, au moins aujourd&#039;hui, grâce aux réseaux sociaux, on peut construire des communautés en ligne, on peut partager des messages de solidarité, des actions depuis l&#039;Occident. La plupart de ces militant·e·s qui ont fui leur pays aimeraient y retourner. Et donc ça montre bien qu&#039;il y a vraiment un enjeu que la société civile aussi en Ouganda, que les associations de défense des droits humains se mobilisent de plus en plus aussi sur les questions des droits des personnes LGBTQI+.  
Aujourd&#039;hui, la stratégie des militant·e·s sur place, c&#039;est la stratégie de contentieux : attaquer ces lois et ces dispositions devant la Cour suprême. Parce que cette stratégie de contentieux, elle a déjà marché dans d&#039;autres pays et aussi en Ouganda par le passé, on peut penser à la fameuse loi Kill the gays, annulée en 2014 en raison de ses termes particulièrement vagues. Cette fois-ci, ça n&#039;a pas marché. La Cour suprême a rendu sa décision il y a quelques semaines en disant que la dernière loi adoptée qui condamne à mort les personnes LGBT était constitutionnelle.  
Mais il y a d&#039;autres recours qui sont en cours et d&#039;autres stratégies de contentieux en cours. Et on espère que cette question de l&#039;accès à la justice puisse permettre de protéger les personnes LGBT aussi. 
Comment s&#039;organisent les associations sur place? Est ce qu&#039;il y a des associations de défense des droits LGBT sur place ? 
Dans de nombreux pays africains, on peut faire la demande aux autorités de nous enregistrer en tant qu&#039;association LGBT+, mais c&#039;est jamais accepté. Et d&#039;ailleurs ça me fait penser à un autre exemple : la Cour suprême du Kenya, après dix ans de lutte devant les tribunaux, a autorisé une association LGBT à être officiellement enregistrée. Et donc on s&#039;est très vite réjoui. Et la société civile aussi s&#039;est réjouie de cette victoire. Mais ça a créé un retour de flamme et des représailles particulièrement violentes contre les personnes LGBT, des discours de haine, des campagnes d&#039;homophobie et de transphobie particulièrement violentes et nombreuses, et qui a conduit à une hausse du harcèlement, des discriminations et à une proposition de loi qui va condamner les personnes LGBT à la peine de mort.  
Il faut donc repenser notre stratégie. Ce que demandent les militant·e·s, ce n&#039;est pas forcément la dépénalisation de l&#039;homosexualité, parce que pour eux, ça leur paraît pas la priorité. Ce qu&#039;ils aimeraient, c&#039;est avoir accès à l&#039;emploi, lutter contre les violences, lutter contre les meurtres, contre l&#039;impunité pour plus de sécurité. Et que cette question de la dépénalisation, ça viendra dans un second temps. Et que quand les pays occidentaux focalisent leur diplomatie sur cette question de la dépénalisation, ils passent à côté de ce que demandent les militant·e·s de la société civile sur place, qui aimeraient plutôt qu&#039;on les aide sur l&#039;accès aux soins, sur l&#039;accès à la santé et sur les questions d&#039;urgence. 
Que peut-on faire depuis la France pour aider la communauté queer ougandaise ? 
Déjà on peut en parler. On peut évidemment les soutenir aussi financièrement, mais on peut faire pression sur nos autorités en France pour qu&#039;on ait une diplomatie française, une diplomatie européenne qui soit à la hauteur des enjeux et de la régression des droits des personnes LGBTI. Moi et d&#039;autres, on s&#039;est beaucoup battus pour qu&#039;on nomme un ambassadeur ou une ambassadrice aux droits des personnes LGBTI+. Auparavant, il n’y avait personne pour coordonner d&#039;une manière ambitieuse la diplomatie française sur les questions LGBTI+.  
Aujourd&#039;hui, on a aussi besoin de plus de moyens pour pouvoir avoir un travail qui soit à la hauteur de ces atteintes massives aux droits des personnes LGBTI+. Il faut renforcer le financement des associations sur place quand elles existent, d&#039;aider à la formation, à des rencontres entre militants et militantes. Je pense qu&#039;on a on a plein de choses à apprendre, de stratégies militantes et notamment du contentieux. Parce que quand on compare l&#039;utilisation des tribunaux en Europe et dans d&#039;autres pays, on voit bien que nous, nos Cour suprême, le Conseil d&#039;État, la Cour de cassation ont jamais eu des jurisprudences qui ont permis l&#039;avancée des droits des personnes LGBTI plus alors que dans d&#039;autres pays ça a été le cas. Donc je pense qu&#039;il y a plein de choses à apprendre.  
On parle de diplomatie féministe aujourd&#039;hui, je pense que c&#039;est une coquille vide. Il faudrait qu&#039;on arrive à une véritable diplomatie queer et pas juste du pinkwashing. 


    Références citées dans l&#039;émission
    
— Le rapport annuel d&#039;Amnesty International France : https://amnestyfr.cdn.prismic.io/amnestyfr/dd34945a-1514-4bd7-9088-76c86a51a122_french_2024-04-22.pdf 
— Le compte Instagram de Papa De (@aconstantbecoming) : https://www.instagram.com/aconstantbecoming/ 
— Le film Out of Uganda : https://www.outplayfilms.com/ 


    L&#039;équipe de l&#039;émission
    
Présentation : Emma Loiret 
Réalisation : Colin Gruel 
]]></description><itunes:summary>
    La Cour Constitutionnelle vient d'entériner l'adoption d'une loi "anti-homosexualité", la plus répressive au monde.
    
Début avril, la Cour constitutionnelle ougandaise a validé une loi particulièrement brutale à l’encontre de la communauté LGBTQIA+, baptisée “loi anti-homosexualité”.  
Le texte prévoit des sanctions extrêmes envers les personnes ayant des relations homosexuelles, et/ou faisant la “promotion de l’homosexualité”. Un délit “d’homosexualité aggravée” est puni de mort, même si cette peine n’est plus vraiment appliquée dans le pays depuis quelques années. 
Sur place, les associations de défense des droits humains sont très inquiètes. Elles craignaient également que la loi se répande sur le continent. Certains pays africains disposent en effet déjà de lois très répressives à l’encontre de la communauté LGBTQIA+.   
Pour en parler, nous recevons Sébastien Tüller. Il est responsable LGBTQIA+ chez Amnesty International France, qui vient de publier son rapport annuel. 

Le Lobby : Que prévoit concrètement cette loi ? 
Sébastien Tüller : Cette loi anti-homosexualitéest l’une des lois les plus répressives au monde à l'encontre des personnes LGBTI+. Et c'est d'ailleurs comme ça que Amnesty International la dénonce, dans son nouveau rapport annuel sur la situation des droits humains qui a été publié il y a quelques jours. L’Ouganda illustre tristement cette régression des droits humains des personnes LGBTI dans le monde.  
Cette loi vient durcir la loi déjà existante. Il y a vraiment une guerre juridique homophobe aujourd'hui en Ouganda et dans les pays limitrophes qui viennent durcir les mécanismes juridiques contre les personnes LGBTI+. Et donc on est venu vraiment accentuer la pénalisation contre les sexualités dites contre nature, contre l'homosexualité. On est venu également pénaliser la promotion des droits humains ou des droits des personnes LGBTI. Donc toutes les personnes qui voudraient tenir des discours, militants ou non, de manière positive à l'égard des orientations sexuelles ou des identités de genre non conventionnelles, pourraient être condamnées jusqu'à 20 ans de prison.  
Et enfin, le plus dramatique, c'est cette disposition vague, de circonstance aggravante qui peut conduire à des condamnations à mort à la peine de mort. Et donc l'Ouganda vient tristement rejoindre la liste des pays qui condamne à mort les personnes LGBTI. C'est le nombre de pays qui condamne à mort augmente à cause de cette loi et de l'Ouganda. Et donc cette disposition vague, elle concerne les relations sexuelles avec les migrants, les personnes qui ont un handicap ou qui sont atteints du VIH, ou s'il y a une trop grande différence d'âge. En cas de récidive, on peut tomber sous le coup de cet article qui parle d’”homosexualité aggravée” et donc condamné à mort aujourd'hui en Ouganda.  
La loi est-elle concrètement appliquée ? 
Oui. En août 2023, il y a eu une première personne, un jeune de 20 ans, qui a été accusé d'homosexualité avec circonstance aggravante pour avoir une relation sexuelle avec une personne de 41 ans, si je me souviens bien, parce que le procureur a considéré que la personne de 40 ans était atteinte d'une forme de handicap. Et donc ce jeune de 20 ans qui était le premier accusé d'homosexualité aggravée, qui encourt véritablement une condamnation à mort. Une dizaine d’autres personnes ont subi le même sort. 
La loi a aussi des effets concrets sur la santé des personnes LGBT et des personnes séropositives... 
La loi entraîne évidemment une hausse de la stigmatisation, de la marginalisation, qui était déjà un point particulièrement fort en Ouganda et dans d'autres pays en Afrique, parce que depuis une dizaine d'années, les discours politiques instrumentalisent l'homophobie, déshumanise, diabolise les personnes LGBT à des fins électorales pour détourner l'attention du public sur d'autres questions urgentes et prioritaires en termes de droits humains ou de droits fondamentaux. Et donc, en fait, la stigmatisation des personnes LGBT ne date pas de cette loi. Malheureusement, elle date depuis bien longtemps malheureusement. 
Quelles ont été les réactions internationales depuis la confirmation de la loi cette année ? 
L’Ouganda est l’un des pays où la condamnation internationale a été la plus forte, par rapport à d'autres pays. Tous les mécanismes ont été utilisés, parfois de manière disproportionnée, avec un risque de porter atteinte aux personnes LGBT+ dans le pays. Les États-Unis, la Banque mondiale, l'Union européenne, voilà tout le monde a fait des déclarations publiques, ils ont utilisé plus ou moins l'arsenal diplomatique pour essayer de faire pression sur le président pour qu'il utilise son droit de veto et qu’il ne promulgue pas cette loi, ce qui a échoué. 
Ça fait dix ans qu'il y a plusieurs propositions de loi en ce sens en Ouganda. En 2014, il y avait une proposition de loi qui s'appelait Kill the Gays, donc littéralement “tuer les homosexuels” mais tous les pays occidentaux ont fait pression d'une manière plus ou moins habile et pas toujours très habile d'ailleurs. Et en fait, ce qu'on observe, c'est que, en menaçant l'Ouganda de couper les aides internationales ou les aides au développement, on a gagné du temps. Et donc cette loi n'a pas été adoptée dans un premier temps. Mais pendant dix ans, on a renforcé cette idée reçue que l'Occident impose l'homosexualité en Afrique et en Ouganda. Et donc on a renforcé l’homophobie. On a renforcé cette idée reçue que l'homosexualité serait quelque chose qui proviendrait de l'Occident. Et on voit bien qu'à la fin, ça ne fonctionne pas puisque cette loi est finalement adoptée avec le soutien de la population ougandaise.  
Et donc on voit bien qu'il faut réfléchir aussi à la manière dont on verbalise notre opposition quand il y a ce type de proposition de loi qui est votée, et pas juste faire des communications spontanées one shot, mais avoir un vrai travail à long terme de soutien à la société civile, de renforcement des capacités, d'être des militants et des militantes et d'intégrer la question des droits des personnes LGBTI dans la diplomatie de manière globale et pas juste une fois l'année pour faire un communiqué de presse le 17 mai. 
Pourquoi est-ce que la population ougandaise adhère à ce point à ces discours LGBTphobes ? 
Plus on a une d'homophobie d'État et plus on a des lois qui pénalisent l'homosexualité et la transidentité, plus ça légitime dans la société un sentiment d'homophobie et de transphobie. Et plus on porte atteinte aux discours, au militantisme ou à la société civile. Et là, on en vient à pénaliser la soit-disante “propagande”, la promotion des personnes LGBTI plus. Eh bien le résultat, c'est que la seule manière d'entendre parler d'homosexualité et de transidentité, ce sont les discours de haine. Et donc en fait, quand on grandit dans une société qui est structurellement discriminatoire, on peut que devenir homophobe et transphobe.  
D'où vient cette propagande anti-LGBT en Ouganda ? 
Je pense qu'il faut vraiment déconstruire cette idée reçue que l'Occident viendrait imposer l'homosexualité en Afrique. C'est bien l'homophobie et notamment pendant l'ère coloniale, qui a été imposée. En Afrique, 31 pays condamnent les personnes LGBT dans la loi à des peines de prison. Toutes ces lois sont majoritairement issues de l'ère coloniale.  
Je ne dis pas qu'il n'y avait pas d'homophobie ni pas de transphobie dans les sociétés africaines avant la colonisation, mais en tout cas, il n'y avait pas de lois qui venaient persécuter les personnes LGBT+.  
Ces lois, elles ont été importées. Les puissances coloniales ont voulu persécuter les sexualités qui n’avaient pas pour but la procréation. Et comme toutes ces sociétés africaines étaient perçues comme des havres de sexualité contre-nature, on est venu imposer des lois qui aujourd'hui perdurent.  
Et le plus triste, c'est que les pays occidentaux ont dépénalisé depuis l'homosexualité mais après l'indépendance de certains pays colonisés. Et en Afrique, ces lois perdurent et elles sont encore utilisées d'une manière dramatique.  
C'est pour ça que les activistes dans ces pays-là dont un gros travail de mémoire pour rappeler que la sexualité entre personnes de même sexe, et les identités trans ont existé en Afrique et partout dans le monde depuis toujours. La recherche a permis de reconstituer la vérité de ce qui c'est que dans plus de 40 groupes ethniques dans toute l'Afrique subsaharienne, on a retrouvé des mariages entre personnes de même sexe entre femmes qu'au Zimbabwe. Une peinture rupestre vieille de plus de 2000 ans montre des relations sexuelles entre hommes. Il y a plein de langues qui ont des mots pour parler de la fluidité du genre, largement tolérée avant la colonisation. D’ailleurs, l'Ouganda est connu historiquement comme étant un royaume où il y a une forte histoire de l'homosexualité. Et toute cette histoire de nos identités des personnes LGBTI est niée par les conservateurs au pouvoir aujourd'hui.  
Quelle est l'influence de l'Église catholique aujourd'hui en Ouganda ?  
Les puissances coloniales ont encouragé à considérer le mépris et la peur à l'encontre des personnes LGBT comme des signes de modernité. Uune sexualité dite moderne serait forcément hétérosexuelle. On voit bien que tout ce qui découle de la vision morale ou religieuse ou conservatrice des religions a un impact évidemment sur la vie des personnes LGBT+. Oon utilise souvent ces arguments fallacieux pour excuser ou pour expliquer le harcèlement, les discriminations et les persécutions. Par exemple, le Pape dit clairement que la pénalisation des personnes LGBT est injuste. Quand le pape dit ça, ça devrait être entendu. Et on voit bien qu'aujourd'hui ça l'est pas et qu'il y a plein de mouvements évangéliques qui sont aussi financés par plein de mouvements conservateurs américains qui, au moment où les mouvements LGBTI plus progressistes ont gagné du terrain en Occident, se sont rabattus sur l’Afrique pour financer des prêches homophobes et que quelques années plus tard, ça a produit ses fruits et que cette homophobie et cette transphobie sont profondément ancrées aujourd'hui dans de nombreuses sociétés africaines. 
Il existe un réel risque que cette loi, qui est aujourd'hui la plus sévère en termes de punition en Afrique, soit récupérée par d'autres pays africains… 
Oui, et c'est pour ça que je trouve que l'exemple de l'Ouganda est extrêmement intéressant aussi. Il y a vraiment une guerre juridique homophobe, une instrumentalisation des mécanismes juridiques et cette volonté de renforcer les lois existantes, que ce soit au Sénégal, au Botswana, avec cette idée qu'il fallait durcir les lois qui pénalisent l'homosexualité. Et il fallait adopter des lois encore plus répressives. Et l'exemple le plus dramatique, c'est sûrement le Ghana qui a adopté des nouvelles dispositions qui viennent encore pénaliser les personnes LGBT. On peut aussi parler du Kenya, où des parlementaires proposent de là aussi durcir la persécution contre les personnes LGBT jusqu'à la condamnation à mort. Et donc on voit bien qu'on assiste à une régression brutale des questions LGBTQI+.  
Tâchons d’être optimistes : je pense que c'est aussi parce qu'on est en train de gagner. C'est justement parce que nos mobilisations sont de plus en plus fortes, que nos opposants se mobilisent de plus en plus et que là, on est dans un point de bascule où justement ce n'est pas le moment de lâcher. Au contraire, il va falloir continuer à se mobiliser le plus possible parce que, en attendant, il y a vraiment une question du droit à la vie de droit de ne pas être arrêté arbitrairement.  
Et c'est ça tout le travail d'Amnesty International aujourd'hui, c'est d'avoir des chercheur·euse·s dans ces terrains, dans ces pays, pour voir comment ces lois aujourd'hui sont utilisées. On documente les arrestations, l'utilisation de ces lois dans les tribunaux, les conditions de détention des personnes LGBT pour les mettre face à leurs responsabilités et qu'on puisse se débarrasser de ces lois complètement archaïques.  
La résistance s'organise sur les réseaux sociaux notamment, particulièrement par des personnes qui soit sont restées dans leur pays, soit sont parties. Je pense à un·e militant·e ougandais·e, Papa De, photographe non-binaire, parent·e, et qui a notamment organisé une marche à Berlin la semaine dernière, il me semble. Comment s'organise la résistance? 
Aujourd'hui, on voit bien qu’être une personne ouvertement LGBT+ est impossible en Ouganda parce qu'on prend des risques pour sa sécurité et pour sa vie. On a parlé des thérapies de conversion tout à l'heure, mais il y a aussi d'autres formes de persécutions, de tortures ou de traitements inhumains et dégradants comme le test anal, etc. C'est très difficile d'être militant·e fait.  
Le risque principal, c'est qu'on peut être contraint·e de fuir en Occident. Et donc, au moins aujourd'hui, grâce aux réseaux sociaux, on peut construire des communautés en ligne, on peut partager des messages de solidarité, des actions depuis l'Occident. La plupart de ces militant·e·s qui ont fui leur pays aimeraient y retourner. Et donc ça montre bien qu'il y a vraiment un enjeu que la société civile aussi en Ouganda, que les associations de défense des droits humains se mobilisent de plus en plus aussi sur les questions des droits des personnes LGBTQI+.  
Aujourd'hui, la stratégie des militant·e·s sur place, c'est la stratégie de contentieux : attaquer ces lois et ces dispositions devant la Cour suprême. Parce que cette stratégie de contentieux, elle a déjà marché dans d'autres pays et aussi en Ouganda par le passé, on peut penser à la fameuse loi Kill the gays, annulée en 2014 en raison de ses termes particulièrement vagues. Cette fois-ci, ça n'a pas marché. La Cour suprême a rendu sa décision il y a quelques semaines en disant que la dernière loi adoptée qui condamne à mort les personnes LGBT était constitutionnelle.  
Mais il y a d'autres recours qui sont en cours et d'autres stratégies de contentieux en cours. Et on espère que cette question de l'accès à la justice puisse permettre de protéger les personnes LGBT aussi. 
Comment s'organisent les associations sur place? Est ce qu'il y a des associations de défense des droits LGBT sur place ? 
Dans de nombreux pays africains, on peut faire la demande aux autorités de nous enregistrer en tant qu'association LGBT+, mais c'est jamais accepté. Et d'ailleurs ça me fait penser à un autre exemple : la Cour suprême du Kenya, après dix ans de lutte devant les tribunaux, a autorisé une association LGBT à être officiellement enregistrée. Et donc on s'est très vite réjoui. Et la société civile aussi s'est réjouie de cette victoire. Mais ça a créé un retour de flamme et des représailles particulièrement violentes contre les personnes LGBT, des discours de haine, des campagnes d'homophobie et de transphobie particulièrement violentes et nombreuses, et qui a conduit à une hausse du harcèlement, des discriminations et à une proposition de loi qui va condamner les personnes LGBT à la peine de mort.  
Il faut donc repenser notre stratégie. Ce que demandent les militant·e·s, ce n'est pas forcément la dépénalisation de l'homosexualité, parce que pour eux, ça leur paraît pas la priorité. Ce qu'ils aimeraient, c'est avoir accès à l'emploi, lutter contre les violences, lutter contre les meurtres, contre l'impunité pour plus de sécurité. Et que cette question de la dépénalisation, ça viendra dans un second temps. Et que quand les pays occidentaux focalisent leur diplomatie sur cette question de la dépénalisation, ils passent à côté de ce que demandent les militant·e·s de la société civile sur place, qui aimeraient plutôt qu'on les aide sur l'accès aux soins, sur l'accès à la santé et sur les questions d'urgence. 
Que peut-on faire depuis la France pour aider la communauté queer ougandaise ? 
Déjà on peut en parler. On peut évidemment les soutenir aussi financièrement, mais on peut faire pression sur nos autorités en France pour qu'on ait une diplomatie française, une diplomatie européenne qui soit à la hauteur des enjeux et de la régression des droits des personnes LGBTI. Moi et d'autres, on s'est beaucoup battus pour qu'on nomme un ambassadeur ou une ambassadrice aux droits des personnes LGBTI+. Auparavant, il n’y avait personne pour coordonner d'une manière ambitieuse la diplomatie française sur les questions LGBTI+.  
Aujourd'hui, on a aussi besoin de plus de moyens pour pouvoir avoir un travail qui soit à la hauteur de ces atteintes massives aux droits des personnes LGBTI+. Il faut renforcer le financement des associations sur place quand elles existent, d'aider à la formation, à des rencontres entre militants et militantes. Je pense qu'on a on a plein de choses à apprendre, de stratégies militantes et notamment du contentieux. Parce que quand on compare l'utilisation des tribunaux en Europe et dans d'autres pays, on voit bien que nous, nos Cour suprême, le Conseil d'État, la Cour de cassation ont jamais eu des jurisprudences qui ont permis l'avancée des droits des personnes LGBTI plus alors que dans d'autres pays ça a été le cas. Donc je pense qu'il y a plein de choses à apprendre.  
On parle de diplomatie féministe aujourd'hui, je pense que c'est une coquille vide. Il faudrait qu'on arrive à une véritable diplomatie queer et pas juste du pinkwashing. 


    Références citées dans l'émission
    
— Le rapport annuel d'Amnesty International France : https://amnestyfr.cdn.prismic.io/amnestyfr/dd34945a-1514-4bd7-9088-76c86a51a122_french_2024-04-22.pdf 
— Le compte Instagram de Papa De (@aconstantbecoming) : https://www.instagram.com/aconstantbecoming/ 
— Le film Out of Uganda : https://www.outplayfilms.com/ 


    L'équipe de l'émission
    
Présentation : Emma Loiret 
Réalisation : Colin Gruel 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 03 May 2024 03:50:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-ouganda-face-a-la-loi-a-2024-04-30-6xmaehGr.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-ouganda-face-a-la-loi-a-2024-04-30-6xmaehGr.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/rm8p-lhebdo-en-ouganda-linquietante-loi-anti-homosexualite-met-les-lgbt-en-danger</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-jcU4gIIBiQ.jpg"/></item><item><title>L'HEBDO — Visibilité lesbienne : place aux handies !</title><description><![CDATA[
    En ce 26 avril, Le Lobby célèbre la journée de visibilité lesbienne en donnant la parole à Lydie Raër, militante antivalidiste lesbienne au sein du collectif Les Dévalideuses
    
Les lesbiennes ont des vécus différents et des apparences différentes. Seulement, c’est parfois difficile à voir, déjà parce que les lesbiennes sont rarement vues tout court, elles sont effacées de l’histoire et des espaces publics, et leurs vies ne sont pas racontées ou mises en images à la même fréquence -par exemple- que les personnes hétéros De plus, on ne connaît pas forcément l’orientation sexuelle des personnalités publiques / connues ou moins connues.  
Mais même dans le milieu lesbien et/ou le milieu queer, censés être des “safe spaces” pour les concerné.e.s, (je pense surtout à ceux des grandes villes et à Paris puisque c’est là que notre radio est située), un type de lesbiennes semble parfois être mis plus en avant, et être plus valorisé dans l’imaginaire collectif, que d’autres.  
Me vient une image (au hasard) de femme cisgenre, blanche, valide, mince, et plutôt bourgeoise.  
En ce vendredi 26 avril 2024, pour tenter d’endiguer un peu cette image hégémonique, Le Lobby a souhaité s’intéresser aux lesbiennes handicapées, peu présentes médiatiquement, et qu’on se doit de célébrer en cette belle journée.  
Pour parler de ça, nous recevons Lydie Raër, militante féministe et anti validiste au sein du collectif Les Dévalideuses. 

Le Lobby: Ça représente quoi pour toi la journée internationale de la visibilité lesbienne?  
Lydie Raër: Ça représente un gros moment de joie, de visibilité. Cette année à Ivry sur Seine, avec le collectif qu&#039;on a organisé avec des copines, on va organiser un grand karaoké lesbien.  
Le Lobby:  Tu fais partie du collectif des Dévalideuses. Quand j&#039;arrive sur la page d&#039;accueil de votre site, je lis “Face à l&#039;inacceptable invisibilisation des femmes handicapées dans le féminisme, nous nous sommes rassemblés”. Est ce que tu peux nous raconter ta rencontre avec ce collectif et ce que vous y faites?  
Lydie Raër: Oui, j&#039;ai adhéré au Dévalideuses assez tôt, mais je ne suis pas devenue membre active directement. Ça fait que depuis juin dernier que je suis membre active du collectif. Je suis avant tout militante écologiste au sein d&#039;Europe Ecologie-Les Verts depuis 2020. C&#039;est vrai qu&#039;au début, je me voyais pas cumuler un emploi, un mandat et un engagement au sein du collectif. Néanmoins, face au validisme dans le monde politique et dans le monde militant fréquenté uniquement par les personnes valides, j&#039;ai eu besoin de rejoindre un collectif antivalidiste et notamment les Dévalideuses parce que c&#039;est le collectif avec lequel je suis le plus alignée en tant que femme queer.  
Le Lobby: Toutes les personnes qui veulent vous soutenir peuvent adhérer?  
Lydie Raër: Toutes les personnes peuvent adhérer. Néanmoins, pour être membre actif, on a on a mis en place une double mixité choisie, c&#039;est à dire qu&#039;il faut être à la fois pas un homme cis et en situation de handicap.  
Le Lobby: Est ce que tu peux nous donner ta définition du validisme?  
Lydie Raër: C&#039;est le système d&#039;oppression qui, comme le racisme, comme le sexisme, fait une hiérarchie entre les personnes dites valides et les personnes handicapées. Et selon ce système, l&#039;avis des personnes handicapées a moins de valeur que celles des personnes dites valides. Selon ce système, la norme à atteindre est vraiment la norme valide.  
Le Lobby: Le terme “validisme” est ce que c&#039;est un terme plutôt récent ?  
Lydie Raër: Oui, ce terme vient du mot “ableism” en anglais et c&#039;est un terme en France qui est peu utilisé. Il est surtout utilisé dans le monde militant pour l&#039;instant, et c&#039;est vrai que c&#039;est assez compliqué à l&#039;utiliser en politique. Par exemple, chez Europe Ecologie les Verts où je milite, on a eu du mal à l&#039;employer. Je me souviens des résistances de certains hommes cis heteros handicapés, qui considèrent que ce terme est du verbiage sociologique inexploitable politiquement. Mais néanmoins, lors du dernier congrès en novembre 2022, on a réussi quand même à faire voter une motion, c&#039;est à dire un texte qui engage le parti, intitulé “Faire d&#039;Europe Ecologie les Verts un parti antivalidiste”. Donc c&#039;était une première victoire. Quand on parle de validisme, des personnes imaginent qu&#039;il s&#039;agit d&#039;un terme où on est opposé aux personnes valides, ce qui n&#039;a pas de sens du tout.  
Le Lobby: En termes d&#039;actions concrètes, j&#039;ai vu que vous aviez ouvert une enquête sur les violences des MDPH (Maisons départementales des personnes handicapées). Vous aviez également fait une pétition sur l&#039;allocation adulte handicapé (AAH) il y a quelques années et en septembre 2023, vous avez occupé la station de métro Invalides à Paris avec une touche d&#039;ironie. Comment s’est montée cette action? Quels en étaient les buts? 
Lydie Raër: En effet, les Dévalideuses, ce n&#039;est pas une association qui organise des actions coups de poing. Néanmoins, l&#039;année dernière, j&#039;ai écrit à Charlotte Puiseux qui milite également au sein du collectif, en lui disant que ce serait bien de tout péter à un moment. J&#039;avais en tête le film “Crip Game”. C&#039;est un film qui est accessible sur Netflix et gratuitement sur YouTube en V.O. qui raconte l&#039;histoire des luttes des militant.e.s étasunien.ne.s qui ont lutté pour les droits civiques des personnes handicapées. Ils ont fait des actions, bloqué des passages piétons, des institutions…  
Le Lobby: L&#039;idée c&#039;était de reprendre ce type d’actions?  
Lydie Raër: Oui, parce qu&#039;on n&#039;est pas vues encore comme des personnes en capacité d&#039;agir politiquement, les personnes handicapées, on est vu comme des petits êtres mignons, gentils. On voulait aussi casser cette image là.  
Le Lobby: D&#039;ailleurs Charlotte Puiseux parle “d’handicapés méchants”.  
Lydie Raër: Dans les années 60-70 avec notamment Elisabeth Auerbacher. C’était un groupe d&#039;étudiant.e.s qui s&#039;étaient opposé.e.s à l&#039;APF (système institutionnel). On a hérité en fait de cet activisme aussi. [ 
Le Lobby: Récemment, vous avez lancé le prix de la petite cuillère en mars 2024, qui est un prix pour la littérature jeunesse. Est ce que tu peux nous le présenter?  
Lydie Raër: Oui, C&#039;est un prix qui a pour but de visibiliser nos combats à travers la littérature jeunesse, à travers des œuvres qui existent et de valoriser en fait ces œuvres là.  
Le Lobby: Et pourquoi ça s&#039;appelle le prix de la petite cuillère?  
Lydie Raër: En fait, ça provient de la théorie des cuillères qui est utilisée par les personnes handicapées et les personnes malades chroniques, c’est un système de mesure de l&#039;énergie, dont on dispose en une journée. Par exemple, pour une journée, je dispose de six cuillères d&#039;énergie. Prendre une douche, ça va me demander,trois cuillères d&#039;énergie. Donc il me reste plus que trois cuillères d&#039;énergie pour faire le reste. Et cette notion de cuillères d&#039;énergie est aussi en lien avec la notion de crip-time. C&#039;est aussi étroitement lié au rapport que les personnes handicapées ont avec le temps. Après, chaque personne a un rapport différent. Toutes les personnes handicapées ne ressentent pas une fatigue chronique, ne ressentent pas toutes de la douleur. Mais grosso modo, c&#039;est pour illustrer le fait que pour accomplir telle tâche, on va mettre beaucoup plus de temps ou beaucoup plus d&#039;énergie, ne serait-ce que pour arriver à un rendez vous. C&#039;est très difficile des fois d&#039;être à l&#039;heure parce que les transports en commun ne sont pas accessibles, on peut avoir besoin d&#039;un.e auxiliaire de vie pour nous aider à accomplir telle ou telle tâche. Il suffit que cette personne arrive en retard, ça a un effet d’accumulation. 
Pour ma part, je dois toujours tout anticiper. Par exemple, pour arriver ici à 18 h 30, j&#039;ai quitté mon travail à 17 h 30 parce qu&#039;il fallait que j&#039;attende l&#039;ascenseur. J&#039;ai attendu l&#039;ascenseur dix minutes parce que sur huit ascenseurs, y en a que deux qui vont au sous sol où est garée ma voiture. Après, il fallait que j&#039;anticipe le temps pour me rendre dans les studios. Comme je ne peux pas prendre les transports en commun, je dois prendre la voiture, donc il y a des embouteillages. Et ensuite, il fallait que j&#039;anticipe le temps pour retrouver une place de stationnement PMR pas trop loin des studios. Et il fallait que j&#039;anticipe également le temps de sortir de ma voiture, faire le transport et venir jusqu&#039;ici et anticiper un souci d&#039;ascenseur en panne ou que sais je en panne.  
Le Lobby: Parlons des Crip-cafés que vous faites depuis 2022 avec l&#039;association des Dévalideuses et de Charlotte Puiseux. Elle est psychologue et docteur en philosophie, qui est spécialiste du CRIP et qui a publié le livre De Chair et de fer en 2022. Le sous titre, c&#039;est “vivre et lutter dans une société validiste” où elle parle notamment de Crip. Donc une théorie qui croise les théories queer et les théories des disability studies. Est ce que tu peux nous en dire un mot? Même plusieurs.  
Lydie Raër: C&#039;est un concept qui est hyper chouette le Crip. Donc comme tu l&#039;as dit, c&#039;est un concept à la croisée des Disability Studies. Qui s&#039;opposent au modèle médical selon lequel le corps handicapé doit être redressé pour correspondre le plus à la norme valide. Aux Etats-Unis, à partir des années 60, il y a eu tout ce mouvement de luttes pour les droits civiques des personnes handicapées. Ce ne sont pas nos corps qui sont défaillants, mais c&#039;est vraiment la société qui n&#039;est pas adaptée à nos besoins. Le modèle social n&#039;est pas suffisant, notamment pour les personnes racisées, les personnes queer, les femmes. Il y a vraiment une idée de retournement du stigmate comme pour les personnes queer. Donc crip ça vient du mot “crippled” en anglais qui veut dire tordu, boiteux, estropié. On retourne ce stigmate, on en fait une fierté. Il y a dans le Crip cette idée de performativité du handicap, notamment pour les personnes qui ont un handicap invisible, qui vont parfois devoir performer leur handicap, notamment en prenant une canne pour bien montrer qu&#039;iels sont handicapé.e.s. Il y a aussi cette idée de fierté. Et les Crips cafés, pour l&#039;instant, ils sont uniquement organisés à Fougères avec Julie qui est une de nos membres active/fs et on attend qu&#039;elle nous forme pour pouvoir en organiser un peu partout en France. On en a effectivement organisé un à Paris en septembre, la veille de notre action coup de poing au café Mona. C&#039;était très très chouette parce qu&#039;il y a certes, cet esprit de communauté mais y avait également des personnes dites valides qui sont venues, et il y a même une personne queer qui s’est dit “ah mais en fait je fais partie de votre famille moi aussi”. Enfin voilà, cette personne avait réalisée qu&#039;elle était handi en lisant les textes. On avait lu certains textes, dont des extraits du livre de Charlotte autour du Crip.  
Le Lobby: En faisant des recherches sur le CRIP, j’ai remarqué que le lien entre théorie crip et queer n&#039;est pas forcément évident. Il y a aussi cette question: est ce que toutes les personnes handicapées sont queer? Et à l&#039;inverse, on reproche à la théorie queer une mauvaise considération du statut des personnes handies.  
Lydie Raër: Oui. Charlotte dans son livre,  dit que toutes les personnes handies par leur manière d&#039;être hors-norme, de troubler l&#039;ordre public sont queer. Donc oui, oui, après peut être c&#039;est plus dans le monde militant institutionnel type APF etc, c&#039;est vrai qu&#039;il n&#039;y a pas du tout une approche queer, mais comme il n&#039;y a pas du tout non plus une approche anti validiste. Donc je pense que c&#039;est vraiment quand même très très lié. Et effectivement, dans la communauté queer, il y a beaucoup de validisme et sans doute parce qu&#039;il y a tout un truc autour du corps aussi. Les personnes queer performent leur queerness à travers leur corps, mais elles restent quand même très très normatives et il reste quand même beaucoup de normes.  
Le Lobby: Parfois même au sein de cette contreculture queer, il y a des stéréotypes de beauté. 
Lydie Raër: Il y a un article hyper intéressant de Manifesto XXI qui s&#039;intitule “Les queer ont-ils un problème avec la beauté?” et Coco Spina en parle très bien dans son livre aussi. 
Le Lobby: Son livre qui s&#039;appelle “Amours Queers face au fascisme”. J&#039;avais lu cet article qui était très parlant. Iel dit qu’en fait dans les milieux queer, on se sent tellement subversif alors que finalement il y a une norme au sein même du milieu, que les gens se ressemblent un peu. Et puis ça se voit même dans les fringues, dans les tatouages, dans les coupes de cheveux, dans les événements tout le monde se ressemble un peu. 
Lydie Raër: Oui, et il y a beaucoup de classisme et je trouve ça insupportable. Et iel en parle beaucoup dans l&#039;article, c&#039;est ces personnes bourgeoises qui s&#039;habillent comme des prolos. Moi qui viens d&#039;un milieu prolo, ça m&#039;insupporte.  
Le Lobby : Charlotte Puiseux dit à un moment “il a fallu me frayer un chemin à Validitéland”. Je trouve que c&#039;est à la fois très beau et parlant. Elle parle de la société dans son ensemble. Mais pour parler justement de nos milieux lesbiens/queer, en cette belle journée de visibilité. Est ce que tu pourrais, toi, reprendre cette phrase à ton compte pour dire qu&#039;il a fallu te frayer un chemin dans les milieux lesbiens/queer ? 
Lydie Raër: Ah mais oui, clairement, en “devenant” lesbienne, en fait je suis une baby dyke… Et oui, je fréquente le milieu lesbien depuis trois ans seulement et c&#039;est vrai que je m&#039;attendais à beaucoup plus d&#039;ouverture d&#039;esprit. Et notamment au sujet du validisme. Mais c&#039;est vrai que j&#039;ai vite déchanté et je pense tout d&#039;abord que c&#039;est dû au manque d&#039;accessibilité de nos lieux communautaires. Déjà il existe peu de lieux lesbiens et dans le peu de lieux lesbiens existants, ils sont rarement accessibles. Il y a la Flèche d’or qui est accessible. C&#039;est d&#039;ailleurs dans ce lieu là qu&#039;on envisage organiser notre évènement queer prochainement. Mais sinon, c&#039;est vrai qu&#039;il y a la Mutinerie, mais les toilettes ne sont pas accessibles et ce lieu n&#039;est pas accessible aux autres types de handicap non plus. Il y a le bonjour madame qui est relativement accessible mais pas pour tous les handicaps. Enfin voilà, il y a plein de soirées… 
Le Lobby: Il y a une marche dans les toilettes. 
Lydie Raër: Oui alors moi je me débrouille en faisant McGyver mais avec un fauteuil électrique par exemple, ça passe pas. Dans ce cadre là, il est très difficile de se frayer un chemin.  
Le Lobby: Il y a un vrai problème d&#039;espaces et aussi peu d&#039;argent. En fait, c&#039;est des communautés qui sont plutôt précaires et qui ne peuvent pas forcément faire des travaux si y a besoin...  
Lydie Raër: On peut choisir. Pà par exemple, il y a le café Olympe qui vient d&#039;ouvrir. C&#039;est une question de choix. Par exemple, je reviens de Bruxelles où j&#039;ai passé une semaine merveilleuse avec la Conférence Européenne Lesbienne (ELC). 
J&#039;ai juste indiqué une fois dans le formulaire d&#039;inscription que je me déplaçais en fauteuil roulant et en fait, quand je suis arrivée, c&#039;était pas un sujet, tous les lieux étaient accessibles. Un matin, la semaine dernière, Alexa, une membre du bureau de l’ELC, qui était en charge de tous ces aspects logistiques vient me voir et me dit qu’il y a un problème. Le resto réservé pour le soir, n’était pas accessibles, il y a une marche et les toilettes sont au sous sol sans ascenseur. Le contrat, avec ce restaurant a été annulé et on a été dans un restaurant accessible. Jamais ça m&#039;est arrivé, même à EELV, et ça m&#039;a fait tellement chaud au cœur. Et pareil, le dernier jour, le stage était terminé mais on était un petit groupe de lesbiennes. Avant de prendre le train, on a voulu aller voir l&#039;expo sur Chantal Akerman aux Beaux-Arts. Mais c&#039;était pas accessible, enfin partiellement. Et donc ben les filles se sont dit non, on y va pas, on fait rembourser nos billets et voilà. En fait c&#039;est ça, ça coûte rien en fait. [00:20:32][8.7] 
Le Lobby : Je rappelle par la même occasion que sur le site des Dévalideuses, il y a un PDF qui s&#039;appelle “Accessibiliser un événement pour le public porteur du handicap” qui est très clair. C&#039;est une dizaine de pages que vous pouvez avoir en numérique ou imprimé et qui permet d&#039;accessibiliser vos événements. Il y a pleins d’outils. 
Lydie Raër: Ah oui, regardez le. Il y a d’autres exemples, Alternatiba organise tous les deux mois des rencontres les dimanches en fin d&#039;après midi à la Recyclerie. On a trouvé un système pour rendre les rencontres accessibles aux personnes sourdes et malentendantes. Deux personnes prennent des notes sur un Google Doc ou un Framapad et c&#039;est projeté sur le mur. Ce sont des tips qui coûtent rien du tout. 
Le Lobby: En mars dernier, il y a eu une soirée organisée par Label Gouine et tu as dit N”ous invitons les espaces queer à se saisir des enjeux d&#039;accessibilité, à utiliser nos outils mis en ligne, pour faire la place aux personnes handies et queer qui font pleinement part de ces communautés mais peu présentes pour le moment.” Il y a quelques années, on avait reçu Céline Extenso qui est une des fondatrices des Dévalideuses dans cette émission. Elle avait surtout parlé de validisme dans les milieux féministes et déplorait déjà le peu d&#039;accessibilité des réunions de collectifs féministes. Et moi, j&#039;avais l&#039;impression qu&#039;aujourd&#039;hui, il y avait quand même eu des conséquences concrètes de vos actions au sein des Dévalideuses, que les enjeux d&#039;accessibilité, c&#039;était quand même un petit peu plus présent, que par exemple, on ne se verrait pas organiser une marche lesbienne sans accès PMR, sans que les discours soient traduits en LSF pour les sourds et malentendants. Est ce que toi t&#039;as l&#039;impression que vous avez que vos actions mènent à des prises de position concrètes, à des choix concrets ou où finalement ça n&#039;a pas tant avancé que ça depuis 2021?  
Lydie Raër: Ça prend du temps quand même. C’est souvent au prix de violences. J&#039;ai deux exemples en tête. Le premier, c&#039;est lors de la manif Nous toutes 2022, où Céline, justement, devait prendre la parole à l&#039;issue de la marche. Et les prises de parole étaient organisées sur un kiosque inaccessible. Nous Toutes avait estimé le lieu accessible puisqu&#039;elles avait mis une sorte de rampe, mais on aurait dit un toboggan le truc. Donc clairement, c&#039;était pas du tout adapté. Et même la conférence de presse avait lieu dans un lieu inaccessible. C&#039;était hyper violent pour Céline. Et je pense que la leçon a était retenue, mais à quel prix? Encore un autre épisode que j&#039;ai en tête, c&#039;était lors des cinq ans de Nous Toutes à la Cité fertile. L&#039;été dernier, j&#039;ai été victime d&#039;une agression validiste alors que je cherchais à me garer sur une place PMR au sein du site de la Cité Fertile. Et en fait, j&#039;ai été agressée par des agents de sécurité et c&#039;était très très violent. J&#039;ai été traitée de folle et on a voulu m&#039;ouvrir ma voiture pour me prendre mon téléphone et c&#039;était très dur. En janvier, on a organisé avec Maya une copine des Dévalideuses, une médiation et une formation à destination du staff de la Cité fertile et des agents de la sécurité aussi, puisqu&#039;en fait la Cité fertile est sur un site géré par la SNCF immo. Mais même cet instant de médiation était très violent. Parce qu&#039;en fait, la personne, la femme qui m&#039;a agressé, celle qui a été le plus violente avec moi,  m&#039;a dit que mon handicap ne se voyait pas et que c&#039;est pour ça qu&#039;elle m&#039;avait agressée. Et pareil, elle a demandé à Maya qui était avec moi pourquoi elle était là, quel était son handicap… Voilà, C&#039;est au prix de quelle violence en fait qu&#039;on a avancer ici? C&#039;est très exposant parfois. On sera au festival Drama Gouines ce week end toujours à la Cité fertile. A plusieurs reprises, j’ai été dans des événements dramagouines et j&#039;ai été confrontée à de l&#039;inaccessibilité et à chaque fois, c&#039;est très violent. Donc je râle. Les personnes de l&#039;orga m&#039;écoutent, des fois j&#039;ai l&#039;impression que ça rentre mais bon. On leur a donné le guide, on a écrit une liste. Par exemple, la mezzanine de la cité fertile sera boycottée. Ben voilà, il y a des petites avancées, mais sur les bilans coûts-avantages, c&#039;est très difficile en termes de santé mentale. Donc il faut aussi apprendre à se préserver et à partager la charge. Et des fois, c&#039;est aussi aux personnes valides de prendre un peu de cette charge mentale. 
Le Lobby : Est-ce que la solution ce serait d&#039;essayer de co-créer les projets au maximum? Par exemple la ELC, toi tu étais venue en tant que militante des Dévalideuses ou en tant que militante féministe ? 
Lydie Raër: J&#039;avais mis plusieurs casquettes, j&#039;étais venue en tant que élue écolo, en tant que membre des Dévalideuses et en tant que membre du petit collectif TPG d’Ivry sur Seine. 
Le Lobby: Ces expériences que tu as eu de projets communs, même si comme tu dis, tu dois toujours faire face à des propos qui peuvent être validistes. Est ce que le fait de créer des projets ensemble, ça permet quand même à la fin qu’il n’y ait pas de validisme ? 
Lydie Raër: Oui. Par exemple, en octobre dernier, on a organisé une action avec les Dégommeuses qui sont assez exceptionnelles. Mais ça permet de former les autres aux luttes anti validisme. Là on va les former prochainement. Mais oui, c&#039;est en étant inclus.es dès le départ que forcément il n&#039;y a pas de mauvaise surprise. Et aussi, on met nos exigences, on se dit voilà, on a tel et tel critère en termes d&#039;accessibilité et sinon on se retire. Par exemple pour la campagne My Voice My choice, là, les Dévalideuses ont rejoint la campagne. C&#039;est une ICE, initiative citoyenne européenne qui vise à garantir à l&#039;échelle européenne l&#039;accès à l&#039;IVG sûr et gratuit pour tous. Et donc on a rejoint cette campagne avec joie et en mai sera diffusée si tout se passe bien un webinaire autour des spécificités des femmes handies en lien avec l&#039;IVG. Au début, il nous était demandé de faire ce travail là pour fin avril et on s&#039;est dit oh la la Crip time, non, ça ne va pas le faire. Et on a dit voilà, notre condition, c&#039;est qu&#039;on puisse faire ça fin mai parce qu&#039;on ne pourra pas en termes d&#039;énergie. Donc voilà, ça a été accepté. On met nos conditions, ça passe ou ça casse.  
Le Lobby: Tout à l&#039;heure tu disais qu’il faut que les personnes pas forcément concernées soient aussi sensibilisées que les concerné.e.s en fait, tout en restant dans une position d&#039;allié.e. Et je voulais juste citer encore un.e de vos membres de la collective, Avril, qui a écrit un article qui s&#039;appelle “Pour une indignation partagée” que j&#039;ai trouvé super et qui dit “J&#039;aimerais que les personnes valides soient encore plus indignées que moi quand elles sont témoins des injustices que je subis. J&#039;aimerais tant qu&#039;elles ne ressentent aucune honte, mais de la fierté à me voir me révolter. J&#039;aimerais que celleux qui se croient allié.e.s le soient réellement. J&#039;aimerais qu&#039;ils s&#039;approprient nos luttes, non pas parce que peut être qu&#039;un jour elles ont aussi besoin de ces aménagements, mais parce qu&#039;iels sont contre toutes les formes de discrimination et que le validisme en est une.” 
Lydie Raër: Je suis tout à fait d&#039;accord et je mesure la chance d&#039;avoir aussi des ami.e.s qui s&#039;indignent autant. Presque tous mes ami.e.s sont queer et mettent au même niveau les luttes anti validisme, les luttes antiracistes, les luttes queer. J&#039;aimerais bien que les militantes et militants anti-racistes, queer, anticapitalistes, écolos mettent au même plan les luttes au même titre que les autres, en dehors de nos bulles. Mais je crois que c&#039;est pas encore le cas. Le handicap est encore ramené à quelque chose d&#039;individuel, à une tragédie personnelle. Le chemin, il est pas encore fait pour la majorité des militant.e.s de gauche, des militant.e.s progressistes. En fait, le problème, ce n&#039;est pas nos corps, mais c&#039;est la société qui est faite par et pour des personnes valides. Et le chemin est encore très très long. 
Le Lobby: Et qui fonctionne sur une division valide/pas valide. 
Lydie Raër: Et je pense aussi que c&#039;est parce qu&#039;il y a un aspect un peu psychologique. Les personnes valides font beaucoup de projections sur les personnes handies, on est ce que les personnes ont peur de devenir. On peut représenter la dépendance, la vieillesse, la mort et je pense que ça aussi, ça entre en jeu. Malheureusement. 
Le Lobby : Pour clore un peu tout ça, je voulais te demander pour toi ce serait quoi un 26 avril idéal? 
Lydie Raër: Ce serait un événement joyeux, militant, inclusif, mais vraiment inclusif. Parce que des fois on dit inclusif un peu à toutes les sauces, alors que c&#039;est pas du tout inclusif. Où tout le monde a sa place. Les personnes provenant d&#039;un milieu populaire, les personnes racisées, les personnes handies, les personnes queer et les personnes à la croisée de toutes ces oppressions là. Que ce soit à la fois une journée rigoureuse, en termes militants qui ne laisse rien passer, notamment en termes de transphobie. La transphobie augmente et je trouve qu’il y a du ménage à faire chez les féministes. En même temps, je quelque chose de très joyeux, je ne vois pas la lutte sans amour.  
Le Lobby: Et est ce que tu aurais une petite recommandation culturelle, que ce soit un livre ou un film ou une musique, qui t&#039;a parlé récemment, que tu as bien aimé pour profiter de cette belle journée. 
Lydie Raër: J&#039;ai beaucoup aimé dernièrement la série qui est passée sur France deux, The Sin. Ça m&#039;a fait penser un peu au film Pride qui parle d&#039;alliance des luttes et je pense que c&#039;est ce qu&#039;on a aussi envie de faire à Ivry sur Seine avec le collectif LGBT, on a toujours pas de nom défini mais vous pouvez nous retrouver sur Instagram : https://www.instagram.com/collectiftpgivry ! 


    Pour aller plus loin...
    
Références citées dans l&#039;émission et pistes pour continuer à réfléchir au validisme dans le milieu queer : 
— Le site des Dévalideuses : https://lesdevalideuses.org/  
— Le guide pour accessibiliser un évènement, par le collectif des Dévalideuses : http://lesdevalideuses.org/wp-content/uploads/2022/04/Guide_accessibiliser-un-evenement_zine.pdf  
— Le billet de blog “Pour une indignation partagée” d’Avril, membre active des Dévalideuses : https://lesdevalideuses.org/pour-une-indignation-partagee/ 
— Le livre de Charlotte Puiseux, De Chair et de Fer, aux éditions La Découverte : https://www.editionsladecouverte.fr/de_chair_et_de_fer-9782348067778  
— Le site de Charlotte Puiseux : https://charlottepuiseux.weebly.com/  
— L’article “Introduction à la théorie crip”, de Charlotte Puiseux : https://charlottepuiseux.weebly.com/introcrip.html  
— La campagne pour un avortement libre et gratuit pour toutes les personnes: https://www.instagram.com/mavoixmonchoixorg/  
— À lire sur le site de Manifesto 21 : “Les personnes queers ont un problème avec le capital beauté, et il est temps d’en parler”, par Costanza Spina, cité par Lydie Raër dans l&#039;émission : https://manifesto-21.com/queers-probleme-capital-beaute-temps-den-parler/ 
— Le livre de Costanza Spina, Manifeste pour une démocratie déviante : amours queers face au fascisme, éditions Trouble 
— Les recommandations de Lydie Raër : la série It’s a sin sur France TV Slash et le film Pride ! 
— À écouter : Notre rencontre avec Céline Extenso en 2021 : https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/3QvR-la-petite-derniere-de-fatima-daas-handies-et-queers-quelle-place-dans-nos-espaces 
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    En ce 26 avril, Le Lobby célèbre la journée de visibilité lesbienne en donnant la parole à Lydie Raër, militante antivalidiste lesbienne au sein du collectif Les Dévalideuses
    
Les lesbiennes ont des vécus différents et des apparences différentes. Seulement, c’est parfois difficile à voir, déjà parce que les lesbiennes sont rarement vues tout court, elles sont effacées de l’histoire et des espaces publics, et leurs vies ne sont pas racontées ou mises en images à la même fréquence -par exemple- que les personnes hétéros De plus, on ne connaît pas forcément l’orientation sexuelle des personnalités publiques / connues ou moins connues.  
Mais même dans le milieu lesbien et/ou le milieu queer, censés être des “safe spaces” pour les concerné.e.s, (je pense surtout à ceux des grandes villes et à Paris puisque c’est là que notre radio est située), un type de lesbiennes semble parfois être mis plus en avant, et être plus valorisé dans l’imaginaire collectif, que d’autres.  
Me vient une image (au hasard) de femme cisgenre, blanche, valide, mince, et plutôt bourgeoise.  
En ce vendredi 26 avril 2024, pour tenter d’endiguer un peu cette image hégémonique, Le Lobby a souhaité s’intéresser aux lesbiennes handicapées, peu présentes médiatiquement, et qu’on se doit de célébrer en cette belle journée.  
Pour parler de ça, nous recevons Lydie Raër, militante féministe et anti validiste au sein du collectif Les Dévalideuses. 

Le Lobby: Ça représente quoi pour toi la journée internationale de la visibilité lesbienne?  
Lydie Raër: Ça représente un gros moment de joie, de visibilité. Cette année à Ivry sur Seine, avec le collectif qu'on a organisé avec des copines, on va organiser un grand karaoké lesbien.  
Le Lobby:  Tu fais partie du collectif des Dévalideuses. Quand j'arrive sur la page d'accueil de votre site, je lis “Face à l'inacceptable invisibilisation des femmes handicapées dans le féminisme, nous nous sommes rassemblés”. Est ce que tu peux nous raconter ta rencontre avec ce collectif et ce que vous y faites?  
Lydie Raër: Oui, j'ai adhéré au Dévalideuses assez tôt, mais je ne suis pas devenue membre active directement. Ça fait que depuis juin dernier que je suis membre active du collectif. Je suis avant tout militante écologiste au sein d'Europe Ecologie-Les Verts depuis 2020. C'est vrai qu'au début, je me voyais pas cumuler un emploi, un mandat et un engagement au sein du collectif. Néanmoins, face au validisme dans le monde politique et dans le monde militant fréquenté uniquement par les personnes valides, j'ai eu besoin de rejoindre un collectif antivalidiste et notamment les Dévalideuses parce que c'est le collectif avec lequel je suis le plus alignée en tant que femme queer.  
Le Lobby: Toutes les personnes qui veulent vous soutenir peuvent adhérer?  
Lydie Raër: Toutes les personnes peuvent adhérer. Néanmoins, pour être membre actif, on a on a mis en place une double mixité choisie, c'est à dire qu'il faut être à la fois pas un homme cis et en situation de handicap.  
Le Lobby: Est ce que tu peux nous donner ta définition du validisme?  
Lydie Raër: C'est le système d'oppression qui, comme le racisme, comme le sexisme, fait une hiérarchie entre les personnes dites valides et les personnes handicapées. Et selon ce système, l'avis des personnes handicapées a moins de valeur que celles des personnes dites valides. Selon ce système, la norme à atteindre est vraiment la norme valide.  
Le Lobby: Le terme “validisme” est ce que c'est un terme plutôt récent ?  
Lydie Raër: Oui, ce terme vient du mot “ableism” en anglais et c'est un terme en France qui est peu utilisé. Il est surtout utilisé dans le monde militant pour l'instant, et c'est vrai que c'est assez compliqué à l'utiliser en politique. Par exemple, chez Europe Ecologie les Verts où je milite, on a eu du mal à l'employer. Je me souviens des résistances de certains hommes cis heteros handicapés, qui considèrent que ce terme est du verbiage sociologique inexploitable politiquement. Mais néanmoins, lors du dernier congrès en novembre 2022, on a réussi quand même à faire voter une motion, c'est à dire un texte qui engage le parti, intitulé “Faire d'Europe Ecologie les Verts un parti antivalidiste”. Donc c'était une première victoire. Quand on parle de validisme, des personnes imaginent qu'il s'agit d'un terme où on est opposé aux personnes valides, ce qui n'a pas de sens du tout.  
Le Lobby: En termes d'actions concrètes, j'ai vu que vous aviez ouvert une enquête sur les violences des MDPH (Maisons départementales des personnes handicapées). Vous aviez également fait une pétition sur l'allocation adulte handicapé (AAH) il y a quelques années et en septembre 2023, vous avez occupé la station de métro Invalides à Paris avec une touche d'ironie. Comment s’est montée cette action? Quels en étaient les buts? 
Lydie Raër: En effet, les Dévalideuses, ce n'est pas une association qui organise des actions coups de poing. Néanmoins, l'année dernière, j'ai écrit à Charlotte Puiseux qui milite également au sein du collectif, en lui disant que ce serait bien de tout péter à un moment. J'avais en tête le film “Crip Game”. C'est un film qui est accessible sur Netflix et gratuitement sur YouTube en V.O. qui raconte l'histoire des luttes des militant.e.s étasunien.ne.s qui ont lutté pour les droits civiques des personnes handicapées. Ils ont fait des actions, bloqué des passages piétons, des institutions…  
Le Lobby: L'idée c'était de reprendre ce type d’actions?  
Lydie Raër: Oui, parce qu'on n'est pas vues encore comme des personnes en capacité d'agir politiquement, les personnes handicapées, on est vu comme des petits êtres mignons, gentils. On voulait aussi casser cette image là.  
Le Lobby: D'ailleurs Charlotte Puiseux parle “d’handicapés méchants”.  
Lydie Raër: Dans les années 60-70 avec notamment Elisabeth Auerbacher. C’était un groupe d'étudiant.e.s qui s'étaient opposé.e.s à l'APF (système institutionnel). On a hérité en fait de cet activisme aussi. [ 
Le Lobby: Récemment, vous avez lancé le prix de la petite cuillère en mars 2024, qui est un prix pour la littérature jeunesse. Est ce que tu peux nous le présenter?  
Lydie Raër: Oui, C'est un prix qui a pour but de visibiliser nos combats à travers la littérature jeunesse, à travers des œuvres qui existent et de valoriser en fait ces œuvres là.  
Le Lobby: Et pourquoi ça s'appelle le prix de la petite cuillère?  
Lydie Raër: En fait, ça provient de la théorie des cuillères qui est utilisée par les personnes handicapées et les personnes malades chroniques, c’est un système de mesure de l'énergie, dont on dispose en une journée. Par exemple, pour une journée, je dispose de six cuillères d'énergie. Prendre une douche, ça va me demander,trois cuillères d'énergie. Donc il me reste plus que trois cuillères d'énergie pour faire le reste. Et cette notion de cuillères d'énergie est aussi en lien avec la notion de crip-time. C'est aussi étroitement lié au rapport que les personnes handicapées ont avec le temps. Après, chaque personne a un rapport différent. Toutes les personnes handicapées ne ressentent pas une fatigue chronique, ne ressentent pas toutes de la douleur. Mais grosso modo, c'est pour illustrer le fait que pour accomplir telle tâche, on va mettre beaucoup plus de temps ou beaucoup plus d'énergie, ne serait-ce que pour arriver à un rendez vous. C'est très difficile des fois d'être à l'heure parce que les transports en commun ne sont pas accessibles, on peut avoir besoin d'un.e auxiliaire de vie pour nous aider à accomplir telle ou telle tâche. Il suffit que cette personne arrive en retard, ça a un effet d’accumulation. 
Pour ma part, je dois toujours tout anticiper. Par exemple, pour arriver ici à 18 h 30, j'ai quitté mon travail à 17 h 30 parce qu'il fallait que j'attende l'ascenseur. J'ai attendu l'ascenseur dix minutes parce que sur huit ascenseurs, y en a que deux qui vont au sous sol où est garée ma voiture. Après, il fallait que j'anticipe le temps pour me rendre dans les studios. Comme je ne peux pas prendre les transports en commun, je dois prendre la voiture, donc il y a des embouteillages. Et ensuite, il fallait que j'anticipe le temps pour retrouver une place de stationnement PMR pas trop loin des studios. Et il fallait que j'anticipe également le temps de sortir de ma voiture, faire le transport et venir jusqu'ici et anticiper un souci d'ascenseur en panne ou que sais je en panne.  
Le Lobby: Parlons des Crip-cafés que vous faites depuis 2022 avec l'association des Dévalideuses et de Charlotte Puiseux. Elle est psychologue et docteur en philosophie, qui est spécialiste du CRIP et qui a publié le livre De Chair et de fer en 2022. Le sous titre, c'est “vivre et lutter dans une société validiste” où elle parle notamment de Crip. Donc une théorie qui croise les théories queer et les théories des disability studies. Est ce que tu peux nous en dire un mot? Même plusieurs.  
Lydie Raër: C'est un concept qui est hyper chouette le Crip. Donc comme tu l'as dit, c'est un concept à la croisée des Disability Studies. Qui s'opposent au modèle médical selon lequel le corps handicapé doit être redressé pour correspondre le plus à la norme valide. Aux Etats-Unis, à partir des années 60, il y a eu tout ce mouvement de luttes pour les droits civiques des personnes handicapées. Ce ne sont pas nos corps qui sont défaillants, mais c'est vraiment la société qui n'est pas adaptée à nos besoins. Le modèle social n'est pas suffisant, notamment pour les personnes racisées, les personnes queer, les femmes. Il y a vraiment une idée de retournement du stigmate comme pour les personnes queer. Donc crip ça vient du mot “crippled” en anglais qui veut dire tordu, boiteux, estropié. On retourne ce stigmate, on en fait une fierté. Il y a dans le Crip cette idée de performativité du handicap, notamment pour les personnes qui ont un handicap invisible, qui vont parfois devoir performer leur handicap, notamment en prenant une canne pour bien montrer qu'iels sont handicapé.e.s. Il y a aussi cette idée de fierté. Et les Crips cafés, pour l'instant, ils sont uniquement organisés à Fougères avec Julie qui est une de nos membres active/fs et on attend qu'elle nous forme pour pouvoir en organiser un peu partout en France. On en a effectivement organisé un à Paris en septembre, la veille de notre action coup de poing au café Mona. C'était très très chouette parce qu'il y a certes, cet esprit de communauté mais y avait également des personnes dites valides qui sont venues, et il y a même une personne queer qui s’est dit “ah mais en fait je fais partie de votre famille moi aussi”. Enfin voilà, cette personne avait réalisée qu'elle était handi en lisant les textes. On avait lu certains textes, dont des extraits du livre de Charlotte autour du Crip.  
Le Lobby: En faisant des recherches sur le CRIP, j’ai remarqué que le lien entre théorie crip et queer n'est pas forcément évident. Il y a aussi cette question: est ce que toutes les personnes handicapées sont queer? Et à l'inverse, on reproche à la théorie queer une mauvaise considération du statut des personnes handies.  
Lydie Raër: Oui. Charlotte dans son livre,  dit que toutes les personnes handies par leur manière d'être hors-norme, de troubler l'ordre public sont queer. Donc oui, oui, après peut être c'est plus dans le monde militant institutionnel type APF etc, c'est vrai qu'il n'y a pas du tout une approche queer, mais comme il n'y a pas du tout non plus une approche anti validiste. Donc je pense que c'est vraiment quand même très très lié. Et effectivement, dans la communauté queer, il y a beaucoup de validisme et sans doute parce qu'il y a tout un truc autour du corps aussi. Les personnes queer performent leur queerness à travers leur corps, mais elles restent quand même très très normatives et il reste quand même beaucoup de normes.  
Le Lobby: Parfois même au sein de cette contreculture queer, il y a des stéréotypes de beauté. 
Lydie Raër: Il y a un article hyper intéressant de Manifesto XXI qui s'intitule “Les queer ont-ils un problème avec la beauté?” et Coco Spina en parle très bien dans son livre aussi. 
Le Lobby: Son livre qui s'appelle “Amours Queers face au fascisme”. J'avais lu cet article qui était très parlant. Iel dit qu’en fait dans les milieux queer, on se sent tellement subversif alors que finalement il y a une norme au sein même du milieu, que les gens se ressemblent un peu. Et puis ça se voit même dans les fringues, dans les tatouages, dans les coupes de cheveux, dans les événements tout le monde se ressemble un peu. 
Lydie Raër: Oui, et il y a beaucoup de classisme et je trouve ça insupportable. Et iel en parle beaucoup dans l'article, c'est ces personnes bourgeoises qui s'habillent comme des prolos. Moi qui viens d'un milieu prolo, ça m'insupporte.  
Le Lobby : Charlotte Puiseux dit à un moment “il a fallu me frayer un chemin à Validitéland”. Je trouve que c'est à la fois très beau et parlant. Elle parle de la société dans son ensemble. Mais pour parler justement de nos milieux lesbiens/queer, en cette belle journée de visibilité. Est ce que tu pourrais, toi, reprendre cette phrase à ton compte pour dire qu'il a fallu te frayer un chemin dans les milieux lesbiens/queer ? 
Lydie Raër: Ah mais oui, clairement, en “devenant” lesbienne, en fait je suis une baby dyke… Et oui, je fréquente le milieu lesbien depuis trois ans seulement et c'est vrai que je m'attendais à beaucoup plus d'ouverture d'esprit. Et notamment au sujet du validisme. Mais c'est vrai que j'ai vite déchanté et je pense tout d'abord que c'est dû au manque d'accessibilité de nos lieux communautaires. Déjà il existe peu de lieux lesbiens et dans le peu de lieux lesbiens existants, ils sont rarement accessibles. Il y a la Flèche d’or qui est accessible. C'est d'ailleurs dans ce lieu là qu'on envisage organiser notre évènement queer prochainement. Mais sinon, c'est vrai qu'il y a la Mutinerie, mais les toilettes ne sont pas accessibles et ce lieu n'est pas accessible aux autres types de handicap non plus. Il y a le bonjour madame qui est relativement accessible mais pas pour tous les handicaps. Enfin voilà, il y a plein de soirées… 
Le Lobby: Il y a une marche dans les toilettes. 
Lydie Raër: Oui alors moi je me débrouille en faisant McGyver mais avec un fauteuil électrique par exemple, ça passe pas. Dans ce cadre là, il est très difficile de se frayer un chemin.  
Le Lobby: Il y a un vrai problème d'espaces et aussi peu d'argent. En fait, c'est des communautés qui sont plutôt précaires et qui ne peuvent pas forcément faire des travaux si y a besoin...  
Lydie Raër: On peut choisir. Pà par exemple, il y a le café Olympe qui vient d'ouvrir. C'est une question de choix. Par exemple, je reviens de Bruxelles où j'ai passé une semaine merveilleuse avec la Conférence Européenne Lesbienne (ELC). 
J'ai juste indiqué une fois dans le formulaire d'inscription que je me déplaçais en fauteuil roulant et en fait, quand je suis arrivée, c'était pas un sujet, tous les lieux étaient accessibles. Un matin, la semaine dernière, Alexa, une membre du bureau de l’ELC, qui était en charge de tous ces aspects logistiques vient me voir et me dit qu’il y a un problème. Le resto réservé pour le soir, n’était pas accessibles, il y a une marche et les toilettes sont au sous sol sans ascenseur. Le contrat, avec ce restaurant a été annulé et on a été dans un restaurant accessible. Jamais ça m'est arrivé, même à EELV, et ça m'a fait tellement chaud au cœur. Et pareil, le dernier jour, le stage était terminé mais on était un petit groupe de lesbiennes. Avant de prendre le train, on a voulu aller voir l'expo sur Chantal Akerman aux Beaux-Arts. Mais c'était pas accessible, enfin partiellement. Et donc ben les filles se sont dit non, on y va pas, on fait rembourser nos billets et voilà. En fait c'est ça, ça coûte rien en fait. [00:20:32][8.7] 
Le Lobby : Je rappelle par la même occasion que sur le site des Dévalideuses, il y a un PDF qui s'appelle “Accessibiliser un événement pour le public porteur du handicap” qui est très clair. C'est une dizaine de pages que vous pouvez avoir en numérique ou imprimé et qui permet d'accessibiliser vos événements. Il y a pleins d’outils. 
Lydie Raër: Ah oui, regardez le. Il y a d’autres exemples, Alternatiba organise tous les deux mois des rencontres les dimanches en fin d'après midi à la Recyclerie. On a trouvé un système pour rendre les rencontres accessibles aux personnes sourdes et malentendantes. Deux personnes prennent des notes sur un Google Doc ou un Framapad et c'est projeté sur le mur. Ce sont des tips qui coûtent rien du tout. 
Le Lobby: En mars dernier, il y a eu une soirée organisée par Label Gouine et tu as dit N”ous invitons les espaces queer à se saisir des enjeux d'accessibilité, à utiliser nos outils mis en ligne, pour faire la place aux personnes handies et queer qui font pleinement part de ces communautés mais peu présentes pour le moment.” Il y a quelques années, on avait reçu Céline Extenso qui est une des fondatrices des Dévalideuses dans cette émission. Elle avait surtout parlé de validisme dans les milieux féministes et déplorait déjà le peu d'accessibilité des réunions de collectifs féministes. Et moi, j'avais l'impression qu'aujourd'hui, il y avait quand même eu des conséquences concrètes de vos actions au sein des Dévalideuses, que les enjeux d'accessibilité, c'était quand même un petit peu plus présent, que par exemple, on ne se verrait pas organiser une marche lesbienne sans accès PMR, sans que les discours soient traduits en LSF pour les sourds et malentendants. Est ce que toi t'as l'impression que vous avez que vos actions mènent à des prises de position concrètes, à des choix concrets ou où finalement ça n'a pas tant avancé que ça depuis 2021?  
Lydie Raër: Ça prend du temps quand même. C’est souvent au prix de violences. J'ai deux exemples en tête. Le premier, c'est lors de la manif Nous toutes 2022, où Céline, justement, devait prendre la parole à l'issue de la marche. Et les prises de parole étaient organisées sur un kiosque inaccessible. Nous Toutes avait estimé le lieu accessible puisqu'elles avait mis une sorte de rampe, mais on aurait dit un toboggan le truc. Donc clairement, c'était pas du tout adapté. Et même la conférence de presse avait lieu dans un lieu inaccessible. C'était hyper violent pour Céline. Et je pense que la leçon a était retenue, mais à quel prix? Encore un autre épisode que j'ai en tête, c'était lors des cinq ans de Nous Toutes à la Cité fertile. L'été dernier, j'ai été victime d'une agression validiste alors que je cherchais à me garer sur une place PMR au sein du site de la Cité Fertile. Et en fait, j'ai été agressée par des agents de sécurité et c'était très très violent. J'ai été traitée de folle et on a voulu m'ouvrir ma voiture pour me prendre mon téléphone et c'était très dur. En janvier, on a organisé avec Maya une copine des Dévalideuses, une médiation et une formation à destination du staff de la Cité fertile et des agents de la sécurité aussi, puisqu'en fait la Cité fertile est sur un site géré par la SNCF immo. Mais même cet instant de médiation était très violent. Parce qu'en fait, la personne, la femme qui m'a agressé, celle qui a été le plus violente avec moi,  m'a dit que mon handicap ne se voyait pas et que c'est pour ça qu'elle m'avait agressée. Et pareil, elle a demandé à Maya qui était avec moi pourquoi elle était là, quel était son handicap… Voilà, C'est au prix de quelle violence en fait qu'on a avancer ici? C'est très exposant parfois. On sera au festival Drama Gouines ce week end toujours à la Cité fertile. A plusieurs reprises, j’ai été dans des événements dramagouines et j'ai été confrontée à de l'inaccessibilité et à chaque fois, c'est très violent. Donc je râle. Les personnes de l'orga m'écoutent, des fois j'ai l'impression que ça rentre mais bon. On leur a donné le guide, on a écrit une liste. Par exemple, la mezzanine de la cité fertile sera boycottée. Ben voilà, il y a des petites avancées, mais sur les bilans coûts-avantages, c'est très difficile en termes de santé mentale. Donc il faut aussi apprendre à se préserver et à partager la charge. Et des fois, c'est aussi aux personnes valides de prendre un peu de cette charge mentale. 
Le Lobby : Est-ce que la solution ce serait d'essayer de co-créer les projets au maximum? Par exemple la ELC, toi tu étais venue en tant que militante des Dévalideuses ou en tant que militante féministe ? 
Lydie Raër: J'avais mis plusieurs casquettes, j'étais venue en tant que élue écolo, en tant que membre des Dévalideuses et en tant que membre du petit collectif TPG d’Ivry sur Seine. 
Le Lobby: Ces expériences que tu as eu de projets communs, même si comme tu dis, tu dois toujours faire face à des propos qui peuvent être validistes. Est ce que le fait de créer des projets ensemble, ça permet quand même à la fin qu’il n’y ait pas de validisme ? 
Lydie Raër: Oui. Par exemple, en octobre dernier, on a organisé une action avec les Dégommeuses qui sont assez exceptionnelles. Mais ça permet de former les autres aux luttes anti validisme. Là on va les former prochainement. Mais oui, c'est en étant inclus.es dès le départ que forcément il n'y a pas de mauvaise surprise. Et aussi, on met nos exigences, on se dit voilà, on a tel et tel critère en termes d'accessibilité et sinon on se retire. Par exemple pour la campagne My Voice My choice, là, les Dévalideuses ont rejoint la campagne. C'est une ICE, initiative citoyenne européenne qui vise à garantir à l'échelle européenne l'accès à l'IVG sûr et gratuit pour tous. Et donc on a rejoint cette campagne avec joie et en mai sera diffusée si tout se passe bien un webinaire autour des spécificités des femmes handies en lien avec l'IVG. Au début, il nous était demandé de faire ce travail là pour fin avril et on s'est dit oh la la Crip time, non, ça ne va pas le faire. Et on a dit voilà, notre condition, c'est qu'on puisse faire ça fin mai parce qu'on ne pourra pas en termes d'énergie. Donc voilà, ça a été accepté. On met nos conditions, ça passe ou ça casse.  
Le Lobby: Tout à l'heure tu disais qu’il faut que les personnes pas forcément concernées soient aussi sensibilisées que les concerné.e.s en fait, tout en restant dans une position d'allié.e. Et je voulais juste citer encore un.e de vos membres de la collective, Avril, qui a écrit un article qui s'appelle “Pour une indignation partagée” que j'ai trouvé super et qui dit “J'aimerais que les personnes valides soient encore plus indignées que moi quand elles sont témoins des injustices que je subis. J'aimerais tant qu'elles ne ressentent aucune honte, mais de la fierté à me voir me révolter. J'aimerais que celleux qui se croient allié.e.s le soient réellement. J'aimerais qu'ils s'approprient nos luttes, non pas parce que peut être qu'un jour elles ont aussi besoin de ces aménagements, mais parce qu'iels sont contre toutes les formes de discrimination et que le validisme en est une.” 
Lydie Raër: Je suis tout à fait d'accord et je mesure la chance d'avoir aussi des ami.e.s qui s'indignent autant. Presque tous mes ami.e.s sont queer et mettent au même niveau les luttes anti validisme, les luttes antiracistes, les luttes queer. J'aimerais bien que les militantes et militants anti-racistes, queer, anticapitalistes, écolos mettent au même plan les luttes au même titre que les autres, en dehors de nos bulles. Mais je crois que c'est pas encore le cas. Le handicap est encore ramené à quelque chose d'individuel, à une tragédie personnelle. Le chemin, il est pas encore fait pour la majorité des militant.e.s de gauche, des militant.e.s progressistes. En fait, le problème, ce n'est pas nos corps, mais c'est la société qui est faite par et pour des personnes valides. Et le chemin est encore très très long. 
Le Lobby: Et qui fonctionne sur une division valide/pas valide. 
Lydie Raër: Et je pense aussi que c'est parce qu'il y a un aspect un peu psychologique. Les personnes valides font beaucoup de projections sur les personnes handies, on est ce que les personnes ont peur de devenir. On peut représenter la dépendance, la vieillesse, la mort et je pense que ça aussi, ça entre en jeu. Malheureusement. 
Le Lobby : Pour clore un peu tout ça, je voulais te demander pour toi ce serait quoi un 26 avril idéal? 
Lydie Raër: Ce serait un événement joyeux, militant, inclusif, mais vraiment inclusif. Parce que des fois on dit inclusif un peu à toutes les sauces, alors que c'est pas du tout inclusif. Où tout le monde a sa place. Les personnes provenant d'un milieu populaire, les personnes racisées, les personnes handies, les personnes queer et les personnes à la croisée de toutes ces oppressions là. Que ce soit à la fois une journée rigoureuse, en termes militants qui ne laisse rien passer, notamment en termes de transphobie. La transphobie augmente et je trouve qu’il y a du ménage à faire chez les féministes. En même temps, je quelque chose de très joyeux, je ne vois pas la lutte sans amour.  
Le Lobby: Et est ce que tu aurais une petite recommandation culturelle, que ce soit un livre ou un film ou une musique, qui t'a parlé récemment, que tu as bien aimé pour profiter de cette belle journée. 
Lydie Raër: J'ai beaucoup aimé dernièrement la série qui est passée sur France deux, The Sin. Ça m'a fait penser un peu au film Pride qui parle d'alliance des luttes et je pense que c'est ce qu'on a aussi envie de faire à Ivry sur Seine avec le collectif LGBT, on a toujours pas de nom défini mais vous pouvez nous retrouver sur Instagram : https://www.instagram.com/collectiftpgivry ! 


    Pour aller plus loin...
    
Références citées dans l'émission et pistes pour continuer à réfléchir au validisme dans le milieu queer : 
— Le site des Dévalideuses : https://lesdevalideuses.org/  
— Le guide pour accessibiliser un évènement, par le collectif des Dévalideuses : http://lesdevalideuses.org/wp-content/uploads/2022/04/Guide_accessibiliser-un-evenement_zine.pdf  
— Le billet de blog “Pour une indignation partagée” d’Avril, membre active des Dévalideuses : https://lesdevalideuses.org/pour-une-indignation-partagee/ 
— Le livre de Charlotte Puiseux, De Chair et de Fer, aux éditions La Découverte : https://www.editionsladecouverte.fr/de_chair_et_de_fer-9782348067778  
— Le site de Charlotte Puiseux : https://charlottepuiseux.weebly.com/  
— L’article “Introduction à la théorie crip”, de Charlotte Puiseux : https://charlottepuiseux.weebly.com/introcrip.html  
— La campagne pour un avortement libre et gratuit pour toutes les personnes: https://www.instagram.com/mavoixmonchoixorg/  
— À lire sur le site de Manifesto 21 : “Les personnes queers ont un problème avec le capital beauté, et il est temps d’en parler”, par Costanza Spina, cité par Lydie Raër dans l'émission : https://manifesto-21.com/queers-probleme-capital-beaute-temps-den-parler/ 
— Le livre de Costanza Spina, Manifeste pour une démocratie déviante : amours queers face au fascisme, éditions Trouble 
— Les recommandations de Lydie Raër : la série It’s a sin sur France TV Slash et le film Pride ! 
— À écouter : Notre rencontre avec Céline Extenso en 2021 : https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/3QvR-la-petite-derniere-de-fatima-daas-handies-et-queers-quelle-place-dans-nos-espaces 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 26 Apr 2024 05:50:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-visibilite-lesbienne-pl-2024-04-26-L2vB9udA.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-visibilite-lesbienne-pl-2024-04-26-L2vB9udA.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/ojYY-lhebdo-visibilite-lesbienne-place-aux-handies</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-JmpLpvPh5U.jpg"/></item><item><title>Océan nous emmène "Dans la cage" + Syyler en live !</title><description><![CDATA[
    Nous recevons Océan, auteur et réalisateur, qui publie &quot;Dans la cage&quot;, un récit de sa vie affective et sexuelle qui explore les paradoxes de nos fantasmes.
    
Dans &quot;Dans la cage&quot;, Océan se livre intimement sur les événements traumatiques qu&#039;il a traversé dans sa jeunesse et qui ont imposé depuis leur grammaire à sa vie sexuelle d&#039;aujourd&#039;hui.  
Et il s&#039;intéresse à ce qu&#039;il appelle une double-peine : celle d&#039;être victime de violences sexuelles ET d&#039;être excité.e par des scénarios mettant en scène des violences sexuelles. Pour lui, il est temps de déculpabiliser nos imaginaires érotiques. 
Côté live, nous recevons Syyler, qui s&#039;apprête à révéler le 3 mai un nouveau single. Son album est attendu le 24 mai prochain. Il nous en offre un premier extrait en live et en exclusivité : I&#039;m OK. 
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    Nous recevons Océan, auteur et réalisateur, qui publie "Dans la cage", un récit de sa vie affective et sexuelle qui explore les paradoxes de nos fantasmes.
    
Dans "Dans la cage", Océan se livre intimement sur les événements traumatiques qu'il a traversé dans sa jeunesse et qui ont imposé depuis leur grammaire à sa vie sexuelle d'aujourd'hui.  
Et il s'intéresse à ce qu'il appelle une double-peine : celle d'être victime de violences sexuelles ET d'être excité.e par des scénarios mettant en scène des violences sexuelles. Pour lui, il est temps de déculpabiliser nos imaginaires érotiques. 
Côté live, nous recevons Syyler, qui s'apprête à révéler le 3 mai un nouveau single. Son album est attendu le 24 mai prochain. Il nous en offre un premier extrait en live et en exclusivité : I'm OK. 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 23 Apr 2024 21:06:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/ocean-nous-emmene-dans-la-cage-2024-04-23-CP4HEisu.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/ocean-nous-emmene-dans-la-cage-2024-04-23-CP4HEisu.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/YyEY-ocean-nous-emmene-dans-la-cage-syyler-en-live</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-ze36MLqg95.jpg"/></item><item><title>L'HEBDO — Christophe Martet, journaliste et militant face au VIH</title><description><![CDATA[
    À 65 ans, Christophe Martet prend sa retraite. Celui qui fut président d&#039;Act-Up Paris, rédacteur en chef de Têtu, ou encore fondateur du réseau social Yagg, revient pour nous sur son parcours.
    
Nous recevons aujourd’hui un journaliste, entrepreneur et militant. Christophe Martet a été président de l’association de lutte contre le VIH Act Up France, et il est actuellement président de l&#039;association Paris sans sida depuis 2023. Il a également réalisé des documentaires sur la crise du sida, et publié en 1993 un livre de témoignages sur les militants de la lutte contre le VIH, Les Combattants du sida.  
Depuis 2015, il accompagne des demandeuses et demandeurs d’asile LGBT à l’Ardhis, Association pour la reconnaissance des droits des personnes homosexuelles et trans à l’immigration et au séjour.  
Il dit que ces engagements ont façonné son activité professionnelle. En parallèle de son militantisme, il a été journaliste, d&#039;abord à France 3 dans les années 1980 puis au sein du magazine d’information et de culture queer Têtu, avant de s’investir dans la création de plusieurs médias LGBT, notamment Komitid, créé en 2018. 
Il vient tout juste de prendre sa retraite à 65 ans, et à cette occasion nous avions envie de revenir sur son parcours dense et d&#039;échanger avec lui sur l&#039;évolution du militantisme et des médias LGBT ces 40 dernières années. 

Le Lobby: Vous avez été président d’Act-Up Paris dans les années 1990, qu’est-ce que vous retenez de cet engagement ? 
Christophe Martet: Dans un premier temps, je n’étais pas investi dans les associations, mais j’ai participé aux premières marches des gays et eds lesbiennes, en particulier celles de 1981 qui a réuni 10 000 gays et lesbiennes dans les rues de Paris. C&#039;était un peu un tournant puisque quelques mois après, la gauche au pouvoir supprime les articles infamants qui avaient été mis en place par le régime de Vichy et qui faisaient une différenciation entre les homos d&#039;un côté et et les hétéros de l&#039;autre.  
Donc moi, en 1985, je fais le test du VH dès qu&#039;il est disponible, il est positif, mais pendant quelques années, on en parle pas trop, on ne sait pas trop ce qui se passe, on n&#039;a pas beaucoup d&#039;informations. Et c&#039;est vrai que c&#039;est à la fin des années 1980, quand j’ai commencé à voir autour de moi vraiment beaucoup de gens mourir et que moi même, mon état de santé se dégradait, que je me suis dit qu’il fallait faire quelque chose.  
Je qui parti à New York pendant un congé sabbatique et j’ai découvert Act Up, New York. Je me suis investi alors dans le groupe “Médias” d’Act-Up New York. Et puis en revenant en France, naturellement, j’ai rejoint Act-Up Paris pour m&#039;investir à fond. Parce que j&#039;ai perdu mes meilleurs amis. Parce que je comprends que cette crise du sida, elle est liée aussi à des discriminations et en particulier au fait que le gouvernement ou les pouvoirs publics en général n&#039;ont pas pris en compte cette épidémie parce qu&#039;elle touche des populations discriminées, parfois invisibilisées. Je pense en particulier aux usagers de drogues. Je pense en particulier aux travailleurs et travailleuses du sexe. On parlait aussi bien sûr à l&#039;époque déjà des migrants… 
Le Lobby: [00:05:37] Et donc, dans une interview de Libération publiée le 20 août 2017, vous dites que parmi vos meilleurs amis, rares sont ceux qui ne sont pas passés à un moment ou à un autre à Act Up et que votre entourage est très relié à cette histoire? Je suppose que c&#039;est toujours le cas aujourd&#039;hui… 
Christophe Martet : Oui, malgré les divergences qui existaient à Act-Up, on a une espèce de lien peu visible entre nous. Et fréquemment, je croise des personnes, des anciens ou anciennes militantes que je n&#039;avais pas vu depuis très longtemps. Et tout de suite le courant passe, même si on ne s&#039;est pas vus depuis longtemps. On disait souvent à Act Up, qu’on avait créé une communauté. Finalement, c&#039;était un embryon de communauté LGBT. C&#039;était un espace de discussion et de débat, un espace vraiment politique au sens le plus noble du terme, si je puis dire.  
L&#039;idée d’Act Up, c&#039;était que chacun venait avec sa colère, avec ses problèmes, avec ses quelque chose qui le bloquait. Quand vous avez perdu beaucoup d&#039;amis, vous êtes dans une forme de désespoir, parfois de solitude aussi, de ne pas pouvoir parler de votre séropositivité par exemple, Act-Up était un espace où les choses étaient possibles, où on était porté.e.s par le groupe. C&#039;est comme ça que moi je voyais les choses.  
Vous pouviez exprimer ce que vous aviez à dire et vous vous sentiez finalement dans une forme de souplesse, comme on dirait aujourd&#039;hui, pour pouvoir exprimer les choses.  
Le Lobby: Votre carrière militante ne peut pas être totalement séparée de votre carrière journalistique. Vous êtes entré à France 3 en 1983 et c&#039;était un an avant les premiers cas de sida. Est-ce aussi par réaction au traitement médiatique réservé à l&#039;épidémie que vous vous êtes engagée dans la lutte contre le VIH?  
Christophe Martet : Clairement, quand on est journaliste, on essaye de bien appréhender le sujet qu&#039;on va traiter. On essaie de voir tous les différents angles. Et c&#039;est vrai qu&#039;au tout début, même moi, sur un plan individuel, ben clairement, j&#039;avais peut-être pas complètement conscience de la gravité de l&#039;épidémie parce qu’en 1985, les chercheurs, les médecins, les pouvoirs publics disaient en substance : “On a déjà identifié le VIH très rapidement, on aura un test très bientôt, d’ici cinq ans, on aura trouvé un vaccin”. 
Quand j&#039;ai vu que les gens commençaient à mourir autour de moi, j’ai compris que c’était beaucoup plus grave. Je pense que ce n’est pas pour rien qu&#039;effectivement à Act-Up, il y avait pas mal de journalistes. Parce qu’on a eu envie de briser ce silence, de briser cette chape de plomb, et de faire en sorte que les médias qui permettent au public d&#039;être informés, soient alertés par nos actions médiatiques. On montait des actions où il y avait de quoi montrer, si je puis dire, parce que c&#039;est toujours compliqué de parler d&#039;une maladie qui en plus à l&#039;époque, a ses tabous. Avec Act Up, on montrait des choses concrètes sur des personnes malades, infectées par le VH séropositives, des personnes malades qui étaient dans la rue, qui manifestaient, qui hurlaient leur colère. Et donc les médias, ça les a effectivement intéressés tout de suite.  
Et moi, je l’ai raconté dans mon livre Les Combattants du Sida, c&#039;est vrai que je voulais mettre à profit mes années de journalisme, mon but c&#039;était de donner la parole à des gens qu&#039;on entendait pas à l&#039;époque, que ce soit des malades, des experts, des personnes concernées ou aussi des personnes qui accompagnaient les personnes malades du sida ou séropositives.  
Le Lobby: Et donc, pour briser ce silence, vous avez été à l&#039;origine de la création de plusieurs médias LGBT. Vous avez d&#039;abord rejoint Têtu en 1999, puis vous avez créé Yagg en 2008 avec trois collègues de Têtu et puis il y a eu Komitid en 2018. D&#039;abord, est ce que vous pouvez nous raconter un petit peu vos années Têtu ? 
Christophe Martet : Alors têtu, ce qui est intéressant, c&#039;est que j&#039;y suis rentré pour au départ remplacer Didier Lestrade, un des fondateurs d&#039;Act Up, et aussi un des fondateurs de Têtu. En 1999, il préparait un livre sur Act-Up : Act-Up, une histoire. 
Et ce qui est intéressant, c&#039;est que le premier travail pour Têtu, ça a été de traduire un article d&#039;un magazine américain sur le bareback, donc ce phénomène où des personnes séropositives affirmaient qu&#039;elles n&#039;utilisait plus le préservatif dans la mesure où elles considéraient que, en tant que personne séropositive ayant des rapports sexuels avec des personnes séropositives, elles ne risquaient pas de toute façon d&#039;infecter ces personnes.  
Suite à cela, on m&#039;a proposé de remplacer Didier Lestrade pour m&#039;occuper des pages Têtu+. À l’époque, Têtu était le seul magazine français qui consacrait tous les mois plusieurs pages à la question du VIH/sida. À travers des témoignages, des articles, des enquêtes, des fiches pratiques…  
Ensuite, j&#039;ai lancé l&#039;idée de créer Tétu+, qui était un guide gratuit d&#039;information sur le voyage diffusé à 200 000 exemplaires si je me souviens bien, et avec un financement original puisque c&#039;était à la fois les pouvoirs publics et les labos pharmaceutiques qui nous soutenaient dans la mesure où on proposait aussi, ce qui n&#039;était pas fait à l&#039;époque, des fiches pratiques pour les combinaisons de traitement, puisque c’était l’époque des trithérapies. À cette époque, je pouvais prendre jusqu&#039;à sept ou huit traitements différents par jour pour combattre le VIH. Donc Têtu+, c&#039;était aussi une très grosse partie de mon travail? 
Ensuite, j’ai créé l&#039;agenda de Têtu. C&#039;était un cahier spécial encarté dans Têtu et qui traitait de l&#039;actualité dans les régions. Et donc j&#039;avais constitué un petit pool de correspondants et de correspondantes en région, dans les grandes villes françaises. Il faut s&#039;imaginer qu&#039;à l&#039;époque de l&#039;an 2000, les correspondants envoyaient leurs papiers par courrier. Ils n&#039;avaient pas tous encore accès à internet ou aux mails et ils m&#039;envoyaient leurs photos et leurs papiers par la Poste. Il fallait ensuite les retranscrire, etc. Parce que voilà, c&#039;était une autre époque.  
Donc Têtu, c&#039;était à la fois effectivement un magazine que certains voyaient comme un peu comme ça, sur papier glacé, avec des beaux mecs sexy, etc. Mais si vous regardez le contenu des tenues, c&#039;était quand même très très riche, avec un grand nombre de différentes rubriques et notamment moi, j&#039;étais très très heureux qu&#039;on puisse vous proposer toute cette information sur le soulevé Yoshida. 
Le Lobby: Ensuite il y a eu Yagg, vous pouvez nous raconter cette histoire ?  
Christophe Martet: En fait, c&#039;est parti d&#039;une discussion que j&#039;ai eue avec Xavier Héraud. On avait tous les deux quitté Têtu,et c&#039;était au moment où explosaient les médias comme Rue89, Mediapart, donc des pure players, uniquement sur internet, et des médias qui étaient aussi participatifs, avec des blogs avec tout ça. À l’époque j’avais 47 ou 48 ans, je savais que ça serait difficile de trouver du travail, notamment parce que j’étais très étiqueté après mon passage de 8 ans à Têtu. Et ça m&#039;excitait quand même pas mal de proposer un média nouveau sur internet, avec cette idée de fédérer une communauté de lecteurices.  
Je pense que l&#039;expérience militante que j&#039;avais eue me poussait à me dire qu’un média, ça ne devait pas être descendant comme ça entre le média d&#039;un côté et les gens qui vous lisent. Il faut qu&#039;il y ait comme ça une forme d&#039;interaction. Et donc très vite, Xavier m&#039;a apporté aussi cette idée de communauté. On a donc conçu Yagg comme un réseau social. Et puis on a ajouté la partie blog où les gens ont pu créer leurs blogs, qu’ils soient célèbres ou pas. Ça pouvait sur la bédé LGBT, ça pouvait être sur le cinéma, ça pouvait être Caroline Mécary, avocate, qui avait son blog… Mais à chaque fois, on essayait comme ça d&#039;être à l&#039;écoute et d&#039;être en éveil sur ce qu&#039;était la communauté aussi. La communauté Yagg s’est constituée, les Yaggeurs et les Yaggeuses se retrouvaient pour des sorties cinéma, etc. 
Yagg a duré 8 ans, et c’est un média qui a accompagné vraiment aussi beaucoup de transformations : au début on parlait surtout d’actualités gays et lesbiennes. Après on a largement inclus les questions trans, les questions liées aux migrations…  
On avait aussi mis en place une politique où on produisait beaucoup de vidéos. Yagg, la bibliothèque de Yagg, c&#039;est aujourd&#039;hui 800 vidéos, c&#039;est beaucoup. Et on voit aussi à travers justement toutes ces vidéos l&#039;évolution de la société entre 2008, où on est donc au tout début des années Sarkozy, où finalement on voit que le monde politique commence à prendre en compte cette question LGBT, y compris la droite même d&#039;ailleurs. Et puis jusqu&#039;en 2012 où là on voit qu&#039;il y a effectivement une vraie cassure entre la droite qui veut juste un PACS amélioré et même qui refuse finalement d&#039;aller vers le mariage.  
Donc c&#039;est vrai qu&#039;on a accompagné tout ça, on était le premier média LGBT pure player et avec cette idée quand même d&#039;essayer de gagner de l&#039;argent ou en tout cas de faire en sorte d&#039;être indépendant. Malheureusement, on a dû prendre le tournant de l&#039;abonnement puisque la publicité ne suffisait pas pour nous faire vivre. La communauté nous a suivi. Mais c&#039;était déjà un peu trop tard et finalement on dû arrêter. Financièrement, c&#039;était intenable.  
Je reste très fier du chemin parcouru : ça a été en plus pour beaucoup de gens, pour beaucoup de journalistes aussi, ça a été un tremplin. Je suis vraiment content de ça parce que moi, c&#039;était déjà une période différente de ma vie où j&#039;avais aussi envie de transmettre ce que je savais. 
Le Lobby: Et vous avez été ensuite directeur de publication et rédacteur en chef de Komitid à partir de 2018. C&#039;est un média qui avait vocation à couvrir l&#039;actualité LGBT en France et dans le monde et qui a aussi lancé les carrières de plusieurs journalistes queer, notamment Maëlle Le Corre ou notre collègue Olga-Auguste.  
Christophe Martet: Avec Komitid, il y avait cette idée qu’il fallait recréer un média queer LGBT qui reflète vraiment la diversité de plus en plus importante de la communauté à travers un média pure player assez militant. Moi je préfère dire engagé, parce que militant, c&#039;est un peu autre chose. Vous êtes militant d&#039;une association, d&#039;un parti politique. Moi je tiens quand même à dire que, en tant que journaliste, on a même parfois eu des petits soucis, des frictions, y compris dans la communauté, parce qu’on nous demandait d’être des porte-parole. Le but, c&#039;était bien sûr d&#039;être à l&#039;écoute et et de considérer qu&#039;en tant que journaliste engagé, je pense être quand même plus à même de comprendre les enjeux et le pourquoi du comment, de suivre l&#039;actualité, d&#039;être plus respectueux aussi justement des diversités et de l&#039;évolution, d&#039;être plus à l&#039;écoute, mais surtout d&#039;être plus en phase finalement avec ces évolutions, de continuer à les suivre.  
Le Lobby: Et pour revenir un petit peu sur le financement donc Yagg et Komitid fonctionnaient grâce aux abonnements des lectrices, est ce que vous diriez que c&#039;est un pari risqué? Pourquoi est ce que c&#039;est si difficile de rendre viable un média LGBT ? 
Christophe Martet: On n&#039;est pas si nombreux que ça. Déjà, c&#039;est pas facile pour les médias généralistes traditionnels de vivre.  
Même si Yagg comme Komitid étaient reconnus comme sites d&#039;information politique et générale, ce qui est très important. Ca avait beaucoup de sens de montrer que nos sujets n’étaient pas cantonnés à une communauté, mais que les informations qu’on donnait concernaient tout le monde, bien au-delà du public LGBT.  
Aujourd’hui, à l’heure des réseaux sociaux, ce n’est pas facile de fidéliser et de faire en sorte que les gens payent même si c’est juste 4 euros par mois. On était des médias indépendants, et on voit aujourd’hui que les médias qui sont viables sont ceux qui font partie d&#039;un groupe, il sont aidés financièrement par les pouvoirs publics. Et ça, ça fait partie aussi du rôle des pouvoirs publics que d&#039;aider la presse. Parce que justement c&#039;est important qu&#039;un pays ait une presse diverse. Sauf qu&#039;on sait qu&#039;aujourd&#039;hui, malheureusement, Yagg a été très peu soutenu par les pouvoirs publics quand Le Monde, L&#039;Express ou d&#039;autres avaient des aides très importantes. Et c&#039;est vrai que ça aussi, ça n&#039;aide pas. A l&#039;époque de Yagg, on a aussi dû faire face à clairement de l&#039;homophobie de la part des décideurs, de la part des gens qui considéraient que c&#039;était pas un média sérieux.  
Le Lobby: Par rapport à ces difficultés, comment est-ce que vous voyez l&#039;avenir des médias LGBT ?  
Christophe Martet: Je ne suis pas optimiste ou pessimiste. Je pense qu&#039;il faut voir les choses effectivement un peu froidement, clairement. Il n&#039;y a plus beaucoup de médias LGBT aujourd’hui. C&#039;est vrai que c&#039;est un peu inquiétant. Et je pense que ce qui est difficile, c&#039;est ça, c&#039;est de rester indépendant. Le fait d&#039;avoir des actionnaires, clairement, ça posait un certain nombre de problèmes.  
Malgré tout, mes sujets LGBTQIA+ ont largement dépassé les frontières médias LGBTQIA+. Et ça c&#039;est bien parce que des journalistes qui par ailleurs peuvent traiter d&#039;autres sujets ou qui ne sont pas forcément eux mêmes ou elles-mêmes LGBTQ+ peuvent traiter de ces sujets, et en particulier, je pense notamment à toutes les questions internationales. 
Au tout début de Yagg, on s&#039;était dit tiens, peut-être qu&#039;on pourrait prendre un abonnement à l&#039;Agence France Presse (AFP), ça nous permettrait d&#039;avoir justement des articles sur la situation des LGBT à l’international. Mais à l&#039;époque, très franchement, ce n&#039;était pas du tout au point. Ça n&#039;allait pas, c&#039;était mal traité. Les termes étaient pas forcément bien employés.  
À Komitid, on avait un abonnement depuis quelque temps à l&#039;AFP, parce que j&#039;étais un peu tout seul. De fait, ça s&#039;est beaucoup amélioré. L’AGP propose des sujets d&#039;angles, comme on dit, des sujets à l&#039;international sur les questions LGBT qui sont beaucoup plus fouillées qu&#039;il y a quelques années. Donc ça, pour moi, je trouve ça très positif.  
Pour beaucoup de lecteurs et de lectrices, s&#039;abonner à un magazine ou s&#039;abonner à une revue en sur sur le net, ce n&#039;est pas évident financièrement. Donc le fait que France 2 ou tel ou tel média en ligne puisse proposer des sujets LGBT hors abonnement à ses lecteurs et lectrices, bien je trouve ça très bien. En revanche, c&#039;est vrai que c&#039;est dommage qu&#039;il n&#039;y ait pas moyen de faire d&#039;avoir cette viabilité pour un média LGBT digne de ce nom.  


    Pour aller plus loin...
    
— Didier Lestrade, Act-Up, une histoire 
— Christophe Martet, Les combattants du sida 
— Les archives de Yagg 


    L&#039;équipe de l&#039;émission
    
Présentation : Juliette Mouëllic 
Réalisation : Colin Gruel 
]]></description><itunes:summary>
    À 65 ans, Christophe Martet prend sa retraite. Celui qui fut président d'Act-Up Paris, rédacteur en chef de Têtu, ou encore fondateur du réseau social Yagg, revient pour nous sur son parcours.
    
Nous recevons aujourd’hui un journaliste, entrepreneur et militant. Christophe Martet a été président de l’association de lutte contre le VIH Act Up France, et il est actuellement président de l'association Paris sans sida depuis 2023. Il a également réalisé des documentaires sur la crise du sida, et publié en 1993 un livre de témoignages sur les militants de la lutte contre le VIH, Les Combattants du sida.  
Depuis 2015, il accompagne des demandeuses et demandeurs d’asile LGBT à l’Ardhis, Association pour la reconnaissance des droits des personnes homosexuelles et trans à l’immigration et au séjour.  
Il dit que ces engagements ont façonné son activité professionnelle. En parallèle de son militantisme, il a été journaliste, d'abord à France 3 dans les années 1980 puis au sein du magazine d’information et de culture queer Têtu, avant de s’investir dans la création de plusieurs médias LGBT, notamment Komitid, créé en 2018. 
Il vient tout juste de prendre sa retraite à 65 ans, et à cette occasion nous avions envie de revenir sur son parcours dense et d'échanger avec lui sur l'évolution du militantisme et des médias LGBT ces 40 dernières années. 

Le Lobby: Vous avez été président d’Act-Up Paris dans les années 1990, qu’est-ce que vous retenez de cet engagement ? 
Christophe Martet: Dans un premier temps, je n’étais pas investi dans les associations, mais j’ai participé aux premières marches des gays et eds lesbiennes, en particulier celles de 1981 qui a réuni 10 000 gays et lesbiennes dans les rues de Paris. C'était un peu un tournant puisque quelques mois après, la gauche au pouvoir supprime les articles infamants qui avaient été mis en place par le régime de Vichy et qui faisaient une différenciation entre les homos d'un côté et et les hétéros de l'autre.  
Donc moi, en 1985, je fais le test du VH dès qu'il est disponible, il est positif, mais pendant quelques années, on en parle pas trop, on ne sait pas trop ce qui se passe, on n'a pas beaucoup d'informations. Et c'est vrai que c'est à la fin des années 1980, quand j’ai commencé à voir autour de moi vraiment beaucoup de gens mourir et que moi même, mon état de santé se dégradait, que je me suis dit qu’il fallait faire quelque chose.  
Je qui parti à New York pendant un congé sabbatique et j’ai découvert Act Up, New York. Je me suis investi alors dans le groupe “Médias” d’Act-Up New York. Et puis en revenant en France, naturellement, j’ai rejoint Act-Up Paris pour m'investir à fond. Parce que j'ai perdu mes meilleurs amis. Parce que je comprends que cette crise du sida, elle est liée aussi à des discriminations et en particulier au fait que le gouvernement ou les pouvoirs publics en général n'ont pas pris en compte cette épidémie parce qu'elle touche des populations discriminées, parfois invisibilisées. Je pense en particulier aux usagers de drogues. Je pense en particulier aux travailleurs et travailleuses du sexe. On parlait aussi bien sûr à l'époque déjà des migrants… 
Le Lobby: [00:05:37] Et donc, dans une interview de Libération publiée le 20 août 2017, vous dites que parmi vos meilleurs amis, rares sont ceux qui ne sont pas passés à un moment ou à un autre à Act Up et que votre entourage est très relié à cette histoire? Je suppose que c'est toujours le cas aujourd'hui… 
Christophe Martet : Oui, malgré les divergences qui existaient à Act-Up, on a une espèce de lien peu visible entre nous. Et fréquemment, je croise des personnes, des anciens ou anciennes militantes que je n'avais pas vu depuis très longtemps. Et tout de suite le courant passe, même si on ne s'est pas vus depuis longtemps. On disait souvent à Act Up, qu’on avait créé une communauté. Finalement, c'était un embryon de communauté LGBT. C'était un espace de discussion et de débat, un espace vraiment politique au sens le plus noble du terme, si je puis dire.  
L'idée d’Act Up, c'était que chacun venait avec sa colère, avec ses problèmes, avec ses quelque chose qui le bloquait. Quand vous avez perdu beaucoup d'amis, vous êtes dans une forme de désespoir, parfois de solitude aussi, de ne pas pouvoir parler de votre séropositivité par exemple, Act-Up était un espace où les choses étaient possibles, où on était porté.e.s par le groupe. C'est comme ça que moi je voyais les choses.  
Vous pouviez exprimer ce que vous aviez à dire et vous vous sentiez finalement dans une forme de souplesse, comme on dirait aujourd'hui, pour pouvoir exprimer les choses.  
Le Lobby: Votre carrière militante ne peut pas être totalement séparée de votre carrière journalistique. Vous êtes entré à France 3 en 1983 et c'était un an avant les premiers cas de sida. Est-ce aussi par réaction au traitement médiatique réservé à l'épidémie que vous vous êtes engagée dans la lutte contre le VIH?  
Christophe Martet : Clairement, quand on est journaliste, on essaye de bien appréhender le sujet qu'on va traiter. On essaie de voir tous les différents angles. Et c'est vrai qu'au tout début, même moi, sur un plan individuel, ben clairement, j'avais peut-être pas complètement conscience de la gravité de l'épidémie parce qu’en 1985, les chercheurs, les médecins, les pouvoirs publics disaient en substance : “On a déjà identifié le VIH très rapidement, on aura un test très bientôt, d’ici cinq ans, on aura trouvé un vaccin”. 
Quand j'ai vu que les gens commençaient à mourir autour de moi, j’ai compris que c’était beaucoup plus grave. Je pense que ce n’est pas pour rien qu'effectivement à Act-Up, il y avait pas mal de journalistes. Parce qu’on a eu envie de briser ce silence, de briser cette chape de plomb, et de faire en sorte que les médias qui permettent au public d'être informés, soient alertés par nos actions médiatiques. On montait des actions où il y avait de quoi montrer, si je puis dire, parce que c'est toujours compliqué de parler d'une maladie qui en plus à l'époque, a ses tabous. Avec Act Up, on montrait des choses concrètes sur des personnes malades, infectées par le VH séropositives, des personnes malades qui étaient dans la rue, qui manifestaient, qui hurlaient leur colère. Et donc les médias, ça les a effectivement intéressés tout de suite.  
Et moi, je l’ai raconté dans mon livre Les Combattants du Sida, c'est vrai que je voulais mettre à profit mes années de journalisme, mon but c'était de donner la parole à des gens qu'on entendait pas à l'époque, que ce soit des malades, des experts, des personnes concernées ou aussi des personnes qui accompagnaient les personnes malades du sida ou séropositives.  
Le Lobby: Et donc, pour briser ce silence, vous avez été à l'origine de la création de plusieurs médias LGBT. Vous avez d'abord rejoint Têtu en 1999, puis vous avez créé Yagg en 2008 avec trois collègues de Têtu et puis il y a eu Komitid en 2018. D'abord, est ce que vous pouvez nous raconter un petit peu vos années Têtu ? 
Christophe Martet : Alors têtu, ce qui est intéressant, c'est que j'y suis rentré pour au départ remplacer Didier Lestrade, un des fondateurs d'Act Up, et aussi un des fondateurs de Têtu. En 1999, il préparait un livre sur Act-Up : Act-Up, une histoire. 
Et ce qui est intéressant, c'est que le premier travail pour Têtu, ça a été de traduire un article d'un magazine américain sur le bareback, donc ce phénomène où des personnes séropositives affirmaient qu'elles n'utilisait plus le préservatif dans la mesure où elles considéraient que, en tant que personne séropositive ayant des rapports sexuels avec des personnes séropositives, elles ne risquaient pas de toute façon d'infecter ces personnes.  
Suite à cela, on m'a proposé de remplacer Didier Lestrade pour m'occuper des pages Têtu+. À l’époque, Têtu était le seul magazine français qui consacrait tous les mois plusieurs pages à la question du VIH/sida. À travers des témoignages, des articles, des enquêtes, des fiches pratiques…  
Ensuite, j'ai lancé l'idée de créer Tétu+, qui était un guide gratuit d'information sur le voyage diffusé à 200 000 exemplaires si je me souviens bien, et avec un financement original puisque c'était à la fois les pouvoirs publics et les labos pharmaceutiques qui nous soutenaient dans la mesure où on proposait aussi, ce qui n'était pas fait à l'époque, des fiches pratiques pour les combinaisons de traitement, puisque c’était l’époque des trithérapies. À cette époque, je pouvais prendre jusqu'à sept ou huit traitements différents par jour pour combattre le VIH. Donc Têtu+, c'était aussi une très grosse partie de mon travail? 
Ensuite, j’ai créé l'agenda de Têtu. C'était un cahier spécial encarté dans Têtu et qui traitait de l'actualité dans les régions. Et donc j'avais constitué un petit pool de correspondants et de correspondantes en région, dans les grandes villes françaises. Il faut s'imaginer qu'à l'époque de l'an 2000, les correspondants envoyaient leurs papiers par courrier. Ils n'avaient pas tous encore accès à internet ou aux mails et ils m'envoyaient leurs photos et leurs papiers par la Poste. Il fallait ensuite les retranscrire, etc. Parce que voilà, c'était une autre époque.  
Donc Têtu, c'était à la fois effectivement un magazine que certains voyaient comme un peu comme ça, sur papier glacé, avec des beaux mecs sexy, etc. Mais si vous regardez le contenu des tenues, c'était quand même très très riche, avec un grand nombre de différentes rubriques et notamment moi, j'étais très très heureux qu'on puisse vous proposer toute cette information sur le soulevé Yoshida. 
Le Lobby: Ensuite il y a eu Yagg, vous pouvez nous raconter cette histoire ?  
Christophe Martet: En fait, c'est parti d'une discussion que j'ai eue avec Xavier Héraud. On avait tous les deux quitté Têtu,et c'était au moment où explosaient les médias comme Rue89, Mediapart, donc des pure players, uniquement sur internet, et des médias qui étaient aussi participatifs, avec des blogs avec tout ça. À l’époque j’avais 47 ou 48 ans, je savais que ça serait difficile de trouver du travail, notamment parce que j’étais très étiqueté après mon passage de 8 ans à Têtu. Et ça m'excitait quand même pas mal de proposer un média nouveau sur internet, avec cette idée de fédérer une communauté de lecteurices.  
Je pense que l'expérience militante que j'avais eue me poussait à me dire qu’un média, ça ne devait pas être descendant comme ça entre le média d'un côté et les gens qui vous lisent. Il faut qu'il y ait comme ça une forme d'interaction. Et donc très vite, Xavier m'a apporté aussi cette idée de communauté. On a donc conçu Yagg comme un réseau social. Et puis on a ajouté la partie blog où les gens ont pu créer leurs blogs, qu’ils soient célèbres ou pas. Ça pouvait sur la bédé LGBT, ça pouvait être sur le cinéma, ça pouvait être Caroline Mécary, avocate, qui avait son blog… Mais à chaque fois, on essayait comme ça d'être à l'écoute et d'être en éveil sur ce qu'était la communauté aussi. La communauté Yagg s’est constituée, les Yaggeurs et les Yaggeuses se retrouvaient pour des sorties cinéma, etc. 
Yagg a duré 8 ans, et c’est un média qui a accompagné vraiment aussi beaucoup de transformations : au début on parlait surtout d’actualités gays et lesbiennes. Après on a largement inclus les questions trans, les questions liées aux migrations…  
On avait aussi mis en place une politique où on produisait beaucoup de vidéos. Yagg, la bibliothèque de Yagg, c'est aujourd'hui 800 vidéos, c'est beaucoup. Et on voit aussi à travers justement toutes ces vidéos l'évolution de la société entre 2008, où on est donc au tout début des années Sarkozy, où finalement on voit que le monde politique commence à prendre en compte cette question LGBT, y compris la droite même d'ailleurs. Et puis jusqu'en 2012 où là on voit qu'il y a effectivement une vraie cassure entre la droite qui veut juste un PACS amélioré et même qui refuse finalement d'aller vers le mariage.  
Donc c'est vrai qu'on a accompagné tout ça, on était le premier média LGBT pure player et avec cette idée quand même d'essayer de gagner de l'argent ou en tout cas de faire en sorte d'être indépendant. Malheureusement, on a dû prendre le tournant de l'abonnement puisque la publicité ne suffisait pas pour nous faire vivre. La communauté nous a suivi. Mais c'était déjà un peu trop tard et finalement on dû arrêter. Financièrement, c'était intenable.  
Je reste très fier du chemin parcouru : ça a été en plus pour beaucoup de gens, pour beaucoup de journalistes aussi, ça a été un tremplin. Je suis vraiment content de ça parce que moi, c'était déjà une période différente de ma vie où j'avais aussi envie de transmettre ce que je savais. 
Le Lobby: Et vous avez été ensuite directeur de publication et rédacteur en chef de Komitid à partir de 2018. C'est un média qui avait vocation à couvrir l'actualité LGBT en France et dans le monde et qui a aussi lancé les carrières de plusieurs journalistes queer, notamment Maëlle Le Corre ou notre collègue Olga-Auguste.  
Christophe Martet: Avec Komitid, il y avait cette idée qu’il fallait recréer un média queer LGBT qui reflète vraiment la diversité de plus en plus importante de la communauté à travers un média pure player assez militant. Moi je préfère dire engagé, parce que militant, c'est un peu autre chose. Vous êtes militant d'une association, d'un parti politique. Moi je tiens quand même à dire que, en tant que journaliste, on a même parfois eu des petits soucis, des frictions, y compris dans la communauté, parce qu’on nous demandait d’être des porte-parole. Le but, c'était bien sûr d'être à l'écoute et et de considérer qu'en tant que journaliste engagé, je pense être quand même plus à même de comprendre les enjeux et le pourquoi du comment, de suivre l'actualité, d'être plus respectueux aussi justement des diversités et de l'évolution, d'être plus à l'écoute, mais surtout d'être plus en phase finalement avec ces évolutions, de continuer à les suivre.  
Le Lobby: Et pour revenir un petit peu sur le financement donc Yagg et Komitid fonctionnaient grâce aux abonnements des lectrices, est ce que vous diriez que c'est un pari risqué? Pourquoi est ce que c'est si difficile de rendre viable un média LGBT ? 
Christophe Martet: On n'est pas si nombreux que ça. Déjà, c'est pas facile pour les médias généralistes traditionnels de vivre.  
Même si Yagg comme Komitid étaient reconnus comme sites d'information politique et générale, ce qui est très important. Ca avait beaucoup de sens de montrer que nos sujets n’étaient pas cantonnés à une communauté, mais que les informations qu’on donnait concernaient tout le monde, bien au-delà du public LGBT.  
Aujourd’hui, à l’heure des réseaux sociaux, ce n’est pas facile de fidéliser et de faire en sorte que les gens payent même si c’est juste 4 euros par mois. On était des médias indépendants, et on voit aujourd’hui que les médias qui sont viables sont ceux qui font partie d'un groupe, il sont aidés financièrement par les pouvoirs publics. Et ça, ça fait partie aussi du rôle des pouvoirs publics que d'aider la presse. Parce que justement c'est important qu'un pays ait une presse diverse. Sauf qu'on sait qu'aujourd'hui, malheureusement, Yagg a été très peu soutenu par les pouvoirs publics quand Le Monde, L'Express ou d'autres avaient des aides très importantes. Et c'est vrai que ça aussi, ça n'aide pas. A l'époque de Yagg, on a aussi dû faire face à clairement de l'homophobie de la part des décideurs, de la part des gens qui considéraient que c'était pas un média sérieux.  
Le Lobby: Par rapport à ces difficultés, comment est-ce que vous voyez l'avenir des médias LGBT ?  
Christophe Martet: Je ne suis pas optimiste ou pessimiste. Je pense qu'il faut voir les choses effectivement un peu froidement, clairement. Il n'y a plus beaucoup de médias LGBT aujourd’hui. C'est vrai que c'est un peu inquiétant. Et je pense que ce qui est difficile, c'est ça, c'est de rester indépendant. Le fait d'avoir des actionnaires, clairement, ça posait un certain nombre de problèmes.  
Malgré tout, mes sujets LGBTQIA+ ont largement dépassé les frontières médias LGBTQIA+. Et ça c'est bien parce que des journalistes qui par ailleurs peuvent traiter d'autres sujets ou qui ne sont pas forcément eux mêmes ou elles-mêmes LGBTQ+ peuvent traiter de ces sujets, et en particulier, je pense notamment à toutes les questions internationales. 
Au tout début de Yagg, on s'était dit tiens, peut-être qu'on pourrait prendre un abonnement à l'Agence France Presse (AFP), ça nous permettrait d'avoir justement des articles sur la situation des LGBT à l’international. Mais à l'époque, très franchement, ce n'était pas du tout au point. Ça n'allait pas, c'était mal traité. Les termes étaient pas forcément bien employés.  
À Komitid, on avait un abonnement depuis quelque temps à l'AFP, parce que j'étais un peu tout seul. De fait, ça s'est beaucoup amélioré. L’AGP propose des sujets d'angles, comme on dit, des sujets à l'international sur les questions LGBT qui sont beaucoup plus fouillées qu'il y a quelques années. Donc ça, pour moi, je trouve ça très positif.  
Pour beaucoup de lecteurs et de lectrices, s'abonner à un magazine ou s'abonner à une revue en sur sur le net, ce n'est pas évident financièrement. Donc le fait que France 2 ou tel ou tel média en ligne puisse proposer des sujets LGBT hors abonnement à ses lecteurs et lectrices, bien je trouve ça très bien. En revanche, c'est vrai que c'est dommage qu'il n'y ait pas moyen de faire d'avoir cette viabilité pour un média LGBT digne de ce nom.  


    Pour aller plus loin...
    
— Didier Lestrade, Act-Up, une histoire 
— Christophe Martet, Les combattants du sida 
— Les archives de Yagg 


    L'équipe de l'émission
    
Présentation : Juliette Mouëllic 
Réalisation : Colin Gruel 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 19 Apr 2024 06:30:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-christophe-martet-journa-2024-04-19-1EKmjCQN.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-christophe-martet-journa-2024-04-19-1EKmjCQN.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/mYR3-lhebdo-christophe-martet-journaliste-et-militant-face-au-vih</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-CLMf9cdFK3.jpg"/></item><item><title>L'HEBDO — Au Japon, la lente avancée des droits pour les LGBTI+</title><description><![CDATA[
    Cap sur le Japon cette semaine, unique pays du G7 où le mariage pour toustes n&#039;est pas encore légal. Mais les lignes sont peut-être en train de bouger timidement.
    
Sommes-nous à un point de bascule au Japon pour les droits LGBT ? Le mariage pour les couples de même genre n&#039;y est toujours pas légal, alors même que 60 à 70% des Japonais·es y seraient favorables. 
Deux tribunaux de l’archipel viennent de surcroît de juger que l’interdiction du mariage aux couples homosexuels est contraire à la Constitution japonaise, ce qui pourrait bien pousser le Parlement à se saisir de la question.  
Fin 2023, c’est la Cour suprême japonaise qui avait déjà volé au secours des droits LGBT : la stérilisation forcée à laquelle sont soumises les personnes trans qui veulent changer de genre à l’état civil était jugée inconstitutionnelle. 
Le débat sur les questions LGBTI+ s&#039;est donc judiciarisé ces dernières années, sans que le gouvernement, classé à droite, ne s&#039;empare encore du sujet. La communauté queer a-t-elle des raisons de garder espoir ? Comment vit-on son identité queer au Japon aujourd&#039;hui ? 
 On en parle avec Aline Henninger, maîtresse de conférences en langue et civilisation japonaises à l’université d’Orléans, elle travaille sur les questions de socialisation de genre et de sexualité dans le Japon contemporain. 

La transcription de cet épisode est à venir ! 


    Pour aller plus loin...
    
— Le film L&#039;innocence de Kore Eda 


    L&#039;équipe de l&#039;émission
    
Présentation : Victor Samoth-Panetti 
Réalisation : Colin Gruel 
]]></description><itunes:summary>
    Cap sur le Japon cette semaine, unique pays du G7 où le mariage pour toustes n'est pas encore légal. Mais les lignes sont peut-être en train de bouger timidement.
    
Sommes-nous à un point de bascule au Japon pour les droits LGBT ? Le mariage pour les couples de même genre n'y est toujours pas légal, alors même que 60 à 70% des Japonais·es y seraient favorables. 
Deux tribunaux de l’archipel viennent de surcroît de juger que l’interdiction du mariage aux couples homosexuels est contraire à la Constitution japonaise, ce qui pourrait bien pousser le Parlement à se saisir de la question.  
Fin 2023, c’est la Cour suprême japonaise qui avait déjà volé au secours des droits LGBT : la stérilisation forcée à laquelle sont soumises les personnes trans qui veulent changer de genre à l’état civil était jugée inconstitutionnelle. 
Le débat sur les questions LGBTI+ s'est donc judiciarisé ces dernières années, sans que le gouvernement, classé à droite, ne s'empare encore du sujet. La communauté queer a-t-elle des raisons de garder espoir ? Comment vit-on son identité queer au Japon aujourd'hui ? 
 On en parle avec Aline Henninger, maîtresse de conférences en langue et civilisation japonaises à l’université d’Orléans, elle travaille sur les questions de socialisation de genre et de sexualité dans le Japon contemporain. 

La transcription de cet épisode est à venir ! 


    Pour aller plus loin...
    
— Le film L'innocence de Kore Eda 


    L'équipe de l'émission
    
Présentation : Victor Samoth-Panetti 
Réalisation : Colin Gruel 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 12 Apr 2024 00:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-au-japon-la-lente-avance-2024-04-12-b7ThDSiF.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-au-japon-la-lente-avance-2024-04-12-b7ThDSiF.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/NYD8-lhebdo-au-japon-la-lente-avancee-des-droits-pour-les-lgbti</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-zp4gdkdIV0.jpg"/></item><item><title>L'HEBDO — Grossophobie : 10 questions à Daria Marx</title><description><![CDATA[
    À l&#039;occasion de la parution de son dernier livre, 10 questions sur la grossophobie (Libertalia), nous recevons cette semaine la militante Daria Marx.
    
L&#039;activiste féministe et anti-grossophobie, fondateur du collectif Gras Politique, auteurice de &quot;Gros n&#039;est pas un gros mot&quot; (Flammarion) et réalisatrice du documentaire &quot;Daria Marx : ma vie en gros&quot; sur France 2 en 2020, est de retour !  
Il publie 10 questions sur la grossophobie, un ouvrage qui s&#039;appuie moins sur son témoignage personnel que sur la littérature scientifique pour dézinguer les arguments grossophobes. Elle est notre invitée cette semaine pour fêter la parution de ce nouveau livre, qui sort aujourd&#039;hui. 

Le Lobby : Le terme “grossophobie” est entré dans le dictionnaire en 2019. À quoi renvoie-t-il ? 
Daria Marx : La grossophobie est l&#039;ensemble des attitudes discriminatoires qui sont faites aux personnes grosses. Donc ça recouvre à la fois les discriminations d&#039;ordre privé : dans l&#039;intime, dans la famille, les discriminations qu&#039;on peut subir au travail, dans l&#039;accès aux soins, et puis aussi l&#039;organisation grossophobe des politiques publiques, comme par exemple celles de la santé. Par exemple : dans la manière dont on conçoit les transports en commun de demain, est-ce qu’on prend en compte les personnes grosses ou est-ce qu’on les pense de manière grossophobe ? 
Dans le livre, tu fais un panorama scientifique de la lutte contre la grossophobie. Tu racontes que ce combat commence dans les années 1960, avec notamment le mouvement des droits civiques.Le livre est historique, il retrace les débuts de ce mouvement.  
Ça me tenait vraiment à cœur de retracer l&#039;histoire de ce mouvement à la fois aux États-Unis parce que ça part des États-Unis, mais aussi en France, parce que je trouve qu’on ne rend pas assez hommage aux militant.e.s de jadis, de naguère. Si je suis là aujourd&#039;hui, si je peux porter cette lutte, c&#039;est que j&#039;ai eu la chance d&#039;avoir des idées insufflées en moi quand j&#039;avais 18 ans, quand j&#039;étais plus jeune. Et ça me tenait vraiment à cœur de rappeler ça. Et puis, pour ce qui est de l&#039;émergence de la lutte contre la grossophobie en partenariat avec la lutte des droits civiques dans les années 60-70, ça me tenait aussi à cœur parce que il faut rappeler que ce sont des femmes grosses et souvent racisées qui ont commencé à porter cette lutte et on a tendance à l&#039;oublier. On a toute la trend du body positive, qui est devenue très blanche. Je crois qu&#039;il fallait vraiment rendre à ces femmes justice et leur dire merci pour ce qu&#039;elles ont accompli et ce qui nous permet d&#039;être là aujourd&#039;hui.  
Tu parles de “vagues de mouvements de lutte” contre la grossophobie, un peu comme le féminisme. Et je trouve que c’est hyper intéressant parce qu’on peut vraiment dater ces vagues aujourd&#039;hui, on serait à une troisième ou quatrième vague de lutte contre la grossophobie?  
Oui, je pense qu&#039;on est un peu dans une quatrième vague, un peu comme pour le féminisme où on s&#039;aperçoit que la grossophobie fait partie de l&#039;éventail intersectionnel des luttes qu&#039;il nous faut prendre en compte si on veut s&#039;affirmer comme luttant contre les discriminations aujourd&#039;hui. Et je pense que les personnes qui luttent contre la grossophobie sont elles-mêmes intersectionnelles, en tout cas devraient l&#039;être. Et j&#039;appelle mes consoeurs et mes confrères qui luttent contre la grossophobie à être dans l&#039;intersectionnalité et à penser la grosseur avec les autres discriminations. Parce que c&#039;est comme ça qu&#039;on aborde la réalité des attitudes discriminantes aujourd&#039;hui.  
Et d&#039;ailleurs je te cite juste sur un petit passage, tu dis : “Il est impossible de nier qu&#039;un mouvement sérieux est en marche en France, sous l&#039;impulsion de petits collectifs autonomes et de leurs actions de sensibilisation menées dans les écoles, certaines facultés et les associations.” Et je me demandais si on pouvait dire que la sensibilisation à la grossophobie, le fait même qu&#039;on puisse aujourd&#039;hui parler de “grossophobie”, moi à ce micro l’employer, c&#039;est le résultat des luttes directes de petits collectifs autonomes?  
Oui, on ne peut pas dire qu&#039;il y ait une vraie vague de mobilisations incroyable. Il n&#039;y a pas eu de Fat Pride dans les rues, les gros n&#039;ont pas dévalé les Champs Élysées. Tout ça n&#039;est pas arrivé. Mais par contre, il y a vraiment eu des tas de petits collectifs qui ont fait beaucoup de bruit. Évidemment Gras Politique c&#039;est le mien, donc je le cite avec plaisir. Mais aujourd&#039;hui il y a la lutte des Gras.ses à Toulouse, Gros Amour à Rennes. Il y a eu le livre de Gabrielle Deydier qui a fait du bruit. Il y a eu Leslie Barbara Butch qui a porté aussi un message. Mais il y a plein d&#039;individus et de collectifs qui ont fait beaucoup, beaucoup de bruit. On est tellement gros qu&#039;on n&#039;a pas besoin d&#039;être beaucoup pour faire du bruit. Donc c&#039;est fantastique. Il faut vraiment penser à eux et les remercier.  
Pour parler un peu plus du livre en lui même, en tant qu&#039;objet, j&#039;ai cru comprendre que c&#039;était les éditions Libertalia qui t&#039;ont contacté pour l&#039;écrire dans le cadre d&#039;une collection qui s&#039;appelle “Dix questions sur”, dans laquelle on retrouve par exemple Dix Questions sur l&#039;anarchie. C&#039;est celui dont je me rappelle le plus. Comment le lien avec les éditions s&#039;est fait?  
J&#039;ai la chance de travailler avec une agente littéraire qui s&#039;appelle Julie Finidori qui travaille avec plusieurs maisons d&#039;édition, et c&#039;est elle, je crois, qui a proposé ce projet à Libertalia. Et eux ont été tout de suite très intéressés, ce qui n&#039;est pas étonnant parce que c&#039;est une très chouette maison d&#039;édition qui traite beaucoup des discriminations et des luttes sociales. Donc c&#039;était très chouette. J&#039;ai eu carte blanche pour écrire ce livre où j&#039;ai vraiment pu dire ce que je voulais. Ils m&#039;ont vraiment offert la liberté de rentrer dans la profondeur des choses. Le premier livre que j’ai écrit Gros, n&#039;est pas un gros mot, c&#039;est un peu un résumé, un petit panorama de c&#039;est quoi la grossophobie? Comment est ce qu&#039;on la reconnaît? Là, j&#039;ai eu la chance de pouvoir rentrer en profondeur dans les choses, de travailler mes sources, d&#039;avoir le temps de le faire et le nombre de pages nécessaires pour le faire. Donc c&#039;est super.  
La seule contrainte formelle, c&#039;était les 10 questions? 
Voilà, la seule contrainte et “tu nous le rends tel jour”. 
Tu l&#039;as écrit en combien de temps?  
Deux mois et demi environ.  
Ça faisait longtemps que tu rassemblais un peu des sources? Comment as-tu rassemblé le matériel?  
C&#039;est quelque chose qui me préoccupe au quotidien. Donc il n&#039;y a pas un jour où je ne fais pas une veille sur la grossophobie, où je me note pas des trucs, où je ne lis pas quelque chose. C&#039;est un peu mon obsession n°1. Tout est un peu dans ma tête. J&#039;ai juste fait un plan et le format des questions m&#039;a beaucoup aidé pour ça, pour organiser mes idées. Et puis après, bah on a bossé hein.  
Samedi dernier, tu disais que c&#039;était la première fois qu&#039;on te demandait de faire quelque chose qui ne soit pas un témoignage de ta vie de grosse, qui n’incluait pas forcément le récit de ta vie entière. Est ce que tu peux nous parler un peu de ton rapport à ça? Qu&#039;est ce que ça change de faire quelque chose de purement factuel?  
Aujourd&#039;hui, je trouve qu&#039;on demande beaucoup aux militant.e.s qui portent un discours sur une discrimination qu&#039;ils subissent eux/elles mêmes, de raconter leur vie pour être crues, pour être entendues. Et ça s&#039;entend vraiment dans les podcasts, dans les livres, y a une espèce d&#039;économie du témoignage qui se fait, qui moi commence à me déranger un peu. Je vais faire un parallèle qui a un peu trigger peut être, mais c&#039;est comme quand on dit il faut dire “je te crois” quand quelqu&#039;un te raconte qu&#039;il a été agressé.e, ok, mais une fois que t&#039;as dit je te crois, il se passe quoi? En fait, j&#039;ai l&#039;impression qu&#039;on parle, on parle, on parle mais il se passe rien derrière. Et je trouve qu&#039;on a ce moment où ok, on sait que tout ça existe, qu&#039;est ce qu&#039;on en fait? Comment bouger les choses? Et vraiment ce livre, il me donne un peu l&#039;espoir de penser que je donne des clés pour changer les choses, que je donne des clés pour comprendre qui ne sont pas que des témoignages. Je ne vais pas chercher sur l&#039;émotionnel, je dis regardez : les faits c&#039;est qu&#039;il y a pas d&#039;ambulances dans ton département en France qui puisse supporter les gens au-dessus de 130 kilos. Qu&#039;est ce qu&#039;on fait de ça ?  
J&#039;ai l&#039;impression qu&#039;il faut qu&#039;on se confronte aux faits aussi, et pas seulement à des témoignages qui appellent l&#039;émotion. Ah ben oui, c&#039;est triste, mais il se passe rien derrière en fait. Et puis la compassion des gens c&#039;est super. Mais moi, je veux aussi des ambulances, de l&#039;accès aux soins, de l&#039;accès à l&#039;embauche, les mêmes droits pour tout le monde. C&#039;est super si on arrête de me traiter de grosse truie dans la rue, mais ça ne va pas changer toute ma vie quoi.  
C&#039;est vraiment de changer le système, en fait… 
Absolument. Et puis c&#039;était l&#039;occasion, ce livre, de montrer que la grossophobie s&#039;organise dans un système. Et on est tout le temps à parler de lutte systémique, de racisme systémique, de choses systémiques. Mais en fait, la grossophobie est systémique. La grossophobie participe à ce système qui trie les gens selon leur degré de dignité. Si vous êtes mince, vous êtes digne d&#039;accès aux soins, vous êtes digne d&#039;avoir un emploi, vous êtes digne d&#039;avoir un compagnon, d&#039;avoir une compagne. Mais si vous êtes grosse, on décrète les politiques de santé et les politiques d&#039;embauche. Plein de choses décrètent que vous n&#039;êtes pas digne d&#039;exister dans l&#039;espace public. Donc il y a une organisation politique de l&#039;indignité des corps gros.  
D&#039;ailleurs, tu dis dès la première page “On parlera aujourd&#039;hui de grossophobie internalisée. Être grosse est une abomination. Il faut donc se prémunir à tout prix de cet état de disgrâce sociale. On devient donc un bourreau pour soi et pour les autres en appliquant des préceptes normatifs inutiles.” Ce qui m&#039;a marqué, c&#039;est qu&#039;à un moment tu parles de certaines études qui sont faites avec des enfants pour comprendre comment telle ou telle discrimination se met en place et qu’on s&#039;est rendu compte que la grossophobie c&#039;était une des discriminations qui était internalisée le plus tôt. Peut-être même plus que d&#039;autres.  
Oui, c&#039;est ça, internalisé très tôt. D&#039;abord, il y a des messages à la maison qui sont très forts sur le fait de ne pas devenir gros. Moi, il y a quelque chose qui me frappe toujours dans les études, c&#039;est que le trouble du comportement alimentaire le plus répandu dans les classes supérieures, c&#039;est l&#039;anorexie. Et le trouble le plus répandu dans les classes “CSP-” (on dit comme ça), c&#039;est plutôt la boulimie/l&#039;hyperphagie parce qu&#039;en fait c&#039;est valorisé d&#039;être mince dans les classes supérieures et donc l&#039;anorexie s&#039;y développe sans qu&#039;on y trouve matière à dire. Alors que si on est gros.se dans les classes supérieures, c&#039;est vécu comme un déclassement. Donc ça c&#039;est vraiment intéressant socialement et ça correspond très bien à ce qu&#039;est la réalité des gros.ses en France notamment, où les grosses sont principalement des personnes pauvres ou en situation de précarité qui n&#039;ont pas accès à une alimentation de qualité ou qui ne peuvent pas faire les choix alimentaires qu&#039;ils aimeraient faire.  
Tu parles de “panique morale de l&#039;obésité”, un concept que tu dates des années 1990, qui sont les premières années de ce que les militant.e.s contre la grossophobie appellent “la panique morale de l&#039;obésité”. Qu&#039;est ce que c&#039;est?  
Une panique morale, c&#039;est exactement ce qui se passe avec les personnes trans en ce moment. C&#039;est la panique morale, c&#039;est à dire qu&#039;on va choisir quelque chose, alors, ça peut être la transidentité, les transitions de genre, ou alors ça peut être l&#039;obésité et on va dire ah là là, c&#039;est la cause de tous les maux et on va tous mourir. Et c&#039;est ces gens là qui font capoter la société. Et regardez comme ce sont des monstres et tout est de leur faute, etc. C&#039;est à dire qu&#039;on va prendre un épiphénomène ou alors une maladie, ou alors juste un état de fait, et on va décider que c&#039;est ça qui cause tous les malheurs du monde et que ces gens là sont mauvais. C&#039;est exactement ce qui se passe avec l&#039;obésité, aux États-Unis, un jour on décrète que l&#039;obésité est une épidémie. C&#039;est quand même très étrange que l&#039;épidémie, on le sait bien avec ce qu&#039;on vient de se prendre dans la gueule avec le Covid, c&#039;est lié à la maladie, c&#039;est à dire la transmission de germes ou de virus. Mais là, on annonce que l&#039;obésité serait une épidémie. Donc comment ça se passe? On ne sait pas. Est ce que si je touche quelqu&#039;un, il devient gros? Enfin, vraiment, c&#039;est très bizarre, on fait de l&#039;obésité le pire truc du monde.  
C&#039;est-à-dire que les dirigeant.e.s américain.e.s disent qu’il faut que tous les Américain.e.s perdent du poids. On est en guerre contre l&#039;obésité. Il y a un vocabulaire très martial qui se met en place. On organise une panique chez les gens pour leur faire croire qu&#039;être gros.se, c&#039;est la pire chose du monde. Il y a cette étude dont je parle dans le bouquin, quand même très intéressante, si on parle juste des conséquences de l’obésité sur la santé, puisque c&#039;est ça dont on nous parle tout le temps. Il y a une méta étude qui dit oui, effectivement, l&#039;obésité pourrait être un facteur de risque X2 sur des pathologies. Ok j&#039;entends, mais ce qui est X3, c&#039;est la pauvreté. Donc il vaut mieux aujourd&#039;hui être riche et obèse que mince et pauvre. Et ça personne n&#039;en parle. Y a aucune panique morale sur les pauvres, ça, ça emmerderait un peu trop les gens.  
Tu parles beaucoup dans ton livre du fait que la grossophobie, c&#039;est vraiment à l&#039;intersection d&#039;autres discriminations. Et tu rappelles que les prémices de la lutte contre la grossophobie se confondent avec celles d&#039;autres populations minorisées aux États-Unis. Donc c&#039;est lié au mouvement des droits civiques et aux personnes des droits LGBTQ+, mais aussi au sexisme. Tu dis à un moment que “les femmes doivent rester fragiles pour ne pas inquiéter la puissance des hommes. Leurs rondeurs doivent donc se cantonner à leurs caractères sexuels secondaires ou à leurs épaules” et aussi au racisme comme tu viens de dire. Ce qui m&#039;a le plus frappé, c&#039;est cette intrication entre grossophobie et racisme.  
Oui, c&#039;est très clair et c&#039;est encore peut être plus clair aux États-Unis, où les questions de race sont extrêmement visibles. Mais il y a quelque chose d&#039;attaché à la grosseur, notamment chez les personnes noires aux États-Unis, qui les diabolise complètement et qui les cantonne dans une sous classe par rapport aux Américain.e.s blancs. Et ça, c&#039;est indéniable. Et c&#039;est en train d&#039;arriver en France petit à petit. Et ça arrive par des biais parfois qui se veulent bienveillants. Par exemple, c&#039;est les nutritionnistes dans les associations d&#039;accueil de personnes exilées qui vont dire ah, vous avez tendance à prendre du poids, il faudrait adopter un régime occidental, donc il faudrait arrêter de manger comme vous l&#039;avez appris toute votre vie. Non, vous allez manger un jambon beurre parce qu&#039;en France on mange du jambon beurre. Enfin, c&#039;est complètement déconnant. Il faut s&#039;intégrer à tout prix et dans le bon moule pondéral et dans le moule culinaire. Il faut devenir un vrai français lambda.  
Je voulais aussi parler de la reconnaissance légale de la grossophobie. C&#039;est la septième question de l&#039;ouvrage. Tu demandes comment faire exister la discrimination grossophobe légalement? Parce que pour l&#039;instant, le délit de grossophobie n&#039;existe pas. Et tu dis que pour faire reconnaître des propos ou des gestes, il faut soit choisir entre du harcèlement moral, par exemple dans un cadre de travail ou une discrimination liée au handicap.  
Voilà, Le problème, c&#039;est qu&#039;aujourd&#039;hui en France, la loi, elle dit qu&#039;il y a une discrimination à l&#039;apparence physique. Dans l&#039;apparence physique, il y a le critère de poids. Mais la discrimination grossophobe n&#039;existe pas vraiment légalement. Donc on a du mal à aller porter plainte pour grossophobie. Dans des cas où on ne porte pas plainte, mais dans des cas de prudhommes par exemple, ou de choses comme ça, quand il y a des mots grossophobe, des preuves d&#039;agression grossophobe, on ne va pas retenir la grossophobie, on va retenir le harcèlement au travail comme critère de jugement. Et quand on retient la grossophobie, on dit ah, on a discriminé une personne malade parce qu&#039;on considère que la personne grosse est malade. Donc vraiment, on n&#039;est pas à l&#039;aise avec tout ça parce que ça reflète pas du tout la réalité des choses qui fait que vraiment il y a des discriminations juste grossophobes parce que les gens n&#039;aiment pas les gros.ses. C&#039;est vraiment un impensé total pour l&#039;instant de la justice et il n&#039;y a pas tellement encore de plainte pour grossophobie pure. Par exemple, on pourrait porter plainte pour insulte grossophobie, pourquoi pas. Pour l&#039;instant, ça n&#039;existe pas.  
Est-ce que pour toi ce serait important justement qu’il y ait cette reconnaissance là?  
Malheureusement, c&#039;est important de le faire parce qu&#039;on est en France et qu&#039;en France on est un pays où pour faire exister une discrimination, il faut qu&#039;on puisse pouvoir dire “Alors voilà, on a une augmentation de temps, de pourcentage de plaintes sur X, sur ce terme là ou sur cette discrimination là”. On est dans un truc très procédurier. Donc oui, je pense qu&#039;il va falloir qu&#039;on fasse comme ça pour faire exister légalement cette discrimination.  
Parlons de ton podcast Matière Grasse, le podcast de l&#039;association Gras Politique... pour l&#039;instant il compte deux saisons, il y a aussi des hors-séries et des capsules et il est garanti “sans publicité pour crème amincissante ou régime farfelu” ! Vous faites aussi des capsules où vous présentez des artistes gros.ses, par exemple Cass Eliott ou Mama Cass qui était la chanteuse du groupe américain The Mamas and the Papas. Quelles figures de gros.ses t&#039;ont marquées dans ta vie, que ce soit des militant.e.s ou des artistes?  
C&#039;est une bonne question. Quand j&#039;étais petit.e et ado.e, j&#039;ai 43 ans, il n&#039;y avait personne. C&#039;est fou, mais les seules représentations c&#039;était soit des gros qu’on montrait parce qu&#039;ils allaient être au régime soit… il y avait un livre qui m&#039;avait vachement marqué, mais c&#039;était horrible parce qu&#039;en fait, la grosse, elle se coupait les bourrelets dans sa baignoire. Mais en fait, j&#039;étais tellement content d&#039;avoir un personnage gros que presque. Ce n&#039;était pas grave, j&#039;étais content. Après, à la télé tout ça, il y avait vraiment personne où ça arrivait plus tard. Beth Ditto a changé ma vie quand même, quand je l’ai vue débarquer avec ce côté punk, la voir en concert à moitié à poil sur scène, adulée par des dizaines de milliers de gens. C&#039;est incroyable à voir comme incroyable. Et puis au niveau des militant.e.s, j&#039;ai commencé à militer contre la grossophobie quand j&#039;avais 18 ans, je suis allé dans une association qui n&#039;existe plus aujourd&#039;hui, mais qui s&#039;appelait Allegro Fortissimo, qui avait été fondée par un homme qui s&#039;appelle Anne Zamberlan, qui était une comédienne incroyable, qui avait été égérie de Virgin Megastore, qui avait posé nue pour Virgin Megastore, qui avait son corps potelé partout dans les rues de Paris. C&#039;était tout un truc.  
Et moi, j&#039;ai rencontré là bas des femmes. Je peux parler par exemple Sylvie Benkemoun, elle est présidente du GROS, le groupe de réflexion sur l&#039;obésité et le surpoids, qui m&#039;a beaucoup appris. Catherine Lemoine, une autre personne. Des femmes qui sont des anonymes pour vous, mais qui m&#039;ont montré le chemin et qui même parfois sans discours militant, m&#039;ont juste dit, m&#039;ont rien dit mais m&#039;ont juste montré que elle avait 20 ans, 30 ans de plus que moi et qu&#039;elle avait eu un métier, qu&#039;elle s&#039;était éclatées, qu&#039;elle avait eu des vies amoureuses, que ça allait aller en fait. Et moi, toute mon adolescence, je voulais juste qu&#039;on me dise que ça allait aller en fait. Et parfois, quand je parle ou quand je rencontre des gens. C&#039;est pour ça que j&#039;ai fait un peu le documentaire aussi. C&#039;était juste que je me suis dit il y a une petite grosse qui va avoir ça chez elle, elle va dire “Ok, ça va aller, en fait, c&#039;est pas si pourri, on va s&#039;en sortir, c&#039;est possible.”  
Entre ton adolescence et maintenant, est ce que tu trouves qu&#039;en terme de représentations ça a changé? Alors évidemment, toi tu t&#039;y intéresses fortement et comme tu disais, tu fais une veille sur ça. Mais est ce qu&#039;il y a peut être plus d&#039;artistes gros.ses connues?  
Oui, il y a plus d&#039;artistes gros.ses, par exemple il y a Lizzo, il y a quand même des gens connus, mais vraiment pas dans le même pourcentage qu’il y a de personnes grosses dans la vraie population. On est très en retard. À la télé, j&#039;ai pas l&#039;impression qu&#039;il y ait des gros.ses à la télé. Mais bon, comme il n&#039;y a pas de personnes en situation de handicap, comme il n&#039;y a pas trop de personnes racisées, on est quand même encore sur un modèle des années 90 de la télé. C&#039;est très bizarre ce qui se passe en France, alors que si on allume la télé aux États-Unis ou en Angleterre, vraiment, il y a une diversité de population, de corps. Non, je ne trouve pas que ça avance tant que ça. On a toujours droit aux reportages “Ils ont un été pour maigrir, les adolescents vont au camp d&#039;été” je sais pas quoi. Ou alors “Elle fait la chirurgie de la dernière chance”. Enfin voilà, c&#039;est toujours quand même assez putassier sur les questions de grosseur à la télé, sensationnalistes. Laurence Boccolini, elle s&#039;en est pris plein la tronche. Alors après on m&#039;a dit qu&#039;il y avait une petite grosse dans la Star&#039;Ac cette année. J&#039;ai pas regardé mais voilà donc je lui souhaite bon courage et bonne chance. Mais pareil toutes mes potes qui regardaient me disaient ah là là, elle est super, mais elle est trop mal habillée quoi. Ca veut dire qu&#039;en fait les stylistes de la Star’Ac ils ont pas fait l&#039;effort d&#039;aller chercher des fringues pour cette meuf qui devait dépasser un 42 ou un 44. C&#039;est toujours les mêmes problèmes.  
D&#039;ailleurs, tu parles beaucoup de vêtements dans ton livre. 
C&#039;est un vrai sujet. Bon, moi c&#039;est pas ma came mais c’est un sujet quand même ! D&#039;abord, trouver des vêtements. Plein de gros.ses à qui je parle me disent “mais en fait moi je sais pas quel style j&#039;aurais si j&#039;étais mince”. Parce qu&#039;en fait, nous on n&#039;a pas de style, on a un rayon qui s&#039;appelle le rayon grande taille et on est toustes censé·e·s aimer ce qu&#039;il y a dedans parce qu&#039;en fait c&#039;est comme ça, il y a qu&#039;un rayon, donc à partir du moment où tu dépasses le 48, on décrète que ton style n&#039;est pas gothique ou punk ou je sais pas quoi, c&#039;est grande taille. C&#039;est hyper limitant. On n&#039;a pas toustes les talents d&#039;apprendre à coudre, de faire des trucs. Moi je les ai pas en tous cas. Et puis il y a tout le problème éthique d&#039;aujourd&#039;hui et de la fast fashion. Aujourd&#039;hui, on a des gens qui voudraient taxer la fast fashion. Alors je comprends bien l&#039;idée. La planète brûle, on en est tous et toutes conscients. Mais aujourd&#039;hui, moi si je peux pas me fringuer en fast fashion, je peux pas me fringuer. Donc il va falloir choisir, genre soit la nudité, soit vous me laissez acheter des trucs en fast fashion et je le fais pas de gaieté de cœur et je n&#039;achète pas toutes les semaines des paniers de ouf en fast fashion. Mais il y a une réalité: au dessus du 54, il n&#039;existe rien quoi 
Tu dis que ça passe beaucoup par internet, comme si c&#039;était quelque chose de pas du tout commun. 
Moi j&#039;habite à Paris qui est quand même censée être la capitale de la mode, la mode, la mode, la mode. Il y a un magasin où je peux m&#039;acheter peut être un t-shirt, un jean, un seul. Et pas un jean et un short que j&#039;aime, que je kiffe. Juste un truc pour me couvrir. Il y en a à peu près un seul et c&#039;est une marque allemande. Enfin voilà quoi. Mais sinon, il y a que ça quoi. Même H&amp;amp;M a retiré tous ses rayons grande taille parce qu&#039;ils ne veulent pas de gros dans leurs magasins, ça fait tache. C&#039;est très grave.  
Je voulais parler d&#039;un petit article que tu as écrit dans Feu! l&#039;Abécédaire des féminismes présents qui a été dirigé par Elsa Dorlin et qui est sorti en 2021. Le nom de ton article, c&#039;est “Mon genre, c&#039;est grosse” et tu parles notamment du brouillage qu&#039;il y a quand on est gros.se, avec son propre genre. C&#039;est aussi un sujet dont tu parles beaucoup par ailleurs. Pourquoi ton genre c’est grosse? 
En fait, si le genre est une construction sociale, ce à quoi j’adhère, moi je suis vue comme grosse. J&#039;ai vraiment l&#039;impression que je suis pas vue comme une femme. Je ne suis pas vue comme un homme, je suis vue comme grosse, c&#039;est vraiment ça qui me colle à la peau. Je suis traitée comme une grosse, je suis vue comme une grosse, je suis jugée comme grosse. On me colle des attitudes, des adjectifs, des préjugés parce que je suis grosse. Ça passe avant tout. En fait, ça recouvre complètement mon identité de femme ou d&#039;homme, si j&#039;étais une femme ou un homme. Ça prend le dessus sur tout. Donc vraiment, je pense que toutes mes histoires sentimentales, mes histoires sexuelles, tout ça, c&#039;est d&#039;abord parce que je suis gros.se, que j&#039;ai vécu plein de choses. Pas forcément parce que je suis un homme ou une femme.  
Et d&#039;ailleurs, dans un épisode de Matière Grasse que je recommande vivement sur les trans masculinités, à un moment, tu demandes à tes invités s&#039;ils ont plus vécu de transphobie ou de grossophobie. Et la plupart répondent de la grossophobie. Et peut être est ce que parce que la grossophobie c&#039;est plus prégnant ou peut être plus incapacitant que la transidentité au niveau de l&#039;intégration dans la société?  
C&#039;est un peu dur de poser cette question… Il y a beaucoup de transphobie, mais vraiment ça me tenait à cœur d’essayer de poser une échelle, mais je pense que oui. D&#039;abord, la grossophobie, elle est partout, tout le temps, dès l&#039;enfance, même quand tu sais pas encore qui t&#039;es, si t’es trans, si t’es pas trans. Et puis ensuite, la grossophobie se marie très très bien avec la transphobie. Aujourd&#039;hui, on a des gens qui sont “interdits” de transition par des médecins qui disent ah bah non, je ne vais pas te filer des hormones, tu vas grossir. Non, je ne vais pas te faire ta torso parce que tu vas mal cicatriser, parce que je peux pas t&#039;endormir… alors qu&#039;on sait très bien opérer les gros. On le sait, parfois c&#039;est plus compliqué, c&#039;est vrai, parfois il y a plus de risques post-opératoires, c&#039;est vrai aussi, mais on sait faire. On peut aussi expliquer à un.e patient.e: voilà les risques, voilà ce qui se passe. On peut aussi en discuter. En fait, on n&#039;a pas à refuser des soins comme ça.  
Donc aujourd&#039;hui, les personnes qui sont grosses, elles vont voir les deux mêmes chirurgiens qui font des opérations qui ne sont pas super top. C&#039;est très pénible quoi. J&#039;ai plein de récits de personnes trans grosses autour de moi qui me disent c&#039;est plus difficile d&#039;avoir un passing quand on cherche à avoir un passing, quand on est gros.se. Parce que quand on est gros.se et qu&#039;on a des hanches ou de la poitrine qu&#039;on fait pas encore une torso, bah c&#039;est plus compliqué de binder une poitrine. L&#039;obésité est dite soit androgyne, soit féminine. C&#039;est un peu binaire, mais c&#039;est comme ça. Mais quand le gras se déplace pas, on peut avoir beaucoup de ventre, comme un ventre “d&#039;homme” et du coup c&#039;est plus difficile d&#039;avoir des femmes. C&#039;est des questions sur le genre qui sont très présentes. Et donc la grossophobie et la transphobie vont très bien ensemble malheureusement.  
Tu as participé à un ouvrage qui s&#039;appelle Fruits de la colère, dirigé par Pauline Harmange, avec d&#039;autres autrices comme Douce Dibondo, Fatima Ouassak et Kiyémis. C&#039;est quoi ton rapport à la colère? Et en quoi la colère, ça peut servir les luttes?  
La colère, c&#039;est un vrai truc pour moi. J&#039;ai passé des années à pas savoir que j&#039;étais en colère, tout disait que j&#039;étais en colère pourtant, ma façon de vivre, ma façon de me faire du mal, ma façon de me taper la tête contre les murs, vraiment, je pense que tout le monde dehors savait que j&#039;étais en colère. Tout le monde sauf moi, parce que j&#039;avais été tellement élevé.e dans une petite case très petite, où on n&#039;a pas trop le droit de dire pas trop le droit de bouger. On m&#039;avait tellement dit que bah déjà j&#039;étais assez grosse, donc on va peut être pas trop remuer à côté. Bien fermer sa gueule. En fait, je m&#039;autorisais même pas à être en colère. Et puis le jour où j&#039;ai eu accès à ma colère, c&#039;était vraiment fort et c&#039;était pendant tout un moment.  
Ça a même joué contre moi, ça a été dévorant. Je me suis laissée bouffer par cette colère et j&#039;ai eu besoin de la hurler, de taper dans des trucs. J&#039;ai vraiment eu besoin d&#039;être en colère très longtemps. Je pense que ça a coïncidé aussi avec mon éveil au féminisme et donc ça allait bien ensemble quelque part, parce que j&#039;avais aussi des raisons d&#039;être très en colère. Mais j&#039;ai eu un peu le zèle du converti où tu te mets en colère tout le temps et tu trouves pas de répit et ta colère engendre de la colère. Et c&#039;est un espèce de boule de feu comme ça. Et en même temps, cette colère, elle m&#039;a fait beaucoup de bien parce qu&#039;elle m&#039;a libérée d&#039;un tas de trucs. Elle m&#039;a autorisée à être un tas de trucs, à dire des choses à crier quand j&#039;en avais besoin, à mettre des stops à plein de gens, à plein de choses dans ma vie. Donc voilà, je pense que la colère c&#039;est un équilibre compliqué. Je pense qu&#039;elle nourrit et à la fois elle te brûle. Donc il faut vraiment trouver le bon spot au milieu. Mais vraiment, je vous souhaite à tous et à tous d&#039;accéder à votre colère. C&#039;est très très très puissant, mais il faut apprendre à gérer le truc.  


    Pour aller plus loin...
    
&amp;gt; Site de Gras Politique : https://graspolitique.fr/  
&amp;gt; Dix questions sur la grossophobie de Daria Marx aux éditions Libertalia : https://editionslibertalia.com/catalogue/dix-questions/daria-marx-dix-questions-sur-la-grossophobie  
&amp;gt; Feu! L&#039;abécédaire des féminismes présents, Elsa Dorlin (dir.), aux éditions Libertalia : https://www.editionslibertalia.com/catalogue/hors-collection/feu-abecedaire-des-feminismes-presents 
&amp;gt; Fruits de la colère, Pauline Harmange (dir.), aux éditions Hachette/Les Insolentes : https://www.hachette-pratique.com/livre/fruits-de-la-colere-9782019463106/ 
&amp;gt; Le podcast &quot;Matière grasse&quot; : https://graspolitique.fr/matiere-grasse/ 
Retrouvez Daria Marc le 12 avril à la librairie Violette and Co pour une rencontre autour de son livre ! 


    L&#039;équipe de l&#039;émission
    
Présentation : Zoé Monrozier 
Réalisation : Colin Gruel 
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    À l'occasion de la parution de son dernier livre, 10 questions sur la grossophobie (Libertalia), nous recevons cette semaine la militante Daria Marx.
    
L'activiste féministe et anti-grossophobie, fondateur du collectif Gras Politique, auteurice de "Gros n'est pas un gros mot" (Flammarion) et réalisatrice du documentaire "Daria Marx : ma vie en gros" sur France 2 en 2020, est de retour !  
Il publie 10 questions sur la grossophobie, un ouvrage qui s'appuie moins sur son témoignage personnel que sur la littérature scientifique pour dézinguer les arguments grossophobes. Elle est notre invitée cette semaine pour fêter la parution de ce nouveau livre, qui sort aujourd'hui. 

Le Lobby : Le terme “grossophobie” est entré dans le dictionnaire en 2019. À quoi renvoie-t-il ? 
Daria Marx : La grossophobie est l'ensemble des attitudes discriminatoires qui sont faites aux personnes grosses. Donc ça recouvre à la fois les discriminations d'ordre privé : dans l'intime, dans la famille, les discriminations qu'on peut subir au travail, dans l'accès aux soins, et puis aussi l'organisation grossophobe des politiques publiques, comme par exemple celles de la santé. Par exemple : dans la manière dont on conçoit les transports en commun de demain, est-ce qu’on prend en compte les personnes grosses ou est-ce qu’on les pense de manière grossophobe ? 
Dans le livre, tu fais un panorama scientifique de la lutte contre la grossophobie. Tu racontes que ce combat commence dans les années 1960, avec notamment le mouvement des droits civiques.Le livre est historique, il retrace les débuts de ce mouvement.  
Ça me tenait vraiment à cœur de retracer l'histoire de ce mouvement à la fois aux États-Unis parce que ça part des États-Unis, mais aussi en France, parce que je trouve qu’on ne rend pas assez hommage aux militant.e.s de jadis, de naguère. Si je suis là aujourd'hui, si je peux porter cette lutte, c'est que j'ai eu la chance d'avoir des idées insufflées en moi quand j'avais 18 ans, quand j'étais plus jeune. Et ça me tenait vraiment à cœur de rappeler ça. Et puis, pour ce qui est de l'émergence de la lutte contre la grossophobie en partenariat avec la lutte des droits civiques dans les années 60-70, ça me tenait aussi à cœur parce que il faut rappeler que ce sont des femmes grosses et souvent racisées qui ont commencé à porter cette lutte et on a tendance à l'oublier. On a toute la trend du body positive, qui est devenue très blanche. Je crois qu'il fallait vraiment rendre à ces femmes justice et leur dire merci pour ce qu'elles ont accompli et ce qui nous permet d'être là aujourd'hui.  
Tu parles de “vagues de mouvements de lutte” contre la grossophobie, un peu comme le féminisme. Et je trouve que c’est hyper intéressant parce qu’on peut vraiment dater ces vagues aujourd'hui, on serait à une troisième ou quatrième vague de lutte contre la grossophobie?  
Oui, je pense qu'on est un peu dans une quatrième vague, un peu comme pour le féminisme où on s'aperçoit que la grossophobie fait partie de l'éventail intersectionnel des luttes qu'il nous faut prendre en compte si on veut s'affirmer comme luttant contre les discriminations aujourd'hui. Et je pense que les personnes qui luttent contre la grossophobie sont elles-mêmes intersectionnelles, en tout cas devraient l'être. Et j'appelle mes consoeurs et mes confrères qui luttent contre la grossophobie à être dans l'intersectionnalité et à penser la grosseur avec les autres discriminations. Parce que c'est comme ça qu'on aborde la réalité des attitudes discriminantes aujourd'hui.  
Et d'ailleurs je te cite juste sur un petit passage, tu dis : “Il est impossible de nier qu'un mouvement sérieux est en marche en France, sous l'impulsion de petits collectifs autonomes et de leurs actions de sensibilisation menées dans les écoles, certaines facultés et les associations.” Et je me demandais si on pouvait dire que la sensibilisation à la grossophobie, le fait même qu'on puisse aujourd'hui parler de “grossophobie”, moi à ce micro l’employer, c'est le résultat des luttes directes de petits collectifs autonomes?  
Oui, on ne peut pas dire qu'il y ait une vraie vague de mobilisations incroyable. Il n'y a pas eu de Fat Pride dans les rues, les gros n'ont pas dévalé les Champs Élysées. Tout ça n'est pas arrivé. Mais par contre, il y a vraiment eu des tas de petits collectifs qui ont fait beaucoup de bruit. Évidemment Gras Politique c'est le mien, donc je le cite avec plaisir. Mais aujourd'hui il y a la lutte des Gras.ses à Toulouse, Gros Amour à Rennes. Il y a eu le livre de Gabrielle Deydier qui a fait du bruit. Il y a eu Leslie Barbara Butch qui a porté aussi un message. Mais il y a plein d'individus et de collectifs qui ont fait beaucoup, beaucoup de bruit. On est tellement gros qu'on n'a pas besoin d'être beaucoup pour faire du bruit. Donc c'est fantastique. Il faut vraiment penser à eux et les remercier.  
Pour parler un peu plus du livre en lui même, en tant qu'objet, j'ai cru comprendre que c'était les éditions Libertalia qui t'ont contacté pour l'écrire dans le cadre d'une collection qui s'appelle “Dix questions sur”, dans laquelle on retrouve par exemple Dix Questions sur l'anarchie. C'est celui dont je me rappelle le plus. Comment le lien avec les éditions s'est fait?  
J'ai la chance de travailler avec une agente littéraire qui s'appelle Julie Finidori qui travaille avec plusieurs maisons d'édition, et c'est elle, je crois, qui a proposé ce projet à Libertalia. Et eux ont été tout de suite très intéressés, ce qui n'est pas étonnant parce que c'est une très chouette maison d'édition qui traite beaucoup des discriminations et des luttes sociales. Donc c'était très chouette. J'ai eu carte blanche pour écrire ce livre où j'ai vraiment pu dire ce que je voulais. Ils m'ont vraiment offert la liberté de rentrer dans la profondeur des choses. Le premier livre que j’ai écrit Gros, n'est pas un gros mot, c'est un peu un résumé, un petit panorama de c'est quoi la grossophobie? Comment est ce qu'on la reconnaît? Là, j'ai eu la chance de pouvoir rentrer en profondeur dans les choses, de travailler mes sources, d'avoir le temps de le faire et le nombre de pages nécessaires pour le faire. Donc c'est super.  
La seule contrainte formelle, c'était les 10 questions? 
Voilà, la seule contrainte et “tu nous le rends tel jour”. 
Tu l'as écrit en combien de temps?  
Deux mois et demi environ.  
Ça faisait longtemps que tu rassemblais un peu des sources? Comment as-tu rassemblé le matériel?  
C'est quelque chose qui me préoccupe au quotidien. Donc il n'y a pas un jour où je ne fais pas une veille sur la grossophobie, où je me note pas des trucs, où je ne lis pas quelque chose. C'est un peu mon obsession n°1. Tout est un peu dans ma tête. J'ai juste fait un plan et le format des questions m'a beaucoup aidé pour ça, pour organiser mes idées. Et puis après, bah on a bossé hein.  
Samedi dernier, tu disais que c'était la première fois qu'on te demandait de faire quelque chose qui ne soit pas un témoignage de ta vie de grosse, qui n’incluait pas forcément le récit de ta vie entière. Est ce que tu peux nous parler un peu de ton rapport à ça? Qu'est ce que ça change de faire quelque chose de purement factuel?  
Aujourd'hui, je trouve qu'on demande beaucoup aux militant.e.s qui portent un discours sur une discrimination qu'ils subissent eux/elles mêmes, de raconter leur vie pour être crues, pour être entendues. Et ça s'entend vraiment dans les podcasts, dans les livres, y a une espèce d'économie du témoignage qui se fait, qui moi commence à me déranger un peu. Je vais faire un parallèle qui a un peu trigger peut être, mais c'est comme quand on dit il faut dire “je te crois” quand quelqu'un te raconte qu'il a été agressé.e, ok, mais une fois que t'as dit je te crois, il se passe quoi? En fait, j'ai l'impression qu'on parle, on parle, on parle mais il se passe rien derrière. Et je trouve qu'on a ce moment où ok, on sait que tout ça existe, qu'est ce qu'on en fait? Comment bouger les choses? Et vraiment ce livre, il me donne un peu l'espoir de penser que je donne des clés pour changer les choses, que je donne des clés pour comprendre qui ne sont pas que des témoignages. Je ne vais pas chercher sur l'émotionnel, je dis regardez : les faits c'est qu'il y a pas d'ambulances dans ton département en France qui puisse supporter les gens au-dessus de 130 kilos. Qu'est ce qu'on fait de ça ?  
J'ai l'impression qu'il faut qu'on se confronte aux faits aussi, et pas seulement à des témoignages qui appellent l'émotion. Ah ben oui, c'est triste, mais il se passe rien derrière en fait. Et puis la compassion des gens c'est super. Mais moi, je veux aussi des ambulances, de l'accès aux soins, de l'accès à l'embauche, les mêmes droits pour tout le monde. C'est super si on arrête de me traiter de grosse truie dans la rue, mais ça ne va pas changer toute ma vie quoi.  
C'est vraiment de changer le système, en fait… 
Absolument. Et puis c'était l'occasion, ce livre, de montrer que la grossophobie s'organise dans un système. Et on est tout le temps à parler de lutte systémique, de racisme systémique, de choses systémiques. Mais en fait, la grossophobie est systémique. La grossophobie participe à ce système qui trie les gens selon leur degré de dignité. Si vous êtes mince, vous êtes digne d'accès aux soins, vous êtes digne d'avoir un emploi, vous êtes digne d'avoir un compagnon, d'avoir une compagne. Mais si vous êtes grosse, on décrète les politiques de santé et les politiques d'embauche. Plein de choses décrètent que vous n'êtes pas digne d'exister dans l'espace public. Donc il y a une organisation politique de l'indignité des corps gros.  
D'ailleurs, tu dis dès la première page “On parlera aujourd'hui de grossophobie internalisée. Être grosse est une abomination. Il faut donc se prémunir à tout prix de cet état de disgrâce sociale. On devient donc un bourreau pour soi et pour les autres en appliquant des préceptes normatifs inutiles.” Ce qui m'a marqué, c'est qu'à un moment tu parles de certaines études qui sont faites avec des enfants pour comprendre comment telle ou telle discrimination se met en place et qu’on s'est rendu compte que la grossophobie c'était une des discriminations qui était internalisée le plus tôt. Peut-être même plus que d'autres.  
Oui, c'est ça, internalisé très tôt. D'abord, il y a des messages à la maison qui sont très forts sur le fait de ne pas devenir gros. Moi, il y a quelque chose qui me frappe toujours dans les études, c'est que le trouble du comportement alimentaire le plus répandu dans les classes supérieures, c'est l'anorexie. Et le trouble le plus répandu dans les classes “CSP-” (on dit comme ça), c'est plutôt la boulimie/l'hyperphagie parce qu'en fait c'est valorisé d'être mince dans les classes supérieures et donc l'anorexie s'y développe sans qu'on y trouve matière à dire. Alors que si on est gros.se dans les classes supérieures, c'est vécu comme un déclassement. Donc ça c'est vraiment intéressant socialement et ça correspond très bien à ce qu'est la réalité des gros.ses en France notamment, où les grosses sont principalement des personnes pauvres ou en situation de précarité qui n'ont pas accès à une alimentation de qualité ou qui ne peuvent pas faire les choix alimentaires qu'ils aimeraient faire.  
Tu parles de “panique morale de l'obésité”, un concept que tu dates des années 1990, qui sont les premières années de ce que les militant.e.s contre la grossophobie appellent “la panique morale de l'obésité”. Qu'est ce que c'est?  
Une panique morale, c'est exactement ce qui se passe avec les personnes trans en ce moment. C'est la panique morale, c'est à dire qu'on va choisir quelque chose, alors, ça peut être la transidentité, les transitions de genre, ou alors ça peut être l'obésité et on va dire ah là là, c'est la cause de tous les maux et on va tous mourir. Et c'est ces gens là qui font capoter la société. Et regardez comme ce sont des monstres et tout est de leur faute, etc. C'est à dire qu'on va prendre un épiphénomène ou alors une maladie, ou alors juste un état de fait, et on va décider que c'est ça qui cause tous les malheurs du monde et que ces gens là sont mauvais. C'est exactement ce qui se passe avec l'obésité, aux États-Unis, un jour on décrète que l'obésité est une épidémie. C'est quand même très étrange que l'épidémie, on le sait bien avec ce qu'on vient de se prendre dans la gueule avec le Covid, c'est lié à la maladie, c'est à dire la transmission de germes ou de virus. Mais là, on annonce que l'obésité serait une épidémie. Donc comment ça se passe? On ne sait pas. Est ce que si je touche quelqu'un, il devient gros? Enfin, vraiment, c'est très bizarre, on fait de l'obésité le pire truc du monde.  
C'est-à-dire que les dirigeant.e.s américain.e.s disent qu’il faut que tous les Américain.e.s perdent du poids. On est en guerre contre l'obésité. Il y a un vocabulaire très martial qui se met en place. On organise une panique chez les gens pour leur faire croire qu'être gros.se, c'est la pire chose du monde. Il y a cette étude dont je parle dans le bouquin, quand même très intéressante, si on parle juste des conséquences de l’obésité sur la santé, puisque c'est ça dont on nous parle tout le temps. Il y a une méta étude qui dit oui, effectivement, l'obésité pourrait être un facteur de risque X2 sur des pathologies. Ok j'entends, mais ce qui est X3, c'est la pauvreté. Donc il vaut mieux aujourd'hui être riche et obèse que mince et pauvre. Et ça personne n'en parle. Y a aucune panique morale sur les pauvres, ça, ça emmerderait un peu trop les gens.  
Tu parles beaucoup dans ton livre du fait que la grossophobie, c'est vraiment à l'intersection d'autres discriminations. Et tu rappelles que les prémices de la lutte contre la grossophobie se confondent avec celles d'autres populations minorisées aux États-Unis. Donc c'est lié au mouvement des droits civiques et aux personnes des droits LGBTQ+, mais aussi au sexisme. Tu dis à un moment que “les femmes doivent rester fragiles pour ne pas inquiéter la puissance des hommes. Leurs rondeurs doivent donc se cantonner à leurs caractères sexuels secondaires ou à leurs épaules” et aussi au racisme comme tu viens de dire. Ce qui m'a le plus frappé, c'est cette intrication entre grossophobie et racisme.  
Oui, c'est très clair et c'est encore peut être plus clair aux États-Unis, où les questions de race sont extrêmement visibles. Mais il y a quelque chose d'attaché à la grosseur, notamment chez les personnes noires aux États-Unis, qui les diabolise complètement et qui les cantonne dans une sous classe par rapport aux Américain.e.s blancs. Et ça, c'est indéniable. Et c'est en train d'arriver en France petit à petit. Et ça arrive par des biais parfois qui se veulent bienveillants. Par exemple, c'est les nutritionnistes dans les associations d'accueil de personnes exilées qui vont dire ah, vous avez tendance à prendre du poids, il faudrait adopter un régime occidental, donc il faudrait arrêter de manger comme vous l'avez appris toute votre vie. Non, vous allez manger un jambon beurre parce qu'en France on mange du jambon beurre. Enfin, c'est complètement déconnant. Il faut s'intégrer à tout prix et dans le bon moule pondéral et dans le moule culinaire. Il faut devenir un vrai français lambda.  
Je voulais aussi parler de la reconnaissance légale de la grossophobie. C'est la septième question de l'ouvrage. Tu demandes comment faire exister la discrimination grossophobe légalement? Parce que pour l'instant, le délit de grossophobie n'existe pas. Et tu dis que pour faire reconnaître des propos ou des gestes, il faut soit choisir entre du harcèlement moral, par exemple dans un cadre de travail ou une discrimination liée au handicap.  
Voilà, Le problème, c'est qu'aujourd'hui en France, la loi, elle dit qu'il y a une discrimination à l'apparence physique. Dans l'apparence physique, il y a le critère de poids. Mais la discrimination grossophobe n'existe pas vraiment légalement. Donc on a du mal à aller porter plainte pour grossophobie. Dans des cas où on ne porte pas plainte, mais dans des cas de prudhommes par exemple, ou de choses comme ça, quand il y a des mots grossophobe, des preuves d'agression grossophobe, on ne va pas retenir la grossophobie, on va retenir le harcèlement au travail comme critère de jugement. Et quand on retient la grossophobie, on dit ah, on a discriminé une personne malade parce qu'on considère que la personne grosse est malade. Donc vraiment, on n'est pas à l'aise avec tout ça parce que ça reflète pas du tout la réalité des choses qui fait que vraiment il y a des discriminations juste grossophobes parce que les gens n'aiment pas les gros.ses. C'est vraiment un impensé total pour l'instant de la justice et il n'y a pas tellement encore de plainte pour grossophobie pure. Par exemple, on pourrait porter plainte pour insulte grossophobie, pourquoi pas. Pour l'instant, ça n'existe pas.  
Est-ce que pour toi ce serait important justement qu’il y ait cette reconnaissance là?  
Malheureusement, c'est important de le faire parce qu'on est en France et qu'en France on est un pays où pour faire exister une discrimination, il faut qu'on puisse pouvoir dire “Alors voilà, on a une augmentation de temps, de pourcentage de plaintes sur X, sur ce terme là ou sur cette discrimination là”. On est dans un truc très procédurier. Donc oui, je pense qu'il va falloir qu'on fasse comme ça pour faire exister légalement cette discrimination.  
Parlons de ton podcast Matière Grasse, le podcast de l'association Gras Politique... pour l'instant il compte deux saisons, il y a aussi des hors-séries et des capsules et il est garanti “sans publicité pour crème amincissante ou régime farfelu” ! Vous faites aussi des capsules où vous présentez des artistes gros.ses, par exemple Cass Eliott ou Mama Cass qui était la chanteuse du groupe américain The Mamas and the Papas. Quelles figures de gros.ses t'ont marquées dans ta vie, que ce soit des militant.e.s ou des artistes?  
C'est une bonne question. Quand j'étais petit.e et ado.e, j'ai 43 ans, il n'y avait personne. C'est fou, mais les seules représentations c'était soit des gros qu’on montrait parce qu'ils allaient être au régime soit… il y avait un livre qui m'avait vachement marqué, mais c'était horrible parce qu'en fait, la grosse, elle se coupait les bourrelets dans sa baignoire. Mais en fait, j'étais tellement content d'avoir un personnage gros que presque. Ce n'était pas grave, j'étais content. Après, à la télé tout ça, il y avait vraiment personne où ça arrivait plus tard. Beth Ditto a changé ma vie quand même, quand je l’ai vue débarquer avec ce côté punk, la voir en concert à moitié à poil sur scène, adulée par des dizaines de milliers de gens. C'est incroyable à voir comme incroyable. Et puis au niveau des militant.e.s, j'ai commencé à militer contre la grossophobie quand j'avais 18 ans, je suis allé dans une association qui n'existe plus aujourd'hui, mais qui s'appelait Allegro Fortissimo, qui avait été fondée par un homme qui s'appelle Anne Zamberlan, qui était une comédienne incroyable, qui avait été égérie de Virgin Megastore, qui avait posé nue pour Virgin Megastore, qui avait son corps potelé partout dans les rues de Paris. C'était tout un truc.  
Et moi, j'ai rencontré là bas des femmes. Je peux parler par exemple Sylvie Benkemoun, elle est présidente du GROS, le groupe de réflexion sur l'obésité et le surpoids, qui m'a beaucoup appris. Catherine Lemoine, une autre personne. Des femmes qui sont des anonymes pour vous, mais qui m'ont montré le chemin et qui même parfois sans discours militant, m'ont juste dit, m'ont rien dit mais m'ont juste montré que elle avait 20 ans, 30 ans de plus que moi et qu'elle avait eu un métier, qu'elle s'était éclatées, qu'elle avait eu des vies amoureuses, que ça allait aller en fait. Et moi, toute mon adolescence, je voulais juste qu'on me dise que ça allait aller en fait. Et parfois, quand je parle ou quand je rencontre des gens. C'est pour ça que j'ai fait un peu le documentaire aussi. C'était juste que je me suis dit il y a une petite grosse qui va avoir ça chez elle, elle va dire “Ok, ça va aller, en fait, c'est pas si pourri, on va s'en sortir, c'est possible.”  
Entre ton adolescence et maintenant, est ce que tu trouves qu'en terme de représentations ça a changé? Alors évidemment, toi tu t'y intéresses fortement et comme tu disais, tu fais une veille sur ça. Mais est ce qu'il y a peut être plus d'artistes gros.ses connues?  
Oui, il y a plus d'artistes gros.ses, par exemple il y a Lizzo, il y a quand même des gens connus, mais vraiment pas dans le même pourcentage qu’il y a de personnes grosses dans la vraie population. On est très en retard. À la télé, j'ai pas l'impression qu'il y ait des gros.ses à la télé. Mais bon, comme il n'y a pas de personnes en situation de handicap, comme il n'y a pas trop de personnes racisées, on est quand même encore sur un modèle des années 90 de la télé. C'est très bizarre ce qui se passe en France, alors que si on allume la télé aux États-Unis ou en Angleterre, vraiment, il y a une diversité de population, de corps. Non, je ne trouve pas que ça avance tant que ça. On a toujours droit aux reportages “Ils ont un été pour maigrir, les adolescents vont au camp d'été” je sais pas quoi. Ou alors “Elle fait la chirurgie de la dernière chance”. Enfin voilà, c'est toujours quand même assez putassier sur les questions de grosseur à la télé, sensationnalistes. Laurence Boccolini, elle s'en est pris plein la tronche. Alors après on m'a dit qu'il y avait une petite grosse dans la Star'Ac cette année. J'ai pas regardé mais voilà donc je lui souhaite bon courage et bonne chance. Mais pareil toutes mes potes qui regardaient me disaient ah là là, elle est super, mais elle est trop mal habillée quoi. Ca veut dire qu'en fait les stylistes de la Star’Ac ils ont pas fait l'effort d'aller chercher des fringues pour cette meuf qui devait dépasser un 42 ou un 44. C'est toujours les mêmes problèmes.  
D'ailleurs, tu parles beaucoup de vêtements dans ton livre. 
C'est un vrai sujet. Bon, moi c'est pas ma came mais c’est un sujet quand même ! D'abord, trouver des vêtements. Plein de gros.ses à qui je parle me disent “mais en fait moi je sais pas quel style j'aurais si j'étais mince”. Parce qu'en fait, nous on n'a pas de style, on a un rayon qui s'appelle le rayon grande taille et on est toustes censé·e·s aimer ce qu'il y a dedans parce qu'en fait c'est comme ça, il y a qu'un rayon, donc à partir du moment où tu dépasses le 48, on décrète que ton style n'est pas gothique ou punk ou je sais pas quoi, c'est grande taille. C'est hyper limitant. On n'a pas toustes les talents d'apprendre à coudre, de faire des trucs. Moi je les ai pas en tous cas. Et puis il y a tout le problème éthique d'aujourd'hui et de la fast fashion. Aujourd'hui, on a des gens qui voudraient taxer la fast fashion. Alors je comprends bien l'idée. La planète brûle, on en est tous et toutes conscients. Mais aujourd'hui, moi si je peux pas me fringuer en fast fashion, je peux pas me fringuer. Donc il va falloir choisir, genre soit la nudité, soit vous me laissez acheter des trucs en fast fashion et je le fais pas de gaieté de cœur et je n'achète pas toutes les semaines des paniers de ouf en fast fashion. Mais il y a une réalité: au dessus du 54, il n'existe rien quoi 
Tu dis que ça passe beaucoup par internet, comme si c'était quelque chose de pas du tout commun. 
Moi j'habite à Paris qui est quand même censée être la capitale de la mode, la mode, la mode, la mode. Il y a un magasin où je peux m'acheter peut être un t-shirt, un jean, un seul. Et pas un jean et un short que j'aime, que je kiffe. Juste un truc pour me couvrir. Il y en a à peu près un seul et c'est une marque allemande. Enfin voilà quoi. Mais sinon, il y a que ça quoi. Même H&amp;amp;M a retiré tous ses rayons grande taille parce qu'ils ne veulent pas de gros dans leurs magasins, ça fait tache. C'est très grave.  
Je voulais parler d'un petit article que tu as écrit dans Feu! l'Abécédaire des féminismes présents qui a été dirigé par Elsa Dorlin et qui est sorti en 2021. Le nom de ton article, c'est “Mon genre, c'est grosse” et tu parles notamment du brouillage qu'il y a quand on est gros.se, avec son propre genre. C'est aussi un sujet dont tu parles beaucoup par ailleurs. Pourquoi ton genre c’est grosse? 
En fait, si le genre est une construction sociale, ce à quoi j’adhère, moi je suis vue comme grosse. J'ai vraiment l'impression que je suis pas vue comme une femme. Je ne suis pas vue comme un homme, je suis vue comme grosse, c'est vraiment ça qui me colle à la peau. Je suis traitée comme une grosse, je suis vue comme une grosse, je suis jugée comme grosse. On me colle des attitudes, des adjectifs, des préjugés parce que je suis grosse. Ça passe avant tout. En fait, ça recouvre complètement mon identité de femme ou d'homme, si j'étais une femme ou un homme. Ça prend le dessus sur tout. Donc vraiment, je pense que toutes mes histoires sentimentales, mes histoires sexuelles, tout ça, c'est d'abord parce que je suis gros.se, que j'ai vécu plein de choses. Pas forcément parce que je suis un homme ou une femme.  
Et d'ailleurs, dans un épisode de Matière Grasse que je recommande vivement sur les trans masculinités, à un moment, tu demandes à tes invités s'ils ont plus vécu de transphobie ou de grossophobie. Et la plupart répondent de la grossophobie. Et peut être est ce que parce que la grossophobie c'est plus prégnant ou peut être plus incapacitant que la transidentité au niveau de l'intégration dans la société?  
C'est un peu dur de poser cette question… Il y a beaucoup de transphobie, mais vraiment ça me tenait à cœur d’essayer de poser une échelle, mais je pense que oui. D'abord, la grossophobie, elle est partout, tout le temps, dès l'enfance, même quand tu sais pas encore qui t'es, si t’es trans, si t’es pas trans. Et puis ensuite, la grossophobie se marie très très bien avec la transphobie. Aujourd'hui, on a des gens qui sont “interdits” de transition par des médecins qui disent ah bah non, je ne vais pas te filer des hormones, tu vas grossir. Non, je ne vais pas te faire ta torso parce que tu vas mal cicatriser, parce que je peux pas t'endormir… alors qu'on sait très bien opérer les gros. On le sait, parfois c'est plus compliqué, c'est vrai, parfois il y a plus de risques post-opératoires, c'est vrai aussi, mais on sait faire. On peut aussi expliquer à un.e patient.e: voilà les risques, voilà ce qui se passe. On peut aussi en discuter. En fait, on n'a pas à refuser des soins comme ça.  
Donc aujourd'hui, les personnes qui sont grosses, elles vont voir les deux mêmes chirurgiens qui font des opérations qui ne sont pas super top. C'est très pénible quoi. J'ai plein de récits de personnes trans grosses autour de moi qui me disent c'est plus difficile d'avoir un passing quand on cherche à avoir un passing, quand on est gros.se. Parce que quand on est gros.se et qu'on a des hanches ou de la poitrine qu'on fait pas encore une torso, bah c'est plus compliqué de binder une poitrine. L'obésité est dite soit androgyne, soit féminine. C'est un peu binaire, mais c'est comme ça. Mais quand le gras se déplace pas, on peut avoir beaucoup de ventre, comme un ventre “d'homme” et du coup c'est plus difficile d'avoir des femmes. C'est des questions sur le genre qui sont très présentes. Et donc la grossophobie et la transphobie vont très bien ensemble malheureusement.  
Tu as participé à un ouvrage qui s'appelle Fruits de la colère, dirigé par Pauline Harmange, avec d'autres autrices comme Douce Dibondo, Fatima Ouassak et Kiyémis. C'est quoi ton rapport à la colère? Et en quoi la colère, ça peut servir les luttes?  
La colère, c'est un vrai truc pour moi. J'ai passé des années à pas savoir que j'étais en colère, tout disait que j'étais en colère pourtant, ma façon de vivre, ma façon de me faire du mal, ma façon de me taper la tête contre les murs, vraiment, je pense que tout le monde dehors savait que j'étais en colère. Tout le monde sauf moi, parce que j'avais été tellement élevé.e dans une petite case très petite, où on n'a pas trop le droit de dire pas trop le droit de bouger. On m'avait tellement dit que bah déjà j'étais assez grosse, donc on va peut être pas trop remuer à côté. Bien fermer sa gueule. En fait, je m'autorisais même pas à être en colère. Et puis le jour où j'ai eu accès à ma colère, c'était vraiment fort et c'était pendant tout un moment.  
Ça a même joué contre moi, ça a été dévorant. Je me suis laissée bouffer par cette colère et j'ai eu besoin de la hurler, de taper dans des trucs. J'ai vraiment eu besoin d'être en colère très longtemps. Je pense que ça a coïncidé aussi avec mon éveil au féminisme et donc ça allait bien ensemble quelque part, parce que j'avais aussi des raisons d'être très en colère. Mais j'ai eu un peu le zèle du converti où tu te mets en colère tout le temps et tu trouves pas de répit et ta colère engendre de la colère. Et c'est un espèce de boule de feu comme ça. Et en même temps, cette colère, elle m'a fait beaucoup de bien parce qu'elle m'a libérée d'un tas de trucs. Elle m'a autorisée à être un tas de trucs, à dire des choses à crier quand j'en avais besoin, à mettre des stops à plein de gens, à plein de choses dans ma vie. Donc voilà, je pense que la colère c'est un équilibre compliqué. Je pense qu'elle nourrit et à la fois elle te brûle. Donc il faut vraiment trouver le bon spot au milieu. Mais vraiment, je vous souhaite à tous et à tous d'accéder à votre colère. C'est très très très puissant, mais il faut apprendre à gérer le truc.  


    Pour aller plus loin...
    
&amp;gt; Site de Gras Politique : https://graspolitique.fr/  
&amp;gt; Dix questions sur la grossophobie de Daria Marx aux éditions Libertalia : https://editionslibertalia.com/catalogue/dix-questions/daria-marx-dix-questions-sur-la-grossophobie  
&amp;gt; Feu! L'abécédaire des féminismes présents, Elsa Dorlin (dir.), aux éditions Libertalia : https://www.editionslibertalia.com/catalogue/hors-collection/feu-abecedaire-des-feminismes-presents 
&amp;gt; Fruits de la colère, Pauline Harmange (dir.), aux éditions Hachette/Les Insolentes : https://www.hachette-pratique.com/livre/fruits-de-la-colere-9782019463106/ 
&amp;gt; Le podcast "Matière grasse" : https://graspolitique.fr/matiere-grasse/ 
Retrouvez Daria Marc le 12 avril à la librairie Violette and Co pour une rencontre autour de son livre ! 


    L'équipe de l'émission
    
Présentation : Zoé Monrozier 
Réalisation : Colin Gruel 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 05 Apr 2024 00:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-grossophobie-10-questio-2024-04-04-rRA51UVS.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-grossophobie-10-questio-2024-04-04-rRA51UVS.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/99RY-lhebdo-grossophobie-10-questions-a-daria-marx</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-5gYHTpT25e.jpg"/></item><item><title>L'HEBDO — La droite sénatoriale s'attaque aux mineurs transgenres</title><description><![CDATA[
    Les sénateurs Les Républicains viennent de publier un rapport sur la &quot;transidentification des mineurs&quot;. Un proposition de loi est promise avant l&#039;été, annoncé par les associations comme le texte &quot;le plus transphobe d&#039;Europe&quot;.
    
Vous êtes là, vous vibez dans votre vie, le printemps pointe enfin le bout de son nez et clairement vous demandez rien à personne. C&#039;était sans compter sur les sénateurs du groupe Les républicains qui ont déposé la semaine dernière un document de travail mené par Jacqueline Eustache-Brinio pour faire un état des lieux des actions à mener suite à, je cite, “une hausse croissante des demandes de changement de sexe chez les enfants et chez les adolescents”.  
Sous prétexte de vouloir protéger les mineurs, ce document aboutit à une liste de préconisations à adopter dans les domaines médicaux et administratifs comme interdire l’accès aux hormones, aux bloqueurs de puberté (comme très récemment en Grande-Bretagne) ou même la fin de la prise en compte des questions d’identités de genre à l’école.  
Le groupe Les Républicains souhaiterait faire aboutir ce document dans une proposition de loi avant l’été. 
Avant d&#039;aboutir à ce rapport de 400 pages où la transphobie qui s&#039;exprime confinerait presque au complotisme, les sénateurs ont mené plusieurs audiences. Une seule association trans a été reçue : OUTrans, le groupe féministe d&#039;autosupport trans. Nous recevons cette semaine Anaïs Perrin-Prevelle, directrice de l&#039;association. 

Racontez-nous la genèse de ce rapport… 
Anaïs Perrin-Prévelle : L&#039;origine de ce document de travail, c&#039;est un groupe qui s&#039;appelle l&#039;Observatoire La Petite Sirène, qui essaye de s&#039;opposer par tous les moyens possibles et imaginables à la prise en charge de l&#039;identité de genre chez les mineurs et qui a un certain écho, et en particulier du côté de certain·e·s sénateurces, en l&#039;espèce la sénatrice qui est à l&#039;origine de ce rapport-là, Jacqueline Eustache-Brinio.  
En lisant le rapport, on constate à quel point le travail de cette commission était très orienté. Céline Masson et Caroline Eliacheff, qui sont les deux directrices de l&#039;Observatoire, étaient présentes à toutes les auditions. 
Sur la portée du rapport, c&#039;est un peu difficile à dire dans le sens où c&#039;est un rapport interne au groupe Les Républicains, c&#039;est pas un rapport d&#039;une commission du Sénat, même s&#039;il y a le tampon Sénat. En réalité, c&#039;est juste un document interne au groupe LR. Et encore… En fait c&#039;est une personne qui dans son coin a fait son truc, mais qui a utilisé un peu les ors de la République pour donner l&#039;impression que c&#039;est quelque chose d&#039;un peu officiel. L&#039;avantage de pouvoir le faire du côté juste au sein du groupe LR, c&#039;est qu’il n&#039;y avait pas d&#039;obligation de faire quelque chose dans les règles de l&#039;art, il n&#039;y avait pas l&#039;obligation de respecter un certain pluralisme, il n&#039;y avait pas l&#039;obligation d&#039;avoir vraiment des gens qui vont retranscrire ce qui s&#039;est dit pendant les débats. Et donc ça donne la liberté de changer, de travestir la réalité, de choisir les termes qui les intéressent.  
Ça donne un rapport complètement biaisé. C&#039;est strictement un élément idéologique qui sert de tract à l&#039;Observatoire de la Petite Sirène.  
Le rapport débouche sur une proposition de loi visant à restreindre l&#039;accès des aux parcours de transition pour les mineurs. Quelle est la situation aujourd&#039;hui et comment sont elles prises en charge ?  
Alors, il y a beaucoup de fantasmes sur la prise en charge des mineurs. Il y a une réalité qui est la difficulté d&#039;accès de façon générale aux soins pour les personnes trans, qu&#039;elles soient mineures ou majeures, et qui est encore plus criante du côté des mineurs, dans le sens où il n&#039;y a pas de règle ou de cadre sur la prise en charge des personnes trans par les professionnels de santé.  
Il faut comprendre que, en matière de transidentité, on est dans une période de bascule, une période où, il n&#039;y a pas si longtemps que ça, la transidentité n&#039;était considérée que comme un trouble mental. Ce n’est plus le cas aujourd&#039;hui. C&#039;est assez récent, hein, parce qu&#039;au niveau de l&#039;OMS, la dépsychiatrisation de la transidentité ne date que du 1ᵉʳ janvier 2022 pour sa mise en application.  
Pourtant, aujourd’hui, pour les mineurs, la pédopsychiatrie reste le seul point d&#039;accès possible pour un parcours de transition. Et du coup, il y a des sortes de critères de souffrance qui sont positionnés : si un jeune ou une jeune ne souffre pas assez, en gros s’il n&#039;a pas fait de tentative de suicide, ne s&#039;est pas scarifié, s’il n’est pas à un stade où sa santé est en jeu, alors c&#039;est très compliqué d&#039;avoir une prise en charge parce qu&#039;il y a très peu de personnels qui acceptent de prendre en charge dans les hôpitaux qui sont sous dotés en la matière. Donc au final, il y a extrêmement peu de personnes trans qui sont, qui sont accompagnées. 
L’association OUTrans a été auditionnée, par votre voix, pour ce rapport. Pourquoi avoir proposé un entretien avec quelqu’un qui aura de toute façon un avis contraire à ce que les sénateurs cherchent à prouver ?  
En fait, cette audition, et de façon générale ce rapport, c&#039;est un piège. Parce que globalement, ils et elles ont essayé d&#039;interroger des associations, donc ont invité des associations pour se dire “Vous voyez, on est pluralistes, on essaie d&#039;inviter un maximum d&#039;associations, ce n&#039;est pas juste un seul point de vue”. Mais si on y va, on se retrouve dans la situation dans laquelle on est là, avec en fait une reprise extrêmement partiale et partielle de nos propos. Sur une d’audition, il n&#039;y a que quatre lignes qui ont été retenues. Il y a d&#039;autres associations qui ont été approchées, qui avaient donné leur accord pour pouvoir y aller, et qui n’ont pas pu, pour de questions de calendrier. Et au final, je crois qu’on s&#039;est retrouvé·e·s à très peu d&#039;associations à intervenir. Je crois que nous sommes la seule association de personnes trans reconnue en tant qu&#039;association de personnes trans à intervenir sur l&#039;ensemble.  
On s&#039;est retrouvé finalement à la fois dans un piège et pas dans un piège. Parce que le fait d&#039;avoir été de l&#039;intérieur permet d&#039;avoir la légitimité de dire réellement ce qui s&#039;est passé et de dénoncer du coup la façon dont les choses se font. Et on a en tête par exemple de publier prochainement peut être l&#039;exhaustivité de notre audition pour montrer la différence entre les trois lignes qui sont retenues et leurs complète d&#039;auditions, je crois. C&#039;est même sur un peu plus d&#039;une heure, l&#039;heure complète d&#039;audition qu&#039;on a pu avoir avec cette commission et montrer à quel point n&#039;ont été retenu que les éléments qui pouvaient les arranger et surtout pas les éléments qui pouvaient les déranger.  
Parlons maintenant de ces fameux arguments qu&#039;avancent les Républicains, notamment l&#039;argument qui lance cette fois ce rapport une hausse croissante, voire une explosion des demandes de transition de genre chez les mineurs ces dernières années. Est ce que c&#039;est vrai ?  
Je vais vous donner deux chiffres. Pour le Mois des fiertés de juin 2023, l’institut de sondage Ipsos a réalisé une étude sur le nombre de personnes LGBTQ+ et le nombre de personnes dans la diversité de genre dans 30 pays à travers le monde et entre autres la France, avec une étude représentative de la population française et qui dit qu&#039;il y a 10% des personnes en France qui s&#039;identifient comme LGBTQI+, et 4 % des Français·e·s qui se reconnaissent dans la diversité de genre. Et pour les jeunes de 18 à 26, c&#039;est 22 % qui se disent LGBTQI+ 11 % dans la diversité de genre. On peut imaginer que pour les moins de 18 ans, on sera à peu près sur les mêmes ordres de grandeur. 
Il y a 16 millions de mineurs en France. Donc on peut imaginer qu&#039;il y aurait, à la louche, si on retire les plus jeunes âge, au moins un million de personnes qui pourraient avoir besoin d’accéder à un parcours de transition. Ou a minima d&#039;avoir une écoute, d&#039;être reconnu dans leur genre. Imaginons que sur ce million de personnes, ne serait-ce que 10% voudrait se lancer dans un parcours de transition, ça reste quand même 100 000 personnes.  
Pourtant, le rapport le dit lui même : en tout et pour tout, en France, il y a 294 enfants qui ont affection longue durée (ALD), donc une prise en charge à 100 % dans le cadre d’un parcours de transition. Et au sein les équipes dans lesquelles on est nous, parce qu&#039;on fait partie des réunions de concertation pluridisciplinaire à la Pitié-Salpêtrière, sur dix ans, je crois que c&#039;est en tout à peu près 700 gamin·e·s qui ont été suivi·e·s sur dix ans. Et sur ces 700 gamin·e·s, il y en a très peu qui arrivent à la prise d&#039;hormones, ou aux bloqueurs de puberté. Donc en fait on est en train de faire tout un foin autour de rien.  
Oui, un problème de la prise en charge des personnes trans, mais c&#039;est pas le fait de les prendre en charge qui est un problème, c&#039;est le fait de ne pas les prendre en charge qui est un problème. Parce que là ça pose un vrai sujet de santé mentale, parce que le fait qu&#039;on n&#039;accompagne pas l&#039;identité de genre des personnes, on les accompagne pas dans leur transition, ça crée des vrais troubles au niveau de la santé mentale des personnes. 
Ce qui est fondé par contre, c&#039;est qu&#039;il y a effectivement une augmentation de la compréhension de ce qu&#039;est la transidentité. Et les personnes trans sont capables de dire ce qu&#039;elles ressentent aujourd&#039;hui et de mettre un terme sur ce qu&#039;elles ressentent. Ce qui n&#039;était pas le cas avant. Et d&#039;ailleurs on le voit dans les études, il y a effectivement une augmentation sur les dernières années parce qu&#039;il y a une plus grande acceptation du terme. La dépsychiatrisation de la transidentité, ça remonte seulement au 1ᵉʳ janvier 2022. Donc c&#039;est normal qu&#039;à partir du moment où on considère que quelque chose, qui était vu comme étant un délire psychiatrique, est en fait tout à fait normal, les gens se disent “ah bon bah du coup j&#039;ai le droit de l&#039;être”, c&#039;est juste logique.  
Et ç&#039;aurait même été anormal qu&#039;on n&#039;ait pas une forte augmentation du nombre de personnes trans. Et puis à un moment, ça peut se stabiliser. Et d&#039;ailleurs c&#039;est ce qu&#039;on commence à voir dans un certain nombre d&#039;études où il y a les courbes qui ont augmenté assez fortement sur peu d&#039;années, mais qui maintenant ont tendance plutôt à se stabiliser à un certain niveau et qui à un niveau plus cohérent par rapport au nombre de personnes concernées.  
Il y a une volonté d&#039;interdire, comme la Grande-Bretagne très récemment, la prescription de bloqueurs de puberté soi-disant dangereux. Quels sont leurs effets concrets ?  
Il faut d’abord comprendre à quoi servent les bloqueurs de puberté.  
La médecine, c&#039;est un rapport sans arrêt entre le bénéfice et le risque : qu&#039;est-ce qu&#039;on va obtenir face aux risques qu&#039;on pourrait éventuellement prendre ? Ce qu&#039;on va obtenir sera-t-il supérieur aux risques qu&#039;on va encourir ?  
L&#039;idée des bloqueurs, c&#039;est de suspendre la puberté pour que l’enfant ait le temps de réfléchir, ne pas dire dès le départ qu’on va s’engager immédiatement dans le genre revendiquer, mais simplement suspendre la puberté pour prendre le temps de la réflexion. Et si ensuite, l’enfant confirme son choix, on pourra lui donner les hormones qui correspondent au genre revendiqué. Si, au contraire, en réfléchissant, l’enfant ne souhaite plus s’engager sur un parcours de transition, on va lâcher les bloqueurs de puberté et la puberté va se faire naturellement.  
Nous, on organise des groupes de parole pour les ados et les mineurs trans. On a d&#039;un côté les ados, les mineurs, de l&#039;autre côté les parents. Et les parents ont plein de questions autour de ça : est-ce que je dois accompagner mon enfant ? Et comment ? Et beaucoup de parents nous disent : “Moi, je veux bien, mais je préfère que mon enfant prenne sa décision quand iel sera majeur, parce que je ne veux pas prendre de décision maintenant”. Et on leur explique que ne pas prendre de décision, c&#039;est prendre une décision. C&#039;est prendre la décision que la puberté va faire son taf, c&#039;est prendre la décision par exemple pour une gamine trans qu&#039;elle va avoir le visage qui va se masculiniser, qu&#039;elle ne va pas avoir la poitrine qui va se développer comme souhaité, qu&#039;elle va avoir la mue de la voix qui sera définitive, qu&#039;elle va avoir potentiellement la pomme d&#039;Adam qui va se développer, qu&#039;elle va avoir une pilosité faciale qui va se développer, une pilosité corporelle qui va se développer, etc. Alors que si on a bloqué la puberté et qu&#039;après on lui donne des hormones féminines, ça fait beaucoup moins d&#039;opérations à faire. Pas d&#039;opération sur le visage, pas de pomme d&#039;Adam, peut-être même pas d&#039;augmentation mammaire, pas d&#039;opération de la voix, pas de travail sur la voix. Donc c&#039;est énormément de gain de temps.  
Un argument qu’on va beaucoup opposer à ça, c’est celui du regret : que faire si quelques années plus tard l’enfant regrette de s’être engagé trop tôt sur cette voie ? 
On sait qu&#039;à partir du moment où on s&#039;engage dans un parcours de transition, dans plus de 99 % des cas, on va persister. Et pas plus tard que la dernière réunion, une mère qui disait “mais oui, mais je veux pas qu&#039;elle regrette et qu&#039;elle m&#039;en veuille finalement d&#039;avoir donné des hormones”... Sauf qu’on sait que les taux de regret sont extrêmement faibles, inférieurs à 1 %. À l&#039;inverse, on sait que les taux de suicide sont extrêmement forts. Pour certaines études, on arrive à 50 %. Donc, est-ce que le sujet c&#039;est de se dire que peut-être que, dans 1 % ou moins de 1 % des cas, il y aura un risque de regret ou au contraire de dire que, de façon un peu plus certaine, on va avoir peut être un suicide, mais au moins des opérations multiples à faire par la suite.  
Donc pour éviter une une éventuelle opération qui a peu de chances d&#039;arriver, on va de façon certaine pousser vers des opérations qui vont fatalement arriver derrière. Donc c&#039;est très compliqué pour les parents, on dit pas que c&#039;est facile ! Mais les bloqueurs, ça permet de suspendre un peu cette puberté-là, de prendre le temps de réfléchir collectivement : les parents, l&#039;enfant, etc.  
Nous, on est pour l&#039;autodétermination des personnes trans. On pense que les personnes trans sont les seules personnes qui sont capables de dire quel est leur genre et comment elles peuvent potentiellement faire la transition qu&#039;elles souhaitent. Et la question, c&#039;est de savoir est-ce qu&#039;un enfant est capable de s&#039;autodéterminer. Il y a certains enfants qui, très tôt, sont capables de s&#039;autodéterminer.  
Ce qui est très intéressant quand on regarde la situation à l’étranger, c’est qu’on se rend compte que dans les pays qui ont récemment basculé sur l&#039;autodétermination pour les changements de mention de sexe à l&#039;état civil, l&#039;âge qui est proposé pour l&#039;autodétermination et la capacité de faire un changement de mention de sexe à l&#039;état civil sans l&#039;accord des parents, c’est quatorze ans ou quinze ans. En France, déjà à 18 ans, on a du mal. Et si on suit le rapport de Jacqueline Eustache-Brinio, il est même dit que pour les majeurs avant 25 ans, il faut s&#039;interroger sur le fait de faire des opérations. Jusqu&#039;à 25 ans, on ne serait pas capables de prendre une décision en France. Mais les enfants dans d’autres pays à quatorze ans, ils sont capables de prendre cette décision… Il doit y avoir un problème en France, non ? 
Le rapport s&#039;appuie-t-il sur des témoignages de détransitions ? 
Je crois qu&#039;il ya un témoigange, oui. Mais le rapport n&#039;est pas capable de sortir des vrais chiffres. 
Nous, on a aucun problème avec les détransitions. Le jour où on aura la capacité de naviguer plus facilement dans le genre, notre société aura davantage évolué. 
Indépendamment de ça, les chiffres qu&#039;on a aujourd&#039;hui sur les détransitions sont très faibles. Et le peu d&#039;exemples sont souvent instrumentalisés. Il y a par exemple un chiffre de la US Trans Survey, une grande étude qui porte sur les personnes trans aux Etats Unis, et la question est de savoir si, pour les personnes trans qui répondent au questionnaire, il y a eu un moment où elles ont marqué une pause dans leur parcours, ou si elles sont revenues en arrière. De mémoire, il y a 7 ou 8% des répondantes qui disent oui. Mais ça ne veut pas forcément dire qu&#039;elles ont détransitionné ! 
Tout est détourné, et il y a très peu d&#039;études qui montrent qu&#039;il y aurait une augmentation des détransitions. Les études montrent plutôt qu&#039;on persiste plkus largement. Et on constate même que quand on s&#039;intéresse au cas des personnes qui entament une détransition, qui reviennent en arrière, la plupart du temps, leurs motivations, c&#039;est plutôt la difficulté à faire une transition sociale : c&#039;est compliqué d&#039;être une personne trans dans nos sociétés, donc c&#039;est parfois plus facile d&#039;arrêter. Ca ne veut pas dire qu&#039;il n&#039;y aura pas de transition plus tard ! 
Mais encore une fois, on n&#039;a pas de problème avec ça ! On trouverait même normal d&#039;en faire plus... 
Comment peut-on répondre à ce rapport qui malgré tout fait beaucoup de buit ? Est ce qu&#039;il pourrait y avoir un contre rapport parlementaire qui pourrait avoir un impact ? 
Ça fait longtemps qu’on sait que ce rapport doit sortir. On aurait été ravi·e·s qu&#039;à ce moment là, des sénateurices de gauche, ou même des députés, puissent s’engager aussi sur ce champ pour proposer un contre-rapport. Maintenant, c’est trop tard. Donc il faut malheureusement résister. Le problème, c’est que la parole des concernée est quasiment inaudible sur le sujet, même la nôtre, alors qu&#039;on est la seule association trans à avoir été auditionnée. Il n’y a que sur Radio Campus Paris que j&#039;ai pu en parler. Donc merci ! Mais ça reste un problème. 
On a besoin du coup d&#039;avoir des parlementaires qui nous soutiennent et on aimerait bien que les parlementaires se mouillent parce que le sujet, c&#039;est ça. Aujourd&#039;hui, un parlementaire va se mouiller en faisant un tweet, c&#039;est cool. Elon Musk est content, il vous remercie. Mais sorti de ça, ça n&#039;a aucun intérêt. Ce qui est intéressant, c&#039;est qu&#039;il y ait des parlementaires qui aillent en première ligne pour dire “Écoutez la parole des personnes concernées”, qui aillent faire des propositions de loi alternatives, et je dirais même, dans un premier temps, qu&#039;ils aillent se former sur les transidentités. On fait beaucoup de formations. Les seules personnes qu&#039;on ne forme pas, c&#039;est les journalistes, les magistrats et les parlementaires, c&#039;est-à-dire les personnes qui finalement vont amener l&#039;opinion d&#039;une façon ou d&#039;une autre et vont prendre les décisions d&#039;une façon ou d&#039;une autre. C&#039;est un vrai sujet. Ce serait bien qu&#039;enfin on puisse former les parlementaires sur les enjeux d&#039;identité de genre de façon à ce qu&#039;ils et elles puissent avoir un point de vue qui soit cohérent à la réalité et pas aux fantasmes. En fait, ce rapport, il charrie énormément de fantasmes, et nos voix peuvent les combattre.  
Ce rapport, il est clairement transphobe au sens étymologique du terme. La transphobie, c&#039;est avoir peur des personnes trans. Ce rapport est rempli de peurs. La peur qu&#039;un enfant soit trans. La peur qu&#039;un enfant fasse une transition. La peur de la façon dont les personnes vont parler de leur identité de genre. La peur dont les associations peuvent accompagner les personnes trans. La peur dont les médecins peuvent accompagner les personnes trans positivement. Avoir peur de la transidentité, c&#039;est littéralement de la transphobie. Il faut dire les mots, il faut dire les choses.  
Et ce qui serait bien, c&#039;est qu&#039;on puisse avoir des personnes en charge de la lutte contre les discriminations, par exemple au gouvernement qui nous défendent. Le problème, c&#039;est que la personne qui est en charge de la lutte contre les discriminations au gouvernement, Aurore Berté, a dit dans le JDD qu&#039;elle allait recevoir les parlementaires. Elle n&#039;a toujours pas reçu les associations de personnes trans. Ce n&#039;est pas la première fois qu&#039;elle ne nous reçoit pas. Il serait grand temps qu&#039;elle s&#039;occupe de son ministère et pas du ministère de la Famille ou de la moralité. Elle est au ministère de la Lutte contre les discriminations. Pas au ministère de la Lutte pour la morale publique.  


    Pour aller plus loin...
    

            Consulter le rapport sénatorial (attention les yeux !) : https://observatoirepetitesirene.org/rapport
        Le dernier numéro de la très pertinente newsletter “Gendercover”, signée Rozenn Le Carboulec, revient lui aussi sur le rapport : https://gendercover.substack.com/p/coulisses-lobbying-anti-trans-senat
        Le travail de l’association Toutes Des Femmes, qui passe du temps à débunker les argumentaires transphobes : https://toutesdesfemmes.fr/faq-mythes-et-mensonges-sur-les-personnes-trans/ 
        Le site internet de l’association OUTrans : https://www.outrans.fr/
                
    

    L&#039;équipe de l&#039;émission
    
Présentation : Diego de Cao 
Réalisation : Colin Gruel 
]]></description><itunes:summary>
    Les sénateurs Les Républicains viennent de publier un rapport sur la "transidentification des mineurs". Un proposition de loi est promise avant l'été, annoncé par les associations comme le texte "le plus transphobe d'Europe".
    
Vous êtes là, vous vibez dans votre vie, le printemps pointe enfin le bout de son nez et clairement vous demandez rien à personne. C'était sans compter sur les sénateurs du groupe Les républicains qui ont déposé la semaine dernière un document de travail mené par Jacqueline Eustache-Brinio pour faire un état des lieux des actions à mener suite à, je cite, “une hausse croissante des demandes de changement de sexe chez les enfants et chez les adolescents”.  
Sous prétexte de vouloir protéger les mineurs, ce document aboutit à une liste de préconisations à adopter dans les domaines médicaux et administratifs comme interdire l’accès aux hormones, aux bloqueurs de puberté (comme très récemment en Grande-Bretagne) ou même la fin de la prise en compte des questions d’identités de genre à l’école.  
Le groupe Les Républicains souhaiterait faire aboutir ce document dans une proposition de loi avant l’été. 
Avant d'aboutir à ce rapport de 400 pages où la transphobie qui s'exprime confinerait presque au complotisme, les sénateurs ont mené plusieurs audiences. Une seule association trans a été reçue : OUTrans, le groupe féministe d'autosupport trans. Nous recevons cette semaine Anaïs Perrin-Prevelle, directrice de l'association. 

Racontez-nous la genèse de ce rapport… 
Anaïs Perrin-Prévelle : L'origine de ce document de travail, c'est un groupe qui s'appelle l'Observatoire La Petite Sirène, qui essaye de s'opposer par tous les moyens possibles et imaginables à la prise en charge de l'identité de genre chez les mineurs et qui a un certain écho, et en particulier du côté de certain·e·s sénateurces, en l'espèce la sénatrice qui est à l'origine de ce rapport-là, Jacqueline Eustache-Brinio.  
En lisant le rapport, on constate à quel point le travail de cette commission était très orienté. Céline Masson et Caroline Eliacheff, qui sont les deux directrices de l'Observatoire, étaient présentes à toutes les auditions. 
Sur la portée du rapport, c'est un peu difficile à dire dans le sens où c'est un rapport interne au groupe Les Républicains, c'est pas un rapport d'une commission du Sénat, même s'il y a le tampon Sénat. En réalité, c'est juste un document interne au groupe LR. Et encore… En fait c'est une personne qui dans son coin a fait son truc, mais qui a utilisé un peu les ors de la République pour donner l'impression que c'est quelque chose d'un peu officiel. L'avantage de pouvoir le faire du côté juste au sein du groupe LR, c'est qu’il n'y avait pas d'obligation de faire quelque chose dans les règles de l'art, il n'y avait pas l'obligation de respecter un certain pluralisme, il n'y avait pas l'obligation d'avoir vraiment des gens qui vont retranscrire ce qui s'est dit pendant les débats. Et donc ça donne la liberté de changer, de travestir la réalité, de choisir les termes qui les intéressent.  
Ça donne un rapport complètement biaisé. C'est strictement un élément idéologique qui sert de tract à l'Observatoire de la Petite Sirène.  
Le rapport débouche sur une proposition de loi visant à restreindre l'accès des aux parcours de transition pour les mineurs. Quelle est la situation aujourd'hui et comment sont elles prises en charge ?  
Alors, il y a beaucoup de fantasmes sur la prise en charge des mineurs. Il y a une réalité qui est la difficulté d'accès de façon générale aux soins pour les personnes trans, qu'elles soient mineures ou majeures, et qui est encore plus criante du côté des mineurs, dans le sens où il n'y a pas de règle ou de cadre sur la prise en charge des personnes trans par les professionnels de santé.  
Il faut comprendre que, en matière de transidentité, on est dans une période de bascule, une période où, il n'y a pas si longtemps que ça, la transidentité n'était considérée que comme un trouble mental. Ce n’est plus le cas aujourd'hui. C'est assez récent, hein, parce qu'au niveau de l'OMS, la dépsychiatrisation de la transidentité ne date que du 1ᵉʳ janvier 2022 pour sa mise en application.  
Pourtant, aujourd’hui, pour les mineurs, la pédopsychiatrie reste le seul point d'accès possible pour un parcours de transition. Et du coup, il y a des sortes de critères de souffrance qui sont positionnés : si un jeune ou une jeune ne souffre pas assez, en gros s’il n'a pas fait de tentative de suicide, ne s'est pas scarifié, s’il n’est pas à un stade où sa santé est en jeu, alors c'est très compliqué d'avoir une prise en charge parce qu'il y a très peu de personnels qui acceptent de prendre en charge dans les hôpitaux qui sont sous dotés en la matière. Donc au final, il y a extrêmement peu de personnes trans qui sont, qui sont accompagnées. 
L’association OUTrans a été auditionnée, par votre voix, pour ce rapport. Pourquoi avoir proposé un entretien avec quelqu’un qui aura de toute façon un avis contraire à ce que les sénateurs cherchent à prouver ?  
En fait, cette audition, et de façon générale ce rapport, c'est un piège. Parce que globalement, ils et elles ont essayé d'interroger des associations, donc ont invité des associations pour se dire “Vous voyez, on est pluralistes, on essaie d'inviter un maximum d'associations, ce n'est pas juste un seul point de vue”. Mais si on y va, on se retrouve dans la situation dans laquelle on est là, avec en fait une reprise extrêmement partiale et partielle de nos propos. Sur une d’audition, il n'y a que quatre lignes qui ont été retenues. Il y a d'autres associations qui ont été approchées, qui avaient donné leur accord pour pouvoir y aller, et qui n’ont pas pu, pour de questions de calendrier. Et au final, je crois qu’on s'est retrouvé·e·s à très peu d'associations à intervenir. Je crois que nous sommes la seule association de personnes trans reconnue en tant qu'association de personnes trans à intervenir sur l'ensemble.  
On s'est retrouvé finalement à la fois dans un piège et pas dans un piège. Parce que le fait d'avoir été de l'intérieur permet d'avoir la légitimité de dire réellement ce qui s'est passé et de dénoncer du coup la façon dont les choses se font. Et on a en tête par exemple de publier prochainement peut être l'exhaustivité de notre audition pour montrer la différence entre les trois lignes qui sont retenues et leurs complète d'auditions, je crois. C'est même sur un peu plus d'une heure, l'heure complète d'audition qu'on a pu avoir avec cette commission et montrer à quel point n'ont été retenu que les éléments qui pouvaient les arranger et surtout pas les éléments qui pouvaient les déranger.  
Parlons maintenant de ces fameux arguments qu'avancent les Républicains, notamment l'argument qui lance cette fois ce rapport une hausse croissante, voire une explosion des demandes de transition de genre chez les mineurs ces dernières années. Est ce que c'est vrai ?  
Je vais vous donner deux chiffres. Pour le Mois des fiertés de juin 2023, l’institut de sondage Ipsos a réalisé une étude sur le nombre de personnes LGBTQ+ et le nombre de personnes dans la diversité de genre dans 30 pays à travers le monde et entre autres la France, avec une étude représentative de la population française et qui dit qu'il y a 10% des personnes en France qui s'identifient comme LGBTQI+, et 4 % des Français·e·s qui se reconnaissent dans la diversité de genre. Et pour les jeunes de 18 à 26, c'est 22 % qui se disent LGBTQI+ 11 % dans la diversité de genre. On peut imaginer que pour les moins de 18 ans, on sera à peu près sur les mêmes ordres de grandeur. 
Il y a 16 millions de mineurs en France. Donc on peut imaginer qu'il y aurait, à la louche, si on retire les plus jeunes âge, au moins un million de personnes qui pourraient avoir besoin d’accéder à un parcours de transition. Ou a minima d'avoir une écoute, d'être reconnu dans leur genre. Imaginons que sur ce million de personnes, ne serait-ce que 10% voudrait se lancer dans un parcours de transition, ça reste quand même 100 000 personnes.  
Pourtant, le rapport le dit lui même : en tout et pour tout, en France, il y a 294 enfants qui ont affection longue durée (ALD), donc une prise en charge à 100 % dans le cadre d’un parcours de transition. Et au sein les équipes dans lesquelles on est nous, parce qu'on fait partie des réunions de concertation pluridisciplinaire à la Pitié-Salpêtrière, sur dix ans, je crois que c'est en tout à peu près 700 gamin·e·s qui ont été suivi·e·s sur dix ans. Et sur ces 700 gamin·e·s, il y en a très peu qui arrivent à la prise d'hormones, ou aux bloqueurs de puberté. Donc en fait on est en train de faire tout un foin autour de rien.  
Oui, un problème de la prise en charge des personnes trans, mais c'est pas le fait de les prendre en charge qui est un problème, c'est le fait de ne pas les prendre en charge qui est un problème. Parce que là ça pose un vrai sujet de santé mentale, parce que le fait qu'on n'accompagne pas l'identité de genre des personnes, on les accompagne pas dans leur transition, ça crée des vrais troubles au niveau de la santé mentale des personnes. 
Ce qui est fondé par contre, c'est qu'il y a effectivement une augmentation de la compréhension de ce qu'est la transidentité. Et les personnes trans sont capables de dire ce qu'elles ressentent aujourd'hui et de mettre un terme sur ce qu'elles ressentent. Ce qui n'était pas le cas avant. Et d'ailleurs on le voit dans les études, il y a effectivement une augmentation sur les dernières années parce qu'il y a une plus grande acceptation du terme. La dépsychiatrisation de la transidentité, ça remonte seulement au 1ᵉʳ janvier 2022. Donc c'est normal qu'à partir du moment où on considère que quelque chose, qui était vu comme étant un délire psychiatrique, est en fait tout à fait normal, les gens se disent “ah bon bah du coup j'ai le droit de l'être”, c'est juste logique.  
Et ç'aurait même été anormal qu'on n'ait pas une forte augmentation du nombre de personnes trans. Et puis à un moment, ça peut se stabiliser. Et d'ailleurs c'est ce qu'on commence à voir dans un certain nombre d'études où il y a les courbes qui ont augmenté assez fortement sur peu d'années, mais qui maintenant ont tendance plutôt à se stabiliser à un certain niveau et qui à un niveau plus cohérent par rapport au nombre de personnes concernées.  
Il y a une volonté d'interdire, comme la Grande-Bretagne très récemment, la prescription de bloqueurs de puberté soi-disant dangereux. Quels sont leurs effets concrets ?  
Il faut d’abord comprendre à quoi servent les bloqueurs de puberté.  
La médecine, c'est un rapport sans arrêt entre le bénéfice et le risque : qu'est-ce qu'on va obtenir face aux risques qu'on pourrait éventuellement prendre ? Ce qu'on va obtenir sera-t-il supérieur aux risques qu'on va encourir ?  
L'idée des bloqueurs, c'est de suspendre la puberté pour que l’enfant ait le temps de réfléchir, ne pas dire dès le départ qu’on va s’engager immédiatement dans le genre revendiquer, mais simplement suspendre la puberté pour prendre le temps de la réflexion. Et si ensuite, l’enfant confirme son choix, on pourra lui donner les hormones qui correspondent au genre revendiqué. Si, au contraire, en réfléchissant, l’enfant ne souhaite plus s’engager sur un parcours de transition, on va lâcher les bloqueurs de puberté et la puberté va se faire naturellement.  
Nous, on organise des groupes de parole pour les ados et les mineurs trans. On a d'un côté les ados, les mineurs, de l'autre côté les parents. Et les parents ont plein de questions autour de ça : est-ce que je dois accompagner mon enfant ? Et comment ? Et beaucoup de parents nous disent : “Moi, je veux bien, mais je préfère que mon enfant prenne sa décision quand iel sera majeur, parce que je ne veux pas prendre de décision maintenant”. Et on leur explique que ne pas prendre de décision, c'est prendre une décision. C'est prendre la décision que la puberté va faire son taf, c'est prendre la décision par exemple pour une gamine trans qu'elle va avoir le visage qui va se masculiniser, qu'elle ne va pas avoir la poitrine qui va se développer comme souhaité, qu'elle va avoir la mue de la voix qui sera définitive, qu'elle va avoir potentiellement la pomme d'Adam qui va se développer, qu'elle va avoir une pilosité faciale qui va se développer, une pilosité corporelle qui va se développer, etc. Alors que si on a bloqué la puberté et qu'après on lui donne des hormones féminines, ça fait beaucoup moins d'opérations à faire. Pas d'opération sur le visage, pas de pomme d'Adam, peut-être même pas d'augmentation mammaire, pas d'opération de la voix, pas de travail sur la voix. Donc c'est énormément de gain de temps.  
Un argument qu’on va beaucoup opposer à ça, c’est celui du regret : que faire si quelques années plus tard l’enfant regrette de s’être engagé trop tôt sur cette voie ? 
On sait qu'à partir du moment où on s'engage dans un parcours de transition, dans plus de 99 % des cas, on va persister. Et pas plus tard que la dernière réunion, une mère qui disait “mais oui, mais je veux pas qu'elle regrette et qu'elle m'en veuille finalement d'avoir donné des hormones”... Sauf qu’on sait que les taux de regret sont extrêmement faibles, inférieurs à 1 %. À l'inverse, on sait que les taux de suicide sont extrêmement forts. Pour certaines études, on arrive à 50 %. Donc, est-ce que le sujet c'est de se dire que peut-être que, dans 1 % ou moins de 1 % des cas, il y aura un risque de regret ou au contraire de dire que, de façon un peu plus certaine, on va avoir peut être un suicide, mais au moins des opérations multiples à faire par la suite.  
Donc pour éviter une une éventuelle opération qui a peu de chances d'arriver, on va de façon certaine pousser vers des opérations qui vont fatalement arriver derrière. Donc c'est très compliqué pour les parents, on dit pas que c'est facile ! Mais les bloqueurs, ça permet de suspendre un peu cette puberté-là, de prendre le temps de réfléchir collectivement : les parents, l'enfant, etc.  
Nous, on est pour l'autodétermination des personnes trans. On pense que les personnes trans sont les seules personnes qui sont capables de dire quel est leur genre et comment elles peuvent potentiellement faire la transition qu'elles souhaitent. Et la question, c'est de savoir est-ce qu'un enfant est capable de s'autodéterminer. Il y a certains enfants qui, très tôt, sont capables de s'autodéterminer.  
Ce qui est très intéressant quand on regarde la situation à l’étranger, c’est qu’on se rend compte que dans les pays qui ont récemment basculé sur l'autodétermination pour les changements de mention de sexe à l'état civil, l'âge qui est proposé pour l'autodétermination et la capacité de faire un changement de mention de sexe à l'état civil sans l'accord des parents, c’est quatorze ans ou quinze ans. En France, déjà à 18 ans, on a du mal. Et si on suit le rapport de Jacqueline Eustache-Brinio, il est même dit que pour les majeurs avant 25 ans, il faut s'interroger sur le fait de faire des opérations. Jusqu'à 25 ans, on ne serait pas capables de prendre une décision en France. Mais les enfants dans d’autres pays à quatorze ans, ils sont capables de prendre cette décision… Il doit y avoir un problème en France, non ? 
Le rapport s'appuie-t-il sur des témoignages de détransitions ? 
Je crois qu'il ya un témoigange, oui. Mais le rapport n'est pas capable de sortir des vrais chiffres. 
Nous, on a aucun problème avec les détransitions. Le jour où on aura la capacité de naviguer plus facilement dans le genre, notre société aura davantage évolué. 
Indépendamment de ça, les chiffres qu'on a aujourd'hui sur les détransitions sont très faibles. Et le peu d'exemples sont souvent instrumentalisés. Il y a par exemple un chiffre de la US Trans Survey, une grande étude qui porte sur les personnes trans aux Etats Unis, et la question est de savoir si, pour les personnes trans qui répondent au questionnaire, il y a eu un moment où elles ont marqué une pause dans leur parcours, ou si elles sont revenues en arrière. De mémoire, il y a 7 ou 8% des répondantes qui disent oui. Mais ça ne veut pas forcément dire qu'elles ont détransitionné ! 
Tout est détourné, et il y a très peu d'études qui montrent qu'il y aurait une augmentation des détransitions. Les études montrent plutôt qu'on persiste plkus largement. Et on constate même que quand on s'intéresse au cas des personnes qui entament une détransition, qui reviennent en arrière, la plupart du temps, leurs motivations, c'est plutôt la difficulté à faire une transition sociale : c'est compliqué d'être une personne trans dans nos sociétés, donc c'est parfois plus facile d'arrêter. Ca ne veut pas dire qu'il n'y aura pas de transition plus tard ! 
Mais encore une fois, on n'a pas de problème avec ça ! On trouverait même normal d'en faire plus... 
Comment peut-on répondre à ce rapport qui malgré tout fait beaucoup de buit ? Est ce qu'il pourrait y avoir un contre rapport parlementaire qui pourrait avoir un impact ? 
Ça fait longtemps qu’on sait que ce rapport doit sortir. On aurait été ravi·e·s qu'à ce moment là, des sénateurices de gauche, ou même des députés, puissent s’engager aussi sur ce champ pour proposer un contre-rapport. Maintenant, c’est trop tard. Donc il faut malheureusement résister. Le problème, c’est que la parole des concernée est quasiment inaudible sur le sujet, même la nôtre, alors qu'on est la seule association trans à avoir été auditionnée. Il n’y a que sur Radio Campus Paris que j'ai pu en parler. Donc merci ! Mais ça reste un problème. 
On a besoin du coup d'avoir des parlementaires qui nous soutiennent et on aimerait bien que les parlementaires se mouillent parce que le sujet, c'est ça. Aujourd'hui, un parlementaire va se mouiller en faisant un tweet, c'est cool. Elon Musk est content, il vous remercie. Mais sorti de ça, ça n'a aucun intérêt. Ce qui est intéressant, c'est qu'il y ait des parlementaires qui aillent en première ligne pour dire “Écoutez la parole des personnes concernées”, qui aillent faire des propositions de loi alternatives, et je dirais même, dans un premier temps, qu'ils aillent se former sur les transidentités. On fait beaucoup de formations. Les seules personnes qu'on ne forme pas, c'est les journalistes, les magistrats et les parlementaires, c'est-à-dire les personnes qui finalement vont amener l'opinion d'une façon ou d'une autre et vont prendre les décisions d'une façon ou d'une autre. C'est un vrai sujet. Ce serait bien qu'enfin on puisse former les parlementaires sur les enjeux d'identité de genre de façon à ce qu'ils et elles puissent avoir un point de vue qui soit cohérent à la réalité et pas aux fantasmes. En fait, ce rapport, il charrie énormément de fantasmes, et nos voix peuvent les combattre.  
Ce rapport, il est clairement transphobe au sens étymologique du terme. La transphobie, c'est avoir peur des personnes trans. Ce rapport est rempli de peurs. La peur qu'un enfant soit trans. La peur qu'un enfant fasse une transition. La peur de la façon dont les personnes vont parler de leur identité de genre. La peur dont les associations peuvent accompagner les personnes trans. La peur dont les médecins peuvent accompagner les personnes trans positivement. Avoir peur de la transidentité, c'est littéralement de la transphobie. Il faut dire les mots, il faut dire les choses.  
Et ce qui serait bien, c'est qu'on puisse avoir des personnes en charge de la lutte contre les discriminations, par exemple au gouvernement qui nous défendent. Le problème, c'est que la personne qui est en charge de la lutte contre les discriminations au gouvernement, Aurore Berté, a dit dans le JDD qu'elle allait recevoir les parlementaires. Elle n'a toujours pas reçu les associations de personnes trans. Ce n'est pas la première fois qu'elle ne nous reçoit pas. Il serait grand temps qu'elle s'occupe de son ministère et pas du ministère de la Famille ou de la moralité. Elle est au ministère de la Lutte contre les discriminations. Pas au ministère de la Lutte pour la morale publique.  


    Pour aller plus loin...
    

            Consulter le rapport sénatorial (attention les yeux !) : https://observatoirepetitesirene.org/rapport
        Le dernier numéro de la très pertinente newsletter “Gendercover”, signée Rozenn Le Carboulec, revient lui aussi sur le rapport : https://gendercover.substack.com/p/coulisses-lobbying-anti-trans-senat
        Le travail de l’association Toutes Des Femmes, qui passe du temps à débunker les argumentaires transphobes : https://toutesdesfemmes.fr/faq-mythes-et-mensonges-sur-les-personnes-trans/ 
        Le site internet de l’association OUTrans : https://www.outrans.fr/
                
    

    L'équipe de l'émission
    
Présentation : Diego de Cao 
Réalisation : Colin Gruel 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 29 Mar 2024 00:00:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-la-droite-senatoriale-sa-2024-03-29-L6WfRZKf.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-la-droite-senatoriale-sa-2024-03-29-L6WfRZKf.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/r2QW-lhebdo-la-droite-senatoriale-sattaque-aux-mineurs-transgenres</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-8xXhVMfZdd.jpg"/></item><item><title>"Hacker la peau" : la prophétie politique queer de Jul Maroh et Sabrina Calvo + La Mulette en live !</title><description><![CDATA[
    C&#039;est le retour de notre émission mensuelle ! Et ce mois-ci, on passe une heure avec lea dessinateurice Jul Maroh et l&#039;autrice Sabrina Calvo, qui publient &quot;Hacker la peau&quot; aux éditions du Lombard
    
Dans un Lyon pas si dystopique que ça, Prin, Molly et Axl fuient les fascistes qui ont pignon sur rue depuis l&#039;arrivée de l&#039;extrême-droite au pouvoir. Hacker la peau est le récit d&#039;une nuit de violence où l&#039;on suit trois personnages, pris dans une relation amoureuse tumultueuse. Polyamour, transidentité, spiritualité, lutte... La BD aborde de très nombreuses thématiques. On en tire quelques fils avec les deux auteurices : Jul Maroh (Le bleu est une couleur chaude) et Sabrina Calvo. 

    
        
        
    

Jul Maroh sera en dédicace tout le mois d&#039;avril dans de nombreuses librairies. Suivez-lea sur son compte Instagram, et abonnez-vous à sa newsletter ! 

    Dans l&#039;actualité queer...
    
Juliette revient sur les 30 ans du Sidaction. C&#039;est en 1994 que la première émission consascrée à la récolte de dons pour la lutte contre le VIH/Sida est diffusée simultanément sur plusieurs chaînes de télévision pendant 6h de direct. 30 ans plus tard, où en sommes-nous ? Éléments de réponse avec Sandrine Fournier, directrice du pôle Financement des associations au Sidaction. 
Un entretien à écouter et à lire en intégralité ici 

    Les Disques du Lobby
    
Xavier nous partage sa passion du cabaret et reçoit La Mulette. Un artiste à découvrir en live et en interview ! 
Vous pouvez aller voir La Mulette aux soirées électro de Madame Arthur du 4 au 7 avril ! 

    L&#039;agenda
    
• Le 29 mars, rendez-vous au Titi Palacio pour la première édition du Kessecé Ce Cirque, le show drag cirque mensuel porté par notre compagnon de route Miroslav Toi Les Mains 
• Le 31 mars, c&#039;est la journée de visibilité trans ! 

    L&#039;équipe de l&#039;émission
    
Présentation : Colin Gruel et Victor Samoth-Panetti 
Réalisation : Margot Page et Suzanne Saint-Cast 
Chronique : Zoé Monrozier, Xavier Paufichet et Juliette Mouëllic 
]]></description><itunes:summary>
    C'est le retour de notre émission mensuelle ! Et ce mois-ci, on passe une heure avec lea dessinateurice Jul Maroh et l'autrice Sabrina Calvo, qui publient "Hacker la peau" aux éditions du Lombard
    
Dans un Lyon pas si dystopique que ça, Prin, Molly et Axl fuient les fascistes qui ont pignon sur rue depuis l'arrivée de l'extrême-droite au pouvoir. Hacker la peau est le récit d'une nuit de violence où l'on suit trois personnages, pris dans une relation amoureuse tumultueuse. Polyamour, transidentité, spiritualité, lutte... La BD aborde de très nombreuses thématiques. On en tire quelques fils avec les deux auteurices : Jul Maroh (Le bleu est une couleur chaude) et Sabrina Calvo. 

    
        
        
    

Jul Maroh sera en dédicace tout le mois d'avril dans de nombreuses librairies. Suivez-lea sur son compte Instagram, et abonnez-vous à sa newsletter ! 

    Dans l'actualité queer...
    
Juliette revient sur les 30 ans du Sidaction. C'est en 1994 que la première émission consascrée à la récolte de dons pour la lutte contre le VIH/Sida est diffusée simultanément sur plusieurs chaînes de télévision pendant 6h de direct. 30 ans plus tard, où en sommes-nous ? Éléments de réponse avec Sandrine Fournier, directrice du pôle Financement des associations au Sidaction. 
Un entretien à écouter et à lire en intégralité ici 

    Les Disques du Lobby
    
Xavier nous partage sa passion du cabaret et reçoit La Mulette. Un artiste à découvrir en live et en interview ! 
Vous pouvez aller voir La Mulette aux soirées électro de Madame Arthur du 4 au 7 avril ! 

    L'agenda
    
• Le 29 mars, rendez-vous au Titi Palacio pour la première édition du Kessecé Ce Cirque, le show drag cirque mensuel porté par notre compagnon de route Miroslav Toi Les Mains 
• Le 31 mars, c'est la journée de visibilité trans ! 

    L'équipe de l'émission
    
Présentation : Colin Gruel et Victor Samoth-Panetti 
Réalisation : Margot Page et Suzanne Saint-Cast 
Chronique : Zoé Monrozier, Xavier Paufichet et Juliette Mouëllic 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 26 Mar 2024 00:00:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/hacker-la-peau-la-prophetie-pol-2024-03-26-RvAmLEz5.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/hacker-la-peau-la-prophetie-pol-2024-03-26-RvAmLEz5.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/oZNk-hacker-la-peau-la-prophetie-politique-queer-de-jul-maroh-et-sabrina-calvo-la-mulette-en-live</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-p6xNHf1nuE.jpg"/></item><item><title>L'HEBDO — Sidaction : Déjà 30 ans de lutte contre le Sida... Et ça continue</title><description><![CDATA[
    Le 7 avril, le Sidaction fête ses 30 ans. L&#039;occasion pour nous de revenir sur son histoire, et sur l&#039;histoire de la lutte contre le VIH/Sida. 
    
L’association “Ensemble contre le sida”, devenue Sidaction en 2005, fête cette année son trentième anniversaire. C’est le 7 avril 1994 que la première émission du Sidaction est diffusée simultanément sur les sept chaînes de télévision de l’époque. Elle permet de collecter plus de 45 millions d’euros pour soutenir la recherche et les associations œuvrant sur le terrain de la prévention et de l’aide aux personnes malades du sida. Depuis, pour lutter contre ce virus et contre les injustices qu’il entraîne, la mobilisation n’a jamais cessé.  
Penchons-nous alors sur ce virus, avec lequel vivent aujourd’hui en France 200 000 personnes, parmi lesquelles 5000 ayant découvert leur séropositivité en 2023.  
Comment l’épidémie a-t-elle évolué depuis trente ans ? Comment les personnes touchées vivent-elles avec le virus ? Sommes-nous assez informés ? Quelles sont les nouvelles pistes abordées par la recherche ? 
Pour en parler, nous recevons Sandrine Fournier, directrice du Pôle Financement des Associations chez Sidaction. 

Racontez-nous l&#039;histoire du Sidaction et les objectifs de l&#039;association à sa création... 
Sandrine Fournier : En fait, cette association, elle s&#039;est créée à l&#039;initiative de plusieurs associations qui sont des associations de terrain telles que l&#039;association AIDES, Act-Up, Dessine-moi un mouton, qui suit à ce moment-là plus particulièrement les familles, les enfants atteints du VIH. Et ces associations, elles crient dans le désert à ce moment-là. C&#039;est une époque où on est en 1994, où certes il y a des réponses, mais encore très insuffisantes, à la fois en termes de recherche, les besoins de recherche sont immenses. Vous le savez, en 1994, les trithérapies ne sont pas encore sur le marché, pas encore élaborées, donc les gens meurent. C&#039;est vraiment une période terrible.  
Donc c&#039;est dans cette situation d&#039;urgence à accompagner les personnes qui sont en train de mourir du sida, qui sont pour certaines d&#039;entre elles et pour beaucoup d&#039;entre elles, rejetées par leur famille, y compris traitées avec beaucoup de précautions à l&#039;hôpital, victimes de discrimination de mille manières. C&#039;est vraiment une période très noire, une période pendant laquelle, effectivement, on a besoin de recherche : à la fois de la recherche fondamentale, mais aussi de la recherche en sciences sociales pour comprendre quels sont les freins au dépistage, ou pour comprendre quelles sont les représentations dans telle ou telle communauté qui vont conduire les gens à ne pas recourir aux soins, etc. Et la recherche fondamentale est nécessaire en en premier lieu pour essayer de trouver un vaccin, mais plus globalement pour essayer de comprendre comment le système immunitaire réagit face à ce virus qui est extrêmement complexe et qui l&#039;attaque. Le VIH est très particulier. 
Et donc quelles sont les différentes actions que le Sidaction met en œuvre? C&#039;est notamment du soutien à la recherche ?  
Sidaction finance pour un tiers des actions de recherche, pour un tiers des actions associatives en France et pour le dernier tiers des actions associatives à l&#039;international. À l&#039;international, c&#039;est principalement en Afrique subsaharienne. On finance des actions dans 18 pays, dont 15 en Afrique subsaharienne et Afrique du Centre et dans trois pays d&#039;Europe de l&#039;Est. Vous le savez peut-être, aujourd&#039;hui, c&#039;est en Europe de l&#039;Est que l&#039;épidémie flambe à nouveau.  
En 30 ans, qu&#039;est ce qui a changé pour le Sidaction?  
Alors d&#039;abord, ce qui a été incroyable, c&#039;est 1996. C&#039;est l&#039;arrivée des trithérapies, des gens qui allaient mourir et qui savaient qu&#039;ils allaient mourir, se trouvent littéralement sauvés par les trithérapies. Des médicaments qui, notamment pour les premières générations de médicaments, sont quand même des traitements très lourds. Je me souviens des ami.es à l&#039;époque qui prenaient une trentaine de comprimés par jour à heure fixe, avec des effets secondaires vraiment vraiment difficiles, mais néanmoins, qui leur ont sauvé la vie. Donc ça change tout en France et dans les pays qui ont accès à ces traitements, il faudra qu&#039;on se batte pendant des années pour que les pays africains, notamment, où l&#039;épidémie est la plus forte, aient accès aux antirétroviraux.  
Mais en tout cas, c&#039;était un premier signal très fort, une première étape très importante. Ensuite, évidemment, on a besoin de continuer à financer la recherche parce que le vaccin, il n’y en a toujours pas, et aujourd&#039;hui encore, toujours pas. Alors je dirais que 30 ans voire 40 ans de recherche vaccinale, ça n&#039;a pas du tout servi à rien. Il faut bien avoir conscience que les équipes qui ont élaboré un vaccin contre le SARS-COV 2 en  un an sont les mêmes qui travaillent sur le VIH depuis 40 ans. C&#039;est-à-dire que c&#039;est aussi parce que ce virus est si complexe et qu&#039;il est si difficile de trouver un vaccin que ça nous a fait beaucoup avancer sur la compréhension du système immunitaire et que toutes ces recherches, elles ont aussi pu bénéficier à d&#039;autres pathologies, au cancer notamment.  
Donc on continue à chercher. C&#039;est très très difficile de trouver un vaccin contre le VIH mais aujourd&#039;hui, on a beaucoup avancé sur les traitements. Aujourd&#039;hui, en France, on a accès à 90 lignes de traitements différents puisque comme vous le savez peut-être un virus va s&#039;adapter et petit à petit créer des résistances avec les traitements. Donc on a toujours besoin de créer de nouveaux traitements, de nouvelles molécules. Il faut toujours avoir une longueur d&#039;avance sur le virus. Cette capacité, on l’a en France mais malheureusement pas partout dans le monde. Beaucoup de gens ont accès à une ligne de traitement et c&#039;est tout : que ça marche ou que ça ne marche pas, il n&#039;y a pas autre chose.  
C&#039;est aussi pour ça qu&#039;on est présent·e·s dans ces pays là en particulier en Afrique subsaharienne et du Centre où là, la question de l&#039;accès aux traitements est particulièrement prégnante pour les enfants. On estime à 39 millions le nombre de personnes qui aujourd&#039;hui vivent avec le VIH dans le monde. 9 millions, soit à peu près un quart, n&#039;ont pas accès aux traitements. Mais ça fait quand même 30 millions qui y ont accès : c&#039;est déjà un progrès vraiment considérable. En revanche, on voit qu&#039;en Afrique de l&#039;Ouest et du Centre, plus de la moitié des enfants infectés n&#039;ont pas de traitement. Donc il y a encore beaucoup de travail à faire. 
C&#039;est aussi grâce aux dons qui sont faits pour le Sidaction que cette recherche peut être financée ? J&#039;ai vu que vous organisez le samedi 23 mars 1 soirée événement diffusé sur France deux avec plusieurs artistes. Quel est l&#039;objectif de cette soirée? Je suppose que c&#039;est un moment où vous récoltez beaucoup de dons et peut être même le plus ?  
Tout à fait. Ça, c&#039;est un moment phare de notre collecte, qui n&#039;est pas seulement concentrée sur ce prime à la télévision, sachant qu&#039;aujourd&#039;hui beaucoup de gens d&#039;abord ne regardent pas la télévision, sont plutôt sur les réseaux sociaux, ou bien regardent en replay. Mais on sait aussi qu&#039;on a des donateurs et donatrices fidèles, qui pour beaucoup sont des personnes plus âgées et qui regardent la télévision. Donc pour eux et elles, ça fait sens, avec une certaine affection pour Line Renaud et ses comparses qui vont animer la soirée. On va revenir sur ces 30 ans au cours de cette soirée, à la fois avec des témoignages, des images d&#039;archives, puis aussi de la culture pop qui a émaillé ces 30 ans et qui a aussi accompagné la lutte.  
Donc si on veut soutenir le Sidaction, comment faire ? J&#039;imagine qu&#039;on peut faire des dons toute l&#039;année. Est-ce possible de participer à des actions un peu plus concrètes ? 
 Faire des dons toute l&#039;année,oui, tout à fait, en particulier sur Sidaction.org, mais aussi par courrier, on peut tout simplement envoyer un chèque. Pendant cet événement médiatique, cette période du Sidaction Média, on ouvre un numéro de téléphone, le 110, qui est un numéro gratuit que l&#039;on peut appeler pour faire une promesse de dons. Et là, nous mobilisons des bénévoles qui répondent à ces appels qui enregistrent les coordonnées des personnes et ensuite ces personnes sont recontactées pour confirmer leurs dons. On peut aujourd&#039;hui aussi faire un don par SMS, un don de 10 € en envoyant le mot DON au 92 110.  
Aujourd&#039;hui, le sida, on en est où ? Et comment l&#039;épidémie a-t-elle évolué ces 30 dernières années ? 
Sandrine Fournier : Alors je dirais qu&#039;aujourd&#039;hui, on est vraiment sur le dernier kilomètre en France et dans les pays occidentaux. Il y a encore beaucoup de problématiques en Afrique parce que le continent africain et dans d&#039;autres régions du monde, comme en Asie en particulier, là où les systèmes de santé ne sont pas très robustes, le VIH est une problématique, mais ils ont bien d&#039;autres problématiques de santé. Le VIH, pour vous donner un exemple, en Afrique par exemple, nous finançons des programmes que l’on appelle PTME pour Prévention de la Transmission de la Mère à l&#039;Enfant. Typiquement, en France, il n&#039;y a plus de transmission de la mère à l&#039;enfant.  
Une mère qui, au cours de la grossesse, au cours de l&#039;accouchement ou de l&#039;allaitement, va transmettre le VIH, ça n’existe plus beaucoup, tout simplement parce que les femmes sont systématiquement dépistées avec leur consentement mais elles le sont vraiment très systématiquement. Dès lors qu&#039;une femme est dépistée positive, elle bénéficie d&#039;un traitement. Le traitement aujourd&#039;hui permet de ne pas transmettre le VIH ni à son enfant ni à son partenaire sexuel. C&#039;est vraiment quelque chose que je trouve important de répéter parce que malheureusement, ça semble difficilement imprimé dans les oreilles du grand public.  
Une personne qui vit avec le VIH aujourd&#039;hui, qui prend son traitement, ne transmet pas le VIH. C&#039;est ça aussi la force du traitement. C&#039;est pourquoi le traitement participe de la prévention. C&#039;est pourquoi aussi, il est très important aujourd&#039;hui de se faire dépister, tout simplement parce qu&#039;en étant dépisté, on est traité. C&#039;est d&#039;abord pour soi car quand on est traité tôt, on sait qu&#039;aujourd&#039;hui, qu’avec les médicaments actuels, on a une espérance de vie qui est tout à fait égale à celle de la population générale. Et évidemment, ça a un impact considérable sur la dynamique de l&#039;épidémie, puisqu&#039;on ne transmet pas le VIH. C’est pourquoi on insiste beaucoup sur le dépistage, c&#039;est la pierre angulaire aujourd&#039;hui de la prévention, parce que les gens qui aujourd&#039;hui transmettent le VIH sont des gens qui ne se savent pas porteurs du voyage.  
Donc aujourd&#039;hui, on a quand même de moins en moins de cas ? 
Alors tout à fait, on voit une baisse. Ça prend beaucoup de temps puisqu&#039;on a encore 5000 nouveaux diagnostics comptabilisés en 2022. C&#039;est encore trop, mais c&#039;est quand même une baisse significative. Moi, quand j&#039;ai commencé il y a un peu plus de dix ans à Sidaction, on était plutôt autour de 6000, ou 7000. On voit d&#039;ailleurs l&#039;évolution : les nouveaux diagnostics nous renseignent aussi sur ce qui marche et ce qui ne marche pas. Ce qui est très significatif, c&#039;est que lorsque je commence à Sidaction, je commence comme chargée de mission prévention gay et ce sont la majorité des hommes homosexuels qui sont concernés par les nouveaux diagnostics à l&#039;époque.  
Aujourd&#039;hui, ça a fortement baissé. Aujourd&#039;hui, c&#039;est 41 % des hommes ayant des relations sexuelles avec d&#039;autres hommes qui sont concernés par les nouveaux diagnostics : c&#039;est encore très important, mais ça a quand même considérablement baissé. C’est sans surprise parce qu&#039;on dispose aujourd&#039;hui d&#039;un médicament qui s&#039;appelle la PrEP. Pendant longtemps, on ne disposait que d&#039;un outil, c&#039;était la capote. Aujourd&#039;hui, on a heureusement la PrEP. La PrEP est très efficace. Ça consiste en la prise d&#039;un médicament, soit de manière continue si on a une sexualité très active, soit avant et après un rapport sexuel, et qui empêche l&#039;acquisition du VIH avec un très haut niveau de protection. On a pu déployer cet outil au sein des communautés gays les plus actives sexuellement, et on voit que ça a directement un impact sur l&#039;épidémie. On a constaté que, parmi les hommes gais, eh bien, les hommes gays nés à l&#039;étranger, les nouveaux diagnostics ne diminuent pas. Ils ne diminuent pas précisément parce que ces personnes-là sont plus éloignées de la PrEP. La PrEP est surtout prise par des hommes plutôt avec un haut niveau d&#039;éducation, plutôt bien insérés, plutôt blancs.  
Donc là, on a des on sait où on doit mettre le paquet aujourd&#039;hui précisément, auprès de sous-groupes, notamment les HSH, c&#039;est-à-dire les hommes gays noirs en particulier, parce qu’ils sont particulièrement exposés et à la fois plus éloignés des outils de prévention et du soin. 
Est ce qu&#039;il y a d&#039;autres groupes qui sont particulièrement touchés par le sida? 
Tout à fait. Le deuxième groupe le plus exposé aujourd&#039;hui, c&#039;est le groupe des personnes originaires d&#039;Afrique subsaharienne. Pendant très longtemps, on pensait que ces personnes, pour la plupart d&#039;entre elles, avaient contracté le VIH dans leur pays d&#039;origine en Afrique. En réalité, une étude réalisée il y a une dizaine d&#039;années nous a montré que la moitié des personnes africaines qui vivent en France avec le VIH l’ont contracté en France et ça c&#039;est complètement corrélé à leur situation de précarité. C&#039;est-à-dire que c&#039;est tellement difficile, lorsqu&#039;on est en France, sans papiers notamment, d&#039;obtenir au fil du temps une situation stable, c&#039;est-à-dire un logement, la possibilité de travailler, etc, qu’en particulier, les femmes sont dans ces périodes-là, des premières des premiers temps arrivés en France, très exposées aux violences sexuelles, sont parfois contraintes de monnayer un hébergement, de la nourriture pour leurs enfants contre relation sexuelle. C&#039;est comme ça qu&#039;elle contracte le VIH.  
On est dans des situations où effectivement il faut regarder les différents groupes puisqu’ils ne sont pas exposés de la même manière, ni pour les mêmes raisons. On mesure aujourd&#039;hui davantage la situation des personnes trans. Aujourd’hui, dans ce qu&#039;on appelle la déclaration obligatoire pour le VIH que doivent réaliser les médecins qui découvrent un diagnostic, on inclut des questions qui incluent les personnes trans.  
Auparavant, on inscrivait les personnes soit dans hommes ou femmes, et de la même manière que pendant très longtemps, on était soit un homme gay, soit un homme migrant, mais on ne pouvait pas être les deux. Et c&#039;est justement quand les associations, en l&#039;occurrence Sidaction, ont alerté Santé Publique France en disant “Attention, là on a un angle mort sur l&#039;épidémie. Ce sont par exemple les hommes gays noirs.” Alors, Santé publique France, à ce moment-là, a mis en place de nouvelles questions dans la surveillance systématique. Et là, on s&#039;est rendu compte qu&#039;il y avait un sous-groupe particulier et qui n&#039;était pas du tout dans la même situation, vis-à-vis du VIH que les hommes gays blancs. Les actions que le Sidaction finance sont des actions qui ciblent les groupes les plus exposés.  
On travaille aussi avec les travailleureuses du sexe. On finance beaucoup les associations communautaires qui accompagnent les travailleuses et les travailleurs du sexe. Pour cette population, en France, on n&#039;a pas de chiffres. Mais on sait qu&#039;à l&#039;échelle du monde, on dispose de données qui montrent que ces personnes sont particulièrement exposées. Et nous, ce qu&#039;on sait, c&#039;est que les travailleurs et travailleuses du sexe étaient très efficaces sur le port du préservatif. Mais ce qu&#039;on voit, c&#039;est que la loi de 2016 qui pénalise les clients de la prostitution a eu un impact très négatif sur l&#039;exercice de ce métier, en obligeant les femmes à se cacher davantage, donc à s&#039;exposer à davantage de violences, elles sont moins visibles, elles sont plus éloignées, plus éloignées aussi des associations de prévention qui avaient l&#039;habitude de distribuer des préservatifs, de venir apporter du soutien. Elles sont obligées d&#039;être beaucoup plus mobiles, de se cacher. Et elles sont dans cette situation où c&#039;est le client qui prend un risque légal. Elles sont moins dans une capacité à négocier le préservatif avec le client et par ailleurs, comme il y a aussi moins de clients, il y a la nécessité d&#039;accepter parfois des gens qu&#039;on n&#039;accepterait pas si on avait le choix et parfois accepter des rapports sans préservatif. Donc, par exemple, nous, la question de donner accès à la PrEP aux travailleuses du sexe dans ce contexte est l&#039;un des enjeux aujourd&#039;hui.  
Il y a aussi des personnes incarcérées qui sont plus particulièrement concernées par le VIH, soit en raison de l&#039;usage de drogues, soit de relations sexuelles. On finance aussi des associations qui vont faire de la prévention au sein des maisons pénitentiaires. Donc les groupes qui sont les plus exposés au VIH aujourd&#039;hui sont les hommes homosexuels, qu&#039;ils soient noirs ou blancs, mais particulièrement les hommes homosexuels noirs, et les personnes originaires d&#039;Afrique subsaharienne. 
Pour se protéger, comment fait-on? Vous avez cité la PrEP. Est-ce qu&#039;on peut rappeler un peu ce que c&#039;est et comment on peut faire pour se le faire prescrire, et d&#039;autres moyens peut-être qu&#039;il serait bon de connaître ?  
Oui, tout à fait. La PrEP est accessible aujourd&#039;hui chez le médecin généraliste. Ce n&#039;était pas le cas autrefois : aujourd&#039;hui, vous pouvez demander la PrEP à votre médecin généraliste. Il va vous poser un certain nombre de questions. La recommandation est de la donner aux personnes qui disent en avoir besoin, tout simplement. Pendant très longtemps, c&#039;était plutôt réservé aux hommes gays. Aujourd&#039;hui, on s&#039;accorde tous et toutes sur le fait que si une personne déclare qu&#039;elle a besoin de la PrEP, il faut lui donner. C&#039;est donc un médicament qui a, semble-t-il, d&#039;après les études dont on dispose, très peu d&#039;effets secondaires, qui est très efficace et qui se prend soit de manière continue tous les jours, soit avant et après un rapport sexuel.  
Il faut quand même rappeler que la PrEP ne protège pas des autres IST, qui sont vraiment en forte augmentation partout en Europe, chez les jeunes en particulier les infections comme les gonocoques, les chlamydias, la syphilis. La PrEP protège très bien du VIH, mais en revanche pas des IST, des infections sexuellement transmissibles. En revanche, lorsque vous prenez la PrEP, vous avez un suivi qui vous conduit à faire des check-ups réguliers des autres IST, donc ça permet aussi de les traiter puisque la plupart se soignent très bien en fait, mais il suffit de les diagnostiquer. 
Et donc je suppose que le dépistage fait aussi partie de la prévention. Comment ça se passe un dépistage et où et comment on peut se faire dépister?  
Aujourd&#039;hui, rien de plus simple. On se souvient il y a encore 10 ans ou 20 ans, se faire dépister, c&#039;était pas simple, il fallait aller dans un centre de dépistage anonyme et gratuit éventuellement, ou avec une ordonnance dans un laboratoire. Il fallait attendre une semaine le résultat et quand on avait pris un risque, c&#039;était une semaine d&#039;angoisse.  
Aujourd&#039;hui, il n&#039;y a rien de plus simple, il y a 36 moyens de se faire dépister. On va même aujourd&#039;hui dans n&#039;importe quel labo de ville sans ordonnance se faire dépister gratuitement. On peut aller dans ces centres de dépistage qui s&#039;appellent les CeGIDD, c’est assez intéressant parce qu&#039;ils peuvent proposer toutes sortes de dépistages et notamment des autres IST. Vous y êtes accueilli.es par des professionnel.les qui vont vous accompagner, discuter avec vous pour essayer de voir quelle serait la meilleure stratégie de prévention selon vos pratiques, puisque des stratégies de prévention, il en existe différentes plus ou moins adaptées selon les préférences des personnes, leur mode de vie, etc. Dans ces centres de dépistage, on est sur une prise de sang, mais cette fois-ci avec un résultat très rapide : c&#039;est 24h pour avoir un résultat. Surtout, aujourd’hui, on peut obtenir un résultat avec un dépistage, ce qu&#039;on appelle les TROD, les tests d&#039;orientation diagnostiques, c&#039;est-à-dire c&#039;est une goutte de sang prélevée au bout du doigt et un résultat en 15 minutes. Ces tests sont très fiables et sont proposés par beaucoup d&#039;associations gratuitement.  
Enfin, il y a les auto-tests qu&#039;on peut acheter en pharmacie, eux aussi assez efficaces, qui sont autour de 10€. Les autres dispositifs sont gratuits, rapides. Si vous voulez savoir ou vous faire dépister autour de chez vous, soit par un test rapide, soit par une prise de sang, vous appelez SIDA Info Service ou vous allez sur leur site et ils tiennent à jour quotidiennement les lieux de dépistage, les horaires d&#039;ouverture, etc. Où que vous soyez en France, c&#039;est très facile d&#039;avoir accès au dépistage aujourd&#039;hui. 
Et donc si le résultat est positif, qu&#039;est ce qu’il se passe ? Comment les personnes touchées vivent-elles avec aujourd&#039;hui ? 
Alors, je dirais que ça ne demeure pas une bonne nouvelle, c&#039;est-à-dire que c&#039;est quand même un choc d&#039;apprendre ça. Pourquoi c&#039;est un choc? Parce que même si les traitements sont très efficaces, il s&#039;agit de les prendre toute sa vie, ce n’est pas rien. Pour l&#039;instant, on ne guérit pas du VIH, mais c&#039;est vrai que pour beaucoup de jeunes, il y a une forme de banalisation. C&#039;est devenu une maladie chronique, on prend des traitements et c&#039;est bon… En réalité, là où ça coince, c&#039;est là où on a vraiment pas fait de progrès, c&#039;est sur la stigmatisation et la discrimination des personnes qui vivent avec le VIH.  
Aujourd&#039;hui, c&#039;est toujours aussi difficile qu&#039;il y a 30/40 ans de vivre avec le visage psychiquement. C&#039;est très différent parce que ce n&#039;est plus une annonce de mort, mais c&#039;est quand même une annonce de mort sociale. C&#039;est là aussi que les associations que nous finançons jouent un rôle important, parce que vous n&#039;imaginez pas le nombre de gens qui franchissent les portes de ces associations et qui n&#039;en n&#039;ont jamais parlé à personne, ni à leur conjoint, ni à leur famille, ni à leurs amis. Aujourd&#039;hui, c&#039;est vraiment devenu une maladie du secret. Les associations permettent des lieux où on peut en parler, on peut rencontrer des gens qui sont dans la même situation, on peut échanger dans des groupes de parole autour de comment on annonce sa séropositivité dans tel ou tel contexte, à son conjoint, à ses parents. A chaque fois, c&#039;est un coming-out.  
Depuis que le Sidaction existe, la connaissance qu&#039;on a du virus s&#039;est largement enrichie. Et pourtant, on peut voir notamment sur les réseaux sociaux qu&#039;il y a encore de la désinformation qui circule puisque j&#039;ai vu qu&#039;un jeune sur trois pense que le Sida peut se transmettre par la salive, selon un sondage du Sidaction mené en 2023. Et justement, par rapport à ces clichés, ces idées reçues, comment expliquez-vous qu&#039;il y ait encore autant de lacunes dans la connaissance qu&#039;ont notamment les jeunes de 15-24 ans de cette maladie ? 
C&#039;est une bonne question parce que, malheureusement, on mesure ça tous les ans. On réalise des sondages autour des connaissances à la fois des modes de transmission, des moyens de prévention et des idées aussi, des représentations et des comportements des jeunes. Effectivement, malheureusement, on ne peut que constater une perte des connaissances, tant sur les modes de transmission que sur les moyens de prévention. Ça n&#039;avance pas, les représentations persistent. Je reprends les chiffres du sondage que vous que vous évoquez, qui a été réalisé en décembre 2023. On a interrogé les jeunes, ce qu&#039;on fait tous les ans à cette occasion, et les moins jeunes. On voit que, jeunes comme moins jeunes, ils sont à 44 % à déclarer qu&#039;ils seraient mal à l&#039;aise s&#039;ils apprenaient que la personne qui garde leurs enfants était séropositive. Un tiers serait mal à l&#039;aise de partir en vacances avec une personne séropositive. Et chez les 15-24 ans, 41 % déclarent qu&#039;ils auraient honte de parler à leur entourage de leur séropositivité s&#039;ils étaient séropositifs. Plus d&#039;un quart d&#039;entre eux pensent qu&#039;une personne séropositive sous traitement peut représenter un danger pour les autres. C&#039;est vous dire si en matière de représentation, de stigmatisation, de discrimination, là-dessus, on n&#039;avance pas du tout. 
Pourquoi? 
Je pense que c’est parce que c&#039;est devenu beaucoup plus lointain, c&#039;est-à-dire que moi j&#039;ai 54 ans, quand j&#039;avais 20 ans, le VIH était très présent, on avait de l&#039;information, les médias en parlaient beaucoup, des personnes témoignaient aussi de leur vécu avec le VIH, c&#039;était quelque chose qui était incarné. Aujourd&#039;hui, on en parle très peu. On en parle deux fois par an à l&#039;occasion du Sidaction et du 1ᵉʳ décembre. Un de nos combats “vénères”, c&#039;est la question de l&#039;éducation à l&#039;école.  
Il y a une loi de 2001, qui a donc plus de 20 ans, qui impose dans chaque établissement, du CP à la Terminale, chaque année, trois séances d&#039;éducation à la vie affective et sexuelle, parce qu’évidemment, ce sont des des séances qui doivent s&#039;adapter aux questions des jeunes et à leur âge. C’est imposé par la loi et on n&#039;avance pas : moins de 15 % des jeunes bénéficient de ces séances. C’est par l’école qu&#039;on peut aborder non seulement les questions de VIH ou d’IST, mais aussi d&#039;autres questions qui portent sur les questions relationnelles, sur le consentement, l&#039;apprentissage des différences, le respect de son corps… Aujourd’hui, ce n’est pas quand on entre dans la sexualité, vers 17 ans en moyenne en France, qu’en claquant des doigts, parce qu&#039;on sait que le VIH existe, on va être en capacité d&#039;imposer le préservatif ou tout simplement d&#039;en discuter avec son partenaire ou sa partenaire. C&#039;est pas si simple de vivre un premier rapport sexuel, qui qu&#039;on soit, donc la question de la protection, de la pensée du VIH ou des maladies dans ce contexte n&#039;est pas évidente. C’est si on a effectivement préalablement appris à connaître son corps, à se respecter, à communiquer avec l&#039;autre qu&#039;on sera en capacité de se protéger. 
Donc il faudrait vraiment miser sur ces cours à l&#039;école pour pouvoir avoir une meilleure information… Et est-ce qu&#039;il y a d&#039;autres manières de s&#039;informer mieux, pour pouvoir faire en sorte que ces clichés soient petit à petit combattus ?  
 “S&#039;informer mieux” est une bonne formulation, parce que s&#039;informer, on voit que lorsque l’on a accès à Internet, les informations sont de toutes sortes, de différentes natures, plus ou moins fiables. Il y a des sites très fiables pour obtenir de l&#039;information sur le VIH, par exemple celui de SIDA Info Service, mais aussi celui de Santé publique France qui propose un site dédié aux plus jeunes : Onsexprime.fr, qui est extrêmement clair, ludique, précis et fiable sur le VIH et sur la santé sexuelle de manière plus large. Oui, il existe des sources d&#039;information, encore faut-il les connaître. L&#039;école serait le lieu adéquat pour indiquer aux jeunes quelles sont les bonnes sources d&#039;information.  
Aujourd’hui, il y a des traitements qui  existent pour que les personnes qui vivent avec le VIH évitent de le transmettre… 
Tout à fait. Et si elles sont traitées suffisamment tôt, elles ne développent pas d&#039;autres pathologies. Aujourd&#039;hui, la moitié des personnes qui vivent avec le VIH en France ont plus de 50 ans. Pour les personnes qui ont contracté le VIH dans les années 1980, qui ont eu à subir des traitements extrêmement lourds… Pour ces personnes-là, il y a des risques de développer d&#039;autres maladies comme des cancers à un plus jeune âge, des problèmes cardio-vasculaires… Mais pour les personnes qui ont été dépistées tôt et traitées tôt, ces problématiques ne se posent pas pour l&#039;heure. Elles vivent à peu près normalement, avec un comprimé par jour. Aujourd&#039;hui on développe, y compris des médicaments qui peuvent être injectés pendant deux mois par exemple. Donc une injection tous les deux mois et ça va aller en s&#039;améliorant. Je pense qu&#039;on va bientôt passer à trois mois, six mois.  
Depuis le patient de Berlin en 2012, cinq personnes ont guéri du VIH. Est-ce un espoir ?  
Il faut se méfier d&#039;abord du terme “guérir du VIH” parce que pour l&#039;heure, on n&#039;est pas en capacité de savoir si, y compris ces personnes-là n&#039;ont vraiment plus de VIH dans le corps. Le VIH, c&#039;est très compliqué, c&#039;est-à-dire qu&#039;il y a dès les premiers jours de l&#039;infection, des réservoirs qui se constituent, c&#039;est-à-dire du virus planqué dans des cellules qui restent à l&#039;état latent. Ce virus-là est inatteignable pour les médicaments. Les médicaments vont s&#039;attaquer à du virus qui est actif, qui est en train de se reproduire, qui est à différents niveaux du cycle viral. Ces personnes-là sont des personnes qui avaient des cancers, qui ont reçu un traitement extrêmement lourd, c&#039;est-à-dire qu’on a complètement remplacé leur système immunitaire. C’est en faisant cette opération extrêmement lourde, extrêmement dangereuse aussi, que ces cinq personnes-là se sont trouvées recevoir du matériel, du sang, des plaquettes, etc., de donneurs qui étaient porteurs d&#039;un gène particulier qui fait qu&#039;ils sont résistants au VIH, que le VIH ne peut pas pénétrer dans leurs cellules. C&#039;est ça qui s&#039;est produit. Comprenez bien qu’on ne peut pas répliquer cela pour la population générale.  
Alors en attendant d&#039;avoir un vaccin, le point d&#039;orgue de la recherche aujourd’hui, c&#039;est la rémission. On va essayer de faire en sorte de complètement expurger ces cellules qui constituées en réservoirs du VIH à l&#039;intérieur du corps, par plein de techniques différentes, notamment une technique de “chock and kill”, en essayant de réveiller ce virus latent, pour tuer les cellules infectées. Il y une autre stratégie qui consiste à essayer, justement sur la base de ces patients qui arrivent naturellement à contrôler le virus, on s&#039;est rendus compte que ces patients là développaient à l&#039;intérieur de leur corps des anticorps particuliers qu&#039;on appelle “anticorps à large spectre” : ils sont pourvus de ces anticorps beaucoup plus que la population générale. On est en train de réfléchir actuellement à la possibilité d’injecter ces anticorps à large spectre refabriqué pour voir s’ils arrivent à avoir un impact sur les réservoirs du virus. Ce sont des stratégies complexes, mais ce qu&#039;on essaie d&#039;atteindre aujourd&#039;hui, c&#039;est la rémission, c&#039;est-à-dire avec un traitement : ne plus jamais en prendre, donc peut-être avoir encore du virus dans le corps, mais qui n&#039;est pas actif, qui est désactivé.  


    Références citées dans l&#039;émission
    
• On peut faire des dons au Sidaction en envoyant &quot;DON&quot; au 92110 
• Le site de Sida Info Service : https://www.sida-info-service.org/ 
• À VOIR : La puissante série It&#039;s a sin, réalisée par Russell T Davies, en ce moment disponible gratuitement sur la plateforme France TV Slash : https://www.france.tv/france-2/it-s-a-sin/ 
• À ÉCOUTER : Notre entretien avec le militant anti-Sida Fred Colby : https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/zvlq-la-lutte-contre-le-vih-avec-fred-colby-leurope-face-aux-lgbtphobies-avec-lelc 
• Rendez-vous le 23 mars sur France 2 pour un prime spécial à l&#039;occasion des 30 ans du Sidaction ! 


    L&#039;équipe de l&#039;émission
    
Présentation : Juliette Mouëllic 
Réalisation : Colin Gruel 
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    Le 7 avril, le Sidaction fête ses 30 ans. L'occasion pour nous de revenir sur son histoire, et sur l'histoire de la lutte contre le VIH/Sida. 
    
L’association “Ensemble contre le sida”, devenue Sidaction en 2005, fête cette année son trentième anniversaire. C’est le 7 avril 1994 que la première émission du Sidaction est diffusée simultanément sur les sept chaînes de télévision de l’époque. Elle permet de collecter plus de 45 millions d’euros pour soutenir la recherche et les associations œuvrant sur le terrain de la prévention et de l’aide aux personnes malades du sida. Depuis, pour lutter contre ce virus et contre les injustices qu’il entraîne, la mobilisation n’a jamais cessé.  
Penchons-nous alors sur ce virus, avec lequel vivent aujourd’hui en France 200 000 personnes, parmi lesquelles 5000 ayant découvert leur séropositivité en 2023.  
Comment l’épidémie a-t-elle évolué depuis trente ans ? Comment les personnes touchées vivent-elles avec le virus ? Sommes-nous assez informés ? Quelles sont les nouvelles pistes abordées par la recherche ? 
Pour en parler, nous recevons Sandrine Fournier, directrice du Pôle Financement des Associations chez Sidaction. 

Racontez-nous l'histoire du Sidaction et les objectifs de l'association à sa création... 
Sandrine Fournier : En fait, cette association, elle s'est créée à l'initiative de plusieurs associations qui sont des associations de terrain telles que l'association AIDES, Act-Up, Dessine-moi un mouton, qui suit à ce moment-là plus particulièrement les familles, les enfants atteints du VIH. Et ces associations, elles crient dans le désert à ce moment-là. C'est une époque où on est en 1994, où certes il y a des réponses, mais encore très insuffisantes, à la fois en termes de recherche, les besoins de recherche sont immenses. Vous le savez, en 1994, les trithérapies ne sont pas encore sur le marché, pas encore élaborées, donc les gens meurent. C'est vraiment une période terrible.  
Donc c'est dans cette situation d'urgence à accompagner les personnes qui sont en train de mourir du sida, qui sont pour certaines d'entre elles et pour beaucoup d'entre elles, rejetées par leur famille, y compris traitées avec beaucoup de précautions à l'hôpital, victimes de discrimination de mille manières. C'est vraiment une période très noire, une période pendant laquelle, effectivement, on a besoin de recherche : à la fois de la recherche fondamentale, mais aussi de la recherche en sciences sociales pour comprendre quels sont les freins au dépistage, ou pour comprendre quelles sont les représentations dans telle ou telle communauté qui vont conduire les gens à ne pas recourir aux soins, etc. Et la recherche fondamentale est nécessaire en en premier lieu pour essayer de trouver un vaccin, mais plus globalement pour essayer de comprendre comment le système immunitaire réagit face à ce virus qui est extrêmement complexe et qui l'attaque. Le VIH est très particulier. 
Et donc quelles sont les différentes actions que le Sidaction met en œuvre? C'est notamment du soutien à la recherche ?  
Sidaction finance pour un tiers des actions de recherche, pour un tiers des actions associatives en France et pour le dernier tiers des actions associatives à l'international. À l'international, c'est principalement en Afrique subsaharienne. On finance des actions dans 18 pays, dont 15 en Afrique subsaharienne et Afrique du Centre et dans trois pays d'Europe de l'Est. Vous le savez peut-être, aujourd'hui, c'est en Europe de l'Est que l'épidémie flambe à nouveau.  
En 30 ans, qu'est ce qui a changé pour le Sidaction?  
Alors d'abord, ce qui a été incroyable, c'est 1996. C'est l'arrivée des trithérapies, des gens qui allaient mourir et qui savaient qu'ils allaient mourir, se trouvent littéralement sauvés par les trithérapies. Des médicaments qui, notamment pour les premières générations de médicaments, sont quand même des traitements très lourds. Je me souviens des ami.es à l'époque qui prenaient une trentaine de comprimés par jour à heure fixe, avec des effets secondaires vraiment vraiment difficiles, mais néanmoins, qui leur ont sauvé la vie. Donc ça change tout en France et dans les pays qui ont accès à ces traitements, il faudra qu'on se batte pendant des années pour que les pays africains, notamment, où l'épidémie est la plus forte, aient accès aux antirétroviraux.  
Mais en tout cas, c'était un premier signal très fort, une première étape très importante. Ensuite, évidemment, on a besoin de continuer à financer la recherche parce que le vaccin, il n’y en a toujours pas, et aujourd'hui encore, toujours pas. Alors je dirais que 30 ans voire 40 ans de recherche vaccinale, ça n'a pas du tout servi à rien. Il faut bien avoir conscience que les équipes qui ont élaboré un vaccin contre le SARS-COV 2 en  un an sont les mêmes qui travaillent sur le VIH depuis 40 ans. C'est-à-dire que c'est aussi parce que ce virus est si complexe et qu'il est si difficile de trouver un vaccin que ça nous a fait beaucoup avancer sur la compréhension du système immunitaire et que toutes ces recherches, elles ont aussi pu bénéficier à d'autres pathologies, au cancer notamment.  
Donc on continue à chercher. C'est très très difficile de trouver un vaccin contre le VIH mais aujourd'hui, on a beaucoup avancé sur les traitements. Aujourd'hui, en France, on a accès à 90 lignes de traitements différents puisque comme vous le savez peut-être un virus va s'adapter et petit à petit créer des résistances avec les traitements. Donc on a toujours besoin de créer de nouveaux traitements, de nouvelles molécules. Il faut toujours avoir une longueur d'avance sur le virus. Cette capacité, on l’a en France mais malheureusement pas partout dans le monde. Beaucoup de gens ont accès à une ligne de traitement et c'est tout : que ça marche ou que ça ne marche pas, il n'y a pas autre chose.  
C'est aussi pour ça qu'on est présent·e·s dans ces pays là en particulier en Afrique subsaharienne et du Centre où là, la question de l'accès aux traitements est particulièrement prégnante pour les enfants. On estime à 39 millions le nombre de personnes qui aujourd'hui vivent avec le VIH dans le monde. 9 millions, soit à peu près un quart, n'ont pas accès aux traitements. Mais ça fait quand même 30 millions qui y ont accès : c'est déjà un progrès vraiment considérable. En revanche, on voit qu'en Afrique de l'Ouest et du Centre, plus de la moitié des enfants infectés n'ont pas de traitement. Donc il y a encore beaucoup de travail à faire. 
C'est aussi grâce aux dons qui sont faits pour le Sidaction que cette recherche peut être financée ? J'ai vu que vous organisez le samedi 23 mars 1 soirée événement diffusé sur France deux avec plusieurs artistes. Quel est l'objectif de cette soirée? Je suppose que c'est un moment où vous récoltez beaucoup de dons et peut être même le plus ?  
Tout à fait. Ça, c'est un moment phare de notre collecte, qui n'est pas seulement concentrée sur ce prime à la télévision, sachant qu'aujourd'hui beaucoup de gens d'abord ne regardent pas la télévision, sont plutôt sur les réseaux sociaux, ou bien regardent en replay. Mais on sait aussi qu'on a des donateurs et donatrices fidèles, qui pour beaucoup sont des personnes plus âgées et qui regardent la télévision. Donc pour eux et elles, ça fait sens, avec une certaine affection pour Line Renaud et ses comparses qui vont animer la soirée. On va revenir sur ces 30 ans au cours de cette soirée, à la fois avec des témoignages, des images d'archives, puis aussi de la culture pop qui a émaillé ces 30 ans et qui a aussi accompagné la lutte.  
Donc si on veut soutenir le Sidaction, comment faire ? J'imagine qu'on peut faire des dons toute l'année. Est-ce possible de participer à des actions un peu plus concrètes ? 
 Faire des dons toute l'année,oui, tout à fait, en particulier sur Sidaction.org, mais aussi par courrier, on peut tout simplement envoyer un chèque. Pendant cet événement médiatique, cette période du Sidaction Média, on ouvre un numéro de téléphone, le 110, qui est un numéro gratuit que l'on peut appeler pour faire une promesse de dons. Et là, nous mobilisons des bénévoles qui répondent à ces appels qui enregistrent les coordonnées des personnes et ensuite ces personnes sont recontactées pour confirmer leurs dons. On peut aujourd'hui aussi faire un don par SMS, un don de 10 € en envoyant le mot DON au 92 110.  
Aujourd'hui, le sida, on en est où ? Et comment l'épidémie a-t-elle évolué ces 30 dernières années ? 
Sandrine Fournier : Alors je dirais qu'aujourd'hui, on est vraiment sur le dernier kilomètre en France et dans les pays occidentaux. Il y a encore beaucoup de problématiques en Afrique parce que le continent africain et dans d'autres régions du monde, comme en Asie en particulier, là où les systèmes de santé ne sont pas très robustes, le VIH est une problématique, mais ils ont bien d'autres problématiques de santé. Le VIH, pour vous donner un exemple, en Afrique par exemple, nous finançons des programmes que l’on appelle PTME pour Prévention de la Transmission de la Mère à l'Enfant. Typiquement, en France, il n'y a plus de transmission de la mère à l'enfant.  
Une mère qui, au cours de la grossesse, au cours de l'accouchement ou de l'allaitement, va transmettre le VIH, ça n’existe plus beaucoup, tout simplement parce que les femmes sont systématiquement dépistées avec leur consentement mais elles le sont vraiment très systématiquement. Dès lors qu'une femme est dépistée positive, elle bénéficie d'un traitement. Le traitement aujourd'hui permet de ne pas transmettre le VIH ni à son enfant ni à son partenaire sexuel. C'est vraiment quelque chose que je trouve important de répéter parce que malheureusement, ça semble difficilement imprimé dans les oreilles du grand public.  
Une personne qui vit avec le VIH aujourd'hui, qui prend son traitement, ne transmet pas le VIH. C'est ça aussi la force du traitement. C'est pourquoi le traitement participe de la prévention. C'est pourquoi aussi, il est très important aujourd'hui de se faire dépister, tout simplement parce qu'en étant dépisté, on est traité. C'est d'abord pour soi car quand on est traité tôt, on sait qu'aujourd'hui, qu’avec les médicaments actuels, on a une espérance de vie qui est tout à fait égale à celle de la population générale. Et évidemment, ça a un impact considérable sur la dynamique de l'épidémie, puisqu'on ne transmet pas le VIH. C’est pourquoi on insiste beaucoup sur le dépistage, c'est la pierre angulaire aujourd'hui de la prévention, parce que les gens qui aujourd'hui transmettent le VIH sont des gens qui ne se savent pas porteurs du voyage.  
Donc aujourd'hui, on a quand même de moins en moins de cas ? 
Alors tout à fait, on voit une baisse. Ça prend beaucoup de temps puisqu'on a encore 5000 nouveaux diagnostics comptabilisés en 2022. C'est encore trop, mais c'est quand même une baisse significative. Moi, quand j'ai commencé il y a un peu plus de dix ans à Sidaction, on était plutôt autour de 6000, ou 7000. On voit d'ailleurs l'évolution : les nouveaux diagnostics nous renseignent aussi sur ce qui marche et ce qui ne marche pas. Ce qui est très significatif, c'est que lorsque je commence à Sidaction, je commence comme chargée de mission prévention gay et ce sont la majorité des hommes homosexuels qui sont concernés par les nouveaux diagnostics à l'époque.  
Aujourd'hui, ça a fortement baissé. Aujourd'hui, c'est 41 % des hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes qui sont concernés par les nouveaux diagnostics : c'est encore très important, mais ça a quand même considérablement baissé. C’est sans surprise parce qu'on dispose aujourd'hui d'un médicament qui s'appelle la PrEP. Pendant longtemps, on ne disposait que d'un outil, c'était la capote. Aujourd'hui, on a heureusement la PrEP. La PrEP est très efficace. Ça consiste en la prise d'un médicament, soit de manière continue si on a une sexualité très active, soit avant et après un rapport sexuel, et qui empêche l'acquisition du VIH avec un très haut niveau de protection. On a pu déployer cet outil au sein des communautés gays les plus actives sexuellement, et on voit que ça a directement un impact sur l'épidémie. On a constaté que, parmi les hommes gais, eh bien, les hommes gays nés à l'étranger, les nouveaux diagnostics ne diminuent pas. Ils ne diminuent pas précisément parce que ces personnes-là sont plus éloignées de la PrEP. La PrEP est surtout prise par des hommes plutôt avec un haut niveau d'éducation, plutôt bien insérés, plutôt blancs.  
Donc là, on a des on sait où on doit mettre le paquet aujourd'hui précisément, auprès de sous-groupes, notamment les HSH, c'est-à-dire les hommes gays noirs en particulier, parce qu’ils sont particulièrement exposés et à la fois plus éloignés des outils de prévention et du soin. 
Est ce qu'il y a d'autres groupes qui sont particulièrement touchés par le sida? 
Tout à fait. Le deuxième groupe le plus exposé aujourd'hui, c'est le groupe des personnes originaires d'Afrique subsaharienne. Pendant très longtemps, on pensait que ces personnes, pour la plupart d'entre elles, avaient contracté le VIH dans leur pays d'origine en Afrique. En réalité, une étude réalisée il y a une dizaine d'années nous a montré que la moitié des personnes africaines qui vivent en France avec le VIH l’ont contracté en France et ça c'est complètement corrélé à leur situation de précarité. C'est-à-dire que c'est tellement difficile, lorsqu'on est en France, sans papiers notamment, d'obtenir au fil du temps une situation stable, c'est-à-dire un logement, la possibilité de travailler, etc, qu’en particulier, les femmes sont dans ces périodes-là, des premières des premiers temps arrivés en France, très exposées aux violences sexuelles, sont parfois contraintes de monnayer un hébergement, de la nourriture pour leurs enfants contre relation sexuelle. C'est comme ça qu'elle contracte le VIH.  
On est dans des situations où effectivement il faut regarder les différents groupes puisqu’ils ne sont pas exposés de la même manière, ni pour les mêmes raisons. On mesure aujourd'hui davantage la situation des personnes trans. Aujourd’hui, dans ce qu'on appelle la déclaration obligatoire pour le VIH que doivent réaliser les médecins qui découvrent un diagnostic, on inclut des questions qui incluent les personnes trans.  
Auparavant, on inscrivait les personnes soit dans hommes ou femmes, et de la même manière que pendant très longtemps, on était soit un homme gay, soit un homme migrant, mais on ne pouvait pas être les deux. Et c'est justement quand les associations, en l'occurrence Sidaction, ont alerté Santé Publique France en disant “Attention, là on a un angle mort sur l'épidémie. Ce sont par exemple les hommes gays noirs.” Alors, Santé publique France, à ce moment-là, a mis en place de nouvelles questions dans la surveillance systématique. Et là, on s'est rendu compte qu'il y avait un sous-groupe particulier et qui n'était pas du tout dans la même situation, vis-à-vis du VIH que les hommes gays blancs. Les actions que le Sidaction finance sont des actions qui ciblent les groupes les plus exposés.  
On travaille aussi avec les travailleureuses du sexe. On finance beaucoup les associations communautaires qui accompagnent les travailleuses et les travailleurs du sexe. Pour cette population, en France, on n'a pas de chiffres. Mais on sait qu'à l'échelle du monde, on dispose de données qui montrent que ces personnes sont particulièrement exposées. Et nous, ce qu'on sait, c'est que les travailleurs et travailleuses du sexe étaient très efficaces sur le port du préservatif. Mais ce qu'on voit, c'est que la loi de 2016 qui pénalise les clients de la prostitution a eu un impact très négatif sur l'exercice de ce métier, en obligeant les femmes à se cacher davantage, donc à s'exposer à davantage de violences, elles sont moins visibles, elles sont plus éloignées, plus éloignées aussi des associations de prévention qui avaient l'habitude de distribuer des préservatifs, de venir apporter du soutien. Elles sont obligées d'être beaucoup plus mobiles, de se cacher. Et elles sont dans cette situation où c'est le client qui prend un risque légal. Elles sont moins dans une capacité à négocier le préservatif avec le client et par ailleurs, comme il y a aussi moins de clients, il y a la nécessité d'accepter parfois des gens qu'on n'accepterait pas si on avait le choix et parfois accepter des rapports sans préservatif. Donc, par exemple, nous, la question de donner accès à la PrEP aux travailleuses du sexe dans ce contexte est l'un des enjeux aujourd'hui.  
Il y a aussi des personnes incarcérées qui sont plus particulièrement concernées par le VIH, soit en raison de l'usage de drogues, soit de relations sexuelles. On finance aussi des associations qui vont faire de la prévention au sein des maisons pénitentiaires. Donc les groupes qui sont les plus exposés au VIH aujourd'hui sont les hommes homosexuels, qu'ils soient noirs ou blancs, mais particulièrement les hommes homosexuels noirs, et les personnes originaires d'Afrique subsaharienne. 
Pour se protéger, comment fait-on? Vous avez cité la PrEP. Est-ce qu'on peut rappeler un peu ce que c'est et comment on peut faire pour se le faire prescrire, et d'autres moyens peut-être qu'il serait bon de connaître ?  
Oui, tout à fait. La PrEP est accessible aujourd'hui chez le médecin généraliste. Ce n'était pas le cas autrefois : aujourd'hui, vous pouvez demander la PrEP à votre médecin généraliste. Il va vous poser un certain nombre de questions. La recommandation est de la donner aux personnes qui disent en avoir besoin, tout simplement. Pendant très longtemps, c'était plutôt réservé aux hommes gays. Aujourd'hui, on s'accorde tous et toutes sur le fait que si une personne déclare qu'elle a besoin de la PrEP, il faut lui donner. C'est donc un médicament qui a, semble-t-il, d'après les études dont on dispose, très peu d'effets secondaires, qui est très efficace et qui se prend soit de manière continue tous les jours, soit avant et après un rapport sexuel.  
Il faut quand même rappeler que la PrEP ne protège pas des autres IST, qui sont vraiment en forte augmentation partout en Europe, chez les jeunes en particulier les infections comme les gonocoques, les chlamydias, la syphilis. La PrEP protège très bien du VIH, mais en revanche pas des IST, des infections sexuellement transmissibles. En revanche, lorsque vous prenez la PrEP, vous avez un suivi qui vous conduit à faire des check-ups réguliers des autres IST, donc ça permet aussi de les traiter puisque la plupart se soignent très bien en fait, mais il suffit de les diagnostiquer. 
Et donc je suppose que le dépistage fait aussi partie de la prévention. Comment ça se passe un dépistage et où et comment on peut se faire dépister?  
Aujourd'hui, rien de plus simple. On se souvient il y a encore 10 ans ou 20 ans, se faire dépister, c'était pas simple, il fallait aller dans un centre de dépistage anonyme et gratuit éventuellement, ou avec une ordonnance dans un laboratoire. Il fallait attendre une semaine le résultat et quand on avait pris un risque, c'était une semaine d'angoisse.  
Aujourd'hui, il n'y a rien de plus simple, il y a 36 moyens de se faire dépister. On va même aujourd'hui dans n'importe quel labo de ville sans ordonnance se faire dépister gratuitement. On peut aller dans ces centres de dépistage qui s'appellent les CeGIDD, c’est assez intéressant parce qu'ils peuvent proposer toutes sortes de dépistages et notamment des autres IST. Vous y êtes accueilli.es par des professionnel.les qui vont vous accompagner, discuter avec vous pour essayer de voir quelle serait la meilleure stratégie de prévention selon vos pratiques, puisque des stratégies de prévention, il en existe différentes plus ou moins adaptées selon les préférences des personnes, leur mode de vie, etc. Dans ces centres de dépistage, on est sur une prise de sang, mais cette fois-ci avec un résultat très rapide : c'est 24h pour avoir un résultat. Surtout, aujourd’hui, on peut obtenir un résultat avec un dépistage, ce qu'on appelle les TROD, les tests d'orientation diagnostiques, c'est-à-dire c'est une goutte de sang prélevée au bout du doigt et un résultat en 15 minutes. Ces tests sont très fiables et sont proposés par beaucoup d'associations gratuitement.  
Enfin, il y a les auto-tests qu'on peut acheter en pharmacie, eux aussi assez efficaces, qui sont autour de 10€. Les autres dispositifs sont gratuits, rapides. Si vous voulez savoir ou vous faire dépister autour de chez vous, soit par un test rapide, soit par une prise de sang, vous appelez SIDA Info Service ou vous allez sur leur site et ils tiennent à jour quotidiennement les lieux de dépistage, les horaires d'ouverture, etc. Où que vous soyez en France, c'est très facile d'avoir accès au dépistage aujourd'hui. 
Et donc si le résultat est positif, qu'est ce qu’il se passe ? Comment les personnes touchées vivent-elles avec aujourd'hui ? 
Alors, je dirais que ça ne demeure pas une bonne nouvelle, c'est-à-dire que c'est quand même un choc d'apprendre ça. Pourquoi c'est un choc? Parce que même si les traitements sont très efficaces, il s'agit de les prendre toute sa vie, ce n’est pas rien. Pour l'instant, on ne guérit pas du VIH, mais c'est vrai que pour beaucoup de jeunes, il y a une forme de banalisation. C'est devenu une maladie chronique, on prend des traitements et c'est bon… En réalité, là où ça coince, c'est là où on a vraiment pas fait de progrès, c'est sur la stigmatisation et la discrimination des personnes qui vivent avec le VIH.  
Aujourd'hui, c'est toujours aussi difficile qu'il y a 30/40 ans de vivre avec le visage psychiquement. C'est très différent parce que ce n'est plus une annonce de mort, mais c'est quand même une annonce de mort sociale. C'est là aussi que les associations que nous finançons jouent un rôle important, parce que vous n'imaginez pas le nombre de gens qui franchissent les portes de ces associations et qui n'en n'ont jamais parlé à personne, ni à leur conjoint, ni à leur famille, ni à leurs amis. Aujourd'hui, c'est vraiment devenu une maladie du secret. Les associations permettent des lieux où on peut en parler, on peut rencontrer des gens qui sont dans la même situation, on peut échanger dans des groupes de parole autour de comment on annonce sa séropositivité dans tel ou tel contexte, à son conjoint, à ses parents. A chaque fois, c'est un coming-out.  
Depuis que le Sidaction existe, la connaissance qu'on a du virus s'est largement enrichie. Et pourtant, on peut voir notamment sur les réseaux sociaux qu'il y a encore de la désinformation qui circule puisque j'ai vu qu'un jeune sur trois pense que le Sida peut se transmettre par la salive, selon un sondage du Sidaction mené en 2023. Et justement, par rapport à ces clichés, ces idées reçues, comment expliquez-vous qu'il y ait encore autant de lacunes dans la connaissance qu'ont notamment les jeunes de 15-24 ans de cette maladie ? 
C'est une bonne question parce que, malheureusement, on mesure ça tous les ans. On réalise des sondages autour des connaissances à la fois des modes de transmission, des moyens de prévention et des idées aussi, des représentations et des comportements des jeunes. Effectivement, malheureusement, on ne peut que constater une perte des connaissances, tant sur les modes de transmission que sur les moyens de prévention. Ça n'avance pas, les représentations persistent. Je reprends les chiffres du sondage que vous que vous évoquez, qui a été réalisé en décembre 2023. On a interrogé les jeunes, ce qu'on fait tous les ans à cette occasion, et les moins jeunes. On voit que, jeunes comme moins jeunes, ils sont à 44 % à déclarer qu'ils seraient mal à l'aise s'ils apprenaient que la personne qui garde leurs enfants était séropositive. Un tiers serait mal à l'aise de partir en vacances avec une personne séropositive. Et chez les 15-24 ans, 41 % déclarent qu'ils auraient honte de parler à leur entourage de leur séropositivité s'ils étaient séropositifs. Plus d'un quart d'entre eux pensent qu'une personne séropositive sous traitement peut représenter un danger pour les autres. C'est vous dire si en matière de représentation, de stigmatisation, de discrimination, là-dessus, on n'avance pas du tout. 
Pourquoi? 
Je pense que c’est parce que c'est devenu beaucoup plus lointain, c'est-à-dire que moi j'ai 54 ans, quand j'avais 20 ans, le VIH était très présent, on avait de l'information, les médias en parlaient beaucoup, des personnes témoignaient aussi de leur vécu avec le VIH, c'était quelque chose qui était incarné. Aujourd'hui, on en parle très peu. On en parle deux fois par an à l'occasion du Sidaction et du 1ᵉʳ décembre. Un de nos combats “vénères”, c'est la question de l'éducation à l'école.  
Il y a une loi de 2001, qui a donc plus de 20 ans, qui impose dans chaque établissement, du CP à la Terminale, chaque année, trois séances d'éducation à la vie affective et sexuelle, parce qu’évidemment, ce sont des des séances qui doivent s'adapter aux questions des jeunes et à leur âge. C’est imposé par la loi et on n'avance pas : moins de 15 % des jeunes bénéficient de ces séances. C’est par l’école qu'on peut aborder non seulement les questions de VIH ou d’IST, mais aussi d'autres questions qui portent sur les questions relationnelles, sur le consentement, l'apprentissage des différences, le respect de son corps… Aujourd’hui, ce n’est pas quand on entre dans la sexualité, vers 17 ans en moyenne en France, qu’en claquant des doigts, parce qu'on sait que le VIH existe, on va être en capacité d'imposer le préservatif ou tout simplement d'en discuter avec son partenaire ou sa partenaire. C'est pas si simple de vivre un premier rapport sexuel, qui qu'on soit, donc la question de la protection, de la pensée du VIH ou des maladies dans ce contexte n'est pas évidente. C’est si on a effectivement préalablement appris à connaître son corps, à se respecter, à communiquer avec l'autre qu'on sera en capacité de se protéger. 
Donc il faudrait vraiment miser sur ces cours à l'école pour pouvoir avoir une meilleure information… Et est-ce qu'il y a d'autres manières de s'informer mieux, pour pouvoir faire en sorte que ces clichés soient petit à petit combattus ?  
 “S'informer mieux” est une bonne formulation, parce que s'informer, on voit que lorsque l’on a accès à Internet, les informations sont de toutes sortes, de différentes natures, plus ou moins fiables. Il y a des sites très fiables pour obtenir de l'information sur le VIH, par exemple celui de SIDA Info Service, mais aussi celui de Santé publique France qui propose un site dédié aux plus jeunes : Onsexprime.fr, qui est extrêmement clair, ludique, précis et fiable sur le VIH et sur la santé sexuelle de manière plus large. Oui, il existe des sources d'information, encore faut-il les connaître. L'école serait le lieu adéquat pour indiquer aux jeunes quelles sont les bonnes sources d'information.  
Aujourd’hui, il y a des traitements qui  existent pour que les personnes qui vivent avec le VIH évitent de le transmettre… 
Tout à fait. Et si elles sont traitées suffisamment tôt, elles ne développent pas d'autres pathologies. Aujourd'hui, la moitié des personnes qui vivent avec le VIH en France ont plus de 50 ans. Pour les personnes qui ont contracté le VIH dans les années 1980, qui ont eu à subir des traitements extrêmement lourds… Pour ces personnes-là, il y a des risques de développer d'autres maladies comme des cancers à un plus jeune âge, des problèmes cardio-vasculaires… Mais pour les personnes qui ont été dépistées tôt et traitées tôt, ces problématiques ne se posent pas pour l'heure. Elles vivent à peu près normalement, avec un comprimé par jour. Aujourd'hui on développe, y compris des médicaments qui peuvent être injectés pendant deux mois par exemple. Donc une injection tous les deux mois et ça va aller en s'améliorant. Je pense qu'on va bientôt passer à trois mois, six mois.  
Depuis le patient de Berlin en 2012, cinq personnes ont guéri du VIH. Est-ce un espoir ?  
Il faut se méfier d'abord du terme “guérir du VIH” parce que pour l'heure, on n'est pas en capacité de savoir si, y compris ces personnes-là n'ont vraiment plus de VIH dans le corps. Le VIH, c'est très compliqué, c'est-à-dire qu'il y a dès les premiers jours de l'infection, des réservoirs qui se constituent, c'est-à-dire du virus planqué dans des cellules qui restent à l'état latent. Ce virus-là est inatteignable pour les médicaments. Les médicaments vont s'attaquer à du virus qui est actif, qui est en train de se reproduire, qui est à différents niveaux du cycle viral. Ces personnes-là sont des personnes qui avaient des cancers, qui ont reçu un traitement extrêmement lourd, c'est-à-dire qu’on a complètement remplacé leur système immunitaire. C’est en faisant cette opération extrêmement lourde, extrêmement dangereuse aussi, que ces cinq personnes-là se sont trouvées recevoir du matériel, du sang, des plaquettes, etc., de donneurs qui étaient porteurs d'un gène particulier qui fait qu'ils sont résistants au VIH, que le VIH ne peut pas pénétrer dans leurs cellules. C'est ça qui s'est produit. Comprenez bien qu’on ne peut pas répliquer cela pour la population générale.  
Alors en attendant d'avoir un vaccin, le point d'orgue de la recherche aujourd’hui, c'est la rémission. On va essayer de faire en sorte de complètement expurger ces cellules qui constituées en réservoirs du VIH à l'intérieur du corps, par plein de techniques différentes, notamment une technique de “chock and kill”, en essayant de réveiller ce virus latent, pour tuer les cellules infectées. Il y une autre stratégie qui consiste à essayer, justement sur la base de ces patients qui arrivent naturellement à contrôler le virus, on s'est rendus compte que ces patients là développaient à l'intérieur de leur corps des anticorps particuliers qu'on appelle “anticorps à large spectre” : ils sont pourvus de ces anticorps beaucoup plus que la population générale. On est en train de réfléchir actuellement à la possibilité d’injecter ces anticorps à large spectre refabriqué pour voir s’ils arrivent à avoir un impact sur les réservoirs du virus. Ce sont des stratégies complexes, mais ce qu'on essaie d'atteindre aujourd'hui, c'est la rémission, c'est-à-dire avec un traitement : ne plus jamais en prendre, donc peut-être avoir encore du virus dans le corps, mais qui n'est pas actif, qui est désactivé.  


    Références citées dans l'émission
    
• On peut faire des dons au Sidaction en envoyant "DON" au 92110 
• Le site de Sida Info Service : https://www.sida-info-service.org/ 
• À VOIR : La puissante série It's a sin, réalisée par Russell T Davies, en ce moment disponible gratuitement sur la plateforme France TV Slash : https://www.france.tv/france-2/it-s-a-sin/ 
• À ÉCOUTER : Notre entretien avec le militant anti-Sida Fred Colby : https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/zvlq-la-lutte-contre-le-vih-avec-fred-colby-leurope-face-aux-lgbtphobies-avec-lelc 
• Rendez-vous le 23 mars sur France 2 pour un prime spécial à l'occasion des 30 ans du Sidaction ! 


    L'équipe de l'émission
    
Présentation : Juliette Mouëllic 
Réalisation : Colin Gruel 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 22 Mar 2024 00:00:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-sidaction-deja-30-ans-d-2024-03-22-VoQYRgrr.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-sidaction-deja-30-ans-d-2024-03-22-VoQYRgrr.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/PjR2-lhebdo-sidaction-deja-30-ans-de-lutte-contre-le-sida-et-ca-continue</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-WSIhxYwOjr.jpg"/></item><item><title>L'HEBDO — "Roméo et Julio" : drame shakespearien au pays des drag kings</title><description><![CDATA[
    Des amants maudits, des familles qui s’opposent et un gros problème de communication... Cette semaine, on parle d’un show 100% drag kings intitulé Roméo et Julio, l’amour plus fort que l’extrême droite, une pièce de théâtre portée par les kings de la KingsFactory et écrite par Arthur Rainbow.
    
Porté par la King&#039;s Factory, le show s’est déjà produit deux fois à Paris, une troisième date, déjà complète, arrive le 21 mars et il parait que d’autres dates sont à venir... 
Dans un contexte politique où Marine Le Pen devient présidente de la république, l’extrême-droite prospère et l’extrême-gauche prépare sa revanche. Malgré l’opposition de ces deux clans, Julio de Couillard, fils de Bernard Arnaud de Couillard, partisan de Marine Le Pen, tombe éperdument amoureux de Roméo, le fils adoptif d’Islamogauchiste, grand militant d’extrême gauche. Là je sais que vous mourrez d’envie de savoir ce qu’il advient de ce couple iconique alors pour vous faire patienter d’ici les prochaines représentations, nous recevons ce soir le king Arthur Rainbow pour nous parler de la pièce mais aussi de la scène drag king parisienne. 
La prochaine représentation est déjà complète, mais Roméo et Julio fera son retour à partir du mois de septembre au théâtre Clavel pour de nouvelles représentations ! 

Présentation : Diego de Cao 
Réalisation : Colin Gruel 
]]></description><itunes:summary>
    Des amants maudits, des familles qui s’opposent et un gros problème de communication... Cette semaine, on parle d’un show 100% drag kings intitulé Roméo et Julio, l’amour plus fort que l’extrême droite, une pièce de théâtre portée par les kings de la KingsFactory et écrite par Arthur Rainbow.
    
Porté par la King's Factory, le show s’est déjà produit deux fois à Paris, une troisième date, déjà complète, arrive le 21 mars et il parait que d’autres dates sont à venir... 
Dans un contexte politique où Marine Le Pen devient présidente de la république, l’extrême-droite prospère et l’extrême-gauche prépare sa revanche. Malgré l’opposition de ces deux clans, Julio de Couillard, fils de Bernard Arnaud de Couillard, partisan de Marine Le Pen, tombe éperdument amoureux de Roméo, le fils adoptif d’Islamogauchiste, grand militant d’extrême gauche. Là je sais que vous mourrez d’envie de savoir ce qu’il advient de ce couple iconique alors pour vous faire patienter d’ici les prochaines représentations, nous recevons ce soir le king Arthur Rainbow pour nous parler de la pièce mais aussi de la scène drag king parisienne. 
La prochaine représentation est déjà complète, mais Roméo et Julio fera son retour à partir du mois de septembre au théâtre Clavel pour de nouvelles représentations ! 

Présentation : Diego de Cao 
Réalisation : Colin Gruel 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 15 Mar 2024 00:00:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-romeo-et-julio-drame-2024-03-15-mdIIFvMc.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-romeo-et-julio-drame-2024-03-15-mdIIFvMc.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/qQJD-lhebdo-romeo-et-julio-drame-shakespearien-au-pays-des-drag-kings</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-sop2S7dHk5.jpg"/></item><item><title>L'HEBDO — Festival Plancheur.euses : un week-end pour célébrer la BD queer et féministe</title><description><![CDATA[
    Les 16 et 17 mars prochain, le festival Plancheur.euses met à l&#039;honneur la bande-dessinée LGBT+ aux Arches Citoyennes. Rencontre avec deux des organisateurices de l&#039;événement.
    
En février 2023, le festival d&#039;Angoulême, événement incontournable du monde de la BD, met à l&#039;honneur le dessinateur Bastien Vivès, dont les BD mettent en scène des personnages pédocriminels et des histoires d&#039;inceste. Des auteurices de BD féministes décident alors de monter un contre-festival d&#039;Angoulême. En quelques semaines à peine, le festival d&#039;Angoudou naît : un week-end pour célébrer des auterices queers et féministes au Hasard Ludique. 
Après le succès surprise de cette première édition, le festival est de retour, sous un nouveau nom : les Plancheur.euses. Ca se passe les 16 et 17 mars aux Arches citoyennes. 
Rencontre avec Ludine et Mathilde, toutes deux organisatrices de cette événement à ne pas manquer ! 

La transcription de l&#039;épisode sera bientôt disponible ! 


    Références citées dans l&#039;émission
    
— Page insta du festival Plancheur.euses : https://www.instagram.com/festivalplancheur.euses/  
— Page insta de Ludine (ludynamite) : https://www.instagram.com/ludynamite/  
— Page insta de Cécile Cée (cecilcee) : https://www.instagram.com/cecilcee/  
— Site des Arches Citoyennes : https://lesarchescitoyennes.fr/programmation 
— Lien de la pétition contre la dénomination de la station de tramway “Serge Gainsbourg” : https://www.change.org/p/pour-que-la-ratp-renomme-la-future-station-de-la-ligne-11-serge-gainsbourg  
— La recommandation de Mathilde :  Klou, &quot;Bagarre érotique&quot;, éditions Anne Carrière 
— La recommandation de Ludine : L&#039;auteirice Elie Saurel (@elie.saurel) 


    L&#039;équipe de l&#039;émission
    
Présentation : Zoé Monrozier 
Réalisation : Colin Gruel 
]]></description><itunes:summary>
    Les 16 et 17 mars prochain, le festival Plancheur.euses met à l'honneur la bande-dessinée LGBT+ aux Arches Citoyennes. Rencontre avec deux des organisateurices de l'événement.
    
En février 2023, le festival d'Angoulême, événement incontournable du monde de la BD, met à l'honneur le dessinateur Bastien Vivès, dont les BD mettent en scène des personnages pédocriminels et des histoires d'inceste. Des auteurices de BD féministes décident alors de monter un contre-festival d'Angoulême. En quelques semaines à peine, le festival d'Angoudou naît : un week-end pour célébrer des auterices queers et féministes au Hasard Ludique. 
Après le succès surprise de cette première édition, le festival est de retour, sous un nouveau nom : les Plancheur.euses. Ca se passe les 16 et 17 mars aux Arches citoyennes. 
Rencontre avec Ludine et Mathilde, toutes deux organisatrices de cette événement à ne pas manquer ! 

La transcription de l'épisode sera bientôt disponible ! 


    Références citées dans l'émission
    
— Page insta du festival Plancheur.euses : https://www.instagram.com/festivalplancheur.euses/  
— Page insta de Ludine (ludynamite) : https://www.instagram.com/ludynamite/  
— Page insta de Cécile Cée (cecilcee) : https://www.instagram.com/cecilcee/  
— Site des Arches Citoyennes : https://lesarchescitoyennes.fr/programmation 
— Lien de la pétition contre la dénomination de la station de tramway “Serge Gainsbourg” : https://www.change.org/p/pour-que-la-ratp-renomme-la-future-station-de-la-ligne-11-serge-gainsbourg  
— La recommandation de Mathilde :  Klou, "Bagarre érotique", éditions Anne Carrière 
— La recommandation de Ludine : L'auteirice Elie Saurel (@elie.saurel) 


    L'équipe de l'émission
    
Présentation : Zoé Monrozier 
Réalisation : Colin Gruel 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 08 Mar 2024 00:00:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-festival-plancheureuses-2024-03-08-p6rRD147.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-festival-plancheureuses-2024-03-08-p6rRD147.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/K80l-lhebdo-festival-plancheureuses-un-week-end-pour-celebrer-la-bd-queer-et-feministe</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-rLl6KIIhpK.jpg"/></item><item><title>L'HEBDO — Harcèlement scolaire : comment rendre l'école plus sûre pour les LGBT ?</title><description><![CDATA[
    Alors qu&#039;une enquête nationale nous donne une idée de l&#039;ampleur du harcèlement scolaire en France, on s&#039;intéresse cette semaine à la façon dont ce phénomène touche en particulier les jeunes LGBT.
    
Le ministère de l’éducation nationale a publié ce mois-ci les premiers résultats statistiques issus d’une enquête menée en novembre 2023 auprès d’élèves du CE2 à la Terminale à propos du harcèlement scolaire. Cette action s’inscrit dans le programme pHARe, mise en place par le gouvernement il y a 2 ans pour créer des outils visant à réduire le harcèlement dans les établissements. Une question posée dans ce questionnaire demande si l’élève a déjà reçu des insultes et des moqueries à propos de son physique, de ses origines, de ses croyances ou de son orientation sexuelle. Et il se trouve que c’est l’atteinte la plus recensée dans cette enquête avec 11% de victimes au collège et 7% au lycée. 
On le sait déjà, les eleves LGBTQ+ sont des cibles privilégiées de harcèlement. Les polémiques sur le lycée privé Stanislas, où règne un climat homophobe selon plusieurs témoignages, nous le rappelle. Une enquête nationale comme celle parue ce mois-ci comme celle-ci pourrait permettre d’appuyer la nécessité de mettre en place des actions concrètes pour faire de l’école un espace safe pour les élèves minorisés. Mais le gouvernement met-il assez de choses en place pour cela ? 
On peut rappeler par exemple le cas du jeune Lucas, collégien de 13 ans, qui s’est donné la mort en janvier 2023 suite à des vagues de harcèlement de la part d’autres élèves de son collège, élèves qui suite à une poursuite judiciaire ont été relaxés faute de preuves sur le lien entre le harcèlement dont Lucas était victime et son suicide. 
Pour en parler, nous recevons : 
Cha Tisserand-Burnel, ex-enseignant.e et membre de l&#039;association Queer Education 
Gabrielle Richard, sociologue du genre, autrice de Hétéro, l&#039;école ? aux éditions du Remue-Ménage 

    
        
        
    


Le Lobby : Que pensez-vous de cette enquête nationale ? Est-ce que c’est une preuve que le harcèlement scolaire est une vraie préoccupation gouvernementale ? 
Gabrielle Richard : Il nous manque des données sur l&#039;ampleur des phénomènes de harcèlement et particulièrement sur la manière dont ces phénomènes-là vont cibler spécifiquement les questions d&#039;identité de genre et d&#039;orientation sexuelle réelle ou présumée.  
Par ailleurs, on doit toujours, questionner les méthodologies de ces enquêtes, notamment quand ça vient d&#039;une instance comme l&#039;Education nationale. En l’occurrence, cette enquête fait état d’un phénomène massif. Mais on est encore sur des chiffres qui sont très loin des chiffres qu&#039;on est en mesure de documenter de longue date dans des pays où le système scolaire globalement similaire à celui de la France. Donc, on peut imaginer qu’il y a une sous-déclaration, ce qui laisse entendre que le problème serait encore d&#039;une plus grande ampleur.  
Ce qui est à mon sens à mettre en évidence aussi, c&#039;est que l&#039;Éducation nationale va résumer la question à un problème de jeunes entre elleux. C&#039;est-à-dire qu&#039;on va se positionner en tant qu&#039;adulte comme étant un peu extérieur au problème. On se dit que les jeunes sont violent·e·s, et pour peu qu&#039;on soit assez vigilant·e·s, on va y mettre un terme, on va les éduquer et ça va aller mieux. Mais ce constat-là, il est incomplet, il ne prend pas en considération la manière dont ces comportements sont systémiques, sont pleinement en train d’infuser le milieu scolaire dans les contenus scolaires, dans la manière dont on forme les adultes à intervenir ou à ne pas intervenir dans les silences, dans la salle de classe, dans les espaces scolaires, etc.  
Cha Tisserand-Burnel : Et puis poser un diagnostic, c&#039;est intéressant, on est toujours d&#039;accord avec ça. Par contre, si ça s&#039;accompagne pas de moyens pour mettre en place des dispositifs ou bien tout simplement appliquer les dispositifs qui existent déjà, ça reste insuffisant. Oui d&#039;accord, on a des données super. Et maintenant quoi ?  
Est ce qu&#039;il existe par exemple des formations pour les enseignants à l&#039;heure actuelle ? 
Gabrielle Richard : La majorité du personnel scolaire peut ne jamais avoir entendu parler de cette thématique de genre et de sexualité ou d&#039;identité, de genre et d&#039;orientation sexuelle. L&#039;essentiel des formations qu&#039;on voit à l&#039;heure actuelle en France, ce sont des formations qui sont complémentaires, qui sont organisées à l&#039;initiative de directions d&#039;établissements ou à l’initiative d’académies. Le problème, c’est que généralement ces formations touchent un public qui est déjà un peu intéressé et formé sur le sujet. On ne va pas toucher la majorité des gens qui trouvent que ce sont des sujets qui n&#039;ont rien à voir avec l&#039;école, qui trouvent qu&#039;il n&#039;y a pas. Il n&#039;y a pas de problème autour de ces questions de LGBT phobie en milieu scolaire, donc on passe à côté du véritable problème finalement. 
Cha Tisserand-Burnel : À titre personnel, je n&#039;ai pas vraiment l&#039;impression, dans mon parcours dans l&#039;Éducation nationale, qu&#039;il y ait une réelle volonté de vouloir former les enseignants. Il y a un discours qui dit :” c&#039;est pas bien d&#039;être homophobe”. Super… Maintenant qu&#039;est ce qu&#039;on fait des collègues qui sont signalés comme homophobes par leurs collègues, par leurs élèves, par les parents d&#039;élèves ? Il se passe rien.  
Nous, on est un peu démuni·e·s. En tant que profs queers, on se retrouve à devoir aussi éduquer nos collègues sur notre temps personnel, sur nos temps de pause. Et on se prend aussi un backlash évidemment, puisqu&#039;on est toujours suspecté·e·s de prosélytisme ou de toujours avoir un positionnement non neutre. Il y a même des collègues syndiqué·e·s qui nous accusent de diviser les luttes… 
Gabrielle Richard : En l&#039;absence de formalisation de ces efforts de formation dans l&#039;Education nationale, on va demander des informations sur le sujet aux rares collègues qui sont en capacité d&#039;être out ou dont on présume qu&#039;iels sont out en milieu scolaire, ou bien on va obtenir ces informations parfois d&#039;élèves concernés qui ont fait leur coming-out. Je vous laisse imaginer ce que ça génère pour des élèves concernés. Déjà il faut faire un coming-out en milieu scolaire, c&#039;est une prise de risque conséquente de surcroît, quand on est une personne mineure, de surcroît quand on dépend de l&#039;adulte pour nous noter, nous évaluer, etc. Donc c&#039;est une prise de risque considérable. Et si en plus on se retrouve dans une posture de devoir éduquer et expliquer à l&#039;adulte qui on est ou comment aller de l&#039;avant sur ces questions-là, ça précarise d&#039;autant plus ce qu&#039;on essaye de mettre en place.  
En fait, on ne cherche pas à regarder le véritable problème. Alors qu’il est absolument nécessaire qu’on s’y attarde. 

    
        
            Le travail de pédagogie sur les questions LGBT revient à des associations qui sont sur-sollicités, qui ne sont pas financées, et c&#039;est d&#039;une certaine manière une manière pour l&#039;Éducation nationale de se de se mouiller sans trop se mouiller sur ces questions-là.
        
        
            Cha Tisserand-Burnel
        
    

Est-ce que la sensibilisation sur le harcèlement peut trouver sa place plus efficacement avec d&#039;autres structures et en dehors de l&#039;école, ou alors par des interventions régulières d&#039;associations dans les établissements ? 
Cha Tisserand-Burnel : Le problème, c&#039;est que les associations qui interviennent déjà, elles sont triées. Donc n&#039;importe qui ne peut pas venir intervenir dans un établissement scolaire, même si on peut toujours négocier. Si on a une direction qui est un peu plus flexible, ça peut arriver. Mais c&#039;est des mois de négociation sur, encore une fois, du temps personnel bénévole de la part des enseignants. Et puis quand ces associations arrivent à venir jusqu&#039;aux élèves, elles sont rarement rémunérées, ou alors à des tarifs dérisoires, sauf certaines associations suffisamment établies pour avoir pu négocier avec le rectorat. Donc dans tous les cas, en fait, on se retrouve avec un tissu associatif qui fait le travail du gouvernement, travail pour lequel le gouvernement est payé par contre. Donc en fait oui, bien sûr, les associations toujours, mais parce qu&#039;on se repose sur elles.  
Gabrielle Richard : On le voit beaucoup à l&#039;heure actuelle avec les questions d&#039;accueil des élèves trans ou non-binaires. L&#039;Éducation nationale s&#039;est dotée d&#039;une circulaire en septembre 2021, qu’on a appelée la “circulaire Blanquer”. Fantastique ! On peut s&#039;en réjouir.  
Mais très concrètement, on va souvent s&#039;en remettre à quelques associations qui sont sur -sollicités, qui ne sont pas davantage financées, et c&#039;est d&#039;une certaine manière une manière pour l&#039;Éducation nationale de se de se mouiller sans trop se mouiller sur ces questions-là.  
Gabrielle, tu as mentionné la circulaire Blanquer. Est ce que tu pourrais revenir en plus en précision sur certaines mesures présentes dans le texte ? 
Gabrielle Richard : Alors, la circulaire s&#039;appelle en fait “Pour une meilleure prise en compte de l&#039;identité de genre en milieu scolaire”. Elle écrit noir sur blanc que la transidentité est un sujet qui concerne l&#039;école. Je le cite parce que c&#039;est d&#039;une importance capitale. Jusque-là, dans l&#039;Éducation nationale, il était tout à fait possible pour des adultes de se désinvestir de ces sujets.  
La circulaire est volontairement flexible dans son application. Là où elle n&#039;est pas flexible, par contre, c&#039;est dans les conditions permettant la modification des prénoms et pronoms utilisés au sein d&#039;un établissement scolaire et les modalités prévues par la circulaire. C&#039;est-à-dire que quand un élève est mineur et si cet élève n&#039;a pas l&#039;approbation de ses deux parents ou responsables légaux, l&#039;établissement scolaire ne peut pas accéder à sa demande de modifier ses prénoms et pronoms sur tout ce qui est document officiel. Si l&#039;élève est mineur et a l&#039;aval de ses deux responsables légaux, l&#039;institution scolaire est tenue d&#039;accéder à sa demande.  
On pourrait se dire que c&#039;est un pas en avant, mais d&#039;une certaine manière, ça ne correspond pas à ce qu&#039;on considère globalement comme étant des bonnes pratiques à cet égard là. L’idéal, ce serait simplement de dire que peu importe l&#039;âge de cet élève là, et même si l&#039;élève ne peut pas compter sur l&#039;aval de ses parents ou responsables légaux, l&#039;école devrait être un lieu d&#039;accueil et d&#039;accommodement.  
Et en ce qui concerne les usages dans les lieux scolaires qu&#039;on appelle genrés, c&#039;est-à-dire les toilettes, les vestiaires, les internats, etc., le texte préconise différentes manières de procéder, en fonction évidemment des établissements et des ressources disponibles. La flexibilité est encouragée. La circulaire propose par exemple de permettre à un·e élève concerné·e d&#039;utiliser les toilettes des adultes ou d&#039;avoir une clé spécifique, de sortir avant les autres élèves pour aller se changer pour son cours d’EPS, etc. Donc de préconiser une flexibilité dans son application, ce qui est fort heureux. Mais elle a cette lacune capitale de ne pas se donner les moyens de réussir à protéger ses élèves les plus vulnérables.  
Cha, dans ton travail à Queer Education, est ce que vous avez pu mettre en place des protocoles auprès d&#039;établissements pour pas justement faire en sorte que des espaces plus safe soient mis en place ? 
Cha Tisserand-Burnel : On a une association très horizontale, donc chaque membre peut mener des projets. On a plusieurs personnes qui ont par exemple fait un projet de dégenrage de la cour dans un collège. On organise aussi, nous, des journées de formation qui s&#039;appellent Corps et Espace, dans lesquelles on prend une thématique sur laquelle nous, en tant qu&#039;enseignant·e·s, on aurait aimé être formé·e·s. On va demander à d&#039;autres associations partenaires de nous former sur ce sujet et ensuite on produit du contenu. C&#039;est ouvert à tout le monde.  
Nous avons appris la semaine dernière la mort d&#039;une jeune personne non-binaire de seize ans ex Bénédicte, scolarisée dans un établissement de l&#039;État d&#039;Oklahoma aux États-Unis, décédé le lendemain d&#039;une agression de la part d&#039;autres élèves dans les toilettes de son lycée. Comment est-il possible de mettre l&#039;alerte sur la réalité des conséquences du harcèlement? 
Gabrielle Richard : Je suis à chaque fois comme plein de gens qui travaillent dans l&#039;éducation, complètement bouleversée par ce genre de nouvelles, et je pense qu&#039;il Je pense qu&#039;il faut aussi un moment pour encaisser le coup et se dire on a encore failli en tant qu&#039;adultes, à créer des conditions optimales d&#039;apprentissage et à permettre à nos jeunes de se sentir bien.  
Il faut en tirer des leçons et il faut aller de l&#039;avant. Je pense que personnellement, je suis encore dans un moment un peu un peu sonné par la nouvelle, comme à chaque fois que ce genre de nouvelle nous arrive sur le plan de l&#039;actualité. Et par ailleurs, on a qu&#039;une infime proportion de ces de ces véritables situations qui viennent à nos oreilles parce qu&#039;ils sont beaucoup plus nombreux ces cas de violence et ces suicides, notamment de nos jeunes, de nos jeunes.  

    
        
            Les adultes cisgenres et hétérosexuels peuvent parler librement de leur vie personnelle, de leur week-end... c&#039;est très banal !  Si des membres du personnel queers font la même chose, alors subitement, on nous dit que c&#039;est de la propagande, du prosélytisme, que ça n&#039;a pas sa place dans la sphère scolaire, etc.
        
        
            Gabrielle Richard
        
    

Les professeurs queers aussi subissent des violences dans leurs établissements...  
Cha Tisserand-Burnel : Il y a plein de collègues qui ne sont pas out parce qu&#039;ils ne se sentent pas de le faire. Il y a un vrai enjeu à être out. Moi, je l&#039;ai été, je l&#039;étais dans mon établissement. N&#039;empêche que pour passer le concours, j&#039;ai fait semblant d&#039;être hétéro. Il y a cette notion de respectabilité. Pour être enseignant·e, il faut être respectable. Or être respectable, ben c&#039;est être dans la norme. Et ça, quand on fait un coming-out, c&#039;est une grosse réflexion parce qu&#039;on ne sait pas ce qu&#039;on va perdre.  
Gabrielle Richard : Il y a énormément de pression sur le personnel enseignant ou les membres adultes de la sphère scolaire à faire preuve de soi-disant neutralité. Pour travailler en milieu scolaire, il faudrait être “neutre”. C&#039;est bien sûr fallacieux, parce qu&#039;on est jamais neutre. On est traversé par qui on est, par nos expériences de vie.  
Donc il y a ce double standard autour du coming-out qui fait que nos adultes qui sont des personnes cisgenres et hétérosexuelles, iels peuvent parler librement de leur vie personnelle, de leur week-end… Ça n&#039;est pas vu comme étant quelque chose de militant, c’est quelque chose de très banal. Si des membres du personnel queers font la même chose, alors subitement, levée de boucliers, on nous dit que c&#039;est de la propagande, du prosélytisme, que ça n&#039;a pas sa place dans la sphère scolaire, etc. Pourquoi ? Parce qu&#039;il y a cette présomption d&#039;hétérosexualité. Tout le monde est ou devrait être hétérosexuel et cisgenre, et donc affirmer d&#039;une certaine manière ne pas l&#039;être, c&#039;est vu comme n&#039;ayant pas sa place dans la sphère scolaire.  
On est sur un milieu qui est particulièrement conservateur et particulièrement hostile à cette position, notamment sur les plans du genre et la sexualité.  
Cha Tisserand-Burnel : En fait, les étudiants et leurs profs, c&#039;est deux faces d&#039;une même pièce. Quand on fait un coming-out dans une salle des profs, on sort de la sociabilité prof. Parce qu&#039;on est plus hétéro, on peut plus partager de belles histoires de rencontre hétéro de mon chéri, de ma chérie, et l&#039;appartement dans le 11ᵉ, et puis et les enfants et le chien. En réalité, si, on peut tout à fait avoir ça maintenant. Avant que la PMA ne soit otée, quand on me demandait si j’allais faire des enfants, je répondais toujours “Bah non, c&#039;est illégal”. Et mes collègues mettaient très longtemps à comprendre pourquoi.  
L&#039;École Stanislas à Paris a beaucoup fait parler d&#039;elle récemment et plusieurs plaintes d&#039;associations ont été déposées contre l&#039;établissement pour homophobie. Est ce que les plaintes déposées par des associations pourraient avoir un réel impact sur une institution comme celle-là ? 
Cha Tisserand-Burnel : On espère. Après, j&#039;ai l&#039;impression que si ça avait dû arriver, ça serait peut être déjà arrivé. C&#039;est pas la première fois qu&#039;on leur en parle. La différence qu&#039;on peut voir aujourd&#039;hui, c&#039;est qu’il y a des excuses qui ont été présentées, ce qui n&#039;a pas été le cas auparavant. Donc il y a une avancée. Après, de là à ce que ça change quelque chose, je suis pas sûre que le gouvernement tel qu&#039;il est actuellement ait grand chose à gagner à ce que ça change. Donc on verra. 
Quels pourraient être les leviers pour imaginer une école safe pour les personnes LGBTQ+? 
Gabrielle Richard : J&#039;aime cette question : elle donne libre cours à beaucoup de possibilités.  
Le levier incontournable, c&#039;est bien sûr la formation. On ne peut pas faire l&#039;économie de former l&#039;ensemble de nos personnels éducatifs. Le changement passe par là. Ici, on doit être sur une formation qui est obligatoire, qui est donc évaluée, empiriquement fondée, ancrée dans les connaissances scientifiques. Et on est doté d&#039;un bon bagage scientifique sur ces questions-là à l&#039;heure actuelle, donc on serait en mesure de le faire.  
Après, évidemment, il faut se pencher sur nos contenus, nos programmes scolaires qui, à l&#039;heure actuelle, sont incomplets sur les sujets d’identité de genre et de vie affective et sexulle. J&#039;ai évidemment envie de parler de nos séances d’éducation à la sexualité. On le sait parce que bon an mal an, on en parle et c&#039;est heureux. Mais dans une grande proportion des établissements scolaires à l&#039;heure actuelle, on ne voit pas se concrétiser ces trois séances annuelles d&#039;éducation à la sexualité qui sont pourtant obligatoires. Alors, on peut expliquer de mille façons le fait qu&#039;on ne parle pas de questions LGBT en français. On n’en parlera peut-être pas plus en cours d’histoire-géo. Mais on se dit que quand même, s&#039;il y a un moment dans mon parcours scolaire où on va parler de cette thématique-là, c&#039;est bien l&#039;éducation à la sexualité. Mais finalement, ces espoirs-là sont aussi bien souvent déçus. 
Ce qui manque énormément en France à l&#039;heure actuelle, c&#039;est une voix forte sur ces thématiques-là. On a vu tous ces ministres de l&#039;éducation se succéder et de plein de façons essayer d&#039;éviter un peu le sujet. J&#039;ai aussi participé aux travaux sur la circulaire Blanquer en 2021, et pourtant il a fallu que je cherche pour savoir que cette circulaire-là, elle était finalement sortie, elle avait été publiée, et pour savoir surtout en quoi elle consistait. Moi, je forme des personnels éducatifs, je leur apprends à chaque fois qu&#039;il y a une circulaire qui existe. Ce n’est pas normal qu’une formation facultative soit le moment où les gens prennent conscience de l&#039;existence de cette circulaire-là.  
Il y a aussi des initiatives positives. Par exemple, on peut parler des AGIS*, les Alliances Genre Identité Sexualité, qui sont des regroupements d&#039;élèves dans des collèges ou dans des lycées qui sont des moments d&#039;échange, de prise de parole, organisés au sein d&#039;un établissement pour porter ces thématiques-là. Ce sont des initiatives heureuses qui sont fructueuses et sur lesquelles aussi on devrait mettre la lumière. 
*L&#039;équipe du Lobby organisera bientôt un atelier radiophonique avec une AGIS, on vous en parle bientôt ! 


    Pour aller plus loin...
    
— Gabrielle Richard, Hétéro l&#039;école ?, Éditions du Remue-Ménage 
— Gabrielle Richard, Faire famille autrement, Binge Audio Editions 
— « Mon lycée féministe », Un podcast à soi, un documentaire signé Charlotte Bienaimé pour ARTE Radio : https://www.arteradio.com/son/61679501/mon_lycee_feministe 
— Le site de Queer Education : https://queereducation.fr/ 


    L&#039;équipe de l&#039;émission
    
Présentation : Diego de Cao 
Réalisation : Colin Gruel 
]]></description><itunes:summary>
    Alors qu'une enquête nationale nous donne une idée de l'ampleur du harcèlement scolaire en France, on s'intéresse cette semaine à la façon dont ce phénomène touche en particulier les jeunes LGBT.
    
Le ministère de l’éducation nationale a publié ce mois-ci les premiers résultats statistiques issus d’une enquête menée en novembre 2023 auprès d’élèves du CE2 à la Terminale à propos du harcèlement scolaire. Cette action s’inscrit dans le programme pHARe, mise en place par le gouvernement il y a 2 ans pour créer des outils visant à réduire le harcèlement dans les établissements. Une question posée dans ce questionnaire demande si l’élève a déjà reçu des insultes et des moqueries à propos de son physique, de ses origines, de ses croyances ou de son orientation sexuelle. Et il se trouve que c’est l’atteinte la plus recensée dans cette enquête avec 11% de victimes au collège et 7% au lycée. 
On le sait déjà, les eleves LGBTQ+ sont des cibles privilégiées de harcèlement. Les polémiques sur le lycée privé Stanislas, où règne un climat homophobe selon plusieurs témoignages, nous le rappelle. Une enquête nationale comme celle parue ce mois-ci comme celle-ci pourrait permettre d’appuyer la nécessité de mettre en place des actions concrètes pour faire de l’école un espace safe pour les élèves minorisés. Mais le gouvernement met-il assez de choses en place pour cela ? 
On peut rappeler par exemple le cas du jeune Lucas, collégien de 13 ans, qui s’est donné la mort en janvier 2023 suite à des vagues de harcèlement de la part d’autres élèves de son collège, élèves qui suite à une poursuite judiciaire ont été relaxés faute de preuves sur le lien entre le harcèlement dont Lucas était victime et son suicide. 
Pour en parler, nous recevons : 
Cha Tisserand-Burnel, ex-enseignant.e et membre de l'association Queer Education 
Gabrielle Richard, sociologue du genre, autrice de Hétéro, l'école ? aux éditions du Remue-Ménage 

    
        
        
    


Le Lobby : Que pensez-vous de cette enquête nationale ? Est-ce que c’est une preuve que le harcèlement scolaire est une vraie préoccupation gouvernementale ? 
Gabrielle Richard : Il nous manque des données sur l'ampleur des phénomènes de harcèlement et particulièrement sur la manière dont ces phénomènes-là vont cibler spécifiquement les questions d'identité de genre et d'orientation sexuelle réelle ou présumée.  
Par ailleurs, on doit toujours, questionner les méthodologies de ces enquêtes, notamment quand ça vient d'une instance comme l'Education nationale. En l’occurrence, cette enquête fait état d’un phénomène massif. Mais on est encore sur des chiffres qui sont très loin des chiffres qu'on est en mesure de documenter de longue date dans des pays où le système scolaire globalement similaire à celui de la France. Donc, on peut imaginer qu’il y a une sous-déclaration, ce qui laisse entendre que le problème serait encore d'une plus grande ampleur.  
Ce qui est à mon sens à mettre en évidence aussi, c'est que l'Éducation nationale va résumer la question à un problème de jeunes entre elleux. C'est-à-dire qu'on va se positionner en tant qu'adulte comme étant un peu extérieur au problème. On se dit que les jeunes sont violent·e·s, et pour peu qu'on soit assez vigilant·e·s, on va y mettre un terme, on va les éduquer et ça va aller mieux. Mais ce constat-là, il est incomplet, il ne prend pas en considération la manière dont ces comportements sont systémiques, sont pleinement en train d’infuser le milieu scolaire dans les contenus scolaires, dans la manière dont on forme les adultes à intervenir ou à ne pas intervenir dans les silences, dans la salle de classe, dans les espaces scolaires, etc.  
Cha Tisserand-Burnel : Et puis poser un diagnostic, c'est intéressant, on est toujours d'accord avec ça. Par contre, si ça s'accompagne pas de moyens pour mettre en place des dispositifs ou bien tout simplement appliquer les dispositifs qui existent déjà, ça reste insuffisant. Oui d'accord, on a des données super. Et maintenant quoi ?  
Est ce qu'il existe par exemple des formations pour les enseignants à l'heure actuelle ? 
Gabrielle Richard : La majorité du personnel scolaire peut ne jamais avoir entendu parler de cette thématique de genre et de sexualité ou d'identité, de genre et d'orientation sexuelle. L'essentiel des formations qu'on voit à l'heure actuelle en France, ce sont des formations qui sont complémentaires, qui sont organisées à l'initiative de directions d'établissements ou à l’initiative d’académies. Le problème, c’est que généralement ces formations touchent un public qui est déjà un peu intéressé et formé sur le sujet. On ne va pas toucher la majorité des gens qui trouvent que ce sont des sujets qui n'ont rien à voir avec l'école, qui trouvent qu'il n'y a pas. Il n'y a pas de problème autour de ces questions de LGBT phobie en milieu scolaire, donc on passe à côté du véritable problème finalement. 
Cha Tisserand-Burnel : À titre personnel, je n'ai pas vraiment l'impression, dans mon parcours dans l'Éducation nationale, qu'il y ait une réelle volonté de vouloir former les enseignants. Il y a un discours qui dit :” c'est pas bien d'être homophobe”. Super… Maintenant qu'est ce qu'on fait des collègues qui sont signalés comme homophobes par leurs collègues, par leurs élèves, par les parents d'élèves ? Il se passe rien.  
Nous, on est un peu démuni·e·s. En tant que profs queers, on se retrouve à devoir aussi éduquer nos collègues sur notre temps personnel, sur nos temps de pause. Et on se prend aussi un backlash évidemment, puisqu'on est toujours suspecté·e·s de prosélytisme ou de toujours avoir un positionnement non neutre. Il y a même des collègues syndiqué·e·s qui nous accusent de diviser les luttes… 
Gabrielle Richard : En l'absence de formalisation de ces efforts de formation dans l'Education nationale, on va demander des informations sur le sujet aux rares collègues qui sont en capacité d'être out ou dont on présume qu'iels sont out en milieu scolaire, ou bien on va obtenir ces informations parfois d'élèves concernés qui ont fait leur coming-out. Je vous laisse imaginer ce que ça génère pour des élèves concernés. Déjà il faut faire un coming-out en milieu scolaire, c'est une prise de risque conséquente de surcroît, quand on est une personne mineure, de surcroît quand on dépend de l'adulte pour nous noter, nous évaluer, etc. Donc c'est une prise de risque considérable. Et si en plus on se retrouve dans une posture de devoir éduquer et expliquer à l'adulte qui on est ou comment aller de l'avant sur ces questions-là, ça précarise d'autant plus ce qu'on essaye de mettre en place.  
En fait, on ne cherche pas à regarder le véritable problème. Alors qu’il est absolument nécessaire qu’on s’y attarde. 

    
        
            Le travail de pédagogie sur les questions LGBT revient à des associations qui sont sur-sollicités, qui ne sont pas financées, et c'est d'une certaine manière une manière pour l'Éducation nationale de se de se mouiller sans trop se mouiller sur ces questions-là.
        
        
            Cha Tisserand-Burnel
        
    

Est-ce que la sensibilisation sur le harcèlement peut trouver sa place plus efficacement avec d'autres structures et en dehors de l'école, ou alors par des interventions régulières d'associations dans les établissements ? 
Cha Tisserand-Burnel : Le problème, c'est que les associations qui interviennent déjà, elles sont triées. Donc n'importe qui ne peut pas venir intervenir dans un établissement scolaire, même si on peut toujours négocier. Si on a une direction qui est un peu plus flexible, ça peut arriver. Mais c'est des mois de négociation sur, encore une fois, du temps personnel bénévole de la part des enseignants. Et puis quand ces associations arrivent à venir jusqu'aux élèves, elles sont rarement rémunérées, ou alors à des tarifs dérisoires, sauf certaines associations suffisamment établies pour avoir pu négocier avec le rectorat. Donc dans tous les cas, en fait, on se retrouve avec un tissu associatif qui fait le travail du gouvernement, travail pour lequel le gouvernement est payé par contre. Donc en fait oui, bien sûr, les associations toujours, mais parce qu'on se repose sur elles.  
Gabrielle Richard : On le voit beaucoup à l'heure actuelle avec les questions d'accueil des élèves trans ou non-binaires. L'Éducation nationale s'est dotée d'une circulaire en septembre 2021, qu’on a appelée la “circulaire Blanquer”. Fantastique ! On peut s'en réjouir.  
Mais très concrètement, on va souvent s'en remettre à quelques associations qui sont sur -sollicités, qui ne sont pas davantage financées, et c'est d'une certaine manière une manière pour l'Éducation nationale de se de se mouiller sans trop se mouiller sur ces questions-là.  
Gabrielle, tu as mentionné la circulaire Blanquer. Est ce que tu pourrais revenir en plus en précision sur certaines mesures présentes dans le texte ? 
Gabrielle Richard : Alors, la circulaire s'appelle en fait “Pour une meilleure prise en compte de l'identité de genre en milieu scolaire”. Elle écrit noir sur blanc que la transidentité est un sujet qui concerne l'école. Je le cite parce que c'est d'une importance capitale. Jusque-là, dans l'Éducation nationale, il était tout à fait possible pour des adultes de se désinvestir de ces sujets.  
La circulaire est volontairement flexible dans son application. Là où elle n'est pas flexible, par contre, c'est dans les conditions permettant la modification des prénoms et pronoms utilisés au sein d'un établissement scolaire et les modalités prévues par la circulaire. C'est-à-dire que quand un élève est mineur et si cet élève n'a pas l'approbation de ses deux parents ou responsables légaux, l'établissement scolaire ne peut pas accéder à sa demande de modifier ses prénoms et pronoms sur tout ce qui est document officiel. Si l'élève est mineur et a l'aval de ses deux responsables légaux, l'institution scolaire est tenue d'accéder à sa demande.  
On pourrait se dire que c'est un pas en avant, mais d'une certaine manière, ça ne correspond pas à ce qu'on considère globalement comme étant des bonnes pratiques à cet égard là. L’idéal, ce serait simplement de dire que peu importe l'âge de cet élève là, et même si l'élève ne peut pas compter sur l'aval de ses parents ou responsables légaux, l'école devrait être un lieu d'accueil et d'accommodement.  
Et en ce qui concerne les usages dans les lieux scolaires qu'on appelle genrés, c'est-à-dire les toilettes, les vestiaires, les internats, etc., le texte préconise différentes manières de procéder, en fonction évidemment des établissements et des ressources disponibles. La flexibilité est encouragée. La circulaire propose par exemple de permettre à un·e élève concerné·e d'utiliser les toilettes des adultes ou d'avoir une clé spécifique, de sortir avant les autres élèves pour aller se changer pour son cours d’EPS, etc. Donc de préconiser une flexibilité dans son application, ce qui est fort heureux. Mais elle a cette lacune capitale de ne pas se donner les moyens de réussir à protéger ses élèves les plus vulnérables.  
Cha, dans ton travail à Queer Education, est ce que vous avez pu mettre en place des protocoles auprès d'établissements pour pas justement faire en sorte que des espaces plus safe soient mis en place ? 
Cha Tisserand-Burnel : On a une association très horizontale, donc chaque membre peut mener des projets. On a plusieurs personnes qui ont par exemple fait un projet de dégenrage de la cour dans un collège. On organise aussi, nous, des journées de formation qui s'appellent Corps et Espace, dans lesquelles on prend une thématique sur laquelle nous, en tant qu'enseignant·e·s, on aurait aimé être formé·e·s. On va demander à d'autres associations partenaires de nous former sur ce sujet et ensuite on produit du contenu. C'est ouvert à tout le monde.  
Nous avons appris la semaine dernière la mort d'une jeune personne non-binaire de seize ans ex Bénédicte, scolarisée dans un établissement de l'État d'Oklahoma aux États-Unis, décédé le lendemain d'une agression de la part d'autres élèves dans les toilettes de son lycée. Comment est-il possible de mettre l'alerte sur la réalité des conséquences du harcèlement? 
Gabrielle Richard : Je suis à chaque fois comme plein de gens qui travaillent dans l'éducation, complètement bouleversée par ce genre de nouvelles, et je pense qu'il Je pense qu'il faut aussi un moment pour encaisser le coup et se dire on a encore failli en tant qu'adultes, à créer des conditions optimales d'apprentissage et à permettre à nos jeunes de se sentir bien.  
Il faut en tirer des leçons et il faut aller de l'avant. Je pense que personnellement, je suis encore dans un moment un peu un peu sonné par la nouvelle, comme à chaque fois que ce genre de nouvelle nous arrive sur le plan de l'actualité. Et par ailleurs, on a qu'une infime proportion de ces de ces véritables situations qui viennent à nos oreilles parce qu'ils sont beaucoup plus nombreux ces cas de violence et ces suicides, notamment de nos jeunes, de nos jeunes.  

    
        
            Les adultes cisgenres et hétérosexuels peuvent parler librement de leur vie personnelle, de leur week-end... c'est très banal !  Si des membres du personnel queers font la même chose, alors subitement, on nous dit que c'est de la propagande, du prosélytisme, que ça n'a pas sa place dans la sphère scolaire, etc.
        
        
            Gabrielle Richard
        
    

Les professeurs queers aussi subissent des violences dans leurs établissements...  
Cha Tisserand-Burnel : Il y a plein de collègues qui ne sont pas out parce qu'ils ne se sentent pas de le faire. Il y a un vrai enjeu à être out. Moi, je l'ai été, je l'étais dans mon établissement. N'empêche que pour passer le concours, j'ai fait semblant d'être hétéro. Il y a cette notion de respectabilité. Pour être enseignant·e, il faut être respectable. Or être respectable, ben c'est être dans la norme. Et ça, quand on fait un coming-out, c'est une grosse réflexion parce qu'on ne sait pas ce qu'on va perdre.  
Gabrielle Richard : Il y a énormément de pression sur le personnel enseignant ou les membres adultes de la sphère scolaire à faire preuve de soi-disant neutralité. Pour travailler en milieu scolaire, il faudrait être “neutre”. C'est bien sûr fallacieux, parce qu'on est jamais neutre. On est traversé par qui on est, par nos expériences de vie.  
Donc il y a ce double standard autour du coming-out qui fait que nos adultes qui sont des personnes cisgenres et hétérosexuelles, iels peuvent parler librement de leur vie personnelle, de leur week-end… Ça n'est pas vu comme étant quelque chose de militant, c’est quelque chose de très banal. Si des membres du personnel queers font la même chose, alors subitement, levée de boucliers, on nous dit que c'est de la propagande, du prosélytisme, que ça n'a pas sa place dans la sphère scolaire, etc. Pourquoi ? Parce qu'il y a cette présomption d'hétérosexualité. Tout le monde est ou devrait être hétérosexuel et cisgenre, et donc affirmer d'une certaine manière ne pas l'être, c'est vu comme n'ayant pas sa place dans la sphère scolaire.  
On est sur un milieu qui est particulièrement conservateur et particulièrement hostile à cette position, notamment sur les plans du genre et la sexualité.  
Cha Tisserand-Burnel : En fait, les étudiants et leurs profs, c'est deux faces d'une même pièce. Quand on fait un coming-out dans une salle des profs, on sort de la sociabilité prof. Parce qu'on est plus hétéro, on peut plus partager de belles histoires de rencontre hétéro de mon chéri, de ma chérie, et l'appartement dans le 11ᵉ, et puis et les enfants et le chien. En réalité, si, on peut tout à fait avoir ça maintenant. Avant que la PMA ne soit otée, quand on me demandait si j’allais faire des enfants, je répondais toujours “Bah non, c'est illégal”. Et mes collègues mettaient très longtemps à comprendre pourquoi.  
L'École Stanislas à Paris a beaucoup fait parler d'elle récemment et plusieurs plaintes d'associations ont été déposées contre l'établissement pour homophobie. Est ce que les plaintes déposées par des associations pourraient avoir un réel impact sur une institution comme celle-là ? 
Cha Tisserand-Burnel : On espère. Après, j'ai l'impression que si ça avait dû arriver, ça serait peut être déjà arrivé. C'est pas la première fois qu'on leur en parle. La différence qu'on peut voir aujourd'hui, c'est qu’il y a des excuses qui ont été présentées, ce qui n'a pas été le cas auparavant. Donc il y a une avancée. Après, de là à ce que ça change quelque chose, je suis pas sûre que le gouvernement tel qu'il est actuellement ait grand chose à gagner à ce que ça change. Donc on verra. 
Quels pourraient être les leviers pour imaginer une école safe pour les personnes LGBTQ+? 
Gabrielle Richard : J'aime cette question : elle donne libre cours à beaucoup de possibilités.  
Le levier incontournable, c'est bien sûr la formation. On ne peut pas faire l'économie de former l'ensemble de nos personnels éducatifs. Le changement passe par là. Ici, on doit être sur une formation qui est obligatoire, qui est donc évaluée, empiriquement fondée, ancrée dans les connaissances scientifiques. Et on est doté d'un bon bagage scientifique sur ces questions-là à l'heure actuelle, donc on serait en mesure de le faire.  
Après, évidemment, il faut se pencher sur nos contenus, nos programmes scolaires qui, à l'heure actuelle, sont incomplets sur les sujets d’identité de genre et de vie affective et sexulle. J'ai évidemment envie de parler de nos séances d’éducation à la sexualité. On le sait parce que bon an mal an, on en parle et c'est heureux. Mais dans une grande proportion des établissements scolaires à l'heure actuelle, on ne voit pas se concrétiser ces trois séances annuelles d'éducation à la sexualité qui sont pourtant obligatoires. Alors, on peut expliquer de mille façons le fait qu'on ne parle pas de questions LGBT en français. On n’en parlera peut-être pas plus en cours d’histoire-géo. Mais on se dit que quand même, s'il y a un moment dans mon parcours scolaire où on va parler de cette thématique-là, c'est bien l'éducation à la sexualité. Mais finalement, ces espoirs-là sont aussi bien souvent déçus. 
Ce qui manque énormément en France à l'heure actuelle, c'est une voix forte sur ces thématiques-là. On a vu tous ces ministres de l'éducation se succéder et de plein de façons essayer d'éviter un peu le sujet. J'ai aussi participé aux travaux sur la circulaire Blanquer en 2021, et pourtant il a fallu que je cherche pour savoir que cette circulaire-là, elle était finalement sortie, elle avait été publiée, et pour savoir surtout en quoi elle consistait. Moi, je forme des personnels éducatifs, je leur apprends à chaque fois qu'il y a une circulaire qui existe. Ce n’est pas normal qu’une formation facultative soit le moment où les gens prennent conscience de l'existence de cette circulaire-là.  
Il y a aussi des initiatives positives. Par exemple, on peut parler des AGIS*, les Alliances Genre Identité Sexualité, qui sont des regroupements d'élèves dans des collèges ou dans des lycées qui sont des moments d'échange, de prise de parole, organisés au sein d'un établissement pour porter ces thématiques-là. Ce sont des initiatives heureuses qui sont fructueuses et sur lesquelles aussi on devrait mettre la lumière. 
*L'équipe du Lobby organisera bientôt un atelier radiophonique avec une AGIS, on vous en parle bientôt ! 


    Pour aller plus loin...
    
— Gabrielle Richard, Hétéro l'école ?, Éditions du Remue-Ménage 
— Gabrielle Richard, Faire famille autrement, Binge Audio Editions 
— « Mon lycée féministe », Un podcast à soi, un documentaire signé Charlotte Bienaimé pour ARTE Radio : https://www.arteradio.com/son/61679501/mon_lycee_feministe 
— Le site de Queer Education : https://queereducation.fr/ 


    L'équipe de l'émission
    
Présentation : Diego de Cao 
Réalisation : Colin Gruel 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 01 Mar 2024 00:00:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-harcelement-scolaire-co-2024-03-01-EHAkqMZd.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-harcelement-scolaire-co-2024-03-01-EHAkqMZd.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/79j8-lhebdo-harcelement-scolaire-comment-rendre-lecole-plus-sure-pour-les-lgbt</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-cNj01QrWOk.jpg"/></item><item><title>L'HEBDO — Lou Trotignon, comique ascendant mérou (REDIFFUSION)</title><description><![CDATA[
    REDIFFUSION. Cette semaine, notre invité est Lou Trotignon, dont le spectacle &quot;Mérou&quot; se joue en ce moment à guichet fermé à la Nouvelle Seine.
    
&quot;Mérou&quot;, étrange nom pour un spetacle de stand-up queer. Mais saviez-vous que le mérou pouvait à loisir changer de sexe pendant sa vie ? C&#039;est l&#039;une des choses que vous apprendrez si vous vous rendez au spectacle de Lou Trotignon, qu&#039;il joue ces jours-ci à La Nouvelle Seine (Paris 5e). Cette semaine, ça fait même un an tout pile que son spectacle a commencé à tourné. En un an, il a changé, et Lou aussi. « Mon spectacle transitionne en même temps que moi », plaisante-t-il. 
Lou Trotignon sera le 29 novembre au mk2 Quai de Seine pour une projection en avant-première de Orlando, ma biographie politique, le nouveau film de Paul B. Preciado. 
Son spectacle se joue toujours chaque jeudi à 19h30 à La Nouvelle Seine. Les représentations sont toutes complètes, mais il sera de retour dès le mois de janvier, au même endroit. Et vous pourrez aussi le voir à Bayonne les 1er et 2 décembre, et à Avignon le 16 décembre. 

Qu&#039;est ce qui te touche le plus dans ton métier d&#039;humoriste?  
Lou Trotignon : Ce qui me touche le plus, je pense, c&#039;est quand je vois que mon parcours fait écho à d&#039;autres personnes qui vivent les mêmes choses ou pas forcément. Une fois, un mec hétéro, la cinquantaine, est venu me voir après le spectacle et m’a dit : “moi aussi je doute sur plein de trucs, pas sur mon identité de genre, mais je doute”.  
Raconte-nous tes débuts dans le stand-up 
J&#039;ai commencé il y a deux, trois ans. À l’époque, je pensais que j&#039;étais une meuf hétéro. Donc mes débuts, mes premiers sketchs, je racontais que tout le monde pensait que j&#039;étais lesbienne alors que pas du tout. Donc j&#039;ai dû tout réécrire en fait ! 
Au début, j&#039;ai commencé dans une scène où il y avait que des meufs, parce qu&#039;à l&#039;époque, pour jouer en tant que meufs, il fallait aller à des plateaux pour les meufs. C&#039;était comme ça que ça se passait. J&#039;ai tout de suite été confronté au sexisme, on m&#039;a fait des retours sur mes blagues en me disant “non, c&#039;est pas comme ça qu&#039;il faut dire” ou “c&#039;est pas bien pour une meuf d&#039;être comme ça”. Et du coup j&#039;ai arrêté. Et plus tard, j’ai assisté à un atelier d’écriture avec Tahnee, une autre humoriste queer. On s&#039;est rencontrés, elle m’a poussé à remonter sur scène, j&#039;ai vu que les gens rigolaient, qu&#039;il y avait un public, et du coup ça m&#039;a touché. Et je me suis dit que j’allais continuer. 
Est ce que tu as cherché à voir d&#039;autres humoristes queer ? Et ça a été important pour les représentations que t&#039;avais autour de toi ? 
Moi, ça m&#039;a pris du temps avant de me dire que j&#039;étais queer. Je suis monté sur scène en pensant que j&#039;étais hétéro, mais j&#039;allais principalement à des spectacles queers. J&#039;ai vu le Comedy Love, par exemple. C’est un spectacle créé par Tahnee, Mahaut et Lucie Carbone, avec aussi Noam Simseau maintenant. Et c&#039;est que des queers et/ou féministes sur scène. Et ça m&#039;a fait du bien d&#039;être dans une salle de spectacle sans recevoir des blagues homophobes racistes. Je me suis juste senti bien et je me suis dit que j’avais envie de procurer moi aussi cette joie-là. 
Dans son spectacle Nanette, l’humoriste Hannah Gadsby parle de sa volonté de quitter le monde du spectacle comique, car il est trop douloureux de passer par l&#039;auto-dérision autour de son expérience en tant que personne queer. Qu&#039;est ce qu’elle représente pour toi, Hannah Gadsby ? 
C’est un modèle. Quand j’ai vu son spectacle, je n’avais pas enore commencé le stand-up. Et c&#039;est en voyant son spectacle que je me suis dit : “ah oui, il y a la place pour les personnes queers”. Donc elle a une place énorme dans mes inspirations. C’est aussi un modèle en termes de technique d’humour : son dernier spectacle, Something special, et une masterclasse de storytelling. 
Et en regardant ces sketchs, j&#039;ai appris à écrire des blagues qui moi me faisaient plaisir, où je me moquais pas du fait que j&#039;étais trans, mais je me moquais des trucs qui moi me font rire dans la transidentité, ou dans la transphobie parce que je trouve que la transphobie est très drôle des fois, dans le sens où elle est un peu absurde et tu peux vite la débunker.  
Alors comment est ce qu&#039;on peut faire de l&#039;humour sur les expériences queer sans que l&#039;autodérision prenne un sens trop lourd?  
Déjà je pense qu&#039;il faut être concerné pour en parler. Moi, ma méthode, c’est que je pars d&#039;une émotion et après j&#039;écris des blagues. Et mon émotion c&#039;est jamais une haine de moi-même que je transformerais en blagues pour soulager la douleur. J’ai plutôt envie de créer un spectacle feel-good.  

    
        
            Il y a 120 personnes dans cette salle où je joue et je veux que tout le monde se sente connecté.
        
        
            Lou Trotignon
        
    

Après, ça n’empêche pas d’avoir recours à l’autodérision, et ça peut être très drôle. Au début de mon spectacle, je dis que j&#039;utilise tous les pronoms, mais en même temps pas vraiment : j’utilise “il” mais j’aime pas qu’on dise que je suis un homme”, l’idéal ce serait “iel” mais j’arrive pas à m’y faire… Et après les gens sont confus. 
Mais c&#039;est pas vraiment de l&#039;autodérision, cette blague, dans le sens où je suis pas en train de dire que c&#039;est nul d&#039;avoir plusieurs pronoms, je dis juste c&#039;est marrant ce que ça crée comme confusion à l&#039;intérieur de moi et pour les autres. Si tu pars de ton émotion et que c&#039;est une émotion de détestation de toi-même, ça va se sentir sur scène. Mais l&#039;autodérision peut être drôle aussi.  
C&#039;est un spectacle sur et pour la communauté queer, et tu le dis au début : pendant une heure, tout le monde, toute la salle est queer. Qu&#039;est ce que tu cherches à produire en mettant tout ton public dans cette case, y compris le public cishétéro ?  
Bah en fait, au début, quand j&#039;ai commencé mon spectacle, je demandais toujours : qui est queer dans la salle et qui est hétéro dans la salle. Et je sentais que ça scindait la salle et j&#039;avais pas envie de ça. J&#039;aurais pu, ça aurait été tout à fait légitime que je veuille scinder la salle en deux et que les personnes hétéros se sentent un peu visées. Mais je veux créer une unité.  
Moi, ce qui m&#039;intéresse dans mon spectacle, c&#039;est qu&#039;il y ait une connexion. Il y a 120 personnes dans cette salle où je joue et je veux que tout le monde se sente connecté. Je me dis que si une personne hétéro vient voir le spectacle en se demandant un peu à quele sauce elle va être mangée, et que finalement elle se sent acceptée dans le truc, qu’elle joue le jeu pendant une heure, et qu’elle sort en se disant “on s’est sentis connectés”, alors peut-être que le gap entre nous et eux disparaîtra un peu, au moins pendant une heure.  
Tu racontes notamment dans ton spectacle un moment de solitude face à un public peu averti. Est ce que t&#039;as déjà été surpris de l&#039;accueil de ton spectacle de la part d&#039;un public pas queer ? 
Oui, tout à fait ! J&#039;ai fait une tournée avec Le Printemps du rire. Donc le principe de ce festival, c&#039;est qu&#039;on va jouer dans des villages autour de Toulouse, où il y a peu d&#039;accès à la culture. Et à un moment, j&#039;arrive à Pointis-de-Rivières, dans une salle des fêtes, il y a des enfants, ça résonne… Et là, bêtement, je me suis dit que ces gens-là n’allaient jamais comprendre mon propos.  
Et en fait, je suis monté sur scène et j&#039;ai souri. Je leur ai parlé et ils étaient à fond. Ça s&#039;est hyper bien passé. Ils sont venus me voir à la fin en me disant que c’était la première fois qu&#039;on leur parlait pas comme à des idiot·e·s sur ce genre de sujet. Et j&#039;ai compris que j&#039;avais des a prioris énormes sur des publics : en fait, c&#039;est pas parce qu&#039;ils sont hétéros qui vont pas capter !  
Il faut savoir faire preuve de pédagogie sur ces sujets : moi, ma sœur est trans aussi, et quand elle m&#039;a fait son coming-out j&#039;ai fait plein d&#039;erreurs au début parce que je ne faisais pas partie de la communauté queer, je n&#039;avais pas les outils… Alors j&#039;essaye de me remettre à cette place là pour un peu expliquer. C&#039;est normal, il y a des choses que vous savez pas, on vous les apprend pas. Donc moi je suis là pour ça en gros.  
C&#039;est pour ça que dans ton spectacle, il y a des moments un peu didactiques : tu demandes au public si tout le monde sait ce qu’est la testostérone, par exemple. Il y a une vraie volonté de transmission de l’information…  
En fait moi ce qui m&#039;intéresse dans le médium de l&#039;humour, c&#039;est que c&#039;est une manière de faire passer des informations et des connaissances avec du rire, en désamorçant les choses. Et le rire, ça met tout le monde d&#039;accord. Quand une salle entière rigole, c&#039;est trop plaisant, quoi ! Après, je pense qu&#039;il y a d&#039;autres manières de militer. Moi, je pourrais pas faire ça si à côté, il n&#039;y avait pas toutes les personnes qui militaient de manière très sérieuse. S&#039;il y avait que l&#039;humour, ça marcherait pas.  
Tu partages beaucoup de ton intimité dans ton spectacle et c’est aussi ce qui le rend politique. Notamment un passage où tu mentionnes la période où tu as travaillé dans un club de strip tease. Est ce que ça a été difficile d&#039;articuler un propos aussi politique tout en jouant sur la corde de l&#039;humour?  
Ce texte-là, où je raconte que j’ai travaillé dans un club de strip-tease, c&#039;était le texte le plus difficile à écrire de mon spectacle. Je trouvais trop difficile de le tester en Comedy Club.  
Le travail du sexe est un sujet très compliqué. J’ai travaillé ce moment avec mon metteur en scène, et on est d&#039;abord passé par un gros travail pour comprendre pourquoi cette expérience était difficile, de quelle manière je veux mettre de l&#039;humour et à quel endroit. Et du coup, ouais, c&#039;était difficile.  
En plus, c&#039;est un sujet très peu traité dans l&#039;humour en France, même ailleurs. J&#039;ai vraiment cherché partout. Souvent, c&#039;est des gens qui racontent qu&#039;ils ont eu une expérience et que c&#039;était marrant. Mais personne n&#039;a vraiment été travailleur ou travailleuse du sexe dans ce que j’ai vu.  
J’ai hyper envie de parler travail du sexe de manière positive parce que je pense qu&#039;il y a des choses positives dans ce travail et que je veux que ce soit reconnu comme comme un travail, que ce soit dépénalisé… Mais moi mon expérience a été difficile, et du coup j&#039;avais beaucoup de culpabilité en en parlant au début. Et finalement j&#039;ai l&#039;impression d&#039;avoir un peu réussi à en parler de manière juste. Et mettre de l&#039;humour là-dedans m&#039;a aidé à me remettre de cette expérience.  
Dans ton spectacle, le coming out non-binaire vient avec son lot de doutes et d&#039;incertitudes de la part des personnes qui nous entourent mais aussi de nous-mêmes. Est ce que faire des blagues dessus t&#039;a aidé à y voir plus clair dans ta transition ? 
Oui, moi je ne me suis pas dit que j&#039;étais trans avant de le dire sur scène. Au début, je disais que je ne savais pas trop. Après j&#039;ai dit “non-binaire”. Mais le mot “trans”, ça a été quelque chose parce que j&#039;aime ça, être non-binaire. Je pouvais le vivre à l&#039;intérieur de moi, ça pouvait être un secret. Mais quand je me suis rendu compte que je voulais, c’était que mon passing change, c’est-à-dire qu’on ne m’appelle plus “madame” (ce qui n’est pas du tout un passage obligé des parcours trans), je me suis dit que c’était quelque chose d’important de dire “trans” sur scène. Et du coup je l&#039;ai dit, c&#039;était il y a un an à Bruxelles et ça a été une libération !  
Et après mon spectacle, je l&#039;ai articulé autour de cette question de mon doute. J&#039;avais très peur au début, j&#039;avais honte de ce sentiment de doute. Je me dis peut-être je suis pas trans ou peut-être ça dépend des jours. Et j&#039;ai vu que ça faisait écho à plein de gens. Et je me suis senti beaucoup moins seul.  
Tu as eu des retours de ton public par rapport à tout ça ? 
Oui, et je reçois encore des messages ! J’ai fait une chronique sur France Inter il y a un mois maintenant, qui a bien marché sur les réseaux sociaux. Je reçois des messages de gens qui disent : ça fait du bien de voir quelqu&#039;un comme moi… Du coup, ouais, j&#039;en ai beaucoup. Et c&#039;est trop bien, continuez !  
Tu dis souvent que ton spectacle transitionne en même temps que toi, qu&#039;est ce que ça veut dire?  
Ben par exemple, au début je disais pas que j&#039;étais trans après je l’ai dit. Je disais que j’utilisais tous les pronoms, mais ça a un peu changé. J&#039;ai fait ma mammectomie en juin, donc je l&#039;ai insérée dans mon spectacle. Et puis là par exemple, je me pose plein de questions, qui ne feront pas partie de ce spectacle, mais peut-être d’un second. Par exemple : est-ce que j&#039;ai vraiment envie d&#039;avoir le passing d&#039;un mec cis ? C&#039;est des questions que je me pose. Qu&#039;est ce que ça veut dire d&#039;avoir l&#039;air d&#039;un homme dans la société maintenant ? Et du coup ça va évoluer aussi.  
Le fait d&#039;avoir fait la mammectomie, ça a fini quelque chose dans l&#039;histoire que je voulais raconter dans ce spectacle. Ce que je voulais raconter dans le premier spectacle, c&#039;était à quel point je me sentais pas en accord avec ce qu&#039;on demande à une femme d&#039;être. Et je pense que j&#039;ai fait le tour de ça.  
Donc un second spectacle est déjà en écriture ?  
Il est dans ma tête ! Je vais commencer à tester un peu des blagues. Je ne sais pas du tout où ça va aller, quel chemin il va prendre, mais il est là, quelque part.  
Qu&#039;est ce que tu retires de ton expérience à France Inter en octobre, dans l’émission Le Grand dimanche soir ?  
Déjà, on est hyper bien accueilli sur cette émission. En plus y a Mahaut Drama qui est une grande amie et qui est aussi une humoriste queer qui en fait partie. Je me sentais pas seul, et c&#039;était ouf d&#039;être deux personnes queers à France Inter ! 
En fait, j&#039;étais fier. Il y avait un truc où je me suis dit : je crois que je suis une des premières personnes trans à faire une chronique sur France Inter. C&#039;était la première fois que je faisais quelque chose sur une radio mainstream. J’avais une fierté de me dire : je ne suis pas invité parce que je suis queer, je suis invité parce que je suis drôle.  

    
        
            Il y a une demande du public queer qui revient dans les salles, parce qu&#039;avant on s&#039;est éloigné des salles, parce qu&#039;il y avait plein de propos homophobes, racistes, etc. 
        
        
            Lou Trotignon
        
    

Et je trouve que j&#039;ai géré, j&#039;ai kiffé, j&#039;ai beaucoup travaillé et je m&#039;attendais à ce que ça fasse un peu de bruit, mais je m&#039;attendais pas à un tel buzz… et ça a remplit mes salles ! Donc c&#039;est assez ouf.  
Je pense que j&#039;avais peur que ma parole soit considérée “de niche”, même sur une radio aussi connue. Et en fait non, des gens pas du tout concernés se sont dit ah ben va entendre parler de transidentité par une personne concernée et on va aller voir le spectacle. Ça a vraiment fait ça quoi.  
Est ce que tu sens qu&#039;il y a une scène queer montante dans l&#039;humour aujourd&#039;hui en France et dans le monde ?  
Alors dans le monde, je ne saurais pas exactement dire, parce qu’aux États-Unis, ça fait longtemps que ça monte. Rien que le fait que Hannah Gadsby soit une star, c&#039;est c&#039;est un marqueur important. Au Canada aussi, ça fait longtemps qu&#039;il y a pas mal de personnes queers sur scène, alors qu’en France, c&#039;est quand même très très récent. Je crois que l&#039;une des pionnières pour moi, c&#039;est Shirley Souagnon qui parle de non-binarité, d&#039;être lesbienne, de plein de choses. Elle a vraiment ouvert les portes. Et maintenant, on est quatre ou cinq à commencer à monter un peu en force. Il y a Mahaut Drama, il y a Tahnee, Noam Simseau, Natacha Prudent… Et surtout il y a une demande.  
Il y a cette demande du public queer qui revient dans les salles, parce qu&#039;avant on s&#039;est éloigné des salles, parce qu&#039;il y avait plein de propos homophobes, racistes, etc. Et il y a une demande d&#039;un public pas concerné de comprendre ces questions-là parce qu&#039;on en parle de plus en plus. Donc là, c&#039;est en pleine montée, j&#039;espère que ça va monter encore, on va voir. Mais si on prend l’exemple du festival de Montreux, qui est la référence dans le stand-up : nous, on monte, on remplit nos salles et on n&#039;est toujours pas invité·e·s. On nous dit que c&#039;est trop tôt pour le public de Montreux. Alors que d’autres sont invité·e·s, iels ont commencé il y a longtemps et ne remplissent pas leurs salles. 
Donc là, on est en train de travailler ça. Et je pense que ce serait une grande réussite si on pouvait pousser les portes de ce festival.  
Est ce qu&#039;il y a une volonté de créer un Comedy club queer, quelque chose comme ça ? 
Bien sûr, on essaye de le faire. Déjà à Paris, il y a Tahnee qui fait un Comedy club à la Flèche d&#039;Or. Moi je vais à la Mut’up à la Mutinerie, une fois tous les deux mois. Mais un vrai lieu Comedy Club queer, c&#039;est un projet qui me fait rêver, mais c&#039;est très compliqué. Il faut des connaissances administratives, il faut du temps. Et en fait, nous, on est déjà en train de faire notre petite place, d&#039;aller dans des Comedy clubs, de se faire connaître et du coup on n&#039;a pas le temps de le faire. Mais ce serait trop bien qu&#039;il y ait un lieu. Je ne sais pas si ça pourrait être que queer parce que du coup y aurait six humoristes et on tournerait en rond (rires). Mais en tout cas, un lieu féministe qui ferait attention à toutes ces questions-là, ce serait bien.  
Celleux qui ont déjà pris leurs places. Vont pouvoir te retrouver le mercredi 29 novembre au MK2 Quai de Seine pour l&#039;avant-première de Orlando, ma biographie politique, le dernier film de Paul B. Preciado. La projection sera suivie d&#039;une discussion entre Virginie Despentes et Paul B. Preciado, que tu vas animer. L’événement est déjà complet, mais est ce que tu peux nous en dire plus sur ce que ça représente pour toi ?  
Je suis effrayé et très fier. En fait, c&#039;est une personne qui est venue voir mon spectacle et qui s&#039;occupe un peu de tout ça et qui m&#039;a dit qu&#039;il y a des choses qui faisaient énormément écho dans mon spectacle au film de Preciado. Du coup, moi je l&#039;ai vu en avant-première et c&#039;est vrai que c&#039;est ouf. Et c&#039;est ça qui est beau dans ce film, sans en dire plus, c&#039;est que même si nos expériences trans sont extrêmement différentes et individuelles, il y a aussi des choses en commun.  
Et du coup je suis extrêmement touché, extrêmement fier. J’ai très peur de rencontrer ces modèles pour moi. Paul B. Preciado, je l’ai lu, notamment Testo Junkie au début de ma transition. Virginie Despentes aussi évidemment. Et donc moi, je vais faire un sketch de dix minutes avant le film. Et après la projection, il y aura la discussion et ce sera diffusé dans plein de cinémas en France en même temps. Et moi, ce qui me fait le plus peur, c&#039;est de trouver des questions intelligentes à poser à ces personnes qui sont extrêmement intelligentes. J&#039;ai peur d&#039;avoir l&#039;air bête parce que c&#039;est un film très beau et moi je fais des blagues sur mes poils interfessiers ! (Rires.) Mais j&#039;ai très hâte ! 
Pour finir, c&#039;est quoi les prochaines étapes pour ton spectacle et ta carrière ? 
Eh bien comme tout va vite, c&#039;est des grandes questions que je me pose en ce moment.  
J&#039;ai hyper envie de capter ce spectacle assez vite, de faire une belle captation, donc de le filmer dans un lieu culturel queer qui nous est cher. Je ne sais pas encore lequel, mais un beau lieu, un lieu qui fasse sens, et que ce soit en archive quelque part. Qu’il y ait une archive d&#039;un spectacle d&#039;une personne trans en France, quelque part, je trouve que ce serait beau, même si ce n’est que mon histoire. 
J&#039;aimerais beaucoup écrire des séries, j&#039;aimerais beaucoup jouer dans des séries... Et puis il y a l’écriture du prochain spectacle.  
Je pense que j&#039;ai une petite envie de faire un spectacle éphémère, uniquement pour les queers. Pour le coup, pour toutes ces choses que je ne dis pas qu&#039;on ne peut pas dire dans un spectacle qui est accès aussi aux personnes pas concernées… Il y a des choses qu&#039;on ne dit pas sur notre communauté, on ne peut pas les dire parce qu&#039;on a peur que ce soit réutilisé par nos adversaires. Par exemple, la question de comment on se traite dans notre communauté. La question des “call-out”, la question du doute aussi. Des fois, il y a des personnes qui ont l&#039;impression de choisir leur transition et c&#039;est ok aussi. Est ce qu&#039;on peut en parler ? Comment on peut en parler ? Des questions qui font un peu trembler, en tout cas qui me font trembler, moi. 


    Références citées dans l&#039;émission
    
• Nanette, l&#039;incontournable spectacle de l&#039;australienne Hannah Gadsby, est toujours à voir sur Netflix ! 
• La chronique de Lou Trotignon sur France Inter, en octobre dernier 



    L&#039;équipe de l&#039;émission
    
Présentation : Diego de Cao 
Réalisation : Colin Gruel 
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    REDIFFUSION. Cette semaine, notre invité est Lou Trotignon, dont le spectacle "Mérou" se joue en ce moment à guichet fermé à la Nouvelle Seine.
    
"Mérou", étrange nom pour un spetacle de stand-up queer. Mais saviez-vous que le mérou pouvait à loisir changer de sexe pendant sa vie ? C'est l'une des choses que vous apprendrez si vous vous rendez au spectacle de Lou Trotignon, qu'il joue ces jours-ci à La Nouvelle Seine (Paris 5e). Cette semaine, ça fait même un an tout pile que son spectacle a commencé à tourné. En un an, il a changé, et Lou aussi. « Mon spectacle transitionne en même temps que moi », plaisante-t-il. 
Lou Trotignon sera le 29 novembre au mk2 Quai de Seine pour une projection en avant-première de Orlando, ma biographie politique, le nouveau film de Paul B. Preciado. 
Son spectacle se joue toujours chaque jeudi à 19h30 à La Nouvelle Seine. Les représentations sont toutes complètes, mais il sera de retour dès le mois de janvier, au même endroit. Et vous pourrez aussi le voir à Bayonne les 1er et 2 décembre, et à Avignon le 16 décembre. 

Qu'est ce qui te touche le plus dans ton métier d'humoriste?  
Lou Trotignon : Ce qui me touche le plus, je pense, c'est quand je vois que mon parcours fait écho à d'autres personnes qui vivent les mêmes choses ou pas forcément. Une fois, un mec hétéro, la cinquantaine, est venu me voir après le spectacle et m’a dit : “moi aussi je doute sur plein de trucs, pas sur mon identité de genre, mais je doute”.  
Raconte-nous tes débuts dans le stand-up 
J'ai commencé il y a deux, trois ans. À l’époque, je pensais que j'étais une meuf hétéro. Donc mes débuts, mes premiers sketchs, je racontais que tout le monde pensait que j'étais lesbienne alors que pas du tout. Donc j'ai dû tout réécrire en fait ! 
Au début, j'ai commencé dans une scène où il y avait que des meufs, parce qu'à l'époque, pour jouer en tant que meufs, il fallait aller à des plateaux pour les meufs. C'était comme ça que ça se passait. J'ai tout de suite été confronté au sexisme, on m'a fait des retours sur mes blagues en me disant “non, c'est pas comme ça qu'il faut dire” ou “c'est pas bien pour une meuf d'être comme ça”. Et du coup j'ai arrêté. Et plus tard, j’ai assisté à un atelier d’écriture avec Tahnee, une autre humoriste queer. On s'est rencontrés, elle m’a poussé à remonter sur scène, j'ai vu que les gens rigolaient, qu'il y avait un public, et du coup ça m'a touché. Et je me suis dit que j’allais continuer. 
Est ce que tu as cherché à voir d'autres humoristes queer ? Et ça a été important pour les représentations que t'avais autour de toi ? 
Moi, ça m'a pris du temps avant de me dire que j'étais queer. Je suis monté sur scène en pensant que j'étais hétéro, mais j'allais principalement à des spectacles queers. J'ai vu le Comedy Love, par exemple. C’est un spectacle créé par Tahnee, Mahaut et Lucie Carbone, avec aussi Noam Simseau maintenant. Et c'est que des queers et/ou féministes sur scène. Et ça m'a fait du bien d'être dans une salle de spectacle sans recevoir des blagues homophobes racistes. Je me suis juste senti bien et je me suis dit que j’avais envie de procurer moi aussi cette joie-là. 
Dans son spectacle Nanette, l’humoriste Hannah Gadsby parle de sa volonté de quitter le monde du spectacle comique, car il est trop douloureux de passer par l'auto-dérision autour de son expérience en tant que personne queer. Qu'est ce qu’elle représente pour toi, Hannah Gadsby ? 
C’est un modèle. Quand j’ai vu son spectacle, je n’avais pas enore commencé le stand-up. Et c'est en voyant son spectacle que je me suis dit : “ah oui, il y a la place pour les personnes queers”. Donc elle a une place énorme dans mes inspirations. C’est aussi un modèle en termes de technique d’humour : son dernier spectacle, Something special, et une masterclasse de storytelling. 
Et en regardant ces sketchs, j'ai appris à écrire des blagues qui moi me faisaient plaisir, où je me moquais pas du fait que j'étais trans, mais je me moquais des trucs qui moi me font rire dans la transidentité, ou dans la transphobie parce que je trouve que la transphobie est très drôle des fois, dans le sens où elle est un peu absurde et tu peux vite la débunker.  
Alors comment est ce qu'on peut faire de l'humour sur les expériences queer sans que l'autodérision prenne un sens trop lourd?  
Déjà je pense qu'il faut être concerné pour en parler. Moi, ma méthode, c’est que je pars d'une émotion et après j'écris des blagues. Et mon émotion c'est jamais une haine de moi-même que je transformerais en blagues pour soulager la douleur. J’ai plutôt envie de créer un spectacle feel-good.  

    
        
            Il y a 120 personnes dans cette salle où je joue et je veux que tout le monde se sente connecté.
        
        
            Lou Trotignon
        
    

Après, ça n’empêche pas d’avoir recours à l’autodérision, et ça peut être très drôle. Au début de mon spectacle, je dis que j'utilise tous les pronoms, mais en même temps pas vraiment : j’utilise “il” mais j’aime pas qu’on dise que je suis un homme”, l’idéal ce serait “iel” mais j’arrive pas à m’y faire… Et après les gens sont confus. 
Mais c'est pas vraiment de l'autodérision, cette blague, dans le sens où je suis pas en train de dire que c'est nul d'avoir plusieurs pronoms, je dis juste c'est marrant ce que ça crée comme confusion à l'intérieur de moi et pour les autres. Si tu pars de ton émotion et que c'est une émotion de détestation de toi-même, ça va se sentir sur scène. Mais l'autodérision peut être drôle aussi.  
C'est un spectacle sur et pour la communauté queer, et tu le dis au début : pendant une heure, tout le monde, toute la salle est queer. Qu'est ce que tu cherches à produire en mettant tout ton public dans cette case, y compris le public cishétéro ?  
Bah en fait, au début, quand j'ai commencé mon spectacle, je demandais toujours : qui est queer dans la salle et qui est hétéro dans la salle. Et je sentais que ça scindait la salle et j'avais pas envie de ça. J'aurais pu, ça aurait été tout à fait légitime que je veuille scinder la salle en deux et que les personnes hétéros se sentent un peu visées. Mais je veux créer une unité.  
Moi, ce qui m'intéresse dans mon spectacle, c'est qu'il y ait une connexion. Il y a 120 personnes dans cette salle où je joue et je veux que tout le monde se sente connecté. Je me dis que si une personne hétéro vient voir le spectacle en se demandant un peu à quele sauce elle va être mangée, et que finalement elle se sent acceptée dans le truc, qu’elle joue le jeu pendant une heure, et qu’elle sort en se disant “on s’est sentis connectés”, alors peut-être que le gap entre nous et eux disparaîtra un peu, au moins pendant une heure.  
Tu racontes notamment dans ton spectacle un moment de solitude face à un public peu averti. Est ce que t'as déjà été surpris de l'accueil de ton spectacle de la part d'un public pas queer ? 
Oui, tout à fait ! J'ai fait une tournée avec Le Printemps du rire. Donc le principe de ce festival, c'est qu'on va jouer dans des villages autour de Toulouse, où il y a peu d'accès à la culture. Et à un moment, j'arrive à Pointis-de-Rivières, dans une salle des fêtes, il y a des enfants, ça résonne… Et là, bêtement, je me suis dit que ces gens-là n’allaient jamais comprendre mon propos.  
Et en fait, je suis monté sur scène et j'ai souri. Je leur ai parlé et ils étaient à fond. Ça s'est hyper bien passé. Ils sont venus me voir à la fin en me disant que c’était la première fois qu'on leur parlait pas comme à des idiot·e·s sur ce genre de sujet. Et j'ai compris que j'avais des a prioris énormes sur des publics : en fait, c'est pas parce qu'ils sont hétéros qui vont pas capter !  
Il faut savoir faire preuve de pédagogie sur ces sujets : moi, ma sœur est trans aussi, et quand elle m'a fait son coming-out j'ai fait plein d'erreurs au début parce que je ne faisais pas partie de la communauté queer, je n'avais pas les outils… Alors j'essaye de me remettre à cette place là pour un peu expliquer. C'est normal, il y a des choses que vous savez pas, on vous les apprend pas. Donc moi je suis là pour ça en gros.  
C'est pour ça que dans ton spectacle, il y a des moments un peu didactiques : tu demandes au public si tout le monde sait ce qu’est la testostérone, par exemple. Il y a une vraie volonté de transmission de l’information…  
En fait moi ce qui m'intéresse dans le médium de l'humour, c'est que c'est une manière de faire passer des informations et des connaissances avec du rire, en désamorçant les choses. Et le rire, ça met tout le monde d'accord. Quand une salle entière rigole, c'est trop plaisant, quoi ! Après, je pense qu'il y a d'autres manières de militer. Moi, je pourrais pas faire ça si à côté, il n'y avait pas toutes les personnes qui militaient de manière très sérieuse. S'il y avait que l'humour, ça marcherait pas.  
Tu partages beaucoup de ton intimité dans ton spectacle et c’est aussi ce qui le rend politique. Notamment un passage où tu mentionnes la période où tu as travaillé dans un club de strip tease. Est ce que ça a été difficile d'articuler un propos aussi politique tout en jouant sur la corde de l'humour?  
Ce texte-là, où je raconte que j’ai travaillé dans un club de strip-tease, c'était le texte le plus difficile à écrire de mon spectacle. Je trouvais trop difficile de le tester en Comedy Club.  
Le travail du sexe est un sujet très compliqué. J’ai travaillé ce moment avec mon metteur en scène, et on est d'abord passé par un gros travail pour comprendre pourquoi cette expérience était difficile, de quelle manière je veux mettre de l'humour et à quel endroit. Et du coup, ouais, c'était difficile.  
En plus, c'est un sujet très peu traité dans l'humour en France, même ailleurs. J'ai vraiment cherché partout. Souvent, c'est des gens qui racontent qu'ils ont eu une expérience et que c'était marrant. Mais personne n'a vraiment été travailleur ou travailleuse du sexe dans ce que j’ai vu.  
J’ai hyper envie de parler travail du sexe de manière positive parce que je pense qu'il y a des choses positives dans ce travail et que je veux que ce soit reconnu comme comme un travail, que ce soit dépénalisé… Mais moi mon expérience a été difficile, et du coup j'avais beaucoup de culpabilité en en parlant au début. Et finalement j'ai l'impression d'avoir un peu réussi à en parler de manière juste. Et mettre de l'humour là-dedans m'a aidé à me remettre de cette expérience.  
Dans ton spectacle, le coming out non-binaire vient avec son lot de doutes et d'incertitudes de la part des personnes qui nous entourent mais aussi de nous-mêmes. Est ce que faire des blagues dessus t'a aidé à y voir plus clair dans ta transition ? 
Oui, moi je ne me suis pas dit que j'étais trans avant de le dire sur scène. Au début, je disais que je ne savais pas trop. Après j'ai dit “non-binaire”. Mais le mot “trans”, ça a été quelque chose parce que j'aime ça, être non-binaire. Je pouvais le vivre à l'intérieur de moi, ça pouvait être un secret. Mais quand je me suis rendu compte que je voulais, c’était que mon passing change, c’est-à-dire qu’on ne m’appelle plus “madame” (ce qui n’est pas du tout un passage obligé des parcours trans), je me suis dit que c’était quelque chose d’important de dire “trans” sur scène. Et du coup je l'ai dit, c'était il y a un an à Bruxelles et ça a été une libération !  
Et après mon spectacle, je l'ai articulé autour de cette question de mon doute. J'avais très peur au début, j'avais honte de ce sentiment de doute. Je me dis peut-être je suis pas trans ou peut-être ça dépend des jours. Et j'ai vu que ça faisait écho à plein de gens. Et je me suis senti beaucoup moins seul.  
Tu as eu des retours de ton public par rapport à tout ça ? 
Oui, et je reçois encore des messages ! J’ai fait une chronique sur France Inter il y a un mois maintenant, qui a bien marché sur les réseaux sociaux. Je reçois des messages de gens qui disent : ça fait du bien de voir quelqu'un comme moi… Du coup, ouais, j'en ai beaucoup. Et c'est trop bien, continuez !  
Tu dis souvent que ton spectacle transitionne en même temps que toi, qu'est ce que ça veut dire?  
Ben par exemple, au début je disais pas que j'étais trans après je l’ai dit. Je disais que j’utilisais tous les pronoms, mais ça a un peu changé. J'ai fait ma mammectomie en juin, donc je l'ai insérée dans mon spectacle. Et puis là par exemple, je me pose plein de questions, qui ne feront pas partie de ce spectacle, mais peut-être d’un second. Par exemple : est-ce que j'ai vraiment envie d'avoir le passing d'un mec cis ? C'est des questions que je me pose. Qu'est ce que ça veut dire d'avoir l'air d'un homme dans la société maintenant ? Et du coup ça va évoluer aussi.  
Le fait d'avoir fait la mammectomie, ça a fini quelque chose dans l'histoire que je voulais raconter dans ce spectacle. Ce que je voulais raconter dans le premier spectacle, c'était à quel point je me sentais pas en accord avec ce qu'on demande à une femme d'être. Et je pense que j'ai fait le tour de ça.  
Donc un second spectacle est déjà en écriture ?  
Il est dans ma tête ! Je vais commencer à tester un peu des blagues. Je ne sais pas du tout où ça va aller, quel chemin il va prendre, mais il est là, quelque part.  
Qu'est ce que tu retires de ton expérience à France Inter en octobre, dans l’émission Le Grand dimanche soir ?  
Déjà, on est hyper bien accueilli sur cette émission. En plus y a Mahaut Drama qui est une grande amie et qui est aussi une humoriste queer qui en fait partie. Je me sentais pas seul, et c'était ouf d'être deux personnes queers à France Inter ! 
En fait, j'étais fier. Il y avait un truc où je me suis dit : je crois que je suis une des premières personnes trans à faire une chronique sur France Inter. C'était la première fois que je faisais quelque chose sur une radio mainstream. J’avais une fierté de me dire : je ne suis pas invité parce que je suis queer, je suis invité parce que je suis drôle.  

    
        
            Il y a une demande du public queer qui revient dans les salles, parce qu'avant on s'est éloigné des salles, parce qu'il y avait plein de propos homophobes, racistes, etc. 
        
        
            Lou Trotignon
        
    

Et je trouve que j'ai géré, j'ai kiffé, j'ai beaucoup travaillé et je m'attendais à ce que ça fasse un peu de bruit, mais je m'attendais pas à un tel buzz… et ça a remplit mes salles ! Donc c'est assez ouf.  
Je pense que j'avais peur que ma parole soit considérée “de niche”, même sur une radio aussi connue. Et en fait non, des gens pas du tout concernés se sont dit ah ben va entendre parler de transidentité par une personne concernée et on va aller voir le spectacle. Ça a vraiment fait ça quoi.  
Est ce que tu sens qu'il y a une scène queer montante dans l'humour aujourd'hui en France et dans le monde ?  
Alors dans le monde, je ne saurais pas exactement dire, parce qu’aux États-Unis, ça fait longtemps que ça monte. Rien que le fait que Hannah Gadsby soit une star, c'est c'est un marqueur important. Au Canada aussi, ça fait longtemps qu'il y a pas mal de personnes queers sur scène, alors qu’en France, c'est quand même très très récent. Je crois que l'une des pionnières pour moi, c'est Shirley Souagnon qui parle de non-binarité, d'être lesbienne, de plein de choses. Elle a vraiment ouvert les portes. Et maintenant, on est quatre ou cinq à commencer à monter un peu en force. Il y a Mahaut Drama, il y a Tahnee, Noam Simseau, Natacha Prudent… Et surtout il y a une demande.  
Il y a cette demande du public queer qui revient dans les salles, parce qu'avant on s'est éloigné des salles, parce qu'il y avait plein de propos homophobes, racistes, etc. Et il y a une demande d'un public pas concerné de comprendre ces questions-là parce qu'on en parle de plus en plus. Donc là, c'est en pleine montée, j'espère que ça va monter encore, on va voir. Mais si on prend l’exemple du festival de Montreux, qui est la référence dans le stand-up : nous, on monte, on remplit nos salles et on n'est toujours pas invité·e·s. On nous dit que c'est trop tôt pour le public de Montreux. Alors que d’autres sont invité·e·s, iels ont commencé il y a longtemps et ne remplissent pas leurs salles. 
Donc là, on est en train de travailler ça. Et je pense que ce serait une grande réussite si on pouvait pousser les portes de ce festival.  
Est ce qu'il y a une volonté de créer un Comedy club queer, quelque chose comme ça ? 
Bien sûr, on essaye de le faire. Déjà à Paris, il y a Tahnee qui fait un Comedy club à la Flèche d'Or. Moi je vais à la Mut’up à la Mutinerie, une fois tous les deux mois. Mais un vrai lieu Comedy Club queer, c'est un projet qui me fait rêver, mais c'est très compliqué. Il faut des connaissances administratives, il faut du temps. Et en fait, nous, on est déjà en train de faire notre petite place, d'aller dans des Comedy clubs, de se faire connaître et du coup on n'a pas le temps de le faire. Mais ce serait trop bien qu'il y ait un lieu. Je ne sais pas si ça pourrait être que queer parce que du coup y aurait six humoristes et on tournerait en rond (rires). Mais en tout cas, un lieu féministe qui ferait attention à toutes ces questions-là, ce serait bien.  
Celleux qui ont déjà pris leurs places. Vont pouvoir te retrouver le mercredi 29 novembre au MK2 Quai de Seine pour l'avant-première de Orlando, ma biographie politique, le dernier film de Paul B. Preciado. La projection sera suivie d'une discussion entre Virginie Despentes et Paul B. Preciado, que tu vas animer. L’événement est déjà complet, mais est ce que tu peux nous en dire plus sur ce que ça représente pour toi ?  
Je suis effrayé et très fier. En fait, c'est une personne qui est venue voir mon spectacle et qui s'occupe un peu de tout ça et qui m'a dit qu'il y a des choses qui faisaient énormément écho dans mon spectacle au film de Preciado. Du coup, moi je l'ai vu en avant-première et c'est vrai que c'est ouf. Et c'est ça qui est beau dans ce film, sans en dire plus, c'est que même si nos expériences trans sont extrêmement différentes et individuelles, il y a aussi des choses en commun.  
Et du coup je suis extrêmement touché, extrêmement fier. J’ai très peur de rencontrer ces modèles pour moi. Paul B. Preciado, je l’ai lu, notamment Testo Junkie au début de ma transition. Virginie Despentes aussi évidemment. Et donc moi, je vais faire un sketch de dix minutes avant le film. Et après la projection, il y aura la discussion et ce sera diffusé dans plein de cinémas en France en même temps. Et moi, ce qui me fait le plus peur, c'est de trouver des questions intelligentes à poser à ces personnes qui sont extrêmement intelligentes. J'ai peur d'avoir l'air bête parce que c'est un film très beau et moi je fais des blagues sur mes poils interfessiers ! (Rires.) Mais j'ai très hâte ! 
Pour finir, c'est quoi les prochaines étapes pour ton spectacle et ta carrière ? 
Eh bien comme tout va vite, c'est des grandes questions que je me pose en ce moment.  
J'ai hyper envie de capter ce spectacle assez vite, de faire une belle captation, donc de le filmer dans un lieu culturel queer qui nous est cher. Je ne sais pas encore lequel, mais un beau lieu, un lieu qui fasse sens, et que ce soit en archive quelque part. Qu’il y ait une archive d'un spectacle d'une personne trans en France, quelque part, je trouve que ce serait beau, même si ce n’est que mon histoire. 
J'aimerais beaucoup écrire des séries, j'aimerais beaucoup jouer dans des séries... Et puis il y a l’écriture du prochain spectacle.  
Je pense que j'ai une petite envie de faire un spectacle éphémère, uniquement pour les queers. Pour le coup, pour toutes ces choses que je ne dis pas qu'on ne peut pas dire dans un spectacle qui est accès aussi aux personnes pas concernées… Il y a des choses qu'on ne dit pas sur notre communauté, on ne peut pas les dire parce qu'on a peur que ce soit réutilisé par nos adversaires. Par exemple, la question de comment on se traite dans notre communauté. La question des “call-out”, la question du doute aussi. Des fois, il y a des personnes qui ont l'impression de choisir leur transition et c'est ok aussi. Est ce qu'on peut en parler ? Comment on peut en parler ? Des questions qui font un peu trembler, en tout cas qui me font trembler, moi. 


    Références citées dans l'émission
    
• Nanette, l'incontournable spectacle de l'australienne Hannah Gadsby, est toujours à voir sur Netflix ! 
• La chronique de Lou Trotignon sur France Inter, en octobre dernier 



    L'équipe de l'émission
    
Présentation : Diego de Cao 
Réalisation : Colin Gruel 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 23 Feb 2024 00:00:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-lou-trotignon-comique-as-2024-02-23-hMYsQR1p.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-lou-trotignon-comique-as-2024-02-23-hMYsQR1p.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/gpAZ-lhebdo-lou-trotignon-comique-ascendant-merou-rediffusion</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-VMdjs2xtLa.jpg"/></item><item><title>L'HEBDO — Comment rendre la littérature jeunesse moins blanche et hétéro ?</title><description><![CDATA[
    La littérature jeunesse ne brille pas par la diversité de ses représentations. Mais ce n&#039;est pas une fatalité.
    
&quot;J&#039;aimerais t&#039;y voir !&quot;. C&#039;est le nom d&#039;une nouvelle collection de la maison d&#039;édition &quot;On ne compte pas pour du beurre&quot;, en librairie dès le 22 février. À destination des professionnel.le.s des métiers du livre et de toute personne soucieuse d’offrir des lectures riches et variées aux enfants. 
Où sont les albums jeunesse anti-sexistes ? Où sont les personnages d&#039;enfants non-blancs dans la littérature jeunesse ? Où sont les personnages LGBTQI+ en littérature jeunesse ? Ce sont les questions que posent les ouvrages de cette nouvelle collection qui comporte pour l’instant trois ouvrages, écrits par Sarah Ghelam, Spencer Robinson et Priscille Croce. 
Avec nous pour en parler, Sarah Ghelam, directrice de la collection &quot;J&#039;aimerais t&#039;y voir&quot;, autrice et chercheuse. 

Le Lobby : Quels livres t&#039;ont marquée dans ta jeunesse ? 
Sarah Ghelam : La plupart des albums que j&#039;ai lus petite, c&#039;était par l&#039;abonnement à l&#039;École des loisirs. Je ne sais pas si tu vois ce que c&#039;est... Il y a un partenariat que les écoles peuvent avoir avec l&#039;École des loisirs où les élèves reçoivent un abonnement. Ça fonctionne par tranche d&#039;âge. Et je me souviens de la taupe qui avait un caca sur la tête. C&#039;est ce livre qui m&#039;a beaucoup marqué, petite. 
Tu as fait un master des métiers du livre et de l&#039;édition, ton mémoire portait sur la représentation racisée des personnages non-blancs dans les albums jeunesse publiés en France entre 2010 et 2020. Tu as commencé une thèse récemment, toujours sur les représentations en littérature jeunesse. Sur quoi porte tes recherches désormais ? 
Dans mon mémoire, je travaillais sur comment étaient représentés les personnages non-blancs quand ils le sont ? Et là, j&#039;agrandis mon sujet puisque je travaille sur la production de ces albums-là et sur la réception des albums par les enfants. C&#039;est-à-dire qu&#039;en France il n’y a pas de travaux sur l&#039;intégration des normes raciales par les enfants. On sait à quel âge les enfants sont capables de faire la différence physique entre filles et garçons, et à quel âge ils commencent à intégrer les normes genrées. Pour les questions raciales, il n&#039;y a rien du tout. En fait, j’avais envie d’aller voir ce qui se passe quand un enfant vient vivre, à quel âge un enfant est capable de faire la différence entre un personnage blanc et un personnage non-blanc. Sur la base de quels critères, de quelle colorisation, à quel âge ils sont capable de se dire “ce personnage est non-blanc comme moi”. Est ce que ça va avoir un impact sur la réception album, sur l&#039;identification ? 
Quel était le point de départ de tes recherches ? 
J’ai d’abord voulu travailler sur les structures féministes dans le milieu de l’édition, pour montrer qu’elles étaient peu inclusives pour les personnes racisées. On m’a dit que ce travail n’était pas tellement utile, et on m’a conseillé de travailler plutôt sur les représentations de personnages non-blancs dans les albums jeunesse, là c&#039;est nécessaire. Là, il y a un sujet, là il y a quelque chose. Donc, au départ, j&#039;étais un peu vénère parce que moi, je voulais travailler sur qu&#039;est ce que les féministes avaient produit et je voulais parler du racisme du milieu féministe. Donc j&#039;y ai été un peu à reculons, mais on m&#039;a un peu obligée à changer de sujet. Donc je l&#039;ai fait. Et finalement, ce sujet m’a paru progressivement très nécessaire, et j’ai décidé d’aller jusqu’au bout. 
Tu travailles en tant que relectrice pour les éditions “On ne compte pas pour du beurre”, créées en 2020, qui proposent donc des albums jeunesse avec des personnages queers et/ou racisées. La semaine prochaine, ces éditions lancent la collection “J’aimerais t’y voir”, dont tu seras la directrice. Les trois premiers titres sortiront le 22 février : “Où sont les personnages LGBTQ+ en littérature jeunesse ?”, “Où sont les albums jeunesse anti-sexistes ?” et “Où sont les personnages d&#039;enfants non-blancs en littérature jeunesse ?”, écrits avec Spencer Robinson et Priscille Croce. Peux-tu nous raconter d’où t’est venu ce titre, “J’aimerais t’y voir” ? 
Il m&#039;est venu pendant un concert lesbien, c’était Mélodie Lauret. Il y a une chanson qui est passée qui parlait du fait d&#039;exister. C&#039;est venu tout seul. Au départ on avait pensé à “Miroir Miroir” pour parler de représentation, de représentation, miroir. C&#039;est un petit clin d&#039;œil aux contes de fées. Sauf qu&#039;un podcast de Jennifer Padjemi porte déjà ce titre-là. Et puis c&#039;était un peu trop, trop doux, trop gentil. “J’aimerais t’y voir”, c&#039;est une double adresse, comme dans la littérature jeunesse. La “double adresse”, c’est quand un album s&#039;adresse aux petits enfants, mais aussi aux adultes qui achètent des livres. Et là, c&#039;est une double double adresse aussi, c&#039;est une adresse aux professionnels du livre. On leur dit “J&#039;aimerais bien vous y voir à notre place  vous dites que vous ne ressentez pas le besoin d&#039;être représenté.e, j&#039;aimerais bien vous y voir à ne pas être représenté en littérature jeunesse” et aussi une adresse à tous les enfants de nos communautés. On aimerait bien pouvoir les voir dans les albums jeunesse.  
À qui cette collection s&#039;adresse-t-elle ?  
Alors on l’a pensée pour les professionnels du livre et de l&#039;enfance et de la culture. Par ailleurs, toute personne qui est intéressée par la question des représentations dans les albums jeunesse peut se l&#039;approprier. Il y a deux ans, on avait fait une rencontre au Monte-en-l&#039;Air (Paris 20) pour questionner les normes genrées. Il y avait des professionnels du livre, des professionnels de l&#039;enfance et aussi plein de tontons-tatas qui étaient là, qui nous disaient qu’iels n&#039;y connaissaient rien en littérature jeunesse, qui n’avaient pas d’enfants, mais qui ne voulaient pas offrir n’importe quoi aux neveux et nièces… Donc il y a tout le monde qui peut s&#039;en emparer, mais le public cible, ça reste les professionnels du livre et l&#039;enfance. 
Pour toi, ce serait quoi, un bon album jeunesse ?  
Bon, il y a mes goûts à moi et après il y a les critères qu&#039;on pourrait mettre en place sur une bonne sélection des albums jeunesse. Les professionnels du livre ont tendance à dire qu&#039;un bon album, c&#039;est un album qui est un album vraiment subversif, qui transformerait l&#039;enfant-lecteur. Et c&#039;était d&#039;ailleurs l&#039;une des critiques principales qu&#039;on a faite à mon livre, “Comme un million de Papillons Noirs”, qui serait trop démonstratif et pas vraiment subversif… A la lecture d&#039;un album, j&#039;ai mes coups de cœur bien sûr, qui sont très subjectifs, et j&#039;aurais envie de dire qu&#039;il n&#039;y a pas de bon album dans l&#039;absolu.  
C&#039;est un peu ce qu&#039;on va essayer de dire dans cette collection, de dire que chaque album permet certaines choses. Il n&#039;y a pas de bon ou mauvais album. Il y a des albums qui permettent différentes choses, notamment sur les albums antisexistes. Il y a des albums antisexistes qui ne sont pas forcément pertinents dans le sens où c&#039;est quelque chose qu&#039;on retrouve notamment sur les réseaux sociaux quand il s&#039;agit d&#039;épingler des propos sexistes. Épingler des propos sexistes, ça revient quand même à les partager. Donc un enfant lecteur qui serait très jeune, qui n’aurait jamais entendu ces propos sexistes-là, ce ne serait pas forcément pertinent de lui offrir cet album anti-sexiste, parce que peut être que c&#039;est un enfant à qui on n&#039;a jamais dit “ah ben non, les garçons, ça pleure pas, les garçons, ça ne peut pas porter de robes”. Non, un enfant qui n’aurait jamais été confronté à ces injonctions-là, ça ne serait pas forcément pertinent de lui offrir un album qui les remet en cause.  
Par contre, un enfant qui aimerait aller à l&#039;école avec une robe, mais c&#039;est vraiment une difficulté, cet album, ça peut être super précieux parce que ça peut être un début de conversation sur ce petit enfant. Il a été à l&#039;école avec une robe. Est ce que toi tu en auras envie ? Pourquoi ? Pourquoi pas ? Donc si il faut donner des coups de cœur, je peux t&#039;en donner. Mais je pense pas qu&#039;il y ait un albums qui soit le bon dans toutes les circonstances, pour toutes les situations.  
Par exemple, j&#039;ai fait des ateliers de lecture pour toutes et pour tous, donc j&#039;ai amené des albums avec des représentations marginalisées. Je discute par mail avec les animatrices et je leur dis que je vais débarquer avec des albums avec des personnages non-blancs et/ou LGBTQI+. Elle me disent : “non-blanc, c&#039;est très bien”. Du coup, moi je comprends, il faut que des personnages non-blancs, mais dans mes personnages non-blancs, il y a des personnages LGBTQI+.  
Du coup, je commence à lire un conte extrait de “Il était une autre fois”, ce sont des relectures de contes féministes écrits par Anne-Fleur Multon.  Je lis “La Belle et la bête”. À la fin du conte, deux femmes tombent amoureuses. Et du coup, moi, qui suis moi-même lesbienne, je lis ce conte-là à tous les petits enfants et je suis très heureuse. Et là, en cœur, au moment du bisou, il y a un “beuuuurk” collectif dans le groupe d’enfants, et alors je comprends en fait que c&#039;est pas un public où c&#039;est pertinent de débarquer sans qu&#039;il y ait de moments de discussion, de sensibilisation avec un album lesbien.  
Donc si on me demande quel est mon recueil de contes préférés, çe sera celui là, mais ça ne va pas forcément être le bon pour tous les enfants et toutes les situations. Là, il aurait fallu que ce soit un moment de discussion, et pas seulement de lecture. Un moment de sensibilisation, un espace d’échange. Là, j&#039;ai juste vu plein d&#039;enfants qui disent “beurk” et qui vont après répéter à leurs parents “On nous a montré des lesbiennes !”  
Ca veut dire que pour renverser les normes établies, ça ne suffit pas de juste représenter des familles plus diverses, par exemple ? Ça ne fonctionne pas tant qu’on ne vient pas vraiment interroger la norme hétéro ?  
Chaque titre amène une typologie différente. Priscille Croce met en avant trois différents types de stratégies narratives pour questionner les nomes genrées. D’abord, le contre-stéréotype : par exemple, on va dire c&#039;est un petit garçon qui a le droit de porter du rose. Ensuite, il y a les personnages non stéréotypés. Donc là, par exemple, c&#039;est un petit garçon qui a la frousse, qui est ami avec une petite fille qui est tête brûlée. Et ces rôles genrés-là ne sont pas questionnés dans l’album, ils sont juste présents.  
Il ne faut pas forcément choisir l’une de ces stratégies par raport à l’autre. Pour un enfant élevé par des parents féministes qui va dans une école où les rôles genrés ne sont pas imposés, c&#039;est plus utile et plus pertinent de lui mettre à disposition des albums où c&#039;est papa qui s&#039;occupe de la maison sans que ce soit un sujet. On ne lui dit pas  “Regarde! Il a le droit de pleurer !” Par contre, pour un enfant qui est élevé par des parents un peu tradis, ou alors c&#039;est un problème à l&#039;école, ces albums peuvent venir l’accompagner dans une remise en question de ces normes. 
La troisième stratégie, qui est très rare, ce sont les personnages qui mettent réellement en péril le système. Moi, ce que j&#039;ai trouvé très intéressant, c&#039;est que dans les années 70, il y a Adela Turin qui était une bibliothécaire italienne qui a lancé une étude européenne sur les rôles filles/garçons dans les albums. Elle était aussi directrice de collection aux éditions des Femmes. Elle a dirigé la collection du côté des petites filles et elle a publié dans cette collection plusieurs albums où les femmes se cassent ! Elles arrêtent de s&#039;occuper du mari. Elles changent de planète pour créer leur propre société. Donc systématiquement, dans ces albums-là, le système est mis en péril. On en construit un autre, on part. Et c&#039;est quelque chose qui est très rare. 


    Références citées dans l&#039;émission
    
• La newsletter de Sarah Ghelam : https://reflet.substack.com 
• Son carnet de thèse, “Genre de l’édition” : https://genreed.hypotheses.org/author/sarahghelam  
• Le site des éditions On ne compte pas pour du beurre : https://www.paspourdubeurre.com 

    Et dans vos agendas...
    
• Lundi 26 février à 19h au Bonjour Madame : Soirée de lancement de la collection 
• Jeudi 29 février à 19h au Monte-en-l&#039;Air : rencontre avec Priscille Croce et Sarah Ghelam autour de la question : &quot;Où sont les albums jeunesse antisexistes ?&quot; 

Présentation : Zoé Monrozier 
Réalisation : Colin Gruel 
]]></description><itunes:summary>
    La littérature jeunesse ne brille pas par la diversité de ses représentations. Mais ce n'est pas une fatalité.
    
"J'aimerais t'y voir !". C'est le nom d'une nouvelle collection de la maison d'édition "On ne compte pas pour du beurre", en librairie dès le 22 février. À destination des professionnel.le.s des métiers du livre et de toute personne soucieuse d’offrir des lectures riches et variées aux enfants. 
Où sont les albums jeunesse anti-sexistes ? Où sont les personnages d'enfants non-blancs dans la littérature jeunesse ? Où sont les personnages LGBTQI+ en littérature jeunesse ? Ce sont les questions que posent les ouvrages de cette nouvelle collection qui comporte pour l’instant trois ouvrages, écrits par Sarah Ghelam, Spencer Robinson et Priscille Croce. 
Avec nous pour en parler, Sarah Ghelam, directrice de la collection "J'aimerais t'y voir", autrice et chercheuse. 

Le Lobby : Quels livres t'ont marquée dans ta jeunesse ? 
Sarah Ghelam : La plupart des albums que j'ai lus petite, c'était par l'abonnement à l'École des loisirs. Je ne sais pas si tu vois ce que c'est... Il y a un partenariat que les écoles peuvent avoir avec l'École des loisirs où les élèves reçoivent un abonnement. Ça fonctionne par tranche d'âge. Et je me souviens de la taupe qui avait un caca sur la tête. C'est ce livre qui m'a beaucoup marqué, petite. 
Tu as fait un master des métiers du livre et de l'édition, ton mémoire portait sur la représentation racisée des personnages non-blancs dans les albums jeunesse publiés en France entre 2010 et 2020. Tu as commencé une thèse récemment, toujours sur les représentations en littérature jeunesse. Sur quoi porte tes recherches désormais ? 
Dans mon mémoire, je travaillais sur comment étaient représentés les personnages non-blancs quand ils le sont ? Et là, j'agrandis mon sujet puisque je travaille sur la production de ces albums-là et sur la réception des albums par les enfants. C'est-à-dire qu'en France il n’y a pas de travaux sur l'intégration des normes raciales par les enfants. On sait à quel âge les enfants sont capables de faire la différence physique entre filles et garçons, et à quel âge ils commencent à intégrer les normes genrées. Pour les questions raciales, il n'y a rien du tout. En fait, j’avais envie d’aller voir ce qui se passe quand un enfant vient vivre, à quel âge un enfant est capable de faire la différence entre un personnage blanc et un personnage non-blanc. Sur la base de quels critères, de quelle colorisation, à quel âge ils sont capable de se dire “ce personnage est non-blanc comme moi”. Est ce que ça va avoir un impact sur la réception album, sur l'identification ? 
Quel était le point de départ de tes recherches ? 
J’ai d’abord voulu travailler sur les structures féministes dans le milieu de l’édition, pour montrer qu’elles étaient peu inclusives pour les personnes racisées. On m’a dit que ce travail n’était pas tellement utile, et on m’a conseillé de travailler plutôt sur les représentations de personnages non-blancs dans les albums jeunesse, là c'est nécessaire. Là, il y a un sujet, là il y a quelque chose. Donc, au départ, j'étais un peu vénère parce que moi, je voulais travailler sur qu'est ce que les féministes avaient produit et je voulais parler du racisme du milieu féministe. Donc j'y ai été un peu à reculons, mais on m'a un peu obligée à changer de sujet. Donc je l'ai fait. Et finalement, ce sujet m’a paru progressivement très nécessaire, et j’ai décidé d’aller jusqu’au bout. 
Tu travailles en tant que relectrice pour les éditions “On ne compte pas pour du beurre”, créées en 2020, qui proposent donc des albums jeunesse avec des personnages queers et/ou racisées. La semaine prochaine, ces éditions lancent la collection “J’aimerais t’y voir”, dont tu seras la directrice. Les trois premiers titres sortiront le 22 février : “Où sont les personnages LGBTQ+ en littérature jeunesse ?”, “Où sont les albums jeunesse anti-sexistes ?” et “Où sont les personnages d'enfants non-blancs en littérature jeunesse ?”, écrits avec Spencer Robinson et Priscille Croce. Peux-tu nous raconter d’où t’est venu ce titre, “J’aimerais t’y voir” ? 
Il m'est venu pendant un concert lesbien, c’était Mélodie Lauret. Il y a une chanson qui est passée qui parlait du fait d'exister. C'est venu tout seul. Au départ on avait pensé à “Miroir Miroir” pour parler de représentation, de représentation, miroir. C'est un petit clin d'œil aux contes de fées. Sauf qu'un podcast de Jennifer Padjemi porte déjà ce titre-là. Et puis c'était un peu trop, trop doux, trop gentil. “J’aimerais t’y voir”, c'est une double adresse, comme dans la littérature jeunesse. La “double adresse”, c’est quand un album s'adresse aux petits enfants, mais aussi aux adultes qui achètent des livres. Et là, c'est une double double adresse aussi, c'est une adresse aux professionnels du livre. On leur dit “J'aimerais bien vous y voir à notre place  vous dites que vous ne ressentez pas le besoin d'être représenté.e, j'aimerais bien vous y voir à ne pas être représenté en littérature jeunesse” et aussi une adresse à tous les enfants de nos communautés. On aimerait bien pouvoir les voir dans les albums jeunesse.  
À qui cette collection s'adresse-t-elle ?  
Alors on l’a pensée pour les professionnels du livre et de l'enfance et de la culture. Par ailleurs, toute personne qui est intéressée par la question des représentations dans les albums jeunesse peut se l'approprier. Il y a deux ans, on avait fait une rencontre au Monte-en-l'Air (Paris 20) pour questionner les normes genrées. Il y avait des professionnels du livre, des professionnels de l'enfance et aussi plein de tontons-tatas qui étaient là, qui nous disaient qu’iels n'y connaissaient rien en littérature jeunesse, qui n’avaient pas d’enfants, mais qui ne voulaient pas offrir n’importe quoi aux neveux et nièces… Donc il y a tout le monde qui peut s'en emparer, mais le public cible, ça reste les professionnels du livre et l'enfance. 
Pour toi, ce serait quoi, un bon album jeunesse ?  
Bon, il y a mes goûts à moi et après il y a les critères qu'on pourrait mettre en place sur une bonne sélection des albums jeunesse. Les professionnels du livre ont tendance à dire qu'un bon album, c'est un album qui est un album vraiment subversif, qui transformerait l'enfant-lecteur. Et c'était d'ailleurs l'une des critiques principales qu'on a faite à mon livre, “Comme un million de Papillons Noirs”, qui serait trop démonstratif et pas vraiment subversif… A la lecture d'un album, j'ai mes coups de cœur bien sûr, qui sont très subjectifs, et j'aurais envie de dire qu'il n'y a pas de bon album dans l'absolu.  
C'est un peu ce qu'on va essayer de dire dans cette collection, de dire que chaque album permet certaines choses. Il n'y a pas de bon ou mauvais album. Il y a des albums qui permettent différentes choses, notamment sur les albums antisexistes. Il y a des albums antisexistes qui ne sont pas forcément pertinents dans le sens où c'est quelque chose qu'on retrouve notamment sur les réseaux sociaux quand il s'agit d'épingler des propos sexistes. Épingler des propos sexistes, ça revient quand même à les partager. Donc un enfant lecteur qui serait très jeune, qui n’aurait jamais entendu ces propos sexistes-là, ce ne serait pas forcément pertinent de lui offrir cet album anti-sexiste, parce que peut être que c'est un enfant à qui on n'a jamais dit “ah ben non, les garçons, ça pleure pas, les garçons, ça ne peut pas porter de robes”. Non, un enfant qui n’aurait jamais été confronté à ces injonctions-là, ça ne serait pas forcément pertinent de lui offrir un album qui les remet en cause.  
Par contre, un enfant qui aimerait aller à l'école avec une robe, mais c'est vraiment une difficulté, cet album, ça peut être super précieux parce que ça peut être un début de conversation sur ce petit enfant. Il a été à l'école avec une robe. Est ce que toi tu en auras envie ? Pourquoi ? Pourquoi pas ? Donc si il faut donner des coups de cœur, je peux t'en donner. Mais je pense pas qu'il y ait un albums qui soit le bon dans toutes les circonstances, pour toutes les situations.  
Par exemple, j'ai fait des ateliers de lecture pour toutes et pour tous, donc j'ai amené des albums avec des représentations marginalisées. Je discute par mail avec les animatrices et je leur dis que je vais débarquer avec des albums avec des personnages non-blancs et/ou LGBTQI+. Elle me disent : “non-blanc, c'est très bien”. Du coup, moi je comprends, il faut que des personnages non-blancs, mais dans mes personnages non-blancs, il y a des personnages LGBTQI+.  
Du coup, je commence à lire un conte extrait de “Il était une autre fois”, ce sont des relectures de contes féministes écrits par Anne-Fleur Multon.  Je lis “La Belle et la bête”. À la fin du conte, deux femmes tombent amoureuses. Et du coup, moi, qui suis moi-même lesbienne, je lis ce conte-là à tous les petits enfants et je suis très heureuse. Et là, en cœur, au moment du bisou, il y a un “beuuuurk” collectif dans le groupe d’enfants, et alors je comprends en fait que c'est pas un public où c'est pertinent de débarquer sans qu'il y ait de moments de discussion, de sensibilisation avec un album lesbien.  
Donc si on me demande quel est mon recueil de contes préférés, çe sera celui là, mais ça ne va pas forcément être le bon pour tous les enfants et toutes les situations. Là, il aurait fallu que ce soit un moment de discussion, et pas seulement de lecture. Un moment de sensibilisation, un espace d’échange. Là, j'ai juste vu plein d'enfants qui disent “beurk” et qui vont après répéter à leurs parents “On nous a montré des lesbiennes !”  
Ca veut dire que pour renverser les normes établies, ça ne suffit pas de juste représenter des familles plus diverses, par exemple ? Ça ne fonctionne pas tant qu’on ne vient pas vraiment interroger la norme hétéro ?  
Chaque titre amène une typologie différente. Priscille Croce met en avant trois différents types de stratégies narratives pour questionner les nomes genrées. D’abord, le contre-stéréotype : par exemple, on va dire c'est un petit garçon qui a le droit de porter du rose. Ensuite, il y a les personnages non stéréotypés. Donc là, par exemple, c'est un petit garçon qui a la frousse, qui est ami avec une petite fille qui est tête brûlée. Et ces rôles genrés-là ne sont pas questionnés dans l’album, ils sont juste présents.  
Il ne faut pas forcément choisir l’une de ces stratégies par raport à l’autre. Pour un enfant élevé par des parents féministes qui va dans une école où les rôles genrés ne sont pas imposés, c'est plus utile et plus pertinent de lui mettre à disposition des albums où c'est papa qui s'occupe de la maison sans que ce soit un sujet. On ne lui dit pas  “Regarde! Il a le droit de pleurer !” Par contre, pour un enfant qui est élevé par des parents un peu tradis, ou alors c'est un problème à l'école, ces albums peuvent venir l’accompagner dans une remise en question de ces normes. 
La troisième stratégie, qui est très rare, ce sont les personnages qui mettent réellement en péril le système. Moi, ce que j'ai trouvé très intéressant, c'est que dans les années 70, il y a Adela Turin qui était une bibliothécaire italienne qui a lancé une étude européenne sur les rôles filles/garçons dans les albums. Elle était aussi directrice de collection aux éditions des Femmes. Elle a dirigé la collection du côté des petites filles et elle a publié dans cette collection plusieurs albums où les femmes se cassent ! Elles arrêtent de s'occuper du mari. Elles changent de planète pour créer leur propre société. Donc systématiquement, dans ces albums-là, le système est mis en péril. On en construit un autre, on part. Et c'est quelque chose qui est très rare. 


    Références citées dans l'émission
    
• La newsletter de Sarah Ghelam : https://reflet.substack.com 
• Son carnet de thèse, “Genre de l’édition” : https://genreed.hypotheses.org/author/sarahghelam  
• Le site des éditions On ne compte pas pour du beurre : https://www.paspourdubeurre.com 

    Et dans vos agendas...
    
• Lundi 26 février à 19h au Bonjour Madame : Soirée de lancement de la collection 
• Jeudi 29 février à 19h au Monte-en-l'Air : rencontre avec Priscille Croce et Sarah Ghelam autour de la question : "Où sont les albums jeunesse antisexistes ?" 

Présentation : Zoé Monrozier 
Réalisation : Colin Gruel 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 16 Feb 2024 00:00:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-comment-rendre-la-littera-2024-02-16-CwO7PLbK.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-comment-rendre-la-littera-2024-02-16-CwO7PLbK.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/gpRl-lhebdo-comment-rendre-la-litterature-jeunesse-moins-blanche-et-hetero</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-JCXzyQMAHA.jpg"/></item><item><title>L'HEBDO — La Star Academy a-t-elle fait son coming-out ?</title><description><![CDATA[
    Comme bien des téléréalités, la Star Academy n&#039;échappe pas à l&#039;hétérosexualité obligatore. Pourtant, nous les queers, on continue à regarder. Comment expliquer ce paradoxe ?
    
La semaine dernière, Pierre a remporté la Star Academy face à Julien. Un dernier match 100% testostéroné pas passionnant, qui ne fait pourtant pas oublier que le casting a été haut en couleurs cette année. On a bien sûr adoré la benjamine Lénie ou la belge Héléna, mais, soyons honnêtes, on n&#039;avait d&#039;yeux que pour Djebril et Axel, les deux candidats ouvertements gays de la saison. 
Cette semaine dans Le Lobby, on vous propose donc un débrief queer de cette dernière saison de la Star Academy, pour tenter de comprendre ce qui nous plaît à nous les LGBT dans ce télé-crochet incontournable. 
Pour en parler, nous recevons Maureen Lepers, docteure en cinéma et audiovisuel, elle donne un cours à l&#039;Université de la Sorbonne-Nouvelle sur la téléréalité, et Chris Da Cunha, experte de la Star Academy 

Présentation : Colin Gruel 
Réalisation : Marie Leroy 
]]></description><itunes:summary>
    Comme bien des téléréalités, la Star Academy n'échappe pas à l'hétérosexualité obligatore. Pourtant, nous les queers, on continue à regarder. Comment expliquer ce paradoxe ?
    
La semaine dernière, Pierre a remporté la Star Academy face à Julien. Un dernier match 100% testostéroné pas passionnant, qui ne fait pourtant pas oublier que le casting a été haut en couleurs cette année. On a bien sûr adoré la benjamine Lénie ou la belge Héléna, mais, soyons honnêtes, on n'avait d'yeux que pour Djebril et Axel, les deux candidats ouvertements gays de la saison. 
Cette semaine dans Le Lobby, on vous propose donc un débrief queer de cette dernière saison de la Star Academy, pour tenter de comprendre ce qui nous plaît à nous les LGBT dans ce télé-crochet incontournable. 
Pour en parler, nous recevons Maureen Lepers, docteure en cinéma et audiovisuel, elle donne un cours à l'Université de la Sorbonne-Nouvelle sur la téléréalité, et Chris Da Cunha, experte de la Star Academy 

Présentation : Colin Gruel 
Réalisation : Marie Leroy 
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    Le Pape François a annoncé vouloir bénir les couples &quot;irréguliers&quot;, déclenchant la fronde de nombreux évêques en France et à travers le monde...
    
Il y a un mois, le dicastère, un organisme qui permet au Pape d’exercer son pouvoir, a publié la déclaration “Fiducia Supplicans&quot;. Ce texteouvre la possibilité pour les prêtres ou diacres de bénir les couples homosexuels ou divorcés-remariés. En décembre, le pape François s’est même dit favorable aux unions des couples de même genre. 
Le Pape François, on le sait, se montre plus progressiste que ses prédecesseurs, notamment sur la question de l&#039;homosexualité. Et c&#039;est bien pour cela qu&#039;il ne fait pas l&#039;unanimité. Ses déclarations ont suscité la fronde de plusieurs épiscopats, notamment en Afrique. 
Y a-t-il il une crise dans l’église catholique, que les questions LGBT auraient fait émerger ? 
Pour en parler, nous recevons Cyrille de Compiègne, président et porte-parole de David et Jonathan, une association queer chrétienne fondée en 1972, qui se définit comme l’interface entre le milieu LGBT+, les Églises et espaces de spiritualité, et l’engagement associatif et militant. 

Le Lobby : Selon de nombreux catholiques, le fait que l&#039;homosexualité est un péché ne respecte pas l&#039;Evangile puisque l’Evangile promeut une sorte d’amour universel. Qu’est-ce que vous en pensez ? 
Cyrille de Compiègne : Effectivement, on pourrait voir un paradoxe dans le fait qu&#039;il y a une condamnation morale de l&#039;homosexualité. Là où l&#039;Église catholique essaye de s&#039;en sortir, c&#039;est qu&#039;elle dit non, non, moi je ne condamne pas les personnes, je condamne les actes homosexuels et donc essaye de faire une distinction qui à notre sens ne tient pas la route. Il y a même un passage qui dit que ces personnes doivent être traitées sans discrimination, avec délicatesse, etc. Il y a une négation de la violence qui est portée par ce discours là. D&#039;où l&#039;importance de systématiquement rappeler que ce discours est agressif et violent.  Il faut que la doctrine morale en matière de sexualité change dans l&#039;Église catholique. Mais disons qu&#039;elle ne se voulait pas au départ offensive pour les personnes. On n&#039;est plus sur une norme qui est extrêmement rigide et qui du coup ne tient absolument pas compte de certaines réalités de vies. En tout cas, n&#039;est pas capable d&#039;en tenir compte.  
Comment a réagi la communauté LGBT catholique à  la déclaration “Fiducia supplicans” ?  
Ce discours de condamnation morale de l&#039;homosexualité a été posé par des textes qui sont des textes du Magistère, qui sont issus directement du Vatican et qui ont été très renforcés de manière récente sur les pontificat de Jean-Paul II et Benoît XVI, qui ont donc en fait instauré ce que l&#039;on connaît du conservatisme catholique sur le sujet. Il y avait déjà des pressions pour qu&#039;il y ait des évolutions sur la question de l&#039;homosexualité qui, du coup ont été complètement refermées. Du coup, comparativement, quand le pape François est arrivé et qu&#039;il a notamment dit la petite phrase “Qui suis-je pour juger ?” Il a soulevé un vent d&#039;espoir très important.  
Sa démarche à lui, ça a été de dire “je ne vais pas attaquer de manière frontale la doctrine parce que c&#039;est très compliqué à faire évoluer”. C&#039;est tellement entériné et ça suscite tellement de crispations que ce n&#039;est pas possible. Enfin, dans l&#039;idée de sa démarche, c&#039;est pas possible d&#039;aller directement vers le changement officiel du texte moral. Sa démarche plutôt jésuite, parce que c&#039;est un jésuite, ça a été de rencontrer les personnes et donc c&#039;est vrai qu&#039;il a rencontré des personnes LGBT, il a essayé de se mettre à l&#039;écoute et il a dit il faut qu&#039;on accueille de manière plus affirmée les personnes dans nos églises.  
Ça a à la fois induit de vraies évolutions, en tout cas dans les églises occidentales. Le problème étant que du coup, ça creuse un peu un écart entre un discours qui continue de condamner et une posture qui se veut une posture d&#039;accueil. Sachant que l&#039;exigence d&#039;accueil dans les églises chrétiennes, c&#039;est quand même important, ce qui suscite quand même aussi beaucoup de malaise en local parfois.  
Et je pense qu’il y a pu avoir un espoir, un enthousiasme qui s&#039;est affadi avec le temps, au sens où en fait il a dit une chose et son contraire. Et puis on ne savait plus trop où il allait, voire on avait l&#039;impression qu&#039;il y avait beaucoup de contradictions dans le discours, etc. Et la réaction c&#039;est … que de complexité pour dire pas grand chose. Voilà, au sens où on est obligés de prendre beaucoup de pincettes et de passer par tout un tas de formules et de tournures et et d&#039;y aller très prudemment pour faire accepter quelque chose qui en fait est une avancée relative, puisque certes il y a la possibilité de bénir des couples, mais alors déjà ce qu&#039;il faut savoir, c&#039;est que ça ne se faisait déjà. En fait, c&#039;est juste que ça se faisait sans se dire. En contexte français plutôt de manière exceptionnelle. C&#039;était parce qu&#039;on connaissait un prêtre ou parce qu&#039;il y avait certaines traditions d&#039;ouverture dans certaines paroisses.  
Mais malgré tout il y avait déjà des personnes qui s&#039;étaient autorisées à le faire. C&#039;est aussi une réponse à ça. Et puis c&#039;est une bénédiction. Mais alors le texte rappelle quand même beaucoup que attention, pas de confusion avec le mariage, met beaucoup de nuances. Il ne faut pas être un habits de mariage.  
C&#039;est aussi assez violent pour les personnes de se voir rappeler quand même que non non, il y a une vraie différence et que vous n&#039;avez pas accès à ce à quoi ont accès les hétéros. Alors que l&#039;aspiration, et notamment encore plus depuis qu&#039;il y a le mariage civil qui est possible, c&#039;est quand même d&#039;avoir une forme de célébration religieuse qui accompagne le mariage civil. Donc je pense qu&#039;il y a à la fois un signal positif qui a été envoyé et en ce sens, cela a été bien reçu par des personnes qui savent d’où on part, et en même temps cette frustration, voire un ressenti de violence très fort de ce rappel que bah non, vous êtes dans le péché et vous ne serez en tout cas pas du tout à égalité avec les couples hétérosexuels.  

    
        
            La prêtrise et les ordres religieux ont été une voie privilégiée pour des hommes qui du coup étaient pas forcément à l&#039;aise avec leur sexualité ou savaient qu&#039;ils ne pouvaient pas accéder au mariage hétérosexuel étant donné qu&#039;ils étaient homosexuels
        
        
            Cyrille de Compiègne
        
    

Est ce que justement le fait qu&#039;il y ait tout ce discours assez complexe, tu penses que ça révèle un malaise de la part de l&#039;Église catholique vis à vis des homosexuels?  
Vaste sujet. En fait, il y a un problème de l&#039;Église autour de la sexualité. En gros, ce qu&#039;on dit, c&#039;est que l&#039;Église catholique a notamment d&#039;autant plus chercher à normer la sexualité depuis le XIXᵉ siècle qu&#039;elle a perdu du pouvoir dans la sphère publique et sociale. Et du coup, elle s&#039;est beaucoup concentrée sur la sphère privée, avec du coup une espèce d&#039;obsession de la sexualité qui n&#039;a pas cessé de monter et qui s&#039;est vraiment accentuée même après, dans les années 60-70, 80, 90. Ce sont des choses assez récentes en fait. Il y a eu une construction de la théologie morale, de la famille, de la sexualité et du couple qui était très normative L&#039;idée c&#039;est qu’il y a un plan de Dieu pour les êtres humains. Il est fondé en nature, il y a une nature de l’homme et une nature de la femme qui peuvent avoir une sexualité ensemble, mais avec une visée procréative, d&#039;ouverture à la vie. Donc un couplé hétérosexuel avec des enfants dans le cadre du mariage, de manière fidèle, etc. Et ça c&#039;est très strict.  
Le problème c&#039;est que ça a été posé et défini de manière tellement stricte que c&#039;est devenu quasiment impossible à faire évoluer. Et ce qu&#039;il faut savoir aussi, c&#039;est que quand ça a été défini, il y a eu des théologies féministes dans les années 60, il y a eu des tentatives d&#039;autre chose, mais qui ont été complètement étouffées. Il n&#039;y a pas non plus, à l&#039;heure actuelle, des moyens institutionnels ou une liberté de parole dans l&#039;Église catholique pour faire émerger autre chose. Ce qui fait que dès qu&#039;on essaye de dire qu&#039;on va changer la doctrine, la morale sexuelle, et bien c&#039;est perçu comme une menace. Ça y est, on veut tout déconstruire, tout va s&#039;effondrer et ce serait la grande perte de civilisation si je caricature. Le fait qu&#039;il n’y ait pas non plus une parole alternative, ça renforce aussi cette angoisse d&#039;un certain contexte catholique qui en fait voit tout de suite ça comme une menace si on cherche à faire évoluer les choses.  
Il y a un autre point aussi qui est assez important qui est un secret de polichinelle, le clergé est très gay. La prêtrise et les ordres religieux ont été une voie privilégiée pour des hommes qui du coup étaient pas forcément à l&#039;aise avec leur sexualité ou savaient qu&#039;ils ne pouvaient pas accéder au mariage hétérosexuel étant donné qu&#039;ils étaient homosexuels. Et il y a énormément de prêtres gay, à priori systématiquement plus de la moitié des prêtres qui sont gays si c&#039;est pas beaucoup plus. Et le problème c&#039;est que il y en a beaucoup qui sont au placard, qui n’est pas serein. Ils peuvent être en difficulté par rapport à ça, voire avoir des doubles vies. Et c&#039;est vrai que ça n&#039;aide sans doute pas en fait à ce qu&#039;il puisse y avoir une évolution de l&#039;Église catholique au sens où ça renforce la crispation parce que les personnes qui ont autorité sont elles mêmes prises dans un rapport qui n&#039;est pas très sain finalement, en fait, souvent à leur propre sexualité.  
Est ce que tu dirais que ça aussi à voir avec une sorte de culpabilité judéo-chrétienne et qui s&#039;applique pour la sexualité en général, mais aussi en particulier pour l&#039;homosexualité?  
Effectivement, on peut avoir cette vision que l&#039;Église catholique a entretenu un rapport assez culpabilisé à sa sexualité. En fait, quand je disais qu&#039;il y avait une évolution de la morale sexuelle dans les années 70-80, en fait, le pape Jean-Paul II, ce qu&#039;il a essayé de faire, c&#039;est justement sortir un peu de cette vision. La sexualité, c&#039;est mal et du coup, ce qu&#039;il a dit, c&#039;est que dans la sexualité, ça peut être cool, mais dans un cadre très précis qui est le cadre de la famille hétérosexuelle, bien normative, avec des différences très nettes entre les hommes et les femmes. Mais là où il y avait quelque chose de positif dans son idée, c&#039;était quand même de dire que l&#039;amour peut être beau. Et donc en ce sens là, il y avait quand même une vraie évolution.  
Le problème, c&#039;est que ça exclut beaucoup de types de relations. On parle beaucoup de l&#039;homosexualité et clairement il y a une crispation dès qu&#039;on dit le mot homosexualité, c&#039;est tout de suite un point de tension et de clivage, même entre progressistes, conservateurs, etc. Mais en fait, il y a plein de situations de couples qui ne sont pas ou de relations qui ne sont pas prises en compte. Dans la morale sexuelle catholique, il y a les personnes divorcées remariées, il y a les personnes qui sont en relation sans être mariés. J&#039;ai parlé tout à l&#039;heure avec un prêtre qui est au Gabon. En Afrique, il peut y avoir des personnes qui sont en situation de polygamie qui peuvent aussi être concernées par la situation irrégulière.  
D&#039;ailleurs, on voit que dans cette déclaration, les couples homosexuels sont dans le même panier que les couples irréguliers... 
Oui voilà. En fait,la déclaration a essayé de pas se focaliser sur l&#039;homosexualité en disant tous les couples irréguliers. Le problème, c&#039;est que on a retenu homosexualité, et les trois quarts du texte parle beaucoup d&#039;homosexualité, donc l&#039;opération est un peu ratée. Mais il y a eu tentative de se décentrer de l&#039;homosexualité. Mais c&#039;est vrai qu&#039;il y a une violence particulière sur l&#039;homosexualité, ce qui souligne aussi une certaine hypocrisie au sens où c&#039;est aujourd&#039;hui très accepté d&#039;être en couple, y compris en ayant des relations sexuelles sans être marié et clairement c&#039;est pas condamné de la même façon que d&#039;être homosexuel, alors que sur le plan doctrinal c&#039;est au même niveau.  
Tout à l&#039;heure, tu disais qu&#039;il y avait des initiatives locales, même avant cette déclaration, de prêtres qui pouvaient bénir des couples homosexuels. Est ce que justement ça dépend des prêtres, de leur approche, peut être même de leur formation? Quelle liberté pour les prêtres au sein de leur paroisse?  
Un prêtre a assez peu de libertés. Il en a mais il n’en a pas. La personne qui a le plus d&#039;autorité dans l&#039;Église catholique, c&#039;est l&#039;évêque qui est responsable dans son diocèse, mais responsable de tout. Il est à la fois responsable hiérarchique et responsable spirituel, il mélange un peu tout. Dans l&#039;Église catholique, vous avez les paroisses qui sont le niveau le plus local. Il y a les paroisses regroupées en diocèse qui sont un peu comme des départements. L&#039;évêque est assez souverain pour le coup dans son diocèse.  
Après, vous avez des coordinations des évêques, généralement par pays. C&#039;est ça qu&#039;on désigne par les épiscopats ou les conférences épiscopales. On parle de la conférence des évêques de France en France, par exemple. Les évêques essaient de se mettre d&#039;accord par une parole commune, en l&#039;occurrence ils n’y arrivent pas trop. Vous pouvez avoir des rassemblements d&#039;évêques et de cardinaux qui sont des espèces de super évêques qui vont se réunir à Rome et qui vont être constitués comme une sorte d&#039;assemblée qui a autorité dans l&#039;Église catholique.  
En fait, on a l&#039;impression que l’Eglise catholique est très pyramidale ou verticale. C&#039;est vrai en partie. Mais le pape n&#039;est pas non plus souverain absolu. Il doit négocier avec les évêques. Et d&#039;ailleurs là, on a très bien vu qu&#039;il y a des évêques qui ont pris la liberté de dire non, je suis pas d&#039;accord. Le prêtre, il ne peut pas trop se permettre de se mettre à dos son évêque. Des prêtres nous disent qu’ils sont très prudents sur le sujet parce qu&#039;ils ne veulent pas se mettre en porte à faux par rapport à leur évêque, par exemple. Et on sait que même  entre eux, c&#039;est compliqué d&#039;en parler parce qu&#039;ils ont peur après que ça leur retombe dessus. Après en local, le prêtre est quand même dans sa paroisse etc. Il peut se permettre un certain nombre de choses et la parole du prêtre a une importance forte parce que l&#039;église catholique est très cléricale et le prêtre a autorité et les laïcs, généralement obéissent encore beaucoup aux prêtres. Donc ça compte.  
Mais c&#039;est plus facile pour un prêtre qui va être d&#039;accord avec la position officielle que pour un prêtre qui le sera pas, qui du coup pourra jouer sur des marges de manœuvre mais qui seront quand même limités. Sachant que l&#039;Église catholique est la maîtresse absolue de savoir gérer ses marges. C&#039;est à dire qu&#039;en fait il y a l&#039;officiel en façade qu&#039;on va maintenir absolument, mais en fait il y a une énorme diversité interne qu&#039;on ne dit pas mais qu&#039;on va maintenir parce qu&#039;on sait qu&#039;elle est nécessaire pour le fonctionnement de l&#039;Église et pour que les catholiques restent dans l&#039;Église. Donc en fait, il y a toujours cette espèce de double jeu de on maintient la façade absolument, avec quand même beaucoup plus de diversité derrière qu&#039;on ne le dit souvent.  
Tu as dit en interview que c&#039;était une démarche “pastorale et pas doctrinale”. Est-ce que dans l&#039;essence même de ce qu&#039;est l&#039;Eglise, un changement doctrinal dans cette institution qui est profondément traditionnelle et hétérosexuelle est possible ?  
Alors quand on parle de “pastoral”, en gros, ça désigne l&#039;action de terrain. Dans les paroisses, c&#039;est toutes les activités qui vont être des propositions spirituelles pour les catholiques. On pense à “pasteur”, donc l&#039;idée de l&#039;accompagnement spirituel sur le terrain du quotidien. Donc c&#039;est plutôt disons, ça désigne la pratique de terrain par rapport à la doctrine qui du coup est plutôt le versant texte officiel et parole officielle. L&#039;idée du pape François, c&#039;était on va rencontrer les personnes, mais sans rien du tout changer au discours officiel. 
Et du coup, c&#039;est bien, mais ça ne suffit pas. Là on arrive un peu à la limite de ça. On pouvait le comprendre parce que c&#039;est plus facile de dire “allez rencontrer les gens” que de dire “je change tout le discours officiel”. La doctrine morale a été très verrouillée par l&#039;institution et à l&#039;heure actuelle, il n&#039;est pas possible que ça change parce qu&#039;il n&#039;y a pas de propositions, il n&#039;y a pas de dialogue, de réflexion intellectuelle. Déjà pour construire autre chose, il n&#039;y a pas de dialogue avec les personnes concernées pour produire autre chose. Et il y a un enjeu aussi pour l&#039;Église catholique elle est une institution universelle, mondiale, elle doit composer avec des réalités locales et géographiques, culturelles qui sont très diverses et qu&#039;il y a une crispation autour des questions de genres et de sexualités.  
Dans beaucoup de pays, c&#039;est devenu un enjeu de positionnement, de nationalisme sensationnel dans le sens où ça dépasse largement la réalité concrète des personnes. Mais sauf que malheureusement, ça s&#039;est installé comme ça. C&#039;est aussi très compliqué à faire bouger parce que par exemple, c’est ce que les évêques africains disent “Ah mais en fait là, vous nous faites de l&#039;importation occidentale de réalités qui ne nous concernent pas”. Il y a cette complexité là aussi, je dirais, qui ne facilite pas les choses.  
Est ce que la solution, ce serait un dialogue déjà local pour commencer, et ensuite une réelle volonté de la part des institutions d&#039;entamer ce dialogue autour des questions de genres et des sexualités.  
Alors, le dialogue sur le terrain, en fait, il est déjà là. Ça, c’est vraiment ce qui a avancé, en tout cas en Europe. Aujourd&#039;hui, dans beaucoup de diocèses, vous avez des instances, des groupes d&#039;échange, qui sont beaucoup portés par des laïcs et beaucoup de proches. Des parents concernés. Les parents ont presque la posture la plus facile parce que du coup ils voient le vécu de leur enfant et ils viennent et ils sont en responsabilité dans l&#039;église catholique et du coup ils viennent interpeller.  
C&#039;est beaucoup plus difficile pour l&#039;église catholique de dire “je n&#039;écoute pas les parents” bons cathos bien hétérosexuels, qui ont une responsabilité dans l’Eglise. Ca vient aussi appuyer notre parole, la parole des personnes concernées pour interpeller les catholiques. Mais il y a une violence réelle. Le problème c&#039;est qu&#039;il n&#039;arrive pas à se traduire autrement que dans l&#039;échange local. Du coup, il y a des choses très positives qui existent dans certains endroits, dans certaines paroisses, dans certains échanges. Donc c&#039;est un cadre d&#039;échange, mais ça reste localisé et ça reste précaire. C&#039;est à dire que vous savez pas quand vous allez toquer dans une paroisse, quel sera le discours, quelle sera la position et du coup vous pouvez pas être serein dans l&#039;Eglise catholique sur le fait d&#039;en parler, sur comment vous allez être reçu, est ce que vous allez pouvoir être intégré dans votre paroisse? Est ce que vous allez pouvoir accéder aux sacrements? Si c’est ce que vous souhaitez. Même s&#039;il y a des choses très positives, ça crée aussi une vraie précarité pour les personnes concernées.  
Tout à l&#039;heure tu parlais des prêtres africains. Le pape, en tant que représentant de l&#039;Eglise, doit forcément concilier avec les diverses communautés chrétiennes internationales. On sait que notamment la Fiducia Supplicans a fait beaucoup réagir en Afrique, mais aussi au Brésil ou en Pologne, et pas spécialement de manière enjouée. Même s&#039; il y a eu un discours assez progressiste, c&#039;est pas non plus “woke”. Dès lors, comment faire avancer la doctrine sexuelle avec la communauté internationale? Est ce que c&#039;est possible selon toi ?  
Je pense que c&#039;est important pour nous, en tant que personnes européennes de ne pas rester trop centré.e.s sur notre regard et notre vision ou expérience à nous. Il faut aussi vraiment aller se mettre à l&#039;écoute de prêtres ou de personnes qui viennent de pays africains et qui du coup peuvent faire le pont avec les réalités locales. Et c&#039;est pas non plus complètement faux de dire qu&#039;il y a une forme, parfois un peu de position d&#039;impérialisme occidental, d&#039;arriver avec notre prisme de lecture et de ne pas être en capacité de se mettre à l&#039;écoute des réalités culturelles locales. Ceci étant dit, nous en tout cas, on a vraiment salué la démarche du pape François, de quand même bien rappeler qu&#039;il n&#039;était pas question de justifier la condamnation pénale de l&#039;homosexualité, ce que certaines conférences épiscopales africaines font. Et ça, je pense que ça doit vraiment être redit et répété.  
Le premier stade d&#039;avancée, c&#039;est déjà d&#039;arrêter que l&#039;Église catholique puisse se mettre au service de condamnation sur un plan pénal, civil et de violences qui peuvent aller même parfois jusqu&#039;à la condamnation à la prison, la condamnation à mort, etc. Et puis il faudra trouver les cadres d&#039;échange et de dialogue possibles. Mais je pense aussi sans doute, il faudra que les pays concernés puissent aussi développer leur propre manière de voir les choses et du coup puissent manifester des évolutions, mais à partir de leur bagage culturel à eux comme la réalité de leur pays, leurs langages, leur discours à eux et que du coup il puisse y avoir une parole, ce qui est un vrai challenge qui émerge depuis le local. Voilà que ce ne soit pas que les occidentaux qui en parlent. C&#039;est vraiment dommage aussi que ce soit perçu comme un clivage géographique. C&#039;est pas un clivage géographique, il y a des personnes concernées là bas, il y a une vraie diversité en fait aussi, quel que soit le pays ou le continent dont on parle.  Pour l&#039;association David et Jonathan, ce serait quoi une Eglise idéale pour les queer catholiques ?  
Cyrille de Compiègne : Bonne question. Alors déjà, une église idéale, c&#039;est une Eglise où il n&#039;y a pas de discrimination. Et on n&#039;y est pas. Donc déjà une Eglise où tout le monde peut avoir accès aux sacrements sans risque de rejet. A priori, y a pas trop de refus de baptême, mais il y a quand même des personnes qui sont pas sûres de pouvoir parler de leur homosexualité dans le cadre de préparation au baptême par exemple. Une église, c&#039;est aussi un accompagnement spirituel et une proposition rituelle tout au long de la vie. Donc déjà que tout le monde puisse avoir accès à ça sans discrimination, sans peurs et sans appréhension. Y compris dans l&#039;accompagnement spirituel au quotidien, etc. Que les personnes puissent être pleinement intégrées dans leur paroisse sans qu’il y ait de questions. Par exemple, je suis une personne homosexuelle, oui je peux donner la communion à la messe. C&#039;est des exemples très concrets, mais c&#039;est ça aussi la réalité de terrain.  
C&#039;est une église qui fait bouger sa morale sexuelle et qui trouve des outils de philosophie et de théologie morale différents que cette fameuse théologie de la loi naturelle qui bloque tout. Donc d&#039;avoir une théologie morale non normative et qui puisse inscrire sa loi morale vraiment dans le message du Christ qui est un message d&#039;amour. 
Et puis c&#039;est aussi une Eglise qui a des propositions, qui vient répondre au vécu et aux expériences des personnes LGBTQIA+. Il y a des personnes qui font des propositions, par exemple de lectures de textes bibliques, en mettant en avant des personnages queer, des personnages marginalisés ou des es textes qui viennent répondre à des préoccupations de vie des personnes. Et en fait, il faut aussi pouvoir venir répondre aux préoccupations des personnes LGBTQIA+ en mettant en avant certaines figures, en abordant ces sujets là dans les temps de prière, et aussi même dans la manière de parler, avoir un langage qui soit inclusif. Voilà manifester qu&#039;il y a une diversité sexuelle et de genre dans la liturgie. Voilà en fait glisser dans tout ce qui constitue en fait la spiritualité. Vraiment une pleine inclusivité au sens où on considère toutes les réalités de vies de toutes les personnes, mais sur tous les sujets en fait. On essaie de lutter contre des formes de normativité, qu&#039;elles soient de genre ou de sexualité. Ce qui passerait aussi dans l&#039;église catholique par peut être faire en sorte qu&#039;il n’y ait pas que des hommes prêtres et qu&#039;il y ait une diversité de situations. Et d&#039;ailleurs qu’il y ait aussi peut être moins de cléricalisme et une participation plus forte des laïcs, plus d&#039;égalité. Il y plein de pistes pour avoir une église plus inclusive.  
Pour finir, je voulais parler un peu plus de l&#039;association David et Jonathan. Est ce que tu peux nous présenter cette association qui existe depuis 1972 ?  
On est une vieille association. Élément important: on est en changement de nom. Donc “David et Jonathan” va s&#039;appeler “DJ Arc en ciel” et vous la retrouverez bientôt avec un nouveau site internet qui va arriver sous ce nom là. On est vraiment d&#039;abord une association de personnes concernées, même si on peut avoir des personnes proches ou alliées, donc des personnes LGBT+. La majorité peut se dire  chrétiennes mais qui peuvent aussi être en recherche spirituelle, agnostique, athée, avec tous les rapports possibles à la religion et à la spiritualité mais qui s&#039;interroge là dessus et qui souhaite rencontrer d&#039;autres personnes et échanger là dessus. La base c&#039;est d&#039;abord le partage et la rencontre.  
On a des groupes locaux. On a une vingtaine de groupes locaux un peu partout en France, plus des weekend nationaux qui permettent aux gens de venir d&#039;un peu partout. On a la dimension de partage et on a des propositions spirituelles. Il y a des temps de prière. 
Et on a notre engagement militant. C&#039;est notre marque de fabrique, parce que on veut vraiment s&#039;inscrire pleinement dans le monde associatif LGBTQIA+, on participe aux Marches des fiertés. Il y a dans certaines villes, on organise un temps de célébration spirituelle, les veilles de Marche des fiertés par exemple. Mais c&#039;est vraiment important de participer. On est présents auprès des autres associations. On a milité pour le mariage pour tous, on a milité pour la PMA. On essaye vraiment de militer politiquement et avec cette spécificité qui est qu&#039;on essaye de lutter contre les LGBTphobies notamment dans les églises chrétiennes.  
Comment vous rejoindre? 
La porte d&#039;entrée, ça reste le groupe local s&#039;il y en a un à proximité. Identifiez le groupe local le plus proche. Si on ne trouve pas la réponse, on peut envoyer un mail à l&#039;adresse contact en précisant l&#039;endroit géographique où vous êtes. Et l&#039;idée, c&#039;est que le groupe local recontacte la personne qui est intéressée. On essaie vraiment d&#039;organiser un temps d&#039;accueil dédié pour les personnes qui souhaitent nous rejoindre, ce qui permettra après d&#039;avoir accès aux informations, de propositions, d&#039;événements, aux activités organisées par l&#039;association qui peuvent varier aussi en fonction des groupes locaux.  


    L&#039;équipe de l&#039;émission
    
Présentation : Zoé Monrozier 
Réalisation : Colin Gruel 
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    Le Pape François a annoncé vouloir bénir les couples "irréguliers", déclenchant la fronde de nombreux évêques en France et à travers le monde...
    
Il y a un mois, le dicastère, un organisme qui permet au Pape d’exercer son pouvoir, a publié la déclaration “Fiducia Supplicans". Ce texteouvre la possibilité pour les prêtres ou diacres de bénir les couples homosexuels ou divorcés-remariés. En décembre, le pape François s’est même dit favorable aux unions des couples de même genre. 
Le Pape François, on le sait, se montre plus progressiste que ses prédecesseurs, notamment sur la question de l'homosexualité. Et c'est bien pour cela qu'il ne fait pas l'unanimité. Ses déclarations ont suscité la fronde de plusieurs épiscopats, notamment en Afrique. 
Y a-t-il il une crise dans l’église catholique, que les questions LGBT auraient fait émerger ? 
Pour en parler, nous recevons Cyrille de Compiègne, président et porte-parole de David et Jonathan, une association queer chrétienne fondée en 1972, qui se définit comme l’interface entre le milieu LGBT+, les Églises et espaces de spiritualité, et l’engagement associatif et militant. 

Le Lobby : Selon de nombreux catholiques, le fait que l'homosexualité est un péché ne respecte pas l'Evangile puisque l’Evangile promeut une sorte d’amour universel. Qu’est-ce que vous en pensez ? 
Cyrille de Compiègne : Effectivement, on pourrait voir un paradoxe dans le fait qu'il y a une condamnation morale de l'homosexualité. Là où l'Église catholique essaye de s'en sortir, c'est qu'elle dit non, non, moi je ne condamne pas les personnes, je condamne les actes homosexuels et donc essaye de faire une distinction qui à notre sens ne tient pas la route. Il y a même un passage qui dit que ces personnes doivent être traitées sans discrimination, avec délicatesse, etc. Il y a une négation de la violence qui est portée par ce discours là. D'où l'importance de systématiquement rappeler que ce discours est agressif et violent.  Il faut que la doctrine morale en matière de sexualité change dans l'Église catholique. Mais disons qu'elle ne se voulait pas au départ offensive pour les personnes. On n'est plus sur une norme qui est extrêmement rigide et qui du coup ne tient absolument pas compte de certaines réalités de vies. En tout cas, n'est pas capable d'en tenir compte.  
Comment a réagi la communauté LGBT catholique à  la déclaration “Fiducia supplicans” ?  
Ce discours de condamnation morale de l'homosexualité a été posé par des textes qui sont des textes du Magistère, qui sont issus directement du Vatican et qui ont été très renforcés de manière récente sur les pontificat de Jean-Paul II et Benoît XVI, qui ont donc en fait instauré ce que l'on connaît du conservatisme catholique sur le sujet. Il y avait déjà des pressions pour qu'il y ait des évolutions sur la question de l'homosexualité qui, du coup ont été complètement refermées. Du coup, comparativement, quand le pape François est arrivé et qu'il a notamment dit la petite phrase “Qui suis-je pour juger ?” Il a soulevé un vent d'espoir très important.  
Sa démarche à lui, ça a été de dire “je ne vais pas attaquer de manière frontale la doctrine parce que c'est très compliqué à faire évoluer”. C'est tellement entériné et ça suscite tellement de crispations que ce n'est pas possible. Enfin, dans l'idée de sa démarche, c'est pas possible d'aller directement vers le changement officiel du texte moral. Sa démarche plutôt jésuite, parce que c'est un jésuite, ça a été de rencontrer les personnes et donc c'est vrai qu'il a rencontré des personnes LGBT, il a essayé de se mettre à l'écoute et il a dit il faut qu'on accueille de manière plus affirmée les personnes dans nos églises.  
Ça a à la fois induit de vraies évolutions, en tout cas dans les églises occidentales. Le problème étant que du coup, ça creuse un peu un écart entre un discours qui continue de condamner et une posture qui se veut une posture d'accueil. Sachant que l'exigence d'accueil dans les églises chrétiennes, c'est quand même important, ce qui suscite quand même aussi beaucoup de malaise en local parfois.  
Et je pense qu’il y a pu avoir un espoir, un enthousiasme qui s'est affadi avec le temps, au sens où en fait il a dit une chose et son contraire. Et puis on ne savait plus trop où il allait, voire on avait l'impression qu'il y avait beaucoup de contradictions dans le discours, etc. Et la réaction c'est … que de complexité pour dire pas grand chose. Voilà, au sens où on est obligés de prendre beaucoup de pincettes et de passer par tout un tas de formules et de tournures et et d'y aller très prudemment pour faire accepter quelque chose qui en fait est une avancée relative, puisque certes il y a la possibilité de bénir des couples, mais alors déjà ce qu'il faut savoir, c'est que ça ne se faisait déjà. En fait, c'est juste que ça se faisait sans se dire. En contexte français plutôt de manière exceptionnelle. C'était parce qu'on connaissait un prêtre ou parce qu'il y avait certaines traditions d'ouverture dans certaines paroisses.  
Mais malgré tout il y avait déjà des personnes qui s'étaient autorisées à le faire. C'est aussi une réponse à ça. Et puis c'est une bénédiction. Mais alors le texte rappelle quand même beaucoup que attention, pas de confusion avec le mariage, met beaucoup de nuances. Il ne faut pas être un habits de mariage.  
C'est aussi assez violent pour les personnes de se voir rappeler quand même que non non, il y a une vraie différence et que vous n'avez pas accès à ce à quoi ont accès les hétéros. Alors que l'aspiration, et notamment encore plus depuis qu'il y a le mariage civil qui est possible, c'est quand même d'avoir une forme de célébration religieuse qui accompagne le mariage civil. Donc je pense qu'il y a à la fois un signal positif qui a été envoyé et en ce sens, cela a été bien reçu par des personnes qui savent d’où on part, et en même temps cette frustration, voire un ressenti de violence très fort de ce rappel que bah non, vous êtes dans le péché et vous ne serez en tout cas pas du tout à égalité avec les couples hétérosexuels.  

    
        
            La prêtrise et les ordres religieux ont été une voie privilégiée pour des hommes qui du coup étaient pas forcément à l'aise avec leur sexualité ou savaient qu'ils ne pouvaient pas accéder au mariage hétérosexuel étant donné qu'ils étaient homosexuels
        
        
            Cyrille de Compiègne
        
    

Est ce que justement le fait qu'il y ait tout ce discours assez complexe, tu penses que ça révèle un malaise de la part de l'Église catholique vis à vis des homosexuels?  
Vaste sujet. En fait, il y a un problème de l'Église autour de la sexualité. En gros, ce qu'on dit, c'est que l'Église catholique a notamment d'autant plus chercher à normer la sexualité depuis le XIXᵉ siècle qu'elle a perdu du pouvoir dans la sphère publique et sociale. Et du coup, elle s'est beaucoup concentrée sur la sphère privée, avec du coup une espèce d'obsession de la sexualité qui n'a pas cessé de monter et qui s'est vraiment accentuée même après, dans les années 60-70, 80, 90. Ce sont des choses assez récentes en fait. Il y a eu une construction de la théologie morale, de la famille, de la sexualité et du couple qui était très normative L'idée c'est qu’il y a un plan de Dieu pour les êtres humains. Il est fondé en nature, il y a une nature de l’homme et une nature de la femme qui peuvent avoir une sexualité ensemble, mais avec une visée procréative, d'ouverture à la vie. Donc un couplé hétérosexuel avec des enfants dans le cadre du mariage, de manière fidèle, etc. Et ça c'est très strict.  
Le problème c'est que ça a été posé et défini de manière tellement stricte que c'est devenu quasiment impossible à faire évoluer. Et ce qu'il faut savoir aussi, c'est que quand ça a été défini, il y a eu des théologies féministes dans les années 60, il y a eu des tentatives d'autre chose, mais qui ont été complètement étouffées. Il n'y a pas non plus, à l'heure actuelle, des moyens institutionnels ou une liberté de parole dans l'Église catholique pour faire émerger autre chose. Ce qui fait que dès qu'on essaye de dire qu'on va changer la doctrine, la morale sexuelle, et bien c'est perçu comme une menace. Ça y est, on veut tout déconstruire, tout va s'effondrer et ce serait la grande perte de civilisation si je caricature. Le fait qu'il n’y ait pas non plus une parole alternative, ça renforce aussi cette angoisse d'un certain contexte catholique qui en fait voit tout de suite ça comme une menace si on cherche à faire évoluer les choses.  
Il y a un autre point aussi qui est assez important qui est un secret de polichinelle, le clergé est très gay. La prêtrise et les ordres religieux ont été une voie privilégiée pour des hommes qui du coup étaient pas forcément à l'aise avec leur sexualité ou savaient qu'ils ne pouvaient pas accéder au mariage hétérosexuel étant donné qu'ils étaient homosexuels. Et il y a énormément de prêtres gay, à priori systématiquement plus de la moitié des prêtres qui sont gays si c'est pas beaucoup plus. Et le problème c'est que il y en a beaucoup qui sont au placard, qui n’est pas serein. Ils peuvent être en difficulté par rapport à ça, voire avoir des doubles vies. Et c'est vrai que ça n'aide sans doute pas en fait à ce qu'il puisse y avoir une évolution de l'Église catholique au sens où ça renforce la crispation parce que les personnes qui ont autorité sont elles mêmes prises dans un rapport qui n'est pas très sain finalement, en fait, souvent à leur propre sexualité.  
Est ce que tu dirais que ça aussi à voir avec une sorte de culpabilité judéo-chrétienne et qui s'applique pour la sexualité en général, mais aussi en particulier pour l'homosexualité?  
Effectivement, on peut avoir cette vision que l'Église catholique a entretenu un rapport assez culpabilisé à sa sexualité. En fait, quand je disais qu'il y avait une évolution de la morale sexuelle dans les années 70-80, en fait, le pape Jean-Paul II, ce qu'il a essayé de faire, c'est justement sortir un peu de cette vision. La sexualité, c'est mal et du coup, ce qu'il a dit, c'est que dans la sexualité, ça peut être cool, mais dans un cadre très précis qui est le cadre de la famille hétérosexuelle, bien normative, avec des différences très nettes entre les hommes et les femmes. Mais là où il y avait quelque chose de positif dans son idée, c'était quand même de dire que l'amour peut être beau. Et donc en ce sens là, il y avait quand même une vraie évolution.  
Le problème, c'est que ça exclut beaucoup de types de relations. On parle beaucoup de l'homosexualité et clairement il y a une crispation dès qu'on dit le mot homosexualité, c'est tout de suite un point de tension et de clivage, même entre progressistes, conservateurs, etc. Mais en fait, il y a plein de situations de couples qui ne sont pas ou de relations qui ne sont pas prises en compte. Dans la morale sexuelle catholique, il y a les personnes divorcées remariées, il y a les personnes qui sont en relation sans être mariés. J'ai parlé tout à l'heure avec un prêtre qui est au Gabon. En Afrique, il peut y avoir des personnes qui sont en situation de polygamie qui peuvent aussi être concernées par la situation irrégulière.  
D'ailleurs, on voit que dans cette déclaration, les couples homosexuels sont dans le même panier que les couples irréguliers... 
Oui voilà. En fait,la déclaration a essayé de pas se focaliser sur l'homosexualité en disant tous les couples irréguliers. Le problème, c'est que on a retenu homosexualité, et les trois quarts du texte parle beaucoup d'homosexualité, donc l'opération est un peu ratée. Mais il y a eu tentative de se décentrer de l'homosexualité. Mais c'est vrai qu'il y a une violence particulière sur l'homosexualité, ce qui souligne aussi une certaine hypocrisie au sens où c'est aujourd'hui très accepté d'être en couple, y compris en ayant des relations sexuelles sans être marié et clairement c'est pas condamné de la même façon que d'être homosexuel, alors que sur le plan doctrinal c'est au même niveau.  
Tout à l'heure, tu disais qu'il y avait des initiatives locales, même avant cette déclaration, de prêtres qui pouvaient bénir des couples homosexuels. Est ce que justement ça dépend des prêtres, de leur approche, peut être même de leur formation? Quelle liberté pour les prêtres au sein de leur paroisse?  
Un prêtre a assez peu de libertés. Il en a mais il n’en a pas. La personne qui a le plus d'autorité dans l'Église catholique, c'est l'évêque qui est responsable dans son diocèse, mais responsable de tout. Il est à la fois responsable hiérarchique et responsable spirituel, il mélange un peu tout. Dans l'Église catholique, vous avez les paroisses qui sont le niveau le plus local. Il y a les paroisses regroupées en diocèse qui sont un peu comme des départements. L'évêque est assez souverain pour le coup dans son diocèse.  
Après, vous avez des coordinations des évêques, généralement par pays. C'est ça qu'on désigne par les épiscopats ou les conférences épiscopales. On parle de la conférence des évêques de France en France, par exemple. Les évêques essaient de se mettre d'accord par une parole commune, en l'occurrence ils n’y arrivent pas trop. Vous pouvez avoir des rassemblements d'évêques et de cardinaux qui sont des espèces de super évêques qui vont se réunir à Rome et qui vont être constitués comme une sorte d'assemblée qui a autorité dans l'Église catholique.  
En fait, on a l'impression que l’Eglise catholique est très pyramidale ou verticale. C'est vrai en partie. Mais le pape n'est pas non plus souverain absolu. Il doit négocier avec les évêques. Et d'ailleurs là, on a très bien vu qu'il y a des évêques qui ont pris la liberté de dire non, je suis pas d'accord. Le prêtre, il ne peut pas trop se permettre de se mettre à dos son évêque. Des prêtres nous disent qu’ils sont très prudents sur le sujet parce qu'ils ne veulent pas se mettre en porte à faux par rapport à leur évêque, par exemple. Et on sait que même  entre eux, c'est compliqué d'en parler parce qu'ils ont peur après que ça leur retombe dessus. Après en local, le prêtre est quand même dans sa paroisse etc. Il peut se permettre un certain nombre de choses et la parole du prêtre a une importance forte parce que l'église catholique est très cléricale et le prêtre a autorité et les laïcs, généralement obéissent encore beaucoup aux prêtres. Donc ça compte.  
Mais c'est plus facile pour un prêtre qui va être d'accord avec la position officielle que pour un prêtre qui le sera pas, qui du coup pourra jouer sur des marges de manœuvre mais qui seront quand même limités. Sachant que l'Église catholique est la maîtresse absolue de savoir gérer ses marges. C'est à dire qu'en fait il y a l'officiel en façade qu'on va maintenir absolument, mais en fait il y a une énorme diversité interne qu'on ne dit pas mais qu'on va maintenir parce qu'on sait qu'elle est nécessaire pour le fonctionnement de l'Église et pour que les catholiques restent dans l'Église. Donc en fait, il y a toujours cette espèce de double jeu de on maintient la façade absolument, avec quand même beaucoup plus de diversité derrière qu'on ne le dit souvent.  
Tu as dit en interview que c'était une démarche “pastorale et pas doctrinale”. Est-ce que dans l'essence même de ce qu'est l'Eglise, un changement doctrinal dans cette institution qui est profondément traditionnelle et hétérosexuelle est possible ?  
Alors quand on parle de “pastoral”, en gros, ça désigne l'action de terrain. Dans les paroisses, c'est toutes les activités qui vont être des propositions spirituelles pour les catholiques. On pense à “pasteur”, donc l'idée de l'accompagnement spirituel sur le terrain du quotidien. Donc c'est plutôt disons, ça désigne la pratique de terrain par rapport à la doctrine qui du coup est plutôt le versant texte officiel et parole officielle. L'idée du pape François, c'était on va rencontrer les personnes, mais sans rien du tout changer au discours officiel. 
Et du coup, c'est bien, mais ça ne suffit pas. Là on arrive un peu à la limite de ça. On pouvait le comprendre parce que c'est plus facile de dire “allez rencontrer les gens” que de dire “je change tout le discours officiel”. La doctrine morale a été très verrouillée par l'institution et à l'heure actuelle, il n'est pas possible que ça change parce qu'il n'y a pas de propositions, il n'y a pas de dialogue, de réflexion intellectuelle. Déjà pour construire autre chose, il n'y a pas de dialogue avec les personnes concernées pour produire autre chose. Et il y a un enjeu aussi pour l'Église catholique elle est une institution universelle, mondiale, elle doit composer avec des réalités locales et géographiques, culturelles qui sont très diverses et qu'il y a une crispation autour des questions de genres et de sexualités.  
Dans beaucoup de pays, c'est devenu un enjeu de positionnement, de nationalisme sensationnel dans le sens où ça dépasse largement la réalité concrète des personnes. Mais sauf que malheureusement, ça s'est installé comme ça. C'est aussi très compliqué à faire bouger parce que par exemple, c’est ce que les évêques africains disent “Ah mais en fait là, vous nous faites de l'importation occidentale de réalités qui ne nous concernent pas”. Il y a cette complexité là aussi, je dirais, qui ne facilite pas les choses.  
Est ce que la solution, ce serait un dialogue déjà local pour commencer, et ensuite une réelle volonté de la part des institutions d'entamer ce dialogue autour des questions de genres et des sexualités.  
Alors, le dialogue sur le terrain, en fait, il est déjà là. Ça, c’est vraiment ce qui a avancé, en tout cas en Europe. Aujourd'hui, dans beaucoup de diocèses, vous avez des instances, des groupes d'échange, qui sont beaucoup portés par des laïcs et beaucoup de proches. Des parents concernés. Les parents ont presque la posture la plus facile parce que du coup ils voient le vécu de leur enfant et ils viennent et ils sont en responsabilité dans l'église catholique et du coup ils viennent interpeller.  
C'est beaucoup plus difficile pour l'église catholique de dire “je n'écoute pas les parents” bons cathos bien hétérosexuels, qui ont une responsabilité dans l’Eglise. Ca vient aussi appuyer notre parole, la parole des personnes concernées pour interpeller les catholiques. Mais il y a une violence réelle. Le problème c'est qu'il n'arrive pas à se traduire autrement que dans l'échange local. Du coup, il y a des choses très positives qui existent dans certains endroits, dans certaines paroisses, dans certains échanges. Donc c'est un cadre d'échange, mais ça reste localisé et ça reste précaire. C'est à dire que vous savez pas quand vous allez toquer dans une paroisse, quel sera le discours, quelle sera la position et du coup vous pouvez pas être serein dans l'Eglise catholique sur le fait d'en parler, sur comment vous allez être reçu, est ce que vous allez pouvoir être intégré dans votre paroisse? Est ce que vous allez pouvoir accéder aux sacrements? Si c’est ce que vous souhaitez. Même s'il y a des choses très positives, ça crée aussi une vraie précarité pour les personnes concernées.  
Tout à l'heure tu parlais des prêtres africains. Le pape, en tant que représentant de l'Eglise, doit forcément concilier avec les diverses communautés chrétiennes internationales. On sait que notamment la Fiducia Supplicans a fait beaucoup réagir en Afrique, mais aussi au Brésil ou en Pologne, et pas spécialement de manière enjouée. Même s' il y a eu un discours assez progressiste, c'est pas non plus “woke”. Dès lors, comment faire avancer la doctrine sexuelle avec la communauté internationale? Est ce que c'est possible selon toi ?  
Je pense que c'est important pour nous, en tant que personnes européennes de ne pas rester trop centré.e.s sur notre regard et notre vision ou expérience à nous. Il faut aussi vraiment aller se mettre à l'écoute de prêtres ou de personnes qui viennent de pays africains et qui du coup peuvent faire le pont avec les réalités locales. Et c'est pas non plus complètement faux de dire qu'il y a une forme, parfois un peu de position d'impérialisme occidental, d'arriver avec notre prisme de lecture et de ne pas être en capacité de se mettre à l'écoute des réalités culturelles locales. Ceci étant dit, nous en tout cas, on a vraiment salué la démarche du pape François, de quand même bien rappeler qu'il n'était pas question de justifier la condamnation pénale de l'homosexualité, ce que certaines conférences épiscopales africaines font. Et ça, je pense que ça doit vraiment être redit et répété.  
Le premier stade d'avancée, c'est déjà d'arrêter que l'Église catholique puisse se mettre au service de condamnation sur un plan pénal, civil et de violences qui peuvent aller même parfois jusqu'à la condamnation à la prison, la condamnation à mort, etc. Et puis il faudra trouver les cadres d'échange et de dialogue possibles. Mais je pense aussi sans doute, il faudra que les pays concernés puissent aussi développer leur propre manière de voir les choses et du coup puissent manifester des évolutions, mais à partir de leur bagage culturel à eux comme la réalité de leur pays, leurs langages, leur discours à eux et que du coup il puisse y avoir une parole, ce qui est un vrai challenge qui émerge depuis le local. Voilà que ce ne soit pas que les occidentaux qui en parlent. C'est vraiment dommage aussi que ce soit perçu comme un clivage géographique. C'est pas un clivage géographique, il y a des personnes concernées là bas, il y a une vraie diversité en fait aussi, quel que soit le pays ou le continent dont on parle.  Pour l'association David et Jonathan, ce serait quoi une Eglise idéale pour les queer catholiques ?  
Cyrille de Compiègne : Bonne question. Alors déjà, une église idéale, c'est une Eglise où il n'y a pas de discrimination. Et on n'y est pas. Donc déjà une Eglise où tout le monde peut avoir accès aux sacrements sans risque de rejet. A priori, y a pas trop de refus de baptême, mais il y a quand même des personnes qui sont pas sûres de pouvoir parler de leur homosexualité dans le cadre de préparation au baptême par exemple. Une église, c'est aussi un accompagnement spirituel et une proposition rituelle tout au long de la vie. Donc déjà que tout le monde puisse avoir accès à ça sans discrimination, sans peurs et sans appréhension. Y compris dans l'accompagnement spirituel au quotidien, etc. Que les personnes puissent être pleinement intégrées dans leur paroisse sans qu’il y ait de questions. Par exemple, je suis une personne homosexuelle, oui je peux donner la communion à la messe. C'est des exemples très concrets, mais c'est ça aussi la réalité de terrain.  
C'est une église qui fait bouger sa morale sexuelle et qui trouve des outils de philosophie et de théologie morale différents que cette fameuse théologie de la loi naturelle qui bloque tout. Donc d'avoir une théologie morale non normative et qui puisse inscrire sa loi morale vraiment dans le message du Christ qui est un message d'amour. 
Et puis c'est aussi une Eglise qui a des propositions, qui vient répondre au vécu et aux expériences des personnes LGBTQIA+. Il y a des personnes qui font des propositions, par exemple de lectures de textes bibliques, en mettant en avant des personnages queer, des personnages marginalisés ou des es textes qui viennent répondre à des préoccupations de vie des personnes. Et en fait, il faut aussi pouvoir venir répondre aux préoccupations des personnes LGBTQIA+ en mettant en avant certaines figures, en abordant ces sujets là dans les temps de prière, et aussi même dans la manière de parler, avoir un langage qui soit inclusif. Voilà manifester qu'il y a une diversité sexuelle et de genre dans la liturgie. Voilà en fait glisser dans tout ce qui constitue en fait la spiritualité. Vraiment une pleine inclusivité au sens où on considère toutes les réalités de vies de toutes les personnes, mais sur tous les sujets en fait. On essaie de lutter contre des formes de normativité, qu'elles soient de genre ou de sexualité. Ce qui passerait aussi dans l'église catholique par peut être faire en sorte qu'il n’y ait pas que des hommes prêtres et qu'il y ait une diversité de situations. Et d'ailleurs qu’il y ait aussi peut être moins de cléricalisme et une participation plus forte des laïcs, plus d'égalité. Il y plein de pistes pour avoir une église plus inclusive.  
Pour finir, je voulais parler un peu plus de l'association David et Jonathan. Est ce que tu peux nous présenter cette association qui existe depuis 1972 ?  
On est une vieille association. Élément important: on est en changement de nom. Donc “David et Jonathan” va s'appeler “DJ Arc en ciel” et vous la retrouverez bientôt avec un nouveau site internet qui va arriver sous ce nom là. On est vraiment d'abord une association de personnes concernées, même si on peut avoir des personnes proches ou alliées, donc des personnes LGBT+. La majorité peut se dire  chrétiennes mais qui peuvent aussi être en recherche spirituelle, agnostique, athée, avec tous les rapports possibles à la religion et à la spiritualité mais qui s'interroge là dessus et qui souhaite rencontrer d'autres personnes et échanger là dessus. La base c'est d'abord le partage et la rencontre.  
On a des groupes locaux. On a une vingtaine de groupes locaux un peu partout en France, plus des weekend nationaux qui permettent aux gens de venir d'un peu partout. On a la dimension de partage et on a des propositions spirituelles. Il y a des temps de prière. 
Et on a notre engagement militant. C'est notre marque de fabrique, parce que on veut vraiment s'inscrire pleinement dans le monde associatif LGBTQIA+, on participe aux Marches des fiertés. Il y a dans certaines villes, on organise un temps de célébration spirituelle, les veilles de Marche des fiertés par exemple. Mais c'est vraiment important de participer. On est présents auprès des autres associations. On a milité pour le mariage pour tous, on a milité pour la PMA. On essaye vraiment de militer politiquement et avec cette spécificité qui est qu'on essaye de lutter contre les LGBTphobies notamment dans les églises chrétiennes.  
Comment vous rejoindre? 
La porte d'entrée, ça reste le groupe local s'il y en a un à proximité. Identifiez le groupe local le plus proche. Si on ne trouve pas la réponse, on peut envoyer un mail à l'adresse contact en précisant l'endroit géographique où vous êtes. Et l'idée, c'est que le groupe local recontacte la personne qui est intéressée. On essaie vraiment d'organiser un temps d'accueil dédié pour les personnes qui souhaitent nous rejoindre, ce qui permettra après d'avoir accès aux informations, de propositions, d'événements, aux activités organisées par l'association qui peuvent varier aussi en fonction des groupes locaux.  


    L'équipe de l'émission
    
Présentation : Zoé Monrozier 
Réalisation : Colin Gruel 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 02 Feb 2024 00:00:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-leglise-catholique-se-de-2024-01-31-QuZ8EsC3.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/lhebdo-leglise-catholique-se-de-2024-01-31-QuZ8EsC3.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/x6Rn-lhebdo-leglise-catholique-se-dechire-sur-les-questions-lgbt</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-wDadOrGuZB.jpg"/></item><item><title>Quelle place pour les LGBT en politique ? + YADAM en live</title><description><![CDATA[
    D&#039;Alice Coffin à Gabriel Attal en passant par Florian Philippot, les LGBT sont désormais partout dans le monde politique. Avec des façons d&#039;en parler et des positionnements parfois très éloignés...
    
« Être Français en 2024, c&#039;est, dans un pays qui il y a 10 s&#039;est déchiré sur le mariage pour tous, pouvoir être Premier ministre en assumant ouvertement son homosexualité ». La formule, inattendue de la part du nouveau chef du gouvernement Gabriel Attal, est un peu passée sous les radars lors de son discours de politiqiue générale, qui avait lieu mardi 30 janvier. Pourtant, sa nomination est loin d&#039;être anodine. 
Avec nos invité·e·s, on s&#039;est demandé quelles places étaient réservées aux LGBT dans le monde politique. Quels point communs entre un Jean-Philippe Tanguy, jeune député RN ouvertement gay, qui souligne le courage des &quot;folles&quot; (que le fondateur de son parti stigmatisait allègrement), et une Alice Coffin qui a fait de son homosexualité le coeur de son engagement politique ? Entre une Marie Cau, première mairesse trans élue en 2020, et un Bertrand Delanoë, qui en novembre 1998 a fait son coming-out sur M6 ? 
On en parle avec Sonia Tir, ex-journaliste, conseillère politique à la ville de Paris, et autrice de Sortir du placard. LGBT en politique, qui sort ses jours-ci aux éditions Fayard. 
Dans cet essai, elle a rencontré de très nombreuses personnalités politiques ouvertement LGBT, ainsi que Thomas Ménagé, député RN du Loiret, qui dans les pages du livre révèle son homosexualité. Un fait loin d&#039;être anodin, qu&#039;on commente avec l&#039;historien Mickaël Studnicki, auteur d&#039;une thèse sur le discours des droites nationalistes sur l&#039;homosexualité. Il nous rejoint en seconde partie d&#039;émission, pour analyser la place des personnes queers dans les partis d&#039;extrême-droite, en France et à l&#039;étranger. 
Côté live, un instant suspendu avec l&#039;artiste vénézuélien YADAM, qui sera en concert à FGO-Barbara le 15 février. On le découvre en guitare-voix et en interview. 
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    D'Alice Coffin à Gabriel Attal en passant par Florian Philippot, les LGBT sont désormais partout dans le monde politique. Avec des façons d'en parler et des positionnements parfois très éloignés...
    
« Être Français en 2024, c'est, dans un pays qui il y a 10 s'est déchiré sur le mariage pour tous, pouvoir être Premier ministre en assumant ouvertement son homosexualité ». La formule, inattendue de la part du nouveau chef du gouvernement Gabriel Attal, est un peu passée sous les radars lors de son discours de politiqiue générale, qui avait lieu mardi 30 janvier. Pourtant, sa nomination est loin d'être anodine. 
Avec nos invité·e·s, on s'est demandé quelles places étaient réservées aux LGBT dans le monde politique. Quels point communs entre un Jean-Philippe Tanguy, jeune député RN ouvertement gay, qui souligne le courage des "folles" (que le fondateur de son parti stigmatisait allègrement), et une Alice Coffin qui a fait de son homosexualité le coeur de son engagement politique ? Entre une Marie Cau, première mairesse trans élue en 2020, et un Bertrand Delanoë, qui en novembre 1998 a fait son coming-out sur M6 ? 
On en parle avec Sonia Tir, ex-journaliste, conseillère politique à la ville de Paris, et autrice de Sortir du placard. LGBT en politique, qui sort ses jours-ci aux éditions Fayard. 
Dans cet essai, elle a rencontré de très nombreuses personnalités politiques ouvertement LGBT, ainsi que Thomas Ménagé, député RN du Loiret, qui dans les pages du livre révèle son homosexualité. Un fait loin d'être anodin, qu'on commente avec l'historien Mickaël Studnicki, auteur d'une thèse sur le discours des droites nationalistes sur l'homosexualité. Il nous rejoint en seconde partie d'émission, pour analyser la place des personnes queers dans les partis d'extrême-droite, en France et à l'étranger. 
Côté live, un instant suspendu avec l'artiste vénézuélien YADAM, qui sera en concert à FGO-Barbara le 15 février. On le découvre en guitare-voix et en interview. 
</itunes:summary><pubDate>Wed, 31 Jan 2024 00:00:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/quelle-place-pour-les-lgbt-en-polit-2024-01-31-UMEAoFm7.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/quelle-place-pour-les-lgbt-en-polit-2024-01-31-UMEAoFm7.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/vQPg-quelle-place-pour-les-lgbt-en-politique-yadam-en-live</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-ghT2ku8tHB.jpg"/></item><item><title>L'HEBDO — Premier ministre gay : Gabriel Attal est-il une bonne nouvelle ?</title><description><![CDATA[
    La nomination de Gabriel Attal, premier Premier ministre gay de l&#039;histoire de la République, fait débat dans la communauté LGBT+...
    
Depuis le début du mois de janvier, la France a un nouveau gouvernement. Avec à sa tête, pour la première fois, un Premier ministre ouvertement gay : Gabriel Attal, 34 ans. 
Depuis sa nomination à Matignon, la communauté LGBTI+ est divisée : faut-il se réjouir de la nomination d’un homme gay à la tête du gouvernement ? Faut-il plutôt craindre que son homosexualité puisse être instrumentalisé par un président qui penche de plus en plus à droite ? Ou alors faut-il ne pas parler de son homosexualité, pour éviter qu’elle ne vienne masquer un bilan peu reluisant, on va en reparler… 
Et puis surtout, Gabriel Attal n’est pas militant. Il le dit lui-même en 2018 au magazine Closer : « Pour ce qui est de l&#039;homosexualité, j&#039;ai toujours considéré qu&#039;on pouvait l&#039;assumer sans la revendiquer ». De quoi faire grincer quelques dents, puisque c’est aussi grâce aux revendications des plus radicaux d’entre nous qu’un jeune homme gay de 34 ans peut être premier ministre aujourd’hui. 
Pour y voir un peu plus clair dans tout ça, on reçoit Rachel Garrat-Valcarcel, journaliste politique pour 20 minutes, et membre de l’AJL, l’association des journalistes LGBT… 

Pour commencer, peux-tu nous rappeler le contexte politique dans lequel a eu lieu le remaniement ministériel au début du mois de janvier ? 
Rachel Garrat-Valcarcel : Emmanuel Macron a été réélu il y a un peu moins de deux ans. Sauf que depuis sa réélection, ça ne va vraiment pas très bien. En fait, il n’a jamais réussi à vraiment commencer ce deuxième mandat. Aux élections Législatives de juin 2022, il a perdu la majorité absolue à l&#039;Assemblée nationale. Et puis même si de fait, il a réussi à faire passer tous ses principaux projets, que ce soient les retraites, la réforme de l&#039;assurance chômage, la loi sur l&#039;immigration dernièrement, il n’arrive jamais vraiment à reprendre la main. 
Pour autant, le fait qu&#039;il change de gouvernement maintenant, c&#039;est à dire presqu’un an avant la mi-mandat, peut surprendre. Parce qu&#039;à l&#039;horizon, dans six mois, il y a des élections européennes qui s&#039;annoncent très mal pour les macronistes. Dans presque tous les sondages, il sont en dessous de 20 %, à environ dix points derrière le Rassemblement national. Donc ils courent le risque de griller une cartouche dès le mois de juin en changeant de Premier ministre maintenant.  
Mais on peut le voir aussi dans un autre sens, c&#039;est à dire qu&#039;il fait le choix d&#039;un peu de panache entre guillemets. Ils refusent de voir ces élections comme perdues d’avance, et tentent de les gagner avec ce que je considère être leur meilleure carte, Gabriel Attal. 
Justement, qui est ce Gabriel Attal ? Est-ce un proche de Macron de la première heure ? 
Alors pas exactement. C&#039;est un macroniste. C&#039;est quelqu&#039;un qui a rejoint le macronisme très tôt, dès 2016.  
Mais il n&#039;était pas vraiment parmi le premier cercle d&#039;Emmanuel Macron. Il ne fait pas partie de ce qu&#039;on appelle la bande de Poitiers, dont sont Stéphane Séjourné ou Sacha Houlié ou d&#039;autres qui ont fondé les jeunes avec Macron en 2016, et qui ont eu un destin en Macronie ensuite. Non, c&#039;est quelqu&#039;un qui en fait a commencé sa carrière très très jeune en fait, avant même d&#039;être diplômé de Sciences-Po, dans les cabinets du gouvernement socialiste sous François Hollande, il était au cabinet de Marisol Touraine. Je crois qu&#039;il y est resté quasiment les cinq ans avant d&#039;aller vers les macronistes et d&#039;être candidat et élu aux élections législatives en 2017.  
Avant d’être nommé Premier ministre, il était Ministre de l’Éducation nationale… 
En fait, il fait déjà son trou quand il est à l&#039;Assemblée nationale. C&#039;est l&#039;un des plus jeunes à l&#039;époque, en 2017, il a 28 ans. Il fait son trou. Il manque même de devenir président du groupe de la République en Marche à l&#039;époque. Finalement, ça ne se fera pas. Le Premier ministre ne veut pas avoir un macroniste pur sucre à la tête du groupe, donc il préfère l&#039;amener au gouvernement. C&#039;est là qu&#039;il devient Secrétaire d&#039;État à la Jeunesse. Il sera ensuite porte-parole, période où il sera largement remarqué. Puis en 2022, il monte en grade, il devient ministre délégué aux Comptes Publics. Puis l&#039;été dernier, il fait un gros saut. Il arrive au ministère de l&#039;Éducation nationale.  
Gabriel Attal est donc ouvertement gay. Précisons tout de même qu&#039;il a été outé par Juan Branco, son ancien camarade à l&#039;école alsacienne, et que c&#039;est l&#039;ancien compagnon de Stéphane Séjourné que tu mentionnais tout à l&#039;heure, notre nouveau ministre des Affaires étrangères et européennes. Séjourné et Attal, c’est un couple au cœur du pouvoir, qui fait partie aussi de la garde rapprochée du président… 
Pour le coup, Stéphane Séjourné, c&#039;est quelqu&#039;un qui est très proche du président de la République. Il était conseiller à l&#039;Élysée au début du premier mandat, puis il est devenu député européen en 2019 et il a pris du galon au Parlement européen. Il avait des hauts postes au Parlement européen, ce qui est rare pour les Français d&#039;habitude. 
Et puis, après la réélection d&#039;Emmanuel Macron, il est devenu chef du parti présidentiel. C&#039;est dire la proximité quand même qu&#039;il a avec le président de la République. Effectivement, il a été en couple longtemps avec Gabriel Attal et je crois qu&#039;ils se sont rencontrés au cabinet de Marisol Touraine. Néanmoins, ça fait effectivement deux ans qu&#039;ils ne sont plus ensemble. Ce n’était pas public, même si, disons-le, dans la bulle politico-médiatique, ça se savait depuis longtemps. Mais c&#039;est vrai que ça n&#039;avait jamais été officialisé. Et comme effectivement il a été nommé ministre des Affaires étrangères, il fallait l&#039;officialiser. 

    
        
            Jusque là, on ne peut pas dire que Gabriel Attal ait été une aide sur les sujets LGBT. Il ne va pas mener une politique de gauche, il est de droite, c&#039;est comme ça, quoi. 
        
        
            Rachel Garrat-Valcarcel
        
    

Un premier ministre ouvertement gay en France, c&#039;est donc la première fois pour toi? Rachel C&#039;est un fait politique majeur. C&#039;est ce que tu écrivais sur ton compte X. Pourquoi ?  
Statistiquement, c&#039;est le premier. Donc forcément, c&#039;est marquant. Parce que, qu&#039;on le veuille ou non, c&#039;est un premier ministre gay dans un pays où l&#039;homophobie est sinon galpotante, au moins quotidienne. Ça me paraît très clair qu’aujourd&#039;hui, être gay, lesbienne et je ne parle pas même pas des personnes trans, c&#039;est toujours potentiellement problématique pour trouver du travail, pour trouver un logement, par rapport à sa famille, etc. Donc le fait qu&#039;il y ait un gay chef de gouvernement, c&#039;est notable.  
Je rappelle que jusqu&#039;en 2012, François Fillon était Premier ministre. C’était il y a douze ans. François Fillon, c&#039;est quelqu&#039;un qui a voté contre la dépénalisation de l&#039;homosexualité au début du mandat de François Mitterrand, en 1982. Donc symboliquement, c&#039;est pas rien.  
J&#039;ajoute que si j&#039;ai eu cette réaction sur X en disant c&#039;est un événement politique majeur, c&#039;est aussi pour répondre à tout ce qu&#039;on lit, tout ce qu&#039;on entend, surtout chez les hétéros, pour dire : “oui, bien sûr, très bien, un premier premier ministre gay. Mais bon, ce qui serait bien, c&#039;est qu&#039;on en parle pas”. Et en fait ça me saoule, ça me soule absolument. Bien sûr que si, il faut en parler, bien sûr que si, c&#039;est notable. 
Moi, je suis parfaitement d&#039;accord avec ce qui a été dit par beaucoup de gens sur le fait que ça ne va pas être une aide pour les droits LGBT+. Et c&#039;est vrai, jusque-là, on ne peut pas dire que Gabriel Attal ait été une aide là-dessus. Il ne va pas mener une politique de gauche, il est de droite, c&#039;est comme ça, quoi.  
Dans les colonnes de Têtu, Thomas Vampouille, le rédacteur en chef, écrit : « Quand une personnalité issue d&#039;une minorité accède à une fonction sociale jusqu&#039;ici inaccessible, c&#039;est une bonne nouvelle en soi. » Qu&#039;est ce que tu en penses ? 
Ce n’est ni une bonne nouvelle ni une mauvaise nouvelle, selon moi, c&#039;est un fait. Voilà. Ne serait-ce que statistiquement, c&#039;est un fait politique et c&#039;est un fait politique important encore une fois dans un pays où, soyons honnêtes, être gay, lesbienne, c&#039;est toujours pas si simple en vérité.  
Alors c&#039;est sûr, on peut dire que pour pour Gabriel Untel, ça a peut être été plus simple pour lui. Il a vécu dans un milieu social extrêmement favorisé. Ceci dit, on sait que ce n&#039;est pas parce que vous êtes dans une bonne famille que ça se passe bien pour vous si vous êtes gay, lesbienne ou trans… 
Tu parlais des hétéros qui ne veulent pas parler de l&#039;orientation sexuelle, qui ne veulent pas que ça soit un sujet… Est ce que toi, en tant que membre de l’AJL, tu es satisfaite du traitement médiatique réservé à cette nomination ?  
Moi je trouve quand même que cette information est vite passée au second plan. Bien sûr, l&#039;important c&#039;est le fond de sa politique. Mais ne faisons pas semblant de croire que c&#039;est anodin et ne faisons pas semblant de croire que la communication, ce qu&#039;on est, d&#039;où parlent les gens, ça ne compte pas. 
En fait, c&#039;est pas la même chose si vous êtes un premier ministre ou si vous êtes un ministre hétéro. Ça, je le crois profondément. Évidemment, avec Gabriel Attal, avec le parcours qu&#039;il a, on est vraiment avec un ministre qui ressemble le plus possible à ce que serait un ministre hétéro. Ça, j&#039;en suis bien consciente et je suis d&#039;accord avec cette analyse-là. Mais il faut constater aussi du coup que d&#039;une certaine manière, c&#039;est c&#039;est un pur produit de l&#039;universalisme républicain, qui au fond veut mettre tout le monde sous une toise. Il ne faut pas qu&#039;il y ait une tête qui dépasse. Résultat : on a toujours les mêmes au pouvoir. 
Et cet universalisme républicain convient sans doute très bien à Gabriel Attal… 
Oui ! Peut-être que je me trompe, mais je n’ai pas l&#039;impression que c&#039;est quelqu&#039;un qui a eu un gros militantisme LGBT derrière lui. J&#039;entends celles et ceux qui disent qu’au fond, c&#039;est un passager clandestin des luttes LGBT. C&#039;est un fait. Sans les associations, sans les gens qu&#039;on qualifie toujours avec mépris de radicaux, il ne serait pas là. 

    
        
            Gabriel Attal a un grand talent communicationnel. Parfois, je me dis que si on lui disait que ce qui est à la mode, c&#039;est de défendre la collectivisation des moyens de production, il pourrait le faire. 
        
        
            Rachel Garrat-Valcarcel
        
    

Dans un entretien accordé à la chaîne américaine MSNBC en février 2023, Gabriel Attal se présente sous un jour qu’on connaît peu de lui en France, il dit qu’il a conscience de pouvoir représenter un espoir pour la jeunesse ou pour les personnes LGBT, et que sa nomination, à l’époque comme ministre délégué aux Comptes Publics, peut avoir quelque chose d’empouvoirant. C’est surprenant, non ? 
Déjà, il est notable que, à l&#039;époque, un ministre du budget seulement qui est loin dans l&#039;ordre protocolaire et une interview sur MSNBC qui était une chaîne d&#039;information d&#039;ailleurs plutôt libérale comme on dirait aux États-Unis, c&#039;est à dire plutôt à gauche. Mais effectivement, ce discours là, il ne peut le tenir qu&#039;en anglais. En vérité, ce discours-là, d&#039;ailleurs, on l&#039;a jamais entendu en français. Il aurait pu avoir ce discours là lors de la passation de pouvoir, ça aurait été surprenant, hein ? Sauf que ça aurait choqué les oreilles universalistes françaises.  
Moi, je suis presque d&#039;accord avec ce qu&#039;il dit, même s’il n’est pas très crédible sur toute la ligne. Il parle de ce que ça nomination peut porter comme espoir pour les LGBT… Quand on voit le temps et la difficulté qu&#039;il y a eu à faire passer la loi sur la PMA qui, je me permets de le répéter, n&#039;était toujours pas complète, notamment pour les personnes trans. Et on connaît tous et toutes des lesbiennes qui vont toujours à l&#039;étranger parce que la loi n&#039;est pas suffisante en France.  
En fait, il s&#039;adapte à son public. C&#039;est aussi sa forme de talent communicationnel. C&#039;est aussi pour ça qu&#039;il est là, c&#039;est qu&#039;il est très bon dans sa communication. Il sait s&#039;adapter à son auditoire. Moi, je suis frappée de voir à quel point il est bon là-dessus, notamment à l&#039;Assemblée nationale, contre les oppositions. Parfois, je me dis que si on lui disait que ce qui est à la mode, c&#039;est de défendre la collectivisation des moyens de production, il pourrait le faire.  
En tout cas à l&#039;étranger, notamment aux États-Unis. Sa nomination a été beaucoup commentée. Est ce que Gabriel Attal c&#039;est une forme d&#039;atout pour un rayonnement international de la France ?  
Sa nomination, elle s&#039;adresse d&#039;abord aux macronistes, des macronistes qui ont été très troublés au minimum par ce qui s&#039;est passé en décembre sur la loi immigration et et qui souvent étaient le point de claquer la porte — je parle des militant·e·s, je parle pas forcément des député·e·s. La nomination de Gabriel Attal, clairement, ça leur redonne un coup de fouet, ils peuvent penser qu’on revient peut-être au macronisme originel. Bon, la nomination du gouvernement les a peut-être fait déchanter là-dessus. 
À l’international, c&#039;est vrai que là, pour le coup, il y a un contraste énorme avec le traitement médiatique français. C&#039;est-à-dire que littéralement, dans tous les titres, on lit “youngest and gay”. En France, c&#039;est beaucoup plus loin dans la bio.  
Est ce que ça peut être un bienfait à l&#039;international pour la France ? Je pense qu&#039;il y a toujours un effet jeune. Regardez le traitement médiatique dont a pu bénéficier Justin Trudeau au Canada. Même chose pour Emmanuel Macron, on l&#039;a bien vu quand il a été élu, il avait 39 ans. À l&#039;international, forcément, il y a un choc. Parce que certes, il y a eu des premiers ministres jeunes, des chefs de gouvernement jeunes à l&#039;étranger, mais il n&#039;y en a pas 500 non plus. Après, là, pour le coup, la France a un retard plus net. Les trois quarts des premiers ministres sous la cinquième République avaient plus de 50 ans. 
Gabriel Attal n’est pas la seule personne LGBT qui gravite autour de Macron et qui fait ou a fait partie de ses gouvernements. Citons Clément Beaune, Olivier Dussopt, Sarah El Haïry, ou Mounir Majhoubi qui dès 2018 s’affichait en photo avec son compagnon dans Paris Match… Est-ce que ça peut servir des intérêts politiques ? 
Je pense que ça peut servir le “en même temps” dans cette fiction selon laquelle, au fond, les LGBT seraient forcément de gauche d&#039;une certaine manière. Bien sûr, on sait que ce n&#039;est pas le cas. Les rares sondages sur la question montrent que les gays votent plutôt comme la moyenne nationale, à peu près. Par contre, les lesbiennes votent très très clairement plus à gauche que la moyenne nationale, et même beaucoup plus à l&#039;extrême gauche, c&#039;est vraiment très notable.  
Après, encore une fois, on est dans ce contexte universaliste et donc je ne sais pas si ça fonctionne de mettre en avant son homosexualité. Je pense que ça peut être utile dans dans de rares cas. Peut-être par exemple que ça a été utile pour Bertrand Delanoë quand il est devenu maire de Paris en 2001. Il fait son coming out en 1999 98 à la télévision. 
À l&#039;époque, il était sénateur, et c’était la première personnalité politique a fait un coming out médiatique. Peut être que pour Paris, ça peut être utile. Est-ce que c’est utile à Clément Beaune, par exemple, qui vise la mairie de Paris ? On verra. 
Au-delà, je sais pas si c&#039;est vraiment quelque chose qui est utile politiquement encore une fois dans un contexte très français où le plus simple pour être élu, cette part, c&#039;est de pas être au-dessus de la toise. 
En fait on peut se demander s&#039;il est vraiment possible d&#039;être gay en politique. Soit on ne clame pas assez fort son homosexualité et c&#039;est suspect. Ça, c&#039;est un peu le cas de Gabriel Attal. Soit on est trop visible et dans ce cas là, c’est suspect aussi, voire hypocrite, et potentiellement dangereux… 
Je pense que la question n&#039;est pas réglée de ce point de vue là. Moi, je le constate dans mon métier. C&#039;est-à-dire qu&#039;on peut voir énormément de gays, et un peu moins de lesbiennes, parmi les collaborateurs politiques de cabinet au Parlement, Gabriel Attal et Stéphane Séjourné en sont de bons exemples. Mais passer au dessus, c&#039;est tout de suite beaucoup plus compliqué. Ça n&#039;est plus si rare, mais ça reste plus compliqué. A un moment donné, il faudra bien tenter d&#039;expliquer, de constater que cette République qui se dit si ouverte, bah en fait elle n’accepte pas la différence, quelle qu&#039;elle soit. Il faut voir la blancheur de l&#039;Assemblée nationale. Heureusement moins qu&#039;avant. Mais on n&#039;est clairement pas représentatif de ce qu&#039;est le pays aujourd&#039;hui. La part des femmes a baissé en 2022 à l&#039;Assemblée nationale. Il faut noter.  
Et puis là aussi, il y a une inégalité dans l&#039;inégalité. C&#039;est que désormais l&#039;Assemblée nationale, il se trouve qu&#039;il y a beaucoup de beaucoup de gays malgré tout, en très grande majorité au RN, il faut le dire, mais quasiment aucune lesbienne, en tout cas ouvertement.  
Je pense que la politique n&#039;est toujours pas accueillante pour des profils qui ne sont pas traditionnels au fond. Pour faire de la politique, ça reste quand même plus simple si vous êtes blanc, si vous êtes un homme, si vous êtes plutôt plus vieux, en tout cas pas si jeune. Les succès story jeunes à la Gabriel Attal, c’est assez rare. C&#039;est toujours mieux si vous êtes hétéro, c&#039;est toujours mieux si vous venez de la bourgeoisie, si vous avez les moyens de vous engager en politique. Voilà, Au delà, c&#039;est tout de suite beaucoup, beaucoup plus difficile.  
Éphémère Ministre de l’Éducation nationale, Gabriel Attal s’est surtout fait remarqué pour une polémique sur l’abaya. Est-ce qu’on peut imaginer qu’il utilise son orientation sexuelle pour stigmatiser une certaine population pour leur homophobie supposée ? 
Je crois qu&#039;il y a clairement pas besoin d&#039;un premier ministre gay pour le dire, puisque c&#039;est globalement ce qui est dit. Ça pose la question globalement du climat islamophobe en France. Gabriel Attal ne fait pas exception à cette règle-là. Et cette ambiance-là, elle dépasse largement les rangs de la majorité, elle dépasse largement les rangs de la droite et l&#039;extrême-droite. 


    Pour aller plus loin...
    
&amp;gt; Cet édito de Mathieu Magnaudeix publié sur Médiapart : « Le premier ministre est gay, mais pas trop » : https://www.mediapart.fr/journal/politique/100124/le-premier-ministre-est-gay-mais-pas-trop 
&amp;gt; Gendercover, la newsletter de Rozenn Le Carboulec : https://gendercover.substack.com/ 
&amp;gt; Le site internet de l&#039;AJL, l&#039;association des journalistes LGBT : https://www.ajlgbt.info/ 


    L&#039;équipe de l&#039;émission
    
Présentation et réalisation : Colin Gruel 
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    La nomination de Gabriel Attal, premier Premier ministre gay de l'histoire de la République, fait débat dans la communauté LGBT+...
    
Depuis le début du mois de janvier, la France a un nouveau gouvernement. Avec à sa tête, pour la première fois, un Premier ministre ouvertement gay : Gabriel Attal, 34 ans. 
Depuis sa nomination à Matignon, la communauté LGBTI+ est divisée : faut-il se réjouir de la nomination d’un homme gay à la tête du gouvernement ? Faut-il plutôt craindre que son homosexualité puisse être instrumentalisé par un président qui penche de plus en plus à droite ? Ou alors faut-il ne pas parler de son homosexualité, pour éviter qu’elle ne vienne masquer un bilan peu reluisant, on va en reparler… 
Et puis surtout, Gabriel Attal n’est pas militant. Il le dit lui-même en 2018 au magazine Closer : « Pour ce qui est de l'homosexualité, j'ai toujours considéré qu'on pouvait l'assumer sans la revendiquer ». De quoi faire grincer quelques dents, puisque c’est aussi grâce aux revendications des plus radicaux d’entre nous qu’un jeune homme gay de 34 ans peut être premier ministre aujourd’hui. 
Pour y voir un peu plus clair dans tout ça, on reçoit Rachel Garrat-Valcarcel, journaliste politique pour 20 minutes, et membre de l’AJL, l’association des journalistes LGBT… 

Pour commencer, peux-tu nous rappeler le contexte politique dans lequel a eu lieu le remaniement ministériel au début du mois de janvier ? 
Rachel Garrat-Valcarcel : Emmanuel Macron a été réélu il y a un peu moins de deux ans. Sauf que depuis sa réélection, ça ne va vraiment pas très bien. En fait, il n’a jamais réussi à vraiment commencer ce deuxième mandat. Aux élections Législatives de juin 2022, il a perdu la majorité absolue à l'Assemblée nationale. Et puis même si de fait, il a réussi à faire passer tous ses principaux projets, que ce soient les retraites, la réforme de l'assurance chômage, la loi sur l'immigration dernièrement, il n’arrive jamais vraiment à reprendre la main. 
Pour autant, le fait qu'il change de gouvernement maintenant, c'est à dire presqu’un an avant la mi-mandat, peut surprendre. Parce qu'à l'horizon, dans six mois, il y a des élections européennes qui s'annoncent très mal pour les macronistes. Dans presque tous les sondages, il sont en dessous de 20 %, à environ dix points derrière le Rassemblement national. Donc ils courent le risque de griller une cartouche dès le mois de juin en changeant de Premier ministre maintenant.  
Mais on peut le voir aussi dans un autre sens, c'est à dire qu'il fait le choix d'un peu de panache entre guillemets. Ils refusent de voir ces élections comme perdues d’avance, et tentent de les gagner avec ce que je considère être leur meilleure carte, Gabriel Attal. 
Justement, qui est ce Gabriel Attal ? Est-ce un proche de Macron de la première heure ? 
Alors pas exactement. C'est un macroniste. C'est quelqu'un qui a rejoint le macronisme très tôt, dès 2016.  
Mais il n'était pas vraiment parmi le premier cercle d'Emmanuel Macron. Il ne fait pas partie de ce qu'on appelle la bande de Poitiers, dont sont Stéphane Séjourné ou Sacha Houlié ou d'autres qui ont fondé les jeunes avec Macron en 2016, et qui ont eu un destin en Macronie ensuite. Non, c'est quelqu'un qui en fait a commencé sa carrière très très jeune en fait, avant même d'être diplômé de Sciences-Po, dans les cabinets du gouvernement socialiste sous François Hollande, il était au cabinet de Marisol Touraine. Je crois qu'il y est resté quasiment les cinq ans avant d'aller vers les macronistes et d'être candidat et élu aux élections législatives en 2017.  
Avant d’être nommé Premier ministre, il était Ministre de l’Éducation nationale… 
En fait, il fait déjà son trou quand il est à l'Assemblée nationale. C'est l'un des plus jeunes à l'époque, en 2017, il a 28 ans. Il fait son trou. Il manque même de devenir président du groupe de la République en Marche à l'époque. Finalement, ça ne se fera pas. Le Premier ministre ne veut pas avoir un macroniste pur sucre à la tête du groupe, donc il préfère l'amener au gouvernement. C'est là qu'il devient Secrétaire d'État à la Jeunesse. Il sera ensuite porte-parole, période où il sera largement remarqué. Puis en 2022, il monte en grade, il devient ministre délégué aux Comptes Publics. Puis l'été dernier, il fait un gros saut. Il arrive au ministère de l'Éducation nationale.  
Gabriel Attal est donc ouvertement gay. Précisons tout de même qu'il a été outé par Juan Branco, son ancien camarade à l'école alsacienne, et que c'est l'ancien compagnon de Stéphane Séjourné que tu mentionnais tout à l'heure, notre nouveau ministre des Affaires étrangères et européennes. Séjourné et Attal, c’est un couple au cœur du pouvoir, qui fait partie aussi de la garde rapprochée du président… 
Pour le coup, Stéphane Séjourné, c'est quelqu'un qui est très proche du président de la République. Il était conseiller à l'Élysée au début du premier mandat, puis il est devenu député européen en 2019 et il a pris du galon au Parlement européen. Il avait des hauts postes au Parlement européen, ce qui est rare pour les Français d'habitude. 
Et puis, après la réélection d'Emmanuel Macron, il est devenu chef du parti présidentiel. C'est dire la proximité quand même qu'il a avec le président de la République. Effectivement, il a été en couple longtemps avec Gabriel Attal et je crois qu'ils se sont rencontrés au cabinet de Marisol Touraine. Néanmoins, ça fait effectivement deux ans qu'ils ne sont plus ensemble. Ce n’était pas public, même si, disons-le, dans la bulle politico-médiatique, ça se savait depuis longtemps. Mais c'est vrai que ça n'avait jamais été officialisé. Et comme effectivement il a été nommé ministre des Affaires étrangères, il fallait l'officialiser. 

    
        
            Jusque là, on ne peut pas dire que Gabriel Attal ait été une aide sur les sujets LGBT. Il ne va pas mener une politique de gauche, il est de droite, c'est comme ça, quoi. 
        
        
            Rachel Garrat-Valcarcel
        
    

Un premier ministre ouvertement gay en France, c'est donc la première fois pour toi? Rachel C'est un fait politique majeur. C'est ce que tu écrivais sur ton compte X. Pourquoi ?  
Statistiquement, c'est le premier. Donc forcément, c'est marquant. Parce que, qu'on le veuille ou non, c'est un premier ministre gay dans un pays où l'homophobie est sinon galpotante, au moins quotidienne. Ça me paraît très clair qu’aujourd'hui, être gay, lesbienne et je ne parle pas même pas des personnes trans, c'est toujours potentiellement problématique pour trouver du travail, pour trouver un logement, par rapport à sa famille, etc. Donc le fait qu'il y ait un gay chef de gouvernement, c'est notable.  
Je rappelle que jusqu'en 2012, François Fillon était Premier ministre. C’était il y a douze ans. François Fillon, c'est quelqu'un qui a voté contre la dépénalisation de l'homosexualité au début du mandat de François Mitterrand, en 1982. Donc symboliquement, c'est pas rien.  
J'ajoute que si j'ai eu cette réaction sur X en disant c'est un événement politique majeur, c'est aussi pour répondre à tout ce qu'on lit, tout ce qu'on entend, surtout chez les hétéros, pour dire : “oui, bien sûr, très bien, un premier premier ministre gay. Mais bon, ce qui serait bien, c'est qu'on en parle pas”. Et en fait ça me saoule, ça me soule absolument. Bien sûr que si, il faut en parler, bien sûr que si, c'est notable. 
Moi, je suis parfaitement d'accord avec ce qui a été dit par beaucoup de gens sur le fait que ça ne va pas être une aide pour les droits LGBT+. Et c'est vrai, jusque-là, on ne peut pas dire que Gabriel Attal ait été une aide là-dessus. Il ne va pas mener une politique de gauche, il est de droite, c'est comme ça, quoi.  
Dans les colonnes de Têtu, Thomas Vampouille, le rédacteur en chef, écrit : « Quand une personnalité issue d'une minorité accède à une fonction sociale jusqu'ici inaccessible, c'est une bonne nouvelle en soi. » Qu'est ce que tu en penses ? 
Ce n’est ni une bonne nouvelle ni une mauvaise nouvelle, selon moi, c'est un fait. Voilà. Ne serait-ce que statistiquement, c'est un fait politique et c'est un fait politique important encore une fois dans un pays où, soyons honnêtes, être gay, lesbienne, c'est toujours pas si simple en vérité.  
Alors c'est sûr, on peut dire que pour pour Gabriel Untel, ça a peut être été plus simple pour lui. Il a vécu dans un milieu social extrêmement favorisé. Ceci dit, on sait que ce n'est pas parce que vous êtes dans une bonne famille que ça se passe bien pour vous si vous êtes gay, lesbienne ou trans… 
Tu parlais des hétéros qui ne veulent pas parler de l'orientation sexuelle, qui ne veulent pas que ça soit un sujet… Est ce que toi, en tant que membre de l’AJL, tu es satisfaite du traitement médiatique réservé à cette nomination ?  
Moi je trouve quand même que cette information est vite passée au second plan. Bien sûr, l'important c'est le fond de sa politique. Mais ne faisons pas semblant de croire que c'est anodin et ne faisons pas semblant de croire que la communication, ce qu'on est, d'où parlent les gens, ça ne compte pas. 
En fait, c'est pas la même chose si vous êtes un premier ministre ou si vous êtes un ministre hétéro. Ça, je le crois profondément. Évidemment, avec Gabriel Attal, avec le parcours qu'il a, on est vraiment avec un ministre qui ressemble le plus possible à ce que serait un ministre hétéro. Ça, j'en suis bien consciente et je suis d'accord avec cette analyse-là. Mais il faut constater aussi du coup que d'une certaine manière, c'est c'est un pur produit de l'universalisme républicain, qui au fond veut mettre tout le monde sous une toise. Il ne faut pas qu'il y ait une tête qui dépasse. Résultat : on a toujours les mêmes au pouvoir. 
Et cet universalisme républicain convient sans doute très bien à Gabriel Attal… 
Oui ! Peut-être que je me trompe, mais je n’ai pas l'impression que c'est quelqu'un qui a eu un gros militantisme LGBT derrière lui. J'entends celles et ceux qui disent qu’au fond, c'est un passager clandestin des luttes LGBT. C'est un fait. Sans les associations, sans les gens qu'on qualifie toujours avec mépris de radicaux, il ne serait pas là. 

    
        
            Gabriel Attal a un grand talent communicationnel. Parfois, je me dis que si on lui disait que ce qui est à la mode, c'est de défendre la collectivisation des moyens de production, il pourrait le faire. 
        
        
            Rachel Garrat-Valcarcel
        
    

Dans un entretien accordé à la chaîne américaine MSNBC en février 2023, Gabriel Attal se présente sous un jour qu’on connaît peu de lui en France, il dit qu’il a conscience de pouvoir représenter un espoir pour la jeunesse ou pour les personnes LGBT, et que sa nomination, à l’époque comme ministre délégué aux Comptes Publics, peut avoir quelque chose d’empouvoirant. C’est surprenant, non ? 
Déjà, il est notable que, à l'époque, un ministre du budget seulement qui est loin dans l'ordre protocolaire et une interview sur MSNBC qui était une chaîne d'information d'ailleurs plutôt libérale comme on dirait aux États-Unis, c'est à dire plutôt à gauche. Mais effectivement, ce discours là, il ne peut le tenir qu'en anglais. En vérité, ce discours-là, d'ailleurs, on l'a jamais entendu en français. Il aurait pu avoir ce discours là lors de la passation de pouvoir, ça aurait été surprenant, hein ? Sauf que ça aurait choqué les oreilles universalistes françaises.  
Moi, je suis presque d'accord avec ce qu'il dit, même s’il n’est pas très crédible sur toute la ligne. Il parle de ce que ça nomination peut porter comme espoir pour les LGBT… Quand on voit le temps et la difficulté qu'il y a eu à faire passer la loi sur la PMA qui, je me permets de le répéter, n'était toujours pas complète, notamment pour les personnes trans. Et on connaît tous et toutes des lesbiennes qui vont toujours à l'étranger parce que la loi n'est pas suffisante en France.  
En fait, il s'adapte à son public. C'est aussi sa forme de talent communicationnel. C'est aussi pour ça qu'il est là, c'est qu'il est très bon dans sa communication. Il sait s'adapter à son auditoire. Moi, je suis frappée de voir à quel point il est bon là-dessus, notamment à l'Assemblée nationale, contre les oppositions. Parfois, je me dis que si on lui disait que ce qui est à la mode, c'est de défendre la collectivisation des moyens de production, il pourrait le faire.  
En tout cas à l'étranger, notamment aux États-Unis. Sa nomination a été beaucoup commentée. Est ce que Gabriel Attal c'est une forme d'atout pour un rayonnement international de la France ?  
Sa nomination, elle s'adresse d'abord aux macronistes, des macronistes qui ont été très troublés au minimum par ce qui s'est passé en décembre sur la loi immigration et et qui souvent étaient le point de claquer la porte — je parle des militant·e·s, je parle pas forcément des député·e·s. La nomination de Gabriel Attal, clairement, ça leur redonne un coup de fouet, ils peuvent penser qu’on revient peut-être au macronisme originel. Bon, la nomination du gouvernement les a peut-être fait déchanter là-dessus. 
À l’international, c'est vrai que là, pour le coup, il y a un contraste énorme avec le traitement médiatique français. C'est-à-dire que littéralement, dans tous les titres, on lit “youngest and gay”. En France, c'est beaucoup plus loin dans la bio.  
Est ce que ça peut être un bienfait à l'international pour la France ? Je pense qu'il y a toujours un effet jeune. Regardez le traitement médiatique dont a pu bénéficier Justin Trudeau au Canada. Même chose pour Emmanuel Macron, on l'a bien vu quand il a été élu, il avait 39 ans. À l'international, forcément, il y a un choc. Parce que certes, il y a eu des premiers ministres jeunes, des chefs de gouvernement jeunes à l'étranger, mais il n'y en a pas 500 non plus. Après, là, pour le coup, la France a un retard plus net. Les trois quarts des premiers ministres sous la cinquième République avaient plus de 50 ans. 
Gabriel Attal n’est pas la seule personne LGBT qui gravite autour de Macron et qui fait ou a fait partie de ses gouvernements. Citons Clément Beaune, Olivier Dussopt, Sarah El Haïry, ou Mounir Majhoubi qui dès 2018 s’affichait en photo avec son compagnon dans Paris Match… Est-ce que ça peut servir des intérêts politiques ? 
Je pense que ça peut servir le “en même temps” dans cette fiction selon laquelle, au fond, les LGBT seraient forcément de gauche d'une certaine manière. Bien sûr, on sait que ce n'est pas le cas. Les rares sondages sur la question montrent que les gays votent plutôt comme la moyenne nationale, à peu près. Par contre, les lesbiennes votent très très clairement plus à gauche que la moyenne nationale, et même beaucoup plus à l'extrême gauche, c'est vraiment très notable.  
Après, encore une fois, on est dans ce contexte universaliste et donc je ne sais pas si ça fonctionne de mettre en avant son homosexualité. Je pense que ça peut être utile dans dans de rares cas. Peut-être par exemple que ça a été utile pour Bertrand Delanoë quand il est devenu maire de Paris en 2001. Il fait son coming out en 1999 98 à la télévision. 
À l'époque, il était sénateur, et c’était la première personnalité politique a fait un coming out médiatique. Peut être que pour Paris, ça peut être utile. Est-ce que c’est utile à Clément Beaune, par exemple, qui vise la mairie de Paris ? On verra. 
Au-delà, je sais pas si c'est vraiment quelque chose qui est utile politiquement encore une fois dans un contexte très français où le plus simple pour être élu, cette part, c'est de pas être au-dessus de la toise. 
En fait on peut se demander s'il est vraiment possible d'être gay en politique. Soit on ne clame pas assez fort son homosexualité et c'est suspect. Ça, c'est un peu le cas de Gabriel Attal. Soit on est trop visible et dans ce cas là, c’est suspect aussi, voire hypocrite, et potentiellement dangereux… 
Je pense que la question n'est pas réglée de ce point de vue là. Moi, je le constate dans mon métier. C'est-à-dire qu'on peut voir énormément de gays, et un peu moins de lesbiennes, parmi les collaborateurs politiques de cabinet au Parlement, Gabriel Attal et Stéphane Séjourné en sont de bons exemples. Mais passer au dessus, c'est tout de suite beaucoup plus compliqué. Ça n'est plus si rare, mais ça reste plus compliqué. A un moment donné, il faudra bien tenter d'expliquer, de constater que cette République qui se dit si ouverte, bah en fait elle n’accepte pas la différence, quelle qu'elle soit. Il faut voir la blancheur de l'Assemblée nationale. Heureusement moins qu'avant. Mais on n'est clairement pas représentatif de ce qu'est le pays aujourd'hui. La part des femmes a baissé en 2022 à l'Assemblée nationale. Il faut noter.  
Et puis là aussi, il y a une inégalité dans l'inégalité. C'est que désormais l'Assemblée nationale, il se trouve qu'il y a beaucoup de beaucoup de gays malgré tout, en très grande majorité au RN, il faut le dire, mais quasiment aucune lesbienne, en tout cas ouvertement.  
Je pense que la politique n'est toujours pas accueillante pour des profils qui ne sont pas traditionnels au fond. Pour faire de la politique, ça reste quand même plus simple si vous êtes blanc, si vous êtes un homme, si vous êtes plutôt plus vieux, en tout cas pas si jeune. Les succès story jeunes à la Gabriel Attal, c’est assez rare. C'est toujours mieux si vous êtes hétéro, c'est toujours mieux si vous venez de la bourgeoisie, si vous avez les moyens de vous engager en politique. Voilà, Au delà, c'est tout de suite beaucoup, beaucoup plus difficile.  
Éphémère Ministre de l’Éducation nationale, Gabriel Attal s’est surtout fait remarqué pour une polémique sur l’abaya. Est-ce qu’on peut imaginer qu’il utilise son orientation sexuelle pour stigmatiser une certaine population pour leur homophobie supposée ? 
Je crois qu'il y a clairement pas besoin d'un premier ministre gay pour le dire, puisque c'est globalement ce qui est dit. Ça pose la question globalement du climat islamophobe en France. Gabriel Attal ne fait pas exception à cette règle-là. Et cette ambiance-là, elle dépasse largement les rangs de la majorité, elle dépasse largement les rangs de la droite et l'extrême-droite. 


    Pour aller plus loin...
    
&amp;gt; Cet édito de Mathieu Magnaudeix publié sur Médiapart : « Le premier ministre est gay, mais pas trop » : https://www.mediapart.fr/journal/politique/100124/le-premier-ministre-est-gay-mais-pas-trop 
&amp;gt; Gendercover, la newsletter de Rozenn Le Carboulec : https://gendercover.substack.com/ 
&amp;gt; Le site internet de l'AJL, l'association des journalistes LGBT : https://www.ajlgbt.info/ 


    L'équipe de l'émission
    
Présentation et réalisation : Colin Gruel 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 26 Jan 2024 00:00:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/premier-ministre-gay-gabriel-atta-2024-01-26-AJFUoJzY.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/premier-ministre-gay-gabriel-atta-2024-01-26-AJFUoJzY.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/VvL5-lhebdo-premier-ministre-gay-gabriel-attal-est-il-une-bonne-nouvelle</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-AGnsSHHGNg.jpg"/></item><item><title>L'HEBDO — Faut-il vraiment se fâcher avec Grindr ?</title><description><![CDATA[
    Racisme, follophobie, grossophobie, transphobie, sérophobie... Discuter sur Grindr, c&#039;est souvent un terrain miné. Et si on laissait quand même sa chance à l&#039;application incontourable de rencontres gaies ?
    
Aujourd&#039;hui, nous parlons de la célèbre application gay Grindr, souvent perçue comme le lieu virtuel de la drague, du sexe mais aussi de la violence. nNous tentons avec nos deux invités de détricoter les bonnes choses et les moins bonnes que nous offre cette application. 
Et si, au delà de cette vision manichéenne, Grindr était un sujet à part entière, qui dépassait la simple drague ? S&#039;il est aussi présent dans nos vies homosexuelles, c&#039;est sans doute parce qu&#039;il constitue un lieu sans fin d&#039;exploration du désir (et des amitiés?). C&#039;est le pari qu&#039;a fait Friction Magazine en se penchant sur ce que Grindr veut dire, et en organisant la première soirée dédiée au réseau social, intitulée &quot;Folle et Furieuse&quot; qui se tiendra le jeudi 25 janvier au Sample à Bagnolet.  
Pour en parler, nous recevons Maxime Lavalle, journaliste chez Friction à l&#039;initiative de la première soirée &quot;Folle et Furieuse&quot; du média, et Paul Alia, jeune chercheur en sociologie, à l’Ecole des Hautes études en sciences sociales à Paris, qui s&#039;est penché sur les spécificités des amitiés gays.  

    
        
            &quot;De même, dès lors que certaines émotions ou sentiments ne cadrent pas avec ce qui est normalement attendu d&#039;une relation amicale ou amoureuse, on peut ne pas parvenir à la saisir et la définir clairement. Toute dénomination d&#039;une relation, excluant ainsi certaines pratiques ne rentrant pas dans son champ, passe à côté de certaines nuances et complexités relationnelles.&quot;
        
        
            Extrait des travaux de recherche de Paul Alia, 2023
        
    


    Et vous, c&#039;est quoi votre rapport à Grindr ? Vous l&#039;aimez un peu, beaucoup, beaucoup trop ? 
    


    Pour aller plus loin...
    
&amp;gt; Le site de Friction Magazine : https://friction-magazine.fr  
&amp;gt; Vous pouvez également les suivre sur les réseaux sociaux comme sur Instagram par exemple : https://www.instagram.com/frictionmagazinefr/?hl=fr  
&amp;gt; L&#039;annonce de la soirée &quot;Folle et Furieuse #1&quot; et les infos pour la soirée du jeudi 24 janvier au Sample à Bagnolet : https://friction-magazine.fr/friction-folle-et-furieuse-pourquoi-organiser-un-evenement-par-et-pour-les-pedes/  
&amp;gt; Florian Vörös, Désirer comme un homme — Enquête sur les fantasmes et les masculinités, La Découverte, 2020 


    L&#039;équipe de l&#039;émission
    
Présentation : Zoé Monrozier 
Réalisation : Colin Gruel 
]]></description><itunes:summary>
    Racisme, follophobie, grossophobie, transphobie, sérophobie... Discuter sur Grindr, c'est souvent un terrain miné. Et si on laissait quand même sa chance à l'application incontourable de rencontres gaies ?
    
Aujourd'hui, nous parlons de la célèbre application gay Grindr, souvent perçue comme le lieu virtuel de la drague, du sexe mais aussi de la violence. nNous tentons avec nos deux invités de détricoter les bonnes choses et les moins bonnes que nous offre cette application. 
Et si, au delà de cette vision manichéenne, Grindr était un sujet à part entière, qui dépassait la simple drague ? S'il est aussi présent dans nos vies homosexuelles, c'est sans doute parce qu'il constitue un lieu sans fin d'exploration du désir (et des amitiés?). C'est le pari qu'a fait Friction Magazine en se penchant sur ce que Grindr veut dire, et en organisant la première soirée dédiée au réseau social, intitulée "Folle et Furieuse" qui se tiendra le jeudi 25 janvier au Sample à Bagnolet.  
Pour en parler, nous recevons Maxime Lavalle, journaliste chez Friction à l'initiative de la première soirée "Folle et Furieuse" du média, et Paul Alia, jeune chercheur en sociologie, à l’Ecole des Hautes études en sciences sociales à Paris, qui s'est penché sur les spécificités des amitiés gays.  

    
        
            "De même, dès lors que certaines émotions ou sentiments ne cadrent pas avec ce qui est normalement attendu d'une relation amicale ou amoureuse, on peut ne pas parvenir à la saisir et la définir clairement. Toute dénomination d'une relation, excluant ainsi certaines pratiques ne rentrant pas dans son champ, passe à côté de certaines nuances et complexités relationnelles."
        
        
            Extrait des travaux de recherche de Paul Alia, 2023
        
    


    Et vous, c'est quoi votre rapport à Grindr ? Vous l'aimez un peu, beaucoup, beaucoup trop ? 
    


    Pour aller plus loin...
    
&amp;gt; Le site de Friction Magazine : https://friction-magazine.fr  
&amp;gt; Vous pouvez également les suivre sur les réseaux sociaux comme sur Instagram par exemple : https://www.instagram.com/frictionmagazinefr/?hl=fr  
&amp;gt; L'annonce de la soirée "Folle et Furieuse #1" et les infos pour la soirée du jeudi 24 janvier au Sample à Bagnolet : https://friction-magazine.fr/friction-folle-et-furieuse-pourquoi-organiser-un-evenement-par-et-pour-les-pedes/  
&amp;gt; Florian Vörös, Désirer comme un homme — Enquête sur les fantasmes et les masculinités, La Découverte, 2020 


    L'équipe de l'émission
    
Présentation : Zoé Monrozier 
Réalisation : Colin Gruel 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 19 Jan 2024 00:00:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/faut-il-vraiment-se-facher-avec-gri-2024-01-19-U6IvuP2Z.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/faut-il-vraiment-se-facher-avec-gri-2024-01-19-U6IvuP2Z.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/z6Mr-lhebdo-faut-il-vraiment-se-facher-avec-grindr</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-yQypyjXysy.jpg"/></item><item><title>L'HEBDO — En Russie, la communauté LGBT+ subit des attaques sans précédent</title><description><![CDATA[
    Aujourd’hui, on se tourne vers la Russie, pour faire un point sur la situation des queers dans ce pays. 
    
Fin novembre 2023, la Cour suprême russe a banni le mouvement international LGBT+ et ses filiales pour “extrémisme”, légitimant ainsi une répression envers les communautés concernées et les militants/militantes qui défendent leurs droits.  
Cette mesure intervient en plein virage ultraconservateur (et donc anti-LGBT) de Moscou : en juillet, la Douma, la chambre basse du parlement russe, a adopté une loi interdisant aux personnes trans de bénéficier d’opérations de réassignation de genre, de changer de nom à l’État civil, de se marier ou d’adopter. 
Un tournant anti-LGBT qui n’est sans doute pas étranger à la situation géopolitique. En février 2022, la Russie a envahi l’Ukraine, et la guerre s’est accompagnée en Russie à un tournant encore plus autoritaire de la part du pouvoir en place… 
Pour en parler, nous recevons Igor Chervinsky, jeune chercheur ukrainien en sociologie, à l’Ecole des Hautes études en sciences sociales à Paris.  
Il a fait la majorité de ses années d’étude à Moscou. Il est également membre de Ça va, une association fondée en juillet dernier qui a pour but d’aider les migrants et migrantes LGBT+ en France, plus précisément celleux originaires de pays est-européens, caucasiens, et centre-asiatiques, on en parle tout de suite. 

    Pour aller plus loin...
    
&amp;gt; Le site de l&#039;association Ça va : https://cavalgbt.fr/ 
Pour contacter l&#039;association : cavalgbt@gmail.com 
&amp;gt; Pour se tenir au courant de l&#039;invasion russe en Ukraine : https://www.defense.gouv.fr/ukraine-point-situation 
&amp;gt; Musique diffusée en fin d&#039;émission : Russian woman, par Manizha 

    L&#039;équipe de l&#039;émission
    
Présentation : Zoé Monrozier 
Réalisation : Colin Gruel 
]]></description><itunes:summary>
    Aujourd’hui, on se tourne vers la Russie, pour faire un point sur la situation des queers dans ce pays. 
    
Fin novembre 2023, la Cour suprême russe a banni le mouvement international LGBT+ et ses filiales pour “extrémisme”, légitimant ainsi une répression envers les communautés concernées et les militants/militantes qui défendent leurs droits.  
Cette mesure intervient en plein virage ultraconservateur (et donc anti-LGBT) de Moscou : en juillet, la Douma, la chambre basse du parlement russe, a adopté une loi interdisant aux personnes trans de bénéficier d’opérations de réassignation de genre, de changer de nom à l’État civil, de se marier ou d’adopter. 
Un tournant anti-LGBT qui n’est sans doute pas étranger à la situation géopolitique. En février 2022, la Russie a envahi l’Ukraine, et la guerre s’est accompagnée en Russie à un tournant encore plus autoritaire de la part du pouvoir en place… 
Pour en parler, nous recevons Igor Chervinsky, jeune chercheur ukrainien en sociologie, à l’Ecole des Hautes études en sciences sociales à Paris.  
Il a fait la majorité de ses années d’étude à Moscou. Il est également membre de Ça va, une association fondée en juillet dernier qui a pour but d’aider les migrants et migrantes LGBT+ en France, plus précisément celleux originaires de pays est-européens, caucasiens, et centre-asiatiques, on en parle tout de suite. 

    Pour aller plus loin...
    
&amp;gt; Le site de l'association Ça va : https://cavalgbt.fr/ 
Pour contacter l'association : cavalgbt@gmail.com 
&amp;gt; Pour se tenir au courant de l'invasion russe en Ukraine : https://www.defense.gouv.fr/ukraine-point-situation 
&amp;gt; Musique diffusée en fin d'émission : Russian woman, par Manizha 

    L'équipe de l'émission
    
Présentation : Zoé Monrozier 
Réalisation : Colin Gruel 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 12 Jan 2024 00:00:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/en-russie-la-communaute-lgbt-subi-2024-01-10-WvaigMJj.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/en-russie-la-communaute-lgbt-subi-2024-01-10-WvaigMJj.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/z6Zr-lhebdo-en-russie-la-communaute-lgbt-subit-des-attaques-sans-precedent</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-lUjrPIQz9L.jpg"/></item><item><title>Noah Truong, chroniques poétiques d'une transition + Loa Mercury en live</title><description><![CDATA[
    On commence l&#039;année 2024 tout en poésie dans Le Lobby, avec le poète Noah Truong, qui publie un deuxième recueil, Manuel pour changer de corps (Cambourakis)
    
À peine remise (voire pas remis·es du tout pour certain·es d&#039;entre nous) des fêtes de fin d&#039;année, l&#039;équipe du Lobby est de retour pour inaugurer 2024. Avec nous en studio, le poète trans Noah Truong, qui publie un second recueil, Manuel pour changer de corps, aux éditions Cambourakis, dans la collection &quot;Sorcières&quot;. 
Au fil des 6 parties qui composent le livre, Noah Truong chronique son parcours de transition dans des poèmes tantôt courts tantôt longs, et réinvente des formes et des langues poétiques. 

    
        
        
    

Avec lui, on parle de la traductrice Noémie Grunenwald, à qui on doit l&#039;arrivée en France de textes d&#039;autrices comme bell hooks ou Dorothy Alison, de la Prix Nobel de littérature Louise Glück, on parle de joies et d&#039;amour, et puis on lit des poèmes... 

    Les Disques du Lobby
    
De la poésie encore avec Loa Mercury. On la croise sur la scène de Madame Arthur, dans les paroles de la Punanimité, le tube de la drag queen Punani qu&#039;elle a co-écrit, mais aussi là-haut dans les étoiles. Son EP Ellipse est un voyage en apesanteur entre un solstice brûlant et un équinoxe désespéré.  
En exclusivité, elle nous offre deux titres en piano-voix ! 

    
    



    Également au programme...
    
— L&#039;actualité, c&#039;est la guerre Israël-Hamas, à laquelle forcément on s&#039;intéresse en tant que personnes queers. Ces derniers mois, le soutien de pas mal de groupes LGBT à la cause palestinienne a été raillée par les forces réactionnaires. Avec Jean Stern, cofondateur du Gai pied et auteur de Mirage gay à Tel-Aviv (Libertalia, 2017), on se demande comment ces réactions participent d&#039;une stratégie de pinkwashing intense mené par l&#039;État hébreu depuis plus de 20 ans. 
Un entretien réalisé par Nathan à retrouver en longueur en podcast ici-même. 
— On finira bien sûr l&#039;émission en chanson avec Margot, qui en cette nouvelle année fête l&#039;anniversaire de son coming-out lesbien. 
Présentation : Colin Gruel et Victor Samoth-Panetti / Réalisation : Margot Page et Ugolin Crépin-Leblond 
]]></description><itunes:summary>
    On commence l'année 2024 tout en poésie dans Le Lobby, avec le poète Noah Truong, qui publie un deuxième recueil, Manuel pour changer de corps (Cambourakis)
    
À peine remise (voire pas remis·es du tout pour certain·es d'entre nous) des fêtes de fin d'année, l'équipe du Lobby est de retour pour inaugurer 2024. Avec nous en studio, le poète trans Noah Truong, qui publie un second recueil, Manuel pour changer de corps, aux éditions Cambourakis, dans la collection "Sorcières". 
Au fil des 6 parties qui composent le livre, Noah Truong chronique son parcours de transition dans des poèmes tantôt courts tantôt longs, et réinvente des formes et des langues poétiques. 

    
        
        
    

Avec lui, on parle de la traductrice Noémie Grunenwald, à qui on doit l'arrivée en France de textes d'autrices comme bell hooks ou Dorothy Alison, de la Prix Nobel de littérature Louise Glück, on parle de joies et d'amour, et puis on lit des poèmes... 

    Les Disques du Lobby
    
De la poésie encore avec Loa Mercury. On la croise sur la scène de Madame Arthur, dans les paroles de la Punanimité, le tube de la drag queen Punani qu'elle a co-écrit, mais aussi là-haut dans les étoiles. Son EP Ellipse est un voyage en apesanteur entre un solstice brûlant et un équinoxe désespéré.  
En exclusivité, elle nous offre deux titres en piano-voix ! 

    
    



    Également au programme...
    
— L'actualité, c'est la guerre Israël-Hamas, à laquelle forcément on s'intéresse en tant que personnes queers. Ces derniers mois, le soutien de pas mal de groupes LGBT à la cause palestinienne a été raillée par les forces réactionnaires. Avec Jean Stern, cofondateur du Gai pied et auteur de Mirage gay à Tel-Aviv (Libertalia, 2017), on se demande comment ces réactions participent d'une stratégie de pinkwashing intense mené par l'État hébreu depuis plus de 20 ans. 
Un entretien réalisé par Nathan à retrouver en longueur en podcast ici-même. 
— On finira bien sûr l'émission en chanson avec Margot, qui en cette nouvelle année fête l'anniversaire de son coming-out lesbien. 
Présentation : Colin Gruel et Victor Samoth-Panetti / Réalisation : Margot Page et Ugolin Crépin-Leblond 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 02 Jan 2024 00:00:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/noah-truong-les-categories-de-g-2024-01-02-uQ2p1TZ3.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/noah-truong-les-categories-de-g-2024-01-02-uQ2p1TZ3.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/mqJ0-noah-truong-chroniques-poetiques-dune-transition-loa-mercury-en-live</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-bGlifb85Nx.jpg"/></item><item><title>L'HEBDO — La médecine est-elle LGBTphobe ? (REDIFFUSION)</title><description><![CDATA[
    Alors que les personnes intersexes subissent encore mutilations et autres mauvais traitements, alors que les parcours de transition sont toujours des parcours du combattant, Le Lobby pose la question : la médecine serait-elle hostile aux LGBTI ?
    
Pour en parler, nous recevons Martin Winckler, médecin et auteur de nombreux romans et ouvrages théoriques sur la médecine. 
Cet entretien a été enregistré en juin 2020. 

Transcription de l&#039;épisode à venir bientôt ! 


    Pour aller plus loin...
    
• Les brutes en blanc, Flammarion, 2016 
• Le choeur des femmes, P.O.L, 2009. Une adaptation en bande-dessinée a paru chez Le Lombard en 2021 
• L&#039;école des soignantes, P.O.L, 2019 
• Le blog de Martin Winckler 
]]></description><itunes:summary>
    Alors que les personnes intersexes subissent encore mutilations et autres mauvais traitements, alors que les parcours de transition sont toujours des parcours du combattant, Le Lobby pose la question : la médecine serait-elle hostile aux LGBTI ?
    
Pour en parler, nous recevons Martin Winckler, médecin et auteur de nombreux romans et ouvrages théoriques sur la médecine. 
Cet entretien a été enregistré en juin 2020. 

Transcription de l'épisode à venir bientôt ! 


    Pour aller plus loin...
    
• Les brutes en blanc, Flammarion, 2016 
• Le choeur des femmes, P.O.L, 2009. Une adaptation en bande-dessinée a paru chez Le Lombard en 2021 
• L'école des soignantes, P.O.L, 2019 
• Le blog de Martin Winckler 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 29 Dec 2023 00:00:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/le-lobby-lhebdo-la-medecine-est-2023-12-29-aTx3huBd.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/le-lobby-lhebdo-la-medecine-est-2023-12-29-aTx3huBd.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/Dqvx-lhebdo-la-medecine-est-elle-lgbtphobe-rediffusion</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-dpreStjpAv.jpg"/></item><item><title>L'HEBDO — Guerre Israël-Hamas : quand les questions queers s'invitent sur le champ de bataille</title><description><![CDATA[
    Ces dernières semaines, le soutien de personnes queers à la cause palestienne a suscité des commentaires cyniques ou moqueurs...
    
Depuis l’attaque du Hamas le 7 octobre et la réplique israélienne qui s’en est suivie sur la bande de Gaza et qui a déjà fait plus de 20 000 mort·es, la communauté LGBT+ à régulièrement affiché son soutien au peuple palestinien.  
À Londres, des militant·es du collectif queer et lesbien The Dyke Project ont remplacé certaines publicités affichées dans la rue et dans les bus par les témoignages de Palestinien·nes LGBT+. Ces derniers sont tirés de la plateforme participative Queering the map, qui permet aux personnes queers d&#039;épingler une bribe de leurs récits sur une carte. Avec, d’affiché à côté du témoignage : &quot;Aucun·e d&#039;entre nous n&#039;est libre tant que nous ne sommes pas toustes libres.&quot;  
Sauf que depuis le 7 octobre, la communauté LGBT+ n’a pas cessé de se faire épingler, et les formules cyniques n’ont pas manqué pour qualifier ce soutien : un article du Point titrait le 27 octobre dernier “LGBT pour le Hamas, cherchez l’erreur !”, une tribune dans Marianne publiée le même jour allait même jusqu’à dire “LGBT pro-Hamas : autant dire les dindes votent pour Noël”... Sur les réseaux sociaux, le soutien de la communauté LGBT+ se voit être caricaturé, comparé à un poulet qui défendrait KFC - d’où la formule “Chicken for KFC”. L’idée c’est de dire que soutenir le peuple palestinien, ce serait comme une victime qui soutiendrait son agresseur.  
Pourtant, l’idée d’un Israël gayfriendly s&#039;inscrit dans une stratégie marketing qui a consisté pour l’État hébreu à se peindre une façade aux couleurs du drapeau arc-en-ciel depuis une quinzaine d&#039;années aussi et surtout pour servir ses intérêts politiques et coloniaux.  
Pour en parler, nous recevons aujourd’hui Jean Stern, journaliste à Orient XXI, Afrique XXI, cofondateur du magazine Gai Pied édité de 1979 à 1992, premier mensuel gay en France. Il est aussi l’auteur du livre Mirage gay à Tel-Aviv publié en 2017 aux éditions Libertalia.  

Transcription de l&#039;épisode bientôt disponible. 


    Pour aller plus loin...
    
Toutes les références citées dans l&#039;émission, et des liens pour en apprendre davantage : 
— Jean Stern, Mirage gay à Tel-Aviv : enquête, Libertalia, 2017. 
— Jasbir K. Puar, Terrorist assemblages: Homonationalism in Queer Times, Duke University Press, 2007. 
— Mathias Chaillot, « Comment Israël a utilisé le “pinkwashing” pour attirer les gays et changer son image », NÉON, 26 octobre 2017, https://www.neonmag.fr/societe-politique/interview-comment-israel-a-utilise-le-pink-washing-pour-attirer-les-gays-et-changer-son-image-493924.  
— Maira Butt, « LGBT+ Activists Hack London Tube and Bus Adverts with Stories of Palestinians », The Independent, 30 octobre 2023, https://www.independent.co.uk/news/uk/home-news/lgbt-activists-palestine-london-b2438425.html.  
— Tamar Ben David et Lilach Ben David , « “I’d Rather Die in the West Bank”: LGBTQ Palestinians Find No Safety in Israel », +972 Magazine, 17 septembre 2021, https://www.972mag.com/lgbtq-palestinians-israel-asylum/.  
— « Féministes et LGBTQI+, nous dénonçons le massacre en cours à Gaza ! », Le Club de Mediapart, 19 octobre 2023, https://blogs.mediapart.fr/organisations-feministes-et-lgbtqia/blog/191023/feministes-et-lgbtqi-nous-denoncons-le-massacre-en-cours-gaza.  
— Du Pain et des Roses, « Les féministes et le mouvement LGBT doivent soutenir le peuple palestinien », Révolution Permanente, 17 octobre 2023,  https://www.revolutionpermanente.fr/Les-feministes-et-le-mouvement-LGBT-doivent-soutenir-le-peuple-palestinien.  
— « Tel Aviv, la capitale homosexuelle du Moyen-Orient », Le Monde, 8 juin 2012, https://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2012/06/08/tel-aviv-la-capitale-homosexuelle-du-moyen-orient_1715249_3218.html.  
— « Israël : plus de 150 000 personnes à la Gay Pride de Tel-Aviv », i24 News, 8 juin 2023, https://www.i24news.tv/fr/actu/israel/1686249956-israel-plus-de-150000-personnes-reunies-a-la-gay-pride-de-tel-aviv#:~:text=JACK%20GUEZ%20%2F%20AFPLes%20participants,Aviv%2C%20le%208%20juin%202023.   
— « Queering The Map », https://www.queeringthemap.com/. 


    L&#039;équipe de l&#039;émission
    
Présentation : Nathan Binet 
Réalisation : Colin Gruel 
]]></description><itunes:summary>
    Ces dernières semaines, le soutien de personnes queers à la cause palestienne a suscité des commentaires cyniques ou moqueurs...
    
Depuis l’attaque du Hamas le 7 octobre et la réplique israélienne qui s’en est suivie sur la bande de Gaza et qui a déjà fait plus de 20 000 mort·es, la communauté LGBT+ à régulièrement affiché son soutien au peuple palestinien.  
À Londres, des militant·es du collectif queer et lesbien The Dyke Project ont remplacé certaines publicités affichées dans la rue et dans les bus par les témoignages de Palestinien·nes LGBT+. Ces derniers sont tirés de la plateforme participative Queering the map, qui permet aux personnes queers d'épingler une bribe de leurs récits sur une carte. Avec, d’affiché à côté du témoignage : "Aucun·e d'entre nous n'est libre tant que nous ne sommes pas toustes libres."  
Sauf que depuis le 7 octobre, la communauté LGBT+ n’a pas cessé de se faire épingler, et les formules cyniques n’ont pas manqué pour qualifier ce soutien : un article du Point titrait le 27 octobre dernier “LGBT pour le Hamas, cherchez l’erreur !”, une tribune dans Marianne publiée le même jour allait même jusqu’à dire “LGBT pro-Hamas : autant dire les dindes votent pour Noël”... Sur les réseaux sociaux, le soutien de la communauté LGBT+ se voit être caricaturé, comparé à un poulet qui défendrait KFC - d’où la formule “Chicken for KFC”. L’idée c’est de dire que soutenir le peuple palestinien, ce serait comme une victime qui soutiendrait son agresseur.  
Pourtant, l’idée d’un Israël gayfriendly s'inscrit dans une stratégie marketing qui a consisté pour l’État hébreu à se peindre une façade aux couleurs du drapeau arc-en-ciel depuis une quinzaine d'années aussi et surtout pour servir ses intérêts politiques et coloniaux.  
Pour en parler, nous recevons aujourd’hui Jean Stern, journaliste à Orient XXI, Afrique XXI, cofondateur du magazine Gai Pied édité de 1979 à 1992, premier mensuel gay en France. Il est aussi l’auteur du livre Mirage gay à Tel-Aviv publié en 2017 aux éditions Libertalia.  

Transcription de l'épisode bientôt disponible. 


    Pour aller plus loin...
    
Toutes les références citées dans l'émission, et des liens pour en apprendre davantage : 
— Jean Stern, Mirage gay à Tel-Aviv : enquête, Libertalia, 2017. 
— Jasbir K. Puar, Terrorist assemblages: Homonationalism in Queer Times, Duke University Press, 2007. 
— Mathias Chaillot, « Comment Israël a utilisé le “pinkwashing” pour attirer les gays et changer son image », NÉON, 26 octobre 2017, https://www.neonmag.fr/societe-politique/interview-comment-israel-a-utilise-le-pink-washing-pour-attirer-les-gays-et-changer-son-image-493924.  
— Maira Butt, « LGBT+ Activists Hack London Tube and Bus Adverts with Stories of Palestinians », The Independent, 30 octobre 2023, https://www.independent.co.uk/news/uk/home-news/lgbt-activists-palestine-london-b2438425.html.  
— Tamar Ben David et Lilach Ben David , « “I’d Rather Die in the West Bank”: LGBTQ Palestinians Find No Safety in Israel », +972 Magazine, 17 septembre 2021, https://www.972mag.com/lgbtq-palestinians-israel-asylum/.  
— « Féministes et LGBTQI+, nous dénonçons le massacre en cours à Gaza ! », Le Club de Mediapart, 19 octobre 2023, https://blogs.mediapart.fr/organisations-feministes-et-lgbtqia/blog/191023/feministes-et-lgbtqi-nous-denoncons-le-massacre-en-cours-gaza.  
— Du Pain et des Roses, « Les féministes et le mouvement LGBT doivent soutenir le peuple palestinien », Révolution Permanente, 17 octobre 2023,  https://www.revolutionpermanente.fr/Les-feministes-et-le-mouvement-LGBT-doivent-soutenir-le-peuple-palestinien.  
— « Tel Aviv, la capitale homosexuelle du Moyen-Orient », Le Monde, 8 juin 2012, https://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2012/06/08/tel-aviv-la-capitale-homosexuelle-du-moyen-orient_1715249_3218.html.  
— « Israël : plus de 150 000 personnes à la Gay Pride de Tel-Aviv », i24 News, 8 juin 2023, https://www.i24news.tv/fr/actu/israel/1686249956-israel-plus-de-150000-personnes-reunies-a-la-gay-pride-de-tel-aviv#:~:text=JACK%20GUEZ%20%2F%20AFPLes%20participants,Aviv%2C%20le%208%20juin%202023.   
— « Queering The Map », https://www.queeringthemap.com/. 


    L'équipe de l'émission
    
Présentation : Nathan Binet 
Réalisation : Colin Gruel 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 22 Dec 2023 00:00:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/guerre-israel-hamas-quand-les-que-2023-12-22-eU0nILTn.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/guerre-israel-hamas-quand-les-que-2023-12-22-eU0nILTn.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/VvRM-lhebdo-guerre-israel-hamas-quand-les-questions-queers-sinvitent-sur-le-champ-de-bataille</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-a5eTZ56wq4.jpg"/></item><item><title>L'HEBDO — Rencontre avec la poétesse Sofia Karampali Farhat</title><description><![CDATA[
    Un épisode en forme de book club cette semaine : la poétesse gréco-libanaise Sofia Karampali Farhat est notre invitée
    
Sofia Karampali Farhat, poétesse et militante gréco-libanaise, a publié un premier recueil de poèmes en janvier 2023 : Zaatar.  
Zaatar, c’est un mot qui fait référence à une herbe aromatique emblème de la cuisine libanaise mais c’est aussi un mélange d&#039;épices composé de thym, de sumac et de sésame auxquelles d’autres épices encore peuvent se mêler. À ce mélange, notre invitée ajoute la puissance des mots, ses souvenirs d’enfance d’un Liban en guerre, le besoin vital de résister, de danser et d’aimer.  
Comme elle l’écrit au tout début de son livre : “Les guerres et les exils se sont succédé. La société libanaise s’est fracturée mais le zaatar orne toujours les tables des locaux comme des exilés. Le zaatar unit.” 
Sofia est aussi chercheuse en géopolitique du monde arabe, elle a co-écrit notamment un ouvrage nommé Le Lobby saoudien aux éditions Denoël à partir de son travail de traduction de documents Wikileaks de l’arabe vers le français. 

    
        
        
    


La transcription de cet épisode sera disponible très prochainement ! 


    Références citées dans l&#039;émission
    
— Ethel Adnan, Le cycle des tilleuls, éditions Al Manar 
— Ethel Adnan, Parler aux fleurs, éditions Galerie Lelong &amp;amp;Co 
— Sofia Karampali Farhat, Zaatar, éditions Bruno Doucey 


    L&#039;équipe de l&#039;émission
    
Présentation : Diego de Cao 
Réalisation : Colin Gruel 
]]></description><itunes:summary>
    Un épisode en forme de book club cette semaine : la poétesse gréco-libanaise Sofia Karampali Farhat est notre invitée
    
Sofia Karampali Farhat, poétesse et militante gréco-libanaise, a publié un premier recueil de poèmes en janvier 2023 : Zaatar.  
Zaatar, c’est un mot qui fait référence à une herbe aromatique emblème de la cuisine libanaise mais c’est aussi un mélange d'épices composé de thym, de sumac et de sésame auxquelles d’autres épices encore peuvent se mêler. À ce mélange, notre invitée ajoute la puissance des mots, ses souvenirs d’enfance d’un Liban en guerre, le besoin vital de résister, de danser et d’aimer.  
Comme elle l’écrit au tout début de son livre : “Les guerres et les exils se sont succédé. La société libanaise s’est fracturée mais le zaatar orne toujours les tables des locaux comme des exilés. Le zaatar unit.” 
Sofia est aussi chercheuse en géopolitique du monde arabe, elle a co-écrit notamment un ouvrage nommé Le Lobby saoudien aux éditions Denoël à partir de son travail de traduction de documents Wikileaks de l’arabe vers le français. 

    
        
        
    


La transcription de cet épisode sera disponible très prochainement ! 


    Références citées dans l'émission
    
— Ethel Adnan, Le cycle des tilleuls, éditions Al Manar 
— Ethel Adnan, Parler aux fleurs, éditions Galerie Lelong &amp;amp;Co 
— Sofia Karampali Farhat, Zaatar, éditions Bruno Doucey 


    L'équipe de l'émission
    
Présentation : Diego de Cao 
Réalisation : Colin Gruel 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 15 Dec 2023 00:00:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/rencontre-avec-la-poetesse-sofia-ka-2023-12-15-9tk1J9Lw.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/rencontre-avec-la-poetesse-sofia-ka-2023-12-15-9tk1J9Lw.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/BrqX-lhebdo-rencontre-avec-la-poetesse-sofia-karampali-farhat</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-w3kCCfGFKE.jpg"/></item><item><title>"Split", la nouvelle série lesbienne d'Iris Brey + Krivers en live !</title><description><![CDATA[
    Après s&#039;être dressée contre le male gaze dans les fictions, Iris Brey nous offre &quot;Split&quot;, une histoire d&#039;amour entre une actrice et sa doublure pendant un tournage. La réalisatrice est notre invitée.
    
Dans Split, Eve et Anna se rencontrent sur un tournage. L&#039;une est comédienne, l&#039;autre est sa cascadeuse. Et toutes deux tombent amoureuse. 
Après avoir écrit sur le &quot;regard féminin&quot; en 2020 et sur le sexe dans les séries, Iris Brey passe à la pratique avec une série qui donne très chaud. Elle est notre invitée ce soir. 
Split est à voir dès maintenant sur France Tv Slash ! 

    Les Disques du Lobby
    
Ixpé nous donne rendez-vous comme chaque mois avec la jeune garde de la musique queer. Ce soir, c&#039;est Krivers qui nous fait le plaisir de se produire en live sur la scène du Lobby... 
]]></description><itunes:summary>
    Après s'être dressée contre le male gaze dans les fictions, Iris Brey nous offre "Split", une histoire d'amour entre une actrice et sa doublure pendant un tournage. La réalisatrice est notre invitée.
    
Dans Split, Eve et Anna se rencontrent sur un tournage. L'une est comédienne, l'autre est sa cascadeuse. Et toutes deux tombent amoureuse. 
Après avoir écrit sur le "regard féminin" en 2020 et sur le sexe dans les séries, Iris Brey passe à la pratique avec une série qui donne très chaud. Elle est notre invitée ce soir. 
Split est à voir dès maintenant sur France Tv Slash ! 

    Les Disques du Lobby
    
Ixpé nous donne rendez-vous comme chaque mois avec la jeune garde de la musique queer. Ce soir, c'est Krivers qui nous fait le plaisir de se produire en live sur la scène du Lobby... 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 12 Dec 2023 00:00:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/split-la-nouvelle-serie-lesbienn-2023-12-12-vltDEOvt.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/split-la-nouvelle-serie-lesbienn-2023-12-12-vltDEOvt.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/oZ1j-split-la-nouvelle-serie-lesbienne-diris-brey-krivers-en-live</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-dpreStjpAv.jpg"/></item><item><title>L'HEBDO — Répression de l'homosexualité : la loi de réparation suffira-t-elle ?</title><description><![CDATA[
    Le 22 novembre, les Sénateurices ont adopté une proposition de loi visant à reconnaître la répression de l&#039;homosexualité en France de 1945 à 1982. Pour les militant·e·s et les chercheur·e·s, ce texte demeure très insuffisant.
    
L’oppression et la répression des personnes homosexuelles par l’État sont désormais reconnues, ou du moins en partie : le Sénat a adopté une proposition de loi le 22 novembre dernier qui va dans le sens d’une “reconnaissance officielle des discriminations et condamnations subies en raison de l’orientation sexuelle, vraie ou supposée” entre 1945 et 1982.  
En effet, à partir de 1942, sous le régime de Vichy, et jusqu’en 1982, date du vote la loi Forni qui a dépénalisé l’homosexualité, l’article 331 du Code Pénal criminalisait les relation non-hétéros : l’âge de consentement avait été relevé à 21 ans alors qu’il n’était que de 13 pour les relations hétérosexuelles, et cette mesure avait été doublée d’un aggravement de la répression pour outrage public à la pudeur.  
Entre 10 000 et 50 000 personnes, quasi-exclusivement des hommes, ont été condamnés pour leur homosexualité. Et pour 90% d’entre eux, à de la prison ferme.  
Avec cette proposition de loi, que les milieux militants et universitaires appelaient de leurs voeux, la France emboîte le pas à plusieurs pays européens comme l’Allemagne ou la Grande-Bretagne.  De quoi se réjouir ? Pas tout à fait… Non seulement les Sénateur·ices ont voté un texte très appauvri par rapport à la proposition de loi originale, mais en plus cette proposition a elle-même été jugée trop peu ambitieuse par plusieurs spécialistes du sujet. 
Avec nous pour en parler, Antoine Idier, sociologue et historien, maître de conférences à Sciences Po Saint-Germain-en-Laye, spécialiste de l’histoire de l’homosexualité et des cultures minoritaires.  
Fin octobre, dans un billet publié sur son blog Mediapart, il appelait les Sénateur·ices à élargir le champ d’application de la future loi. Il est aussi l’auteur d’une bande dessinée parue en octobre aux éditions Delcourt intitulée Résistances Queer. Une histoire des luttes LGBTQI+. 

Le Lobby : Quel est votre sentiment suite à l’adoption de la proposition de loi visant à reconnaître la responsabilité de l’État dans la répression et la discrimiantion des personnes homosexuelles entre 1945 et 1982 ? 
Antoine Idier : Mon sentiment est et ambivalent au sens où à la fois je suis plutôt content qu&#039;un débat public se soit engagé et que la question de la répression de l&#039;homosexualité soit discutée au Sénat, et peut-être prochainement à l&#039;Assemblée nationale. Et puis plus globalement que la société s’empare du sujet. 
En 2022, quand on a fêté ses 40 ans de la “dépénalisation” de l’homosexualité, il était frappant de voir que toute une partie de la société découvrait qu&#039;il y avait eu une pénalisation et une répression de l&#039;homosexualité, quand bien même ces personnes étaient nées et adultes au moment de la dépénalisation. Donc toute cette histoire avait été laissée de côté, oubliée, invisibilisée, et c&#039;est une bonne chose qu&#039;on en discute.  
C&#039;est aussi une bonne chose que les autorités publiques, l&#039;Etat, la France, reconnaissent cette répression et son ampleur. En revanche, ce qui pose problème, comme j&#039;ai eu déjà l&#039;occasion de le dire dans plusieurs textes, c&#039;est que cette répression de l&#039;homosexualité est envisagée de manière extrêmement restreinte et lacunaire, et que la proposition de loi initiale, qui ne me semblait déjà pas tout à fait satisfaisante, a été encore rabotée par le Sénat, à la fois sur les bornes chronologiques, mais aussi sur l&#039;ampleur des répressions visées et pour lesquelles la France veut mettre en œuvre une réparation.  
Et puis, par ailleurs, le texte, qui était composé de plusieurs articles, se limite finalement, dans la version adoptée par le Sénat le 22 novembre, à un seul article qui reconnaît l&#039;existence de cette répression. Tout le volet réparation été laissé de côté. Donc au final, c&#039;est l&#039;impression de quelque chose d&#039;extrêmement limité. 

    
        
            Pour les personnes qui ont été condamnées, qui ont été arrêtées, qui ont subi d&#039;une manière ou d&#039;une autre cette répression, la réparation financière n&#039;est pas quelque chose d&#039;anodin. Sans doute pas à la hauteur de ce qu&#039;ils ou elles ont subi, mais qui est quand même un geste, une manière aussi de signifier cette réparation et cette demande de pardon.
        
        
            Antoine Idier
        
    

Alors il y a un flou que je souhaiterais aussi clarifier avec vous, puisque la proposition de loi parle de la répression de l&#039;homosexualité. Mais à qui est ce que ça s&#039;adresse ? Est ce qu&#039;on parle des hommes gays uniquement, ou alors aussi des lesbiennes, des personnes LGBT+ en général ? 
La répression pénale de l&#039;homosexualité, telle qu&#039;elle est envisagée par la proposition de loi, a avant tout visée l&#039;homosexualité masculine. Ce sont avant tout les hommes qui ont été poursuivis par la police et condamnés par la justice. À cela plusieurs raisons. Il y a une invisibilisation du lesbianisme et de l&#039;homosexualité féminine dès le XIXe siècle, au moment où des psychiatres, des médecins, des juristes s&#039;intéressent à l&#039;homosexualité pour théoriser la déviance, et stigmatiser cette déviance.  
Par ailleurs, du fait aussi que les femmes ont longtemps été reléguées dans l&#039;espace privé et n&#039;avaient pas accès à l&#039;espace public, Les modes de vie homosexuels étaient avant tout des modes de vie masculins dans les bars, les boîtes, les lieux de drague… Et l&#039;homosexualité féminine avait beaucoup moins d&#039;espaces qui lui étaient dévolus. Cela explique le fait que par ailleurs, pour la police et la justice, c&#039;est avant tout l&#039;homosexualité masculine qui pose problème, qui constitue une menace pour la société.  
Donc, de fait, cette répression de l&#039;homosexualité a visé avant tout les hommes. Même si sur ces plusieurs milliers de condamnations que vous évoquiez, il y a des condamnations de femmes, très minoritaires en nombre mais existantes. Et par ailleurs, des collègues qui travaillent sur ces questions évoquaient la possibilité aussi que la répression de l&#039;homosexualité féminine soit passée par d&#039;autres canaux, peut-être par exemple plutôt par des répressions professionnelles, des sanctions dans le cadre du travail, etc. Donc des choses qui passent davantage sous les radars. 
Ce texte a largement été modifié avant d&#039;être validé par le Sénat dans sa version initiale. Il comprenait notamment des mesures visant à non seulement reconnaître, mais aussi à réparer les condamnations, notamment par une indemnité de 10 000 € versée aux personnes ayant été condamnées. Dans quelle mesure est-ce que la suppression de cette mesure limite non seulement la portée politique et symbolique du texte, mais aussi l&#039;impact qu&#039;il pouvait avoir pour les personnes ayant été condamnées ? 
Les personnes qui ont été arrêtées, condamnées, ont subi des violences extrêmement fortes. Violence de l&#039;arrestation, de la condamnation, toute l&#039;opprobre et la stigmatisation sociale qui étaient liées, des vies détruites, des réputations également détruites, la nécessité parfois de déménager, de rompre totalement avec sa famille, de trouver un nouveau travail.  
Et puis, plus fondamentalement, toute l&#039;homophobie, toute la honte réinscrite dans leurs corps. Et donc l&#039;idée de la réparation économique, c’est une manière de compenser le dommage qui a été fait. C&#039;est en fait un principe de base de nos sociétés.  
Et de fait, je crois que pour les personnes qui ont été condamnées, qui ont été arrêtées, qui ont subi d&#039;une manière ou d&#039;une autre cette répression, la réparation financière n&#039;est pas quelque chose d&#039;anodin. Sans doute pas à la hauteur de ce qu&#039;ils ou elles ont subi, mais qui est quand même un geste, une manière aussi de signifier cette réparation et cette demande de pardon. 
On estime entre 10 000 et 50 000 le nombre de personnes qui avaient été condamnées en raison de leur homosexualité. Pourquoi une estimation aussi peu précise ? 
Il n&#039;existe pas de statistiques au niveau du ministère de la Justice sur ces condamnations. Pour une raison simple d&#039;abord, c&#039;est que ces condamnations relevaient d&#039;articles très différents du code pénal. C&#039;est à la fois la loi de Vichy avec cet âge du consentement spécifique, mais ce sont aussi d&#039;autres articles du code pénal.  
Par exemple, l&#039;application de l&#039;outrage public à la pudeur, qui a visé un très grand nombre de cas, pas seulement d&#039;ailleurs des relations homosexuelles. Donc, même si on prend tous les outrages publics à la pudeur qui ont valu condamnation, on ne sait pas spontanément combien visaient des homosexuels ou pas. Et donc, faute d&#039;une statistique globale, il faut aller dépouiller toutes les condamnations prononcées en France sur la période, ce qui est évidemment un travail titanesque qui n&#039;est pas facile parce que toutes les archives n&#039;existent pas, ou bien toutes les archives n&#039;ont pas été déposées dans des centres d&#039;archives.  
Certains de mes collègues s&#039;emploient à dépouiller les jugements prononcés par des tribunaux, sachant que des tribunaux, il y en avait sur tout le territoire français. Et donc ils dépouillent mois par mois, année par année, les condamnations prononcées par les tribunaux à la recherche de jugements qui visaient spécifiquement l&#039;homosexualité. Et à partir de ça, ils essaient de faire des projections statistiques pour essayer d&#039;avoir un ordre de grandeur de ces condamnations. D&#039;où ce nombre imprécis. Mais pour l&#039;instant, on n&#039;a pas de données suffisantes.  
10 000, ce serait le nombre de condamnations sur la base de l&#039;âge du consentement sexuel entre 1942 et 1982. Et en fait, si on ajoute les condamnations sur la base de l&#039;outrage public à la pudeur, c&#039;est là où on passe à 60 000 ou à 70 000. Ces chiffres, ce sont ceux de Florence Tamagne, de Jérémie Gauthier et de Régis Schlagdenhauffen, qui travaillent à dépouiller ces dossiers. 
Dans le texte initial, il était aussi proposé une mesure créant un délit pénal pour les propos niant la déportation depuis la France des personnes LGBTI+ pendant la Seconde Guerre mondiale. Est-ce qu&#039;on sait si ce sont des discours qui circulent encore beaucoup aujourd&#039;hui ou qui ont circulé après la guerre ?  
Ce sont les discours qui ont circulé après la guerre et qui ont circulé encore il y a quelques années. Il faut savoir que la déportation pour homosexualité a été extrêmement dure à faire reconnaître en France et dans d&#039;autres pays européens. Par ailleurs, dans les années 1970, des militants homosexuels français se battent pour faire reconnaître l&#039;existence de cette déportation, interrompent des commémorations, publient des articles, publient des ouvrages, parfois d&#039;ailleurs en surestimant largement l&#039;ampleur de cette déportation, mais en tout cas en tentant de faire exister les récits sur cette déportation. 
L&#039;homophobie était telle que l&#039;existence de cette déportation était niée, voire que des discours homophobes circulaient de type “tous les homosexuels couchaient avec les gardiens des camps”, “les homosexuels étaient des collabos”, etc. Et c&#039;est seulement depuis une vingtaine d&#039;années que des recherches, par ailleurs, ont permis de préciser l&#039;ampleur de cette déportation.  
Et puis encore, il y a quelques années, des hommes politiques de droite ou d&#039;extrême-droite ont tenu différents propos niant l&#039;existence de cette déportation, et notamment un député, je crois, du nord de la France, Christian Vanneste, a été condamné pour avoir tenu tenu ses propos. 
Parlons du cadrage temporel qui a été choisi pour la proposition de loi. Le texte original portait initialement sur la période 1942-1982. Pourquoi est ce que c&#039;est cette période en particulier qui a été choisie pour reconnaître la responsabilité de l&#039;État dans la répression des personnes homosexuelles ? Est-ce que vous pourriez nous en dire un peu plus sur l&#039;ampleur des discriminations dont les personnes homosexuelles étaient victimes pendant cette période ?  
La période 1942-1982, elle a été choisie parce qu&#039;elle correspond précisément à cette loi de Vichy de 1942. C&#039;est la création par le régime de Vichy d&#039;un âge du consentement sexuel spécifique pour les relations homosexuelles. Il était de treize ans pour les relations hétérosexuelles. Il est fixé à 21 ans pour les relations homosexuelles. C&#039;est-à-dire que toute relation homosexuelle consentie impliquant au moins un partenaire de moins de 21 ans tombe automatiquement sous le coup de la loi. La loi, par ailleurs, se nourrit de l&#039;idée d&#039;une contagion homosexuelle, d&#039;une menace spécifique que feraient peser les homosexuels sur les adolescents, sur les jeunes adultes qui voudraient les pervertir, etc.  
Cette loi de 1942, elle est maintenue en 1945 à la Libération et elle reste en vigueur jusqu’à l&#039;été 1982, à la suite de l&#039;élection de François Mitterrand à la présidence de la République et surtout à la suite d&#039;un vote du Parlement qui décide de supprimer cette discrimination. La loi supprimant l&#039;incrimination étant promulguée le 4 août 1982. Et donc c&#039;est ce cadrage-là qu&#039;a retenu la proposition de loi.  
Et c&#039;est en cela que la proposition de loi est insatisfaisante au sens où la répression pénale de l&#039;homosexualité a existé bien avant 1942 par l&#039;utilisation de différents articles du code pénal qui ne visaient pas explicitement l&#039;homosexualité, mais qui permettait de réprimer malgré tout l&#039;homosexualité. Et finalement la loi de 1942, elle n&#039;est qu&#039;un petit outil dans tout un arsenal juridique, petit outil qui a cette singularité de viser explicitement l&#039;homosexualité, ce qui est une première dans le droit français depuis le XIXe siècle. 
Il y a eu une forme de continuité dans l&#039;oppression contre les personnes homosexuelles, sous le régime de Vichy, puis dans la période qui a suivi jusqu&#039;en 1982. Mais le texte qui a été voté par les sénateurs, il fait commencer la période en 1945 et il évacue Vichy. Comment est-ce que vous l&#039;expliquez ?  
J&#039;ai du mal à me l&#039;expliquer. A vrai dire, c&#039;est quelque chose qui m&#039;a beaucoup surpris. Je m&#039;attendais pas du tout à ce qu&#039;il y ait ce débat-là au Sénat.  
On pourrait ajouter que, par ailleurs, le texte que Vichy a adopté était en préparation avant guerre sous la troisième République. Et puis il n&#039;a pas été finalement adopté du fait des circonstances politiques. Donc il y a non seulement une continuité entre Vichy et l&#039;après-guerre, mais aussi entre l&#039;avant-guerre et Vichy. Et c&#039;est pour ça qu&#039;il est d&#039;autant plus étonnant de voir le Sénat s&#039;intéresser seulement à la période 1945-1982, avec un argument assez stupide je dois dire, défendu par le sénateur Les Républicains Francis Spinner, qui était le rapporteur du texte au Sénat, argument qui est que la République n&#039;a pas à s&#039;excuser des crimes de Vichy.  
L&#039;argument est faux historiquement et politiquement. Historiquement, parce que les historien·ne·s ont largement montré et démontré toute la continuité qui existait entre Vichy, la Troisième République et la Quatrième République. Il y a un livre assez ancien maintenant de Gérard Noiriel sur les origines républicaines de Vichy, qui montre que sur toutes sortes de sujets, il y a une continuité.  
La répression de l&#039;homosexualité n&#039;est qu&#039;un exemple parmi beaucoup d&#039;autres de cette continuité. Et puis, par ailleurs, politiquement, l&#039;argument n&#039;a pas de sens non plus. Quand, dans les années 1990, Jacques Chirac reconnaît la responsabilité de l&#039;Etat français dans la déportation des Juifs, la République, la Cinquième République qu’il incarne en tant que président, reconnaît la responsabilité de l&#039;Etat dans un crime de Vichy. Et donc Chirac avait choisi de reconnaître, d&#039;admettre cette continuité. On a un peu du mal à comprendre pourquoi soudain le Sénat fait marche arrière sur le sujet.  
Qu&#039;est ce qu&#039;on peut dire de la répression de l’homsoexualité quand on regarde sur un temps plus long, et notamment depuis la Révolution française ?  
La Révolution française avait aboli le crime de sodomie. Donc, à la suite de la Révolution française, il n&#039;y a plus dans le droit français de répression directe de l&#039;homosexualité. Mais dès le début du XIXe siècle, il y a une répression policière et judiciaire, des contrôles d&#039;identité, des arrestations qui ne donnent d&#039;ailleurs pas forcément toujours lieu à des condamnations. Et puis il y a cette répression judiciaire qui passe par des condamnations, à des amendes, à de la prison et pour laquelle les juges utilisent un grand nombre d&#039;outils du code pénal.  
Sans doute l&#039;outil le plus utilisé, c&#039;est l&#039;outrage public à la pudeur. C&#039;est le fleuron du code pénal français. D&#039;une certaine mesure, c&#039;est un délit très vague, très flou, puisque la pudeur et l’offense, c&#039;est quelque chose de très abstrait. Et les juges n&#039;ont cessé d&#039;élargir l&#039;interprétation de ce délit qui vise spécifiquement les délits sexuels, pas seulement homosexuels. Et il y a outrage public à partir du moment où la sexualité peut être vue.  
Il y a une juriste qui avait fait un livre absolument magnifique, Marcela Iacub, qui s&#039;appelait Par le trou de la serrure, qui s&#039;intéressait à cette histoire de l&#039;outrage public à la pudeur, et qui montrait que, par exemple, un rapport sexuel hétérosexuel d&#039;ailleurs, pour lequel un individu avait dû regarder par le trou la serrure pour le voir, cela avait suffi aux juges pour caractériser l&#039;outrage public. Et dans le cas de la répression de l&#039;homosexualité, il suffit par exemple qu&#039;un policier surprenne deux individus ayant un rapport homosexuel pour caractériser là aussi l&#039;outrage, que ça soit dans un espace public, dans la rue, dans un parc, dans un espace privé, un bar par exemple, un sauna, un bain de vapeur, voire dans un espace vraiment privé, comme des appartements, une chambre, etc.  
On estime que, par exemple, dans les années 1860, il y a autour de 10 000 arrestations pour homosexualité à Paris et on a de très nombreux exemples quand on se plonge dans les archives judiciaires, deux condamnations dans les années 1870-1880 et tout au début du XXe siècle.  
Et puis, au-delà de l&#039;outrage public à la pudeur, il y a différents chefs d&#039;accusation qui ont pu être utilisés par la justice, que ce soit l&#039;excitation de mineurs à la débauche, l&#039;outrage aux bonnes mœurs, l&#039;attentat au moeurs ou l&#039;outrage selon les définitions, qui ont pu même être utilisés contre des militants, ou contre des publications homosexuelles, par exemple. Il y avait aussi une interdiction après guerre à Paris, aux hommes de danser entre eux, etc. Donc les juges ont pu utiliser un très large éventail d&#039;outils, sachant que les juges, quel qu&#039;en soit le sujet, bricolent dans leur usage quotidien quand ils sont confrontés à une situation répréhensibles selon leurs convictions, et ils cherchent l&#039;outil juridique qui est le plus adéquat.  
D&#039;où le fait qu&#039;il n&#039;y a pas une totale harmonie entre toutes les décisions des juges. 
On peut ajouter aussi que si la borne basse de la chronologie n’est pas adaptée, la borne haute ne l’est pas non plus nécessairement. Je n&#039;ai pas d&#039;exemple précis, mais des journaux ont relaté encore des condamnations pour outrage public à la pudeur dans les années 1980 par exemple, qui visaient simplement des relations homosexuelles dans des lieux de drague dans l&#039;espace public. Donc la répression de l&#039;homosexualité ne s&#039;est pas non plus arrêtée net en 1982.  
On parle de cette année 1982 comme celle de la “dépénalisation” de l’homosexualité. Mais pour vous, le mot dépénalisation n&#039;est pas exact. 
Le mot est impropre, effectivement, parce qu&#039;il y a il n&#039;y a pas eu dépénalisation de l&#039;homosexualité en tant que telle puisque, comme on l&#039;a vu, il n&#039;y a jamais eu d&#039;articles du code pénal qui visaient explicitement et directement l&#039;homosexualité, à la différence par exemple de l&#039;Allemagne ou de l&#039;Allemagne. Le paragraphe 75 réprimait l&#039;homosexualité en tant que telle. En revanche, le terme reste pertinent parce qu&#039;il désigne un ensemble de mesures prises après l&#039;élection de François Mitterrand à la présidence de la République.  
Par exemple, au printemps 1981, la consigne est donnée aux services de police d&#039;arrêter de contrôler spécifiquement les établissements homosexuels, ce qui était le quotidien de ces établissements : des descentes de police, des contrôles d&#039;identité, des retenues aux postes, etc. Le ministre de l&#039;Intérieur de l&#039;époque donne consigne à la police d&#039;arrêter de viser l&#039;établissement, ce qui change beaucoup de la vie homosexuelle quotidienne.  
De même, les fichiers homosexuels qui existaient dans les services de police ou à la préfecture sont supprimés. Il y avait un fichage des homosexuels et ce fichage s&#039;arrête et par ailleurs, les fichiers sont vraisemblablement détruits. Par ailleurs, la France annonce aussi en 1981 cessez de reconnaître la classification de l&#039;homosexualité comme maladie mentale. Classification qui était celle de l&#039;Organisation mondiale de la santé. Certains délits homosexuels sont amnistiés par une loi d&#039;amnistie aussi prise à l&#039;été 1981. Et puis, cet âge spécifique du consentement sexuel disparaît, lui. En 1982, à la suite d&#039;un débat parlementaire un peu long d&#039;ailleurs, parce que le Sénat s&#039;oppose à l&#039;époque à cette suppression.  

    
        
            Il me semble qu&#039;ouvrir cette question du rôle de l&#039;État dans la discrimination ou dans la perpétuation de la domination, c&#039;est ouvrir un débat très large qu&#039;il ne faut pas refermer trop vite
        
        
            Antoine Idier
        
    

Jusqu&#039;où il faudra aller, du coup, pour être exhaustif ? Est ce qu&#039;on s&#039;est aujourd&#039;hui totalement débarrassé de cette homophobie d&#039;État ?  
C’est toute la question. Et ça me semble important de la poser à partir du moment où on interroge le rôle de l&#039;État dans la perpétuation de l&#039;homophobie. Jusqu&#039;où aller, où commencer et où s&#039;arrêter ? Or, tout le concours apporté par l&#039;État à l&#039;homophobie, ce n&#039;est pas seulement en matière pénale, c&#039;est bien plus large.  
Un exemple un peu un peu évident, c&#039;est l&#039;épidémie du sida. Quand les autorités de santé et l&#039;Etat tardent à réagir à une épidémie qui vise avant tout les homosexuels, mais aussi d&#039;autres groupes minoritaires, c&#039;est une absence d&#039;action qui, elle aussi, contribue à soutenir, encourager, perpétuer l&#039;homophobie. De même, aujourd&#039;hui, quand le système éducatif, le système scolaire, mais aussi le système de santé est si lent à réagir face au harcèlement, face à toutes les situations que vivent les homosexuel·le·s ou les personnes trans, là aussi, c&#039;est une absence d&#039;action des autorités publiques qui contribue à exposer des vies à la précarité, voire à la mort.  
De même, l&#039;action de l&#039;Etat a longtemps été une action de non-égalité des droits, de discrimination, que ce soit par exemple dans l&#039;accès au mariage, dans l&#039;accès à un ensemble de protection civile et légale. Et donc il me semble qu&#039;ouvrir cette question du rôle de l&#039;État dans la discrimination ou dans la perpétuation de la domination, c&#039;est ouvrir un débat très large qu&#039;il ne faut pas refermer trop vite.  
Avec toutes ces marches arrière sur le texte qui avait été initialement proposé, qu&#039;est ce qui reste de la portée politique et symbolique de ce texte ? Est-ce qui reste tout de même important ?  
Le texte reste important. Il n&#039;est pas définitif puisqu&#039;il doit encore être examiné par l&#039;Assemblée nationale et l&#039;Assemblée nationale peut le modifier. J&#039;insiste sur le fait qu&#039;il ne faut surtout pas se contenter d&#039;un texte réduit. On ne peut pas s’en contenter ou dire que c’est un premier pas. D&#039;une part parce que ce serait écrire une version de l&#039;histoire fausse et que d&#039;autre part, il est certain qu&#039;il n&#039;y aura pas de deuxième loi de réparation, et que donc cette loi, elle est extrêmement importante. Après, évidemment, on peut s&#039;interroger sur pourquoi un certain nombre de personnes, de parlementaires se satisfont d&#039;une version édulcorée ou tronquée de l&#039;histoire. Assurément, par ignorance pour certains, certains d&#039;entre eux, peut être que pour d&#039;autres, ça les arrange aussi de diminuer l&#039;ampleur de cette répression, à la fois parce qu&#039;ils ne peuvent pas la nier entièrement, mais qu&#039;en même temps il ne s&#039;agit pas de lui donner un espace trop important.  
Peut-être aussi qu’il y a une obsession, notamment dans les discours de droite, de la repentance, des dangers d’une relecture critique du passé qui menacerait l&#039;unité nationale, le récit français, etc.  
Peut être qu&#039;il est aussi important de dire quelque chose de l&#039;autre côté, du côté des mouvements minoritaires et des questions qui nous préoccupent. Je me suis fait la réflexion moi-même parce que j&#039;ai un peu pris la parole à diverses reprises en insistant sur toute la violence de cette répression.  
Il ne faut pas non plus que ce texte de loi et tout ce débat nous donne une image aussi faussée de l&#039;histoire de l&#039;homosexualité, dans le sens où l&#039;histoire de l&#039;homosexualité, ce n’est pas seulement une histoire de répression, ce n’est pas seulement une histoire de souffrances. Quand bien même ces souffrances ont été réelles. Ce n’est pas seulement une histoire de la violence, c&#039;est aussi une histoire de résistances. C&#039;est aussi une histoire de la constitution de modes de vie, de contre-cultures, de revendications politiques et culturelles. Et cette répression de l&#039;homosexualité, aussi implacable a-t-elle été, n&#039;a pas empêché des individus d&#039;exister, de vivre, de militer, de s&#039;organiser collectivement. Donc c&#039;est aussi quelque chose qu&#039;il faut garder à l&#039;esprit quand on aborde cette histoire.  
La France est loin d&#039;être le seul pays qui a criminalisé et réprimé les personnes homosexuelles par le passé. La Norvège et l&#039;Allemagne, par exemple, ont fait des efforts pour reconnaître leurs responsabilités et tenter de réparer leur histoire homophobe. Est-ce que vous pouvez nous en dire un peu plus sur ces exemples ? 
Le cas de l&#039;Allemagne est extrêmement intéressant à cet égard, parce que l&#039;Allemagne a à la fois mis en place des réparations individuelles, des sommes d&#039;argent versées aux personnes qui ont été condamnées. Mais il y a aussi prévu des formes de réparations collectives, peut on dire, qui s&#039;adressent à la fois aux personnes visées, mais à toutes celles et ceux qui sont, qui ont été et sont encore visés par les LGBT phobies, à savoir la création d&#039;une fondation, le Magnus Hirschfeld, qui à la fois œuvre à la reconnaissance, finance des recherches pour documenter et faire connaître toute la stigmatisation de l&#039;homosexualité, finance des moyens de transmission de cette histoire et finance les luttes contre les LGBTphobie aujourd&#039;hui. Et on pourrait dire que c&#039;est aussi une manière de faire réparation et d&#039;envisager plus généralement cette fête, cette reconnaissance symbolique et non symbolique et cette réparation vis à vis des minorités sexuelles. 
Ce qui est intéressant dans tous ces cas, c&#039;est qu&#039;on peut aussi tirer des leçons de ce qui a été fait. L&#039;Allemagne, par exemple, avait adopté un premier texte un peu a minima aussi, et a élargi, en se rendant compte que ça n&#039;était pas totalement satisfaisant, a élargi le spectre des condamnations couverts par ce texte.  
De même, ce que nous montrent les expériences allemandes, espagnoles ou anglaises, c&#039;est qu&#039;il faut réfléchir à la manière même dont les individus peuvent demander réparation. Je me base sur des recherches qu&#039;avait présenté Flora Bolter, co-présidente de l&#039;Observatoire LGTI+ de la Fondation Jean-Jaurès, qui a présenté ses travaux récemment. Elle soulignait que la complexité des formulaires ou des preuves à fournir, avait pu dissuader, dans certains cas, les demandes de réparations.  
De même, en Angleterre, une commission a été chargée de statuer sur les condamnations qui ouvraient ou pas le droit à réparation. Et cette commission a pu prendre des décisions assez surprenantes en excluant du champ de la réparation des faits qui pourtant, d&#039;après des organisations militantes, méritaient réparation. Comme si il y avait une forme de retour du moralisme ou de considérer que des actes sexuels, notamment des actes sexuels en public, dans des parcs, dans des jardins, finalement avaient mérité condamnation ou ne méritaient pas réparation. C&#039;est aussi ça que doivent nous apprendre ce que peuvent nous apprendre ces expériences européennes.  
Qu&#039;est ce qu’on peut faire pour enjoindre les députés à s&#039;emparer du sujet et à s&#039;en emparer convenablement, puisque les sénateurices n&#039;ont pas jugé utile d’auditionner le monde de la recherche sur ce sujet… 
On n’est même pas sûrs que cette loi soit examinée. Il faut encore que cette proposition de loi soit inscrite à l&#039;ordre du jour de l&#039;Assemblée nationale. Et donc, une des questions qui reste, c’est de savoir qui va l&#039;inscrire à l&#039;ordre du jour, est-ce que c&#039;est un groupe d&#039;opposition comme au Sénat ? Est ce que ce sont les groupes majoritaires ? 
Il faut donc travailler à sensibiliser les parlementaires, par exemple en leur écrivant ou en les sollicitant pour qu&#039;ils soient attentifs à cette question. Et puis, à mon sens, c&#039;est d&#039;alerter les parlementaires sur le caractère incomplet de cette proposition de loi, pour toutes les raisons que l&#039;on vient d&#039;évoquer. Et ça, c&#039;est à la fois des simples individus comme vos auditeurs et vos auditrices par exemple, qui peuvent le faire, mais aussi des associations, des organisations LGBTI+, qui peuvent, il me semble, alerter aussi sur les lacunes ou les incomplétudes de cette proposition de loi. En tout cas, effectivement, il me semble extrêmement important que les parlementaires soient alerté·e·s sur les problèmes que pose cette proposition de loi. 
Vous disiez que, notamment en 2022, à l&#039;occasion des 40 ans de la dépénalisation de l&#039;homosexualité, il y avait eu aussi un travail pour rappeler à la société, de manière générale, qu&#039;il y avait bien existé une répression de l&#039;homosexualité, parce qu&#039;aujourd&#039;hui pourrait effectivement apparaître comme naturel, de faire preuve de tolérance, d&#039;ouverture d&#039;esprit. Et pourtant, cette histoire, elle a existé et elle continue aussi de se perpétuer à travers d&#039;autres mécanismes, d&#039;autres logiques de domination. Qu&#039;est ce qu&#039;il y a d&#039;autre comme leviers d’action que cette proposition-là, pour continuer à rappeler cette histoire ? 
La proposition de loi n&#039;est en effet qu&#039;une petite partie de tout un débat historique et politique qui peut et doit avoir lieu. La question de la transmission de l&#039;histoire. L&#039;homosexualité est extrêmement centrale. Transmission par plusieurs moyens. Par exemple, quelle est la place aujourd&#039;hui de l&#039;histoire ? L&#039;homosexualité dans les manuels scolaires? Quelle est la place de l&#039;histoire de l&#039;homosexualité dans ce qui est enseigné aux enfants des écoles, des collèges ou des lycées ? Par exemple, quelle est la place de l&#039;histoire de l&#039;homosexualité dans les programmes des institutions culturelles dans les grands musées ?  
Cette place est extrêmement réduite aujourd&#039;hui. Il y a eu quelques initiatives récemment, mais c&#039;est très récent et très timide. Donc c&#039;est en cela que c&#039;est une discussion plus large. Il y a aussi tout un débat sur la création de centres d&#039;archives LGBTQI plus à Paris et dans d&#039;autres villes. Ces centres existent par ailleurs aussi. Il y en a à Lyon, il y en a à Marseille, avec peu de moyens, il faut le dire. Et pourtant ce sont des lieux extrêmement importants, à la fois de conservation, de préservation, de collecte de l&#039;histoire LGBTQI plus et aussi de la transmission vers un large public de cette histoire. Or, pour l&#039;instant, ces questions historiques sont avant tout portées par les minorités sexuelles elles-mêmes, par des modes de transmission qu&#039;on pourrait dire communautaires, liés à ces associations, ou par des chercheurs qui, par leurs livres, par la recherche, travaillent à transmettre cette recherche. Mais de fait, cette transmission est encore extrêmement partielle, alors qu&#039;elle devrait être bien plus large. 


    Pour aller plus loin...
    
— « Les années clandestines », une série signée Ariane Chemin pour le journal Le Monde, qui réunit de nombreux témoignages d&#039;hommes gays condamnés en raison de leur homosexualité. 
— Marcela Iacub, Par le trou de la serrure, Fayard, 2008 
— Gérard Noiriel, Les origines républicaines de Vichy, Hachette, 1999 


    L&#039;équipe de l&#039;émission
    
Présentation : Nathan Binet 
Réalisation : Colin Gruel 
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    Le 22 novembre, les Sénateurices ont adopté une proposition de loi visant à reconnaître la répression de l'homosexualité en France de 1945 à 1982. Pour les militant·e·s et les chercheur·e·s, ce texte demeure très insuffisant.
    
L’oppression et la répression des personnes homosexuelles par l’État sont désormais reconnues, ou du moins en partie : le Sénat a adopté une proposition de loi le 22 novembre dernier qui va dans le sens d’une “reconnaissance officielle des discriminations et condamnations subies en raison de l’orientation sexuelle, vraie ou supposée” entre 1945 et 1982.  
En effet, à partir de 1942, sous le régime de Vichy, et jusqu’en 1982, date du vote la loi Forni qui a dépénalisé l’homosexualité, l’article 331 du Code Pénal criminalisait les relation non-hétéros : l’âge de consentement avait été relevé à 21 ans alors qu’il n’était que de 13 pour les relations hétérosexuelles, et cette mesure avait été doublée d’un aggravement de la répression pour outrage public à la pudeur.  
Entre 10 000 et 50 000 personnes, quasi-exclusivement des hommes, ont été condamnés pour leur homosexualité. Et pour 90% d’entre eux, à de la prison ferme.  
Avec cette proposition de loi, que les milieux militants et universitaires appelaient de leurs voeux, la France emboîte le pas à plusieurs pays européens comme l’Allemagne ou la Grande-Bretagne.  De quoi se réjouir ? Pas tout à fait… Non seulement les Sénateur·ices ont voté un texte très appauvri par rapport à la proposition de loi originale, mais en plus cette proposition a elle-même été jugée trop peu ambitieuse par plusieurs spécialistes du sujet. 
Avec nous pour en parler, Antoine Idier, sociologue et historien, maître de conférences à Sciences Po Saint-Germain-en-Laye, spécialiste de l’histoire de l’homosexualité et des cultures minoritaires.  
Fin octobre, dans un billet publié sur son blog Mediapart, il appelait les Sénateur·ices à élargir le champ d’application de la future loi. Il est aussi l’auteur d’une bande dessinée parue en octobre aux éditions Delcourt intitulée Résistances Queer. Une histoire des luttes LGBTQI+. 

Le Lobby : Quel est votre sentiment suite à l’adoption de la proposition de loi visant à reconnaître la responsabilité de l’État dans la répression et la discrimiantion des personnes homosexuelles entre 1945 et 1982 ? 
Antoine Idier : Mon sentiment est et ambivalent au sens où à la fois je suis plutôt content qu'un débat public se soit engagé et que la question de la répression de l'homosexualité soit discutée au Sénat, et peut-être prochainement à l'Assemblée nationale. Et puis plus globalement que la société s’empare du sujet. 
En 2022, quand on a fêté ses 40 ans de la “dépénalisation” de l’homosexualité, il était frappant de voir que toute une partie de la société découvrait qu'il y avait eu une pénalisation et une répression de l'homosexualité, quand bien même ces personnes étaient nées et adultes au moment de la dépénalisation. Donc toute cette histoire avait été laissée de côté, oubliée, invisibilisée, et c'est une bonne chose qu'on en discute.  
C'est aussi une bonne chose que les autorités publiques, l'Etat, la France, reconnaissent cette répression et son ampleur. En revanche, ce qui pose problème, comme j'ai eu déjà l'occasion de le dire dans plusieurs textes, c'est que cette répression de l'homosexualité est envisagée de manière extrêmement restreinte et lacunaire, et que la proposition de loi initiale, qui ne me semblait déjà pas tout à fait satisfaisante, a été encore rabotée par le Sénat, à la fois sur les bornes chronologiques, mais aussi sur l'ampleur des répressions visées et pour lesquelles la France veut mettre en œuvre une réparation.  
Et puis, par ailleurs, le texte, qui était composé de plusieurs articles, se limite finalement, dans la version adoptée par le Sénat le 22 novembre, à un seul article qui reconnaît l'existence de cette répression. Tout le volet réparation été laissé de côté. Donc au final, c'est l'impression de quelque chose d'extrêmement limité. 

    
        
            Pour les personnes qui ont été condamnées, qui ont été arrêtées, qui ont subi d'une manière ou d'une autre cette répression, la réparation financière n'est pas quelque chose d'anodin. Sans doute pas à la hauteur de ce qu'ils ou elles ont subi, mais qui est quand même un geste, une manière aussi de signifier cette réparation et cette demande de pardon.
        
        
            Antoine Idier
        
    

Alors il y a un flou que je souhaiterais aussi clarifier avec vous, puisque la proposition de loi parle de la répression de l'homosexualité. Mais à qui est ce que ça s'adresse ? Est ce qu'on parle des hommes gays uniquement, ou alors aussi des lesbiennes, des personnes LGBT+ en général ? 
La répression pénale de l'homosexualité, telle qu'elle est envisagée par la proposition de loi, a avant tout visée l'homosexualité masculine. Ce sont avant tout les hommes qui ont été poursuivis par la police et condamnés par la justice. À cela plusieurs raisons. Il y a une invisibilisation du lesbianisme et de l'homosexualité féminine dès le XIXe siècle, au moment où des psychiatres, des médecins, des juristes s'intéressent à l'homosexualité pour théoriser la déviance, et stigmatiser cette déviance.  
Par ailleurs, du fait aussi que les femmes ont longtemps été reléguées dans l'espace privé et n'avaient pas accès à l'espace public, Les modes de vie homosexuels étaient avant tout des modes de vie masculins dans les bars, les boîtes, les lieux de drague… Et l'homosexualité féminine avait beaucoup moins d'espaces qui lui étaient dévolus. Cela explique le fait que par ailleurs, pour la police et la justice, c'est avant tout l'homosexualité masculine qui pose problème, qui constitue une menace pour la société.  
Donc, de fait, cette répression de l'homosexualité a visé avant tout les hommes. Même si sur ces plusieurs milliers de condamnations que vous évoquiez, il y a des condamnations de femmes, très minoritaires en nombre mais existantes. Et par ailleurs, des collègues qui travaillent sur ces questions évoquaient la possibilité aussi que la répression de l'homosexualité féminine soit passée par d'autres canaux, peut-être par exemple plutôt par des répressions professionnelles, des sanctions dans le cadre du travail, etc. Donc des choses qui passent davantage sous les radars. 
Ce texte a largement été modifié avant d'être validé par le Sénat dans sa version initiale. Il comprenait notamment des mesures visant à non seulement reconnaître, mais aussi à réparer les condamnations, notamment par une indemnité de 10 000 € versée aux personnes ayant été condamnées. Dans quelle mesure est-ce que la suppression de cette mesure limite non seulement la portée politique et symbolique du texte, mais aussi l'impact qu'il pouvait avoir pour les personnes ayant été condamnées ? 
Les personnes qui ont été arrêtées, condamnées, ont subi des violences extrêmement fortes. Violence de l'arrestation, de la condamnation, toute l'opprobre et la stigmatisation sociale qui étaient liées, des vies détruites, des réputations également détruites, la nécessité parfois de déménager, de rompre totalement avec sa famille, de trouver un nouveau travail.  
Et puis, plus fondamentalement, toute l'homophobie, toute la honte réinscrite dans leurs corps. Et donc l'idée de la réparation économique, c’est une manière de compenser le dommage qui a été fait. C'est en fait un principe de base de nos sociétés.  
Et de fait, je crois que pour les personnes qui ont été condamnées, qui ont été arrêtées, qui ont subi d'une manière ou d'une autre cette répression, la réparation financière n'est pas quelque chose d'anodin. Sans doute pas à la hauteur de ce qu'ils ou elles ont subi, mais qui est quand même un geste, une manière aussi de signifier cette réparation et cette demande de pardon. 
On estime entre 10 000 et 50 000 le nombre de personnes qui avaient été condamnées en raison de leur homosexualité. Pourquoi une estimation aussi peu précise ? 
Il n'existe pas de statistiques au niveau du ministère de la Justice sur ces condamnations. Pour une raison simple d'abord, c'est que ces condamnations relevaient d'articles très différents du code pénal. C'est à la fois la loi de Vichy avec cet âge du consentement spécifique, mais ce sont aussi d'autres articles du code pénal.  
Par exemple, l'application de l'outrage public à la pudeur, qui a visé un très grand nombre de cas, pas seulement d'ailleurs des relations homosexuelles. Donc, même si on prend tous les outrages publics à la pudeur qui ont valu condamnation, on ne sait pas spontanément combien visaient des homosexuels ou pas. Et donc, faute d'une statistique globale, il faut aller dépouiller toutes les condamnations prononcées en France sur la période, ce qui est évidemment un travail titanesque qui n'est pas facile parce que toutes les archives n'existent pas, ou bien toutes les archives n'ont pas été déposées dans des centres d'archives.  
Certains de mes collègues s'emploient à dépouiller les jugements prononcés par des tribunaux, sachant que des tribunaux, il y en avait sur tout le territoire français. Et donc ils dépouillent mois par mois, année par année, les condamnations prononcées par les tribunaux à la recherche de jugements qui visaient spécifiquement l'homosexualité. Et à partir de ça, ils essaient de faire des projections statistiques pour essayer d'avoir un ordre de grandeur de ces condamnations. D'où ce nombre imprécis. Mais pour l'instant, on n'a pas de données suffisantes.  
10 000, ce serait le nombre de condamnations sur la base de l'âge du consentement sexuel entre 1942 et 1982. Et en fait, si on ajoute les condamnations sur la base de l'outrage public à la pudeur, c'est là où on passe à 60 000 ou à 70 000. Ces chiffres, ce sont ceux de Florence Tamagne, de Jérémie Gauthier et de Régis Schlagdenhauffen, qui travaillent à dépouiller ces dossiers. 
Dans le texte initial, il était aussi proposé une mesure créant un délit pénal pour les propos niant la déportation depuis la France des personnes LGBTI+ pendant la Seconde Guerre mondiale. Est-ce qu'on sait si ce sont des discours qui circulent encore beaucoup aujourd'hui ou qui ont circulé après la guerre ?  
Ce sont les discours qui ont circulé après la guerre et qui ont circulé encore il y a quelques années. Il faut savoir que la déportation pour homosexualité a été extrêmement dure à faire reconnaître en France et dans d'autres pays européens. Par ailleurs, dans les années 1970, des militants homosexuels français se battent pour faire reconnaître l'existence de cette déportation, interrompent des commémorations, publient des articles, publient des ouvrages, parfois d'ailleurs en surestimant largement l'ampleur de cette déportation, mais en tout cas en tentant de faire exister les récits sur cette déportation. 
L'homophobie était telle que l'existence de cette déportation était niée, voire que des discours homophobes circulaient de type “tous les homosexuels couchaient avec les gardiens des camps”, “les homosexuels étaient des collabos”, etc. Et c'est seulement depuis une vingtaine d'années que des recherches, par ailleurs, ont permis de préciser l'ampleur de cette déportation.  
Et puis encore, il y a quelques années, des hommes politiques de droite ou d'extrême-droite ont tenu différents propos niant l'existence de cette déportation, et notamment un député, je crois, du nord de la France, Christian Vanneste, a été condamné pour avoir tenu tenu ses propos. 
Parlons du cadrage temporel qui a été choisi pour la proposition de loi. Le texte original portait initialement sur la période 1942-1982. Pourquoi est ce que c'est cette période en particulier qui a été choisie pour reconnaître la responsabilité de l'État dans la répression des personnes homosexuelles ? Est-ce que vous pourriez nous en dire un peu plus sur l'ampleur des discriminations dont les personnes homosexuelles étaient victimes pendant cette période ?  
La période 1942-1982, elle a été choisie parce qu'elle correspond précisément à cette loi de Vichy de 1942. C'est la création par le régime de Vichy d'un âge du consentement sexuel spécifique pour les relations homosexuelles. Il était de treize ans pour les relations hétérosexuelles. Il est fixé à 21 ans pour les relations homosexuelles. C'est-à-dire que toute relation homosexuelle consentie impliquant au moins un partenaire de moins de 21 ans tombe automatiquement sous le coup de la loi. La loi, par ailleurs, se nourrit de l'idée d'une contagion homosexuelle, d'une menace spécifique que feraient peser les homosexuels sur les adolescents, sur les jeunes adultes qui voudraient les pervertir, etc.  
Cette loi de 1942, elle est maintenue en 1945 à la Libération et elle reste en vigueur jusqu’à l'été 1982, à la suite de l'élection de François Mitterrand à la présidence de la République et surtout à la suite d'un vote du Parlement qui décide de supprimer cette discrimination. La loi supprimant l'incrimination étant promulguée le 4 août 1982. Et donc c'est ce cadrage-là qu'a retenu la proposition de loi.  
Et c'est en cela que la proposition de loi est insatisfaisante au sens où la répression pénale de l'homosexualité a existé bien avant 1942 par l'utilisation de différents articles du code pénal qui ne visaient pas explicitement l'homosexualité, mais qui permettait de réprimer malgré tout l'homosexualité. Et finalement la loi de 1942, elle n'est qu'un petit outil dans tout un arsenal juridique, petit outil qui a cette singularité de viser explicitement l'homosexualité, ce qui est une première dans le droit français depuis le XIXe siècle. 
Il y a eu une forme de continuité dans l'oppression contre les personnes homosexuelles, sous le régime de Vichy, puis dans la période qui a suivi jusqu'en 1982. Mais le texte qui a été voté par les sénateurs, il fait commencer la période en 1945 et il évacue Vichy. Comment est-ce que vous l'expliquez ?  
J'ai du mal à me l'expliquer. A vrai dire, c'est quelque chose qui m'a beaucoup surpris. Je m'attendais pas du tout à ce qu'il y ait ce débat-là au Sénat.  
On pourrait ajouter que, par ailleurs, le texte que Vichy a adopté était en préparation avant guerre sous la troisième République. Et puis il n'a pas été finalement adopté du fait des circonstances politiques. Donc il y a non seulement une continuité entre Vichy et l'après-guerre, mais aussi entre l'avant-guerre et Vichy. Et c'est pour ça qu'il est d'autant plus étonnant de voir le Sénat s'intéresser seulement à la période 1945-1982, avec un argument assez stupide je dois dire, défendu par le sénateur Les Républicains Francis Spinner, qui était le rapporteur du texte au Sénat, argument qui est que la République n'a pas à s'excuser des crimes de Vichy.  
L'argument est faux historiquement et politiquement. Historiquement, parce que les historien·ne·s ont largement montré et démontré toute la continuité qui existait entre Vichy, la Troisième République et la Quatrième République. Il y a un livre assez ancien maintenant de Gérard Noiriel sur les origines républicaines de Vichy, qui montre que sur toutes sortes de sujets, il y a une continuité.  
La répression de l'homosexualité n'est qu'un exemple parmi beaucoup d'autres de cette continuité. Et puis, par ailleurs, politiquement, l'argument n'a pas de sens non plus. Quand, dans les années 1990, Jacques Chirac reconnaît la responsabilité de l'Etat français dans la déportation des Juifs, la République, la Cinquième République qu’il incarne en tant que président, reconnaît la responsabilité de l'Etat dans un crime de Vichy. Et donc Chirac avait choisi de reconnaître, d'admettre cette continuité. On a un peu du mal à comprendre pourquoi soudain le Sénat fait marche arrière sur le sujet.  
Qu'est ce qu'on peut dire de la répression de l’homsoexualité quand on regarde sur un temps plus long, et notamment depuis la Révolution française ?  
La Révolution française avait aboli le crime de sodomie. Donc, à la suite de la Révolution française, il n'y a plus dans le droit français de répression directe de l'homosexualité. Mais dès le début du XIXe siècle, il y a une répression policière et judiciaire, des contrôles d'identité, des arrestations qui ne donnent d'ailleurs pas forcément toujours lieu à des condamnations. Et puis il y a cette répression judiciaire qui passe par des condamnations, à des amendes, à de la prison et pour laquelle les juges utilisent un grand nombre d'outils du code pénal.  
Sans doute l'outil le plus utilisé, c'est l'outrage public à la pudeur. C'est le fleuron du code pénal français. D'une certaine mesure, c'est un délit très vague, très flou, puisque la pudeur et l’offense, c'est quelque chose de très abstrait. Et les juges n'ont cessé d'élargir l'interprétation de ce délit qui vise spécifiquement les délits sexuels, pas seulement homosexuels. Et il y a outrage public à partir du moment où la sexualité peut être vue.  
Il y a une juriste qui avait fait un livre absolument magnifique, Marcela Iacub, qui s'appelait Par le trou de la serrure, qui s'intéressait à cette histoire de l'outrage public à la pudeur, et qui montrait que, par exemple, un rapport sexuel hétérosexuel d'ailleurs, pour lequel un individu avait dû regarder par le trou la serrure pour le voir, cela avait suffi aux juges pour caractériser l'outrage public. Et dans le cas de la répression de l'homosexualité, il suffit par exemple qu'un policier surprenne deux individus ayant un rapport homosexuel pour caractériser là aussi l'outrage, que ça soit dans un espace public, dans la rue, dans un parc, dans un espace privé, un bar par exemple, un sauna, un bain de vapeur, voire dans un espace vraiment privé, comme des appartements, une chambre, etc.  
On estime que, par exemple, dans les années 1860, il y a autour de 10 000 arrestations pour homosexualité à Paris et on a de très nombreux exemples quand on se plonge dans les archives judiciaires, deux condamnations dans les années 1870-1880 et tout au début du XXe siècle.  
Et puis, au-delà de l'outrage public à la pudeur, il y a différents chefs d'accusation qui ont pu être utilisés par la justice, que ce soit l'excitation de mineurs à la débauche, l'outrage aux bonnes mœurs, l'attentat au moeurs ou l'outrage selon les définitions, qui ont pu même être utilisés contre des militants, ou contre des publications homosexuelles, par exemple. Il y avait aussi une interdiction après guerre à Paris, aux hommes de danser entre eux, etc. Donc les juges ont pu utiliser un très large éventail d'outils, sachant que les juges, quel qu'en soit le sujet, bricolent dans leur usage quotidien quand ils sont confrontés à une situation répréhensibles selon leurs convictions, et ils cherchent l'outil juridique qui est le plus adéquat.  
D'où le fait qu'il n'y a pas une totale harmonie entre toutes les décisions des juges. 
On peut ajouter aussi que si la borne basse de la chronologie n’est pas adaptée, la borne haute ne l’est pas non plus nécessairement. Je n'ai pas d'exemple précis, mais des journaux ont relaté encore des condamnations pour outrage public à la pudeur dans les années 1980 par exemple, qui visaient simplement des relations homosexuelles dans des lieux de drague dans l'espace public. Donc la répression de l'homosexualité ne s'est pas non plus arrêtée net en 1982.  
On parle de cette année 1982 comme celle de la “dépénalisation” de l’homosexualité. Mais pour vous, le mot dépénalisation n'est pas exact. 
Le mot est impropre, effectivement, parce qu'il y a il n'y a pas eu dépénalisation de l'homosexualité en tant que telle puisque, comme on l'a vu, il n'y a jamais eu d'articles du code pénal qui visaient explicitement et directement l'homosexualité, à la différence par exemple de l'Allemagne ou de l'Allemagne. Le paragraphe 75 réprimait l'homosexualité en tant que telle. En revanche, le terme reste pertinent parce qu'il désigne un ensemble de mesures prises après l'élection de François Mitterrand à la présidence de la République.  
Par exemple, au printemps 1981, la consigne est donnée aux services de police d'arrêter de contrôler spécifiquement les établissements homosexuels, ce qui était le quotidien de ces établissements : des descentes de police, des contrôles d'identité, des retenues aux postes, etc. Le ministre de l'Intérieur de l'époque donne consigne à la police d'arrêter de viser l'établissement, ce qui change beaucoup de la vie homosexuelle quotidienne.  
De même, les fichiers homosexuels qui existaient dans les services de police ou à la préfecture sont supprimés. Il y avait un fichage des homosexuels et ce fichage s'arrête et par ailleurs, les fichiers sont vraisemblablement détruits. Par ailleurs, la France annonce aussi en 1981 cessez de reconnaître la classification de l'homosexualité comme maladie mentale. Classification qui était celle de l'Organisation mondiale de la santé. Certains délits homosexuels sont amnistiés par une loi d'amnistie aussi prise à l'été 1981. Et puis, cet âge spécifique du consentement sexuel disparaît, lui. En 1982, à la suite d'un débat parlementaire un peu long d'ailleurs, parce que le Sénat s'oppose à l'époque à cette suppression.  

    
        
            Il me semble qu'ouvrir cette question du rôle de l'État dans la discrimination ou dans la perpétuation de la domination, c'est ouvrir un débat très large qu'il ne faut pas refermer trop vite
        
        
            Antoine Idier
        
    

Jusqu'où il faudra aller, du coup, pour être exhaustif ? Est ce qu'on s'est aujourd'hui totalement débarrassé de cette homophobie d'État ?  
C’est toute la question. Et ça me semble important de la poser à partir du moment où on interroge le rôle de l'État dans la perpétuation de l'homophobie. Jusqu'où aller, où commencer et où s'arrêter ? Or, tout le concours apporté par l'État à l'homophobie, ce n'est pas seulement en matière pénale, c'est bien plus large.  
Un exemple un peu un peu évident, c'est l'épidémie du sida. Quand les autorités de santé et l'Etat tardent à réagir à une épidémie qui vise avant tout les homosexuels, mais aussi d'autres groupes minoritaires, c'est une absence d'action qui, elle aussi, contribue à soutenir, encourager, perpétuer l'homophobie. De même, aujourd'hui, quand le système éducatif, le système scolaire, mais aussi le système de santé est si lent à réagir face au harcèlement, face à toutes les situations que vivent les homosexuel·le·s ou les personnes trans, là aussi, c'est une absence d'action des autorités publiques qui contribue à exposer des vies à la précarité, voire à la mort.  
De même, l'action de l'Etat a longtemps été une action de non-égalité des droits, de discrimination, que ce soit par exemple dans l'accès au mariage, dans l'accès à un ensemble de protection civile et légale. Et donc il me semble qu'ouvrir cette question du rôle de l'État dans la discrimination ou dans la perpétuation de la domination, c'est ouvrir un débat très large qu'il ne faut pas refermer trop vite.  
Avec toutes ces marches arrière sur le texte qui avait été initialement proposé, qu'est ce qui reste de la portée politique et symbolique de ce texte ? Est-ce qui reste tout de même important ?  
Le texte reste important. Il n'est pas définitif puisqu'il doit encore être examiné par l'Assemblée nationale et l'Assemblée nationale peut le modifier. J'insiste sur le fait qu'il ne faut surtout pas se contenter d'un texte réduit. On ne peut pas s’en contenter ou dire que c’est un premier pas. D'une part parce que ce serait écrire une version de l'histoire fausse et que d'autre part, il est certain qu'il n'y aura pas de deuxième loi de réparation, et que donc cette loi, elle est extrêmement importante. Après, évidemment, on peut s'interroger sur pourquoi un certain nombre de personnes, de parlementaires se satisfont d'une version édulcorée ou tronquée de l'histoire. Assurément, par ignorance pour certains, certains d'entre eux, peut être que pour d'autres, ça les arrange aussi de diminuer l'ampleur de cette répression, à la fois parce qu'ils ne peuvent pas la nier entièrement, mais qu'en même temps il ne s'agit pas de lui donner un espace trop important.  
Peut-être aussi qu’il y a une obsession, notamment dans les discours de droite, de la repentance, des dangers d’une relecture critique du passé qui menacerait l'unité nationale, le récit français, etc.  
Peut être qu'il est aussi important de dire quelque chose de l'autre côté, du côté des mouvements minoritaires et des questions qui nous préoccupent. Je me suis fait la réflexion moi-même parce que j'ai un peu pris la parole à diverses reprises en insistant sur toute la violence de cette répression.  
Il ne faut pas non plus que ce texte de loi et tout ce débat nous donne une image aussi faussée de l'histoire de l'homosexualité, dans le sens où l'histoire de l'homosexualité, ce n’est pas seulement une histoire de répression, ce n’est pas seulement une histoire de souffrances. Quand bien même ces souffrances ont été réelles. Ce n’est pas seulement une histoire de la violence, c'est aussi une histoire de résistances. C'est aussi une histoire de la constitution de modes de vie, de contre-cultures, de revendications politiques et culturelles. Et cette répression de l'homosexualité, aussi implacable a-t-elle été, n'a pas empêché des individus d'exister, de vivre, de militer, de s'organiser collectivement. Donc c'est aussi quelque chose qu'il faut garder à l'esprit quand on aborde cette histoire.  
La France est loin d'être le seul pays qui a criminalisé et réprimé les personnes homosexuelles par le passé. La Norvège et l'Allemagne, par exemple, ont fait des efforts pour reconnaître leurs responsabilités et tenter de réparer leur histoire homophobe. Est-ce que vous pouvez nous en dire un peu plus sur ces exemples ? 
Le cas de l'Allemagne est extrêmement intéressant à cet égard, parce que l'Allemagne a à la fois mis en place des réparations individuelles, des sommes d'argent versées aux personnes qui ont été condamnées. Mais il y a aussi prévu des formes de réparations collectives, peut on dire, qui s'adressent à la fois aux personnes visées, mais à toutes celles et ceux qui sont, qui ont été et sont encore visés par les LGBT phobies, à savoir la création d'une fondation, le Magnus Hirschfeld, qui à la fois œuvre à la reconnaissance, finance des recherches pour documenter et faire connaître toute la stigmatisation de l'homosexualité, finance des moyens de transmission de cette histoire et finance les luttes contre les LGBTphobie aujourd'hui. Et on pourrait dire que c'est aussi une manière de faire réparation et d'envisager plus généralement cette fête, cette reconnaissance symbolique et non symbolique et cette réparation vis à vis des minorités sexuelles. 
Ce qui est intéressant dans tous ces cas, c'est qu'on peut aussi tirer des leçons de ce qui a été fait. L'Allemagne, par exemple, avait adopté un premier texte un peu a minima aussi, et a élargi, en se rendant compte que ça n'était pas totalement satisfaisant, a élargi le spectre des condamnations couverts par ce texte.  
De même, ce que nous montrent les expériences allemandes, espagnoles ou anglaises, c'est qu'il faut réfléchir à la manière même dont les individus peuvent demander réparation. Je me base sur des recherches qu'avait présenté Flora Bolter, co-présidente de l'Observatoire LGTI+ de la Fondation Jean-Jaurès, qui a présenté ses travaux récemment. Elle soulignait que la complexité des formulaires ou des preuves à fournir, avait pu dissuader, dans certains cas, les demandes de réparations.  
De même, en Angleterre, une commission a été chargée de statuer sur les condamnations qui ouvraient ou pas le droit à réparation. Et cette commission a pu prendre des décisions assez surprenantes en excluant du champ de la réparation des faits qui pourtant, d'après des organisations militantes, méritaient réparation. Comme si il y avait une forme de retour du moralisme ou de considérer que des actes sexuels, notamment des actes sexuels en public, dans des parcs, dans des jardins, finalement avaient mérité condamnation ou ne méritaient pas réparation. C'est aussi ça que doivent nous apprendre ce que peuvent nous apprendre ces expériences européennes.  
Qu'est ce qu’on peut faire pour enjoindre les députés à s'emparer du sujet et à s'en emparer convenablement, puisque les sénateurices n'ont pas jugé utile d’auditionner le monde de la recherche sur ce sujet… 
On n’est même pas sûrs que cette loi soit examinée. Il faut encore que cette proposition de loi soit inscrite à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale. Et donc, une des questions qui reste, c’est de savoir qui va l'inscrire à l'ordre du jour, est-ce que c'est un groupe d'opposition comme au Sénat ? Est ce que ce sont les groupes majoritaires ? 
Il faut donc travailler à sensibiliser les parlementaires, par exemple en leur écrivant ou en les sollicitant pour qu'ils soient attentifs à cette question. Et puis, à mon sens, c'est d'alerter les parlementaires sur le caractère incomplet de cette proposition de loi, pour toutes les raisons que l'on vient d'évoquer. Et ça, c'est à la fois des simples individus comme vos auditeurs et vos auditrices par exemple, qui peuvent le faire, mais aussi des associations, des organisations LGBTI+, qui peuvent, il me semble, alerter aussi sur les lacunes ou les incomplétudes de cette proposition de loi. En tout cas, effectivement, il me semble extrêmement important que les parlementaires soient alerté·e·s sur les problèmes que pose cette proposition de loi. 
Vous disiez que, notamment en 2022, à l'occasion des 40 ans de la dépénalisation de l'homosexualité, il y avait eu aussi un travail pour rappeler à la société, de manière générale, qu'il y avait bien existé une répression de l'homosexualité, parce qu'aujourd'hui pourrait effectivement apparaître comme naturel, de faire preuve de tolérance, d'ouverture d'esprit. Et pourtant, cette histoire, elle a existé et elle continue aussi de se perpétuer à travers d'autres mécanismes, d'autres logiques de domination. Qu'est ce qu'il y a d'autre comme leviers d’action que cette proposition-là, pour continuer à rappeler cette histoire ? 
La proposition de loi n'est en effet qu'une petite partie de tout un débat historique et politique qui peut et doit avoir lieu. La question de la transmission de l'histoire. L'homosexualité est extrêmement centrale. Transmission par plusieurs moyens. Par exemple, quelle est la place aujourd'hui de l'histoire ? L'homosexualité dans les manuels scolaires? Quelle est la place de l'histoire de l'homosexualité dans ce qui est enseigné aux enfants des écoles, des collèges ou des lycées ? Par exemple, quelle est la place de l'histoire de l'homosexualité dans les programmes des institutions culturelles dans les grands musées ?  
Cette place est extrêmement réduite aujourd'hui. Il y a eu quelques initiatives récemment, mais c'est très récent et très timide. Donc c'est en cela que c'est une discussion plus large. Il y a aussi tout un débat sur la création de centres d'archives LGBTQI plus à Paris et dans d'autres villes. Ces centres existent par ailleurs aussi. Il y en a à Lyon, il y en a à Marseille, avec peu de moyens, il faut le dire. Et pourtant ce sont des lieux extrêmement importants, à la fois de conservation, de préservation, de collecte de l'histoire LGBTQI plus et aussi de la transmission vers un large public de cette histoire. Or, pour l'instant, ces questions historiques sont avant tout portées par les minorités sexuelles elles-mêmes, par des modes de transmission qu'on pourrait dire communautaires, liés à ces associations, ou par des chercheurs qui, par leurs livres, par la recherche, travaillent à transmettre cette recherche. Mais de fait, cette transmission est encore extrêmement partielle, alors qu'elle devrait être bien plus large. 


    Pour aller plus loin...
    
— « Les années clandestines », une série signée Ariane Chemin pour le journal Le Monde, qui réunit de nombreux témoignages d'hommes gays condamnés en raison de leur homosexualité. 
— Marcela Iacub, Par le trou de la serrure, Fayard, 2008 
— Gérard Noiriel, Les origines républicaines de Vichy, Hachette, 1999 


    L'équipe de l'émission
    
Présentation : Nathan Binet 
Réalisation : Colin Gruel 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 08 Dec 2023 00:00:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/repression-de-lhomosexualite-la-2023-12-08-dBuXS1de.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/repression-de-lhomosexualite-la-2023-12-08-dBuXS1de.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/nR1R-lhebdo-repression-de-lhomosexualite-la-loi-de-reparation-suffira-t-elle</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-XoybUZwEOk.jpg"/></item><item><title>L'HEBDO — Écriture inclusive : tout le monde déteste la police de caractère</title><description><![CDATA[
    Il y a quelques semaines, le Sénat votait le banissement de l&#039;écriture inclusive. Aujourd&#039;hui, dans Le Lobby, on se demande pourquoi la typographie est un vrai champ de bataille politique. 
    
Le point médian n&#039;en finit pas de faire parler de lui. Pourtant, il n&#039;est qu&#039;un des avatars de ce qu&#039;on appelle aujourd&#039;hui &quot;l&#039;écriture inclusive&quot;. Et si le lobby réactionnaire n&#039;a pas de peine à se faire entendre sur le sujet, le camp progressiste aussi a investi politiquement le champ de la typographie. 
Fondée en 2018, la collective belgo-française Bye Bye Binary propose de nouvelles typographies. Des polices de caractère inclusives qui ont pour but de dépasser la binarité de la langue française. Une binarité que le point médian ne permet pas toujours de transcender. 
Avec nous en studio, Camille Circlude, membre actif de la collective Bye Bye Binary. Ielle vient de publier La typographie post-binaire aux éditions B42. 

    
        
            La typographie, c&#039;est une technologie qui peut être émancipatrice.
        
        
            Camille Circlude
        
    


Quelle a été ta réaction à la proposition de loi française visant à interdire l&#039;écriture inclusive qui n&#039;a pas encore été adoptée mais que le Sénat a votée ?  
Camille Circlude : Eh bien on vous envie pas ! Ça fait un moment que ces propositions sont dans les bagages des sénateurices, donc c&#039;était pas super surprenant. Maintenant c&#039;est vrai qu&#039;en Belgique on regarde ça avec un œil assez interrogateur parce qu&#039;on a pas mal d&#039;initiatives du gouvernement belge qui vont dans le bon sens en fait, il a même distribué à tous ses fonctionnaires un petit guide pour aider à écrire en inclusif ! 
Parlons de la collective Bye Bye Binary, dont tu es membre, et qui vient de fêter ses 5 ans. Vous la décrivez comme une “expérimentation pédagogique, une communauté, un atelier de création typographique variable, un réseau et une alliance.” Quand vous dites que c&#039;est une alliance, qu&#039;est ce que vous entendez par là ? Est ce que c&#039;est sur le fonctionnement formel de la collective ? Vous mettez en commun vos ressources ou est ce que c&#039;est une alliance plutôt politique ?  
Camille Circlude : Les deux, j&#039;ai envie de dire. En effet, on met en commun plein de ressources, on travaille avec un espace hébergé, un cloud. Dans lequel on met plein de choses. Donc en effet, on s&#039;allie sur les ressources dans la communauté de pensée, mais aussi, oui, une alliance politique. Parce qu&#039;en fait, on a remarqué au tout début dans les chercheureuses autour de ces questions sur l&#039;écriture inclusive d&#039;abord, et la typographie ensuite, que les initiatives étaient parfois menées par des personnes qui sont isolées dans leur contexte et qu&#039;il était nécessaire d&#039;avoir des alliances pour s’empuissancer tout simplement. 
Pourquoi c&#039;était nécessaire d&#039;investir politiquement le champ de la typographie ?  
Camille Circlude : Parce qu’il découle du champ politique du langage. C&#039;est un outil politique qui véhicule des positionnements politiques. La langue, contrairement à ce qu&#039;on veut nous faire croire, n&#039;est pas neutre. Elle est située. Et donc la typographie également. Le dessin typographique en tant que tel a d&#039;ailleurs servi des entreprises politiques. Donc la typographie, c&#039;est un outil, une technologie qui peut être politique et qui peut être émancipatrice. 
Vous avez développé une typothèque où on retrouve tout un tas de typographies, donc de polices de caractères qu&#039;on peut librement installer sur son ordinateur. Est-ce que tu peux nous décrire quelques unes de ces polices pour qu&#039;on ait une idée de ce à quoi ça ressemble ?  
Camille Circlude : Alors oui, il y en a une dizaine qui sont disponibles en open source et gratuitement. Bien sûr, nous acceptons les dons parce que c&#039;est un grand nombre d&#039;heures de recherche pour obtenir cette typothèque ! 
Donc en fait, ce sont des caractères typographiques qu&#039;on peut télécharger, installer sur son ordinateur et utiliser dans tout type de logiciel de traitement texte et de mise en page. La particularité, c&#039;est que ces caractères typographiques contiennent ce qu&#039;on appelle des ligatures qui permettent de fusionner des caractères typographiques, et plus spécifiquement, dans ce qui nous occupe, des formes masculines et féminines, et qui sont une alternative au fameux point médian si controversé.  
Par exemple pour amoureux/amoureuse, on va avoir un &quot;xse&quot; qui est lié et qui va pouvoir apparaître à l&#039;écran. Donc c&#039;est un caractère qui n&#039;existe pas encore sur les claviers et donc pour l&#039;appeler, pour faciliter sa saisie, on utilise justement ce point médian et on a un effet révélateur en fait, lorsqu&#039;on écrit, lorsqu&#039;on utilise les fonts, à la saisie. Une fois qu&#039;on a saisi le point médian, ce &quot;xse&quot; qui apparaît.  

    
        
        
    

Dans les typographies qui sont disponibles sur la typothèque, la plupart ont une cinquantaine de ligatures inclusives, puisque c&#039;est ce qui permet de couvrir l&#039;ensemble des suffixes genrés de la langue française, qui est particulièrement genrée puisqu&#039;il y a les accords en adjectifs et au pluriel qui sont nécessaires dans la langue.  
Depuis quelques temps, on a beaucoup vu dans les milieux queer les designs de Roxane Maillet, qui fait partie de la collective, qui a par exemple participé au catalogue de l&#039;exposition “Exposé.e.s” proposé par Elisabeth Lebovici au Palais de Tokyo en début d&#039;année. Et on a aussi vu sur des matières textiles par exemple, comme sur les écharpes de l&#039;équipe de foot des Cacahuètes Sluts, est ce que toi tu as des supports de prédilection ?  
C&#039;est vrai qu&#039;on aime bien les écharpes ! J&#039;ai aussi fait des écharpes avec un “Iel te dit je t&#039;aime” dessus. C’est un petit projet que j&#039;ai au sein de la collective qui vise à dessiner un glyphe, une ligature — glyphe, caractère, typographie c’est la même chose —, avec un “iel” pour inciter les dessinateurices de caractères typographiques à participer au projet.  
Donc ce petit “iel te dit je t&#039;aime” s&#039;est retrouvé sur une écharpe. Au sein de la collective Bye Bye Binary, on utilise aussi pas mal le drapeau. On a fait de nombreuses de propositions artistiques qui se sont retrouvées exposées à divers endroits comme au CAC Brétigny ou au Centre Pompidou qui sont des drapeaux évidemment issus de la militance. Le drapeau comme objet de revendication et qui permet d&#039;accueillir des expérimentations graphiques et typographiques. 
Dans les faits, les typographies dont tu parles, c&#039;est pas forcément simple de s&#039;en emparer pour quelqu&#039;un qui n&#039;est pas familier.ère. Par exemple, je ne peux pas écrire sur mon téléphone en typographie post-binaire pour l&#039;instant. Est ce que ton travail a vocation à toucher un large public ? Et surtout, comment on fait pour que les non-initié.e.s s&#039;emparent de cette typographie ? 
Alors c&#039;est une question intéressante parce qu&#039;en fait c&#039;est très accessible et tout le monde peut s&#039;en emparer. C’est juste qu&#039;il y a des défis techniques qui sont pas encore tous réglés. En téléchargeant la font et en l&#039;installant sur votre ordinateur, vous pouvez l&#039;utiliser. Toute une chaquine peut totalement utiliser ces formes. Elles sont gratuites en open source et donc il n&#039;y a aucun souci en termes de fonctionnalités.  
Après si on parle du cas du téléphone, ça c&#039;est autre chose parce que le choix typographique qui se passe sur ton téléphone dépend des multinationales qui mettent ces téléphones en vente et de ce qu&#039;on appelle l&#039;Unicode, qui permet que ce soit visible sur tous les claviers. Il faudrait que nos caractères typographiques soient embarqués à ces endroits-là. Moi je pense que, à terme, c&#039;est possible. En tout cas techniquement il n&#039;y a pas d&#039;obstacle. Il faut juste que les GAFAM en fait, implémentent ces choses dans les téléphones, etc. Donc on n&#039;y est pas, mais…  
On peut leur envoyer des mails pour leur demander ?  
On peut envoyer des mails au consortium Unicode, oui ! (Rires) Unicode qu&#039;on travaille quand même, parce que du coup, pour rendre les typographies compatibles entre elles et qu&#039;on puisse passer d&#039;une font à une autre, on a travaillé à un système qu&#039;on appelle le QUNI, le Queer Unicode Initiative, qui permet de se concerter entre dessinateurices de caractères pour aller placer dans l&#039;Unicode au même endroit la ligature &quot;xse&quot; par exemple, pour qu&#039;elle soit toujours accessible. C&#039;est ce qui permet à tout une chaquine de se servir de la typographie en fait.  

    
        
            Si on met des lunettes post-binaires, alors on essaye de regarder le monde en dehors de ce prisme de la différence sexuelle masculin/féminin, et on essaye de voir au-delà. C&#039;est une position politique d&#039;énonciation de soi que toute une chaquine peut adopter
        
        
            Camille Circlude
        
    

Dans un court texte qui s&#039;appelle “Préconisations pour un langage inclusif”, Elianne Viennot écrit : « Ce n&#039;est pas la langue française qui est sexiste, ce sont ses locuteurs et locutrices. Qui ne sont pas responsables de ce qu&#039;on leur a mis dans la tête, mais de ce qu&#039;elles et ils en font ». Est ce que tu es d&#039;accord avec elle ? 
Oui !Alors Éliane Viennot, elle parle aussi d&#039;un point de vue d&#039;historienne et donc elle a fait un travail conséquent et important dans son livre Non, le masculin ne l&#039;emporte pas sur le féminin (Éditions iXe, 2014), où elle revenait sur des formes préexistantes à la masculinisation du français, principalement sur les noms de métiers, mais pas que. Elle a aussi remis au goût du jour l&#039;accord de proximité, par exemple. Et donc elle parle de ce point de vue historique.  
Et en fait, elle dit que dans la langue française, on a à peu près tout ce qui est nécessaire pour éviter des formes de sexisme. Par contre, elle ne parle pas de toutes les personnes sexisé.e.s. Elle s&#039;attache principalement aux formes féminines et à la valorisation des formes féminines, alors que moi je vais quand même parler aussi d&#039;autres formes qui concernent des personnes qui ne se retrouvent pas dans cette binarité du genre, qui ne se retrouve ni dans le masculin ni dans le féminin non plus.  
L&#039;idée, c&#039;était aussi de travailler à des formes et langagières et typographiques qui mélangent ces formes masculines et féminines pour permettre à des identités agenres, genderfluid, genderfuck ou à des personnes en transition ou non-binaires de se retrouver représentées dans l&#039;espace de l&#039;écriture et du langage. 

    
        
        
    

Tu écris dans l&#039;introduction de ton livre, La typographie post-binaire (Éditions B42, 2023) : “Les canons typographiques dont nous sommes les héritières aujourd&#039;hui peuvent être vus comme ceux de l&#039;hétéropatriarcat”. Tu cites notamment de nombreux ouvrages écrits par des hommes, qui sont toujours ceux que l&#039;on cite, alors que pourtant de nombreuses femmes et/ou personnes queers ont participé à l&#039;histoire de la typographie. Et je voulais te demander est ce que là, comme ça, tu peux nous parler d&#039;une figure qui t&#039;a particulièrement marquée au long de tes recherches ? Moi, je ne connaissais pas du tout l&#039;Américaine Jane Grabhorn, par exemple, qui a fondé sa propre maison d&#039;édition, Jumbo Press.  
Oui, il y a plein d&#039;exemples en fait dans l&#039;histoire. L&#039;histoire de la typographie a aussi tendance à l&#039;invisibilisation des femmes et minorités de genre, comme un peu en fait, dans tous les domaines. Malheureusement, le constat est le même partout.  
Dans le livre, je parle aussi de Carol Twombly qui a dessiné quand même les fonts Trajan, Myriad, et la Caslon… la Myriad a été embarquée sur plein de logiciels, etc. C&#039;est une fonte que les personnes utilisent régulièrement et qui, par exemple, n&#039;était pas citée du tout dans le livre La typographie moderne, qui est paru chez le même éditeur que mon livre. Et donc je m&#039;amuse de ce constat. C&#039;est pas drôle en même temps, mais je m&#039;amuse un peu de ce parallélisme entre la typographie moderne et la typographie post-binaire. 
Tu mobilises notamment le concept de “post-binarisme politique”. Qu&#039;est ce que c&#039;est ?  
Je peux simplifier ça en disant que c&#039;est une façon de voir le monde. J&#039;ai repris un master en études de genre et dans le cadre de ce master, on nous avait demandé d&#039;essayer de créer un concept philosophique. Et donc j&#039;ai introduit cette notion de “post-binarisme politique” que je découle en fait du lesbianisme politique de Monique Wittig et d&#039;Adrienne Rich des années 1980, où là, l&#039;idée c&#039;était vraiment de dire : peu importe ses pratiques, toute personne qui se considère comme lesbienne peut prendre en compte le monde de ce point de vue et du coup voir les problèmes systémiques qui sont liés à cette position. Et en fait, là c&#039;est un peu la même idée. C&#039;est-à-dire que si on met des lunettes post-binaires, alors on essaye de regarder le monde en dehors de ce prisme de la différence sexuelle masculin/féminin, et on essaye de voir au-delà. C&#039;est une position politique d&#039;énonciation de soi que toute une chaquine peut adopter.  
Et toi, ça t’as pris combien de temps à mettre en place une autre manière de te genrer ? Je ne parle pas forcément ici d&#039;un changement de pronoms binaires justement, qui peut accompagner une transition de genre par exemple, mais carrément le fait d&#039;inventer des mots ou des pronoms pour soi et de les utiliser à l&#039;écrit comme à l&#039;oral.  
C’est un chemin de transitude que pour le coup, moi j&#039;ai aussi vécu en groupe, avec plusieurs membres de la collective Bye Bye Binary qui ont aussi expérimenté sur leurs prénoms, pronoms et les accords. D&#039;ailleurs c&#039;est quelque chose qui est encore en changement, pour moi. Donc là je fais mes accords au masculin pour le moment, mais ça peut très bien changer et j&#039;aime aussi beaucoup parler en Acadam qui est notre grammaire, notre petit précis de grammaire pour une langue non binaire… Par exemple quand je dit &quot;toute une chaquine&quot;, ce sont des suffixes non-genrés qui sont audibles à l&#039;oral. Enfin, pour moi ça a été assez long, mais c&#039;est c&#039;est toujours en cours, c&#039;est pas quelque chose qui est terminé. 
Et je trouve ça assez intéressant parce que dans la proposition de loi dont je parlais tout à l&#039;heure, qui vise à interdire l&#039;écriture inclusive, ce qui est visé, c&#039;est en partie les pronoms dits neutres “tels que illes, pour, ils, elles, il ou elle ou celleux pour ceux et celles.” Et donc on voit qu&#039;on est déjà très frileuxes à l&#039;idée d&#039;utiliser des pronoms inclusifs binaires, et toi tu en inventes carrément des nouveaux ! 
Dans les débts sur la proposition de loi, ils ont quand même fait resurgir le “ul”, ce qui m&#039;a vraiment inquiété. Je me suis dit &quot;Ils sont au courant pour le &quot;ul&quot; ? Mince alors !&quot;  
Mais en fait ils ne peuvent pas faire ça. On ne peut pas interdire aux gens de parler leur langue. La langue appartient aux locuteurices et il n&#039;y a que les usages qui feront rentrer les choses dans les dictionnaires. C&#039;est bien pour ça que le pronom iel est rentré dans le Robert il y a deux ans. Et ce n&#039;est pas une loi qui peut interdire ou contenir ça. Ce serait comme interdire l&#039;argot ou interdire des langages, mais qui légifère là-dessus ?  
Tu as dit tout à l&#039;heure que tu avais repris un master en études de genre. Je voulais savoir si les thèmes de la binarité de genre justement et de son expression dans la langue, ce sont des thèmes auxquels tu es venu par une approche plutôt universitaire ou est ce que c&#039;est d&#039;abord par l&#039;art, le graphisme comme tu le fais aujourd&#039;hui que tu t’y es intéressé ? 
L&#039;université ne m&#039;a pas appris tout ça, non. Le cadre de l&#039;université m&#039;a juste permis de donner un cadre théorique à mon travail et du coup de blinder un peu mon livre de plein de références et de pouvoir référencer et avoir un bagage théorique qui m&#039;accompagne, avec qui penser, des chercheureuses avec qui penser, qui m&#039;ont précédé, ça c&#039;est certain.  
Par contre, un cadre non-binaire, déjà à l&#039;université c&#039;était très compliqué, on m’a mégenré, mépronomé tout le cursus, donc non. Je suis venu à ça par l&#039;expérience, et par tout ce que j&#039;ai pu vivre avec la collective Bye Bye Binary depuis 2018. Donc par le graphisme, mais par aussi la communauté de pensée qu&#039;on a entre nous puisqu&#039;on est une vingtaine dans la collective : il y a des penseureuses, des autrices, des chercheureuses, des graphistes, des typographes, des dessinateurices de caractères. Et c&#039;est ce mélange, et toute cette pratique au quotidien qui m&#039;a fait aboutir à cet ouvrage, et aussi tout ce qui me traverse dans les engagements politiques en dehors de la collective sur certains sujets.  
Qu&#039;est ce que ça ajoute de matérialiser tes recherches qui sont déjà largement disponibles en ligne avec celles de la collective par un livre ?  
Pourquoi pas ? Le fait d’avoir un objet livre, ça reste un endroit de production du savoir qui est valorisé et important et que c&#039;est aussi un endroit où… pourquoi laisser cet espace toujours au même type de personnes ? Pourquoi pas s&#039;emparer de ces espaces ?  
Dans le livre, je parle beaucoup de messy history et de pratiques en marge, etc. Mais la publication d&#039;un livre reste un endroit de validation et en fait c&#039;est pas incompatible. On a besoin d’endroits de validation et on a besoin de messy history, c&#039;est-à-dire de pratiques en marge. Les deux sont pas incompatibles et c&#039;est pour ça aussi que dans l&#039;accompagnement de ce livre, j&#039;essaye d&#039;avoir toujours une pratique de la collective, même si c&#039;est mon nom qui est écrit dessus parce que j&#039;en suis l&#039;auteur. J&#039;essaie d&#039;être en conversation dès que je peux, dans les moments en public, avec mes adelphes de la collective ou de ramener pas mal de citations. Voilà, ça c&#039;est vraiment super important pour moi. 
Et d&#039;ailleurs, dans le livre, il y a pas mal de photos de vos travaux communs et même une photo de certains membres de la collective. Et le chapitre 9, il porte un très beau titre je trouve : “Prolifération, contamination, irrigation souterraine et pollinisation” de toutes ces recherches. Quels arguments tu donnerais à quelqu&#039;un.e pour l&#039;inciter à lire ton livre, à s&#039;intéresser à la typographie post-binaire et surtout à l&#039;utiliser ? 
Ce sont des questions qui concernent chaque personne qui écrit, qui lit et qui parle. Donc en fait, je crois que c&#039;est le meilleur argument pour avoir envie de lire ce livre. Ça nous concerne toustes puisqu&#039;a priori on parle, tout le monde n&#039;écrit pas, mais on utilise en tout cas le langage. Ça me semble quand même super important que ça puisse être repris et utilisé par plein plein de personnes. 
Et je voulais prendre un peu de temps pour parler de la maison d&#039;édition qui t&#039;a publié, parce qu&#039;on parle de typographie, de graphie et donc d&#039;édition. Les éditions B42 ont aussi publié beaucoup de travaux de typographes, de graphistes. C&#039;était donc naturel de te tourner vers elleux ?  
Comme le sujet était quand même autour du graphisme et de la typographie, c&#039;est la maison d&#039;édition qui a le plus de visibilité sur cet axe-là. Il faut dire quand même que j&#039;avais envoyé mon manuscrit à différentes maisons d&#039;édition, et j&#039;ai reçu plusieurs réponses, donc c&#039;était très très flatteur. Apparemment, ça arrive pas à tout le monde donc voilà... Mais disons qu&#039;avec cet axe sur la typographie, ça permettait de mettre ses recherches vraiment dans le champ graphique et typographique, bien que ce soit aussi un essai philosophique et sociolinguistique dans la première moitié du livre.  
Mais comme il y avait aussi cette collection “Culture” aux éditions B42 qui publie le texte de Sarah Schulman, et aussi des textes féministes engagés, avec aussi un protocole de traduction assez important aussi puisqu&#039;on sait que, en français, il manque énormément de textes venant de l&#039;anglais qui n&#039;ont pas été traduits parfois depuis 30 ans... Donc il y avait cette dynamique quand même et cet intérêt pour les questions féministes. Et donc ça semblait le perfect match pour allier graphisme, typographie et questions de genre et féminisme. 
Et pour finir, est ce que tu aurais des petites recommandations non binaires belges? Ça peut être un lieu, un livre, un film, quelque chose qui t&#039;a marqué récemment ou quelque chose qui pourrait donner à quelqu&#039;un ou à quelqu&#039;une envie de faire un petit séjour en Belgique... 
Il y a un endroit qui s&#039;appelle Naast Monique qui est super intéressant. C&#039;est des personnes de TPBG queers qui font plein plein de choses, de l&#039;atelier de réparation de vélo à des soirées, des verres, des apéros, des ateliers. Il y a aussi un collectif là-bas qui collecte des archives queers. Donc je conseillerais de regarder ce qui se passe à Naast Monique, si vous êtes  à Bruxelles pour le week-end ! 


    Références citées dans l&#039;émission
    
- Le site de la collective belgo-française Bye Bye Binary : https://genderfluid.space/  
- La typothèque, avec plein de polices de caractère post-binaires à télécharger librement : https://typotheque.genderfluid.space/  
- Le texte de la proposition de loi &quot;visant à protéger la langue française des dérives de l’écriture inclusive” : https://www.vie-publique.fr/loi/291600-interdiction-de-lecriture-inclusive-proposition-de-loi  
- Le site de Camille Circlude où on peut suivre ses projets : http://camillecirclude.be/ 
- &quot;Préconisations&quot;, un article d&#039;Eliane Viennot, autrice de Non, le masculin ne l&#039;emporte pas sur le féminin ! (iXe, 2014) : https://www.elianeviennot.fr/Langue/preconisations.pdf   
- Compte instagram de l’équipe de football Cachuètes Sluts : https://www.instagram.com/cacahuetessluts/  


    L&#039;équipe de l&#039;émission
    
Présentation : Zoé Monrozier 
Réalisation : Colin Gruel 
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    Il y a quelques semaines, le Sénat votait le banissement de l'écriture inclusive. Aujourd'hui, dans Le Lobby, on se demande pourquoi la typographie est un vrai champ de bataille politique. 
    
Le point médian n'en finit pas de faire parler de lui. Pourtant, il n'est qu'un des avatars de ce qu'on appelle aujourd'hui "l'écriture inclusive". Et si le lobby réactionnaire n'a pas de peine à se faire entendre sur le sujet, le camp progressiste aussi a investi politiquement le champ de la typographie. 
Fondée en 2018, la collective belgo-française Bye Bye Binary propose de nouvelles typographies. Des polices de caractère inclusives qui ont pour but de dépasser la binarité de la langue française. Une binarité que le point médian ne permet pas toujours de transcender. 
Avec nous en studio, Camille Circlude, membre actif de la collective Bye Bye Binary. Ielle vient de publier La typographie post-binaire aux éditions B42. 

    
        
            La typographie, c'est une technologie qui peut être émancipatrice.
        
        
            Camille Circlude
        
    


Quelle a été ta réaction à la proposition de loi française visant à interdire l'écriture inclusive qui n'a pas encore été adoptée mais que le Sénat a votée ?  
Camille Circlude : Eh bien on vous envie pas ! Ça fait un moment que ces propositions sont dans les bagages des sénateurices, donc c'était pas super surprenant. Maintenant c'est vrai qu'en Belgique on regarde ça avec un œil assez interrogateur parce qu'on a pas mal d'initiatives du gouvernement belge qui vont dans le bon sens en fait, il a même distribué à tous ses fonctionnaires un petit guide pour aider à écrire en inclusif ! 
Parlons de la collective Bye Bye Binary, dont tu es membre, et qui vient de fêter ses 5 ans. Vous la décrivez comme une “expérimentation pédagogique, une communauté, un atelier de création typographique variable, un réseau et une alliance.” Quand vous dites que c'est une alliance, qu'est ce que vous entendez par là ? Est ce que c'est sur le fonctionnement formel de la collective ? Vous mettez en commun vos ressources ou est ce que c'est une alliance plutôt politique ?  
Camille Circlude : Les deux, j'ai envie de dire. En effet, on met en commun plein de ressources, on travaille avec un espace hébergé, un cloud. Dans lequel on met plein de choses. Donc en effet, on s'allie sur les ressources dans la communauté de pensée, mais aussi, oui, une alliance politique. Parce qu'en fait, on a remarqué au tout début dans les chercheureuses autour de ces questions sur l'écriture inclusive d'abord, et la typographie ensuite, que les initiatives étaient parfois menées par des personnes qui sont isolées dans leur contexte et qu'il était nécessaire d'avoir des alliances pour s’empuissancer tout simplement. 
Pourquoi c'était nécessaire d'investir politiquement le champ de la typographie ?  
Camille Circlude : Parce qu’il découle du champ politique du langage. C'est un outil politique qui véhicule des positionnements politiques. La langue, contrairement à ce qu'on veut nous faire croire, n'est pas neutre. Elle est située. Et donc la typographie également. Le dessin typographique en tant que tel a d'ailleurs servi des entreprises politiques. Donc la typographie, c'est un outil, une technologie qui peut être politique et qui peut être émancipatrice. 
Vous avez développé une typothèque où on retrouve tout un tas de typographies, donc de polices de caractères qu'on peut librement installer sur son ordinateur. Est-ce que tu peux nous décrire quelques unes de ces polices pour qu'on ait une idée de ce à quoi ça ressemble ?  
Camille Circlude : Alors oui, il y en a une dizaine qui sont disponibles en open source et gratuitement. Bien sûr, nous acceptons les dons parce que c'est un grand nombre d'heures de recherche pour obtenir cette typothèque ! 
Donc en fait, ce sont des caractères typographiques qu'on peut télécharger, installer sur son ordinateur et utiliser dans tout type de logiciel de traitement texte et de mise en page. La particularité, c'est que ces caractères typographiques contiennent ce qu'on appelle des ligatures qui permettent de fusionner des caractères typographiques, et plus spécifiquement, dans ce qui nous occupe, des formes masculines et féminines, et qui sont une alternative au fameux point médian si controversé.  
Par exemple pour amoureux/amoureuse, on va avoir un "xse" qui est lié et qui va pouvoir apparaître à l'écran. Donc c'est un caractère qui n'existe pas encore sur les claviers et donc pour l'appeler, pour faciliter sa saisie, on utilise justement ce point médian et on a un effet révélateur en fait, lorsqu'on écrit, lorsqu'on utilise les fonts, à la saisie. Une fois qu'on a saisi le point médian, ce "xse" qui apparaît.  

    
        
        
    

Dans les typographies qui sont disponibles sur la typothèque, la plupart ont une cinquantaine de ligatures inclusives, puisque c'est ce qui permet de couvrir l'ensemble des suffixes genrés de la langue française, qui est particulièrement genrée puisqu'il y a les accords en adjectifs et au pluriel qui sont nécessaires dans la langue.  
Depuis quelques temps, on a beaucoup vu dans les milieux queer les designs de Roxane Maillet, qui fait partie de la collective, qui a par exemple participé au catalogue de l'exposition “Exposé.e.s” proposé par Elisabeth Lebovici au Palais de Tokyo en début d'année. Et on a aussi vu sur des matières textiles par exemple, comme sur les écharpes de l'équipe de foot des Cacahuètes Sluts, est ce que toi tu as des supports de prédilection ?  
C'est vrai qu'on aime bien les écharpes ! J'ai aussi fait des écharpes avec un “Iel te dit je t'aime” dessus. C’est un petit projet que j'ai au sein de la collective qui vise à dessiner un glyphe, une ligature — glyphe, caractère, typographie c’est la même chose —, avec un “iel” pour inciter les dessinateurices de caractères typographiques à participer au projet.  
Donc ce petit “iel te dit je t'aime” s'est retrouvé sur une écharpe. Au sein de la collective Bye Bye Binary, on utilise aussi pas mal le drapeau. On a fait de nombreuses de propositions artistiques qui se sont retrouvées exposées à divers endroits comme au CAC Brétigny ou au Centre Pompidou qui sont des drapeaux évidemment issus de la militance. Le drapeau comme objet de revendication et qui permet d'accueillir des expérimentations graphiques et typographiques. 
Dans les faits, les typographies dont tu parles, c'est pas forcément simple de s'en emparer pour quelqu'un qui n'est pas familier.ère. Par exemple, je ne peux pas écrire sur mon téléphone en typographie post-binaire pour l'instant. Est ce que ton travail a vocation à toucher un large public ? Et surtout, comment on fait pour que les non-initié.e.s s'emparent de cette typographie ? 
Alors c'est une question intéressante parce qu'en fait c'est très accessible et tout le monde peut s'en emparer. C’est juste qu'il y a des défis techniques qui sont pas encore tous réglés. En téléchargeant la font et en l'installant sur votre ordinateur, vous pouvez l'utiliser. Toute une chaquine peut totalement utiliser ces formes. Elles sont gratuites en open source et donc il n'y a aucun souci en termes de fonctionnalités.  
Après si on parle du cas du téléphone, ça c'est autre chose parce que le choix typographique qui se passe sur ton téléphone dépend des multinationales qui mettent ces téléphones en vente et de ce qu'on appelle l'Unicode, qui permet que ce soit visible sur tous les claviers. Il faudrait que nos caractères typographiques soient embarqués à ces endroits-là. Moi je pense que, à terme, c'est possible. En tout cas techniquement il n'y a pas d'obstacle. Il faut juste que les GAFAM en fait, implémentent ces choses dans les téléphones, etc. Donc on n'y est pas, mais…  
On peut leur envoyer des mails pour leur demander ?  
On peut envoyer des mails au consortium Unicode, oui ! (Rires) Unicode qu'on travaille quand même, parce que du coup, pour rendre les typographies compatibles entre elles et qu'on puisse passer d'une font à une autre, on a travaillé à un système qu'on appelle le QUNI, le Queer Unicode Initiative, qui permet de se concerter entre dessinateurices de caractères pour aller placer dans l'Unicode au même endroit la ligature "xse" par exemple, pour qu'elle soit toujours accessible. C'est ce qui permet à tout une chaquine de se servir de la typographie en fait.  

    
        
            Si on met des lunettes post-binaires, alors on essaye de regarder le monde en dehors de ce prisme de la différence sexuelle masculin/féminin, et on essaye de voir au-delà. C'est une position politique d'énonciation de soi que toute une chaquine peut adopter
        
        
            Camille Circlude
        
    

Dans un court texte qui s'appelle “Préconisations pour un langage inclusif”, Elianne Viennot écrit : « Ce n'est pas la langue française qui est sexiste, ce sont ses locuteurs et locutrices. Qui ne sont pas responsables de ce qu'on leur a mis dans la tête, mais de ce qu'elles et ils en font ». Est ce que tu es d'accord avec elle ? 
Oui !Alors Éliane Viennot, elle parle aussi d'un point de vue d'historienne et donc elle a fait un travail conséquent et important dans son livre Non, le masculin ne l'emporte pas sur le féminin (Éditions iXe, 2014), où elle revenait sur des formes préexistantes à la masculinisation du français, principalement sur les noms de métiers, mais pas que. Elle a aussi remis au goût du jour l'accord de proximité, par exemple. Et donc elle parle de ce point de vue historique.  
Et en fait, elle dit que dans la langue française, on a à peu près tout ce qui est nécessaire pour éviter des formes de sexisme. Par contre, elle ne parle pas de toutes les personnes sexisé.e.s. Elle s'attache principalement aux formes féminines et à la valorisation des formes féminines, alors que moi je vais quand même parler aussi d'autres formes qui concernent des personnes qui ne se retrouvent pas dans cette binarité du genre, qui ne se retrouve ni dans le masculin ni dans le féminin non plus.  
L'idée, c'était aussi de travailler à des formes et langagières et typographiques qui mélangent ces formes masculines et féminines pour permettre à des identités agenres, genderfluid, genderfuck ou à des personnes en transition ou non-binaires de se retrouver représentées dans l'espace de l'écriture et du langage. 

    
        
        
    

Tu écris dans l'introduction de ton livre, La typographie post-binaire (Éditions B42, 2023) : “Les canons typographiques dont nous sommes les héritières aujourd'hui peuvent être vus comme ceux de l'hétéropatriarcat”. Tu cites notamment de nombreux ouvrages écrits par des hommes, qui sont toujours ceux que l'on cite, alors que pourtant de nombreuses femmes et/ou personnes queers ont participé à l'histoire de la typographie. Et je voulais te demander est ce que là, comme ça, tu peux nous parler d'une figure qui t'a particulièrement marquée au long de tes recherches ? Moi, je ne connaissais pas du tout l'Américaine Jane Grabhorn, par exemple, qui a fondé sa propre maison d'édition, Jumbo Press.  
Oui, il y a plein d'exemples en fait dans l'histoire. L'histoire de la typographie a aussi tendance à l'invisibilisation des femmes et minorités de genre, comme un peu en fait, dans tous les domaines. Malheureusement, le constat est le même partout.  
Dans le livre, je parle aussi de Carol Twombly qui a dessiné quand même les fonts Trajan, Myriad, et la Caslon… la Myriad a été embarquée sur plein de logiciels, etc. C'est une fonte que les personnes utilisent régulièrement et qui, par exemple, n'était pas citée du tout dans le livre La typographie moderne, qui est paru chez le même éditeur que mon livre. Et donc je m'amuse de ce constat. C'est pas drôle en même temps, mais je m'amuse un peu de ce parallélisme entre la typographie moderne et la typographie post-binaire. 
Tu mobilises notamment le concept de “post-binarisme politique”. Qu'est ce que c'est ?  
Je peux simplifier ça en disant que c'est une façon de voir le monde. J'ai repris un master en études de genre et dans le cadre de ce master, on nous avait demandé d'essayer de créer un concept philosophique. Et donc j'ai introduit cette notion de “post-binarisme politique” que je découle en fait du lesbianisme politique de Monique Wittig et d'Adrienne Rich des années 1980, où là, l'idée c'était vraiment de dire : peu importe ses pratiques, toute personne qui se considère comme lesbienne peut prendre en compte le monde de ce point de vue et du coup voir les problèmes systémiques qui sont liés à cette position. Et en fait, là c'est un peu la même idée. C'est-à-dire que si on met des lunettes post-binaires, alors on essaye de regarder le monde en dehors de ce prisme de la différence sexuelle masculin/féminin, et on essaye de voir au-delà. C'est une position politique d'énonciation de soi que toute une chaquine peut adopter.  
Et toi, ça t’as pris combien de temps à mettre en place une autre manière de te genrer ? Je ne parle pas forcément ici d'un changement de pronoms binaires justement, qui peut accompagner une transition de genre par exemple, mais carrément le fait d'inventer des mots ou des pronoms pour soi et de les utiliser à l'écrit comme à l'oral.  
C’est un chemin de transitude que pour le coup, moi j'ai aussi vécu en groupe, avec plusieurs membres de la collective Bye Bye Binary qui ont aussi expérimenté sur leurs prénoms, pronoms et les accords. D'ailleurs c'est quelque chose qui est encore en changement, pour moi. Donc là je fais mes accords au masculin pour le moment, mais ça peut très bien changer et j'aime aussi beaucoup parler en Acadam qui est notre grammaire, notre petit précis de grammaire pour une langue non binaire… Par exemple quand je dit "toute une chaquine", ce sont des suffixes non-genrés qui sont audibles à l'oral. Enfin, pour moi ça a été assez long, mais c'est c'est toujours en cours, c'est pas quelque chose qui est terminé. 
Et je trouve ça assez intéressant parce que dans la proposition de loi dont je parlais tout à l'heure, qui vise à interdire l'écriture inclusive, ce qui est visé, c'est en partie les pronoms dits neutres “tels que illes, pour, ils, elles, il ou elle ou celleux pour ceux et celles.” Et donc on voit qu'on est déjà très frileuxes à l'idée d'utiliser des pronoms inclusifs binaires, et toi tu en inventes carrément des nouveaux ! 
Dans les débts sur la proposition de loi, ils ont quand même fait resurgir le “ul”, ce qui m'a vraiment inquiété. Je me suis dit "Ils sont au courant pour le "ul" ? Mince alors !"  
Mais en fait ils ne peuvent pas faire ça. On ne peut pas interdire aux gens de parler leur langue. La langue appartient aux locuteurices et il n'y a que les usages qui feront rentrer les choses dans les dictionnaires. C'est bien pour ça que le pronom iel est rentré dans le Robert il y a deux ans. Et ce n'est pas une loi qui peut interdire ou contenir ça. Ce serait comme interdire l'argot ou interdire des langages, mais qui légifère là-dessus ?  
Tu as dit tout à l'heure que tu avais repris un master en études de genre. Je voulais savoir si les thèmes de la binarité de genre justement et de son expression dans la langue, ce sont des thèmes auxquels tu es venu par une approche plutôt universitaire ou est ce que c'est d'abord par l'art, le graphisme comme tu le fais aujourd'hui que tu t’y es intéressé ? 
L'université ne m'a pas appris tout ça, non. Le cadre de l'université m'a juste permis de donner un cadre théorique à mon travail et du coup de blinder un peu mon livre de plein de références et de pouvoir référencer et avoir un bagage théorique qui m'accompagne, avec qui penser, des chercheureuses avec qui penser, qui m'ont précédé, ça c'est certain.  
Par contre, un cadre non-binaire, déjà à l'université c'était très compliqué, on m’a mégenré, mépronomé tout le cursus, donc non. Je suis venu à ça par l'expérience, et par tout ce que j'ai pu vivre avec la collective Bye Bye Binary depuis 2018. Donc par le graphisme, mais par aussi la communauté de pensée qu'on a entre nous puisqu'on est une vingtaine dans la collective : il y a des penseureuses, des autrices, des chercheureuses, des graphistes, des typographes, des dessinateurices de caractères. Et c'est ce mélange, et toute cette pratique au quotidien qui m'a fait aboutir à cet ouvrage, et aussi tout ce qui me traverse dans les engagements politiques en dehors de la collective sur certains sujets.  
Qu'est ce que ça ajoute de matérialiser tes recherches qui sont déjà largement disponibles en ligne avec celles de la collective par un livre ?  
Pourquoi pas ? Le fait d’avoir un objet livre, ça reste un endroit de production du savoir qui est valorisé et important et que c'est aussi un endroit où… pourquoi laisser cet espace toujours au même type de personnes ? Pourquoi pas s'emparer de ces espaces ?  
Dans le livre, je parle beaucoup de messy history et de pratiques en marge, etc. Mais la publication d'un livre reste un endroit de validation et en fait c'est pas incompatible. On a besoin d’endroits de validation et on a besoin de messy history, c'est-à-dire de pratiques en marge. Les deux sont pas incompatibles et c'est pour ça aussi que dans l'accompagnement de ce livre, j'essaye d'avoir toujours une pratique de la collective, même si c'est mon nom qui est écrit dessus parce que j'en suis l'auteur. J'essaie d'être en conversation dès que je peux, dans les moments en public, avec mes adelphes de la collective ou de ramener pas mal de citations. Voilà, ça c'est vraiment super important pour moi. 
Et d'ailleurs, dans le livre, il y a pas mal de photos de vos travaux communs et même une photo de certains membres de la collective. Et le chapitre 9, il porte un très beau titre je trouve : “Prolifération, contamination, irrigation souterraine et pollinisation” de toutes ces recherches. Quels arguments tu donnerais à quelqu'un.e pour l'inciter à lire ton livre, à s'intéresser à la typographie post-binaire et surtout à l'utiliser ? 
Ce sont des questions qui concernent chaque personne qui écrit, qui lit et qui parle. Donc en fait, je crois que c'est le meilleur argument pour avoir envie de lire ce livre. Ça nous concerne toustes puisqu'a priori on parle, tout le monde n'écrit pas, mais on utilise en tout cas le langage. Ça me semble quand même super important que ça puisse être repris et utilisé par plein plein de personnes. 
Et je voulais prendre un peu de temps pour parler de la maison d'édition qui t'a publié, parce qu'on parle de typographie, de graphie et donc d'édition. Les éditions B42 ont aussi publié beaucoup de travaux de typographes, de graphistes. C'était donc naturel de te tourner vers elleux ?  
Comme le sujet était quand même autour du graphisme et de la typographie, c'est la maison d'édition qui a le plus de visibilité sur cet axe-là. Il faut dire quand même que j'avais envoyé mon manuscrit à différentes maisons d'édition, et j'ai reçu plusieurs réponses, donc c'était très très flatteur. Apparemment, ça arrive pas à tout le monde donc voilà... Mais disons qu'avec cet axe sur la typographie, ça permettait de mettre ses recherches vraiment dans le champ graphique et typographique, bien que ce soit aussi un essai philosophique et sociolinguistique dans la première moitié du livre.  
Mais comme il y avait aussi cette collection “Culture” aux éditions B42 qui publie le texte de Sarah Schulman, et aussi des textes féministes engagés, avec aussi un protocole de traduction assez important aussi puisqu'on sait que, en français, il manque énormément de textes venant de l'anglais qui n'ont pas été traduits parfois depuis 30 ans... Donc il y avait cette dynamique quand même et cet intérêt pour les questions féministes. Et donc ça semblait le perfect match pour allier graphisme, typographie et questions de genre et féminisme. 
Et pour finir, est ce que tu aurais des petites recommandations non binaires belges? Ça peut être un lieu, un livre, un film, quelque chose qui t'a marqué récemment ou quelque chose qui pourrait donner à quelqu'un ou à quelqu'une envie de faire un petit séjour en Belgique... 
Il y a un endroit qui s'appelle Naast Monique qui est super intéressant. C'est des personnes de TPBG queers qui font plein plein de choses, de l'atelier de réparation de vélo à des soirées, des verres, des apéros, des ateliers. Il y a aussi un collectif là-bas qui collecte des archives queers. Donc je conseillerais de regarder ce qui se passe à Naast Monique, si vous êtes  à Bruxelles pour le week-end ! 


    Références citées dans l'émission
    
- Le site de la collective belgo-française Bye Bye Binary : https://genderfluid.space/  
- La typothèque, avec plein de polices de caractère post-binaires à télécharger librement : https://typotheque.genderfluid.space/  
- Le texte de la proposition de loi "visant à protéger la langue française des dérives de l’écriture inclusive” : https://www.vie-publique.fr/loi/291600-interdiction-de-lecriture-inclusive-proposition-de-loi  
- Le site de Camille Circlude où on peut suivre ses projets : http://camillecirclude.be/ 
- "Préconisations", un article d'Eliane Viennot, autrice de Non, le masculin ne l'emporte pas sur le féminin ! (iXe, 2014) : https://www.elianeviennot.fr/Langue/preconisations.pdf   
- Compte instagram de l’équipe de football Cachuètes Sluts : https://www.instagram.com/cacahuetessluts/  


    L'équipe de l'émission
    
Présentation : Zoé Monrozier 
Réalisation : Colin Gruel 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 01 Dec 2023 00:00:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/le-lobby-lhebdo-ecriture-inclus-2023-12-01-8LAgD1Iv.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/le-lobby-lhebdo-ecriture-inclus-2023-12-01-8LAgD1Iv.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/mq5O-lhebdo-ecriture-inclusive-tout-le-monde-deteste-la-police-de-caractere</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-Nnof1H56DJ.jpg"/></item><item><title>L'HEBDO — Lou Trotignon, comique ascendant mérou</title><description><![CDATA[
    Cette semaine, notre invité est Lou Trotignon, dont le spectacle &quot;Mérou&quot; se joue en ce moment à guichet fermé à la Nouvelle Seine.
    
&quot;Mérou&quot;, étrange nom pour un spetacle de stand-up queer. Mais saviez-vous que le mérou pouvait à loisir changer de sexe pendant sa vie ? C&#039;est l&#039;une des choses que vous apprendrez si vous vous rendez au spectacle de Lou Trotignon, qu&#039;il joue ces jours-ci à La Nouvelle Seine (Paris 5e). Cette semaine, ça fait même un an tout pile que son spectacle a commencé à tourné. En un an, il a changé, et Lou aussi. « Mon spectacle transitionne en même temps que moi », plaisante-t-il. 
Lou Trotignon sera le 29 novembre au mk2 Quai de Seine pour une projection en avant-première de Orlando, ma biographie politique, le nouveau film de Paul B. Preciado. 
Son spectacle se joue toujours chaque jeudi à 19h30 à La Nouvelle Seine. Les représentations sont toutes complètes, mais il sera de retour dès le mois de janvier, au même endroit. Et vous pourrez aussi le voir à Bayonne les 1er et 2 décembre, et à Avignon le 16 décembre. 

Qu&#039;est ce qui te touche le plus dans ton métier d&#039;humoriste?  
Lou Trotignon : Ce qui me touche le plus, je pense, c&#039;est quand je vois que mon parcours fait écho à d&#039;autres personnes qui vivent les mêmes choses ou pas forcément. Une fois, un mec hétéro, la cinquantaine, est venu me voir après le spectacle et m’a dit : “moi aussi je doute sur plein de trucs, pas sur mon identité de genre, mais je doute”.  
Raconte-nous tes débuts dans le stand-up 
J&#039;ai commencé il y a deux, trois ans. À l’époque, je pensais que j&#039;étais une meuf hétéro. Donc mes débuts, mes premiers sketchs, je racontais que tout le monde pensait que j&#039;étais lesbienne alors que pas du tout. Donc j&#039;ai dû tout réécrire en fait ! 
Au début, j&#039;ai commencé dans une scène où il y avait que des meufs, parce qu&#039;à l&#039;époque, pour jouer en tant que meufs, il fallait aller à des plateaux pour les meufs. C&#039;était comme ça que ça se passait. J&#039;ai tout de suite été confronté au sexisme, on m&#039;a fait des retours sur mes blagues en me disant “non, c&#039;est pas comme ça qu&#039;il faut dire” ou “c&#039;est pas bien pour une meuf d&#039;être comme ça”. Et du coup j&#039;ai arrêté. Et plus tard, j’ai assisté à un atelier d’écriture avec Tahnee, une autre humoriste queer. On s&#039;est rencontrés, elle m’a poussé à remonter sur scène, j&#039;ai vu que les gens rigolaient, qu&#039;il y avait un public, et du coup ça m&#039;a touché. Et je me suis dit que j’allais continuer. 
Est ce que tu as cherché à voir d&#039;autres humoristes queer ? Et ça a été important pour les représentations que t&#039;avais autour de toi ? 
Moi, ça m&#039;a pris du temps avant de me dire que j&#039;étais queer. Je suis monté sur scène en pensant que j&#039;étais hétéro, mais j&#039;allais principalement à des spectacles queers. J&#039;ai vu le Comedy Love, par exemple. C’est un spectacle créé par Tahnee, Mahaut et Lucie Carbone, avec aussi Noam Simseau maintenant. Et c&#039;est que des queers et/ou féministes sur scène. Et ça m&#039;a fait du bien d&#039;être dans une salle de spectacle sans recevoir des blagues homophobes racistes. Je me suis juste senti bien et je me suis dit que j’avais envie de procurer moi aussi cette joie-là. 
Dans son spectacle Nanette, l’humoriste Hannah Gadsby parle de sa volonté de quitter le monde du spectacle comique, car il est trop douloureux de passer par l&#039;auto-dérision autour de son expérience en tant que personne queer. Qu&#039;est ce qu’elle représente pour toi, Hannah Gadsby ? 
C’est un modèle. Quand j’ai vu son spectacle, je n’avais pas enore commencé le stand-up. Et c&#039;est en voyant son spectacle que je me suis dit : “ah oui, il y a la place pour les personnes queers”. Donc elle a une place énorme dans mes inspirations. C’est aussi un modèle en termes de technique d’humour : son dernier spectacle, Something special, et une masterclasse de storytelling. 
Et en regardant ces sketchs, j&#039;ai appris à écrire des blagues qui moi me faisaient plaisir, où je me moquais pas du fait que j&#039;étais trans, mais je me moquais des trucs qui moi me font rire dans la transidentité, ou dans la transphobie parce que je trouve que la transphobie est très drôle des fois, dans le sens où elle est un peu absurde et tu peux vite la débunker.  
Alors comment est ce qu&#039;on peut faire de l&#039;humour sur les expériences queer sans que l&#039;autodérision prenne un sens trop lourd?  
Déjà je pense qu&#039;il faut être concerné pour en parler. Moi, ma méthode, c’est que je pars d&#039;une émotion et après j&#039;écris des blagues. Et mon émotion c&#039;est jamais une haine de moi-même que je transformerais en blagues pour soulager la douleur. J’ai plutôt envie de créer un spectacle feel-good.  

    
        
            Il y a 120 personnes dans cette salle où je joue et je veux que tout le monde se sente connecté.
        
        
            Lou Trotignon
        
    

Après, ça n’empêche pas d’avoir recours à l’autodérision, et ça peut être très drôle. Au début de mon spectacle, je dis que j&#039;utilise tous les pronoms, mais en même temps pas vraiment : j’utilise “il” mais j’aime pas qu’on dise que je suis un homme”, l’idéal ce serait “iel” mais j’arrive pas à m’y faire… Et après les gens sont confus. 
Mais c&#039;est pas vraiment de l&#039;autodérision, cette blague, dans le sens où je suis pas en train de dire que c&#039;est nul d&#039;avoir plusieurs pronoms, je dis juste c&#039;est marrant ce que ça crée comme confusion à l&#039;intérieur de moi et pour les autres. Si tu pars de ton émotion et que c&#039;est une émotion de détestation de toi-même, ça va se sentir sur scène. Mais l&#039;autodérision peut être drôle aussi.  
C&#039;est un spectacle sur et pour la communauté queer, et tu le dis au début : pendant une heure, tout le monde, toute la salle est queer. Qu&#039;est ce que tu cherches à produire en mettant tout ton public dans cette case, y compris le public cishétéro ?  
Bah en fait, au début, quand j&#039;ai commencé mon spectacle, je demandais toujours : qui est queer dans la salle et qui est hétéro dans la salle. Et je sentais que ça scindait la salle et j&#039;avais pas envie de ça. J&#039;aurais pu, ça aurait été tout à fait légitime que je veuille scinder la salle en deux et que les personnes hétéros se sentent un peu visées. Mais je veux créer une unité.  
Moi, ce qui m&#039;intéresse dans mon spectacle, c&#039;est qu&#039;il y ait une connexion. Il y a 120 personnes dans cette salle où je joue et je veux que tout le monde se sente connecté. Je me dis que si une personne hétéro vient voir le spectacle en se demandant un peu à quele sauce elle va être mangée, et que finalement elle se sent acceptée dans le truc, qu’elle joue le jeu pendant une heure, et qu’elle sort en se disant “on s’est sentis connectés”, alors peut-être que le gap entre nous et eux disparaîtra un peu, au moins pendant une heure.  
Tu racontes notamment dans ton spectacle un moment de solitude face à un public peu averti. Est ce que t&#039;as déjà été surpris de l&#039;accueil de ton spectacle de la part d&#039;un public pas queer ? 
Oui, tout à fait ! J&#039;ai fait une tournée avec Le Printemps du rire. Donc le principe de ce festival, c&#039;est qu&#039;on va jouer dans des villages autour de Toulouse, où il y a peu d&#039;accès à la culture. Et à un moment, j&#039;arrive à Pointis-de-Rivières, dans une salle des fêtes, il y a des enfants, ça résonne… Et là, bêtement, je me suis dit que ces gens-là n’allaient jamais comprendre mon propos.  
Et en fait, je suis monté sur scène et j&#039;ai souri. Je leur ai parlé et ils étaient à fond. Ça s&#039;est hyper bien passé. Ils sont venus me voir à la fin en me disant que c’était la première fois qu&#039;on leur parlait pas comme à des idiot·e·s sur ce genre de sujet. Et j&#039;ai compris que j&#039;avais des a prioris énormes sur des publics : en fait, c&#039;est pas parce qu&#039;ils sont hétéros qui vont pas capter !  
Il faut savoir faire preuve de pédagogie sur ces sujets : moi, ma sœur est trans aussi, et quand elle m&#039;a fait son coming-out j&#039;ai fait plein d&#039;erreurs au début parce que je ne faisais pas partie de la communauté queer, je n&#039;avais pas les outils… Alors j&#039;essaye de me remettre à cette place là pour un peu expliquer. C&#039;est normal, il y a des choses que vous savez pas, on vous les apprend pas. Donc moi je suis là pour ça en gros.  
C&#039;est pour ça que dans ton spectacle, il y a des moments un peu didactiques : tu demandes au public si tout le monde sait ce qu’est la testostérone, par exemple. Il y a une vraie volonté de transmission de l’information…  
En fait moi ce qui m&#039;intéresse dans le médium de l&#039;humour, c&#039;est que c&#039;est une manière de faire passer des informations et des connaissances avec du rire, en désamorçant les choses. Et le rire, ça met tout le monde d&#039;accord. Quand une salle entière rigole, c&#039;est trop plaisant, quoi ! Après, je pense qu&#039;il y a d&#039;autres manières de militer. Moi, je pourrais pas faire ça si à côté, il n&#039;y avait pas toutes les personnes qui militaient de manière très sérieuse. S&#039;il y avait que l&#039;humour, ça marcherait pas.  
Tu partages beaucoup de ton intimité dans ton spectacle et c’est aussi ce qui le rend politique. Notamment un passage où tu mentionnes la période où tu as travaillé dans un club de strip tease. Est ce que ça a été difficile d&#039;articuler un propos aussi politique tout en jouant sur la corde de l&#039;humour?  
Ce texte-là, où je raconte que j’ai travaillé dans un club de strip-tease, c&#039;était le texte le plus difficile à écrire de mon spectacle. Je trouvais trop difficile de le tester en Comedy Club.  
Le travail du sexe est un sujet très compliqué. J’ai travaillé ce moment avec mon metteur en scène, et on est d&#039;abord passé par un gros travail pour comprendre pourquoi cette expérience était difficile, de quelle manière je veux mettre de l&#039;humour et à quel endroit. Et du coup, ouais, c&#039;était difficile.  
En plus, c&#039;est un sujet très peu traité dans l&#039;humour en France, même ailleurs. J&#039;ai vraiment cherché partout. Souvent, c&#039;est des gens qui racontent qu&#039;ils ont eu une expérience et que c&#039;était marrant. Mais personne n&#039;a vraiment été travailleur ou travailleuse du sexe dans ce que j’ai vu.  
J’ai hyper envie de parler travail du sexe de manière positive parce que je pense qu&#039;il y a des choses positives dans ce travail et que je veux que ce soit reconnu comme comme un travail, que ce soit dépénalisé… Mais moi mon expérience a été difficile, et du coup j&#039;avais beaucoup de culpabilité en en parlant au début. Et finalement j&#039;ai l&#039;impression d&#039;avoir un peu réussi à en parler de manière juste. Et mettre de l&#039;humour là-dedans m&#039;a aidé à me remettre de cette expérience.  
Dans ton spectacle, le coming out non-binaire vient avec son lot de doutes et d&#039;incertitudes de la part des personnes qui nous entourent mais aussi de nous-mêmes. Est ce que faire des blagues dessus t&#039;a aidé à y voir plus clair dans ta transition ? 
Oui, moi je ne me suis pas dit que j&#039;étais trans avant de le dire sur scène. Au début, je disais que je ne savais pas trop. Après j&#039;ai dit “non-binaire”. Mais le mot “trans”, ça a été quelque chose parce que j&#039;aime ça, être non-binaire. Je pouvais le vivre à l&#039;intérieur de moi, ça pouvait être un secret. Mais quand je me suis rendu compte que je voulais, c’était que mon passing change, c’est-à-dire qu’on ne m’appelle plus “madame” (ce qui n’est pas du tout un passage obligé des parcours trans), je me suis dit que c’était quelque chose d’important de dire “trans” sur scène. Et du coup je l&#039;ai dit, c&#039;était il y a un an à Bruxelles et ça a été une libération !  
Et après mon spectacle, je l&#039;ai articulé autour de cette question de mon doute. J&#039;avais très peur au début, j&#039;avais honte de ce sentiment de doute. Je me dis peut-être je suis pas trans ou peut-être ça dépend des jours. Et j&#039;ai vu que ça faisait écho à plein de gens. Et je me suis senti beaucoup moins seul.  
Tu as eu des retours de ton public par rapport à tout ça ? 
Oui, et je reçois encore des messages ! J’ai fait une chronique sur France Inter il y a un mois maintenant, qui a bien marché sur les réseaux sociaux. Je reçois des messages de gens qui disent : ça fait du bien de voir quelqu&#039;un comme moi… Du coup, ouais, j&#039;en ai beaucoup. Et c&#039;est trop bien, continuez !  
Tu dis souvent que ton spectacle transitionne en même temps que toi, qu&#039;est ce que ça veut dire?  
Ben par exemple, au début je disais pas que j&#039;étais trans après je l’ai dit. Je disais que j’utilisais tous les pronoms, mais ça a un peu changé. J&#039;ai fait ma mammectomie en juin, donc je l&#039;ai insérée dans mon spectacle. Et puis là par exemple, je me pose plein de questions, qui ne feront pas partie de ce spectacle, mais peut-être d’un second. Par exemple : est-ce que j&#039;ai vraiment envie d&#039;avoir le passing d&#039;un mec cis ? C&#039;est des questions que je me pose. Qu&#039;est ce que ça veut dire d&#039;avoir l&#039;air d&#039;un homme dans la société maintenant ? Et du coup ça va évoluer aussi.  
Le fait d&#039;avoir fait la mammectomie, ça a fini quelque chose dans l&#039;histoire que je voulais raconter dans ce spectacle. Ce que je voulais raconter dans le premier spectacle, c&#039;était à quel point je me sentais pas en accord avec ce qu&#039;on demande à une femme d&#039;être. Et je pense que j&#039;ai fait le tour de ça.  
Donc un second spectacle est déjà en écriture ?  
Il est dans ma tête ! Je vais commencer à tester un peu des blagues. Je ne sais pas du tout où ça va aller, quel chemin il va prendre, mais il est là, quelque part.  
Qu&#039;est ce que tu retires de ton expérience à France Inter en octobre, dans l’émission Le Grand dimanche soir ?  
Déjà, on est hyper bien accueilli sur cette émission. En plus y a Mahaut Drama qui est une grande amie et qui est aussi une humoriste queer qui en fait partie. Je me sentais pas seul, et c&#039;était ouf d&#039;être deux personnes queers à France Inter ! 
En fait, j&#039;étais fier. Il y avait un truc où je me suis dit : je crois que je suis une des premières personnes trans à faire une chronique sur France Inter. C&#039;était la première fois que je faisais quelque chose sur une radio mainstream. J’avais une fierté de me dire : je ne suis pas invité parce que je suis queer, je suis invité parce que je suis drôle.  

    
        
            Il y a une demande du public queer qui revient dans les salles, parce qu&#039;avant on s&#039;est éloigné des salles, parce qu&#039;il y avait plein de propos homophobes, racistes, etc. 
        
        
            Lou Trotignon
        
    

Et je trouve que j&#039;ai géré, j&#039;ai kiffé, j&#039;ai beaucoup travaillé et je m&#039;attendais à ce que ça fasse un peu de bruit, mais je m&#039;attendais pas à un tel buzz… et ça a remplit mes salles ! Donc c&#039;est assez ouf.  
Je pense que j&#039;avais peur que ma parole soit considérée “de niche”, même sur une radio aussi connue. Et en fait non, des gens pas du tout concernés se sont dit ah ben va entendre parler de transidentité par une personne concernée et on va aller voir le spectacle. Ça a vraiment fait ça quoi.  
Est ce que tu sens qu&#039;il y a une scène queer montante dans l&#039;humour aujourd&#039;hui en France et dans le monde ?  
Alors dans le monde, je ne saurais pas exactement dire, parce qu’aux États-Unis, ça fait longtemps que ça monte. Rien que le fait que Hannah Gadsby soit une star, c&#039;est c&#039;est un marqueur important. Au Canada aussi, ça fait longtemps qu&#039;il y a pas mal de personnes queers sur scène, alors qu’en France, c&#039;est quand même très très récent. Je crois que l&#039;une des pionnières pour moi, c&#039;est Shirley Souagnon qui parle de non-binarité, d&#039;être lesbienne, de plein de choses. Elle a vraiment ouvert les portes. Et maintenant, on est quatre ou cinq à commencer à monter un peu en force. Il y a Mahaut Drama, il y a Tahnee, Noam Simseau, Natacha Prudent… Et surtout il y a une demande.  
Il y a cette demande du public queer qui revient dans les salles, parce qu&#039;avant on s&#039;est éloigné des salles, parce qu&#039;il y avait plein de propos homophobes, racistes, etc. Et il y a une demande d&#039;un public pas concerné de comprendre ces questions-là parce qu&#039;on en parle de plus en plus. Donc là, c&#039;est en pleine montée, j&#039;espère que ça va monter encore, on va voir. Mais si on prend l’exemple du festival de Montreux, qui est la référence dans le stand-up : nous, on monte, on remplit nos salles et on n&#039;est toujours pas invité·e·s. On nous dit que c&#039;est trop tôt pour le public de Montreux. Alors que d’autres sont invité·e·s, iels ont commencé il y a longtemps et ne remplissent pas leurs salles. 
Donc là, on est en train de travailler ça. Et je pense que ce serait une grande réussite si on pouvait pousser les portes de ce festival.  
Est ce qu&#039;il y a une volonté de créer un Comedy club queer, quelque chose comme ça ? 
Bien sûr, on essaye de le faire. Déjà à Paris, il y a Tahnee qui fait un Comedy club à la Flèche d&#039;Or. Moi je vais à la Mut’up à la Mutinerie, une fois tous les deux mois. Mais un vrai lieu Comedy Club queer, c&#039;est un projet qui me fait rêver, mais c&#039;est très compliqué. Il faut des connaissances administratives, il faut du temps. Et en fait, nous, on est déjà en train de faire notre petite place, d&#039;aller dans des Comedy clubs, de se faire connaître et du coup on n&#039;a pas le temps de le faire. Mais ce serait trop bien qu&#039;il y ait un lieu. Je ne sais pas si ça pourrait être que queer parce que du coup y aurait six humoristes et on tournerait en rond (rires). Mais en tout cas, un lieu féministe qui ferait attention à toutes ces questions-là, ce serait bien.  
Celleux qui ont déjà pris leurs places. Vont pouvoir te retrouver le mercredi 29 novembre au MK2 Quai de Seine pour l&#039;avant-première de Orlando, ma biographie politique, le dernier film de Paul B. Preciado. La projection sera suivie d&#039;une discussion entre Virginie Despentes et Paul B. Preciado, que tu vas animer. L’événement est déjà complet, mais est ce que tu peux nous en dire plus sur ce que ça représente pour toi ?  
Je suis effrayé et très fier. En fait, c&#039;est une personne qui est venue voir mon spectacle et qui s&#039;occupe un peu de tout ça et qui m&#039;a dit qu&#039;il y a des choses qui faisaient énormément écho dans mon spectacle au film de Preciado. Du coup, moi je l&#039;ai vu en avant-première et c&#039;est vrai que c&#039;est ouf. Et c&#039;est ça qui est beau dans ce film, sans en dire plus, c&#039;est que même si nos expériences trans sont extrêmement différentes et individuelles, il y a aussi des choses en commun.  
Et du coup je suis extrêmement touché, extrêmement fier. J’ai très peur de rencontrer ces modèles pour moi. Paul B. Preciado, je l’ai lu, notamment Testo Junkie au début de ma transition. Virginie Despentes aussi évidemment. Et donc moi, je vais faire un sketch de dix minutes avant le film. Et après la projection, il y aura la discussion et ce sera diffusé dans plein de cinémas en France en même temps. Et moi, ce qui me fait le plus peur, c&#039;est de trouver des questions intelligentes à poser à ces personnes qui sont extrêmement intelligentes. J&#039;ai peur d&#039;avoir l&#039;air bête parce que c&#039;est un film très beau et moi je fais des blagues sur mes poils interfessiers ! (Rires.) Mais j&#039;ai très hâte ! 
Pour finir, c&#039;est quoi les prochaines étapes pour ton spectacle et ta carrière ? 
Eh bien comme tout va vite, c&#039;est des grandes questions que je me pose en ce moment.  
J&#039;ai hyper envie de capter ce spectacle assez vite, de faire une belle captation, donc de le filmer dans un lieu culturel queer qui nous est cher. Je ne sais pas encore lequel, mais un beau lieu, un lieu qui fasse sens, et que ce soit en archive quelque part. Qu’il y ait une archive d&#039;un spectacle d&#039;une personne trans en France, quelque part, je trouve que ce serait beau, même si ce n’est que mon histoire. 
J&#039;aimerais beaucoup écrire des séries, j&#039;aimerais beaucoup jouer dans des séries... Et puis il y a l’écriture du prochain spectacle.  
Je pense que j&#039;ai une petite envie de faire un spectacle éphémère, uniquement pour les queers. Pour le coup, pour toutes ces choses que je ne dis pas qu&#039;on ne peut pas dire dans un spectacle qui est accès aussi aux personnes pas concernées… Il y a des choses qu&#039;on ne dit pas sur notre communauté, on ne peut pas les dire parce qu&#039;on a peur que ce soit réutilisé par nos adversaires. Par exemple, la question de comment on se traite dans notre communauté. La question des “call-out”, la question du doute aussi. Des fois, il y a des personnes qui ont l&#039;impression de choisir leur transition et c&#039;est ok aussi. Est ce qu&#039;on peut en parler ? Comment on peut en parler ? Des questions qui font un peu trembler, en tout cas qui me font trembler, moi. 


    Références citées dans l&#039;émission
    
• Nanette, l&#039;incontournable spectacle de l&#039;australienne Hannah Gadsby, est toujours à voir sur Netflix ! 
• La chronique de Lou Trotignon sur France Inter, en octobre dernier 



    L&#039;équipe de l&#039;émission
    
Présentation : Diego de Cao 
Réalisation : Colin Gruel 
]]></description><itunes:summary>
    Cette semaine, notre invité est Lou Trotignon, dont le spectacle "Mérou" se joue en ce moment à guichet fermé à la Nouvelle Seine.
    
"Mérou", étrange nom pour un spetacle de stand-up queer. Mais saviez-vous que le mérou pouvait à loisir changer de sexe pendant sa vie ? C'est l'une des choses que vous apprendrez si vous vous rendez au spectacle de Lou Trotignon, qu'il joue ces jours-ci à La Nouvelle Seine (Paris 5e). Cette semaine, ça fait même un an tout pile que son spectacle a commencé à tourné. En un an, il a changé, et Lou aussi. « Mon spectacle transitionne en même temps que moi », plaisante-t-il. 
Lou Trotignon sera le 29 novembre au mk2 Quai de Seine pour une projection en avant-première de Orlando, ma biographie politique, le nouveau film de Paul B. Preciado. 
Son spectacle se joue toujours chaque jeudi à 19h30 à La Nouvelle Seine. Les représentations sont toutes complètes, mais il sera de retour dès le mois de janvier, au même endroit. Et vous pourrez aussi le voir à Bayonne les 1er et 2 décembre, et à Avignon le 16 décembre. 

Qu'est ce qui te touche le plus dans ton métier d'humoriste?  
Lou Trotignon : Ce qui me touche le plus, je pense, c'est quand je vois que mon parcours fait écho à d'autres personnes qui vivent les mêmes choses ou pas forcément. Une fois, un mec hétéro, la cinquantaine, est venu me voir après le spectacle et m’a dit : “moi aussi je doute sur plein de trucs, pas sur mon identité de genre, mais je doute”.  
Raconte-nous tes débuts dans le stand-up 
J'ai commencé il y a deux, trois ans. À l’époque, je pensais que j'étais une meuf hétéro. Donc mes débuts, mes premiers sketchs, je racontais que tout le monde pensait que j'étais lesbienne alors que pas du tout. Donc j'ai dû tout réécrire en fait ! 
Au début, j'ai commencé dans une scène où il y avait que des meufs, parce qu'à l'époque, pour jouer en tant que meufs, il fallait aller à des plateaux pour les meufs. C'était comme ça que ça se passait. J'ai tout de suite été confronté au sexisme, on m'a fait des retours sur mes blagues en me disant “non, c'est pas comme ça qu'il faut dire” ou “c'est pas bien pour une meuf d'être comme ça”. Et du coup j'ai arrêté. Et plus tard, j’ai assisté à un atelier d’écriture avec Tahnee, une autre humoriste queer. On s'est rencontrés, elle m’a poussé à remonter sur scène, j'ai vu que les gens rigolaient, qu'il y avait un public, et du coup ça m'a touché. Et je me suis dit que j’allais continuer. 
Est ce que tu as cherché à voir d'autres humoristes queer ? Et ça a été important pour les représentations que t'avais autour de toi ? 
Moi, ça m'a pris du temps avant de me dire que j'étais queer. Je suis monté sur scène en pensant que j'étais hétéro, mais j'allais principalement à des spectacles queers. J'ai vu le Comedy Love, par exemple. C’est un spectacle créé par Tahnee, Mahaut et Lucie Carbone, avec aussi Noam Simseau maintenant. Et c'est que des queers et/ou féministes sur scène. Et ça m'a fait du bien d'être dans une salle de spectacle sans recevoir des blagues homophobes racistes. Je me suis juste senti bien et je me suis dit que j’avais envie de procurer moi aussi cette joie-là. 
Dans son spectacle Nanette, l’humoriste Hannah Gadsby parle de sa volonté de quitter le monde du spectacle comique, car il est trop douloureux de passer par l'auto-dérision autour de son expérience en tant que personne queer. Qu'est ce qu’elle représente pour toi, Hannah Gadsby ? 
C’est un modèle. Quand j’ai vu son spectacle, je n’avais pas enore commencé le stand-up. Et c'est en voyant son spectacle que je me suis dit : “ah oui, il y a la place pour les personnes queers”. Donc elle a une place énorme dans mes inspirations. C’est aussi un modèle en termes de technique d’humour : son dernier spectacle, Something special, et une masterclasse de storytelling. 
Et en regardant ces sketchs, j'ai appris à écrire des blagues qui moi me faisaient plaisir, où je me moquais pas du fait que j'étais trans, mais je me moquais des trucs qui moi me font rire dans la transidentité, ou dans la transphobie parce que je trouve que la transphobie est très drôle des fois, dans le sens où elle est un peu absurde et tu peux vite la débunker.  
Alors comment est ce qu'on peut faire de l'humour sur les expériences queer sans que l'autodérision prenne un sens trop lourd?  
Déjà je pense qu'il faut être concerné pour en parler. Moi, ma méthode, c’est que je pars d'une émotion et après j'écris des blagues. Et mon émotion c'est jamais une haine de moi-même que je transformerais en blagues pour soulager la douleur. J’ai plutôt envie de créer un spectacle feel-good.  

    
        
            Il y a 120 personnes dans cette salle où je joue et je veux que tout le monde se sente connecté.
        
        
            Lou Trotignon
        
    

Après, ça n’empêche pas d’avoir recours à l’autodérision, et ça peut être très drôle. Au début de mon spectacle, je dis que j'utilise tous les pronoms, mais en même temps pas vraiment : j’utilise “il” mais j’aime pas qu’on dise que je suis un homme”, l’idéal ce serait “iel” mais j’arrive pas à m’y faire… Et après les gens sont confus. 
Mais c'est pas vraiment de l'autodérision, cette blague, dans le sens où je suis pas en train de dire que c'est nul d'avoir plusieurs pronoms, je dis juste c'est marrant ce que ça crée comme confusion à l'intérieur de moi et pour les autres. Si tu pars de ton émotion et que c'est une émotion de détestation de toi-même, ça va se sentir sur scène. Mais l'autodérision peut être drôle aussi.  
C'est un spectacle sur et pour la communauté queer, et tu le dis au début : pendant une heure, tout le monde, toute la salle est queer. Qu'est ce que tu cherches à produire en mettant tout ton public dans cette case, y compris le public cishétéro ?  
Bah en fait, au début, quand j'ai commencé mon spectacle, je demandais toujours : qui est queer dans la salle et qui est hétéro dans la salle. Et je sentais que ça scindait la salle et j'avais pas envie de ça. J'aurais pu, ça aurait été tout à fait légitime que je veuille scinder la salle en deux et que les personnes hétéros se sentent un peu visées. Mais je veux créer une unité.  
Moi, ce qui m'intéresse dans mon spectacle, c'est qu'il y ait une connexion. Il y a 120 personnes dans cette salle où je joue et je veux que tout le monde se sente connecté. Je me dis que si une personne hétéro vient voir le spectacle en se demandant un peu à quele sauce elle va être mangée, et que finalement elle se sent acceptée dans le truc, qu’elle joue le jeu pendant une heure, et qu’elle sort en se disant “on s’est sentis connectés”, alors peut-être que le gap entre nous et eux disparaîtra un peu, au moins pendant une heure.  
Tu racontes notamment dans ton spectacle un moment de solitude face à un public peu averti. Est ce que t'as déjà été surpris de l'accueil de ton spectacle de la part d'un public pas queer ? 
Oui, tout à fait ! J'ai fait une tournée avec Le Printemps du rire. Donc le principe de ce festival, c'est qu'on va jouer dans des villages autour de Toulouse, où il y a peu d'accès à la culture. Et à un moment, j'arrive à Pointis-de-Rivières, dans une salle des fêtes, il y a des enfants, ça résonne… Et là, bêtement, je me suis dit que ces gens-là n’allaient jamais comprendre mon propos.  
Et en fait, je suis monté sur scène et j'ai souri. Je leur ai parlé et ils étaient à fond. Ça s'est hyper bien passé. Ils sont venus me voir à la fin en me disant que c’était la première fois qu'on leur parlait pas comme à des idiot·e·s sur ce genre de sujet. Et j'ai compris que j'avais des a prioris énormes sur des publics : en fait, c'est pas parce qu'ils sont hétéros qui vont pas capter !  
Il faut savoir faire preuve de pédagogie sur ces sujets : moi, ma sœur est trans aussi, et quand elle m'a fait son coming-out j'ai fait plein d'erreurs au début parce que je ne faisais pas partie de la communauté queer, je n'avais pas les outils… Alors j'essaye de me remettre à cette place là pour un peu expliquer. C'est normal, il y a des choses que vous savez pas, on vous les apprend pas. Donc moi je suis là pour ça en gros.  
C'est pour ça que dans ton spectacle, il y a des moments un peu didactiques : tu demandes au public si tout le monde sait ce qu’est la testostérone, par exemple. Il y a une vraie volonté de transmission de l’information…  
En fait moi ce qui m'intéresse dans le médium de l'humour, c'est que c'est une manière de faire passer des informations et des connaissances avec du rire, en désamorçant les choses. Et le rire, ça met tout le monde d'accord. Quand une salle entière rigole, c'est trop plaisant, quoi ! Après, je pense qu'il y a d'autres manières de militer. Moi, je pourrais pas faire ça si à côté, il n'y avait pas toutes les personnes qui militaient de manière très sérieuse. S'il y avait que l'humour, ça marcherait pas.  
Tu partages beaucoup de ton intimité dans ton spectacle et c’est aussi ce qui le rend politique. Notamment un passage où tu mentionnes la période où tu as travaillé dans un club de strip tease. Est ce que ça a été difficile d'articuler un propos aussi politique tout en jouant sur la corde de l'humour?  
Ce texte-là, où je raconte que j’ai travaillé dans un club de strip-tease, c'était le texte le plus difficile à écrire de mon spectacle. Je trouvais trop difficile de le tester en Comedy Club.  
Le travail du sexe est un sujet très compliqué. J’ai travaillé ce moment avec mon metteur en scène, et on est d'abord passé par un gros travail pour comprendre pourquoi cette expérience était difficile, de quelle manière je veux mettre de l'humour et à quel endroit. Et du coup, ouais, c'était difficile.  
En plus, c'est un sujet très peu traité dans l'humour en France, même ailleurs. J'ai vraiment cherché partout. Souvent, c'est des gens qui racontent qu'ils ont eu une expérience et que c'était marrant. Mais personne n'a vraiment été travailleur ou travailleuse du sexe dans ce que j’ai vu.  
J’ai hyper envie de parler travail du sexe de manière positive parce que je pense qu'il y a des choses positives dans ce travail et que je veux que ce soit reconnu comme comme un travail, que ce soit dépénalisé… Mais moi mon expérience a été difficile, et du coup j'avais beaucoup de culpabilité en en parlant au début. Et finalement j'ai l'impression d'avoir un peu réussi à en parler de manière juste. Et mettre de l'humour là-dedans m'a aidé à me remettre de cette expérience.  
Dans ton spectacle, le coming out non-binaire vient avec son lot de doutes et d'incertitudes de la part des personnes qui nous entourent mais aussi de nous-mêmes. Est ce que faire des blagues dessus t'a aidé à y voir plus clair dans ta transition ? 
Oui, moi je ne me suis pas dit que j'étais trans avant de le dire sur scène. Au début, je disais que je ne savais pas trop. Après j'ai dit “non-binaire”. Mais le mot “trans”, ça a été quelque chose parce que j'aime ça, être non-binaire. Je pouvais le vivre à l'intérieur de moi, ça pouvait être un secret. Mais quand je me suis rendu compte que je voulais, c’était que mon passing change, c’est-à-dire qu’on ne m’appelle plus “madame” (ce qui n’est pas du tout un passage obligé des parcours trans), je me suis dit que c’était quelque chose d’important de dire “trans” sur scène. Et du coup je l'ai dit, c'était il y a un an à Bruxelles et ça a été une libération !  
Et après mon spectacle, je l'ai articulé autour de cette question de mon doute. J'avais très peur au début, j'avais honte de ce sentiment de doute. Je me dis peut-être je suis pas trans ou peut-être ça dépend des jours. Et j'ai vu que ça faisait écho à plein de gens. Et je me suis senti beaucoup moins seul.  
Tu as eu des retours de ton public par rapport à tout ça ? 
Oui, et je reçois encore des messages ! J’ai fait une chronique sur France Inter il y a un mois maintenant, qui a bien marché sur les réseaux sociaux. Je reçois des messages de gens qui disent : ça fait du bien de voir quelqu'un comme moi… Du coup, ouais, j'en ai beaucoup. Et c'est trop bien, continuez !  
Tu dis souvent que ton spectacle transitionne en même temps que toi, qu'est ce que ça veut dire?  
Ben par exemple, au début je disais pas que j'étais trans après je l’ai dit. Je disais que j’utilisais tous les pronoms, mais ça a un peu changé. J'ai fait ma mammectomie en juin, donc je l'ai insérée dans mon spectacle. Et puis là par exemple, je me pose plein de questions, qui ne feront pas partie de ce spectacle, mais peut-être d’un second. Par exemple : est-ce que j'ai vraiment envie d'avoir le passing d'un mec cis ? C'est des questions que je me pose. Qu'est ce que ça veut dire d'avoir l'air d'un homme dans la société maintenant ? Et du coup ça va évoluer aussi.  
Le fait d'avoir fait la mammectomie, ça a fini quelque chose dans l'histoire que je voulais raconter dans ce spectacle. Ce que je voulais raconter dans le premier spectacle, c'était à quel point je me sentais pas en accord avec ce qu'on demande à une femme d'être. Et je pense que j'ai fait le tour de ça.  
Donc un second spectacle est déjà en écriture ?  
Il est dans ma tête ! Je vais commencer à tester un peu des blagues. Je ne sais pas du tout où ça va aller, quel chemin il va prendre, mais il est là, quelque part.  
Qu'est ce que tu retires de ton expérience à France Inter en octobre, dans l’émission Le Grand dimanche soir ?  
Déjà, on est hyper bien accueilli sur cette émission. En plus y a Mahaut Drama qui est une grande amie et qui est aussi une humoriste queer qui en fait partie. Je me sentais pas seul, et c'était ouf d'être deux personnes queers à France Inter ! 
En fait, j'étais fier. Il y avait un truc où je me suis dit : je crois que je suis une des premières personnes trans à faire une chronique sur France Inter. C'était la première fois que je faisais quelque chose sur une radio mainstream. J’avais une fierté de me dire : je ne suis pas invité parce que je suis queer, je suis invité parce que je suis drôle.  

    
        
            Il y a une demande du public queer qui revient dans les salles, parce qu'avant on s'est éloigné des salles, parce qu'il y avait plein de propos homophobes, racistes, etc. 
        
        
            Lou Trotignon
        
    

Et je trouve que j'ai géré, j'ai kiffé, j'ai beaucoup travaillé et je m'attendais à ce que ça fasse un peu de bruit, mais je m'attendais pas à un tel buzz… et ça a remplit mes salles ! Donc c'est assez ouf.  
Je pense que j'avais peur que ma parole soit considérée “de niche”, même sur une radio aussi connue. Et en fait non, des gens pas du tout concernés se sont dit ah ben va entendre parler de transidentité par une personne concernée et on va aller voir le spectacle. Ça a vraiment fait ça quoi.  
Est ce que tu sens qu'il y a une scène queer montante dans l'humour aujourd'hui en France et dans le monde ?  
Alors dans le monde, je ne saurais pas exactement dire, parce qu’aux États-Unis, ça fait longtemps que ça monte. Rien que le fait que Hannah Gadsby soit une star, c'est c'est un marqueur important. Au Canada aussi, ça fait longtemps qu'il y a pas mal de personnes queers sur scène, alors qu’en France, c'est quand même très très récent. Je crois que l'une des pionnières pour moi, c'est Shirley Souagnon qui parle de non-binarité, d'être lesbienne, de plein de choses. Elle a vraiment ouvert les portes. Et maintenant, on est quatre ou cinq à commencer à monter un peu en force. Il y a Mahaut Drama, il y a Tahnee, Noam Simseau, Natacha Prudent… Et surtout il y a une demande.  
Il y a cette demande du public queer qui revient dans les salles, parce qu'avant on s'est éloigné des salles, parce qu'il y avait plein de propos homophobes, racistes, etc. Et il y a une demande d'un public pas concerné de comprendre ces questions-là parce qu'on en parle de plus en plus. Donc là, c'est en pleine montée, j'espère que ça va monter encore, on va voir. Mais si on prend l’exemple du festival de Montreux, qui est la référence dans le stand-up : nous, on monte, on remplit nos salles et on n'est toujours pas invité·e·s. On nous dit que c'est trop tôt pour le public de Montreux. Alors que d’autres sont invité·e·s, iels ont commencé il y a longtemps et ne remplissent pas leurs salles. 
Donc là, on est en train de travailler ça. Et je pense que ce serait une grande réussite si on pouvait pousser les portes de ce festival.  
Est ce qu'il y a une volonté de créer un Comedy club queer, quelque chose comme ça ? 
Bien sûr, on essaye de le faire. Déjà à Paris, il y a Tahnee qui fait un Comedy club à la Flèche d'Or. Moi je vais à la Mut’up à la Mutinerie, une fois tous les deux mois. Mais un vrai lieu Comedy Club queer, c'est un projet qui me fait rêver, mais c'est très compliqué. Il faut des connaissances administratives, il faut du temps. Et en fait, nous, on est déjà en train de faire notre petite place, d'aller dans des Comedy clubs, de se faire connaître et du coup on n'a pas le temps de le faire. Mais ce serait trop bien qu'il y ait un lieu. Je ne sais pas si ça pourrait être que queer parce que du coup y aurait six humoristes et on tournerait en rond (rires). Mais en tout cas, un lieu féministe qui ferait attention à toutes ces questions-là, ce serait bien.  
Celleux qui ont déjà pris leurs places. Vont pouvoir te retrouver le mercredi 29 novembre au MK2 Quai de Seine pour l'avant-première de Orlando, ma biographie politique, le dernier film de Paul B. Preciado. La projection sera suivie d'une discussion entre Virginie Despentes et Paul B. Preciado, que tu vas animer. L’événement est déjà complet, mais est ce que tu peux nous en dire plus sur ce que ça représente pour toi ?  
Je suis effrayé et très fier. En fait, c'est une personne qui est venue voir mon spectacle et qui s'occupe un peu de tout ça et qui m'a dit qu'il y a des choses qui faisaient énormément écho dans mon spectacle au film de Preciado. Du coup, moi je l'ai vu en avant-première et c'est vrai que c'est ouf. Et c'est ça qui est beau dans ce film, sans en dire plus, c'est que même si nos expériences trans sont extrêmement différentes et individuelles, il y a aussi des choses en commun.  
Et du coup je suis extrêmement touché, extrêmement fier. J’ai très peur de rencontrer ces modèles pour moi. Paul B. Preciado, je l’ai lu, notamment Testo Junkie au début de ma transition. Virginie Despentes aussi évidemment. Et donc moi, je vais faire un sketch de dix minutes avant le film. Et après la projection, il y aura la discussion et ce sera diffusé dans plein de cinémas en France en même temps. Et moi, ce qui me fait le plus peur, c'est de trouver des questions intelligentes à poser à ces personnes qui sont extrêmement intelligentes. J'ai peur d'avoir l'air bête parce que c'est un film très beau et moi je fais des blagues sur mes poils interfessiers ! (Rires.) Mais j'ai très hâte ! 
Pour finir, c'est quoi les prochaines étapes pour ton spectacle et ta carrière ? 
Eh bien comme tout va vite, c'est des grandes questions que je me pose en ce moment.  
J'ai hyper envie de capter ce spectacle assez vite, de faire une belle captation, donc de le filmer dans un lieu culturel queer qui nous est cher. Je ne sais pas encore lequel, mais un beau lieu, un lieu qui fasse sens, et que ce soit en archive quelque part. Qu’il y ait une archive d'un spectacle d'une personne trans en France, quelque part, je trouve que ce serait beau, même si ce n’est que mon histoire. 
J'aimerais beaucoup écrire des séries, j'aimerais beaucoup jouer dans des séries... Et puis il y a l’écriture du prochain spectacle.  
Je pense que j'ai une petite envie de faire un spectacle éphémère, uniquement pour les queers. Pour le coup, pour toutes ces choses que je ne dis pas qu'on ne peut pas dire dans un spectacle qui est accès aussi aux personnes pas concernées… Il y a des choses qu'on ne dit pas sur notre communauté, on ne peut pas les dire parce qu'on a peur que ce soit réutilisé par nos adversaires. Par exemple, la question de comment on se traite dans notre communauté. La question des “call-out”, la question du doute aussi. Des fois, il y a des personnes qui ont l'impression de choisir leur transition et c'est ok aussi. Est ce qu'on peut en parler ? Comment on peut en parler ? Des questions qui font un peu trembler, en tout cas qui me font trembler, moi. 


    Références citées dans l'émission
    
• Nanette, l'incontournable spectacle de l'australienne Hannah Gadsby, est toujours à voir sur Netflix ! 
• La chronique de Lou Trotignon sur France Inter, en octobre dernier 



    L'équipe de l'émission
    
Présentation : Diego de Cao 
Réalisation : Colin Gruel 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 24 Nov 2023 00:00:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/le-lobby-lhebdo-lou-trotignon-2023-11-24-i2ooqWHv.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/le-lobby-lhebdo-lou-trotignon-2023-11-24-i2ooqWHv.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/Pjyw-lhebdo-lou-trotignon-comique-ascendant-merou</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-CaTKsziQ4t.jpg"/></item><item><title>L'HEBDO — TDoR : pleurer les mort·e·s, célébrer les vivant·e·s</title><description><![CDATA[
    Chaque année, le 20 novembre, c&#039;est le TDoR, pour &quot;Trans Day of Remembrance&quot;, ou journée du souvenir trans. Une journée de deuil, certes, mais aussi une occasion de se rassembler. Et, pourquoi pas, dans la joie.
    
[TW : Transphobie] 
Depuis 1998, des associations trans comptent chaque année leurs mort·e·s. Le chiffre donné est stable depuis quelques années, un peu au-dessus des 300 personnes décédées dans le monde, suite à un meurtre ou bien un suicide. 94% sont des femmes. Le nombre tragique est annoncé chaque année le 20 novembre, à l&#039;occasion de la Journée du souvenir trans. 
De cette journée de deuil, des associations veulent désormais faire aussi un moment fédérateur et joyeux. Ce samedi, Acceptess-T et le FLIRT nous accueillent à la Flèche d&#039;or pour une soirée festive. 
Pour parler de l&#039;histoire du TDoR et de son avenir, nous recevons deux invitées : 
• Daisy Letourneur, autrice de On ne naît pas mec (Zones/La Découverte), militante au sein du collectif Toutes des femmes, qui lutte contre la transmysoginie et les discours des TERFs 
• Giovanna Rincon, directrice de l&#039;association Acceptess-T 

    
        
            « Oui, un jour je vais écrire des choses, toutes sortes de choses, des choses auxquelles personne n’a pensé avant et des choses qu’on ne va jamais croire : des histoires de filles qui se sauvent pour pour trouver là où vit La Mort et qui reviennent avec à la main des crânes remplis de feu. À propos des filles qui volent des souliers rouges sang et se retrouvent en train de danser avec le diable jusqu’à la fin des temps. À propos de garçons qui deviennent des filles, des filles qui deviennent des garçons et des personnes violentes, dangereuses, apprenant à enfin trouver l’amour dans l’obscurité. »
        
        
            Kai Chen Thom, Fems Magnifiques et dangereuses, mémoires affabulées d’une fille trans
        
    


Une question un peu intime pour commencer : quelles sont vos joies trans ?  
Daisy Letourneur : Ma joie trans, c&#039;est sans doute principalement dans le militantisme que je la trouve. Parce que moi, j&#039;ai commencé ma transition il y a il y a cinq ans, alors ça a un peu perdu de sa nouveauté. Aujourd&#039;hui, en fait, je peux considérer que la transition n&#039;occupe plus une énorme place dans ma vie, si ce n’est par le militantisme. Je trouve beaucoup de joie dans la lutte. 
Giovanna Rincon :  Ma joie, je la trouve dans la solidarité. Quand j’arrive à aider les gens que je rencontre à surmonter des étapes difficiles. C&#039;est une joie immense quand on sait que quelqu&#039;un arrive finalement à dépasser des moments, des traumatismes, des difficultés liées par exemple à la précarité. C&#039;est une question centrale dans le militantisme, et elle est extrêmement joyeuse. Sans la solidarité, on ne peut rien faire. 
C&#039;est cette solidarité qui est au cœur du TDoR. Est ce que vous pouvez nous rappeler les circonstances de la création de cette journée ?  
Giovanna Rincon : Sa création remonte à 1998, lorsqu’une femme trans a été assassinée. Une de ses amies a voulu lui rendre hommage, en essayant aussi d’envoyer un message : “On n&#039;oublie pas”. Le TDoR, c’est un acte de commémoration, mais l’idée c’est aussi de faire naître un acte politique à partir de ça.  
Une veillée commémorative aura donc lieu à Paris le 20 novembre à 18 heures, place Vaudoyer. En quoi c&#039;est important et politique de faire une veillée sur dans un espace public? 
Daisy Letourneur : C&#039;est important parce que les personnes trans qui meurent chaque année, parce qu&#039;elles sont trans, très souvent, on n&#039;en entend pas parler ou on en entend mal parler.  
En février de cette année, au Royaume-Uni, une jeune ado trans du nom de Briana Ghey a été assassinée. Et la presse, notamment le Times anglais, a d&#039;abord écrit un article pour parler de cette jeune ado brutalement assassiné avant de réaliser qu’elle était trans. Ils ont alors immédiatement changé leur article pour la mégenrer et parler d&#039;un jeune adolescent. Les associations ont lutté pour que son identité de genre soit respectée, sans succès. Elle n&#039;avait pas encore pu faire son changement d&#039;état civil. Par la suite, ses parents ont été victimes de harcèlement en ligne.  
Voilà donc la réalité des morts trans, y compris les morts violentes. C&#039;est l&#039;obscurité ou la maltraitance, voire souvent les deux. Donc cette journée, c&#039;est une occasion de reprendre pour nous, avec nos mots, l&#039;hommage à nos frères et à nos sœurs, à tous nos à adelphes qui qui sont décédés dans l&#039;année, leur rendre un hommage avec des termes qui sont respectueux. Il faut rappeler que ce problème est politique en fait : on ne peut pas continuer à ignorer ainsi les violences qui sont faites aux personnes trans.  
Daisy Letoureur, tu milites au sein de l&#039;association Toutes des femmes qui permet de faire front avec le militantisme féministe qui réaffirme la place des femmes trans dans la lutte. Est-ce que tu peux nous en dire plus sur vos actions ? 
Daisy Letouneur : L&#039;asso Toutes des femmes a été fondée en 2020. Ça fait donc un peu plus de trois ans qu&#039;on milite ensemble avec des personnes trans et des personnes cis auprès des médias, auprès des assos, principalement les assos féministes, pour porter un discours féministe qui soit inclusif des personnes trans et des et des femmes trans.  
Je vais vous donner un exemple très récent. Cette semaine, l&#039;influence et autrice Lexie (@aggressively_trans) a annoncé que son invitation à un festival féministe avait été suspendue. Elle devait participer notamment à une table ronde sur les violences faites aux femmes, et elle a appris par un email peu délicat que finalement, sa présence en tant que femme trans à une table ronde sur les violences sexuelles ne plaisait pas à tout le monde parce que, d&#039;une part, il n&#039;y aurait pas eu cette année dans le décompte officiel des victimes de féminicides de femmes trans en France. C’est vrai, mais c’est parce que nous sommes une minorité ! On pourrait pourtant parler de tout un tas d&#039;autres violences. On pourrait parler de personnes poussées au suicide aussi, mais ça ne rentrait pas dans les cases définies. D’autre part, on lui a dit que certaines personnes ne seraient pas à l&#039;aise de témoigner de violences sexuelles en présence d&#039;une femme trans. Sous-entendu : on te voit comme un homme, comme un agresseur potentiel. Là, on a un cas flagrant de transphobie dans un événement qui se dit féministe.  
Nous, avec Toutes des femmes, on propose des formations. On fournit des outils et des infos aux organisations, notamment féministes, pour pour que ce genre de choses ne se reproduise pas, pour que les personnes qui veulent nous défendre en interne, qui sont trans ou cis, et qui n&#039;ont peut être pas les outils, sachent comment faire, sachent quoi répondre face à une situation comme ça qui nous nous paraît inadmissible. 
Le dernier rapport de SOS Homophobie alerte sur une augmentation des violences envers les personnes trans. Et selon l&#039;organisation Transgender Europe, 94 % des victimes de meurtres transphobes qui ont lieu en 2023 sont des femmes. Pourquoi est-ce que ce sont les femmes trans qui subissent le plus de violences, selon vous ? 
Giovanna Rincon : Il faut préciser que la plupart des ces femmes, ce sont des femmes trans, en majorité racisées, travailleuses du sexe, beaucoup sans papiers. Je pense que les femmes trans sont, comme toutes les femmes, beaucoup plus exposées socialement à toute forme de violence. Être femme aujourd&#039;hui dans cette société, c’est commettre une sorte de délit de faciès du genre. Donc quand tu es une femme trans, et notamment quand tu es en début de parcours de transition, que tu pratiques le travail du sexe, et que tu portes des tenues jugées trop exubérantes pour pouvoir travailler, tu es très vulnérable.  
En plus, il faut rajouter aussi les politiques répressives à l’encontre du travail du sexe. En France, depuis 2016, il y a une loi qui pénalise les clients des travailleuses du sexe. Ce qui fait qu&#039;aujourd&#039;hui, les femme trans, par exemple au bois de Boulogne, elles sont obligées de s’isoler, d’aller dans des endroits où il n&#039;y a pas d&#039;éclairage, etc. Elles sont encore beaucoup plus exposées à des formes de violence et d&#039;abus. Donc les femmes trans aujourd&#039;hui sont aussi victimes d&#039;un fort niveau de pauvreté qui n&#039;est pas connu ni vraiment documenté. 
Il faut aussi retenir que les femmes trans qui doivent pratiquer le travail du sexe aussi, elles ne peuvent pas dénoncer quand elles sont victimes d&#039;agressions, parce qu&#039;il y a une rupture de confiance totale entre la justice et la communauté trans.  
Le TDoR, c’est aussi l’occasion de recenser les victimes de la haine anti-trans, par exemple via la page TDoR France sur Instagram. En quoi est-ce nécessaire ? 
Giovanna Rincon : Nous recenser, c&#039;est aussi en quelque sorte avoir des données. Pour humaniser aussi la mémoire de cette personne, mais aussi pour politiser ces données et pour rappeler à quel point il n&#039;y a pas que le meurtre. Tout à l&#039;heure, on parlait de Lexie qui a été exclue d’un festival féministe. Pour moi, tout ça, ça participe à la construction de ce que j’appelle la “mort sociale” des femmes trans. Il y a un continuum entre ça et le meurtre ou le suicide. 
Pourquoi on recense ? Pourquoi c&#039;est si vital presque de le faire ? C&#039;est parce que d&#039;un côté, il y a un acte de justice, un acte de commémoration. Mais en même temps, nous sommes les seuls qui pouvons aujourd&#039;hui donner en quelque sorte un sens à cette mobilisation qui permet de dire : nous existons. Et même quand on est victime de meurtre et de suicide dans notre communauté, nous, les vivant·e·s, on est encore debout pour veiller sur la communauté trans.  
La communauté trans est plus visible aujourd’hui, est-ce une bonne nouvelle ? 
Giovanna Rincon : Il y a une survisibilisation aujourd&#039;hui de la question trans. D&#039;un côté, on peut penser que c&#039;est quelque chose de bien, c&#039;est le cas quand on a des espaces safe, quand on a la possibilité de dire des choses avec des paroles justes, quand on parle à la première personne. Mais la visibilité, ça ne va pas forcément de pair avec le progrès ou la justice. 
Daisy Letourneur : Malgré la visibilité, ça n’est toujours pas faile d’afficher publiquement sa transidentité aujourd’hui. Il y a une étude qui a été faite par l’Association des journalistes LGBT (AJLGBT) qui a analysé les articles portant sur la transidentité pendant quelques mois. Ça a permis de mesurer combien d&#039;articles étaient publiés, et on voyait un truc saisissant. En fait c&#039;est surtout aujourd&#039;hui la presse réactionnaire, la presse de droite, qu’on parle de transidentité. Les contenus anti-trans sont beaucoup plus nombreux que les contenus qui parlent de nous positivement.  
Il y a une panique morale qui est créée par la droite réactionnaire au sujet des personnes trans aujourd&#039;hui, et ça, c&#039;est vraiment le piège de la visibilité. Au moment où on met un pied dehors, l&#039;enclume de tous les anciens Manif pour tous nous retombe dessus. Donc il faut qu’on crée un militantisme qui soit intelligent, qui soit efficace. Et un de ces outils là, c&#039;est le TDoR. Un autre de ces outils, c&#039;est de connaître une autre histoire, connaître l&#039;histoire du militantisme trans en France et à l&#039;étranger. Parce que cette histoire, elle n&#039;est pas écrite ou très peu et il faut aller la chercher. Heureusement, il y a des personnes aujourd&#039;hui qui essayent de faire ce travail.  
Le 20 novembre, Acceptess-T et le FLIRT organisent une soirée commémorative le samedi 18 à la Flèche d&#039;Or. Quel est le programme de cette soirée ?  
Giovanna Rincon : L’idée c&#039;est surtout de donner au TDoR une coloration festive et solidaire. Je pense que c&#039;est important d’éviter de tomber dans un TDoR qui pourrait très vite être perçu comme morbide. La situation est très dure, la transphobie est partout, tous les jours. Mais en proposant une soirée, on peut mobiliser autour de la joie et autour d’un droit au bonheur que nous avons tous et toutes, en tant que personnes, mais aussi en tant que personnes trans.  
C’est aussi l’occasion de récolter des fonds, qui sont nécessaires, car n’oublions pas que la transphobie, qui mène au meurtre et au suicide, elle touche davantage les personnes précaires. Cet argent qu’on va récolter, ce sont des nuits d’hôtel qu’on va pouvoir payer à une personne trans qui est à la rue. Ce sont des frais d’avocat qui vont pouvoir être payés à un personne trans en difficulté avec la justice. C’est de quoi nourrir une personne trans qui ne peut plus se payer sa nourriture…  
Et puis on a un autre événément qui est organisé, plus commémoratif. Le 20 novembre, place Baudoyer. C&#039;est encore une fois un moment pour s&#039;approprier notre histoire.  
Il faudra qu&#039;on soit capable de faire de cet acte un acte de plus en plus politique, mais aussi un moment commémoratif fédérateur. Pourquoi pas en faire quelque chose de plus culturel, et mettre au coeur de notre action la poésie, la joie, et la musique ? 


    L&#039;équipe de l&#039;émission
    
Présentation : Diego de Cao 
Réalisation : Colin Gruel 
]]></description><itunes:summary>
    Chaque année, le 20 novembre, c'est le TDoR, pour "Trans Day of Remembrance", ou journée du souvenir trans. Une journée de deuil, certes, mais aussi une occasion de se rassembler. Et, pourquoi pas, dans la joie.
    
[TW : Transphobie] 
Depuis 1998, des associations trans comptent chaque année leurs mort·e·s. Le chiffre donné est stable depuis quelques années, un peu au-dessus des 300 personnes décédées dans le monde, suite à un meurtre ou bien un suicide. 94% sont des femmes. Le nombre tragique est annoncé chaque année le 20 novembre, à l'occasion de la Journée du souvenir trans. 
De cette journée de deuil, des associations veulent désormais faire aussi un moment fédérateur et joyeux. Ce samedi, Acceptess-T et le FLIRT nous accueillent à la Flèche d'or pour une soirée festive. 
Pour parler de l'histoire du TDoR et de son avenir, nous recevons deux invitées : 
• Daisy Letourneur, autrice de On ne naît pas mec (Zones/La Découverte), militante au sein du collectif Toutes des femmes, qui lutte contre la transmysoginie et les discours des TERFs 
• Giovanna Rincon, directrice de l'association Acceptess-T 

    
        
            « Oui, un jour je vais écrire des choses, toutes sortes de choses, des choses auxquelles personne n’a pensé avant et des choses qu’on ne va jamais croire : des histoires de filles qui se sauvent pour pour trouver là où vit La Mort et qui reviennent avec à la main des crânes remplis de feu. À propos des filles qui volent des souliers rouges sang et se retrouvent en train de danser avec le diable jusqu’à la fin des temps. À propos de garçons qui deviennent des filles, des filles qui deviennent des garçons et des personnes violentes, dangereuses, apprenant à enfin trouver l’amour dans l’obscurité. »
        
        
            Kai Chen Thom, Fems Magnifiques et dangereuses, mémoires affabulées d’une fille trans
        
    


Une question un peu intime pour commencer : quelles sont vos joies trans ?  
Daisy Letourneur : Ma joie trans, c'est sans doute principalement dans le militantisme que je la trouve. Parce que moi, j'ai commencé ma transition il y a il y a cinq ans, alors ça a un peu perdu de sa nouveauté. Aujourd'hui, en fait, je peux considérer que la transition n'occupe plus une énorme place dans ma vie, si ce n’est par le militantisme. Je trouve beaucoup de joie dans la lutte. 
Giovanna Rincon :  Ma joie, je la trouve dans la solidarité. Quand j’arrive à aider les gens que je rencontre à surmonter des étapes difficiles. C'est une joie immense quand on sait que quelqu'un arrive finalement à dépasser des moments, des traumatismes, des difficultés liées par exemple à la précarité. C'est une question centrale dans le militantisme, et elle est extrêmement joyeuse. Sans la solidarité, on ne peut rien faire. 
C'est cette solidarité qui est au cœur du TDoR. Est ce que vous pouvez nous rappeler les circonstances de la création de cette journée ?  
Giovanna Rincon : Sa création remonte à 1998, lorsqu’une femme trans a été assassinée. Une de ses amies a voulu lui rendre hommage, en essayant aussi d’envoyer un message : “On n'oublie pas”. Le TDoR, c’est un acte de commémoration, mais l’idée c’est aussi de faire naître un acte politique à partir de ça.  
Une veillée commémorative aura donc lieu à Paris le 20 novembre à 18 heures, place Vaudoyer. En quoi c'est important et politique de faire une veillée sur dans un espace public? 
Daisy Letourneur : C'est important parce que les personnes trans qui meurent chaque année, parce qu'elles sont trans, très souvent, on n'en entend pas parler ou on en entend mal parler.  
En février de cette année, au Royaume-Uni, une jeune ado trans du nom de Briana Ghey a été assassinée. Et la presse, notamment le Times anglais, a d'abord écrit un article pour parler de cette jeune ado brutalement assassiné avant de réaliser qu’elle était trans. Ils ont alors immédiatement changé leur article pour la mégenrer et parler d'un jeune adolescent. Les associations ont lutté pour que son identité de genre soit respectée, sans succès. Elle n'avait pas encore pu faire son changement d'état civil. Par la suite, ses parents ont été victimes de harcèlement en ligne.  
Voilà donc la réalité des morts trans, y compris les morts violentes. C'est l'obscurité ou la maltraitance, voire souvent les deux. Donc cette journée, c'est une occasion de reprendre pour nous, avec nos mots, l'hommage à nos frères et à nos sœurs, à tous nos à adelphes qui qui sont décédés dans l'année, leur rendre un hommage avec des termes qui sont respectueux. Il faut rappeler que ce problème est politique en fait : on ne peut pas continuer à ignorer ainsi les violences qui sont faites aux personnes trans.  
Daisy Letoureur, tu milites au sein de l'association Toutes des femmes qui permet de faire front avec le militantisme féministe qui réaffirme la place des femmes trans dans la lutte. Est-ce que tu peux nous en dire plus sur vos actions ? 
Daisy Letouneur : L'asso Toutes des femmes a été fondée en 2020. Ça fait donc un peu plus de trois ans qu'on milite ensemble avec des personnes trans et des personnes cis auprès des médias, auprès des assos, principalement les assos féministes, pour porter un discours féministe qui soit inclusif des personnes trans et des et des femmes trans.  
Je vais vous donner un exemple très récent. Cette semaine, l'influence et autrice Lexie (@aggressively_trans) a annoncé que son invitation à un festival féministe avait été suspendue. Elle devait participer notamment à une table ronde sur les violences faites aux femmes, et elle a appris par un email peu délicat que finalement, sa présence en tant que femme trans à une table ronde sur les violences sexuelles ne plaisait pas à tout le monde parce que, d'une part, il n'y aurait pas eu cette année dans le décompte officiel des victimes de féminicides de femmes trans en France. C’est vrai, mais c’est parce que nous sommes une minorité ! On pourrait pourtant parler de tout un tas d'autres violences. On pourrait parler de personnes poussées au suicide aussi, mais ça ne rentrait pas dans les cases définies. D’autre part, on lui a dit que certaines personnes ne seraient pas à l'aise de témoigner de violences sexuelles en présence d'une femme trans. Sous-entendu : on te voit comme un homme, comme un agresseur potentiel. Là, on a un cas flagrant de transphobie dans un événement qui se dit féministe.  
Nous, avec Toutes des femmes, on propose des formations. On fournit des outils et des infos aux organisations, notamment féministes, pour pour que ce genre de choses ne se reproduise pas, pour que les personnes qui veulent nous défendre en interne, qui sont trans ou cis, et qui n'ont peut être pas les outils, sachent comment faire, sachent quoi répondre face à une situation comme ça qui nous nous paraît inadmissible. 
Le dernier rapport de SOS Homophobie alerte sur une augmentation des violences envers les personnes trans. Et selon l'organisation Transgender Europe, 94 % des victimes de meurtres transphobes qui ont lieu en 2023 sont des femmes. Pourquoi est-ce que ce sont les femmes trans qui subissent le plus de violences, selon vous ? 
Giovanna Rincon : Il faut préciser que la plupart des ces femmes, ce sont des femmes trans, en majorité racisées, travailleuses du sexe, beaucoup sans papiers. Je pense que les femmes trans sont, comme toutes les femmes, beaucoup plus exposées socialement à toute forme de violence. Être femme aujourd'hui dans cette société, c’est commettre une sorte de délit de faciès du genre. Donc quand tu es une femme trans, et notamment quand tu es en début de parcours de transition, que tu pratiques le travail du sexe, et que tu portes des tenues jugées trop exubérantes pour pouvoir travailler, tu es très vulnérable.  
En plus, il faut rajouter aussi les politiques répressives à l’encontre du travail du sexe. En France, depuis 2016, il y a une loi qui pénalise les clients des travailleuses du sexe. Ce qui fait qu'aujourd'hui, les femme trans, par exemple au bois de Boulogne, elles sont obligées de s’isoler, d’aller dans des endroits où il n'y a pas d'éclairage, etc. Elles sont encore beaucoup plus exposées à des formes de violence et d'abus. Donc les femmes trans aujourd'hui sont aussi victimes d'un fort niveau de pauvreté qui n'est pas connu ni vraiment documenté. 
Il faut aussi retenir que les femmes trans qui doivent pratiquer le travail du sexe aussi, elles ne peuvent pas dénoncer quand elles sont victimes d'agressions, parce qu'il y a une rupture de confiance totale entre la justice et la communauté trans.  
Le TDoR, c’est aussi l’occasion de recenser les victimes de la haine anti-trans, par exemple via la page TDoR France sur Instagram. En quoi est-ce nécessaire ? 
Giovanna Rincon : Nous recenser, c'est aussi en quelque sorte avoir des données. Pour humaniser aussi la mémoire de cette personne, mais aussi pour politiser ces données et pour rappeler à quel point il n'y a pas que le meurtre. Tout à l'heure, on parlait de Lexie qui a été exclue d’un festival féministe. Pour moi, tout ça, ça participe à la construction de ce que j’appelle la “mort sociale” des femmes trans. Il y a un continuum entre ça et le meurtre ou le suicide. 
Pourquoi on recense ? Pourquoi c'est si vital presque de le faire ? C'est parce que d'un côté, il y a un acte de justice, un acte de commémoration. Mais en même temps, nous sommes les seuls qui pouvons aujourd'hui donner en quelque sorte un sens à cette mobilisation qui permet de dire : nous existons. Et même quand on est victime de meurtre et de suicide dans notre communauté, nous, les vivant·e·s, on est encore debout pour veiller sur la communauté trans.  
La communauté trans est plus visible aujourd’hui, est-ce une bonne nouvelle ? 
Giovanna Rincon : Il y a une survisibilisation aujourd'hui de la question trans. D'un côté, on peut penser que c'est quelque chose de bien, c'est le cas quand on a des espaces safe, quand on a la possibilité de dire des choses avec des paroles justes, quand on parle à la première personne. Mais la visibilité, ça ne va pas forcément de pair avec le progrès ou la justice. 
Daisy Letourneur : Malgré la visibilité, ça n’est toujours pas faile d’afficher publiquement sa transidentité aujourd’hui. Il y a une étude qui a été faite par l’Association des journalistes LGBT (AJLGBT) qui a analysé les articles portant sur la transidentité pendant quelques mois. Ça a permis de mesurer combien d'articles étaient publiés, et on voyait un truc saisissant. En fait c'est surtout aujourd'hui la presse réactionnaire, la presse de droite, qu’on parle de transidentité. Les contenus anti-trans sont beaucoup plus nombreux que les contenus qui parlent de nous positivement.  
Il y a une panique morale qui est créée par la droite réactionnaire au sujet des personnes trans aujourd'hui, et ça, c'est vraiment le piège de la visibilité. Au moment où on met un pied dehors, l'enclume de tous les anciens Manif pour tous nous retombe dessus. Donc il faut qu’on crée un militantisme qui soit intelligent, qui soit efficace. Et un de ces outils là, c'est le TDoR. Un autre de ces outils, c'est de connaître une autre histoire, connaître l'histoire du militantisme trans en France et à l'étranger. Parce que cette histoire, elle n'est pas écrite ou très peu et il faut aller la chercher. Heureusement, il y a des personnes aujourd'hui qui essayent de faire ce travail.  
Le 20 novembre, Acceptess-T et le FLIRT organisent une soirée commémorative le samedi 18 à la Flèche d'Or. Quel est le programme de cette soirée ?  
Giovanna Rincon : L’idée c'est surtout de donner au TDoR une coloration festive et solidaire. Je pense que c'est important d’éviter de tomber dans un TDoR qui pourrait très vite être perçu comme morbide. La situation est très dure, la transphobie est partout, tous les jours. Mais en proposant une soirée, on peut mobiliser autour de la joie et autour d’un droit au bonheur que nous avons tous et toutes, en tant que personnes, mais aussi en tant que personnes trans.  
C’est aussi l’occasion de récolter des fonds, qui sont nécessaires, car n’oublions pas que la transphobie, qui mène au meurtre et au suicide, elle touche davantage les personnes précaires. Cet argent qu’on va récolter, ce sont des nuits d’hôtel qu’on va pouvoir payer à une personne trans qui est à la rue. Ce sont des frais d’avocat qui vont pouvoir être payés à un personne trans en difficulté avec la justice. C’est de quoi nourrir une personne trans qui ne peut plus se payer sa nourriture…  
Et puis on a un autre événément qui est organisé, plus commémoratif. Le 20 novembre, place Baudoyer. C'est encore une fois un moment pour s'approprier notre histoire.  
Il faudra qu'on soit capable de faire de cet acte un acte de plus en plus politique, mais aussi un moment commémoratif fédérateur. Pourquoi pas en faire quelque chose de plus culturel, et mettre au coeur de notre action la poésie, la joie, et la musique ? 


    L'équipe de l'émission
    
Présentation : Diego de Cao 
Réalisation : Colin Gruel 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 17 Nov 2023 00:00:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/le-lobby-lhebdo-tdor-pleurer-2023-11-17-937Jip1G.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/le-lobby-lhebdo-tdor-pleurer-2023-11-17-937Jip1G.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/oZzj-lhebdo-tdor-pleurer-les-mortes-celebrer-les-vivantes</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-jBDB4U7bxv.jpg"/></item><item><title>L'HEBDO — Au Liban, la communauté queer sous pression</title><description><![CDATA[
    Le Liban est un pays souvent perçu comme progressiste sur les questions queers. Sa scène queer et artistique ne cesse de se développer et de gagner en visibilité. Pourtant, alors que le pays s&#039;enonce dans la crise économique depuis plusieurs années, la communauté LGBTI+ subit de plus en plus de discriminations et d&#039;attaques.
    
En mai 2017, Beyrouth, la capitale du Liban, accueillait la première Pride dans un pays arabe. Une avancée énorme pour la lutte pour les droits LGBTQ+ dans un pays où l’homosexualité est encore pénalisée.  
Depuis, malgré les tentatives, la marche des fiertés n’a pas eu de nouvelle édition et les mesures répressives envers des personnes queers continuent. L’arrestation en 2018 de l’organisateur de la marche, les différentes directives illégales pour interdire les évènements pro-LGBT, ou encore très récemment en août 2023, une attaque d’un bar queer à Beyrouth par un groupuscule extrémiste chrétien ne sont que trois exemples parmis d’autres qui témoignent de la violence que subit la communauté. 
Pour en parler, nous recevons Nicolas Abi Chebel, co-président de Wassla. Cette association basée en France qui permet de créer des lieux de rassemblement et d’information pour les personnes arabes et queer. 
Tu es impliqué dans la lutte pour les droits des personnes queers au Liban via l&#039;association Wassla, en France. Est ce que tu peux nous présenter vos actions?  
Nicolas Abi Chebel : Wassla est une association qui a germé au lendemain de la mort tragique de Sarah Hegazi. L’association a été créée officiellement en 2021, l’année suivante. Notre but, c&#039;est d&#039;offrir un espace de solidarité, de partage, d&#039;expression pour les personnes queer originaires des pays du monde arabe et arabophones, tout en maintenant des liens étroits avec la société française.  
Est ce que c&#039;était une initiative qui était déjà présente en France de créer ce genre d&#039;association ou vous avez vraiment amené quelque chose qui était vraiment nécessaire?  
Il y a d&#039;autres associations qui ont des objectifs similaires. Par exemple, l&#039;association Shams qui s&#039;adresse particulièrement aux personnes d&#039;origine maghrébine, mais qui revendiquent aussi d&#039;accueillir des personnes de toutes origines, dans tout le monde arabe. Il y a aussi Enki, qui aide principalement les personnes persécutées dans leur pays d&#039;origine à arriver dans un pays où elles se sentent plus en sécurité, notamment en France. La particularité de Wassla, c&#039;est qu&#039;on a voulu créer une communauté, plutôt qu&#039;une association. On privilégie les initiatives et les projets des membres et on soutient les porteurs de projets. Un de nos principes fondamentaux, c&#039;est qu&#039;on fait tout pour ne pas avoir une notion de bénévole, de bénéficiaire et que c&#039;est là où la solidarité prend tout son sens. C&#039;est-à-dire qu&#039;une personne peut être aujourd&#039;hui bénéficiaire. On est contre ce clivage bénévole/bénéficiaire qu&#039;on peut parfois observer dans certaines associations. 
Malgré l’image progressiste dont le Liban jouit, les droits des personnes queers peinent à avancer dans le pays. Comment l’expliques-tu ? 
C&#039;est difficile d&#039;identifier de façon précise les raisons de ce rejet. D’ailleurs, les LGBTphobies existent et gagnent du terrain partout dans le monde. Pour moi, le facteur principal, c’est l&#039;ingérence accrue de la religion dans la vie de la société. La plupart des religions restent encore assez hostiles aux personnes LGBTQI+.  
Il y a aussi un rôle de la colonisation, parce que, au Liban, mais aussi dans beaucoup de pays, les lois qui pénalisent, qui incrimine l&#039;homosexualité, sont des lois importées. Elles ont été introduites dans le dispositif législatif des pays par les forces coloniales, et donc notamment la France en ce qui concerne le Liban. L’article 534, qui criminalise les relations “contre-nature”, est un héritage de cela.  
Et puis il y a aussi un opportunisme politique. Aujourd&#039;hui, il est toujours utile pour pour le système politique en place, quel que soit le pays, d&#039;utiliser des sujets qui font peur à la société et d&#039;alimenter cette peur pour maintenir son pouvoir.  
Aujourd’hui, le Liban est un pays très clivé, avec un discours qui consiste à dire que la question des droits LGBTI+ est une importation occidentale, et va à l’encontre des valeurs orientales. Et ce clivage est instrumentalisé par les acteurs politiques et religieux en place pour pour alimenter en fait cette peur, ce sentiment alimenté, ce sorte de repli sur soi et et en conséquence, le rejet de la communauté queer.  
Parlons justement de l’article 534. De nombreuses personnes jugées sur la base de cet article ont été acquittées. Est-ce un signe que l’homosexualité pourrait être définitivement dépénalisée ? 
En effet, depuis 2018, il y a eu des jurisprudences qui vont à l&#039;encontre de l&#039;application de cette loi. En juillet 2018, la Cour d&#039;appel pénale du mont Liban a confirmé un jugement d&#039;une cour inférieure qui a acquitté neuf hommes, poursuivies parce qu’ils étaient gays. La Cour d&#039;appel avait considéré que des relations sexuelles consenties, même entre personnes du même sexe, ne pouvaient pas être considérées comme contre-nature, surtout si elles sont pratiquées dans la sphère privée. C&#039;était une première au Liban et ça a été très, très bien accueilli par les et par la société civile, par les activistes.  
En 2019, c&#039;est au tour de la cour militaire du juge Germanos d&#039;acquitter quatre militaires qui étaient aussi accusés de sodomie, toujours en invoquant qu&#039;il ne s&#039;agit en aucun cas de relations sexuelles contre-nature. Donc ces deux jurisprudences ont constitué un espoir pour la communauté, mais ça reste quand même quelque chose d&#039;assez fragile parce que tant que la loi existe, elle est toujours susceptible d&#039;être appliquée. Et les tentatives de l&#039;abroger ont été plutôt timides. En tout cas, elles n’ont jamais abouti pour l’instant. 
Comment vit-on aujourd’hui son homosexualité au Liban ? 
En faisant attention, en restant discret et discrète, en fréquentant des membres de la communauté. Et puis, comme partout, les personnes qui en souffrent le plus, ce sont les personnes qui ont d&#039;autres vulnérabilités. Aujourd&#039;hui, une personne qui a les moyens de faire des rencontres et un appartement où elle peut inviter des amis, des amants, des amoureux ou amoureuses… est moins exposé à des poursuites qu&#039;une personne pauvre qui a besoin de faire des rencontres dans des endroits plus ou moins publics ou des personnes qui n&#039;ont qui n&#039;ont pas le soutien d’un famille pour les aider au cas où elles se feraient arrêter. C’est surtout le cas des personnes étrangères, des personnes réfugiées, des personnes sans papiers : ce sont les plus exposées à des persécutions.  
Est ce qu’aujourd&#039;hui, on trouve des lieux communautaires publics pour les personnes queers au Liban ? 
Oui, il existe des lieux communautaires pour les personnes queers. Le principal selon moi, c&#039;est un bar dans la banlieue de Beyrouth, madame Om bar, dans un des quartiers de Beyrouth est le fameux bar qui a été attaqué, qui a été attaqué récemment par par le par le groupuscule extrémiste Chrétiens et soldats de Dieu. Et avant l&#039;explosion de la crise économique, il y avait un autre lieu qui était à Ramallah, qui s&#039;appelait le Bardo, que j&#039;affectionne particulièrement.  
Le bar Madame Om a pignon sur rue. Il a subi d’importants dégâts suite à l’explosion du port de Beyrouth à l’été 2020, mais il a pu rouvrir.  
Et ce qui m’avait marqué quand j’avais visité ces deux lieux, c&#039;est que c&#039;étaient des endroits très, très discrets. Pour accéder au Bardo, il fallait faire le tour d&#039;un immeuble, donc l&#039;accès n&#039;était pas sur la rue mais à l&#039;arrière, dans la cour de l&#039;immeuble. Et Om était au second étage. Donc je peux t&#039;assurer que le jour où j’ai voulu y aller, j&#039;ai sillonné la rue trois fois pour trouver et jusqu&#039;au moment où j&#039;ai compris ! 
Donc ces lieux ont le mérite d&#039;exister. Ce sont des endroits qui se doivent de rester très discrets. Je m’en suis fait expulser l&#039;année dernière parce que j&#039;ai embrassé mon mari, parce que c&#039;est la seule façon de protéger les personnes qui viennent passer un bon moment dans ces lieux. Aucun des lieux communautaires au Liban ne se revendique vraiment un lieu queer. C&#039;est le bouche à oreille qui fait que c&#039;est connu de la communauté, mais il n’y a aucune publicité. Et tu verrais jamais un drapeau arc en ciel dans un endroit queer au Liban.  
Qu&#039;en est-il de la question de la transidentité ? 
Depuis 2016, il est possible au Liban de changer de genre à l&#039;état civil, à condition d&#039;avoir l&#039;avoir été, d&#039;avoir subi des opérations chirurgicales de rationnement du sexe. Mais je pense que ça reste très, très compliqué. Il faut dire que les personnes trans sont encore plus invisibilisé au Liban qu&#039;ailleurs.  
Tu disais qu&#039;on ne peut pas du tout voir de drapeaux LGBT au Liban… Pourtant il y a eu une marche des Fiertés en 2017. Est ce qu’il y a aujourd&#039;hui une régression de la visibilité queer ? 
Pour répondre à ta question, il faut revenir un peu en arrière.  
Au Liban, l’activisme queer commence au début des années 2000 avec la création de l’association Helem. Les personnes queers ont gagné en visibilité dans les médias et leurs combats ont été portés sur les scènes politiques et culturelles. Mais je pense que cette visibilité a eu aussi un prix : notre communauté a été plus exposée. À partir des années 2020, on a commencé à constater un recul des droits. Même si ce n&#039;est pas exactement un recul parce que les droits n&#039;existaient pas. Mais il y a eu une sorte d&#039;acharnement qui a connu son apogée cet été vis à vis de cette communauté.  
On parlait tout à l&#039;heure de la première presse de Beyrouth en 2017. En fait, suite à des menaces de certains de certains groupes religieux, la Pride n&#039;a pas vraiment eu lieu. Elle a été transformée en réunion, en ateliers, en tables rondes et en 2018, l&#039;initiateur de cette manifestation a été arrêté et tous les événements qui étaient organisés dans ce cadre ont été interdits.  
Le pouvoir politique a tout fait pour étouffer ces manifestations. En 2022, le ministre de l’Intérieur libanais a de nouveau décidé d’interdire toute manifestation faisant, selon lui, la promotion de la déviance sexuelle. Bien que cette décision a été invalidée par le Conseil d&#039;État suite à une plainte présentée par des associations, le ministre continue d’interdire ce genre d&#039;événement. Puis il y a eu la crise qui est passée par là en 2019. La communauté queer a été très mobilisée dans la contestation sociale. Les soulèvements populaires qui ont démarré en 2019 ont pas mal porté la question queer. Les dirigeants politiques s’en sont rendu compte et ont intensifié leurs persécutions contre la communauté. En fait, ils se servent de ce sujet pour détourner la population des vrais sujets. 
En septembre 2022, le groupe libanais Mashrou’Leila s’est séparé après des années de harcèlement, de tournées annulées ou de mise au ban par plusieurs pays arabes. Qu’est-ce qu’il représentait, ce groupe pour la communauté queer libanaise et même arabe ? 
C’était une belle parenthèse, malheureusement elle s’est fermée. Pour nous ça représentait une lueur d’espoir. Pour la première fois on avait une initiative artistique qui portait notre voix, en qui on pouvait s&#039;identifier. Malheureusement, Mashrou’Leila a aussi été victime de son succès. Ils ont commencé en tant que groupe très confidentiel et et ils ont réussi à se faire connaître de plus en plus par la communauté queer, mais aussi par la jeunesse de façon générale, pas par la jeunesse qui a des valeurs progressistes.  
Parce qu&#039;à l&#039;époque, il n&#039;y avait aucune autre initiative qui réunissait à la fois des valeurs progressistes et qui défendait ou qui parlait ouvertement des problématiques queer. Et notamment à travers le chanteur principal Hamed Sinno dont que viens de citer et dont on vient d&#039;écouter les mots, qui lui se revendiquait ouvertement queer et qui représentait une forme de modèle pour beaucoup de personnes dont beaucoup de jeunes personnes queer dans le Moyen Orient.  
Donc le succès venant, le groupe commençait à être un peu plus visible, un peu mal vu par les autorités de certains pays. Ça a commencé en Jordanie, ça s&#039;est poursuivi en Egypte et ça s&#039;est terminé au Liban à l’été 2019, peu avant la révolution où leur concert des dix ans avait été annulé. C&#039;était un concert qui devait avoir lieu à Byblos, une cité antique sur le bord de la Méditerranée et c&#039;est là où ils avaient fait leur premier concert. Des extrémistes chrétiens ont menacé le festival de violences si ce concert n&#039;était pas annulé. Et il a été annulé et c&#039;était la dernière date du groupe. Et suite à cela, malheureusement, le groupe s&#039;est séparé. 
Le groupe a été interdit de se produire dans plusieurs pays et notamment en Égypte, suite à un de leurs concerts dans lequel plusieurs membres du public ont été arrêtés et agressés pour avoir arboré un drapeau LGBT. Est ce qu&#039;un militantisme peut perdurer dans des pays où la répression est trop forte? 
Bien sûr. Je dirais même que c&#039;est là où le militantisme perdure le plus. Parce que c&#039;est là où le militantisme est le plus indispensable, il prend des formes différentes. Aujourd&#039;hui, je pense qu&#039;on peut être militant LGBT en France de façon très, très publique, très ouverte. Dans un pays comme le Liban ou l&#039;Égypte cela se passe de façon un peu plus souterraine et bien sûr avec des risques plus élevés. Mais jamais une répression avait arrêté des militants de poursuivre leur combat. 
Suite à ce fameux concert, une activiste pour les droits des LGBTI+ a subi une immense persécution du pouvoir. Son suicide en 2020 a provoqué la création de Wassla, ton association, est-ce que l’on peut l’on peut revenir sur cela ? 
Tu parles de Sarah Hegazi, qui était une activiste queer égyptienne qui militait à la fois pour les droits des personnes LGBTQ+, mais aussi, de façon plus générale, pour plus de justice sociale. Sarah faisait partie des personnes qui ont arboré le drapeau arc-en-ciel lors du concert de Mashrou Leila au Caire. Suite à quoi elle a été arrêtée, torturée, persécutée et emprisonnée plusieurs mois en Egypte. Elle a réussi à en sortir et à obtenir l&#039;asile politique au Canada, mais elle a malheureusement porté avec elle tous les traumatismes qu&#039;elle a subis en Egypte, auxquels s&#039;ajoutent le sentiment d&#039;exil, le dépaysement et les difficultés que les personnes exilées peuvent rencontrer dans dans les pays d&#039;accueil. On le voit beaucoup en France avec des personnes qui sont soit demandeuses et demandeurs d&#039;asile soient soit réfugié·es. Le simple fait d&#039;obtenir l&#039;asile dans un pays ne suffit pas pour que tous les problèmes soient résolus. Au contraire, ce n&#039;est qu&#039;une étape dans une longue série de combats.  
La mort dramatique, tragique de Sarah nous a fait prendre conscience qu&#039;il faut que cela cesse. Je n&#039;ai pas eu la chance de participer au rassemblement qui a eu lieu en son hommage mais les personnes qui se sont retrouvées ce jour-là se sont dit “plus jamais ça” et elles ont décidé de se rassembler et de former une communauté. J&#039;ai rejoint le projet un peu plus tard et je l&#039;ai aidé à se structurer et à se pérenniser. 
Est ce que votre association organise des actions de soutien et de présence dans les manifestations, notamment avec ce qu&#039;il se passe actuellement au Proche-Orient entre Israël et la Palestine?  
En tant qu&#039;association, nous avons pris part officiellement de façon officielle au débat en cosignant une tribune portée par le collectif Du pain et des roses qui appelle à un cessez-le-feu et qui alerte la communauté internationale sur le massacre qui a lieu actuellement à Gaza. Ensuite sur le terrain, dans la rue, la participation s&#039;est plutôt faite sur le plan individuel. Nous le relayons sur nos canaux internes et les gens s&#039;organisent, nous n&#039;avons pas eu une présence officielle dans les manifestations pour le moment. 

    
        
            « Je n’écris pas sur le massacre. On n’écrit pas sur un massacre. Je n’essaie même pas, toute parole serait vaine, et la langue plus étroite que le massacre. Et je n’écris pas sur eux, ceux qui ont vécu le massacre. J’écris sans doute sur nous, qui l’avons vu de nos propres yeux. Ce qui est sûr, c’est que j’écris sur ceux qui, quand ils ont vu le massacre, ont détourné le regard. Comment ont-ils détourné le regard ? »
        
        
            Sur le devoir de fixer du regard un cadavre - Samir Skayni
        
    



    Références citées dans l&#039;émission
    
• Chanson diffusée : Tayf, du groupe libanais Mashrou Leila 
• Le podcast Sarde dans lequel Hamed Sinno annonce la fin du groupe Mashrou Leila (vidéo en arabe, sous-titrée en anglais) 
• Vidéo du média libanais « L&#039;Orient Le Jour »sur la situation des personnes queers au Liban 
• Reportage d&#039;OrientXXI auprès de la communauté queer libanaise 
• Le texte de Samir Skayni lu par Nicolas Abi Chebel à la fin de l&#039;émission 


    L&#039;équipe de l&#039;émission
    
Présentation : Diego de Cao 
Préparation : Zoé Monrozier et Nathan Binet 
Réalisation : Colin Gruel 
]]></description><itunes:summary>
    Le Liban est un pays souvent perçu comme progressiste sur les questions queers. Sa scène queer et artistique ne cesse de se développer et de gagner en visibilité. Pourtant, alors que le pays s'enonce dans la crise économique depuis plusieurs années, la communauté LGBTI+ subit de plus en plus de discriminations et d'attaques.
    
En mai 2017, Beyrouth, la capitale du Liban, accueillait la première Pride dans un pays arabe. Une avancée énorme pour la lutte pour les droits LGBTQ+ dans un pays où l’homosexualité est encore pénalisée.  
Depuis, malgré les tentatives, la marche des fiertés n’a pas eu de nouvelle édition et les mesures répressives envers des personnes queers continuent. L’arrestation en 2018 de l’organisateur de la marche, les différentes directives illégales pour interdire les évènements pro-LGBT, ou encore très récemment en août 2023, une attaque d’un bar queer à Beyrouth par un groupuscule extrémiste chrétien ne sont que trois exemples parmis d’autres qui témoignent de la violence que subit la communauté. 
Pour en parler, nous recevons Nicolas Abi Chebel, co-président de Wassla. Cette association basée en France qui permet de créer des lieux de rassemblement et d’information pour les personnes arabes et queer. 
Tu es impliqué dans la lutte pour les droits des personnes queers au Liban via l'association Wassla, en France. Est ce que tu peux nous présenter vos actions?  
Nicolas Abi Chebel : Wassla est une association qui a germé au lendemain de la mort tragique de Sarah Hegazi. L’association a été créée officiellement en 2021, l’année suivante. Notre but, c'est d'offrir un espace de solidarité, de partage, d'expression pour les personnes queer originaires des pays du monde arabe et arabophones, tout en maintenant des liens étroits avec la société française.  
Est ce que c'était une initiative qui était déjà présente en France de créer ce genre d'association ou vous avez vraiment amené quelque chose qui était vraiment nécessaire?  
Il y a d'autres associations qui ont des objectifs similaires. Par exemple, l'association Shams qui s'adresse particulièrement aux personnes d'origine maghrébine, mais qui revendiquent aussi d'accueillir des personnes de toutes origines, dans tout le monde arabe. Il y a aussi Enki, qui aide principalement les personnes persécutées dans leur pays d'origine à arriver dans un pays où elles se sentent plus en sécurité, notamment en France. La particularité de Wassla, c'est qu'on a voulu créer une communauté, plutôt qu'une association. On privilégie les initiatives et les projets des membres et on soutient les porteurs de projets. Un de nos principes fondamentaux, c'est qu'on fait tout pour ne pas avoir une notion de bénévole, de bénéficiaire et que c'est là où la solidarité prend tout son sens. C'est-à-dire qu'une personne peut être aujourd'hui bénéficiaire. On est contre ce clivage bénévole/bénéficiaire qu'on peut parfois observer dans certaines associations. 
Malgré l’image progressiste dont le Liban jouit, les droits des personnes queers peinent à avancer dans le pays. Comment l’expliques-tu ? 
C'est difficile d'identifier de façon précise les raisons de ce rejet. D’ailleurs, les LGBTphobies existent et gagnent du terrain partout dans le monde. Pour moi, le facteur principal, c’est l'ingérence accrue de la religion dans la vie de la société. La plupart des religions restent encore assez hostiles aux personnes LGBTQI+.  
Il y a aussi un rôle de la colonisation, parce que, au Liban, mais aussi dans beaucoup de pays, les lois qui pénalisent, qui incrimine l'homosexualité, sont des lois importées. Elles ont été introduites dans le dispositif législatif des pays par les forces coloniales, et donc notamment la France en ce qui concerne le Liban. L’article 534, qui criminalise les relations “contre-nature”, est un héritage de cela.  
Et puis il y a aussi un opportunisme politique. Aujourd'hui, il est toujours utile pour pour le système politique en place, quel que soit le pays, d'utiliser des sujets qui font peur à la société et d'alimenter cette peur pour maintenir son pouvoir.  
Aujourd’hui, le Liban est un pays très clivé, avec un discours qui consiste à dire que la question des droits LGBTI+ est une importation occidentale, et va à l’encontre des valeurs orientales. Et ce clivage est instrumentalisé par les acteurs politiques et religieux en place pour pour alimenter en fait cette peur, ce sentiment alimenté, ce sorte de repli sur soi et et en conséquence, le rejet de la communauté queer.  
Parlons justement de l’article 534. De nombreuses personnes jugées sur la base de cet article ont été acquittées. Est-ce un signe que l’homosexualité pourrait être définitivement dépénalisée ? 
En effet, depuis 2018, il y a eu des jurisprudences qui vont à l'encontre de l'application de cette loi. En juillet 2018, la Cour d'appel pénale du mont Liban a confirmé un jugement d'une cour inférieure qui a acquitté neuf hommes, poursuivies parce qu’ils étaient gays. La Cour d'appel avait considéré que des relations sexuelles consenties, même entre personnes du même sexe, ne pouvaient pas être considérées comme contre-nature, surtout si elles sont pratiquées dans la sphère privée. C'était une première au Liban et ça a été très, très bien accueilli par les et par la société civile, par les activistes.  
En 2019, c'est au tour de la cour militaire du juge Germanos d'acquitter quatre militaires qui étaient aussi accusés de sodomie, toujours en invoquant qu'il ne s'agit en aucun cas de relations sexuelles contre-nature. Donc ces deux jurisprudences ont constitué un espoir pour la communauté, mais ça reste quand même quelque chose d'assez fragile parce que tant que la loi existe, elle est toujours susceptible d'être appliquée. Et les tentatives de l'abroger ont été plutôt timides. En tout cas, elles n’ont jamais abouti pour l’instant. 
Comment vit-on aujourd’hui son homosexualité au Liban ? 
En faisant attention, en restant discret et discrète, en fréquentant des membres de la communauté. Et puis, comme partout, les personnes qui en souffrent le plus, ce sont les personnes qui ont d'autres vulnérabilités. Aujourd'hui, une personne qui a les moyens de faire des rencontres et un appartement où elle peut inviter des amis, des amants, des amoureux ou amoureuses… est moins exposé à des poursuites qu'une personne pauvre qui a besoin de faire des rencontres dans des endroits plus ou moins publics ou des personnes qui n'ont qui n'ont pas le soutien d’un famille pour les aider au cas où elles se feraient arrêter. C’est surtout le cas des personnes étrangères, des personnes réfugiées, des personnes sans papiers : ce sont les plus exposées à des persécutions.  
Est ce qu’aujourd'hui, on trouve des lieux communautaires publics pour les personnes queers au Liban ? 
Oui, il existe des lieux communautaires pour les personnes queers. Le principal selon moi, c'est un bar dans la banlieue de Beyrouth, madame Om bar, dans un des quartiers de Beyrouth est le fameux bar qui a été attaqué, qui a été attaqué récemment par par le par le groupuscule extrémiste Chrétiens et soldats de Dieu. Et avant l'explosion de la crise économique, il y avait un autre lieu qui était à Ramallah, qui s'appelait le Bardo, que j'affectionne particulièrement.  
Le bar Madame Om a pignon sur rue. Il a subi d’importants dégâts suite à l’explosion du port de Beyrouth à l’été 2020, mais il a pu rouvrir.  
Et ce qui m’avait marqué quand j’avais visité ces deux lieux, c'est que c'étaient des endroits très, très discrets. Pour accéder au Bardo, il fallait faire le tour d'un immeuble, donc l'accès n'était pas sur la rue mais à l'arrière, dans la cour de l'immeuble. Et Om était au second étage. Donc je peux t'assurer que le jour où j’ai voulu y aller, j'ai sillonné la rue trois fois pour trouver et jusqu'au moment où j'ai compris ! 
Donc ces lieux ont le mérite d'exister. Ce sont des endroits qui se doivent de rester très discrets. Je m’en suis fait expulser l'année dernière parce que j'ai embrassé mon mari, parce que c'est la seule façon de protéger les personnes qui viennent passer un bon moment dans ces lieux. Aucun des lieux communautaires au Liban ne se revendique vraiment un lieu queer. C'est le bouche à oreille qui fait que c'est connu de la communauté, mais il n’y a aucune publicité. Et tu verrais jamais un drapeau arc en ciel dans un endroit queer au Liban.  
Qu'en est-il de la question de la transidentité ? 
Depuis 2016, il est possible au Liban de changer de genre à l'état civil, à condition d'avoir l'avoir été, d'avoir subi des opérations chirurgicales de rationnement du sexe. Mais je pense que ça reste très, très compliqué. Il faut dire que les personnes trans sont encore plus invisibilisé au Liban qu'ailleurs.  
Tu disais qu'on ne peut pas du tout voir de drapeaux LGBT au Liban… Pourtant il y a eu une marche des Fiertés en 2017. Est ce qu’il y a aujourd'hui une régression de la visibilité queer ? 
Pour répondre à ta question, il faut revenir un peu en arrière.  
Au Liban, l’activisme queer commence au début des années 2000 avec la création de l’association Helem. Les personnes queers ont gagné en visibilité dans les médias et leurs combats ont été portés sur les scènes politiques et culturelles. Mais je pense que cette visibilité a eu aussi un prix : notre communauté a été plus exposée. À partir des années 2020, on a commencé à constater un recul des droits. Même si ce n'est pas exactement un recul parce que les droits n'existaient pas. Mais il y a eu une sorte d'acharnement qui a connu son apogée cet été vis à vis de cette communauté.  
On parlait tout à l'heure de la première presse de Beyrouth en 2017. En fait, suite à des menaces de certains de certains groupes religieux, la Pride n'a pas vraiment eu lieu. Elle a été transformée en réunion, en ateliers, en tables rondes et en 2018, l'initiateur de cette manifestation a été arrêté et tous les événements qui étaient organisés dans ce cadre ont été interdits.  
Le pouvoir politique a tout fait pour étouffer ces manifestations. En 2022, le ministre de l’Intérieur libanais a de nouveau décidé d’interdire toute manifestation faisant, selon lui, la promotion de la déviance sexuelle. Bien que cette décision a été invalidée par le Conseil d'État suite à une plainte présentée par des associations, le ministre continue d’interdire ce genre d'événement. Puis il y a eu la crise qui est passée par là en 2019. La communauté queer a été très mobilisée dans la contestation sociale. Les soulèvements populaires qui ont démarré en 2019 ont pas mal porté la question queer. Les dirigeants politiques s’en sont rendu compte et ont intensifié leurs persécutions contre la communauté. En fait, ils se servent de ce sujet pour détourner la population des vrais sujets. 
En septembre 2022, le groupe libanais Mashrou’Leila s’est séparé après des années de harcèlement, de tournées annulées ou de mise au ban par plusieurs pays arabes. Qu’est-ce qu’il représentait, ce groupe pour la communauté queer libanaise et même arabe ? 
C’était une belle parenthèse, malheureusement elle s’est fermée. Pour nous ça représentait une lueur d’espoir. Pour la première fois on avait une initiative artistique qui portait notre voix, en qui on pouvait s'identifier. Malheureusement, Mashrou’Leila a aussi été victime de son succès. Ils ont commencé en tant que groupe très confidentiel et et ils ont réussi à se faire connaître de plus en plus par la communauté queer, mais aussi par la jeunesse de façon générale, pas par la jeunesse qui a des valeurs progressistes.  
Parce qu'à l'époque, il n'y avait aucune autre initiative qui réunissait à la fois des valeurs progressistes et qui défendait ou qui parlait ouvertement des problématiques queer. Et notamment à travers le chanteur principal Hamed Sinno dont que viens de citer et dont on vient d'écouter les mots, qui lui se revendiquait ouvertement queer et qui représentait une forme de modèle pour beaucoup de personnes dont beaucoup de jeunes personnes queer dans le Moyen Orient.  
Donc le succès venant, le groupe commençait à être un peu plus visible, un peu mal vu par les autorités de certains pays. Ça a commencé en Jordanie, ça s'est poursuivi en Egypte et ça s'est terminé au Liban à l’été 2019, peu avant la révolution où leur concert des dix ans avait été annulé. C'était un concert qui devait avoir lieu à Byblos, une cité antique sur le bord de la Méditerranée et c'est là où ils avaient fait leur premier concert. Des extrémistes chrétiens ont menacé le festival de violences si ce concert n'était pas annulé. Et il a été annulé et c'était la dernière date du groupe. Et suite à cela, malheureusement, le groupe s'est séparé. 
Le groupe a été interdit de se produire dans plusieurs pays et notamment en Égypte, suite à un de leurs concerts dans lequel plusieurs membres du public ont été arrêtés et agressés pour avoir arboré un drapeau LGBT. Est ce qu'un militantisme peut perdurer dans des pays où la répression est trop forte? 
Bien sûr. Je dirais même que c'est là où le militantisme perdure le plus. Parce que c'est là où le militantisme est le plus indispensable, il prend des formes différentes. Aujourd'hui, je pense qu'on peut être militant LGBT en France de façon très, très publique, très ouverte. Dans un pays comme le Liban ou l'Égypte cela se passe de façon un peu plus souterraine et bien sûr avec des risques plus élevés. Mais jamais une répression avait arrêté des militants de poursuivre leur combat. 
Suite à ce fameux concert, une activiste pour les droits des LGBTI+ a subi une immense persécution du pouvoir. Son suicide en 2020 a provoqué la création de Wassla, ton association, est-ce que l’on peut l’on peut revenir sur cela ? 
Tu parles de Sarah Hegazi, qui était une activiste queer égyptienne qui militait à la fois pour les droits des personnes LGBTQ+, mais aussi, de façon plus générale, pour plus de justice sociale. Sarah faisait partie des personnes qui ont arboré le drapeau arc-en-ciel lors du concert de Mashrou Leila au Caire. Suite à quoi elle a été arrêtée, torturée, persécutée et emprisonnée plusieurs mois en Egypte. Elle a réussi à en sortir et à obtenir l'asile politique au Canada, mais elle a malheureusement porté avec elle tous les traumatismes qu'elle a subis en Egypte, auxquels s'ajoutent le sentiment d'exil, le dépaysement et les difficultés que les personnes exilées peuvent rencontrer dans dans les pays d'accueil. On le voit beaucoup en France avec des personnes qui sont soit demandeuses et demandeurs d'asile soient soit réfugié·es. Le simple fait d'obtenir l'asile dans un pays ne suffit pas pour que tous les problèmes soient résolus. Au contraire, ce n'est qu'une étape dans une longue série de combats.  
La mort dramatique, tragique de Sarah nous a fait prendre conscience qu'il faut que cela cesse. Je n'ai pas eu la chance de participer au rassemblement qui a eu lieu en son hommage mais les personnes qui se sont retrouvées ce jour-là se sont dit “plus jamais ça” et elles ont décidé de se rassembler et de former une communauté. J'ai rejoint le projet un peu plus tard et je l'ai aidé à se structurer et à se pérenniser. 
Est ce que votre association organise des actions de soutien et de présence dans les manifestations, notamment avec ce qu'il se passe actuellement au Proche-Orient entre Israël et la Palestine?  
En tant qu'association, nous avons pris part officiellement de façon officielle au débat en cosignant une tribune portée par le collectif Du pain et des roses qui appelle à un cessez-le-feu et qui alerte la communauté internationale sur le massacre qui a lieu actuellement à Gaza. Ensuite sur le terrain, dans la rue, la participation s'est plutôt faite sur le plan individuel. Nous le relayons sur nos canaux internes et les gens s'organisent, nous n'avons pas eu une présence officielle dans les manifestations pour le moment. 

    
        
            « Je n’écris pas sur le massacre. On n’écrit pas sur un massacre. Je n’essaie même pas, toute parole serait vaine, et la langue plus étroite que le massacre. Et je n’écris pas sur eux, ceux qui ont vécu le massacre. J’écris sans doute sur nous, qui l’avons vu de nos propres yeux. Ce qui est sûr, c’est que j’écris sur ceux qui, quand ils ont vu le massacre, ont détourné le regard. Comment ont-ils détourné le regard ? »
        
        
            Sur le devoir de fixer du regard un cadavre - Samir Skayni
        
    



    Références citées dans l'émission
    
• Chanson diffusée : Tayf, du groupe libanais Mashrou Leila 
• Le podcast Sarde dans lequel Hamed Sinno annonce la fin du groupe Mashrou Leila (vidéo en arabe, sous-titrée en anglais) 
• Vidéo du média libanais « L'Orient Le Jour »sur la situation des personnes queers au Liban 
• Reportage d'OrientXXI auprès de la communauté queer libanaise 
• Le texte de Samir Skayni lu par Nicolas Abi Chebel à la fin de l'émission 


    L'équipe de l'émission
    
Présentation : Diego de Cao 
Préparation : Zoé Monrozier et Nathan Binet 
Réalisation : Colin Gruel 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 10 Nov 2023 00:00:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/le-lobby-lhebdo-au-liban-la-co-2023-11-10-QWvW79xe.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/le-lobby-lhebdo-au-liban-la-co-2023-11-10-QWvW79xe.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/jYjl-lhebdo-au-liban-la-communaute-queer-sous-pression</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-BpYP1GVqmA.jpg"/></item><item><title>Questionner les orientations sexuelles avec Mathias Chaillot et Léane Alestra + Franky Gogo en live !</title><description><![CDATA[
    Ce mois-ci dans Le Lobby, il est temps de laisser votre orientation sexuelle au placard, surtout si vous êtes un hommes. Hétérosexualité et homosexualité masculines passent au microscope.
    
Mathias Chaillot vient de publier 4% en théorie... aux éditions Goutte d&#039;or. Un essai édifiant qui collecte des dizaines d&#039;étude qui, à travers les époques, ont tenté d&#039;expliquer l&#039;homosexualité. 
Il y a quelques mois, Léane Alestra questionnait la norme hétérosexuelle dans Les hommes hétéros le sont-ils vraiment ?, paru chez JC Lattès. 
Ces deux auteurices sont nos invité·e·s pour un entretien croisé.  

    Les Disques du Lobby
    
Ce soir, Xavier a décidé de nous ouvrir les portes d’un pays dans lequel nous aurons bientôt toustes envie de déménager : celui de Franky Gogo.  
Parce que quand Xavier écoute Franky Gogo, il a envie de faire ses valises, et de prendre le premier billet de train pour le rejoindre dans son utopie queer où il serait le leader.  
Parce que la musique de Franky Gogo, c’est une vision d’un monde alternatif, quasiment apocalyptique pour le meilleur, où les femboys et les fairies auraient pris le contrôle du système. Un monde où l’identité de genre serait anecdotique tellement chacun et chacune se vivrait comme il ou elle l’entend.  
Un monde où le genre musical serait lui aussi anecdotique, tant les frontières entre pop, hyper pop, rock, electro et autres appellations bonnes à rester dans les bacs de la FNAC n’auraient plus d’importance.  


    L&#039;équipe de l&#039;émission
    
Présentation : Colin Gruel et Victor Samoth-Panetti 
Chroniques : Nathan Binet, Xavier Paufichet et Margot Michel 
Réalisation : Margot Page 
Prise de son live : Kélian Jeannez 
]]></description><itunes:summary>
    Ce mois-ci dans Le Lobby, il est temps de laisser votre orientation sexuelle au placard, surtout si vous êtes un hommes. Hétérosexualité et homosexualité masculines passent au microscope.
    
Mathias Chaillot vient de publier 4% en théorie... aux éditions Goutte d'or. Un essai édifiant qui collecte des dizaines d'étude qui, à travers les époques, ont tenté d'expliquer l'homosexualité. 
Il y a quelques mois, Léane Alestra questionnait la norme hétérosexuelle dans Les hommes hétéros le sont-ils vraiment ?, paru chez JC Lattès. 
Ces deux auteurices sont nos invité·e·s pour un entretien croisé.  

    Les Disques du Lobby
    
Ce soir, Xavier a décidé de nous ouvrir les portes d’un pays dans lequel nous aurons bientôt toustes envie de déménager : celui de Franky Gogo.  
Parce que quand Xavier écoute Franky Gogo, il a envie de faire ses valises, et de prendre le premier billet de train pour le rejoindre dans son utopie queer où il serait le leader.  
Parce que la musique de Franky Gogo, c’est une vision d’un monde alternatif, quasiment apocalyptique pour le meilleur, où les femboys et les fairies auraient pris le contrôle du système. Un monde où l’identité de genre serait anecdotique tellement chacun et chacune se vivrait comme il ou elle l’entend.  
Un monde où le genre musical serait lui aussi anecdotique, tant les frontières entre pop, hyper pop, rock, electro et autres appellations bonnes à rester dans les bacs de la FNAC n’auraient plus d’importance.  


    L'équipe de l'émission
    
Présentation : Colin Gruel et Victor Samoth-Panetti 
Chroniques : Nathan Binet, Xavier Paufichet et Margot Michel 
Réalisation : Margot Page 
Prise de son live : Kélian Jeannez 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 07 Nov 2023 00:00:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/le-lobby-questionner-les-orientat-2023-11-07-dWcK1OJm.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/le-lobby-questionner-les-orientat-2023-11-07-dWcK1OJm.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/k2kE-questionner-les-orientations-sexuelles-avec-mathias-chaillot-et-leane-alestra-franky-gogo-en-live</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-cGSFDN4juM.jpg"/></item><item><title>L'HEBDO — Censurer le porno ? Les associations LGBTI+ disent "non" à la loi SREN</title><description><![CDATA[
    Le mois dernier, l&#039;Assemblée nationale a adopté la loi visant à « sécuriser et réguler l&#039;espace numérique ». Ce texte, qui vise notamment à contrôler davantage les sites pornographiques, fait grincer des dents du côté des associations queers et de travailleureuses du sexe.
    
Début octobre, une tribune publiée dans Têtu• et signée par plusieurs associations telles que Act-Up Paris, Acceptess-T ou encore le Strass dénonçait un « climat anti-porno » nuisible pour la santé sexuelle des personnes queers et des travaileureuses du sexe. 
Dans leur ligne de mire, la loi visant à « sécuriser et réguler l&#039;espace numérique », qui a été adoptée définitivement au mois d&#039;octobre. Le texte prévoit de vérifier l&#039;âge des personnes se rendant sur des sites pornographiques pour éloigner les mineur·es. Pour de nombreux spécialistes des enjeux numériques, il y a fort à parier que la France devra faire demi-tour comme d&#039;autres pays qui, avant elle, ont voulu mettre en place ce type de contrôle.  
Mais pour les associations LGBTI+ et de TDS, qui regrettent de ne pas avoir été entendues sur le sujet en commission, cette disposition est risquée. « Les procédés proposés de collecte de données personnelles en ligne des internautes peuvent s’avérer dangereux pour leur sécurité et la protection de leur vie privée », écrivent les signataires. Surtout, ils redoutent que ce texte ne viennent encore compliquer leurs campagnes de prévention, dans un contexte où Instagram et consorts continuent à censurer les contenus dans lesquels le mot « sexe » apparaît. 
Le chemin législatif de ce texte sulfureux n&#039;est pas encore terminé. La chambre mixte paritaire doit encore se prononcer. 
Pour en parler, nous recevons : 
• Eva Vocz, chargée de plaidoyer travail sexuel d&#039;Act-Up Paris 
• Marc-Antoine Bartoli, coordinateur prévention d&#039;Act-Up Paris 

    
        
        
    

Qu&#039;est ce qui vous a poussé à réaliser cette tribune qui a été publiée dans Têtu le 4 octobre et que vous avez coécrite avec la Quadrature du Net ? 
Eva Vocz : En fait, ce qui nous a poussé à écrire cette tribune, c&#039;est le fait que la santé n&#039;était pas du tout un angle dans les débats publics qui concernait le projet de loi visant à sécuriser et réguler l&#039;espace numérique. Que malgré nos demandes, on a été ni auditionné par le Sénat, ni auditionné par l&#039;Assemblée sur sur le sujet. Et il faut savoir que quand on régule la grosse casse de la pornographie en ligne, on vient s&#039;attaquer en fait à tout type de contenus qu&#039;on peut mettre dans cette case. Et parce que la pornographie n&#039;est pas quelque chose qui est vraiment défini juridiquement, ça peut être.  
D&#039;après la Cour de cassation, assez relatif selon les mœurs de l&#039;époque, donner une société, et cetera Si bien qu&#039;à chaque fois qu&#039;on a pu observer au niveau international des régulations en ligne, c&#039;est s&#039;attaquer en fait à tout type de représentation des sexualités et dans le champ qui nous intéresse, s&#039;attaquer aussi à l&#039;information en santé sexuelle. Par exemple, si sur le réseau social X, vous vous mettez à parler de sexualité, de sexe, votre contenu sera invisible, visé par l&#039;algorithme dans le meilleur des cas, Dans le pire des cas, votre compte parfait peut être signalé et est supprimé. Et du coup, les associations de santé ou quelque chose à dire en fait sur pourquoi pas une régulation du numérique, mais pas n&#039;importe comment.  
Dans la tribune, vous critiquez notamment le premier article du projet de loi visant à réguler, sécuriser et sécuriser l&#039;espace numérique qui vient d&#039;être voté par l&#039;Assemblée nationale. Comme je l&#039;ai dit en introduction, cet article impose la responsabilité à l&#039;heure com d&#039;élaborer un système de vérification de l&#039;âge qui vise à protéger les personnes mineures des contenus pornographiques. Jusqu&#039;ici, on a seulement sur un site pornographique une fenêtre qui s&#039;affiche pour vous demander si vous êtes majeur ou pas. Et en cas de non respect de cette nouvelle règle, comme pour sanctionner les sites pornographiques avec un contrôle a posteriori seulement par un juge administratif, alors qu&#039;auparavant c&#039;était un juge  qui intervenait. Et du coup, en quoi ces nouvelles missions confiées à L&#039;art com vous semblent problématiques, notamment quand on considère que le président de l&#039;ARS, comme il est nommé par le président de la République. En quoi ces missions qui sont confiées alors, comme désormais du coup, vous peuvent vous sembler problématiques?  
Eva Vocz : En fait, c&#039;est vrai que déjà, à la base, en fait, il y avait une régulation : la loi portait sur les contenus pornographiques et aussi les contenus violents qui ne peuvent pas être accessibles aux mineurs. En 2020, il y a eu un changement législatif au sein de la loi sur les violences conjugales, qui isolait en fait les contenus pornographiques, pour dire que dans ce cas précis, le disclaimer (donc le bouton qui dit “oui, je suis majeur”), était insuffisant. Mais sans proposer pour autant de solutions techniques, parce qu&#039;il n&#039;existe pas de solutions techniques qui soient parfaites. On ne sait pas exactement ce que l’Arcom va mettre en place comme système. L’authentification par carte bancaire, ce n’est pas envisageable. Et de manière générale, la collecte de données sur les utilisateurs est très touchy puisqu’elle touche aux préférences sexuelles…  
Ce qu&#039;ils veulent faire, une fois que la loi sera passée en comission mixte paritaire, l’ultime étape, c&#039;est d&#039;imposer que l’Arcom puisse bloquer les sites si on constate que des mineur.e.s peuvent y avoir accès. 
Enfin, effectivement, le président de l’Arcom est nommé par le président de la République. La pornographie n&#039;est pas définie en droit. Si mettons dans un futur dystopique venait au pouvoir quelqu&#039;un qui considère que par exemple deux hommes qui s&#039;embrassent, c&#039;est du contenu pornographique, alors on pourrait bloquer les sites qui présentent deux hommes qui s&#039;embrassent. Moi, ça me pose un problème. Je pense que ça tend vers un modèle sociétal, enfin vers lequel les libertés sont menacées.  
En quoi ces mesures anti-porno vous impactent à Act-Up ? 
Marc-Antoine Bartoli : Sur les sur les campagnes et sur les mêmes les contenus qu&#039;on essaye de relayer et de créer autour de la santé sexuelle, on est toujours obligés de surveiller ce qu&#039;on publie, de ce qu&#039;on va montrer. Donc souvent, ça passe par l&#039;image. Un acteur par en plus, a beaucoup travaillé sur l&#039;image. Il y a déjà cette partie là qui est assez complexe. Et après, dans les mots et dans et dans le texte et dans l&#039;information qu&#039;on va relayer aussi, peut se glisser des choses censurées. 
Et on l&#039;a vu l&#039;année dernière, quand on a lancé notre campagne de prévention “Savoir c’est pouvoir”, le parti pris était de travailler avec un artiste, en l&#039;occurrence Smith, qui est photographe et qui a travaillé avec une caméra thermique pour prendre en photo les corps et les identités multiples. Et on a bien vu que le message passe mieux quand on fait appel à un artiste qui du coup va avoir un décalage avec ce qu&#039;on va montrer que de faire appel à un photographe ou quelqu&#039;un de lambda qui va montrer le sujet frontalement, et donc ça va être considéré comme de la pornographie.  
Et on a bien vu aussi quand on a comparé les posts qu&#039;on pouvait faire régulièrement sur nos réseaux sociaux sur des sujets diverses, de voir la visibilité de ces sujets là, puis la visibilité de cette campagne, on a vu qu&#039;il y a eu, il y a eu un gros vide, une grosse différence entre la visibilité de cette campagne et la visibilité de ces autres postes.  
Donc c&#039;est intéressant de voir que les réseaux sociaux aujourd&#039;hui sont quand même des courroies importantes pour faire de la prévention, relayer les messages que les jeunes utilisent maintenant pratiquement tout le temps. Et c&#039;est intéressant de voir comment nous on doit filtrer cette information là pour qu&#039;elle puisse parvenir aux jeunes. Alors que nous, on connaît justement les codes qui marchent et qui interpellent les jeunes. Et ces codes là vont aujourd&#039;hui certainement être censurés ou attaqués par différents bords politiques. 
Plus de deux tiers des jeunes disent ne pas avoir accès à leurs trois séances annuelles d’éducation à la sexualité. Les effets de cette loi sur vos campagnes sont donc de plus en plus alarmants… 
Marc-Antoine Bartoli : Sidaction fait un sondage tous les ans avec l&#039;institut Ifop. Ils font une enquête auprès des 15/24 ans pour avoir un peu leur avis sur les cours d&#039;éducation à la sexualité, leur rapport à l&#039;information autour de la santé sexuelle pour prendre le pouls chaque année. Et on s&#039;est rendus compte que pour de pour de l&#039;année 2023, il y avait 67 % des 15/24 ans qui disent avoir ne pas avoir bénéficié des cours d&#039;éducation à la sexualité. 
On voit que leur connaissance est quand même assez vacillante, incomplète, repose sur des idées reçues, des tabous ou des peurs. On voit que c&#039;est quand même très fragile. Et puis un autre chiffre se trouve dans le bulletin de santé public. En 2021, parmi les personnes qui ont découvert leur séropositivité sur l&#039;ensemble de la population, les moins de 25 ans représentent 15 %, ce qui est un chiffre assez stable depuis 2017, mais qui en dit long quand même sur le taux de séropositivité chez les moins de 25 ans.  
On voit que du coup, l&#039;information ne passe pas, elle passe mal. Il y a beaucoup de manque d&#039;information, donc pour nous, ça nous alerte beaucoup et à chaque fois, on réfléchit justement à comment communiquer. Parce que la communication, c&#039;est le premier socle de la prévention. C&#039;est par la communication qu&#039;on informe les gens. Et une fois que les gens ont l&#039;information ou vont aller se faire dépister, accompagner, etc. 
Donc on voit bien que les jeunes aujourd&#039;hui vont chercher l&#039;information. Quand on fait des interventions en milieu scolaire, on voit que les jeunes ont quand même cette curiosité d&#039;aller chercher l&#039;information.  
Eva Vocz : Bien souvent, on voit que les gens qui agitent la protection des mineurs pour demander plus de régulation du numérique, ce sont les mêmes qui agitent la protection des mineurs pour éviter qu&#039;il y ait l&#039;éducation à la vie sexuelle et affective qui soit menée à bien à l&#039;école ! C&#039;est un discours très puritain, en fait.  
Cette focalisation sur les jeunes de la part d&#039;adultes n&#039;en dit-elle pas plus long sur leur propre rapport à la sexualité que sur le rapport des jeunes à la sexualité ? 
Eva Vocz : Une notion que j&#039;aime bien et qu&#039;on entend pas assez celle de l&#039;adultisme. Ce que j&#039;aimerais, c&#039;est qu&#039;on entende en fait les jeunes, ce qu&#039;ils ont à dire sur le porno. Là, on entend des débats qui sont faits entre entre adultes, pour des adultes, à partir des paniques morales des adultes. Mais il y a beaucoup de jeunes qui ne sont pas forcément traumatisés par ces images-là. Ils peuvent être traumatisés par d&#039;autres images. On fait une focalisation sur le porno en disant que c&#039;est à cause du porno qu&#039;il y a un peu tous les maux de la société, le sexisme, etc. Alors que dans l&#039;ensemble des représentations culturelles, on peut trouver des messages à caractère sexiste. 
Il y a cette idée selon laquelle regarder du porno favoriserait des comportements violents. Que vous inspire cette vision ? 
Eva Vocz : En tant qu&#039;actrice de films pornographiques, ça fait de moi une criminelle. C&#039;est quand même assez grave. La manière dont on parle de la sodomie, ça me fait penser aux lois sur la sodomie qu&#039;il y avait aux États-Unis ou ou à toutes les catégorisations de pratiques dites déviantes. J&#039;aimerais bien qu&#039;on se focalise déjà sur les choses qui sont légales et les choses qui sont illégales avant de parler des préférences sexuelles des membres du HCE !  
Il y a des violences sexuelles dans le porno, ça c&#039;est un état de fait. Il n&#039;y a pas de violence sexuelle systématiquement dans le porno. Le syndicat du travail du sexe a commencé à dénoncer des violences dans le porno en 2015. Act-Up a commencé à dénoncer des violences dans le porno en 2003. On a pas attendu ces dernières années pour dénoncer ces violences. Mais la justice n’a pas fait son travail. Et ça, il en va de la responsabilité d&#039;une société qui met de côté les actrices porno en se disant qu’on ne peut pas violer des acteurs ou des actrices porno, qu’elles l&#039;ont bien cherché… Et soudainement, on nous dit que le porno est violent par essence. 
Non, l’Etat a sa part de responsabilité.  
Que pensez-vous du dernier rapport du HCE sur la pornographie ? 
Eva Vocz : Je suis très inquiète. Parce que le Haut conseil à l&#039;égalité femmes hommes a fait un rapport sans auditionner des personnes concernées… 
Et dans les mesures qui sont proposées, il y a notamment le fait de reproduire le modèle d&#039;action qui a pour le terrorisme, pour le porno. C&#039;est à dire que sur Internet, quand on tombe sur du contenu terroriste et on est tombé sur ce type de contenu récemment, il faut faire un signalement sur la plateforme Pharos ou c&#039;est un peu la police du web. Et quand on tombe sur du contenu pédopornographique, sur du contenu terroriste, c&#039;est important de faire ces signalements pour que les des plateformes soient modérées en urgence ici, quand elles veulent ajouter au Pharos ce qu&#039;elles appellent en fait les violences pornographiques. Donc la torture. En fait c&#039;est pas les images et représentations de tortures, de viol, de barbarie, d&#039;inceste. Donc on est plus sur l&#039;inceste, le viol, il n&#039;y a rien à faire, la torture, la barbarie, mais ses représentations.  
Ce qui m&#039;a effrayée aussi, c&#039;est qu&#039;il y avait une volonté aussi de rendre illégale dans les médias tout discours qui serait positif sur le porno. Les discours négatifs sur le porno, il y en a beaucoup dans les médias. Des fois, ils sont vraiment légitimes. Je pense à ceux sur les procès. L&#039;affaire French, c&#039;est important. Qui est qui est ces articles qui sortent? Par contre, de dire que c&#039;est le cas de l&#039;ensemble de l&#039;industrie pornographique, ça a des répercussions sur la manière dont nous, on est perçus dans la société, sur le regard que porte notre entourage, sur nous. Et sur la stigmatisation. C&#039;est important de et c&#039;est le rôle des médias d&#039;apporter de l&#039;information et qu&#039;il n&#039;y ait pas des choses qui soient biaisées. Il faut nuancer les choses.  
Comment protéger les mineurs des contenus pornographiques violents ET les travailleuses du sexe qui travaillent dans cette industrie ? 
Eva Vocz : Je pense que d&#039;appliquer la loi de 2001 qui vise à ce qu&#039;il y ait trois séances d&#039;éducation à la vie sexuelle et affective par an, ça serait déjà un progrès énorme. Ensuite, je pense que les parents aussi ont un rôle à jouer parce que les parents ne sont pas forcément hyper bien renseignés sur les usages numériques, ont tendance à infantiliser leur enfant. Et en fait, il faut que les parents aussi remplissent leur rôle de parler aux jeunes de la sexualité, des règles de deux enfants qui jouent un rôle d&#039;éducation. Et ce sera jamais le cas dans toutes les familles. Mais ici, ils veulent que qu&#039;ils ne regardent pas de pornographie, c&#039;est installer un contrôle parental. Je pense qu&#039;il faudrait que tous les parents apprennent à faire ça ! Et si le jeune tombe sur ces images, c&#039;est bien essayer d&#039;en parler, de déconstruire ça. Parce que, de toute façon, quelles que soient les les lois qui passent, il y a des jeunes qui pourront tomber à un moment sur ce type de contenus, sur Internet ou non. Donc il faut pouvoir en parler. 
Ensuite, pour les travailleuses du sexe, l y a un truc formidable aussi dans la loi qui s&#039;appelle le droit du travail. Les acteurs et actrices pornos bénéficient, comme l&#039;ensemble des artistes interprètes du droit du travail. Donc donc, ce qu&#039;il faudrait, c&#039;est que l&#039;inspection du travail remplisse son rôle, qu&#039;elle passe sur les lieux de tournage pour veiller à ce que le droit du travail soit bien appliqué en matière de santé et de sécurité des salariés. Parce que beaucoup trop qui jouent les cow-boys, et refusent de faire des contrats de travail. Beaucoup d’acteurices travaillent en auto-entreprise, et ont moins de protection.  
Il y a beaucoup à faire sur la protection des droits voisins parce qu&#039;en fait, quand on a un contrat de travail dans le spectacle vivant où on est censé avoir des droits voisins, c&#039;est à dire que ce sont des droits voisins aux droits d&#039;auteur. C&#039;est à dire que si mon corps et dans un film qui soit pornographique ou non, je suis censé percevoir en fait une partie des recettes, etc.  
Il y a plein de choses qui sont existantes dans le droit. Il y a une méconnaissance du droit pour les acteurs et actrices pornographiques qui profite souvent aux employeurs et qui favorisent les violences. 
Marc-Antoine Bartoli : Pour vraiment garder ses droits et les promouvoir, il faut savoir aussi nommer les choses. Parce que dans le rapport du HCE, il est recommandé de ne plus employer le terme de travailleurs et travailleuses du sexe dans les documents institutionnels. Et ça a un impact sur les droits et en termes de protection de ces droits. 
Quid d’un porno plus inclusif, plus safe pour les acteurices, et sans doute moins gratuit ? Peut-être que vous avez des recommandations ? 
Eva Vocz : En fait, je pense qu&#039;il y a des choses qu&#039;il faut distinguer. C&#039;est il y a les types de représentations et le droit du travail. On peut faire du porno très. mainstream tout en respectant le droit du travail. Et on peut faire du porno qui va avoir un marketing féministe sans respecter le droit du travail. Donc en tant que performeuse, je fais attention à ces nuances-là.  
Le problème, ce n&#039;est pas tant le gratuit. Moi, je suis personnellement pas opposé à ça. Le problème, c&#039;est qu&#039;il y a des plateformes qui ont tiré leur leur modèle économique de vol de vidéo. Ce n&#039;est pas normal et il faut protéger le droit à l&#039;image des acteurs et des actrices. Il faut qu&#039;il y ait une rétribution à un moment donné. Mais tout comme quand on tourne pour quelqu&#039;un qu&#039;il diffuse sur des plateformes, qu&#039;elles soient en accès payant ou gratuit, il faut que les acteurices, à un moment donné, touchent de l&#039;argent.  
En ce qui concerne mes recommandations… En fait, là, je reviens du Porn film Festival de Berlin… Ce sont des festivals qui ont lieu dans beaucoup de villes dans le monde, et je recommande complètement ! Je pense que d&#039;aller dans ces festivals, ça aide à se faire une idée de la place et de la pluralité des représentations du sexuel qu&#039;il peut y avoir. Donc je recommande ces espaces là et c&#039;est toujours intéressant d&#039;être dans une salle de cinéma, de regarder du porno à plusieurs, d&#039;en discuter comme s&#039;il s&#039;agissait de films porno. Et ça permet d&#039;avoir un autre regard aussi sur le porno. Souvent, il y a des éditions de ces festivals qui sont en ligne, souvent via la plateforme Pink Label Point TV. Sans vouloir leur faire de la pub, c&#039;est une plateforme que je trouve vraiment éthique d&#039;un point de vue de son contenu, de comment l&#039;argent est redistribué aux performeurs, etc. 
Le 1er décembre, ce sera la Journée internationale de lutte contre le sida. Une journée qui est très importante pour Act Up. Qu&#039;est ce que vous vous prévoyez de faire pour cette journée ?  
Marc-Antoine Bartoli : Comme chaque année, on a la marche, la manifestation. Cette année, ce qu&#039;on peut en dire, c&#039;est que la thématique tournera autour des droits sociaux puisque cette année, on fête les 25 ans de la permanence “droits sociaux” d&#039;Act Paris, qui accompagne et oriente les personnes séropositives dans leurs droits et pour toutes les questions qu&#039;elles se posent sur sur leurs droits et sur sur sur leur vie. Donc ça, c&#039;est déjà un premier moment fort.  
Et ensuite, on organise une soirée au cabaret Zèbre de Belleville, toujours autour de la permanence des droits sociaux, puisque les bénéfices de la soirée seront directement reversés à la permanence des droits sociaux. Et la soirée s&#039;appelle Par le son, par la danse, par la lutte.  
Parmi nos invité.e.s, on a Corinne Masiero qui a gentiment accepté de venir pour la soirée. Le performeur de cabaret Martin Dust, l&#039;humoriste Tahnee… Donc on a une petite programmation d&#039;artistes vraiment bien.  
Eva Vocz : Et si on a axé sur droits sociaux cette année, c&#039;est aussi parce qu&#039;on assiste ces dernières années à une casse de tout le système social qui est la vie active de personnes séropositives à Act-Up a explosé qui elle, est à la base, il y avait déjà des situations qui étaient un peu complexes. On est passé à des situations très complexes. Donc ça va être des personnes très âgées qui sont sans domicile. Ça va être des familles entières qui sont sans domicile. Ça va être beaucoup plus de travailleureuses du sexe... On voit qu&#039;il y a plus de monde et qu&#039;en plus les situations sont beaucoup plus complexes. Ce qui n’est vraiment pas rassurant.  
Marc-Antoine Bartoli : On veut aussi nuancer un discours selon lequel on vit très bien avec le VIH. Oui, on peut très bien vivre avec le VIH, c’est important de le dire, mais encore une fois, le regard social est encore très mauvais et l&#039;accompagnement social est complètement délaissé. Donc c&#039;est à la fois cette marche et cette soirée auront pour objectif de rappeler tout ça.  


    Pour aller plus loin...
    
• Le contenu du projet de loi « visant à sécuriser et réguler l&#039;espace numérique » 
• « Le climat anti-porno nuit à la santé sexuelle, alertent Act Up-Paris et la Quadrature du net », une tribune à lire sur le site internet de Têtu· 
• Le communiqué de presse du Haut-Conseil à l&#039;Égalité femmes/hommes (HCE) concernant son rapport du 27 septembre 2023 intitulé “Pornocriminalité : mettons fin à l’impunité de l’industrie pornographique !” 
• « Pornographie : la dérive autoritaire du HCE », une tribune de de Béatrice Damian-Gaillard et Florian Vörös à lire sur Mediapart 
• Un article publié dans NEON sur les réactions d&#039;universitaires et de militants au rapport du HCE et signé par notre journaliste Nathan Binet ! 
• Toutes les informations concernant la soirée organisée par Act-Up Paris le 1er décembre, à l&#039;occasion de la journée internationale de lutte contre le VIH/Sida 


    L&#039;équipe de l&#039;émission
    
Présentation : Nathan Binet 
Préparation : Zoé Monrozier et Diego de Cao 
Réalisation : Colin Gruel 
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    Le mois dernier, l'Assemblée nationale a adopté la loi visant à « sécuriser et réguler l'espace numérique ». Ce texte, qui vise notamment à contrôler davantage les sites pornographiques, fait grincer des dents du côté des associations queers et de travailleureuses du sexe.
    
Début octobre, une tribune publiée dans Têtu• et signée par plusieurs associations telles que Act-Up Paris, Acceptess-T ou encore le Strass dénonçait un « climat anti-porno » nuisible pour la santé sexuelle des personnes queers et des travaileureuses du sexe. 
Dans leur ligne de mire, la loi visant à « sécuriser et réguler l'espace numérique », qui a été adoptée définitivement au mois d'octobre. Le texte prévoit de vérifier l'âge des personnes se rendant sur des sites pornographiques pour éloigner les mineur·es. Pour de nombreux spécialistes des enjeux numériques, il y a fort à parier que la France devra faire demi-tour comme d'autres pays qui, avant elle, ont voulu mettre en place ce type de contrôle.  
Mais pour les associations LGBTI+ et de TDS, qui regrettent de ne pas avoir été entendues sur le sujet en commission, cette disposition est risquée. « Les procédés proposés de collecte de données personnelles en ligne des internautes peuvent s’avérer dangereux pour leur sécurité et la protection de leur vie privée », écrivent les signataires. Surtout, ils redoutent que ce texte ne viennent encore compliquer leurs campagnes de prévention, dans un contexte où Instagram et consorts continuent à censurer les contenus dans lesquels le mot « sexe » apparaît. 
Le chemin législatif de ce texte sulfureux n'est pas encore terminé. La chambre mixte paritaire doit encore se prononcer. 
Pour en parler, nous recevons : 
• Eva Vocz, chargée de plaidoyer travail sexuel d'Act-Up Paris 
• Marc-Antoine Bartoli, coordinateur prévention d'Act-Up Paris 

    
        
        
    

Qu'est ce qui vous a poussé à réaliser cette tribune qui a été publiée dans Têtu le 4 octobre et que vous avez coécrite avec la Quadrature du Net ? 
Eva Vocz : En fait, ce qui nous a poussé à écrire cette tribune, c'est le fait que la santé n'était pas du tout un angle dans les débats publics qui concernait le projet de loi visant à sécuriser et réguler l'espace numérique. Que malgré nos demandes, on a été ni auditionné par le Sénat, ni auditionné par l'Assemblée sur sur le sujet. Et il faut savoir que quand on régule la grosse casse de la pornographie en ligne, on vient s'attaquer en fait à tout type de contenus qu'on peut mettre dans cette case. Et parce que la pornographie n'est pas quelque chose qui est vraiment défini juridiquement, ça peut être.  
D'après la Cour de cassation, assez relatif selon les mœurs de l'époque, donner une société, et cetera Si bien qu'à chaque fois qu'on a pu observer au niveau international des régulations en ligne, c'est s'attaquer en fait à tout type de représentation des sexualités et dans le champ qui nous intéresse, s'attaquer aussi à l'information en santé sexuelle. Par exemple, si sur le réseau social X, vous vous mettez à parler de sexualité, de sexe, votre contenu sera invisible, visé par l'algorithme dans le meilleur des cas, Dans le pire des cas, votre compte parfait peut être signalé et est supprimé. Et du coup, les associations de santé ou quelque chose à dire en fait sur pourquoi pas une régulation du numérique, mais pas n'importe comment.  
Dans la tribune, vous critiquez notamment le premier article du projet de loi visant à réguler, sécuriser et sécuriser l'espace numérique qui vient d'être voté par l'Assemblée nationale. Comme je l'ai dit en introduction, cet article impose la responsabilité à l'heure com d'élaborer un système de vérification de l'âge qui vise à protéger les personnes mineures des contenus pornographiques. Jusqu'ici, on a seulement sur un site pornographique une fenêtre qui s'affiche pour vous demander si vous êtes majeur ou pas. Et en cas de non respect de cette nouvelle règle, comme pour sanctionner les sites pornographiques avec un contrôle a posteriori seulement par un juge administratif, alors qu'auparavant c'était un juge  qui intervenait. Et du coup, en quoi ces nouvelles missions confiées à L'art com vous semblent problématiques, notamment quand on considère que le président de l'ARS, comme il est nommé par le président de la République. En quoi ces missions qui sont confiées alors, comme désormais du coup, vous peuvent vous sembler problématiques?  
Eva Vocz : En fait, c'est vrai que déjà, à la base, en fait, il y avait une régulation : la loi portait sur les contenus pornographiques et aussi les contenus violents qui ne peuvent pas être accessibles aux mineurs. En 2020, il y a eu un changement législatif au sein de la loi sur les violences conjugales, qui isolait en fait les contenus pornographiques, pour dire que dans ce cas précis, le disclaimer (donc le bouton qui dit “oui, je suis majeur”), était insuffisant. Mais sans proposer pour autant de solutions techniques, parce qu'il n'existe pas de solutions techniques qui soient parfaites. On ne sait pas exactement ce que l’Arcom va mettre en place comme système. L’authentification par carte bancaire, ce n’est pas envisageable. Et de manière générale, la collecte de données sur les utilisateurs est très touchy puisqu’elle touche aux préférences sexuelles…  
Ce qu'ils veulent faire, une fois que la loi sera passée en comission mixte paritaire, l’ultime étape, c'est d'imposer que l’Arcom puisse bloquer les sites si on constate que des mineur.e.s peuvent y avoir accès. 
Enfin, effectivement, le président de l’Arcom est nommé par le président de la République. La pornographie n'est pas définie en droit. Si mettons dans un futur dystopique venait au pouvoir quelqu'un qui considère que par exemple deux hommes qui s'embrassent, c'est du contenu pornographique, alors on pourrait bloquer les sites qui présentent deux hommes qui s'embrassent. Moi, ça me pose un problème. Je pense que ça tend vers un modèle sociétal, enfin vers lequel les libertés sont menacées.  
En quoi ces mesures anti-porno vous impactent à Act-Up ? 
Marc-Antoine Bartoli : Sur les sur les campagnes et sur les mêmes les contenus qu'on essaye de relayer et de créer autour de la santé sexuelle, on est toujours obligés de surveiller ce qu'on publie, de ce qu'on va montrer. Donc souvent, ça passe par l'image. Un acteur par en plus, a beaucoup travaillé sur l'image. Il y a déjà cette partie là qui est assez complexe. Et après, dans les mots et dans et dans le texte et dans l'information qu'on va relayer aussi, peut se glisser des choses censurées. 
Et on l'a vu l'année dernière, quand on a lancé notre campagne de prévention “Savoir c’est pouvoir”, le parti pris était de travailler avec un artiste, en l'occurrence Smith, qui est photographe et qui a travaillé avec une caméra thermique pour prendre en photo les corps et les identités multiples. Et on a bien vu que le message passe mieux quand on fait appel à un artiste qui du coup va avoir un décalage avec ce qu'on va montrer que de faire appel à un photographe ou quelqu'un de lambda qui va montrer le sujet frontalement, et donc ça va être considéré comme de la pornographie.  
Et on a bien vu aussi quand on a comparé les posts qu'on pouvait faire régulièrement sur nos réseaux sociaux sur des sujets diverses, de voir la visibilité de ces sujets là, puis la visibilité de cette campagne, on a vu qu'il y a eu, il y a eu un gros vide, une grosse différence entre la visibilité de cette campagne et la visibilité de ces autres postes.  
Donc c'est intéressant de voir que les réseaux sociaux aujourd'hui sont quand même des courroies importantes pour faire de la prévention, relayer les messages que les jeunes utilisent maintenant pratiquement tout le temps. Et c'est intéressant de voir comment nous on doit filtrer cette information là pour qu'elle puisse parvenir aux jeunes. Alors que nous, on connaît justement les codes qui marchent et qui interpellent les jeunes. Et ces codes là vont aujourd'hui certainement être censurés ou attaqués par différents bords politiques. 
Plus de deux tiers des jeunes disent ne pas avoir accès à leurs trois séances annuelles d’éducation à la sexualité. Les effets de cette loi sur vos campagnes sont donc de plus en plus alarmants… 
Marc-Antoine Bartoli : Sidaction fait un sondage tous les ans avec l'institut Ifop. Ils font une enquête auprès des 15/24 ans pour avoir un peu leur avis sur les cours d'éducation à la sexualité, leur rapport à l'information autour de la santé sexuelle pour prendre le pouls chaque année. Et on s'est rendus compte que pour de pour de l'année 2023, il y avait 67 % des 15/24 ans qui disent avoir ne pas avoir bénéficié des cours d'éducation à la sexualité. 
On voit que leur connaissance est quand même assez vacillante, incomplète, repose sur des idées reçues, des tabous ou des peurs. On voit que c'est quand même très fragile. Et puis un autre chiffre se trouve dans le bulletin de santé public. En 2021, parmi les personnes qui ont découvert leur séropositivité sur l'ensemble de la population, les moins de 25 ans représentent 15 %, ce qui est un chiffre assez stable depuis 2017, mais qui en dit long quand même sur le taux de séropositivité chez les moins de 25 ans.  
On voit que du coup, l'information ne passe pas, elle passe mal. Il y a beaucoup de manque d'information, donc pour nous, ça nous alerte beaucoup et à chaque fois, on réfléchit justement à comment communiquer. Parce que la communication, c'est le premier socle de la prévention. C'est par la communication qu'on informe les gens. Et une fois que les gens ont l'information ou vont aller se faire dépister, accompagner, etc. 
Donc on voit bien que les jeunes aujourd'hui vont chercher l'information. Quand on fait des interventions en milieu scolaire, on voit que les jeunes ont quand même cette curiosité d'aller chercher l'information.  
Eva Vocz : Bien souvent, on voit que les gens qui agitent la protection des mineurs pour demander plus de régulation du numérique, ce sont les mêmes qui agitent la protection des mineurs pour éviter qu'il y ait l'éducation à la vie sexuelle et affective qui soit menée à bien à l'école ! C'est un discours très puritain, en fait.  
Cette focalisation sur les jeunes de la part d'adultes n'en dit-elle pas plus long sur leur propre rapport à la sexualité que sur le rapport des jeunes à la sexualité ? 
Eva Vocz : Une notion que j'aime bien et qu'on entend pas assez celle de l'adultisme. Ce que j'aimerais, c'est qu'on entende en fait les jeunes, ce qu'ils ont à dire sur le porno. Là, on entend des débats qui sont faits entre entre adultes, pour des adultes, à partir des paniques morales des adultes. Mais il y a beaucoup de jeunes qui ne sont pas forcément traumatisés par ces images-là. Ils peuvent être traumatisés par d'autres images. On fait une focalisation sur le porno en disant que c'est à cause du porno qu'il y a un peu tous les maux de la société, le sexisme, etc. Alors que dans l'ensemble des représentations culturelles, on peut trouver des messages à caractère sexiste. 
Il y a cette idée selon laquelle regarder du porno favoriserait des comportements violents. Que vous inspire cette vision ? 
Eva Vocz : En tant qu'actrice de films pornographiques, ça fait de moi une criminelle. C'est quand même assez grave. La manière dont on parle de la sodomie, ça me fait penser aux lois sur la sodomie qu'il y avait aux États-Unis ou ou à toutes les catégorisations de pratiques dites déviantes. J'aimerais bien qu'on se focalise déjà sur les choses qui sont légales et les choses qui sont illégales avant de parler des préférences sexuelles des membres du HCE !  
Il y a des violences sexuelles dans le porno, ça c'est un état de fait. Il n'y a pas de violence sexuelle systématiquement dans le porno. Le syndicat du travail du sexe a commencé à dénoncer des violences dans le porno en 2015. Act-Up a commencé à dénoncer des violences dans le porno en 2003. On a pas attendu ces dernières années pour dénoncer ces violences. Mais la justice n’a pas fait son travail. Et ça, il en va de la responsabilité d'une société qui met de côté les actrices porno en se disant qu’on ne peut pas violer des acteurs ou des actrices porno, qu’elles l'ont bien cherché… Et soudainement, on nous dit que le porno est violent par essence. 
Non, l’Etat a sa part de responsabilité.  
Que pensez-vous du dernier rapport du HCE sur la pornographie ? 
Eva Vocz : Je suis très inquiète. Parce que le Haut conseil à l'égalité femmes hommes a fait un rapport sans auditionner des personnes concernées… 
Et dans les mesures qui sont proposées, il y a notamment le fait de reproduire le modèle d'action qui a pour le terrorisme, pour le porno. C'est à dire que sur Internet, quand on tombe sur du contenu terroriste et on est tombé sur ce type de contenu récemment, il faut faire un signalement sur la plateforme Pharos ou c'est un peu la police du web. Et quand on tombe sur du contenu pédopornographique, sur du contenu terroriste, c'est important de faire ces signalements pour que les des plateformes soient modérées en urgence ici, quand elles veulent ajouter au Pharos ce qu'elles appellent en fait les violences pornographiques. Donc la torture. En fait c'est pas les images et représentations de tortures, de viol, de barbarie, d'inceste. Donc on est plus sur l'inceste, le viol, il n'y a rien à faire, la torture, la barbarie, mais ses représentations.  
Ce qui m'a effrayée aussi, c'est qu'il y avait une volonté aussi de rendre illégale dans les médias tout discours qui serait positif sur le porno. Les discours négatifs sur le porno, il y en a beaucoup dans les médias. Des fois, ils sont vraiment légitimes. Je pense à ceux sur les procès. L'affaire French, c'est important. Qui est qui est ces articles qui sortent? Par contre, de dire que c'est le cas de l'ensemble de l'industrie pornographique, ça a des répercussions sur la manière dont nous, on est perçus dans la société, sur le regard que porte notre entourage, sur nous. Et sur la stigmatisation. C'est important de et c'est le rôle des médias d'apporter de l'information et qu'il n'y ait pas des choses qui soient biaisées. Il faut nuancer les choses.  
Comment protéger les mineurs des contenus pornographiques violents ET les travailleuses du sexe qui travaillent dans cette industrie ? 
Eva Vocz : Je pense que d'appliquer la loi de 2001 qui vise à ce qu'il y ait trois séances d'éducation à la vie sexuelle et affective par an, ça serait déjà un progrès énorme. Ensuite, je pense que les parents aussi ont un rôle à jouer parce que les parents ne sont pas forcément hyper bien renseignés sur les usages numériques, ont tendance à infantiliser leur enfant. Et en fait, il faut que les parents aussi remplissent leur rôle de parler aux jeunes de la sexualité, des règles de deux enfants qui jouent un rôle d'éducation. Et ce sera jamais le cas dans toutes les familles. Mais ici, ils veulent que qu'ils ne regardent pas de pornographie, c'est installer un contrôle parental. Je pense qu'il faudrait que tous les parents apprennent à faire ça ! Et si le jeune tombe sur ces images, c'est bien essayer d'en parler, de déconstruire ça. Parce que, de toute façon, quelles que soient les les lois qui passent, il y a des jeunes qui pourront tomber à un moment sur ce type de contenus, sur Internet ou non. Donc il faut pouvoir en parler. 
Ensuite, pour les travailleuses du sexe, l y a un truc formidable aussi dans la loi qui s'appelle le droit du travail. Les acteurs et actrices pornos bénéficient, comme l'ensemble des artistes interprètes du droit du travail. Donc donc, ce qu'il faudrait, c'est que l'inspection du travail remplisse son rôle, qu'elle passe sur les lieux de tournage pour veiller à ce que le droit du travail soit bien appliqué en matière de santé et de sécurité des salariés. Parce que beaucoup trop qui jouent les cow-boys, et refusent de faire des contrats de travail. Beaucoup d’acteurices travaillent en auto-entreprise, et ont moins de protection.  
Il y a beaucoup à faire sur la protection des droits voisins parce qu'en fait, quand on a un contrat de travail dans le spectacle vivant où on est censé avoir des droits voisins, c'est à dire que ce sont des droits voisins aux droits d'auteur. C'est à dire que si mon corps et dans un film qui soit pornographique ou non, je suis censé percevoir en fait une partie des recettes, etc.  
Il y a plein de choses qui sont existantes dans le droit. Il y a une méconnaissance du droit pour les acteurs et actrices pornographiques qui profite souvent aux employeurs et qui favorisent les violences. 
Marc-Antoine Bartoli : Pour vraiment garder ses droits et les promouvoir, il faut savoir aussi nommer les choses. Parce que dans le rapport du HCE, il est recommandé de ne plus employer le terme de travailleurs et travailleuses du sexe dans les documents institutionnels. Et ça a un impact sur les droits et en termes de protection de ces droits. 
Quid d’un porno plus inclusif, plus safe pour les acteurices, et sans doute moins gratuit ? Peut-être que vous avez des recommandations ? 
Eva Vocz : En fait, je pense qu'il y a des choses qu'il faut distinguer. C'est il y a les types de représentations et le droit du travail. On peut faire du porno très. mainstream tout en respectant le droit du travail. Et on peut faire du porno qui va avoir un marketing féministe sans respecter le droit du travail. Donc en tant que performeuse, je fais attention à ces nuances-là.  
Le problème, ce n'est pas tant le gratuit. Moi, je suis personnellement pas opposé à ça. Le problème, c'est qu'il y a des plateformes qui ont tiré leur leur modèle économique de vol de vidéo. Ce n'est pas normal et il faut protéger le droit à l'image des acteurs et des actrices. Il faut qu'il y ait une rétribution à un moment donné. Mais tout comme quand on tourne pour quelqu'un qu'il diffuse sur des plateformes, qu'elles soient en accès payant ou gratuit, il faut que les acteurices, à un moment donné, touchent de l'argent.  
En ce qui concerne mes recommandations… En fait, là, je reviens du Porn film Festival de Berlin… Ce sont des festivals qui ont lieu dans beaucoup de villes dans le monde, et je recommande complètement ! Je pense que d'aller dans ces festivals, ça aide à se faire une idée de la place et de la pluralité des représentations du sexuel qu'il peut y avoir. Donc je recommande ces espaces là et c'est toujours intéressant d'être dans une salle de cinéma, de regarder du porno à plusieurs, d'en discuter comme s'il s'agissait de films porno. Et ça permet d'avoir un autre regard aussi sur le porno. Souvent, il y a des éditions de ces festivals qui sont en ligne, souvent via la plateforme Pink Label Point TV. Sans vouloir leur faire de la pub, c'est une plateforme que je trouve vraiment éthique d'un point de vue de son contenu, de comment l'argent est redistribué aux performeurs, etc. 
Le 1er décembre, ce sera la Journée internationale de lutte contre le sida. Une journée qui est très importante pour Act Up. Qu'est ce que vous vous prévoyez de faire pour cette journée ?  
Marc-Antoine Bartoli : Comme chaque année, on a la marche, la manifestation. Cette année, ce qu'on peut en dire, c'est que la thématique tournera autour des droits sociaux puisque cette année, on fête les 25 ans de la permanence “droits sociaux” d'Act Paris, qui accompagne et oriente les personnes séropositives dans leurs droits et pour toutes les questions qu'elles se posent sur sur leurs droits et sur sur sur leur vie. Donc ça, c'est déjà un premier moment fort.  
Et ensuite, on organise une soirée au cabaret Zèbre de Belleville, toujours autour de la permanence des droits sociaux, puisque les bénéfices de la soirée seront directement reversés à la permanence des droits sociaux. Et la soirée s'appelle Par le son, par la danse, par la lutte.  
Parmi nos invité.e.s, on a Corinne Masiero qui a gentiment accepté de venir pour la soirée. Le performeur de cabaret Martin Dust, l'humoriste Tahnee… Donc on a une petite programmation d'artistes vraiment bien.  
Eva Vocz : Et si on a axé sur droits sociaux cette année, c'est aussi parce qu'on assiste ces dernières années à une casse de tout le système social qui est la vie active de personnes séropositives à Act-Up a explosé qui elle, est à la base, il y avait déjà des situations qui étaient un peu complexes. On est passé à des situations très complexes. Donc ça va être des personnes très âgées qui sont sans domicile. Ça va être des familles entières qui sont sans domicile. Ça va être beaucoup plus de travailleureuses du sexe... On voit qu'il y a plus de monde et qu'en plus les situations sont beaucoup plus complexes. Ce qui n’est vraiment pas rassurant.  
Marc-Antoine Bartoli : On veut aussi nuancer un discours selon lequel on vit très bien avec le VIH. Oui, on peut très bien vivre avec le VIH, c’est important de le dire, mais encore une fois, le regard social est encore très mauvais et l'accompagnement social est complètement délaissé. Donc c'est à la fois cette marche et cette soirée auront pour objectif de rappeler tout ça.  


    Pour aller plus loin...
    
• Le contenu du projet de loi « visant à sécuriser et réguler l'espace numérique » 
• « Le climat anti-porno nuit à la santé sexuelle, alertent Act Up-Paris et la Quadrature du net », une tribune à lire sur le site internet de Têtu· 
• Le communiqué de presse du Haut-Conseil à l'Égalité femmes/hommes (HCE) concernant son rapport du 27 septembre 2023 intitulé “Pornocriminalité : mettons fin à l’impunité de l’industrie pornographique !” 
• « Pornographie : la dérive autoritaire du HCE », une tribune de de Béatrice Damian-Gaillard et Florian Vörös à lire sur Mediapart 
• Un article publié dans NEON sur les réactions d'universitaires et de militants au rapport du HCE et signé par notre journaliste Nathan Binet ! 
• Toutes les informations concernant la soirée organisée par Act-Up Paris le 1er décembre, à l'occasion de la journée internationale de lutte contre le VIH/Sida 


    L'équipe de l'émission
    
Présentation : Nathan Binet 
Préparation : Zoé Monrozier et Diego de Cao 
Réalisation : Colin Gruel 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 03 Nov 2023 00:00:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/le-lobby-lhebdo-censurer-le-por-2023-11-03-JY7TmVWP.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/le-lobby-lhebdo-censurer-le-por-2023-11-03-JY7TmVWP.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/oZoB-lhebdo-censurer-le-porno-les-associations-lgbti-disent-non-a-la-loi-sren</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-dpreStjpAv.jpg"/></item><item><title>Les Disques du Lobby : Pierre et la rose en live !</title><description><![CDATA[
    Chaque mois, dans les Disques du Lobby, on sort des sentiers battus. Et pour cette rentrée, notre chroniqueur musical Ixpé avait envie d’un peu de fraîcheur et de délicatesse... Il nous emmène donc en voyage dans l&#039;univers ouaté de Pierre et la Rose
    
Avec Pierre et la rose, on s&#039;autorise un voyage tout en douceur dans la jeunesse, dans l’incertitude, dans la découverte d’une identité queer et des épineuses questions qui l’entourent.  
À chaque chanson, c’est tout un champ de fleurs magnifiques que nous propose Pierre et la Rose, dans lequel il nous invite à venir cueillir nos émotions les plus vulnérables.  
Pierre et la rose sera en concert le 26 octobre aux côtés de Noam Sinseau. 
Et on peut toujours écouter son premier album, SIRENE(S), sur toutes les applications de streaming musical. 

Chronique : Ixpé / Les Disques du Lobby 
Prise de son : Ugolin Crépin-Leblond 
]]></description><itunes:summary>
    Chaque mois, dans les Disques du Lobby, on sort des sentiers battus. Et pour cette rentrée, notre chroniqueur musical Ixpé avait envie d’un peu de fraîcheur et de délicatesse... Il nous emmène donc en voyage dans l'univers ouaté de Pierre et la Rose
    
Avec Pierre et la rose, on s'autorise un voyage tout en douceur dans la jeunesse, dans l’incertitude, dans la découverte d’une identité queer et des épineuses questions qui l’entourent.  
À chaque chanson, c’est tout un champ de fleurs magnifiques que nous propose Pierre et la Rose, dans lequel il nous invite à venir cueillir nos émotions les plus vulnérables.  
Pierre et la rose sera en concert le 26 octobre aux côtés de Noam Sinseau. 
Et on peut toujours écouter son premier album, SIRENE(S), sur toutes les applications de streaming musical. 

Chronique : Ixpé / Les Disques du Lobby 
Prise de son : Ugolin Crépin-Leblond 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 27 Oct 2023 00:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/les-disques-du-lobby-pierre-et-la-2023-10-19-j8HNCJ1g.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/les-disques-du-lobby-pierre-et-la-2023-10-19-j8HNCJ1g.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/6WwV-les-disques-du-lobby-pierre-et-la-rose-en-live</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-dpreStjpAv.jpg"/></item><item><title>L'HEBDO — FièrEs : 10 ans de lesbiannisme politique</title><description><![CDATA[
    L&#039;association FièrEs fête ses 10 ans ! L&#039;occasion de revenir sur 10 ans de militantisme lesbien avec deux de ses militantes...
    
L’année 2013, c’était il y a 10 ans déjà, et pour les “homos” les “contre nature han” et autres personnes LGBTQI+, ça a été une année pour le moins éprouvante ! Si le mariage entre personnes du même genre a été légalisé, l’homophobie semble avoir été elle aussi autorisée. Dans les médias, dans les énormes manifestations de La Manif Pour Tous, les discours haineux, blessants et surtout illégaux allaient bon train.  
C’est dans ce contexte assez plaisant que l’association FièrEs a vu le jour. Elle souffle sa dixième bougie cette semaine ! Alors aujourd&#039;hui, dans Le Lobby, on revient sur l&#039;histoire de FièrEs avec deux de ses militantes, Esther et Inès. 

    
        
        
    

Quel souvenir est ce que vous vous gardez de l&#039;année 2013, année de création de FièrEs mais aussi année des manifs pour le mariage pour toustes ?  
Esther : Moi, en 2013, je faisais mes études et je me souviens surtout de mes cours de philogophie. J&#039;avais un prof très réac qui voulait nous prouver par A plus B que l&#039;homosexualité, c&#039;était contre-nature. Et justement, mon envie de militer aujourd&#039;hui, elle est née de ces discours haineux en 2013 autour de la PMA pour toutes, du mariage pour tous, et cetera. 
 Inès : Moi, en 2013, j&#039;étais déjà une baby gouine, et j&#039;avais eu ma première relation, et du coup, on avait manifesté. Je n&#039;étais pas militante, mais on avait quand même participé aux manifestations. Et ce qui m&#039;a marqué, c&#039;est que quand la loi est passée, ma grand-mère m&#039;a appelé et m&#039;a dit « Inès, c&#039;est super, tu vas pouvoir enfin épouser ta chérie ! » Donc même si c&#039;était un instant de lutte, c&#039;était aussi un instant de joie et ça nous a apporté beaucoup, je pense.  
 Est ce que vous pouvez m&#039;en dire un peu plus sur la création de cette association ? Est ce que les événements de 2013 ont été les facteurs essentiels à cette création ? 
 À l&#039;origine, les personnes qui ont créé FièrEs étaient dans une autre association féministe, et je pense qu&#039;elles ont ressenti le besoin de créer une association féministe lesbienne spécifique pour pouvoir se concentrer spécifiquement sur notes luttes. C&#039;était très important pour l&#039;époue. Et clairement, je pense aussi que les évènements de 2013 ont joué aussi dans cette émulsion de militantisme. 
 En 2013, Fières s&#039;est créée et s&#039;est positionnée comme une association féministe, radicale, révolutionnaire et depuis, c&#039;est une association qui mène vraiment toutes ces luttes dans une perspective féministe, anti-essentialiste, anticapitaliste, antiraciste, décoloniale, antigrossophobe, antivalidiste et éco-féministe.  
Qu&#039;est ce qui fait la spécificité de Fières par rapport à d&#039;autres associations lesbiennes ou queer par exemple, comme les Inverti·e·s ou Divines ?  
Je crois que ce qui nous différencie, c&#039;est toute notre réflexion et notre engagement pour la la santé sexuelle des lesbiennes et des personnes trans. A ce titre, depuis 2015, on a des kits de santé sexuelle qu&#039;on distribue sur des stands de prévention lors de soirées queers où il y a une population lesbienne. Donc ça va de la Wet For Me, par exemple, ou au festival Drama Queens cette année. 
Comment ça se présente, un stand de prévention ? Comme on le disait tout à l&#039;heure, ça fait depuis 2015 qu&#039;on a créé ce kit de prévention pour les femmes et les personnes trans ayant des relations sexuelles avec des femmes, une personne trans. Et dans ce petit kit qui se met dans la poche, et ça, c&#039;est hyper important, il y a du lubrifiant, des préservatifs externes, un gant, et une carte avec des contacts safe pour se faire dépister. Et depuis cette année, on a aussi rajouté une petite lime à ongles orange. Et ce kit, il a été pensé dans un contexte qui est toujours d&#039;actualité, celui de l&#039;absence totale de recherche et de financement en santé sexuelle pour les gouines.  
C&#039;est hyper politique en fait de pouvoir proposer un espace de dialogue et d&#039;échanges et assez libre en fait autour de la sexualité et de la prévention en santé sexuelle. Et quand on dit que c&#039;est politique, ça l&#039;est vraiment. Parce qu&#039;en faisant ça, en fait, on on ouvre aussi le débat, les questions et et on essaye à notre toute petite échelle en fait, de contrer un peu cette méfiance aussi qu&#039;on a chez les gouines du corps médical dont la mission, c&#039;est quand même de nous soigner, de prévenir, de nous accompagner dans le soin. Et et c&#039;est vrai qu&#039;encore une fois, il y a tellement rien qui est fait pour les lesbiennes que, en fait, à notre échelle au moins, on ouvre un dialogue possible avec des personnes qui se posent des questions, ou peut être qui se posaient pas de questions. Mais qui s&#039;en pose en rencontrant? C&#039;est souvent le cas, notamment avec la digue dentaire qui est et qui est très méconnue. Parce que d&#039;une part parce que, comme je le disais, il n&#039;y a pas de prévention autour de ça, donc forcément elle est inaccessible, elle est très chère et même dans nos pratiques, ce n&#039;est pas du tout courant d&#039;utiliser une digue dentaire. 
 Récemment, la librairie Violette and Co a rouvert. On les avait d&#039;ailleurs reçus dans Le Lobby il y a deux semaines et on a vu que cette ouverture a été accompagnée d&#039;énormément de joie et en premier lieu d&#039;avoir un lieu queer et surtout lesbien. Est ce que vous avez des lieux où vous pouvez vous retrouver en tant qu&#039;association?  
Pas vraiment. Nous avons a des réunions hebdomadaires, qu&#039;on organise à la Maison des associations de certains arrondissements. Mais on n&#039;a pas de local fixe, on n&#039;a pas de lieu fixe où se retrouver. On se retrouve beaucoup dans des lieux queer, dans des lieux de sociabilité queer... Et aussi chez nous, pour faire par exemple des arpentages, pour se former sur des questions, pour échanger sur des livres... 
Vous avez aussi organisé la marche lesbienne 2023, et vous étiez présentes dans le Pink Bloc contre la réforme des retraites...  Est ce que pour vous, c&#039;est c&#039;est important d&#039;être aussi dans des manifs sociales, pas seulement LGBT, mais aussi, par exemple de vous insurger contre la réforme des retraites ? 
Alors oui, l&#039;intérêt associatif c&#039;est hyper important. Le ping block, ça on y a participé pour justement créer en fait une synergie effectivement entre tous les collectifs LGBT qui existent pour s&#039;investir aussi dans les luttes sociales qui nous concernent aussi. Donc ça a été le cas pour la réforme des retraites. Mais pour revenir aussi sur la marche lesbienne, effectivement on a on a organisé la troisième marche lesbienne de Paris. Il me semble que c&#039;est la troisième. À l&#039;occasion de la Journée de la visibilité lesbienne du 26 avril 2023, Ça a été une marche qui a rassemblé plus de 4 000 personnes contre la lesbophobie d&#039;État et ordinaire qui engendre une précarisation de nos existences. Et je crois que même à travers ce mot d&#039;ordre, on rassemble un peu tout le projet politique aussi de l&#039;association.  
Parce qu&#039;en fait, la lesbophobie, ce n&#039;est pas qu&#039;une affaire d&#039;actes individuels, c&#039;est surtout une forme d&#039;oppression systémique qui se coupe à la misogynie, au racisme, à la transphobie, au mépris de classe. Donc, quand on est appelé à marcher contre la lesbophobie en avril dernier, on a appelé à manifester contre tout ça, contre un État et sa dérive fasciste qui fait barrage à une société plus égalitaire en votant des lois ouvertement oppressives, en voulant faire passer par exemple cette réforme des retraites ou en passant sous silence aussi des sujets urgents. 
Et puis, rien que 2023, ça a été vraiment un exemple de toute cette violence étatique. Donc on a parlé de la réforme des retraites, mais c&#039;était aussi le rapport du GIEC qui est complètement ignoré et qui a des répercussions très concrètes sur nos identités queer. Quelques semaines avant la marche lesbienne, le Bonjour madame a dû fermer ses portes administrativement. Tout ça dans un contexte où cette année, il y a eu plein d&#039;attaques hyper récurrentes qui visent des centres LGBT, comme à Saint-Denis, à La Réunion, à Nantes, Tours, Perpignan... Donc tout ça, c&#039;est la lesbophobie d&#039;État. C&#039;est aussi l&#039;absence totale de financement et de recherche en santé sexuelle pour les lesbiennes et les conséquences que ça a en termes de santé publique, c&#039;est à dire des dépistages tardifs, voire inexistants, une mauvaise prise en charge et aussi le risque constant de faire face à des violences médicales en parlant de difficultés d&#039;accès à la santé.  
Est-ce que vous pensez que la séquence politique de la PMA pour toutes, dans laquelle vous avez évidemment été très mobilisées, c&#039;est quelque chose de structurant pour le lesbianisme politique, tout comme celle du mariage pour tous est un marqueur dans le militantisme queer? 
Je ne sais pas si c&#039;est structurant, mais en tout cas, pour moi, ça a toujours fait partie des luttes essentielles pour les lesbiennes et du lesbianisme politique, notre droit à pouvoir enfanter sans avoir, sans être dépendante d&#039;un homme. Et je pense qu&#039;il y a quand même une portée, en tout cas sur le choix des femmes de le faire ou de ne pas le faire. Parce que quand on va voir, en réalité, il y a énormément de femmes hétéros qui font des PMA et de femmes seules qui choisissent de faire des enfants. Donc finalement, quelque chose qui profite aux lesbiennes, c&#039;est quelque chose qui profite à tout le monde en réalité et c&#039;est pour ça que c&#039;est une lutte parmi d&#039;autres luttes qui font partie du lesbianisme politique et qui sont, à notre sens essentielles. Les mêmes pièces, c&#039;est les pièces d&#039;un puzzle. 

    Références citées dans l&#039;émission
    
• Les Humilié.e.s : 10 ans après le mariage pour tous, l’heure du bilan, de Rozenn Le Carboulec (éditions Les Équateurs, 2023)  
• Le HelloAsso de FièrEs pour adhérer ou soutenir financièrement l&#039;association 
• Tout le programme des 10 ans des FièrEs est à retrouver sur leur compte Instagram 
• Le site internet de l&#039;association 


    L&#039;équipe de l&#039;émission
    
Présentation : Zoé Monrozier 
Préparation : Diego de Cao et Nathan Binet 
Réalisation : Colin Gruel 
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    L'association FièrEs fête ses 10 ans ! L'occasion de revenir sur 10 ans de militantisme lesbien avec deux de ses militantes...
    
L’année 2013, c’était il y a 10 ans déjà, et pour les “homos” les “contre nature han” et autres personnes LGBTQI+, ça a été une année pour le moins éprouvante ! Si le mariage entre personnes du même genre a été légalisé, l’homophobie semble avoir été elle aussi autorisée. Dans les médias, dans les énormes manifestations de La Manif Pour Tous, les discours haineux, blessants et surtout illégaux allaient bon train.  
C’est dans ce contexte assez plaisant que l’association FièrEs a vu le jour. Elle souffle sa dixième bougie cette semaine ! Alors aujourd'hui, dans Le Lobby, on revient sur l'histoire de FièrEs avec deux de ses militantes, Esther et Inès. 

    
        
        
    

Quel souvenir est ce que vous vous gardez de l'année 2013, année de création de FièrEs mais aussi année des manifs pour le mariage pour toustes ?  
Esther : Moi, en 2013, je faisais mes études et je me souviens surtout de mes cours de philogophie. J'avais un prof très réac qui voulait nous prouver par A plus B que l'homosexualité, c'était contre-nature. Et justement, mon envie de militer aujourd'hui, elle est née de ces discours haineux en 2013 autour de la PMA pour toutes, du mariage pour tous, et cetera. 
 Inès : Moi, en 2013, j'étais déjà une baby gouine, et j'avais eu ma première relation, et du coup, on avait manifesté. Je n'étais pas militante, mais on avait quand même participé aux manifestations. Et ce qui m'a marqué, c'est que quand la loi est passée, ma grand-mère m'a appelé et m'a dit « Inès, c'est super, tu vas pouvoir enfin épouser ta chérie ! » Donc même si c'était un instant de lutte, c'était aussi un instant de joie et ça nous a apporté beaucoup, je pense.  
 Est ce que vous pouvez m'en dire un peu plus sur la création de cette association ? Est ce que les événements de 2013 ont été les facteurs essentiels à cette création ? 
 À l'origine, les personnes qui ont créé FièrEs étaient dans une autre association féministe, et je pense qu'elles ont ressenti le besoin de créer une association féministe lesbienne spécifique pour pouvoir se concentrer spécifiquement sur notes luttes. C'était très important pour l'époue. Et clairement, je pense aussi que les évènements de 2013 ont joué aussi dans cette émulsion de militantisme. 
 En 2013, Fières s'est créée et s'est positionnée comme une association féministe, radicale, révolutionnaire et depuis, c'est une association qui mène vraiment toutes ces luttes dans une perspective féministe, anti-essentialiste, anticapitaliste, antiraciste, décoloniale, antigrossophobe, antivalidiste et éco-féministe.  
Qu'est ce qui fait la spécificité de Fières par rapport à d'autres associations lesbiennes ou queer par exemple, comme les Inverti·e·s ou Divines ?  
Je crois que ce qui nous différencie, c'est toute notre réflexion et notre engagement pour la la santé sexuelle des lesbiennes et des personnes trans. A ce titre, depuis 2015, on a des kits de santé sexuelle qu'on distribue sur des stands de prévention lors de soirées queers où il y a une population lesbienne. Donc ça va de la Wet For Me, par exemple, ou au festival Drama Queens cette année. 
Comment ça se présente, un stand de prévention ? Comme on le disait tout à l'heure, ça fait depuis 2015 qu'on a créé ce kit de prévention pour les femmes et les personnes trans ayant des relations sexuelles avec des femmes, une personne trans. Et dans ce petit kit qui se met dans la poche, et ça, c'est hyper important, il y a du lubrifiant, des préservatifs externes, un gant, et une carte avec des contacts safe pour se faire dépister. Et depuis cette année, on a aussi rajouté une petite lime à ongles orange. Et ce kit, il a été pensé dans un contexte qui est toujours d'actualité, celui de l'absence totale de recherche et de financement en santé sexuelle pour les gouines.  
C'est hyper politique en fait de pouvoir proposer un espace de dialogue et d'échanges et assez libre en fait autour de la sexualité et de la prévention en santé sexuelle. Et quand on dit que c'est politique, ça l'est vraiment. Parce qu'en faisant ça, en fait, on on ouvre aussi le débat, les questions et et on essaye à notre toute petite échelle en fait, de contrer un peu cette méfiance aussi qu'on a chez les gouines du corps médical dont la mission, c'est quand même de nous soigner, de prévenir, de nous accompagner dans le soin. Et et c'est vrai qu'encore une fois, il y a tellement rien qui est fait pour les lesbiennes que, en fait, à notre échelle au moins, on ouvre un dialogue possible avec des personnes qui se posent des questions, ou peut être qui se posaient pas de questions. Mais qui s'en pose en rencontrant? C'est souvent le cas, notamment avec la digue dentaire qui est et qui est très méconnue. Parce que d'une part parce que, comme je le disais, il n'y a pas de prévention autour de ça, donc forcément elle est inaccessible, elle est très chère et même dans nos pratiques, ce n'est pas du tout courant d'utiliser une digue dentaire. 
 Récemment, la librairie Violette and Co a rouvert. On les avait d'ailleurs reçus dans Le Lobby il y a deux semaines et on a vu que cette ouverture a été accompagnée d'énormément de joie et en premier lieu d'avoir un lieu queer et surtout lesbien. Est ce que vous avez des lieux où vous pouvez vous retrouver en tant qu'association?  
Pas vraiment. Nous avons a des réunions hebdomadaires, qu'on organise à la Maison des associations de certains arrondissements. Mais on n'a pas de local fixe, on n'a pas de lieu fixe où se retrouver. On se retrouve beaucoup dans des lieux queer, dans des lieux de sociabilité queer... Et aussi chez nous, pour faire par exemple des arpentages, pour se former sur des questions, pour échanger sur des livres... 
Vous avez aussi organisé la marche lesbienne 2023, et vous étiez présentes dans le Pink Bloc contre la réforme des retraites...  Est ce que pour vous, c'est c'est important d'être aussi dans des manifs sociales, pas seulement LGBT, mais aussi, par exemple de vous insurger contre la réforme des retraites ? 
Alors oui, l'intérêt associatif c'est hyper important. Le ping block, ça on y a participé pour justement créer en fait une synergie effectivement entre tous les collectifs LGBT qui existent pour s'investir aussi dans les luttes sociales qui nous concernent aussi. Donc ça a été le cas pour la réforme des retraites. Mais pour revenir aussi sur la marche lesbienne, effectivement on a on a organisé la troisième marche lesbienne de Paris. Il me semble que c'est la troisième. À l'occasion de la Journée de la visibilité lesbienne du 26 avril 2023, Ça a été une marche qui a rassemblé plus de 4 000 personnes contre la lesbophobie d'État et ordinaire qui engendre une précarisation de nos existences. Et je crois que même à travers ce mot d'ordre, on rassemble un peu tout le projet politique aussi de l'association.  
Parce qu'en fait, la lesbophobie, ce n'est pas qu'une affaire d'actes individuels, c'est surtout une forme d'oppression systémique qui se coupe à la misogynie, au racisme, à la transphobie, au mépris de classe. Donc, quand on est appelé à marcher contre la lesbophobie en avril dernier, on a appelé à manifester contre tout ça, contre un État et sa dérive fasciste qui fait barrage à une société plus égalitaire en votant des lois ouvertement oppressives, en voulant faire passer par exemple cette réforme des retraites ou en passant sous silence aussi des sujets urgents. 
Et puis, rien que 2023, ça a été vraiment un exemple de toute cette violence étatique. Donc on a parlé de la réforme des retraites, mais c'était aussi le rapport du GIEC qui est complètement ignoré et qui a des répercussions très concrètes sur nos identités queer. Quelques semaines avant la marche lesbienne, le Bonjour madame a dû fermer ses portes administrativement. Tout ça dans un contexte où cette année, il y a eu plein d'attaques hyper récurrentes qui visent des centres LGBT, comme à Saint-Denis, à La Réunion, à Nantes, Tours, Perpignan... Donc tout ça, c'est la lesbophobie d'État. C'est aussi l'absence totale de financement et de recherche en santé sexuelle pour les lesbiennes et les conséquences que ça a en termes de santé publique, c'est à dire des dépistages tardifs, voire inexistants, une mauvaise prise en charge et aussi le risque constant de faire face à des violences médicales en parlant de difficultés d'accès à la santé.  
Est-ce que vous pensez que la séquence politique de la PMA pour toutes, dans laquelle vous avez évidemment été très mobilisées, c'est quelque chose de structurant pour le lesbianisme politique, tout comme celle du mariage pour tous est un marqueur dans le militantisme queer? 
Je ne sais pas si c'est structurant, mais en tout cas, pour moi, ça a toujours fait partie des luttes essentielles pour les lesbiennes et du lesbianisme politique, notre droit à pouvoir enfanter sans avoir, sans être dépendante d'un homme. Et je pense qu'il y a quand même une portée, en tout cas sur le choix des femmes de le faire ou de ne pas le faire. Parce que quand on va voir, en réalité, il y a énormément de femmes hétéros qui font des PMA et de femmes seules qui choisissent de faire des enfants. Donc finalement, quelque chose qui profite aux lesbiennes, c'est quelque chose qui profite à tout le monde en réalité et c'est pour ça que c'est une lutte parmi d'autres luttes qui font partie du lesbianisme politique et qui sont, à notre sens essentielles. Les mêmes pièces, c'est les pièces d'un puzzle. 

    Références citées dans l'émission
    
• Les Humilié.e.s : 10 ans après le mariage pour tous, l’heure du bilan, de Rozenn Le Carboulec (éditions Les Équateurs, 2023)  
• Le HelloAsso de FièrEs pour adhérer ou soutenir financièrement l'association 
• Tout le programme des 10 ans des FièrEs est à retrouver sur leur compte Instagram 
• Le site internet de l'association 


    L'équipe de l'émission
    
Présentation : Zoé Monrozier 
Préparation : Diego de Cao et Nathan Binet 
Réalisation : Colin Gruel 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 20 Oct 2023 00:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/le-lobby-lhebdo-fieres-10-ans-2023-10-20-P9WINTNY.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/le-lobby-lhebdo-fieres-10-ans-2023-10-20-P9WINTNY.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/NOrD-lhebdo-fieres-10-ans-de-lesbiannisme-politique</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-igw89WfI4r.jpg"/></item><item><title>L'HEBDO — "La Chasse" : Maureen Desmailles queere la littérature ado</title><description><![CDATA[
    Pour cette toute première édition hebdomadaire, nous recevons l’autrice Maureen Desmailles. Son roman La Chasse est paru le 3 octobre 2023 aux éditions Thierry Magnier, dans la collection l’Ardeur. 
    
Dans La Chasse, Max, 17 ans, fait la rencontre d&#039;Ellie et de Cosme, deux personnages qui marqueront sa vie amicale, sexuelle et romantique. 
C’est un récit queer estival qui raconte les temps d&#039;adolescence où le désir, l&#039;amitié et l&#039;amour se mêlent, au creux d&#039;un personnage qui explore le besoin de trouver sa place. L&#039;ouvrage permet d&#039;ouvrir tout un imaginaire autour de l&#039;écriture des sexualités queer à destination du public jeune adulte. 
Avec Maureen Desmailles, l&#039;autrice de ce livre qui se trouve être aussi une ancienne chroniqueuse de Radio Campus Paris, on revient sur le rôle de la littérature young adult, la découverte de la queerness, la difficulté à écrire la sexualité et la censure que parfois cette écriture subit. 

    
        
        
    

Pourquoi avoir choisi d&#039;écrire pour les adolescents ? 
Ça vient d&#039;abord de ma propre pratique de lectrice. J&#039;ai été très marquée, quand j&#039;étais plus jeune, par les lectures que j&#039;ai pu faire à l&#039;adolescence, qui ont vraiment façonné la lectrice adulte que je suis aujourd&#039;hui. Alors j&#039;avais envie d&#039;explorer cette littérature. C&#039;était un peu une façon de lui rendre la pareille. Et puis il y a quelques années, j&#039;ai découvert Queen Kong, d&#039;Hélène Vignal (ed. Thierry Magnier, coll. L&#039;Ardeur). C&#039;est un livre que j&#039;ai adoré et que j&#039;ai vraiment trouvé spectaculaire, aussi bien stylistiquement que dans le discours qu&#039;il pouvait tenir. Et quand j&#039;ai lu ce truc, je me suis dit : moi aussi je veux écrire pour ces gens. 
En avant propos de ton roman à toi, tu décides de t&#039;adresser au lectorat et de lui proposer de se positionner ou non sur la question du genre du personnage de Max. Qu&#039;est ce que tu voulais créer ?  
Pour moi, la lecture d&#039;un roman, c&#039;est une collaboration entre la personne qui a écrit le bouquin et la personne qui va le lire. Et du coup, il y a toujours une part d&#039;appropriation par la personne qui lit. C&#039;est un truc qui est assez théorisé dans les études de réception. À part dans les &quot;livres dont vous êtes le héros&quot; (et jamais l&#039;héroïne d&#039;ailleurs), les lecteurs et lectrices ont assez rarement l&#039;occasion de prendre vraiment un peu le &quot;pouvoir&quot;, sur leur lecture du livre. Donc ça m&#039;intéressait en fait, en enlevant cette donnée du personnage de Max, de leur dire : c&#039;est à vous de faire du personnage ce que vous voulez. En fait, vous en faites un garçon ou une fille, vous en faites ni l&#039;un ni l&#039;autre, vous faites ce que vous voulez, mais ça vous appartient. En fait, moi, ce n&#039;est pas une décision que j&#039;ai prise en tant que en tant que telle. C&#039;était une façon pour moi d&#039;inclure vraiment les lecteurs et lectrices du bouquin dans le processus de lecture. 
Tu choisis une écriture épicène pour vraiment accompagner la description de Max. Est ce que tu t&#039;es questionnée sur le besoin d&#039;inclure des points médians ou de marquer plus de manière plus visuelle cette question de la non présence du genre?  
La question du point médian, elle a été évacuée assez vite par l&#039;écriture. En fait, comme le bouquin est écrit à la première personne, ça résolvait d&#039;une certaine façon cette question là. Sinon, effectivement, la question s&#039;est posée de façon indirecte quand il a fallu qu&#039;on rédige la quatrième de couverture. Quand l&#039;équipe de com a travaillé sur le texte qui accompagne le bouquin pour les services presse, ils étaient un peu plus en galère parce qu&#039;il y avait plein de moments où ils se rendaient compte que, à la troisième personne, la question est beaucoup plus difficile à évacuer (rires).  
C&#039;est un peu le propre de la langue française. Donc ils ont été obligés de recourir à cette grammaire-là. En fait, moi, à l&#039;écriture du roman en lui même, la question ne s&#039;est pas tellement posée. Je n&#039;ai pas conçu le personnage comme étant un garçon ou une fille, ou tout ce qui est possible entre ces deux dans ce spectre. 
Tu entretiens un lien fort aux images à travers l&#039;analyse filmique. Le texte apporte-t-il davantage de liberté dans les représentations ? 
J&#039;ai un lien plutôt fort, comme tu dis, à l&#039;analyse filmique, parce que c&#039;est ma formation universitaire. J&#039;ai fait des études de ciné, j&#039;ai fait une thèse... Donc j&#039;ai pratiqué. C&#039;est un exercice que j&#039;ai pratiqué pendant assez longtemps. Je suis devenue adulte avec les films et avec la pratique de l&#039;analyse filmique. 
Je ne sais pas si mon écriture a une dimension très visuelle. Ça, c&#039;est pas à moi de décider, mais en tout cas ça, ça a déterminé la façon dont je vais séquencer. Par exemple, je fais beaucoup de &quot;raccords cut&quot;. On passe d&#039;un espace à un autre, sans forcément qu&#039;il y ait une phrase du genre Le lendemain, chez ma grand mère, ce genre de truc, ce sont des trucs que je supprime. J&#039;enlève ça dans le texte parce que voilà, je trouve que ça encombre. Et après, au niveau des représentations, c&#039;est à dire que le texte en lui même autorise une indétermination physique des personnages avec lesquels on travaille, qui à priori amène plus de liberté.  
Même si ça me dérange de dire &quot;plus de liberté&quot;. C&#039;est comme si on faisait une sorte de gradation entre ce qui relève de la représentation littéraire et ce qui relève de la représentation filmique. e pense que les deux agissent sur des terrains qui sont qui sont différents.  
J&#039;ai l&#039;impression que ça se retrouve aussi beaucoup dans la description des rapports sexuels, du désir qui est effectivement très fort. On ne met pas de genre et en fait, on n&#039;en a pas besoin. Et je rapproche ça d&#039;un texte que tu as écrit sur ton blog Furax, consacré un article à l&#039;écriture de la sexualité. Et tu parles notamment du chapitre Sexe de Dorothy Allison où elle parle aussi de déconstruire les imaginaires sexuels lesbiens à travers le texte, là où le visuel la déçoit tout le temps. Et c&#039;est quelque chose que tu que tu partages aussi.  
Allison, je l&#039;ai vraiment découverte il n&#039;y a pas très longtemps. Justement, quand je travaillais sur La chasse et où je cherchais en fait un peu qui avait écrit sur la sexualité et comment un discours avait été produit là dessus. Donc c&#039;est là, à ce moment là, que je suis tombée sur sur ce texte-là, que je trouvais absolument merveilleux. Ce qu&#039;elle explique là-dedans, c&#039;est que l&#039;imaginaire sexuel a été façonné par l&#039;hétérosexualité, y compris l&#039;imaginaire visuel, et que c&#039;est une façon de se réapproprier cet imaginaire là. Ça passe par le texte, en partie.  
Toujours dans ce même article, mentionne le livre Romance d&#039;Arnaud Cathrine et tu dis, je cite Quand j&#039;avais quatorze quinze ans, je dormais dans les bras et les cheveux de ma meilleure amie. Elle me racontait des histoires de cul avec mes chanteurs préféré et il a fallu que je lise Romance l&#039;hiver dernier pour comprendre ce que ça voulait dire. Qu&#039;est ce que tu a trouvé dans ce texte ? 
Eh bien que j&#039;étais lesbienne ! (rires) 
Si Arnaud Cathrine avait écrit ça il y a 20 ans, ma vie aurait été beaucoup plus simple. Il se trouve que je l&#039;ai lu là à plus de 30 ans. Il n&#039;est jamais trop tard. Mais en fait, ce que j&#039;ai trouvé dans ce texte, c&#039;est une description des relations à l&#039;adolescence. La relation entre ces deux gars qui ressemblait vraiment très fortement à ce qu&#039;avaient été mes amitiés quand j&#039;étais ado. Mais je n&#039;avais alors pas les armes pour comprendre ces relations comme étant des relations amoureuses. Pour ça, ce roman est incroyable. 
Est ce que tu sens a posteriori que tu as été vraiment en manque de représentation?  
C&#039;est une question que je me pose beaucoup en ce moment... Et en fait, je ne suis pas certaine que ce soit une question de représentation. Parce que quand je fais le bilan a posteriori, mon panthéon culturel, littéraire, filmique, théâtral, tout est rempli de gays, de lesbiennes. Partout ! (rires) 
C&#039;est pas des modèles dont j&#039;ai vraiment manqué. Je pense que ce dont j&#039;ai manqué, c&#039;est une impulsion intérieure. En fait, c&#039;est une capacité de reconnaissance de moi même. Mais je pense que ça ne pouvait pas venir de l&#039;extérieur parce que toutes les représentations qui venaient, je n&#039;étais pas capable de les envisager comme me parlant à ce niveau-là.  
Alors bien sûr, on a besoins de représentations ! Tous les jeunes queers ont besoin de ça. Mais est-ce que ces représentations suffisent ? Je ne crois pas. Et là, ça change la perpsective. C&#039;est faire peser la responsabilité non plus seulement sur les créateurs créatrice, les auteurs, les actrices, etc, mais aussi sur les institutions avec lesquelles on grandit, les discours avec lesquels on grandit, les cercles familiaux dans lesquels on grandit. En fait, l&#039;ouverture doit être possible à un moment et s&#039;il n&#039;y a pas d&#039;espace, on peut mettre toutes les représentations qu&#039;on veut. La capacité de reconnaissance ne peut pas éclore à mon sens.  
Ça me fait penser à ce que tu dis dans le prologue. « Tout le monde peut avoir peur, tout le monde peut pénétrer et tout le monde a besoin de capote. » Est ce que tu as l&#039;impression que ces questions de sexualité, elles sont éludées dans la littérature jeunesse ? 
Malheureusement, je ne suis pas sûre que ce soit complètement éludé. Parce que c&#039;est surtout en fait que c&#039;est une chasse gardée d&#039;éditeurs qui sont spécialisés ou dans la romance type dark romance, par exemple. Et en fait, le souci qu&#039;on a, c&#039;est précisément que c&#039;est une question. C&#039;est difficile de s&#039;emparer de cette question pour les ados pour avoir un peu parlé de sexualité avec des classes, avec des collégiens. Quand je fais des ateliers d&#039;analyse filmique ou des trucs comme ça, c&#039;est un sujet sensible Et en même temps, ils y vont avec l&#039;arrogance de leur âge. Et c&#039;est beaucoup de stratégie de défense parce que la plupart du temps, ils sont très inexpérimentés, évidemment. 
C&#039;est un sujet dont il faut s&#039;emparer et en même temps, précisément parce qu&#039;il est difficile et parce que ce n&#039;est pas non plus un sujet qui est très porteur au niveau du marché de l&#039;édition jeunesse. On a peut être un peu tendance à laisser ça de côté. C&#039;est pour ça qu&#039;une collection comme L&#039;ardeur et d&#039;utilité publique. En tout cas, il y a une conviction politique derrière la collection qui est de reprendre la parole là-dessus, de redonner aux auteurs, aux actrices, aux écrivains, l&#039;occasion de produire des discours à destination de la jeunesse, mais qui soient des discours conscientisés, parfois explicitement militants, et d&#039;aller un peu concurrencer le tout le marché de la romance hétéronormée ou en tout cas peu critique.  
 Cet été, le ministre de l&#039;intérieur a interdit le roman Bien trop petit de Manu Causse, publié également dans la collection L&#039;ardeur. Et ça en dit long sur ce tabou toujours présent de la sexualité chez les adolescents. Comment as-tu réagi ? 
D&#039;abord, j&#039;ai été fière d&#039;être publiée dans une collection censurée par Darmanin ! (rires) 
Mais ensuite oui, je pense que c&#039;est très, très inquiétant. Au fond, ça en dit long sur la l&#039;impensé qu&#039;est la sexualité adolescente. Comme si on arrivait à la sexualité quand on avait 25 ans et comme s&#039;il ne se passait rien dans ces années un peu charnières qui nous conduisent vers les adultes actifs sexuellement qu&#039;on va devenir, qu&#039;on va devenir plus tard. Donc il y a une forme de pruderie.  
En même temps, c&#039;est aussi une forme d&#039;opportunisme politique. Au moment où Darmanin crée la polémique autour de ça, il sait très bien que pendant qu&#039;on parle de ça, on ne parlera pas d&#039;autre chose. Et c&#039;est triste aussi de constater que c&#039;est un sujet qui peut leur servir de couverture pour d&#039;autres choses. Alors que c&#039;est un sujet très, très sérieux. 
Tu vas continuer à écrire sur ce sujet ? 
Je vais essayer de continuer à écrire le plus longtemps possible. Moi, j&#039;ai très envie d&#039;écrire depuis très, très longtemps. Donc là, c&#039;est très très émouvant de voir que le livre soit sorti sur un sujet pareil, que ça a accompagné aussi un mouvement radical dans ma propre vie. C&#039;est assez émouvant que le livre existe. Après, je travaille sur un nouveau projet qui j&#039;espère, pourra voir le jour... Donc on va essayer de durer dans ce milieu et puis de continuer dans dans ce milieu de la littérature jeunesse qui permet beaucoup de choses. La littérature jeunesse a pour mérite de se poser explicitement la question du public auquel elle s&#039;adresse. Ce qui n&#039;est pas forcément le cas de la littérature dite pour adultes, respectable. 
Et ça me politiquement, ça m&#039;intéresse. C&#039;est cette littérature qui est explicitement située en fait, qui s&#039;adresse à un public particulier. Donc j&#039;espère continuer encore longtemps, oui ! 

    Ressources
    
• Furax, le blog de Maureen Desmailles. Elle y parle de ses envies d&#039;écriture et raconte ses questionnements d&#039;autrice. 
• Entretien avec Manu Causse dans les colonnes du Figaro suite à la censure de son livre, Bien trop petit, paru dans la même collection. 
• Le site internet des éditions Thierry Magnier. 
Générique de début : Jacob, Lucie Antunes 
Générique de fin : Ca, c&#039;est mon corps, Léonie Pernet 


    L&#039;équipe de l&#039;émission
    
Présentation : Diego de Cao 
Préparation : Zoé Monrozier et Nathan Binet 
Réalisation : Colin Gruel 
]]></description><itunes:summary>
    Pour cette toute première édition hebdomadaire, nous recevons l’autrice Maureen Desmailles. Son roman La Chasse est paru le 3 octobre 2023 aux éditions Thierry Magnier, dans la collection l’Ardeur. 
    
Dans La Chasse, Max, 17 ans, fait la rencontre d'Ellie et de Cosme, deux personnages qui marqueront sa vie amicale, sexuelle et romantique. 
C’est un récit queer estival qui raconte les temps d'adolescence où le désir, l'amitié et l'amour se mêlent, au creux d'un personnage qui explore le besoin de trouver sa place. L'ouvrage permet d'ouvrir tout un imaginaire autour de l'écriture des sexualités queer à destination du public jeune adulte. 
Avec Maureen Desmailles, l'autrice de ce livre qui se trouve être aussi une ancienne chroniqueuse de Radio Campus Paris, on revient sur le rôle de la littérature young adult, la découverte de la queerness, la difficulté à écrire la sexualité et la censure que parfois cette écriture subit. 

    
        
        
    

Pourquoi avoir choisi d'écrire pour les adolescents ? 
Ça vient d'abord de ma propre pratique de lectrice. J'ai été très marquée, quand j'étais plus jeune, par les lectures que j'ai pu faire à l'adolescence, qui ont vraiment façonné la lectrice adulte que je suis aujourd'hui. Alors j'avais envie d'explorer cette littérature. C'était un peu une façon de lui rendre la pareille. Et puis il y a quelques années, j'ai découvert Queen Kong, d'Hélène Vignal (ed. Thierry Magnier, coll. L'Ardeur). C'est un livre que j'ai adoré et que j'ai vraiment trouvé spectaculaire, aussi bien stylistiquement que dans le discours qu'il pouvait tenir. Et quand j'ai lu ce truc, je me suis dit : moi aussi je veux écrire pour ces gens. 
En avant propos de ton roman à toi, tu décides de t'adresser au lectorat et de lui proposer de se positionner ou non sur la question du genre du personnage de Max. Qu'est ce que tu voulais créer ?  
Pour moi, la lecture d'un roman, c'est une collaboration entre la personne qui a écrit le bouquin et la personne qui va le lire. Et du coup, il y a toujours une part d'appropriation par la personne qui lit. C'est un truc qui est assez théorisé dans les études de réception. À part dans les "livres dont vous êtes le héros" (et jamais l'héroïne d'ailleurs), les lecteurs et lectrices ont assez rarement l'occasion de prendre vraiment un peu le "pouvoir", sur leur lecture du livre. Donc ça m'intéressait en fait, en enlevant cette donnée du personnage de Max, de leur dire : c'est à vous de faire du personnage ce que vous voulez. En fait, vous en faites un garçon ou une fille, vous en faites ni l'un ni l'autre, vous faites ce que vous voulez, mais ça vous appartient. En fait, moi, ce n'est pas une décision que j'ai prise en tant que en tant que telle. C'était une façon pour moi d'inclure vraiment les lecteurs et lectrices du bouquin dans le processus de lecture. 
Tu choisis une écriture épicène pour vraiment accompagner la description de Max. Est ce que tu t'es questionnée sur le besoin d'inclure des points médians ou de marquer plus de manière plus visuelle cette question de la non présence du genre?  
La question du point médian, elle a été évacuée assez vite par l'écriture. En fait, comme le bouquin est écrit à la première personne, ça résolvait d'une certaine façon cette question là. Sinon, effectivement, la question s'est posée de façon indirecte quand il a fallu qu'on rédige la quatrième de couverture. Quand l'équipe de com a travaillé sur le texte qui accompagne le bouquin pour les services presse, ils étaient un peu plus en galère parce qu'il y avait plein de moments où ils se rendaient compte que, à la troisième personne, la question est beaucoup plus difficile à évacuer (rires).  
C'est un peu le propre de la langue française. Donc ils ont été obligés de recourir à cette grammaire-là. En fait, moi, à l'écriture du roman en lui même, la question ne s'est pas tellement posée. Je n'ai pas conçu le personnage comme étant un garçon ou une fille, ou tout ce qui est possible entre ces deux dans ce spectre. 
Tu entretiens un lien fort aux images à travers l'analyse filmique. Le texte apporte-t-il davantage de liberté dans les représentations ? 
J'ai un lien plutôt fort, comme tu dis, à l'analyse filmique, parce que c'est ma formation universitaire. J'ai fait des études de ciné, j'ai fait une thèse... Donc j'ai pratiqué. C'est un exercice que j'ai pratiqué pendant assez longtemps. Je suis devenue adulte avec les films et avec la pratique de l'analyse filmique. 
Je ne sais pas si mon écriture a une dimension très visuelle. Ça, c'est pas à moi de décider, mais en tout cas ça, ça a déterminé la façon dont je vais séquencer. Par exemple, je fais beaucoup de "raccords cut". On passe d'un espace à un autre, sans forcément qu'il y ait une phrase du genre Le lendemain, chez ma grand mère, ce genre de truc, ce sont des trucs que je supprime. J'enlève ça dans le texte parce que voilà, je trouve que ça encombre. Et après, au niveau des représentations, c'est à dire que le texte en lui même autorise une indétermination physique des personnages avec lesquels on travaille, qui à priori amène plus de liberté.  
Même si ça me dérange de dire "plus de liberté". C'est comme si on faisait une sorte de gradation entre ce qui relève de la représentation littéraire et ce qui relève de la représentation filmique. e pense que les deux agissent sur des terrains qui sont qui sont différents.  
J'ai l'impression que ça se retrouve aussi beaucoup dans la description des rapports sexuels, du désir qui est effectivement très fort. On ne met pas de genre et en fait, on n'en a pas besoin. Et je rapproche ça d'un texte que tu as écrit sur ton blog Furax, consacré un article à l'écriture de la sexualité. Et tu parles notamment du chapitre Sexe de Dorothy Allison où elle parle aussi de déconstruire les imaginaires sexuels lesbiens à travers le texte, là où le visuel la déçoit tout le temps. Et c'est quelque chose que tu que tu partages aussi.  
Allison, je l'ai vraiment découverte il n'y a pas très longtemps. Justement, quand je travaillais sur La chasse et où je cherchais en fait un peu qui avait écrit sur la sexualité et comment un discours avait été produit là dessus. Donc c'est là, à ce moment là, que je suis tombée sur sur ce texte-là, que je trouvais absolument merveilleux. Ce qu'elle explique là-dedans, c'est que l'imaginaire sexuel a été façonné par l'hétérosexualité, y compris l'imaginaire visuel, et que c'est une façon de se réapproprier cet imaginaire là. Ça passe par le texte, en partie.  
Toujours dans ce même article, mentionne le livre Romance d'Arnaud Cathrine et tu dis, je cite Quand j'avais quatorze quinze ans, je dormais dans les bras et les cheveux de ma meilleure amie. Elle me racontait des histoires de cul avec mes chanteurs préféré et il a fallu que je lise Romance l'hiver dernier pour comprendre ce que ça voulait dire. Qu'est ce que tu a trouvé dans ce texte ? 
Eh bien que j'étais lesbienne ! (rires) 
Si Arnaud Cathrine avait écrit ça il y a 20 ans, ma vie aurait été beaucoup plus simple. Il se trouve que je l'ai lu là à plus de 30 ans. Il n'est jamais trop tard. Mais en fait, ce que j'ai trouvé dans ce texte, c'est une description des relations à l'adolescence. La relation entre ces deux gars qui ressemblait vraiment très fortement à ce qu'avaient été mes amitiés quand j'étais ado. Mais je n'avais alors pas les armes pour comprendre ces relations comme étant des relations amoureuses. Pour ça, ce roman est incroyable. 
Est ce que tu sens a posteriori que tu as été vraiment en manque de représentation?  
C'est une question que je me pose beaucoup en ce moment... Et en fait, je ne suis pas certaine que ce soit une question de représentation. Parce que quand je fais le bilan a posteriori, mon panthéon culturel, littéraire, filmique, théâtral, tout est rempli de gays, de lesbiennes. Partout ! (rires) 
C'est pas des modèles dont j'ai vraiment manqué. Je pense que ce dont j'ai manqué, c'est une impulsion intérieure. En fait, c'est une capacité de reconnaissance de moi même. Mais je pense que ça ne pouvait pas venir de l'extérieur parce que toutes les représentations qui venaient, je n'étais pas capable de les envisager comme me parlant à ce niveau-là.  
Alors bien sûr, on a besoins de représentations ! Tous les jeunes queers ont besoin de ça. Mais est-ce que ces représentations suffisent ? Je ne crois pas. Et là, ça change la perpsective. C'est faire peser la responsabilité non plus seulement sur les créateurs créatrice, les auteurs, les actrices, etc, mais aussi sur les institutions avec lesquelles on grandit, les discours avec lesquels on grandit, les cercles familiaux dans lesquels on grandit. En fait, l'ouverture doit être possible à un moment et s'il n'y a pas d'espace, on peut mettre toutes les représentations qu'on veut. La capacité de reconnaissance ne peut pas éclore à mon sens.  
Ça me fait penser à ce que tu dis dans le prologue. « Tout le monde peut avoir peur, tout le monde peut pénétrer et tout le monde a besoin de capote. » Est ce que tu as l'impression que ces questions de sexualité, elles sont éludées dans la littérature jeunesse ? 
Malheureusement, je ne suis pas sûre que ce soit complètement éludé. Parce que c'est surtout en fait que c'est une chasse gardée d'éditeurs qui sont spécialisés ou dans la romance type dark romance, par exemple. Et en fait, le souci qu'on a, c'est précisément que c'est une question. C'est difficile de s'emparer de cette question pour les ados pour avoir un peu parlé de sexualité avec des classes, avec des collégiens. Quand je fais des ateliers d'analyse filmique ou des trucs comme ça, c'est un sujet sensible Et en même temps, ils y vont avec l'arrogance de leur âge. Et c'est beaucoup de stratégie de défense parce que la plupart du temps, ils sont très inexpérimentés, évidemment. 
C'est un sujet dont il faut s'emparer et en même temps, précisément parce qu'il est difficile et parce que ce n'est pas non plus un sujet qui est très porteur au niveau du marché de l'édition jeunesse. On a peut être un peu tendance à laisser ça de côté. C'est pour ça qu'une collection comme L'ardeur et d'utilité publique. En tout cas, il y a une conviction politique derrière la collection qui est de reprendre la parole là-dessus, de redonner aux auteurs, aux actrices, aux écrivains, l'occasion de produire des discours à destination de la jeunesse, mais qui soient des discours conscientisés, parfois explicitement militants, et d'aller un peu concurrencer le tout le marché de la romance hétéronormée ou en tout cas peu critique.  
 Cet été, le ministre de l'intérieur a interdit le roman Bien trop petit de Manu Causse, publié également dans la collection L'ardeur. Et ça en dit long sur ce tabou toujours présent de la sexualité chez les adolescents. Comment as-tu réagi ? 
D'abord, j'ai été fière d'être publiée dans une collection censurée par Darmanin ! (rires) 
Mais ensuite oui, je pense que c'est très, très inquiétant. Au fond, ça en dit long sur la l'impensé qu'est la sexualité adolescente. Comme si on arrivait à la sexualité quand on avait 25 ans et comme s'il ne se passait rien dans ces années un peu charnières qui nous conduisent vers les adultes actifs sexuellement qu'on va devenir, qu'on va devenir plus tard. Donc il y a une forme de pruderie.  
En même temps, c'est aussi une forme d'opportunisme politique. Au moment où Darmanin crée la polémique autour de ça, il sait très bien que pendant qu'on parle de ça, on ne parlera pas d'autre chose. Et c'est triste aussi de constater que c'est un sujet qui peut leur servir de couverture pour d'autres choses. Alors que c'est un sujet très, très sérieux. 
Tu vas continuer à écrire sur ce sujet ? 
Je vais essayer de continuer à écrire le plus longtemps possible. Moi, j'ai très envie d'écrire depuis très, très longtemps. Donc là, c'est très très émouvant de voir que le livre soit sorti sur un sujet pareil, que ça a accompagné aussi un mouvement radical dans ma propre vie. C'est assez émouvant que le livre existe. Après, je travaille sur un nouveau projet qui j'espère, pourra voir le jour... Donc on va essayer de durer dans ce milieu et puis de continuer dans dans ce milieu de la littérature jeunesse qui permet beaucoup de choses. La littérature jeunesse a pour mérite de se poser explicitement la question du public auquel elle s'adresse. Ce qui n'est pas forcément le cas de la littérature dite pour adultes, respectable. 
Et ça me politiquement, ça m'intéresse. C'est cette littérature qui est explicitement située en fait, qui s'adresse à un public particulier. Donc j'espère continuer encore longtemps, oui ! 

    Ressources
    
• Furax, le blog de Maureen Desmailles. Elle y parle de ses envies d'écriture et raconte ses questionnements d'autrice. 
• Entretien avec Manu Causse dans les colonnes du Figaro suite à la censure de son livre, Bien trop petit, paru dans la même collection. 
• Le site internet des éditions Thierry Magnier. 
Générique de début : Jacob, Lucie Antunes 
Générique de fin : Ca, c'est mon corps, Léonie Pernet 


    L'équipe de l'émission
    
Présentation : Diego de Cao 
Préparation : Zoé Monrozier et Nathan Binet 
Réalisation : Colin Gruel 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 13 Oct 2023 00:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/le-lobby-lhebdo-avec-maureen-de-2023-10-13-6bldNBon.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/le-lobby-lhebdo-avec-maureen-de-2023-10-13-6bldNBon.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/qQW0-lhebdo-la-chasse-maureen-desmailles-queere-la-litterature-ado</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-WDaGmKIWu3.jpg"/></item><item><title>Violette &amp; co rouvre ses portes ! + Pierre et la rose en live</title><description><![CDATA[
    Toute la joyeuse équipe du Lobby revient pour une cinquième saison ! Et en cette rentrée, on est pas les seuls à faire un retour très attendu, puisque l&#039;iconique librairie queer Violette &amp;amp; co va enfin rouvrir ses portes... Ses deux nouvelles libraires sont nos invitées.
    
Elle avait fermé ses portes en février 2022, nous laissant un peu orphelin.es, après que ses deux libraires ont fait valoir leur droit à la retraite, après 18 ans de bons et loyaux services.  
Le 13 octobre, Violette &amp;amp; co fera son grand retour, dans un nouveau local, situé dans le 11e arrondissement de Paris. C&#039;est l&#039;aboutissement de mois de travail mené bénévolement, avec un objectif clair : faire de cette librairie incontournable un lieu de vie. Au milieu des étagères remplies de livres, on pourra donc s&#039;installer pour prendre un café, et un espace sera aussi proposé aux associations. 
Pour en parler, nous recevons Olivia et Lucile, la première est libraire, la seconde est bénévole, et cela fait un an et demie qu&#039;elles œuvrent à rouvrir ce monument de la culture lesbienne. 

    Dans le reste de l&#039;actualité...
    
Le monde du foot frappé par de nouvelles affaires d’homophobie. Des chants homophobes entendus dans les tribunes du Roazhon Park à Rennes au début du mois, chants homophobes aussi de supporters ET de joueurs du PSG fin septembre… La Ligue du Football Professionnel (LFP) monte au créneau, la ministre des Sports aussi, et des joueurs présentent des excuses… Alors l’homophobie commence-t-elle enfin à devenir indésirable dans les stades ? Pas si sûr... Pour en parler on sera en ligne avec Yohann Lemaire, footballeur ouvertement gay et président fondateur de l’association Foot Ensemble. 

    Les Disques du Lobby
    
Chaque mois, Ixpé nous fait découvrir des artistes queers qui viennent se produire en live dans notre studio. Aujourd&#039;hui, place à Pierre et la rose. 
Il sera en concert le 26 octobre, et vous pouvez déjà écouter son album SIRENE(S) sur toutes les plateformes de streaming. 
Ixpé est aussi le créateur du label Les Disques du Lobby, à retrouver par ici ! 


    L&#039;équipe de l&#039;émission
    
Présentation : Colin Gruel et Victor Samoth-Panetti 
Réalisation : Margot Page et Ugolin Crépin-Leblond 
Chroniques : Xavier Paufichet et Olga•Auguste Volfson 
Suivez-nous sur Instagram, et abonnez-vous à notre podcast sur Spotify, Deezer, ApplePodcasts, et toutes vos applications favorites ! 
]]></description><itunes:summary>
    Toute la joyeuse équipe du Lobby revient pour une cinquième saison ! Et en cette rentrée, on est pas les seuls à faire un retour très attendu, puisque l'iconique librairie queer Violette &amp;amp; co va enfin rouvrir ses portes... Ses deux nouvelles libraires sont nos invitées.
    
Elle avait fermé ses portes en février 2022, nous laissant un peu orphelin.es, après que ses deux libraires ont fait valoir leur droit à la retraite, après 18 ans de bons et loyaux services.  
Le 13 octobre, Violette &amp;amp; co fera son grand retour, dans un nouveau local, situé dans le 11e arrondissement de Paris. C'est l'aboutissement de mois de travail mené bénévolement, avec un objectif clair : faire de cette librairie incontournable un lieu de vie. Au milieu des étagères remplies de livres, on pourra donc s'installer pour prendre un café, et un espace sera aussi proposé aux associations. 
Pour en parler, nous recevons Olivia et Lucile, la première est libraire, la seconde est bénévole, et cela fait un an et demie qu'elles œuvrent à rouvrir ce monument de la culture lesbienne. 

    Dans le reste de l'actualité...
    
Le monde du foot frappé par de nouvelles affaires d’homophobie. Des chants homophobes entendus dans les tribunes du Roazhon Park à Rennes au début du mois, chants homophobes aussi de supporters ET de joueurs du PSG fin septembre… La Ligue du Football Professionnel (LFP) monte au créneau, la ministre des Sports aussi, et des joueurs présentent des excuses… Alors l’homophobie commence-t-elle enfin à devenir indésirable dans les stades ? Pas si sûr... Pour en parler on sera en ligne avec Yohann Lemaire, footballeur ouvertement gay et président fondateur de l’association Foot Ensemble. 

    Les Disques du Lobby
    
Chaque mois, Ixpé nous fait découvrir des artistes queers qui viennent se produire en live dans notre studio. Aujourd'hui, place à Pierre et la rose. 
Il sera en concert le 26 octobre, et vous pouvez déjà écouter son album SIRENE(S) sur toutes les plateformes de streaming. 
Ixpé est aussi le créateur du label Les Disques du Lobby, à retrouver par ici ! 


    L'équipe de l'émission
    
Présentation : Colin Gruel et Victor Samoth-Panetti 
Réalisation : Margot Page et Ugolin Crépin-Leblond 
Chroniques : Xavier Paufichet et Olga•Auguste Volfson 
Suivez-nous sur Instagram, et abonnez-vous à notre podcast sur Spotify, Deezer, ApplePodcasts, et toutes vos applications favorites ! 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 10 Oct 2023 00:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/le-lobby-violette-co-rouvre-ses-2023-10-10-yffEzHCa.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/le-lobby-violette-co-rouvre-ses-2023-10-10-yffEzHCa.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/28wz-violette-co-rouvre-ses-portes-pierre-et-la-rose-en-live</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-BHJbEV0qt8.jpg"/></item><item><title>Le Lobby x Festival Bizarre : "La Fin des monstres" de Tal Madesta / "Guet-apens, des crimes invisibles" sur Médiapart</title><description><![CDATA[
    Ce mois-ci, Le Lobby est en direct et en public au festival Bizarre pour une émission spéciale...
    
Du 4 au 14 mai, à La Folie accueille la quatrième édition du festival Bizarre, le festival des communautés curieuses. Au programme : des soirées queers, des bingo drag, des lectures de contes pour enfants, des cours de danse... Une programmation éclectique qui laisse aussi sa place à la radio. 
Le Lobby a donc ouvert le festival avec un programme haut en couleurs et en queerness... 

    La fin des monstres : Tal Madesta à la première personne
    
Journaliste, militant transféministe et auteur, Tal Madesta est une figure incontournable des luttes LGBTQIA+. Avec son deuxième livre, La fin des monstres, publié aux éditions La Déferlante, il se livre dans un récit intime sur son parcours de transition, les obstacles qu&#039;il a rencontrés sur la route, la peur d&#039;être agressé et les errances administratives, mais aussi (et peut-être surtout) les belles rencontres qui l&#039;ont accompagné et l&#039;accompagnent toujours sur ce chemin. 

    
        
        
    


    « Guet-apens, des crimes invisibles » : l&#039;enquête choc de Médiapart
    
Des hommes gays violemment agressés, torturés ou violés uniquement parce qu&#039;ils sont gays, piégés sur des applications de rencontre ou dans des lieux de drague. Des faits peu documentés, car les dépôts de plainte sont rares, et pourtant les victimes sont nombreuses. Au moins 300 ces 5 dernières années. C&#039;est ce que révèlent David Perrotin, Sarah Brethes et Mathieu Magnaudeix, journalistes à Médiapart, dans un documentaire de 65 minutes. 

    
    


Guet-apens, des crimes invisibles est à voir dès maintenant sur le site de Médiapart. 

    Les Disques du Lobby
    
Une fois n&#039;est pas coutume, nous recevons deux artistes ce soir, pour trois sessions live. 
Thx4Crying a sorti un EP en début d&#039;année, Montagnes d&#039;émeraude. Une voix fragile et des accents pop un peu émo, qui nous ramènent à l&#039;époque des Skyblogs, le tout dans une esthétique un peu kitsch et carrément queer, c&#039;est la formule gagnante de ce jeune artiste prometteur. 

    
    


À ses côtés, sa comparse Louise Bsx, qui a fait paraître un EP survitaminé l&#039;année dernière, C o o o o o l, débordant d&#039;énergie positive. Ca donne quatre titres conçus comme autant d&#039;expérimentations sonores déjantées. Elle nous offre une exclusivité, l&#039;hymne transfem Trop bonne, trop conne. 

    
    


Louise Bsx et Thx4Crying, qui collaborent régulièrement sur leurs projets respectifs, sont aussi à l&#039;initiative des Afterlife Party, des soirées organisées en soutien à des associations LGBTI+, et où se sont produits de nombreux artistes queers émergents. 
-- 
L&#039;ÉQUIPE. Présentation : Colin Gruel et Victor Samoth-Panetti — Chroniques : Xavier Paufichet (Les Disques du Lobby), Margot Michel et Olga Volfson — Réalisation : Margot Page 
]]></description><itunes:summary>
    Ce mois-ci, Le Lobby est en direct et en public au festival Bizarre pour une émission spéciale...
    
Du 4 au 14 mai, à La Folie accueille la quatrième édition du festival Bizarre, le festival des communautés curieuses. Au programme : des soirées queers, des bingo drag, des lectures de contes pour enfants, des cours de danse... Une programmation éclectique qui laisse aussi sa place à la radio. 
Le Lobby a donc ouvert le festival avec un programme haut en couleurs et en queerness... 

    La fin des monstres : Tal Madesta à la première personne
    
Journaliste, militant transféministe et auteur, Tal Madesta est une figure incontournable des luttes LGBTQIA+. Avec son deuxième livre, La fin des monstres, publié aux éditions La Déferlante, il se livre dans un récit intime sur son parcours de transition, les obstacles qu'il a rencontrés sur la route, la peur d'être agressé et les errances administratives, mais aussi (et peut-être surtout) les belles rencontres qui l'ont accompagné et l'accompagnent toujours sur ce chemin. 

    
        
        
    


    « Guet-apens, des crimes invisibles » : l'enquête choc de Médiapart
    
Des hommes gays violemment agressés, torturés ou violés uniquement parce qu'ils sont gays, piégés sur des applications de rencontre ou dans des lieux de drague. Des faits peu documentés, car les dépôts de plainte sont rares, et pourtant les victimes sont nombreuses. Au moins 300 ces 5 dernières années. C'est ce que révèlent David Perrotin, Sarah Brethes et Mathieu Magnaudeix, journalistes à Médiapart, dans un documentaire de 65 minutes. 

    
    


Guet-apens, des crimes invisibles est à voir dès maintenant sur le site de Médiapart. 

    Les Disques du Lobby
    
Une fois n'est pas coutume, nous recevons deux artistes ce soir, pour trois sessions live. 
Thx4Crying a sorti un EP en début d'année, Montagnes d'émeraude. Une voix fragile et des accents pop un peu émo, qui nous ramènent à l'époque des Skyblogs, le tout dans une esthétique un peu kitsch et carrément queer, c'est la formule gagnante de ce jeune artiste prometteur. 

    
    


À ses côtés, sa comparse Louise Bsx, qui a fait paraître un EP survitaminé l'année dernière, C o o o o o l, débordant d'énergie positive. Ca donne quatre titres conçus comme autant d'expérimentations sonores déjantées. Elle nous offre une exclusivité, l'hymne transfem Trop bonne, trop conne. 

    
    


Louise Bsx et Thx4Crying, qui collaborent régulièrement sur leurs projets respectifs, sont aussi à l'initiative des Afterlife Party, des soirées organisées en soutien à des associations LGBTI+, et où se sont produits de nombreux artistes queers émergents. 
-- 
L'ÉQUIPE. Présentation : Colin Gruel et Victor Samoth-Panetti — Chroniques : Xavier Paufichet (Les Disques du Lobby), Margot Michel et Olga Volfson — Réalisation : Margot Page 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 05 May 2023 13:36:37 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-x-festival-b92e7f6f.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-x-festival-b92e7f6f.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/BrvW-le-lobby-x-festival-bizarre-la-fin-des-monstres-de-tal-madesta-guet-apens-des-crimes-invisibles-sur-mediapart</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-14W4ABZwnT.jpg"/></item><item><title>Tal Madesta : « On ne peut pas demander aux personnes trans d'abolir la division sexuelle »</title><description><![CDATA[
    Dans son deuxième livre, La Fin des monstres, Tal Madesta raconte son parcours trans, et délivre tout à la fois un manuel d&#039;auto-défense contre les discours transphobes et une lettre d&#039;amour à ses adelphes
    
Militant transféministe, journaliste, auteur, Tal Madesta a commencé à se faire connaître grâce à son engagement au sein du collectif des Colleureuses. Une transition de genre plus tard, il vient de publier un livre La Fin des monstres (Éditions La Déferlante), comme un écho à l&#039;ouvrage de Paul B. Preciado, Je suis un monstre qui vous parle. Avec le philosophe, il partage le souhait de libérer les personnes trans des discours dans lesquels elles sont souvent enfermées. Mais il refuse d&#039;être un monstre. 
« Je ne suis pas un monstre qui leur parle, je ne suis qu&#039;une meilleure version d&#039;eux-mêmes, qui aspire à la paix, à la dignité, à la tranquillité, au sommeil, à l&#039;amour,  la justice pour moi-même et pour mes semblables. » 
— Tal Madesta, La Fin des monstres 

    
        
        
    

Dans cet ouvrage très personnel, il se livre avec pudeur sur son parcours, sur les obstacles, les mains tendues, sur son rapport aux hommes, aux femmes, à son corps et à l&#039;amour. Un livre politique avant tout, où il dézingue brillamment les discours transphobes, d&#039;où qu&#039;ils viennent. 
L&#039;équipe du Lobby l&#039;a reçu au cours d&#039;une émission spéciale, à La Folie, dans le cadre du festival Bizarre. 
]]></description><itunes:summary>
    Dans son deuxième livre, La Fin des monstres, Tal Madesta raconte son parcours trans, et délivre tout à la fois un manuel d'auto-défense contre les discours transphobes et une lettre d'amour à ses adelphes
    
Militant transféministe, journaliste, auteur, Tal Madesta a commencé à se faire connaître grâce à son engagement au sein du collectif des Colleureuses. Une transition de genre plus tard, il vient de publier un livre La Fin des monstres (Éditions La Déferlante), comme un écho à l'ouvrage de Paul B. Preciado, Je suis un monstre qui vous parle. Avec le philosophe, il partage le souhait de libérer les personnes trans des discours dans lesquels elles sont souvent enfermées. Mais il refuse d'être un monstre. 
« Je ne suis pas un monstre qui leur parle, je ne suis qu'une meilleure version d'eux-mêmes, qui aspire à la paix, à la dignité, à la tranquillité, au sommeil, à l'amour,  la justice pour moi-même et pour mes semblables. » 
— Tal Madesta, La Fin des monstres 

    
        
        
    

Dans cet ouvrage très personnel, il se livre avec pudeur sur son parcours, sur les obstacles, les mains tendues, sur son rapport aux hommes, aux femmes, à son corps et à l'amour. Un livre politique avant tout, où il dézingue brillamment les discours transphobes, d'où qu'ils viennent. 
L'équipe du Lobby l'a reçu au cours d'une émission spéciale, à La Folie, dans le cadre du festival Bizarre. 
</itunes:summary><pubDate>Thu, 04 May 2023 00:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-tal-madesta-ddbe5f27.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-tal-madesta-ddbe5f27.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/nRXp-tal-madesta-on-ne-peut-pas-demander-aux-personnes-trans-dabolir-la-division-sexuelle</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-DFTZPil1Px.jpg"/></item><item><title>« Guet-apens, des crimes invisibles », l'enquête coup de poing de Mediapart</title><description><![CDATA[
    10 ans après l&#039;adoption du mariage pour tous, on meurt encore d&#039;être gay. Un documentaire de Mediapart révèle l&#039;ampleur d&#039;un phénomène violent et trop peu étudié : les guet-apens homophobes.
    
Ce sont des histoires qui passent sous les radars. Traitées avec légèreté par la presse régionale, délaissées par la justice. Des agressions violentes à l&#039;encontre d&#039;hommes gays, ciblés en raison de leur orientation sexuelle, piégés sur des lieux de drague ou des applications de rencontre. Des guet-apens. 
C&#039;est en tout cas le terme retenu par Mathieu Magnaudeix, Sarah Brethes et David Perrotin, trois jounalistes de Mediapart. Ils ont enquêté pendant plusieurs mois sur le sujet. Leurs révélations sont édifiantes : sur les 5 dernières années, il y a au moins 300 victimes, contre seulement 11 condamnations. 
&amp;gt; Regardez la bande-annonce : https://www.youtube.com/watch?v=VoTkIMyR6zI 
Et même quand il y a un dépôt de plainte et un procès, la circonstance aggravante de l&#039;homophobie, prévue dans le code pénale, est la plupart du temps passée sous le tapis. La police est peu armée pour accueillir les plaignants, et l&#039;État tarde à se pencher sur la question. 
Pour en parler, l&#039;équipe du Lobby reçoit les trois journalistes qui ont coréalisé le documentaire, à voir dès maintenant sur Mediapart.  
Cette interview est extraite de notre émission spéciale à La Folie dans le cadre du festival Bizarre. 
]]></description><itunes:summary>
    10 ans après l'adoption du mariage pour tous, on meurt encore d'être gay. Un documentaire de Mediapart révèle l'ampleur d'un phénomène violent et trop peu étudié : les guet-apens homophobes.
    
Ce sont des histoires qui passent sous les radars. Traitées avec légèreté par la presse régionale, délaissées par la justice. Des agressions violentes à l'encontre d'hommes gays, ciblés en raison de leur orientation sexuelle, piégés sur des lieux de drague ou des applications de rencontre. Des guet-apens. 
C'est en tout cas le terme retenu par Mathieu Magnaudeix, Sarah Brethes et David Perrotin, trois jounalistes de Mediapart. Ils ont enquêté pendant plusieurs mois sur le sujet. Leurs révélations sont édifiantes : sur les 5 dernières années, il y a au moins 300 victimes, contre seulement 11 condamnations. 
&amp;gt; Regardez la bande-annonce : https://www.youtube.com/watch?v=VoTkIMyR6zI 
Et même quand il y a un dépôt de plainte et un procès, la circonstance aggravante de l'homophobie, prévue dans le code pénale, est la plupart du temps passée sous le tapis. La police est peu armée pour accueillir les plaignants, et l'État tarde à se pencher sur la question. 
Pour en parler, l'équipe du Lobby reçoit les trois journalistes qui ont coréalisé le documentaire, à voir dès maintenant sur Mediapart.  
Cette interview est extraite de notre émission spéciale à La Folie dans le cadre du festival Bizarre. 
</itunes:summary><pubDate>Thu, 04 May 2023 00:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-guet-apens-2a24b076.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-guet-apens-2a24b076.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/pZKy-guet-apens-des-crimes-invisibles-lenquete-coup-de-poing-de-mediapart</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-rPy696J3O4.jpg"/></item><item><title>"Passif dans le lit, actif dans la rue" avec les Inverti·e·s</title><description><![CDATA[
    À peine sortie du pink bloc, l&#039;équipe du Lobby est de retour dans le studio de Radio Campus Paris avec le collectif Les Inverti•e•s. En deuxième partie d&#039;émission, Anne Delabre vient nous présenter son ciné-club queer, Le 7e genre
    
Vous avez forcément vu leurs pancartes très gays et leurs couvertures de survie en guise de drapeau. Les Inverti•e•s, c&#039;est le collectif qui met des paillettes dans nos cortèges à chaque manifestation contre la réforme des retraites. Luttes queers et luttes des classes, pourquoi choisir ? On en parle avec Tarik et Liam, deux membres du collectif. 
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Une publication partagée par @inverti.e.s 
En seconde partie d&#039;émission, on reçoit une cinéphile qui depuis 10 ans met à l&#039;honneur les films du patrimoine queer. Anne Delabre s&#039;apprête à fêter l&#039;anniversaire de son ciné-club Le 7e genre. Projections spéciales, tables rondes et soirée festive, elle vient nous raconter ce qu&#039;elle a prévu pour marquer le coup.  

    Les Disques du Lobby
    
Chaque mois, dans Les Disques du Lobby, Ixpé reçoit les artistes queers qui peupleront vos playlists demain. Aujourd&#039;hui, c&#039;est GONTHIER qui vient nous rendre visite, alors qu&#039;elle vient de révéler un nouveau titre, Panne de langage. Elle l&#039;interprète en live rien que pour nous ! 

    
    


]]></description><itunes:summary>
    À peine sortie du pink bloc, l'équipe du Lobby est de retour dans le studio de Radio Campus Paris avec le collectif Les Inverti•e•s. En deuxième partie d'émission, Anne Delabre vient nous présenter son ciné-club queer, Le 7e genre
    
Vous avez forcément vu leurs pancartes très gays et leurs couvertures de survie en guise de drapeau. Les Inverti•e•s, c'est le collectif qui met des paillettes dans nos cortèges à chaque manifestation contre la réforme des retraites. Luttes queers et luttes des classes, pourquoi choisir ? On en parle avec Tarik et Liam, deux membres du collectif. 
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En seconde partie d'émission, on reçoit une cinéphile qui depuis 10 ans met à l'honneur les films du patrimoine queer. Anne Delabre s'apprête à fêter l'anniversaire de son ciné-club Le 7e genre. Projections spéciales, tables rondes et soirée festive, elle vient nous raconter ce qu'elle a prévu pour marquer le coup.  

    Les Disques du Lobby
    
Chaque mois, dans Les Disques du Lobby, Ixpé reçoit les artistes queers qui peupleront vos playlists demain. Aujourd'hui, c'est GONTHIER qui vient nous rendre visite, alors qu'elle vient de révéler un nouveau titre, Panne de langage. Elle l'interprète en live rien que pour nous ! 

    
    


</itunes:summary><pubDate>Tue, 28 Mar 2023 00:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-passif-dans-52c6065f.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-passif-dans-52c6065f.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/A6O7-passif-dans-le-lit-actif-dans-la-rue-avec-les-inverties</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-g0ApCQgBJB.jpg"/></item><item><title>« Exposé.es » : Elisabeth Lebovici raconte que le Sida a fait aux artistes</title><description><![CDATA[
    Ce mois-ci, l&#039;équipe du Lobby s&#039;est rendue au Palais de Tokyo alors que s&#039;est ouvert l&#039;exposition EXPOSÉ-ES, à voir jusqu&#039;au 14 mai 2023.
    
En 2017, l&#039;historienne de l&#039;art et militante lesbienne Elisabeth Lebovici, figure incontournable de la lutte contre le Sida, publiait Ce que le sida m&#039;a fait. Art et activisme à la fin du XXe siècle. Elle revenait sur comment l&#039;arrivée du VIH avait marqué les artistes. Quelle urgence à créer les avait animée. Quels deuils avaient traversés leurs œuvres. 
6 ans plus tard, son récit intime et politique est adapté en exposition par François Piron au Palais de Tokyo. Dans les huit espaces qui la composent, on traverse les époques, on croise des artistes et des militant.es, des ami.es d&#039;hier, des mort.es et des vivant.es. L&#039;exposition s&#039;intitule EXPOSÉ-ES, un participe passé dont Elisabeth Lebovici, co-commissaire, fait jouer toute la polysémie. 

    
        
        
    

L&#039;exposition est à voir jusqu&#039;au 14 mai prochain ! 
« Mon arrivée dans le service. Je remarque que le personnel est bizarrement habillé. Tous portent des masques, des blouses amples, des gants en plastique qui montent vers le coude, des pantalons en toile bleue. Une femme me reçoit et me dit d’attendre. Je tourne la tête, et je vois Paul T., assis sur un banc. Je m’approche de lui en lui disant : Salut mon pote ! 
Il répond : Ah, mon pote ! (Nous avions vécu, lui et moi, des expériences sexuelles mémorables.) Je remarque quelques tâches noires sur son visage. Plus tard, j’apprendrai que ces taches s’appellent Kaposi, le nom d’un cancer de la peau qui était l’annonce d’une mort prochaine. 
Il dit : Alors, tu es là, toi aussi ? Je réponds : Oui, enfin, c’est le premier rendez-vous. Il dit en souriant : comme dans l’amour. 
Je me penche et lui donne un baiser sur la bouche. Là, un médecin vient le chercher, et voilà, c’est tout. » 
Georges Tony Stoll, Sida intime 

    LES DISQUES DU LOBBY
    
Ce mois-ci, Ixpé reçoit le chanteur Thibaut Pez. En novembre, il a sorti un EP, Soleil noir, à écouter dès maintenant sur toutes les plateformes de streaming. Et il vient de sortir cette reprise de Peau d&#039;âne, à écouter absolument ! 

    
    


Dans Le Lobby, il interprète en live Garçon formidable, en piano-voix, extrait de son tout premier EP. 
Thibaut Pez sera en concert aux Trois Baudets le 9 mars 2023 ! 

    L&#039;ÉQUIPE
    
Présentation : Colin Gruel et Victor Samoth-Panetti • Chroniques : Xavier Paufichet, Olga Volfson et Zoé Neboit • Réalisation : Margot Page et Ugolin Crépin-Leblond • Réseaux sociaux : Olga Volfson 

    
        
        
    

]]></description><itunes:summary>
    Ce mois-ci, l'équipe du Lobby s'est rendue au Palais de Tokyo alors que s'est ouvert l'exposition EXPOSÉ-ES, à voir jusqu'au 14 mai 2023.
    
En 2017, l'historienne de l'art et militante lesbienne Elisabeth Lebovici, figure incontournable de la lutte contre le Sida, publiait Ce que le sida m'a fait. Art et activisme à la fin du XXe siècle. Elle revenait sur comment l'arrivée du VIH avait marqué les artistes. Quelle urgence à créer les avait animée. Quels deuils avaient traversés leurs œuvres. 
6 ans plus tard, son récit intime et politique est adapté en exposition par François Piron au Palais de Tokyo. Dans les huit espaces qui la composent, on traverse les époques, on croise des artistes et des militant.es, des ami.es d'hier, des mort.es et des vivant.es. L'exposition s'intitule EXPOSÉ-ES, un participe passé dont Elisabeth Lebovici, co-commissaire, fait jouer toute la polysémie. 

    
        
        
    

L'exposition est à voir jusqu'au 14 mai prochain ! 
« Mon arrivée dans le service. Je remarque que le personnel est bizarrement habillé. Tous portent des masques, des blouses amples, des gants en plastique qui montent vers le coude, des pantalons en toile bleue. Une femme me reçoit et me dit d’attendre. Je tourne la tête, et je vois Paul T., assis sur un banc. Je m’approche de lui en lui disant : Salut mon pote ! 
Il répond : Ah, mon pote ! (Nous avions vécu, lui et moi, des expériences sexuelles mémorables.) Je remarque quelques tâches noires sur son visage. Plus tard, j’apprendrai que ces taches s’appellent Kaposi, le nom d’un cancer de la peau qui était l’annonce d’une mort prochaine. 
Il dit : Alors, tu es là, toi aussi ? Je réponds : Oui, enfin, c’est le premier rendez-vous. Il dit en souriant : comme dans l’amour. 
Je me penche et lui donne un baiser sur la bouche. Là, un médecin vient le chercher, et voilà, c’est tout. » 
Georges Tony Stoll, Sida intime 

    LES DISQUES DU LOBBY
    
Ce mois-ci, Ixpé reçoit le chanteur Thibaut Pez. En novembre, il a sorti un EP, Soleil noir, à écouter dès maintenant sur toutes les plateformes de streaming. Et il vient de sortir cette reprise de Peau d'âne, à écouter absolument ! 

    
    


Dans Le Lobby, il interprète en live Garçon formidable, en piano-voix, extrait de son tout premier EP. 
Thibaut Pez sera en concert aux Trois Baudets le 9 mars 2023 ! 

    L'ÉQUIPE
    
Présentation : Colin Gruel et Victor Samoth-Panetti • Chroniques : Xavier Paufichet, Olga Volfson et Zoé Neboit • Réalisation : Margot Page et Ugolin Crépin-Leblond • Réseaux sociaux : Olga Volfson 

    
        
        
    

</itunes:summary><pubDate>Tue, 28 Feb 2023 00:00:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-exposees-av-f4b10deb.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-exposees-av-f4b10deb.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/Rlk0-exposees-elisabeth-lebovici-raconte-que-le-sida-a-fait-aux-artistes</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-dpreStjpAv.jpg"/></item><item><title>Queerer la famille avec Gabrielle Richard</title><description><![CDATA[
    L&#039;équipe du Lobby, c&#039;est un peu comme une grande famille. Alors ce mois-ci, avec la sociologue queer Gabrielle Richard, on se demande comment &quot;faire famille autrement&quot;.
    

    
        
        
    

Quand on queer, la famille c&#039;est un concept qui peut faire peur. Celleux qui sont rentrées auprès de la leur le mois dernier pour les fêtes en ont peut-être fait l&#039;expérience. Et puis c&#039;est un horizon qui devient très lointain quand on découvre sa transidentité ou son homosexualité par exemple. Avec la dernière révision de la Loi Bioéthique, les femmes lesbiennes ont un peu plus de chances de devenir parentes, en passant par une PMA. Pour les autres, ça reste encore très difficile. 
Il faut dire que le mythe de la famille nucléaire, avec deux enfants, si possible un garçon et une fille, est particulièrement tenace. En fait, la parentalité est &quot;le bastion le plus imprenable de la normativité&quot;. 

    
        
        
    

C&#039;est ce qu&#039;explique la sociologue québécoise queer Gabrielle Richard. Elle a consacré à la thématique de la famille une grande partie de son travail. Dans son ouvrage Faire famille autrement (éd. Binge Audio), elle est partie interroger celleux qui, envers et contre tout, ont créé d&#039;autres façons de voir la filiation et la parentalité, qui dégenrent leur langage et s&#039;éloignent des schémas préconçus, en un mot qui queerent la famille. Des familles queers donc, mais pas que, qu&#039;elle a rencontré avec un regard de sociologue, mais aussi avec son regard de parent, en couple avec une personne non-binaire. 
Ce n’est pas qu’on ignore, c’est qu’on refuse de voir. On refuse d’accepter que la procréation puisse être détachée de l’hétérosexualité. De reconnaître qu’il est possible de faire famille sans miser sur la complémentarité homme-femme. De concevoir que la nature de nos gamètes n’a a priori rien à voir avec notre identité ou avec le lien social qu’on entretiendra avec l’enfant à naître. — Gabrielle Richard, Faire Famille autrement 

    Les Disques du Lobby
    
Chaque mois, Ixpé invite les meilleurs artistes queers de la scène émergente. Aujourd&#039;hui, c&#039;est Chéri qui nous rejoint dans notre studio. Il signe un retour réussi avec Chéripop, hymne délicieusement queer qu&#039;il interprète en live ! 
Chéri sera en concert le 29 mars au POPUP du label ! 

    
    


L&#039;ÉQUIPE — Présentation : Colin Gruel et Victor Samoth-Panetti — Chroniques : Xavier Paufichet, Olga Volfson, Zoé Neboit et Margot Michel — Réalisation : Margot Page et Swann Blanchet — Réseaux sociaux : Olga Volfson 

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]]></description><itunes:summary>
    L'équipe du Lobby, c'est un peu comme une grande famille. Alors ce mois-ci, avec la sociologue queer Gabrielle Richard, on se demande comment "faire famille autrement".
    

    
        
        
    

Quand on queer, la famille c'est un concept qui peut faire peur. Celleux qui sont rentrées auprès de la leur le mois dernier pour les fêtes en ont peut-être fait l'expérience. Et puis c'est un horizon qui devient très lointain quand on découvre sa transidentité ou son homosexualité par exemple. Avec la dernière révision de la Loi Bioéthique, les femmes lesbiennes ont un peu plus de chances de devenir parentes, en passant par une PMA. Pour les autres, ça reste encore très difficile. 
Il faut dire que le mythe de la famille nucléaire, avec deux enfants, si possible un garçon et une fille, est particulièrement tenace. En fait, la parentalité est "le bastion le plus imprenable de la normativité". 

    
        
        
    

C'est ce qu'explique la sociologue québécoise queer Gabrielle Richard. Elle a consacré à la thématique de la famille une grande partie de son travail. Dans son ouvrage Faire famille autrement (éd. Binge Audio), elle est partie interroger celleux qui, envers et contre tout, ont créé d'autres façons de voir la filiation et la parentalité, qui dégenrent leur langage et s'éloignent des schémas préconçus, en un mot qui queerent la famille. Des familles queers donc, mais pas que, qu'elle a rencontré avec un regard de sociologue, mais aussi avec son regard de parent, en couple avec une personne non-binaire. 
Ce n’est pas qu’on ignore, c’est qu’on refuse de voir. On refuse d’accepter que la procréation puisse être détachée de l’hétérosexualité. De reconnaître qu’il est possible de faire famille sans miser sur la complémentarité homme-femme. De concevoir que la nature de nos gamètes n’a a priori rien à voir avec notre identité ou avec le lien social qu’on entretiendra avec l’enfant à naître. — Gabrielle Richard, Faire Famille autrement 

    Les Disques du Lobby
    
Chaque mois, Ixpé invite les meilleurs artistes queers de la scène émergente. Aujourd'hui, c'est Chéri qui nous rejoint dans notre studio. Il signe un retour réussi avec Chéripop, hymne délicieusement queer qu'il interprète en live ! 
Chéri sera en concert le 29 mars au POPUP du label ! 

    
    


L'ÉQUIPE — Présentation : Colin Gruel et Victor Samoth-Panetti — Chroniques : Xavier Paufichet, Olga Volfson, Zoé Neboit et Margot Michel — Réalisation : Margot Page et Swann Blanchet — Réseaux sociaux : Olga Volfson 

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</itunes:summary><pubDate>Tue, 31 Jan 2023 00:00:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-queerer-la-0315a6a2.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-queerer-la-0315a6a2.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/08A7-queerer-la-famille-avec-gabrielle-richard</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-tg96BQVS5N.jpg"/></item><item><title>Les Disques du Lobby : Chéri en live !</title><description><![CDATA[
    Ce mois-ci, Les Disques du Lobby reçoivent Chéri, qui signe un retour on ne peut plus queer avec son hymne dansant &quot;Chéripop&quot;...
    
Vous me connaissez, je n&#039;ai pas l&#039;habitude d&#039;écrire des déclarations à toustes nos invités dès le premier live. Et pourtant pour présenter Chéri que nous recevons aujourd&#039;hui, j&#039;avais commencé à écrire une lettre d&#039;amour. Puis finalement je me suis dit que c&#039;était peut-être un peu trop mettre la charrue avant l&#039;ébat donc j&#039;ai fait un peu plus simple. 
Alors qui est donc Chéri, l&#039;enfant caché d&#039;un triangle amoureux entre Nicolas Maury, Rosalia et Pierrot la Lune ? Petit fils de grands-pères musiciens, Chéri a bercé dans la musique dès le plus jeune âge, arpentant les scènes de france dans les comédies musicales Emilie Jolie et le Soldat Rose. 
Après une longue pause dû à un problème de cordes vocales qui a créé un véritable désamour de la musique en lui, Chéri a depuis retrouvé la confiance dans sa voix et la force nécessaire pour créer ce personnage unique, empruntant à ses racines espagnoles, à ses influences pop et électro. S&#039;en suivent un premier single Vagues, puis un EP fascinant sorti au printemps 2022, intitulé &quot;Pour Te Toucher&quot;. 
Aujourd&#039;hui, il revient avec Chéripop, nouveau single qui vient confirmer sa place d&#039;artiste electro-queer à écouter et à suivre de très près.. 

    
    



    Chéri sera en concert au Popup du label le 29 mars ! Prenez vite vos places ici
    
Chronique : Ixpé 
]]></description><itunes:summary>
    Ce mois-ci, Les Disques du Lobby reçoivent Chéri, qui signe un retour on ne peut plus queer avec son hymne dansant "Chéripop"...
    
Vous me connaissez, je n'ai pas l'habitude d'écrire des déclarations à toustes nos invités dès le premier live. Et pourtant pour présenter Chéri que nous recevons aujourd'hui, j'avais commencé à écrire une lettre d'amour. Puis finalement je me suis dit que c'était peut-être un peu trop mettre la charrue avant l'ébat donc j'ai fait un peu plus simple. 
Alors qui est donc Chéri, l'enfant caché d'un triangle amoureux entre Nicolas Maury, Rosalia et Pierrot la Lune ? Petit fils de grands-pères musiciens, Chéri a bercé dans la musique dès le plus jeune âge, arpentant les scènes de france dans les comédies musicales Emilie Jolie et le Soldat Rose. 
Après une longue pause dû à un problème de cordes vocales qui a créé un véritable désamour de la musique en lui, Chéri a depuis retrouvé la confiance dans sa voix et la force nécessaire pour créer ce personnage unique, empruntant à ses racines espagnoles, à ses influences pop et électro. S'en suivent un premier single Vagues, puis un EP fascinant sorti au printemps 2022, intitulé "Pour Te Toucher". 
Aujourd'hui, il revient avec Chéripop, nouveau single qui vient confirmer sa place d'artiste electro-queer à écouter et à suivre de très près.. 

    
    



    Chéri sera en concert au Popup du label le 29 mars ! Prenez vite vos places ici
    
Chronique : Ixpé 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 31 Jan 2023 00:00:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-les-disques-du-lobby-72cbbb31.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-les-disques-du-lobby-72cbbb31.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/571x-les-disques-du-lobby-cheri-en-live</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-dpreStjpAv.jpg"/></item><item><title>Le Lobby : Best-of !</title><description><![CDATA[
    L’équipe du Lobby a décidé de rallonger un peu ses vacances. Alors on vous propose d’écouter les meilleurs moments de notre émission.
    
Le Lobby, c’est une émission qui raconte l’actualité, les cultures et les luttes queers depuis bientôt 4 ans, alors autant vous dire que nos archives commencent à prendre un peu de place ici dans le studio de Radio Campus Paris. Alors au programme ce soir : une autrice à l’identité morcelée, une chanteuse non-binaire qui a déjà eu mille vies, un chroniqueureuse qui met le “hot” dans hotline, du live, une drag queen, et des coming-out qu’on fait aux autres et à soi-même… 

    Programmation musicale
    
— Soleil vert, de Diamanda Callas 
— Wow Wow (remix), de Vartang (en live dans la Pride radiophonique du Lobby) 
]]></description><itunes:summary>
    L’équipe du Lobby a décidé de rallonger un peu ses vacances. Alors on vous propose d’écouter les meilleurs moments de notre émission.
    
Le Lobby, c’est une émission qui raconte l’actualité, les cultures et les luttes queers depuis bientôt 4 ans, alors autant vous dire que nos archives commencent à prendre un peu de place ici dans le studio de Radio Campus Paris. Alors au programme ce soir : une autrice à l’identité morcelée, une chanteuse non-binaire qui a déjà eu mille vies, un chroniqueureuse qui met le “hot” dans hotline, du live, une drag queen, et des coming-out qu’on fait aux autres et à soi-même… 

    Programmation musicale
    
— Soleil vert, de Diamanda Callas 
— Wow Wow (remix), de Vartang (en live dans la Pride radiophonique du Lobby) 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 03 Jan 2023 00:00:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-best-of-ff41876c.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-best-of-ff41876c.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/k2oX-le-lobby-best-of</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-PFvJVykYHO.jpg"/></item><item><title>Mondial 2022 : l'homophobie hors de nos stades ?</title><description><![CDATA[
    La coupe du monde de football au Qatar est très commentée pour son bilan écologique et humain. Et à cette occasion, la question du traitement réservé aux personnes queers dans ce petit État du Moyen-Orient ne finit pas de poser question.
    
Depuis que le Qatar a été choisi pour organiser le Mondial de foot 2022, la question du traitement que le pays réserve à sa population queer fait débat. Il faut dire que dans cet État très conservateur, les homosexuels sont traqués, kidnappés, torturés. 
Plusieurs personnalités s&#039;en sont émues, et plusieurs équipes, dont les Bleus, s&#039;étaient même engagés à se présenter au Qatar avec un brassard One love, censé rappeler l&#039;importance des droits humains. Une initiative pas particulièrement téméraire, pourtant abandonnée à quelques heures du coup d&#039;envoi de la coupe du monde, sous la pression de la Fifa. Dans le champ politique et militant, les appels au boycott se sont multipliés. 
Il y aurait presque quelque chose d&#039;ironique dans cette situation. La question des droits LGBTQIA+, érigée en priorité par de nombreux pays (occidentaux) à l&#039;occasion d&#039;une compétition de football, sport qui a fait de l&#039;homophobie son &quot;folklore&quot;. C&#039;est en effet le mot qu&#039;Hugo Lloris, le capitaine de l&#039;équipe de France, a employé pour qualifier les insultes homophobes qu&#039;on entend systématiquement dans les gradins et les vestiaires. 
Alors peut-on rêver à des stades débarassés des LGBTphobies ? On en parle avec Lucile Dumont et Caroline Séchan, membres des Dégommeuses, le club amateur queer et féministe. 

    Les Disques du Lobby
    
Ixpé reçoit l&#039;artiste non-binaire Mélodie Lauret. Ses morceaux entraînants qui chantent l&#039;air du temps sont à retrouver sur déjà 2 EP et même un album, Le Moment présent, sorti au début du mois de novembre. Iel se produira en live dans le studio de Radio Campus Paris, accompagné·e de son piano... 

    
    



    Dans l&#039;actualité...
    
L&#039;actualité de ses dernières semaines a aussi été marquée par l&#039;arrivée d&#039;un nouveau media pro-russe d&#039;extrême-droite, Omerta. À peine lancé, il se fait déjà remarquer avec un documentaire, &quot;Trans, la confusion des genres&quot;, qui reprend l&#039;antienne transphobe selon laquelle les transitions de genre connaîtraient une augmentation exponentielle. 
Pour en parler, nous recevons Karine Espineira, militante transféminine et sociologue des médias à l&#039;Université Paris 8, qui a participé contre son gré à ce documentaire... Elle nous racontera le piège qui lui a été tendu, au coeur d&#039;une séquence médiatique particulièrement transphobe. 
Le Lobby s&#039;écoute à tout moment sur Spotify, Deezer, ApplePodcasts et sur vos applications préférées ! 
https://open.spotify.com/show/0qgw8asxj5kKvxqhFRzgWz 
L&#039;ÉQUIPE — Présentation : Colin Gruel et Victor Samoth-Panetti / Réalisation : Margot Page et Manon Brimault / Chroniques : Xavier Paufichet et Olga Volfson / Réseaux sociaux : Olga Volfson 
]]></description><itunes:summary>
    La coupe du monde de football au Qatar est très commentée pour son bilan écologique et humain. Et à cette occasion, la question du traitement réservé aux personnes queers dans ce petit État du Moyen-Orient ne finit pas de poser question.
    
Depuis que le Qatar a été choisi pour organiser le Mondial de foot 2022, la question du traitement que le pays réserve à sa population queer fait débat. Il faut dire que dans cet État très conservateur, les homosexuels sont traqués, kidnappés, torturés. 
Plusieurs personnalités s'en sont émues, et plusieurs équipes, dont les Bleus, s'étaient même engagés à se présenter au Qatar avec un brassard One love, censé rappeler l'importance des droits humains. Une initiative pas particulièrement téméraire, pourtant abandonnée à quelques heures du coup d'envoi de la coupe du monde, sous la pression de la Fifa. Dans le champ politique et militant, les appels au boycott se sont multipliés. 
Il y aurait presque quelque chose d'ironique dans cette situation. La question des droits LGBTQIA+, érigée en priorité par de nombreux pays (occidentaux) à l'occasion d'une compétition de football, sport qui a fait de l'homophobie son "folklore". C'est en effet le mot qu'Hugo Lloris, le capitaine de l'équipe de France, a employé pour qualifier les insultes homophobes qu'on entend systématiquement dans les gradins et les vestiaires. 
Alors peut-on rêver à des stades débarassés des LGBTphobies ? On en parle avec Lucile Dumont et Caroline Séchan, membres des Dégommeuses, le club amateur queer et féministe. 

    Les Disques du Lobby
    
Ixpé reçoit l'artiste non-binaire Mélodie Lauret. Ses morceaux entraînants qui chantent l'air du temps sont à retrouver sur déjà 2 EP et même un album, Le Moment présent, sorti au début du mois de novembre. Iel se produira en live dans le studio de Radio Campus Paris, accompagné·e de son piano... 

    
    



    Dans l'actualité...
    
L'actualité de ses dernières semaines a aussi été marquée par l'arrivée d'un nouveau media pro-russe d'extrême-droite, Omerta. À peine lancé, il se fait déjà remarquer avec un documentaire, "Trans, la confusion des genres", qui reprend l'antienne transphobe selon laquelle les transitions de genre connaîtraient une augmentation exponentielle. 
Pour en parler, nous recevons Karine Espineira, militante transféminine et sociologue des médias à l'Université Paris 8, qui a participé contre son gré à ce documentaire... Elle nous racontera le piège qui lui a été tendu, au coeur d'une séquence médiatique particulièrement transphobe. 
Le Lobby s'écoute à tout moment sur Spotify, Deezer, ApplePodcasts et sur vos applications préférées ! 
https://open.spotify.com/show/0qgw8asxj5kKvxqhFRzgWz 
L'ÉQUIPE — Présentation : Colin Gruel et Victor Samoth-Panetti / Réalisation : Margot Page et Manon Brimault / Chroniques : Xavier Paufichet et Olga Volfson / Réseaux sociaux : Olga Volfson 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 06 Dec 2022 00:00:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-mondial-202-dd98065c.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-mondial-202-dd98065c.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/Eqxk-mondial-2022-lhomophobie-hors-de-nos-stades</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-72MMnSOxKF.jpg"/></item><item><title>Les Disques du Lobby : Mélodie Lauret en live !</title><description><![CDATA[
    Alors pour celles et ceux qui ne connaitraient pas notre invité.e, notre chroniqueur Xavier a envie de vous dire : bah, vous avez un petit train de retard. Mais on vous excuse, justement, on est là pour ça...
    

    
    


Petit rappel des faits de qui est Mélodie Lauret, donc : car, oui il y a déjà deux super EP de dispo depuis 2020, (dont un contient d&#039;ailleurs un remix de Vikken qu&#039;on a reçu cette année), il y a également un premier album &quot;Le Moment Présent&quot;, sorti en 2022, qui est super aussi, et franchement, si vous n&#039;avez pas encore croisé d&#039;une manière ou d&#039;une autre notre invité.e, c&#039;est que vous le faites exprès. 
Car oui, Mélodie Lauret est déjà partout dans nos petites vies queers : un pied sur les planches de théâtre, l&#039;autre sur celles des salles de concert, notre invité.e multi-tâches nous accompagne aussi bien dans les moments de peine que de joie. 
Mais le plus efficace pour (enfin) découvrir Mélodie Lauret, c&#039;est évidemment de l&#039;écouter, et c&#039;est ce qu&#039;on va faire maintenant en live depuis notre magnifique studio de Radio Campus Paris. 
Chronique : Ixpé — Les Disques du Lobby 

    Titres interprétés par Mélodie Lauret en piano-voix
    
— J&#039;en fais mon arme 
— Je te donne tout ce qu&#039;il me reste 

    Nouveau : Les Disques du Lobby devient un label !
    
Et il vient d&#039;annoncer sa première sortie, le sublime titre To the moon and back que le DJ OK Pal !, résident de la Discoquette, dédie à son amoureux. 
https://soundcloud.com/lesdisquesdulobby/sets/lddl01-ok-pal-to-the-moon-and-back-ep 
]]></description><itunes:summary>
    Alors pour celles et ceux qui ne connaitraient pas notre invité.e, notre chroniqueur Xavier a envie de vous dire : bah, vous avez un petit train de retard. Mais on vous excuse, justement, on est là pour ça...
    

    
    


Petit rappel des faits de qui est Mélodie Lauret, donc : car, oui il y a déjà deux super EP de dispo depuis 2020, (dont un contient d'ailleurs un remix de Vikken qu'on a reçu cette année), il y a également un premier album "Le Moment Présent", sorti en 2022, qui est super aussi, et franchement, si vous n'avez pas encore croisé d'une manière ou d'une autre notre invité.e, c'est que vous le faites exprès. 
Car oui, Mélodie Lauret est déjà partout dans nos petites vies queers : un pied sur les planches de théâtre, l'autre sur celles des salles de concert, notre invité.e multi-tâches nous accompagne aussi bien dans les moments de peine que de joie. 
Mais le plus efficace pour (enfin) découvrir Mélodie Lauret, c'est évidemment de l'écouter, et c'est ce qu'on va faire maintenant en live depuis notre magnifique studio de Radio Campus Paris. 
Chronique : Ixpé — Les Disques du Lobby 

    Titres interprétés par Mélodie Lauret en piano-voix
    
— J'en fais mon arme 
— Je te donne tout ce qu'il me reste 

    Nouveau : Les Disques du Lobby devient un label !
    
Et il vient d'annoncer sa première sortie, le sublime titre To the moon and back que le DJ OK Pal !, résident de la Discoquette, dédie à son amoureux. 
https://soundcloud.com/lesdisquesdulobby/sets/lddl01-ok-pal-to-the-moon-and-back-ep 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 06 Dec 2022 00:00:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-les-disques-du-lobby-1376a5ae.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-les-disques-du-lobby-1376a5ae.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/gpk6-les-disques-du-lobby-melodie-lauret-en-live</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-dpreStjpAv.jpg"/></item><item><title>L'édito de Victor : À l'hétérobeauf qui sommeille en nous</title><description><![CDATA[
    Victor a passé son dimanche à regarder du tennis puis à regarder l’équipe de France dans son canapé une bière à la main avec ses colocs hétéros, puis à faire un escape game où il a battu des inconnus virilistes qui avaient un peu la honte de perdre devant leurs meufs. Et il s&#039;est senti un peu trop hétéro...
    
La veille déjà, samedi soir donc j’avais des ami.es chez moi pour l’apéro. Je vous refais pas le topo, ce sont les mêmes ami.es que d’habitude, ceux que Mère Nature n’a pas jugé opportun de doter de queerisme et qui vivent donc dans l’hérétisme hétéronormatif le plus absolu, pardonnons leur, ils ne savent pas ce qu’ils font. 
Première curiosité ce soir-là, moi le LGBT qui ne regarde le foot que tous les 4 ans, je me retrouve à être sur une ligne plutôt ruffiniste et à dire que ça fait un peu chier de pas regarder les matchs alors que bon quand même les ambiances de coupe du Monde, ben moi j’adore ça. Personne ne me traite de traître à ma cause évidemment, et encore heureux, mais c’est vrai que j’ai eu un peu l’impression de mettre un CSC – pour les non-Dégommeuses sur ce plateau, ça veut dire un but contre son camp. 
Un peu plus tard, après une longue digression sur la Star Ac’, un retour aux fondamentaux de notre culture donc, la discussion part sur Un, Dos, Tres. Je suis vachement moins à l’aise que sur le foot, je réalise que j’ai dû voir 3 épisodes, je ne connais pas les personnages. Mais ce qui me tue c’est que mon pote Romain, qui est à la fois la quintessence de l’hétérosexualité sans en être jamais la caricature, se rappelle jusqu’au nom de la directrice de l’école dans la série et nous dit qu’il regardait TOUS LES SOIRS avec son grand-frère. 
Et moi, comme un crétin, tout ce que je trouve à lui dire à ce moment-là c’est « wahou, t’es le premier hétéro que je rencontre qui regardait Un Dos Tres». Et évidemment il me répond, un peu amusé, « ben je vois pas le rapport ». Et bien sûr il ne voit pas le rapport, comme mes potes qui ne comprennent pas quand je dis que j’écoutais Dido en cachette au collège. Parce que les ados qui entraient dans le moule ne se sont jamais vraiment posé la question de ce qui était acceptable au non. 
La différence entre Romain et moi, c’est que lui par sa socialisation de garçon affirmé pouvait dire qu’il regardait Un Dos Tres sans que quiconque remette en cause sa validité de garçon, alors qu’à l’inverse, j’avais beau faire tous les efforts du monde et cacher mes goûts, si quelqu’un m’entendait mumumemer Hunter de Dido dans la cour, mon étiquette de pédé venait se recoller tout de suite sur mon front. 
On m’a tellement inculqué dans la cour e’école, qu’il y avait des musiques, des sports, des séries, des jeux, différents pour les filles et pour les garçons, que j’ai moi aussi tout bien rangé dans des cases. Les activités pour les filles et les pédés d&#039;un côté  et celles pour les garçons et les gouines de l&#039;autre. 
Et en y réfléchissant je pense que je ne suis pas le seul, nous les LGBT+ avons beaucoup beaucoup beaucoup lutté autour de nous pour déconstruire les regards et les préjugés, pourtant ne sommes nous pas les premiers à nous dire de ce voisin qui connait Physical par cœur qu’il doit aller au Rosa le dimanche et de cette collègue qui fait du patin à roulettes qu’elle a certainement une colocataire aux cheveux courts ? Alors que nos goûts sont si géniaux que c’est normal que la plèbe cishét aime les mêmes choses que nous non ?  Bon j’avoue je prends des exemples excessifs, parce que je ne crois vraiment pas qu’il y ait d’hétéro aux concerts de Dua Lipa au roller derby, mais vous avez l’idée… 
Ce que je veux dire c’est que finalement on s’est peut-être de nous-mêmes laissé.es enfermer dans ces petites catégories que les cishét ont fabriquées pour nous. Alors queer de tous horizons, même si ce sera dur au départ, faites vos coming out culturels et osez dire ce que vous aimez et n’aimez pas, quitte à accepter cet.te hétérobeauf qui sommeille en vous. Allez, je vais commencer pour donner l’exemple. En 2011 quand la France a perdu en finale du mondial de rugby je me suis cassé un orteil en shootant de rage dans un mur, quand ça arrive à la main on appelle ça la fracture du connard, gros level d&#039;heterobeauferie mais le pire arrive attention, j’ai pas aimé une seule chanson de Gaga depuis Paparazzi. Wahou ça y est c&#039;est dit. Vous verrez c’est dur de se jeter, mais en vrai ça fait du bien. 
Chronique : Victor Samoth-Panetti 
]]></description><itunes:summary>
    Victor a passé son dimanche à regarder du tennis puis à regarder l’équipe de France dans son canapé une bière à la main avec ses colocs hétéros, puis à faire un escape game où il a battu des inconnus virilistes qui avaient un peu la honte de perdre devant leurs meufs. Et il s'est senti un peu trop hétéro...
    
La veille déjà, samedi soir donc j’avais des ami.es chez moi pour l’apéro. Je vous refais pas le topo, ce sont les mêmes ami.es que d’habitude, ceux que Mère Nature n’a pas jugé opportun de doter de queerisme et qui vivent donc dans l’hérétisme hétéronormatif le plus absolu, pardonnons leur, ils ne savent pas ce qu’ils font. 
Première curiosité ce soir-là, moi le LGBT qui ne regarde le foot que tous les 4 ans, je me retrouve à être sur une ligne plutôt ruffiniste et à dire que ça fait un peu chier de pas regarder les matchs alors que bon quand même les ambiances de coupe du Monde, ben moi j’adore ça. Personne ne me traite de traître à ma cause évidemment, et encore heureux, mais c’est vrai que j’ai eu un peu l’impression de mettre un CSC – pour les non-Dégommeuses sur ce plateau, ça veut dire un but contre son camp. 
Un peu plus tard, après une longue digression sur la Star Ac’, un retour aux fondamentaux de notre culture donc, la discussion part sur Un, Dos, Tres. Je suis vachement moins à l’aise que sur le foot, je réalise que j’ai dû voir 3 épisodes, je ne connais pas les personnages. Mais ce qui me tue c’est que mon pote Romain, qui est à la fois la quintessence de l’hétérosexualité sans en être jamais la caricature, se rappelle jusqu’au nom de la directrice de l’école dans la série et nous dit qu’il regardait TOUS LES SOIRS avec son grand-frère. 
Et moi, comme un crétin, tout ce que je trouve à lui dire à ce moment-là c’est « wahou, t’es le premier hétéro que je rencontre qui regardait Un Dos Tres». Et évidemment il me répond, un peu amusé, « ben je vois pas le rapport ». Et bien sûr il ne voit pas le rapport, comme mes potes qui ne comprennent pas quand je dis que j’écoutais Dido en cachette au collège. Parce que les ados qui entraient dans le moule ne se sont jamais vraiment posé la question de ce qui était acceptable au non. 
La différence entre Romain et moi, c’est que lui par sa socialisation de garçon affirmé pouvait dire qu’il regardait Un Dos Tres sans que quiconque remette en cause sa validité de garçon, alors qu’à l’inverse, j’avais beau faire tous les efforts du monde et cacher mes goûts, si quelqu’un m’entendait mumumemer Hunter de Dido dans la cour, mon étiquette de pédé venait se recoller tout de suite sur mon front. 
On m’a tellement inculqué dans la cour e’école, qu’il y avait des musiques, des sports, des séries, des jeux, différents pour les filles et pour les garçons, que j’ai moi aussi tout bien rangé dans des cases. Les activités pour les filles et les pédés d'un côté  et celles pour les garçons et les gouines de l'autre. 
Et en y réfléchissant je pense que je ne suis pas le seul, nous les LGBT+ avons beaucoup beaucoup beaucoup lutté autour de nous pour déconstruire les regards et les préjugés, pourtant ne sommes nous pas les premiers à nous dire de ce voisin qui connait Physical par cœur qu’il doit aller au Rosa le dimanche et de cette collègue qui fait du patin à roulettes qu’elle a certainement une colocataire aux cheveux courts ? Alors que nos goûts sont si géniaux que c’est normal que la plèbe cishét aime les mêmes choses que nous non ?  Bon j’avoue je prends des exemples excessifs, parce que je ne crois vraiment pas qu’il y ait d’hétéro aux concerts de Dua Lipa au roller derby, mais vous avez l’idée… 
Ce que je veux dire c’est que finalement on s’est peut-être de nous-mêmes laissé.es enfermer dans ces petites catégories que les cishét ont fabriquées pour nous. Alors queer de tous horizons, même si ce sera dur au départ, faites vos coming out culturels et osez dire ce que vous aimez et n’aimez pas, quitte à accepter cet.te hétérobeauf qui sommeille en vous. Allez, je vais commencer pour donner l’exemple. En 2011 quand la France a perdu en finale du mondial de rugby je me suis cassé un orteil en shootant de rage dans un mur, quand ça arrive à la main on appelle ça la fracture du connard, gros level d'heterobeauferie mais le pire arrive attention, j’ai pas aimé une seule chanson de Gaga depuis Paparazzi. Wahou ça y est c'est dit. Vous verrez c’est dur de se jeter, mais en vrai ça fait du bien. 
Chronique : Victor Samoth-Panetti 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 06 Dec 2022 00:00:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-ledito-de-victor-a-l-d136f702.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-ledito-de-victor-a-l-d136f702.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/jYn5-ledito-de-victor-a-lheterobeauf-qui-sommeille-en-nous</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-qatrMWIskn.jpg"/></item><item><title>L'édito testo d'Olga : Sida, VIH... On met les points sur les i</title><description><![CDATA[
    Alors que le mois de décembre a commencé comme chaque année par la traditionnelle journée mondiale de lutte contre le SIDA, le 1er du mois, Olga voudrait remettre les points sur les “i” de VIH et de SIDA. Et pour commencer, oui oui, on parle bien de deux choses différentes…
    
Le VIH, c’est le virus de l’immunodéficience humaine. Le SIDA, ou syndrome de l’immunodéficience acquise, est la phase terminale de la maladie que peut causer le VIH s’il n’est pas traité, lorsque les défenses immunitaires ont été décimées, laissant les maladies opportunistes s’installer. 
Cette différence est importante, parce qu’ici et aujourd’hui, l’immense majorité des personnes vivant avec le VIH n’a pas le SIDA, mot chargé d’histoire, de deuil, et de stigmatisation, aussi. C’est pour ça qu’on parle de prévention VIH, et de lutte contre le SIDA. Pourtant, de nombreux médias, et donc leurs publics, continuent de confondre les deux… 
Hélas, ces approximations dépassent largement la question du vocabulaire. Et j’ai un exemple tout frais de cet écueil : durant le mois de novembre — trigger warning pédophilie — vous avez sans doute entendu parler de Yannick Poligné. 
Ce prêtre de 52 ans a été placé en détention provisoire après avoir drogué et violé un adolescent de 15 ans. Je ne ferai l’affront à personne d’expliciter ce qu’il y a à penser de ces faits gravissimes et révoltants, et je défie quiconque de prendre les propos de la victime de violences sexuelles actuellement au micro pour les sortir de leur contexte et lui faire défendre cette ordure. Cependant, certaines publications, puis certains comptes féministes, ont souligné le fait que cet homme était séropositif, et qu’il n’avait pas utilisé de préservatif, dans l’énumération de ses méfaits. 
C’est là que, face à une population en grand manque d’information, et à l’absence de nuance sur les réseaux sociaux, ça se complique. Tout violeur, pédophile et faux dévot qu’il soit, sa séropositivité est hors sujet. Et lorsqu’il a expliqué prendre son traitement VIH, rendant la transmission du virus impossible, les articles l’ont cité au conditionnel… Alors qu’il s’agit d’une réalité scientifique prouvée depuis 2008 ! 
En quelques semaines à quelques mois, une personne séropositive dépistée et traitée obtient une charge virale dite “indétectable”. 
Cela signifie que la présence de VIH est si infime dans son organisme qu’iel ne peut plus le transmettre. Ainsi, les personnes séropositives protègent leurs partenaires grâce à ce traitement comme prévention, participant grandement à freiner l’épidémie de VIH. 
En l’absence de soutien des autorités de santé, les associations peinent déjà bien assez à faire passer ce message au grand public sans ces navrants accès de sensationnalisme ! Rien ne justifie de faire de la désinformation. Pas même les actes abjects commis par un prêtre pédophile. 
Utiliser le VIH comme facteur aggravant de la sorte, c’est vraiment du niveau de JK Rowling qui insiste sur la grosseur de Dursley père et fils pour les avilir, comme si être gros était une faute morale et un synonyme de méchanceté, alors que la violence de ces personnages dit déjà tout. Merde, j’avais dit que je parlais pas de TERFs ce soir… mais il me semblait vraiment nécessaire de montrer la paresse intellectuelle, et surtout le danger, de tels procédés narratifs. 
Là, je m’adresse aussi aux comptes féministes à grande audience qui ont relayé cette effroyable histoire sans faire preuve de discernement sur la question du VIH. Et qui ont tenu des propos lamentables en réponse aux commentaires des acteurices de santé communautaire qui venaient faire de la pédagogie sous leurs posts. J’espère que vous avez les oreilles qui chauffent, histoire que ça vous motive à faire mieux la prochaine fois, car vous en avez la responsabilité. 
Et ne venez pas me dire que j’exagère. Parce que la sérophobie — ensemble des discriminations qui pourrissent la vie des séropos — est bien réelle. Et nourrir cette dernière pour faire du clic, c’est inacceptable. 
Permettez-moi enfin d’enfoncer le clou en rappelant que les discours sérophobes ont aussi la fâcheuse manie d’éloigner du dépistage — les gens ayant naturellement peur d’être traité·e·s comme des criminel·le·s ou des bombes à retardement à leur tour en cas de résultat positif. Pourtant, il y a 24 000 personnes qui vivent avec le VIH sans le savoir en France à ce jour. Imaginez un peu, si chacun de ces individus était dépisté et traité ? Iels ne transmettraient plus le virus, et le coup porté à l’épidémie serait décisif ! 
Bref, il est crucial de se renseigner auprès des assos de santé sexuelle, de se faire dépister régulièrement, et de remettre ses préjugés très très très datés en question. Parce que sans notre implication à toustes, vu les dégâts causés par le Covid, on n’a vraiment pas le cul sorti des ronces pour l’objectif 2030 sans VIH de l’ONUSIDA… alors même qu’on a tous les outils pour entre les mains pour y arriver. Soyons toustes séro-concerné·e·s et surtout, séro-solidaires ! 
Chronique : Olga Volfson 
]]></description><itunes:summary>
    Alors que le mois de décembre a commencé comme chaque année par la traditionnelle journée mondiale de lutte contre le SIDA, le 1er du mois, Olga voudrait remettre les points sur les “i” de VIH et de SIDA. Et pour commencer, oui oui, on parle bien de deux choses différentes…
    
Le VIH, c’est le virus de l’immunodéficience humaine. Le SIDA, ou syndrome de l’immunodéficience acquise, est la phase terminale de la maladie que peut causer le VIH s’il n’est pas traité, lorsque les défenses immunitaires ont été décimées, laissant les maladies opportunistes s’installer. 
Cette différence est importante, parce qu’ici et aujourd’hui, l’immense majorité des personnes vivant avec le VIH n’a pas le SIDA, mot chargé d’histoire, de deuil, et de stigmatisation, aussi. C’est pour ça qu’on parle de prévention VIH, et de lutte contre le SIDA. Pourtant, de nombreux médias, et donc leurs publics, continuent de confondre les deux… 
Hélas, ces approximations dépassent largement la question du vocabulaire. Et j’ai un exemple tout frais de cet écueil : durant le mois de novembre — trigger warning pédophilie — vous avez sans doute entendu parler de Yannick Poligné. 
Ce prêtre de 52 ans a été placé en détention provisoire après avoir drogué et violé un adolescent de 15 ans. Je ne ferai l’affront à personne d’expliciter ce qu’il y a à penser de ces faits gravissimes et révoltants, et je défie quiconque de prendre les propos de la victime de violences sexuelles actuellement au micro pour les sortir de leur contexte et lui faire défendre cette ordure. Cependant, certaines publications, puis certains comptes féministes, ont souligné le fait que cet homme était séropositif, et qu’il n’avait pas utilisé de préservatif, dans l’énumération de ses méfaits. 
C’est là que, face à une population en grand manque d’information, et à l’absence de nuance sur les réseaux sociaux, ça se complique. Tout violeur, pédophile et faux dévot qu’il soit, sa séropositivité est hors sujet. Et lorsqu’il a expliqué prendre son traitement VIH, rendant la transmission du virus impossible, les articles l’ont cité au conditionnel… Alors qu’il s’agit d’une réalité scientifique prouvée depuis 2008 ! 
En quelques semaines à quelques mois, une personne séropositive dépistée et traitée obtient une charge virale dite “indétectable”. 
Cela signifie que la présence de VIH est si infime dans son organisme qu’iel ne peut plus le transmettre. Ainsi, les personnes séropositives protègent leurs partenaires grâce à ce traitement comme prévention, participant grandement à freiner l’épidémie de VIH. 
En l’absence de soutien des autorités de santé, les associations peinent déjà bien assez à faire passer ce message au grand public sans ces navrants accès de sensationnalisme ! Rien ne justifie de faire de la désinformation. Pas même les actes abjects commis par un prêtre pédophile. 
Utiliser le VIH comme facteur aggravant de la sorte, c’est vraiment du niveau de JK Rowling qui insiste sur la grosseur de Dursley père et fils pour les avilir, comme si être gros était une faute morale et un synonyme de méchanceté, alors que la violence de ces personnages dit déjà tout. Merde, j’avais dit que je parlais pas de TERFs ce soir… mais il me semblait vraiment nécessaire de montrer la paresse intellectuelle, et surtout le danger, de tels procédés narratifs. 
Là, je m’adresse aussi aux comptes féministes à grande audience qui ont relayé cette effroyable histoire sans faire preuve de discernement sur la question du VIH. Et qui ont tenu des propos lamentables en réponse aux commentaires des acteurices de santé communautaire qui venaient faire de la pédagogie sous leurs posts. J’espère que vous avez les oreilles qui chauffent, histoire que ça vous motive à faire mieux la prochaine fois, car vous en avez la responsabilité. 
Et ne venez pas me dire que j’exagère. Parce que la sérophobie — ensemble des discriminations qui pourrissent la vie des séropos — est bien réelle. Et nourrir cette dernière pour faire du clic, c’est inacceptable. 
Permettez-moi enfin d’enfoncer le clou en rappelant que les discours sérophobes ont aussi la fâcheuse manie d’éloigner du dépistage — les gens ayant naturellement peur d’être traité·e·s comme des criminel·le·s ou des bombes à retardement à leur tour en cas de résultat positif. Pourtant, il y a 24 000 personnes qui vivent avec le VIH sans le savoir en France à ce jour. Imaginez un peu, si chacun de ces individus était dépisté et traité ? Iels ne transmettraient plus le virus, et le coup porté à l’épidémie serait décisif ! 
Bref, il est crucial de se renseigner auprès des assos de santé sexuelle, de se faire dépister régulièrement, et de remettre ses préjugés très très très datés en question. Parce que sans notre implication à toustes, vu les dégâts causés par le Covid, on n’a vraiment pas le cul sorti des ronces pour l’objectif 2030 sans VIH de l’ONUSIDA… alors même qu’on a tous les outils pour entre les mains pour y arriver. Soyons toustes séro-concerné·e·s et surtout, séro-solidaires ! 
Chronique : Olga Volfson 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 06 Dec 2022 00:00:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-ledito-testo-dolga-s-95787b47.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-ledito-testo-dolga-s-95787b47.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/Dq0n-ledito-testo-dolga-sida-vih-on-met-les-points-sur-les-i</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-lAM3Gh4nfl.jpg"/></item><item><title>L'amour en révolutions à l'Institut du monde arabe</title><description><![CDATA[
    L&#039;équipe du Lobby s&#039;est rendue à l&#039;Institut du monde arabe pour l&#039;exposition Habibi - Les révolutions de l&#039;amour.
    
Habibi, &quot;mon chéri&quot; en arabe, c&#039;est le nom que porte une sublime exposition à voir jusqu&#039;au 19 février 2023 à l&#039;Institut du monde arabe. Des artistes divers, du Maroc à l&#039;Iran, y racontent comment l&#039;identité de genre se questionne, comment l&#039;homosexualité se vit secrètement, et comment tous ces questionnements agitent aussi le monde arabe, plus de 10 ans après les Printemps arabes et alors qu&#039;une révolte féministe s&#039;empare de l&#039;Iran. 
Avec nous pour en parler : 
— Nada Majdoub, co-commissaire de l&#039;exposition — Sido Lansari, artiste marocain qui expose ses oeuvres à l&#039;IMA. 

    
        
        
    


    Les Disques du Lobby
    
Désormais, les Disques du Lobby, c&#039;est chaque mois un·e artiste à découvrir en live ! Et ce mois-ci, Ixpé nous fait découvrir la pop aux accents eighties de Fred Skitty. Elle nous joue son morceau Stay true, extrait de son premier EP, Belonging to the night. 

    
    



    Dans l&#039;actualité queer...
    
Notre tour de la planète queer passe aussi par le Brésil, quelques jours après la défaite du président d&#039;extrême-droite Jair Bolsonaro. Après 4 ans de règne d&#039;un pouvoir crachant son homophobie et sa misogynie, c&#039;est le retour de Lula, figure de la gauche brésilienne. La communauté LGBTI+ a-t-elle des raisons d&#039;espérer voir survenir des jours meilleurs ? On en parle avec Sébastien Tüller, responsable LGBTI+ d&#039;Amnesty International France. 

    Côté chroniques
    
Dans son édito, Victor nous parle de sa dévorante passion pour le tennis, et rend hommage à une tenniswoman lesbienne russe... 
Un autre hommage avec Zoé qui revient sur la vie de Gribouille, sorte d&#039;Édith Piaf lesbienne. Son histoire tragique, au coeur des années 1960, a été un peu oubliée. 
Et comme chaque mois, nous terminons l&#039;émission en musique avec Margot. 
]]></description><itunes:summary>
    L'équipe du Lobby s'est rendue à l'Institut du monde arabe pour l'exposition Habibi - Les révolutions de l'amour.
    
Habibi, "mon chéri" en arabe, c'est le nom que porte une sublime exposition à voir jusqu'au 19 février 2023 à l'Institut du monde arabe. Des artistes divers, du Maroc à l'Iran, y racontent comment l'identité de genre se questionne, comment l'homosexualité se vit secrètement, et comment tous ces questionnements agitent aussi le monde arabe, plus de 10 ans après les Printemps arabes et alors qu'une révolte féministe s'empare de l'Iran. 
Avec nous pour en parler : 
— Nada Majdoub, co-commissaire de l'exposition — Sido Lansari, artiste marocain qui expose ses oeuvres à l'IMA. 

    
        
        
    


    Les Disques du Lobby
    
Désormais, les Disques du Lobby, c'est chaque mois un·e artiste à découvrir en live ! Et ce mois-ci, Ixpé nous fait découvrir la pop aux accents eighties de Fred Skitty. Elle nous joue son morceau Stay true, extrait de son premier EP, Belonging to the night. 

    
    



    Dans l'actualité queer...
    
Notre tour de la planète queer passe aussi par le Brésil, quelques jours après la défaite du président d'extrême-droite Jair Bolsonaro. Après 4 ans de règne d'un pouvoir crachant son homophobie et sa misogynie, c'est le retour de Lula, figure de la gauche brésilienne. La communauté LGBTI+ a-t-elle des raisons d'espérer voir survenir des jours meilleurs ? On en parle avec Sébastien Tüller, responsable LGBTI+ d'Amnesty International France. 

    Côté chroniques
    
Dans son édito, Victor nous parle de sa dévorante passion pour le tennis, et rend hommage à une tenniswoman lesbienne russe... 
Un autre hommage avec Zoé qui revient sur la vie de Gribouille, sorte d'Édith Piaf lesbienne. Son histoire tragique, au coeur des années 1960, a été un peu oubliée. 
Et comme chaque mois, nous terminons l'émission en musique avec Margot. 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 08 Nov 2022 00:00:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-lamour-en-r-5340a2a0.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-lamour-en-r-5340a2a0.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/VvvM-lamour-en-revolutions-a-linstitut-du-monde-arabe</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-XqJijIxODA.jpg"/></item><item><title>Les Disques du Lobby : Fred Skitty en live !</title><description><![CDATA[
    Ce mois-ci, c&#039;est Fred Skitty qui est à l&#039;honneur dans Les Disques du Lobby...
    
Chaque mois, Ixpé reçoit un·e artiste pour qu&#039;iel se présente en live et en interview. Aujourd&#039;hui, c&#039;est Fred Skitty qui vient nous jouer Stay True, un extrait de son premier EP, Belonging to the night, qui ressort le 25 novembre prochain avec un featuring rap inédit... 

    
    


L&#039;artiste que nous nous apprêtons à rencontrer s&#039;appelle Fred Skitty. Imaginez une jeune femme, originaire du sud de la France, biberonnée à la musique pop, élevée avec l&#039;électro, et avec une envie insatiable de toucher à tout. DJing, production, chant, Fred Skitty coche presque toutes les cases du bingo de l&#039;artiste idéale. Après son EP Belonging to the Night sorti 2020, Fred revient cette année avec un nouveau single, Je m&#039;ecchymose, et quelque chose me dit que 2023 se prépare dores et déjà ... 
Chronique : Ixpé 
NOUVEAU : Les Disques du Lobby deviennent un label, axé sur la musique électronique. Vous pouvez suivre ce beau projet sur Instagram et sur Soundcloud ! 
]]></description><itunes:summary>
    Ce mois-ci, c'est Fred Skitty qui est à l'honneur dans Les Disques du Lobby...
    
Chaque mois, Ixpé reçoit un·e artiste pour qu'iel se présente en live et en interview. Aujourd'hui, c'est Fred Skitty qui vient nous jouer Stay True, un extrait de son premier EP, Belonging to the night, qui ressort le 25 novembre prochain avec un featuring rap inédit... 

    
    


L'artiste que nous nous apprêtons à rencontrer s'appelle Fred Skitty. Imaginez une jeune femme, originaire du sud de la France, biberonnée à la musique pop, élevée avec l'électro, et avec une envie insatiable de toucher à tout. DJing, production, chant, Fred Skitty coche presque toutes les cases du bingo de l'artiste idéale. Après son EP Belonging to the Night sorti 2020, Fred revient cette année avec un nouveau single, Je m'ecchymose, et quelque chose me dit que 2023 se prépare dores et déjà ... 
Chronique : Ixpé 
NOUVEAU : Les Disques du Lobby deviennent un label, axé sur la musique électronique. Vous pouvez suivre ce beau projet sur Instagram et sur Soundcloud ! 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 08 Nov 2022 00:00:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-les-disques-du-lobby-52946dbf.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-les-disques-du-lobby-52946dbf.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/6WWn-les-disques-du-lobby-fred-skitty-en-live</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-WMq21jBQlI.jpg"/></item><item><title>La chronique de Zoé : Gribouille, la Piaf lesbienne</title><description><![CDATA[
    Ce soir, Zoé nous présente Gribouille, chanteuse lesbienne des années 1960...
    
J’ai envie de vous présenter quelqu’un et de convoquer sa voix. Pas de disque du lobby en vue mais peut-être un vieux 45 tours. Allez, ouvrez vos cœurs et vos oreilles on retourne 60 ans en arrière. 
Son nom ne vous dit sûrement rien. Gribouille. Pseudonyme de Marie-France Gaité, née le 17 juillet 1941. 
Dans cette vidéo de 1964 qui sert de clip à sa chanson « Le marin et la rose », Gribouille rejoue une scène de sa vie. 
Nous sommes alors en 1960 et Gribouille a 19 ans. On ne sait pas trop comment, mais elle vit seule à Paris. Elle a débarqué à 16 ans de Lyon, laissant derrière elle son enfance douloureuse faite d’errance de foyers en foyers. Elle dessine sur les trottoirs, elle « gribouille » pour se faire un peu d’argent, mais ce qu’elle veut, c’est chanter. 

    « Elle est pleine de musique »
    
Un jour, un vieux monsieur s’arrête. Hasard ou destin, ce promeneur c’est le dramaturge, poète et cinéaste homosexuel de renom Jean Cocteau, mais ça Gribouille elle le sait pas. Il s’arrête car quelque chose l’interpelle et le bouleverse chez elle. Elle a la voix grave, porte les cheveux courts, des vêtements amples. Au début, il ne sait pas si c’est une fille ou un garçon, mais il y a une chose dont il est sûr : « elle est pleine de musique » 
Pris sous l’aile de ce mentor bienfaiteur, sa carrière de chanteuse se lance. Dans des cabarets d’abord, puis au studio où elle enregistre des 45 tours à la pelle. Elle a une intensité et un magnétisme scénique comme il en existe rarement, une voix profonde d’une sensibilité à fleur de peau. On la compare à Barbara et à Piaf, mais Gribouille n’a pas besoin d’aller chercher très loin son public. 

    Gribouille aimait les femmes...
    
...On sait peu de chose sur elle, mais ça on le sait. D’ailleurs ça transparaît en filigrane dans toutes ses chansons. Sa contemporaine la romancière lesbienne Françoise Mallet-Jorris disait d’elle qu’elle était « le désespoir sous la forme la plus séduisante qui chante avec des coups de gueule et d’inattendus mouvements de tendresse qui l’étonnaient elle-même. » Dans « Ostende » elle chante le souvenir d’un amour, dans « On n’a pas le droit » le tabou de son identité, dans « Dieu Alice » le rejet et la solitude. Je ne peux pas toutes vous les faire écouter mais je vous encourage à le faire. 
Car il nous reste peu de choses de Gribouille. Grande dépressive, elle est décédée le 18 janvier 1968, à 26 ans d’un excès d’alcool et de médicaments. Suicide, overdose accidentelle, personne ne pourra le dire. Elle fait partie de ces femmes aimant les femmes oubliées dans l’histoire des arts institutionnelles. À nous de faire vivre cette mémoire riche et plurielle, pour la sauver de l’abîme qui la guette. 
Chronique : Zoé Neboit 
]]></description><itunes:summary>
    Ce soir, Zoé nous présente Gribouille, chanteuse lesbienne des années 1960...
    
J’ai envie de vous présenter quelqu’un et de convoquer sa voix. Pas de disque du lobby en vue mais peut-être un vieux 45 tours. Allez, ouvrez vos cœurs et vos oreilles on retourne 60 ans en arrière. 
Son nom ne vous dit sûrement rien. Gribouille. Pseudonyme de Marie-France Gaité, née le 17 juillet 1941. 
Dans cette vidéo de 1964 qui sert de clip à sa chanson « Le marin et la rose », Gribouille rejoue une scène de sa vie. 
Nous sommes alors en 1960 et Gribouille a 19 ans. On ne sait pas trop comment, mais elle vit seule à Paris. Elle a débarqué à 16 ans de Lyon, laissant derrière elle son enfance douloureuse faite d’errance de foyers en foyers. Elle dessine sur les trottoirs, elle « gribouille » pour se faire un peu d’argent, mais ce qu’elle veut, c’est chanter. 

    « Elle est pleine de musique »
    
Un jour, un vieux monsieur s’arrête. Hasard ou destin, ce promeneur c’est le dramaturge, poète et cinéaste homosexuel de renom Jean Cocteau, mais ça Gribouille elle le sait pas. Il s’arrête car quelque chose l’interpelle et le bouleverse chez elle. Elle a la voix grave, porte les cheveux courts, des vêtements amples. Au début, il ne sait pas si c’est une fille ou un garçon, mais il y a une chose dont il est sûr : « elle est pleine de musique » 
Pris sous l’aile de ce mentor bienfaiteur, sa carrière de chanteuse se lance. Dans des cabarets d’abord, puis au studio où elle enregistre des 45 tours à la pelle. Elle a une intensité et un magnétisme scénique comme il en existe rarement, une voix profonde d’une sensibilité à fleur de peau. On la compare à Barbara et à Piaf, mais Gribouille n’a pas besoin d’aller chercher très loin son public. 

    Gribouille aimait les femmes...
    
...On sait peu de chose sur elle, mais ça on le sait. D’ailleurs ça transparaît en filigrane dans toutes ses chansons. Sa contemporaine la romancière lesbienne Françoise Mallet-Jorris disait d’elle qu’elle était « le désespoir sous la forme la plus séduisante qui chante avec des coups de gueule et d’inattendus mouvements de tendresse qui l’étonnaient elle-même. » Dans « Ostende » elle chante le souvenir d’un amour, dans « On n’a pas le droit » le tabou de son identité, dans « Dieu Alice » le rejet et la solitude. Je ne peux pas toutes vous les faire écouter mais je vous encourage à le faire. 
Car il nous reste peu de choses de Gribouille. Grande dépressive, elle est décédée le 18 janvier 1968, à 26 ans d’un excès d’alcool et de médicaments. Suicide, overdose accidentelle, personne ne pourra le dire. Elle fait partie de ces femmes aimant les femmes oubliées dans l’histoire des arts institutionnelles. À nous de faire vivre cette mémoire riche et plurielle, pour la sauver de l’abîme qui la guette. 
Chronique : Zoé Neboit 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 08 Nov 2022 00:00:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-la-chronique-de-zoe-e493fc34.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-la-chronique-de-zoe-e493fc34.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/799j-la-chronique-de-zoe-gribouille-la-piaf-lesbienne</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-H9utumlYWT.jpg"/></item><item><title>L'édito de Victor : Le tennis, sport de gouines, sport de queens</title><description><![CDATA[
    Ce soir, Victor nous parle de sa plus grande passion, le tennis.
    
Le tennis est entré dans ma vie en 2000 quand Mary Pierce a gagné Roland Garros, c’est mon premier grand souvenir de sport devant la finale de 98. Au lycée, où je n&#039;avais pas accès à internet, j&#039;achetais l&#039;équipe plusieurs fois par semaines juste pour l&#039;encadré d&#039;une colonne qui résumait les scores de la veille et où les noms des français étaient en gras et je mettais Le Moscato show sur RMC tous les soirs pour les 30sec où ils parleraient de tennis ce qui m’a permis d’acquérir une culture assez éclectique et exhaustive du sport.  
J&#039;ai toujours eu deux grandes idoles : Roger Federer et Amélie Mauresmo. Federer pas besoin d&#039;expliquer, quiconque possède au moins un œil et un minimum de sens du beau comprendra pourquoi. Mais Mauresmo c&#039;était pas seulement une idole pour son jeu, splendide aussi au demeurant. C&#039;était un modèle. Je me souviens très bien que je savais qu&#039;en plus d’être une championne elle était lesbienne et je sais qu&#039;au fond c&#039;est pour ça aussi que l&#039;aimait autant. Je n&#039;avais pas de poster de Britney ou Madonna, ma Queen a moi, ma diva attitrée c&#039;était une sportive, dont les Guignols se moquaient toutes les semaines à cause de sa machoire, de ses épaules et de son lesbianisme.  

    Un sport réputé pour ses gouines
    
Mauresmo était aussi passée dans En Aparté, l’émission préférée de ma mère qui lui vouait depuis une grande admiration. Amélie était la preuve que ma mère pouvait apprécier une personne homosexuelle en toute connaissance de cause.  
Quand j’y repense ça me semble dingue quand même, Mauresmo avait 19 ans quand elle a fait son coming out. 19 ans ! à une époque où personne quasiment ne le faisait, encore moins aussi jeune, si précocement dans une carrière où le mental et la pression sont si importants.  
Quelques jours après MES 19 ans, Amélie a annoncé qu&#039;elle prenait sa retraite et j&#039;ai pleuré. 
Ce qui est amusant c’est que j’ai découvert après qu’une partie non négligeable des plus grandes joueuses de l’histoire étaient lesbienne : Navratilova, Billie Jean King, Novotna. Mon inconscient avait donc réussi à se passionner pour le seul et unique sport alors réputé pour ses gouines.  
Mais pourquoi tout ce laiüs sur ta vie Victor me demanderez-vous ? Et bien parce que samedi soir, dans le bar où je fêtais mes 32 automne, j&#039;ai passé 3 heures à mettre à jour le score en live sur Tennistemple pour savoir qui de Caroline Garcia ou de Daria Kasatkina se qualifierait pour les demi-finales des masters Femme. Caroline Garcia est une joueuse française, longtemps espoir déçu, au jeu d’attaque ébouriffant mais dont le manque de précision peut donner des palpitations cardiaques à ses fans, et qui fait un retour triomphal cette année. Mais ce n’est pas le sujet.  
Le sujet, (il est grand temps me direz-vous), c’est donc Daria Kasatkina, Dasha de son diminutif. Ce qui fait la particularité de Dasha ce n’est pas qu’elle aussi avait sombré dans les limbes du classement avant de remonter, ni qu’elle possède un jeu assez atypique sur le circuit fait de beaucoup de variations, ni même qu’elle est actuellement la n°1 russe. Non, ce qui rend Daria Kasatkina unique c’est qu’après avoir dénoncé publiquement l’invasion de l&#039;Ukraine par son pays, elle a fait un coming out volontaire et retentissant en juillet. 
« Ce n&#039;est pas possible de vivre cachée, de vivre dans le placard. Sur le long terme, c&#039;est trop difficile. Cela ne sert à rien car vous allez vous focaliser sur ça tant que vous n&#039;aurez pas fait votre coming-out. Bien sûr, chacun est libre de décider comment l&#039;annoncer et de décider ce qu&#039;il veut dire. Mais être en paix avec soi est la seule chose qui compte, et que les autres aillent se faire foutre. » 
Voilà précisément ce qu’a dit Dasha en interview. 
Depuis elle s’affiche sur Instagram avec sa copine, Natalia Zabiiako, une médaillée olympique de patinage artistique qui la suit sur une partie des tournois et qu&#039;elle embrasse publiquement. Quand on sait la virulence de la politique homophobe de Poutine, ce coming out est d’un courage absolument inouï. Quand je pense à ce qu’a pu représenter pour moi Amélie Mauresmo j’imagine l’impact sur la jeunesse de son pays en général et sur les LGBT russes en particulier du coming out de Dasha Kasatkina. 
Dacha n’est pas retournée en Russie depuis le mois de juillet et elle n’est pas sure de pouvoir y retourner un jour, ni de revoir ses proches, de peur de se faire arrêter. Elle a même avoué à demi-mot envisager de changer de nationalité. 
Chronique : Victor Ssamoth-Panetti 
]]></description><itunes:summary>
    Ce soir, Victor nous parle de sa plus grande passion, le tennis.
    
Le tennis est entré dans ma vie en 2000 quand Mary Pierce a gagné Roland Garros, c’est mon premier grand souvenir de sport devant la finale de 98. Au lycée, où je n'avais pas accès à internet, j'achetais l'équipe plusieurs fois par semaines juste pour l'encadré d'une colonne qui résumait les scores de la veille et où les noms des français étaient en gras et je mettais Le Moscato show sur RMC tous les soirs pour les 30sec où ils parleraient de tennis ce qui m’a permis d’acquérir une culture assez éclectique et exhaustive du sport.  
J'ai toujours eu deux grandes idoles : Roger Federer et Amélie Mauresmo. Federer pas besoin d'expliquer, quiconque possède au moins un œil et un minimum de sens du beau comprendra pourquoi. Mais Mauresmo c'était pas seulement une idole pour son jeu, splendide aussi au demeurant. C'était un modèle. Je me souviens très bien que je savais qu'en plus d’être une championne elle était lesbienne et je sais qu'au fond c'est pour ça aussi que l'aimait autant. Je n'avais pas de poster de Britney ou Madonna, ma Queen a moi, ma diva attitrée c'était une sportive, dont les Guignols se moquaient toutes les semaines à cause de sa machoire, de ses épaules et de son lesbianisme.  

    Un sport réputé pour ses gouines
    
Mauresmo était aussi passée dans En Aparté, l’émission préférée de ma mère qui lui vouait depuis une grande admiration. Amélie était la preuve que ma mère pouvait apprécier une personne homosexuelle en toute connaissance de cause.  
Quand j’y repense ça me semble dingue quand même, Mauresmo avait 19 ans quand elle a fait son coming out. 19 ans ! à une époque où personne quasiment ne le faisait, encore moins aussi jeune, si précocement dans une carrière où le mental et la pression sont si importants.  
Quelques jours après MES 19 ans, Amélie a annoncé qu'elle prenait sa retraite et j'ai pleuré. 
Ce qui est amusant c’est que j’ai découvert après qu’une partie non négligeable des plus grandes joueuses de l’histoire étaient lesbienne : Navratilova, Billie Jean King, Novotna. Mon inconscient avait donc réussi à se passionner pour le seul et unique sport alors réputé pour ses gouines.  
Mais pourquoi tout ce laiüs sur ta vie Victor me demanderez-vous ? Et bien parce que samedi soir, dans le bar où je fêtais mes 32 automne, j'ai passé 3 heures à mettre à jour le score en live sur Tennistemple pour savoir qui de Caroline Garcia ou de Daria Kasatkina se qualifierait pour les demi-finales des masters Femme. Caroline Garcia est une joueuse française, longtemps espoir déçu, au jeu d’attaque ébouriffant mais dont le manque de précision peut donner des palpitations cardiaques à ses fans, et qui fait un retour triomphal cette année. Mais ce n’est pas le sujet.  
Le sujet, (il est grand temps me direz-vous), c’est donc Daria Kasatkina, Dasha de son diminutif. Ce qui fait la particularité de Dasha ce n’est pas qu’elle aussi avait sombré dans les limbes du classement avant de remonter, ni qu’elle possède un jeu assez atypique sur le circuit fait de beaucoup de variations, ni même qu’elle est actuellement la n°1 russe. Non, ce qui rend Daria Kasatkina unique c’est qu’après avoir dénoncé publiquement l’invasion de l'Ukraine par son pays, elle a fait un coming out volontaire et retentissant en juillet. 
« Ce n'est pas possible de vivre cachée, de vivre dans le placard. Sur le long terme, c'est trop difficile. Cela ne sert à rien car vous allez vous focaliser sur ça tant que vous n'aurez pas fait votre coming-out. Bien sûr, chacun est libre de décider comment l'annoncer et de décider ce qu'il veut dire. Mais être en paix avec soi est la seule chose qui compte, et que les autres aillent se faire foutre. » 
Voilà précisément ce qu’a dit Dasha en interview. 
Depuis elle s’affiche sur Instagram avec sa copine, Natalia Zabiiako, une médaillée olympique de patinage artistique qui la suit sur une partie des tournois et qu'elle embrasse publiquement. Quand on sait la virulence de la politique homophobe de Poutine, ce coming out est d’un courage absolument inouï. Quand je pense à ce qu’a pu représenter pour moi Amélie Mauresmo j’imagine l’impact sur la jeunesse de son pays en général et sur les LGBT russes en particulier du coming out de Dasha Kasatkina. 
Dacha n’est pas retournée en Russie depuis le mois de juillet et elle n’est pas sure de pouvoir y retourner un jour, ni de revoir ses proches, de peur de se faire arrêter. Elle a même avoué à demi-mot envisager de changer de nationalité. 
Chronique : Victor Ssamoth-Panetti 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 08 Nov 2022 00:00:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-ledito-de-victor-le-9989b0b8.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-ledito-de-victor-le-9989b0b8.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/833m-ledito-de-victor-le-tennis-sport-de-gouines-sport-de-queens</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-WCmPeTzQb6.jpg"/></item><item><title>Margot pousse la chansonnette : Rien à foutre</title><description><![CDATA[Le ciel est bleu au dessus de leurs têtes La vie est belle, sourire jusqu’aux oreilles Pas penser c’est le confort, si on veut être honnête Réjouis-toi des cases, t’auras un bon sommeil Pas le temps de s’attarder sur les problèmes du monde Naître du bon côté, ça suffit quand t’y songes Pas le temps de s’attarder sur les problèmes du monde Naître du bon côté, ça suffit 
 C’est pour ça Qu’ils s’en battent les couilles Rien à foutre Des autres, de tout Quand ça les concerne pas battent les couilles Rien à foutre Des autres 
 Gros SUV dans les rues de Paris Les vitrines brillent, comme soleil dans la nuit Champs Elysées, pas de quartiers à risques Obligés de prendre l’avion pour garder le train de vie Plus de ressources en juillet mais on consomme quand même Y’a pas mort d’hommes tant y’a d’la batterie sur le tel Le but c’est pas d’être riche, c’est de l’être plus que les autres Montrer que t’as le pouvoir, et qu’tu prends pas l’métro 
 Ils s’en battent les couilles Rien à foutre Des autres, de tout Quand ça les concerne pas battent les couilles Rien à foutre Des autres  Mais ils l’ont pas volé, souvent partis de rien Ils l’ont bien mérité, il fallait tendre la main Pour un billet en poche, pour payer les études Papa et maman s’occupaient de la thune Les grandes écoles qui forment les mêmes élites La plupart homophobes, avec un pincée de racisme Peu importe le niveau du temps qu’ils filent le fric Du temps qu’ils filent le fric 
 C’est pour ça Qu’ils s’en battent les couilles Rien à foutre Des autres, de tout Quand ça les concerne pas battent les couilles Rien à foutre Des autres 
 Discriminations systémique ? Se battre contre le wokisme c’est bien plus politique On peut plus rien dire, on peut plus tolérer Devoir changer ses habitudes pour des minorités Celles qui prennent trop de place, qu’ils adorent rabaisser Les loisirs de la haute, sont particuliers Les dérives se comptent plus, ils peuvent pas l’avouer Délinquants en col blanc, faudrait pas l’ébruiter   C’est pour ça Qu’ils s’en battent les couilles Rien à foutre Des autres, de tout Quand ça les concerne pas battent les couilles Rien à foutre Des autres 
 Le ciel est bleu au dessus de leurs têtes La vie est belle, sourire jusqu’aux oreilles Pas penser c’est le confort, si on veut être honnête Réjouis-toi des cases, t’auras un bon sommeil Pas le temps de s’attarder sur les problèmes du monde Naître du bon côté, ça suffit quand t’y songes Pas le temps de s’attarder sur les problèmes du monde Naître du bon côté, ça suffit 
]]></description><itunes:summary>Le ciel est bleu au dessus de leurs têtes La vie est belle, sourire jusqu’aux oreilles Pas penser c’est le confort, si on veut être honnête Réjouis-toi des cases, t’auras un bon sommeil Pas le temps de s’attarder sur les problèmes du monde Naître du bon côté, ça suffit quand t’y songes Pas le temps de s’attarder sur les problèmes du monde Naître du bon côté, ça suffit 
 C’est pour ça Qu’ils s’en battent les couilles Rien à foutre Des autres, de tout Quand ça les concerne pas battent les couilles Rien à foutre Des autres 
 Gros SUV dans les rues de Paris Les vitrines brillent, comme soleil dans la nuit Champs Elysées, pas de quartiers à risques Obligés de prendre l’avion pour garder le train de vie Plus de ressources en juillet mais on consomme quand même Y’a pas mort d’hommes tant y’a d’la batterie sur le tel Le but c’est pas d’être riche, c’est de l’être plus que les autres Montrer que t’as le pouvoir, et qu’tu prends pas l’métro 
 Ils s’en battent les couilles Rien à foutre Des autres, de tout Quand ça les concerne pas battent les couilles Rien à foutre Des autres  Mais ils l’ont pas volé, souvent partis de rien Ils l’ont bien mérité, il fallait tendre la main Pour un billet en poche, pour payer les études Papa et maman s’occupaient de la thune Les grandes écoles qui forment les mêmes élites La plupart homophobes, avec un pincée de racisme Peu importe le niveau du temps qu’ils filent le fric Du temps qu’ils filent le fric 
 C’est pour ça Qu’ils s’en battent les couilles Rien à foutre Des autres, de tout Quand ça les concerne pas battent les couilles Rien à foutre Des autres 
 Discriminations systémique ? Se battre contre le wokisme c’est bien plus politique On peut plus rien dire, on peut plus tolérer Devoir changer ses habitudes pour des minorités Celles qui prennent trop de place, qu’ils adorent rabaisser Les loisirs de la haute, sont particuliers Les dérives se comptent plus, ils peuvent pas l’avouer Délinquants en col blanc, faudrait pas l’ébruiter   C’est pour ça Qu’ils s’en battent les couilles Rien à foutre Des autres, de tout Quand ça les concerne pas battent les couilles Rien à foutre Des autres 
 Le ciel est bleu au dessus de leurs têtes La vie est belle, sourire jusqu’aux oreilles Pas penser c’est le confort, si on veut être honnête Réjouis-toi des cases, t’auras un bon sommeil Pas le temps de s’attarder sur les problèmes du monde Naître du bon côté, ça suffit quand t’y songes Pas le temps de s’attarder sur les problèmes du monde Naître du bon côté, ça suffit 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 08 Nov 2022 00:00:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-margot-pousse-la-cha-1141b406.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-margot-pousse-la-cha-1141b406.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/999x-margot-pousse-la-chansonnette-rien-a-foutre</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-kDYQNESa6M.jpg"/></item><item><title>Paloma, vive la Reine !</title><description><![CDATA[
    C&#039;est le retour du Lobby, le rendez-vous LGBTI+ de Radio Campus Paris ! Et pour couronner le tout, l&#039;équipe reçoit la drag queen Paloma...
    

    
        
        
    

L&#039;équipe du Lobby est de nouveau au rendez-vous pour une quatrième saison. Et pour inaugurer l&#039;année, c&#039;est une Reine qui vient s&#039;installer dans notre studio. Paloma, la gagnante de la première saison de Drag Race France est avec nous pendant une heure, pour une émission référencée, cartoonesque et farmerienne. Avec elle nous avons parlé de sa passion de Fanny Ardent, de Nicky Doll, des TERFs, du service public et même de Valérie Lemercier. 

    L&#039;édito de Victor
    
Notre éditorialiste a fait l&#039;erreur de rouvrir Twitter et Instagram, après un petit sevrage plus que nécessaire. Il n&#039;a pas été déçu du voyage. Il nous propose son point de vue sur les polémiques stériles, voire dangereuses, dont les gays ont fait les frais cet été sur les réseaux sociaux. 

    Dans l&#039;actualité...
    
Après une progression spectaculaire cet été, le monkeypox semble avoir disparu des radars. Les chiffres font effectivement état d&#039;une baisse notable des contaminations, avec seulement 44 nouveaux cas entre le 27 septembre et le 4 octobre. Alors le monkeypox est-il vraiment derrière nous ? On en parle avec l&#039;épidémiologiste Dominique Costagliola. 

    Les Disques du Lobby
    
Cette année, Les Disques du Lobby, c&#039;est une chronique, un·e invité·e en live et une interview. Et c&#039;est l&#039;artiste transgenre Vikken qui ouvre la danse, et qui interprête son titre bouleversant Pour une amie. Il répond aux questions d&#039;Ixpé, notre chroniqueur musical, créateur des Disques du Lobby, que vous pouvez suivre sur Soundcloud ! 

    
    



    Les chroniqueureuses du Lobby
    
Iels vous ont manqué, les voilà de retour au grand complet : 
— Dans son édito testo, Olga revient sur les attaques des TERFs, pardon des FARTs, ou alors des PROUTs ??? On ne sait plus comment nommer ces féministes autoproclamées qui s&#039;attaquent aux personnes trans et fraient avec l&#039;extrême-droite. Retrouvez son édito ici ! 
— Zoé, la représentante du &quot;lobby bi&quot;, se demande s&#039;il faut vraiment renommer Cardi Bi en Cardi Hétéra. C&#039;est à réécouter ici ! 
— Et Margot finira désormais chaque émission en slam (cw : dépression). La musique est signée Amau. Par ici pour podcaster sa chronique ! 

    
        
        
    

Le Lobby s&#039;écoute à tout moment sur Spotify, Deezer, ApplePodcasts et sur vos applications préférées ! 
https://open.spotify.com/episode/5xhB87WGgu1uc9SbQyYSFr?si=Na9SM8B_QlSDqDz0yQSWhg 
L&#039;ÉQUIPE — Présentation : Colin Gruel et Victor Samoth-Panetti / Réalisation : Margot Page et Swann Blanchet / Chroniques : Xavier Paufichet, Olga Volfson, Margot Michel et Zoé Neboit / Réseaux sociaux : Olga Volfson / Photos : Aurore Thibault 
]]></description><itunes:summary>
    C'est le retour du Lobby, le rendez-vous LGBTI+ de Radio Campus Paris ! Et pour couronner le tout, l'équipe reçoit la drag queen Paloma...
    

    
        
        
    

L'équipe du Lobby est de nouveau au rendez-vous pour une quatrième saison. Et pour inaugurer l'année, c'est une Reine qui vient s'installer dans notre studio. Paloma, la gagnante de la première saison de Drag Race France est avec nous pendant une heure, pour une émission référencée, cartoonesque et farmerienne. Avec elle nous avons parlé de sa passion de Fanny Ardent, de Nicky Doll, des TERFs, du service public et même de Valérie Lemercier. 

    L'édito de Victor
    
Notre éditorialiste a fait l'erreur de rouvrir Twitter et Instagram, après un petit sevrage plus que nécessaire. Il n'a pas été déçu du voyage. Il nous propose son point de vue sur les polémiques stériles, voire dangereuses, dont les gays ont fait les frais cet été sur les réseaux sociaux. 

    Dans l'actualité...
    
Après une progression spectaculaire cet été, le monkeypox semble avoir disparu des radars. Les chiffres font effectivement état d'une baisse notable des contaminations, avec seulement 44 nouveaux cas entre le 27 septembre et le 4 octobre. Alors le monkeypox est-il vraiment derrière nous ? On en parle avec l'épidémiologiste Dominique Costagliola. 

    Les Disques du Lobby
    
Cette année, Les Disques du Lobby, c'est une chronique, un·e invité·e en live et une interview. Et c'est l'artiste transgenre Vikken qui ouvre la danse, et qui interprête son titre bouleversant Pour une amie. Il répond aux questions d'Ixpé, notre chroniqueur musical, créateur des Disques du Lobby, que vous pouvez suivre sur Soundcloud ! 

    
    



    Les chroniqueureuses du Lobby
    
Iels vous ont manqué, les voilà de retour au grand complet : 
— Dans son édito testo, Olga revient sur les attaques des TERFs, pardon des FARTs, ou alors des PROUTs ??? On ne sait plus comment nommer ces féministes autoproclamées qui s'attaquent aux personnes trans et fraient avec l'extrême-droite. Retrouvez son édito ici ! 
— Zoé, la représentante du "lobby bi", se demande s'il faut vraiment renommer Cardi Bi en Cardi Hétéra. C'est à réécouter ici ! 
— Et Margot finira désormais chaque émission en slam (cw : dépression). La musique est signée Amau. Par ici pour podcaster sa chronique ! 

    
        
        
    

Le Lobby s'écoute à tout moment sur Spotify, Deezer, ApplePodcasts et sur vos applications préférées ! 
https://open.spotify.com/episode/5xhB87WGgu1uc9SbQyYSFr?si=Na9SM8B_QlSDqDz0yQSWhg 
L'ÉQUIPE — Présentation : Colin Gruel et Victor Samoth-Panetti / Réalisation : Margot Page et Swann Blanchet / Chroniques : Xavier Paufichet, Olga Volfson, Margot Michel et Zoé Neboit / Réseaux sociaux : Olga Volfson / Photos : Aurore Thibault 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 11 Oct 2022 00:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-paloma-vive-337b18c0.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-paloma-vive-337b18c0.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/nRrE-paloma-vive-la-reine</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-SeYTYNy2mF.jpg"/></item><item><title>Les Disques du Lobby : Vikken en live !</title><description><![CDATA[
    Chaque mois, notre chroniqueur musical Ixpé nous fait découvrir ou redécouvrir des artistes queers. Et ce mois-ci, c&#039;est Vikken qui inaugure notre nouvelle séquence live...
    
Je suis très heureux de de commencer cette saison en invitant un artiste que j&#039;adore, Vikken. 
Pour celles et ceux qui ne le connaitraient pas, voici quelques points de repères... Vikken est un homme trans. Et c&#039;est important de commencer par là. 
Mais il n&#039;est pas que ça. Vikken est DJ, producteur, porte-parole de sa communauté, activiste, et j&#039;en passe. Que ce soit par son remix de The Knife, celui d&#039;Üghett ou son EP &quot;Joie&quot; sorti en 2020, nul.le ne peut rester indifférent.e à la production sombre et décisive de Vikken. 
Sa passion pour les machines et le live l&#039;a d&#039;ailleurs amené jusqu&#039;au Printemps de Bourges l&#039;an dernier, où il a remporté le prix du Jury des Inouis. Vous l&#039;aurez compris, Vikken est un artiste accompli, un homme trans épanoui, et n&#039;en déplaisent à certaines... 
Mais la meilleure façon de découvrir Vikken, c&#039;est par sa musique, et comme les choses sont bien faites au Lobby, on retrouve Vikken en live, avec le titre Pour Une Amie, sur Radio Campus Paris ! 

    
    


` 
Chronique : Ixpé // Les Disques du Lobby 
Retrouvez Vikken dans notre émission du 11 octobre, en compagnie de notre invitée exceptionnelle, la drag queen Paloma ! 
]]></description><itunes:summary>
    Chaque mois, notre chroniqueur musical Ixpé nous fait découvrir ou redécouvrir des artistes queers. Et ce mois-ci, c'est Vikken qui inaugure notre nouvelle séquence live...
    
Je suis très heureux de de commencer cette saison en invitant un artiste que j'adore, Vikken. 
Pour celles et ceux qui ne le connaitraient pas, voici quelques points de repères... Vikken est un homme trans. Et c'est important de commencer par là. 
Mais il n'est pas que ça. Vikken est DJ, producteur, porte-parole de sa communauté, activiste, et j'en passe. Que ce soit par son remix de The Knife, celui d'Üghett ou son EP "Joie" sorti en 2020, nul.le ne peut rester indifférent.e à la production sombre et décisive de Vikken. 
Sa passion pour les machines et le live l'a d'ailleurs amené jusqu'au Printemps de Bourges l'an dernier, où il a remporté le prix du Jury des Inouis. Vous l'aurez compris, Vikken est un artiste accompli, un homme trans épanoui, et n'en déplaisent à certaines... 
Mais la meilleure façon de découvrir Vikken, c'est par sa musique, et comme les choses sont bien faites au Lobby, on retrouve Vikken en live, avec le titre Pour Une Amie, sur Radio Campus Paris ! 

    
    


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Chronique : Ixpé // Les Disques du Lobby 
Retrouvez Vikken dans notre émission du 11 octobre, en compagnie de notre invitée exceptionnelle, la drag queen Paloma ! 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 11 Oct 2022 00:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-les-disques-du-lobby-32afd7df.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-les-disques-du-lobby-32afd7df.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/pZQN-les-disques-du-lobby-vikken-en-live</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-dpreStjpAv.jpg"/></item><item><title>La chronique de Zoé : « Faut-il renommer Cardi B en Cardi Hétéra ? »</title><description><![CDATA[
    Le 23 septembre, on est officiellement passés en automne, mais c’était aussi la journée internationale de la visibilité Bi et Zoé, notre déléguée du lobby bi a des choses à nous dire à cette occasion...
    
Si la cishétérosexualité et le lobby LGBTQIA étaient à l’Assemblée nationale, les Bi-e-s seraient un peu comme le MoDem (vous savez le parti de François Bayrou). Ni de droite, ni de gauche mais quand même plutôt à droite. Toujours suspectés d’une trahison qui les feraient passer d’une des deux chaises sur lesquelles leur cul est perpétuellement coincé. Je vous vois venir avec vos petits sourires en coin ! Vous vous dites : encore une chronique de Zoé où elle va essayer de nous faire pleurer sur le sort des bis, sous couvert d’autodérision et des métaphores douteuses. Oui, c’est à peu près ce que je compte faire, parce que c’est ce que je sais faire de mieux.  
Et aujourd’hui, j’aimerais vous parler de Cardi B, de queerbaiting et de quelque chose que j’ai envie d’appeler la mise en scène obligatoire de la sexualité des bi. Il y a quelques semaines, Cardi est épinglée dans un tweet comme faisant partie de « ces célébrités qui ont fait leur coming out bi, mais qui n’ont jamais daté quelqu’un du même genre », aux côtés des infamous Harry Styles, Billie Eilish et Lady Gaga. Des stars qu’on accuse assez souvent de queerbaiting, c’est-à-dire pour celleux qui n’auraient pas la ref, de jouer des codes queer pour attirer le public arc-en-ciel, et ce, en laissant planer le doute sur leur orientation et leur identité. Une bonne petite technique capitaliste en somme. Ce à quoi, Cardi répond : “Je bouffais des bitches avant ta naissance. Désolée de pas avoir des photos dans mon tel pour te le montrer”.  
https://twitter.com/iamcardib/status/1571929213435006976 
Et, je crois que la question qu’il faut se poser, c’est pas, « Cardi mérite-elle son nom ou devrait-elle être renommée Cardi hétéra ? » Parce que, contrairement à Harry Styles, par exemple, dont on se méfie un peu plus chaque jour qui passe où il ne revendique pas sa queerness tout en portant des jupes et du makeup, Cardi B a déjà plusieurs fois publiquement outé sa bisexualité. Du coup, moi je me demande : est-ce que Cardi a eu honte ? S’est-elle sentie obligée de parler de sa vie sexuelle au risque de passer pour une imposteuse ?  
Ce qui m’amène à ce que je veux démontrer. On exige souvent des bis de faire leur preuve en exposant leur intimité, faire son coming out ne suffit plus. Tu aimes brouter du minou ? Prouve-le ! Dis-le ! Montre une photo si possible ! A mon avis, ça va de pair avec une forme d’hypersexualisation des personnes bis, où ça va de soi qu’iels sont des casanovas insatiables, sinon c’est pas des vrai-e-s. (Casanova, une bi icon d’ailleurs). Bon, au fond j’en sais rien, et j’ai l’impression que ma chronique commence à partir dans tous les sens. Mais qu’on le dise : le queerbaiting c’est un vrai problème mais la suspicion qu’on fait souvent planer sur les bis, s’en est un autre. Comme disais l’autre, d’ailleurs, il faut reconnaître son ennemi, et l’ennemi pour moi ne se trouve pas dedans, mais de l’autre côté de l’arc-en-ciel.  
Chronique : Zoé Neboit 
]]></description><itunes:summary>
    Le 23 septembre, on est officiellement passés en automne, mais c’était aussi la journée internationale de la visibilité Bi et Zoé, notre déléguée du lobby bi a des choses à nous dire à cette occasion...
    
Si la cishétérosexualité et le lobby LGBTQIA étaient à l’Assemblée nationale, les Bi-e-s seraient un peu comme le MoDem (vous savez le parti de François Bayrou). Ni de droite, ni de gauche mais quand même plutôt à droite. Toujours suspectés d’une trahison qui les feraient passer d’une des deux chaises sur lesquelles leur cul est perpétuellement coincé. Je vous vois venir avec vos petits sourires en coin ! Vous vous dites : encore une chronique de Zoé où elle va essayer de nous faire pleurer sur le sort des bis, sous couvert d’autodérision et des métaphores douteuses. Oui, c’est à peu près ce que je compte faire, parce que c’est ce que je sais faire de mieux.  
Et aujourd’hui, j’aimerais vous parler de Cardi B, de queerbaiting et de quelque chose que j’ai envie d’appeler la mise en scène obligatoire de la sexualité des bi. Il y a quelques semaines, Cardi est épinglée dans un tweet comme faisant partie de « ces célébrités qui ont fait leur coming out bi, mais qui n’ont jamais daté quelqu’un du même genre », aux côtés des infamous Harry Styles, Billie Eilish et Lady Gaga. Des stars qu’on accuse assez souvent de queerbaiting, c’est-à-dire pour celleux qui n’auraient pas la ref, de jouer des codes queer pour attirer le public arc-en-ciel, et ce, en laissant planer le doute sur leur orientation et leur identité. Une bonne petite technique capitaliste en somme. Ce à quoi, Cardi répond : “Je bouffais des bitches avant ta naissance. Désolée de pas avoir des photos dans mon tel pour te le montrer”.  
https://twitter.com/iamcardib/status/1571929213435006976 
Et, je crois que la question qu’il faut se poser, c’est pas, « Cardi mérite-elle son nom ou devrait-elle être renommée Cardi hétéra ? » Parce que, contrairement à Harry Styles, par exemple, dont on se méfie un peu plus chaque jour qui passe où il ne revendique pas sa queerness tout en portant des jupes et du makeup, Cardi B a déjà plusieurs fois publiquement outé sa bisexualité. Du coup, moi je me demande : est-ce que Cardi a eu honte ? S’est-elle sentie obligée de parler de sa vie sexuelle au risque de passer pour une imposteuse ?  
Ce qui m’amène à ce que je veux démontrer. On exige souvent des bis de faire leur preuve en exposant leur intimité, faire son coming out ne suffit plus. Tu aimes brouter du minou ? Prouve-le ! Dis-le ! Montre une photo si possible ! A mon avis, ça va de pair avec une forme d’hypersexualisation des personnes bis, où ça va de soi qu’iels sont des casanovas insatiables, sinon c’est pas des vrai-e-s. (Casanova, une bi icon d’ailleurs). Bon, au fond j’en sais rien, et j’ai l’impression que ma chronique commence à partir dans tous les sens. Mais qu’on le dise : le queerbaiting c’est un vrai problème mais la suspicion qu’on fait souvent planer sur les bis, s’en est un autre. Comme disais l’autre, d’ailleurs, il faut reconnaître son ennemi, et l’ennemi pour moi ne se trouve pas dedans, mais de l’autre côté de l’arc-en-ciel.  
Chronique : Zoé Neboit 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 11 Oct 2022 00:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-la-chronique-de-zoe-84a84654.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-la-chronique-de-zoe-84a84654.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/w0mM-la-chronique-de-zoe-faut-il-renommer-cardi-b-en-cardi-hetera</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-dpreStjpAv.jpg"/></item><item><title>L'édito testo d'Olga : Karine Lemarchand et les P.R.OU.Ts</title><description><![CDATA[
    Ce soir, Olga se tient devant son micro allégé·e d’un sacré poids, celui de feu ses eins, 15 jours après sa mammectomie. Mais bien que soulagé·e d’avoir finalement annoncé ma transition à ses parents, d’être en vie et d’avoir une convalescence facile… une angoisse grandissante écrase encore son torse.
    
Cet été, on a pu remarquer que, contrairement au Lobby, les LGBTQIphobies ne prenaient pas de vacances — preuve s’il en est que leurs portes paroles en tous genres sont bien de droite. Entre la gestion discutable de l’épidémie de Monkey Pox, une élue qui nous appelle OKLM « ces gens-là », un rappeur en mal d’attention qui sort une chanson homophobe au clip homoérotique et, bien sûr, l’attaque du Planning Familial qui a eu l’outrecuidance de rappeler sa mission de soutien à toutes les personnes qui peuvent être enceintes, en plus des femmes cisgenres. 
Et ça, c’est juste ce qui concerne les queers, parce que si on devait aussi lister tous les bails misogynes, racistes, anti-sociaux, anti-écolo et compagnie, on y serait encore demain…   
Bref, on avait hâte de voir arriver l’automne, en espérant que les gugus du gouvernement s’étoufferaient dans leurs cols roulés. C’était sans compter sur le rab qu’on a eu pour la rentrée. Karine Le Marchand, déjà connue pour ses tweets antiféministes, ses propos follophobes et lesbophobes autour de l’Amour est dans le pré et son émission grossophobe sur M6, a décidé de « changer le regard » de manière tout aussi éclatée au sol sur une nouvelle minorité : les personnes trans. Mégenrage, psychiatrisation, parole donnée aux transphobes… tout le bingo y est, sans surprise, vu comme la médiocrité cishétérotoxique est dans l’air du temps actuellement dans l’Hexagone. Et pour ça, on peut entre autres remercier les TERFS et leurs élucubrations réacs, limite complotistes. 
 Pour rappel : les TERFS, ou Trans-exclusionary radical feminist, sont, contrairement à ce que suggère leur dénomination, tout sauf féministes. Nos adelphes anglophones proposent donc à la place l’acronyme FART, qui veut littéralement dire pet, pour feminist appropriating reactionnary transphobic. En français, ça donne PROUT, pour Petite Réactionnaire Ouvertement Transphobe — merci Twitter. 
Cet été, les figures de prout de ce mouvement anti-trans en France, Marguerite Stern et Dora Moutot, ont largement envenimé le harcèlement du Planning Familial. Ce sont les mêmes qui ont comparé l’art des drag queens à la pratique raciste du black face. Et, elles ont aussi déclaré, sous les applaudissements de La Manif pour tous et de toute la réacosphère, qu’une femme était, je cite, « une femelle adulte humaine ». Vraiment, après deux siècles de féminisme, y’a pas d’autre mot qui me vienne que BOUFONNES. Ben ouais, ma sororité de personne transmasculine s’arrête là où commence l’extrême-droite. Une accointance dont le duo se défend, mais quand on tient des propos sur le genre qui sont similaires à ceux de Poutine pour justifier le bien fondé d’annexer 4 régions ukrainiennes pour sa guerre territoriale, ‘faut se poser les bonnes questions. À ce sujet, je vous recommande d’ailleurs l’enquête méticuleusement documentée de Pauline Bock, pour Arrêt sur Image. 
TERF, FART, PROUT, « djendeure critical »… quelle que soit la manière dont on désigne ces activistes, une chose est sûre : au-delà de leur ridicule, elles sont dangereuses. Rappelons qu’au Royaume-Uni, et notamment grâce au soutien médiatique de la TERF suprême JK Rowling, leur acharnement a conduit à l’interdiction des bloqueurs de puberté — alors qu’ils sont totalement réversibles — pour les mineur·e·s trans. Si une marche arrière a depuis été opérée sur cette législation, la souffrance qu’elles ont causé, pour ne pas dire le sang qu’elles ont sur les mains, est bien réelle. Aujourd’hui, en France, ces militantes anti-trans, soutenues par tout le spectre droitard qui rêve de nous voir disparaître, sont en train de gagner du terrain. Elles s’incrustent dans les organisations de lutte contre les discrimination, les ministères, les journaux… Le terrain de nos luttes actuelles se trouve donc précisément ici. 
Nous allons devoir redoubler de vigilance pour ne rien laisser passer ! Signalons systématiquement leurs propos, mais en essayant de céder le moins possible à notre envie légitime de les insulter, car elles se gargarisent du statut de martyr qu’elles s’inventent. Débunkons leurs pseudo sources et leurs méthodes de manipulation — ça, c’est très facile. Soutenons les luttes trans par nos partages, notre présence dans les assos, les manifs, et les cagnottes. Et surtout, surtout, empêchons nos proches et moins proches qui pourraient se laisser séduire par les discours transphobes d’y sombrer, car on ne naît pas TERF, on le devient. 
Chronique : Olga Volfson 
]]></description><itunes:summary>
    Ce soir, Olga se tient devant son micro allégé·e d’un sacré poids, celui de feu ses eins, 15 jours après sa mammectomie. Mais bien que soulagé·e d’avoir finalement annoncé ma transition à ses parents, d’être en vie et d’avoir une convalescence facile… une angoisse grandissante écrase encore son torse.
    
Cet été, on a pu remarquer que, contrairement au Lobby, les LGBTQIphobies ne prenaient pas de vacances — preuve s’il en est que leurs portes paroles en tous genres sont bien de droite. Entre la gestion discutable de l’épidémie de Monkey Pox, une élue qui nous appelle OKLM « ces gens-là », un rappeur en mal d’attention qui sort une chanson homophobe au clip homoérotique et, bien sûr, l’attaque du Planning Familial qui a eu l’outrecuidance de rappeler sa mission de soutien à toutes les personnes qui peuvent être enceintes, en plus des femmes cisgenres. 
Et ça, c’est juste ce qui concerne les queers, parce que si on devait aussi lister tous les bails misogynes, racistes, anti-sociaux, anti-écolo et compagnie, on y serait encore demain…   
Bref, on avait hâte de voir arriver l’automne, en espérant que les gugus du gouvernement s’étoufferaient dans leurs cols roulés. C’était sans compter sur le rab qu’on a eu pour la rentrée. Karine Le Marchand, déjà connue pour ses tweets antiféministes, ses propos follophobes et lesbophobes autour de l’Amour est dans le pré et son émission grossophobe sur M6, a décidé de « changer le regard » de manière tout aussi éclatée au sol sur une nouvelle minorité : les personnes trans. Mégenrage, psychiatrisation, parole donnée aux transphobes… tout le bingo y est, sans surprise, vu comme la médiocrité cishétérotoxique est dans l’air du temps actuellement dans l’Hexagone. Et pour ça, on peut entre autres remercier les TERFS et leurs élucubrations réacs, limite complotistes. 
 Pour rappel : les TERFS, ou Trans-exclusionary radical feminist, sont, contrairement à ce que suggère leur dénomination, tout sauf féministes. Nos adelphes anglophones proposent donc à la place l’acronyme FART, qui veut littéralement dire pet, pour feminist appropriating reactionnary transphobic. En français, ça donne PROUT, pour Petite Réactionnaire Ouvertement Transphobe — merci Twitter. 
Cet été, les figures de prout de ce mouvement anti-trans en France, Marguerite Stern et Dora Moutot, ont largement envenimé le harcèlement du Planning Familial. Ce sont les mêmes qui ont comparé l’art des drag queens à la pratique raciste du black face. Et, elles ont aussi déclaré, sous les applaudissements de La Manif pour tous et de toute la réacosphère, qu’une femme était, je cite, « une femelle adulte humaine ». Vraiment, après deux siècles de féminisme, y’a pas d’autre mot qui me vienne que BOUFONNES. Ben ouais, ma sororité de personne transmasculine s’arrête là où commence l’extrême-droite. Une accointance dont le duo se défend, mais quand on tient des propos sur le genre qui sont similaires à ceux de Poutine pour justifier le bien fondé d’annexer 4 régions ukrainiennes pour sa guerre territoriale, ‘faut se poser les bonnes questions. À ce sujet, je vous recommande d’ailleurs l’enquête méticuleusement documentée de Pauline Bock, pour Arrêt sur Image. 
TERF, FART, PROUT, « djendeure critical »… quelle que soit la manière dont on désigne ces activistes, une chose est sûre : au-delà de leur ridicule, elles sont dangereuses. Rappelons qu’au Royaume-Uni, et notamment grâce au soutien médiatique de la TERF suprême JK Rowling, leur acharnement a conduit à l’interdiction des bloqueurs de puberté — alors qu’ils sont totalement réversibles — pour les mineur·e·s trans. Si une marche arrière a depuis été opérée sur cette législation, la souffrance qu’elles ont causé, pour ne pas dire le sang qu’elles ont sur les mains, est bien réelle. Aujourd’hui, en France, ces militantes anti-trans, soutenues par tout le spectre droitard qui rêve de nous voir disparaître, sont en train de gagner du terrain. Elles s’incrustent dans les organisations de lutte contre les discrimination, les ministères, les journaux… Le terrain de nos luttes actuelles se trouve donc précisément ici. 
Nous allons devoir redoubler de vigilance pour ne rien laisser passer ! Signalons systématiquement leurs propos, mais en essayant de céder le moins possible à notre envie légitime de les insulter, car elles se gargarisent du statut de martyr qu’elles s’inventent. Débunkons leurs pseudo sources et leurs méthodes de manipulation — ça, c’est très facile. Soutenons les luttes trans par nos partages, notre présence dans les assos, les manifs, et les cagnottes. Et surtout, surtout, empêchons nos proches et moins proches qui pourraient se laisser séduire par les discours transphobes d’y sombrer, car on ne naît pas TERF, on le devient. 
Chronique : Olga Volfson 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 11 Oct 2022 00:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-ledito-testo-dolga-k-e8c50b08.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-ledito-testo-dolga-k-e8c50b08.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/x6nq-ledito-testo-dolga-karine-lemarchand-et-les-prouts</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-3dxFzYk8QJ.jpg"/></item><item><title>Margot pousse la chansonnette : Dépression saisonnière</title><description><![CDATA[
    En ce mois d&#039;octobre, Margot referme l&#039;émission en slam, et se replonge dans un autre mois d&#039;octobre, celui de l&#039;année dernière.
    
L’automne arrive, dépression saisonnière 
Le ciel est gris, et ça tape sur mes nerfs 
L’année défile et je sais pas quoi faire 
De mon temps, de ma vie, donc j’vais tout foutre en l’air 
J’ai perdu la tête, j’sais plus comment aimer 
Même si c’est soir de fête, j’ai pas envie de rester 
Les questions se répètent sans être élucidées 
Arrivée sur la crête j’aurais envie de céder 
Mais c’est pas de ma faute, non j’y peux rien 
J’suis tombée là-dedans quand j’étais gamin 
Le problème c’est que sur le bord du chemin 
Je laisse tomber les gens leurs voix et leurs chagrins 
À la recherche du sens, et des plaisirs 
Je tourne je marche je pense à me trahir 
J’écris pour aller mieux, pour me trouver 
Embrasée par le feu, de mes pensées 
À la recherche du sens que je donne à ma vie 
Les blessures que je panse restent toujours à vif 
Tout ça n’est-il qu’un jeu que je pose sur papier 
J’aimerais me connaître un peu mieux que ce qu’on m’a conté 
J’ai pas le chemin 
J’sais pas d’où je viens 
Peu importe ma journée, l’anxiété va rester 
Jusqu’à demain 
Sur le parchemin 
Plus la rage de vaincre 
À quoi bon rester, trop de choses à effacer 
Avant le clap de fin 
Dépression saisonnière, on m’a pas dit laquelle 
Eté automne hiver, et le printemps s’en mêle 
Aujourd’hui c’est l’enfer, dans ma tête pluie et grêle 
J’abandonne mes chimères et c’est toujours pareil 
J’ai passé mon temps à taire mes émotions 
Les reléguer au rang de machinations 
Gouttes de sueur sur les tempes, j’oublie toutes mes passions 
Qu’on me donne des exemples et des indications 
J’me sens toujours de trop, surtout quand y’a personne 
Pas la force de décrocher le téléphone 
Le problème c’est que plus le temps passe plus je façonne 
Un monde fait de faux et j’suis moi-même mon clone 
Si je passe devant, je verrai qu’un mirage 
Encore à contresens, s’emmêlent les images 
Emportées par le vent, j’oublie tous les visages 
J’passe de 0 à 100 dans le dernier virage 
Même si je passe devant, j’me sentirais derrière 
À tout faire comme avant, pas de quoi être fière 
Les aveux pas le temps, un sanglot à travers 
De ma gorge, j’sens les dents et je ferme mes paupières  
J’ai pas le chemin 
J’sais pas d’où je viens 
Peu importe ma journée, l’anxiété va rester 
Jusqu’à demain 
Sur le parchemin 
Plus la rage de vaincre 
À quoi bon rester, trop de choses à effacer 
Avant le clap de fin 
Mes lèvres sont lourdes de mots que je n’émis pas 
Coeur fait des soubresauts c’est son sport de combat 
Les frissons sous la peau ils ne me quitteront pas 
Je repars à zéro chaque matin ici-bas 
Je rêve le jour jusqu’à veiller la nuit 
Les mots d’amour j’les trouverai entre milles 
Prise de court, je sais plus qui je vise 
Plus de détours, faut que j’me lance dans le vide 
L’automne arrive, dépression saisonnière 
Le ciel est gris, et ça tape sur mes nerfs 
L’année défile et je sais pas quoi faire 
De mon temps, de ma vie, donc j’vais tout foutre en l’air 
Chronique : Margot Michel 
]]></description><itunes:summary>
    En ce mois d'octobre, Margot referme l'émission en slam, et se replonge dans un autre mois d'octobre, celui de l'année dernière.
    
L’automne arrive, dépression saisonnière 
Le ciel est gris, et ça tape sur mes nerfs 
L’année défile et je sais pas quoi faire 
De mon temps, de ma vie, donc j’vais tout foutre en l’air 
J’ai perdu la tête, j’sais plus comment aimer 
Même si c’est soir de fête, j’ai pas envie de rester 
Les questions se répètent sans être élucidées 
Arrivée sur la crête j’aurais envie de céder 
Mais c’est pas de ma faute, non j’y peux rien 
J’suis tombée là-dedans quand j’étais gamin 
Le problème c’est que sur le bord du chemin 
Je laisse tomber les gens leurs voix et leurs chagrins 
À la recherche du sens, et des plaisirs 
Je tourne je marche je pense à me trahir 
J’écris pour aller mieux, pour me trouver 
Embrasée par le feu, de mes pensées 
À la recherche du sens que je donne à ma vie 
Les blessures que je panse restent toujours à vif 
Tout ça n’est-il qu’un jeu que je pose sur papier 
J’aimerais me connaître un peu mieux que ce qu’on m’a conté 
J’ai pas le chemin 
J’sais pas d’où je viens 
Peu importe ma journée, l’anxiété va rester 
Jusqu’à demain 
Sur le parchemin 
Plus la rage de vaincre 
À quoi bon rester, trop de choses à effacer 
Avant le clap de fin 
Dépression saisonnière, on m’a pas dit laquelle 
Eté automne hiver, et le printemps s’en mêle 
Aujourd’hui c’est l’enfer, dans ma tête pluie et grêle 
J’abandonne mes chimères et c’est toujours pareil 
J’ai passé mon temps à taire mes émotions 
Les reléguer au rang de machinations 
Gouttes de sueur sur les tempes, j’oublie toutes mes passions 
Qu’on me donne des exemples et des indications 
J’me sens toujours de trop, surtout quand y’a personne 
Pas la force de décrocher le téléphone 
Le problème c’est que plus le temps passe plus je façonne 
Un monde fait de faux et j’suis moi-même mon clone 
Si je passe devant, je verrai qu’un mirage 
Encore à contresens, s’emmêlent les images 
Emportées par le vent, j’oublie tous les visages 
J’passe de 0 à 100 dans le dernier virage 
Même si je passe devant, j’me sentirais derrière 
À tout faire comme avant, pas de quoi être fière 
Les aveux pas le temps, un sanglot à travers 
De ma gorge, j’sens les dents et je ferme mes paupières  
J’ai pas le chemin 
J’sais pas d’où je viens 
Peu importe ma journée, l’anxiété va rester 
Jusqu’à demain 
Sur le parchemin 
Plus la rage de vaincre 
À quoi bon rester, trop de choses à effacer 
Avant le clap de fin 
Mes lèvres sont lourdes de mots que je n’émis pas 
Coeur fait des soubresauts c’est son sport de combat 
Les frissons sous la peau ils ne me quitteront pas 
Je repars à zéro chaque matin ici-bas 
Je rêve le jour jusqu’à veiller la nuit 
Les mots d’amour j’les trouverai entre milles 
Prise de court, je sais plus qui je vise 
Plus de détours, faut que j’me lance dans le vide 
L’automne arrive, dépression saisonnière 
Le ciel est gris, et ça tape sur mes nerfs 
L’année défile et je sais pas quoi faire 
De mon temps, de ma vie, donc j’vais tout foutre en l’air 
Chronique : Margot Michel 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 11 Oct 2022 00:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-margot-pousse-la-cha-717a0e66.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-margot-pousse-la-cha-717a0e66.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/ywoP-margot-pousse-la-chansonnette-depression-saisonniere</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-a2zB40bJFK.jpg"/></item><item><title>L'édito de Victor : « Quelle c*nne je fais ! »</title><description><![CDATA[
    En rentrant de vacances, Victor a rouvert Twitter et Instagram. Bien mal lui en a pris : 10 minutes plus tard, il avait déjà envie de casser son téléphone contre un mur...
    
...oui parce qu&#039;on peut avoir grandi en se sachant une petite pédale et avoir parfois la gestion émotionnelle d’un bully préadolescent. Donc je voudrais ce soir vous parler de deux sujets qui m’ont particulièrement soulés. 
Premier agacement. Sur Twitter la maléfique, plusieurs comptes de meufs, ont lancé un débat qui disait en substance « hey les cis gays vous êtes des gros misogynes parce que vous vous genrez au féminin pour dire des choses négatives ». Bon, la question se pose je suis d’accord, on en a même parlé récemment avec les membres de cette équipe hors antenne. Mais Twitter oblige, tout était ici dans la mesure et aucune ne tentait d’esquisser l’ombre d’une explication. Alors moi je vais vous en livrer quelques unes. 
Premièrement quand on a été, comme c’est le cas pour beaucoup de gays, genré par les autres au féminin pendant une bonne partie de son enfance et adolescence - et évidemment pas pour chanter les louanges de nos qualités de sportives - on a bien le droit à l’âge adulte de se genrer au féminin, même si c’est pour dire des choses négatives. C’est un retournement de stigmate, c’est de l’empouvoirment. 
Deuxièmement, c’est une pratique qui se retrouve majoritairement dans des groupes, et OH WAIT, souvent ils sont constitués de gens qui subissent ou ont subi la même oppression. Donc en plus de retourner cette oppression ils en font une force collective. 
Et troisièmement c’est une pratique que les pédés n’utilisent qu’ENTRE EUX. Avez-vous déjà entendu un gay dire « mon boss est une grosse conne » ou « mon daron, quelle boufonne » ? A priori, non. Et pourquoi ? parce qu’on utilise toujours le féminin pour qualifier des membres de la commu et très souvent d’ailleurs des gens qu’on apprécie. Si c’était dans une intention misogyne ce serait appliqué à TOUS les hommes sur qui on bitch. 
Mon deuxième ulcère a été provoqué par une story qui a beaucoup tourné sur insta et qui se gargarisait d’apporter une définition de la queerness somme toute assez confondante de prétention. On pouvait y lire d’abord que « mettre du vernis le weekend et revenir au travail habillé normalement le lundi ne fait pas de vous un queer », OK, merci de donner les bons et mauvais points René, n’hésite pas à partager le barême la prochaine fois. Ensuite il y avait écrit qu’être queer c’est s’être déjà senti mal à l’aise dans, je cite, un « lieu fréquenté par des mec gay physiquement plaisants ». Putain, quelle conne je fais, je pensais qu’être queer c’était se sentir en décalage par rapport à la cishétéronormativité et en fait rien à voir, c’est être en décalage avec les mecs gays sexy. 
Il y a des soirées où 12 bombes atomiques torses nus se zieutent le nombril dans un coin et où le reste de la basse cour regarde en sachant qu’il ne les toucheront jamais, ben juste moi j’y vais pas à ces soirées, mais c’est un choix. Ca veut pas dire que ce sont des bad gays, que les gens qui y vont ne sont pas assez pédés ou pas assez queer. Et dans l’autre sens m’y sentir mal à l’aise ne fait pas non plus de moi in extenso un queer. Vous aurez donc saisi que j’ai trouvé cette définition tout à fait grotesque… 
Ce qui est le plus agaçant c’est que ces deux petites histoires, ont pour moi la même finalité. En pointant l’autre du doigt, en quête du badge de la meilleure militance, elles prennent le risque de faire imploser la commu juste pour savoir « who’s the perfect queer of all ». 
Et quand on joue trop longtemps à miroir qui est la plus belle, à la fin, on finit par réclamer le cœur de Blanche-Neige. 
Chronique : Victor Samoth-Panetti 
]]></description><itunes:summary>
    En rentrant de vacances, Victor a rouvert Twitter et Instagram. Bien mal lui en a pris : 10 minutes plus tard, il avait déjà envie de casser son téléphone contre un mur...
    
...oui parce qu'on peut avoir grandi en se sachant une petite pédale et avoir parfois la gestion émotionnelle d’un bully préadolescent. Donc je voudrais ce soir vous parler de deux sujets qui m’ont particulièrement soulés. 
Premier agacement. Sur Twitter la maléfique, plusieurs comptes de meufs, ont lancé un débat qui disait en substance « hey les cis gays vous êtes des gros misogynes parce que vous vous genrez au féminin pour dire des choses négatives ». Bon, la question se pose je suis d’accord, on en a même parlé récemment avec les membres de cette équipe hors antenne. Mais Twitter oblige, tout était ici dans la mesure et aucune ne tentait d’esquisser l’ombre d’une explication. Alors moi je vais vous en livrer quelques unes. 
Premièrement quand on a été, comme c’est le cas pour beaucoup de gays, genré par les autres au féminin pendant une bonne partie de son enfance et adolescence - et évidemment pas pour chanter les louanges de nos qualités de sportives - on a bien le droit à l’âge adulte de se genrer au féminin, même si c’est pour dire des choses négatives. C’est un retournement de stigmate, c’est de l’empouvoirment. 
Deuxièmement, c’est une pratique qui se retrouve majoritairement dans des groupes, et OH WAIT, souvent ils sont constitués de gens qui subissent ou ont subi la même oppression. Donc en plus de retourner cette oppression ils en font une force collective. 
Et troisièmement c’est une pratique que les pédés n’utilisent qu’ENTRE EUX. Avez-vous déjà entendu un gay dire « mon boss est une grosse conne » ou « mon daron, quelle boufonne » ? A priori, non. Et pourquoi ? parce qu’on utilise toujours le féminin pour qualifier des membres de la commu et très souvent d’ailleurs des gens qu’on apprécie. Si c’était dans une intention misogyne ce serait appliqué à TOUS les hommes sur qui on bitch. 
Mon deuxième ulcère a été provoqué par une story qui a beaucoup tourné sur insta et qui se gargarisait d’apporter une définition de la queerness somme toute assez confondante de prétention. On pouvait y lire d’abord que « mettre du vernis le weekend et revenir au travail habillé normalement le lundi ne fait pas de vous un queer », OK, merci de donner les bons et mauvais points René, n’hésite pas à partager le barême la prochaine fois. Ensuite il y avait écrit qu’être queer c’est s’être déjà senti mal à l’aise dans, je cite, un « lieu fréquenté par des mec gay physiquement plaisants ». Putain, quelle conne je fais, je pensais qu’être queer c’était se sentir en décalage par rapport à la cishétéronormativité et en fait rien à voir, c’est être en décalage avec les mecs gays sexy. 
Il y a des soirées où 12 bombes atomiques torses nus se zieutent le nombril dans un coin et où le reste de la basse cour regarde en sachant qu’il ne les toucheront jamais, ben juste moi j’y vais pas à ces soirées, mais c’est un choix. Ca veut pas dire que ce sont des bad gays, que les gens qui y vont ne sont pas assez pédés ou pas assez queer. Et dans l’autre sens m’y sentir mal à l’aise ne fait pas non plus de moi in extenso un queer. Vous aurez donc saisi que j’ai trouvé cette définition tout à fait grotesque… 
Ce qui est le plus agaçant c’est que ces deux petites histoires, ont pour moi la même finalité. En pointant l’autre du doigt, en quête du badge de la meilleure militance, elles prennent le risque de faire imploser la commu juste pour savoir « who’s the perfect queer of all ». 
Et quand on joue trop longtemps à miroir qui est la plus belle, à la fin, on finit par réclamer le cœur de Blanche-Neige. 
Chronique : Victor Samoth-Panetti 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 11 Oct 2022 00:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-ledito-de-victor-que-f9b20ad8.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-ledito-de-victor-que-f9b20ad8.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/z6vm-ledito-de-victor-quelle-cnne-je-fais</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-dpreStjpAv.jpg"/></item><item><title>Le Lobby fait sa Pride ! — Partie 3 : Back to back avec Lalla Rami</title><description><![CDATA[
    Troisième et dernière heure de notre émission spéciale Pride en direct de Dobk B à Pantin !
    
Et pour clôturer notre marche des fiertés radiophonique, nous recevons l&#039;artiste trans et marocaine Lalla Rami. Découverte par certains au cabaret, ou alors pour son duo icônique avec Yanis, Lalla Rami nous propose un rap queer aux paroles acérées. Pour cette heure d&#039;émission, elle affronte l&#039;équipe du Lobby dans une compétition de DJ. Qui aura la meilleure playlist ? 
]]></description><itunes:summary>
    Troisième et dernière heure de notre émission spéciale Pride en direct de Dobk B à Pantin !
    
Et pour clôturer notre marche des fiertés radiophonique, nous recevons l'artiste trans et marocaine Lalla Rami. Découverte par certains au cabaret, ou alors pour son duo icônique avec Yanis, Lalla Rami nous propose un rap queer aux paroles acérées. Pour cette heure d'émission, elle affronte l'équipe du Lobby dans une compétition de DJ. Qui aura la meilleure playlist ? 
</itunes:summary><pubDate>Wed, 27 Jul 2022 11:06:56 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-fait-sa-pri-5d6a90ec.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-fait-sa-pri-5d6a90ec.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/pZYp-le-lobby-fait-sa-pride-partie-3-back-to-back-avec-lalla-rami</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-TYQvwvWr67.jpg"/></item><item><title>Le Lobby fait sa Pride ! — Partie 2 : Sur le char du Lobby</title><description><![CDATA[
    Pour sa dernière de la saison, l&#039;équipe du Lobby a célébré la fierté LGBT+ dans une grande Pride radiophonique...
    
Dans cette deuxième heure d&#039;émission, Colin et Victor retrouvent toute la joyeuse équipe de chroniqueureuses de l&#039;émission. Zoé nous parle de sa &quot;période hétéro&quot;, Léone lit de la poésie, Olga casse l&#039;ambiance, Ixpé nous fait découvrir VARTANG en live et Margot nous propose une chronique en musique, et fait gagner des cadeaux au public. 
]]></description><itunes:summary>
    Pour sa dernière de la saison, l'équipe du Lobby a célébré la fierté LGBT+ dans une grande Pride radiophonique...
    
Dans cette deuxième heure d'émission, Colin et Victor retrouvent toute la joyeuse équipe de chroniqueureuses de l'émission. Zoé nous parle de sa "période hétéro", Léone lit de la poésie, Olga casse l'ambiance, Ixpé nous fait découvrir VARTANG en live et Margot nous propose une chronique en musique, et fait gagner des cadeaux au public. 
</itunes:summary><pubDate>Wed, 27 Jul 2022 11:04:17 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-fait-sa-pri-600ab95c.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-fait-sa-pri-600ab95c.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/oZ2B-le-lobby-fait-sa-pride-partie-2-sur-le-char-du-lobby</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-bNga912oUk.jpg"/></item><item><title>Le Lobby fait sa Pride ! — Partie 1 : Le cortège de tête, avec Yanis Khames, Sasha Yaropolskaya et Lesbien Raisonnable</title><description><![CDATA[
    C&#039;est le retour de la Pride radiophonique du Lobby ! Le 22 juin dernier, on vous donnait rendez-vous à Dock B, à Pantin, pour une marche des fiertés rêvée.
    
Dans cette première partie d&#039;émission, on dresse le bilan de notre année militante avec des activistes qui ont marqué l&#039;année : 
— Sasha Yaropolskaya est une activiste transgenre. Journaliste, elle a co-fondé le premier média transféministe XY Media. En début d&#039;année, elle s&#039;est aussi engagée auprès d&#039;Anasse Kazib, candidat malheureux à l&#039;élection présidentielle pour Révolution Permanente. 
— Yanis Khames est l&#039;un des fondateurs de la Pride des banlieues, qui a connu au début du mois de juin sa seconde édition, après une longue coupure due à la pandémie de Covid-19. Il a aussi confondé le collectif Saint-Denis Ville au Coeur.  
— Lesbien Raisonnable est journaliste. De son vrai nom Lauriane Nicol, elle anime depuis quelques années le compte Lesbien Raisonnable. Portée par son succès, elle voit désormais les choses en grand, avec à venir un &quot;Netflix lesbien&quot; et un magazine. 
]]></description><itunes:summary>
    C'est le retour de la Pride radiophonique du Lobby ! Le 22 juin dernier, on vous donnait rendez-vous à Dock B, à Pantin, pour une marche des fiertés rêvée.
    
Dans cette première partie d'émission, on dresse le bilan de notre année militante avec des activistes qui ont marqué l'année : 
— Sasha Yaropolskaya est une activiste transgenre. Journaliste, elle a co-fondé le premier média transféministe XY Media. En début d'année, elle s'est aussi engagée auprès d'Anasse Kazib, candidat malheureux à l'élection présidentielle pour Révolution Permanente. 
— Yanis Khames est l'un des fondateurs de la Pride des banlieues, qui a connu au début du mois de juin sa seconde édition, après une longue coupure due à la pandémie de Covid-19. Il a aussi confondé le collectif Saint-Denis Ville au Coeur.  
— Lesbien Raisonnable est journaliste. De son vrai nom Lauriane Nicol, elle anime depuis quelques années le compte Lesbien Raisonnable. Portée par son succès, elle voit désormais les choses en grand, avec à venir un "Netflix lesbien" et un magazine. 
</itunes:summary><pubDate>Wed, 27 Jul 2022 10:49:40 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-fait-sa-pri-27aac38c.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-fait-sa-pri-27aac38c.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/nR5W-le-lobby-fait-sa-pride-partie-1-le-cortege-de-tete-avec-yanis-khames-sasha-yaropolskaya-et-lesbien-raisonnable</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-CJD8lGwUtc.jpg"/></item><item><title>Daisy Letourneur, elle n'est pas née mec</title><description><![CDATA[
    La joyeuse équipe du Lobby reçoit Daisy Letourneur, journaliste et blogueuse transgenre, à l&#039;occasion de la parution de On ne naît pas mec aux éditions La Découverte.
    

    
        
        
    

En 2017, Daisy Letourneur lance le blog Le Mecxpliqueur, en clin d&#039;oeil au mansplaining, cette pratique typiquement masculine qui consiste à expliquer aux femmes des choses qu&#039;elles savent au moins aussi bien, voire mieux. À l&#039;époque, Daisy Letourneur n&#039;a pas encore amorcé sa transition de genre, mais s&#039;intéresse de près au genre et surtout aux masculinités. 
Quelques années plus tard, Le Mecxpliqueur est devenu La Mecxpliqueuse, et Daisy une fière femme trans et lesbienne. 
Elle vient de publier On ne naît pas mec, un &quot;petit traité féministe sur les masculinités&quot; qui compile les nombreux articles qu&#039;elle a publiés depuis 2017. À coups de dessins humoristiques, d&#039;études sérieuses et de punchlines, elle chamboule nos idées préconçues sur la masculinité et nous invite à la suivre dans un projet bien plus ambitieux que l&#039;égalité femmes-hommes : l&#039;abolition du genre, nécessaire pré-requis à la mise à mort du patriarcat. 

    
        
        
    


    Les chroniques du Lobby
    
Dans son édito, Victor rend hommage à notre émission et notre jolie équipe. 
Margot continue d&#039;expliquer la vie aux hétéros, et aujourd&#039;hui elle s&#039;adresse à ceux qui voudraient la faire entrer dans son boys club. 
Et enfin, dans son édito testo, Olga est vent debout contre la culture du régime, à laquelle iel préfère la culture de Régine. 

    Programmation musicale
    
— Maud Geffray, Way Out (2022) 
— Fishbach, De l&#039;instinct (2022) 
]]></description><itunes:summary>
    La joyeuse équipe du Lobby reçoit Daisy Letourneur, journaliste et blogueuse transgenre, à l'occasion de la parution de On ne naît pas mec aux éditions La Découverte.
    

    
        
        
    

En 2017, Daisy Letourneur lance le blog Le Mecxpliqueur, en clin d'oeil au mansplaining, cette pratique typiquement masculine qui consiste à expliquer aux femmes des choses qu'elles savent au moins aussi bien, voire mieux. À l'époque, Daisy Letourneur n'a pas encore amorcé sa transition de genre, mais s'intéresse de près au genre et surtout aux masculinités. 
Quelques années plus tard, Le Mecxpliqueur est devenu La Mecxpliqueuse, et Daisy une fière femme trans et lesbienne. 
Elle vient de publier On ne naît pas mec, un "petit traité féministe sur les masculinités" qui compile les nombreux articles qu'elle a publiés depuis 2017. À coups de dessins humoristiques, d'études sérieuses et de punchlines, elle chamboule nos idées préconçues sur la masculinité et nous invite à la suivre dans un projet bien plus ambitieux que l'égalité femmes-hommes : l'abolition du genre, nécessaire pré-requis à la mise à mort du patriarcat. 

    
        
        
    


    Les chroniques du Lobby
    
Dans son édito, Victor rend hommage à notre émission et notre jolie équipe. 
Margot continue d'expliquer la vie aux hétéros, et aujourd'hui elle s'adresse à ceux qui voudraient la faire entrer dans son boys club. 
Et enfin, dans son édito testo, Olga est vent debout contre la culture du régime, à laquelle iel préfère la culture de Régine. 

    Programmation musicale
    
— Maud Geffray, Way Out (2022) 
— Fishbach, De l'instinct (2022) 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 24 May 2022 00:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-daisy-letou-478f8d1c.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-daisy-letou-478f8d1c.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/91RD-daisy-letourneur-elle-nest-pas-nee-mec</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-n5xB3QXCKq.jpg"/></item><item><title>6 ans après la loi abolitionniste, où en sont les travailleureuses du sexe ?</title><description><![CDATA[
    Le Lobby ouvre son micro aux travailleureuses du sexe, six ans après la loi renforçant la lutte contre le &quot;système prostitutionnel&quot;.
    
Depuis le 13 avril 2016, le racolage public n&#039;est plus pénalisé. En revanche, ce sont désormais les clients qui le sont. Ce jour-là, une loi souhaitant lutter contre la prostitution en accompagnant les travailleureuses du sexe dans des parcours de sortie de la prostution est promulguée. Ses conséquences sont bien plus vicieuses : une plus grande précarisation, des risques sanitaires plus importants, et une sécurité remise en cause. En 2018 et en 2020, les meutres de Vanesa Campos et de Jessyca Sarmiento, deux travailleuses du sexe transgenres exerçant au bois de Boulogne, l&#039;ont tristement rappelé. 
Six ans et une pandémie plus tard, où en est-on ? 
On en parle avec : 

    
        
        
    


    Références et liens
    
Pour donner au FAST, le fonds d&#039;action sociale trans, c&#039;est ici : https://www.acceptess-t.com/aide-sociale 
Pour participer à la cagnotte afin de permettre à notre chroniquereuse Olga de s&#039;offrir une mammectomie, c&#039;est par là : https://www.leetchi.com/c/mammectomie-olga 
Victor vous recommande la série Heartstopper à voir sur Netflix 
Olga a lu et aimé le livre On ne naît pas mec, de Daisy Letourneur (qu&#039;on suit aussi sur son blog La Mecxpliqueuse) 
Enfin, Margot a regardé Anne+, également sur Netflix, un film très queer adapté d&#039;une websérie néerlandaise 

    Programmation musicale
    
— Rosewater, Mélissa Laveaux &amp;amp; November Ultra — I like it raw, Changeline, à retrouver sur Les Disques du Lobby : https://soundcloud.com/lesdisquesdulobby/changeline-i-like-it-raw-free-download 
]]></description><itunes:summary>
    Le Lobby ouvre son micro aux travailleureuses du sexe, six ans après la loi renforçant la lutte contre le "système prostitutionnel".
    
Depuis le 13 avril 2016, le racolage public n'est plus pénalisé. En revanche, ce sont désormais les clients qui le sont. Ce jour-là, une loi souhaitant lutter contre la prostitution en accompagnant les travailleureuses du sexe dans des parcours de sortie de la prostution est promulguée. Ses conséquences sont bien plus vicieuses : une plus grande précarisation, des risques sanitaires plus importants, et une sécurité remise en cause. En 2018 et en 2020, les meutres de Vanesa Campos et de Jessyca Sarmiento, deux travailleuses du sexe transgenres exerçant au bois de Boulogne, l'ont tristement rappelé. 
Six ans et une pandémie plus tard, où en est-on ? 
On en parle avec : 

    
        
        
    


    Références et liens
    
Pour donner au FAST, le fonds d'action sociale trans, c'est ici : https://www.acceptess-t.com/aide-sociale 
Pour participer à la cagnotte afin de permettre à notre chroniquereuse Olga de s'offrir une mammectomie, c'est par là : https://www.leetchi.com/c/mammectomie-olga 
Victor vous recommande la série Heartstopper à voir sur Netflix 
Olga a lu et aimé le livre On ne naît pas mec, de Daisy Letourneur (qu'on suit aussi sur son blog La Mecxpliqueuse) 
Enfin, Margot a regardé Anne+, également sur Netflix, un film très queer adapté d'une websérie néerlandaise 

    Programmation musicale
    
— Rosewater, Mélissa Laveaux &amp;amp; November Ultra — I like it raw, Changeline, à retrouver sur Les Disques du Lobby : https://soundcloud.com/lesdisquesdulobby/changeline-i-like-it-raw-free-download 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 26 Apr 2022 00:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-six-ans-apr-3f2a92f3.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-six-ans-apr-3f2a92f3.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/OMQR-6-ans-apres-la-loi-abolitionniste-ou-en-sont-les-travailleureuses-du-sexe</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-DAvEylcTPA.jpg"/></item><item><title>Mathilde Forget, de son plein gré</title><description><![CDATA[
    Mathilde Forget est l&#039;invitée du Lobby un an après la parution de son deuxième roman, De mon plein gré.
    
[TW : Viol] 
C&#039;est l&#039;histoire d&#039;une femme violée qui porte plainte comme on confesse un crime. Dans De mon plein gré (Grasset, 2021), Mathilde Forget raconte l&#039;après-viol, la suspicion, la honte, la culpabilité. Elle a aussi raconté son histoire dans un puissant documentaire de France Culture, réalisé par Clémence Allezard. Des espaces en dehors du patriarcat, où la parole des femmes victimes de viol est libre et sans entraves. 
La colère de notre invitée est intacte. Sa légèreté, durement touchée, commence à revenir. Mathilde Forget est dans Le Lobby. 
]]></description><itunes:summary>
    Mathilde Forget est l'invitée du Lobby un an après la parution de son deuxième roman, De mon plein gré.
    
[TW : Viol] 
C'est l'histoire d'une femme violée qui porte plainte comme on confesse un crime. Dans De mon plein gré (Grasset, 2021), Mathilde Forget raconte l'après-viol, la suspicion, la honte, la culpabilité. Elle a aussi raconté son histoire dans un puissant documentaire de France Culture, réalisé par Clémence Allezard. Des espaces en dehors du patriarcat, où la parole des femmes victimes de viol est libre et sans entraves. 
La colère de notre invitée est intacte. Sa légèreté, durement touchée, commence à revenir. Mathilde Forget est dans Le Lobby. 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 29 Mar 2022 00:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-mathilde-fo-78dd3bac.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-mathilde-fo-78dd3bac.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/k8Gv-mathilde-forget-de-son-plein-gre</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-dpreStjpAv.jpg"/></item><item><title>La fête queer est-elle toujours politique ?</title><description><![CDATA[
    Alors que les clubs rouvraient il y a 2 semaines, on se demande ce qu&#039;il advient du monde festif queer...
    
De Stonewall au Pulse en passant par le Pulp, les lieux festifs marquent la communauté LGBT et racontent l&#039;histoire de la lutte pour ses droits. Et aujourd&#039;hui, quelle place pour la fête ? Après deux ans de pandémie, alors que les revendications d&#039;inclusivité sont au plus fort dans la communauté, comment fait-on la fête en restant politique ? 
On en parle avec Rag, DJe et directrice artistique des soirées Wet for me, membre du collectif Barbi(e)Turix, et Benjamin Dufrene, DJ et directeur artistique des Souffleurs (rue de la Verrerie, dans le Marais). 
]]></description><itunes:summary>
    Alors que les clubs rouvraient il y a 2 semaines, on se demande ce qu'il advient du monde festif queer...
    
De Stonewall au Pulse en passant par le Pulp, les lieux festifs marquent la communauté LGBT et racontent l'histoire de la lutte pour ses droits. Et aujourd'hui, quelle place pour la fête ? Après deux ans de pandémie, alors que les revendications d'inclusivité sont au plus fort dans la communauté, comment fait-on la fête en restant politique ? 
On en parle avec Rag, DJe et directrice artistique des soirées Wet for me, membre du collectif Barbi(e)Turix, et Benjamin Dufrene, DJ et directeur artistique des Souffleurs (rue de la Verrerie, dans le Marais). 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 01 Mar 2022 00:00:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-la-fete-que-0565d166.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-la-fete-que-0565d166.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/Mwk1-la-fete-queer-est-elle-toujours-politique</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-u0rPgNpAkc.jpg"/></item><item><title>On fait des sales bruits, des sales nuits avec P.R2B</title><description><![CDATA[
    La fière équipe du Lobby reçoit la chanteuse P.R2B, qui a sorti en octobre son premier album &quot;Rayons Gamma&quot; !
    
De son vrai nom Pauline Rambeau de Baralon, P.R2B grandit à Bourges, dans le Cher. Elle écoute Brigitte Fontaine, Barbara, Mylène Farmer. Très tôt, elle écrit ses premières chansons mais les garde pour elle. En 2017, tout juste diplômée de la Fémis, grande école de cinéma à Paris, elle sort une première chanson, Ocean Forever. Et puis ce sera un premier EP, en septembre 2020, et finalement l&#039;album en octobre dernier, un savant mélange de chanson française et mélancolique, et de tubes énergisants. 
P.R2B sera en concert à la Cigale le 23 mars 2022, mais aussi aux Printemps de Bourges et dans vos festivals cet été avant une tournée à l&#039;automne ! 

    
    



    Programmation musicale
    
— P.R2B, Mélancolie (2020) ; — Lestërr, Mon corps déborde (2021), à écouter sur Les Disques du Lobby 
]]></description><itunes:summary>
    La fière équipe du Lobby reçoit la chanteuse P.R2B, qui a sorti en octobre son premier album "Rayons Gamma" !
    
De son vrai nom Pauline Rambeau de Baralon, P.R2B grandit à Bourges, dans le Cher. Elle écoute Brigitte Fontaine, Barbara, Mylène Farmer. Très tôt, elle écrit ses premières chansons mais les garde pour elle. En 2017, tout juste diplômée de la Fémis, grande école de cinéma à Paris, elle sort une première chanson, Ocean Forever. Et puis ce sera un premier EP, en septembre 2020, et finalement l'album en octobre dernier, un savant mélange de chanson française et mélancolique, et de tubes énergisants. 
P.R2B sera en concert à la Cigale le 23 mars 2022, mais aussi aux Printemps de Bourges et dans vos festivals cet été avant une tournée à l'automne ! 

    
    



    Programmation musicale
    
— P.R2B, Mélancolie (2020) ; — Lestërr, Mon corps déborde (2021), à écouter sur Les Disques du Lobby 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 01 Feb 2022 00:00:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-on-fait-des-a312dad2.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-on-fait-des-a312dad2.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/p8xm-on-fait-des-sales-bruits-des-sales-nuits-avec-pr2b</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-KcSuhbMvCU.jpg"/></item><item><title>2022, l'année du drag français ?</title><description><![CDATA[
    L&#039;équipe du Lobby se retrouve pour fêter dignement la nouvelle année. Avec nous pour prendre de bonnes résolutions, les drag queen Morphine Blaze et Clémence Trü.
    
Après le Royaume-Uni et l&#039;Espagne, la France s&#039;apprête à être le troisième pays européen qui aura sa déclinaison de l&#039;incontournable RuPaul&#039;s Drag Race. L&#039;étape ultime de la mainstreamisation ? On en parle avec deux drag queens, Morphine Blaze et Clémence Trü... 
https://www.instagram.com/p/CWYvDORrNtB/ 
Références citées dans l&#039;émission 
— Le Chant d&#039;Achille, Madeleine Miller, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Christine Auché, Rue Fromentin 
— L&#039;association Gras Politique organise un mercredi et un jeudi sur deux des cours de yoga inclusifs, adaptés à tous les corps, en visio 
]]></description><itunes:summary>
    L'équipe du Lobby se retrouve pour fêter dignement la nouvelle année. Avec nous pour prendre de bonnes résolutions, les drag queen Morphine Blaze et Clémence Trü.
    
Après le Royaume-Uni et l'Espagne, la France s'apprête à être le troisième pays européen qui aura sa déclinaison de l'incontournable RuPaul's Drag Race. L'étape ultime de la mainstreamisation ? On en parle avec deux drag queens, Morphine Blaze et Clémence Trü... 
https://www.instagram.com/p/CWYvDORrNtB/ 
Références citées dans l'émission 
— Le Chant d'Achille, Madeleine Miller, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Christine Auché, Rue Fromentin 
— L'association Gras Politique organise un mercredi et un jeudi sur deux des cours de yoga inclusifs, adaptés à tous les corps, en visio 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 04 Jan 2022 00:00:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-avec-morphi-16b9c0ef.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-avec-morphi-16b9c0ef.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/Qn4M-2022-lannee-du-drag-francais</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-sVcuSiHurG.jpg"/></item><item><title>Le rire est politique, avec Tahnee</title><description><![CDATA[
    Bienvenue dans Le Lobby, merci de déposer vos identités de genre à l&#039;entrée, et si vous avez envie de changer de pronoms pendant l&#039;émission, n&#039;hésitez pas. Ce soir, nous recevions l&#039;humoriste Tahnee.
    
« Il y a des lesbiennes dans la salle ce soir ? », demande Tahnee en préambule de son spectacle de stand-up, qu&#039;elle joue chaque mardi soir à la Comédie des Trois bornes, dans le 11e arrondissement. La jeune femme s&#039;y raconte, comme lesbienne, comme femme noire ayant grandi dans la campagne normande, avec humour et légèreté. Alors qu&#039;elle s&#039;apprête à présider la 4e cérémonie des Out d&#039;Or, elle est l&#039;invitée du Lobby. 

    
    


]]></description><itunes:summary>
    Bienvenue dans Le Lobby, merci de déposer vos identités de genre à l'entrée, et si vous avez envie de changer de pronoms pendant l'émission, n'hésitez pas. Ce soir, nous recevions l'humoriste Tahnee.
    
« Il y a des lesbiennes dans la salle ce soir ? », demande Tahnee en préambule de son spectacle de stand-up, qu'elle joue chaque mardi soir à la Comédie des Trois bornes, dans le 11e arrondissement. La jeune femme s'y raconte, comme lesbienne, comme femme noire ayant grandi dans la campagne normande, avec humour et légèreté. Alors qu'elle s'apprête à présider la 4e cérémonie des Out d'Or, elle est l'invitée du Lobby. 

    
    


</itunes:summary><pubDate>Tue, 07 Dec 2021 00:00:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-le-rire-est-d9751329.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-le-rire-est-d9751329.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/P74y-le-rire-est-politique-avec-tahnee</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-F8T8JoBGQ7.jpg"/></item><item><title>« Free from desire », enquête en territoire asexuel et le festival Chéries-Chéris</title><description><![CDATA[
    Le Lobby, c&#039;est votre dose de queerness mensuelle, avec ce mois-ci le nouveau podcast d&#039;Aline Laurent-Mayard consacré à l&#039;asexualité, et la 27e édition du festival Chéries-Chéris.
    

    
        
        
    

Aline Mayard-Laurent est asexuelle, elle ne ressent que peu ou pas d&#039;attirances sexuelle et romantique. Pourtant, aujourd&#039;hui, elle vient de devenir parent. Dans Free From Desire, son nouveau pocast, elle sort autant un autoportrait intime qu&#039;une invitation à réfléchir à nos propres désirs.  
Free From Desire est une production Paradiso qui s&#039;écoute sur toutes les plateformes de podcast ! 
Le mois de novembre est le mois de la déprime par excellence, mais c&#039;est aussi celui du festival Chéries-Chéris, le festival du film LGBTQ+ de Paris. Avec le délégué général du festival Grégory Tilhac, on dresse un bilan de 26 ans de festival, et on jette un œil à la programmation de cette année ! 
Comme chaque mois, Ixpé des Disques du Lobby vous fera découvrir une nouvelle pépite. Vous pouvez le retrouver sur son SoundCloud : https://soundcloud.com/lesdisquesdulobby 
L&#039;ÉQUIPE — Présentation : Colin Gruel &amp;amp; Victor Samoth-Panetti. Chroniques : Lady Gaza, Margot Michel, Olga Volfson et Ixpé. Réalisation : Margot Page. Réseaux sociaux : Antoine. Retrouvez-nous sur Twitter, Facebook et Instagram, et podcastez-nous sur vos applis (Spotify, Deezer, Apple Podcasts et PodcastAddict) ! 
]]></description><itunes:summary>
    Le Lobby, c'est votre dose de queerness mensuelle, avec ce mois-ci le nouveau podcast d'Aline Laurent-Mayard consacré à l'asexualité, et la 27e édition du festival Chéries-Chéris.
    

    
        
        
    

Aline Mayard-Laurent est asexuelle, elle ne ressent que peu ou pas d'attirances sexuelle et romantique. Pourtant, aujourd'hui, elle vient de devenir parent. Dans Free From Desire, son nouveau pocast, elle sort autant un autoportrait intime qu'une invitation à réfléchir à nos propres désirs.  
Free From Desire est une production Paradiso qui s'écoute sur toutes les plateformes de podcast ! 
Le mois de novembre est le mois de la déprime par excellence, mais c'est aussi celui du festival Chéries-Chéris, le festival du film LGBTQ+ de Paris. Avec le délégué général du festival Grégory Tilhac, on dresse un bilan de 26 ans de festival, et on jette un œil à la programmation de cette année ! 
Comme chaque mois, Ixpé des Disques du Lobby vous fera découvrir une nouvelle pépite. Vous pouvez le retrouver sur son SoundCloud : https://soundcloud.com/lesdisquesdulobby 
L'ÉQUIPE — Présentation : Colin Gruel &amp;amp; Victor Samoth-Panetti. Chroniques : Lady Gaza, Margot Michel, Olga Volfson et Ixpé. Réalisation : Margot Page. Réseaux sociaux : Antoine. Retrouvez-nous sur Twitter, Facebook et Instagram, et podcastez-nous sur vos applis (Spotify, Deezer, Apple Podcasts et PodcastAddict) ! 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 09 Nov 2021 00:00:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-free-from-d-57adb7d5.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-free-from-d-57adb7d5.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/VAR9-free-from-desire-enquete-en-territoire-asexuel-et-le-festival-cheries-cheris</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-bSonrhR7EU.jpg"/></item><item><title>Janis : un itinéraire trans dans le monde féroce de la musique</title><description><![CDATA[
    C&#039;est le grand retour du Lobby, le rendez-vous queer de Radio Campus Paris. Pour notre première émission de la saison, nous recevons Janis, artiste non-binaire, qui s&#039;apprête à sortir un nouvel EP intimiste après une longue absence.
    
Découverte en 2008 sous le nom de Sliimy, elle avait séduit la presse avec sa pop acidulée. Dès l&#039;année suivante, on l&#039;a vue sur scène, en première partie de Britney Spears. C&#039;était il y a 12 ans, et il fallait de solides épaules pour être une personne queer racisée visible. Le temps a passé, Janis a changé, tout comme sa musique. Alors qu&#039;elle vient d&#039;annoncer son coming-out non-binaire, iel s&#039;apprête aussi à sortir un nouvel EP, dont un premier extrait a été révélé il y a deux semaines. Dans Solo, Janis écrit une poignante lettre à son père. 

    RÉFÉRENCES CITÉES DANS L&#039;ÉMISSION
    
- Dans sa chronique Les livres du Lobby, Antoine nous fait entendre un extrait de Pas dire, de Baptiste Théry-Guibert 
- Dans Les Disques du Lobby, Ixpé nous ramène en été avec Gonthier, et son titre endiablé I don&#039;t fit it : https://soundcloud.com/lesdisquesdulobby/gonthier-i-dont-fit-in-premiere 
- À voir sur Netflix, le dessin animé très queer Q-Force : https://www.netflix.com/title/81039557 
- À voir à la Cinémathèque Française, le film Prêtez-moi vos lèvres, de Yann Gonzalez, qui sera diffusé le 15 novembre : https://www.cinematheque.fr/seance/35989.html 
- À lire dans Le Monde, un papier sur le ranch de la licorne obstinée dans le Colorado : https://www.lemonde.fr/international/article/2021/09/20/dans-le-colorado-au-ranch-de-la-licorne-obstinee-les-eleveuses-d-alpagas-sont-transgenres-et-anarchistes_6095253_3210.html 
- Olga nous propose de lire Écologies déviantes : voyage en terres queers (Éditions Cambourakis) de Cyril Lecerf Maupoix : https://www.cambourakis.com/tout/sorcieres/ecologies-deviantes/ 
- Hanane vous invite à Saint-Ouen pour voir le spectacle Lou à l&#039;Espace 1789 : http://www.espace-1789.com/spectacle/lou-de-fran%C3%A7oise-%C3%A0-alice 
- Et puis on va regarder Bilal Hassani dans Danse avec les stars sur TF1 ! 
Vous pouvez aussi écouter le précédent EP de Yanis, L&#039;Heure Bleue, ainsi que l&#039;album de Sliimy, Paint your face, sur les plateformes de streaming ! 
L&#039;ÉQUIPE — Présentation : Colin Gruel &amp;amp; Victor Samoth-Panetti. Chroniques : Lady Gaza, Antoine, Olga Volfson et Ixpé. Réalisation : Margot Page. Réseaux sociaux : Antoine. Retrouvez-nous sur Twitter, Facebook et Instagram, et podcastez-nous sur vos applis (Spotify, Deezer, Apple Podcasts et PodcastAddict) ! 
]]></description><itunes:summary>
    C'est le grand retour du Lobby, le rendez-vous queer de Radio Campus Paris. Pour notre première émission de la saison, nous recevons Janis, artiste non-binaire, qui s'apprête à sortir un nouvel EP intimiste après une longue absence.
    
Découverte en 2008 sous le nom de Sliimy, elle avait séduit la presse avec sa pop acidulée. Dès l'année suivante, on l'a vue sur scène, en première partie de Britney Spears. C'était il y a 12 ans, et il fallait de solides épaules pour être une personne queer racisée visible. Le temps a passé, Janis a changé, tout comme sa musique. Alors qu'elle vient d'annoncer son coming-out non-binaire, iel s'apprête aussi à sortir un nouvel EP, dont un premier extrait a été révélé il y a deux semaines. Dans Solo, Janis écrit une poignante lettre à son père. 

    RÉFÉRENCES CITÉES DANS L'ÉMISSION
    
- Dans sa chronique Les livres du Lobby, Antoine nous fait entendre un extrait de Pas dire, de Baptiste Théry-Guibert 
- Dans Les Disques du Lobby, Ixpé nous ramène en été avec Gonthier, et son titre endiablé I don't fit it : https://soundcloud.com/lesdisquesdulobby/gonthier-i-dont-fit-in-premiere 
- À voir sur Netflix, le dessin animé très queer Q-Force : https://www.netflix.com/title/81039557 
- À voir à la Cinémathèque Française, le film Prêtez-moi vos lèvres, de Yann Gonzalez, qui sera diffusé le 15 novembre : https://www.cinematheque.fr/seance/35989.html 
- À lire dans Le Monde, un papier sur le ranch de la licorne obstinée dans le Colorado : https://www.lemonde.fr/international/article/2021/09/20/dans-le-colorado-au-ranch-de-la-licorne-obstinee-les-eleveuses-d-alpagas-sont-transgenres-et-anarchistes_6095253_3210.html 
- Olga nous propose de lire Écologies déviantes : voyage en terres queers (Éditions Cambourakis) de Cyril Lecerf Maupoix : https://www.cambourakis.com/tout/sorcieres/ecologies-deviantes/ 
- Hanane vous invite à Saint-Ouen pour voir le spectacle Lou à l'Espace 1789 : http://www.espace-1789.com/spectacle/lou-de-fran%C3%A7oise-%C3%A0-alice 
- Et puis on va regarder Bilal Hassani dans Danse avec les stars sur TF1 ! 
Vous pouvez aussi écouter le précédent EP de Yanis, L'Heure Bleue, ainsi que l'album de Sliimy, Paint your face, sur les plateformes de streaming ! 
L'ÉQUIPE — Présentation : Colin Gruel &amp;amp; Victor Samoth-Panetti. Chroniques : Lady Gaza, Antoine, Olga Volfson et Ixpé. Réalisation : Margot Page. Réseaux sociaux : Antoine. Retrouvez-nous sur Twitter, Facebook et Instagram, et podcastez-nous sur vos applis (Spotify, Deezer, Apple Podcasts et PodcastAddict) ! 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 12 Oct 2021 00:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-le-retour-d-4d565ed5.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-le-retour-d-4d565ed5.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/VAM5-janis-un-itineraire-trans-dans-le-monde-feroce-de-la-musique</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-eoVrLWiAVS.jpg"/></item><item><title>Carte blanche à Ixpé des Disques du Lobby</title><description><![CDATA[
    C&#039;est la rentrée avant l&#039;heure dans Le Lobby ! Avant de vous retrouver au grand complet le 12 octobre, on prend exceptionnellement l&#039;antenne, le temps d&#039;une carte blanche avec notre chroniqueur musical Ixpé.
    
Le temps d&#039;une heure d&#039;émission hors-série, Ixpé prend le micro et passe des disques. Ce soir, on écoute donc Eris Drew, Arca, Ttristana, Sateen, VIKKEN, Honey Dijon, Mykki Blanco, Laura Jane Grace, Kim Petras &amp;amp; SOPHIE, Lotic, bell&#039;s roar et Yndi ! 
Retrouvez Ixpé chaque mercredi sur SoundCloud dans Les Disques du Lobby, sa plateforme où il met à l&#039;honneur des artistes LGBTI+ émergent·es. 
Et pour la rentrée du Lobby, ce sera le mardi 12 octobre, à 20 heures et en direct sur Radio Campus Paris ! 
]]></description><itunes:summary>
    C'est la rentrée avant l'heure dans Le Lobby ! Avant de vous retrouver au grand complet le 12 octobre, on prend exceptionnellement l'antenne, le temps d'une carte blanche avec notre chroniqueur musical Ixpé.
    
Le temps d'une heure d'émission hors-série, Ixpé prend le micro et passe des disques. Ce soir, on écoute donc Eris Drew, Arca, Ttristana, Sateen, VIKKEN, Honey Dijon, Mykki Blanco, Laura Jane Grace, Kim Petras &amp;amp; SOPHIE, Lotic, bell's roar et Yndi ! 
Retrouvez Ixpé chaque mercredi sur SoundCloud dans Les Disques du Lobby, sa plateforme où il met à l'honneur des artistes LGBTI+ émergent·es. 
Et pour la rentrée du Lobby, ce sera le mardi 12 octobre, à 20 heures et en direct sur Radio Campus Paris ! 
</itunes:summary><pubDate>Wed, 22 Sep 2021 00:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-carte-blanc-92f06936.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-carte-blanc-92f06936.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/vlz0-carte-blanche-a-ixpe-des-disques-du-lobby</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-BTr1eAYIpg.jpg"/></item><item><title>Le Lobby fait sa Pride ! — « Bébé queer deviendra grand ! » : la chronique de Margot</title><description><![CDATA[
    Pour la marche des fiertés radiophonique du Lobby, Margot est revenue sur son propre et tout récent coming-out.
    

    
        
        
    

Bonsoir, à toutes et à tous. Je suis vraiment ravie d’être là ce soir avec vous parce qu’on a 3h pour parler de nos fiertés, les communiquer, les revendiquer. 
Et je trouve ça génial parce que c’est très nouveau pour moi. C’est la première année que je suis out et ça fait même pas deux ans que je suis out à moi-même. Out à moi même ça veut dire que j’accepte de m’accepter. Et en gros, je sors a peine de la phase bébé queer qui en apprend tous les jours sur soi. Et cette phase d’apprentissage, je ne peux pas m’empêcher de la comparer à une deuxième adolescence. 
C’est donc de mon expérience personnelle dont je vais vous parler ce soir. En même temps, je suis lion, en signe Astro, je pouvais pas parler d’autre chose que de moi quand même. 
« Alors déjà, quand je me suis dit que je vivais comme une deuxieme adolescence, je pensais avoir trouvé la théorie du siècle. Mais… je n’ai rien inventé ! » 
Ce thème est abordé dans pas mal de contenus queers et j’ai trouvé un début d’explication à ça dans Le Génie lesbien d’Alice Coffin. Dans son livre, que dis-je, cette Bible, elle parle d’une adolescence volée. Parce qu’elle n’a pas pu la vivre en tant que lesbienne. Et quand j’ai lu ces mots, adolescence volée, j’ai évidemment fait un tour dans mes souvenirs des années lycées. 
Pour faire simple, il existe un gouffre entre la moi de 2015 et la moi d’aujourd’hui. A l’époque, j’étais entourée d’hétéros. Je ne savais pas ce que c’était être LGBT. Je connaissais même pas l’acronyme complet je pense... Mon éducation m’a pas permis de connaître le monde merveilleux de la queerness assez tôt. 
Pour vous donner une petite idée, au lycée j’étais dans un établissement jésuite. Pour celleux qui ne connaissent pas, c’est une congrégation catholique exclusivement masculine, donc y’a rien qui va. Et pour ajouter un peu de piment, mes parents étaient ambiance drapeaux rose et bleu à la manif pour tous. Autant vous dire que si on m’avait dit « Dans 10 ans t’auras une meuf et tu verras, ça va être super », j’aurais fait une syncope ! Alors que, parallèlement, je me suis bien rendu compte qu’il y avait certains indices quand même… 
Je n’étais pas tellement attirée par les garçons autour de moi. Je ne comprenais pas trop les jeux de séduction dans la cour et quand je regardais un film en famille je m’autorisais JAMAIS à donner mon avis sur les actrices… je peux vous dire que la moi de maintenant comprend TRÈS bien pourquoi j’étais pas dans le délire team Edward team Jacob quand Twilight est sorti… Excusez-moi mais y’avait Ashley Greene et Kristen Stewart dans ce film tout de même ??! Où était la team Bella et la team Alice ? 
« Mais bref, ce retour dans mes souvenirs me fait dire que moi non plus j’ai pas vécu mon adolescence à 15 ans. La bonne nouvelle c’est que je la vis maintenant. » 
Vous allez me dire « t’as plus 15 ans, t’es plus au lycée, c’est pas pareil » C’est un bon point. Mais y’a plein de changements conscients ou inconscients qui se sont opérés, comme une mue. Petit exemple, j’ai les cheveux blond platine depuis deux mois – oui j’ai dit petit exemple, c’est vraiment rien d’incroyable – mais pour moi ça a un peu été un big deal. Tenez-vous bien, j’y réfléchis depuis 2013. Ça fait 8 ans. Depuis que j’ai vu Miley Cyrus péter des murs avec sa wrecking ball. Pareil pour les piercings aux oreilles et les tatouages. Avant je me contentais de me trouver des partenaires percés et tatoués. Et maintenant, pour la première fois, je sens que mon apparence physique est en accord avec ce que je suis à l’intérieur. 
Mais c’est allé plus loin que ca. Y’a eu du changement dans mes relations intimes. En ce moment je suis avec une fille depuis plusieurs mois, ça se passe super bien. et vraiment, notre histoire a commencé comme si on avait 14 ans, en plein voyage scolaire. Je vous pose le décor, on s’est confinées dans une coloc à 4, et on voulait garder ce qui se passait entre nous, pour nous. 
Résultat, on s’envoyait des textos dans la nuit pour savoir si on se rejoignait, avec le stress que quelqu&#039;un se réveille à cause des portes qui grincent et les bruits de pas sur le parquet. On se cachait pour se faire des potibisous dans la cuisine ou dans le couloir. Il y avait vraiment ce frisson de l’interdît et c’était génial. Et je pourrais vous donner des exemples comme ceux-ci pour chaque dimension de ma vie. 
Et c’est aussi pour ça que c’est si important pour moi cette Pride à la radio. Avec ce genre d’émissions, on peut prendre de l’espace et montrer toute la beauté et la diversité de notre communauté. Et c’est l’occasion de dire à toustes nos adelphes que out ou pas, avec une éducation à mille lieux de ce qui les fait kiffer ou pas, iels sont les bienvenues et iels sont valides. Alors pas de souci les bébés queers, mes petits coquelicots, on est dans le même bateau. Continuez votre chemin, tranquillement mais sûrement, parce qu’un jour, bébé queer deviendra grand. 

    Retrouvez notre pride radiophonique en intégralité sur vos applis de podcasts ou sur le site de Radio Campus Paris !
    
]]></description><itunes:summary>
    Pour la marche des fiertés radiophonique du Lobby, Margot est revenue sur son propre et tout récent coming-out.
    

    
        
        
    

Bonsoir, à toutes et à tous. Je suis vraiment ravie d’être là ce soir avec vous parce qu’on a 3h pour parler de nos fiertés, les communiquer, les revendiquer. 
Et je trouve ça génial parce que c’est très nouveau pour moi. C’est la première année que je suis out et ça fait même pas deux ans que je suis out à moi-même. Out à moi même ça veut dire que j’accepte de m’accepter. Et en gros, je sors a peine de la phase bébé queer qui en apprend tous les jours sur soi. Et cette phase d’apprentissage, je ne peux pas m’empêcher de la comparer à une deuxième adolescence. 
C’est donc de mon expérience personnelle dont je vais vous parler ce soir. En même temps, je suis lion, en signe Astro, je pouvais pas parler d’autre chose que de moi quand même. 
« Alors déjà, quand je me suis dit que je vivais comme une deuxieme adolescence, je pensais avoir trouvé la théorie du siècle. Mais… je n’ai rien inventé ! » 
Ce thème est abordé dans pas mal de contenus queers et j’ai trouvé un début d’explication à ça dans Le Génie lesbien d’Alice Coffin. Dans son livre, que dis-je, cette Bible, elle parle d’une adolescence volée. Parce qu’elle n’a pas pu la vivre en tant que lesbienne. Et quand j’ai lu ces mots, adolescence volée, j’ai évidemment fait un tour dans mes souvenirs des années lycées. 
Pour faire simple, il existe un gouffre entre la moi de 2015 et la moi d’aujourd’hui. A l’époque, j’étais entourée d’hétéros. Je ne savais pas ce que c’était être LGBT. Je connaissais même pas l’acronyme complet je pense... Mon éducation m’a pas permis de connaître le monde merveilleux de la queerness assez tôt. 
Pour vous donner une petite idée, au lycée j’étais dans un établissement jésuite. Pour celleux qui ne connaissent pas, c’est une congrégation catholique exclusivement masculine, donc y’a rien qui va. Et pour ajouter un peu de piment, mes parents étaient ambiance drapeaux rose et bleu à la manif pour tous. Autant vous dire que si on m’avait dit « Dans 10 ans t’auras une meuf et tu verras, ça va être super », j’aurais fait une syncope ! Alors que, parallèlement, je me suis bien rendu compte qu’il y avait certains indices quand même… 
Je n’étais pas tellement attirée par les garçons autour de moi. Je ne comprenais pas trop les jeux de séduction dans la cour et quand je regardais un film en famille je m’autorisais JAMAIS à donner mon avis sur les actrices… je peux vous dire que la moi de maintenant comprend TRÈS bien pourquoi j’étais pas dans le délire team Edward team Jacob quand Twilight est sorti… Excusez-moi mais y’avait Ashley Greene et Kristen Stewart dans ce film tout de même ??! Où était la team Bella et la team Alice ? 
« Mais bref, ce retour dans mes souvenirs me fait dire que moi non plus j’ai pas vécu mon adolescence à 15 ans. La bonne nouvelle c’est que je la vis maintenant. » 
Vous allez me dire « t’as plus 15 ans, t’es plus au lycée, c’est pas pareil » C’est un bon point. Mais y’a plein de changements conscients ou inconscients qui se sont opérés, comme une mue. Petit exemple, j’ai les cheveux blond platine depuis deux mois – oui j’ai dit petit exemple, c’est vraiment rien d’incroyable – mais pour moi ça a un peu été un big deal. Tenez-vous bien, j’y réfléchis depuis 2013. Ça fait 8 ans. Depuis que j’ai vu Miley Cyrus péter des murs avec sa wrecking ball. Pareil pour les piercings aux oreilles et les tatouages. Avant je me contentais de me trouver des partenaires percés et tatoués. Et maintenant, pour la première fois, je sens que mon apparence physique est en accord avec ce que je suis à l’intérieur. 
Mais c’est allé plus loin que ca. Y’a eu du changement dans mes relations intimes. En ce moment je suis avec une fille depuis plusieurs mois, ça se passe super bien. et vraiment, notre histoire a commencé comme si on avait 14 ans, en plein voyage scolaire. Je vous pose le décor, on s’est confinées dans une coloc à 4, et on voulait garder ce qui se passait entre nous, pour nous. 
Résultat, on s’envoyait des textos dans la nuit pour savoir si on se rejoignait, avec le stress que quelqu'un se réveille à cause des portes qui grincent et les bruits de pas sur le parquet. On se cachait pour se faire des potibisous dans la cuisine ou dans le couloir. Il y avait vraiment ce frisson de l’interdît et c’était génial. Et je pourrais vous donner des exemples comme ceux-ci pour chaque dimension de ma vie. 
Et c’est aussi pour ça que c’est si important pour moi cette Pride à la radio. Avec ce genre d’émissions, on peut prendre de l’espace et montrer toute la beauté et la diversité de notre communauté. Et c’est l’occasion de dire à toustes nos adelphes que out ou pas, avec une éducation à mille lieux de ce qui les fait kiffer ou pas, iels sont les bienvenues et iels sont valides. Alors pas de souci les bébés queers, mes petits coquelicots, on est dans le même bateau. Continuez votre chemin, tranquillement mais sûrement, parce qu’un jour, bébé queer deviendra grand. 

    Retrouvez notre pride radiophonique en intégralité sur vos applis de podcasts ou sur le site de Radio Campus Paris !
    
</itunes:summary><pubDate>Sun, 04 Jul 2021 12:23:55 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-fait-sa-pri-7183e9eb.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-fait-sa-pri-7183e9eb.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/OMvN-le-lobby-fait-sa-pride-bebe-queer-deviendra-grand-la-chronique-de-margot</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-FcucGSWDDJ.jpg"/></item><item><title>Le Lobby fait sa Pride ! — « Audre Lorde, Sarah, Chloé et moi » par Lady Gaza</title><description><![CDATA[
    À l&#039;occasion de la marche des fiertés radiophonique du Lobby, Lady Gaza a adressé une lettre bouleversante à Audre Lorde, figure lesbienne du mouvement pour les droits civiques aux États-Unis.
    

    
        
        
    

Salut Audre. Moi c’est Lady Gaza. Comme toi, je suis lesbienne, racisée, de milieu populaire et maman, révolutionnaire. Je ne suis pas poète, mais chanteuse. 
Il y a eu une pride radicale à paris le 20 juin, et il pleuvait des queers racisé.e.s. Je voulais te raconter à quel point c’est vivifiant de voir cette force des racisées queers, quand tu sais la douleur que ça a été de se sentir seule dans ce placard. J’étais prise en étau entre la peur de l’exclusion familiale et le racisme des milieux queers et révolutionnaires. 
Et Je te dis merci Audre. Merci, car pendant 10 ans,  tu as fait partie de mes 2 ami.e.s queers racisé.e.s. 
Tes textes me percutaient… J’en pleurais car je me demandais comment une femme, afroaméricaine pouvait autant comprendre les contradictions que nous vivions, dans l’intimité, mais aussi dans ce monde politique brutal, petit bourge et raciste. 
Tu comprends comme jamais cette colère due à notre déshumanisation permanente. Tu nous pousses à transformer cette colère. Tu nous pousses à retirer le masque de cette colère qui nous défigure. Tu nous pousses à en faire un cri de fierté et d’organisation. 
Depuis, je nous imagine boire des thés pendant des heures. 
Je te raconterais la soirée à la Flèche d’or entre queers racisé.e.s. Je débrieferai des heures, la soirées Trace Ta voix, où on mélange tous nos mondes. Ou encore, mon concert d’hier en pleine cité de Créteil, avec des chibanis et chibanias, et où on me présente en assumant que le combat pour nos droits LGBTQI+ est une lutte commune… Je te partagerai les confidences touchantes, rageantes et drôles des bébés lesbiennes. Elles ont 17, 18 ans. Pendant que je faisais la dame du CDI, j’entends une conversation entre plusieurs lycéennes. Une élève, qui porte le voile, conseille son amie lesbienne «  attention, t’es sûre que ce n’est pas une hetéro curieuse ? » et voilà quelles ricanent, se taillent entre elles, se soutiennent. S’aiment. Elles s&#039;aiment. Je n’oublie pas nos réunion entre Femmes en lutte 93 et les femmes sans papiers de ST Denis, où on apprend à s’entendre et se soutenir. Ou on finit par faire des manifs avec des copines d’ Accepetess-T en plein St Denis, où une daronne de 70 ans fait un dying avec une femme Trans qui porte sa croix ! Jamais, je n’aurais cru vivre ça, et pourtant, si.Tout ça on y contribue, j’y contribue, et j’en suis fière. 
Après je te saoulerais comme une amie qui a besoin d’être rassurée en permanence. 
J’aurais besoin de ton aide pour gérer le revers de la médaille. Ce masque que je me suis mise depuis les premières agressions racistes que j’ai subi dès mon enfance, autour de 11 ans, où une femme a failli m’écraser en voiture,  en me hurlant « sale arabe ». Ce masque de « mais si regardez, je suis sympa, n’ayez pas peur de moi, aimez moi. » J’étais une vraie mendiante de leur amour, de leur respect. Ce masque ne m’a jamais quitté, jusque dans les organisations militantes où je suis. Et je veux m’en défaire. Malgré la férocité que ça déclenche. Malgré le fait que plus on affirme notre pouvoir et notre parole, et plus la réaction en face est violente. A la soirée à La flèche d’or, très vite, les langues se délient. « Même en manif, alors que la pride est antiraciste et anticapitaliste, je subis le racisme… ». Je pense à cette magnifique femme arabe, qui nous raconte, blessée et blasée, que pendant la manif, elle discutait avec une amie, et qu’une amie blanche de son amie (vous suivez ? ) est venue pour s’assurer qu’elles n’étaient pas en embrouille…. Cette image de nous, toujours agressives, toujours en colère, toujours dans une sorte d’animalité, elle est insupportable. 
Ce qui me fait le plus mal c’est pourquoi, pourquoi, pourquoi, on ne m’accorde jamais le bénéfice du doute, la chance de réparer mes erreurs. 
Pourquoi je ne réveille pas la même empathie qu’une Sarah, qu’une Chloé blanche? Pourquoi, on me dénie en permanence mon humanité ? Mêmes les personnes racisé.e.s n’arrivent pas spontanément à nous choisir, à se choisir… Ca a un coût, je perds aussi des personnes racisé.e.s qui me trouvent « trop radicales ». Je ne susciterais jamais l’empathie  et le respect que je mérite. Mais je ne ferais plus de compromis sur nous-même. 
Et toi Audre, tu nous balances tes conseils, telle la grand-mère feuillage des queers racisé•e.s : 
«J’ai appris à exprimer ma colère, pour ma propre croissance.» MEUFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFF !! 
Tu nous balances des punchlines poétiques à base de « transformer le silence en parole et en actes » 
MEUUFFFFFFFFFFFFF, mais comment on fait ça ? 
...Ou encore « Le silence ne nous protègera pas », mais comment on fait ça ? 
Non je plaisante. Merci Audre d’être ma BFF de l’au-delà. Grâce à toi, j’ai compris que « la colère, c’est un réactivateur de dignité ». Que la colère, c’est le signal que ton corps t’envoie face au danger. Je sors abîmée de 20 ans de militantisme où je me sentais en danger, prise pour cible, ni vue, ni entendue mais la parfaite caution arabe des quartiers… 
Tu nous apprends que cette colère, elle est magnifique. C’est ce qui a fait que nos autres BFF de l’au-delà, Marcha, Sylvia et les autres, ont décidé de ne plus laisser les flics les humilier, en pleine veillée funèbre pour leur ami. Cette colère a permis la création de cette pride, sans laquelle nous ne serions pas là aujourd’hui. 
Cette colère a permis de reprendre du pouvoir sur nos vies. Notre colère, quand elle est maîtrisée, collective et dirigée contre les oppresseurs et exploiteurs, c’est un feu d’artifice. Elle répare, elle emmène la justice, la dignité… 
Alors pour finir, je vais faire ma propre prise de parole de Pride, allez filez moi un mégaphone ! 
Merci au Lobby. Ces dernières années ont été éprouvantes pour moi, avec le processus PMA, être une mère sociale, et une féministe ancrée dans les Quartiers Populaires, les violences du milieu militant. Ma dépression a été gigantesque. J’ai cru crever à des moments cette année. 
Merci donc du fonds du cœur, d’avoir été un des lieux qui m’a permis de transformer cette colère en paroles et en actes. Merci aux survivantes de Femmes en lutte 93, mes amies, ma mif, ma collègue. Et Sy. Notre rencontre entre deux racisé.e.s de quartiers, perdu.e.s dans le milieu queer, a été une force, qui nous as donné beaucoup, jusqu’à la terreur de 2 ans qui colonise notre lit. 
Je n’ai jamais cessé de construire quand on n’a fait que m’entraver, avec des chaînes, qui ne m’appartiennent pas. Ce soir, Je vous rends ces chaînes, je vous rends ce masque. Je ne serais plus une mendiante de l’amour et du respect individuel et militant. 
Cette colère, c’est ma boussole politique. Elle me rappelle que je n’étais pas censée survivre. Mais je suis là... Digne, Debout, en vie, en voix, malgré les pertes et les cicatrices. 

    Retrouvez notre Pride radiophonique en intégralité sur toutes vos applications de podcasts ou bien sur le site de Radio Campus Paris.
    
]]></description><itunes:summary>
    À l'occasion de la marche des fiertés radiophonique du Lobby, Lady Gaza a adressé une lettre bouleversante à Audre Lorde, figure lesbienne du mouvement pour les droits civiques aux États-Unis.
    

    
        
        
    

Salut Audre. Moi c’est Lady Gaza. Comme toi, je suis lesbienne, racisée, de milieu populaire et maman, révolutionnaire. Je ne suis pas poète, mais chanteuse. 
Il y a eu une pride radicale à paris le 20 juin, et il pleuvait des queers racisé.e.s. Je voulais te raconter à quel point c’est vivifiant de voir cette force des racisées queers, quand tu sais la douleur que ça a été de se sentir seule dans ce placard. J’étais prise en étau entre la peur de l’exclusion familiale et le racisme des milieux queers et révolutionnaires. 
Et Je te dis merci Audre. Merci, car pendant 10 ans,  tu as fait partie de mes 2 ami.e.s queers racisé.e.s. 
Tes textes me percutaient… J’en pleurais car je me demandais comment une femme, afroaméricaine pouvait autant comprendre les contradictions que nous vivions, dans l’intimité, mais aussi dans ce monde politique brutal, petit bourge et raciste. 
Tu comprends comme jamais cette colère due à notre déshumanisation permanente. Tu nous pousses à transformer cette colère. Tu nous pousses à retirer le masque de cette colère qui nous défigure. Tu nous pousses à en faire un cri de fierté et d’organisation. 
Depuis, je nous imagine boire des thés pendant des heures. 
Je te raconterais la soirée à la Flèche d’or entre queers racisé.e.s. Je débrieferai des heures, la soirées Trace Ta voix, où on mélange tous nos mondes. Ou encore, mon concert d’hier en pleine cité de Créteil, avec des chibanis et chibanias, et où on me présente en assumant que le combat pour nos droits LGBTQI+ est une lutte commune… Je te partagerai les confidences touchantes, rageantes et drôles des bébés lesbiennes. Elles ont 17, 18 ans. Pendant que je faisais la dame du CDI, j’entends une conversation entre plusieurs lycéennes. Une élève, qui porte le voile, conseille son amie lesbienne «  attention, t’es sûre que ce n’est pas une hetéro curieuse ? » et voilà quelles ricanent, se taillent entre elles, se soutiennent. S’aiment. Elles s'aiment. Je n’oublie pas nos réunion entre Femmes en lutte 93 et les femmes sans papiers de ST Denis, où on apprend à s’entendre et se soutenir. Ou on finit par faire des manifs avec des copines d’ Accepetess-T en plein St Denis, où une daronne de 70 ans fait un dying avec une femme Trans qui porte sa croix ! Jamais, je n’aurais cru vivre ça, et pourtant, si.Tout ça on y contribue, j’y contribue, et j’en suis fière. 
Après je te saoulerais comme une amie qui a besoin d’être rassurée en permanence. 
J’aurais besoin de ton aide pour gérer le revers de la médaille. Ce masque que je me suis mise depuis les premières agressions racistes que j’ai subi dès mon enfance, autour de 11 ans, où une femme a failli m’écraser en voiture,  en me hurlant « sale arabe ». Ce masque de « mais si regardez, je suis sympa, n’ayez pas peur de moi, aimez moi. » J’étais une vraie mendiante de leur amour, de leur respect. Ce masque ne m’a jamais quitté, jusque dans les organisations militantes où je suis. Et je veux m’en défaire. Malgré la férocité que ça déclenche. Malgré le fait que plus on affirme notre pouvoir et notre parole, et plus la réaction en face est violente. A la soirée à La flèche d’or, très vite, les langues se délient. « Même en manif, alors que la pride est antiraciste et anticapitaliste, je subis le racisme… ». Je pense à cette magnifique femme arabe, qui nous raconte, blessée et blasée, que pendant la manif, elle discutait avec une amie, et qu’une amie blanche de son amie (vous suivez ? ) est venue pour s’assurer qu’elles n’étaient pas en embrouille…. Cette image de nous, toujours agressives, toujours en colère, toujours dans une sorte d’animalité, elle est insupportable. 
Ce qui me fait le plus mal c’est pourquoi, pourquoi, pourquoi, on ne m’accorde jamais le bénéfice du doute, la chance de réparer mes erreurs. 
Pourquoi je ne réveille pas la même empathie qu’une Sarah, qu’une Chloé blanche? Pourquoi, on me dénie en permanence mon humanité ? Mêmes les personnes racisé.e.s n’arrivent pas spontanément à nous choisir, à se choisir… Ca a un coût, je perds aussi des personnes racisé.e.s qui me trouvent « trop radicales ». Je ne susciterais jamais l’empathie  et le respect que je mérite. Mais je ne ferais plus de compromis sur nous-même. 
Et toi Audre, tu nous balances tes conseils, telle la grand-mère feuillage des queers racisé•e.s : 
«J’ai appris à exprimer ma colère, pour ma propre croissance.» MEUFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFF !! 
Tu nous balances des punchlines poétiques à base de « transformer le silence en parole et en actes » 
MEUUFFFFFFFFFFFFF, mais comment on fait ça ? 
...Ou encore « Le silence ne nous protègera pas », mais comment on fait ça ? 
Non je plaisante. Merci Audre d’être ma BFF de l’au-delà. Grâce à toi, j’ai compris que « la colère, c’est un réactivateur de dignité ». Que la colère, c’est le signal que ton corps t’envoie face au danger. Je sors abîmée de 20 ans de militantisme où je me sentais en danger, prise pour cible, ni vue, ni entendue mais la parfaite caution arabe des quartiers… 
Tu nous apprends que cette colère, elle est magnifique. C’est ce qui a fait que nos autres BFF de l’au-delà, Marcha, Sylvia et les autres, ont décidé de ne plus laisser les flics les humilier, en pleine veillée funèbre pour leur ami. Cette colère a permis la création de cette pride, sans laquelle nous ne serions pas là aujourd’hui. 
Cette colère a permis de reprendre du pouvoir sur nos vies. Notre colère, quand elle est maîtrisée, collective et dirigée contre les oppresseurs et exploiteurs, c’est un feu d’artifice. Elle répare, elle emmène la justice, la dignité… 
Alors pour finir, je vais faire ma propre prise de parole de Pride, allez filez moi un mégaphone ! 
Merci au Lobby. Ces dernières années ont été éprouvantes pour moi, avec le processus PMA, être une mère sociale, et une féministe ancrée dans les Quartiers Populaires, les violences du milieu militant. Ma dépression a été gigantesque. J’ai cru crever à des moments cette année. 
Merci donc du fonds du cœur, d’avoir été un des lieux qui m’a permis de transformer cette colère en paroles et en actes. Merci aux survivantes de Femmes en lutte 93, mes amies, ma mif, ma collègue. Et Sy. Notre rencontre entre deux racisé.e.s de quartiers, perdu.e.s dans le milieu queer, a été une force, qui nous as donné beaucoup, jusqu’à la terreur de 2 ans qui colonise notre lit. 
Je n’ai jamais cessé de construire quand on n’a fait que m’entraver, avec des chaînes, qui ne m’appartiennent pas. Ce soir, Je vous rends ces chaînes, je vous rends ce masque. Je ne serais plus une mendiante de l’amour et du respect individuel et militant. 
Cette colère, c’est ma boussole politique. Elle me rappelle que je n’étais pas censée survivre. Mais je suis là... Digne, Debout, en vie, en voix, malgré les pertes et les cicatrices. 

    Retrouvez notre Pride radiophonique en intégralité sur toutes vos applications de podcasts ou bien sur le site de Radio Campus Paris.
    
</itunes:summary><pubDate>Mon, 28 Jun 2021 19:41:06 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-fait-sa-pri-49b25e66.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-fait-sa-pri-49b25e66.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/ANLz-le-lobby-fait-sa-pride-audre-lorde-sarah-chloe-et-moi-par-lady-gaza</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-195PiuvB2K.jpg"/></item><item><title>Le Lobby fait sa Pride ! — La chronique musico-militante d'Alexandra</title><description><![CDATA[
    À l&#039;occasion de la Pride radiophonique du Lobby, Alexandra Delbot nous propose une chronique militante tout en musique, avec des chansons qui ont jalonné l’histoire de luttes des droits LGBT+.
    
Des chansons teintées de récits personnels, qui se mêlent avec l’acquisition de nouveaux droits tout au long de l’histoire des luttes LGBT+. Des corps, des identités, des revendications, une parenthèse musico-militante... 
Et cela commence dès les années 20, avec Ma Rainey, Gestrude ‘ma’ Rainey. Elle est surnommée la mère du blues. Elle chante sa fierté d’être noire et indépendante, réclame les mêmes droits et le même salaire que les hommes et se revendique haut et fort bisexuelle. Dans Prove it on me, Prouvez-le en anglais, elle met au défi les autorités de prouver qu’elle est homosexuelle, une véritable provocation pour l’époque. Et le texte lui même n’use pas de métaphore, elle affirme ne pas aimer les hommes, être amoureuse d’une femme, et de l’assumer. C’est ici la première chanson, le premier hymne qui traite ouvertement de l’homosexualité féminine. 

    Prove it on me - Ma Rainey
    

    
    


Mais c’est l’un des rares textes du genre. Si l’homosexualité masculine a été chanté sans détour, l’amour entre femmes se fait rare dans la chanson. Mis à part Mécano et leur chanson une femme avec une femme, difficile d’en citer une. 
Les auteurs et autrices se camouflent derrière quelques phrases, comme dans maman a tort de mylène farmer, je cite : trois, l’infirmière pleure, quatre je l’aime” ou encore dans les doigts de Françoise Hardy : quand je t’apprends sur le bout de mes doigts écrite par la guitariste brésilienne Tuca, ouvertement lesbienne. Mais certaines chansons lesbiennes se cachent parfois derrière des hits comme Joe Le Taxi. 

    Joe Le Taxi - Vanessa Paradis
    

    
    


Car Joe n’est pas un homme, non. Joe est Maria-José Leao Dos Santos, organisatrice de soirées lesbiennes. Elle fut taxi dans les années 80. Seule phrase qui permet de le deviner, “&quot;Vas-y Joe, Vas-y fonce, dans la nuit vers l&#039; Amazone&quot; rouler vers l’amazone, comprenez vers les femmes. 
Depuis les années 80, les histoires d’amour homosexuelles se font plus nombreuses sur nos ondes… Mais les droits LGBT ne sont pas équivalents à travers le globe. Par exemple, au Liban, être queer reste un parcours du combattant, l’homosexualité toujours perçue comme un crime. Pour marquer leur opposition, le groupe Mashrou Leila parle régulièrement de drogue et de sexualité, en s’attirant les foudres d’un pays conservateur. Mais ils utilisent quelques subterfuges… Dans leur chanson Shim el Yasmine, littéralement sent le jasmin, le groupe utilise l&#039;ambiguïté de l’arabe libanis traditionnel qui n’utilise pas de pronom genré, pour conter une histoire d’amour entre hommes. 

    Shim el yasmine - Mashrou Leila
    

    
    


Mais il n’y a pas que des chanteurs et chanteuses qui s’emparent de la musique pour chanter l’amour libre, il y a aussi des militantes. Et voici une petite pépite : Françoise d’Eaubonne, militante emblématique du droit des femmes, philosophe et essayiste, cofondatrice du MLF compose une chanson pour le FHAR, le front homosexuel d’action révolutionnaire. Un hymne sur l’air de Mauvaise réputation de Brassens, chanté pour la première fois lors de la manifestation du 1er Mai 1971, les paroles sont savoureuses. 

     Le Chant du FHAR - Françoise d’Eaubonne
    
https://vimeo.com/254181255 
L’histoire de la lutte LGBT+ est aussi une histoire d’identité et de corps. La question de la transidentité à quelques fois été abordée, et décrit des parcours de vie, c’est le cas d&#039;Anonhi Hegarty du groupe Antony and the Johnsons, avec sa voix si particulière. La voici dans sa chanson “For today i am a boy” où elle raconte que s un jour, elle le sait, elle grandira, et qu’elle deviendra une belle femme, mais que pour l’instant elle n’est encore qu’un garçon. 

    For today I am a boy - Anthony and the Johnsons
    
D’autres chanteurs et chanteuses se sont engagés pour l’acquisition de nouveaux droits, et les revendications peuvent être joyeuses. Je ne résiste pas à l’envie de vous passer Anne Sylvestre. Nous sommes en 2007, donc 5 ans avant l’adoption du mariage pour tous et toutes, elle chante gay gay marions nous, où deux voisines d&#039;un certain âge décident de convoler en justes noces, même si « ça va pas plaire au pape ». 

    Gay gay marions-nous - Anne sylvestre
    

    
    


Je ne peux pas terminer cette chronique sans parler sans parler des balls et du voguing, Popularisé par le titre Vogue de Madonna, les ballrooms sont des lieux d’émancipation et de liberté car derrière ces compétitions et affrontements se cachaient surtout des familles alternatives pour de nombreuses jeunes noirs et latinos queer, complétement rejetées par leur famille. 
Mon dernier cadeau de la soirée est une musique entrainante, Nails, Hair, Hips, Heels de Todrick Hall. 
Allez, strike a pose ! 

    Nails, Hair, Hips, Heels - Todrick Hall
    

    
    


Pour aller un peu plus loin en musique : la formidable série musicale d’été de Natacha Triou faire tomber les genres, des libérations sexuelles musique en 5 épisodes sur France Culture et le livre “Les dessous lesbiens de la chanson” de Léa Lootgieter et Pauline Paris aux éditions iXè. 
]]></description><itunes:summary>
    À l'occasion de la Pride radiophonique du Lobby, Alexandra Delbot nous propose une chronique militante tout en musique, avec des chansons qui ont jalonné l’histoire de luttes des droits LGBT+.
    
Des chansons teintées de récits personnels, qui se mêlent avec l’acquisition de nouveaux droits tout au long de l’histoire des luttes LGBT+. Des corps, des identités, des revendications, une parenthèse musico-militante... 
Et cela commence dès les années 20, avec Ma Rainey, Gestrude ‘ma’ Rainey. Elle est surnommée la mère du blues. Elle chante sa fierté d’être noire et indépendante, réclame les mêmes droits et le même salaire que les hommes et se revendique haut et fort bisexuelle. Dans Prove it on me, Prouvez-le en anglais, elle met au défi les autorités de prouver qu’elle est homosexuelle, une véritable provocation pour l’époque. Et le texte lui même n’use pas de métaphore, elle affirme ne pas aimer les hommes, être amoureuse d’une femme, et de l’assumer. C’est ici la première chanson, le premier hymne qui traite ouvertement de l’homosexualité féminine. 

    Prove it on me - Ma Rainey
    

    
    


Mais c’est l’un des rares textes du genre. Si l’homosexualité masculine a été chanté sans détour, l’amour entre femmes se fait rare dans la chanson. Mis à part Mécano et leur chanson une femme avec une femme, difficile d’en citer une. 
Les auteurs et autrices se camouflent derrière quelques phrases, comme dans maman a tort de mylène farmer, je cite : trois, l’infirmière pleure, quatre je l’aime” ou encore dans les doigts de Françoise Hardy : quand je t’apprends sur le bout de mes doigts écrite par la guitariste brésilienne Tuca, ouvertement lesbienne. Mais certaines chansons lesbiennes se cachent parfois derrière des hits comme Joe Le Taxi. 

    Joe Le Taxi - Vanessa Paradis
    

    
    


Car Joe n’est pas un homme, non. Joe est Maria-José Leao Dos Santos, organisatrice de soirées lesbiennes. Elle fut taxi dans les années 80. Seule phrase qui permet de le deviner, “"Vas-y Joe, Vas-y fonce, dans la nuit vers l' Amazone" rouler vers l’amazone, comprenez vers les femmes. 
Depuis les années 80, les histoires d’amour homosexuelles se font plus nombreuses sur nos ondes… Mais les droits LGBT ne sont pas équivalents à travers le globe. Par exemple, au Liban, être queer reste un parcours du combattant, l’homosexualité toujours perçue comme un crime. Pour marquer leur opposition, le groupe Mashrou Leila parle régulièrement de drogue et de sexualité, en s’attirant les foudres d’un pays conservateur. Mais ils utilisent quelques subterfuges… Dans leur chanson Shim el Yasmine, littéralement sent le jasmin, le groupe utilise l'ambiguïté de l’arabe libanis traditionnel qui n’utilise pas de pronom genré, pour conter une histoire d’amour entre hommes. 

    Shim el yasmine - Mashrou Leila
    

    
    


Mais il n’y a pas que des chanteurs et chanteuses qui s’emparent de la musique pour chanter l’amour libre, il y a aussi des militantes. Et voici une petite pépite : Françoise d’Eaubonne, militante emblématique du droit des femmes, philosophe et essayiste, cofondatrice du MLF compose une chanson pour le FHAR, le front homosexuel d’action révolutionnaire. Un hymne sur l’air de Mauvaise réputation de Brassens, chanté pour la première fois lors de la manifestation du 1er Mai 1971, les paroles sont savoureuses. 

     Le Chant du FHAR - Françoise d’Eaubonne
    
https://vimeo.com/254181255 
L’histoire de la lutte LGBT+ est aussi une histoire d’identité et de corps. La question de la transidentité à quelques fois été abordée, et décrit des parcours de vie, c’est le cas d'Anonhi Hegarty du groupe Antony and the Johnsons, avec sa voix si particulière. La voici dans sa chanson “For today i am a boy” où elle raconte que s un jour, elle le sait, elle grandira, et qu’elle deviendra une belle femme, mais que pour l’instant elle n’est encore qu’un garçon. 

    For today I am a boy - Anthony and the Johnsons
    
D’autres chanteurs et chanteuses se sont engagés pour l’acquisition de nouveaux droits, et les revendications peuvent être joyeuses. Je ne résiste pas à l’envie de vous passer Anne Sylvestre. Nous sommes en 2007, donc 5 ans avant l’adoption du mariage pour tous et toutes, elle chante gay gay marions nous, où deux voisines d'un certain âge décident de convoler en justes noces, même si « ça va pas plaire au pape ». 

    Gay gay marions-nous - Anne sylvestre
    

    
    


Je ne peux pas terminer cette chronique sans parler sans parler des balls et du voguing, Popularisé par le titre Vogue de Madonna, les ballrooms sont des lieux d’émancipation et de liberté car derrière ces compétitions et affrontements se cachaient surtout des familles alternatives pour de nombreuses jeunes noirs et latinos queer, complétement rejetées par leur famille. 
Mon dernier cadeau de la soirée est une musique entrainante, Nails, Hair, Hips, Heels de Todrick Hall. 
Allez, strike a pose ! 

    Nails, Hair, Hips, Heels - Todrick Hall
    

    
    


Pour aller un peu plus loin en musique : la formidable série musicale d’été de Natacha Triou faire tomber les genres, des libérations sexuelles musique en 5 épisodes sur France Culture et le livre “Les dessous lesbiens de la chanson” de Léa Lootgieter et Pauline Paris aux éditions iXè. 
</itunes:summary><pubDate>Sun, 27 Jun 2021 14:53:03 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-fait-sa-pri-1b3df29c.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-fait-sa-pri-1b3df29c.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/zv88-le-lobby-fait-sa-pride-la-chronique-musico-militante-dalexandra</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-7vfaec5jio.jpg"/></item><item><title>Le Lobby fait sa Pride ! — Partie 3 : Back to back avec Laura Cahen</title><description><![CDATA[
    Notre joyeuse marche des fiertés radiophonique atteint son point d&#039;arrivée...
    
Dans cette dernière heure de marche des fiertés rêvée, on retrouve Laura Cahen, qui vient de sortir son deuxième album, Une fille. Avec elle, on s&#039;affronte dans une battle de disques endiablée, l&#039;occasion d&#039;écouter des artistes LGBT et de faire preuve d&#039;un peu de mauvaise foi... 4 thèmes, 8 chanson, qui aura la meilleure playlist ? 

    
        
        
    

Et pour finir cette saison du Lobby en beauté, Laura Cahen nous offre même en live son titre Dans mon lit, un hymne délicatement et naïvement lesbien 🌈. 

    Round 1 : le titre qui vous rend fier•e
    

    Round 2 : le titre que seules les personnes LGBTI peuvent comprendre
    

    Round 3 : La BO d&#039;un film LGBTI
    

    Round 4 : le titre d&#039;un•e artiste qu&#039;on croyait LGBTI, mais en fait pas du tout
    
Vous avez raté le début de notre marche des fiertés ? Elle se réécoute ici ! 
L&#039;équipe — Présentation : Colin Gruel &amp;amp; Victor Samoth-Panetti. Avec : Lady Gaza, Alexandra Delbot, Margot Michel, Zoé Neboit et Ixpé. Réalisation : Margot Page et San Albessard avec Jonathan Carasse pour les moyens techniques. Coordination : Arthur Perrin Retrouvez-nous sur Twitter, Facebook et Instagram, et podcastez-nous sur vos applis (Spotify, Deezer, Apple Podcasts et PodcastAddict) ! 
]]></description><itunes:summary>
    Notre joyeuse marche des fiertés radiophonique atteint son point d'arrivée...
    
Dans cette dernière heure de marche des fiertés rêvée, on retrouve Laura Cahen, qui vient de sortir son deuxième album, Une fille. Avec elle, on s'affronte dans une battle de disques endiablée, l'occasion d'écouter des artistes LGBT et de faire preuve d'un peu de mauvaise foi... 4 thèmes, 8 chanson, qui aura la meilleure playlist ? 

    
        
        
    

Et pour finir cette saison du Lobby en beauté, Laura Cahen nous offre même en live son titre Dans mon lit, un hymne délicatement et naïvement lesbien 🌈. 

    Round 1 : le titre qui vous rend fier•e
    

    Round 2 : le titre que seules les personnes LGBTI peuvent comprendre
    

    Round 3 : La BO d'un film LGBTI
    

    Round 4 : le titre d'un•e artiste qu'on croyait LGBTI, mais en fait pas du tout
    
Vous avez raté le début de notre marche des fiertés ? Elle se réécoute ici ! 
L'équipe — Présentation : Colin Gruel &amp;amp; Victor Samoth-Panetti. Avec : Lady Gaza, Alexandra Delbot, Margot Michel, Zoé Neboit et Ixpé. Réalisation : Margot Page et San Albessard avec Jonathan Carasse pour les moyens techniques. Coordination : Arthur Perrin Retrouvez-nous sur Twitter, Facebook et Instagram, et podcastez-nous sur vos applis (Spotify, Deezer, Apple Podcasts et PodcastAddict) ! 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 25 Jun 2021 21:25:14 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-fait-sa-pri-fac26db1.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-fait-sa-pri-fac26db1.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/vlMr-le-lobby-fait-sa-pride-partie-3-back-to-back-avec-laura-cahen</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-dpreStjpAv.jpg"/></item><item><title>Le Lobby fait sa Pride ! — Partie 2 : Marcher ensemble</title><description><![CDATA[
    Le Lobby s&#039;est installé au Dock B à Pantin pour une soirée exceptionnelle !
    

    
        
        
    

Dans cette deuxième heure d&#039;émission, en direct et en public du Dock B à Pantin, toustes les chroniquereuses du Lobby font le point sur l&#039;année politique qui s&#039;est écoulée. PMA, Alice Coffin, Audre Lorde, clubbing, Vanessa Paradis, des rires, des larmes, voilà le programme de la Pride fantasmée du Lobby. 
Et juste après la marche, on retrouve l&#039;artiste Laura Cahen dans une battle de disques festive et résolument queer. C&#039;est par là ! 

    Programmation musicale
    
• Eddy de Pretto — Freaks (2021) • Le choix d&#039;Ixpé des Disques du Lobby : Gérald &amp;amp; The Manchester Hot Bodies Choir — Oil Forming Rainbows (2021) 
L&#039;équipe — Présentation : Colin Gruel, Victor Samoth-Panetti. Avec au micro : Zoé Neboit, Ixpé, Alexandra Delbot, Margot Michel et Lady Gaza Réalisation : Margot Page et San Albessard avec Jonathan Carasse aux moyens techniques. Coordination : Arthur Perrin. Retrouvez-nous sur Twitter, Facebook et Instagram, et podcastez-nous sur vos applis (Spotify, Deezer, Apple Podcasts et PodcastAddict) ! 
]]></description><itunes:summary>
    Le Lobby s'est installé au Dock B à Pantin pour une soirée exceptionnelle !
    

    
        
        
    

Dans cette deuxième heure d'émission, en direct et en public du Dock B à Pantin, toustes les chroniquereuses du Lobby font le point sur l'année politique qui s'est écoulée. PMA, Alice Coffin, Audre Lorde, clubbing, Vanessa Paradis, des rires, des larmes, voilà le programme de la Pride fantasmée du Lobby. 
Et juste après la marche, on retrouve l'artiste Laura Cahen dans une battle de disques festive et résolument queer. C'est par là ! 

    Programmation musicale
    
• Eddy de Pretto — Freaks (2021) • Le choix d'Ixpé des Disques du Lobby : Gérald &amp;amp; The Manchester Hot Bodies Choir — Oil Forming Rainbows (2021) 
L'équipe — Présentation : Colin Gruel, Victor Samoth-Panetti. Avec au micro : Zoé Neboit, Ixpé, Alexandra Delbot, Margot Michel et Lady Gaza Réalisation : Margot Page et San Albessard avec Jonathan Carasse aux moyens techniques. Coordination : Arthur Perrin. Retrouvez-nous sur Twitter, Facebook et Instagram, et podcastez-nous sur vos applis (Spotify, Deezer, Apple Podcasts et PodcastAddict) ! 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 25 Jun 2021 21:17:29 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-fait-sa-pri-c7a24401.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-fait-sa-pri-c7a24401.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/wVNw-le-lobby-fait-sa-pride-partie-2-marcher-ensemble</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-H0xN6EkSSx.jpg"/></item><item><title>Le Lobby fait sa Pride ! — Partie 1 : Le cortège de tête</title><description><![CDATA[
     Toute l&#039;équipe du Lobby s&#039;est donné rendez-vous une dernière fois au Dock B à Pantin pour une marche des fiertés radiophonique !
    
En ce mois des fiertés, Le Lobby a vu les choses en grand : trois heures d&#039;émission, en direct, et en public, au Dock B à Pantin, une Pride rêvée de 20 heures à 23 heures. Et pour bien commencer la marche, on s&#039;est glissé dans le cortège de tête... 

    
        
        
    

Dans cette première partie, Camille Regache, productrice du podcast Camille sur Binge Audio, Giovanna Rincon, fondatrice de l&#039;association Acceptess-T, ainsi que Lady Gaza alias Hanane du Collectif Femmes en lutte 93, ont rejoint notre cortège de tête. Ensemble, nous avons parlé de nos combats, de nos revendications, de nos espoirs et de nos victoires. 
En marge de notre cortège de tête fantasmé, on a retrouvé notre ami Ixpé des Disques du Lobby, qui nous a présente le groupe Namoro. Pour Le Lobby, elles nous interprètent deux titres en live : Nous ne sommes pas seules et Sex is good, butt. 
Dans la deuxième heure, on quitte le cortège de tête pour retrouver toutes nos copines et tous nos copains dans la foule. C&#039;est par ici ! 

    Programmation musicale
    
• King Princess — House burn down (2021) • Kiddy Smile —Turn it up (2020) 
L&#039;équipe — Présentation : Colin Gruel, Victor Samoth-Panetti et Zoé Neboit, avec Ixpé. Réalisation : Margot Page et San Albessard avec Jonathan Carasse aux moyens techniques. Coordination : Arthur Perrin. Retrouvez-nous sur Twitter, Facebook et Instagram, et podcastez-nous sur vos applis (Spotify, Deezer, Apple Podcasts et PodcastAddict) ! 
]]></description><itunes:summary>
     Toute l'équipe du Lobby s'est donné rendez-vous une dernière fois au Dock B à Pantin pour une marche des fiertés radiophonique !
    
En ce mois des fiertés, Le Lobby a vu les choses en grand : trois heures d'émission, en direct, et en public, au Dock B à Pantin, une Pride rêvée de 20 heures à 23 heures. Et pour bien commencer la marche, on s'est glissé dans le cortège de tête... 

    
        
        
    

Dans cette première partie, Camille Regache, productrice du podcast Camille sur Binge Audio, Giovanna Rincon, fondatrice de l'association Acceptess-T, ainsi que Lady Gaza alias Hanane du Collectif Femmes en lutte 93, ont rejoint notre cortège de tête. Ensemble, nous avons parlé de nos combats, de nos revendications, de nos espoirs et de nos victoires. 
En marge de notre cortège de tête fantasmé, on a retrouvé notre ami Ixpé des Disques du Lobby, qui nous a présente le groupe Namoro. Pour Le Lobby, elles nous interprètent deux titres en live : Nous ne sommes pas seules et Sex is good, butt. 
Dans la deuxième heure, on quitte le cortège de tête pour retrouver toutes nos copines et tous nos copains dans la foule. C'est par ici ! 

    Programmation musicale
    
• King Princess — House burn down (2021) • Kiddy Smile —Turn it up (2020) 
L'équipe — Présentation : Colin Gruel, Victor Samoth-Panetti et Zoé Neboit, avec Ixpé. Réalisation : Margot Page et San Albessard avec Jonathan Carasse aux moyens techniques. Coordination : Arthur Perrin. Retrouvez-nous sur Twitter, Facebook et Instagram, et podcastez-nous sur vos applis (Spotify, Deezer, Apple Podcasts et PodcastAddict) ! 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 25 Jun 2021 20:43:27 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-fait-sa-pri-f3616627.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-fait-sa-pri-f3616627.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/xn0r-le-lobby-fait-sa-pride-partie-1-le-cortege-de-tete</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-dyIz9hFsLU.jpg"/></item><item><title>«La première marche» et la transphobie dans le sport</title><description><![CDATA[
    L&#039;été approche et ses cortèges de pride aussi. Et cette semaine, les fiertés sont partout : à Saint-Denis, sur les stades et les terrains de sport, dans les années folles, ou encore au cinéma...
    

    
        
        
    

En octobre 2020 sortait La Première marche, un film documentaire jubilatoire dans lequel Baptiste Etchegaray et Hakim Atoui ont suivi les coriaces organisteur•ices de la première marche des fiertés en banlieue. Le film est désormais visible sur MyCanal et on vous le recommande. Les deux réalisateurs sont avec nous pour en parler. 
En seconde partie d&#039;émission, on se demande comment lutter contre la transphobie et la transmisogynie dans le sport, avec Félix Pavlenko, doctorant en étude de genres qui travaille sur les pratiques sportives des personnes trans, et avec Constance Lefebvre, membre du collectif Toutes Des Femmes. Et alors que la Fédération Française de Rugby vient de publier un nouveau règlement plus inclusif pour les personnes trans, on a ouvert notre micro à Alexia Cérénys, porte-parole de la FFR et première joueuse de rugby trans à évoluer en première division. 

    Côté chroniques...
    
Ixpé des Disques du Lobby vous fait découvrir Drama Troll et son titre Weaving Birds, un titre qui. coup sûr nous aurait fait remporter l&#039;Eurovision.  Zoé, la nouvelle recrue du Lobby, nous raconte son voyage onirique dans le Paris lesbos des Années folles.  «La fierté est en pointillés, la honte en continu» : Lady Gaza nous raconte des histoires de coming-out en Seine-Saint-Denis.  Et Gouine des champs nous annonce la programmation du Lez&#039;art Festival, qui aura lieu en août à Vicq-sur-Gartempe. Suivez-les ici ! 

    Programmation musicale
    
• Hoshi — Allez là (2021) • Drama Troll —Weaving Birds (2021) 
L&#039;équipe — Présentation : Colin Gruel &amp;amp; Victor Samoth-Panetti. Chroniques : Lady Gaza, Zoé Neboit et Ixpé. Réalisation : Margot Page. Réseaux sociaux : Antoine. Retrouvez-nous sur Twitter, Facebook et Instagram, et podcastez-nous sur vos applis (Spotify, Deezer, Apple Podcasts et PodcastAddict) ! 
]]></description><itunes:summary>
    L'été approche et ses cortèges de pride aussi. Et cette semaine, les fiertés sont partout : à Saint-Denis, sur les stades et les terrains de sport, dans les années folles, ou encore au cinéma...
    

    
        
        
    

En octobre 2020 sortait La Première marche, un film documentaire jubilatoire dans lequel Baptiste Etchegaray et Hakim Atoui ont suivi les coriaces organisteur•ices de la première marche des fiertés en banlieue. Le film est désormais visible sur MyCanal et on vous le recommande. Les deux réalisateurs sont avec nous pour en parler. 
En seconde partie d'émission, on se demande comment lutter contre la transphobie et la transmisogynie dans le sport, avec Félix Pavlenko, doctorant en étude de genres qui travaille sur les pratiques sportives des personnes trans, et avec Constance Lefebvre, membre du collectif Toutes Des Femmes. Et alors que la Fédération Française de Rugby vient de publier un nouveau règlement plus inclusif pour les personnes trans, on a ouvert notre micro à Alexia Cérénys, porte-parole de la FFR et première joueuse de rugby trans à évoluer en première division. 

    Côté chroniques...
    
Ixpé des Disques du Lobby vous fait découvrir Drama Troll et son titre Weaving Birds, un titre qui. coup sûr nous aurait fait remporter l'Eurovision.  Zoé, la nouvelle recrue du Lobby, nous raconte son voyage onirique dans le Paris lesbos des Années folles.  «La fierté est en pointillés, la honte en continu» : Lady Gaza nous raconte des histoires de coming-out en Seine-Saint-Denis.  Et Gouine des champs nous annonce la programmation du Lez'art Festival, qui aura lieu en août à Vicq-sur-Gartempe. Suivez-les ici ! 

    Programmation musicale
    
• Hoshi — Allez là (2021) • Drama Troll —Weaving Birds (2021) 
L'équipe — Présentation : Colin Gruel &amp;amp; Victor Samoth-Panetti. Chroniques : Lady Gaza, Zoé Neboit et Ixpé. Réalisation : Margot Page. Réseaux sociaux : Antoine. Retrouvez-nous sur Twitter, Facebook et Instagram, et podcastez-nous sur vos applis (Spotify, Deezer, Apple Podcasts et PodcastAddict) ! 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 25 May 2021 00:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-la-premiere-e770df52.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-la-premiere-e770df52.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/5QzB-la-premiere-marche-et-la-transphobie-dans-le-sport</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-jAgSVW3fOW.jpg"/></item><item><title>La maison d'édition «On ne compte pas pour du beurre» / Vieillir queer</title><description><![CDATA[
    Saut générationnel ce mois-ci dans Le Lobby ! Caroline Fournier et Laurier the Fox viennent nous parler de «On ne compte pas pour du beurre», une maison d&#039;édition de littérature jeunesse inclusive. En seconde partie d&#039;émission, on se demande quelle place on laisse aux personnes âgées dans la communauté LGBTI...
    
Vous pouvez soutenir le projet « On ne compte pas pour du beurre » sur Ulule ! Les premiers livres sont attendus pour la fin du mois d&#039;août. Laurier the Fox, quant à lui, est à suivre un peu partout, notamment sur son blog. Sa BD papier «ReconnaiTrans» est à paraître bientôt ! 
Et puis pour en savoir plus sur l&#039;association GreyPride, rendez-vous sur leur site internet. 

    
        
        
    

Côté chroniques, Alexandra retrace la vie du militant gay Harvey Milk, un mois avant l&#039;anniversaire de sa mort. L&#039;occasion de revoir le film que lui avait consacré Gus Van Sant. 
Ixpé, notre DJ attitré, nous fait découvrir Soul of Bear, artiste à retrouver sur le SoundCloud des disques du Lobby. 
Les Disques du Lobby · Soul Of Bear - Nous Sommes [FREE DOWNLOAD] 
Et puis dans vos étagères arc-en-ciel, faîtes de la place pour accueillir la sélection littéraire d&#039;Antoine. Au programme aujourd&#039;hui : 
• Sous nos yeux, petit manifeste pour une révolution du regard, de Iris Brey et Mirion Malle (Éditions La ville brûle) ; • Le regard féminin, Iris Brey (en format poche aux éditions Points) ; • Antichute, JulienDufresne-Lamy (Flammarion) ; • Maison-tanière, Pauline Delabroy-Allard (L&#039;Iconopop) ; • Les nouvelles vagues, Arnaud Cathrine (Robert Laffont) 

    Dans vos agendas !
    
Ce mois-ci, l&#039;équipe du Lobby vous recommande : 
• 📺 &quot;Fluide&quot;, mini-série de Thomas Cadène et Joseph Safieddine à voir sur le site d&#039;ARTE ; • ⚔️ &quot;Giri/Haji&quot;, série nippo-britannique de Joe Barton à voir sur Netflix ; • 📖 Divas, ouvrage de de Sarah Dahan, paru aux éditions Huginn &amp;amp; Muninn ; • 💽 Cécilia Da Colonia, notre drag queen préférée, proposera samedi sur les ondes de Radio Campus Paris une Mixtape for comrades, un DJ set autour du travail. 

    Programmation musicale
    
Lil Nas X— «Montero (Call me by your name)» (2021) Soul of Bear — «Nous sommes» (2021) 
L&#039;équipe — Présentation : Colin Gruel &amp;amp; Victor Samoth-Panetti. Chroniques : Antoine, Alexandra Delbot et Ixpé. Réalisation : Margot Page. Réseaux sociaux : Antoine. Retrouvez-nous sur Twitter, Facebook et Instagram, et podcastez-nous sur vos applis (Spotify, Deezer, Apple Podcasts et PodcastAddict) ! 
]]></description><itunes:summary>
    Saut générationnel ce mois-ci dans Le Lobby ! Caroline Fournier et Laurier the Fox viennent nous parler de «On ne compte pas pour du beurre», une maison d'édition de littérature jeunesse inclusive. En seconde partie d'émission, on se demande quelle place on laisse aux personnes âgées dans la communauté LGBTI...
    
Vous pouvez soutenir le projet « On ne compte pas pour du beurre » sur Ulule ! Les premiers livres sont attendus pour la fin du mois d'août. Laurier the Fox, quant à lui, est à suivre un peu partout, notamment sur son blog. Sa BD papier «ReconnaiTrans» est à paraître bientôt ! 
Et puis pour en savoir plus sur l'association GreyPride, rendez-vous sur leur site internet. 

    
        
        
    

Côté chroniques, Alexandra retrace la vie du militant gay Harvey Milk, un mois avant l'anniversaire de sa mort. L'occasion de revoir le film que lui avait consacré Gus Van Sant. 
Ixpé, notre DJ attitré, nous fait découvrir Soul of Bear, artiste à retrouver sur le SoundCloud des disques du Lobby. 
Les Disques du Lobby · Soul Of Bear - Nous Sommes [FREE DOWNLOAD] 
Et puis dans vos étagères arc-en-ciel, faîtes de la place pour accueillir la sélection littéraire d'Antoine. Au programme aujourd'hui : 
• Sous nos yeux, petit manifeste pour une révolution du regard, de Iris Brey et Mirion Malle (Éditions La ville brûle) ; • Le regard féminin, Iris Brey (en format poche aux éditions Points) ; • Antichute, JulienDufresne-Lamy (Flammarion) ; • Maison-tanière, Pauline Delabroy-Allard (L'Iconopop) ; • Les nouvelles vagues, Arnaud Cathrine (Robert Laffont) 

    Dans vos agendas !
    
Ce mois-ci, l'équipe du Lobby vous recommande : 
• 📺 "Fluide", mini-série de Thomas Cadène et Joseph Safieddine à voir sur le site d'ARTE ; • ⚔️ "Giri/Haji", série nippo-britannique de Joe Barton à voir sur Netflix ; • 📖 Divas, ouvrage de de Sarah Dahan, paru aux éditions Huginn &amp;amp; Muninn ; • 💽 Cécilia Da Colonia, notre drag queen préférée, proposera samedi sur les ondes de Radio Campus Paris une Mixtape for comrades, un DJ set autour du travail. 

    Programmation musicale
    
Lil Nas X— «Montero (Call me by your name)» (2021) Soul of Bear — «Nous sommes» (2021) 
L'équipe — Présentation : Colin Gruel &amp;amp; Victor Samoth-Panetti. Chroniques : Antoine, Alexandra Delbot et Ixpé. Réalisation : Margot Page. Réseaux sociaux : Antoine. Retrouvez-nous sur Twitter, Facebook et Instagram, et podcastez-nous sur vos applis (Spotify, Deezer, Apple Podcasts et PodcastAddict) ! 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 27 Apr 2021 00:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-la-maison-d-874273c3.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-la-maison-d-874273c3.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/zvzm-la-maison-dedition-on-ne-compte-pas-pour-du-beurre-vieillir-queer</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-2w8BQfjp6r.jpg"/></item><item><title>Le retour de Mansfield.TYA / la PMA pour toutes</title><description><![CDATA[
    Le Gouinistan en force ce soir sur Radio Campus Paris ! L&#039;équipe du Lobby reçoit Carla Pallone et Rebeka Warrior, les icônes queers qui composent le duo Mansfield.TYA. En seconde partie d&#039;émission, on fait le bilan de 10 ans de militantisme pro-PMA avec Veronica Noseda.
    
« Monument Ordinaire », c&#039;est le titre du cinquième album de Mansfield.TYA, un album qui paraît chez le nouveau label Warrior Records. Des chansons dansantes, moins sombres que les précédents disques, exactement ce qu&#039;il nous fallait en ces temps pandémiques. Les deux icônes lesbiennes Rebeka Warrior et Carla Pallone nous racontent la conception de cet album. 
Il y a 9 ans, le candidat François Hollande promettait l’ouverture de la Procréation Médicalement Assistée aux couples de femmes lesbiennes et aux femmes seules. Aujourd’hui, après de multiples reports et avis du Conseil d’Etat ou du Comité Consultatif National d’Ethique, la PMA devrait être définitivement adoptée lors de son prochain et enfin dernier passage à l’Assemblée Nationale. Alors victoire en vue ou occasion manquée pour la communauté LGBTI+ ? On fait le point avec la militante lesbienne et féministe Veronica Noseda, membre du collectif OuiOuiOui, des Dégommeuses ou encore du collectif La Barbe. 

    Côté chroniques
    
Lady Gaza, la daronne du crew (autoproclamée) nous parle d&#039;amour et de familles révolutionnaires, et raconte son propre parcours de PMA. 

    
        
        
    

Chaque mois, le DJ Ixpé vous parle de son coup de cœur queer. Aujourd&#039;hui : Kirara, une jeune drag queen lyonnaise. 
Retrouvez Ixpé sur sa plateforme Les Disques du Lobby, qui propose chaque semaine un inédit d&#039;un•e artiste LGBTI. Des morceaux libres de droit, et résolument queers ! 
Antoine, le libraire du Lobby, nous donne de quoi bien remplir nos bibliothèques. À découvrir, donc : 
Retrouvez Antoine sur son compte Instagram Les livres du Lobby !  
Et puis on retrouve bien sûr Gouine des champs qui s&#039;est demandée si l&#039;autrice de BD Alison Bechdel était elle aussi une gouine des champs... 

    Dans vos agendas !
    
(à venir...) 

    Programmation musicale
    
— Mansfield.TYA, Ni morte ni connue (2021) — Kirara, Nuclear Winter (2021) 
L&#039;équipe — Présentation : Colin Gruel &amp;amp; Victor Samoth-Panetti. Chroniques : Gouine des champs, Antoine, Lady Gaza et Ixpé. Réalisation : Margot Page. Réseaux sociaux : Antoine. Retrouvez-nous sur Twitter, Facebook et Instagram, et podcastez-nous sur vos applis (Spotify, Deezer, Apple Podcasts et PodcastAddict) ! 
]]></description><itunes:summary>
    Le Gouinistan en force ce soir sur Radio Campus Paris ! L'équipe du Lobby reçoit Carla Pallone et Rebeka Warrior, les icônes queers qui composent le duo Mansfield.TYA. En seconde partie d'émission, on fait le bilan de 10 ans de militantisme pro-PMA avec Veronica Noseda.
    
« Monument Ordinaire », c'est le titre du cinquième album de Mansfield.TYA, un album qui paraît chez le nouveau label Warrior Records. Des chansons dansantes, moins sombres que les précédents disques, exactement ce qu'il nous fallait en ces temps pandémiques. Les deux icônes lesbiennes Rebeka Warrior et Carla Pallone nous racontent la conception de cet album. 
Il y a 9 ans, le candidat François Hollande promettait l’ouverture de la Procréation Médicalement Assistée aux couples de femmes lesbiennes et aux femmes seules. Aujourd’hui, après de multiples reports et avis du Conseil d’Etat ou du Comité Consultatif National d’Ethique, la PMA devrait être définitivement adoptée lors de son prochain et enfin dernier passage à l’Assemblée Nationale. Alors victoire en vue ou occasion manquée pour la communauté LGBTI+ ? On fait le point avec la militante lesbienne et féministe Veronica Noseda, membre du collectif OuiOuiOui, des Dégommeuses ou encore du collectif La Barbe. 

    Côté chroniques
    
Lady Gaza, la daronne du crew (autoproclamée) nous parle d'amour et de familles révolutionnaires, et raconte son propre parcours de PMA. 

    
        
        
    

Chaque mois, le DJ Ixpé vous parle de son coup de cœur queer. Aujourd'hui : Kirara, une jeune drag queen lyonnaise. 
Retrouvez Ixpé sur sa plateforme Les Disques du Lobby, qui propose chaque semaine un inédit d'un•e artiste LGBTI. Des morceaux libres de droit, et résolument queers ! 
Antoine, le libraire du Lobby, nous donne de quoi bien remplir nos bibliothèques. À découvrir, donc : 
Retrouvez Antoine sur son compte Instagram Les livres du Lobby !  
Et puis on retrouve bien sûr Gouine des champs qui s'est demandée si l'autrice de BD Alison Bechdel était elle aussi une gouine des champs... 

    Dans vos agendas !
    
(à venir...) 

    Programmation musicale
    
— Mansfield.TYA, Ni morte ni connue (2021) — Kirara, Nuclear Winter (2021) 
L'équipe — Présentation : Colin Gruel &amp;amp; Victor Samoth-Panetti. Chroniques : Gouine des champs, Antoine, Lady Gaza et Ixpé. Réalisation : Margot Page. Réseaux sociaux : Antoine. Retrouvez-nous sur Twitter, Facebook et Instagram, et podcastez-nous sur vos applis (Spotify, Deezer, Apple Podcasts et PodcastAddict) ! 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 30 Mar 2021 00:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-mansfieldty-871cb6bd.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-mansfieldty-871cb6bd.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/vlk0-le-retour-de-mansfieldtya-la-pma-pour-toutes</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-dpreStjpAv.jpg"/></item><item><title>Le Lobby x Thelma et Louise : L'activiste trans Lexie / la vague #MeTooGay</title><description><![CDATA[
    À l&#039;occasion de la journée internationale de lutte pour les droits des femmes, Le Lobby accueille l&#039;équipe de l&#039;émission féministe Thelma et Louise pour un crossover inédit ! Au programme : la défense des transidentités avec Lexie, et le mouvement #MeTooGay.
    
Elle n&#039;a lancé son compte Instagram Aggressively Trans qu&#039;en décembre 2018, et pourtant, et à seulement 25 ans, Lexie est déjà une figure incontournable du militantisme trans. Elle vient de faire paraître &quot;Une histoire de genres - Guide pour comprendre et défendre les transidentités&quot; aux éditions Marabout, un ouvrage conséquent, fruit d&#039;un long travail de recherche. 
En seconde partie d&#039;émission : quelles leçons tirer de la vague #MeTooGay ? Est-elle un prolongement de #MeToo ? Les violences qu&#039;elle entend dénoncer sont-elles spécifiques au milieu gay ? Nous en parlons avec le sociologue Arnaud Alessandrin, qui publie &quot;Déprivilégier le genre&quot; aux éditions Double Ponctuation, et avec la journaliste Clémence Allezard, qui a produit en décembre dernier pour France Culture une série documentaire baptisée &quot;Violé•es : une histoire de dominations&quot;. 

    Côté chroniques
    

    
        
        
    

Dans sa chronique, Ixpé des Disques du Lobby nous fait découvrir la DJ et militante queer Cheetah. Retrouvez Ixpé chaque mercredi sur sa plateforme Les Disques du Lobby sur SoundCloud ! 
Avec Antoine, chaque mois, on lit. Et aujourd&#039;hui, on lit des meufs :  
On écoutera aussi Lucie, chroniqueuse de l&#039;équipe de Thelma et Louise, qui reviendra sur une récente étude montrant que la généralisation du télétravail a fait pesé encore plus fort la charge mentale sur les épaules des femmes. 
Enfin, Gouine des champs nous fait découvrir Le Village aux dames, un projet d&#039;écolieu inclusif utopique développé par The Lez Team. La cagnotte est ici ! On retrouve Gouine des champs sur son compte Instagram ! 

    Dans vos agendas
    
🎬 Avec Lexie, on regarde le court-métrage Les lèvres gercées, de Kelsi Phung. 
📖 Clémence Allezard attend la sortie du prochain livre de l&#039;autrice Mathilde Forget, &quot;De mon plein gré&quot; (éditions Grasset), un roman qui aborde l&#039;après-viol. Rendez-vous le 24 mars. 
📊 Arnaud Alessandrin vous renvoie vers le rapport de l&#039;Ined issu de l&#039;enquête Virage (Violences et Rapports de Genre). 
🗣️ Antoine vous parle de l’association féministe intersectionnelle Humans for Women recherche des bénévoles pour donner des cours de français le dimanche en début d’après-midi aux femmes exilées qui recherchent un peu de paix et un nouveau départ en France. 
✊ Colin vous donne rendez-vous le 6 mars à l&#039;occasion d&#039;une marche organisée par plusieurs collectifs étudiants contre les violences sexuelles dans le secondaire. Toutes les infos sont là ! 

    Programmation musicale
    
— Arigato Massaï, Rugir (2021) — Cheetah, Afro Weirdo (2020) 
L&#039;équipe — Présentation : Colin Gruel, Victor Samoth-Panetti, Pauline Linard-Cazanave et Delya Lopes. Chroniques : Gouine des champs, Antoine et Lucie Clara Spindler, Ixpé. Réalisation : Margot Page. Réseaux sociaux : Antoine. Retrouvez-nous sur Twitter, Facebook et Instagram, et podcastez-nous sur vos applis (Spotify, Deezer, Apple Podcasts et PodcastAddict) ! 
]]></description><itunes:summary>
    À l'occasion de la journée internationale de lutte pour les droits des femmes, Le Lobby accueille l'équipe de l'émission féministe Thelma et Louise pour un crossover inédit ! Au programme : la défense des transidentités avec Lexie, et le mouvement #MeTooGay.
    
Elle n'a lancé son compte Instagram Aggressively Trans qu'en décembre 2018, et pourtant, et à seulement 25 ans, Lexie est déjà une figure incontournable du militantisme trans. Elle vient de faire paraître "Une histoire de genres - Guide pour comprendre et défendre les transidentités" aux éditions Marabout, un ouvrage conséquent, fruit d'un long travail de recherche. 
En seconde partie d'émission : quelles leçons tirer de la vague #MeTooGay ? Est-elle un prolongement de #MeToo ? Les violences qu'elle entend dénoncer sont-elles spécifiques au milieu gay ? Nous en parlons avec le sociologue Arnaud Alessandrin, qui publie "Déprivilégier le genre" aux éditions Double Ponctuation, et avec la journaliste Clémence Allezard, qui a produit en décembre dernier pour France Culture une série documentaire baptisée "Violé•es : une histoire de dominations". 

    Côté chroniques
    

    
        
        
    

Dans sa chronique, Ixpé des Disques du Lobby nous fait découvrir la DJ et militante queer Cheetah. Retrouvez Ixpé chaque mercredi sur sa plateforme Les Disques du Lobby sur SoundCloud ! 
Avec Antoine, chaque mois, on lit. Et aujourd'hui, on lit des meufs :  
On écoutera aussi Lucie, chroniqueuse de l'équipe de Thelma et Louise, qui reviendra sur une récente étude montrant que la généralisation du télétravail a fait pesé encore plus fort la charge mentale sur les épaules des femmes. 
Enfin, Gouine des champs nous fait découvrir Le Village aux dames, un projet d'écolieu inclusif utopique développé par The Lez Team. La cagnotte est ici ! On retrouve Gouine des champs sur son compte Instagram ! 

    Dans vos agendas
    
🎬 Avec Lexie, on regarde le court-métrage Les lèvres gercées, de Kelsi Phung. 
📖 Clémence Allezard attend la sortie du prochain livre de l'autrice Mathilde Forget, "De mon plein gré" (éditions Grasset), un roman qui aborde l'après-viol. Rendez-vous le 24 mars. 
📊 Arnaud Alessandrin vous renvoie vers le rapport de l'Ined issu de l'enquête Virage (Violences et Rapports de Genre). 
🗣️ Antoine vous parle de l’association féministe intersectionnelle Humans for Women recherche des bénévoles pour donner des cours de français le dimanche en début d’après-midi aux femmes exilées qui recherchent un peu de paix et un nouveau départ en France. 
✊ Colin vous donne rendez-vous le 6 mars à l'occasion d'une marche organisée par plusieurs collectifs étudiants contre les violences sexuelles dans le secondaire. Toutes les infos sont là ! 

    Programmation musicale
    
— Arigato Massaï, Rugir (2021) — Cheetah, Afro Weirdo (2020) 
L'équipe — Présentation : Colin Gruel, Victor Samoth-Panetti, Pauline Linard-Cazanave et Delya Lopes. Chroniques : Gouine des champs, Antoine et Lucie Clara Spindler, Ixpé. Réalisation : Margot Page. Réseaux sociaux : Antoine. Retrouvez-nous sur Twitter, Facebook et Instagram, et podcastez-nous sur vos applis (Spotify, Deezer, Apple Podcasts et PodcastAddict) ! 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 02 Mar 2021 00:00:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-x-thelma-et-7b489773.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-x-thelma-et-7b489773.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/yoOE-le-lobby-x-thelma-et-louise-lactiviste-trans-lexie-la-vague-metoogay</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-nztrRHR2B0.jpg"/></item><item><title>"La Petite dernière" de Fatima Daas / Handi·e·s et queers, quelle place dans nos espaces ?</title><description><![CDATA[
    L&#039;autrice Fatima Daas revient sur «La Petite dernière», un premier roman puissant paru en août dernier. En seconde partie d&#039;émission, la parole est aux queers en situation de handicap avec la militante Celine Extenso.
    
Dans «La Petite dernière», Fatima Daas raconte à la première personne la vie d&#039;une jeune femme algérienne née en France, musulmane et lesbienne, pieuse et rebelle... Un roman où les identités se confrontent sans s&#039;annuler les unes les autres. Fatima Daas nous racontera ce que ce roman a eu de libérateur et comment il a été reçu. 
« Je m&#039;appelle Fatima Daas. Je suis musulmane, alors j&#039;ai peur : Que Dieu ne m&#039;aime pas. Qu&#039;Il ne m&#039;aime pas comme je L&#039;aime. Qu&#039;Il m&#039;abandonne. De ne pas être celle que je « devrais ». De remettre en question ce que Dieu m&#039;a commandé de faire. » 

    
        
        
    

En seconde partie, on s&#039;intéresse à celles et ceux qui sont en marge dans le mouvement queer : les personnes en situation de handicap. Le milieu queer leur laisse-t-il assez de place ? À quels obstacles spécifiques font-iels face ? On en discutera avec la militante Celine Extenso, fondatrice du collectif féministe handi Les Dévalideuses. 

    Côté chroniques
    
L&#039;édito : retrouvez l&#039;édito de Victor consacré au mouvement #MeTooGay en début d&#039;émission et sur le site de Têtu. 
Avec Gouine des champs, comme tous les mois, on voyage dans les terroirs queers, et ce mois-ci on se rend sur les traces de Claude Cahun et Marcel Moore, deux résistantes lesbiennes. Rendez-vous sur le site de Queercode pour en savoir plus ! Gouine des champs est aussi à retrouver sur son compte Instagram, où elle célèbre les queers des campagne. 

    
        
        
    

Chaque mois, le DJ Ixpé vous parle de son coup de cœur queer. Aujourd&#039;hui : Rouge Mary, une artiste trigenre résolument groove. 
Retrouvez Ixpé sur sa plateforme Les Disques du Lobby, qui propose chaque semaine un inédit d&#039;un•e artiste LGBTI. Des morceaux libres de droit, et résolument queers ! 
Le libraire de la bande Antoine a lu les nouveautés queers de cette rentrée littéraire, et il vous aide à remplir l&#039;étagère queer de votre bibliothèque. Antoine vous recommande donc : 
Enfin avec Alexandra, on reviendra sur la vie de l&#039;autrice lesbienne et féministe Monique Wittig. 

    Et dans vos agendas...
    
Pour bien occuper votre mois de février, confiné ou pas... 
🎧 Notre invitée Fatima Daas nous recommande un podcast : JINS, le podcast qui parle de la sexualité des jeunes arabes et musulman•es, podcast auquel elle a elle-même participé. 
📖 Lady Gaza nous parle d&#039;un livre, Afro Trans, un ouvrage collectif où la parole est donnée exclusivement à des personnes trans noires, vivant en France pour la grande majorité. 
📽️ Une série pour Victor, elle s&#039;appelle Crashing, et elle est disponible depuis peu sur MyCanal. On y retrouve Phoebe Waller-Bridge (Fleabag), qui scénarise également la série. 
📺  Alexandra nous parle d&#039;une autre série, Euphoria, qui vient de sortir un épisode spécial centré sur Jules, personnage transgenre, c&#039;est à voir sur Netflix. 

    Programmation musicale
    
— Toya Delazy, Find Di Boy (2020) — Rouge Mary, Movin&#039; on (2020) 
L&#039;ÉQUIPE — Présentation : Colin Gruel et Victor Samoth-Panetti. Chroniques : Ixpé, Alexandra Delbot, Antoine et Lady Gaza. Réalisation : Margot Page. Réseaux sociaux : Antoine. Retrouvez-nous sur Twitter, Facebook et Instagram, et podcastez-nous sur vos applis (Spotify, Deezer, Apple Podcasts et PodcastAddict) ! 
]]></description><itunes:summary>
    L'autrice Fatima Daas revient sur «La Petite dernière», un premier roman puissant paru en août dernier. En seconde partie d'émission, la parole est aux queers en situation de handicap avec la militante Celine Extenso.
    
Dans «La Petite dernière», Fatima Daas raconte à la première personne la vie d'une jeune femme algérienne née en France, musulmane et lesbienne, pieuse et rebelle... Un roman où les identités se confrontent sans s'annuler les unes les autres. Fatima Daas nous racontera ce que ce roman a eu de libérateur et comment il a été reçu. 
« Je m'appelle Fatima Daas. Je suis musulmane, alors j'ai peur : Que Dieu ne m'aime pas. Qu'Il ne m'aime pas comme je L'aime. Qu'Il m'abandonne. De ne pas être celle que je « devrais ». De remettre en question ce que Dieu m'a commandé de faire. » 

    
        
        
    

En seconde partie, on s'intéresse à celles et ceux qui sont en marge dans le mouvement queer : les personnes en situation de handicap. Le milieu queer leur laisse-t-il assez de place ? À quels obstacles spécifiques font-iels face ? On en discutera avec la militante Celine Extenso, fondatrice du collectif féministe handi Les Dévalideuses. 

    Côté chroniques
    
L'édito : retrouvez l'édito de Victor consacré au mouvement #MeTooGay en début d'émission et sur le site de Têtu. 
Avec Gouine des champs, comme tous les mois, on voyage dans les terroirs queers, et ce mois-ci on se rend sur les traces de Claude Cahun et Marcel Moore, deux résistantes lesbiennes. Rendez-vous sur le site de Queercode pour en savoir plus ! Gouine des champs est aussi à retrouver sur son compte Instagram, où elle célèbre les queers des campagne. 

    
        
        
    

Chaque mois, le DJ Ixpé vous parle de son coup de cœur queer. Aujourd'hui : Rouge Mary, une artiste trigenre résolument groove. 
Retrouvez Ixpé sur sa plateforme Les Disques du Lobby, qui propose chaque semaine un inédit d'un•e artiste LGBTI. Des morceaux libres de droit, et résolument queers ! 
Le libraire de la bande Antoine a lu les nouveautés queers de cette rentrée littéraire, et il vous aide à remplir l'étagère queer de votre bibliothèque. Antoine vous recommande donc : 
Enfin avec Alexandra, on reviendra sur la vie de l'autrice lesbienne et féministe Monique Wittig. 

    Et dans vos agendas...
    
Pour bien occuper votre mois de février, confiné ou pas... 
🎧 Notre invitée Fatima Daas nous recommande un podcast : JINS, le podcast qui parle de la sexualité des jeunes arabes et musulman•es, podcast auquel elle a elle-même participé. 
📖 Lady Gaza nous parle d'un livre, Afro Trans, un ouvrage collectif où la parole est donnée exclusivement à des personnes trans noires, vivant en France pour la grande majorité. 
📽️ Une série pour Victor, elle s'appelle Crashing, et elle est disponible depuis peu sur MyCanal. On y retrouve Phoebe Waller-Bridge (Fleabag), qui scénarise également la série. 
📺  Alexandra nous parle d'une autre série, Euphoria, qui vient de sortir un épisode spécial centré sur Jules, personnage transgenre, c'est à voir sur Netflix. 

    Programmation musicale
    
— Toya Delazy, Find Di Boy (2020) — Rouge Mary, Movin' on (2020) 
L'ÉQUIPE — Présentation : Colin Gruel et Victor Samoth-Panetti. Chroniques : Ixpé, Alexandra Delbot, Antoine et Lady Gaza. Réalisation : Margot Page. Réseaux sociaux : Antoine. Retrouvez-nous sur Twitter, Facebook et Instagram, et podcastez-nous sur vos applis (Spotify, Deezer, Apple Podcasts et PodcastAddict) ! 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 02 Feb 2021 00:00:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-la-petite-d-dd3f9cc7.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-la-petite-d-dd3f9cc7.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/3QvR-la-petite-derniere-de-fatima-daas-handies-et-queers-quelle-place-dans-nos-espaces</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-kSMQoxV6Py.jpg"/></item><item><title>Mineur·es et transgenres avec Jena Selle / Le Refuge dans la tourmente</title><description><![CDATA[
    Bonne année 2021 ! Pour sa première réunion de l&#039;année, Le Lobby a décidé de rendre hommage aux personnes trans décédées l&#039;année dernière, et s&#039;intéresse plus particulièrement à la question des jeunes et mineur•es trans avec l&#039;activiste trans Jena Selle. En seconde partie, nous recevrons Yohann Allemand, fondateur du Collectif d&#039;ancien•nes du Refuge.
    
Mais avant tout, on commence par un résumé de l&#039;année 2020. Parce qu&#039;il n&#039;y a pas eu que le coronavirus, ces 366 jours ont été marqués par de beaux souvenirs, et aussi quelques déceptions. 2020 c&#039;était des séries, des coming-out et de la solidarité, des trahisons et une partouze... 

    
        
        
    


    Comment aider les enfants et mineur•es transgenres ? Rencontre avec la militante Jena Selle
    
Moins d&#039;un mois après le suicide d&#039;une lycéenne trans dans le Nord de la France, nous nous demandons ce que l&#039;on peut faire pour aider les jeunes trans. À quelles difficultés spécifiques font iels-face ? Pourquoi sont-iels les cibles idéales des transphobes ? Comment mieux les prendre en compte ? Quel rôle joue l&#039;école dans leur mal-être ? 
Autant de questions que nous poserons à Jena Selle, activiste transgenre, qui militante notamment au sein de l&#039;ExisTransInter et de Transgender Europe. 
Et pour aller plus loin, on vous recommande toujours chaudement d&#039;aller voir Petite fille, le documentaire de Sébastien Lifschitz, à voir gratuitement sur Arte.tv jusqu&#039;au 30 janvier. Ça se passe par ici. 
Parents d&#039;un enfant trans, vous ne savez pas comment réagir ? Jena Selle vous renvoie notamment vers le WikiTrans, et vers la ligne d&#039;écoute de l&#039;association Contact &amp;lt;3. 

    Le Refuge dans la tourmente après les révélations de Médiapart
    
Les journalistes David Perrotin et Youen Tanguy livraient le mois dernier une vaste enquête épinglant le management par la terreur, la gestion financière douteuse ou encore l&#039;encadrement insuffisant et même dangereux des jeunes au sein du Refuge. Cette association emblématique, jouissant de larges dons publics et s&#039;attirant les faveurs de politiques de gauche comme de droite, n&#039;aime visiblement que très peu la contestation. 
Suite à ces révélations, un Collectif des anciens jeunes et bénévoles s&#039;est monté. Nous recevons son président, Yohann Allemand. 
🌈 Vos témoignages sont précieux pour nous ! Si vous le souhaitez, vous pouvez envoyer vos témoignages en DM ou sur le mail : collectifdetermine@gmail.com  Merci de votre soutien ! #refugegate #lerefuge #transphobie #homophobie #LGBT pic.twitter.com/TfSmS6o079 
— Collectif d’anciens jeunes et bénévoles du Refuge (@CollectifRefuge) December 29, 2020 

    Côté chroniques
    

    
        
        
    

Chaque mois, le DJ Ixpé vous parle de son coup de cœur queer. Aujourd&#039;hui : Queer Faith and the Many — Radical Faeries, un projet singulier qui s&#039;écrit au pluriel. 🎶 
Retrouvez Ixpé sur sa plateforme Les Disques du Lobby, qui propose chaque semaine un inédit d&#039;un•e artiste LGBTI. Des morceaux libres de droit, et résolument queers ! 
Lady Gaza vous présente ses vœux pour l&#039;année 2021. 🍾 
Enfin, Alexandra vous dresse le portrait de Jean Le Bitoux, fondateur de l&#039;emblématique Gai Pied. 📰 

    Et dans vos agendas...
    
Pour bien commencer 2021 malgré la fermeture des lieux culturels... 
📚 Colin vous suggère On ne choisit pas qui on aime, de Marie-Clémence Bordait-Nicaise (éditions Flammarion) 
🎬 Victor vous renvoie vers Ton nom en plein cœur de Patrick Liu, à voir sur Netflix. 
🎞️ Alexandra vous parle de Baltringue, le court-métrage de Josza Anjembe, en lice pour les Césars, est à voir en ce moment sur le site de TÊTU. 
📖 Et enfin, Lady Gaza vous ordonne de lire La Petite dernière, le magnifique roman de Fatima Daas publié en septembre. 

    Programmation musicale
    
— Frankie Simone, Slow it down (2020) — Queer Faith &amp;amp; The Many, Au-delà (2021) 
L&#039;ÉQUIPE — Présentation : Colin Gruel et Victor Samoth-Panetti. Chroniques : Ixpé, Alexandra Delbot et Lady Gaza. Réalisation : Margot Page. Retrouvez-nous sur Twitter, Facebook et Instagram, et podcastez-nous sur vos applis (Spotify, Deezer, Apple Podcasts et PodcastAddict) ! 
]]></description><itunes:summary>
    Bonne année 2021 ! Pour sa première réunion de l'année, Le Lobby a décidé de rendre hommage aux personnes trans décédées l'année dernière, et s'intéresse plus particulièrement à la question des jeunes et mineur•es trans avec l'activiste trans Jena Selle. En seconde partie, nous recevrons Yohann Allemand, fondateur du Collectif d'ancien•nes du Refuge.
    
Mais avant tout, on commence par un résumé de l'année 2020. Parce qu'il n'y a pas eu que le coronavirus, ces 366 jours ont été marqués par de beaux souvenirs, et aussi quelques déceptions. 2020 c'était des séries, des coming-out et de la solidarité, des trahisons et une partouze... 

    
        
        
    


    Comment aider les enfants et mineur•es transgenres ? Rencontre avec la militante Jena Selle
    
Moins d'un mois après le suicide d'une lycéenne trans dans le Nord de la France, nous nous demandons ce que l'on peut faire pour aider les jeunes trans. À quelles difficultés spécifiques font iels-face ? Pourquoi sont-iels les cibles idéales des transphobes ? Comment mieux les prendre en compte ? Quel rôle joue l'école dans leur mal-être ? 
Autant de questions que nous poserons à Jena Selle, activiste transgenre, qui militante notamment au sein de l'ExisTransInter et de Transgender Europe. 
Et pour aller plus loin, on vous recommande toujours chaudement d'aller voir Petite fille, le documentaire de Sébastien Lifschitz, à voir gratuitement sur Arte.tv jusqu'au 30 janvier. Ça se passe par ici. 
Parents d'un enfant trans, vous ne savez pas comment réagir ? Jena Selle vous renvoie notamment vers le WikiTrans, et vers la ligne d'écoute de l'association Contact &amp;lt;3. 

    Le Refuge dans la tourmente après les révélations de Médiapart
    
Les journalistes David Perrotin et Youen Tanguy livraient le mois dernier une vaste enquête épinglant le management par la terreur, la gestion financière douteuse ou encore l'encadrement insuffisant et même dangereux des jeunes au sein du Refuge. Cette association emblématique, jouissant de larges dons publics et s'attirant les faveurs de politiques de gauche comme de droite, n'aime visiblement que très peu la contestation. 
Suite à ces révélations, un Collectif des anciens jeunes et bénévoles s'est monté. Nous recevons son président, Yohann Allemand. 
🌈 Vos témoignages sont précieux pour nous ! Si vous le souhaitez, vous pouvez envoyer vos témoignages en DM ou sur le mail : collectifdetermine@gmail.com  Merci de votre soutien ! #refugegate #lerefuge #transphobie #homophobie #LGBT pic.twitter.com/TfSmS6o079 
— Collectif d’anciens jeunes et bénévoles du Refuge (@CollectifRefuge) December 29, 2020 

    Côté chroniques
    

    
        
        
    

Chaque mois, le DJ Ixpé vous parle de son coup de cœur queer. Aujourd'hui : Queer Faith and the Many — Radical Faeries, un projet singulier qui s'écrit au pluriel. 🎶 
Retrouvez Ixpé sur sa plateforme Les Disques du Lobby, qui propose chaque semaine un inédit d'un•e artiste LGBTI. Des morceaux libres de droit, et résolument queers ! 
Lady Gaza vous présente ses vœux pour l'année 2021. 🍾 
Enfin, Alexandra vous dresse le portrait de Jean Le Bitoux, fondateur de l'emblématique Gai Pied. 📰 

    Et dans vos agendas...
    
Pour bien commencer 2021 malgré la fermeture des lieux culturels... 
📚 Colin vous suggère On ne choisit pas qui on aime, de Marie-Clémence Bordait-Nicaise (éditions Flammarion) 
🎬 Victor vous renvoie vers Ton nom en plein cœur de Patrick Liu, à voir sur Netflix. 
🎞️ Alexandra vous parle de Baltringue, le court-métrage de Josza Anjembe, en lice pour les Césars, est à voir en ce moment sur le site de TÊTU. 
📖 Et enfin, Lady Gaza vous ordonne de lire La Petite dernière, le magnifique roman de Fatima Daas publié en septembre. 

    Programmation musicale
    
— Frankie Simone, Slow it down (2020) — Queer Faith &amp;amp; The Many, Au-delà (2021) 
L'ÉQUIPE — Présentation : Colin Gruel et Victor Samoth-Panetti. Chroniques : Ixpé, Alexandra Delbot et Lady Gaza. Réalisation : Margot Page. Retrouvez-nous sur Twitter, Facebook et Instagram, et podcastez-nous sur vos applis (Spotify, Deezer, Apple Podcasts et PodcastAddict) ! 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 05 Jan 2021 00:00:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-mineures-et-f8aa8fcc.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-mineures-et-f8aa8fcc.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/GvXK-mineures-et-transgenres-avec-jena-selle-le-refuge-dans-la-tourmente</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-mPKEjWkjhY.jpg"/></item><item><title>La lutte contre le VIH avec Fred Colby / L'Europe face aux LGBTphobies avec l'EL*C</title><description><![CDATA[
    Ce soir, Le Lobby reçoit le militant gay et séropositif Fred Colby à l&#039;occasion de la parution de son récit &quot;T&#039;as pas le Sida, j&#039;espère ?!&quot;. En seconde partie, on se demandera ce que peut l&#039;Union Européenne face aux LGBTIphobies avec Silvia Casalino et Ilaria Todde de l&#039;EuroCentralAsian Lesbian* Community.
    
Chaque 1er décembre, c&#039;est la journée mondiale de lutte contre le VIH. Une journée bien particulière cette année, alors que la pandémie de Covid-19 représente une menace de plus pour les personnes séropositives. Pour ne pas désespérer, nous recevons Fred Colby, militant pour l&#039;association AIDES. Il publie &quot;T&#039;as pas le Sida, j&#039;espère ?!&quot;, un récit touchant où il raconte son parcours de jeune garçon puis d&#039;homme adulte, originaire d&#039;une petite ville de la banlieue d&#039;Aix-en-Provence. Aujourd&#039;hui marié et plus vivant que jamais, il vient nous parler de son parcours, du stigma au combat politique, de la sérophobie à la sérofierté. 

    
        
        
    

En seconde partie, on parle un peu d&#039;Europe. En effet, l&#039;UE vient d&#039;adopter son premier plan de lutte contre les discriminations LGBTIphobes. Alors que le bras de fer continue entre des pays comme la Pologne ou la Hongrie, qui affirment leur offensive réactionnaire, et le reste de l&#039;Europe, que peut-on espérer de cette ensemble de directives ? On en parle avec deux membres de l&#039;ONG internationale EuroCentralAsian Lesbian* Community, Silvia Casalino, sa co-directrice exécutive, et Ilaria Todde, également spécialiste en droit européen. 
L&#039;égalité et la non-discrimination sont des valeurs essentielles et des droits fondamentaux dans l&#039;Union européenne 🇪🇺  Nous présentions aujourd&#039;hui la toute première stratégie de l&#039;UE en faveur de l&#039;égalité des personnes LGBTIQ 🌈 ↓#EU4LGBTIQ #UnionOfEquality #LoveIsLove pic.twitter.com/uAEqKsPAHx 
— Commission européenne 🇪🇺 (@UEFrance) November 12, 2020 

    Côté chroniques
    
Gouine des Champs vous emmène dans la Creuse, à la découverte de LGBTQIA++ Creuse. Vous pouvez retrouver Gouine des Champs sur son compte Instagram ! 
Ixpé vous présente la jeune artiste marocaine non-binaire Rami. Ce soir, on écoute 4H20. Retrouvez Les Disques du Lobby chaque mercredi sur Soundcloud, et ce 31 décembre sur Tsugi Radio !  
Les Disques du Lobby · Rami - 4H20 [Les Disques du Lobby] 

    Dans vos agendas !
    
📚 Comme Silvia Casalino, on va (re)lire Le Génie Lesbien, d&#039;Alice Coffin. 
🎬 Comme Ilaria Todde, on a hâte de voir The Prom, sur Netflix, un musical lesbien avec Queen Meryl Streep qui sort le 11 décembre. 
📲 Comme Ixpé, rendez-vous sur le compte Instagram La Lutte musicale, où vous découvrirez ou redécouvrirez des artistes engagé•es. 
📺 Comme Victor, on va voir le magnifique Petite Fille de Sébastien Lifschitz sur le site d&#039;Arte.tv. 
📻 Comme Colin, on écoute la webradio 10à% femmes et personnes trans et non-binaires Radio Tempête. 

    Programmation musicale
    
— Pierre Lapointe et Mélissa Laveaux, Noël Lougawou (2020) — Rami, 4H20 (2020) 
L&#039;ÉQUIPE — Présentation : Colin Gruel et Victor Samoth-Panetti. Chroniques : Gouine des champs et Ixpé. Réalisation : Margot Page, avec l&#039;aide de Jonathan Carasse pour les moyens techniques. Retrouvez-nous sur Twitter, Facebook et Instagram, et podcastez-nous sur vos applis (Spotify, Deezer, Apple Podcasts et PodcastAddict) ! 
]]></description><itunes:summary>
    Ce soir, Le Lobby reçoit le militant gay et séropositif Fred Colby à l'occasion de la parution de son récit "T'as pas le Sida, j'espère ?!". En seconde partie, on se demandera ce que peut l'Union Européenne face aux LGBTIphobies avec Silvia Casalino et Ilaria Todde de l'EuroCentralAsian Lesbian* Community.
    
Chaque 1er décembre, c'est la journée mondiale de lutte contre le VIH. Une journée bien particulière cette année, alors que la pandémie de Covid-19 représente une menace de plus pour les personnes séropositives. Pour ne pas désespérer, nous recevons Fred Colby, militant pour l'association AIDES. Il publie "T'as pas le Sida, j'espère ?!", un récit touchant où il raconte son parcours de jeune garçon puis d'homme adulte, originaire d'une petite ville de la banlieue d'Aix-en-Provence. Aujourd'hui marié et plus vivant que jamais, il vient nous parler de son parcours, du stigma au combat politique, de la sérophobie à la sérofierté. 

    
        
        
    

En seconde partie, on parle un peu d'Europe. En effet, l'UE vient d'adopter son premier plan de lutte contre les discriminations LGBTIphobes. Alors que le bras de fer continue entre des pays comme la Pologne ou la Hongrie, qui affirment leur offensive réactionnaire, et le reste de l'Europe, que peut-on espérer de cette ensemble de directives ? On en parle avec deux membres de l'ONG internationale EuroCentralAsian Lesbian* Community, Silvia Casalino, sa co-directrice exécutive, et Ilaria Todde, également spécialiste en droit européen. 
L'égalité et la non-discrimination sont des valeurs essentielles et des droits fondamentaux dans l'Union européenne 🇪🇺  Nous présentions aujourd'hui la toute première stratégie de l'UE en faveur de l'égalité des personnes LGBTIQ 🌈 ↓#EU4LGBTIQ #UnionOfEquality #LoveIsLove pic.twitter.com/uAEqKsPAHx 
— Commission européenne 🇪🇺 (@UEFrance) November 12, 2020 

    Côté chroniques
    
Gouine des Champs vous emmène dans la Creuse, à la découverte de LGBTQIA++ Creuse. Vous pouvez retrouver Gouine des Champs sur son compte Instagram ! 
Ixpé vous présente la jeune artiste marocaine non-binaire Rami. Ce soir, on écoute 4H20. Retrouvez Les Disques du Lobby chaque mercredi sur Soundcloud, et ce 31 décembre sur Tsugi Radio !  
Les Disques du Lobby · Rami - 4H20 [Les Disques du Lobby] 

    Dans vos agendas !
    
📚 Comme Silvia Casalino, on va (re)lire Le Génie Lesbien, d'Alice Coffin. 
🎬 Comme Ilaria Todde, on a hâte de voir The Prom, sur Netflix, un musical lesbien avec Queen Meryl Streep qui sort le 11 décembre. 
📲 Comme Ixpé, rendez-vous sur le compte Instagram La Lutte musicale, où vous découvrirez ou redécouvrirez des artistes engagé•es. 
📺 Comme Victor, on va voir le magnifique Petite Fille de Sébastien Lifschitz sur le site d'Arte.tv. 
📻 Comme Colin, on écoute la webradio 10à% femmes et personnes trans et non-binaires Radio Tempête. 

    Programmation musicale
    
— Pierre Lapointe et Mélissa Laveaux, Noël Lougawou (2020) — Rami, 4H20 (2020) 
L'ÉQUIPE — Présentation : Colin Gruel et Victor Samoth-Panetti. Chroniques : Gouine des champs et Ixpé. Réalisation : Margot Page, avec l'aide de Jonathan Carasse pour les moyens techniques. Retrouvez-nous sur Twitter, Facebook et Instagram, et podcastez-nous sur vos applis (Spotify, Deezer, Apple Podcasts et PodcastAddict) ! 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 08 Dec 2020 00:00:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-la-lutte-co-4c5e90bb.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-la-lutte-co-4c5e90bb.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/zvlq-la-lutte-contre-le-vih-avec-fred-colby-leurope-face-aux-lgbtphobies-avec-lelc</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-n06X7mRMdB.jpg"/></item><item><title>"40 LGBT+ qui ont changé le monde" de Florent Manelli / La diaspora queer avec Joëlle Sambi-Nzeba</title><description><![CDATA[
    Le Lobby se reconfine, mais ne perd pas une occasion de s&#039;accaparer les ondes de Radio Campus Paris ! Notre mensuelle queer continue, ce soir avec Florent Manelli, qui publie le tome 2 de &quot;40 LGBT+ qui ont changé le monde&quot; aux éditions Lapin, et avec la militante afroféministe lesbienne et congo-belge Joëlle Sambi-Nzeba, qui réalise actuellement un documentaire sur les LGBT de la diaspora congolaise.
    
Un an après une première série de quarante portraits de militant•es queers qui ont fait avancer nos combats, Florent Manelli récidive avec un deuxième tome toujours aussi haut en couleur qu&#039;il publie aux éditions Lapin. Vous connaissez sans doute Janelle Monaé (page 14) ou RuPaul (page 186)... Mais avez-vous déjà entendu parler de la militante trans Miss Major Griffin-Gracy, comparse de Marsha P. Johnson et de Sylvia Riviera, ou de la figure intersexe, non-binaire et latinx Hida Viloria ? 

    
        
        
    

Pour se procurer le tome 2 de &quot;40 LGBT+ qui ont changé le monde&quot;, rendez-vous sur leslibraires.fr :). 
En seconde partie, on se demande si les queers de la diaspora africaine ont le mal du pays. Pour en parler avec nous, la militante lesbienne afroféministe congo-belge Joëlle Sambi-Nzeba est venue nous confier son histoire. Née à Bruxelles, elle grandit à Kinshasa, en République démocratique du Congo, colonisé par la Belgique jusqu&#039;à l&#039;indépendance en 1960. Elle vit aujourd&#039;hui à Bruxelles, et réalise son premier documentaire, Pinkshasa Diaspora, qui s&#039;attachera à donner la parole à ses adelphes queers venus de Kinshasa. 

    
        
        
    


    Côté chroniques...
    
Ours, crevette, panda... Sur Grindr et ailleurs, les hommes gays se donnent tout un tas d&#039;animaux. Antoine, notre envoyé spécial sur Grindr, interroge ces appellations, qui glissent parfois dangereusement vers le racisme ou la grossophobie... 
Dans La Diagonale du Queer, notre Gouine des champs nous emmène dans le département des Landes, en Nouvelle-Aquitaine, pour découvrir le collectif féministe Team Sama. 
On accueille aussi une nouvelle chroniqueuse, Lady Gaza, qui nous raconte sa vie de daronne lesbienne racisée des quartiers. 
Enfin, comme chaque mois, on finira par le portrait d&#039;Alexandra, qui vous propose de découvrir la vie de Barbara Gittings, militante lesbienne américaine ayant lutté pour la dépsychiatrisation de l&#039;homosexualité, et dont la vie sera bientôt adaptée en série par Steven Canals, producteur de la série Pose. 

    Dans vos agendas !
    
• Florent Manelli vous recommande tous les livres d&#039;Audre Lorde, poétesse lesbienne féministe afro-américaine, et plus spécifiquement Sister Outsider. 
• Lady Gaza vous propose un autre livre, celui de Fatima Daas, qui dans La Petite dernière, roman largement autobiographique, raconte la jeunesse d&#039;une petite fille qui découvre son homosexualité dans une famille musulmane venue d&#039;Algérie. 
• Encore un livre pour Alexandra, celui de Paul B. Preciado, Je suis un monstre qui vous parle. Un appel à la transformation des discours et des pratiques psychologiques et psychanalytiques, notamment pour expliquer que les théories de la différence sexuelle, de Freud et Lacan, étaient aujourd’hui dépassées. 
• Victor vous conseille la mini série Little Fires Everywhere, portée par les formidables Kerry Washington et Reese Witherspoon. En 8 épisodes, on y assiste à un démontage dans les règles de la méritocratie à l’américaine et, en plus d’un arc LGBT-related, à une prise en compte assez rare du triptyque race/classe/genre. 
• Antoine vous renvoie vers les Histoires pédées du Collectif Pou, des nouvelles écrites par Antonin Crenn, Alexandre Bédier, Patrick Autréaux et bien d’autres. C’est disponible pour collectifpou.fr et aussi à la librairie Les Mots à la Bouche ! 
• Gouine des champs vous donne rendez-vous sur son compte Instagram, où elle vous propose des stickers des champs à coller partout dans vos patelins, parce que les queers ne sont pas qu&#039;en ville ! 
• Pour continuer à militer pendant le reconfinement, Colin vous propose de donner un peu d&#039;argent au Fonds d&#039;Action Sociale Trans, créé par Acceptess-T et le comédien Océan. 

    Programmation musicale
    
— Kelsey Lu, Due West (2018) — Serpentwithfeet, A comma (2020) 
L&#039;équipe — Présentation : Colin Gruel et Victor Samoth-Panetti. Chroniques : Gouine des champs, Antoine, Lady Gaza et Alexandra Delbot. Réalisation : Margot Page. Retrouvez-nous sur Twitter, Facebook et Instagram, et podcastez-nous sur vos applis (Spotify, Deezer, Apple Podcasts et PodcastAddict) ! 
]]></description><itunes:summary>
    Le Lobby se reconfine, mais ne perd pas une occasion de s'accaparer les ondes de Radio Campus Paris ! Notre mensuelle queer continue, ce soir avec Florent Manelli, qui publie le tome 2 de "40 LGBT+ qui ont changé le monde" aux éditions Lapin, et avec la militante afroféministe lesbienne et congo-belge Joëlle Sambi-Nzeba, qui réalise actuellement un documentaire sur les LGBT de la diaspora congolaise.
    
Un an après une première série de quarante portraits de militant•es queers qui ont fait avancer nos combats, Florent Manelli récidive avec un deuxième tome toujours aussi haut en couleur qu'il publie aux éditions Lapin. Vous connaissez sans doute Janelle Monaé (page 14) ou RuPaul (page 186)... Mais avez-vous déjà entendu parler de la militante trans Miss Major Griffin-Gracy, comparse de Marsha P. Johnson et de Sylvia Riviera, ou de la figure intersexe, non-binaire et latinx Hida Viloria ? 

    
        
        
    

Pour se procurer le tome 2 de "40 LGBT+ qui ont changé le monde", rendez-vous sur leslibraires.fr :). 
En seconde partie, on se demande si les queers de la diaspora africaine ont le mal du pays. Pour en parler avec nous, la militante lesbienne afroféministe congo-belge Joëlle Sambi-Nzeba est venue nous confier son histoire. Née à Bruxelles, elle grandit à Kinshasa, en République démocratique du Congo, colonisé par la Belgique jusqu'à l'indépendance en 1960. Elle vit aujourd'hui à Bruxelles, et réalise son premier documentaire, Pinkshasa Diaspora, qui s'attachera à donner la parole à ses adelphes queers venus de Kinshasa. 

    
        
        
    


    Côté chroniques...
    
Ours, crevette, panda... Sur Grindr et ailleurs, les hommes gays se donnent tout un tas d'animaux. Antoine, notre envoyé spécial sur Grindr, interroge ces appellations, qui glissent parfois dangereusement vers le racisme ou la grossophobie... 
Dans La Diagonale du Queer, notre Gouine des champs nous emmène dans le département des Landes, en Nouvelle-Aquitaine, pour découvrir le collectif féministe Team Sama. 
On accueille aussi une nouvelle chroniqueuse, Lady Gaza, qui nous raconte sa vie de daronne lesbienne racisée des quartiers. 
Enfin, comme chaque mois, on finira par le portrait d'Alexandra, qui vous propose de découvrir la vie de Barbara Gittings, militante lesbienne américaine ayant lutté pour la dépsychiatrisation de l'homosexualité, et dont la vie sera bientôt adaptée en série par Steven Canals, producteur de la série Pose. 

    Dans vos agendas !
    
• Florent Manelli vous recommande tous les livres d'Audre Lorde, poétesse lesbienne féministe afro-américaine, et plus spécifiquement Sister Outsider. 
• Lady Gaza vous propose un autre livre, celui de Fatima Daas, qui dans La Petite dernière, roman largement autobiographique, raconte la jeunesse d'une petite fille qui découvre son homosexualité dans une famille musulmane venue d'Algérie. 
• Encore un livre pour Alexandra, celui de Paul B. Preciado, Je suis un monstre qui vous parle. Un appel à la transformation des discours et des pratiques psychologiques et psychanalytiques, notamment pour expliquer que les théories de la différence sexuelle, de Freud et Lacan, étaient aujourd’hui dépassées. 
• Victor vous conseille la mini série Little Fires Everywhere, portée par les formidables Kerry Washington et Reese Witherspoon. En 8 épisodes, on y assiste à un démontage dans les règles de la méritocratie à l’américaine et, en plus d’un arc LGBT-related, à une prise en compte assez rare du triptyque race/classe/genre. 
• Antoine vous renvoie vers les Histoires pédées du Collectif Pou, des nouvelles écrites par Antonin Crenn, Alexandre Bédier, Patrick Autréaux et bien d’autres. C’est disponible pour collectifpou.fr et aussi à la librairie Les Mots à la Bouche ! 
• Gouine des champs vous donne rendez-vous sur son compte Instagram, où elle vous propose des stickers des champs à coller partout dans vos patelins, parce que les queers ne sont pas qu'en ville ! 
• Pour continuer à militer pendant le reconfinement, Colin vous propose de donner un peu d'argent au Fonds d'Action Sociale Trans, créé par Acceptess-T et le comédien Océan. 

    Programmation musicale
    
— Kelsey Lu, Due West (2018) — Serpentwithfeet, A comma (2020) 
L'équipe — Présentation : Colin Gruel et Victor Samoth-Panetti. Chroniques : Gouine des champs, Antoine, Lady Gaza et Alexandra Delbot. Réalisation : Margot Page. Retrouvez-nous sur Twitter, Facebook et Instagram, et podcastez-nous sur vos applis (Spotify, Deezer, Apple Podcasts et PodcastAddict) ! 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 10 Nov 2020 00:00:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-40-lgbt-qui-d70d2d1f.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-40-lgbt-qui-d70d2d1f.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/r8BL-40-lgbt-qui-ont-change-le-monde-de-florent-manelli-la-diaspora-queer-avec-joelle-sambi-nzeba</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-dpreStjpAv.jpg"/></item><item><title>"Le génie lesbien" d'Alice Coffin / "Ekifire" de Frédéric Noy</title><description><![CDATA[
    C&#039;est la rentrée pour Le Lobby, l&#039;émission hétérofriendly de Radio Campus Paris ! Pour notre premier rendez-vous ultrasecret de l&#039;année, on a fait fort. La militante féministe lesbienne Alice Coffin vient nous parler du &quot;Génie Lesbien&quot; qu&#039;elle publie chez Grasset, et le photographe Frédéric Noy nous parle des minorités LGBTI en Afrique de l&#039;est.
    
C&#039;est un peu l&#039;événement de cette rentrée, l&#039;œuvre sur laquelle tout le monde doit avoir un avis. Non, on ne parle pas d&#039;Emily in Paris, mais bien du brûlot féministe d&#039;Alice Coffin, «Le Génie lesbien» (Grasset). La militante lesbienne, membre du collectif La Barbe, co-fondatrice de la Conférence Européenne Lesbienne*, y expose la &quot;guerre&quot; que les hommes livrent aujourd&#039;hui contre les femmes, et ne mâche pas ses mots à l&#039;égard des journalistes, elle-même ancienne du journal 20 minutes. 

    
        
        
    

En deuxième partie, on s&#039;envole pour l&#039;Ouganda, le Burundi ou encore le Rwanda, où le photojournaliste Frédéric Noy a mené un travail au long-cours pour découvrir et photographier la communauté LGBTI. Dans «Ekifire» (Les Belles lettres), il propose des clichés sensibles et remarquables, témoignant d&#039;un grand respect à l&#039;égard de nos communautés. On parle avec lui de sa démarche et de son travail. 

    
        
        
    


    Côté chroniques...
    
Ce mois-ci, c&#039;est l&#039;occasion pour vous de découvrir les nouvelles voix du Lobby. 
D&#039;abord celle de Gouine des Champs, qui parlera chaque mois d&#039;une initiative queer dans un patelin français. Aujourd&#039;hui, elle nous fait découvrir Pétille, le réseau MTPGI+ (meufs-trans-pédés-gouines-intersexes et autres) du BTP, ou quand les queers des campagnes se serrent les coudes sur les chantiers. 
Ensuite, celle d&#039;Antoine, qui nous parle aujourd&#039;hui de Grindr, et de la façon dont l&#039;application de rencontres gays s&#039;adaptent à nos luttes arc-en-ciel en constante (r)évolution. 
Enfin, on finit en beauté avec Alexandra, qui reviendra à chaque émission sur la vie d&#039;une personnalité qui a marqué le mouvement queer. Aujourd&#039;hui, hommage à la juge démocrate à la Cour Suprême décédée dans l&#039;été, Ruth Bader Ginsburg. 

    Dans vos agendas !
    
• Alice Coffin vous emmène au festival Cineffable, c&#039;est le festival international du film lesbien ! 
• Frédéric Noy vous parle de Rafiki, film de Wanuri Kahiu, et de I am Samuel, documentaire de Peter Murimi qui vient d&#039;être projeté à Londres. 
• Alexandra vous propose de vous rendre 7 rue Elzévir pour l&#039;exposition collective Masculinité(s), qui repose la question des masculinités à travers un dialogue sensoriel entre parfums et œuvres d&#039;art. Rendez-vous du 13 au 18 octobre ! 
• Antoine vous parle du tome 2 de 40 LGBT+ qui ont changé le monde, un beau livre signé Florent Manelli. 
• 2 films à voir selon Victor : d&#039;abord La Première marche, le documentaire de Baptiste Etchegaray et Hakim Atoui sur la première marche des fiertés des Banlieue à Saint-Denis, et Garçon chiffon, un film de Nicolas Maury, (Hervé, l&#039;adorable agent junior de Dix Pour Cent) avec Nathalie Baye. 
• Colin vous conseille le podcast Camille, produit par Binge Audio, dont la deuxième saison vient de démarrer elle aussi ! Rendez-vous ce mercredi 14 octobre sur e 93.9FM dans La Matinale de 19h pour en savoir plus ! 

    Programmation musicale
    
— Louis the Child ft. Wafia, Better not (2018) — Britanny Campbell, Matter (2020) 
L&#039;équipe — Présentation : Colin Gruel et Victor Samoth-Panetti. Chroniques : Gouine des champs, Antoine et Alexandra Delbot. Réalisation : Margot Page. Retrouvez-nous sur Twitter, Facebook et Instagram, et podcastez-nous sur vos applis (Spotify, Deezer, Apple Podcasts et PodcastAddict) ! 
]]></description><itunes:summary>
    C'est la rentrée pour Le Lobby, l'émission hétérofriendly de Radio Campus Paris ! Pour notre premier rendez-vous ultrasecret de l'année, on a fait fort. La militante féministe lesbienne Alice Coffin vient nous parler du "Génie Lesbien" qu'elle publie chez Grasset, et le photographe Frédéric Noy nous parle des minorités LGBTI en Afrique de l'est.
    
C'est un peu l'événement de cette rentrée, l'œuvre sur laquelle tout le monde doit avoir un avis. Non, on ne parle pas d'Emily in Paris, mais bien du brûlot féministe d'Alice Coffin, «Le Génie lesbien» (Grasset). La militante lesbienne, membre du collectif La Barbe, co-fondatrice de la Conférence Européenne Lesbienne*, y expose la "guerre" que les hommes livrent aujourd'hui contre les femmes, et ne mâche pas ses mots à l'égard des journalistes, elle-même ancienne du journal 20 minutes. 

    
        
        
    

En deuxième partie, on s'envole pour l'Ouganda, le Burundi ou encore le Rwanda, où le photojournaliste Frédéric Noy a mené un travail au long-cours pour découvrir et photographier la communauté LGBTI. Dans «Ekifire» (Les Belles lettres), il propose des clichés sensibles et remarquables, témoignant d'un grand respect à l'égard de nos communautés. On parle avec lui de sa démarche et de son travail. 

    
        
        
    


    Côté chroniques...
    
Ce mois-ci, c'est l'occasion pour vous de découvrir les nouvelles voix du Lobby. 
D'abord celle de Gouine des Champs, qui parlera chaque mois d'une initiative queer dans un patelin français. Aujourd'hui, elle nous fait découvrir Pétille, le réseau MTPGI+ (meufs-trans-pédés-gouines-intersexes et autres) du BTP, ou quand les queers des campagnes se serrent les coudes sur les chantiers. 
Ensuite, celle d'Antoine, qui nous parle aujourd'hui de Grindr, et de la façon dont l'application de rencontres gays s'adaptent à nos luttes arc-en-ciel en constante (r)évolution. 
Enfin, on finit en beauté avec Alexandra, qui reviendra à chaque émission sur la vie d'une personnalité qui a marqué le mouvement queer. Aujourd'hui, hommage à la juge démocrate à la Cour Suprême décédée dans l'été, Ruth Bader Ginsburg. 

    Dans vos agendas !
    
• Alice Coffin vous emmène au festival Cineffable, c'est le festival international du film lesbien ! 
• Frédéric Noy vous parle de Rafiki, film de Wanuri Kahiu, et de I am Samuel, documentaire de Peter Murimi qui vient d'être projeté à Londres. 
• Alexandra vous propose de vous rendre 7 rue Elzévir pour l'exposition collective Masculinité(s), qui repose la question des masculinités à travers un dialogue sensoriel entre parfums et œuvres d'art. Rendez-vous du 13 au 18 octobre ! 
• Antoine vous parle du tome 2 de 40 LGBT+ qui ont changé le monde, un beau livre signé Florent Manelli. 
• 2 films à voir selon Victor : d'abord La Première marche, le documentaire de Baptiste Etchegaray et Hakim Atoui sur la première marche des fiertés des Banlieue à Saint-Denis, et Garçon chiffon, un film de Nicolas Maury, (Hervé, l'adorable agent junior de Dix Pour Cent) avec Nathalie Baye. 
• Colin vous conseille le podcast Camille, produit par Binge Audio, dont la deuxième saison vient de démarrer elle aussi ! Rendez-vous ce mercredi 14 octobre sur e 93.9FM dans La Matinale de 19h pour en savoir plus ! 

    Programmation musicale
    
— Louis the Child ft. Wafia, Better not (2018) — Britanny Campbell, Matter (2020) 
L'équipe — Présentation : Colin Gruel et Victor Samoth-Panetti. Chroniques : Gouine des champs, Antoine et Alexandra Delbot. Réalisation : Margot Page. Retrouvez-nous sur Twitter, Facebook et Instagram, et podcastez-nous sur vos applis (Spotify, Deezer, Apple Podcasts et PodcastAddict) ! 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 13 Oct 2020 00:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-le-genie-le-674d6326.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-le-genie-le-674d6326.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/ROwY-le-genie-lesbien-dalice-coffin-ekifire-de-frederic-noy</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-QgJCMHe7YW.jpg"/></item><item><title>Le Lobby d'été : Y a-t-il une musique queer ?</title><description><![CDATA[
    Pour finir l&#039;été, on a décidé de s&#039;inviter chez Xavier Paufichet, DJ plus connu sous le nom d&#039;Ixpé, qui a lancé pendant le confinement la plateforme &quot;Les Disques du Lobby&quot;.
    
Avec sa plateforme, Xavier Paufichet souhaite apporter de la visibilité à des artistes LGBTI, qui subissent de plein fouet la crise sanitaire qui s&#039;ajoute aux discriminations habituelles. Chaque mercredi, retrouvez sur Les Disques du Lobby un titre inédit d&#039;un•e artiste queer ! 
Les Disques du Lobby · Mokish - Sodo Pour Tous [Les Disques du Lobby] 
Avec Xavier Paufichet, on a parlé de genres musicaux, de visibilité et de représentation, de Chris et de Bilal Hassani. 

    Et dans la deuxième partie de l&#039;émission...
    
Cet été, Louise vous propose de vous replonger dans la vie de militantes LGBTI célèbres. Aujourd&#039;hui, une évocation de Marielle Franco, assassinée l&#039;année dernière. Au sommaire également de notre émission : l&#039;agenda de Maxime et le choix musical de Jonathan... 

    Dans vos agendas
    
• Castle swimmer, à lire sur la plateforme Webtoon • Heartstopper, d&#039;Alice Oseman • The story of Fire Saga, le film Netflix parfait pour les fans de l&#039;Eurovision 
]]></description><itunes:summary>
    Pour finir l'été, on a décidé de s'inviter chez Xavier Paufichet, DJ plus connu sous le nom d'Ixpé, qui a lancé pendant le confinement la plateforme "Les Disques du Lobby".
    
Avec sa plateforme, Xavier Paufichet souhaite apporter de la visibilité à des artistes LGBTI, qui subissent de plein fouet la crise sanitaire qui s'ajoute aux discriminations habituelles. Chaque mercredi, retrouvez sur Les Disques du Lobby un titre inédit d'un•e artiste queer ! 
Les Disques du Lobby · Mokish - Sodo Pour Tous [Les Disques du Lobby] 
Avec Xavier Paufichet, on a parlé de genres musicaux, de visibilité et de représentation, de Chris et de Bilal Hassani. 

    Et dans la deuxième partie de l'émission...
    
Cet été, Louise vous propose de vous replonger dans la vie de militantes LGBTI célèbres. Aujourd'hui, une évocation de Marielle Franco, assassinée l'année dernière. Au sommaire également de notre émission : l'agenda de Maxime et le choix musical de Jonathan... 

    Dans vos agendas
    
• Castle swimmer, à lire sur la plateforme Webtoon • Heartstopper, d'Alice Oseman • The story of Fire Saga, le film Netflix parfait pour les fans de l'Eurovision 
</itunes:summary><pubDate>Thu, 17 Sep 2020 00:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-dete-y-a-t-49af177a.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-dete-y-a-t-49af177a.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/oVAk-le-lobby-dete-y-a-t-il-une-musique-queer</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-pDlOimM6yz.jpg"/></item><item><title>Le Lobby d'été : Où sont les "quiet gays" ?</title><description><![CDATA[
    Quelle place pour les introverti•es dans une communauté qui aime sortir ? On en parle avec Laureline Lévy, gérante de La Constellation, un nouveau tiers-lieu queer sans alcool à Paris.
    
Est-ce qu&#039;on est vraiment queer quand on aime sortir, quand on est pas fan de Lady Gaga et quand la Marche des Fiertés est davantage synonyme de musique forte et d&#039;anxiété sociale ? Si aujourd&#039;hui la communauté LGBTI n&#039;est plus tout à fait le peuple nocturne qu&#039;elle fut il y a quelques décennies, la fête est encore très présente dans la culture queer. Mais comment faire quand on n&#039;y trouve pas son compte ? Quand on ne boit pas ? Ou quand on est neuroatypique ? Aujourd&#039;hui, avec Laureline Lévy de La Constellation, on va s&#039;intéresser aux &quot;quiet gays&quot;, auxquels Hannah Gadsby rendait hommage il y a 2 ans dans son spectacle Nanette. 
La Constellation a ouvert au 13, rue Dussoubs dans le 2e arrondissement de Paris. 

    Et dans la deuxième partie de l&#039;émission...
    
Ensuite, place aux quiet gays du Lobby ! Le portrait de la semaine, l&#039;agenda de Victor et bien sûr le choix musical de Jonathan, qui s&#039;est porté aujourd&#039;hui sur la chanteuse lesbienne Soko, et sa délicieuse balade Looking for love. 
Alexandra s&#039;est plongé dans la vie de l&#039;avocate féministe Gisèle Halimi, décédée pendant l&#039;été. Elle nous propose un portrait en sons de cette figure incontournable. 
Et dans son agenda, Victor vous raconte ce qu&#039;il a fait de ses vacances, voici ses recommandations : 
• Deux livres à lire : La meilleure part des hommes et Faber de Tristan Garcia ; • un film à (re)voir : My own private Idaho, de Gus Van Sant ; • et une série à regarder : Umbelievable, à voir sur Netflix. 
&amp;lt;span data-mce-type=&quot;bookmark&quot; style=&quot;display: inline-block; width: 0px; overflow: hidden; line-height: 0;&quot; class=&quot;mce_SELRES_start&quot;&amp;gt;﻿&amp;lt;/span&amp;gt; 
Le Lobby est une émission présentée et réalisée par Colin, préparée avec Victor, Alexandra et Jonathan, et mise en onde par Jonathan Carasse. Retrouvez-nous sur Twitter, Facebook, Instagram, et écoutez-nous sur toutes les applications de podcast ! 
]]></description><itunes:summary>
    Quelle place pour les introverti•es dans une communauté qui aime sortir ? On en parle avec Laureline Lévy, gérante de La Constellation, un nouveau tiers-lieu queer sans alcool à Paris.
    
Est-ce qu'on est vraiment queer quand on aime sortir, quand on est pas fan de Lady Gaga et quand la Marche des Fiertés est davantage synonyme de musique forte et d'anxiété sociale ? Si aujourd'hui la communauté LGBTI n'est plus tout à fait le peuple nocturne qu'elle fut il y a quelques décennies, la fête est encore très présente dans la culture queer. Mais comment faire quand on n'y trouve pas son compte ? Quand on ne boit pas ? Ou quand on est neuroatypique ? Aujourd'hui, avec Laureline Lévy de La Constellation, on va s'intéresser aux "quiet gays", auxquels Hannah Gadsby rendait hommage il y a 2 ans dans son spectacle Nanette. 
La Constellation a ouvert au 13, rue Dussoubs dans le 2e arrondissement de Paris. 

    Et dans la deuxième partie de l'émission...
    
Ensuite, place aux quiet gays du Lobby ! Le portrait de la semaine, l'agenda de Victor et bien sûr le choix musical de Jonathan, qui s'est porté aujourd'hui sur la chanteuse lesbienne Soko, et sa délicieuse balade Looking for love. 
Alexandra s'est plongé dans la vie de l'avocate féministe Gisèle Halimi, décédée pendant l'été. Elle nous propose un portrait en sons de cette figure incontournable. 
Et dans son agenda, Victor vous raconte ce qu'il a fait de ses vacances, voici ses recommandations : 
• Deux livres à lire : La meilleure part des hommes et Faber de Tristan Garcia ; • un film à (re)voir : My own private Idaho, de Gus Van Sant ; • et une série à regarder : Umbelievable, à voir sur Netflix. 
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Le Lobby est une émission présentée et réalisée par Colin, préparée avec Victor, Alexandra et Jonathan, et mise en onde par Jonathan Carasse. Retrouvez-nous sur Twitter, Facebook, Instagram, et écoutez-nous sur toutes les applications de podcast ! 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 04 Sep 2020 00:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-dete-ou-son-bbf2c0b4.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-dete-ou-son-bbf2c0b4.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/nxGY-le-lobby-dete-ou-sont-les-quiet-gays</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-ldiX1tFlnk.jpg"/></item><item><title>Le Lobby d'été : Best-of #2</title><description><![CDATA[
    Le Lobby d&#039;été, c&#039;est un vendredi sur 2 à 14 heures sur Radio Campus Paris. Cette semaine encore, Radio Campus Paris est en vacances, alors au Lobby on vous propose de réécouter les meilleurs moments de la saison 1 !
    
On réécoutera d&#039;abord la drag-queen Minima Gesté. En février, elle était venue nous parler de son engagement pour de multiples causes, avec le BAAM (Bureau d&#039;accueil et d&#039;accompagnement des migrants) ou auprès des femmes en chambre de l&#039;Ibis Batignolles... À l&#039;heure où le RuPaul&#039;s Drag Race a sorti le drag de la culture underground partout dans le monde, le drag s&#039;en retrouve-t-il redéfini ? 
Ensuite, on entendra la chronique de Victor, et l&#039;hommage émouvant qu&#039;il avait rendu en mars à son amie Angy, disparue, qui l&#039;a aidé à s&#039;affirmer plus jeune. 
Pendant le confinement, nous avons rencontré Awenn, qui anime sur Instagram le compte Tds_Vs_Grindrr. Alors que la crise sanitaire a durement touché les travailleureuses du sexe, sa parole est d&#039;autant plus puissante et précieuse. 
Avant de se quitter, nous réentendrons la chronique de Léo, qui reviendra sur ses quelques années de militantisme queer, et dont il tirait une leçon principale : rien n&#039;est jamais acquis. 
Et puis nous finirons en musique, avec le live de Refuge, qui nous interprétera un titre de son deuxième album Hunger, qui était venu nous présenter en juin. 

    Le Lobby sera de retour dans deux semaines pour une nouvelle émission ! D&#039;ici là, on se retrouve sur Facebook, Twitter, Instagram, et sur toutes les applications de podcast !
    
]]></description><itunes:summary>
    Le Lobby d'été, c'est un vendredi sur 2 à 14 heures sur Radio Campus Paris. Cette semaine encore, Radio Campus Paris est en vacances, alors au Lobby on vous propose de réécouter les meilleurs moments de la saison 1 !
    
On réécoutera d'abord la drag-queen Minima Gesté. En février, elle était venue nous parler de son engagement pour de multiples causes, avec le BAAM (Bureau d'accueil et d'accompagnement des migrants) ou auprès des femmes en chambre de l'Ibis Batignolles... À l'heure où le RuPaul's Drag Race a sorti le drag de la culture underground partout dans le monde, le drag s'en retrouve-t-il redéfini ? 
Ensuite, on entendra la chronique de Victor, et l'hommage émouvant qu'il avait rendu en mars à son amie Angy, disparue, qui l'a aidé à s'affirmer plus jeune. 
Pendant le confinement, nous avons rencontré Awenn, qui anime sur Instagram le compte Tds_Vs_Grindrr. Alors que la crise sanitaire a durement touché les travailleureuses du sexe, sa parole est d'autant plus puissante et précieuse. 
Avant de se quitter, nous réentendrons la chronique de Léo, qui reviendra sur ses quelques années de militantisme queer, et dont il tirait une leçon principale : rien n'est jamais acquis. 
Et puis nous finirons en musique, avec le live de Refuge, qui nous interprétera un titre de son deuxième album Hunger, qui était venu nous présenter en juin. 

    Le Lobby sera de retour dans deux semaines pour une nouvelle émission ! D'ici là, on se retrouve sur Facebook, Twitter, Instagram, et sur toutes les applications de podcast !
    
</itunes:summary><pubDate>Fri, 21 Aug 2020 00:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-dete-best-o-645c0c11.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-dete-best-o-645c0c11.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/lxv7-le-lobby-dete-best-of-2</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-HrboO8r6Ml.jpg"/></item><item><title>Le Lobby d'été : Best-of #1</title><description><![CDATA[
    Cette semaine dans notre Lobby d&#039;été, on passe en revue les meilleurs moments de la saison 1 de votre magazine queer préféré
    
Elles étaient venues nous rendre visite en mars : Hanane et Chloé, militantes lesbiennes du collectif Femmes en lutte 93 avaient parlé avec nous de féminisme, d&#039;anticapitalisme et d&#039;antiracisme, et avaient retourné le studio avec leur pêche et leur envie de se battre.  Il était venu nous raconter son expérience de thérapie de guérison en décembre aux côtés de Jean-Loup Adénor et Timothée de Rauglaudre, auteurs de Dieu est amour (2019, Flammarion), une enquête choc sur les thérapies visant à guérir l&#039;homosexualité en France. Nous écouterons le témoignage de Cyrille de Compiègne, jeune homme trans aujourd&#039;hui vice-président de l&#039;association LGBTI chrétienne David et Jonathan.  Côté chroniques, nous réécouterons Louise nous parler de féminisme, ou plutôt de masturbation. Vous allez voir c&#039;est lié. Une chronique initialement diffusée en avril. Plaisir également de réécouter les mots chaleureux de la journaliste lesbienne Élodie Font, elle nous avait envoyé une carte blanche dans cette même émission.  Enfin, on se quittera en musique avec une rediffusion du live de Refuge, qui nous avait présenté son deuxième album, Hunger, au mois de juin. 

    Le Lobby revient dans deux semaines avec un nouveau best-of, et puis en septembre, retour aux studios ! D&#039;ici là, suivez-nous sur Facebook, Twitter, Instagram, et podcastez-nous sur toutes les plateformes de podcast !
    
]]></description><itunes:summary>
    Cette semaine dans notre Lobby d'été, on passe en revue les meilleurs moments de la saison 1 de votre magazine queer préféré
    
Elles étaient venues nous rendre visite en mars : Hanane et Chloé, militantes lesbiennes du collectif Femmes en lutte 93 avaient parlé avec nous de féminisme, d'anticapitalisme et d'antiracisme, et avaient retourné le studio avec leur pêche et leur envie de se battre.  Il était venu nous raconter son expérience de thérapie de guérison en décembre aux côtés de Jean-Loup Adénor et Timothée de Rauglaudre, auteurs de Dieu est amour (2019, Flammarion), une enquête choc sur les thérapies visant à guérir l'homosexualité en France. Nous écouterons le témoignage de Cyrille de Compiègne, jeune homme trans aujourd'hui vice-président de l'association LGBTI chrétienne David et Jonathan.  Côté chroniques, nous réécouterons Louise nous parler de féminisme, ou plutôt de masturbation. Vous allez voir c'est lié. Une chronique initialement diffusée en avril. Plaisir également de réécouter les mots chaleureux de la journaliste lesbienne Élodie Font, elle nous avait envoyé une carte blanche dans cette même émission.  Enfin, on se quittera en musique avec une rediffusion du live de Refuge, qui nous avait présenté son deuxième album, Hunger, au mois de juin. 

    Le Lobby revient dans deux semaines avec un nouveau best-of, et puis en septembre, retour aux studios ! D'ici là, suivez-nous sur Facebook, Twitter, Instagram, et podcastez-nous sur toutes les plateformes de podcast !
    
</itunes:summary><pubDate>Fri, 07 Aug 2020 00:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-dete-best-o-a6d458ba.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-dete-best-o-a6d458ba.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/0Y2V-le-lobby-dete-best-of-1</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-y5rFlQiCaV.jpg"/></item><item><title>Le Lobby d'été : Les campagnes sont-elles des déserts queers ?</title><description><![CDATA[
    Tel le Smalltown Boy de la chanson de Bronski Beat, peut-être venez-vous d&#039;une petite ville que vous avez fuie pour une plus grande afin de vivre plus librement votre queerness. Pourtant, tous les queers ne renient pas la campagne.
    
Sur son compte Instagram Gouine des champs, Max milite pour rendre visible les LGBTI vivant dans les campagnes et les petites villes. Comment s&#039;y construit-on en tant que queer ? Comment militer malgré l&#039;isolement ? Nombreux sont les LGBTI qui entretiennent un rapport ambigu à cette terre d&#039;origine. On en parle avec Max et avec les témoignages que vous nous avez envoyés. 
Sur le sujet, Max vous recommande : 

    Et en deuxième partie d&#039;émission...
    
Louise rend cette semaine hommage à la militante lesbienne égyptienne Sarah Hegazi, qui s&#039;est suicidée le mois dernier, Victor vous dit tout le mal qu&#039;il pense du dernier film de François Ozon, Été 85, et Jonathan vous fait découvrir Dorian Electra. 
&amp;lt;span data-mce-type=&quot;bookmark&quot; style=&quot;display: inline-block; width: 0px; overflow: hidden; line-height: 0;&quot; class=&quot;mce_SELRES_start&quot;&amp;gt;﻿&amp;lt;/span&amp;gt; 

    Dans vos agendas
    
Un livre à lire : Le monde n&#039;existe pas, de Fabrice Humbert, sorti en janvier chez Gallimard 
Un film à (ne pas) voir : Été 85, de François Ozon 
]]></description><itunes:summary>
    Tel le Smalltown Boy de la chanson de Bronski Beat, peut-être venez-vous d'une petite ville que vous avez fuie pour une plus grande afin de vivre plus librement votre queerness. Pourtant, tous les queers ne renient pas la campagne.
    
Sur son compte Instagram Gouine des champs, Max milite pour rendre visible les LGBTI vivant dans les campagnes et les petites villes. Comment s'y construit-on en tant que queer ? Comment militer malgré l'isolement ? Nombreux sont les LGBTI qui entretiennent un rapport ambigu à cette terre d'origine. On en parle avec Max et avec les témoignages que vous nous avez envoyés. 
Sur le sujet, Max vous recommande : 

    Et en deuxième partie d'émission...
    
Louise rend cette semaine hommage à la militante lesbienne égyptienne Sarah Hegazi, qui s'est suicidée le mois dernier, Victor vous dit tout le mal qu'il pense du dernier film de François Ozon, Été 85, et Jonathan vous fait découvrir Dorian Electra. 
&amp;lt;span data-mce-type="bookmark" style="display: inline-block; width: 0px; overflow: hidden; line-height: 0;" class="mce_SELRES_start"&amp;gt;﻿&amp;lt;/span&amp;gt; 

    Dans vos agendas
    
Un livre à lire : Le monde n'existe pas, de Fabrice Humbert, sorti en janvier chez Gallimard 
Un film à (ne pas) voir : Été 85, de François Ozon 
</itunes:summary><pubDate>Mon, 27 Jul 2020 00:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-dete-les-ca-1d548958.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-dete-les-ca-1d548958.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/4Qkg-le-lobby-dete-les-campagnes-sont-elles-des-deserts-queers</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-g8FPprbDCt.jpg"/></item><item><title>Le Lobby d'été : La médecine est-elle LGBTIphobe ?</title><description><![CDATA[
    Alors que les personnes intersexes subissent encore mutilations et autres mauvais traitements, alors que les parcours de transition sont toujours des parcours du combattant, Le Lobby pose la question : la médecine serait-elle hostile aux LGBTI ?
    
Cet été, un vendredi sur deux, Le Lobby posera les questions qui concernent la communauté LGBTI toute entière. Et on commence par le lourd sujet de la médecine. Au moins un•e patient•e LGBTI sur deux estime avoir été discriminé•e au cours d&#039;une consultation. Alors on a demandé au médecin, écrivain et allié Martin Winckler ce qu&#039;il en pensait, et quelles solutions pouvaient se dessiner. Avec lui, on a parlé des normes et des dogmes qui règnent dans la pratique de la médecine en France, et on a écouté vos témoignages... 
Pour aller plus loin, vous pouvez lire : 

    Et en deuxième partie d&#039;émission...
    
Louise dressera le portrait de la célèbre militante trans Marsha P. Johnson, on écoutera le choix musical de notre programmateur musical Jonathan, et Victor vous proposera son agenda queer, pour savoir quoi faire, quoi lire et quoi regarder cet été ! 
&amp;lt;span data-mce-type=&quot;bookmark&quot; style=&quot;display: inline-block; width: 0px; overflow: hidden; line-height: 0;&quot; class=&quot;mce_SELRES_start&quot;&amp;gt;﻿&amp;lt;/span&amp;gt; 

    Dans vos agendas
    
Une série à voir : I may destroy you, série de Michaela Coel, à voir sur OCS. 
Une livre à lire : Moi j&#039;embrasse, le témoignage de Clément G., ex-escort. 
Un endroit à découvrir : La Constellation, futur bar queer alternatif et sans alcool dans le 2e arrondissement de Paris. 
Retrouvez-nous très vite sur Twitter, Instagram et Facebook :). 
Le Lobby est une émission présentée et réalisée par Colin, et préparée avec Louise et Victor, mise en ondes par Jonathan. 
]]></description><itunes:summary>
    Alors que les personnes intersexes subissent encore mutilations et autres mauvais traitements, alors que les parcours de transition sont toujours des parcours du combattant, Le Lobby pose la question : la médecine serait-elle hostile aux LGBTI ?
    
Cet été, un vendredi sur deux, Le Lobby posera les questions qui concernent la communauté LGBTI toute entière. Et on commence par le lourd sujet de la médecine. Au moins un•e patient•e LGBTI sur deux estime avoir été discriminé•e au cours d'une consultation. Alors on a demandé au médecin, écrivain et allié Martin Winckler ce qu'il en pensait, et quelles solutions pouvaient se dessiner. Avec lui, on a parlé des normes et des dogmes qui règnent dans la pratique de la médecine en France, et on a écouté vos témoignages... 
Pour aller plus loin, vous pouvez lire : 

    Et en deuxième partie d'émission...
    
Louise dressera le portrait de la célèbre militante trans Marsha P. Johnson, on écoutera le choix musical de notre programmateur musical Jonathan, et Victor vous proposera son agenda queer, pour savoir quoi faire, quoi lire et quoi regarder cet été ! 
&amp;lt;span data-mce-type="bookmark" style="display: inline-block; width: 0px; overflow: hidden; line-height: 0;" class="mce_SELRES_start"&amp;gt;﻿&amp;lt;/span&amp;gt; 

    Dans vos agendas
    
Une série à voir : I may destroy you, série de Michaela Coel, à voir sur OCS. 
Une livre à lire : Moi j'embrasse, le témoignage de Clément G., ex-escort. 
Un endroit à découvrir : La Constellation, futur bar queer alternatif et sans alcool dans le 2e arrondissement de Paris. 
Retrouvez-nous très vite sur Twitter, Instagram et Facebook :). 
Le Lobby est une émission présentée et réalisée par Colin, et préparée avec Louise et Victor, mise en ondes par Jonathan. 
</itunes:summary><pubDate>Fri, 10 Jul 2020 00:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-dete-la-med-29e027e6.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-dete-la-med-29e027e6.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/zvB5-le-lobby-dete-la-medecine-est-elle-lgbtiphobe</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-HQGobeI2Sz.jpg"/></item><item><title>Le Lobby : La der' avec Refuge et le Festival de Queerantaine</title><description><![CDATA[
    C&#039;est l&#039;été mais il fait gris. C&#039;est le mois des fiertés mais sans marche des fiertés. C&#039;est dans cet étrange contexte qu&#039;on a tenté de finir l&#039;année en beauté.
    
On a cru qu&#039;on ne verrait jamais le bout de cette saison, mais nous y sommes. Le Lobby enregistre sa dernière émission, et pour ce faire, on s&#039;est invités chez notre invité. Refuge a publié son deuxième album Hunger au début du confinement, un album puissant, aux sonorités rares et sophistiquées. Avec lui, on a parlé du queer, d&#039;androgynie, d&#039;origines et des traces que le temps laisse sur nos histoires, et surtout sur la sienne. 
&amp;lt;span data-mce-type=&quot;bookmark&quot; style=&quot;display: inline-block; width: 0px; overflow: hidden; line-height: 0;&quot; class=&quot;mce_SELRES_start&quot;&amp;gt;﻿&amp;lt;/span&amp;gt; 
Mais avant cela, on a posé quelques questions à l&#039;artiste militant•e queer Panda, organisateur•trice du premier Festival de Queerantaine. Deux jours de festivités en ligne, des DJ sets, un drag show, un marché, des tables rondes... Tout se passe ce week-end sur ce groupe Facebook ! 

    Agenda
    
Refuge vous propose d&#039;écouter Corpus, le dernier EP de son ami Malvina Meinier 
Victor vous recommande de faire un tour à la Pride Têtu ce week-end, et aussi de lire La Conversion de James Baldwin. L&#039;auteur noir et gya est plus que jamais d&#039;acutalité. 
Colin vous renvoie vers Netflix, où est disponible depuis la semaine dernière un documentaire produit notamment par Laverne Cox, Identités trans : au-delà de l&#039;image, qui revient sur 100 ans de représentation des personnes trans à l&#039;écran. 

    Programmation musicale
    
• Hollydays - &quot;Monsieur Papa&quot; 
• En live : Refuge - &quot;2k16&quot; et &quot;The world outside&quot; 
Et retrouvez l&#039;équipe du Lobby un vendredi sur deux à 14 heures pendant tout l&#039;été ! 🥰 

    Podcastez-nous !
    
Vous pouvez maintenant nous retrouver sur Spotify et Apple Podcasts ! 
]]></description><itunes:summary>
    C'est l'été mais il fait gris. C'est le mois des fiertés mais sans marche des fiertés. C'est dans cet étrange contexte qu'on a tenté de finir l'année en beauté.
    
On a cru qu'on ne verrait jamais le bout de cette saison, mais nous y sommes. Le Lobby enregistre sa dernière émission, et pour ce faire, on s'est invités chez notre invité. Refuge a publié son deuxième album Hunger au début du confinement, un album puissant, aux sonorités rares et sophistiquées. Avec lui, on a parlé du queer, d'androgynie, d'origines et des traces que le temps laisse sur nos histoires, et surtout sur la sienne. 
&amp;lt;span data-mce-type="bookmark" style="display: inline-block; width: 0px; overflow: hidden; line-height: 0;" class="mce_SELRES_start"&amp;gt;﻿&amp;lt;/span&amp;gt; 
Mais avant cela, on a posé quelques questions à l'artiste militant•e queer Panda, organisateur•trice du premier Festival de Queerantaine. Deux jours de festivités en ligne, des DJ sets, un drag show, un marché, des tables rondes... Tout se passe ce week-end sur ce groupe Facebook ! 

    Agenda
    
Refuge vous propose d'écouter Corpus, le dernier EP de son ami Malvina Meinier 
Victor vous recommande de faire un tour à la Pride Têtu ce week-end, et aussi de lire La Conversion de James Baldwin. L'auteur noir et gya est plus que jamais d'acutalité. 
Colin vous renvoie vers Netflix, où est disponible depuis la semaine dernière un documentaire produit notamment par Laverne Cox, Identités trans : au-delà de l'image, qui revient sur 100 ans de représentation des personnes trans à l'écran. 

    Programmation musicale
    
• Hollydays - "Monsieur Papa" 
• En live : Refuge - "2k16" et "The world outside" 
Et retrouvez l'équipe du Lobby un vendredi sur deux à 14 heures pendant tout l'été ! 🥰 

    Podcastez-nous !
    
Vous pouvez maintenant nous retrouver sur Spotify et Apple Podcasts ! 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 23 Jun 2020 00:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-la-der-avec-4ea3242c.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-la-der-avec-4ea3242c.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/1W90-le-lobby-la-der-avec-refuge-et-le-festival-de-queerantaine</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-9Zi9TeRXhA.jpg"/></item><item><title>Le Lobby : VIH et coronavirus, d'une épidémie à l'autre et l'Eurovision</title><description><![CDATA[
    Le Lobby s&#039;est déconfiné, mais continue à célébrer la solidarité qui unit la communauté LGBTI. 
    
Du VIH au coronavirus, quelles résonances ? Nous avons posé la question à Pierre, secrétaire général d&#039;Act-Up Paris, l&#039;association de lutte contre le Sida. Avec lui, on a parlé de l&#039;ignorance de l&#039;épidémie de VIH par les hétérosexuels, et de la capacité qu&#039;ont les LGBTI à se mobiliser pour faire front face aux épidémies qui menacent les plus précaires de leur communauté, notamment les personnes trans et les travailleureuses du sexe. 
Quand la musique est bonne... Avec Fabien Randanne, journaliste pour le journal 20 minutes, nous avons rendu hommage à l&#039;Eurovision, qui devait se tenir il y a quelques jours. De Dana International à Bilal Hassani en passant par Conchita Wurst, ce concours européen créé en 1956 a laissé une place non-négligeable aux représentations des LGBT. Et si le règlement de ce concours que la France n&#039;a pas gagné depuis 1977 interdisent la représentations de combats politiques, les droits LGBTI ont souvent réussi à se frayer un chemin entre les shows pyrotechniques et les paillettes. 
Fabien Randanne vous invite à faire vivre la magie de l&#039;Eurovision grâce à Eurovision again, qui propose des rétrospectives de cette cérémonie icônique. 

    Chroniques
    
Victor vous dit tous sur les dangers que représente la loi Avia sur les propos haineux en ligne. 
Léo revient sur ses premières années de militantisme queer et dresse un sombre constat : rien n&#039;est jamais acquis. 
Le gouvernement français enterre une nouvelle fois la PMA et la fin des mutilations sur les personnes intersexes. La Hongrie met fin à la reconnaissance juridique des personnes trans et intersexes.  &quot;Rien n&#039;est jamais acquis&quot;  Ma chronique dans @LeLobbyRCP du mois de mai. pic.twitter.com/DSoNAtsRay 
— Léo Lefrançois (@Leo_Lefrancois) May 26, 2020 

    Programmation musicale
    
• Pomme — Je ne sais pas danser (2019) • Marie Myriam — L&#039;oiseau et l&#039;enfant (1977) 
]]></description><itunes:summary>
    Le Lobby s'est déconfiné, mais continue à célébrer la solidarité qui unit la communauté LGBTI. 
    
Du VIH au coronavirus, quelles résonances ? Nous avons posé la question à Pierre, secrétaire général d'Act-Up Paris, l'association de lutte contre le Sida. Avec lui, on a parlé de l'ignorance de l'épidémie de VIH par les hétérosexuels, et de la capacité qu'ont les LGBTI à se mobiliser pour faire front face aux épidémies qui menacent les plus précaires de leur communauté, notamment les personnes trans et les travailleureuses du sexe. 
Quand la musique est bonne... Avec Fabien Randanne, journaliste pour le journal 20 minutes, nous avons rendu hommage à l'Eurovision, qui devait se tenir il y a quelques jours. De Dana International à Bilal Hassani en passant par Conchita Wurst, ce concours européen créé en 1956 a laissé une place non-négligeable aux représentations des LGBT. Et si le règlement de ce concours que la France n'a pas gagné depuis 1977 interdisent la représentations de combats politiques, les droits LGBTI ont souvent réussi à se frayer un chemin entre les shows pyrotechniques et les paillettes. 
Fabien Randanne vous invite à faire vivre la magie de l'Eurovision grâce à Eurovision again, qui propose des rétrospectives de cette cérémonie icônique. 

    Chroniques
    
Victor vous dit tous sur les dangers que représente la loi Avia sur les propos haineux en ligne. 
Léo revient sur ses premières années de militantisme queer et dresse un sombre constat : rien n'est jamais acquis. 
Le gouvernement français enterre une nouvelle fois la PMA et la fin des mutilations sur les personnes intersexes. La Hongrie met fin à la reconnaissance juridique des personnes trans et intersexes.  "Rien n'est jamais acquis"  Ma chronique dans @LeLobbyRCP du mois de mai. pic.twitter.com/DSoNAtsRay 
— Léo Lefrançois (@Leo_Lefrancois) May 26, 2020 

    Programmation musicale
    
• Pomme — Je ne sais pas danser (2019) • Marie Myriam — L'oiseau et l'enfant (1977) 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 26 May 2020 00:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-vih-et-coro-b7abb1c1.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-vih-et-coro-b7abb1c1.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/lx7J-le-lobby-vih-et-coronavirus-dune-epidemie-a-lautre-et-leurovision</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-TJzZxTR61x.jpg"/></item><item><title>Le Lobby : Quel après pour les LGBTI ?</title><description><![CDATA[
    Dans Le Lobby aujourd&#039;hui, on commence à préparer l&#039;après-confinement avec un programme bien chargé !
    
Plus que deux semaines avant le 11 mai, cette date qui sonne comme le début de notre libération. À quoi faut-il s&#039;attendre ?  L&#039;équipe du Lobby n&#039;est pas des plus optimistes... Nous avons demandé son avis à la journaliste Élodie Font, qui il y a quelques années nous avait émus avec son podcast Coming-In.  

    Les rencontres du Lobby
    
#Prostitution. Cette semaine, nous avons posé quelques questions à Osmose, qui gère le compte Instagram @tds_vs_grindrr. Il nous a parlé de l&#039;inquiétante précarité dans laquelle les travailleuses et travailleurs du sexe sont plongé•es en cette période de confinement. 
« Les TDS, on a une charge mentale et émotionnelle très lourde ! On milite, on répond à des questions, on déstigmatise... Moi j&#039;ai jamais autant bossé de ma vie, en fait ! » 
Pour aider les TDS, plusieurs cagnottes ont été mises place. Rendez-vous sur le site internet du STRASS, le syndicat des travilleurs•ses du sexe, qui a établi une liste de cagnottes en cours. 
Et si vous voulez continuer à en savoir plus sur les métiers du travail du sexe, plusieurs compte Instagram très pédagogiques existent, en voici quelques-uns recommandés par Osmose : @TaPotePute, @Par.Et.Pour et Beverly Ruby ! 
Voir cette publication sur Instagram 
#4ansloiprostitution #monjobestlégal #you_are_loved_and_supported #des_droits_pour_toutses #manifvirtuelle #sexworkiswork #tds #nosréalitésdevie #vismaviedepute #vismaviedetds #payetontaf #viedepute #escort #tapin #travaildusexe #prostitution #coronabolitionnisme #corona #stop_diabolisation #pro_decrim #4ansloiabolition #abolitionprostitution #maviesouslapéna 
Une publication partagée par  TDS vs Grindr (v.2) (@tds_vs_grindrr) le 10 Avril 2020 à 2 :03 PDT 
#SantéMentale. Les personnes LGBTI souffrent-elles d&#039;angoisse spécifiques pendant le confinement ? Comment les affronter ? Nous avons posé la question au porte-parole de l&#039;association Psy.Gay.e.s. 
Vous pouvez contacter l&#039;association au 01.42.74.16.02, et vous retrouverez toutes les informations sur la ligne d&#039;écoute gratuite mise en place par l&#039;ENIPSE par ici (contactez-les au 06.24.10.63.10) ! 
#Sexe. Vous êtes nombreux à vous poser des questions de santé sexuelle pendant le confinement : suis-je plus susceptible d&#039;être touché par le Covid-19 si je suis séropositif ? Dois-je continuer à prendre la PrEP ? Le coronavirus et le VIH sont-ils liés ? Pour répondre à toutes ces questions, nous nous sommes tournés vers le Dr Naked, et c&#039;est sa community manager, Florence, également community manager de l&#039;association Vers Paris Sans Sida, qui a répondu à toutes nos questions. 
« Il faut se préparer à la sortie du confinement : ayez des capotes en stock, faîtes-vous dépister, c&#039;est important ! » 
Vous pouvez contacter l&#039;association si vous avez besoin d&#039;autotest VIH, grâce au dispositif lancé avec le Checkpoint. Et n&#039;oubliez pas de suivre Dr Naked et Vers Paris Sans Sida sur les réseaux sociaux pour vous renseigner sur tout le travail titanesque et vital mis en place par les bénévoles de l&#039;association ! 
🎗 OPÉRATION AUTOTEST VIH GRATUIT 🎗  Le bilan pendant le confinement : c&#039;est maintenant !  ➡️ Recevez gratuitement et par courrier un #autotest #VIH et si vous le souhaitez, du gel, des préservatifs ou encore des outils de consommation à moindre risques.  👇👇👇 pic.twitter.com/Sar8nlreMq 
— Le Kiosque Infos sida - Checkpoint Paris (@kiosqueinfosida) April 8, 2020 

    Les chroniques du Lobby
    
Vous aimez toujours autant les journaux de confinement ? Tant mieux, parce que Louise a décidé de vous offrir un extrait du sien, et croyez-moi, vous ne l&#039;oublierez pas. 
L&#039;association FLAG, qui regroupe des policiers LGBTI, a développé une nouvelle application visant à signaler en géolocalisant les violences LGBTphobes. de quoi inspirer un sérieux coup de gueule à Léo. 
Et puis Colin s&#039;est replongé dans le dessin-animé qui a marqué sa jeunesse : Code Lyokô. 

    Agenda
    
Colin vous recommande d&#039;attendre jusqu&#039;au 1er mai pour la sortie de &quot;Hollywood&quot; sur Netflix, la dernière série du réalisateur de Glee et Pose, Ryan Murphy. 
Si vous aimez Ryan Murphy, Louise vous parle aussi de A secret love, un documentaire qui raconte la vie d&#039;un couple lesbien qui a tenu sa relation secrète pendant soixante ans. Ca sort ce mercredi et la bande-annonce suffira à vous redonner le sourire. 
Quant à Victor, il vous recommande de foncer sur Instagram pour découvrir le compte @WhereverHugo_, où vous trouverez chaque jour une analyse très politique et très queer d&#039;un tableau... 
Solidays est annulé mais vous avez jusqu&#039;à jeudi pour acheter un billet solidaire pour soutenir Solidarité Sida. Ça se passe par ici. 

    Programmation musicale
    
Prochain rendez-vous avec le Lobby le 26 mai ! 
]]></description><itunes:summary>
    Dans Le Lobby aujourd'hui, on commence à préparer l'après-confinement avec un programme bien chargé !
    
Plus que deux semaines avant le 11 mai, cette date qui sonne comme le début de notre libération. À quoi faut-il s'attendre ?  L'équipe du Lobby n'est pas des plus optimistes... Nous avons demandé son avis à la journaliste Élodie Font, qui il y a quelques années nous avait émus avec son podcast Coming-In.  

    Les rencontres du Lobby
    
#Prostitution. Cette semaine, nous avons posé quelques questions à Osmose, qui gère le compte Instagram @tds_vs_grindrr. Il nous a parlé de l'inquiétante précarité dans laquelle les travailleuses et travailleurs du sexe sont plongé•es en cette période de confinement. 
« Les TDS, on a une charge mentale et émotionnelle très lourde ! On milite, on répond à des questions, on déstigmatise... Moi j'ai jamais autant bossé de ma vie, en fait ! » 
Pour aider les TDS, plusieurs cagnottes ont été mises place. Rendez-vous sur le site internet du STRASS, le syndicat des travilleurs•ses du sexe, qui a établi une liste de cagnottes en cours. 
Et si vous voulez continuer à en savoir plus sur les métiers du travail du sexe, plusieurs compte Instagram très pédagogiques existent, en voici quelques-uns recommandés par Osmose : @TaPotePute, @Par.Et.Pour et Beverly Ruby ! 
Voir cette publication sur Instagram 
#4ansloiprostitution #monjobestlégal #you_are_loved_and_supported #des_droits_pour_toutses #manifvirtuelle #sexworkiswork #tds #nosréalitésdevie #vismaviedepute #vismaviedetds #payetontaf #viedepute #escort #tapin #travaildusexe #prostitution #coronabolitionnisme #corona #stop_diabolisation #pro_decrim #4ansloiabolition #abolitionprostitution #maviesouslapéna 
Une publication partagée par  TDS vs Grindr (v.2) (@tds_vs_grindrr) le 10 Avril 2020 à 2 :03 PDT 
#SantéMentale. Les personnes LGBTI souffrent-elles d'angoisse spécifiques pendant le confinement ? Comment les affronter ? Nous avons posé la question au porte-parole de l'association Psy.Gay.e.s. 
Vous pouvez contacter l'association au 01.42.74.16.02, et vous retrouverez toutes les informations sur la ligne d'écoute gratuite mise en place par l'ENIPSE par ici (contactez-les au 06.24.10.63.10) ! 
#Sexe. Vous êtes nombreux à vous poser des questions de santé sexuelle pendant le confinement : suis-je plus susceptible d'être touché par le Covid-19 si je suis séropositif ? Dois-je continuer à prendre la PrEP ? Le coronavirus et le VIH sont-ils liés ? Pour répondre à toutes ces questions, nous nous sommes tournés vers le Dr Naked, et c'est sa community manager, Florence, également community manager de l'association Vers Paris Sans Sida, qui a répondu à toutes nos questions. 
« Il faut se préparer à la sortie du confinement : ayez des capotes en stock, faîtes-vous dépister, c'est important ! » 
Vous pouvez contacter l'association si vous avez besoin d'autotest VIH, grâce au dispositif lancé avec le Checkpoint. Et n'oubliez pas de suivre Dr Naked et Vers Paris Sans Sida sur les réseaux sociaux pour vous renseigner sur tout le travail titanesque et vital mis en place par les bénévoles de l'association ! 
🎗 OPÉRATION AUTOTEST VIH GRATUIT 🎗  Le bilan pendant le confinement : c'est maintenant !  ➡️ Recevez gratuitement et par courrier un #autotest #VIH et si vous le souhaitez, du gel, des préservatifs ou encore des outils de consommation à moindre risques.  👇👇👇 pic.twitter.com/Sar8nlreMq 
— Le Kiosque Infos sida - Checkpoint Paris (@kiosqueinfosida) April 8, 2020 

    Les chroniques du Lobby
    
Vous aimez toujours autant les journaux de confinement ? Tant mieux, parce que Louise a décidé de vous offrir un extrait du sien, et croyez-moi, vous ne l'oublierez pas. 
L'association FLAG, qui regroupe des policiers LGBTI, a développé une nouvelle application visant à signaler en géolocalisant les violences LGBTphobes. de quoi inspirer un sérieux coup de gueule à Léo. 
Et puis Colin s'est replongé dans le dessin-animé qui a marqué sa jeunesse : Code Lyokô. 

    Agenda
    
Colin vous recommande d'attendre jusqu'au 1er mai pour la sortie de "Hollywood" sur Netflix, la dernière série du réalisateur de Glee et Pose, Ryan Murphy. 
Si vous aimez Ryan Murphy, Louise vous parle aussi de A secret love, un documentaire qui raconte la vie d'un couple lesbien qui a tenu sa relation secrète pendant soixante ans. Ca sort ce mercredi et la bande-annonce suffira à vous redonner le sourire. 
Quant à Victor, il vous recommande de foncer sur Instagram pour découvrir le compte @WhereverHugo_, où vous trouverez chaque jour une analyse très politique et très queer d'un tableau... 
Solidays est annulé mais vous avez jusqu'à jeudi pour acheter un billet solidaire pour soutenir Solidarité Sida. Ça se passe par ici. 

    Programmation musicale
    
Prochain rendez-vous avec le Lobby le 26 mai ! 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 28 Apr 2020 00:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-quel-apres-ef9b1e14.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-quel-apres-ef9b1e14.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/r8mk-le-lobby-quel-apres-pour-les-lgbti</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-9P8VCkfCuk.jpg"/></item><item><title>Le Lobby : Les luttes queers au temps du coronavirus</title><description><![CDATA[
    L&#039;équipe du Lobby est confinée cette semaine, comme tout le monde. Tout le monde ? Pas forcément. Dans cette émission un peu spéciale, nous avons décidé de recueillir la parole de celles et ceux qui l&#039;ont moins.
    
C&#039;est depuis le salon de l&#039;un et la cuisine de l&#039;autre que Victor et Colin vous proposent cette émission un peu spéciale. Et parce que Le Lobby est l&#039;émission qui met un peu d&#039;arcs-en-ciel dans toutes les luttes, nous avons décidé cette semaine d&#039;écouter la parole de celles et ceux qui subissent de plein fouet la crise sanitaire. Et puis bien sûr, on a décidé d&#039;envoyer plein de belles ondes à nos auditeurices avec quelques conseils pour ne pas perdre la boule et survivre au confinement. 

    Avec nous ce soir : l&#039;actualité des luttes au temps du coronavirus
    
#Féminisme. On l’entend souvent depuis le début de la crise sanitaire, les femmes sont en première ligne, on le sait. Pour en parler, on retrouvera deux activistes du collectif Femmes en lutte 93 qui nous avait déjà rendu visite le mois dernier dans Le Lobby. Nadira, infirmière en Seine-Saint-Denis, et Sophie, postière précaire dans les Hauts-de-Seine, évoqueront leurs expériences. 
#Transidentité. On passera un coup de fil à Giovanna Rincon, qui dirige l’association Acceptess-Transgenres. Avec elle, On parlera des conséquences concrètes du confinement pour les personnes trans et de ce que peuvent encore faire les militantes et militants sur le terrain…  
#Réfugiés. On s’intéressera enfin au sort des migrants en général et plus particulièrement les migrants LGBTI : comment vivent-ils ce confinement alors que les militants associatifs sont confinés chez eux ? Nous en avons parlé avec Alycia, militante au sein du Baam, le Bureau d’Accueil et d’Accompagnement des migrants. 

    Continuer la lutte
    
Que faire pour continuer à militer quand une pandémie mondiale nous cloître chez nous ? 
Sur leur site internet, le Collectif Femmes en lutte 93 relaie de nombreux témoignages de femmes précaires et exploitées. Pour envoyer le vôtre, rendez-vous sur leur page Facebook ou envoyez-leur un mail à femmesenlutte93@gmail.com ! 
L&#039;association Acceptess-Transgenres, qui vient en aide aux personnes trans, et notamment les plus précaires et les travailleuses et travailleurs du sexe, vient de monter le FAST, pour Fonds d&#039;action sociale trans. Pour y participer, c&#039;est par ici ! 
Le BAAM a par ailleurs lancé une pétition appelant l&#039;État à en faire plus pour aider les réfugiés, qui subissent de plein fouet la crise sanitaire... 
Une cagnotte a été ouverte par le Strass pour venir en aide aux travailleuses et travailleurs du sexe, très pénalisé.es par la situation. 
Enfin, un groupe d&#039;entraide queer a été ouvert sur Facebook à l&#039;initiative de nombreux collectifs. 
Mais ce n&#039;est pas tout, et la liste pourrait encore largement continuer. Un dernier conseil : abonnez-vous aux médias communautaires comme Komitid. Ils souffraient déjà avant la crise, mais le coronavirus risque de ne rien améliorer. Soutenez-les, des abonnements à bas prix existent ! :). 

    Ne pas perdre la tête
    
Comment s&#039;occuper en ces temps confinés ? Plein de conseils et de recommandations à retrouver dans notre émission. Par exemple, Victor vous propose d&#039;aller lire Chez soi, l&#039;essai de Queen Mona Chollet, et Colin vous renvoie vers La politique des putes, le podcast d&#039;Océan produit par le studio Nouvelles Écoutes. Et si vous n&#039;êtes pas satisfaits avec tout ça, voici une autre idée soumise par une auditrice : 
Voir cette publication sur Instagram 
Vous commencez à trouver le temps long en confinement ? Voici comment notre fabuleuse auditrice @eoryne a décidé de s&#039;occuper... Merci à elle ! 😘 #queer #nonbinary #trans #lgbt #nonbinaire 
Une publication partagée par  Le Lobby (@lelobbyrcp) le 6 Avril 2020 à 11 :12 PDT 
Et vous, comment faites vous pour vous occuper ? On attend vos récits de queers confiné.es en notes vocales sur nos pages Facebook ou Instagram ! 

    Programmation musicale
    
Le Lobby est une émission conçue et réalisée cette semaine par Victor et Colin. Suivez-nous sur Facebook, sur Instagram ou sur Twitter ! 
]]></description><itunes:summary>
    L'équipe du Lobby est confinée cette semaine, comme tout le monde. Tout le monde ? Pas forcément. Dans cette émission un peu spéciale, nous avons décidé de recueillir la parole de celles et ceux qui l'ont moins.
    
C'est depuis le salon de l'un et la cuisine de l'autre que Victor et Colin vous proposent cette émission un peu spéciale. Et parce que Le Lobby est l'émission qui met un peu d'arcs-en-ciel dans toutes les luttes, nous avons décidé cette semaine d'écouter la parole de celles et ceux qui subissent de plein fouet la crise sanitaire. Et puis bien sûr, on a décidé d'envoyer plein de belles ondes à nos auditeurices avec quelques conseils pour ne pas perdre la boule et survivre au confinement. 

    Avec nous ce soir : l'actualité des luttes au temps du coronavirus
    
#Féminisme. On l’entend souvent depuis le début de la crise sanitaire, les femmes sont en première ligne, on le sait. Pour en parler, on retrouvera deux activistes du collectif Femmes en lutte 93 qui nous avait déjà rendu visite le mois dernier dans Le Lobby. Nadira, infirmière en Seine-Saint-Denis, et Sophie, postière précaire dans les Hauts-de-Seine, évoqueront leurs expériences. 
#Transidentité. On passera un coup de fil à Giovanna Rincon, qui dirige l’association Acceptess-Transgenres. Avec elle, On parlera des conséquences concrètes du confinement pour les personnes trans et de ce que peuvent encore faire les militantes et militants sur le terrain…  
#Réfugiés. On s’intéressera enfin au sort des migrants en général et plus particulièrement les migrants LGBTI : comment vivent-ils ce confinement alors que les militants associatifs sont confinés chez eux ? Nous en avons parlé avec Alycia, militante au sein du Baam, le Bureau d’Accueil et d’Accompagnement des migrants. 

    Continuer la lutte
    
Que faire pour continuer à militer quand une pandémie mondiale nous cloître chez nous ? 
Sur leur site internet, le Collectif Femmes en lutte 93 relaie de nombreux témoignages de femmes précaires et exploitées. Pour envoyer le vôtre, rendez-vous sur leur page Facebook ou envoyez-leur un mail à femmesenlutte93@gmail.com ! 
L'association Acceptess-Transgenres, qui vient en aide aux personnes trans, et notamment les plus précaires et les travailleuses et travailleurs du sexe, vient de monter le FAST, pour Fonds d'action sociale trans. Pour y participer, c'est par ici ! 
Le BAAM a par ailleurs lancé une pétition appelant l'État à en faire plus pour aider les réfugiés, qui subissent de plein fouet la crise sanitaire... 
Une cagnotte a été ouverte par le Strass pour venir en aide aux travailleuses et travailleurs du sexe, très pénalisé.es par la situation. 
Enfin, un groupe d'entraide queer a été ouvert sur Facebook à l'initiative de nombreux collectifs. 
Mais ce n'est pas tout, et la liste pourrait encore largement continuer. Un dernier conseil : abonnez-vous aux médias communautaires comme Komitid. Ils souffraient déjà avant la crise, mais le coronavirus risque de ne rien améliorer. Soutenez-les, des abonnements à bas prix existent ! :). 

    Ne pas perdre la tête
    
Comment s'occuper en ces temps confinés ? Plein de conseils et de recommandations à retrouver dans notre émission. Par exemple, Victor vous propose d'aller lire Chez soi, l'essai de Queen Mona Chollet, et Colin vous renvoie vers La politique des putes, le podcast d'Océan produit par le studio Nouvelles Écoutes. Et si vous n'êtes pas satisfaits avec tout ça, voici une autre idée soumise par une auditrice : 
Voir cette publication sur Instagram 
Vous commencez à trouver le temps long en confinement ? Voici comment notre fabuleuse auditrice @eoryne a décidé de s'occuper... Merci à elle ! 😘 #queer #nonbinary #trans #lgbt #nonbinaire 
Une publication partagée par  Le Lobby (@lelobbyrcp) le 6 Avril 2020 à 11 :12 PDT 
Et vous, comment faites vous pour vous occuper ? On attend vos récits de queers confiné.es en notes vocales sur nos pages Facebook ou Instagram ! 

    Programmation musicale
    
Le Lobby est une émission conçue et réalisée cette semaine par Victor et Colin. Suivez-nous sur Facebook, sur Instagram ou sur Twitter ! 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 07 Apr 2020 00:00:00 +0200</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-les-luttes-ad078b4e.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-les-luttes-ad078b4e.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/4QQ2-le-lobby-les-luttes-queers-au-temps-du-coronavirus</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-QsbYVVv8k9.jpg"/></item><item><title>Le Lobby : Femmes en lutte 93 et les LGBTI en Pologne</title><description><![CDATA[]]></description><itunes:summary/><pubDate>Tue, 03 Mar 2020 00:00:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-femmes-en-l-5a416c61.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-femmes-en-l-5a416c61.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/vl2r-le-lobby-femmes-en-lutte-93-et-les-lgbti-en-pologne</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-okWJJqrdDK.jpg"/></item><item><title>Le Lobby : Minima Gesté et le podcast 'Indécent'</title><description><![CDATA[
    Gros programme ce mois-ci dans Le Lobby puisque nous recevons la célèbre drag queen parisienne Minima Gesté mais aussi le journaliste Dimitri Jean qui nous présente son podcast Indécent
    
C&#039;est un sujet qui nous tient à cœur et qui n&#039;avait toujours pas été évoqué dans notre émission : les drag queens. De RuPaul&#039;s Drag Race à la comédie musicale bientôt adaptée au cinéma Everybody&#039;s talking about Jamie, les drag queens sont sortis de leur milieu souterrain pour devenir mainstreams. Portent-elles aujourd&#039;hui les mêmes combats qu&#039;hier ? Que faire de cette visibilité nouvelle ? On en a parlé avec une star de la scène drag parisienne, Minima Gesté. 
Voir cette publication sur InstagramLà c&#039;est moi juste avant de passer sur le plateau de @daphneburki pour Je t&#039;aime Etc, en replay sur France 2 #dragqueen #dragparisUne publication partagée par  Minima Gesté (@minima_geste) le 24 Janv. 2020 à 9 :06 PST 
En seconde partie d&#039;émission, nous vous proposons de découvrir un podcast qui se donne un pari inédit : parler d&#039;éducation sexuelle sans être ni trop technique ni moralisateur. Un objectif atteint avec brio par son auteur, Dimitri Jean, journaliste. Les deux premiers épisodes d&#039;Indécent sont à retrouver sur Soundcloud dès maintenant. 
« VIVRE AVEC LE VIH » le DEUXIÈME épisode est sorti! C&#039;est beaucoup de travail, c&#039;est aussi pas mal de rencontres passionnantes le tout en UNE heure de pied total! N&#039;hésite pas à commenter, questionner, discuter &amp;lt;3 https://t.co/1FpfsNt95f 
— Indécent (@IndecentPdcst) December 1, 2019 
Côté musique, on s&#039;est fait plaisir avec une programmation musicale empouvoirante. On a écouté Amour censure, le tube de Hoshi que vous avez certainement déjà vu passer sur les réseaux sociaux, mais on a aussi écouté votre prochaine chanson préférée. Le rappeur gay Cazwell et la drag queen trans Peppermint se sont associés pour un titre haut en couleur : Blend. 
Côté chroniques, Victor nous a parlé cinéma, et des films qui l&#039;ont construit en tant que jeune homme gay. Et donc oui, nous avons parlé des Chansons d&#039;amour... 
Et bien sûr côte actu, on débrief le parcours de la PMA au Sénat (en tout cas on essaye), on parle du VIH et d&#039;Agnès Cerighelli et on se demande qui des deux affectent le plus les défenses immunitaires (en vrai c&#039;est le VIH). 
Émission enregistrée le 29 janvier 2020. Diffusion le 4 février 2020. Présentation : Louise. Chronique : Victor. Réalisation : Colin. 
]]></description><itunes:summary>
    Gros programme ce mois-ci dans Le Lobby puisque nous recevons la célèbre drag queen parisienne Minima Gesté mais aussi le journaliste Dimitri Jean qui nous présente son podcast Indécent
    
C'est un sujet qui nous tient à cœur et qui n'avait toujours pas été évoqué dans notre émission : les drag queens. De RuPaul's Drag Race à la comédie musicale bientôt adaptée au cinéma Everybody's talking about Jamie, les drag queens sont sortis de leur milieu souterrain pour devenir mainstreams. Portent-elles aujourd'hui les mêmes combats qu'hier ? Que faire de cette visibilité nouvelle ? On en a parlé avec une star de la scène drag parisienne, Minima Gesté. 
Voir cette publication sur InstagramLà c'est moi juste avant de passer sur le plateau de @daphneburki pour Je t'aime Etc, en replay sur France 2 #dragqueen #dragparisUne publication partagée par  Minima Gesté (@minima_geste) le 24 Janv. 2020 à 9 :06 PST 
En seconde partie d'émission, nous vous proposons de découvrir un podcast qui se donne un pari inédit : parler d'éducation sexuelle sans être ni trop technique ni moralisateur. Un objectif atteint avec brio par son auteur, Dimitri Jean, journaliste. Les deux premiers épisodes d'Indécent sont à retrouver sur Soundcloud dès maintenant. 
« VIVRE AVEC LE VIH » le DEUXIÈME épisode est sorti! C'est beaucoup de travail, c'est aussi pas mal de rencontres passionnantes le tout en UNE heure de pied total! N'hésite pas à commenter, questionner, discuter &amp;lt;3 https://t.co/1FpfsNt95f 
— Indécent (@IndecentPdcst) December 1, 2019 
Côté musique, on s'est fait plaisir avec une programmation musicale empouvoirante. On a écouté Amour censure, le tube de Hoshi que vous avez certainement déjà vu passer sur les réseaux sociaux, mais on a aussi écouté votre prochaine chanson préférée. Le rappeur gay Cazwell et la drag queen trans Peppermint se sont associés pour un titre haut en couleur : Blend. 
Côté chroniques, Victor nous a parlé cinéma, et des films qui l'ont construit en tant que jeune homme gay. Et donc oui, nous avons parlé des Chansons d'amour... 
Et bien sûr côte actu, on débrief le parcours de la PMA au Sénat (en tout cas on essaye), on parle du VIH et d'Agnès Cerighelli et on se demande qui des deux affectent le plus les défenses immunitaires (en vrai c'est le VIH). 
Émission enregistrée le 29 janvier 2020. Diffusion le 4 février 2020. Présentation : Louise. Chronique : Victor. Réalisation : Colin. 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 04 Feb 2020 00:00:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-minima-gest-8acb7e5f.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-minima-gest-8acb7e5f.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/gL1Y-le-lobby-minima-geste-et-le-podcast-indecent</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/programs/programs-logo-dpreStjpAv.jpg"/></item><item><title>Le Lobby : Les dessous lesbiens de la chanson</title><description><![CDATA[
    Le Lobby a décidé de commencer 2020 sur une note d&#039;optimisme, en chanson. Nos invitées ont publié Les dessous lesbiens de la chanson aux éditions iXe, une enquête dans 40 chansons au texte parfois ambigu… et parfois totalement translucide.
    
Bonne année à toutes et à tous ! 
Ce mois-ci dans Le Lobby, on fait comme tout le monde, on fait le bilan. De l&#039;année passée, de la décennie passée. Du Portrait de la jeune fille en feu à Bilal Hassani en passant par Un appartement sur Uranus ou le coming-out séropositif de Jonathan Van Ness (Queer Eye), vous saurez tout de ce qui a fait battre nos queers petits cœurs l&#039;année passée. 
Mais surtout, après une année riche en combats et surtout en victoires, on a décidé de chanter un peu, histoire de se donner de la force pour une année qui ne nous fera pas plus de cadeaux que les précédentes. 
Saviez-vous que &#039;Maman a tort&#039; raconte un coming-out très osé ? Que Louis de Bavière est une sacrée icône lesbienne ? Que derrière &#039;Joe le taxi&#039; ne se cache pas un homme hétérosexuel ? Léa Lootgieter et Pauline Paris ont publié Les dessous lesbiens de la chanson, une enquête fascinante qui nous replonge dans les années folles, dans l&#039;univers du cabaret, des paillettes et des strass, ou encore au royaume des femmes-cheval, le tout savamment illustré par Julie Feydel. Juliette Armanet, Colette Mars, Suzy Solidor, Mylène Farmer… Vous saurez tout de ce qu&#039;elles ont vraiment voulu dire dans ce très joli livre publié aux très féministes éditions iXe. 

    
        
        
    

Dans notre émission également, Victor nous raconte la fois où il a été présenté comme &quot;le meilleur ami&quot; de l&#039;homme avec qui il était marié, parce qu&#039;on ne parle pas aux enfants de ce qui fait peur comme l&#039;homosexualité ou les gilets jaunes... Il faut l&#039;écouter pour le croire. 
Et puis Daphné nous expliquera pourquoi la présence d&#039;affiches anti-PMA et anti-IVG d&#039;alliance VITA à la gare du Nord est extrêmement problématique... 
Programmation musicale : 
L&#039;explication de texte de ces deux morceaux est à retrouver dans Les dessous lesbiens de la chanson, paru aux éditions iXe. 
Le Lobby est une émission présentée et réalisée par Colin, avec à la chronique Victor et Daphné. Rendez-vous sur Twitter et sur Facebook ! 
]]></description><itunes:summary>
    Le Lobby a décidé de commencer 2020 sur une note d'optimisme, en chanson. Nos invitées ont publié Les dessous lesbiens de la chanson aux éditions iXe, une enquête dans 40 chansons au texte parfois ambigu… et parfois totalement translucide.
    
Bonne année à toutes et à tous ! 
Ce mois-ci dans Le Lobby, on fait comme tout le monde, on fait le bilan. De l'année passée, de la décennie passée. Du Portrait de la jeune fille en feu à Bilal Hassani en passant par Un appartement sur Uranus ou le coming-out séropositif de Jonathan Van Ness (Queer Eye), vous saurez tout de ce qui a fait battre nos queers petits cœurs l'année passée. 
Mais surtout, après une année riche en combats et surtout en victoires, on a décidé de chanter un peu, histoire de se donner de la force pour une année qui ne nous fera pas plus de cadeaux que les précédentes. 
Saviez-vous que 'Maman a tort' raconte un coming-out très osé ? Que Louis de Bavière est une sacrée icône lesbienne ? Que derrière 'Joe le taxi' ne se cache pas un homme hétérosexuel ? Léa Lootgieter et Pauline Paris ont publié Les dessous lesbiens de la chanson, une enquête fascinante qui nous replonge dans les années folles, dans l'univers du cabaret, des paillettes et des strass, ou encore au royaume des femmes-cheval, le tout savamment illustré par Julie Feydel. Juliette Armanet, Colette Mars, Suzy Solidor, Mylène Farmer… Vous saurez tout de ce qu'elles ont vraiment voulu dire dans ce très joli livre publié aux très féministes éditions iXe. 

    
        
        
    

Dans notre émission également, Victor nous raconte la fois où il a été présenté comme "le meilleur ami" de l'homme avec qui il était marié, parce qu'on ne parle pas aux enfants de ce qui fait peur comme l'homosexualité ou les gilets jaunes... Il faut l'écouter pour le croire. 
Et puis Daphné nous expliquera pourquoi la présence d'affiches anti-PMA et anti-IVG d'alliance VITA à la gare du Nord est extrêmement problématique... 
Programmation musicale : 
L'explication de texte de ces deux morceaux est à retrouver dans Les dessous lesbiens de la chanson, paru aux éditions iXe. 
Le Lobby est une émission présentée et réalisée par Colin, avec à la chronique Victor et Daphné. Rendez-vous sur Twitter et sur Facebook ! 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 07 Jan 2020 00:00:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-les-dessous-7e842adc.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-les-dessous-7e842adc.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/4Q9g-le-lobby-les-dessous-lesbiens-de-la-chanson</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-mpEjVXqX0p.jpg"/></item><item><title>Le Lobby : 'Dieu est amour', dans l'enfer des thérapies de guérison</title><description><![CDATA[
    &#039;Dieu est amour&#039;, c&#039;est le nom de l&#039;enquête-événement de deux journalistes, Jean-Loup Adénor et Timothée de Rauglaudre. Pendant de longs mois, ils ont enquêté sur les différentes associations et groupes, regroupées sous l&#039;appellation &quot;ministère ex-gay&quot;, qui pour la plupart viennent des États-Unis et ont essaimé en France.
    
&#039;Courage&#039;, &#039;Exodus International&#039;... Ces groupuscules sont nombreux et implantées en bas de chez nous, dans les rues parisiennes. Timothée s&#039;est chargé de mettre en lumière le réseau qui relie tous ces groupes et leurs liens avec la Manif pour tous. Jean-Loup s&#039;est glissé dans la peau du personnage fictif de Guilem, jeune homosexuel cherchant à réprimer ses pulsions, pour aller voir directement ce à quoi ressemble une thérapie de guérison. 
En plus du livre, les deux journalistes co-écrivent Homothérapies : conversion forcée, une enquête à voir et à revoir sur le site d&#039;Arte jusqu&#039;au 23 janvier ! 
Sur leur chemin, ils ont également croisé Cyrille de Compiègne, jeune homme trans ayant également été victime d&#039;une forme de thérapie de guérison, et aujourd&#039;hui vice-président de l&#039;association LGBTI chrétienne David et Jonathan. Il nous a raconté son histoire. 
Avec nos chroniqueurs-ses, nous sommes également revenus sur l&#039;actualité LGBTI du mois de novembre. 
Léo est revenu sur le récent avis du comité Consultatif National d&#039;Éthique préconisant d&#039;arrêter les mutilations des enfants intersexes. Au-delà des mots, quels sont les véritables enjeux de cet avis ? Il nous l&#039;explique en studio. 
Louise nous a présenté le film Lola vers la mer, qui sort ces jours-ci. Un film particulièrement émouvant où la jeune actrice trans Mya Bollaers se fait bouleversante aux côtés de Benoît Magimel. 
L&#039;équipe du Lobby vous recommande également le retour de la mythique série lesbienne The L word, ou encore &quot;L&#039;autre héritage de Mai 68&quot;, une critique contemporaine de la libération sexuelle de 1968, et bien d&#039;autres choses à lire, à voir, à faire... C&#039;est dans notre agenda du mois ! 
Programmation musicale : 
Le Lobby est une émission présentée par Julie et Colin, avec ce soir à la chronique Léo et Louise, et à la technique Julie ! Pensez à nous suivre sur Twitter et sur Facebook ! 
]]></description><itunes:summary>
    'Dieu est amour', c'est le nom de l'enquête-événement de deux journalistes, Jean-Loup Adénor et Timothée de Rauglaudre. Pendant de longs mois, ils ont enquêté sur les différentes associations et groupes, regroupées sous l'appellation "ministère ex-gay", qui pour la plupart viennent des États-Unis et ont essaimé en France.
    
'Courage', 'Exodus International'... Ces groupuscules sont nombreux et implantées en bas de chez nous, dans les rues parisiennes. Timothée s'est chargé de mettre en lumière le réseau qui relie tous ces groupes et leurs liens avec la Manif pour tous. Jean-Loup s'est glissé dans la peau du personnage fictif de Guilem, jeune homosexuel cherchant à réprimer ses pulsions, pour aller voir directement ce à quoi ressemble une thérapie de guérison. 
En plus du livre, les deux journalistes co-écrivent Homothérapies : conversion forcée, une enquête à voir et à revoir sur le site d'Arte jusqu'au 23 janvier ! 
Sur leur chemin, ils ont également croisé Cyrille de Compiègne, jeune homme trans ayant également été victime d'une forme de thérapie de guérison, et aujourd'hui vice-président de l'association LGBTI chrétienne David et Jonathan. Il nous a raconté son histoire. 
Avec nos chroniqueurs-ses, nous sommes également revenus sur l'actualité LGBTI du mois de novembre. 
Léo est revenu sur le récent avis du comité Consultatif National d'Éthique préconisant d'arrêter les mutilations des enfants intersexes. Au-delà des mots, quels sont les véritables enjeux de cet avis ? Il nous l'explique en studio. 
Louise nous a présenté le film Lola vers la mer, qui sort ces jours-ci. Un film particulièrement émouvant où la jeune actrice trans Mya Bollaers se fait bouleversante aux côtés de Benoît Magimel. 
L'équipe du Lobby vous recommande également le retour de la mythique série lesbienne The L word, ou encore "L'autre héritage de Mai 68", une critique contemporaine de la libération sexuelle de 1968, et bien d'autres choses à lire, à voir, à faire... C'est dans notre agenda du mois ! 
Programmation musicale : 
Le Lobby est une émission présentée par Julie et Colin, avec ce soir à la chronique Léo et Louise, et à la technique Julie ! Pensez à nous suivre sur Twitter et sur Facebook ! 
</itunes:summary><pubDate>Tue, 10 Dec 2019 00:00:00 +0100</pubDate><enclosure url="https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-dieu-est-am-6efab45f.mp3" type="audio/mpeg"/><itunes:duration/><guid>https://radio-campus-paris.podcasts.another.cloud/podcasts/podcast-le-lobby-dieu-est-am-6efab45f.mp3</guid><link>https://www.radiocampusparis.org/emission/Pjz-le-lobby/2x9j-le-lobby-dieu-est-amour-dans-lenfer-des-therapies-de-guerison</link><itunes:image href="https://radio-campus-paris.alticdn.com/assets/images/podcasts/podcasts-logo-vPA3K1vgZv.jpg"/></item><item><title>Le Lobby : The Cold Kid et musique queer</title><description><![CDATA[
    
        
        
    

L&#039;équipe du Lobby décortique l&#039;actualité LGBTI+ avec son invitée queer The Cold Kid qui a sorti son premier EP &quot;(d)ébauches ». On y discute d&#039;Adèle Haenel, du lien entre Chris et Zazie, d&#039;une application pour découvrir son homosexualité, de la chaleur étouffante dans un studio tout petit, de la Mutinerie, de ce qu&#039;est la communauté LGBTI+, de Dalida et des robes pailletées. 
Vous pouvez retrouver The Cold Kid et sa musique queer le 21 novembre au Réfectoire des Cordeliers (Paris 6e) à l&#039;occasion de la Nuit des Lauréats. 
Les lobbyistes vous proposent ce mois-ci un concert avec TR/ST et Ela Minus le 24 novembre au Trianon et de la lecture avec Find Me, un roman écrit par André Aciman et sorti le 29 octobre qui constitue la suite de Call me by your name. Objet sonore aussi précieux que nécessaire, les lobbyistes vous conseillent également de binge-écouter les quatre épisodes de Sortir les lesbiennes du placard, la série documentaire signée Clémence Allezard et réalisée par Somany Na. Et si vous préférez vous enfoncer dans un fauteuil de salle de cinéma le temps d&#039;une séance, profitez du festival Chéries Chéris pour faire le plein de films et docus LGBTIQ+ du 19 au 26 novembre à Paris. 
Rendez-vous le 10 décembre 2019 pour la prochaine réunion du Lobby et rejoignez-nous sur les réseaux sociaux (on a Facebook, Twitter et Instagram). 
Présentation : Julie et Colin Chroniques : Mathilde et Victor Réalisation et production : Julie et Solène 
Émission diffusée le 12 novembre 2019 
https://www.youtube.com/watch?v=W2PRAjimRWM 
]]></description><itunes:summary>
    
        
        
    

L'équipe du Lobby décortique l'actualité LGBTI+ avec son invitée queer The Cold Kid qui a sorti son premier EP "(d)ébauches ». On y discute d'Adèle Haenel, du lien entre Chris et Zazie, d'une application pour découvrir son homosexualité, de la chaleur étouffante dans un studio tout petit, de la Mutinerie, de ce qu'est la communauté LGBTI+, de Dalida et des robes pailletées. 
Vous pouvez retrouver The Cold Kid et sa musique queer le 21 novembre au Réfectoire des Cordeliers (Paris 6e) à l'occasion de la Nuit des Lauréats. 
Les lobbyistes vous proposent ce mois-ci un concert avec TR/ST et Ela Minus le 24 novembre au Trianon et de la lecture avec Find Me, un roman écrit par André Aciman et sorti le 29 octobre qui constitue la suite de Call me by your name. Objet sonore aussi précieux que nécessaire, les lobbyistes vous conseillent également de binge-écouter les quatre épisodes de Sortir les lesbiennes du placard, la série documentaire signée Clémence Allezard et réalisée par Somany Na. Et si vous préférez vous enfoncer dans un fauteuil de salle de cinéma le temps d'une séance, profitez du festival Chéries Chéris pour faire le plein de films et docus LGBTIQ+ du 19 au 26 novembre à Paris. 
Rendez-vous le 10 décembre 2019 pour la prochaine réunion du Lobby et rejoignez-nous sur les réseaux sociaux (on a Facebook, Twitter et Instagram). 
Présentation : Julie et Colin Chroniques : Mathilde et Victor Réalisation et production : Julie et Solène 
Émission diffusée le 12 novembre 2019 
https://www.youtube.com/watch?v=W2PRAjimRWM 
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